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Full text of "Revue neurologique"

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1  ;-<o.  1  d  5 


REVUE  NEUROLOGIQUE 

ORGANE  OFFICIEL 

SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE  DE  PARIS 

.  ANNÉE  1926 


TOME  II 


|IIII|IIII|IIII|IIII|IIII|IIII|IIII|IIII|IIII|IIII|IIII|IIII|IIIIP^ 


Fondée  en  Ï893  par  E.  BRISSAUD  et  PIERRE  MARIE 
BULLETIN  OFFICIEL  DE  LA 

SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 

DE  PARIS 


COMITÉ  DE  DIRECTION  DE  LA  REVUE  : 

J.  BABINSKI  -  PIERRE  MARIE  -  A.  SOUQUES 
O.  CROUZON  -  CHARLES  POIX  -  GEORGES  GUILLAIN 
HENRY  MEIGE  -  G-  ROUSSY  -  J. -A.  SICARD 

Secrétaire  général  :  O.  CROUZON 
Secrétaires  :  E.  Feindel,  P.  Behaque 


1  U:  J.  y  5 


% 
"^1 


ANNEE  1926 

DEUXIÈME  SEMESTRE 


MASSON  ET  CIE,  ÉDITEURS 

libraires  de  L'ACADÉMIE  DE  MÉDECINE 

»20,  BOULEVARD  S  A  I N  T  -  G  E  R  M  A  I N .  PARIS 


V  “ 


ANNÉE  1926 


TABLES  DU  TOME  II 


1  —  TABLE  DES  MÉMOIRES  ORIGINAUX 


La  myélite  nécroünuc  subaiguë.  Myélite  centrale  angéio-liypcrtrophique  à  évolution  progres¬ 
sive.  Paraplégie  amyotrophique  lentement  ascendante,  d’abord  spasmodique,  puis  flasque, 
s’aceompagnant  de  dissociation  albumino-cytologiquc,  par  Ch.  Poix  et  Th.  Alajouanine. 
Traitement  par  la  radiothérapie  des  tumeurs  de  la  région  infundibulo-hypophysaire,  par 

G.  Roussy,  S.  Laborde,  Mi*'  G.  Lévy  et  J.  Boulack . 

bur  les  réflexes  de  posture  et  d’attitude  et  sur  les  mouvements  induits,  par  G.  Byohowski 

(de  Varsovie) . 

Le  signe  do  Babinski  en  dehors  dos  lésions  pyramidales.  Extension  de  J’orteil  chez  deux  mala¬ 
des  atteints  de  funieulitc  lombo-sacrée  avec  amvotro))hic  globale  des  fléchisseurs  et  dos 
extenseurs  des  orteils  et  du  pied,  origine  périphérique  de  ce  signe,  par  A.  Rouquier  et 

r>.  COURETAS . . . 

La  démence  précoce  infantile,  par  G.  II  ALliERSTADX . 

Ltude  histo-chimiquo  des  composés  du  fer  dans  l’ecoree  cérébrale  et  eercbelleusc  des  aliénés, 

par  C.  TRÉriAKiFF  et  OsoRio  Oaeiar . 

Un  nouveau  réflexe  contralatéral  dos  muscles  adducteurs,  jiar  Ottormo  Balduzzi . 

Uystrophie  osseuse  par  apiasic  de  la  substance  spongieuse  du  corps  basilaire  de  l’occipital. 
Son  retentissement  sur  la  cavité  cranio-r.acbidicunc  et  sur  le  névraxe,  par  M™®  J.  De.te- 

^^^^fations  do  la  ebronaxie  dans  un  cas  do  syndrome  neuro-anémique  ;  atteinte  iégére,  pro¬ 
bablement  par  répercussion,  du  neurone  moteur  périphérique,  par  G.  Bourguignon, 

F  aure-Beaulieu  et  Gahen . 

épilepsie  et  torticolis  spasmodique,  par  L.  Marchand  et  E.  Bauer . 

Uupiicité  de  la  moelle  épiniérc,  par  Walter  Kraus  et  Arthur  Weil  (de  New-York), . 

bur  les  ossifications  et  calcifications  de  la  faux  du  cerveau  et  leur  expression  clini(|ue.  (A 
propos  d’une  opacité  de  la  taux  de  cerveau  démontrée  par  la  radiograjihie  dans  un  cas  de 
céphalée  tenace  datant  de  dix  ans),  par  MM.  Georges  Guillain  et  Th.  Ala.iouanink 
fyndrome  myasthéniforme  dans  l’encéphalite  épidémique  chronique,  par  Auguste 

Wimmer  et  Holge  Vedmand . . 

Aroublos  sensitivo-motcurs  d’aspect  radiculaire  et  d’aspect  cérébcileux  par  lésion  corti¬ 
cale.  (A  propos  d’un  cas  de  iiaralysie  cubitale  atypique,  avec  dysmétric  et  léger  trem- 
intentionnel’  par  lésion  corticale  probable),  par  Gustave  Roussy  et  M““  Gabrielle 


cpercussion  d’une  lésion  corticale  sur  les  muscles  allant  jusqu’à  un  certain  degré  de  dégé- 

Lc  P®''  Georges  Bourguignon . 

^^,™ration8  dos  cellules  radiculaires  motrices  dans  la  moelle  dos  épileptiques,  iiat  Rudolph 

■^P^PC®  du  travail  de  MM.  d’Hollander  et  Rubbens  sur  la  constitution  du  pédoncule  céré- 

Roeîf  ’  D' Armindo  Ke  ir.ari . 

nerohes  expérimentales  sur  la  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse  centrale,  par  Edward 

jj^^Audoyirsivie) . 

no  ®  PcuiixiRle  diffuse  (type  Schiller)  ;  syndrome  paraplégique  avec  stase  papillaire, 

Loear  U  M'irin,  Draoanesco  et  Reys  (do  Strasbourg) . 

rai'  Treponema  pallidum  ilans  le  cerveau  dos  paralytiques  généraux.  Considé- 

“tions  thérapeutiques,  par  Paciieco  e  Silva  (Directeur  de  l’Hôpital  de  Juquery,  Brésil). 


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209 


SGI 


390 


n.  —  TABLE  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


PiiÉiiDENCE  DE  M.  André  Léri. 


Séance  du  1®''  juillet  1926. 

,  Pages. 

Mal  (le  Pott  lombaire  :  destruction  partielle  d’un  corps  vertébral,  sajis  altération  des  dis- 

((ues  sus  et  sous-jacents,  par  Etienne  Sorrel  et  M  Sorrel-Dejerine .  44 

Paraplégie  par  paralysie  infantile.  Arthrodèses  multiples  permettant  la  marche,  par  Etienne 
Sorrel  et  M“®  Sorrel-Deierine .  48 


Les  déformations  de  la  colonne  vertébrale  dans  lo  tabes  et  leur  traitement,  par  Louis  Lamy 

ot.I.  Leuba . . . 

Les  troubles  trophiques  dans  le  processus  des  maladies  inflammatoires  de  la  moelle,  par  lo 

D''  Brous  ULovSKi . . . 

Les  clonus  du  pied.  Formes  typiques  et  de  passage,  par  A.  Uoucjuier  et  D.  Couretas . 

Contribution  il  l’étude  de  la  rétraction  de  l’aponévrose  palmaire,  par  D.  Paulian  {deBuca- 


Dévcloppcment  arriéré  de  l’organisme  chez  les  idiots,  par  le  Prof.  P.-J.  Kovalevskv . 

Quelques  mots  sur  les  réflexes  pathologiques  automatisés  et  leur  traitement,  par  Stanislas 

.IüSTM.4N  {Lodz.  Pologne) . . . 

Los  phénomènes  dos  doigts  analogues  aux  signes  de  Babinski  et  de  Rossolimo,  par  W.  Ster¬ 
ling  (de  Varsovie) . 

Rakisme  chronique  :  polynévrite  légère,  par  M.  Conos  (de  Constantinople) . 

Sur  un  cas  de  syndrome  d’Addison  proiluit  par  un  paragangliome  de  la  capsule  surrénale. 
Etude  clinique  et  anatomo-pathologiquo,  par  Ricardo  Riemer,  Magahinostorres  et 

Austregesilo  Filho . 

Déviation  de  la  tête  et  dos  youx  apparaissant  par  crises  en  même  temps  qu’une  paralysie 

faciale  périphérique  opposée,  par  D.  Paulian  (de  Bucarest) . 

Sur  la  disparition  do  la  selle  turciquo  dans  les  tumeurs  de  la  loge  cérébrale  postérieure.  Les 

erreurs  de  diagnostic  qui  en  sont  la  conséquence,  par  M.  Clovis  Vincent . 

Contribution  au  traitement  dos  tumeurs  du  corps  pituitain;,  par  M.  Clovis  Vincent . 

Tumeur  de  l'angle  ponto-cérébclloux.  Opérations  de  Cushing  par  la  méthode  de  H .  do  Martel, 
par  MM.  Clovis  Vincent  et  D.  Dénéchaü  (d’Angers) . 


51 

69 

74 

77 


104 


Séance  du  4  novembre  1926. 

Un  cas  d’aréfloxio  généralisée,  par  M.  Maurice  Ducosté .  403 

Interprétation  d’un  cas  d’aréflexie  jiar  l'étude  de  la  chronaxic  (malade  présenté  par  M.  Du¬ 
costé),  par  M.  Georges  Bourguignon . . .  406 

Fixité  du  regard  par  hypertonie,  prédominant  dans  le  sens  vertical,  avec  conservation  des 
mouvements  automatico-réflexes  ;  aspect  spécial  de  syndrome  de.  Parinaud  par  hypertonie, 
associée  à  un  syndrome  oxtrajiyramidal  avec  troubles  pseudo-bulbaires,  par  Th.  Ala- 

JouANiNE,  P.  Dblafontaine  ct  .1 .  Lacan .  410 

Un  cas  d’aphasie  motrice,  par  M.  .Iahkowski .  418 

Lipiodol  intra-épondymaire  chez  un  syringomyéliquo  opéré.  Suites  opi'ratoires,  par  MM.  Si- 

CARD,J.  IlAGUKNAUetCh.  Mayer .  418 

Lipiodol  descendant  et  ascendant  dans  un  cas  de  kyste  gliomateux  profond  du  cerveau, 

par  MM.  SicARD,  Robineau  ct  IIaguenau .  421 

Lo  profil  radiographique  vertébral  droit  ct  gauche,  par  MM.  J. -A.  Sicard,  IIaguenau  et 

Ch.  Mayer .  422 

La  forme  céphalalgique  do  la  sclérose  on  plaques,  par  MM.  Ch.  Foix,  Maurice  Lévy  ct 

M“«Sohifp-Werïkeimer . ; . .  423 

Los  injections  intraveineuses  de  salicylate  de  soude  dans  le  traitement  de  la  sclérose  en  pla¬ 
ques,  par  MM.  Ch.  Foix,  J.  A.  Chavany  et  Maurice  LÉvv .  429 

Phénomènes  do  décérébration,  de  torsion  spasmodique  et  d’athétose,  leurs  relations  clini¬ 
ques  et  pathogéniques  (A  propos  d’un  cas  do  torsion  spasmodique  hyperpronatoire  du 
bras  droit,  avec  contracture  athétoidc  intentionnelle,  par  lésion  vasculaire),  par  Gustave 

Roussy  ct  M“e  Gabriolle  Lévy .  432 

L'état  parkinsonien  no  serait-il  pas  générateur  d’acidose  ?  par  MM.  J.  Froment  et  L.  Velluz 

(de  Lyon) . i .  434 

La  roue  dentée  appartient-elle  en  propre  à  la  rigidité  parkinsonienne,  ou  est-ello  le  fait  de 

toute  rigidité  de  déséquilibre  ?  par  MM.  J.  Froment  et  A.  Chaix  (do  Jjyon) .  440 

Roue  dentée  ct  rigidité,  suivant  l’attitude  du  parkinsonien,  varient  dans  le  même  sens  ou 
en  sens  contraire,  par  MM.  J.  Froment  et  A.  Chaix  (do  Lyon) .  442 


TARIE  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


Sur  un  cas  de  polynévrite  datant  de  l’enfance,  par  MM.  Noica  et  D.  Bagdasar  (de  Buea- 

restl . . . 

Pwalysies  transitoires  sous  l’influence  du  froid  dans  l’amyotrophie  Charcot-Marie,  par 
Davidenkofp  (de  Moscou) . 


Séance  du  2  décembre  1926. 

Sur  un  cas  d’hémiplégie  infantile,  par  MM.  L.  Babonneix  et  A.  Dubuy . 

Paralysie  générale  avec  ncurosyphilis  conjugale  purement  humorale,  par  MM.  Laignel- 

LAVASTINEetBoüRGEOIS . 

Syndrome  excito-moteur  cervico-facial  avec  crises  toniques  d’élévation  des  yeux  d'ori- 

gine  encéphalitique,  par  MM.  Laignel-Lavastine  et  Bourgeois . 

Spasmes  toniques  intermittents  d’élévadon  du  regard  avec  myoclonies  do  la  houppe  du 

■  fnenton  chez  une  mélanodermiquc,  par  MM.  Laignel-Lavastine  et  Bourgeois . 

Sé  luelles  éloignées  d’encéphalite  épidémique,  par  MM.  H.  Français  et  J.  Lançon . 

Compression  médullaire  de  la  région  dorsale  moyenne  chez  une  malade  syphilitique,  avec 
syndrome  de  Froin  et  réaction  de  Wassermann  positive  dans  le  sangetle  liquide  céphalo¬ 
rachidien.  —  Considérations  sur  la  symptomatologie,  la  nature  et  le  traitement  de  cette 

compression,  par  MM.  O.  Crouzon,  Th.  Alajouanine  et  P.  Dei  afontaine . 

Paraplégie  crurale  par  tumeur  extra-dure-mérienne  à  la  région  dorsale.  Opération.  Guéiison. 

(Sur  l’épreuve  dû  lipiodol),  par  MM.  J.  Babinski,  Aid.  Charbentier  et  J.  Jarkowiki.  . . 
Ltude  des  troubles  sensitifs  après  radicotomie  postérieure  (remarques  sur  la  loi  de  Pherring- 

toni,  par  MM.  .T.-vA.  Sioard,  ,7.  Hacuenau  et  Ch.  Mayer . 

t  umeur  cérébrale.traitéc  par  la  radiothérapie,  par  MM.  Alajouanine  et  Gipert . 

^elques  considérations  sur  la  lèpre,  par  M.  Ésposel . 

Hémichorée  d’origine,  thalamique,  par  MM.  Foix  et  Bariety . 

oyndrome  cérébello-thalamique  supérieur,  par  Ch.  Foix,  J. -A.  Chavany  et  P.  Hillemand  . . 
Lésions  osseuses  et  articulaires  avec  gros  troubles  des  réactions  électriques  unilatérales 

chez  une  hémiplégique  avec  syndrome  thalamique,  par  M.  G.  Bourguignon . 

byndrome  dos  fibres  radiculaires  longues  des  cordons  postérieurs  au  cours  d’une  syphilis 

spip'ale,  par  MM.  A.  Porot  et  Benichou  (d’Alger) . ' . 

Les  arthropathics  tabétiques  et  la  thérapeutique  intrarachidienne  avec  le  bismuth,  par 

le  D’’  Gonzalo  R.  Lafora  (de  Madrid) . . 

Lémence  artériosclércuse  avec  gynécomastie.  Ramollissement  du  strié  sans  aucun  symp- 

tOme  ohoréo-athétosique,  par  C.  L  T.Irechia  et  S.  Mihalebcu . 

Un  cas  d’aphasie  motrice,  par  J.  Jarkowski . 

.  Assemblée  générale.du  3  décembre  1926. 

Rapport  de  M.  Crouzon,  secrétaire  général . 

Rapport  financier  de  l’année  1926  présenté  par  le  Trésorier;  M.  Albert  Charpentier..  . . 
Elections  .  . 


RÉUNION  NEUROLOGIQUE  DE  STRASBOURG 
(Filiale  de  la  Société  de  Neurologie  de  Par*.} 

Pré  «DENUE  DE  M.  LE  P'  BaRRÉ. 

Séance  du  17  janmer  192Fj 

Troubles  réflexes  et  trophiques  intenses  de  la  main  après  une  blessure  légère  du  médian 

Eturt  R  É'  Folly,  médecin-major . 

ude  de  la  pression  du  liquide  céphalo-rachidien  avant,  pendantet  après  une  trépanation 

vr®®'°wpres8ive,  par  MM.  Folly,  et  LiÉou . / . 

Heu  et  myotonie,  par  MM.  Barré  et  Draganesco . ; . 

ureux  effets  des  injections  intraveineuses  froides,  hypo  ou  hypertoniques,  et  sur  cer- 

SvnT““  par  mm.  Barrf,  Morin,  Staiil . 

.  uromc  du  trou  déchiré  postérieur,  ligature  de  la  carotide  gauche  et  troubles  mentaux, 

jjPar  Paul  CouRnoN..... .  . . . . . . 

®Rcts  du  traitement  par  le  phlogkan  dans  deux  nouveaux  cas  de  tabes  à  la  période 

Un  no  et  Crusem . 

cas  de  moignon  douloureux  de  l’avant-bras  guéri  par  la  section  des  rameaux 
Hé,v,L""'|î'®ants  de  la  chaîne  sympathique  cervicale,  par  MM.  R.  Lebiciie  et  R.  Fontaine. 

1  vestibulalre  transitoire  provoqué  par  une  injection  de  novocaïnc  dans  la 

Le  ‘'77  cou,  par  le  D'  Draganesco . 

val®*'®'',’’.®"’®'’*'  paupière  supérieure  dans  les  paralysies  faciales,  même  légères.  Sa 

Invppc"''  par  M.  Barré . 

Uragan  .  *  réflexes  tricipitaiix,  fracture  du  radius  d’un  côté,  par  MM.  Barré  et 


111.  —  CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES 
ET  NEUROLOGISTES 
de  France  et  des  pays  de  langue  française 


XXX-  session  —  GENÈVE-LAUSANNE,  2-1  août  1926. 


JUPPORTS 
I.  —  Nkuholocik. 

Pag-CB. 

Le  sigriic  do  liabinslu  (caractéristiques,  mécanisme  et  signification),  jiar  M.  A.  Touenay  (de 

Pa..:a\  _  _  m 


Discussion  :  MM.  Laignei.-Lavastine  (de  Paris),  Behsot  (de  Neufchàtcl),  Rogeb  (de 
Marseille),  Coueeon  (de  Paris),  Minkowski  (de  Zurich),  Baeré  (de  Strasbourg),  Van  den 
ScHEEE  (de  Stanpoort),  Beunsciiweilek  (de  Lausanne). 

Réponse  du  rapporteur. 

IL  —  Psychiatrie. 

1»  La  schizophrénie,  parM.  le  professeur  Bleulee  (de  Zurich) .  474 

2“  Démence  précoce  et  schizophrénie  par  M.  le  professeur  Henri  Claude  (de  Paris) .  475 

Discussion  :  MM.  Minkowski  (de  Zurich),  Laignel-Lava.stink  (do  Paris),  Hesnard  (de 
Toulon),  Anglade  (de  Bordeaux),  Coürbon  (de  Paris),  Soulier  (de  Paris),  de  Montet  (de 
Vevey),  STECK(de  Céry),  M™»  Minkowrka  (de  Paris),  Obkegia  (do  Bucarest),  Lévy- 
Valensi  (de  Paris),  Boven  (de  Lausanne),  Veemeylen  (de  Bruxelles),  Pierre  Kahn  (do 

III.  —  A.ssistance. 

La  thérapoutique  mentale  dos  maladies  mentales  p.ar  le  travail,  par  M.  le  prof.  Ch.  Ladame 

(de  Genève),  otM.  Demay  (do  Clermont) .  480 

Discussion  :  MM.  Courbon  (de  Paris),  Schiller  (de  Wil),  Calmels  (de  Paris),  Stuurman 
(de  Standpoorl),  Steck  (de  Céry),  Donaggio  (de  Modène). 


COMMUNICATIONS 
1.  —  Neurologie. 


A.  —  Communications  sur  le  signe  de  Babinski .  4iâ 

B.  —  Communications  diverses .  481! 

II.  —  Psychiatrie. 

A.  —  Communications  sur  la  s’iliizophrénie .  485 

B.  —  Communications  diverses .  487 


IV.  —  TROISIÈME  CONGRÈS  NEUROLOGIQUE 
DES  PAYS  DU  NORD 


OSLO.  -  17-18  septembre  1926. 


Sujet  principal  :  la  Neurosyphilis . 


468 


V. 


TABLE  DES  SOCIÉTÉS 


Groupement  iîeloe  d’études  oto-neuro-ophtalmologiques 
ET  neuro-chirurgicales. 

Pagos. 

•Scaiice  du  23  wm  1926 .  109 

Réunion  annuelle  du  gpoupement  d’études  oto-neueo-oculistiques  et  neüeo-chirue» 

GICALES. 

Sémsce  du  i  4  mvembre  1926 .  632 

Société  belge  de  médecine  mentale. 

Séance  du  25  septembre  1926,  (enue  ii  la  Fervie-Ecole  pour  enfants  anormaux  de  Waterloo .  494 

Séance  du  27  nomnhre  1926 .  631 


Société  belge  de  neurologie. 


Séance  du  24  juillet  1926 .  324 

Seanee  du  27  novembre  1926 .  629 


Société  clinique  de  médecine  mentale. 


Seanoedu2ljuiiin'î6 .  176 

Seancedu  19  juillet  1926 .  177 

Seanee  du  15  novembre  1926 .  626 


Société  médico-psychologique. 

Séouc’edu2S/uml926 .  174 

«Mîioe  du  26  juillet  1999 .  247 

Séance  du  25  octobre  1926 . 625 


Société  d’oto-neuro-oculistique  de  Strasbourg. 
Seanee  du  26  octobre  1926 . 


491 


Société  de  psychiatrie. 

Séance  du  24  juin  1926 . .  108 

Seanee  du  jeudi  21  octobre  1926. 

Seanee  du  18  novembre  1926. . 


490 

«27 


VI.  —  TABLE  ALPHABÉTIQUE 
DES  MATIÈRES  ANALYSÉES 


A 


Accidents  du  travail,  syringomyélie  consécu¬ 
tive  (MikulskO,  188. 

Acides  aminés  urinaires  clans  l’épilcp.9ie  (Raf- 
pin),  108. 

Acidose  (Etat  parkinsonien  générateur  d’  —  ), 
484.  (i;. 

Veromégalie,  rel,ation  entre  le  métabolisme 
basal,  la  calcémie  do  l’excitabilité  du  sys¬ 
tème  végétatif  (Waudorp),  198. 

xdams  Stekes  (syndhome  d’),  patîiogénio 
(Géraudel  et  Girotix),  2.17. 

Addison  (Syndrome  d'),  par  paragangliome 
surrénal  (Riemer,  Mazaetnostorres  et  Aus- 
TREaE’-ILO),  89. 

Adipose  dans  la  démence  précoce  (GuiraudI, 
177. 

Adiposo-génital  (Syndrome!  avec  nanisme 
(SOHREIRER  et  BoiaANPER-PlLET,  19-,  267. 

—  ■  •  dans  le  perkinsonirme  (Giraud  et  Gui- 
bal),  517. 

Adrénaline,  action  chez  les  épüepUçucs  (Ber- 
tolani),  eib. 

Agitation  danr  les  malad.ie.»  mentales,  traite¬ 
ment  par  le  somnitc:neiiilravcineux(RoNB), 
661. 

Aicaioï'es  et  morts  suldtos  (Damaye!,  277. 

Alcalose,  son  r.’de  dans  l'épilepsie  convulsive 
(Claude,  Raffin  et  Montassut),  iH. 

Alcoolisation  Daravertélrrlo,  traitement  des 
douleurs  car.iiaciues  (SwETLOW  et  Schwartz), 
Il  17. 


Alcooli'.rne,  ))o!ynévrite  (CoNor).  88. 

—  polynéviiies  avec  pbénomènes'  vestibu 
liires  (Cambuelik  et  Hidcuet.c,  !'9|. 

—  et  in'llueinose  (Taucuiwla  et  Lamai-he), 

Aliénés  (Etude  bi-toebimique  do=  corteposés 
du  fer  dans  l’écoroe  cércdinle  de?  —  )  (Tké- 
TiAiOFF  et  Cae-ar). 220-242. 

—  lipoïdémie  (Parhon  et  Marie  I’arhon), 


—  (Episode  de  la  vie  dos  —  ).  (Tricot-Royer), 


—  aceusés  et  instruction  oiiminclle  (Bed- 
NARZ),  64S. 

Alional  en  neuro-psychiatrie  (MoUNor),  664. 
Alopécie  en  aire  ot  immobilité  pupillaire  d’ori¬ 
gine  endociino-sympathique  (Hermam),  327. 
Amaurose  lonchomaiie  (Weill  ot  Jost/,  493. 
Amentia,  données  d’histopathologio  et  do  pa¬ 
thogénèse  (Bubcainüi,  655. 


(j;  les  indications  en  chiffres  gras  sc  rap¬ 
portent  aux  .Mémoires  ohioinaux,  aux  com¬ 
munications  à  la  SociÉiÉ  DE  Nburolouie 
DB  Paris,  et  à  sa  filiale  de  Sirasdouhu. 


Amnésie  consécutive  5,  l'ciicéplialilc  léthar¬ 
gique  (Sterling),  514. 

Amyotrophie  globale  dos  fléchisseurs  et  exten¬ 
seurs  des  orteils  et  du  pic.l,  signe  de  Ba¬ 
binski  d’origine  périphérique  (Rouquier  et 
COURETAS),  167-174. 

—  dharcol-Marie,  paralysies  transitoires  sous 
l’influence  du  froid  (Davide.nkoef),  4f4.^ 

Anatoxine  tétanique,  valeur  antigène  (Zoeller), 
358. 

- et  immunité  antiténaniiiue  (Zoeller 

ot  Kamon),  358. 

Anémie  dans  l’hvpothyroïdismc  (Mackenzie), 

202. 

—  pernicieuse,  troubles  nerveux,  altérations 
do  la  chrondxie  (Bourouiunon,  Faure- 
Beaulieu  et  Cohen),  801-310. 

Anesthésiques,  action  sur  les  réflexes  d’axenes 
(Aldert),  633. 

Anévrisme  syphilitique  de  l’aorle  ;  usure  ver¬ 
tébrale  et  compression  médullaire  ;  paraidé- 
giè  totale  et  paralysie  faciale  à  la  suite  d’une 
injection  de  novarsénol  (IIudelo,  Caillau 
et  Kaplan),  510. 

Angine  de  poitrine,  traitement  chirurgical 
(Daniélopolü),  257,  258. 

- sympathectomie  cervicale  bilatérale  to¬ 
tale,  persistance  des  crises  (Sicard  ot  Licht- 
wiTz),  347. 

—  —  alcoolisation  paravertébrale  (Bwetlon 
et  Suhwartz),  347. 

Angine  de  poitrine, traXtement  par  le  gardénal 
(Sézary),  662. 

Anglospasmes  cérébraux,  pathogénie  (Bremer 
et  CoppEz),  110. 

Angoisse  névrose  alcaline  (L.akînel-Lavas- 
tine),  488. 

Anorexies  mentales  de  l’adolescent  et  do 
l’adulte  (Nathan),  639. 

Anxiété  et  émotions  (Robin  et  Cénac),  488. 

Anxieux  (Etats),  impulsions  vürbo-motrice,s  ot 
troubles  neuro-végétatifs  CVermeylen),  205. 

Aperception  sensorielle  et  —  interne  (Ley),  031 . 

Aphasie  motrice,  un  cas  (Jarkowski),  418,  612. 

—  totale  traumatique  récidivant  par  effet  d’une 
lésion  an  siège  do  l’ancien  foyer  (Morrp.i.li), 
258. 

—  de  Wernicke,  logorrhée  jargouaphasiquo 
(Teénel),  627. 

Aphonie  hysiérique  (Faiæo),  640. 

Aphrodélmie,  peur  du  fou  (San(iuinkti),  (149. 

Aplasie  du  corps  basilaire  do  l’occipital,  mal¬ 
formations  cranio-raohidiennes  (M“'>  Deje- 
rine),  281  800. 

Appendice,  fonction  endocrine  (Moutiei;  ot 
Fouché),  265. 

Aréflexte  généralisée  (Ducosié),  408. 

- interprétation  par  l’étude  de  la  chro- 

I  naxie  (Bourguignon),  406. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES  ANALYSÉES 


7 


Ahgyll-Iîoberts.on  (Signe  d’)  évoluant  vers 
l’immobilité  pupillaire  chez  un  tabétique 
(Weill  et  Dreyfus),  491. 

- pathogénio  et  sémiologie  (Nayrao  et 

Breton),  504. 

- et  névraxitc  épidémique  (Mériel), 

504. 

Arsenic  et  iode  en  traitement  combiné  dans 
quelques  formes  extrapyramidales  (Beee- 
zowsKi),  520. 

Artérlte  oblitérante,  disparition  des  douleurs  et 
amendement  des  troubles  circulatoires  après 
sympathectomie  périartérielle  (Caïn  et  H  a.m- 
burg),  346. 

—  —  juvénile,  surrénalectomie  (Leriche), 349. 

Arthritisme  et  épilepsie  (Pasturel),  644. 

Arthropathie  tabétique  (Luxation  double  de 
l’épaule  par  — )  (Crouzon,  Vogt  et 

Braun),  339. 

- et  thérapeutique  intrarachidienne  avec 

le  bismuth  (Lafora),  607. 

Ascite  hypogénilalique  (Stancanelli),  353. 

Asymétries  de  position  dans  les  lésions  du  sys¬ 
tème  cérébelleux  (Rossi),  335. 

Athétose,  phénomènes  de  décérébration,  tor¬ 
sion  spasmodique,  relations  cliniques  et 
pathogéniquos  (Roussy  et  M""  Lévy),  482. 

Atrophie  corticale,  maladie  de  Pick  (Onari  et 
Spatz),  498. 

Autisme  (Minkowski),  485. 

Auto-conduction  et  schizophrénie  (Toulouse, 
Mignard  et  Minkowbki),  485. 

Automatisme  mental,  délire  spirite  (Schiff), 
247. 

- et  organicité  (Heuyer),  628. 


B 

Babinski  (Phénomène  de),  phénomènes  des 
doigts  analogues  (Sterling),  82. 

- en  dehors  des  lésions  pyramidales  (Rou- 

QUiee  et  Couretas),  167-174. 

- valeur  sémiologique  (Roger),  326. 

- dans  les  états  toxiques  (Pezotti),  XG. 

- variations  chez  l’enfanl,  (Mathieu  et 

Cornil),  327. 

- caractéristiques,  mécanisme  et  signili- 

cation  (Tournay),  471. 

- dualisme  (Sebeck  et  Wiener),  482. 

- -  provoqué  par  le  frottement  du  pied 

pondant  la  marche  (Adam),  482. 

^ - modalités  de  localisation  (Minkowski), 

482.^ 

Bade  intracrânienne  méconnue,  épilepsie  tar¬ 
dive  (Babonneix  et  Mornet),  506. 

Barrière  nerveuse  centrale,  perméabilité  (Fla¬ 
tau),  B21-640. 

Basedow  (Maladie  de),  valeur  clinique  du  mé¬ 
tabolisme  basal  (Castex  et  Schteingart), 
199. 

—  —  calcémie  et  glycémie  (WALDORpetTRisL- 
i.Es),  199. 

: - traitement  par  l’iode  (Marie),  199. 

action  de  l’insuline  (Castex,  Schtein- 
gaht  et  Beretbrvide),  199. 

—  déséquilibre  végétatif  et  métabolisme  de 
base  (Lemoine),  263. 

—  section  du  reloveur  palpébral  dans 
loxophtalmie  extrême  (Terson),  264. 

■  grave  avec  vomissements  incoercibles  et 
cachexie,  amélioration  par  suggestion  (Le- 
mierre  et  Deschamps),  348. 


Basedow  (Maladie  de),  traitement  par  l’iode 
(L.abré),  348. 

- (Flandin),  348. 

- et  basedowisme,  étiologie  et  traitement 

(Vieux),  484. 

—  et  syndrome  myasihénique  associés 

Benjoin  colloïdal,  sa  courbe  dans  les  méningites 
syphilitiques,  modifications  sous  l’influence 
du  traitement  (I.éciielle  et  Mouquin),  3-43. 

Bulbaire  (Syndrome)  interolivaire.  Hypoplasie 
et  névromes  bulbo-médullaires  (Marinesco 
et  Draganesco),  261. 

Bulbo-médullaire  (Segment)  et  sa  gaine  osseuse, 
anatomie  topographique  (Goinard),  115. 

Buroo-médullaires  (Névromes)  et  hypoplasie 
bulbaire  (Marinesco  et  Draganesco),  261. 


C 

Calcémie  dans  l’acromégaiic  (Waldorp),  198. 

—  dans  les  états  thyroïdiens  (Castex  et 
Schteingart),  199. 

—  et  glycémie  dans  les  états  hyperthyroî- 
diens  (Waldorp  et  Trelles),  199. 

Calcium  dans  l’insuffisance  ovarienne  (Craixi- 
cianu),  264. 

—  (Traitement  de  l’épilepsie.par  les  sels  de — ). 

(Parhon  et  Kahane),  646.  , 

Cancer  et  moelle  (Weil  et  Kraus),  237. 

—  du  rein,  métastases  cérébrales  et  eardi.a- 
ques  (Harvier  et  Lemaire),  .506. 

—  de  la  vessie,  roentgenthérapie  profonde 
(Gunbett),  663. 

Cancéreuse  (La  famille  syphilitique  et  la 
famille  — ),  (Pfeiffer),  356. 

Caractère  (Altérations  du  —  et  de  la  conduite 
dansl’encéphaliteléthargique)  (Gordon),  515. 

- (Clark),  515. 

Cardio-aortiques  (Voies  sensitives  —  et  trai¬ 
tement  chirurgical  de  l’angine  de  poitrine) 
(D.aniélopolu),  257,  258. 

Carotide  (Ligature)  et  troubles  mentaux 
(Courbon),  457. 

Catatonique  (Syndrome)  (Bertolani),  249. 

- localisation  cérébrale  (Steck),  486. 

Cécité  tranaito'ire  ou  durable  sans  signes  ophtal¬ 
moscopiques  tthoz  les  enfants  (Genet),  123. 

—  suite  de  méningite  séreuse,  rétablissement 
de  la  vision  (Abadie,  Lecat  et  Moyotte), 
343. 

Cellules  '  der  ganglions  nerveux,  nouvelle  mé¬ 
thode  histologique  (Rizzo),  255. 

—  radiculaires  motrices,  altérations  dans  la 
moelle  dos  épileptiques  (Altschul),  396- S£9. 

Céneslhésles  douloureuses  et  perverties,  chi¬ 
rurgie  (Leriohe),  195. 

'Centres  diencéphaliques,  relations  histologiques 
avec  l’hypophyse  (Collin),  196. 

■ —  exirniviramidaux  atteints  par  le  procès, sus 
paralytique  (Pfannee),  260. 

—  nerveux,  techniques  do  fixation  et  de  colo¬ 
ration  (de  Castro),  505. 

Céphalalgique  (Forme)  de  la  sclérose  en  pla¬ 
ques  (Foix,  Lévy  et  M-n»  Schiff-Werthei- 
mer),  428.  ,  . 

Céphalée  et  accidents  pseudo-méningitiques 
qui  suivent  la  ponction  lombaire,  prophy¬ 
laxie  et  traitement  (Tzanck  et  Chevallier), 
329. 

—  tenace,  expression  de  la  calcification  de  la 


ANMir:  ITOfi.  -  -  TAHI.ES  1)1!  TOMlï  II 


faux  il  U  l'ervoau  (fiiiiLLAiN  ot  Alaiouanink), 

361  367. 

Céphaloplésioue  (Synduomu)  avec  forme  inéniii- 
i;ée  dans  la  maladie  de  lleino-Mcdin  (Bonada 
et  Ygartua),  :î40. 

Céphalo-rachidien  (Liquidk),  teneur  en  élé¬ 
ments  ccllulaire.s  et  on  albumine  (Nkel),  1211. 

- la  barrière  hémato-encéphalique  (Stkun), 

120. 

■ - rapport  de  sa  pression  avec  la  len.sion 

veineuse  (Claudk,  Takcowi.a  et  Lama- 
ciie),  122. 

- réactions  colloïdales  (Minkowski  et 

Scharavski),  124. 

- -  hypcrîîlycorachie  dans  les  affections 

p.sychiques  (Gaciik),  124. 

- désalburnination  et  dosage  des  protéines 

(Wuschendorfk),  124. 

- hyperuréoraehic  dans  les  affeetions 

psychiques  (Salles),  12.’). 

- intoxication  par  les  gaz  avec  altération 

de  la  barrière  ecto-mésodermiqun  (Allknuk 
Navaruo),  12,5. 

- (Méningite  tuberculeuse  chez  un  nourris¬ 
son  sans  réaction  cytologique  du  — )  ((Jaus- 
sade  et  Girard),  1 92. 

- -  diagnostic  de  la  nature  des  dissociations 

albumino-oytoiogi(|uea,  rachifibrinimétrie 
'  (Follet),  328. 

- examen  systématique  {(hiAivFouD  et 

Cautaron),  328. 

- température  (Giuffué  et  Mannino), 

- oxalorachie  (Nathan),  329. 

- pression  avant,  pendant  et  après  une 

trépanation  décomprossivo  (Folly  et  BiÉ- 
rou),  452. 

—  —  (bianifieation  de  la  réaction  de  Wasser¬ 
mann  dans  le  — )  (Desnki/x),  638. 

- nécessité  d’un  examen  complet  dans  le 

diagnostic  ditferentiel  de  la  parapleeie  jii- 
thiatique  p3cudo-potti(|ue  du  mal  de 
Pott  (Tixier  et  Bize),  6 41 . 

■ — ^ —  dans  l’épilepsie  (Paterson  et  Lkvj), 

- - pression  dans  l’épilepsie  (Dalma),  643. 

Cérébelleuse  (Artère)  (Syndrome  de  1’ — 
postérieure  et  inférieure)  (Cernez  et  Bi- 
loiiet),  257. 

Cérébelleux  (Syndrome)  fruste  avec  parésie 
de  l'élévation  du  regard  (Etienne,  Mathieu 
et  Gerbadt),  187. 

—  (Trouiiles)  par  lésion  corticale  (Iîoussy  et 
M"»  Lévy),  376-389. 

Cérébellothalamique  (Syndrome)  supérieur 
(Foix,  Chavany  et  JIillemand),  598. 
Cérébrales  (Manifestations)  de  la  tachycardie 
paroxystique  (Barnes),  184. 

—  (Paraly.sies)  du  liremier  âge,  classification 
naturelle  (Schas),  182. 

Cérébraux  (Symptômes)  au  cours  de  rerdème 
angioneurotique  (Kennedy),  181. 

Cerveau  (Abcès)  d  origine  otithiue  simulé  par 
une  hémorragie  sous-durale  do  la  région 
temporale  (Hopnickk  et  .Ianota),  183, 

- traitement,  éponge  de  caoutchouc  comme 

drain  (.Meurman),  331. 

- ciiqiyème,  abcès  du  poumon  et  —  secon¬ 
daires  (Boinet,  Pieui  et  Ismenein),  505. 

—  (Anatomie),  connexions  des  eirconvolutions 
rolandiquca  (Minkowski),  2,50. 


Cerveau  (Angiospasmes),  pathogénie  (Bremer 
et  CorpKz),  110. 

—  (Blessures),  halle  intracrânienne  méconnue, 
épilepsie  tardive  (Babonneix  et  Mornet), 

. ff.'oNTUsioN),  deux  eas  (Bourde  et  Toinon), 

—  (Ecorce),  histochimie  des  composes  du 
fer  (Thétiakoff  et  Caesar),  220-284. 

(Hématome),  enkysté  de  la  convexité  stric¬ 
tement  intradural  (IIarvieb,  Rauhe  et 
BlumI,  .507. 

—  (Kyste  cLioM.vninx)  profond,  lipiodol 
descendant  et  ascendant  (Sicarp,  Robi¬ 
neau  et  Hacuenau),  421. 

—  (Lésions),  valeur  diagnostique  du  nystag- 
mus  opti(|Ue  (Stenwers),  18?. 

- (Troubles  sensitivo-motcurs  d’aspect 

radiculaire  et'  troubles  d’aspect  cérébelleux 
par  —  corticale).  Roussy,  et  M""  Lévy), 
876-389. 

- répercussion  sur  les  muscles  allant  jus¬ 
qu’à  la  dégénérc.-cence  (Bouihhikinon),  390- 
864. 

—  (Pathologie),  atrophie  du  cortex  cérébral, 
maladie  de  l'ick,  contiibiition  anatomique 
(Onari  et  Spatz),  498. 

— -  (Physiologie),  effets  de  l’ablation  des 
hémisphcics  (Binet),  117. 

- (I’hysiolocie),  activité  du  cortex  (Bech 

TEREW),  ,500. 

— ^  —  fonetioiis  des  lobes  frontal  et  temporal 

—  -  (Trichinose)  (IIassin  et  Diamond),  183. 

—  (Tumeurs)  postérieures,  disparition  de  la 
selle  turcique  (Vincent),  96. 

- psvcho-dii'.gnostic  de  localisation  (Gel- 

ma),  126. 

- épilepsie  jacksonienne  sensitive  (Cas- 

TEX,  Beretervide  et  Balestka),  126. 

- rétrocession  de  l’iedèmc  papillaire  et 

a.rrct  d’évolution  consécutif  à  la  radiothé- 
lapic  (Rollet,  Froment  et  Colrat),  127. 

- gliome  et  traumatisme  crânien  (de 

Monakow),  127. 

- dysuric  associée  (IIolman),  127. 

- thér?,peutique  (de  Martel),  128. 

—  —  (Brun),  128. 

- (Lozano),  1‘28. 

- -  radiothérapie  des  tumeurs  infundibiilo- 

hypophysaires  (Roussy,  Laboriie,  M"'  Lévy 
ctBoLLAUK),  129-144. 

- chirurgie  (Bustianelli),  179. 

- -  (Sargent),  180. 

- (Leriche),  180. 

- du  lobe  frontal,  clinii|uc  de  ce  lobe 

(FiScuDER  Nunez),  331. 

■  - -  du  tronc  du  corps  calleux  (Guillain 

et  Garcin),  332. 

- glioblastome,  syndrome  iisychasthé- 

niiiuc  (Marchand  et  'ScHiFF),  333. 

■  - radiothérapie  (Goyon,  Solomon  et 

Willemin),  334. 

- métastase  d’un  hypernéphromc  (IIar- 

binger  et  Agostini),  ,334. 

■  - gliome  pariéto-pontin  de  riiémisphère 

droit  (Giannuli),  .506, 

—  —  métastases  d’un  cancer  du  rein  (Har- 
viER  et  Lemaire),  506, 

- modifications  des  racines  médullaires 

(Tchouraew),  506, 


TAHU’:  ALl’HABliTIQllE  DES  MAT itiBEH  ANALYSÉES  9 


Ceiveau  (Tumkuhs)  à  localisation  gasséricnne 
i.raitéc  par  la  radiothérapie  (Paulian),  506. 

—  —  radiothérapie  (Ala.iouanine  et  Gibert), 
598. 

Cervelet  (Ecorce),  histochimie  des  composés 
du  1er  (Trbtiakoep  et  Caesar),  220  242. 

—  (Kyste)  diagnostiqué  et  ponctionné,  état 
des  réactions  vestibulr.ires  (Barré),  492. 

—  (Lésions)  asymétriques,  façon  de  se  com- 
norter  des  réflexes  toniques  et  des  réflexes 
labyrinthiques  (Simonelli  et  Di  Giorgio), 

- -  symi)tomatologie,  les  asymétries  primi¬ 
tives  de  position  (Rossi),  335. 

—  (Ostéome)  (JI"'i'  Sieülecka),  187. 

~  (Physiologie),  recherches  expérimentales 
■ur  scs  fonctions  organo-végétatives  (Papi- 
iian  et  Cruceanu),  .503. 

—  (Tumeurs),  disparition  de  la  selle  turcique 
(Vincent),  96. 

—  -  dysuric  (IIolman),  127. 

Chagas  (Maladie  de),  formes  nerveuses  (Aus- 
tregesilo),  357. 

Charcot,  anniversaire  (Pienkowski),  111. 

—  (Centenaire  de  — ■)  (Sanguineti),  248. 

Chirurgie  et  psychiatrie  (Courbon),  275. 

—  e(,  hygiène  mentale  (Farani),  276. 

Choc  peptonique.  et  tonus  parasympathi(|UO 
(G.-vrrelon  et  Santenoise),  121. 

- et  apiiareil  thyroïdien  (Garrelon  et 

SA^1TEN01SE),  121. 

Cholestérinémle  et  calcémie  dans  les  états 
thyroïdiens  (Castex  et  Sciiteingart),  199. 

Chorée  de  SijdeidwtH,  études  expérimentales 
(Herman),  119. 

Choréo-athétose  dans  l’épilepsie  myoclonique 
(Van  Bogaert),  485. 

Chronaxie,  altérations  dans  un  syndrome  neuro- 
anémique  avec  atteinte  du  neurone  péri¬ 
phérique.  (Bourguignon,  Faure-Beaulieu 
•  i  Cohen),  801-310. 

—  dans  un  cas  d’aréflexie  généralisée  (Bouii- 
■iUlGNON),  406. 

Ciiconvolutions  rolamliquee,  connexions  ana¬ 
tomiques  (MlNKOWIKl)j  2.50. 

Ciirhoses,  soufre  et  iiiélanoderniie  (Loeper, 
Recourt  et  Gllivier),  264. 

Clonus  du  pied,  formes  typiques  et  de  passage 
(Bouquier  et  Couretas),  69. 

Cœur  (Influence  des  prneessus  psychiques  sur 
j’innervatioii  du  -— )  (Von  Wyss),  271. 

Côlites  alénlinrs  (Syndrome  neuropsychique 
des  — •)  {.Mathieu  de  Fossey  et  Béhague), 
3.57. 

Coloration  des  centres  nerveux  et  des  termi¬ 
naisons  nerveuses  techniques  (De  Castro), 

Coma  diabétique,  coma  urémique  (Roque  et 
Delore),  330. 

Confusion  mentale.  Valeur  curative  de  la  sortie 
l'i-ématurée  (Gilles),  488. 

Constitution  émotive  et  vago-sympathicotonic 
(Goritti),  269. 

Contracture  des  membres  de  forme  rare  chez 
nn  parkinsonien  postcncéphalitique  (Magni), 

~  hémiplégique  traitée  par  l’ionisatioii  cal- 
'  iqiie  transcérébrale  (Verger  et  Labeau), 

—  hiistérique  des  miiselcs  extrinsèques  de  l’œil 
(Halduzzi),  61(1. 


Contracture  mijogène  traumatique  (Scarpini), 
330. 


Convulsions  m/nntîks{Syndromc  parkinsonien, 
épilepsie,  affaiblissement  intellectuel  chez  dss 
sujets  ayant  présenté  des  — )  (Toulouse, 
Marchand,  Bauer  et  Male),  626. 

Corps  basilaire,  aplasie,  retentissement  sur  la 
cavité  craiiio-rachidiennc  et  sur  le  névraxe 
(M™®  De.ierine),  281-800. 

—  calleux,  sémiologie  des  tumeurs  du  tronc 
(Guillain  et  Garotn),  332. 

—  poHiu-bulbaire  (Schaeffer),  115. 

Cortex  cérébral,  activité  (Bechterew),  500. 

Corticale  (Lésion),  troubles  sensitivo-moteurs 

d’aspect  radiculaire  et  troubles  d’aspect  cé¬ 
rébelleux  (Roussy  et  Mu®  Lévy),  376-889. 

- répercussion  sur  les  muscles  allant  jus¬ 
qu’il  la  dégénérescence  (Bourguignon),  360- 
395. 

Couleur  (Nature  des  sensations  de  — ),  (Fran¬ 
klin),  116. 

Crâne  (Capacité)  du  cobaye  .sauvage  et  domes¬ 
tique  (Donaldson),  115. 

—  (Chirurgie),  pression  du  liquide  eéphalo- 
rachidien  avant,  pendant  et  après  une  tré¬ 
panation  décompressive  (Folly  et  LiÉou), 


(Traumatismes),  et  gliome  (de  Monakow), 
27. 

- hémorragie  sous-durale  (Hornicek  et 

Janota),  183. 

- hypertension  intra-eranienne  (Pidoux), 


- diplégies  associées  et  diabète  insipide 

(WoEMs),  334. 

- fermé,  mort  rapide  (Bonnat),  507. 

- fermés,  traitement  (Boueda,  507. 

Crâniens  (Nerfs),  paralysie  du  glosso-pharyn- 
gien  (Alpers),  193. 

- ^  syndrome  du  trou  déchiré  postérieur 

(Bourgeoic  et  Debidoue),  193. 

- diplégies  associées  dans  les  trauma- 

(ismes  du  crâne  (Worms),  334. 

- hémiplégie  vélo-palatine  et  zona  cervi¬ 
cal  (Bourgeois),  344. 

Cranlo-ménlngée  (Métastase  —  d’un  hyporné- 
phrome  latent)  (HARiNOERet  Agostini),  334. 

Cranlo-rachldiennes  (Malformations)  par 
aplasie  du  corps  basilaire  {M“®  Dejerine), 

281  SCO. 

Crétinisme  endémique  en  Roumanie  (Parhon), 
200. 

—  état  hypothyroïdicn  et  système  nerveux 
(de  Quervain),  201. 

Criminels  (Stérilisation  des  — )  (Kehl),  277. 

Crises  gastriques,  symptôme  d’alarme  du  tabes 
(Canvy),  189. 

-e-  —  neuro-ramisectomie  dorsale  (Van  Bo- 
GAEET  et  Verteugge),  631. 

Cubitale  (Paralysie)  avec  dysmétrie  et  trem¬ 
blement  intentionnel  par  lésion  corticale 
(Roussy  et  Mu®  Lévy),  876,  889. 

Cyanose  dans  la  démence  précoce,  les  gaz  du 
sang  (Segal  et  Hinnie),  655. 

Cycle  sexuel  (Courrier),  350. 

- (Gerlingee),  350. 

Cysticerque  racémeux  à  localisation  spinale 
(Verga  et  Dazzi),  261. 


D 


Datura  stramonium  dans  le  traitement  des  syi.- 


10 


-  TAHI.IiS  DU  TOME  II 


ilromos  i)arkinsuui(uis  {Laignkl-Lavastink 
ot  Valence),  520. 

Débile  mental,  mesure  du  temps  de  son  adapta¬ 
tion  à  un  milieu  tamilial  nouveau  (De 
Greff),  325. 

Débilité  mentale  jiaranoïaquc,  infliienee  do  la 
syphilis  (Damayk  et  Khiau),  278. 
Décérébration  (Binet),  117. 

—  Rflots  sur  la  thyroïde  et  les  surréi'ale.s  de 
l’animal  châtré  (Lisi),  198. 

—  (Phénomènes  üe),  torsion  spasmoduiue  ot 
athétoso,  relations  (Roussy  et  Lévy),  432. 

Dégénérés  états  passagers  do  paranoïa 
(Skliaré),  649. 

' —  délire  épisodique  (Buito  Bedford  Roxil, 
649. 

Délire  et  faux  délire  (Gouruon),  247. 

—  aigu  infectieux  cl  son  traitement  par  le 
choc  colloïdal  (M™"  Giorgi-Rragnk),  6.52. 

—  chronique,  hypothèses  pathogéniques  (Gui- 
hadd),  207. 

—  épisodique  des  dégénérés  (Brito  Bedford 
Roxo),  649. 

—  interrogatif  (Capgras  et  Abéi.y),  273. 

—  polgmorphes  (Targowla),  274. 

—  spirite  (Sohiff),  247. 

Delirium  tremens,  traitement  par  les  inieetion.s 
intraveineuses  de  somnifène  (Ramond,  La¬ 
porte  et  Quénée),  652. 

Démence  précédée  de  plusieurs  accès  de  mélan¬ 
colie  (Leroy),  176. 

—  avec  lésions  cérébrales  circonscrites  (.Ion a- 
siu),  278. 

—  méningo-encéphalitc  atropliiantc  et  allié- 
romo  chen  une  syphililique  (Üamaye 
et  Bhiau),  278. 

—  artériosclérolique  avec  gynécomastie.  Ra¬ 
mollissement  du  strié  sans  symptôme  clioréo- 
athétosique  (  U  rechia  ot  Mihalescu),  609. 

—  précoce,  symptômos  liminaires  (Abéi.y),  175. 

- tremblement  do  la  tête  (Guiraud),  177. 

- adipose  (Guiraud),  177. 

- -  infantile  (IIaluerstadt),  209-219. 

- ot  scliizophrônio  (Claude),  475. 

—  —  dopiiées  histopathologiques  ( N icoi.esco 
et  Nicolesco),  499. 

- r  dissociation  mentale  (AbélyI,  654. 

—  —  point  de  vue  d'A.  Meyer  (Klournoy), 

655.  . 

- cyanose  (Segal  et  Hinsie),  655. 

- -  pathogénic  (Busaino),  655. 

- -  rechorelics  sur  le  sang  (Balfi),  655. 

- hypothymie  chronique  (Benon),  656. 

Démentiels  (Rtats)  syphilitiques  non  pro¬ 
gressifs  (Mabühand,  Abély  ot  Bauer), 
279. 

Désalbumination  dos  liquides  de  l’organisme 
(Wuschendohff),  124. 

Déviation  de  la  tête  et  des  peux  par  crises  avec 
paralysie  faciale  opposée  (Paulian),  98,  2,56. 
Diabète  insipide,  action  do  l’insuline  sur  la 
polyurio(ScHTEiNUAnTet  Beuetehvide),196. 

- -  et  purincs  urinaires  (Scuteingart),  196. 

- -  ot  obésité,  traitement  hypophysaire 

(Laiibé  et  Denoyeli.e),  196. 

- association  avec  l’ostéite  polykystique 

(Gordon),  266. 

- -  dans  les  traumatismes  era'iiciis(WoRMH), 

334. 

- étiuie  d’un  cas  (Labhé  et  Azehad),  334. 

- insuline  etionothérapie(WALDORF),;i35. 


Diurèse,  effet  de  la  ponction  lombaire  (Ra¬ 
vina),  122. 

. —  ,action  du  lobe  postérieur  d'hypophyse, 
modifications  sous  l’intluencc  du  sommeil 
(Labdé,  Violle  et  Azehad),  122. 

Douleurs  (Injection  d’alcool  dans  les  nerfs  pour 
soulager  les  —  )  (Swetlow),  194. 

—  (Heureux  effets  des  injections  intravei¬ 
neuses  froides  contre  certaines  —  (Bari  k, 
Morin  ot  Staiil),  416. 

—  cardiaques,  traitement  par  l’alcoolisation 
paravertébrale  (Swetlow  et  Schwartz),  347. 

Dunlicité  de  la  moelle  (Kraub  et  Weill),  817- 

Dupuytren  (Maladie  de)  (Paulian),  74. 

Dyschromie  syphilitique,  insuffisance  surrénale 
possible  (Meineri),  264. 

Dysinsulinisme  ot  hypoépinéphric  (Gougebot 
ot  Peyre),  203. 

Dyspituitarisme,  opothérapie  thyroïdienne 
(Wynn),  200. 

Dystonies  d’attitude  (Thévenard),  119. 

—  lenticutaires  (Molhant),  260. 

Dystrophie  génito-glandulmre  d’origine  syphi¬ 
litique  (Laignel-Lavastine  ot  George),  349. 

- (Mariotti),  353. 

—  osseuse  par  aplasie  de  la  substance  spon¬ 
gieuse  du  corps  basilaire  (M™'  De.terine), 

281  800. 

Dysiirle  associée  aux  tumeurs  intracianicnncfl 
de  la  fosse  postérieure  (IIolman),  127. 


E 


Eclampsie  pleurale,  (Bernard,  Coste  et  Val- 
Tis),  645. 

Eclamptiques  (Psychoses  post  — )  (Ziman), 
652. 

Ecriture  en  miroir  (Sterling),  256. 

Ecto-mésodermique  (Altération  de  la  barrière 
—  du  cerveau  dans  l’intoxication  par  le 
gaz)  (Allende  Navarro),  125. 

Electriques  (Réactions),  gros,  troubles  chez 
une  hémiplégique  (Bourguignon),  604. 

Electrocardiogramme  dans  le  myxœdème 
(Thacheh  et  White),  202. 

Electrodiagnostic  et  éleetrothéraide  dans  la 
paralysie  infantile  (Mohquio),  190. 

Emotions  chez  les  psychopathes  (Sergheiev- 
SKV),  268. 

•  -  et  anxiété  (Robin  et  Cénac),  488. 

Emotive  (Constitution  —  et  vago-sympathi- 
ootonic)  (Goriïti),  269. 

Empyème.  Abcès  du  iiouinoji  et  abcès  secon¬ 
daires  du  cerveau  (Boinet,  Piicri  et  Isme- 


Encéphalite,  syndrome  oiiso-niyocleniquc  (Mi- 
KULOWSKl),  259. 

Encéphalite  épidémique  et  pathogénic  du 
sommeil  (Zalkind),  117. 

—  parésie  fonctionnelle  de  l’élévation  du 
regard  (Ktiennb,  Mathieu  et  Gbrbaut), 
187. 

■  -  —  sclérose  en  plaques  consécutive  chez 
l’enfant  (Rodet),  339. 

- anatomie  patliologiipie  (Ley),  3§0. 

—  —  examen  anatomique  (Claude),  360. 

—  —  syndrome  myasténiforme  (Wimmer  et 
Vedmand),  868-375. 

-—  -—  classification  des  spasmes  oculaires 
(Roger  et  Reboul-Lachaux),  -483. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES  ANALYSÉES  li 


Encéphalite  épidémique  et  suicide  (Dupouy, 
Bauer  et  Chataignon),  490. 

—  —  fruste  (Petit,  Bauer  et  M'"“  Requin), 
490. 

- et  signe.  d’Argyll-Robertson  (Mériel), 

504. 

- -  formes  aotuclle.s  (Bériel),  510. 

- (Nubbrt),  511. 

- à  forme  akinétique  (Minet  et  Tram- 

blin),  511. 

- manifestations  oculaires  associées  à 

des  troubles  psychiques  (Bertolani),  511. 

- -  mouvements  de  manège  (Parhon  et 

Dérévici),  611. 

—  —  grosses  ulcérations  trophiques  (Lammer- 
smann),  512. 

- troubles  de  la  respiration  (Popov  et 

Ammosov),  512. 

—  —  forme  respiratoire  et  insomnique  d’as¬ 
pect  hébéphrénique  (Laionel-Lavastine 
et  Valence),  512. 

- xanthochromie  (Rotschild),  512. 

- -lignes  hyperesthésiques  sensibilisées  (Cal- 

lioaris),  512! 

- narcolepsie  (SpIller),  513. 

- -  accès  de  cris  et  troubles  de  la  volonté 

(Mikulski),  513. 

- -  neurasthénie  (Callioaris),  513. 

- séquelles  psychiques,  formes  épilep¬ 
toïdes  (Steok),  513. 

- troubles  psychiques  (Lebab),  514. 

- -  amnésie  consécutive  (Sterling),  514. 

—  —  perversion  (Heuyer),  514. 

- altérations  du  caractère  et  de  la  con¬ 
duite  (Gordon),  515. 

- (Clark),  515. 

- -  méthodes  de  traitement  (Ley),  515. 

— '  —  (Billigheimer),  515. 

- (Vampré  et  do  Prado),  515. 

- constatations  anatomo-pathologiques 

(Francioni),  515. 

- spasme  de  torsion  consécutif  (Bing 

et  Schwartz),  517. 

- syndrome  excito-moteur  cervico-facial 

avec  crises  toniques  d’élévation  dos  yeux 
(Laignel-Lavastine  et  Bourgeois),  572. 
- spasmes  toniques  intermittents  d’élé¬ 
vation  du  regard  avec  myoclonies  do  la 
houppe  du  menton  chez  un  mélanodcrmique 
(Laignel-Lavastine  et  Bourgeois),  674. 
- seiiuclles  éloignées  (Français  et  Lan¬ 
çon),  575. 

— >  —  crises  toniques  oCulogyres  (Tinel  et 
Baruk),  627. 

- forme  respiratoire  (Callewaert),  629. 

—  périaxiak  diffuse,  type  Schilder,  syndrome 
tétraplégique  avec,  stase  papillaire  (Barré, 
Morin,  Draoanesco  et  Reys),  541-557. 

—  post-vaccinale,  étiologie  (Levaditi  et  Nico- 
lau),  510. 

Encéphalographlques  (Recherches  —  dans 
l’épilepsie  essentielle)  (Tyczka),  643. 
Endocrlno-sympathlque  (Alopécie  en  aire  et 
immobilité  pupillaire  d’origine  — )  (Her¬ 
man),  327. 

—  (Système),  constitution  dans  un  cas  de  mala¬ 
die  des  tics  (De  Nigris),  641, 

—  (Troubles)  chez  les  peladiques  (Loustric), 
198. 

Epilepsie,  acides  aminés  urinaires  (Rapfin), 
108. 


Epilepsie,  mort  rapide  après  une  crise, 
hémorragie  ventriculaire  (Bauer),  178. 

—  et  torticolis  spasmodique  (Marchand  et 
Bauer),  811-316. 

—  altérations  des  col  Iules  radiculaires  motrices 
(Altschul),  56S'399. 

—  et  syphilis  (Marchand  et  Bauer),  485. 

—  sympathectomie  péricarotidienne  (Laignel- 
Lavastine  et  Largeau),  485. 

—  généralisation  de  l’excitation  dans  l’accès, 
étude  expérimentale  (Spiegel  et  Falkie- 
wicz),  502. 

—  état  de  mal  mortel  au  cours  du  traitement 
par  le  gardénal  (Marchand  et  Picard,) 
625. 

—  syndrome  parkinsonien  et  affaiblissement 
intellectuel  chez  des  sujets  ayant  eu  des 
convulsions  infantiles  (Toulouse,  Mar¬ 
chand,  Bauer  et  Male),  626. 

—  incapacité  professionnelle  et  inada,ptabilité 
sociale  de  certp.ins  sujets  (Ceillier),  628. 

—  absorption  d’objets  de  piété  au  cours  de 
l’état  crépusculaire  (Vermeyi.en),  632. 

—  provocation  des  accès  par  l’hypcrpnée 
(Janota),  642. 

— -  liquide  céphalo-rachidien  (Paterson  et 
Lovi),  642. 

— ■  pression  du  liquide  c.-r.  (Dalma),  643. 

—  recherches  eneéphalographi<iucs  (Tyczka), 
643. 

— ■  rôle  de  l’alcalose  (Claude,  Raffin  et 
Montassut),  643. 

—  teneur  du  sang  en  soude  et  en  potasse 
(M.  Parhon),  644. 

— ''et  sécrétion  interne  (Capelli),  644. 

—  et  arthritisme  (Pastwal),  644. 

—  hérédo-syphilis  (Babonneix),  645. 

— ■  (Terrien  et  Babonneix),  645. 

—  habitude  épileptique  (Hartenbbrg),  645. 

—  action  de  l’adrénaline  (Bertolani),  645. 

— •  traitement  par  le  vaccin  de  Pasteur  et  les 
injections  parentérales  de  lait  (Ossoknie  et 
Ochbenhaudler),  646. 

—  traitement  par  les  sels  de  calcium  (Parhon 
etKAHANE),646. 

—  somnifène  dans  l’état  de  mal  (Rimbaud, 
Boulet  et  Chardonneau),  646. 

—  (SoRE  et  Vien),  646. 

—  (Aston  et  Pérès),  647. 

— /fflcÈsoniennc.résultatséloignésdutraitemcnt 

(Leriche),  180. 

—  jacksonienne  sensitive  par  tumeur  cérébrale 
(Castex,  Beretervide  et  Balestra),  126. 

—  pleurale  (Bernard,  Coste  et  Valtis),  645. 

—  tardive  (Balle  intracrânienne  méennnue,  — ) 
(Babonneix  et  Mornet),  506. 

—  traumatique  (Y OGy),h01 . 

E^pllepsle-myoolonie  familiale  avec  clioréo- 

athétose  (Van  Bogaert),  485. 

Epreuve  rotatoire,  critiques  (Barré),  493. 

Erotisme  et  tabo-paralysie  générale  sénile 
(Sizarbt),  177. 

Etat  crépusculaire  (Absorption  d’objets  do 
piété  au  cours  d’un  —  postépile,ptiquc){VER- 
MEYLEN),  632. 

Eunuchisme  consécutif  à  la  syplülis  acquise 
(Mariotti),  353. 

Excito-moteur  (Syndrome)  cervico-facial  avec 
crises  toniques  d’élévation  dos  yeux  d’origine 
encéphalitique  (Laignel-Lavastine  et  Bour- 
GEois),  572. 


ANXËH  l!f2C,.  _  TABLES  DV  TOME  II 


Exophtalmie  exirhiie,  section  ilu  releveiir  pal¬ 
pébral  {Terson',  264. 

Extrapyramidal  (Syndrome)  avec  troubles 
psniiilo-bulliaires,  fixité  (lu  regard  par  liypcir- 
tonie  (Ala-kiuanine,  Dei.aeontaink  et 
Lacan),  410. 

Extrapyramidales  (Formes),  traitement  com¬ 
biné  par  l’arsenic  et  l’iode  (Berezowski),  520. 

Extrapyramidaux  (Troubles  moteurs),  bis- 
topatbolofjie  et  patliopomèse  (Bu.scaino),  655 


Fasciculus  urcuuluH  circuiiKilivaris  (Sciiaeeeer), 

Faux  délires  (Courbon),  247. 

Faux  du  cerveau,  ossifications  et  (üilciliealions 
(Guillain  et  Ala.ioi'anine),  361-:i67. 

For  dans  l’éeorco  cérébrale  des  aliénés  (Tré- 
TTAKOEE  et  (Iaesar),  220-242. 

Ferments  o.r.i/duitls  dan.s  la  vie  du  neurone 
(Marinesco),  120. 

Fétichisme  (Vondhacek),  270. 

Fibres  nerrennes,  coloration  dos  eaioes  de 
myéline  (Laudau),  116. 

—  radiculaires  longues  (Syndrome  des)  au 
(?ours  d’une  .svidiilis  sjiinalc  (Porot  et  Be.ni- 
chou),  604.  ' 

Fièvre  de  Multe,  la  méningite  {I.)es.U(E,  I’ei.le- 
RIN  et  VlNEiRTA),  lilli. 

Fi.tité  du  reqmd  par  hypertonie  associée  à  un 
syndrome  extrapyramidal  avec  troubles 
pscudn-bulbaire.s  (.\la,iocanine,  Dei.aeon¬ 
taink  et  Lacan),  410. 

Froid  (Paralysies  transitoires  sous  l’influence 
du  —  dans  l’amyotroiihie  Obarcot-Marie) 
(Davideniioef),  447. 

Frontal  (Lobe),  sémiolot'ie  (KstunEu  Numez), 

ont. 

- physiologie  (Spiegei-  et  IIotta),  .51  0. 

Fugues  (Tendance  aux  — ),  (Zai.iknde),  276. 

funiculite  lomho-s/icne  avec  amyotropliic  des 
fléohi.ssours  et  des  extenseurs  des  orteils, 
signe  de  Babinski  d’origine  péri|diéri((uc 
(liouinnER  et  C'oureïas),  167- 171. 


Ganser  (Syndrome  de)  au  cours  d’une  P.  fi. 
(Vondracek),  270. 

- -  son  éf|uivalent  (Vondracek),  270. 

Gardénal  (Rtat  do  mal  mortel  au  cours  du  trai¬ 
tement  par  le  — )  (Marchand  et  Picard), 
625. 


—  dans  l’angine  de  iioitrine  (Pézarv),  662. 
Casser  ([ntervention  pliy.siologir|ue  sur  le  gan¬ 
glion  de  — ),  (Muskens),  635. 
Génito-glandulaire  (Dystrophie)  d’origine  sy¬ 
philitique  (LAIONEI.-LavASTINE  et  (iEORIlB), 


-  -  (Mariotti),  353. 

Gérodermie  génito-dysirophiiiiie  (Mariotti), 


Glandes  à  eécretion  iiileyiie  dans  l'épilepsie 
(C.APELLl),  641. 

Glandulaire  (Tnsufeihance) -et  suractivité  en 
physiologie  pathologique  (liARNiEu),  263. 
Glaucome  chronique  et  iiiyosis  tabétique  (La- 
üRANdE  et  Dartin),  IHO. 

Gliome  cl.  traumatisme  crânien  (de  Monakow), 


Glosso-pharyngien,  paralysie  bilatérale  isolée 
duc  à  la  syphilis  cérébrale  (Alpers),  193. 

Glossoptose  et  vagotonie  (Laiünel-Lavastine, 
lloniN  et  Fildermann),  347. 

Glycémie  dans  les  maladies  de  la  thyroïde 
(Waldorp  et  TuELi.Es),  199. 

Glycosurie,  effet  de  la  ponction  lombaire  (Ra¬ 
vina),  122. 

Goitre,  métastases  dans  le  canal  rachidien 
(Zourié),  187. 

—  et  crétinisme  en  Roumanie  (Parhon),  200. 

—  et  insuffisance  mitrale  fonctionnelle  (Loe- 
PER  et  Moudeot),  201. 

—  prophylaxie  par  le  sel  iodé  (IIartsock),  210. 

—  saumon  dans  le  régime  prophylactique 
(.Jauvis,  Clough  et  Clark),  201. 

Goutte,  le  système  organo-végétatif  (Finck), 

Greffe  testiculaire  globale  chez  un  mutilé 
(Dartiüues),  352. 

—  testimh-lliiiroidieniie  pour  atrophie  testi¬ 
culaire  (Dartigues),  3,52. 

—  thijroïdietuie.  dans  le  myxmdème  (Darti- 
guks  et  IIeckkl),  348. 

- (Léopold-I.évi),  .049. 

Grossesse,  facteur  actif  do  prévention  de  ia 
syphilis  nerveuse  (Solomon),  280. 

Groupes  sanquins  chez  les  malades  psychiques 
(Beroiiteiw),  275. 

- dans  les  maladies  mentales  et  nerveuses 

(Toulouse,  Schiff  et  Weibsmann-Netter), 
629. 

Gynécomastie,  démence  artoriosclérotique,  ra¬ 
mollissement  du  strié  (L'rechia  et  Miiia- 
LEscii),  609. 


Haines  lamiliales  dans  les  délires  de  pers’^cution 
(Roiiin),  206. 

- -  morbides  ((Taude  et  Robin),  271 . 

- (Robin),  487. 

- panaroia,  passion,  troubles  du  carac¬ 
tère  (Robin  et  C'énac),  628. 

- en  pathologie  mentale  (Robin),  648. 

Hallucinations  (Revault  d'ALi.PNEs),  272. 

—  hystériques  (Deriabine),  640. 

—  lilliputiennes  (ViziOLi),  273. 

Hallucinatoire  (Délire)  avec  obsessions  (Tar- 

GOWLA,  Lamache  et  Ligniêres),  109. 

—  (Psychose)  avec  lymphocytose  rachidienne 
(Lévy  et  Doliastbi),  273. 

Halluclnose,  syndrome  d’automatisme  mental, 
syphilis  héréditaire  et  alcoolisme  (Targowla 
et  Lamache),  491. 

-  chronique.  (Halberstadt),  273. 

Heine-Medin  (Maladie  de),  syndrome  céphalo- 
plégiquc  avec  forme  méningée  (Bonaba  et 
Ygartiia).  340. 

Hémato-encéphalique  (La  barrière  — )  (Sïern), 
120. 

Hémiatrophie  laciale  jirogressivè  (Kirschen- 

Hémlchorée  d’origine  thalamique  (Foix  et 
Bariéty),  598. 

Hémichoréo-athétose,  un  cas  (Laruelle), 

Hémicraniose  (Dereux),  265. 

Hémlhvpertrophle  du  corps  (Lavau),  266. 

Hémiplégie  traitée  par  l’ionisation  calcique 
transcérébnile  (Verger  et  Labeau),  2.59. 


13 


TABLK  AIJ>HAHI'  TIQ  hK  DES  MATlÈliES  AAALYSJiES 


Hémiplégie.  Lésions  osseuses  et  artieulaires  avec 
gros  troubles  (les  réactions  éloe,triques(EouK- 
uuignon),  604. 

“  injantile,  un  cas  (Bauonnkix  et  Dukuy), 
.567. 

--  vélo-pal'dine  et  zona  cervical  (Bouiîgeois), 

344. 

Hémodystrophie  type  Geisbock  et  virilisme 
(Waldokp),  203. 

Hémorragie  inlra-arachnoïdienne  enkystée  chez 
un  P.  G.  sénile  (Marchand),  627. 

—  méningée  liée  à  une  septicémie,  pneumo- 
bacillairc  (I)ebeé  et  Lamy),  341. 

- -  (les  méningites  cérébro-s|iinales  (CiiA- 

LIER  et  MH«  Schoen),  341. 

—  som-durale  traumatique  de  la  région  Ironto- 
tcmporale  gauche  simulant  l’abcès  temporal 
otitique.  (IIornicek  et  Janota),  183. 

—  ventriculaire  après  une  crise  (réi)ilcpsic 
(Bauer),  178. 

Hépato-lenticulaire  (Déoénérescence)  (Ma- 
HAIM),  184. 

Héréditaires  (Tares  —  dans  les  familles)  (Miec- 
zyslava),  648. 

Hérédodégénération  de  Jendrassik  (Kollaritz) 
659. 

Hernies  musculaires  par  rupture  aponévro- 
tique  spontanée  chez  un  tabétique  (Lai- 
gnel-Lavastine  et  Valence),  339. 

—  spinales  malaciques  (d’ANTONA),  508. 

Héroino-cocaïnomanie  (Trénel),  626. 

Hiatus  lombo-sacré  en  forme  de.  spina-bifida 

(Pin  AT),  191. 

Hirsutisme  extraordinaire  chez  une  hyperthy- 
roîdiennc  (Waldorp),  203. 

Hoquet  persistant  au  cours  d’une  méningite  tu¬ 
berculeuse,  localisation  des  lésions  du  hoquet 
(Langeron,  Dechaume  et  Pétouraud),  191. 

Humérus  (Fractures),  avec  paralysie  radi?,lc 
immédiate  (Schwartz),  345. 

—  —  (Roux-Berger),  345. 

— ■  — ■  (Dujarter),  345. 

Hyperglycorachie  dans  les  affections  jisychi- 

ques  (Gâche),  124. 

Hyperpnée  (Provocation  des  accès  hystériques 
et  épileptiques  par  1’  — )  (Janota),  642. 

Hyperteqpion  intracrânienne,  syndrome  do 
Ménièro  (Sudaka),  124. 

— ■  —  posttraumatique  (Pidoux),  183. 

—  —  sans  signes  de  localisation  ni  réaction 
méningée  ;  guérison  par  la  radiothérapie 
profonde  (Caïn,  Solomon  et  Racket),  334. 

Hyperthymie  sans  délire,  stupeur,  guérison 
(Benon),  652. 

Hyperthyroïdie,  adiposité,  virilisme,  hirsutisme, 
extraordinaire  (Waldorp),  203. 

Hypertonie  et  contracture  des  doigts  chez 
une  mélancolique  hypocondriaque  (Leroy  et 
Nacht),  176. 

Hypertrophie  congénitale  de  la  ceinture  scapu¬ 
laire  et  du  membre  supérieur  avec  nœvus  et 
veines  variqueuses  (Wakefield),  266. 

Hyperuréorachie  dans  les  affections  psychiques 
(Salles),  125. 

Hypoépinéphrie  et  dysinsulinisme  dorigine 
syphilitique  (Gougerot  et  Peyre),  203. 

Hypophysaire  (Extrait',  action  sur  la  diurèse, 
modifications  sous  l’influence  du  sommeil 
(LAnné,  Viollb  et  Azerad),  122. 

• - action  sur  le  péristaltisme  intestinal  et 

sur  la  constipation  (Carnot  et  Terris),  662. 


Hypophysaire.  (Insuffisance),  opothéra]ii 
thyroïdienne  (Wynn),  200. 

—  (Traitement)  du  diabète  insipide  et  de 
l’obésité  (Larbé  et  Denoyelle),  197. 

Hypophyse  (Physiologie),  relations  avec  li.s 
centres  diencéphaliques  (Collin),  196. 

- polyurie  par  ablation  chez  le  crapaud 

(Houssay,  Giusti  et  Gonalons),  196. 

—  (Tumeurs),  radiothérapie  (Vincent),  loi. 

- clinique  des  cas  opérés  par  la  méthodi 

endonasale  (Hirsch),  197. 

- -  résultatB  comparés  des  divers  Iraiti- 

ments  (Mériel),  496. 

Hyporéllexie  muro-musculaire  dans  une  p.iy- 
chose  (Vater),  275. 

Hypothyroidiens  (Etats),  crétiin.-me  et  systèim 
nerveux  (de  Quervain),  201. 

- anémie  (Mackenzie),  202. 

Hypotonie  (Mesure  de  1’  —  pour  le  diagnostic 
précoce  du  tabes)  (Hodjitch),  338. 

Hystérie,  valeur  des  études  de  Cliarcot  sur  ses 
trcublcs  moteurs  au  point  de  vue  de  la 
liathophyiiiologie  de  la  motricité  (Pien- 
KOwsKi),  639. 

—  au  point  de  vue  du  iienser  magique  (Bi - 
RONWIECKi),  640. 

—  idées  actuelles  (Nathan),  640. 

—  hallucinations  (Derialine),  640. 

—  aphonie  (Falcao),  640. 

—  contractures  des  muscles  extrinsèques  dr 
l’œil  (Balduzzi),  640. 

—  paraplégie  à  forme  pseudo-pottique,  diffi¬ 
cultés  du  diagnostic  CTixiERetBizE),  641. 

—  provocation  des  accès  jiar  l’hyperpnéi 
(Janota),  642. 

—  et  schizophrénie,  question  de  parenté  (Pe- 
relman),  659. 


Idiotie,  dévelopiiement  arriéré  de  l’organisme 
(Kovalevsky),  77. 

—  amaurotique,  forme  juvénile  (Moehlig),  208. 

- familiale,  signification  générale  (Schaf- 

fer),  660. 

—  ■ — ■  forme  à  prédominance  hémiplégiqin 
(Trétiakoff  et  Pujol),  660. 

—  familiale  microcéphalique  chez  cinq  enfants 
d’une  même  famille  (Vidaldo),  660. 

—  mongolienne  avec  nanisme  et  infantilismi 
(VivALDO  et  Barrancos),  659. 

Images,  réceptivité  et  projection,  notion  de 
contrôle  (Artiius),  483. 

Imaginatif  (Délire.  —  de  grandeur,  conséquences 

'  médico-légales)  (Cénac  et  Baruk),  490. 

Immigrants  (Sélection  des  —  dans  le  programme 
do  l’hygiène  mentale)  (Moreiro),  277. 

Immunité  anhlétamgue  par  l’anatoxine  (Zoel- 
LER  et  Ramon),  358. 

Impulsions  verbo-molrives  au  cours  d’état 
anxieux  (Vermeylen),  205. 

Infantilisme  et  idiotie  mongolienne  (Vivaldi. 
et  Barrancos),  659. 

Infundibulo-hypophysaires  (Radiothérai)ie  de,- 
tumeurs  — )  (Roussy,  Laborde,  M'*»  Lévy 
et  Bollaok),  129-144. 

Injections  d’alcool  dans  les  nerfs  pour  soulager 
les  douleurs  (Swetlow),  194. 

I  —  intraveineuses  de  salicylate  de  soude  dans 


ANNf:H  ]92(i,  -  TABLES  DU  TOME  II 


lu  scléroso  on  plaques  (Foix,  Chavany  et 
'Lévy),  429. 

- -  froides,  lieureux  ellets  sur  certaines  dou¬ 
leurs  (Barué,  Morin  et  Ktahl),  456. 

Insuffisance  mitrale  et  s;'>itre  simple  (Loe- 
PER  et  MmruEAuT),  200. 

Insuline  dans  le  diabète  insipide  (Suiiteinüart 
et  Biîretervide),  196; 

—  — ■  dans  les  états  hypcrthyruïdiens  (Castex, 
SOHTEINIiAKT  ot  BERETERVIDE) ,  199. 

—  dans  les  états  d’anuroxic,  de  sitiophobie  et 
do  dénutrition  chez  les  psychopathes  (Tar- 
Gowr.A  et  Lamache),  491. 

Interdiction  ot  i)rotoction  des  personnes  (Ray- 
NiERet  Abéi,y),649. 

Intoxication  par  le  gaz  avec  altération  do  la 
harr-ière  ecto-mésodcrmique  du  cerveau 
(Alusnde  Mavarro),  125. 

Iode  dans  le  traitement  du  goitre  exophtal¬ 
mique  (Marie),  199. 

Ionisation  transclrébrale  dans  l’hémiplégie  (  Ver- 


K 

Korsakoff  (Psychose  de),  guérison  (Lévy- 
Valensi  et  Marie),  108. 

Kystes  hydatiques  du  foie  avec  généralisation 
péritonéale  chez  un  paralytique  général 
(Tbénel  et  Sizahet),  177. 


Labyrinthe,  anatomie  et  physiologie  (de  No), 
501. 

Labyrinthique  (Stase  —  dans  l’hypertension 
intracrânienne  (Sudaka),  124. 

—  (Réactions  ve8tibulaire.s  du  type  cérébelleux 
chez  un  —  pur)  (Barré  et  Dkaganesco), 
493. 

Lait  (Injections  parentérales  de  —  stérilisé 
dans  l’épilepsie)  (Ossokine  et  üohsenhand- 
ler),  646. 

Laminectomie  lombo-sacrée  dans  l’incontinence 
d’urine  (François),  263. 

Lenticulaire  (Dégénérescence)  (Maiiaim), 
184. 

—  (Région),  lésions  dans  le  parkinsonisme 
postcncéphalitique  (Kinley  et  Gowan), 
516. 

Lenticulaires  (Dystonies)  (Moliiant),  260. 

Lèpre,  considérations  (Esposel),  6t8. 

—  psychopolynévritc  (Peyre),  663. 

Leucocytaire  (Formule  —  dans  la  syphilis 

cérébrale  et  la  P.  G.).  (Sebastiani),  204. 

Lignes  hyperesthésiques  du  corps  sonsibilisées 
par  l’encéphalite  épidémique  (Calligahis), 
512. 

Lipiodol  descendant  et  ascendant  dans  un  cas 
de  kyste  gliomatoux  profond  du  cerveau 
(SicARD,  Robineau  et  IIaguenau),  421 

—  pour  la  localisation  des  lésions  de  la  moelle  ; 
effets  locaux  de  l’injection  dans  l’espace  sous- 
arachnoïdien  (Ebaugh  et  Mella),  509. 

—  (Epreuve  du  —  dans  un  cas  de  parajdégie 
par  tumeur  extradure-mérienne  dorsale) 
(BaUINSKI,  CHAHrENTIER  ct  .lAUKOWfKl), 
687. 

—  intra-épendymaire  chez  un  syrirgomyélienr 
opéré  (SicAHP,  Hagueneau  et  Mayer),  418. 


Lipiodolé  (Radiodiagnnstic  —  sous-arachr.oï- 
dion  (Benichod),  187. 

—  (Radio -diagnostic — ■  de  Ip,  compression  mé¬ 
dullaire  dans  une  maladie  de  Recklinghau- 
sen)  (Simon,  Cornil  et  Michon),  262. 

Lipoïdémie  chez  les  aliénés  (Parhon  et  Marie 
Parhon),  271 . 

Locus  niger,  lésions  dans  le  parkinsonisme  post- 
encéphalitique  (Kinley  et  Gowan),  516. 

Logorrhée  jargonaphasioue  dans  l’aphasie  de 
Wernicke  (Trénel),  627. 

y.uxation  volontaire  des  omoplates  (Mauclaiee), 


M 

Macrogénitosomie  (Léri  et  Leconte),  267. 

Mal  buccal  tabétique  (Duchangb),  3.39. 

Maiarlathérapie  contre-indiquée  par  des  lésions 
valvulaires  aortiques  (Trénel  et  Clerc), 177. 

—  accidents  (Tbénel),  178. 

—  suivie  de  la  cure  aux  arsénobenzols  ou 
aux  sels  de  bismuth  (Créteur),  204. 

—  desP.  G.,  rémissions  (Marie),  279. 

—  de  la  paralysie  générale  (Nicole  et  Steel), 
354. 

—  (O’Iæary,  Goeckehman  et  Parker),  356. 

—  d’nn  cas  de  syphilis  cérébro-spinale(THRABH), 
356. 

Malarique  (Technique  de  la  préparation  du 
sang  —  pour  le  traitement  selon  Wagner- 
.lauregg  (Krauders),  355. 

Malarisation  dans  la  sclérose  en  plaques  (An- 
TONELLl),  340. 

—  des  P.  G.,  modifications  psychiques  (Vee- 
meylen),  488. 

—  des  psychoses  autres  que  la  P.  G.  {Pm- 
boukg-Blanc),  488. 

—  dans  la  P.  G.  (Francioni),  661. 

—  (Parhon  et  Dérévici),  651. 

Maniaque-dépressive  (Psychose),  troubles  hu¬ 
moraux  (Ley),  494. 

- en  association  avec  une  suppuration  du 

rrin  (Kilbane),  653. 

— —  avec  symptômes  paranoïdes  (Neu¬ 
mann),  653. 

Médian  (Nerf)  (Troubles  réflexes  ct  trophiques 
intenses  de  la  mein  après  blessure  fégère  du 
—  au  poignet)  (Foli.y),  450. 

Médico-légaux  (Rapports  —  et  pathologie 
mentale)  (Benon*),  203. 

Mélancolie  démence  après  plusieurs  accès 
(Leroy),  176. 

—  hypertonie  et  contracture  des  doigts 
(Leroy  et  Nacht),  176. 

Mélancolique  (Accès),  idées  obsédantes  (Lai- 
gnel-Lavastine  et  Valence),  108. 

—  (Délire)  st  syphilis  cérébrale  (Truelle 
et  Prucniaud),  176. 

Mélanodermie  surrénal-  et  variations  du  soufre 
sanguin  (Loeper,  Decourt  et  Olliyieb), 
202. 

—  par  métamorphose  adipeuse  des  surrénales 
(Loeper  ct  Ollivier).  20.3. 

^ - des  cirrhoses  (Loeper,  Decourt  et 

Ollivier),  264. 

Mélanodermioue  (Spasme»  toniques  intermit¬ 
tents  d’élévation  du  regard  avec  myoclonies 
de  la  houppe  du  mertop  chez  une  — )  (Lai- 
gnel-Lavastine  et  Bourgeois),  674 

Ménlère  (Syndrome  de)  dans  l’hypertension 
intracrânienne  (Sudaka,  124. 


TMilM  M.PUABl'yriQUE  I. 

Méningite  cérébro-spinale  à  méningocoques, 
guérison  (Stijutevant),  191, 

- à  forme  d’hémorragie  méningée  (Cha- 

mer  et  M'*®  Schoen),  341. 

- surdité  (Bloch),  341. 

- traitée  par  la  ponction  des  ventricules 

combinée  à  la  ponction  lombaire  (Fret),  341 . 

—  à  melilensis  (Desage,  Pelleiun  et  Viner- 
ha),  343. 

—  pseudomtningocoecique  transmissible  aux 
animaux  de  laboratoire  (d’ANXONA  et 
d’ArxoNA),  342. 

—  séreuse,  cécité,  rétablissement  de  la  vision 
(Abadie,  Leoai  et  Yoyoxxe),  343. 

—  syphilitique  courbe  du  benjoin  colloïdal, 
modifications  sous  l’influence  du  traitement 
(LECHELi.E'et  Mouquin),  343. 

--  tuberculeuse,  abcès  de  fixation,  guérison 
f(RENAiJLX  d’Alonnes),  175. 

- hoquet  persistant  (Langeron,  Dechau- 

ME  et  Pexouhaud),  191 . 

- chez  un  nourrisson  sans  réaction  cyto¬ 
logique  du  liquidecéphalo-rachidien  (Caus- 
BADE  et  Girard),  192. 

- coniluite  (Aperx),  192. 

- anomalies  du  syndrome  humoral  (Riser 

et  Mériel),  342. 

—  verminmse  (Barraud),  343. 
Wénlngo-enoéphalite  atrophiante  et  athérome, 

délire  démentiel  (Damaye  et  Briatj),  278. 
Menstruation  (Wallich),  351. 

Mental  (Auxomaxisme),  spiritisme  et  délire 
spirite  (Schiff),  267. 

- et  organicité  (Heuyer),  628. 

Mentale  (Dissociaxion)  dans  la  démence  pré¬ 
coce  (Apély),  654. 

—  (Hygiène)  de  l’enfance  basée  sur  la  psycho¬ 
logie  (Radecki),  269. 

- et  chirurgie  (Faeani),  276. 

- évolution  (Toulouse  et  Mourgue),  277. 

- - et  sélection  des  immigrants  (Moreira),. 

277. 

- historiquoet  organisation (Potex),  498. 

—  (Paxhologie)  et  rapports  médico-légaux 
(Benon),  203. 

—  (Prophylaxie),  nécessité  de  son  exten¬ 
sion  (OnoBESco),  276. 

- évolution  (Toulouse  et  Mourgue), 

277. 

—  (Rubducxion)  morbide  (Mignard),  268. 

—  (Tbérapeuxique)  par  le  travail  (Ladame 
et  Demay).  480. 

Mentales  (Affepxions),  problème  du  jour 
(Bhoussilovi kt).  648. 

—  (Maladies),  office  de  statistique  (Modena), 
250. 

■ —  —  leurs  causes,  moyens  de  les  combattre 
(nEMOLF).  277. 

- thérapeutique  par  le  travail  (Ladame 

et  Demay),  480. 

—  exemption  du  service  militaire  (Veiî- 
vaeck),  494. 

■ - cours  d’infirmières  (Ley),  496,  632. 

' —  —  réflexe  orbito-cardiaquo  et  réflexe 
oeulo-cardiaquo  (de  Léo),  504. 

- -  les  groupes  sanguins  (Toulouse,  Schiff 

et  Weismann-Nexter),  629. 

- le  somnifène  intraveineux  chez  les 

grands  agités  (Bone),  664. 

Mentaux  (Troubles)  de  la  naissance  à  l’ado¬ 
lescence  (Sachs  et  Hausman),  112. 


W  MATlkUES  AÏS  ALT  Sf:  ES 


Mentaux  (Troubles)  après  ligature  de  la  caro¬ 
tide  (Courbon),  467. 

Métabolisme  basal  dans  l’acromégalie  (Wal- 
dorp),  198.- 

- troubles  chez  les  péladiques  (Lousxmc), 

—  *—  dans  les  états  thyroïdiens  (Càbiex  et 
Schxeingarx),  199. 

— . —  (Waldorp  et  Trelles),  199. 

— ■  —  dans  le  syndrome  de  Basedo\v(LEMOiNE), 
263. 

Métacarpo-phalangiennes  (Luxations  —  et 
nodosités  périarticulaircs  dans  le  rhumatisme 
chronique)  (Crouzon  et  Chri8Xophe),267. 

Microcéphalie  vraie  (Brunschweilbe),  483. 

—  chez  cinq  enfants  d’une  même  famille 
(ViVALDOS),  660. 

Migraine  avec  équivalent  abdominal  (Blixz- 
sxEN  et  Brams),  647. 

—  diarrliéc  équivalent  du  vomissement  (Maxi¬ 
gnon), '(  r 

—  pathogénie  et  traitement  (Cappakoni),  647. 

Moelle  (Chirurgie)  des  lésions  (Pousbep),  335. 

—  —  extraction  tardive  d’un  projectile  (Des- 
plas),  336. 

—  (Compression)  (Anévrysme  syphilitique  de 
l’aorte  ;  usure  vertébrale  et  ■ —  ;  paraplégie 
brusque  à  la  suite  d’une  injection  do  novar- 
sénol)  (Hudelo,  Caillau  et  Kaplan),  510. 

—  —  de  la  région  dorsale  chez  un  syphilitique, 
avec  W.positif  dans  le  sang  ctle  liquide  cépha¬ 
lo-rachidien,  nature  et  traitement  (Crouzon, 
Alajouanine  et  Delafonxaine),  577. 

—  (Cybxicerque)  étude  clinique  et  anatomo¬ 
pathologique  (Verga  et  Dazzi),  261. 

—  (Duplicixé)  (Kraus  et  Weil),  317-823. 

—  (Lésions),  symptomatologie  et  traitement 
(PoussEP),  335. 

—  —  emploi  du  lipiodol  pour  la  localisation  ; 
effets  locaux  et  systématiques  de  l’injection 
de  lipiodol  dans  l’espace  sous-arachnoldien 
(Ebaugii  et  Mella),  509. 

—  (Nécrose)  aiguë  au  cours  des  tumeurs 
malignes,  les  hernies  spinales  malaciqucs 
(d’ANXONA),  508. 

—  (Paxhologie),  troubles  trophiques  dans  les 
processus  inflammatoires  (Broussilowski) 

69. 

- et  cancer  (Weil  et  Kraus),  337. 

—  (Tumeurs)  diagnostic  différentiel  avec  les 
tumeurs  paravertébrales  (Marque),  187. 

—  —  sans  phénomènes  douloureux  ni  trou¬ 
bles  de  la  sensibilité  (Glass),  187. 

- métastases  du  goitre  (Zourié),  187. 

—  —  psammomc,  diagnostic  lipiodolé,  opé¬ 
ration  (Borremans  et  François),  325. 

—  gliome  (Diwry),  325. 

—  —  (Soerel),  509. 

- - dorsale  extradure-mérienno  ;  paraplé¬ 
gie,  opération,  guérison  (Babinski,  Chaepen- 
xiEH.  Jarhowshi),  E87. 

- étude  ncuro-chirurgicalc  (Barré  et 

Leriche),  636. 

Moignon  douloureux  do  l’avant-bras  guéri 
par  la  section  des  rameaux  communicants 
do  la  chaîne  sympathique  cervicale  (Leri- 
CHE  et  FonxaineI,  482. 

Mongolisme  (Cawengx),  208. 

—  (MlNEXctPOREz),267. 

—  et  myxœdème,  formes  associées  (Léopold- 
LÉvi),  349. 


—  TABJ.hS  DU  TOME  IJ 


Mongolisme  étiologie  (Van  dün  S(’hkkb),  488. 

—  chez  (les  jumeaux  (Gautieb  et  Cokytaux), 
659. 

—  et  hérédo-sytiliilis  {IUiuinnvux),  659. 

—  .avec  nanisme  (VivAi.no  et'IiAKUANnos), 
659. 

Morphinomanie  (Cleko),  178.  , 

Morphologie  humaim,  rapports  avec  les  types 
psycliopalhiques  (Wehthimek),  175. 

Motilité  (Valeur  des  études  de  Gharcot  sur  les 
trouilles  moteurs  de  l’hystérie  au  imint  de 
vue  de  la  patho|ihysiologie  de  la  — )  (Pien- 
KowsKi),  639. 

—  (Tkoubles)  dans  les  états  jiarkinsoniens 
(Cruchut),  517. 

Mouvements  conjuguéit  des  yeux  et  —  lorcés, 
interprétation  anatomo-physiologique  (Mns- 
KKN(),  635. 

—  -  induits  réllexes  de  imsture  et  d’attitude 
(Byciiowski),  145-166. 

—  de.  manège  dans  l’encéphalite  léthargique 
(Pakiion  et  llKunvici),  511. 

■  -  oculaires,  mécanisme  (de  No),  5ül. 

Muscles  (Répercussion  d’une  lésion  corticale 
sur  les  —  allant  jusqu’à  un  léger  degré  de 
dégénérescence)  (Bourguignon),  899-894. 

Myasthénie  et  Basedow  en  association  (La- 
nUELLu),  630. 

Myasthéniforme  (Syndrome)  dans  l’encépha¬ 
lite  épidémique,  chronique  (Wimmeu  et 
Vedman),  868-375. 

Mydriase  paralytique,  iironostic  (Weii.i.  et 
Dreyeus),  493. 

Myéline,  procédé  simplitié  de  coloration  (Lan¬ 
dau),  116. 

Myélite  nécrotiifue  suhwiguë  à  évolution  pro¬ 
gressive  (Foix  et  Alajouanine),  1-42. 

—  syphilitique.,  anatomie  pathologique  (N aciit), 
497. 

Myéloses  luniculaires  (Bogouod,)  189. 

Myoclonies  rythmiques  vélo-pharyngo-laryn- 
gées,  sus-hyoïdiennes  et  diaphragmatiques, 
nystagrnus  gyratoire,  paralysie  faciale 
douille  (BarhII;,  Duaganuhoo  et  Lieou),  492. 

Myoclonique  (Syndrome)  au  cours  d’une  encé¬ 
phalite  (Mikui.owski),  2,59. 

Myopathie  et  myotonie  (Barré  et  Draga- 

— Nebco),  454. 

données  histopathologiiiues  (Nicolesco  et 
Nicoi.kbco),  499. 

Myosis  tabHique  et  glaucome  chronique  (La¬ 
grange  et  Dartin),  189. 

Myotonie  dans  les  myopathies  (Barré  et 
Braganesco),  454. 

Mythomanie  du  jeu  (Vermeylen),  488. 

-  imagination  et  schizoïdie  (Nathan),  6.56. 

Myxoedéme  (l’anémie)  (Mackenzie),  202. 

—  -  l’électrocardiogramme  (Tiiacher  et  White), 

202. 

--  persistance  des  parathyroïdes  et  vestiges 
thyroïdiens  (Frenel),  202. 

-  résultat  d’une  greffe  thyroïdienne  (Darti- 
gues  et  Heokel),  348. 

-  opothi'rapie  et  greffe  ;  valeur  comparée 
(Léopold-Lévi),  349. 

et  mongolisme  (Léopold-Lévi),  349. 

N 

Nanisme  avec  syndrome  adiposo-génital  (Sorei- 
BER  et  Boulanger-Pilet),  198. 


Nanisme  et  idiotie  mongolienne  (Vivai.do  et 
Barrancos),  659. 

—  acromicrique  (Bénard,  IIillemand  (t 
Laporte),  349. 

Narcolepsie,  pathogénie  (Mankowsky),  Ils. 

—  postencéphalitique.  (Bpii.ler),  51 3. 

Nécrose  spitiale  aiguë  au  cours  des  tumeurs  ma¬ 
lignes  ((I’Antona),  508. 

Nerfs  (Chirurgie),  injections  d’alcool  jiour  sou¬ 
lager  les  douleuns  (Sweti.ow),  194. 

—  (Histologie)  dans  l’ovarite  scléro-kystiqr.c 
(Liiermitte  et  Dupont),  255. 

Nerveuses  (Actions),  dynamisme  électroma¬ 
gnétique  (Brugia),  .503. 

— ■  (Aeeections),  problème  du  jour  ((Brols- 

—  (Formes),  de^  la  maladie  de  (Jhagas  (Ai  i.- 

—  (Maladies),  exemption  de  service  militaire 
(Vervaeck),  494. 

--  —  cours  d’infirmières  (Ley),  495,  632. 

-  —  Traité  (Van  Gehuchten),  496. 

- réflexe  orbito-cardiaqun  et  oculo-ca  - 

diaqiic  ((de  Léo),  504. 

- le.s  groupes  sanguins  (Toulouse,  Sciiii  i'' 

et  Weissmann-Netter),  629. 

Nerveux  (Système),  crétinisme  et  états  hypo- 
thyroïdiens  (de  Quervain),  201. 

- -  études  expérimentales  ;  physiologie  des 

lobes  frontal  et  temporal  (Spiegel  et  Hotta), 
500. 

- localisation  centrale  dës  réflexes  C(- 

chléaires  (Kpiegki.  et  Kakeshita),  501. 

- généralisation  de  l’excitation  dans  l’ac- 

cf's  d’épilepsie  (Spiegel  et  Falkiewicz),.502. 

- (l'ivolution  de  la  iiathogénie  et  de  la 

thér.apeutii|uo  du  —  depuis  Ghareot) 
(Faure),  639. 

—  (Troubles)  de  la  naissance  à  l’adolescence 
(Sach.s  et  IIausman),  112. 

- et  vitiligo  de  même  localisation  (Dujar¬ 
din),  32t. 

Nervosisme  chez  le.s  enfants,  traitement  radical 
(Williams),  641. 

Neurasthénie  postencéphalitique  (Cai.ligaris), 

Neuro-anémique  (Syndrome),  altéi;»^s  de  la 
chronaxie,  atteinte  légère  du  nelirone.  mo¬ 
teur  périphérique  (Bourguignon,  Faure- 
Beaulieu  et  Gahen).  301-310. 

Neurofibromatose,  paraplégie  progro.’-'sive  en 
flexion,  radio-diagnostic  de.  la  compression 
(Simon,  Gornil  et  Miition),  262. 

—  et  paralysie  générale  (Dupouy  et  Male), 626. 

Neurologie  de  l’oreille  (Alexander  et  Mar- 

Neuro-myélite  optique,  deux  cas  (Van  Gehuch¬ 
ten),  637. 

Neurone,  rôle  des  ferments  oxydants  (Mari- 
nesco),  120. 

Neuropathologie  (La  méthode  en — '(Bravktta). 
249. 

Neuropsychiatrie  (Allonal  en  —)  (Mounot),  664. 

Neuro-psychique  (Syndrome)  des  cûlites  alca¬ 
lines  (Mathieu  de  Fossey  et  Béiiague), 

Neurotomie  rétro-gassérienne,  deux  cas  (Cha¬ 
ton),  344. 

Neuro-végétatifs  (Troubles  —  au  cours  d’état  , 
anxieux)  (Vermeylen),  205. 

Névralgie  faciale,  traitement  chirurgical  (Adson), 


TABLE  ALPIIAOÉTIQÜE  DES  MATIÈRES  ANALYSÉES 


17 


Névralgie  faciale  d’origine  dentaire  (Düfcu- 
GÉRÉ),  344. 

- avee  troubles  du  symi)athique  condi- 

•tionné  par  un  épaississement  dos  os  do  la 
base  du  crâne  (Weinheuü),  344. 

— ■  —  neurotomie  rétro-gassérienne  (Chaton), 

344. 

- intervention  physiologique  sur  le  gan¬ 
glion  de  Casser  (Muskens),  635. 

—  sinusale  (IIicguet),  637. 

Névraxite  épidémique,  anatomie  pathologique 
(Ley),  360. 

- chronique  et  signe  d’Argyll-Robertson 

(Mériel),  504. 

Névrite  sérique  (Ceouzon  et  Delafontatne), 

345. 

Névroglie,  méthodes  de  coloration  (Cajal),  116. 

—  du  nerf  optique,  méthode  do  coloration 
(Favalako),  255. 

—  pathologie,  microphotographies  (Steck), 
483. 

Névropathiques  (Etats),  administration  du 
somnifèno  (Dodahd  des  Loges),  663. 

Névrose  traumatique,  cas  curieux  chez  une  an¬ 
cienne  grande  traumatisée  ( Vondracek),  641 . 

Névroses,  évolution  depuis  Charcot  (Faure), 
639. 

Nystagmus  qyraioire,  myoclonies  vélo-pha- 
ryngo-laryngécs,  hémiparésie,  paralysie  fa¬ 
ciale  double  (Barré,  Draganesco  et  LiÉou), 
492. 

—  optique,  importance  pour  le  diagnostic  des 
lésions  cérébrales  (Stonwers),  182. 


O 


Obésité  et  diabète  insipide,  traitement  hypo¬ 
physaire  (Labbé  et  Dbnoyelle),  197. 

Obsessions  au  cours  d’un  accès  mélancolique 
(Laignel-Lavastine  et  Valence),  108. 

—  dans  un  délire  hallucinatoire  (Taegowla, 
Lamache  et  Lionières),  109. 

Oculaires  (Spasmes  —  dans  l’encéphalite  épi¬ 
démique,  classification  )(Roger  et  Reboul- 
Lachaux),  483. 

—  (Mécanisme  des  mouvements  — )  (de  No), 
501. 

—  manifestations  forcées  survenant  par  excès 
et  associées  à  des  troubles  psychiques  dans 
l’encéphalite  épidémique  (Bertolani),  511. 

—  Syndrome  cxcito-motour  cervico-facial  avec 
crises  toniques  —  d’élévation  d’origine  cn- 
céphalitinuc  (Laignei.-Lavastine  et  Bour¬ 
geois),  672. 

—  (Spasmes  toniques  —  d’élévation  avec  myo¬ 
clonies  de  la  houppe  du  menton  chez  un  mé- 
lanodcrmiquc)  (Laignel-Lavastine  et 
Bourgeois),  674. 

Oculogyres  (Crises  toniques  —  d’origine  encé- 
phalitiquc)  (Tinel  et  Baruk),  627. 

Oculo-palpébrale  (Asynergio  physiologique,  vrai 
et  faux  signes  do  de  Gracfc)  (  Rollet  et 
Froment),  123. 

Œdème  angioneurotique,  symptômes  cérébraux 
(Kennedy),  184. 

Œil  (Contractures  hystériques  des  muscles  ex¬ 
trinsèques  de  r  — )  (Balduzzi),  640. 

Oreille  (Neurologie  do  1’  — )  (Alexander  et 
Marburg),  111. 

Optique  (Neep),  coloration  de  la  névroglie 
(Pavaloro),  255. 


Organo-végétatives  (Fonctions  —  du  cervelet) 
(Papilian  et  Cruceanu),  503. 

Oscillométrique  (Courbe),  moyen  de  mesure  du 
réflexe  artériel  et  du  réflexe  oculo-cardiaquo 
(Fine),  256. 

Osseuse  (Dystrophie)  par  aplasie  de  la  sub¬ 
stance  spongieuse  du  corps  basilaire  do  l’oc¬ 
cipital  (M™«  Dejerine),  281-SCO. 

Ossifications  de  la  faux  du  cerveau,  leur  ex¬ 
pression  clinique  (Guillain  et  Alajoua- 
nine),  361-867. 

Ostéite  fibreuse  polykystique  associée  au  diabète 
insipide  (Gordon),  266. 

—  généralisée  à  géodes,  type  Recklinghauicn 
(Yvernault  et  Monter),  266. 

Ostéomaiacie  traitée  par  la  radiocastralion 
(Gavazzeni  et  Jona),  353. 

Ovarienne  (Insuffisance),  traitement  par  les 
doses  massives  de  calcium  (Crainiciaku), 
264. 

Ovarite  scléro-kystigue  (Histologie  des  nerfs  de 
l’ovaire  dans  1’  — )  (Lhermittb  et  DupontI, 
255. 

Oxaiorachie  (Nathan),  329. 


Pachyméningite  hémorragique  du  nourrisson 
(Debré  et  Semelaigne),  340. 

Paget  (Maladie  de),  radiographies  du  crâne 
(Worms),  265. 

Paiiiaiie  dans  le  parkinsonisme  postencépha- 
litique  (Giraud  et  Guibal),  517. 

Pallesthésie  (Damiani),  256. 

Pallidale  (Rigidité),  (Urechia  et  Mihalescu), 
260. 

Paludisme  (Psychofcs  du  — )  (Perelmann), 
205. 

Paralysie  faciale  du  côté  opposé  â  la  déviation 
de  la  tête  et  des  yeux  apparaissant  par  crises 
(Paulian),  98. 

—  ■ —  phénomène  avant-coureur  d’un  zona 
otique  (Helsmoortel),  110. 

- -  abolition  du  réflexe  palmo-mcntonnier 

(Radovici),  193. 

—  —  avec  déviation  de  la  tête  et  des  yeux  du 
côté  opposé  (Paulian),  256. 

—  ■ —  en  rapport  avec  un  foyer  d’infection 
(Welton),  344. 

- signe  du  recouvrement  de  la  paupière 

supérieure  (Barré),  4C6. 

■ - -  double,  nystagmus  gyratoire,  myoelo- 

nics  vélo-pharyngo-laryngées  (Bari  é,  Dra- 
GANEsrn  et  LiÉou),  492. 

- inférieure  sa,ns  aphasie  chez  un  scor¬ 
butique  atteint  de  pncumonie(SAiD  Djémil), 
.357. 

—  infantile,  arthrodèses  multiples  permettant 
la  marche  (Sorrel  et  M™"  Sorrel-Deje- 
rine),  48. 

—  —  pscudo-Kcrnig  (Morquio),  190. 

—  —  élcctrodiagnoi  tic  et  élcctrothérapic(Ko- 
VACS),  190. 

- transplantation  du  couturier  (Froe- 

LICIl),190. 

—  radiothérapie  et  galvanisation  (Deçe- 
dat),  190. 

- rayons  ultra-violets  (Armani),  190. 

—  —  physiothérapie  (Gonnet),  191. 

- traitements  élcctroradiologiques  (La- 

qUERRIÊRE),  191. 

b 


ANNÉE  1926.  —  TABLES  DU  TOME  II 


Paralysie  infantile,  traitement  physiothéra- 
piquo  (Gonnet),  340. 

■ —  spasmadique  des  extrémités,  ellets  de  la 
sympathectomie  (Davis  et  Katvavei,),  347. 
—  transitoire  sous  riniluonoe  du  froid  dans  l’a¬ 
myotrophie  Charcot-Mario  (Davidenkoff), 

447. 


Paralysies  (Rioupération  fonotionnollc  des 
grandes  — ■),  (Guillain  et  Bidoü),  661. 

—  oculaires,  parésie  fonctionnelle  do  l’élévation 
du  regard  d’origine  encéphalltiquc(ETiENNB, 
Mathieu  et  Gerbaut),  187. 

—  —  du  moteur  oculaire  externe  par  tumeurs 
malignes  du  pharynx  nasal  (Cargo),  344. 

Paralysie  générale,  lésions  valvulaires  aorti¬ 
ques  contre  indication  de  malariathérapie 
(Trénel  et  Clerc),  177. 

•—  kystes  hydatiques  du  foie  avec  généralisa¬ 
tion  péritonéale  (Trénel  et  Sizaret),  177. 

—  accidents  de  la  malariathérapie  (Trénel), 

178.  ^ 

—  vitesse  de  sédimentation  des  hématies  et 
formule  leucocytaire  (Sébastiani),  204. 

— '  traitement  par  la  malaria  suivi  de  la  cure 
arsénobenzolée  ou  bismuthique  (Créteur), 
204. 

— ■  diffusion  du  processus  aux  centres  extra- 
pyramidaux  (Pfannbk),  260, 

—  syndrome  de  'Ganser  (Vondraobh),  270. 

—  traitement  par  le  sang  malarique,  rémissions 
(Marie),  279. 

■ —  diagnostic  par  la  réaction  de  Lange  modi¬ 
fiée  (Guillian,  Laroche  et  Lbohelle),  353. 

—  les  symptômes  les  plus  préooees  (Bunker), 
358. 

— '  chimiothérapie  (Sézary  et  Barbé),  354. 
354. 

—  traitement  par  la  malaria  (Gakkbboctche), 


—  (Gobia),  354. 

—  (Nicole  et  Steel),  354. 

—  (O’Leary,  Gobkerman  et  Parker),  355. 

—  (Mingazzini),  355. 

—  (Bunker),  355. 

— •  traitement  par  le  stovarsol  sodique 
(Bionone),355. 

—  technique  de  la  préparation  du  sang  mala¬ 
rique  (Kaüders),  355. 

—  modifications  psychiques  dos  malades  mala- 
risés  (Vbrmbylbn),  488. 

—  localisation  du  tréponème  pâle  dans  le 
cerveau  (Faoheco  e  Silva),  558-565. 

— •  avec  neurosyphilis  eonjugale  purement 
humorale  (Laignbl-Lavastine  et  Bour¬ 
geois),  571. 

—  et  maladie  do  Rocklinghausen  (Dotouy  et 
Male),  626. 

—  à  début  foudroyant,  diploooque  encap¬ 
sulé  dans  le  liquide  céphalo-rachidien 
(Trénel),  626. 

—  rhémirragie  intra-araohnoïdienno  enkystée 


(Marchand),  627. 

— ■  pathologie  et  pathogénèse  (Spatz),  650. 

—  syndrome  do  Parkinson  (Wichbrt),  650. 

— ■  manitestations  préooees  et  traitement  (de  la 

Rovbre),  651. 

—  thérapeutique  par  l’infection  malarique 
(Prancioni),  651. 

— '(Pajuion  et  Dbeevici),  651. 

—  familiale,  parents  apparemment  sains  (Dun- 
oan),  280. 


Paralysie  générale  infanliik,  syphilis  ncurotrope 
(Marie),  279. 

- -  et  syphilis  héréditaire  (Marie),  279„ 

—  juvénile,  forme  nerveuse  de  la  syphilis  héré¬ 
ditaire  (Fornara),  204. 

- recherche  histologique  (Springowla), 

280. 

- quatre  cas  (Edelchtein),  280. 

- hérédité  similaire  (Schiff),  650. 

—  sénile  érotisme  (Sizaret), 177. 
Paramyoclonie  anxieuse  dans  les  colites  aloa- 

lines  (M.ATHiEuet  FossEvet  Béhague),357. 
Paranoïa,  gaine  familiale  (Robin  etGÉNAC),  688. 
— ■  (Etats  passagers  de  —  chez  un  dégénéré) 
(Skliae),  649. 

— ■  (Délimitation  do  la  —  légitime)  (Claude 
et  Montassut),  653. 

Paraphréniqaes  (Syndromes),  relations  avee 
certaines  entités  (Buchowski),  657. 
Paraplégie  amyotrophique  progressive  avec  dis¬ 
sociation  albumino-cytologique,  myélite  iié- 
crotique  (Foix  et  Alajoüanine),  1-42. 

—  crurale  par  tumeur  oxtradune-imérionae 
de  la  région  dorsale,  opération,  goérison 
(Babinski,  Charpentier  cUarkowski),  587. 

—  en  flexion  au  coûts  d’une  maladie  de  Reok- 
linghausen,  radio-diagnostic  lipiodolé  de  la 
eomprossion  (Simon,  Cornu,  et  Miohon), 
262. 

Parathyroïdes  dans  le  myxendème  (Frenel), 
202. 

—  humantes,  transplantation  dans  la  tétanie 
(Fruooni  et  SentoNE),  368. 

Parathyroldien  (Extrait),  traitement  do  la  téta¬ 
nie  infantile  (Hoaq  et  Rivkin),  358. 
Parathyrolllenne  (Insuffisance)  chronique, 
diagnostic  par  le  contenu  oh  phosphates  du 
sang  (Berman),  202. 

Paravertébrales  (Tumeurs)  et  tumeurs  médul¬ 
laires,  diagnostic  différentiel  (Marque),  i1J7.. 
Parlnaud  (Syndrome  de)  par  hypertonie  asso¬ 
cié  ù,  un  syndrome  extrapyramidal  avec  trou¬ 
bles  pseudo-bulbaires  (Alajoüanine,  Dbla- 
FONTAiNE  et  Lacan),  410. 

- étude  anatomique  (Vincent),  636. 

Parkinson  (Maladie  de)  données  histopatho¬ 
logiques  (Nicolesoo  et  Nioolbsco),  499. 
Parkinsonienne  (Rigidité)  (Roue  dentée  ipro- 
pre  k  la  —  ou  appartenant  à  toute  rigidité 
de  déséquilibre  (Froment  et  Chaix),  440. 
- et  roue  dentée,  variations  selon  l’atti¬ 
tude  (Froment  et  Chaix).  442,  484. 
Parkinsoniens  (Etats)  générateurs  d’æidose 
(Froment  et  Velluz),  484. 

- désordres  de  la  motilité  -et  du  tonus 

musculaire  (Cruchbt),  517. 

- traitement  par  le  N  -  oxyde  de  scopela- 

mine  (PoLONOvsKi,  CoMUEMALE  et  Nayrao), 
519. 

—  (Syndromes).  Crises  de  déviation  conjuguée 
de  la  tête  et  des  yeux  avec  paralysie  faciale 
opposée  (Paulian),  98. 

- traitement  cembiné  par  l’arsenio  et 

l’iode  (Berezovveki),  520. 

- traitement  par  le  datura  stramonium 

(Laignel-Lavastine  et  Valence),  520. 

- épilepsie,  affaiblissement  intellectuol 

chez  des  sujets  ayant  eu  des  convulsions 
infantiles  (Toulouse,  Mabghano,  Bauieb  et 
Male),  626. 

- ramisootomie  cervicale  et  lombaire 

(Lemoine),  634. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES  ANALYSÉES 


Parkinsoniens  (Syndromes)  dans  la  paralysie 
générale  (Wichert),  660. 

Parkinsonisme,  manifestations  tardives  (Do- 
NAGOIO),  483. 

—  constatations  anatomo-pathologiques  (Fran- 
oioNi),  515. 

—  lésions  de  la  région  lenticulaire  et  du  locus 
niger  (Kinley  et  Gowan),  616. 

—  avec  palilalie  et  syndrome  adiposo-génital 
(Giraud  et  Guibal),  517. 

—  forme  rare  de  contracture  des  membres 
(Magni),  519. 

—  altération  fonctionnelle  des  mouvements 
conjugués  des  yeux  (Springlova),  519. 

—  perversions  instinctives  (Laignel-Lavas- 
TINE  et  Mohlaas),  628. 

Passionnelle  (Psychose)  (Vermeylen),  631. 
Paupière  mpérienre,  reoouvrcment  dans  les 
paralysies  faciales  (Barré),  466. 

Pédoncule  cérébral,  constitution  (Ferraro 
d’Hollander),  400-401. 

Pelade,  troubles  endocrine-  sympathiques  et 
métaboliques  (Loustric),  198. 

Périodique  (Psychose),  idées  obsédantes  (Lai- 
gnel-Lavastine  et  Valence),  108. 

- formes  atypiques  (Obregia),  654. 

Perméabilité  de  la  barrière  nerveuse  centrale 
(Flatau),  621-540. 

Persécution  (Délire  commun  de  ■ —  chez  deux 
frères)  (Courbon  et  Miquel),  177. 

—  (Los  haines  familiales  dans  les  délires  de  — 
chez  l’adulte  et  chez  le  vieillard)  (Robin), 
206. 

Perversions  posfencépfialifiîMes  (Heuyer),  514. 

—  instmetives  chez  un  parkinsonien  (Laignel- 
Lavastine  et  Morlaas),  628. 

Peur  politique  (Vondracek),  270. 

Pharynx  nasal  (Paralysie  du  moteur  oculaire 
externe  par  tumeurs  malignes  du  — ), 
(Cargo),  344. 

Phénomènes  des  doigts  analogues  aux  signes 
de  Babinski  et  de  Rossolimo  (Sterling), 

82. 

Phlogétan  dans  le  tabes  à  la  période  ataxique 
(Barré  et  Cruskm),  459. 

Phosphates  du  sang  dans  l’insuffisance  para- 
thyroïdienne  chronique  (Bermbn),  202. 
Physiothérapie  dans  la  paralysie  infantile 
Armani),  190. 

- (Gambt),191. 

Pinel  (Deux  malades  de  — 1  (Laignel-Lavas- 
tine),  488. 

Pithiatique  (Paraplégie)  à  forme  pseudo- 
pottique,  difficultés  du  diagnostic,  utilité 
d’un  examen  complet  du  liquide  céphalo¬ 
rachidien  (Tixier  êtBiZE),  641. 

Pithiatiques  (Accidents)  (Dupouy  et  Tinel), 
109. 

Plexus  choroïdes  et  intoxication  par  le  gaz  (Al- 
LENDE  NaVARRO),  125. 

- et  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse 

centrale  (Flatau),  521-640. 

Plurlglandulaire  (Syndrome)  nouveau,  hypo- 
épinéphrie  et  dysinsulinisme  (Gougerot  et 
Peyri),  203. 

—  .  —  thyro-surrénal  avec  sclérodactylie  ; 
nanisme  acromicrique  (Bénard,  Hillemand 
et  Laporte),  349. 

Pneumonie,  paralysie  faciale  inférieure  sans 
aphasie  (Said  Djémil),  367. 

Poliomyélite  antérieure  aiguë  chez  l’adulte, 
Kononova,  189. 


Poliomyélite  anUrieu,  resyndrome  céphaloplé- 
gique  (Bonaba  et  Ygartua),  340. 

- traitement  (Lorthioir),  340. 

—  —  (Gonnet),  340. 

Polynévrite  datant  de  l’enfance  (Bagdasar), 

446. 

—  alcoolique  (Conos),  88. 

—  —  avec  phénomènes  vestibulaires  (Cam- 
BRELiN  et  Hidguet),  109. 

Polyurie  par  ablation  de  l’hypophyse  chez  le 
crapaud  (Houssay,  Giusti  et  Gonalons), 
196. 

—  Action  de  l’insuline  (Schteingart  et  Bere- 
tervide),  196. 

Ponction  lombaire,  effet  sur  la  diurèse,  la  gly¬ 
cosurie  et  la  tension  artérielle  (Ravina),  122. 

—  —  prophylaxie  et  traitement  de  la  céphalée 
et  des  accidents  pseudo-méningitiquos  consé¬ 
cutifs  (Tzanck  et  Chevallier),  329. 

—  ventriculaire,  ponction  de  la  citerne  et 
ponction  lombaire  combinées  dans  le  traite¬ 
ment  d’une  méningite  méningococeique 
avancée  (Pebt),  341. 

Ponto-bulbaire  (Corps)  (Schaeffer),  115. 
Ponto-cérébelleuses  (Tumeurs),  disparition  de 
la  selle  turcique  (Vincent),  96. 

- opération  de  Cushing  (Vincent  et 

Dknéchau),  104. 

Ponto-cérébeileux  (Sarcome)  originaire  du 
conduit  auditif  interne  (Demole),  261. 

Pott  (Mal  de)  lombaire,  destruction  d’un  corps 
vertébral  (Sorrel  et  M®»  Sorrel-Deje- 
rine),  44. 

—  —  et  paraplégie  pithiatique  pseudb-pot- 
tique,  difficultés  du  diagnostic  (Tixieb  et 
Bize),  641. 

Praxithéraple  (Vidoni),  204. 

Protéines,  dosage  dans  le  liquide  céphalo-ra¬ 
chidien  CWuschendorff),  124. 
Protèinothéraple  dans  l’infection  syphilitique 
(Catalano),  366. 

Protubérance  (Tumeur)  (Niedingue),  261. 
Pseudo-acromégalie  par  syringomyélie  unila¬ 
térale  (Moreali),  339. 

Pseudo-méningites  vermineuses  (Barraud),  343. 
Pseudo-sclérose  (Zestchenko),  188. 

Pseudo-signe  de  Kernig  dans  la  paralysie  infan¬ 
tile  (Morquio),  190. 

Psychanalyse  et  médecine  légale  (Minovici  et 
Westfried),  277. 

Psychasténique  (Syndrome)  au  début  d’un 
glioblastome  cérébral  (Marchand  et  Schiff), 
333. 

Psychiatrie  et  chirurgie  (Courbon),  275. 

—  les  méthodes  subjectives  (Portongatov), 
647. 

les  tares  héréditaire^  (Mieczyslava),  648. 

—  (Nécessité  de  réorganiser  les  hôpitaux  do 
— )  (Zagorski),  648. 

Psychiatrique  (Evolution)  dans  la  province 
de  Québec  (Miller),  488. 

Psychiques  (Affections',  valeur  sémiologique 
de  l’hyperglycorachio  (Gâche),  124. 

- fréquence  de  l’hyperuréoiaohie  (Salles), 

125. 

- étude  somatologique  (Andreev),  269. 

- les  groupes  sanguins.  Transmission  héré¬ 
ditaire  (Berchtein),  275. 

—  (Processus),  influence  sur  l’innervation'  du 
cœur  et  des  vaisseaux).  (Von  Wyss),  271. 


-  TAHI.es  nu  TOME  II 


Psychiques  (Tkoiti!les)  associés  à  ilos  accès 
oculaires  dans  l’oncéplialitc.  épidémique 

(BERTOr-ANl),  r)U. 

—  —  et  tonnes  éi)ilc|itoïdes  (Steck),  ûi:!. 

—  —  {Lhdab),  r)ll. 

- (Gordon),  51  r,. 

- étude  psycho-anal, Yti(|ue  ((Ilahk),  515. 

- dans  la  spirochétose  ictérigene  (IIks- 

Psychologie.  La  statu ti((uo  dans  la  recherche 
(Bursot),  4K7. 

— ■  Une  théorie  nouvelle  (Htuasshh  et  Stras- 
ser),  487. 

—  murale,  (Pierre-.Tkan),  114. 

—  palholixjique  (Wallon),  113. 

Psychopathes  (Les  émotions  cliex  les  — )  (Siîr- 

gheievsky),  2G8. 

—  (Assistance  aux  —  en  Algérie)  (Sauzay), 
277. 

— ■  (Insuline,  dans  les’états  d'anorexie,  de  sitio- 
phohie  et  de,  dénutrition  chez  les  — )  (Tar- 
GOWLA  et  Lamalhk),  491. 

Psychopathiques  (Ktats),  administration  du 
somniléne  (Dodahd  dus  Loues),  663. 

—  (Tyres),  rapimrts  avec  la  morjihologie  hu¬ 
maine  (Werteimer),  175. 

Psychopathologie  sociale  (Damaye),  113. 

Psychopolynévrlte  chez  un  lépreux  (Peyre), 653. 

Psychose  avec  jdiénoménes  somathiues  et  psy¬ 
chiques  particuliers  hyporéflcxie  neuro-mus¬ 
culaire  (Vaïer),  275. 

Psychoses  (Traitement  par  le  paludisme  dos 
— autres  que  la  P.  G.)  (Fribouru-Blanc), 
488. 

—  de  la  malaria  (Perelmann),  205. 

—  cryplogénéliques,  rapports  éliologiqucs  avec 
la  tuberculose  (délia  Kouerk),  648. 

Puerpérale  (Psychose)  périodique  (Popa  KaduI, 
652. 

Pupillaire  (Ijimobilité)  et  alopécie  d’origine 
endocrino-sympathique  (IIehman),  327. 

Purines  urinaires  et  diabète  insipide  (Schtein- 
uart),  197. 


Q 

Queue  do  cheval  (Syndrome  do  la)  (Péhon), 

—  —  deux  cas  de  tumeurs  (Wolesohn  et 
Morissey),  337. 

- par  tibro-eliondro-cordomo  inlra-raehi- 

dien  (Moon.s,  Van  Booaekt  et  Nyssen),  637. 
Quadriplégies  spinales  .syphilitiques  (.Moj.hant), 


R 

Rachianesthésie,  céphalée  rebelle  consécutive 
(Arnaud),  662. 

—  généralisée  (.Ionnesoo),  662. 

—  accidents  et  indications  (Voncken),  662. 

—  dans  l’opération  césarienne  (Brindeau),  662. 
Rachifibrimimétrie,  diagnostic  de  la  nature  des 

dissociations  alburnino-eylologiques  du  li¬ 
quide  céphalo-rachidien  (Pollet),  328. 
Rachis  (Fracture)  avec  paralysie  grave, 
guérison  par  la  laminectomie  immédiate 
(Perret),  483. 

Racines  niédullaires,  modifications  au  cours 
d’une  tumeur  du  cerveau  (Tuhouraew),  506. 


Radiale  (Paraly.sie)  immédiate  apres  fracture 
de  l’humérus  (Schwartz),  345. 

- -  (Koux-Beruer),  345. 

- (Du.Îarier),  345. 

Radicotomie  postérifure,  étude  des  troubles 
sensitifs,  remarques  sur  la  loi  de  Sherrington 
(f-icARD,  Uauue.nau  et  Mayer),  595. 

Radiculo-médullaires  (Lésions)  par  éclat  d’o¬ 
bus,  pro,icctilc  extrait  tardivement  (Des- 

Radiocastration  dansl’ostéomalacie  (Gavazzeni 
et  .Iona),  3,53. 

Radiographique  (Profil)  vertébral  droit  et 
gauche  (Sicard,  IIaguknau  et  Mayer), 

412. 

Radiothérapie  des  tumeurs  cérébrales,  rétro¬ 
cession  de  l’redème.  papillaire  et  arrêt  de 
l’évolution  (Rolleï,  Froment  et  Colrat), 
127. 

—  des  tumeurs  pituitaires  (Vincent),  101. 

—  des  tumeurs  infundibulo-hypophysaircs 
(Roussy,  Laborde,  Lévy  et  Bollack), 

129-144. 

—  dans  la  paralysie  infantile  (Deiiedat),  190. 
- (Laquerhière),  191. 

—  dans  un  cas  de  tumeur  cérébrale  (Coyon, 
SoLOMON  et  V/illemin),  3.34. 

—  dans  une  hypertension  intracranionnc(CAiN, 
SoLOMüN  et  Rachet),  334. 

—  (Tumeur  cérébrale  à  localisation  gassérienne 
traitée  par  la  —  profonde)  (Paulian),  506. 

—  d'une  tumeur  cérébrale  (Alajouanine  et 
Gibert),  5Î8. 

Rakisme,  polynévrite  (Sonos),  t8. 

Rameaux  communicants  du  sympathique  tho¬ 
racique  (Lartaget  et  Bertrand),  195. 

—  —  section  des  cervicaux  dans  les  eénes- 
thésics  douloureuses  (Lericiie),  195. 

- (Section  des  — ),  chirurgie  du  tonus 

musculaire)  (Wertheimer  et  Bonniot),  248. 

- (Moignon  douloureux  guéri  par  la  sec¬ 
tion  des  —  (Lericiie  et  Fontaine),  462. 

- (Section  des  —  cervicaux  dans  la  chi¬ 
rurgie  de  la  douleur)  (Lerichf,),  632. 

Ramisectomle  cervicale  et  lombaire  dans  un 
cas  de  parkinsonisme  (Lemoine),  634. 

—  dorsale  dans  le  traitement  de  la  crise  gas¬ 
trique  (Van  Bogaert  et  Vertrugge),  634. 

Raynaud  (Maladie  de),  patliologio  du  sys¬ 
tème  nerveux  central  (Wladyczko,  485). 

Rayons  X,  mesure  et  action  biologique  des 
différentes  longueurs  d’onde  (Dognon),  329. 

Réactions  colloïdales  du  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  (  Mankowsky  et  Scharavsky),  124. 

—  de  [.ange  modifiée  pour  le  diagnostic  do  la 
paralysie  générale  (Guillain,  Laroche  et 
Léchellk),  353. 

Récupération  fonctionnelle  des  grandes  para¬ 
lysies  (Guillain  et  Bidoii),  661. 

Réflexes  (Troubles  d’origine)  intenses  do  la 
main  apres  blessure,  légère  du  médian  au 
poignet  (Foli.y),  450. 

Réflexes  (Absence  de  tous  les  — )  (Ducosté)» 

403. 

—  interprétation  par  la  ehroiiaxie  (Bourgui¬ 
gnon),  4C6. 

—  considérations  sur  leur  valeur  clinique  (Men- 
delbsoiin),  482. 

—  nrtérii  l  mesuré  par  la  courbe  oscillométrique 
(Fink),  2.56. 

—  d'attitude  et  mouvements  induits  (Byciiow- 
SKi),  146-166. 


TAISIÆ  AI.PUAniiTIQI’li  DUS  MAritiHKS,  ANALYSÉES  21 


Réflexe  d’axone,  action  des  anesthésiques 
(Albert),  6ii3. 

—  de  Babinski  en  dehors  des  lésions  pyrami¬ 
dales  (RoutjuiEu  et  CouKiîTAs),  167-174. 

- valeur  sémiologique  (Rooek),  326. 

- dans  les  étals  toxiques  (Pezotti),  326. 

- variations  chez  Tentant  (Mathieu  et 

Cornil),  327. 

—  cochléaires  localisation  centrale  (Spiegel  et 
Kaheshita),  501. 

—  coeliaque  (André-Thomas),  125. 

—  conlraVitérUl  des  adducteurs  (Balduzzi), 


—  de  délense  au  point  de  vue  clinique  (Val 

•  tint),  326. 

—  diqilo-plaiiiaire  do  Kornilov  {Mobtvilich- 
kee),  12^. 

—  des  doigts  (Sterling),  82. 

—  oculo-cardiaque  mesuré  par  la  courbe  oscil- 
lométrique  (Fink),  256. 

- (Van  Dooren),  503. 

— ^  -  et  orbito-cardiaque  dans  les  maladies 
nerveuses  (de  Léo),  ,504. 

—  palmo-mentonnier,  abolition  dans  la  pi 
lysie  taoialo  (Radovici),  193. 

—  plantaire  modalités  et  localisations  au  ec 

de  son  évolution  du  fœtus  à  Tadulte  (Min- 
kowski),  482. 

—  de  posture  et  mouvements  induits  (Bychow- 
SKi),  145-166. 

—  pathologiques  automatisés,  traiteiinint  (.Iust- 
man),  80. 

—  sympathiques,  exploration  (Langeron),  195. 

- (Barbier),  195. 

—  Ioniques  dans  les  lésions  asymctiiqucs  du 
cervelet  (Simonelli  et  Di  Giorgio),  185. 

—  toniques  de  l’œil  et  mouvements  oculaires 
(de  No),  501. 

—  tricipilaux  (Inversion  des  doux  —  fracture 
du  radius  d’un  côté)  (Barré  et  üraganesco), 

457. 

Réflexologie  (Brunschweileh),  123. 

- base  sociologique  (Mokoiilsky),  271. 

Réinfection  syphilitique  et  tabes  (Poirier),  189. 

Reins,  innervation  vaso-constrictive  par  le 
splanchnique  (Tournade  et  Hermann),  123. 

Rétine,  coloration  de  la  névroglic  (Favaloro), 
255. 

Rétraction  de  l'aponévrose  palmaire  (Paulian), 

74. 

Rétrécissement  mitral,  étiologie  rhumatismale, 
participation  de  la  thyroïde  (Merkhen  et 
M  Schneider),  357. 

Rhumatismale  (Ktiologie  —  du  rétrécissement 
mitral,  (Merklen  etM®'’  Schneider),  357. 

Rhumatisme  chronique,  luxations  métacarpo- 
phalan^enncs  et  nodosités  périarticulaires 
généralisées  (Croi.zon  et  Christophe),  267. 

Rigidité  congénitale  régressive,  syndrome  de 
C.  Vogt  (Philips,  Van  BonAERTCtHwoERTs), 
630. 


—  de  déséquilibre,  phénomène  de  la  roue  dentée 
(Froment  et  Chaix),  440. 

—  palVdah  et  rigidité  progressive  (Urechia 
et  Mihalescd),  260. 

Roentgenthérapie  profonde  dans  le  cancer  de 
la  vessie  (Gunsett),  663. 

Roue  dentée  propre  à  la  rigidité  iiarkinso- 
nienne  ou  appartenant  à  toute  rigidité  do 
déséquilibre  (Froment  et  Chaix),  440. 

—  —  et  rigidité,  variations  selon  l’al  titude  du 
parhinsonien  (Froment  et  Chaix),  44 î,  484. 


S 


Sadiques  (Ménage  de  faux  — )  (Molin  do  Tey.s- 
siEu),  488. 

Salicylate  de  soude  en  injections  intraveineuses 
dans  la  sclérose  en  plaques  (Foix,  Chavany 
et  Lévy),  429. 

S.nng  des  épileptiques,  teneur  en  soude  et  en 
l'otasse  (Marie  Parhon),  641. 

— ■  dos  déments  précoces,  relations  avec  la 
cyanose  (Segal  et  Hinsib),  655. 

—  recherches  expérimentales  (Balfi),  655. 
Schizotlie  (Wizel),  114. 

—  imagination  et  mythomanie  (Nathan),  656. 

—  et  syntonie  (Mazurkiewicz),  657. 
Schizophrénie  (Blbulee),  474. 

—  et  démence  précoce  (Claude),  475. 

—  et  oomploxion,  rapports  de  physique  et  du 
moral  (Boven),  485. 

—  et  auto-conduction  (Toulouse,  .Marchand 
et  Minkowski),  485. 

—  théorie  psychanalytique  ou  instinctiviste 
(IIesnard  et  Lapeorgüe),  486. 

—  rel.itions  avec  ]atubsroulosc(MiRA,  Arias  et 
Seix),  487. 

—  conséquences  thérapeutiques  du  concept 
(Meier),  487. 

—  consciente  avec  apragmatisme  sexuel 
(niTpouY,  B.aler  et  Male),  190. 

—  f  irmes  frustes  (Wizel),  656. 

—  maux  de  tête  (Powitzkaia  et  Sumenoiva), 

.  657. 

—  conception  psychanalytique  (Mübalt),  658. 

—  relations  (Bielawski),  658. 

—  un  cas  (Gunhard),  658. 

—  transitivisme,  jierte  de  la  personnalité, 
attitude  mentale  (Gruszecke),  659. 

—  parenté  avec  l’hystérie  (Perelman),  659. 

—  tardive  (TIalberstadt),  208. 
Schizophrénique  (Syndrome)  postopératoire 

(Giacanelli),  207. 

—  —  relations  avec  eertaines  entités  (Bi.  chow- 
SKi),  <>57  . 

Sciatique  (Névralgie)  ou  myalgic(TîouiLLARD), 
345. 

Sclérodactylie  et  syndrome  t:hyro-surrénal(.tiÉ- 
NARD,  Hillemand  et  Laporte),  349. 
Sclérodermie,  pathologie  du  système  nerveux 
central  (Wladyczko),  485. 

Sclérose  en  plaques  chez  l’enfant  consécutive  à- 
Toneépbalite  épidémique  (Rodet),  239. 

- malarisation  (  ^ntonelli),  340. 

- traitement  (Roasenda),  340. 

- forme  céphalalgique  (Foix,  Lévy  et 

M®“  Schii-p-Werthbimer),  428. 

- injections  intraveineuses  de  .salicylate 

'  d  ‘  soude  (Foix,  Chavany  et  Lévy),  429. 
- et  traumatisme  (Grodzon),  433. 

—  —  latérale  amyotrophique,  histopathologie 
(Orzegiiowshi  et  Frey),  188. 

Seopolamine  (N-  oxyde  de  —  dans  le  traitement 
des  états  parkinsoniens)  (Poi.onovski,  Com- 


nE.MALE  ec  rVAYTÎAGJ,  .UIU. 

Sédimentation  des  hématies  (Vitease  de  —  dans 
la  syiihilia  cérébrale  et  la  P.  G.)  (Sebas- 


tiani),  20-1. 

Sel  iod  -  dans  la  prévention  du  goitre  (Hart-  , 
sock),  201. 

Selle  turcique,  disparition  dans  les  tumeurs  de 
la  loge  crânienne  postérieure  (Vincent),  196. 
Sensations  de  couhur  (Franklin),  116. 

Sensitifs  (Troubles)  après  radicotomie  posté- 


22  ANNÉE  192G.  —  TABLES  DU^TOMEtlt 


lieure.  Remarques  sur  la  loi  de  Sherwngton 
(SiCARD,  Haguenau  et  Mayer),  595. 

Sensltlvo-moteurs  (Troubees)  d’aspect  radi- 
Rulairo  par  lésion  corticale  (Roussy  et 
MU®  Lévy),  876-889. 

Septicémie  méningococcique  é  tvpe  pseudo- 
palustre,  sérothérapie  intraveineu'-c  (Liégeois 
et  Foulon),  342. 

- abcès  térébsntbiné  (Boidin),  342. 

—  pneumo-bacillaire,  hémorragie  méningée 
(Debré  et  Lamy),  341 . 

Sérique  (Névrite  — )  (Crouzon  et  Delafon- 
taine),  345. 

Sériques  (Accidents),  prophylaxie  par  les 
sérums  antidiphtérique  et  antitétanique 
purifiés  (Ramon),  358. 

Sérothérapie  antiléianigue  dans  le  tétanos  géné¬ 
ralisé  (Saada),  359. 

- guérison  du  tétanos  infantile  (Leen¬ 
hardt  et  Reverdy),  359. 

- du  tétanos  déclaré  (Flogny),  360. 

- et  sulfate  d’atropine  (Lhuerre),  360. 

—  intraveineuse  dans  la  septicémie  méningo- 
cocciquo  (Liégeois  et  Foulon),  342. 

Sérum  antitétanique  purifié  et  prophylaxie  des 
accidents  sériques  (Ramon),  358. 

—  mitotnxique,  action  sur  te  cancer  thyroïdien 
(Ooulaud),  200. 

Sexuel  (Cycle)  chez  la  femelle  (Courrier),  350. 

—  -  (Gerlinger),  351. 

Sexuelle,  hyperhomonisation  (M”®  Bertolani 
del  Rio),  352. 

Sherrington  (Loi  de),  remarques  (Sicard,  Ha- 
GUENAU  et  Mayer),  595. 

Signe  de  Babinski  en  dehors  des  lésions  pyra¬ 
midales  (Rouquier  et  CouRATAs),  167-174. 

—  de  De  Qraefe  vrai  et  faux  ;  asynergie  oculo- 
palpébralo  physiologique  (Rollet  et  Fro¬ 
ment  ,  123. 

Sommeil,  pathogénio  d’après  les  données  de 
l’encéphalite  léthargique  (Zalkind),  117. 

—  ModRications  de  l’action  du  lobe  postérieur 
d’hypophyse  sur  la  diurèse  sous  l’inilucnec 
du  —  )  (Labbé,  Violle  et  Azbrad),  122. 

Somnlfène  dans  le  traitement  de  l’état  de  mal 
épiléptiqfue  (Rimbaud,  Boulet  et  Chardon- 
neau),  646. 

—  (SoRE  et  Vien),  646. 

—  (Aston  et  Pérès),  647. 

—  on  injections  intraveineuses  dans  le  delirium 
trcmeng(RAMOND,  Laporte  et  Quénée),  652. 

—  dans  les  états  psychopathiques  et  névropa¬ 
thiques  (Dodard  des  Loges),  663. 

—  intraveineux  chez  lés  grands  agités 
(Rone),  664v 

Sortie  prématurée  curative  de  confusion  men¬ 
tale  (GiLLEsy,  488. 

Soufre  sanguin,  variations  et  mélanodermie 
surrénale  (Loeper,  Decourt  et  Ollivier), 
202. 

- mélanodermie  des  cirrhoses  (Loeper, 

Decourt  et  Ollivier),  264. 

Sous-évolutions  (Gallupi),  265. 

Spasme  d’accommodation  (Redblob),  492. 

Spasmophilie  (Mouriquand  et  Bertoye),  12.^. 

Spina  bifida,  incontinence  d’urine,  laminec¬ 
tomie  lombo-sacrée  (François),  263. 

—  lombo-sacré  (Pinat),  191. 

—  occulta,  formes  douloureuses  (Roederer 
et  Lagrot),  191. 

- intervention  (Cotte  et  Rolland),  191. 


Spina  bifida,  symptomatologie  et  traitement 
opératoire  (Poussep),  263. 

- avec  sac  cutané  (Poussep  et  Zimmer¬ 
mann),  263. 

Spiritisme  et  délire  spirite  (Schiff),  247. 

Spirochétose  ictérigène,  troubles  psychiques 
(Hesnard),  653. 

Splanchnique  et  innervation  vaso-constrictivc 
des  reins  (Tournade  et  Hermann),  123. 

Statistique  des  maladies  mentales  (Modena), 
250. 

Stérilisation  des  grands  dégénérés  et  des  crimi¬ 
nels  (Kehl),  277. 

—  des  plaies  infectées  et  des  ulcérations  chro¬ 
niques  par  la  sympathectomie  péri-artériello 
(Leriche  et  Fontaine),  346. 

Strié  (Corps)  (Etat  marbré)  (M”®  Voot),  260. 

—  (Ramollissement)  sans  aucun  symptôme 
chorco-athétosique  (Urbchia  et  Mihalescu), 
609. 

Subconscient  (Claparède),  267. 

•  Subduction  mentale  morbide,  théories  psycho- 
physiologiques  (Mignard),  268. 

Suggestion  dans  une  maladie  de  Basedow  grave 
avec  vomissements  incoercibles  et  cachexie 
(Lemierre  et  Deschamps),  348. 

Suicide  (Prophylaxie  du),  (Oliveira),  276. 

—  dans  l’encéphalite  épidémique  (Dupouy, 
Bauer,  Chataignon),  490. 

—  Enquête  médico-sociale  (M"®  Serin),  625. 

Surdité  par  méningite  cérébro-spinale,  amélio¬ 
ration  spontanée  (Bloch),  341. 

Surdi-mutité  en  Roumanie  (Parhon),  200. 

Surrénal  (Paragangliome),  syndrome  d’Ad- 
dison  (Rienner,  Margarinostorres  et  Aus- 

TREOESILO),  89. 

Surrénale  (Insuffisance)  et  dysinsulinisme 
d’origine  syphilitique  (Gougerot  et  Peyre), 

- et  dyschromie  syphilitique  (Mèinebi), 

264. 

Surrénalectomie  dans  certaines  artérites  obli¬ 
térantes  juvéniles  (Leriche),  349. 

Surrénales  Effets  de  la  décérébration  (Lisi), 
198. 

—  mélanodermie  et  soufre  sanguin  (Loeper, 
Decourt  et  Ollivier),  202, 

—  métamorphose  adipeuse,  mélanodermie 
(Loeper  et  Ollivier),  203. 

Sympathectomie  péri-artériclle  dans  les  troubles 
trophiques  (Vilardel),  196. 

- dans  la  tuberculose  ostéo-artioulaire 

(Tchok),  196. 

—  —  dans  une  artéiite  oblitérante  (Caïn  et 
Hamburg),  346. 

- stérilisation  des  plaies  infectées  et  des 

ulcérations  (Leriche  et  Fontaine),  346. 

—  périfémorale  dans  les  ulcères  des  jambes 
(Leriche  et  Fontaine),  663. 

—  péricarotidienne  dans  l’épilepsie  (Laionel- 
Lavastine  et  Largeau),  485.  • 

—  testiculaire  chimique  (Butler  d’ORMOND), 

- (Fraisse),  352. 

Sympathique  (Anatomie)  avec  considératlohs 
chirurgicales  (Hanson),  346. 

—  (Chieuroie)  ilans  les  cénesthésies  doulou¬ 
reuses  (Leriche),  195. 

- La  section  des  rameaux  communicants 

(Wertheimer  et  Bouniot),  248. 

- ramisection  (Ranbon),  346. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈBES  ANALYSÉES  23 


8}«{)»üii4ue  (Chikuboip),  physiologie  et  pro'- 
blêmes  chirurgicaux  (Foebes  et  Cobb),  346. 

- résection  cervicale  bilatérale  totale  dans 

l’angine  de  poitrine,  persistance  des  crises, 
insuüisance  cardiaque  consécutive  (Sioaed 
efcLiCHTWwiTz),  347. 

•  - -  dans  la  paralysie  spasmodique  des  ex¬ 

trémités  (Davis  et  Kanavel),  347. 

- moignon  douloureux  de  l’avant-bras 

guéri  par  la  section  des  rameaux  communi¬ 
cants  de  la  chaîne  cervicale  (Leeiche  et 
Fontaine),  462. 

- section  des  rameaux  communicants  cer¬ 
vicaux  dans  la  chirurgie  de  la  douleur  (Le¬ 
eiche),  632. 

—  ' —  ramisection  cervicale  et  lombaire  dans 
un  syndrome  parkinsonien  (Lemoine),  634. 

•  - ramisection  dorsale  dans  la  crise  gas¬ 

trique  (Van  Booaeet  et  Veeteugge),  634. 

—  (Pathologie),  (Baed),  194. 

■ —  (Système),  physiologie  en  rapport  avec  les 
problèmes  chirurgicaux  (Foebes  et  Cobb), 
346. 

—  thoracique,  rameaux  communicants  (Lar- 
TAJET  et  Berteand),  195. 

Sympathiques  (Réflexes),  exploration  phar¬ 
macologique  (Langeeon),  195. 

■  - ,  exploration  clinique  (Barbibb),  195. 

—  (Troubles)  et  névralgie  du  trijumeau  con¬ 
ditionnée  par  un  épaississement  diffus  des 
«a  de  la  base  du  crâne  (Weimberg),  344. 

Syntonie  et  schizoldie  (Mazuekiewicz),  657. 

Syphilis,  dyschromie  étendue,  insuffisance  sur¬ 
rénale  (Meineei),  204. 

—  paralysie  d’une  corde  vocale,  psychose  hal¬ 
lucinatoire  chronique  avec  lymphocytose 
rachidienne  (Lévy  et  Ogliastbi),  273. 

—  influence  sur  la  débilité  mentale  paranoïaque 
(Damaye  et  Riau),  278., 

—  et  dystrophie  génito-glandulaire  (Laicnel- 
Lavastine  et  George),  349. 

—  (Maeiotti),  353. 

—  rapports  avec  la  malaria  {(^ria),  355. 

—  protéinothérapie  (Catalan®),  356. 

--  et  épilepsie  (Marchand  et  Bauer),  485.. 
compression  médullaire  de  la  région  dor¬ 
sale  moyenne,  nature  de  la  compression 
(Crouzon,  Alajoüanine  et  Delafontaine), 
677. 

—  cérébrale  et  délire  mélancolique  (Truelle  et 
Prugniaud),  176. 

—  —  paralysie  bilatérale  isolée  du  glosso- 
pharyngien  (Alpees),  193. 

- vitesse  de  sédimentation  des  hématies 

(Sebastiani),  204. 

—  cérébro-spinale  traitée  par  l’inoculation  do 
la  malaria  (Thrash),  356. 

—  cottgénUale  des  os  longs,  étude  radiologique 
(Péhu,  Chamakd  et  M”*'  Enselme),  366. 

—  exoLique  et  —  nerveuse  (Sézary),  356. 

—  héréditaire ,  i)sychoec  périodique,  idées  obsé¬ 
dantes  (Laignel-Lavasïine  et  Valence), 
1.08. 

■  - (Paralysie  générale  juvénile,  forme  ner¬ 

veuse  do  la  —  (Foenaea),  204. 

et  hallucinose  (Taboowla  et  Lamache), 

r*  ' —  ot  épilepsie  (Babonneix),  644. 

—  (Terrien-  et  Babonneix),  645. 

•  - et  mongolisme  (Babonneix).  669. 


Syphilis  nerveuse  familiale,  parents  appa¬ 
remment  sains  (Duncan),  280. 

- grossesse,  facteur  de  prévention  (Solo- 

mon),  280. 

- traitement  par  la  malaria  (O’Leaey, 

Gockeeman  et  Parker),  355. 

- les  types  par  rapport  à  leur  traitement 

(Bunker),  355. 

- conjugale  (Gordon),  356. 

- et  syphilis  exotique  (Sézary),  356. 

- protéino-bismuthothérapie  (Catalano), 

356. 

- traitement  intrarachidien  (Beunnee), 

483. 

- conjugale  purement  humorale  et  para¬ 
lysie  générale  (Laignel-Lavastine  et  Bour¬ 
geois),  671. 

- pathologie  et  pathogenèse  !  (Spatz),650. 

—  neurotropes  (Marie),  279. 

—  des  os  longs,  étude  radiologique  (Péhu, 
Chanaed  etM”'»  Enselme),  356. 

—  spinale,  qüadriplégie  (Molhant),  262. 

- syndrome  des  fibres  radiculaires  lon¬ 
gues  des  cordons  postérieurs  (Porot  et 
Benichou)v  604. 

Syphilitique  (La  famille  —  et  la  famiUc  cimcé- 
reuse)  (Pfeiffer),  356. 

Syringomyélie  après  acoide|Lt  de  travail  (Mj- 
KULSKl),  188. 

—  erreur  de  diagnostic  (Vondeaecek),  188. 

—  unilatérale  avec  pseudo-acromégaJie  (Mo- 
EEALl),  339. 

—  opération,  suites  opératoires,  lipiodol  intra- 
épendymaire  (Sioaed,  HAGUENAuetMAYEE), 


Tabes,  déformations  de  la  colonne  vertébrale 
(Lamy  et  Leuba),  61. 

—  myosis  et  glaucome  (Lagrange  et  Dartin), 
189. 

—  crises  gastriques  (Oadvy),  189. 

—  et  réinfection  syphilitique  (Poirier),  189. 

—  en  Cbchincbine  (Motais),  189. 

—  pathogénie  (Lafora),  337. 

—  mesure  dé  l’hypotonie  (Hodjitch),  338. 

—  cinq  ans  après  le  chancre  (Sfillmànn  et 
Ceéhange),  338. 

—  mal  buccal  (Duchange),  339. 

—  hernie  musculaire  (Laignel-Lavastine  et 
Valence),  336. 

—  luxation  double  de  l’épaule  (Crouzon, 
Mil»  VoGT  et  Braun),  339. 

—  à  la  période  ataxique,  heureux  effets  du 
phlogétan  (Barbé  et  CKüsem),  469. 

'  —  signe  d’Àrgyll-Robcrtson  évoluant  vers 
l’immobilité  pupillaire  complète  (Weill  et 
Dreyfus),  491. 

—  thérapeutique  intrarachidienne  avec  le 
bismuth  (Lafora),  807. 

—  neuro-ramisectomie  dorsale  dans  le  trai¬ 
tement  de  la  crise  gastrique  (Van  Bocaeet 
et  Vebtruggb),  634. 

Tabo-paralysle  générale  sénile,  érotisme  (Siza- 
eet),177. 

Tachycardie  paroxystique,  manifestations  céré¬ 
brales  (Barnes),  184. 

Tay-Bacha  (Maladie  do),  signification  générale 
(Schaffee),  660. 

- forme  hémiplégique  (Trétiakoff  «t 

Pu.tol),  660. 


ANXËE  ]92G.  —  TAREES  DU  TOME  II 


21 


Tension  arlérieUe,  effet  de  la  ponction  lombaire 
(Ravina),  122. 

—  veineuse,  ra])port  avec  la  pression  du  li(|uide 
côphalo-racliidion  (Claudk,  Targowla  et 
Lamaciie),  122. 

Terminaisons  nerveuses  dan.s  les  muscles  des 
crustacés  (d’ANCoN.MA),  503. 

- fi-îaüon  à  l’argent  réduit  (de  Castro), 

505. 

Testiculaire  (ATRormii)  double,  greffe  testiculo- 
thyroïdionne  (Dartiohhs),  352. 

Testicule  (Voies  excrétrices  du  — ,  liistopb,v.sio- 
logie)  (Benoit),  319. 

—  sympathectomie  chimiiiue  (Butler  d'Oit- 
mond),  352. 

- -  (Fralsse),  352. 

Tétanie  des  adultes  et  transplantation  des  para¬ 
thyroïdes  (Friigoni  et  Hcimone),  358. 

—  inlanlih,  traitement  |)ar  un  extrait  para- 
thyroïdien  (IfoAO  et  Rivkin),  358. 

Tétanique  (Valeur  antigène  de  l’anatoxine  — ) 
(Kamon  et  Zokller),  358. 

—  (Immunité  par  l’anatoxine  — )  (Zoeli.er 
et  Ramon),  358. 

Tétanos  de  Rose  h  marche  aiguë  (Bf.co),  3.59. 

—  suraigu  après  un  avortement  (.\uvray), 

359. 

—  généralisé,  sérothérapie  (Saada),  359. 

—  infantile  guéri  par  le  sérum  (IjRENHArdt 
et  Reverdy),  359. 

—  thérapeutique  sérique  (Flogny),  360. 

—  sulfate  d’atropine  et  sérothérapie{  Lhuerre)  , 

360. 

—  traitement  par  la  méthode  de  Bacelli 
(Grollet),  360. 

Thalamique  (llémichorée  d'origine  — )  (Foix 
et  Bariéty),  598. 

—  (Syndrome  cérébello  — )  (Foix,  Ciiavany 
et  Hillemand),  598. 

—  (Lésions  o.sseuses  et  articulaires  avec  gros 
troubles  des  réactions  éleetri(|ucs  unilaté¬ 
rales  chez  une  hémiplégique  avec  syndrome 
— )  (Bourguignon),  6M. 

Thomsen  (Maladie  de),  données  histopatho¬ 
logiques  (Nicolesco  et  Nigolbsoo),  499. 
Thyrolle,  méthode  de  palpation  (Lauey),  199. 
(Physiologie),  effets  de  la  décérébration 
l'Lisi),  198. 

dyrolllen  (Appareil)  et  choc  peptoni(|uc 
(Garrelon  et  Sautenoise),  121. 

—  (Cancer),  action,  d’un  sérum  eyloloxii|up 
(Coulaud),  200. 

Thyrollicnne  (Opothérapie)  dans  le  dyspitui¬ 
tarisme  (Wym),  200. 

Thyrolliens  (Etats),  cholestérinémie,  calcémie, 
glycémie,  métabolisme  basal  (Castex  et 
Schteingart),  199. 

- (Waldorp  et  Trelles),  199. 

—  (Vestiges)  dans  le  myxeodème  (Frenel), 
202. 

Thyro-surrénal  (Syndrome)  avec  sclérodac- 
tylic,  nanisme  aeromicrniue  (Bénard). 
(fllLLEMAND  ot  LapORTE),  349. 

Tics  (Maladie  des),  constitution  du  système 
cndocrino-sympathiquo  (De  Nigris),  641. 
Tonus  d'altitude  (Thévenard),  119. 

—  musmlaire,  état  do  la  question  (Seiler),  118. 

- -  chirurgie  (Wertheimer  et  Bonniot), 

248. 

- dans  les  états  parkinsoniens  (CrUghet), 

517.  i 


Tonus  d’attitude  parasympathique  ot  choc  pep- 
tonique  (Garrelon  et  Sanïenolse),  121. 

Torsion  (Spasme  de  —  et  syndromes  analogues 
à  la  suite  de  l’encéphalite  épidémique)  (Bing 
et  Schwartz),  517. 

—  spasmodique  ])hénomènes  de  décérébration 
ot  athétosc  (Roussy  et  Lévy),  482. 

Torticolis  spasmodiqiie  et  épilciisic  (Marchand 
et  Bauer),  311-816. 

Toxicomanie,  prophylaxie  sociale  (Cunha 
Lopes),  276. 

—  complexe,  liéroïno-coea'pnomanic  (Trénel), 
626. 

Travail  (Thérapeutique  par  le  — )  (Viuoni), 


—  en  therapcuti(|ue  mentale  (Ladame  et 
Üemay),  480. 

—  humain,  son  élément  psychique  (Penafiel), 
269. 

Tremblement  de  la  tête  dans  la  démence  précoce 
(Guiraud),  177. 

Trépanation  décompressive,  pression  du  liquide 
céphalo-rachidien  avant,  pendant  et  après 
(Folly  et  LiÉiu),  452. 

Tréponème  pâU,  localisation  dans  le  cerveau 
des  P.  G.  (Pacheco  E  Silva),  558-665. 

Trichinose  encéphalitique  (IIassin)  et  Dia¬ 
mond),  183. 

Trijumeau.  Rapports  entre  sa  racine  descen¬ 
dante  et  la  moelle  cervicale  (Van  Valken- 
burg),  115. 

Trophiques  (Troubles)  dans  les  maladies 
inflammatoires  de  la  moelle  (Broussilowski), 


- -  intenses  de  la  main  après  blessure  lé¬ 
gère  du  médian  au  poignet  (Folly),  450. 

Trou  déchiré  postérieur  (Syndrome  du)  (Bour¬ 
geois  et  Debidour),  193. 

- ligature  do  la  carotide  et  troubles  men¬ 
taux  (Courbon),  467. 

Tuberculose  et  schizophrénie,  relations  (Mira, 
Arias  et  Seix),  487. 

—  et  psychoses  cryptogénétiques  (délia 
Rovbre),  648. 

—  osiéo-articutaire  valeur  de  la  sympathec¬ 
tomie  périartéricllc  (Ichok),  196. 

Tumeurs  malignes,  nécrose  spinale  aiguë,  her¬ 
nies  spi  lalcs  malaciques  (d'ANToNA),  508. 


U 

Ulcères  de  jambe,  sympathectomie  périfémoralc 
(Lerighe  et  Fontaine),  663. 


V 

Vaccin  de  Pasteur  et  injections  de  lait  dans  le 
traitement  de  l’épilepsie  (Ossokine  et  Och- 
senbaudleh),  646. 

Vagabondage  (Tendance  au  — )  (Zalkinde), 
276. 

Vago-sympathlcotonie  et  constitution  émotive 
(Goritti),  269. 

Vagotonie  et  glossoptose  (  Laignel-Lavas- 
TINE,  Robin  et  Fildermann),  347. 

Vague  cl  sensibilité  de  l’organisme  au  choc 
(Garrelon  et  Santenoise),  121. 

Vaso-constrlctive  (Innervation  —  des  reins) 
(Tournade  et  Hermann),  123. 

Vaso-moteurs  (Physiologie  dos  — )  (Hess,  120. 


TABLE  ALBIIABÉTIQUE  DES  MATIÈBES  ANALYSÉES 


Végétatif  {DÉsÉguTUHKK)  dans  le  syndrome 
de  Basedow  (Lemoine),  263. 

—  (Système),  exploration  pharmacologique 
(Langeron),  195. 

- excitabilité  dans  l’acromégalie  (Wal- 

DORP),  198. 

- dans  la  goutte  (B’inck),  346. 

Vertébral  (Profil  radiographique  —  droit  et 
gauche)  (Sicard,  IIaguenau  et  Mayer), 

422. 

Vertébrale  (Colonne),  déformations  dans  le 
tabes  (Lamy  et  Leuba),  51. 
Vertébro-médullaire  (Plaie),  extraction  tar¬ 
dive  du  projectile  (Desplas),  336. 
Vestibulaire  (Exploration),  procédé  de  Kobrak 
(Barré  et  Draganesco),  492. 

—  (Hémi-syndrome)  transitoire  provoqué 
par  une  injection  de  novocaïnc  dans  la  ré¬ 
gion  latérale  du  cou  (Draganesco),  465. 

Vestibulaires  (Phénomènes)  dans  la  polyné¬ 
vrite  alcoolique  (Cambrelin  et  Hidguet), 

(Réactions)  dans  un  cas  de  kyste  du  cerve¬ 
let  (Barré),  492. 

- du  type  cérébelleux  chez  un  labyrin¬ 
thique  pur  (Barré  et  Draganesco),  493. 

—  —  critique  (Barré),  493. 

Vibratoire  (Sensibilité)  (Damiani),  256. 
Virilisme  et  hémodystrophie  type  Geisbôik 

(Waldorp),  203. 


Vitiligo  de  même  localisation  que  les  troublc.s 
nerveux  (Dujardin),  324. 

—  conjugal  (Dujardin),  324. 

Voies  excréirices  du  testicule  (Benoit),  349. 
Vols  de  jouissance  momentanée  (Ceillier),  lt8. 


W 

Wassermann  (Réaction  de)  dans  le  liquiiie 
céphalo-rachidien,  signification  (Desneux;, 


X 

Xanthochromie  dans  l’oncéiihalitc  épidémique 

(Rotschild),  512. 

Y 

Yeux  (Relation  entre  les  mouvements  conju¬ 
gués  des  —  et  les  mouvements  forcés,  inter¬ 
prétation  phy.siologiquo  (Muskens),  63.5, 


Z 

Zona  cervical  avec  hémiplégie  vélo-palatin 
(Bourgeois),  344. 

— optique,  paralysie  faciale,  phénomène  avant- 
coureur  (Helsmoortel),  110. 


vu.  —  INDEX  ALPHABÉTIQUE  DES  AUTEURS 


A 

Abadie,  Lecat  et  Yobotte.  CéeiU  mite  de 
méningite  séreuse,  343. 

Abély.  Démence  précoce,  175,  654. 

_ — .  V.  Capgras  et  Ahély,  Marchand,  Abély  et 
Bauer  ;  Raynier  et  Abély. 

Adam.  Phénorràne  de  Babinski,  482. 

Adson.  Névralgie  du  trijumeœu,  li>3. 

Agostini.  V.  Harbinger  et  Agostini. 
Adajouanine.  V.  Crouzon,  Alajouanine  et  De- 
lafonlaine  ;  Foix  et  Alajouanine  ;  Guillain 
et  Alajouanine. 

Alajouanine,  Dblafontaine  et  Lacan.  Fixité 
du  regard  par  hypertonie,  410  (1). 
Alajouanine  et  Gibbbt.  Tumeur  cérébrale, 

598. 

Albert.  Réjlexes  d’axone,  633. 

Alexander  et  Marburg.  Neurologie  de  Vo- 

Allendu  Navarro  (F.  de).  Intoxication  par 
le  gaz,  125. 

Alpers.  Paralysie  du  glosso-pharyngien,  193. 
Altschul,  Cellules  radiculaires  des  épileptiques, 

394-399. 

Ammosov.  V.  Popov  et  Ammosov. 

Andçéev.  Etude  somaiologique,  269. 
André-Thomas.  Réflexe  cœliaque,  125. 
Anglade.  Discussions,  478. 

Antonelli.  Sclérose  en  plaques,  340. 

Apert.  Méningite  tuberculeuse,  192. 

Arias.  V.  Mira,  Arias  et  Seix. 

Armani.  Paralysie  infantile,  190. 

Arnaud.  Céphalée  après  rachianesthésie,  662. 
Artiius.  Réceptivité  des  images,  483. 

Aston  et  Pérés.  Somniféne  dans  l’état  de  mal, 
647.  , 

Austregesilo.  Maladie  de  Chagas,  357. 

— .  V.  Riem'’r,  Magarinostorres  et  Austregesilo. 
Auvray.  Tétanos  suraigu,  359. 

Azerad.  V.  Labbé  et  Azerad  ;  Labbé,  Violle  et 


B 

Babinski,  Charpentier  et  Jarkowski.  Para¬ 
plégie  par  tumeur  extradure-mérienne,  .687. 
Babonnbix.  Ilérédo-syphilis  et  épilepsie,  644. 

—  Mongolisme  et  hérédo-syphilis,  659. 

—  V.  Terrier  et  Babonneix. 

Babonneix  et  Duruy.  Hémiplégie  infantile, 
567. 


(1)  Les  indications  en  ohilfres  gras  se  rap¬ 
portent  aux  MÉMOIRES  ORIGINAUX  Ct  aUX  COM¬ 
MUNICATIONS  à,  la  Société  de  Neurologie  de 
Paris  et  de  sa  liliale  de  Strasbourg. 


Babonneix  et  Mornet,  Balle  intracranfierme, 
506. 

Bagdasah.  V.  JVoiflo  et  Bagdasar. 

Balestra.  V.  Castex,  Beretervide  et  Balesira. 
Balduzzi.  Réflexe  contralatéral  des  adducteurs, 

243-246. 

—  Contractures  hystériques,  640. 

Balfi.  Sang  des  déments  précoces,  655. 

Barbé.  V.  Sézary  et  Barbé. 

Barbier.  Réflexes  sympathiques,  195. 

Bard.  Pathologie  du  sympathique,  194. 
Baeiéty.  V.  Foix  et  Bariéty. 

Barnes.  Tachycardie  paroxystique,  184. 
Barrancos.  V.  Vivaldo  et  Barrancos. 

Barraud.  Méningites  vermineuses,  343. 
Barré.  Recouvrement  de  la  paupière  supérieure 

dans  les  paralysies  faciales,  466. 

—  Epreuve  rotatoire,  493. 

—  Discussions,  473. 

Barré  et  Crusem.  Phlogétan  dans  le  tab:s,  459. 
Barré  et  Draganesco.  Myopathie  et  myotonie, 

454. 

—  Inversion  des  deux  réflexes  tricipitaux,  467. 

—  Exploration  vestibulaire,  492. 

—  Réactions  vestibulaires,  493. 

Barré,  Draganesco  et  Lieou.  Nystagmus 
giratoire,  492. 

Barré  et  Leriche.  Tumeur  de  la  moelle,  636.^ 
'Barré,  Morin,  Draganesco  et  Reys.  Encé¬ 
phalite  périaxiale  diffuse,  541-557. 

Barré,  Morin  et  Stahl.  Injections  froides 
contre  la  douleur,  456. 

Baruk.  V.  Cénac  et  Baruk  ;  Tinel  et  Baruk. 
Bastianelli.  TnércpiM/uiMe  des  tumeurs  céré¬ 
brales,  179. 

Bauer.  Epilepsie,  mort  rapide,  178;  V.  Duperuy, 
Bauer  et  Chataignon  ;  Dupouy,  Bauer  et 
Male  ;  Marchand,  Abély  et  Bauer  ;  Marchand 
Bauer  ;  Petit,  Bauer  et  M">»  Requin  ;  Tou¬ 
louse,  Marchand,Bauer  et  Male. 

Bechtebew.  Activité  du  cortex,  600. 

Beco.  Tétanos  de  Rose,  359. 

Bednarz.  Aliéné  accusé,  648. 

Béhague.  V.  Mathieu  de  Fossey  et  Béhague. 
Bénard,  Hillemand  et  Laporte,  Syndrome 
thyro-surrénal,  349. 

Benichou.  Radiodiagnostic  lipiodolé,  187. 

— •  V.  Porot  et, Benichou. 

Benoit.  Voies  excrétrices  du  testicule,  349. 
Benon.  Rapports  médico-légaux,  203. 

—  Stupeur,  652. 

—  Démence  précoce,  656. 

Berchtein.  Groupes  sanguins,  275. 
Beretervide.  V.  Castex,  Betervide  et  Balestra  ; 

Castex,  Schteingart  et  Beretervide  ;  Schtein- 
garl  et  Beretervide. 

Berezowski.  Traitement  des  formes  extrapyra¬ 
midales,  520. 


INDEX  A1.ru ATiÊTlQUE  DES  AUTEVUS  27 


Bériei,.  Formes  de  VeneéphalUe  épidémique,  510. 
Beman.  Insuffisance  parathÿro'idienne,  202. 
Bernard  (Léon),  Cotte  et  Valtis.  Epilepsie 
pleurale,  645. 

Bersot.  iJecJjercfte  psychohiiique,  487. 
Discussions,  473. 

Bertolani.  Syndrome  calatonique,  249. 

— .  Spasmes  oculaires  dans  l'encéphalite.,  511. 

Adrénaline  chez  les  épileptiques,  645. 
Bertolani  del  Rio  (M  '"“) .  Ilyperhornwnisntion 
sexuelle,  352. 

Bertoye.  V.  Mouriquand  et  Itertm/e. 

Bertrand  (Pierre).  V.  Lartajel  et  Hertrmd. 
Bidow.  V.  Guillain  et  Bidou. 

Bielowski.  Schizophrénie,  668. 

Bignon^  P.  ff.  tabéHque,  3.56. 

Bi^ghejmeb.  Traitement  de  Vencéphttlile. 

épidémique,  515. 

&I.ODET.  V.  Oernez  et  Bilouet. 

Bino  et  Schwartz.  Spasme  de  torsion,  517. 
Bjnet.  Ablation  des  hémisphères,  115. 

Bize.  V.  Tixier  et  Bize. 

Bleülee.  Schizophrénie,  474. 

BtiTzsTEN  et  Bram».  Migraine,  647. 

Bloch  (A.).  Surdité  par  méningite,  341. 

Biaim.  V.  Harvier,  Mâche  et  Blum. 

Bogorad.  Myéloses  funiculaires,  189. 

Bou>in.  Septicémie  à  mérringoeoques,  342. 
Boinet,  Pieri  et  Ibmenein.  Abcès  secomlaires 
du  cerveau,  505. 

Bollack.  V.  Roussy,  Laborde,  JW'"  Lévy  et 
Bollack. 

Bonaba  et  Ygartua.  Syndrome  cépludoplé- 
gique,  340. 

Bonnat.  Traumatisme  du  crâne,  507. 

Bonniet.  V.  Wertheimer  et  lionniot. 
Boronwiecki.  Hystérie,  640. 

Borremans  et  François.  Psammme  de  lu 
moelle,  326. 

Boulangee-Pilet.  V.  Schreiber  et  Boulanger- 
Filet. 

Boulet.  V.  Rimbaud,  Boulet  et  dhardonneau. 
Bourde.  Traumatismes  crâniens,  507. 
Bo-urde  et  Toinon.  Contusion  cérébrale,  508. 
Bourgeois.  Zona  cervical,  344. 

V.  Laignel-Lavasüne  et  Bourgeois. 
Bourgeois  et  D.ïbidoiir.  Syndrome  du  trou 
déchiré  postérieur,  193. 

Bourguignon.  Répercussion  d'une  lémou  corti¬ 
cale  sur  les  muscles,  890-894. 

AréfUxie  et  chronaxie,  406. 

Lésions  osseuses  chez  une  hémiplégique,  604. 
Bourguignon,  Faure-Beaulieu  et  Cahiin. 
Chronaxie  dans  un  syndrome  neuro-anémique, 
801-810. 

Boven.  Complexion  des  schizophrènes,  Ï85. 

Discussions,  480. 

Brams.  V.  Blitzsten  efBrams. 

Bravetta.  Méthode,  249. 

Braun.  V.  Crouzon,  JW'"  Vogl  et  Braun. 
Bremer  et  CoPEEz.  Anaiospasmes  cérébraux, 
110. 

Breton.  V.  Nayrac  et  Breton.  , 

Briau.  V.  Damaye  et  Briau. 

Brindeau.  Rachianesthésie,  662. 

Brito  Bedford  ïloxo.  Délire  épisodique,  049. 
Broussilowski.  Maladies  inflnmrmloires  de 'la 
moelle,  69. 

Affections  nerveuse^,  648. 

Beuoia.  Actions  nerveuses,  503. 

Brun.  Tumeurs  cérébrales,  128. 


Brunner.  Traitement  intrarachidien,  483. 
Brunscheiler.  Onde,  afférente  sensitive,  118. 

— .  Réflexologie,  123. 

— .  Mierocéphalie,  483. 

— .  Discussions,  473. 

Bunker.  P.  G-  au  début,  353. 

— .  Types  de  neurosyphilis,  355. 

Buscaino.  Démence  précoce,  655. 

Butler  d’Ormond.  Sympathicofomie  testi¬ 
culaire,  352. 

Bychowski.  Réflexes.d' attitude,  145-166. 

— .  Syndromes  schizophréniques,  667. 


.  C 

Caesar.  V.  Trétiakoff  et  Caesar. 

Cahen.  V.  Bourguignon,  Faure-Beaulieu  et 
Cahen. 

Cailliau.  V.  Hudelo,  Cailliau  et  Kaplan. 

Caïn  et  IIambuhg.  Artérite  oblitérante,  346. 

Caïn,  Solomon  et  Rachet.  Hypertension  intra¬ 
crânienne,  334. 

Cajal  (S.  Ramoii  Y.).  Névroglie,  116. 

Callewaert.  Encéphalite  epidérmque,  629. 

Calligaris.  Lignes  hyperesthésiques,  »12. 

—  Neurasthénie  posieneéphaXitique,  513. 

Calmels.  Discu,ssions,  481. 

Cambrelin  et  Hidguet.  Polynévrite  alcoolique, 
109. 

Cantarow.  V.  Vranford  et  Cantarow. 

Capelli.  Epilepsie,  644. 

Capgras  et  Abély.  Délire  interrogatif,  273. 

Cappaboni.  Migraine,  647. 

Cargo.  Paralysie  du  moteur  oculaire  externe, 
344. 

(ÎARNoT  et  Terris.  Extraits  posthypophysaires, 
662. 

Castex,  Bebetervide  et  Balestiîa.  Epilepsie 
jacksonienne  sensitive,  126. 

(!a8Tex  et  Schteingart.  Cholestérinémie  dans 
les  états  thyroïdiens,  199. 

• —  Métabolisme  basal,  199. 

Castex,  Schteingart  et  Beretevide.  Insu¬ 
line  et  états  hyperihyroïdiens,  199. 

Castro  (F.  île)..  Colorntion  des  centres  nerveux. 
605. 

Catalano.  Syphilis  et  proiéiuoihérapie,  35®. 

Caussade  et  OiRARi).  Méningite  tuberculeuse, 
192. 

Cauvv  .  Crises  gastriques,  189. 

Caveniit.  Mongolisme,  208. 

Ceillier.  Vols  momentanés,  108. 

— .  InadaptabiUté  sociale  de  certains  épileptiques,  ' 
628. 

Cénac,  V.  Robin  et  Cénac. 

Cénac  et  Baruk.  Délire  imaginatif,  490. 

Chaix.  V.  Ernmtnl  et  Chaix. 

Chai.ier  et  M'"'  Sciiokn.  Méningite  cérébro- 
spinale,  341. 

Chanard.  V.  Péhu,  Chanard  et  JW'»'  Enselme. 

Chardonneau.  V.  Rimbaud,  Boulet  et  Char- 
donneau. 

Charpentier.  V.  Babinski,  Charpentier  et 
Jarkotvski. 

Ciiataignon.  V.  Dupouy,  Bauer  ci  Chaiaignon, 

Chaton.  Nedrotomie  rétro-gasscrienne,  344. 

Chavany.  V.  Foix,  Chavany  et  Hillemand  ; 
L'oix,  Chavany  et  Lévy. 

Chevallier.  V.  Tzanekei  Chevallier. 

Christophe.  V.  Crouzon  et  Christophe. 


-  TABIJiS  DV  TOM!':  II 


■-’8  .tAA7i/;’  ]!)7r,.  ~ 


(’lapakède.  Subconscient,  267. 

('laiîk  (K.  ]).).  V.  Jarvis,  Clough  et  Clark. 

(Jlabk  (M.  Piorcc).  Troubles  de  la  conduite,  515. 
Claude.  Encéphalite  épidémique,  anatomie  patho¬ 
logique,  360. 

— .  Démence  précoce  et  schizophrénie,  475. 
Claude  cl  Montassut.  Paranoia,  653. 

Claude  cl  Rown.  Haines  familiales,  271. 
Claude,  Rafein  et  Montassut.  Alcalose  dans 
l’épilepsie,  643. 

Claude,  Takgowla  et  JjAmaohe.  Tension 
veineuse  et  pression  céphalo-rachidienne,  122. 
Clebc.  Morphinomane,  178. 

— .  V  Trénel  et  Clerc. 

Clougu.  V.  .farvü,  Clough  et  Clark. 

CoBB.  V.  Forbes  et  Cobb. 

Collin  (Rcmy).  Relations  histologiques  de 
Vhypcphi/se,  106. 

CüLBAT.  V.  Rollet,  Froment  et  (ktlrat. 
Comuemale.  V.  Polonoski,  Combemale  et  Nay- 

CoNos.  Rakisme,  88. 

CüppEz.  V.  liremer  et  Coppez. 

CoENiL.  V.  Mathieu  et  Cornil  ;  Simon,  Cornil 
et  Michon. 

(!oeytaux«  V.  Gautier  et  Gnrytaux. 

Cotte.  V.  Bernard,  Cotte  et  Valtis. 

(îoTTE  cl  Roland.  Spina  bifida,  191. 

Coulaud.  Sérum  cytotoxique,  200. 

Couhbon.  Faux  délires,  247. 

— Chirurgie  et  psychiatrie,  275 
■  Syndrome  du  trou  déchiré  postérieur,  457. 

—  Discussions,  464,  473,  478,  481. 

CouEBON  et  Miquel.  Délire  et  persécution,  177. 
CouKETA.s.  V.  Rouquier  et  Couretas. 

Coueeiee.  Cycle  sexuel,  350. 

Solomon  et  Willemin.  Tumeur  céré- 

(Jrainiuianu.  Insuffisance  ovarienne,  264. 
Crawford  et  Cantarow.  Liquide  céphalo- 
^  rachidien,  328, 

Créiiange.  V.  Spillmann  et  Créhange. 
Cbéteub.  Cure  aux  arsénobenzols,  204. 
Ceouzon.  Sclérose  en  plaques  et  traumatisme, 

^  483. 

Ceouzon,  Alajouanine  et  Delafontainb. 

Compression  médullaire,  677. 

Ceouzon  et  Cheistopiie.  Luxalions  métacarpo- 
phalangiennes , ‘ItSl . 

Ceouzon  et  Dblafontaine.  Névrite  sérique, 
345. 

Ceouzon,  M’I"  Vogt  et  Beaun.  Luxation 
double  de.  l’épaule,  339. 

Ceuceanu.  V.  Papilian  et  Cruceanu. 
Ckuciiet.  Désordres  de.  la  motilité  dans  les 
syndromes  parkinsoniens,  517. 

Ceüsem.  V.  Barré  et  Crusem. 

CuNiiA  Lopes.  Toxicomanes,  276. 


D 


llALMA.  Liquide  céphalo-rachidien  des  épilep¬ 
tiques,  643. 

Damaye.  Psychopathologie  sociale^  113. 

-.  Alcaloïdes,  277. 

Damaye  et  Briau.  Méningo-encéphalite  atro¬ 
phiante,  278. 

Syphilis  et  débilité,  278. 

Damiani.  Pallesthésie,  2,56. 


n’ANC0NA(U.).  Terminaisons  nerveuses,  503. 
üaniélopolu.  Traitement  chirurgical  de  l’an¬ 
gine  de  poitrine,  257,  258. 

D’Antona  (K.).  Nécrose  spinale  aiguë,  508. 
D’Antona  et  d’Antona.  Méningite  pseudo- 
méningococcique,  342. 

Dartioues.  Greffes  testiculaires,  352. 

Dartigues  et  IIeckel.  Greffe  thyroïdienne, 
348. 

Dartin.  V.  Lagrange  et  Dartin. 

Davidenkokf.  Paralysies  transitoires  sous  l’in¬ 
fluence  du  froid,  447. 

Davis  et  Kanavel.  Sympathectomie,  347. 

Dazzi.  V.  Verga  et  Darzi. 

Debédat.  Paralysie  infantile,  190. 

Debidour.  V.  Bourgeois  et  Debidour. 

Debré  et  Lamy.  Hémorragie  méningée,  Ht. . 
Debré  et  .SemelaionE.  Pachyméràngile  hémor¬ 
ragique,  340. 

Degiiaume.  V.  Langeron,  Dechaume  et  Pétou- 

Decourt.  V.  Loeper,  Decourt  et  OlUvier. 
Decoukt  et  üllivier.  Mélanodermie  surrénale, 
202.  , 

De  Greff.  Adaptation  du  débile,  325. 

Dejerine  (M™»  J.).  Dystrophie  osseuse,  281- 
300. 

Delafontaine.  V.  Alajouanme.  Delafonlaine 
et  Lacan  ;  Crouzon  et  Delafontaine  ;  Crouzon, 
Alajouanine  et  Delafontaine. 

Delore.  V.  Roque  et  Delore. 

Demay.  V.  Ladame  et  Demay. 

Demole.  Sarcome  ponto-cérébelleux,  261 . 

— .  Causes  des  maladies  mentales,  277. 
Denéchau.  V.  Vincent  et  Denéchau 
De  Nigris.  Maladies  des  tics,  641. 

Denoyelle.  V.  Labbé  et  Denoyelle. 

Deureux  Hémicraniose,  265. 

Dérévici.  V.  Parhonet  Dérévici. 

Deriabine.  Hallucinations  hystériques,  64fl. 
Besace,  Pellehin  et  Vinerta.  Méningite,  a 
melitensis,  343. 

Deschamps.  V.  Lemierre.  et  Deschamps. 
Desneux.  Wassermann  du  liquide  céphalo¬ 
rachidien,  638. 

Desplas.  Plaie  vertébro-médullaire,  336. 
Diamond.  V.  Bassin  et  Diamond. 

Di  Giorgio.  V.  Simonelli  et  Di  Giorgio. 

Divry.  Gliome  de  la  moelle,  325. 

Dodard  des  Loges.  Somnifine,  663. 

Djgnon.  Rayons  X,  .329. 

Donaggio.  Parkinsonisme,  483. 

— .  Discussions,  481,  486. 

Djnaldson.  Capacité  crânienne,  115. 
Draganesco.  Hémi-syndrome  veslibulaire,  485. 
— .  Discussions,  462. 

— .  V.  Barré  et  Draganesetp,  Barré,  Draganesco 
et  Lioué  ;  Barré,  Morin,  Draganesco  et  Reys  ; 
Marinesco  et  Draganesco. 

Dreyfus.  V.  Weill  et  Dreyfus. 

Duchange.  Mal  tabétique  buccal,  339. 
Ducosté.  Aréflexie  généralisée,  403. 
DufougeRé.  Névralgies  faciales,  344. 
Dujardin.  Vitiligo,  324. 

Dujarier.  Paralysie  radiale,  345. 

Duncan.  Neurosyphilis  familiale,  280. 

Dupont.  V.  Lhermilte  et  Dupont. 

Dupouy,  Bauer  et  Chataignon.  Encéphalite 
épidémique  et  suicide,  490. 

Dupouy,  Bauer  et  Male.  Syndrome  schizo¬ 
phrénique,  490. 


INDEX  Al.PIlABÉr 

■Dupouy  et  Male.  Paralysie  générale  et  neuro- 
jibromaioffe,  626. 

Dupouy  et  Tinel.  Accidents  pithiatiques,  109. 
ÜURUY.  V.  liabonneix  et  Duruy. 


Ebaugh  et  Mf:i,LA.  Lipiodol,  509. 

Bdelchtein.  P.  G.  juvénile,  280. 

Enselme  (M ">■•■)•  V.  Péhu,  Chanard  et  M"'»  En- 

Escudee  Numez'  Tumeurs  du  lobe  jrontal,  331. 
Esposel,  Lèpre,  598. 

Etienne,  Mathieu  et  Gerbaut.  Paralysie 
de  l'élévation  du  regard,  187. 


Falcao.  Aphonie  hystérique,  640. 

Palkiewicz.  V.  Spiegel  et  Falkiewicz. 

Paeani.  Hygiène  mentale,  276. 

Faure.  Névroses,  639. 

PAURE-BEAutiEU.  V.  liourguignon,  Faure- 
Beaulieu  et  Cahen, 

Pavaloeo.  Coloration  de  la  névralgie,  255. 
Perraro.  Pédoncule  cérébral,  400-401. 
Pildehmann.  V.  Laignel-Lavustine,  Rabin  et 
Fildermann. 

PiNK.  Courbe  oscillométriqup ,  256. 

— .  Goutte,  346. 

Plandin.  L’iode  dans  le  mal  de  Basrdow,  348. 
Pl.ATAu.  Perméabilité  de  li  barrière  nerveuse 
centrale,  621-540. 

Plogny.  Thérapeutique  sérique,  du  tétanos,  360. 
Plouenoy.  Démence  précoce,  655. 

Poix  et  Alajüuanine.  Mrjélile  nécrotique, 

1-42. 

Poix  et  Bariéty.  Hémicherrée  d’origine  thala- 
mique,  598. 

Poix,  Cmavany  et  Hillemand.  Syndrome  céré- 
bello-thalamique,  598. 

Poix,  Chavany  et  Lévy.  Sahcrjlate  dans  la 
sclérose  en  plaques,  429. 

Poix,  Lévy  et  M”®  Schiff-Weetheimer. 

Sclérose  en  plaques  céphalalgique,  423. 
PoLLY.  Troubles  réllexes  et  trophiques  de  la 
main,  460. 

PoLLY  ctLiÉou.  Liquide  céphalo-rachidien  apres 
trépanation  décompressive,  462. 

Fontaine.  V.  Leriche  et  Fontaine. 

PoRBEs  et  CoBB.  Physiologie  du  sympathique, 

346. 

Pornara.  P.  G.  juvénile,  204,. 

PouoHÉ.  V.  Moulier  et  Fouché. 

Foulon.  V.  Liégeois  et  Foulon, 

Praibhe.  Sympathicolomie  testiculaire,  352. 
Français  et  Lançon.  Séquelles  d’encéphalite, 
575. 

pRANuioNi.  Parkinsonisme,  515. 

— .  Cure  malarique  de  ht  P.  G.,  651. 

François.  Laminectomies  lombo-sacrées,  263. 

— .  V.  Borremans  eï  François. 

Franklin.  Sensations  de  couleur,  116. 

Phenel.  Parathyroïdes  dans  le  mrjxœdèrne,  202. 
Frey.  V.  Orzechou'ski  et  Frey. 
Pribourg-Blanc.  Traitement  des  psychoses 
par  le  paludisme,  4H8. 
pROELiuif.  Paralysie  infantile,  190. 

Froment.  Intensité  de  la  roue,  dentée  et  de  la 
rigidité,  jonction  de  la  stabilisation,  484. 


}UE  DES  Ai  rEUBS  2\) 

Froment.  Discussions,  617. 

— .  V.  Rollt  et  Froment  ;  Rollet,  Froment  et 
Colrat. 

Froment  et  Chaix.  Roue  dentée  et  rigidité  de 
déséquilibre,  440. 

.  Rigidité  selon  l'attitude  du  parkinsonien 

442. 

Froment  et  Velluz.  Etat  parkinsonien  géné¬ 
rateur  d’acidose,  434. 

Feugoni  et  iSciMONE.  Tétanie,  358. 


G  . 

Gâche.  Hyper glycorachie,  124. 

Gakkebouciie.  Traitement  de  la  P.  G.,  354 
Gallupi.  Sous-évolutions,  265. 

Garcin.  V.  Guillain  et  Garcin. 

Garnier.  Insuffisance  et  suractivité  glandu¬ 
laires,  263. 

Garrelon  et  Santenoise.  Choc  peptonique, 

— .  Sensibilité  de  l’organisme  au  choc,  121. 
Gautier  et  Corytaux.  Mongolisme,  659. 
Gavazzeni  et  Jona.  Ostéomalacie,  353. 

Gelma.  Psycho-diagnostic,  126. 

Genet.  Cécité  sans  signes  ophtahnoscopiques. 

George:  V.  Laignel-Lavastine  et  George. 
Géraudel  et  Giroux.  Syn.  d’Adams- Stockes, 
257. 

Gerbaut.  V.  Etienne,  Mathieu  et  Gerbaut. 
Gerlinger.  Cycle  sexuel,  351. 

Gernez  et  Bilouet.  Syndrome  de  l’artère  céré¬ 
belleuse  postérieure,  257. 

Giaoanelli.  Schizophrénie,  207. 

Giannuli.  Gliome  pariéto-pohtin,  506. 

Gibert.  V.  Alajouanine.  et  Gibert. 

Gilles.  Valeur  curative  dessorrties  prématurées, 
488. 

Giürgi-Eragne  (M'"').  Délire  aigu,  652. 
Girard.  V.  Caussade  et  Girard. 

Giraud  et  Guibal.  Parkinsonisme  avec  pali- 
lalie,  517. 

Giroux.  V.  Géraudel  et  Giroux. 

Giuffré  et  Mannino.  Liquide  céphalo-rachi¬ 
dien,  329. 

Giusti.  V.  Houssay,  Giusli  et  Gonalons. 

Glass.  Tumeur  de  la  moelle,  187. 

Goekerman.  V.  O’Leary,  Goekermun  et  Parker. 
Goinard.  Segment  bulbo-médullaire,  115. 
Gonalons.  V.  Houssay.  Giusti  et  Gonalons. 
Gonnet.  Paralysie,  infantile,  191,  340. 

Gordon  (A.).  Syphilis  nerveuse  conjugale,  356. 
—  Altérations  du  caractère,  blb. 

Gordon  (W.  B.).  Diabète  et  ostéite,  266. 

GcdiiA.  Syphilis  et  malaria,  354. 

Goeitti.  Constitution  émotive,  269. 

Gougerot  et  Peyre.  Hypoépinéphrie  et  dysinsu¬ 
linisme,  203. 

Gowan.  V.  Kinley  et  Gowan. 

Grollet.  Traitement  du  tétanos,  360. 
Ghuszeckk.  Schizophrénie,  659. 

Guibal.  V.  Giraud  et  Guibal. 

Guillain  et  Alajouanine.  Calcifications  de 
la  faux,  361-367. 

Guillain  et  Bidou.  Récupération  jonctionnelle, 
661. 

Guillain  et  Garcin.  Tumeurs  du  corps  calleux. 


ANNÉE  -  -  TABLES  IXJ  TOME  II 


GuiiLAtN,  Lakücuk  et  Lbokelie.  ItéacUon 
de  Lange,  353. 

Güibaüd.  TrembietimU  de  la  tête,  177. 

— .  Adipose  dans  la  démence  précoce,  177. 

— .  Délire  chronique,  207. 

Günhahd.  Schizophrénie,  658. 

GimsETT.  Cancer  de  la  vessie,  663. 


■  H 

Gaguenaü.  V.  Sicard,  Ilagueneau  et  Mayer  ; 
Sicard,  Bobineau  et  Haguenau. 

Halbebstadt.  Schizophrénie,  208. 

— ■.  Démence  précoce  infantile,  209-216. 

— •.  Hallucinoses  chroniques,  273. 

Hambubg.  V.  Gain  et  Hamburg. 

Harbingeb  et  Agostini.  Mélaslase  cranio- 
méningée,  334. 

Habtbnberg.  Habitude  épileptique,  615. 

Habtjock.  Sel  iodé,  201. 

Habvieb  et  Lemaire.  Métastases  cérébrales, 
506. 

Habvier,  Raciik  et.  Hi.um.  Hématome  de  la 
convexité,  507. 

Hassin  et  Diamond.  Trichinose  encéphalique, 
183. 

Hausman.  V.  Sachs  et  Hausman. 

Hbdkeb,  V.  Dartiffues  et  HecTcel. 

Helsmortel.  Paralysie  faciale,  110. 

Hermann.  G/iorée  de  Sydenham,  119. 

— .  Immobilité  pupillaire,  327. 

Hermann.  V.  Tournade  et  Hermann. 

Hesnard.  Troubles  psychiques  dans  la  spiro¬ 
chétose,  653. 

— .  Discussions,  478-485. 

Hesnard  et  Lapeorguk.  Théorie  psychana¬ 
lytique  de  la  schizophrénie,  486. 

Hess.  Vaso-tnoteurs,  120. 

Heüyer.  Perversions  postencéphalitiques,  514. 

— .  Automatisme  mental,  628. 

Hicouet.  Névralgie  sinusale,  637. 

— .  V.  Cambrelin  et  Hidguet. 

Hillemand.  V.  Bénard,  Hillemand  et  Laporte  ; 
Poix,  Chavany  et  Hillemand. 

Hinsie.  V.  Segal  et  Hinsie. 

Hiusoh.  Tumeurs  hypophysaires,  197. 

HsAo  et  Rivkin.  Tétanie,  353. 

Hodjitcii.  Mesure  de  l'hypotonie,  338. 

Holman.  Dysurie  et  tumeurs,  127. 

Hornioek  et  Janota.  Hémorragie  sous-durale, 
183. 

Hotta.  X..Spiegel  et  Hntta. 

Houbsay,  Giusti  et  Gonalons.  Ablation  de 
Vhypophyse,  196. 

Hüdelo,  Oailmau  et  Kapean.  Anévrisme 
syphilitique  de  Vaork,  510. 


lOHOK.  Sympathectomie  périarlérielle,  196. 
IsMENEiN.  V.  Boinel,  Pieri  et  Ismenein. 


Janôta.  Provocation  des  accès  épileptiques,  642. 
— .  V.  Hornieek  et  Janota. 

Jabkowski.  Aphasie  motrice,  418,  612. 

— '.  Hystérie,  640. 

— .  Babinski,  Charpentier  et  Jarlcoswki. 


Jabvis,  Oeouou  et  Clark.  Prophylaxie  du 
goitre,  201. 

JoNA.  V.  Gavazzeni  et  Jona. 

.Tonasiu.  Psychose  avec  lésions,  278. 

JoNNEsco.  Rachianesthésie  généralisée,  662. 
JosT.  V.  IVeill  et  Jost. 

.Tusïman.  Réflexes  automatisés,  80. 


H 

Kahane.  V.  Parhon  et  Kahane. 

Kahn  (Pierre).  Discussions,  480. 

Kakbbhita.  V.  Spugel  et  Kakespita. 
Kanavel.  V.  Davis  et  Kanavel. 

Kaplan.  V.  Hudelo,  Caillau  et  Kaplan. 
Kauders.  Traitement  de  la  P.  0.,  355. 

Kehl.  Stérilisation  des  dégénérés,  277. 
Kennedy.  Œdème  angioneurotique,  184. 
Kilbane.  Psychose  maniaque  dépressive,  653. 
Kinley  et  Gowan.  Lésion  lenticulaire  du  par¬ 
kinsonisme,-  516. 

Kirsciienberg.  Hémiatrophie  faciale,  266. 
Kollaritz.  Hérédo-dégérdration^  659. 
Kononova.  Poliomyüite,  189. 

Kovacs.  Paralysie  infantile,  190. 
Kovalevbky.  Développement  des  idiots,  77. 
Kraus.  V.  IVeil  et  Kraus. 

Kraus  et  Weil.  Duplicité  de  la  moelle,  817-328. 


Labbé.  Iode  dans  la  maladie  de  Basedow,  âie. 

Labbé  et  Azerad.  Diabète  insipide,  384. 

Labbé  et  Denoyelle.  Diabète  insipide,  197. 

Labbé,  Violle  et  Azerad.  Diurèse  et  hypo¬ 
physe,  122. 

Labeau.  V.  Verger  et  Labeau. 

Labobde.  V.  Roussy,  Laborde,  AD*»  Lévy  et 
Bollack. 

Lacan.  V.  Alajouanine,  Delafoniaine  et  Lacan. 

Ladame  et  Demay.  Thérapeutique  meniaieipar 
le  travail,  480. 

Lafora.  Tabes,  337. 

— .  Arlhropathies  tabétiques,  60,7. 

Lafforgue.  V.  Hesnard  et  Lafforgue. 

Lagrange  et  Dabtin.  Myosis  tabétique,  189. 

Lagrot.  V.  Roederer  et  Lagrot, 

Lauey.  Palpation  de  la  thyroïde,  199. 

Laignel-Lavastine.  Angoisse  névrose  dka- 
line,  488. 

— .  Discussions,A72,  477. 

Laignel-Lavastine  et  Bourgeois.  Neuro- 
syphilis  humorale,  571. 

— .  Syndrome  excilo-moteur  e&rvico-facicd,  BTt. 

— .  Spasmes  d'élévation  du  regard,  674. 

Laignel-Lavastine  et  George.  Dystrophie 
génUo-glarululaire,  349. 

Laignel-Lavastine  et  Laroeau.  SympaAec- 
tomie  péricaroUdieme  dans  l’épilepsie,  dêè. 

Laignel-Lavastine  et  Murlaas.  Perversisna 
chez  un  parkinsonien,  626. 

Laignel-Lavastine,  Eobin  et  Fildeemann. 
Olossoptose,  347. 

Laignel-Lavastine  et  Valence.  Psych.  pe'm- 
dique,  108. 

— .  Hernie  musculaire,  389. 

— .  Encéphalite  d’aspect  hébéphrénigue,  512. 

— .  Datura  dans  le  parkinsonisme,  520.  , 

Laignel-Lavastine.  et  Vinchon.  Maladce  de 
Pinel,  488. 


INDEX  ALPHABÉTigVE  DES  AVJElil  S  .  31 


Lamache.  V.  Claude,  Targowla  et  Larmche. 
Tar^ouila  et  Lamache  ;  Targowla,  Lamache  et 
Lignikes. 

^ammebbmann.  Ulcération  trophique,  512. 
I-amy.  V.  Debré  et  Lamy. 
liAMY  et  Lbuba,  Déformations  vertébrales  du 
tabes,  51. 

Lançon.  V.  Français  et  Lançon. 

Landau.  Gaines  de  myéline,  116. 

Langeron.  Exploration  du  système  végétatif, 
195. 

Langeron,  Deohaume  et  Pétouraud.  Hoquet 
persistant,  191. 

Laporte.  V.  Bénard,  Hillemand  et  Laporte  ; 

Ramond,  Laporte  et  Quénée. 

Laquerriêre.  Paralysie  infantile,  191. 
Largeau.  V.  Laignel-Lavastine  et  Largeau. 
Laroche.  V.  Ouillain,  Laroche  et  Léchelle. 
.Labtajet  et  Bertrand.  Rameaux  communi-  > 
cants,  195.  : 

Laruelle.  Hémichoréo-athétose,  630.  ! 

p.  Myasthénie  et  Basedow  associés,  630.  ' 

Lavau.  Hémihypertrophie,  266. 

■L®bar.  TrenMes  psychiques  dansV encéphalite,  \ 
514. 

Lkcat.  V.  Abadàe,  Lecal  et  Jojotte. 

LéoHKLM;.  V.  Ouillain,  Laroche  et  Léchelle. 
Léchelle  et  Mouquin.  Méningites  syphili¬ 
tiques,  343.  I 

'Lejenbabt  et  Eieverdy,  Tétanosinfantile,SL9. 
Lemaire.  V.  Harvver  et  Lemaire. 

Lemibrre  «t  Deschamps.  BaaeÂovi  et  sugges¬ 
tion,  348. 

Lemoine.  Syndrome  de  Basedow,  263. 
p.  Bamiseciomie  tervicale,  634. 

Léo  (S.  de).  Réflexe  orbito-cardiaque,  504. 
Léopold-Lévy.  Mongolisme  et  myxædèrne,  349. 
Léei.  Discussions,  422,  432. 

Leriche.  Epilepsie  jaeksonienne,  180. 

— .  Chirurgie  des  anesthésies,  195. 

— Artériies  ebUtérantes  juvéniles,  349. 

— .  Chirurgie  de  la  douleur,  632. 

— .  Discussions,  45^  453,  464, 

— .  V.  Barré  et  Leriche. 

Leriche  et  Fontaine.  Stérilisation  des  plaies, 
846. 

— .  Moignon  douloureux  guéri  par  la  section 
■  des  rameaux  communicants,  462. 

— .  Ulcères  de  jambe,  663, 

Leroy.  Démence,  176. 

Leboy  et  Nacht.  Corâracture  des  doigts,  176. 
Leuba.  V.  Lamy  et  Leuba. 

Levaditi  et  Nioolad.  Encéphalite  post¬ 
vaccinale,  510. 

'Lbyi  (.p.).  V.  Paterson  et  Levi. 

Lévy  (Fernand)  et  Oguabtri.  Psychose  hallu¬ 
cinatoire,  273. 

Lévy  (Me«  0.).  V.  Rovessy  et  M*'®  Lévy  4 
Roussy,  Laborde,  Lévy  et  Boüack. 

Lévy  (îïauriee).  V.  Poix,  Chavawy  et  Lévy  ; 

Paix,  LÜy  et  Schiff-Wetiheimtr. 
Lévy-Valensi.  Discussions,  479. 
Lévy-Valbnsi.  Psychose  de  Korsakoff,  108. 

Ley.  Anatomie  pathologique  de  la  néxramte 
épidétrnque,  360. 

— .  Psychose  maniaque  dépressive,  494. 

— .  Infirmières  pour  malaSies  mentales,  465. 

— .  Traitement  de  l'encéphalite  épidémique,  616. 
— .  ApercepUon,  631. 

Lhermitto  ot  Dupont.  Nerfs  de  l'ovaire,  256. 
Lhubrbe.  Sérothérapie  du  tétanos,  360. 


Liechwitz.  V,  Sicard  et  Luchtwitc. 

Liégeois  et  Foulon.  Septicémie  méningo- 
coecique,  342. 

LiÉou.  V.  Barré,  Draganesoo  et  Liéou  ;  FoUy 
et  Liéou. 

Lignières.  V.  Targowla,  Lamache  et  Lignières. 

Lisi  (M.  de).  Décérébration  et  thyroïde,  168. 

Loeper,  Decouet  et  Ollivier.  Müanoderniie 
des  cirrhoses,  264. 

Loeper  et  Mougeot.  Goitre  et  insuffisance 
mitrale,  200. 

Loeper  et  Ollivier.  Métamorphose  adipeuse 
des  surrénales,  203. 

Loethioir.  Polyomyélite,  340. 

LousTric.  Métabolisme  des  peladiques,  198. 

Lorzano.  Tumeurs  cérébrales,  128. 


Mackenzie.  Anémie  dans  V hypothyroïdisme, 

202. 

MARGABiNosiGtiREs.  V.  Ricmcr,  Magarinos- 
torres  et  Austregesilo. 

Magni.  Contracture  dans  le  parkinsonisme,  519. 
Mahaim.  Dégénérescence  hépato-lenliculairt,  184. 
Male.  V.  Dupeuy,  Bauer  et  Male  ;  Dupouy  et 
Male  ;  Toulouse,  Marchand,  Bauer  et  Male. 
Mankowsky.  Narcolepsie,  118, 

Mankowski  et  Scharawsky.  Réadmis  colldi- 
dales,  124. 

Mannino.  V.  Giuffré  et  Mannino. 

Marbuhg.  Neurologie  de  l'oreille,  111. 
Marchand  (L.),  Hémorragie  inira-arachnoï- 
dienne,  627. 

— ,  V.  Toulouse,  Marchand,  Bauer  et  Male. 
Marchand  (L.),  Abély  et  Bauer.  Etats  démen¬ 
tiels  syphilitiques,  279. 

Marchand  (L.)  et  Bauer.  Epilepsie  et  torM-, 
colis  spasmodique,  311-816. 

— .  Syphilis  et  épilepsie,  485. 

Marchand  (L.)  et  Picard.  Etat  de  mal,  625. 
Marchand  (L.)  et  Sciuff.  Glioblastome,  333. 
Marie  (A.).  Syphilis  neurotropes,  279. 

— .  P.  a.  infantile,  279. 

— .  Traitement  par  le  sang  malarique,  279. 
Marie  .(Julien).  V.  Lévy-Valensi  et  Mgrie. 
Marie  (P.-L.).  Iode  et  goitre  exophtalmique,  199. 
Marinesco.  Ferments  oxydante,  120. 

Marinesco  et  Draganesco.  Syndrome  bul¬ 
baire,  261. 

Mariotti.  Eunuchisme,  353. 

Marque.  Diagnostic  des  tumeurs  médullaires, 
187. 

Martel  (Th. .de).  Tumeurs  cérébrales,  128. 
Mathieu.  V.  EUenne,  Mathieu  et  Gerbaul. 
Mathieu  et  CoENiL.  Signe  de  Babinski,  327. 
Maihieu  de  Pobsey  et  Béhaque.  CSlites 
alcalines,  357. 

Matignon.  Migraines,  647. 

Mauclaire.  Luxations  volontaires,  346. 
Mayer.  V.  Sicard,  Haguenau  et  Mayer. 
Mazurkiewicz.  Syntonie  et  sehizoïdie,  657. 
Meier.  Concept  de  la  schizophrénie,  487. 

Meige.  Discussions,  434. 

Meineri.  Dyschromie  syphilitique,  264. 

Mella.  V  Ebaugh  et  Mella. 

Mendelssokn.  Valeur  clinique  des  réflexes,  482. 
Mériel.  Tumeurs  de  l'hypophyse,  496. 

— .  Signe  d'Argyll,bM:. 

— •.  V.  Riser  et  Mériel. 


.liV.V/i/-;  -  TAlil.HS  DU  TOM  JC  II 


Mehklkn  et  M™'  Schneider.  RUrhismnml 
mitral,  357. 

Meueman.  Atid'n  du  cerveau,  ii.'il. 

JIicnoN.  V.  Siman,  ('nrnilet  Michmi. 
MieozyslanaBrhnova.  Tares  héréditaires,  64.S. 
Hignard.  Subduclimi  vunlale,  268. 

— .  V.  Toulouse,  Mignard  et  Miukowshi. 
XiHALEscu.  V.  Urechia  et  Mihalescu. 
Mikui-owskt.  Syndrome,  opso-myoclonique,  259. 
Mikuliki.  Syringomyélie,  188. 

— .  Accès  de  cris,  513. 

Mii.ler.  Evolution  psychiatrique,  488. 

Minet  et  Forez.  Mongolisme,  267. 

Minet  et  ïramlin.  Encéphalite,  ulcinélique, 
511. 

Mingazzini.  Traitement  de  la  métusyphilis,  ,355. 
Minkowika  (M"").  niscussimis,  479. 
Minkowski.  Connexions  anatomiques  des  cir¬ 
convolutions,  250. 

— .  Réllexe,  plantaire,  m. 

— .  Autisme,  485. 

— .  Discussions,  473,  477,  484,  485. 

-  -.  V.  Tftulouse,  Mignard  et  Minkouski. 
Minovici  et  Westfried.  Médecine  légale  et 
psychanalyse,  277. 

Miquel.  V.  Courbon  et  Miquel. 

Mira,  Arias  et  Seix.  Tuberculose  et  schizo¬ 
phrénie,  487. 

Modena.  Statistique,  2,50. 

Moehlio.  Idiotie  amaurotique,  208. 

Mokouliky.  Réilexologie,  271. 

Molhant.  Dystonies  lenticulaires,  260. 

— .  QuadripÙgies  spinales,  262. 

Molin  de  Teyssieu.  Faux  sadiques,  488. 
Monakow  (C.  de).  Gliome  et  traumatisme,  127. 
Montassut.  V.  Claude  et  Montassut  ;  Claude, 
Raffin  et  Montassut. 

Miintel.  V.  Yvernault  et  Monlel. 

Montet  (de).  Discussions,  479. 

Moons,  Van  Bogaert  et  Nyssen.  Syndrome,  de 
la  queue,  de  cheval,  637. 

Moeeali.  SyringomyéUe,  339. 

Moreira.  Sélection  des  immigrants,  277. 

Morin.  V.  Barré,  Morin,  Draganesco  et  Reys  ; 

Barré,  Morin  et  Stahl. 

Moribsey.  V.  Wollsohn  et  Morissey. 

Morlaa#  V.  Laignel-Lavastine.  et  Morlaas. 
Mornet.  V.  Bahonneix  et  Mornet. 

Morquio.  Barulysie  inlantile,  190. 

Morselli.  Aphasie,  récidivante,  258. 
Mostviliciikkr.  Réjlexe  digito-planiaire,  125. 
Motais.  Tab  s,  189. 

Mougeot.  V.  hoiper  et  Mougcot. 

Mounot.  Allouai,  664. 

Mouquin.  V.  D  chelle,  1 1  Mouquin, 

Müurgue.  V.  Toulouse  et  Mourgue. 

Mouriquand  et  Bertoye.  Spasmophilie,  123. 
Moutier  et  Fouché.  Appendice,  265. 

Muralt.  Schizophrénie,  658. 
MusKENB.lnfcnjf.nlion  sur  le  ganglion  de  Oasser, 
635. 

— .  Mouvements  conjugués  et  mouvements  for¬ 
cés  des  yeux,  635. 


Xaciit.  Myélites  syphilitiques,  497. 
— .  V.  Leroy  et  Nacht. 

Nathan.  Oxaloruchie,  329. 

— .  Anorexies,  639. 


Nathan^  Hystérie,  640. 

— Schizoïdie  et  mythomanie,  656. 

Nayhac.  V.  Polonovski,  Combemale  et  Nayrac. 
Nayrac  et  Breton.  Signe.  d’Argyll,  504. 

Neel.  Albumines  du  liquide  céphalo-rachidien, 

120. 

Neumann.  Psychose  maniaque-dépressive,  653. 
Nicolau.  V.  Levuditi  et  Nicolau. 

Nicole  et  Steel.  P.  G.  et  malaria,,  354. 
Nicolesco  et  Nicülesco.  Données  histologiques, 

Nikdingue.  Tumeur  du  pont,  261 . 

No  (L.  de).  Labyrinthe,  501 . 

Noica  et  Bagdasar.  Polynévrite  datant  de 
l'enfance,  445. 

Nuhert.  Encéphalile.  léthargique,  511. 

Nyssen.  V.  Moons,  Van  Bogaert  et  Nyssen. 


0 


OiiREGiA.  Psychose  périodique,  654. 

— .  Discussimis,  479. 

Ochsenhandler.  V.  OssokineetOchsenhandler. 

Odobesko.  Prophylaxie,  276. 

Ogliastri.  V.  Lévy  et  Ogliastri. 

O’Leary,  Goekerman  et  Parker.  Neuro¬ 
syphilis  et  malaria,  355. 

Oliveira  (X.  de).  Suicide,  276. 

Ollivier.  V.  Decourt  et  Ollivier  ;  Loeper  et 
Ollivier  ;  Loeper,  Decourt  et  Ollivier. 

Onari  et  Spatz.  Atrophie  de  l'écorce,  498. 

Orzechow.'ki  et  Fbey.  Maladie  de  Charcot, 
188. 

OssoKiNE  et  Ochsenhandler.  Traitement  de 
l'épilipsie,  646. 


Pacheco  e  Silva.  Localisation  du  tréponème 
dans  le.  cerveau  des  P.  G.,  568-565. 

Papilian  et  Cruceanu.  Fonctions  du  cervelet, 

Parhon.  Goitre  et  crétinisme,  200. 

Parhon  et  Dérévici.  Mouvements  de,  manège, 
511. 

— .  Thérapeutique  pyrélogène  de  la  P.  G.,  651. 
Parhon  et  Mho  Parhon.  Lipo'ùlémie,  271. 
Parhon  (Marie).  Sang  dans  l'épilepsie,  644. 
Parhon  (Muo  G.)  et  Kahane.  Traitement  de 
l'épilepsie,  646. 

Parker.  V.  O'Leary,  Goekerman  et  Parker. 
Pasturel.  Arthritisme  et  épilepsie,  644. 
Paterson  et  Levi.  Liquide  céphalo-rachidien 
dans  l’épilepsie,  642. 

Paulian.  Mal.  de.  Dupuytren,  74. 

— .  Déviation  de  la  tête  et  des  yeux,  93,  256. 

— .  Tumeur  cérébrale,  506. 

Peet.  Méningite,  méningococcique,  341. 

Péhu,  Ciianard  et  M""”  Knbelme.  Syphilis 
congénitale  des  os,  356. 

Pellerin.  V.  Desage,  Pellerin  et  Vinerta. 
Penafiel.  Travail,  269. 

Perelman.  Psychoses  de  la  malaria,  205. 

— .  Schizophrénie,  659. 

PÉRÉs.  V.  Aston  et  Pér'es. 

Péron.  Queue  de  cheval,'l  11 . 

Perret.  Fracture  du  rachis,  483. 

Petit,  Bauer  et  M"'®  Requin.  Encépiudile 
épidémique  fruste,  490. 


INDEX  ALPHABÉTIQUE  DES  AUTEURS 


33 


PÉTOUEAUD.  V.  Langeron,  Dechaume  H  Péiou- 
raud. 

Peybk.  Psychopolynévrite,  653. 

— V.  Gougerot  et  Peyre. 

Pkzotti.  Signe  de  Babinski,  326. 

Pfannkr.  Diflusinn  du  processus  paralytique, 
260. 

Pfeiffer.  Famille  syphilitique,  356. 

Philips,  Van  Bogaert  et  Sweerts.  Rigidité 
congénitale,  630. 

Picard.  Marchand  et  Picard, 

Piuoux.  Hypertension,  183. 

PiBNKOwsKi.  Anniversaire  de  Charcot,  111. 

— .  Hystérie,  639. 

PiERi.  V.  Boinet,  Pieri  et  Ismenein. 
Pierre-Jean.  Psychologie  neurale,  114. 

PiNAT.  Hiatus  lombo-sacré,  191. 

Poirier.  Réinfection,  189. 

PoLLET.  Rachi\ibrinimétrie,  328. 

PoLONowsKY,  CoMBEMALE  et  Nayrac.  N-oxyde 
de  scopolamine  dans  le  parkinsonisme,  519. 
Popa-Radu.  Psychose  puerpérale,  652. 

Popov  et  Ammosov.  Troubles  de  la  respiration, 
512. 

PoREz.  V.  Minet  et  Porez. 

PoTET.  Hygiène  mentale,  498. 

PoROT  et  Benichou.  Syndrome  des  libres  radi¬ 
culaires  longues,  604. 

PoRTouGATov.  Psychiatrie,  647. 

PoussEP.  Spina  bifida,  263. 

— .  Chirurgie  de  la  moelle,  335. 

PoussEP  et  Zimmermann.  Spina  bilidaocaUta 
avec  .sac  cutané,  263. 

PowiTZKAiA  et  SoiMENowA.  Schizophrénie, . 
Prado  (C.  do),  V.  Vampré  et  do  Prado. 
Priigniaud.  V.  Truelle  et  Prugniaud. 

Pu.ioL.  V.  Trétiakoff  et  Pujol. 


Q 

Quénée.  V.  Ramond,  Laporte  et  Quénée. 
Qiiervain  (F.  de).  Crétinisme,  201. 


Hache.  V.  Harvicr,  Rache  et  Blum. 

Racket.  V.  Cain,  Solomon  et  Rache, l. 

Radecki.  Hygiène  mentale,  269. 

Radovici.  Paralysie  faciale,  193. 

Raffin.  Acides  animés  dans  l’épilepsie,  108. 
— •  V.  Claude,  Raffin  et  Monlassul. 

Ramon.  Sérums  purifiés,  358. 

V.  Zoeller  et  Ramon. 

Ramon  et  Zoeller.  Anatoxine  tétanique,  358. 
Ramond,  Laporte  et  Quénée.  Delirium, 
irtmens,  652. 

gANsoN.  Sympathectomie,  346. 

"Avina.  Ponction  lombaire  et  diurèse,  122. 
Kaynier  et  Abély.  Interdiction,  649. 
Reboul-Lachaux.  V.  Roger  et  Reboul-Lachaux. 
Redblob.  Spasme  d'accommodation,  492. 
Requin  (M"-®).  V.  Petit,  Bauer  et  JR'"»  Requin. 
REvaultd’Alonneb.  Méningite  tub.,  175. 

L'hallucination,  272. 

Reverdy.  V.  Leenhardt  et  Reverdy. 

REyb.  V.  Barré,  Morin,  Draganesco  et  Reys. 
iemer,  Hagarinobtorres  et  Aubthegebilo. 
d’Addison,  89. 

“®aud,  Boulet  et  Chardonîieau.  Traite- 
'^nt  de  l'état  de  mal,  646. 


Riser  et  Mbriel.  Méningite  tuberculeuse,  342 

Rivkin.  V.  Hoag  et  Rivkin. 

Rizzo.  Cellules  des  ganglions  nerveux,  255. 

Roasenda.  Sclérose  en  plaques,  340. 

Robin.  Haines  familiales,  206,  487,  648. 

— .  V.  Claude  et  Robin  ;  Laignel-Lavastine, 
Robin  et  Fildermann. 

Robin  et  Cénac.  Anxiété  et  émotions,  488. 

— .  Il  aine  familiale,  628. 

Robineau.  V.  Sicard,  Robineau  et  Haguenau. 

Rodet,  Sclérçse  en  plaques  chez  l’enfant,  339. 

Roederer  et  Lagrot.  Spina  bif  ida,  191. 

Roger.  Signe  de  Babinski,  326. 

— .  Diseus.sions,  473. 

Roger  et  Reboul-Lachaux.  Spasmes  oculaires 
de  l’encéphalite,  483. 

Roland.  V.  Cotte  et  Roland, 

Rollet  et  Froment.  Signe  de  Oraefe,  123. 

Rollet,  Froment  et  Colrat.  Radiothérapie 
des  tumeurs  cérébrales,  127. 

Rone.  Somnifène,  664. 

Roque  et  Delobe.  Coma  diabétique,  330. 

Rossi  (0.).  Asymétries  de  position,  335. 

Rotsohild.  Xanthochromie  dans  l’encéphalite, 
512. 

Rouillard.  Sciatique,  345. 

Rouquieb  et  Coubetas.  Clonus,  69. 

— .  Signe  de  Babinski,  167-174. 

Roussy,  Laborde,  M)"»  Lévy  et  Bollack. 
Radiothérapie  des  tumeurs  infundibulaires, 
129-144. 

Roussy  et  M'*»  Lévy.  Troubles  radiculaires 
par  lésion  corticale,  376-389. 

— .  Phénomènes  de  décérébration  et  de  torsion 
spasmodique,  432. 

Roux-Berger.  Paralysie  radiale,  345. 

Rovere  (O.vula).  Psychoses  cryptogénétiques, 
648. 

— .  Mamfestalions  précoces  de  la  P.  0.,  651. 


S 

Saada.  Tétanos  généralisé,  359. 

Sachs.  Paralysies  cérébrales,  182. 

Sachs  et  Hausman.  Nervous  disorders,  112. 
Said  Djemil.  Paralysie  faciale  scorbutique,  357. 
Salles.  Hyperuréorachie,  125. 

Sanguinbti.  Charcot,  248. 

— .  Aphrodimie,  649. 

SANTEiioise.  V.  Garrelon  et  Santerwise. 
Sargent,  Chirurgie  des  tumeurs  cérébrales,  180. 
Sauzay.  Assistance  aux  psychopathes,  277. 
ScAÿPiNi.  Contracture  myogène,  330. 
Schaeffer.  Corpus  ponto-bulbaire,  115. 
SoHAFFER.  Idiotie  amautorique,  660. 
ScHARAvsKY.  V.  Mankowsky  et  Scharavsky. 
ScHiFF.  Délire  spirite,  247. 

— .  P.  0.  juvénile,  650. 

— .  V.  Marchand  et  Schiff  ;  Toulouse,  Schiff  et 
Weissmann-Netter. 

Sohiff-Webïheimer  {M'"“).  V.  Foix,  Lévy  et 
JR-"»  Schift-Wertheimer. 

Schiller.  Discussions,  481. 

Schneider  (M"»)  V.  Merklen  etM'"'^  Schneider. 
Schoen  (MU®).  V.  Châtier  et  JRue  Schoen. 
Schreiber  et  Boulanger-Pilet.  Syndrome 
adiposo-génital,  198-267. 

Schteinoart.  Diabète  et  purines  urinaires, 197 . 
— .  V.  Castex  et  Schteingart  ;  Castex,  Schtein- 
gart  et  Beretervide. 


34 


iNNlin:  lltôfi.  TATIlJiS  !)U  TOMH  II 


ScHTEiNGART  ot  Beretervide.  InsuUne  dans 
le  diabète  insipide,  196. 

Schwartz.  Paralysie  radiale,  B45. 

Schwartz.  V.  Binij  et  Schwartz. 

Schwartz.  V.  Swetlow  et  Schwartz. 

SciMONE.  V.  Frugoni  et  Scimone. 

Sebastiani.  Sédimentation  des  hématies  dans 
la  P.  G.,  204. 

Sebeck  et  Wievar.  Signe  de  Babinski,  482. 
Segal  et  Hinsie.  Démence  précoce,  655. 
Seiler.  Tonus  musculaire,  118. 

Seix.  V.  Mira,  Arias  et  Seix. 

SEMEi.ArcNE.  V.  Debré  et  Semelaigne. 
Semenhwa.  V.  Powitzkaia  et  Se.menowa. 
SER(iUE[EvsKY.  Emotions,  268. 

Serin  (Mcu).  Suicide,  625. 

SÉZARY.  Syphilis  exotique,  356. 

— .  Oardémd  dans  l’angine  de  poitrine,  662. 
SÉZARY  et  Barré.  Vhimiolhérapie  de  la  P.  G., 
351. 

SiCARij.  Discussions,  432,  587,  595. 

SiOARD,  llAnuENAU  ot  Mayer.  Lipiodol  chez 
un  syringomyélique,  418. 

— .  Prolü  radiographique  vertébral,  422. 

— .  Elude  des  troubles  sensitifs  après  radico¬ 
tomie  postérieure,  595. 

Sioard  et  Liohtwitz.  Angine,  de  poitrine,  347. 
SicARD,  Robineau  et  Haguenau.  Kyste 
gliomateux  profond  du  cerveau,  421. 
SiEDLECKA  Ostéome  du  cervelet,  187. 

Simon,  Oornil  ot  Mivium.  Paraplégie  en  flexion, 
262. 

SiMONELLi  et  Di  Giorgio.  Réflexes  toniques  et 
lésions  du  cervelet,  185. 

ÜUAUËT. Erotisjne  et  P.  G.,  177. 

— .  V.  Trénel  et  Sizaret. 

Skliar.  Paranoia,  649. 

Soulier.  Discussions,  479. 

SoLOMON.  Grossesse  et  syphilis  nerveuse,  280. 
— .  V.  Gain,  Solomon  et  Rachet  ;  Ooyon,  Solo- 
mon  et  Wiüemin. 

SoRE  et  ViEN,  Somnifène  dans  l'épilepsie,  646. 
SoKREL.  Tumeur  de  la  moelle,  509. 

SOHREL  et  M""”  Sorrel-Dejerine.  Doit  lom¬ 
baire,  44. 

— .  Paralysie  infantile  arthrodèses,  48. 
Souques.  Discussion,  616. 

Sratz.  Syphilis  nerveuse,  650. 

— .  V.  Onari  et  Spatz. 

Spiegel  et  Falkiewicz.  Accèsd' épilepsie,  502. 
Spiegel  et  Kakeshita.  Réflexes  cochléaires,  501 . 
Spiegel  et  Hotta.  Physiologie  des  lobes  frontal 
et  temporal,  600. 

Spiller.  Narcolepsie,  613. 

Spillmann  et  Créhange.  Tab-s,  338. 
Sphinglova.  P.  G.  juvénil",  280. 

— Mouvements  des  yeux  dans  le  parkinsonisme, 
519. 

Stahl.  V.  Barré,  Morin  et  Stahl. 

Stancanelli.  Ascite  hypogénitalique,  353. 
Steck.  Névroglie,  483. 

— .  Syndrome  catatonique,  486. 

■ — .  Séquelles  psychiques  de  l’encéphalite,  513. 
— .  Discussions,  479,  481. 

Steel.  V.  Nicole  et  Steel. 

Stenwéhs.  Nyslagmus  optique,  182. 

Sterling.  Phénomènes  îles  doigts,  82. 

— .  Ecriture  en  miroir,  256. 

— .  Amnésie  postencéphalitique,  514. 

Stehn.  Barrière  hémato-encéphalique,  120. 


Strasser  et  Strasser.  Une  théorie  psycholo¬ 
gique,  487. 

Sturtevant.  Méningite  à  méningocoques,  191. 
Stuurman.  Discussions,  481. 

SüDAKA.  Stase  labifrmtkique,  124. 

SwEERTS.  V.  Philips,  Van  Bogaert  et  Sweerts. 
Swetlow.  Injections  d’alcool,  194. 

Swetlow  et  Schwartz.  Alcoolisation  paraver¬ 
tébrale,  347. 


Targowla.  Délires  polymorphes,  274. 

— .  V.  Claude,  Targowla  et  Lamache. 

Targowla  et  Lamache.  Insuline  chez  les  psy¬ 
chopathes,  491. 

Targowla,  Lamache  et  Lignières.  Délire 
hallucinatoire,  109. 

Tchouraew.  Tumeur  du  cerveau,  506. 

Terrien  et  Babonneix.  Epilepsie  liée  à  l’héré- 
do-st/philis,  645. 

Terris.  V.  Carnot  et  Terris. 

Terson.  Exophtalmie  extrême,  264. 

Thacher  ctWHiTE.Myi(ïeième,202. 

Thévenard.  Tonus  d’utiitude,  119. 

Thrash.  Syphilis  cérébro-spinale,  356. 

Tinel.  V.  Dupouy  et  Tinel. 

Tinel  et  Baruk.  Crises  oculogyreS,  627. 

Tixier  et  Bize.  Paraplégie  pithiatique,  641. 

Toinon.  V.  Bourde  et  Toinon. 

Toulouse,  Marchand,  Bauer  et  Male. 
Syndrome  pa'kinsonien,  626. 

Toulouse,  Mignard  et  Minkowski.  Auto¬ 
conduction  et  schizophrénie,  485. 

Toulouse  et  Mourgue.  Prophylaxie  mentale, 

Toulouse,  Schiff  et  Weismann-Netter. 
Groupes  sanguins  dans  les  maladies  mentales, 
629. 

Tournade  et  Hermann.  Innervation  vaso- 
constrictive,  123. 

Tournay.  Signe  de  Babinski,  471. 

— .  Discussions,  473. 

Tramblin.  V.  Minet  et  Tramblin. 

Trelles.  V.  Waldorp  et  Trelles. 

Trénel.  Malariathérupie,  178. 

— .  Toxicomanie  complexe,  626.  . 

— .  Diplocoque  dans  le  liquide  céphalorachidien 
d’un  P.  G.,  626. 

— .  Logorrhée  jargon-aphasique,  627. 

Trénel  et  Clerc.  Lésions  valvulaires  chez  un 
P.  G.,  177. 

Trénel  et  Sizaret.  Kystes  du  foie  chez  un  P.  G,, 
177. 

Trétiakoff  et  Caesar..  Fer  dans  l’écorce  céré¬ 
brale,  220-242. 

Trétiakoff  et  Pujol.  Maladie  du  Tay-Sachs, 
660. 

Tricot-Royer.  Vie  des  aliénés,  488. 

Truelle  et  Prugniaud.  Délire  mélancolique, 
176. 

Tyczka.  Epilepsie,  643. 

Tzanck  et  Chevallier.  Accidents  de  la  ponc¬ 
tion  lombaire,  329. 


U 

ÜREOiiiA  et  Miiialesou.  Rigidité  palUdale.,  260. 
Démence  artérioscléreuse,  609. 


INDEX  ALPHABÉTIQUE  DES  AUTEURS 


35 


Valence.  V.  Laignel-LavasHne  et  Valence. 
Valentini.  Réflexe  de  défense,  326. 

Valtis.  V.  Bernard,  Cotte  et  Valtis.  ' 
Vampbé  et  DO  Prado.  Traitement  de  Vencé- 
phalite  épidémique,  515. 

Van  Booaekt.  Epilepsie  myoclonique  familiale. 
485. 

— .  V.  Moons,  Van  Bogaert  et  Nyssen  ;  Phi¬ 
lips,  Van  Bogaert  et  Swerts. 

Van  Bogaert  et  Vbrtrugge.  Neuro-ramisec- 
tomie  dorsale,  634. 

Van  dbr  Sohebe.  Mongolisme,  488. 

— .  Discussions,  473. 

Van  Dooren.  Réflexe  oculo-cardiaque,  503. 
Van  Gehuchten.  Maladies  nerveuses,  496. 

— .  Neuro-myélite  optique,  637. 

Van  Valkenbueü.  Racine  descendante  du 
trijumeau,  115. 

Vater.  Psychose  avec  caractères  somatiques, 

275. 

Vedmand.  V.  Wimmer  et  Vedmand. 

Velluz  V,  Froment  et  Velluz. 

Verga  et  Dazzi.  Cysticerque  à  localisation 
spinale,  261. 

Verger  et  Labeau.  Contracture  hémiplégique, 
259. 

Vermeylen.  Impulsions  verho-motrices,  205 

•  Mythomanie  du  jeu,  488. 

.  Modifications  psychiques  des  P.  G.  maln- 
risés,  488. 

.  Psychose  passionnelle,  631. 

— .  Etat  crépusculaire,  632. 

— •  Discussions,  480,  485. 

Vertrdgge.  V.  Von  Bogaert  et  Verirugge. 
’^^WAECK.  Exemption  pour  maladies  mentales, 

ViDoNi.  PraxitUrapie,  204. 

Vien.  V.  Sore  et  Vien. 

Vieux.  Etiologie  de  la  maladie  de  Basedow,  484. 
ViLARDEL.  Sympathectomie  périartérielle,  196. 
Vincent.  Disparition  de  la  selle  turcique,  96. 

•  Tumeurs  pituitaires,  101. 

.  Syndrome  de  Parinaud,  636. 

VINCENT  et  Dbnéohau.  Tumeur  ponto-céré- 
belleuse,  104. 

ViNCHON.  V.  Laignel-Lavastine  et  Vinchon. 
Vinerta.  V.  Desage,  Pellerin  et  Vinerta. 
VIOLEE.  V.  Labbé,  Yiolle  et  Aserad. 

VivALDo.  Idiotie  microcéphalique ,  660. 

VrvALDo  et  Barrancos.  Idiotie  mongolienne, 
659. 

vizioLi.  Hallucinations  lilliputiennes,  273. 

VOGT  C.).  Etat  marbré  du  striatum,  260. 
V09T  (M‘>o  ).  Epilepsie  traumatique,  507. 

■  V.  Crouzon,  M'ie  Vngi  et  Braun. 

VONCKEN.  Rachianesthésie,  662. 
vondraeok.  Syringcmyélie,  188. 

•  Fétichisme.,  270. 

Peur  politique,  270. 

•  Paralysie  générale,  270: 

—•  Synd-'ome  de  Ganser,  270. 


Vondraeok.  Etat  nerveux,  641. 

Von  Wyss.  Innervation  du  ccmr.  271 . 


W 

Wakefield.  IhjpeHrophie  congénitale,  266. 
Waldorp.  Acromégalie,  198. 

— .  Virilisme  et  hémodystrophie,  203. 

— .  Diabète  insipide,  335. 

Waldorp  et  Trelles.  Calcémie  et  fhyroïdie,  199. 
Wallich.  Menstruation,  351. 

Wallon.  Psychologie  pathologique,  113. 
Weil(A.),  V.  Kraus  et  Weil. 

Weil  (A.)  et  Kraus.  Cancer  et  moelle,  337. 
Weill  (G.)  et  Dreyfus.  Signe  d'Argyll,  491.  . 
— .  Mydriase  paralytique,  493. 

Weill  et  Jost.  Amaurose  fonctionnelle,  493. 
Weinberg.  Névralgie  du  trijumeau,  344. 
Weissmann-Netter.  V.  Toulouse,  Schiff  et 
Weismann-Netter. 

Welton.  Paralysie  faciale,  344. 

Werteimer.  Types  psychopathiques,  175.  , 

Wertheimer  et  Bonniot.  Chirurgie  du  sym¬ 
pathique,  248. 

Westeried.  V.  Minovici  et  Westfried. 

White.  V.  Thacher  et  White. 

WiCHERT.  Parkinson  dans  la  P.  G.,  650. 
Wiener.  V.  Sebeck  et  Wiener. 

WiLLEMiN.  V.  Coyon,  Solomon  et  Willemin. 
Williams.  Nervosisme  chez  les  enfants,  641. 
Wimmer  et  Vedmand.  Syndrome  myasthéni- 
forme  de  l'encéphalite,  868-375. 

WizBL.  Shizoïdie,  114. 

— .  Schizophrénie,  656. 

Wladyczho.  Système  nerveux  dans  la  scléro¬ 
dermie,  485. 

WoLFSKN  et  Morissey.  Tumeurs  de  la  queue 
de  cheval,  337. 

Woringer.  Discussions,  455. 

WoRMS.  Crâne  de  Paget,  265. 

— .  Traumatismes  crâniens,  334. 
WuscHENDORFF.  Dosagc  des  protéines,  124. 
Wynn.  Dyspituitarisme.,  200. 


Y 

Ygartua.  V.  Bonaba  et  Ygartua. 
Yvernault  et  Montel.  Ostéite  à  géodes,  : 
Yoyotte.  V.  Abadie,  Lecat  et  Yoyotte. 


Z 

^Zagorski.  Hôpitaux  de  psychiatrie,  648. 
Zalkind.  Pathogénie  du  sommeil,  117. 

— .  Vagabondage, 216. 

Zebtchenko.  Pseudo-sclérose,  188. 

ZiMAN.  Psychoses  postéclamptiques,  652. 
Zoeller.  V.  Ramon  et  Zoeller. 

ZoELLER  et  Ramon.  Immunité  antitétanique,  358. 
ZouRiÉ.  Métastases  du  goitre,  187. 


Tome  II.  N»  1 


Juillet  1926 


REVUE  NEUROLOGIQUE 


MEMOIRES  ORIGINAUX 


LA  MYÉLITE  NÉCROTIQUE  SUBAIGUE 

Hyélile  centrale  angéio-hyperlrophique  à  évolution  progressive. 
T*araplégie  amyotrophique  lentement  ascendante,  d’abord  spasmodique,  puis 
flasque,  s’accompagnant  de  dissociation  alhumino-cytologique. 


Ch.  FOIX  et  Th.  ALAJOUANINE 

Qu’il  e.Kiste  un  grand  nombre  de  syndromes  myélitiques  de  cause 
uial  connue,  chacun  s’en  rend  compte.  Celui  que  nous  avons  en  vue  dans 
cette  étude  constitue,  à  notre  sens,  une  entité  anatomo-clinique  parfai¬ 
tement  définie,  et  si  sa  cause,  vraisemblablement  autonome,  est  encore  ù 
trouver,  on  peut,  croyons-nous,  le  diagnostiquer  avec  certitude. 

Nous  reviendrons  plus  loin  sur  sa  place  dans  le  cadre  des  myélites, 
sur  les  faits  que  l’on  peut  rapprocher  de  ceux  que  nous  avons  observés. 
Nous  dirons  d'abord  que  dans  les  deux  cas  anatomo  cliniques  qui  parais¬ 
sent  calqués  l’un  sur  l’autre,  que  nous  apportons  aujourd'hui,  l’affection 
est  nettement  caractérisée. 

Cliniquement  :  1»  par  une  paraplégie  amgolrophiqae  à  marche  progres- 
*'ue,  d  abord  spasmodique, puis  flasque,  les  phénomènes  spasmodiques  pro- 
gr^santen  hauteur  au  fur  et  à  mesure  que  l’amyotrophie  et  la  flaccidité  se 
substituent  à  eux  de  bas  en  haut  ; 

Par  des  troubles  sensitifs,  d’abord  dissociés,  puis  déplus  en  plus  glo- 
suivant  avec  un  certain  retard  la  marche  des  phénomènes  para- 
yti^ues  et  amyotrophiques  ; 

Par  de  la  dissociation  allnimino-cgtologiqne  du  liquide  céphalo-rachi- 
•en  caractérisée  par  une  hyperalbuminose  massiveavec  lymphocytose  lé¬ 
gère  ou  modérée  ; 

^  Par  une  éuolution  subaignë  ayant  entraîné  la  mort  en  un  à  deux  ans. 

IlEVUE  NEUnOLOGIQUE.'  —  T.  II,  N»  1  ,  ,IUI  LUT  1920. 


cil.  I-'OI.X  HT  TU.  .\L.i.lOU.\.\iyH 


ANATOMiQuii.viiiNï  :  Ce  syndrome  répond  à  une  nujélile  à  lendance 
nécrosanie  prédominant  sur  la  substance  grise,  mais  s’étendant  aussi  à 
la  substance  blancbe  dont  les  lésions  sont  également  considérables.  Celle 
myélile,  destruclivc  au  niveau  du  renflement  lombo-sacré,  allait  en 
s’atténuanl  progressivement  pour  disparaître  vers  la  partie  supérieure  de 
lâ'i^aiélle  dorsale  moyenne.  Elle  s’accompagnait  d’une  eiulo-mé.so-vascii- 
larile  énorme,  bien  (|uc  non  oblitérante  et  portant  à  la  fois  sur  les  vais¬ 
seaux  extra  et  intramédullaires.  Cette  cndo-méso-vascularite  entraîne  une 
bypertropbie  considérable  des  vaisseaux  fort  dill'érenlc  en  son  aspect  de 
celle  des  vascularites  syphilili(|ues. 

Cet  aspect  anatomi(juc  si  spécial,  joint  à  l’allure  clinique  non  moins 
remarquable  du  syndrome,  font,  à  notre  avis,  de  celle  variété  de  myélile, 
une  entité  parfaitement  caractérisée. 


1  —  Elude  clinique. 

Un  lioniMie  ilc  VM)  ans,  dans  les  antéccdenls  duquel  on  ne  relève  rien  de  spécial,  saut 
d(^  ralhnminnrie  vers  ré^e,  de  lll  ans  et, ans  aupara\  ant,  une  crise  de  douleurs  lom¬ 
baires  ayant  duré  3  semaines  environ,  commence  à  éprouver  de  fagon  j)ro!'ressive  une 
certaine  tourdeur  de  jambes  (pu  le  frêne  tout  il’aliord  pour  monter  les  (‘scaliers  ;  bientôt 
il  s’aperçoit  (pi'il  ne  peut  l'aire  une  lonfrne  marctie,  il  se  trouve  oblifré  de  s’arrél(U’  (d. 
récupère  rapidement  (piebpie  l'ore.e,  re|iai  t  pour  s'arrêter  un  |ieu  plus  loin  île  nouveau  : 
ces  ptiénoménes  de  claudication  intermittente  de  la  moelle  vont  s’ace.etd.uant  de  façon 
[irofrrossi\’e,  si  bien  ipi’an  bout  de  7  mois,  il  se  décide  à  venir  consulter. 

On  voit  alors  un  malade  (pii  marclie  en  steppant  téfrèrement.  Il  présente  di'ijà  une 
atrophie  mar([uée  des  muselés  postérieurs  de  la  cuisse  et  des  fesses,  une  impcdene.e  des 
fléchisseurs  dorsaux  du  pied  et  des  fh'ichisseiirs  de  la  Jambe  sur  la  cuisse.  Cependant 
les  réfh'xes  sont  \'il's  ;  il  existe  du  clonus  du  [lied,  dénonçant  une  atteinte  pyramidale 
et  des  lésions  remontant  assez  haut,  puisipie  le  réflexe  abdominal  inférieur  est  (h'qa 
|iresipie.  aboli,  l,a  miction  est  lente,  mais  la  sensibilité  est  intaete  dans  tous  ses  modes. 
Chose  eurieuse,  il  n'y  a  de  sifrni'  de  Hahinski  ni  d'un  côté,  ni  de  l'autre, 

Malfri'é.  une  réaction  de  Wassei’inann  négative  dans  le  sang  et  le  liipiide  céphalo- 
rachidii'ii,  on  institui'  un  traitement  antisyphiliti(|ue.  Ce|ienilant  l’état  du  malade  va 
s’aggravant  ;  l'impid.ence  rone.tioiinidle  devient  considérable.  Ces  réflexes  tendineux 
du  membre  inférieur  diminuent,  ceux  ilu  membre  supérieur  ri'stant  vifs  ;  le  réflexe 
plantaire  ne  donne  toujours  pas  de  réponse. 

Ouehpuis  nuds  se  passent  ainsi  et  un  peu  plus  d'un  an  après  le  début.des  aceiihuits, 
la  situation  dn  malade  s((  trouve,  considérablement  aggravée.  Ses  mendu’es  infériimrs 
sont  en  état  de.  flaccidité  complète  avec  hy|)otonie  considérable,  il  est  obligé  de.  les 
déplacer  avec  les  mains;  s’il  essaye  de  les  soulever,  seul,  les  adducteurs  se  contraetiud.  ; 
au  niveau  'du  pied,  il  ne.  peid.  ex(’!(;nter  (pie  ipiehpies  monvernents  de  flexion  des  orti'ils  du 
|iied  gauche,  l'in  même  temps,  on  note  une  amyotrophie  I res  importante  qui  Irappe 
tous  les  muscles  de  la  cuisse,  en  prédominant  sur  les  muscles  postérieurs,  et  devienl 
intense  au  niveau  des  muscles  antero-externes  de  la  jambe.  I,  examen  eleetrupie  montre 
à  ce  niveau  une  réaction  de  degenerescenee,  avec  hvpoexcitabihte.  laradiipie  consi¬ 
dérable.  Celle-ci  demeure  plus  legere  au  niveau  des  anires  frroiipes  musculaires,  l.es 
réflexes  tendineux,  rotiilieiis  et  achilléuns,  ont  à  ce  moment  disparu,  il  n'y  a  toujours 
pas  de  signe  de  Hahinski.  Mais  la  recherche  des  phénomènes  d'automatisme  provo¬ 
que  un  raccourcissement  du  iiieuibrc  ipii  présente  ce  caractère  spécial  do  ne  porter  que 


LA  MYÉLITE  yÉCLKmOVE  SL'EAIdUE 


sur  la  jambe  et  sue  la  cuisse,  la  fh'xiun  (.lursale  ilu  pb'd  étant  supprimée.  (.In  peut  pro¬ 
voquer  ces  phénomènes  par  le  pincement  jusqu’au  niveau  do  la  région  abdominale 
inférieure  ;  donc  ils  marquent,  ainsi  que  l’abolition  des  réflexes  abdominaux,  l’exis¬ 
tence  de  lésions  attiusnant  la  partie  inféri('ure  de  la  moelle  dorsale  qui  s’oppose  dans 
une  certaine  mesure  au  caractère  des  troubles  sensitifs.  Ceux-ci  sont  plus  limités  ;  la 
sensibilité  tactile  est  conservée,  et  l’on  note  des  troubles  de  la  sensibilité  tbermicpie 
et  doulounmse  dans  les  territoires  des  paires  sacrées  et  de  la  dernière  paire  lombaire  ; 
>1  y  a  donc  dissociation  du  type  syrinijomyélique.  Une  ponction  lombaire,  jiratiquée 
a  ce  moment  montre  une  dissociation  albumino-cytoIuf,dque  importante  avec  hyjieral- 
buminose  massive  e.t  une  lymphocytose  léjrère. 

L’évolution  prognwsive,  ciqjendant,  continue  ;  (i  mois  plus  lard  (un  peu  plus  d’un 
un  et  demi  après  le  début  des  accidents)  tout  mouvement,  toute  réflectivité  sont  abolii's 
au  niveau  des  membres  inférieurs  en  dehors  du  retrait  réflexe  qui  se  fait  parfois  spon¬ 
tanément.  Les  troubles  sphinctériens  se  sont  accentués,  et  il  existe  de  la  cystite.  Les 
troubles  sensitifs  se  sont  étendus  ;  il  existe  maintenant  des  troubles  de  la  sensibilité 
tactile  qui  occupent  à  peu  près  le  même  territoire  ipie  les  troubles  de  la  sensibilité  ther- 
uaique  et  douloureuse  lors  de  l’examen  précédent,  yuant  à  ceux-ci, ils  remontent  main¬ 
tenant  jusqu’à  U  la  (mviron.  Il  est  à  noter  toutefois  que  l’examen  de  la  réflectivité, 
aussi  bien  cutanée  que  d’automatisme,  indique  un  niveau  plus  élevé  s’élevant  au  moins 
jusqu’à  D  10.  Une  ponction  lombaire  pratiquée  au-dessus  et  au-dessous  de  ce  niveau 
niontre  dans  les  doux  liquides  une  hyperalbuminose  massive  avec  lymphocytose  modérée. 

Six  mois  passent  encore.  Des  escarres  apparaissemt  ;  toute  motilité  réflexe  a  dis¬ 
paru  au  niveau  des  membres  inférieurs  .  Les  réflexes  abdominaux  sont  abolis,  l'atro- 
Phie  musculaire  a  encore  auffinenté,  accentuant  le  pied  tombant  que  présentait  déjà 
e  malade.  Des  crises  d’obstruction  intestinale  à  répétition  surviennent  alors,  avec  de  la 
Pyurie,  de  la  fièvre  à  grandes  oscillations.  L’escarre  progresse  vers  le  sacrum,  et  le  ma- 
ade  s’éteint  deux  ans  et  neuf  mois  après  le  début  dos  accidents. 


Il  est  facile  de  dégager  les  traits  généraux  de  cette  observation. 
I-'Cst  d  abord  la  marche  progressive  du  mal  qui  alla  toujours  s’accentuam 
e  façon  lente,  mais  sans  répit.  C’est  ensuite  son  évolution  lentement 
^scenda^te,  en  apparence  tout  au  moins  et  bien  que  les  membres  supérieurs 
8ient  été  respectés  jusqu’à  la  fin.  Mais,  pour  la  partie  inférieure  du  corps, 
es  symptômes  ont  toujours  été  plus  marqués  dans  le  territoire  sacré  que 
3ns  le  territoire  lombaire,  et  plus  dans  le  territoire  lombaire  que  dans  le 
territoire  abdominal  inférieur.  Chacun  des  symptômes  a  subi  pour  son 
propre  compte  la  même  évolution,  progressant  à  la  fois  en  intensité  et  en 
auteur.  La  paralysie  frappe  d’abord  surtout  les  segments  sacrés,  puis 
s  etend  à  tout  le  membre  et  gagne  enfin  l’abdomen.  Les  réllexes  tendineux 
f  abord  exagérés  diminuent,  puis  s’abolissent  ;  les  réllexes  cutanés  dispa¬ 
raissent  dans  le  même  ordre  ;  réllexes  cutanés  plantaires,  crémastériens, 
ominaux.  L’amyotrophie  et  les  troubles  des  réactions  électriques,  très 
'^aiqués  au  niveau  des  muscles  antéro-externes  de  la  jambe  diminuent  au 
UDeau  des  quadriceps.  Les  phénomènes  d’automatisme  qui  vont  s’accen- 
an  pendant  quelque  temps,  puis  disparaissant  présentent  cette  particu- 
anté  de  ne  pas  comporter  de  retrait  réllcxe  du  pied  sur  la  jambe,  c’est-à- 
re  a  partie  la  plus  sensible,  la  plus  facile  à  provoquer,  mais  la  plus  bas 
située  du  phénomène.  Les  troubles  sensitifs  d’abord  absents  apparaissent 


'1  en.  FOfX  ET  ni.  ALA.JOI  AMM' 

ensuite  clans  les  territoires  sacrés  sous  forme  de  dissociation  à  type  syrin- 
i'omyéliciue  pour  remonter  ensuite  juscju’eu  D  12,  tandis  cjue  les  troubles 
delà  sensibilité  tactile  survenus  à  leur  tourne  dépassent  pas  L  5.  Der¬ 
nier  |)oint  important:  la  dissociation  albumino-cytologique  avec  hypcralbu- 
minose  massive  et  lymphocytose  légère,  puis  modérée,  l’absence  de  réac¬ 
tion  de  Wassermann.  Un  élément  curieux  de  ce  tableau  clinicjue  est  l’absence 
de  signe  de  Babinski,  peut-être  attribuable  à  l’atteinte  précoce  de  la  sub¬ 
stance  grise  sacrée  et  (lue  nous  retrouverons  dans  l’autre  observation. 


Notre  deuxième  observation  est  à  peu  près  calc[uée  sur  la  première, 
bien  c|ue  l’évolution  ait  été  sensiblement  plus  ra])ide  (un  peu  moins  d’un 
an).  En  outre,  le  malade  a  présenté  pendant  son  alfection  un  certain  degré 
de  papillite  avec  vision  réduite  d’un  tiers.  Nous  dirons  dès  maintenant 
<]ue  l’examen  anatomicjue  complet  du  nerf  opticjue  n’a  décelé  aucune  lésion 
à  son  niveau. 

Ck't  Iiormui'  .s'éUiil  a.s.sez  bien  porté  jiisipi'à  l'àiçf  de  27  ans,  à  part  des  accidents  de 
colicpicB  saturnincSjdciixctiiitcs  sans  lésions  apparcnte.s  du  névraxe  ctde  l’albiuninnrie. 
.V  cet  âge,  assez  Imisipienient,  un  jour,  il  sentit  scs  jambes  flécliir  sous  lui  ;  cei)endant 
il  no  tomba  pas,i)ut  remonter  scs  (piatre  étages  ;  le  lendemain,  il  ne  ressentait  plus  rien, 
et  pendant  huit  jours,  tout  alla  bien  :  mais  à  partir  de  ce  moment,  il  ressentit,  comme! 
notre  prenuer  malaile,  uni'  fatigue  progri'ssive  avec  nécessité  de  s’arrêter  touti's  les 
dix  minutes  en\  ii'on  ;  a[irés  cpioi,  il  pouvait  repriuidre  sa  marclii’.  Les  cliosi's  allérimt 
s'accentuant  piunlant  un  mois  et  demi  où  assez  brusepiement  de  nouveau  il  sentit  sies 
jaiidies  SC  dérobi'r  ;  il  juit  néanmoins  remonti'r  ilans  sa  cliandu’c  ;  mais  di’puis  lors  il 
ne  la  quitta  (élus  ;  ci'pendant  il  pouvait  se  lever  et  marcher,  mais  sa  faiblesse  allait 
augmentant  d(!  faeon  progressive,  si  bien  (pie  3  mois  après  le  détuit  des  accidents,  il 
SC  décida  à  entrer  à  riiôpital. 

t.e  tableau  fpi'il  [in'-sentait  était,  dès  lors,  assez  caractéristique  :  paraplégie  avec 
atteinte  considérable  des  grouiics  raccuureisseurs  du  membre  inférieur,  abolition  des 
réflexes  achilhVns, tandis  (pie  les  réflexes  rotuliens  étaient  conservés,  abs('nce  de  réflexes 
cutanés  plantaires,  pas  de  troubles  sensitifs,  de  légers  troubles  sphinctériens:  l’exa- 
rnen  des  yeux  révéiait  diqà  les  troubles  signalés  ;  enfin  la  ponction  lombaire,  montrait 
une  dissociation  albuminocytologique  avec  li(pii(le  xaiithochromiipu',  hyperalbumimose 
massive,  lynifdiocytose  modérée,  Wassermann  négatif. 

Ici  se  place  une  rémission  légère,  mais  (pii  semble  avoir  été  indubitable  :  pendant 
2  mois  la  marche  du  malade  a  paru  s'améliorer,  et  il  est  sorti  do  l'hépital  po.ur  y  rentrer 
trois  mois  après,  soit  8  mois  après  le  début  des  accidents  dans  un  état  sensiblement  plus 
grave. 

Cette  aggj'avation  aurait  succédé  a  des  troubles  gastro-intestinaux.  Kllc  s’est  faite 
de  fa(;un  progressive  .  A  ce  moment,  parajilégie  flas(]ue  complète,  impotence,  fonc- 
tionnidle  absolue;  abolition  des  réflexes  rotuliens  et  achilléens  (les  membres  supérieurs 
sont  toujours  restés  normaux),  abolition  des  réfhixes  plantaires,  crémastériens  et  abdo¬ 
minaux,  Une  très  importante  atrophie  s’est  développée  au  niveau  des  2  membres  infé- 
neiirs,  plus  manpiée  à  droite  qu’fi  gauche.  L'examen  électricpjc  montre  une  réaction 
de  degenci'csci'nce  comiplète  des  muscles  de  la  jambe  droite,  une  réaction  de  dégéné¬ 
rescence  pai*ticlle  des  muscles  de  la  jambe  gauche,  et  de  la  cuisse  des  deux  côtés.  Les 
troubles  scnsitils  ipii  étaient  absents  à  l'examen  précédent  s’étendent  muinteriant 
jusiiu’a  la  région  sous-ombilicale  où  l'on  constate  une  perte  de  la  sensibilité  thermiijue 
plus  . . .  d'ailleurs  au  niveau  des  membres  inférieurs  (pi’au  niveau  de  l’abdomen  ; 


LA  MYÉLITE  LIÉCnOTlQVE  SUBAIGUE 


par  contre,  il  n’existe  do  troubles  de  la  sensibilité  tactile  qu’au  niveau  de  la  jambe 
et  du  pied  droit.  Il  y  a  de  l’incontinence  partielle  des  urines  et  de  la  constipation  ;  les 
lésions  du  fond  de  l’œil  ont  alors  diminué. 

Pendant  les  mois  qui  suivent,  la  situation  s’aggrave  rapidement.  Des  escarres  appa¬ 
raissent,  l'anesthésie  augmente,  l'anesthésie  tactile  s’étendant  maintenant  jusqu’à 
l’ombilic,  et  le  malade  meurt  linalement  onze  mois  après  le  début  des  accidents. 


Nous  n’insisterons  pas  sur  l’identité  évidente  du  tableau  clinique  pré¬ 
senté  par  ces  deux  malades,  identité  qui  n'a  d’égale  que  celles  des  lésions 
anatomiques  très  caractéristiques  qu’ils  présentent  :  même  progression, 
dans  le  temps  et  dans  l’espace,  même  aspect  de  myélite  prédominant  sur 
l’axegriset  devenant  de  plus  en  plus  destructive,  même  succession  des 
symptômes,  les  troubles  moteurs  s’affirmant  les  premiers,  les  troubles 
sensitifs  survenant  ensuite  et  portant  d’abord  sur  la  sensibilité  thermique,, 
même  marche  ascendante  des  symptômes,  les  réflexes  disparaissant  de 
bas  en  haut,  même  intégrité  cependant  des  membres  supérieurs  et  du 
thorax,  enfin  même  dissociation  albumino-cytologique  et  même  absence 
désigné  de  Habinski. 


Si  1  on  veut  bien  réfléchir  aux  deux  histoires  cliniques  que  nous  venons 
de  rapporter,  on  verra  que  chacun  de  leurs  éléments,  l’évolution,  l’aspect 
symptomatique  à  leurs  différents  stades,  les  résultats  môme  fournis  par 
la  ponction  lombaire,  présentent  un  aspect  inhabituel,  si  bien  que  leur 
fei’oupeinent  permet,  croyons-nous,  un  diagnostic  de  façon  relativement 
précoce.  Analysons-les  successivement. 


L  éüoIuUoii.  -  Toute  division  est  forcément  schématique  et  défor¬ 
mante  dans  un  tel  cycle  qui  est  presque  sans  à-coups.  Si  l’on  voulait 
néanmoins  en  établir  une,  on  peut  dire  que  le  malade  se  présente  tout 
^  .^l^nnd  comme  un  paraplégique  chez  qui  certains  signes  révèlent  la  spasmo- 
‘Cite,  si  bien  que  l’on  pourrait  penser  à  une  paraplégie  spasmodique  pro¬ 
gressive,  ensuite  comme  un  malade  atteint  de  paraplégie  flasque  dontl’as- 
Pcct  rappelle  une  compression  basse  ou  même  mais  de  beaucoup  plus  loin 
nne  poliomyélite,  enfin  un  cachectique  chez  qui  l’évolution  subaiguë  du 
”^^*i®'vient  presque  le  signe  essentiel. 

ais  examinons  le  malade  à  ces  différents  stades  : 

A  la  phase  de  paraplégie  spasmodique,  le  tableau  se  révèle  déjà  en 
4  ®  que  sorte  contradictoire;  le  début  s’est  fait  par  des  phénotnènes  declau- 
intermittente  ;  les  réflexes  sont  exagérés,  mais  déjà  le  réflexe 
j  C  uléen  peut  être  diminué  ou  tout  au  moins  se  montrer  moins  fort  que 
®  léflexe  rotulien  ;  il  peut  y  avoir  du  clonus,  mais  le  réflexe  plantaire 
se  fait  pas  en  extension,  comme  d’habitude  en  de  pareil  cas  ;  s’agit-il 
- ^O'npression  ?  Il  n’y  a  pas  encore  de  troubles  sensitifs  et  la  paraplé 
g‘e  est  déjà  grave. 


en.  l'oi.y  i:r  ru.  .‘\i..\./()U.\.\i.\r: 


S'agit-il  d’une  paraplégie  syphilitique  ou  d'une  sclérose  en  plaques  ?  11 
n’y  a  pas  de  signe  de  Babinski;  d’autre  part  déjà,  l’amyotrophie  est  niani- 
feste  et  cette  amyotrophie  est  bas  placée,  au-dessous  des  phénomènes 
pyramidaux,  au  contraire  de  ce  que  pourrait  donner  une  lésion  radiculo- 
médullaire  ;  s’agit-il  d’une  poliomyélite  ?  On  ne  s’explique  ni  l’allure  pro- 
,^gressive  ni  l’atteinte  déjà  nette  des  cordons  latéraux. 

La  ponction  lombaire,  dès  ce  moment,  viendra  préciser  le  tableau  en 
révélant  la  dissociation  alhumino-cytologit[ue.  Ce  tableau  sera  d’ailleurs 
bien  plus  net 

6)  A  la  périodede  paraplégie  flasque  :  la  maladie,  en  effet,  a  évoluéet  elle  s’est 
montrée  progressive  ;  on  a  vu  succéder  aux  phénomènes  spasmodiques  qui 
montraient  l’atteinte  du  faisceau  pyramidal  la  flaccidité,  l’hypotonie, 
l’amyotrophie,  l’abolition  des  rétlexes  qui  témoignent  de  destructions  du 
neurone  inoteur  périphéric[ue.  D’autre  part,  les  réflexes  d’automatisme  se 
sont  exagérés,  montrant  que  le  processus  continue  à  intéresser  la  voie 
pyramidale.  Enfin  les  troubles  sensitifs  ont  apparu  et  sous  une  forme 
spéciale  :  la  dissociation  de  type  syringomyélique  qui  dénonce  elle  aussi 
l’atteinte  médullaire. 

Plus  tard,  les  troubles  de  la  sensibilité  tactile  apparaîtront,  mais  ils 
seront  toujours  surmontés  d’une  bande  d’anesthésietbermique,  témoignant 
de  la  localisation  du  processus. 

Si  l’on  ajoute  à  cela  ([ue  les  réactions  du  liquide  céphalo-rachidien  se 
présentent  toujours  sous  le  même  aspect  et  (|ue  les  symptômes  ont  suivi 
l’évolution  lentement  ascendante  dont  nousavousdéjà  parlé,  on  comprendra 
que  nous  estimions  cpie  le  tableau  clinique,  à  cette  période,  est  devenu 
caractéristi(|ue. 

c)  A  la  dernière  période,  il  ne  s’agit  plus  ([ue  d’un  pronostic  qui  s’avère 
rapidement  fatal.  Le  malade  succombe  aux  escarres,  à  la  cystite,  aux 
pyélonéphrites  difficiles  à  éviter  en  pareil  cas,  à  l’atteinte  de  l’état  général 
et  enfin  à  la  paralysie  intestinale  qui  a  joué  dans  nos  deux  cas  un  rôle 
nettement  aggravant. 

2°  Analgse  sijmplomaliqiie. —  Etudions  maintenant  les  symptômes  de 
façon  systématique. 

a)  Troubles  de  la  molilité  vuUmluire.  —  Intégrité  des  membres  supérieurs, 
atteinte  assez  rapidement  progressive  des  membres  inférieurs,  telle  est  leur 
formule.  La  topographie  de  ces  troubles  rappelle  d’assez  près  la  prédomi¬ 
nance  sur  les  muscles  raccourcisseurs  (|ui  est  de  règle  dans  les  affections 
médullaires,  mais,  dès  le  début,  l’atteinte  des  muscles  l'e  la  loge  antéro- 
externe  s’avère  particulièrement  marquée  :  le  malade  steppe  :  ce  steppage 
«st  permis  en  partie  par  l’absence  relative  de  contracture,  témoin  des 
lésions  importantes  de  la  substance  grise.  Rapidement,  les  phénomènes 
s’étendent,  si  bien  que  le  malade  en  arrive  à  la  flaccidité  et  à  l'impotence 
absolue.  (Vest  à  ce  moment  que  les  troubles  ayant  déi)assé  les  membres 
inférieurs  fra[)pent  plus  nettement  les  muscles  abdominaux. 

b)  Troubles  du  tonus.  —  Ils  revêtent  ])res([ue  d  emblée  l’aspect  de  l’hypo- 


LA  MYfll.ITR  NfXnOTIQin':  SUBMGVE 


tonie  et  celle-ci,  à  la  période  d’état,  devient  considérable  telle  qu’on  n’en 
voit  guère  que  dans  le  tabes  (fig.  A;. 

c)  Troubles  (le  la  molililé  rélle.ve.  Les  réllexes  tendineux  d’abord  forts 
disparaissent  ensuite  de  façon  précoce  et  de  bas  en  haut,  les  achillcens 
les  premiers.  Les  réllexes  cutanés  suivent  la  meme  évolution  si  bien  que 
Je  signe  de  lîabinski  semble  mancjuer  dès  la  première  période.  Après  les 
réllexes  plantaires,  on  voit  disparaître  les  réllexes  crémastériens,  puis  les 
réllexes  abdominaux.  Les  réllexes  d'automatisme  médullaire  vont  s’exa¬ 
gérant,  puis  disparaissent  mais  beaucoup  plus  tardivement  (|ue  les  précé¬ 
dents,  la  llexion  réllexe  du  pied,  comme  nous  l’avons  dit,  manquant, 
semble-t-il,  dès  le  début. 


fl)  Troubles  de  la  coordination.  —  La  coordination  paraît  peu  troublée, 
cl  même  aux  membres  inférieurs,  les  troubles  constatés  semblant  être 
fonction  de  la  parésie. 

c)  Troubles  sensitifs.  —  Ils  sont  plus  tardifs  que  les  troubles  moteurs,  si 
l»en  qu’ils  furent  absents,  au  début,  dans  les  deux  cas.  Ils  suivirent  ensuite 
nne  marche  ascendante  d’abord  dissociés  et  limités  aux  paires  sacrées, 
puis  globaux  dans  le  territoire  sacré  et  dissociés  dans  le  territoire  lom¬ 
baire.  Cependant,  il  est  à  noter  que  le  réllexe  anal  était  conservé  (lig.  B 
et  B’). 

f)  Troubles  sphinclériens  et  génitaux-  —  Ils  débutent  de  façon  précoce,  sous 
forme  de  mictions  impérieuses  ;  plus  tard  il  se  produit  un  certain  degré 

e  rétention  qui  n’est  jamais  allé  cependant  jusqu’aux  mictions  par  re¬ 
gorgement.  Les  troubles  génitaux  ont  été  également  précoces  et  marqués. 

g)  T' roubles  trophiques.  —  L'amgolrophic.  Elle  est  précoce  et  prédomine  sur 
es  musclesdépendant  des  segments  sacrés.  Elle  s’accompagne  de  troubles 

f  es  réactions  électri([ucs  (|ui  vont  jus(|u’à  la  réaction  de  dégénérescence 
complète.  Quant  aux  escarres  (|ue  les  malades  ont  présentées,  elles  sont 


eu.  FOIX  ET  TH.  ALA.JOUANIXE 


apparues  de  fa(,‘on  relativement  tardive  et  ont  eu  l’évolution  habituelle  de 
ces  troubles. 

h)  Troubles  semoriels.  —  Nuis  dans  un  cas,  dans  l’autre  il  s’est  produit 
une  papillite  qui  d'ailleurs  ne  correspondait  à  aucune  lésion  du  nerfop- 
titpie.  Nous  en  discuterons  plus  loin  la  signification. 

i)  Les  troubles  psijchiques.  —  Ils  ont  été  nuis  dans  les  2  cas. 

j)  Phénomènes  pénéraii.v  —  Il  n’y  a  eu  de  fièvre  à  aucun  moment,  sam 


cpiand  les  infections  secondaires  sont  venues  en  fournir  une  explication 
simple. 

Liquide  céphalo-rachidien.  — Les  modifications  du  li((uide  céplialo- 
racliidien  sont  considérables.  Il  s’agit  d’une  dissociation  albuminocyto- 
logi(pie  caractérisée  par  une  hyperalbuminose  massive  et  une  lympho¬ 
cytose  légère  ou  modérée;  le  liquide  était,  dans  un  de  nos  deux  cas,  très 
xanthochromique  Enfin  la  réaction  de  Bordet- Wassermann  était  négative, 
malgré  la  quantité  considérahle  de  l’albumine. 

Point  important,  cette  hyperalbuminose  va  en  augmentant,  à  mesure 


LA  MYÊI.irii  NÉC.BOnOVE  BVBAir.VTi  ‘J 

que  la  maladie  progresse  et  la  lympliocjqose  peut' être  a  la  fin  assez  no¬ 
table,  mais  reste  toujours  nettement  dissociée. 

Enfin  ia  double  ponction  haute  et  basse,  pratiquée  dans  un  cas,  a  montré 

desliquides  sensiblement  identiques. 

Tels  sont  les  caractères  généraux  qui  donnent  au  tableau  clinique  de 
la  myélite  nécrotique  un  aspect,  pensons-nous,  caractéristique.  Aciuelques 
différences  près,  nos  deux  observations  sont  tout  à  fait  superposables.  Il  est 


possible  cependant  et  même  assez  vraisemblable  que  des  formes  anormales 
de  l’affection  puissent  exister  ;  que  l'on  puisse  observer,  par  exemple,  des 
cas  d’évolution  notablement  plus  rapides,  faisant  transition  avec  certaines 
'«yélites  aiguës,  avec  dissociation  albumino-cytologique,  amyotrophie 
rapide  que  nous  avons  eu  l’occasion  d’observer  ;  des  cas  avec  des  carac¬ 
tères  notablement  plus  frustes  et  d  évolution  plus  prolongée,  peut-être 
uiènie  avec  passage  à  la  chronicité  ;  enfin,  la  localisation  du  processus  à 
un  autre  niveau  de  la  moelle,  moelle  dorsale  ou  même  moelle  cervicale,  ne 
semble  pas  a  priori  impossible. 


an.  ['Oix  F/r  tu.  aj..^.j()J’axixf 


II.  —  Elude  amüomUiue ■ 

II.  —  IvruDE  ANATo.MiQUE.  —  Les  lésions  observées  (hins  les  deux  cas 
dont  nous  venons  lie  faire  l’étiule  clinique  sont  tellement  superposables 
([u’elles  SC  prêtent  parfaitement  à  une  description  d’ensemble.  En  ellét, 
leur  siège  est  le  même  :  on  retrouve,  dans  les  deux  cas,  la  prédominance 
des  altérations  au  niveau  de  la  moelle  lombo-sacrée,  les  lésions  allant 
en  diminuant  en  hauteur  pour  s’effacer  vers  la  moelle  dorsale  supérieure;  la 
prédilection  pour  la  substance  grise  qui  est  atteinte  de  façon  massive,  beau¬ 
coup  |)lus  profondément  ipie  la  substance  blanche  ;  dans  les  deux  cas,  le 
type  des  altérations  est  identiipieavecla  môme  tendance  nécrotiipie  ;  enfin, 
on  y  retrouve  très  semblables  les  curieuses  altérations  vasculaires  (dila¬ 
tation  et  ciuloméso-vascularite  proliférante),  qui  constituent  certaine¬ 
ment  une  des  caractéristiques  anatomiques  de  l’affection. 

Nous  étudierons,  après  avoir  noté  l’aspect  macroscopiipie  de  la  moelle, 
d'une  i)art,  les  altérations  médullaires  ;  d’autre  part,  les  altérations  vas¬ 
culaires, 

A  — Examen  macroscopique.  —  A  l’ouverture  de  la  dure-mère,  l’aspect 
des  vaisseaux  retient  l’attention  ;  ils  sont  augmentés  de  volume,  hyper¬ 
trophiés  et  un  peu  tortueux,  sans  donner  aucunement  cc[)endanl  une 
impression  d’aspect  ou  de  lésions  artéritiipies .  Le  segment  inférieur  de 
la  moelle  est  un  peu  diminué  de  volume,  un  peu  ratatiné;  if  est  de  couleur 
un  peu  jaunâtre  et  sa  consistance  est  à  la  fois  plus  molle  et  plus  fibreuse. 
On  ne  note  |)as  d’aspect  anormal  de  la  face  postérieure.  La  coupe  se  fait 
diflicilemenl,  le  tissu  résiste  mai,  se  laisse  déprimer  par  le  couteau  ;  on  voit 
aussitôtsur  la  coupe  de  la  moelle  sacrée  l’importance  des  lésions  macros¬ 
copiques  :  la  raréfaction  centrale  du  tissu  médullaire  est  en  effet  frappante, 
cet  aspect  diminuant  quand  on  pratiipie  des  coupes  plus  hautes  dans  la 
région  lombaire  et  la  région  dorsale  où  l’aspect  des  lésions  est  plus  myéli- 
tique  et  moins  nécrotiipie  ;  plus  liant,  dans  la  partiesupérieuredelamoellc, 
on  peut,  sur  la  coupe,  deviner  l’aspect  des  dégén.érations  ascendantes. 

B.  —  E.vamen  microscopique. 

1.  Les  (dtéralions  médullaires.  -  La  moem.e  sackée  est  le  segment  mé¬ 
dullaire  où  les  altérations  revêtent  le  maximum  d’intensité. 

Examinons  d'abord  la  moelle  sacrée  du  i)remier  de  nos  cas.  On  est 
frap[)é  aussitôt,  d’une  part,  par  la  nécrose  totale  de  la  subslance  prise  qui 
dessine  la  forme  des  cornes  antérieures,  d’antre  part,  par  l’aspect  très  spé¬ 
cial  des  vaisseaux  dilatés  et  surtout  considérablement  épaissis  avec  un 
aspect  de  la  paroi,  en  bulbe  d’oignon,  caractéristique.  .Si  l’on  analyse  ces 
altérations,  on  voit  que  la  nécrose  est  très  prédominante  sur  la  substance 
grise  et  détruit  toute  la  corne  antérieure,  altère  aussi  de  façon  profonde 


LA  MYÉLITE  NÉCnOTIQlJE  SUBAIGVE 


par  places  la  substance  blanche  ;  mais  alors  qu’elle  est  diffuse  et  sensible¬ 
ment  uniforme  au  niveau  de  la  substance  grise,  la  nécrose  de  la  substance 
blanche  se  présente  sous  forme  de  placards,  d’îlots  arrondis  ou  ovalaires  ; 
ailleurs,  ce  n’est  plus  de  nécrose,  de  disparition  des  tissus  qu’il  s’agit, 
mais  de  démyélinisation  plus  ou  moins  intense.  D’une  façon  générale,  la 
démyélinisation  est  complète  au  niveau  du  cordon  postérieur  où  l’on  voit 
a  peine  quelques  rares  fibres  myéliniques  éparses.  Dans  le  cordon  latéral, 
il  n’existe  plus  de  libres  myéliniques  dans  la  zone  du  fai.sceau  pyramidal  : 
‘^ette  lésion  présente  d’ailleurs  plus  l’apparence  d’une  lésion  focale  que 
dune  véritable  dégénération,  bien  que,  vraisemblablement,  les  deux  pro¬ 
cessus  se  superposent  ;  dans  le  reste  du  cordon  latéral,  il  subsi-ste  au  voi¬ 
sinage  de  la  substance  grise  une  mince  bordure  de  fibres  relativement 
conservées,  tout  au  moins  du  côté  gauche,  car  la  lésion  est  à  ce  niveau 
asymétrique  et  du  côté  droit,  il  ne  reste  à  peu  près  rien.  Dans  la  zone 
antéro-latérale,  traversée  par  les  racines  antérieures,  les  fibres  conser¬ 
vées  sont  plus  nombreuses,  toujours  plus  atteintes  du  côté  droit  que  du 
côté  gauche.  Dans  le  cordon  antérieur  ainsi  qu’au  niveau  de  la  commis¬ 
sure  antérieure,  est  le  siège  minimum  des  lésions,  bien  qu’encore  très 
intenses.  Dans  l’ensemble,  toutes  ces  altérations  de  la  substance  blanche 
sont  plus  marquées  dans  la  partie  marginale  que  dans  sa  partie  centrale, 
ce  qui  contribue  encore  à  accentuer  l’aspect  de  prédominance  de  la  lésion 
sur  la  substance  grise. 

Même  à  un  examen  jiliis  minutieux,  les  éléments  nobles  de  la  substance 
grise,  les  cellules,  paraissent  complètement  disparues  des  deux  côtés  ; 
il  persiste  cependant  (pielques  ombres  cellulaires  à  gauebe.  De  même  un 
plus  fort  grossissement,  au  niveau  des  îlots  nécrotiques  de  la  substance 
Idanche  ne  permet  de  reconnaître  au  milieu  de  débris  de  substance  ner¬ 
veuse,  très  mal  colorés,  que  quelques  traces  de  tubes  myéliniques.  Même 
<lans  les  régions  moins  atteintes,  les  tubes  myéliniques  persistants  sont 
trè.s  altérés,  de  calibre  fort  irrégulier,  certains  très  épaissis  et  comme  ballon- 
nisés. 

Tout  cet  ensemble  ne  va  pas  sans  une  certaine  réaction  nié/i/ng'ée  qui 
entoure  la  moelle  et  s’étend  sur  les  ra  cilles  ;  on  note  sous  la  pie-mère  de 
nombreuses  cellules  chargées  de  pigments  ;  certaines  de  ces  cellules  entou- 
‘’ent  de  petits  vaisseaux 

Les  racines  antérieures  présentent  des  altérations  importantes,  bien 
ffue  les  fibres  myéliniques  y  soient  relativement  conservées.  Dans  les  ra- 
‘^'nes  postérieures,  il  existe  de  nombreux  foyers  de  démyélinisation. 

Mais,  nous  l’avons  dit,  ce  qui  frappe  à  l’examen  de  cette  moelle  sacrée, 
‘^  est  autant  que  son  altération  profonde  et  que  le  type  nécrotique  spécial 
e  cette  myélite,  l’importance  et  l’aspect  remarquable  des  lésions  vascii- 
nires.  Nous  y  reviendrons  plus  loin,  mais  signalons  dès  maintenant  que 
Vaisseaux  extramédullaires,  en  particulier  ceiut  du  sillon  antérieur 
■nédian,  sont  profondément  modifiés  ;  ils  sont  épaissis  au  point  d  être 
fciplés  ou  quintuplés  de  volume;  leur  paroi  volumineuse,  surtout  au  niveau 
‘c  1  endartère  et  delà  mésartère  a  un  aspect  de  couches  stratifiées  en 


cil.  FOIX  /■;■/'  77/.  M.A.IOliAS.IXE 


l)iill)e  d’oignon  Irè.s  particulier  ;  leur  lumière  n’est  cependant  pas  ohlitc- 
rée  ;  elle  est  toujours  neltcincnt  visible  et  souvent  élargie.  Enfin  ils  sem¬ 
blent  avoir  un  trajet  llcxueus  surtout  à  l’intérieur  de  la  moelle  où  on 
retrouve  le  même  vaisseau  cou[)é  i)lusicurs  fois  perpendiculairement  à 
son  axe.  Dans  la  zone  nécrosée,  les  ])arois  vasculaires  participent  à  la  né¬ 
crose,  et  leurs  éléments  ne  sont  plus  (|ue  dillicilement  reconnaissables, 
ailleurs  leur  as|)ect  est  identi((ue  à  celui  des  vaisseaux  extramédullaires 
bien  ([ue  leur  prolifération  soit  moindre  et  qu’il  y  ait  un  début  d’hyali¬ 
nisation.  An  niveau  des  vaisseaux  des  racines  ou  des  méninges, on  retrouve 
les  memes  altérations  vasculaires. 

En  somme,  la  moelle  sacrée  est  détruite  par  un  processus  massif  de 
myélite  nécroti([ue  prédominant  sur  la  substance  grise,  processus  qui 
s’accompagne  d’altérations  vasculaires  extrêmement  intenses  à  type 
d’endoméso  vascularite  bypci'tropbi(|ue  très  spécial. 


Examinons  la  moelle  sacrée  du  deuxième  cas.  L’identité  prcs(|ue  com¬ 
plète  des  lésions  dans  ce  cas  et  dans  le  cas  précédent  est  frappante.  On 
est  frappéd’embléc  d'une  part,  par  l’existence  d’une  myélite  avec  tendance 
nécrotique  très  prédominante  sur  la  substance  grise  à  tel  point  que  la 
nécrose  semble  en  dessiner  la  forme,  d'autre  part  par  l’état  des  vaisseaux 
à  parois  hypertrophiées  avec  l’aspect  en  bulbe  d’oignon  caractéristicjue. 

Si  l'on  analyse  les  altérations  médullaires,  on  voit  (|ue  les  lésions  ont 
une  prédominance  ti-és  marcpiéc  sur  la  substance  grise,  atteignant  aussi 
bien  corne  postérieure  que  corne  antérieure.  La  lésion  est  cef>endant 
un  peu  asymétrique,  prédominant  du  côté  droit  ;  de  ce  côté,  lu  nécrose  de 
la  substance  grise  est  pres<iuc  complète  ;  seule  la  partie  toute  antérieure 
de  la  corne  antérieure  montre  encore  quclciues  cellules  reconnaissables. 
Il  ne  reste  plus  (pie  quehpies  minces  vestiges  du  réseau  myéliniciue.  Sur  le 
fond  de  nécrose,  on  l'cconnaîl  (pichpics  débris  vasculaires  autour  de.s([uels 
sontgroupés,  iiareudroits,  des  amas  de  cellules  rondes  avec  (|uelque.s  glo¬ 
bules  rouges  ;  (piebpies  unes  de  ces  cellules  sont  plus  volumineuses  et 
chargées  dé  pigment  :  on  trouve  également  des  cellules  plus  volumi¬ 
neuses,  arrondies,  à  noyaux  jietit.s,  chargées  de  débris  myéliniques.  sans 
rapport  net  avec  les  vaisseaux  et  ([ui  ne  sont  autres  ipie  des  corps  granu¬ 
leux.  Les  amas  cellulaires  .sont  disposés  au  fond  sans  grand  ordre.  Dans 
l’ensemble,  la  nécrose  de  la  corne  postérieure  est  plus  complète  que  celle 
de  la  corne  antérieure.  Du  c(')té  gauche,  les  lésions  sont  analogues,  mais 
d’intensité  un  peu  moindre.  On  note  une  atteinte  .semblable  de  la  commis¬ 
sure  grise. 

Les  altérations  de  la  substance  blanche  sont  également  très  prédominantes 
adroite.  Dans  l’ensemble,  le  cordon  postérieur  est  le  plus  profondément 
atteint  ;  il  ikî  reste  guère  (pi’un  amas  notable  de  libres  à  la  partie  postéro- 
interne  et  même  dans  cette  région,  la  raréfaction  des  fibres  nerveuses,  en 
plus  de  la  démyélinisation,  est  considérable.  Au  niveau  du  cordon  latéral. 


M Yi':i.iri'  KÊCTurnovp:  siriA i a  i  ’k 


les  lésions  sont  encore  très  marquées,  les  neuf  dixièmes  (lesfibrcsmyéli- 
niqucs  ont  disparu,  et  surtout  dans  la  partie  marginale.  Dans  le  cordon 
antérieur,  les  libres  sont  relativement  conservées,  mais  raréfiées,  avec  état 
grillagé.  Du  cordon  antérieur  au  cordon  latéral,  les  altérations  sont  pro¬ 
gressives  et  constituent  en  (juelque  sorte  une  transition  régulière.  Du  côté 
gauche,  quoicpie  moins  massives,  les  lésions  sont  comparables  comme 
répartition,  et  on  observc’une  progression  très  ai/alogue  des  lésions,  du 
cordon  antérieur  au  cordon  postérieur  ;  la  lésion  de  l’aire  pyramidale  est 
plus  nette  que  du  côté  opposé  où  les  lésions  sont  trop  intenses  pour  qu’on 
la  puisse  isoler. 

Les  méninges  sont  épaissies,  et  il  y  a  un  certain  degré  d’infiltration 
lymphocytaire.  Les  racines  sont  altérées,  mais  à  un  degré  moindreque  la 
'Moelle. 


Mais  ce  sont  surtout  les  lésions  vasculaires  ([ui,  avec  l’état  de  la  moelle, 
attirent  l’attention.  Les  vaisseaux  extramédullaires  sont  les  plus  atteints  ; 
ou  constate  rendo-vascularite  déjà  signalée,  ne  s’accompagnant  pas  d’une 
réduction  notable  du  calibre  de  la  Iqmiérc  du  vaisseau.  La  disposition 
fie  la  lésion  est  très  strictement  identique  à  celle  notée  dans  le  premier 
‘^as,  à  savoir  :  hypertrophie  énorme,  décuplant  |)res(|ue.  l’épaisseur 
■du  Vaisseau  avec  multiplication  des  éléments  cellulaires  des  tuniciucs 
interne  et  moyenne  donnant  l’aspect  en  bulbe  d’oignon  déjà  souligné  ;  la 
péri-vascularite  par  contre  est  presque  nuHe.  Les  vaisseaux  sont  non  .seu. 
leiiient  hypertrophiés,  mais  semblent  contournés,  plusieurs  étant  juxta¬ 
posés,  sur  la  même  coupe.  Ces  alléi-alions  frappent  surtout  le  système  vei¬ 
neux,  bien  que  le  système  artériel  ne  soit  pas  indemne  Les  vaisseaux  in¬ 
tramédullaires  participent  aussi  à  cette  hypertrophie,  mais  de  fa^-on  plus 
modérée  ;  quand  ils  sont  situés  dans  la  zone  nécrotiqiic,  ils  partici])ent  de 
l’aspect  anbyste  de  la  lésion,  mais  ne  sont  nullement  oblitérés  ;  certains 
d  entre  eux  présentent  une  réaction  périvasculaire  modérée  sans  qu’il  y 
ait  autour  d’eux  de  manchons  de  corps  granuleux,  bien  qu’on  ])uisse  en 
noter  sur  les  coupes  colorées  par  la  méthode  de  Marcbi.  Mais,  dans  l’en¬ 
semble,  la  disposition  des  cor|)S  granuleux  est  assez  irrégulière,  placés  par 
amas,  peu  conglobés,  surtout  à  la  limite  des  substances  blanche  et  grise, 
eonime  si  leur  élimination  normale  avait  été  en  quelque  sorte  sidérée  et 
qu  ils  n’aient  pu  se  disposer  en  manchons  périvasculaires. 

En  somme,  la  moelle  sacrée  de  ce  deuxième  cas  montre  l’existence  d’une 
niyélite  aboutissant  à  la  nécrose  prépondérante  de  la  substance  grise  qui  est 
absolument  comparable,  moins  quejques  détails  de  répartition  topogra¬ 
phique,  à  celle  du  premier  cas.  L’identité  des  lésions  vasculaires  spé¬ 
ciales  n’est  pas  moins  remarquable.  La  superposition  parfaite  des  lésion: 


dans 


nos  cas  nous  dispensera  dans  le  reste  de  cette  étude  anatomique  de 


les  étudier  séparément,  et  nous  les 

semble. 


éunirons  dans  une  description  d’en- 


■A.U  niveau  de  la  moeluî  i.omuaike,  on  retrouve  des  altérations  de  même 
ordre,  mais  cependant  un  peu  moins  importantes.  La  substance  grise  est 


H  cil.  l'OIX  BT  TU.  AL.UOU.\.\l.\B 

également  nécrosée,  notamment  au  niveau  des  cornes  ;  les  cellules  ont 
complètement  disparu,  les  libres  myéliniques  ([ui  la  traversent  sont 
extrêmement  raréfiées,  leur  réseau  a  disparu.  La  siibsUmce  blanche  est  pro¬ 
fondément  altérée  également,  suivant  la  même  topographie  ([u’à  la  moelle 
sacrée;  prédominance  des  lésions  au  niveau  du  cordon  postérieur  où  il 
ne  subsiste  que  quelques  éléments  myélini([ues  en  bordure  de  la  sul)stance 
grise.  Les  lésions  également  massives  au  niveau  du  cordon  latéral  vont  en 
s’atténuant  jusqu’au  cordon  antérieur.  A  ce  niveau;  surtout,  les  lésions 
moins  intenses  donnent  un  aspect  spécial  à  la  nécrose  ;  on  voit,  en  cer¬ 
tains  points,  des  îlots  de  destruction,  des  foyers  nécrotiques,  surtout  au 
voisinage  de  l’axe  gris,  se  présentant  sous  l’aspect  de  masses  mal  colorées 
ovalaires  ou  irrégulières  où  on  ne  reconnaît  que  de  la  poussière  de  débris 
myéliniques.  Les  vais.teaiix  présentent  en  dehors  delà  moelle  les  mêmes 
lésions  qu’au  niveau  de  la  moelle  sacrée  ;  certains  vaisseaux  surtout  arté¬ 
riels  sont  relativement  épargnés  ;  leur  aspect,  à  l’intérieur  de  la  moelle 
dans  les  zones  où  la  nécrose  est  moins  complète,  surtout  au  niveau  du 
Cordon  antérieur,  est  ici,  très  net  ;  ils  sont  hypertrophiés,  sans  être  obli¬ 
térés,  si  bien  que  les  vaisseaux  paraissent  s’être  multipliés  ;  on  peut  en  voir 
ainsi  4  à  5  juxtaposés,  dépendant  probablement  du  même  vaisseau  prin¬ 
cipal  ;  dans  la  zone  de  nécrose,  ils  ont  toujours  un  aspect  enroulé  et  sans 
structure. 

Les  coupes  colorées  parla  méthode  de  Marchi  montrent  la  disposition 
irrégulière  des  corps  granuleux  qui  ont  moins  de  tendance  à  se  grouper 
autour  des  vaisseaux  (|ue  d’ordinaire;  ce  ([ui  est  particulier,  ce  sont  les 
amas  massifs  (|u’ils  forment  en  certains  points  correspondant  aux  îlots  de 
nécrose.  ‘ 

La  méninge  est  moins  altérée. 

Ln  résumé,  à  la  région  lombaire  supérieure,  pour  être  moins  massives 
(|u’à  la  région  lombo-sacrée,  les  lésions  sont  absolument  du  même  type, 
détachant  seulement  davantage  l’aspect  nécroti(|ue  de  certaines  zones. 


Au  niveau  de  la  moelle  dorsale  inférieure,  la  myélite  est  moins  destruc¬ 
tive  ;  elle  prédomine  toujours  sur  la  subslance  grise,  avec  nécrose,  cepen¬ 
dant  moins  complète  ([ue  précédemment.  Les  cellules  des  cornes  anté¬ 
rieures  et  ])ostérieures  ont  toutefois  en  majeure  [)artie  disparu,  le  réseau 
myélini(|ue  est  très  rarélié.  La  subslance  blanche  présente  toujours  des 
altérations  de  même  topographie,  mais  moins  intenses  ;  au  niveau  du  cor¬ 
don  ])ostérieur,  la  partie  médiane  est  nécrosée  mais  dans  la  partie  latérale 
existent  des  gaines  myéliniques  relativement  conservées.  Dans  le  fais¬ 
ceau  latéral  la  zone  du  faisceau  pyramidal  est  très  atteinte  ;  plus  en 
avant,  les  lésions  sont  encore  intenses.  Le  cordon  antérieur  est  toujours 
le  mieux  conservé  ;  les  gaines  myélini(|ue.s  ysont  relativement  conservées, 
mais  beaucoup  sont  augmentées  de  volume,  distendues  et  l’on  assiste  par 
stades  à  1  ellritement  de  la  nij'éline  et  à  sa  dis|)arition  dans  les  zones  plus 


LA  mvélitl:  niîchotioul:  subak.vh 


atteintes.  Les  iloh  nécroliques  sont  très  remarquables  comme  à  la  moelle 
lombaire  ;  en  plus  de  ces  îlots  de  nécrose  pure  apparaît  ici  un  nouvel 
aspect  ;  des  îlots  de  nécrose  hémorragique,  avec  au  centre  une  partie  né¬ 
crotique  où  l’on  reconnaît  une  paroi  vasculaire,  à  la  périphérie  des  débris 
myéliniques  et  des  globules  rouges  ;  dans  certains  de  ces  foyers,  les  parois 
du  vaisseau  central  sont  calcifiées.  Les  coupes  colorées  par  la  méthode  de 
Marchi  montrent  bien  l’importance  de  ces  foyers  nécrotiques  avec  amas 
massifs  du  corps  granuleux.  Les  vaisseaux  extranrédullaires  oflrcnt  tou¬ 
jours  le  même  aspect  ctla  même  intensité  considérable  de  lésions;  les  vais¬ 
seaux  sont  très  touchés  à  l’intérieur  de  la  moelle,  et  leurs  lésions  sont 
plus  caractéristiques  (|u’à  l’étage  inférieur  :  hypertrophiés  avec  épaississe¬ 
ment  des  parois  et  énormément  dilatés,  disséminés  dans  toute  l’étendue  de 
la  coupe  et  présentant  parfois  un  certain  degré  de  périvascularite  ;  somme 
foute,  les  lésions  vasculaires  ont  une  intensité  particuliérement  remar- 
tpiable  à  ce  niveau  II  existe  toujours  des  altérations  radiculaires  portant  à 
la  fois  sur  les  racines  antérieures  et  postérieures. 

A  la  moelle  dorsale  inférieure, .les  lésions  nécrotiques  encore  intenses, 
mais  moins  massives,  se  présentent  donc  surtout  sous  l’aspect  d’îlots  de 
nécrosé,  soit  pures,  soit  à  tendance  légèrement  hémorragique,  et  les  lésions 
■vasculaires  y  sont  particulièrement  intenses. 


Au  niveau  de  la  moelle  dorsale  moijenne,  les  altérations  encore  très 
importantes  diminuent  notablement  d’intensité.  La  subslanec  grise  ne  pré¬ 
sente  plus  de  nécrose  complète,  mais  son  tissu  est  très  raréfié  ;  les  cellules 
des  cornes  sont  altérées,  mais  à  un  degré  beaucoup  moindre  (surtout  chro- 
matolysc),  hasubstanee  blanche  présente  toujours  la  même  topographie  des 
esions  qui  sont  beaucoup  moins  intenses  ;  la  partie  médiane  du  cordon 
postérieur  est  toujours  démyélinisée,  sa  partie  latérale  montre  une  impor¬ 
tante  raréfaction  des  fibres  et  de  l’état  grillagé.  Les  cordons  latéraux  sont 
également  le  siège  d’état  grillagé  avec  par  places  des  îlots  nécrotiques,  sur¬ 
tout  a  type  modérémcntbémorragicpie  décrits  plus  haut,  très  remarquables 
aspect,  mais  plus  rares  Les  vaisseaux  extramédullaires  sont  le  siège,  par 
oontre,  de  lésions  tout  aussi  intenses  que  plus  bas  et  de  même  caractère 
t  datation  et  hypertrophie  considérable  de  la  paroi)  ;  les  vaisseaux  intra- 
médullaires  sont  également  profondément  altérés.  On  saisit  beaucoup  mieux 
fia  au  niveau  de  l’aspect  nécrotique  massif  des  coupes  inférieures  la  péné¬ 
tration  dans  la  moelle  du  type  de  lésion  vasculaire  correspondant  à  l’as- 
pect  des  vaisseaux  extramédullaires  ;  surtout  au  voisinage  du  septum 
O  lan  et  de  l'épcndyme,  on  reconnaît  autour  des  petits  vaisseaux  l’épais- 
msseinent  et  l’aspect  en  bulbe  d’oignon  caractéristique  ;  les  lésions  proli- 
^^tes  sont  cependant  surtout  nettes  au  voisinage  de  la  périphérie  et 
■minuent  vers  l'intérieur  ;  en  d’autres  points,  on  retrouve  l’aspect  tor- 
Ueiixavec  hyalinisation  des  parois  vasculaires, 

-■CS  altérations  primitives  sont  donc  encore  très  importantes  au  niveau 


en.  l'OlX  ET  TH.  AL.UOCA.MXE 


de  la  moelle  dorsale  moyenne  ;  mais  déjà  ai)paraisscnt  nettement  spr  les 
coupes  colorées  au  Marchi  les  lésions  <:/é<yé/iéra/«u.'s  qui  prennent  peu  à  peu 
de  façon  définitive  le  type  habitue!  des  iléffénérations  ascendantes. 

Kn  somme,  la  région  dorsale  moyenne  est  le  siège  de  la  lin  de  la  lésion 
nécroti(|uc  qui  va  en  diminuant  d’intensité,  alors  que  les  lésions  vascu¬ 
laires  restent  toujours  aussi  considérables  ;  les  dégénérations  secondaires 
apparaissent  et  de  plus  en  plus  constiUient  à  mesure  ([ue  l’on  examine  des 
coupes  plus  hautes,  l’aspect  essentiel. 


Au  niveau  de  la  moelle  dorsale  supérieure,  les  lésions  ont,  en  efl’et,  à  la 
coloration  de  Weigert  Pal,  l’aspect  rranebement  dégénératif.  La  substance 
grise  est  nettement  dessinée  et  à  la  coloration  de  NissI,  les  cellules  des 
cornes  sont  sensiblement  normales.  La  substance  blanche  présente  les 
zones  de  dégénération  classif|ue  que  l’on  peut  contrôler  sur  les  colorations 
au  Marchi  :  dans  le  cordon  postérieur,  au  niveau  du  faisceau  de  Goll,  dans 
le  cordon  antéro-Iatéral,  au  niveau  du  faiscéau  de  (iowers  et  du  faisceau 
cérébelleux  direct. 

Mais  les  lésions  uascalaû-es,  si  elles  sont  en  voie  de  diminution,  sont 
encore  très  importantes.  Sur  les  coupes  colorées  au  Van  (lieson,  par  exem¬ 
ple,  on  voit  toujours  le  même  aspect  de  dilatation  et  d’endoméso-vascula- 
rite  des  vaisseaux  extramédullaires  au  moins  doublés  de  volume.  Au  ni¬ 
veau  du  sillon  antérieur,  on  voit  un  aspect  assez  spécial  dû  à  plusieurs 
vaisseaux  très  dilatés,  juxtaposés,  réalisant  un  faux  a.s-pect  caverneuxet  dé- 
jirimant  le  tissu  nerveux  avoisinant.  Cet  asjiect  très  caractéristique  qui  se 
retrouve  dans  les  deux  cas  semble  montrer  que  la  dilatation  précède  l’hyper¬ 
trophie  et  qu’en  outre,  les  lésions  vasculaires  précèdent  les  lésions  ner¬ 
veuses. 

En  somme,  à  la  région  dorsale  supérieure,  la  lésion  primitive  médul¬ 
laire  a  pris  lin,  mais  il  persiste  encoredes  lésions  très  importantesdes  vais¬ 
seaux  ;  les  dégénérations  secondaires  ascendantes  constituent  le  fait  prin¬ 
cipal,  au  niveau  de  la  moelle. 


Au  niveau  de  la  moelle  cervic(de,  les  cellules  de  la  substance  grise  sont 
normales,  les  dégénérations  ascendantes  présentent  leur  topographie  clas¬ 
sique  signalée  ci-dessus  <|uc  l’on  contrôle'aisément  sur  les  coupes  colorées 
au  Marchi  :dan.s  la  partie  inférieure  de  la  moelle  cervicale  existent  encore 
des  lésions  vasculaires  indubitables  qui  disparaissentà  la  partie  supérieure. 
Au  fond,  à  ce  niveau,  tout  devient  normal,  sauf  les  dégénérations  ascen¬ 
dantes. 


En  somme,  on  peut  grossièrement  schématiser  ainsi  les  lésions  médul- 


i.A  MYiii.in:  MlciioriQi'E  si'hmc.i'f. 


X'"- 


n)  Etage  lombo-sacré  cmpiélaut  quelque  peu  sur  la  partie  toute  inl'é- 
rieure  delà  moelle  dorsale  :  lésions  nécroti([ues  massives  avec  altérations 
vasculaires  également  massives. 

/')  Moelle  dorsale  inférieure  :  lésions  mixtes,  à  la  fois  nécroticpies  et  dé¬ 
génératives  ,  les  lésions  vasculaires  étant  toujours  très  caractéristiques. 

<■)  Moelle  cervicale  et  partie  supérieure  de  la  moelle  dorsale  ;  lésions 
exclusivement  dégénératives,  mais  persistance,  au  niveau  de  la  moelle 
dorsale,  d’importantes  lésions  vasculaires  à  type  de  dilatation  'hypertro¬ 
phique. 


H. — Les  alléralions  vaKciildircs.  —  Non  moins  frappantes,  dés  le  pre- 
fnier  examen,  que  les  lésions  médullaires,  sont,  nous  l’avons  vu,  les  altéra¬ 
tions  considérables  (lu’oflVent  les  vaisseaux.  Ils  sont  le  siège  d’une  lésion 
particulière  ;  bien  que  leurs  parois  soient  énormément  épaissies,  ils 
présentent  une  lumière  (|ui  reste  d’ordinaire  supérieure  à  la  normale  ; 
‘épaississement  des  parois  et  dilatation  vontdonc  de  pair,  de  sorte  que  mal- 
Mfé  lintense  prolifération  dont  sont  le  siège  les  tuniiiucs  du  vaisseau  altéré, 
il  n  existe  aucune  réelle  oblitération.  Si  l’on  ajoute  (|ue  les  lésions  portent 
surtout  sur  les  tuniques  moyenne  et  interne  et  qu’elles  revêtent  un  cu- 
neux  aspect  de  multiplication  du  tissu  à  tendance  hypertrophique,  on  voit 
‘  onc  que  cette  lésion  peut  être  définie  une  endoméso-vasciilarite  prolifé¬ 
rante  avec  dilatation  de  la  lumière  du  vaisseau. 

Avant  de  préciser  le  siège,  la  disposition,  la  topographie  par  rapport 
aux  divers  segments  médullaires  des  vaisseaux  altérés,  donnons  d’abord  la 
léscription  d’un  vaisseau  cxtramédullaire  typique  (v.  fig.  16  et  17). 

Le  vaisseau  est,  d’abord,  augmenté  de  volume  dans  son  ensemble,  dans 
‘  es  proportions  considérables  ;  il  est,  en  moyenne,  de  six  à  dix  foisplus  vo- 
uaiineux  que  normalement.  C’est  avant  tout  à  l’épaississement  de  sa  paroi 
^uest  due  cette  hypertrophie,  mais  la  dilatation  du  vaisseau  y  joue  cer¬ 
tainement  un  rôle,  car  sa  lumière  est  très  élargie  :  il  est  manifeste  qu’il  se 
'S  end  au  fureta  mesure  que  sa  paroi  prolifère.  L’examen  de  la  paroi, 
particulièrement  suggestif,  sur  les  coupes  colorées  à  riiématèine-Van  Gie- 
®on,  permet  de  noter  l’existence  de  deux  zones  :  une  zone  interne,  foncée, 
ormée  de  gros  noyaux  allongés  dans  le  sens  du  vaisseau  et  très  .serrés  ; 
Une  zone  externe  plus  pâle  (pii  n’est  plus  formée  ainsi  de  couches  cellulaires 
‘Stratifiées,  mais  de  fibres  conjonctives  disposées  de  façon  concentrique 
P  us  ou  moins  régulière,  sur  lesquelles'tranchent  des  noyaux  beaucoup 
P  us  rares.  Cet  ensemble  donne  un  aspect  en  bulbe  d’oignon  tout  à  fait 
caractéristique.  La  partie  externe  du  vaisseau  par  contre  n’est  que  peu 
urée,  et  le  processus  semble  rcs])eclerà  peu  près  complètement  la  tuni- 
^luc  externe  pour  ne  toucher  de  façon  élective  que  les  tuniques  moyenne 
U  interne.  Cette  vascularite  est  donc  hypertrophiantc  et  proliférante  sans 
ance  aucune  à  l’oblitération  et  à  la  thrombose  et  frap])e  aussitôt  par 
utensité  extraordinaire  des  lésions  :  on  a,  en  quel(|ue  sorte,  le  même  as- 


192G. 


CH.  FOIX  F,T  TH.  ALA./OUAXINF 


pect  que  si  un  vaisseau  pathologique  néoi'ormé  avait  été  lélécospé  à  l’in¬ 
térieur  de  la  tunique  externe  restée  presque  saine. 

Voj'oiis  mainlenantaprès  cette  étude  d’un  vaisseau  typique  coiniuent  se 
groupent  et  se  disposent  les  vaisseaux  altérés.  Les  plus  atteints  siègent  en 
général  ou  au  voisinage  du  sillon  médian  postérieur,  ou  [)rès  du  sillon  mé¬ 
dian  antérieur.  On  en  note  cependant  de  très  altérés  sur  .les  ])arties  antéro 
ou  postéro-latérales  de  la  moelle,  'l'antôton  sè  trouve  devant  un  vaisseau 
isolé,  tantôt  devant  un  groiqje  de  d  à  5  vaisseaux  rassemblés  en  paquet 
déprimant  la  moelle  ;  cei  tains  sont  coujjés  suivant  des  axes  différents, 
permettant  ainsi  de  se  rendre  compte  de  leurs  llexuosités,  de  leur  trajet 
sinueux.  I^’intensité  des  lésions  est  plus  ou  moins  marcpiée,  mais  dans  l’en- 
semhle,  les  vaisseaux  extramédullaircs  principaux  sont  atteints  de  façon 
très  semhlablc,  à  (luehpies  degrés  jirès  :  c’est  ainsi  (|uc  les  lésions 
décrites  sur  le  vaisseau  typi([uc  peuvent  être  un  peu  modifiées  sur  cer¬ 
tains  vaisseaux  particulièrement  atteints  :  et  ([ue  l'on  peut  voir  les  élé¬ 
ments  de  la  tunique  interne  dissocier  parfois  les  fibres  de  la  couche 
moyenne  et  ne  plus  donner  un  aussi’  hel  as])ect  d'intrication  conccntri([ue. 
Quant  à  la  topogra])hie  de  ces  lésions  vasculaires  par  ra[)port  aux  altéra¬ 
tions  médullaires,  il  n’existe  de  concordance  entre  les  deux  ordres  de  lé¬ 
sions  que  jusqu’au  niveau  de  la  moelle  dorsale  inférieure  ;  ensuite  alors 
(|ue  la  lésion  primitive  médullaire  s’atténue  ra|)idement,  on  voit  persister - 
le  même  aspect  d’altération  des  vaisseaux,  ([ui  lui-même  va  aller  diminuant 
de  la  moelle  dorsale  moyenne  à  la  moelle  cervicale  inférieure  oîTdispa- 
raissent  les  dernières  traces  d’altération  vasculaire.  A  la  partie  haute  de 
la  moelle  dorsale,  les  lésions  des  vaisseaux  prennent  d’ailleurs  un  asj)ect 
assez  différent  ;  si  les  tuniques  interne  et  moyenne  sont  toujours  un  peu 
épaissies  et  la  paroi  du  vaisseau  doublée  de  volume,  c'est  avant  tout  la 
dilatation  qui  est  le  fait  dominant.  Les  vaisseaux  sont  ainsi  d'aspect  très 
particulier,  largement  béants  avec  du  sang  coagulé  ou  parfois  ajjlatis  ;  en 
certains  points,  notamment  au  niveau  du  sillon  médian  antérieur,  ils  se 
juxtaposent,  déjjrimant  profondément  les  cordons  antérieurs  sur  leur  face 
interne  ;  ils  donnent  à  ce  niveau  un  as])ect  pseudo-caverneux  très  particu¬ 
lier.  Cette  dissociation  en  hauteurdes  lésions  médullaires  et  vasculaires,  le 
fait  (ju'à  la  partie  haute  la’dilatation  prédomine  sur  l'hypertrophie,  semble 
montrer  que  le  processus  vasculaire  est  le  processus  primitif  et  qu’il  dé¬ 
bute  par  la  dilatation  avant  d’aboutir  àrhyperplasiecaractéristique. 

Lu  somme,  les  lésions  très  spéciales  des  vaisseaux  se  résument  ainsi  ; 
endoméso  vascularite  hypertrophiante  et  proliférante  sans  tendanceaucune 
à  l'oblitération  et  à  la  thrombose  par  suite  du  jirocessus  parallèle  de  dilata¬ 
tion  vasculaire  :  intensité  extraordinaire  des  lésions  qui  sont  globales  por¬ 
tant  sur  l’ensemble  des  vaisseaux  extramédullaircs,  persista’nce  des  lé¬ 
sions,  ([uoique  plus  atténuées  et  surtout  à  type  de  dilatation,  à  la  partie 
dor.sale  haute  de  la  moelle  alors  que  les  altérations  médullaires  ont  dis¬ 
paru. 

Il  nous  reste  à  voir  maintenant  quelle  partie  du  système  vascu¬ 
laire  est  particuliérement  atteinte  par  ces  lésions.  Les  colorations  à  l’or- 


/..l  MYÊLlTIi  yÉCROTlQUL:  SCHAIGVE  19 

céine montrent  que  les  lésions  veineuses  sont  au  moins  aussi  importantes, 
smon  plus  que  les  lésions  artérielles,  certaines  artères  se  montrent  en  effet 
parfaitement  saines,  avec  une  lame  élastique  interne  complètement  nor¬ 
male;  Dans  les  lésions  artérielles,  il  semble  que  ce  soit  la  mésartère  qui 
soit  plus  particulièrement  épaissie  :  c’est  ainsi  que  sur  certaines  artères, 
particulièrement  altérées,  on  retrouve  les  débris  de  la  lame  élastique  in¬ 
terne,  proche  de  la  paroi  centrale  du  vaisseau  dilaté  et  laissant  en  dehors 
d  elle,  la  mésarlèréconsidérablcment  épaissie.  Mais,  dans  l’ensemble,  c’est 
surtout  le  système  veineux  qui  est  touché,  semble  t-il  ;  certaines  artères 
sont  également  altérées  ;  d’autres  sont  presque  intactes. 

Nous  avons  considéré  jusqu’ici  les  lésions  du  système  vasculaire  extra¬ 
médullaire.  A  l’intérieur  de  la  moelle  les  lésions  vasculaires  ne  sont  pas 
moins  intéressantes.  Dans  la  zone  marginale,  on  peut  voir  de  loin  en  loin 
penetrer  (juelques  bourgeons  extramédullaires,  présentant  les  mêmes  alté-, 
rations  en  bulbe  d’oignon  caractéristique.  Mais  ([u’on  s’avance  vers  l’in¬ 
térieur  de  la  moelle,  les  lésions  vasculaires  changent,  soit  qu'elles  ne 
soient  plus  réellement  tout  à  fait  identiques,  soit  que  les  vaisseaux  aient 
subi  eux-mèmes  l’influence  du  processus  nécrotique  qui  afrappéla  moelle. 

e  gui  domine,  à  ce  niveau,  c’est  la  dilatation  avec  hyalinisation  des  pa¬ 
rois.  Il  existe,  en  outre,  un  certain  état  tortueux  des  vaisseaux,  car,  on  en 
trouve  un  grand  nombre  au  même  point  de  la  coupe.  Dilatation,  hyalini¬ 
sation  et  prolifération  apparente  donnent  ainsi  des  aspects  tout  à  fait  carac¬ 
téristiques.  Plus  haut,  alors  que  les  lésions  nécrotiques  ont  disparu,  la  di- 
otation  domine,  avec  encore,  en  certains  points,  l’hypertrophie  des  parois 
ot  1  aspect  en  bulbe  d’oignon  caractéristique. 

Enfin,  il  esta  noter  que  les  vaisseaux  des  racines  et  de  la  queue  de  cheval 
Piésentcnt  des  altérations  importantes,  du  même  ordre  que  celles  des 
vaisseaux  extramédullaires. 


—  Elude  du  rexle  du  nevraxe  cl  des  uiscères.  —  Nous  l’avons  vu,  les 
ésions  primitives  sont  limitées  à  la  moelle.  Elles  respectent  même  la 
moelle, cervicale  et  dorsale  supérieure.  Cependant,  au  niveau  de  la  queue 
‘  e  cheval,  un  grand  nombre  de  racines  sont  démyélinisées,  surtout  les  ra¬ 
cines  antérieures  ;  les  cellules  des  ganglions  rachidiens  sont,  par  contre, 
•sensiblement  normales.  Au  niveau  du  bulbe,  en  dehors  d’une  pâleur  mar- 
guée  du  faisceau  latéral  et  de  la  partie  adjacente  du  corps  restiforme,  on  ne 
constate  aucune  lésion.  Les  vaisseaux,  en  particulier  à  ce  uiveau,  sont 
mnes.  L’examen  de  lu  protubérance  du  pédoncule,  du  cervelet  ne 
Montre  aucuue  lésion.  L’exiunen  microscopique  du  cerveau,  pratiqué  en 
erses  régions,  ne  montre  pas  davantage  d’altérations  notables.  Il  en  est 
c  même  du  nerf  optique  (lirg.  2()),  malgré  l’étude  extrêmement  complète 
güi  en  a  été  pratiquée  dans  celui  de  nos  cas  qui  avait  comporté  des  lésions 
papillaires. 

L  examen  . des  imsccVes  n'a  pas  montré  d’altérations  spéciales.  Au  micros¬ 
cope,  le  foie  s  est  montré  complètement  indemne  ;  dans  un  de  nos  cas  où 


eu.  i-oix  ur  ru.  .\i.,uru 


avait  existé  une  albuminurie  assez  imporlanle,  rexanieii  microscopique  du 
rein  montra  des  lésions  de  néphrite,  frappant  à  la  fois  le  glomérule  et  les 
tubes  contournés,  avec  inliltration  massive  pardes  cellules  rondes,  surtout 
mononucléaires,  (ües  lésions  inéi^alement  distribuées  donnaient  l’aspect 
d’une  néphrite  parcellaire.  Dans  aucun  de  ces  organes,  nous  n’avons  noté 
d’altérations  vasculaires  analogues  à  celles  du  névraxe. 


111.  —  Place  ii(>s()lo()i(iiie  de  la  miiélile  nécroliquv  sahaifjiië. 

Il  nous  faut  maintenant  situer  la  myélite  nécrotique  subaigué  dans  le 
cadre  des  myélites  où,  disons-le  tout  de  suite,  elle  nous  semble  devoir 
occuper  une  place  à  ])art.  Il  est  nécessaire  ce])endant,  [)our  bien  préciser 
sa  situation  dans  ce  groupe  nosologique,  de  reprendre  rajiidement  l’hi.s- 
toire  du  groupement  de  ces  alTections. 

Quand  on  parcourt  les  traités  les  plus  récents,  on  est  étonné,  sous  l’ap¬ 
parence  d’une  grande  schématisation,  de  constater  l’imprécision  réelle  qui 
existe  dans  la  connaissance  des  myélites  aiguës  et  subaiguës.  11  y  faut  voir 
deux  raisons  :  l’une  c’est  cpie  le  point  de  vue  anatomique  est  d’ordinaire 
complètement  séparé  du  point  de  vue  clinique,  l'autre  c’est  ([ue  l’étiologie 
des  myélites  aiguës  est  indiscutablement  encore  fort  mal  élucidée  ;  tout  ce 
cpii  n’est  pas  dû  au  virus  de  la  poliomyélite  antérieure  aiguë,  au  trépo¬ 
nème  de  la  syphilis  ou  à  l’agent  présumé  de  la  sclérose  en  platpies  est 
pratiquement  inconnu. 

•L’étude  des  myélites  a  passé,  en  elfet,  par  plusieurs  phases  ;  c’est  d’a¬ 
bord  la  constitution  de  l’entité  nosologique  myélite  aiguë  dont  la  thèse  de 
Dujardin-lleaumetz  marque  une  étape  ;  on  constate  la  constitution  rapide 
d’un  syndrome  traduisant  l’altération  plus  ou  moins  brutale  des  fonctions 
médullaires  aucpiel  correspondent  des  lésions  plus  ou  moins  massives  de 
la  moelle.  Puis  dans  une  deuxième  phase,  (|ui  est  surtout  anatomo¬ 
pathologique,  c’est  l’identilication  dans  la  myélite  transverse  d’un  syn¬ 
drome  do  section  médullaire  et  d’une  lésion  localisée  à  un  ou  plusieurs 
segments  de  l’axe  médullaire  ;  c'est  l’isolement  des  myélites  dilïu.scs,  dis¬ 
séminées  ;  c’est  la  connaissance  des  scléroses  combinées.  Dans  une  autre 
[)hase  enlin,  on  cherche  à  établir  des  personnalités  clini((ues  dans  le  cadre 
des  ,  myélites  et  parfois  une  étiologie  spéciale  vient  compléter  l’indivi¬ 
dualité  de  l’entité  ainsi  établie  ;  cette  ère  est  loin  d’être  close  et  l’an¬ 
cien  cadre  de  la  myélite  aiguë  est  loin  d’avoir  vu  achever  son  démembre¬ 
ment. 

Aussi  la  nosologie  des  myélites  aiguës  reste-t-elle  encore  fort  impré¬ 
cise  ;  ou  bien  tout  est  subordonné  à  la  tQpograj)hie  ou  au  mode  de  répar¬ 
tition  des  lésions  et  l’on  distingue  :  les  myélites  aiguës  systématisées  dont 
le  type  est  la  poliomyélite  antérieure  aiguë,  les  myélites  transverses,  les 
myélites  dilfuses,  les  myélites  disséminées  et  les  scléroses  ou  dégénéra- 


l.A  MVfU.iri-:  .MiCKOTIQlJH  SUHMGVE  '  -’l 

tions  combinées  ;  ou  bien  c'est  l’étioloffie  clinique  (|ui  sert  de  base  au 
classement  ;  ce  sont  les  poliomyélites  aiguës,  les  myélites  aiguës,  et 
siibaiguës  syphilitiques,  les  scléroses  en  plaques  subaiguës,  les  myélites 
aiguës  d’étiologie  indéterminée,  les  myélites  ascendantes,  la  myëloiua- 
lacie. 

Kn  se  rappelant  les  éléments  de  notre  description  anatomo-clinique,  il 
sera  aisé  de  montrer  (pie  la  myélite  nécroti([ue  subaiguë  n’a  que  des  appa¬ 
rences  de  parenté  vague  avec  les  myélites  diffuses  du  premier  ordre  de 
groupement,  et  qu’avec  les  entités  du  second  ordre  de  classement,  à  part 
«[uelques  rapprochements  cpi’il  y  a  lieu  de  signaler  pour  certaines,  on  se 
trouve  devant  une  affection  de  caractères  spéciaux,  à  physionomie  parti¬ 
culière,  qui  mérite  une  place  à  part  et  justilieun  nouveau  démembrement 
dans  le  cadre  des  myélites  subaiguës,  encore  plus  imprécis  que  celui  des 
myélites  aiguës  proprement  dites. 

Nous  serons  brels  sur  les  caractères  ([ui  distinguent  nettement  la  nijé- 
lite  nécrotique  subaiguë  des  poliomyélites,  des  myélites  syphilitiques,  de  la 
sclérose  en  plaques,  du  syndrome  de  Landry. 

Nous  insisterons  surtout  sur  la  différenciation  d’avec  la  ncuromyélite 
optique,  d’avec  la  myélomalacie  et  certains  faits  connexes. 

Lien  cpm  la  myélite  nécrotique  subaiguë  soit  à  base  de  lésions  prédo¬ 
minant  sur  la  substance  grise  et  cpie  l’atrophie  musculaire  constitue  un 
fies  éléments  majeurs  de  sa  svmptomatologie,  elle  est  de  nature  tout  a 
fait  diff'érente  de  ia  poliomijclite  antérieure  aiguë  ;  dans  cette  dernière  affec¬ 
tion,  ie  début  est  d’ordinaire  brutal,  fréquemment  à  symptomatologie 
méningée,  la  paralvsie  est  d’emblée  ilasipie  avec  atrophie  très  vite  com¬ 
plètement  réalisée!^  il  s’agit  d’une  atteinte  pure  de  la  corne  antérieure  ; 
enfin  et  surtout  les  désordres  créés  sont  immédiatement  au  complet  et 
ultérieurement  on  ne  peut  constater  que  leur  régression,  mais  jamais 
cette  progression  lentement  évolutive  (pii  caractérise  l’évolution  de  la 
uiyélite  nécrotique  ;  le  seul  point  commun  est  la  fréquence  d’une  disso¬ 
ciation  albumino-cytologique  du  li(piide  céphalo-rachidien,  comme  nous 
y  avons  insisté,  mais  là  encore,  elle  va  décroissant  au  lieu  de  s’accentuer 
progressivement  comme  dans  la  myélite  nécrotique.  A  vrai  dire,  la  polio- 
uiyélite  antérieure  aiguë  ou  mieux  la  maladie  de  Heine-Médin  n  est  pas 
toujours  aussi  franchement  sy.stématisée  dans  ses  lésions  au  niveau  de 
a  Corne  antérieure  ;  mais  même  (piand  elle  déborde  sur  la  substance 
lanche,  1  atteinte  pj’ramidale  reste  se(Vondaire  dans  le  tableau  de  para- 
ysie  Hasque  atrophique,  les  troubles  sensitifs  restent  modérés  et  portent 
S'irtoul  sur  la  sensibilité  douloureuse  :  même  quand  elle  prend  une  allure 
ascendante,  il  s’agit  alors  d’une  évolution  aiguë,  jamais  de  l’évolutiou  en 
CS  mois,  lentement  progressive,  de  la  myélite  nécrotique.  Les  caractères 
«'iniques  et  évolutifs  constituent  donc  des  rai.sons  importantes  de  séparer 
•a  myélite  nécrotique  des  poliomyélites,  et  il  en  est  de  môme  pour  les 
csions  anatomiques,  surtout  destructives,  alors  ([ue  dans  la  poliomyé- 
ffe  elles  sont  surtout  inflammatoires  et  sclérosantes,  sans  ])arlcr  du  carac- 
tèie  si  différent  des  lésions  vasculaires. 


CII.  l’OIX  ET  ni.  ALAJOUANINE 


Le  rôle  eonsidérable  de  la  syphilis  dans  l’étiologie  des  myélites  mérite 
([ue  l’on  discute  les  rapports  des  myélites  syphilitiques  et  de  la  myélite 
nécrotique.  Il  est  bien  certain  ([u’elle  ne  s’apparente  ni  à  la  myélite  sclé¬ 
reuse  lentement  évolutive  connue  depuis  longtemps  sous  le  nom  de  forme 
d’Erb,  ni  à  la  myélite  à  début  apoplcctiforme  réalisant  un  foyer  de  myé¬ 
lite  transverse  ;  ce  serait  de  certaines  formes  d’atteinte  de  la  moelle  basse, 
à  lésions  souvent  très  intenses,  qu’elle  mériterait  d’ètre  rapprochée  ; 
l’importancè  de  l'amyolrophie  dans  ces  cas,  l’existence  de  dissociation 
albumino-cytologique  importante  et  même  de  syndrome  de  Froin,  sont  les 
deux  points  communs  les  plus  notables  ;  mais  il  faut  souligner  l’associa¬ 
tion  de  signes  radiculaires  surtout  douloureux,  de  début  général  brutal, 
l’absence  d’évolution  comparable  à  celle  de  la  myélite  nécrotique.  Les 
lésions  sont  d’ailleurs  fort  dilTérentes  ;  l'élément  intlammatoire,  à  prédo¬ 
minance  méningée  souvent,  dépasse  l’élément  nécrotique  (jui  prend 
d’ailleurs  dans  ces  formes  l’aspect  caractéristique  de  la  gomme.  Ajoutons 
que  les  lésions  vasculaires  sont  C(jmplétement  différentes  et  que  l'angio- 
bypertropbie  |)roliférantc  de  la  myélite  nécrotique  est  tout  à  fait  spéciale, 
ne  ressemblant  en  rien  à  l’artérite  sy])hilitique.  Les  réactions  humorales 
négatives,  l’écliee  du  traitement  antisypbilitique  confirment  que  la  syphi¬ 
lis  n’est  pas  en  cause  dans  la  myélite  nécroti(|ué,  dont  la  symptomato¬ 
logie,  l’évolution,  les  lésions  dilférent  totalement  de  celles  des  processus 
médullaires  syphilitiques. 

Nous  ne  nous  étendrons  guère  sur  la  sclérose  en  plaques  dont  le  mode 
évolutif,  les  caractères  symptomatiques,  l’intégrité  relative  du  liquide 
céphalo-rachidien,  les  lésions  spéciales  constituent  autant  de  caractères 
complètement  différents  de  ceux  de  la  myélite  nécroti([ue,  dans  la  règle. 
Il  existe  bien  certaines  variétés  anormales  à  évolution  rapide,  dites  formes 
aiguës  de  la  sclérose  en  |)la({ues,  <|ui  peuvent  s’accompagner  de  lésions 
destructives  ;  ([ue  cette  évolution  myélitique  soit  initiale  ou  survienne 
comme  stade  terminal,  s’il  peut  y  avoir  des  atrophies  musculaires  impor¬ 
tantes,  et  même  des  paralysies  fiasques,  les  troubles  sensitifs  ne  sont  guère 
dissociés,  le  liquide  céphalo-rachidien  ne  montre  pas  de  dissociation 
albumino-cytologique  et  surtout  une  série  de  sympLômes,  atteinte  des  voies 
cérébelleuses,  signes  oculaires  ou  de  la  série  bulbaire,  atteste  la  dissémi- 
ation  des  lésions  ([ui  ne  ressemblent  aucunement  à  celles  que  nous  avons 
étudiées  dans  la  myélite  nécroti<|ue. 

Les  trois  grands  groupes  d  atteinte  myélitique  (poliomyélite,  myélites 
syphilitiques,  sclérose  en  pla(iues)  nous  semblent  donc  absolument  difl’é- 
renls  de  la  myélite  nécrotique.  11  en  est  de  même  de  ces  types  de  myélites 
(tiyiiës  d’étiologie  secondaire  ou  d'apparence  ])rimitive  et  dues  à  des  germes 
inconnus  ([ui  se  traduisent  par  un  syndrome  brutal  de  section  médullaire 
plus  ou  moins  complète  où  les  troubles  sensitifs  sont  généralement  mas¬ 
sifs,  les  troubles  sphinctériens  et  trophiques  intenses,  l'atrophie  muscu¬ 
laire  modérée;  le  liquide  céphalo-rachidien  offre  là  aussi,  assez  l’ré- 
([uemment,  une  dissociation  albumino-cytologique  importante.  Mais 
l’évolution  est  complètement  dilîérentc  ;  elle  est  franchement  aigue,  ou 


LA  MYÉLITE  NÉCKOTIQUE  SUBAIGUE 


23 


régressive  laissant  des  sé(|uelles  graves  ou  aboutissant  à  la  mort  en 
quelques  semaines;  les  lésions  sont  celles  de  la  myélite  transverse  ou' 
parfois  elles  sont  fort  étendues,  plus  ou  moins  diffuses,  mais  surtout  à 
type  d  infiltration,  plus,inflammatoires  que  destructives.  Ces  types  de  myé¬ 
lites  aiguës  sont  donc  fort  différents  du  point  de  vue  anatomo-clinique 
de  la  myélite  nécrotique,  bien  que  le  côté  étiologique  encore  embryon¬ 
naire  de  nos  connaissances  à  leur  sujet  ne  permette  pas  d’alïirmer  qu’une 
même  cause  ne  puisse  pas  agir  tantôt  en  donnant  un  syndrome  myélitiquc 
mgu,  tantôt  une  évolution  subaiguë  analogue  à  la  myélite  nécrotique,  ce 
qui  semble  cependant  peu  probable. 

Les  mêmes  considérations  qui  s’appliquent  aux  rapports  des  myélites 
aiguës  et  de  la  myélite  nécrotique  peuvent  être  offertes  à  propos  des  rap¬ 
ports  de  cette  dernière  et  des  syndromes  médullaires  ascendants  fort 
divers  que  l’on  réunit  sous  le  nom  de  maladie  de  Landi’ÿ..  Ce  qui  réunit 
dans  un  môme  groupe  ces  syndromes  qui  vont  de  manifestations  polyné- 
Vntiques  à  des  myélites  globales,  en  passant  par  des  types  poliomyéli¬ 
tiques  purs,  c’est  leur  évolution  ascendante  avec  terminaison,  le  plus  sou¬ 
vent  fatale,  par  des  troubles  respiratoires  dus  à  l’atteinte  des  centres  phré¬ 
niques  ou  par  des  troubles  bulbaires.  Il  y  a  là  des  faits  forts  divers,  cei'- 
tainement  d'étiologie  variable  dont  on  voit  que  la  parenté  avec  la  myélite 
nécrotique  n’est  que  grossière  et  basée  uniquement  sur  l’ascension  des 
signes.  En  effet,  ces  syndromes  ascendants  sont  aigus  ou  en  tout  cas 
subaigus._  rapides,  alors  que  dans  la  myélite  nécrotique  l’évolution  est  très 
untemeht  ascendante,  ne  dépasse  pas  la  moelle  dorsale  dans  nos  cas.  Les 
niemes  réserves  d’ordre  étiologique  que  nous  faisions  pour  les  myélites 
aiguës  valent  ici. 

Si  la  myélite  nécrotique  est  certainement  fort  différente  des  diverses 
a  ections  niyélitiques  ([ue  nous  venons  d'envisager,  il  nous  faut,  par  con- 
fra,  discuter  plus  étroitement  ses  rapports  avec  des  affections  médullaires 
ï’ui’es,  avec  lesquelles  elle  olfre  plus  d'un  point  de  comparaison,  la  neuro- 
luyélite  optique  aiguë,  les  myélomalacies. 

Neurom^élite  optique  aigne  (1)  est  une  entité  clinique  fort  curieuse 
qur  semble  ou  mal  connue  ou  non  placée  dans  le  cadre  particulier  qu’elle 
luérite  par  le  plus  grand  nombre  des  auteurs.  Cette  affection  a  été  iden- 
^  leeen  1894  par  E.  Dévie  qui  lui  donna  son  nom  et  inspira  à  son  élève 
^aultune  thèse  qui  constitue  le  premier  travail  d'ensemble  sur  ce  sujet 

réunit  17  observations  :  l’association  de  névrite  optique  et  de  myélite 


thèses  hibliographie  de  la  Neuromyélile  optique  aiguë  dans  tes  trois 

NeuromvArJ'*'®®  -  Gault.  Neuromyélite  optique  aiguë.  Thèse  de  Lijon,  1895  ;  Faure, 
aiguë  aiguë.  Thèse  de  Lyon.  1903,  Million.  La  neuromyélite  optique 

iieuromvAiH„“®  Paris,  1907.  Depuis  nous  citerons  :  Acchiotte  Peppo.  Sur  un  cas  dé¬ 
çois  et  r  «l,  “Pi'iqa®  subaiguë  ou  maladie  de  Dévie.  Pevue  neurologique,  1907  ;  Lan- 
Syndromo  i’jeuromyélite  optique  aiguë.  Lqon  médical,  1908  ;  De  LaPersonne. 

aeuroloainn  °ioi”i  optique  associé  à  la  myélite  :  ophtalmo-neuromyélite.  Ftevue 
une  névrit»  et  Johnson.  Un  cas  de  polio-encéphalomyélite  associée  à 

«t  néphrite  et  myocardite.  Fevue  neurologique,  1913;  A.  Devic 

piques  fit  ■  J;,^*ir°rny®‘ite  optique  aiguë.  Persistance  anormale  des  séquelles  neuroio- 
9ue8  et  oculaires.  Lyon  médical,  1925. 


1 


m  cil.  FOIX  ET  ru.  .\l,.\.J()i  .\.\l.\E 

avait  etc  en  elïcl  ilojà  remai-f|iiée  des  1(S70,  par  (’lifldrd  All)iilt,  puis  par 
Stcphan  t'ii  liS7t);  en  188!),  Acliard  et  (îuinon  publiaient  déjà  une  très  belle 
ol)servation  anatomo  elini(|ue  avec  description  bistoloj^'itpie  fort  complète. 
13epuis  la  syntbèse  de  Dévie,  il  faut  signaler  les  travauv  d’ensemble  de 
Katz  (181).')),  de  James  Taylor  et  James  (Collier  (1901),  de  lîielsebowsky 
(1001),  les  très  intéressantes  observations  de  Wcill  et  Ciallavardin  (100;5), 
de  Hrissaud  et  lîrèey  (1004i  ;  enlin  le  dernier  travail  d’ensemble  récent, 
la  thèse  d'Ilillion  (1007)  ;  depuis  des  observations  éparses  (rAecbiole 
l’eppo,  Laignel-Kavastine  et  Troisier,  [..annois  et  (lautbier,  de  La|)cr- 
sonne,  A.  Devie  et  (lenet  n’ont  pas  suscité  de  nouveaux  travaux  généraux 
sur  cette  alTeelion  dont  la  cpiestion  de  la  |)arcntc  possible  avec  certains 
cas  de  sclérose  en  phupies  aigue  était  posée  en  1024  par  (îeorges  (iuillain 
dans  son  rapporta  la  Réunion  Neurologi(|ue  (1). 

(’e  i|ui  caractérise  cette  aiïeetion,  c’est  l’association  aux  symptômes 
d’une  myélite  aiguë  des  signes  d’une  névrite  o|)ti([ue  aiguë  avec  cette  par¬ 
ticularité  (juc  le  i)lus  souvent  les  alïeetions  évoluent  suivant  un  cycle 
identi(|ue. 

Les  symptômes  myéliti(iucs  sont  généralement  ceux  d’une  paraplégie 
llas(|ue  (pii  peut  devenir  ultérieurement  spasmodiipie,  soit  ceux  d’une 
[laraplégie  d’emblée  spasmodiipie  ;  les  symptômes  opticpies  sont  ceux 
d’une  névrite  du  ty|)e  papillitc,  plus  rarement  ceux  d’une  névrite  rétro- 
bulbaire.  L’évolution  est  tantôt  l•ésolutive  tantôt  ])rogrcssive,  et  la  termi¬ 
naison  par  symptômes  bulbaires  est  frécpiente.  Lorscpi’il  existe  une  rétro¬ 
cession,  à  la  ])base  de  résolution  il  est  Irécpient  d’observer  des  ])araplé- 
gies  spasmodicpies  où  domine  l’importanec  des  atrophies  musculaires. 
Les  renseignements  fournis  sur  l’état  du  licpiide  eépbalo- rachidien  sont 
assez  variables  ;  riiyperalbnminosc  y  est  assez  frécpiente.  mais  en  général 
associée  à  une  lymphocytose  également  importante  ;  dans  un  cas  cpic 
nous  avons  observé  il  existait  une  dissociation  albumino  eytologicpie  con¬ 
sidérable. 

Les  lésions  de  la  neuromyélitc  opti(pie  sont  essentiellement  dilVuses, 
prédominant  sur  la  substance  grise,  mais  atteignant  largement  la  sub¬ 
stance  blanebe  et  toujours  de  ra(,'on  intense  les  méninges.  Les' lésions  res¬ 
tent  superlicielles,  beaueou]i  plus  inllammatoircs  (pie  destructives  ;  l’in- 
liltration  lymphocytaire  est  intense,  accompagnée  de  cellules  chargées  de 
produits  de  désintégration  (pii  se  groupent  parfois  en  amas  épithéloïdes 
(pie  Weill  et  (îallavardin  ont  cru  caractéristi(pies  du  iiroccssus.  Au  niveau 
du  nerf  opti(pie,  on  note  d’ordinaire  une  dégénération  myélini(pie  massive 
avec  inliltration  cellulaire. 

Il  s’agit  donc  d’un  syndrome  fort  particulier  et  (pii  mérite  iiarfaitenient 
jusipi’à  nouvel  ordre,  jusipi’â  ce  cpie  nos  connaissances  étiologiipies  con- 

(I)  l)i'|niis  la  l■l'Mln(Jl  iiiii  (le  ce  li'iiNiiil,  miiiin  (“-1  |iai'M'iiii  an  inli'i'cssaiil  nu'aiiiiiri'  do. 
Doc  liai  lino  qui  a  oiiln'|iris  sur  iiii  iniiivoan  cas  anal  iiiiiii-oliniqiio  ilo  nonnimyolilo  iqil  iipio 
ail'iii'  dos  l■ooll0l■ollos  o\|ioi'inionlalos  (|iil  lui  |iorniollonl  do  nipproolior  oorlains  cas 
do  oollo  ari'ooliiin  do  oorlainos  \iiiiolés  do  inHi-axilo  opidi'niiicpio.  I )l■■,(alA^  Ml'.  Oplico- 
noniainiyolilo  aitrnià  t tooliorolios  oxporinionlatos.  lùlilinns  ilii  xn'i'ii'i' j)huliiiji iipUiijiU', 
lie  V  ! iiiii'i'rsili'  ttv.  I.ijdii,  l'.l'.’li,  \  i)ir  ('•palonionl  l'nix,  oxposi'i  do  lili'os,  lll'.J.'t,  p.  IHS. 


LA  MVIUJTL  NliCUOTIOUli  SUBAIGUL  iô 

cernant  les  myélites  soient  moins  rudimentaires,  d’être  individualisé. 
Voyons  les  rapports  qui  existent  entre  la  myélite  nécrotique  et  la  neuro- 
'nyélite  optique.  Nous  rappelons  que  dans  le  second  de  nos  cas,  il  existait 
une  névrite  opticpie  développée  en  môme  temps  que  le  syndrome  médul¬ 
laire,  caractérisée  par  une  papillite  avec  réduction  notable  de  l'acuité  vi¬ 
suelle  et  dont  l’évolution,  cependant,  ne  s’accentua  pas  notablement  avec 
les  progrès  delà  myélite.  C’est  là  un  fait  qui  doit  faire  discuter  complète¬ 
ment  la  question  du  rapport  des  deux  affections.  Nous  croyons  qu’il  n’y  a 
pas  d’autre  analogie  que  celle  que  nous  venons  de  signaler,  l’existence  de 
cette  papillite  dans  un  de  nos  cas.  Tout  le  reste  du  syndrome  myélitique 
est  totalement  différent  comme  nous  y  avons  insisté  à  propos  des  myélites 
aiguës  dont  la  neuromyélite  opticpic  offre  le  tableau  médullaire.  Seule  la 
dissociation  albumino-cyto]ogi([ue  nous  paraît  un  point  commun  et  nous 
avons  déjà  souligné  (|u’elle  est  d’ailleurs  souvent  régressive  dans  les 
myélites  aiguës  ;  c’est  le  cas  ici,  sans  com])ter  que  l’hyperalbuminose  s’ac¬ 
compagne  souvent  de  lymphocytose  Quant  aux  lésions,  elles  sont  essen¬ 
tiellement  différentes  ;  comme  nous  l’avons  souligné,  les  lésions  de  la 
neuromyélile  optique  sont  surtout  inflammatoires,  sans  la  topographie 
spéciale  de  la  myélite  nécrotique,  et  surtout  sans  la  tendance  éminemment 
estructive  de  cette  dernière,  sans  parler  de  la  différence  totale  des  alté¬ 
rations  vasculaires.  Si  nous  ajoutons  que  dans  la  neuro  myélite  optique 
terminée  par  la  mort,  le  nerf  optique  est  en  général  le  siège  d’une  dégé- 
neraUon  myélinique  intense  avec  infiltration  cellulaire,  et  que  dans  notre 
cas,  il  était  rigoureusement  normal,  on  comprendra  que  les  rapports  des 
eux  affections  méritaient  certes  d’être  discutés,  mais  qu’il  nous  paraît 
qu  elles  sont  essentiellement  différentes. 

n  dernier  groupe  de  faits  doit  encore  être  rapproché  de  la  myélite 
necrotique,  c’est  celui  des  niiyé/o  mo/ac/es.  Il  s’agit  là  de  faits  fort  dispa¬ 
rates  et  assez  mal  connus,  s'ils  ont  donné  lieu  déjà  de  longue  date  à  plus 
^^une  étude.  On  y  trouve  les  observations  les  plus  diverses  allant  depuis 
CS  myélites  transverses  avec  oblitération  d’un  vaisseau  médullaire  par 
un  processus  d  artérite  infectieuse,  parfois  d’embolie,  jusqu’à  des  faits  de 
tels^°**^  ™cdullaire  au  cours  de  l'artério-sclérose  des  vaisseaux  spinaux, 
es  premiers  cas  rapportés  par  Démangé  (1).  en  passant  par  des  cas  de 
up  egies  dans  la  maladie  des  caissons,  de  paraplégies  par  compression 
^u  O  )  itération  de  l’aorte  abdominale  dont  misait  que  la  compression 
^xpeiimentale  réalise  une  nécrose  de  la  ,moelle  inférieure,  (iliniqucment, 
c  qui  caractérise  en  général  les  myélomalacies,  c’est  le  début  brutal  du 
venH°™^  niédullaire,  l'absence  de  phénomènes  infectieux  et  assez  sou- 
varë  ‘^cs  signes;  pour  le  reste  on  peut  obserycr  toutes  les 

‘  lés  d  atteinte  médullaire.  11  en  est  de  même  au  point  de  vue  anato- 
^cul  lait  notable  est  l’existence  de  plages  de  nécrose  qui  ne 
pus  sans  analogie  avec  celles  (|ue  nous  avons  décrites  dans  la  myé- 


20 


677,  i<'OL\  HT  TH.  ALA./OL'A.MNH 


lite  nécroti([ue,  mais  n’ont  ni  les  mêmes  caractères  topographiques,  ni 
surtout  l’extraordinaire  intensité:  il  s’agit  au  fond  d’une  lésion  assez 
banale  au  cours  des  myélites  <|ue  ces  «  Herdnekroze  »  des  auteurs  alle¬ 
mands,  de  même  que  les  dilatations  vasculaires  ne  sont  pas  exception¬ 
nelles,  associées  ou  non  à  la  thrombose,  au  cours  des  myélites  suhaiguës, 
comme  l’ont  indiqué  Raymond  et  Gestan  et  comme  en  offrait  un  re¬ 
marquable  exemple  un  cas  récent  de  P.  Van  (iehuchten  (J)  où  par  ailleurs 
le  tableau  clinique,  roxamen-du  liquide  céphalo-rachidien  et  le  reste  de 
l’examen  anatomique  montraient  des  différences  capitales  dîavec  nos  cas 
de  myélite  nécrotic|ue.  Enfin  les  lésions  vasculaires-  si  spéciales  d’angéite 
hypertrophi{|uc  proliférante  sur  lesquelles  nous  avons  insisté  n’ont  été  ren¬ 
contrées  nulle  part  à  notre  connaissance.  Nous  avons  souligné  enfin  que 
s’il  y  a  dilatation,  il  n’y  a  pas  thrombose  dans  nos  cas  et  ces  caractères 
anatomiques  capitaux  joints  au  syndrome  clinique  si  différent  nous  font 
repousser  toute  parenté  entre  les  myélpmalacies  et  la  myélite  nécrotique. 
Nous  signalerons  cependant  quelques  faits  fort  curieux,  proches  de  la  myé- 
lomalacie  et  à  évolution  ascendante,  qui,  malgré  cette- évolution  extensive, 
nous  semblent  également  à  différencier  de  la  myélite  nécrotique.  Un  cas 
de  Wyss  (2)  est  d’intérêt  secondaire,  car  il  concerne  un  fait' de  myélite  hé- 
morragifjue  due  à  une  thrombose  veineuse  au-dessous  d’une  tumeur;  la 
thrombose,  consécutive  à  la  compression  néoplasique,  donna  lieu  à  un  syn¬ 
drome  myélitique  ascendant.  Dans  un  cas  de  Sachs  (3),  c’est  a  une  throm¬ 
bose  artérielle  d’apparence  spontanée  qu’était  due  une  myélite  à  évolution 
aiguë  sur  la(|uelle  les  renseignements  sont  malheureusement  très  incom¬ 
plets.  Fort  intéressant,  est  un  fait  rapporté  par  Schlapp  (4)  qui  concerne, 
un  homme  qui  présenta  une  paraplégie  d’abord  spasmodique  avec  réflexes 
exagérés,  signe  de  Babinski  bilatéral,  hypoesthésie  dans  le  territoire  sacré 
et  qui  rapidement  progressa  ets’aggrava,  sans  fièvre,  donnant  une  paralysie 
totale  des  membres  inférieurs  avec  abolition  secondaire  des  réflexes, 
ascension  des  troubles  sensitifs  jusqu’en  D  3,  puis  mort  en  un  mois,  avec 
troubles  respiratoires  après  atteinte  discrète  des  membres  supérieurs.  R 
existait  à  l’autopsie  une  moelle  très  vascularisée  d’aspect  hémorragique 
avec  un  ])rocessus  destructif  de  type  né.croti(|ue  allant  de  la  moelle  sacrée 
jusqu’à  la  moelle  cervicale  et  s’accompagnant  d’hémorKigies  ;  le  fait  re- 
maniuable  était  l'existence  d’une  thrombose  veineuse  extensive  portant 
non  seulement  sur  les  vaisseaux  médullaires,  mais  également  sur  les  vais¬ 
seaux  méningés  et  radiculaires.  Ajoutons  ([ue  l’afTection  s’était  développée 
après  une  ablation  testiculaire.  L’aspect  de  ce  cas  est  certainement  assez. 


(1)  Paul  Van  (lEHuciiXF.nN.  Un  cas  de  myélite  diffuse  à  symploinalologie,  de  com- 
|.i-i-ssion  médullaire.  Etude  anatomo-pathologique.  Journal  de  neurolonic  de  Bruxelles, 
11120. 

(2)  AVyss.  llœmorragischo  myelitis  und  Phlebotlirombose  des  Kückenmarkes. 
iJeiüsch.  Med.  Woehensrh.,  1898. 

Sachs.  Sonic  -unusuals  forms  of  acutc  myoliti.s.  AViw  York  Medical  journah 

(4)  SuiiLAi’P.  A  case  of  a.scending  myelmnalaeia,  caused  tiy  progresaing  venous 
llii'ombosis.  New-York  medical  Journal.  1900, 


i.A  MYiiLiTK  y^:cn<>riQurc  stinAiavE 


27 


proche  de  nos  observalioiis  de  myélite  nécroli(|ue,  par  la  transformation 
d  une  paraplégie  spasmodique  en  paraplégie  llasqiie,  par  l’ascension  et 
1  extension  des  troubles,  par  l’importance  du  processus  nécrolH|ue  d’ori¬ 
gine.  vasculaire.  Fort  dilTérente  cependant  est  l’évolution  (|ui'ne  dura 
pas  même  un  mois,  et  surtout  les  lésions  (|ui  sont  de  l’ordre  de  la  throm¬ 
bose  sans  épaississement  vasculaire,  avcCr  à  l’intérieur  des  champs  nécro¬ 
sés,  des  hémorragies  importantes  ;  cette  myolomalacie  ascendante  aurait 
pu  cependant  évoquer  l'image  du  .syndrome  très  raccourci  de  la  myélite 
nécrotique  et  l’étiologie  vasculaire  est  un  point  de  comparaison  ((ui  est 
fort  suggestif,  si  la  nature  des  deux  alTections  nous  semble  complètement 
différente. 

Au  terme  de  cette  revue  des  syndromes  myéliti<(ues  où  pourrait  être 
rangée  la  myélite  nécroti(|ue  nous  voyons  donc  que.  dans  les  divers  pro¬ 
cessus  inflammatoires  ou  vasculaires,  elle  doit  occuper  une  place  à  part 
que  lui  confèrent  à  la  fois  sa  symptomatologie  clinique,  son  évolution  parti¬ 
culière  et  ses  lésions  si  spéciales. 


IV.  —  Diagiioslic. 

Les  éléments  symptomatiques  de  l’alTeclion  que  nous  avons  étudiée 
constituent  un  ensemble  assez  caractéristique  :  l’évolution  parallèle  et 
progressive  de  la  paralysie  et  de  ramyotro|)bie,  la  topographie  et  la  mar¬ 
che  ascendante  de  ces  troubles,  l’association  de  troubles  sensitifs,  au  début 
issociés,  l’allure  subaiguë  de  la  maladie,  forment  un  tableau  clinique  (pii 
U  est  reproduit  par  aucune  alïection  médullaire. 

L  importante  dissociation  albumino-cytologique  (pie  révèle  la  ponction 
omhaire,  si  elle  ])eutévoquer  certaines causesd’erreurs,  tend, aucontraire, 
en  éliminer  certaines  autres.  C’est  ainsi  (pi’en  dehors  delà  ponction  lof"- 


uu  pourra  être  amené  à  penser  à  la  syphilis  médullaire,  à  la  sclérose 


^téiale  amyoirophi(|ue,  à  une  lésion  des  nerfs  de  la  queue  de  cheval,  voire 
menie  à  la  syringomyélic  •,  tandi.s  (pi’unc  fois  connus,  les  ré.sul  tats  de 
examen  du  liquide  céphalo-rachidien  pourraient  faire  pen.scr  à  cerlai- 
ne^variétés  de  poliomyélites,  mais  surtout  à  une  compression  médullaire. 

'’*^n’lil‘^'  les  paraplégies  siiplülitiques  ne  raiipellenl  que  de  très  loin  la 
d^E^/^  nécrotique.  Celle-ci  évolue  plus  rapidement  que  la  paraplégie 
forn  *  **^n  début  est  plus  lent  que  celui  de  la  myélite  à  début  apoplecti- 

sur"]^  est  vrai  que  l’on  peut  dans  la  syphilis  observer  des  amyotrophies 

nsquelles  M.  Léri,  notamment  a  récemment  insisté.  Mais  leur  topo¬ 


graphie  I 


est  pas  nettement  superposée  au  territoire  paraplégique  et  l’évo- 


lutio  *  ‘'eiiemeni  superposée  au  terriioire  pa 

■on  des  deux  afl’eclions  est  complètement  diflércntc. 
dent^^*"**  •'■'/"dromes  de  laqnem  de  cheval  d  origine  syphilitique  (|ui  rèpon- 
dav  ^"‘'*®ndquement  à  une  méningite  gommeuse  du  cul-de-sac  pourraient 
coces  change  ;  les  phénomènes  amyotrophiques  y  sont  pré- 

cs  et  a  ponction  lombaire  donne  un  liquide  très- riche  en  cellules,  mais 


eu.  ET  TU.  .{LA.IOIAEIE  E 


encore  plus  riche  en  alhumine,  réalisant  le  syndrome  de  Froin.  Mais  en 
pareil  cas,  ramyolropliic  précède  la  parapléf'ie,  et  en  second  lien,  les  réac¬ 
tions  hiologicpies  sont  toujours  positives.  Enlin  les  troubles  sensitifs, cpiand 
ils  existent,  ne  ])résentent  pas  le  caractère  dissocié,  et  les  phénomènes 
pyramidaux  sont  tardifs  ou  absents,  au  deuxième  |)lan. 

La  sclérose  latérale  amijotrophique^  quand  elle  se  présente  sous  son  type 
pseudo-polynévritique,  peut  constitucrégalement  une  cause  d’erreur,  puis- 
([u’elle  réunit  la  paraplégie,  l’amyotrophie,  la  marche  suhaigué.  Mais, 
en  général,  on  trouve  d’autres  signes  à  distance  de  sclérose  latérale  ; 
ensuite,  il  n’y  a  pas  de  troubles  sensitifs  ;  même  à  la  période  la  ])lus 
avancée  de  la  malaclie,  l’airection  se  j)résente  heaucou|)  jjlus  comme 
une  amyotrophie  c[ue  comme  une  paraplégie,  il  n’y  a  pas  de  troubles 
sphinctériens  ;  le  licpiide  cé])halo-rachidicn  est  pratif[uement  toujours 

11  en  est  de  m&mc  des poliomijéliles  antérieures siibaigaës,  qui  rejjroduisent 
au  fond  le  tableau  d’une  sclérose  latérale  amyotro()hi([ue,  à  marche  galo- 
I)ante,  sans  signes  pyramidaux. 

'riiéoriquement,  une  sijrinqomyélie  de  la  région  lombo-sacrée  pourrait 
donner  une  symptomatologie  assez  analogue;  en  réalité  l’évolution  complè¬ 
tement  dilférente  et,  au  besoin,  l’étude  du  licpiide  céphalo-rachidien  sulli- 
raientà  éliminer  un  diagnostic  qui  ne  pose  même  pas.  Il  en  est  de  même 
pour  la  sclérose  en  plaques,  les  scléroses  combinées,  etc. 

f„a  poliomiiélite  antérieure  lûgaë  peut  donner  pendant  ([uehjue  temps  une 
dissociation  alhumino-cytologi([ue  <]ui  est  parfois  assez  imi)ortante. 
Nous  n’avons  pas  besoin  de  ra|)|)eler  les  caractères  d’évolution,  de  topo¬ 
graphie,  d'absence  des  troubles  sensitifs  qui  permettent  aisément  le  dia¬ 
gnostic. 

En  réalité,  seules  \c.v,  compressions  médullaires,  aussi  bien  le  mal  de  Fott 
(pic  les  tumeurs  juxta-médullaires,  constituent  une  dilïieulté  véritable.  On 
y  retrouve  non  seulement  des  modilieations  du  licpiide  céphalo-rachidien 
très  analogues,  mais  encore  la  paraplégie,  l’amyotrophie,  les  troubles  sen¬ 
sitifs.  Iv’évolution  même  n’est  pas  sans  analogie  et  c’est  dans  des  délais 
analogues  à  ceux  d’une  paraplégie  par  compression  potlicpie  (|ue  nous 
avons  vu  dans  nos  cas  s’installer  les  phénonièmes  paraplégiques.  La  grande 
dilférence  clini([ue,  en  réalité,  résulte  de  la  marche  ascendante  des  phé¬ 
nomènes  ;  (piand  dans  une  compression,  il  se  produit  des  phénomènes 
amyotroi)hi([ues.  ils  déiiendent  en  général  des  lésions  radiculaires  ou  mé¬ 
dullaires  en  rapport  avec  la  compression  et  se  trouvent,  par  conséquent, 
situés  au-dessus  des  phénomènes  [lyramidaux.  Demémelcs  troubles  sensi¬ 
tifs  ont  une  tendance  à  prendre  d'emblée  toute  leur  extension  en  hauteur, 
et  l’on  peut  même  voir  les  territoires  des  racines  inférieures  res|)cctées  ; 
ici  au  contraire  aussi  bien  les  troubles  amyotroplLupies  (jue  les  troubles  sen¬ 
sitifs  débutent  jiar  la  partie  inférieure  et  l'on  assiste  à  une  sorte  de  marée 
lentement  progressive  où  cheminent  les  premiers,  les  phénomènes  pyrami¬ 
daux,  puis  les  phénomènes  amyotro[)hi(|uts  puis  les  phénomènes  sensitifs, 
dette  topographie  des  phénomènes  amyotrophiipies  au  dessous  des  phéno- 


LA  MYÉLITE  NÉCHOTIOI  E  Si  llAIGVE 


mènes  pyramidaux  cadre,  comme  nous  venons  de  le  dire,  avec  l’existence 
une  lésion  intramédullaire.  Ce  n’est  pas  tout  d’ailleurs,  et  en  réalité,  dès 
le  début,  les  |)hénomènes  amyotrophiques,  très  vite,  im])osent  l’idée  d’un 
processus  destruclir  ;  si.  dans  le  comi)lexe  paraplégie-amyotroidiie,  il  y 
avait  trop  de  paraplégie  pour  une  sclérose  latérale,  ici,  il  y  a  Iropd’amyo- 
trophie  précoce  pour  une  compression.  Ajoutons  que,  si  l’évolution  dans 
le  temps  rappelle  assez  celle  du  mal  du  Potl,  elle  est  manifestement  i)lus 
rapide  que  celle  des  tumeurs  juxta-médullaires  :  ainsi  ;  dans  la  réalité,  le 
tliagnostic  se  montre  assez  facile,  et  dans  nos  deux  cas,  s’était  imposé,  à 
tel  point  que,  malgré  l’absence  de  l’épreuve  du  lipiodol, on  n’avait  songé  ni 
dans  1  un  ni  dans  l'autre  à  une  intervention.  Notonscpie  dans  l’un  des  deux 
eas,  les  ponctions  haute  et  basse  n’avaient  pas  montré  de  différence  mar- 
ciuée  entre  les  deux  liquides.  Il  va  de  soi  que  l'épreuve  du  lipiodol  four¬ 
nirait  un  dernier  et  important  argument  différentiel. 

Resterait,  évidemment,  l’hypothèse  d’une  liimeur  intramédullaire  du 
renllaeement  lomho  -sacré.  Hn  dehors  des  renseignements  que  pourrait 
lournir  l’épreuve  du  lipiodol,  1  évolution  ascendante  des  phénomènes 
paraplégiques  et  l’importance  de  leur  étendue,  par  rap])ort  à  l’amyo¬ 
trophie,  nous  paraissent  devoir  constituer,  en  pareil  cas,  l’argument 
décisif. 

Si,  somme  toute,  le  diagnostic  de  myélite  ainsi  s’im])ose,  leur  différen¬ 
ciation  peut  se  présenter  sous  les  espèces  suivantes  :  11  s’agit  d’une  myélite 
avec  dissociation  alhumino-cytologique  ;  quelle  est-elle  ? 

^ès  les  premières  recherches  sur  la  dissociation  alhumino-cytologique. 
nous  avions  constaté  qu’on  pouvait  l’observer  à  la  phase  aigue  de  certains 
cas  de  poliomyélite.  Dejiuis  lors,  on  a  vu  que  cette  dissociation  pouvait 
s  observer  parfois  de  façon  assez  prolongée,  non  seulement  au  cours  de 
la  maladie  de  Heine-Médin,  mais  encore  dans  quelc[ues  cas  de  myélite 
aigué  ou  suhaiguë  diiricileinent  classahles  :  enlin  nous  l’avons  observé  dans 
“"  cas  de  neuromyélite  opti(|ue. 

-la  dillicultéde  diagnostic  ainsi  soulevée  n’est,  en  réalité,  pas  considérable  : 
en  présence  d’une  dissociation  alhumino-cytologique  franche,  si  le  reste 
“  ^^l^lcau  clinique  ne  confirme  pas  le  diagnostic  de  compression  et  se 
présente  sous  les  apparences  d’une  myélite  à  tendance  plus  ou  moins 
aiguë,  le  clinicien  devra,  croyons-nous,  attendre  et,  au  bout  de  trois 
seinaineS’  pratiquer  une  nouvelîe  ponction  lombaire.  Celle-ci  montrera, 
s  agit  d  une  coin  jiression,  une  alhuminosé  persistante  ou  accrue;  s’il  s’agit 
une  des  variétés  de  myélites  ou  de  poliomyélites  auxquelles  nous  faisons 

usion  une  alhuminosé  en  décroissance  ou  nulle. 

Ici  cela  n  est  pas  le  cas  dans  la  myélite  nécrotique  à  marche  suhaiguë. 
’  ““  ‘contraire,  l’hyperalhuminose  s’est  montrée  dans  les  deux  cas,  à 
arc  e  rapidement  progressive,  atteignant  les  deux  fois  des  taux  consi- 

ou  d  *1“  un  n’observe  |)ratiquement  jamais,  en  dehors  des  compressions 
es  méningites  gommeuses  du  cul-de-sac.  Ainsi  la  dis.sociation  alhu- 
iino  cytologique,  loin  de  susciter  une  nouvelle  dilliculté,  constitue  un 
es  cléments  importants  du  diagnostic. 


30 


CH.  FOIX  ET  TH.  ALAJOVAXINE 


V.  — Patho<jènie  et  Eliolofjie. 

Rien  n’est  plus  facile  (|uc  d’cssayercle  superposer  les  lésionsde  la  myélite 
nécroti(|ue  et  les  symptômes  clinicpies  auxc|uels  elles  ont  donné  lieu  ;  on 
ne  peut  c|u’alK)utir  à  une  concordance  anatomo-clini(|uc  parfaite. 

(Test  ainsi  (jue  l’intensité  des  lésions  nécroti([ues  au  niveau  des  cornes 
antérieures  de  la  substance  grise  explicpie  l’importance  que  revêt  l’amyo- 
tropliiedans  le  syndrome  clini(pie.  Lalésion  iiiyéliticpie  sus-jacente  à  la  zone 
nécroticpie  cxi)lic[ue  i)our(iuoi  les.])liénomcnes  para[)légiques  et  les  troubles 
(lyramidaux  [)i’écédenl  dans  le  temps  et  dans  l’csimce  les  phénomènes  amyo- 
tropbi(|ues.  La  |)rédilection  des  lésions  pour  la  substance  grise  exjjlique  la 
dissociation  syringomyéliipie  des  troubles  sensitifs.  De  même  l’aspect  des 
lésions  diHérentcs  en  bauteur,  s'étageant  en  ty|)e.s  divers  suivantle  niveau, 
cx|)li([uent  <|u’on  observe  en  hauteur  des  ])bénomènes  myélititiues  de  plus 
en  plus  marqués  qui  finalement  dans  la  zone  lombo-sacrée  aboutissent  à 
des  phénomènes  traduisant  Ja  nécrose.  Il  n’est  pas  jusciu'à  la  dissociation 
albumino-cytologi(|ue  (ju’il  ne  semble  guère  douteux  d’attribuer  à  l’inten¬ 
sité  tics  lésions  vasculaires. 

Si  maintenant  nous  envisageons  la  (juestion  du  mode  évolutif  des  lésions 
et  la  patbogénie  du  processus  lésionnel,  un  fait  nous  paraît  inliniment  pro¬ 
bable  ;  c’est  (pie  les  lésions  vasculaires  doivent  précéder  les  lésions  myé- 
litiqiies.  Outre  leur  extiaordinaire  importance  et  le  fait  (pie  cette  impor¬ 
tance  est,  dans  une  certaine  mesure.  |)roportionnelleà  rintensiité  des  lésions 
médullaires,  on  peut  dire  cpie  rexamen  des  coupes  en  donne  une  preuve 
prescpic  absolue  en  montrant  à  la  partie  liante  (moelle  dorsale  supérieure) 
des  vaisseaux  nettement  altérés  alors  cpie  la  moelle  à  ce  niveau  est  saine, 
ün  lient  donc  dire,  cpie,  somme  tcnile,  les  lésions  vasculaires  entraînent  les 
lésions  médullaires  par  les  troubles  circulatoires  qu’elles  engendrent, 
mais  cpi'il  serait  peut-être  imprudent  de  ne  voir  dans  les  lésions  myé- 
litiques  qu’un  simple  phénomène  d’i.scbémic,  car,  d’une  part,  les  lésions 
veineuses  sont  plus  iniportanlescpie  les  lésions  artérielles,  et  d’aiitre  part, 
même  où  les  vai.sseaux  sont  le  plus  atteints,  leur  lumière  n’est  jamais  obli¬ 
térée. 

11  est  certain  (pic  dans  les  zones  les  plus  altérées^  les  vaisseaux  intra¬ 
médullaires  sont  vides  de  sang,  mais  ils  participent  à  la  nécrose  et  sont 
alors  atteints  au  même  titre  ipie  rensemble  du  tissu  nerveux.  Si  donc, 
l’iscbémie  joue  probablement  un  rôle  important  dans  le  processus  lésion¬ 
nel,  il  n’est  pas  certain  cpie  ce  soit  un  rôle  unupic  et  sans  doute  la  stase, 
l’altération  des  petits  vaisseaux  intramédullaires  sont-elles  aussi  à  considé¬ 
rer. 

Maintenant  se  pose  la  question  beaucoup  plus  délicate  de  la  nature  de 
ces  altérations.  Sont-elles  infectieuses  ou  toxiques  ;  enfin  une  dernière 
bypolbèse  se  pose  ;  ne  s’agirait-il  pas  d’une  nialfoDiiation  ? 

L’examen  des  coupes  ne  montre  pas  de  périvascularitcs  appréciables  ; 


LA  MYlil.rVE  AÉcnOTIOUli  SV  HA  l  GUE  31 

cependant  il  existe  un  certain  degré  de  réaction  méningée  et  d  aillems,  la 
ponction  lombaire,  dans  un  cas,  montrait  un  certain  taux  de  lymphocy¬ 
tose.  L’allure  de  l’affection  a  paru  sensiblement  apyrétique,  tant  qu’il  n  y  a 
pas  eu  de  complications  infectieuses  secondaires.  Ajoutons  que  nous  n  a- 
vons  pas  trouvé  d’intoxication  notable  ni nl’.bistoire  nette  d  infection  dans 
les  antécédents  des  malades.  Tout  au  plus,  pourrait-on  rappeler  que  nos 
deux  sujets  avaient  de  l’albuminurie. 

Pour  ce  qui  concerne  une  malformation,  l’aspect  noté  ici  est  très  diffe¬ 
rent  des  diverses  malformations  vasculaires  signalées  au  voisinage  de  la 
moelle  et  qui  .agissent,  semble-t-il,  beaucoup  plus  par  compression  (pie 
par  myélite  ;  leur  évolution  est  d’ailleurs  complètement  différente,  et  de 
même,  à  la  partie  haute  de  la  moelle  nous  notons  des  lésions  que  ne 
pourrait  expliquer  la  compression.  11  faut  ajouter,  étant  donnés  les  faits 
d’angéite  spéciale  observés  chez  les  Israélites,  angéite  d’ailleurs  tbrombo- 
sante,  que  nos  deux  malades  étaient  de  race  française  autochtone. 

Somme  toute,  l’intensité  de  -la  méso-vascularite  suggère  1  idée  d  une 
variété  spéciale  d’infection  et,  de  ce  point  de  vue,  renversant  les  données 
du  problème,  il  deviendrait  vraisemblable  (lue  lésions  médullaires 
«t  lésions  vasculaires  fussent  contemporaines,  témoins  parallèles 
d’une  atteinte  infectieuse.  Il  serait  intéressant  dans  de  nouveaux  cas 
de  ce  genre,  de  procéder  à  une  étude  expérimentale,  par  injection  de- 
mulsion  de  moelle  à  des  animaux,  étude  qui  pourrait  peut-être  fournir  des 
renseignements  sur  l’étiologie  imprécise  de  cette  allection. 


\T.  —  Documeiüs. 

Observation!.  —  D . âgé  de  dl  ans,  vient  il  l’bôpital  pour  des  trou¬ 

bles  progressivement  croissants  de  la  marche. 

Bien  portant  jus(|u’alors,  il  a  eu  cependant  5  ans  auparavant  pendant 
3  semaines  un  épisode  de  phénomènes  douloureux  très  intenses,  siégeant 
dans  la  région’lombaire,  avec  irradiations  dans  les  membres  inférieurs, 
et  apparaissant  par  crises  paroxystiques  toutes  les  cinq  minutes  environ, 
phénomènes  douloureux  ([ui  se  calmaient  un  peu  quand  il  marchait.  De¬ 
puis  il  n’a  plus  jamais  souffert  ainsi. 

L’affection  actuelle  a  débuté  six  mois  avant  son  entrée  à  1  hôpital,  en 
janvier,  par  des  phénomènes  de  ç/aiidica(io/i  inlermiitcule  delà  moelle;  à 
la  fin  de  la  journée,  il  se  sentait  très  fatigifé,  les  jambes  lasses,  et  pour  sc 
rendre  chez  lui,  il  lui  fallait,  tous  les  30  à  40  mèti-cs,  s’arrêter,  ses  jambes 
lefusant  de  le  porter;  il  se  reposait  quelques  instants,  pouvait  repartir  et 
de  nouveau  était  obligé  de  s’arrêter  etainsi  de  suite.  Ces  troubles  augmen¬ 
tèrent  progressivement,  sans  phénomène  subjectif  important,  a  l’exccplion 
de  quelques  dodleurslombaires,  de  crampes  et  d’insomnie.  Le  soir,  s  accrut 
la  difficulté  àmonter  lesescaliers  ;puis  la  gêne  motrice  exista  dès  le  réveil 
s  accompagnant  de  sensation  d’engourdissement  dans  les  jambes  et  en  août 
è  sujet  vient  consulter  pour  la  première  fois. 


cil.  FOIX  ICr  TU.  M.AJOVANINE 


A  IV.i'anjc/i,  le  sujet  marche  a])])uyc  sur  deux  cannes,  il  stoppe' légère¬ 
ment,  il  a  une  très  grande  dillicultè  à  monter  un  escalier.  On  note  une 
atrophie  mar(|uèe  des  muscles  postérieurs  de  la  cuisse  cl  un  aplatissement 
des  2  masses  l'essières,  avec  ahaissemenl  des  plis  fessiers.  La  force  muscu¬ 
laire  est  altérée  des  2  côtés  aux  membres  inférieurs  :  à  gauche  la  llcxion  et 
l’extension  de  la  cuisse  sur  le  bassin  ne  sont  c[ue  peu  diminuées  de  force  ; 
l'extension  de  la  jambe  sur  la  cuisse  n’est,  de  même,  (jue  peu  altérée,  la 
llexion  par  contre  est  plus  atteinte  ;  de  même  au  niveau  du  pied,  l’exten¬ 
sion  sur  la  jambe  est  de  force  presriue  uoruiale,  la  llexiou  dorsale  du  pied 
est  de  force  très  diminuée.  A  dro{le>,  l’extension  de  la  cuissp  sur  le  bassin 
n’est  ([lie  peu  diminuée  de  force  par  ra[)porl  à  la  llexion,  très  diminuée  ; 
l’extension  de  la  jambe  sur  la  cuisse  est  assez  bonne,  mais  la  llexion 
diminuée  de  force  ;  de  même  au  pied  la  flexion  dorsale  est  diminuée  et 
l’extension  assez  bien  conservée  dans  sa  force.  Kn  somme,  troubles 
paréli(|ues  [irédoininant  à  droite  et  portant  surtout,  au  niveau  des  deux 
membres,  sur  les  raccourcisseurs.  Les  membres  supérieurs  par  contre  sont 

Les  réjle.vcs  rotuliens  et  acbilléens  sont  exagérés,  surtout  à  droite  ;  il  existe 
du  clonusdu  pied  bilatéral,  plus  manpiéà  droite,  il  n’y  a  pas  de  clonus  de  la 
rotule.  Les réllexes  radiaux,  trici[)itaux  sont  forts.  Le  réflexe cula né  plan¬ 
taire  est  en  llexion  du  côté  gauche  :  on  n’obtient  [las  de  réponse  à  droite. 
Les  réflexes  crémaslériens  sont  très  diminués,  les  abdominaux  inférieurs 
semblent  abolis,  les  supérieurs  normaux. 

La  seiisibililé  est  intacte  dans  tous  ses  modes,  on  ne  note  aucun  trouble 
du  sens  musculaire.  L’éijuilibre  est  normal  ;  il  n’y  a  pas  de  signe  de  Roni- 
berg;  on  ne  note  pas  de  troubles  cérébelleux,  mais  les  mouvements  comman¬ 
dés  sont  mal  exécutés  par  les  membres  inférieurs,  à  cause  de  la  parésie  ; 
ils  sont  normaux  aux  membres  su|)érieurs.  Il  existe  enfin  de  la  lenteur  de 
la  miction  avec  retard,  nécessité  d’attendre.  Les  érections  ont  diminué 
d’intensité  et  l’éjiiculalion  lente  et  retardée. 

La  ponction  lombaire  ne  montre  (ju’une  augmentation  de  l’albumine.  La 
réaction  de  ^^blssermann  est  négativedans  le  sang  et  le  liquide  céphalo-ra¬ 
chidien.  Malgré  cela  et  malgré  l’absence  d’antécédents  (nie  tout  accident 
vénérien,  a  un  enfant  bien  j)ortanl,  un  mort  de  convulsion  en  bas  âge),  un 
traitement  antisyjibililique  arsenical  est  institué. 

Deux  mois  après,  en  oclobrc,  l’état  s’est  aggravé,  dans  des  projiortions 
modérées;  la  forcea  diniinué,  mais  la  parésie  con.serve  la  même  topogra¬ 
phie  ;  les  réllexes  sont  toujours  exagérés  aux  membres  inférieurs  ;  il  n’y  a 
pas  de  signe  de  Babinski  ;  il  n’y  a  [ilus  de  trépidation  épileptoïde.  Quel- 
(jues  crises  de  rélenlion  d’urine  ont  nécessité  l’emploi  de  la  sonde,  ce  ijui  a 
entraîné  une  cystite  légère.  II  n’y  a  pas  eu  d'érection  depuis  son  entrée. 

Un  mois  après,  ennovembre,  l’état  s’est  encore  aggravé,  les  membres  infé¬ 
rieurs  n’exécutent  [ircsque  plus  de  mouvement  volontaire  à  droite  ;  le 
malade  est  confiné  au  lit. 

Quatre  mois  ajirès,  en  mars  de  l’année  suivante,  on  se  trouve  devant  un 
tableau  (jui  s’est  progressivement  modifié.  Les  membres  inférieurs  sontdans 


revue  neurologique 


Tome  II,  n"  1,  Juillet  1926. 
(Ch.  Foix  et  Th.  Alajouanine.) 


Masson  et  C'",  lùlitcurs. 


(Ch.  Foix  et  Ti 


.) 


Masson  et  (>",  l'Mitcurs. 


(Ch.  Foix  et  Th. 


Masson  et  C''‘,  Itditeurs. 


(Ch.  Foix  et  Th.  Ala.iouanine.) 


Masson  et  C"",  FMiteurs. 


(Ch.  Foix  et  Th.  Ai.a,((>uanink.) 


Massox  cl  Kditeurs. 


(Ch.  Foix  et  Th.  Alajouanine.) 


n*’^'  t.ndoniOso-viisciihirUp  ty|iî(]iu'  nvec  asjïcct  ciinicléristuiue  en  Inilhp  il’oignon.  I.a  lil- 

mieie  du  vaisseau  nVsl  pas  ohliléi-éc  et  coulieill  du  sanj».  Au  voisina;îe,  ini|imlanlcs  alléiations  niédul- 
■niiesa  lendanee  nécroli<|ue. 


*■'(>'■  29.  OIk,  2  _  I 

couches  *11  *'^^****”‘'l‘‘ ''UC  s\  un  plus  l'oil  j{msslsscnuMU.  Aspocl  on  l)ull>o  d'oi^nion  dù 

droite,  'dim-es  suporposces  doiil  on  roconniiil  los  no_viuix.  Lé^fèro  miction  niciiin^ïéo  tlo  voîsinii^îo. 

«ition  lortueiis"  >'epi'ôsonto  un  Viiisseiiu  coudé  cou|>é  pninllclcnicnt  à  sa  paroi,  par  suite  do  sa  dispo- 


Masson  et  C'°,  Editeurs. 


- 


l 


LA  MYÉLITIi  NËCnOTIQUh:  SUBAIGXJE 


33 


un  état  deflaccÀdité  complète  ;  à  droite,  le  sujet  ne  peut  faire  aucun  mouve¬ 
ment,  il  déplace  sa  jambe  et  sa  cuisse  avec  ses  mains  ;  à  gauche,  il  ne  peut 
que  fléchir  les  derniers  orteils.  réflexes  achilléens  sont  abolis,  lesréllexes 
rotuliens  très  diminués  ;  la  recherche  du  réflexe  cutané  plantaire,  la 
manœuvre  d’Oppenheim  ne  donnent  aucune  réaction.  Les  réflexes  des 
membres  supérieurs  sont  forts  des  deux  côtés.  Les  réflexes  crémastériens, 
fessiers,  abdominaux  sont  abolis.  Le  réflexe  anal  est  conservé.  Il  existe 
des  réflexes  automatisme  des  deux  côtés  par  la  manœuvre  des  raccourcis- 
seurs.  U  atrophie  musculaire  a .  progressé  de  façon  importante  au  niveau  des 
membres  inférieurs.  L’examen  électrique  montre  de  la  diminution  de  l’exci¬ 
tabilité  faradique  et  une  ébauche  de  réaction  de  dégénérescence  dans  l’ex¬ 
tenseur  commun  des  orteils  et  l’extenseur  propre  du  gros  orteil,  dans  les 
pédieux,  dans  les  longs  péroniers  et  jamhiers  antérieurs  des  deux  côtés  ; 

excitabilité  faradicpie  est  seulement  diminuée  au  niveau  des  jumeaux  et  des 
musclespostéricursde  la  cuisse. 

^eux  mois  plus  tard,  en  mai,  on  note  toujours  l'existence  des  réflexes 
rotuliens,  quoique  très  faibles.  Le  réflexe  cutané  plantaire  est  nul.  Il  existe 
s  érections  et  éjaculations  involontaires.  Les  mictions  sont  irrégulières  ; 
parfois,  en  s’asseyant,  estprovocpié  le  désir  de  miction,  et  après  des  dé¬ 
mangeaisons  à  la  verge,  il  urine. 

-'eux  mois  après,  en  juillet,  les  réflexes  tendineux  des  membres  infé- 
iieurs  sont  abolis,  ainsi  que  les  cutanés  plantaires  ;  les  réflexes  d'aiitoma- 
tisnie  médullaire  sont  exagérés  ;  il  existe  un  retrait  du  membre  par  la 
manœuvre  des  raccourcisseurs,  qui,  fait  notable,  peut-être  par  suite  de 
atrophie  et  de  l’hypotonie  du  pied,  ne  débute  pas  par  la  flexion  dor- 
*>3  e  du  pied  ;  des  mouvements  réflexes  de  lléxion  des  membres  inférieurs 
surviennent  également  spontanément,  et  ils  s’accompagnent  alors  souvent 
0  douleurs,  surtout  au  niveau  des  plateaux  tibiaux  et  des  condyles  fémo- 
,  ces  douleurs  persistent  encore  après  la  recherche  des  réflexes  par  pince¬ 
ment.  L  hypotonie  des  membres  inférieurs  est  considérable,  el  l’on  peut  im¬ 
primer  au  malade  des  attitudes  anormales  comme  chez  un  grand  tabétiepie 
(  h'ouhles  de  la  sensibilité  sont  maintenant  très  notables 

^g  II).  La  sensibilité  à  la  jiiqùre  et  à  la  chaleur  est  abolie  à  droite  et  à 
g'iuche  dans  le  domaine  des  paires  sacrées  et  de  L  ô  ;  à  gauche,  toutefois, 
^anesthésie  ne  remonte  pas  aussi  haut  que  du  côté  droit  et  ne  dépasse  (|ue 
^^Peu  la  face  externe  de  la  région  malléolaire  ;  il  y  a  donc  une  dissociation 
®  type  syringomyélicjue.  La  ponction  lombaire  dénote  une  augmentation 
1  erable  de  l’albumine  alors  que  la  lymphocytose  est  très  légère, 
tous  ™ois  plu}>  tard,  en  novembre,  on  note  toujours  l’abolition  de 

'  réflexes  tendineux  des  membres  inférieurs,  alors  (|ue  ceux  des 

PaT'  supérieurs  sont  vifs  et  égaux  ;  le  réflexe  plantaire,  nul,  s’accom- 
cis  ■  recherche  de  mouvementderetrait  ;  la  manccuvredes  raccour- 

des  nette  des  deux  côtés,  niais  prédomine  à  droite  ;  il  existe 

ses  au  niveau  de  la  face  antérieure  et  postérieure  des  deux  cuis- 

den'  à  la  piqûre  est  toujours  abolie  dans  le  même  territoire 

>)jus([uà  L5;à  la  chaleur,  l'anesthésie  remonte  plus  hautdans  le 

aEMJE  NliUlioi.OGlyui.;.  —  T.  II,  NO  ],  .lUILLIiT  192().  3 


34 


CH.  VOIX  irr  ni.  al.ajolaxixv 


territoire  lombaire.  Une  nouvelle  ponction  lombaire  montre  une  albumi- 
nosc  massive  avec  lymphocytose  modérée  :  une  ponction  haute,  laite  dans 
la  région  dorsale  moyenne  montre  également  de  la  dissociation  albumino- 
cyto!ogi(|ue. 

Quatre  mois  après,  cnovril  derannéc  suivante,  vingt  moisaprèsle  début 
de  l’airection,  le  sujet  attire  l’attention  sur  des  douleurs  au  niveau  de  la 
colonne  vertébrale,  delà  région  des  reins  et  delà  région  abdominale  basse  ; 
il  SC  plaint  depuis  peu  de  maux  de,  tèteassez  intenses.  A  rexamen,  les  pieds 
ont  pris  une  attitude  de  llexion  ])lantairc  ;  la  force  musculaire  est  complète¬ 
ment  abolie  des  deux  côtés  au  niveau  des  membres  inférieurs  ;  le  seul 
mouvement,  (|uan(l  on  lui  demande  de  remuer  les  jambes,  consiste  en  une 
légère  contractiondesadducteurs.il  n’y  a  plus  de  rc/^e.xe.s- d’automatisme 
médullaire,  (|u’on  excitcles  membres  inférieurs  ou  la  région  de  l’abdomen. 
Les  réllexcs  crémastériens  et  cutanés  abdominaux  sont  abolis  ;  les  cu¬ 
tanés  plantaires  ne  donnent  toujours  pas  de  réponse.  Les  Iroubles  scusilifs 
ont  notablement  progressé  ;  la  sensibilité  au  tact  est  maintenant  abolie 
dansle  territoire  des  paires  sacrées  et  de  L4  et  Lf) ;  l’anesthésie  thermic|ue 
et  douloureuse  remonte  maintenant  jusciu’au  pli  de  l’aine  et  arrive  jus¬ 
qu’à  D  12,  occupant  toute  l’étendue  des  membres  inférieurs  (v.  lig.  H’). 
IJalrophie  des  muscles  des  membres  inférieurs  est  énorme  et  l’examen 
électrif|ue  montre  de  la  réaction  de  dégénérescence  dans  toute  leur  éten¬ 
due,  plus  marquée  au  niveau  des  territoires  sacrés.  Il  existe  de  la  rétention 
des  sphiuclers  ;  le  fait  d’asseoir  lemaladelc  faittoujoiirs  uriner  au  lit. 

Trois  semaines  après,  audébut  de /na/,  le  malade  est  pris  d’une  crise  d’oLs- 
Iruclion  inlesliuale  ([ui  dure  4  jours  ;  puis  de  nausées  qui  persistent,  s’ac- 
compagnentde  vomissements,  d’une  constipation  opiniâtre,  la  température 
s'élève.  Après  cessation  des  troubles  trobstruction,  la  température  persiste 
avec  de  grandes  oscillations;  il  existe  unecystite  qui  s’aggrave  ;  uncesearre 
(|ui  s’agrandit  et  creuse  profondément  ;  de  nouvelles  crises  de  constipa 
tion  avec  vomissements  répétés  ;  la  cachexie  s’accuse  rapidement  ;  il  ne  s’a¬ 
limente  plus  ;  cet  état  persiste  encore  çi/n/re  mois  au  bout  descjnels  sur¬ 
vient  la  mort,  le  K)  QcU)hvi',uiiigl-six  mois  ({près  le  déhul  de  l’observation 
du  sujet,  deux  ans  et  9  mois  ai)rès  le  début  réel .  . 

Examen  aualomique.  — ■  La  moelle  prélevée  à  l’autopsie  est  diminuée  de 
volume  dans  sa  moitié  inférieure  et  un  peu  ratatinée  ;  son  tissu  paraît 
jaunâtre  etfscléreux  sur  la  coupe  ;  les  vaisseaux  spinaux  sont  augmentés 
de  volume,  by[)erlropbiés  et  sinueux.  Après  formolage,  l’étude  histolo¬ 
gique  a  porté  sur  les  dilférents  segments  après  avoir  été  traités  par  l’héma- 
téine  éosine,  le  Van  (lieson,  le  Weigert.le  Pal,  le  Marchi,  le  Nissl,  l’orcéine. 

Moelle  sacrée.  On  constate  d’une  part  une  nécrose  totale  de  la  substance 
grise,  d’autre  part  un  aspect  très  spécial  des  vaisseaux  extramédullaires. 
Ces  altérations  nécrotiques  prédominent  sur  la  corne  antérieure  de  la 
substance  grise  ([ui  est  complètement  méconnaissable.  La  substance  blan¬ 
che  est  aussi  très  altérée,  ou  plages  de  nécrose  en  îlots,  ou  dc^iyélinisa- 
tion  plus  ou  moins  complète,  surtout  mar(|uéc  au  niveau  du  cordon  pos- 


t.A  MVËLITH  NÈCnOTIQUE  SUn.MGVE  35 

térieur  où  l’on  voit  à  peine  quel(|ues  reliquats  de  libres  éparses  ;  intense 
encore  dans  le  cordon  latéral,  surtout  dans  l’aire  pyramidale,  laissant  au 
voisinage  de  la  substance  grise,  une  mince  bordure  de  fibres  conservées  à 
gauche;  moins  totale  dans  la  zone  antéro-latérale,  le  cordon  antérieur  étant 
le  moins  atteint,  quoique  Fort  altéré.  Prédominance  des  lésions  à  droite  ; 
prédominance  de  l’atteinte  de  la  substance  blanche  au  voisinage  des  cornes 
ee  qui  accentue  l’aspect  d’atteinte  jn-imordiale  de  la  substance  grise. 
Au  Nissl,  presque  toutes  les  cellules  de  la  substance  grise  ont  disparu,  à 
part  quelques  ombres  cellulaires  à  gaucbe.  Réaction  méningée  modérée 
avec,  sous  la  pie-mère,  nombreuses  cellules  chargées  de  pigments,  qui 
existent  aussi  autour  des  vaisseaux  :  ces  cellules  forment  aussi  des  amas 
''réguliers  à  l’intérieur  delà  moelle,  au  niveau  des  petits  îlots  nécrotiqnes  ; 
on  ne  voit  que  des  débris  de  substance  nerveuse  mal  colorés,  les  rares 
|nbes  persistants  sont  très  altérés,  de  calibre  irrégulier,  épaissis  et  même 
^a  lonnisés.  Au  Marchi,  les  corps  granuleux  sont  disposés  de  façon  irré- 
gn  'ère;  parfois  ils  se  groupent  en  couronne  autour  des  vaisseaux  ;  mais 
suitout  ils  se  déposent  en  jiaquets  massifs  correspondant  aux  îlots  nécro- 
bques.  Les  racines  antérieures  sont  altérées,  mais  les  fibres  myéliniques 
a  ivement  conservées.  Les  racines  ]ioslérieures  jirésentent  de  nombreux 
oyers  de  démyélinisation.  Les  vaisseaux  sont  profondément  altérés:  au 
""eau  du  sillon  médian  antérieur,  on  voit  trois  vaisseaux  épaissis  et  élar- 
g's,  semblant  triplés  au  moins  de  volume  ;  il  en  est  de  même  au  niveau 
sillon  postérieur.  De  même  au  niveau  des  vaisseaux  qui  pénètrent 
|  ans  la  moelle,  qui  accompagnentles  racines.  Ces  lésions  ne  sont  pas  ohli- 
ei'antes  :  le  canal  paraît  même  plus  large  cpie  normalement  sur  les  coupes 
O  orees  au  VanGieson.  On  voit  que  l’altération  porte  surtout  sur  la  paroi  ; 
n  artère  et  surtout  mésartère,  qui  sont  considérablement  épaissies,  proli- 
erees  ;  il  deux  zones,  l’une  interne,  semée  de  gros  noyaux,  allon- 
l’autre  externe,  plus  pâle,  non  formée  de  couches  cel- 
j,  ‘y*’®*'  stratifiées,  mais  de  fibres  conjonctives  avec  des  noyaux  plus  rares 
un  aspect  en  bulbe  d’oignon  très  caractéristique.  La  coloration  à  l’or- 
^  e  montre  que  les  veines  sont  au  moins  aussi  atteintes  que  les  artères  ; 
de  1"  mésartère  qui  est  épaissie  ;  on  peut  reconnaître  les  débris 

a  lame  élasti([ue  interne  dans  le  vaisseau  dilaté  ;  d'autres  artères 
^em  )  entpeu  touchées  ;  à  l’intérieur  de  la  moelle,  les  vaisseaux  sont  éga- 
iient  épaissis,  mais  d’autres  dans  la  zone  de  nécrose  ont  subi  la  dégé¬ 
nérescence  hyaline. 

°clle  lombaire.  Altérations  de  même 'ordre,  •  mais  un  jjetit  peu  moins 
y  nntes.  Même  nécrose  de  la  substance  grise  et  notamment  de  la  corne 
,,  'ï'ème  toi)ographie  des  altérations  de  la  substance  blanche, 

niais  II  '®  eordon  postérieur,  massives  au  niveau  du  cordon  latéral 

^  ®nt  en  s  atténuant  jusqu’au  cordon  antérieur.  En  certains  points, 
gris  ^®  In  nécrose  sous  forme  d'îlots,  surtout  au  voisinage  de  l’axe 

Hnh  colorées  où  l’on  reconnaît  de  la  poussière  de  débris  myé- 

Innioe^r  atteinte  des  vaisseaux  extramédullaires  ;  à  l’intérieur  de 

c  •  Vaisseaux  hypertrophiés,  non  oblitérés,  dilatés,  nombreux  et  jux- 


3C 


eu.  l'UlX  ET  TH.  ALAJOEAISIXE 


taposcs.  Cellules  à  pigments  autour  des  vaisseaux.  Réaction  méningée  mo¬ 
dérée.  Au  Marclii,  même  aspect  des  corps  granuleux  qu’à  la  moelle  sa¬ 
crée,  surtout  en  pa([uets,  correspondant  aux  îlots  nécroti(iues  ;  au  NissI, 
on  reconnaît  à  peine  quelques  cellules  des  cornes,  très  altérées. 

Moelle  dorsale  inférieure.  Altérations  toujours  prédominantes  sur  la  sub¬ 
stance  grise,  toujours  tendance  à  la  nécrose,  mais  moins  complète.  Au 
niveau  du  cordon  postérieur,  la  partie  médiane  est  nécrosée  avec  des  îlots 
nécroticpies  où  l’on  reconnaît  des  cellules  mal  colorées  et  chargées  de 
pigments;  à  la  partie  latérale,  gaines  myéliniciues  persistantes  'avec  îlots 
nécrotiques.  Dans  le  cordon  latéral.  Faisceau  pyramidal  très  atteint.  Dans 
le  cordon  antérieur,  lésions  encore  considérables  avec  nombreuses  libres 
myéliniques  altérées,  mais  bien  visibles;  elles  sont  augmentées  de  volume, 
ou  ])lus  loin  distendues  et  [)àlies,  ou  plus  loin  réduites  à  l’état  de  pous¬ 
sière  myélini(|ue.  Les  altérations  prédominent  autour  des  vaisseaux  ; 
autour  de  certains,  un  léger  d egré de  [léri vascularite  ;  altérations  radiculaires 
importantes.  Dans  certains  îlots  nécroti([ues,  on  note  un  aspect  spécial,  au 
centre  un  vaisseau  à  paroi  parfois  calciliées,  puis  la  zone  nécrotique,  puis 
à  la  périphérie,  une  couronne  de  débris  myéliniques  et  de  globules  rouges. 
Les  altérations  vasculaires  sont  considérables  et  de  même  type  au  niveau 
des  vaisseaux  extramédullaires  ;  à  l’intérieur  de  la  moelle,  surtout  dans 
la  région  périépendymaire,  dans  le  cordon  latéral  et,  prés  du  septum  mé¬ 
dian  postérieur,  les  vaisseaux  sont  parfois  décu[)lés  de  volume,  dilatés  et 
à  paroi  hypertrophiée.  Au  Nissl,  les  cellules  des  cornes  sont  très  altérées. 

Moelle  dorsale  moiienne.  Altérations  encore  très  imj)ortantes,  mais 
diminuant  d’intensité  ;  la  substance  grise,  (|uoique  très  raréliée,  n’est  plus 
complètement  résorbée  ;  la  partie  moj'cnne  du  cordon  |)ostérieur  est 
toujours  démyélinisée,  et  la  partie  latérale  présente  une  grosse  raréfaction 
des  libres  myélini(|ues,  avec  par  places  de  l’étal  grillagé.  Les  cordons  laté¬ 
raux  moins  touchés  présentent  de  très  beaux  îlots  nécroti([ucs  avec  cen¬ 
tre  nécrosé,  globules  rouges  à  la  périphérie.  Les  vaisseaux  sont  toujours 
le  siège  de  lésions  intenses  avec  le  même  aspect  d’hypertrophie  des  parois 
et  de  dilatation.  Au  Nissl,  les  cellules  des  cornes  sont  altérées,  mais  dans 
une  proportion  beaucoup  moindre.  Au  Marchi,  il  subsiste  encore  dans  les 
coupes  basses  des  foyers  massifs  dégénératifs  correspondant  aux  îlots  né- 
croti(|ues  ;  on  voit  de  plus  en  plus  apparaître  l’aspect  dégénératif  habituel 
des  dégénérations  ascendantes. 

Moelle  dorsale  supérieure .  Aspect  dégénératif  très  net  au  Marchi. 
Mêmes  lésions  vasculaires  (|ue  ci  dessus,  avec  dilatation  considérable 
surtout  au  niveau  du  sillon  médian.  Au  Nissl,  cellules  des  cornes  sensible¬ 
ment  normales. 

Moelle  cervicale.  Dégénérations  ascendantes,  persistance  de  lésions 
vasculaires,  i)lus  discrètes,  au  niveau  de  la  moelle  cervicale  inférieure; 
elles  disparaissent  à  la  partie  supérieure.  La  queue  de  cheval  montre  des 
racines  dèmyélinisées  en  grand  nombre;  les  vaisseaux  y  sont  très  alté¬ 
rés.  Les  cellides  des  ganglions  rachidiens  sont  peu  altérées.  Il  n'y  a  pas 
de  lésions  importantes  au  niveau  du  nerf  radiculaire. 


LA  MYÉLITE  NÉCHOTIQUE  SÜBAIGUE  37 

Les  viscères  ne  montrent  pas  de  lésions  vasculaires  comparables  à  celles 
de  la  moelle,  Au  niveau  du  rein  à  côté  de  zones  saines,  zones  d’infiltra- 
bon  par  des  cellules  rondes  avec  altérations  profondes  du  glomérule  et 
des  tubes  contournés. 

Observation  II.  —  M.  Dr...,  plombier,  âgé  de  37  ans,  entre  à  l'bô- 
Pital  le  20  mai  pour  des  troubles  de  la  marcbe.  On  ne  relève  dans  ses 
antécédents  que  des  coliijues  de  plomb  et  une  albuminurie  ancienne, 
ainsi  que  quelques  traumatismes  des  membres.  Il  n’est  pas  sypbili- 
bque,  a  des  enfants  bien  portants,  sa  femme  n’a  jamais  fait  de  fausses 

couches . 

Le  premier  trouble  qu’il  ait  ressenti  récemment  remonte  à  deux  mois  ; 
en  mars,  en  revenant  de  son  travail,  ses  jambes  llécbirent  sous  lui  ;  il  ne 
tomba  pas,  mais  eut  ensuite  de  la  peine  à  monter  ses  étages,  soulTrit  dans 
es  reins  et  les  genoux  et  se  sentit  très  fatigué.  Les  jours  suivants,  il 
continua  de  travailler,  mais  remarqua  qu’il  était  souvent  fatigué  ;  après  15 
eu  20  minutes  de  marcbe.  ses  jambes  fléchissaient  et  il  était  forcé  de 
«asseoir  un  peu  avant  de  repartir  ;  cet  état  persista  pendant  un  mois, 
pnis  le  12  avril,  à  la  lin  de  sa  journée  de  travail,  le  malade  sentit  encore 
ses  jambes  fléchir  sous  lui,  mais  cette  fois  il  s’affaissa  et  ne  put  rentrer 
c  ez  lui  qu’avec  la  plus  grande  difficulté  en  se  traînant  le  long  des  murs. 

epuis  lors,  il  n’a  pu  sortir  de  chez  lui,  ses  jambes  sont  devenues  progres¬ 
sivement  de  plus  en  plus  faibles  ;  il  ne  pouvait  plus,  dit-il,  raidir  ses 
feenoux  et  bientôt  ne  pouvait  plus  que  faire  le  tour  de  son  lit  en  appuyant 
®cs  genoux  contre  le  bord  du  lit.  Tout  ceci  s’est  développé  sans  phéno¬ 
mènes  douloureux,  sans  phénomènes  infectieux. 

1  examen,  le  20  mai,  on  constate  que  le  malade  marche  très  lourdement 
en  fléchissant  les  genoux,  il  y  a  un  léger  steppage  ;  ces  troubles  sont 
m  leurs  très  variables  suivant  les  jours,  et  parfois  il  ne  peut  tenir  debout, 
n  force  musculaire  segmentaire  excellente  dans  l'extension  de  la  jambe 
swr  a  cuisse  et  de  la  cuisse  sur  le  bassin,  est.  nulle  dans  la  flexion  de  la 
dusse  sur  le  bassin,  dans  la  llexion  de  la  jambe  sur  la  cuisse,  et  très  dimi- 
uuéedansla  flexion  du  pied.  Elle  est  au  contraire  absolument  normale 
"^'^'^^ces  supérieurs.  11  existe  une  certaine  atrophie,  sans  secousses 
n  aires,  de  l'hypotonie.  Les  réflexes  achilléens  sont  abolis,  les  rotu- 
mns  existent,  mais  faibles  ;  il  y  a  un  réflexe  controlatéral  bilatéral,  plus 
m^arqué  à  droite  ;  les  réflexes  du  membre  supérieur  sont  vifs.  Il  n’y  a  pas 
c  onus  du  pied  ;  la  recherche  des  cutanés  plantaires  ne  donne  pas  de 
ponse.  Il  n  y  a  pas  de  troubles  sensitifs  notables,  pas  de  troubles  mar- 
im^^.  ‘Coordination.  On  note  des  troubles  sphinctériens  :  des  mictions 
mars^^^i*^^*  légère  incontinence.  La  une  a  baissé  depuis  le  début  de 
mentVl  Pout  plus  lire  son  journal  ;  les  pupilles  réagissent  normale- 
forte  ^  L’examen  oculaire  montre  une  papillite  bilatô'ale  avec 

av  >  ^“Pouc/ion  lombaire  donne  un  liciuide  très  xantho-chromùiuc 

ser^  ^  ^lymphocytose  et  une  albuminose  massive.  La  réaction  de  Was- 
^”n  ost  négative  dans  le  sang  et  le  liquide  céphalo-rachidien. 


as  cil.  h'oix  CT  ni.  .u..\.j<)v.\xixe 

\.ci  jiiiii,  siirvicnlunccri.se  de  rétcnlion  d’urine  ([ui  nécessite  le  son- 
diitçe  pendant  2  jours,  puis  la  miction  re[)rcnd  un  caractère  sensiblement 
normal,  La  constipation  est  opiniâtre. 

\x. ,‘}()  juin,  le  malade  «piitte  l’hôpital;  la  marche  s’est  améliorée,  il 
peut  faire  seul  le  lourde  la  salle.  Celle  amélioration  se  serait  poursuivie 
et  à  la  lin  d’aoùl,  il  croyait  pouvoir  reprendre  son  travail  (|uand  survint 
une  nouvelle  crise  de  constipation  o|)iniâlre  de  plusieurs  jours  ([ui  depuis 
a  été  remplacée  par  de  la  diarrhée  ahondanle  et  fétide,  persistante.  C’est 
depuis  lors  ([ue  le  sujet  aurait  à  nouveau  été  repris  d’une  difficulté  consi¬ 
dérable  de  la  marche  (|ui  ])cu  à  jieu  le  confine  au  lit  ;  depuis  lors,  il  a 
maiffri  beaucoup,  une  escarre  s’est  installée  depuis  un  mois  à  la  fesse.  11 
entre  à  nouveau  le  5  novembre  :  les  membres  inférieurs  reposent  inertes 
sur  le  plan  du  lit  ;  le  malade  ne  peut  remuer  ni  les  orteils,  ni  les  jambes. 
Ia\  force  musculaire  est  nulle  aussi  bien  dans  l’extension  que  dans  la  llexion. 
Aux  membres  supérieurs,  elle  est  normale.  Les  membres  inférieurs  sont 
le  siège  d’une  atrophie  considérable,  un  peu  plus  marquée  à  droite.  La 
contraction  idio-musculairc  est  faible.  L'examen  électrique  montre  une 
réaction  complète  de  dégénérescence  dans  les  muscles  des  jambes  et  seu¬ 
lement  partielle  dans  le  (piadriceps  droit.  Le  malade  ressent  des  contrac¬ 
tions  musculaires  dans  la  face  dorsale  des  pieds,  dans  les  mollets  et  les 
muscles  de  la  cuisse,  avec  mouvements  involontaires  de  llexion  du 
membre  inférieur.  Les  réjle.ves  tendineux  sont  abolis  aux  membres  infé¬ 
rieurs  (roluliens  et  achilléens),  vifs  aux  membres  supérieurs  ;  ni  par  l’ex- 
ciiation  plantaire,  ni  |)ar  la  mameuvre  d’Oppenlieim,  on  n’obtient  de 
réllexe  cutané-plantaire  ;  les  réflexes  abdominaux  et  crémastériens  sont 
abolis.  I>a  percussion  dorsale  du  pied  donne  une  extension  des  orteils. 
Les  réllexcs  d'automatisme  donnent  un  double  retrait  de  la  jambe  et  de  la 
cuisse,  sans  llexion  dorsale  du  pied,  par  la  manœuvre  des  raccourcis- 
seuis  et  par  le  pincement  II  existe  maintenant  des  troubles  sensitifs  ; 
chaud  et  froid  sont  per(,’us  comme  contact  jus(|u’à  la  racine  de  la  cuisse, 
alors  (|u’il  n’existe  (|u’un  léger  retard  au  tact  surtout  à  droite  dans  les 
territoires  sacrés.  La  sensibilité  osseuse  est  très  diminuée  aux  deux  mem¬ 
bres  inférieurs.  Le  sens  des  attitudes  est  normal.  Il  n’y  a  pas  de  troubles 
de  motilité,  ni  de  la  coordination  aux  membres  supérieurs,  ni  de  trouble 
sensitif.  Les  troubles  spliinctérieus  sont  surtout  à  type  de  mictions  impé¬ 
rieuses  avec  incontinence,  surtout  nocturne  et  de  constipation.  L’examen 
oculaire  monlvc  toujours  une  névrite  o|)ti(|ue  bilatérale  avec  saillie  de  la 
])apille  moins  marcpiée,  bords  lions,  veines  volumineuses  et  sinueuses, 
pas  d’hémorragies;  racuilé  visuelle  est  d  environ  2/.‘I  :  la  vue  serait  un 
peu  meilleure;  il  |)eul  lire  le  journal . 

Le  2  février  de  l’année  suivante,  les  troubles  trophiques  se  sont  notable¬ 
ment  accentués  ;  les  membres  inférieurs  sont  en  rotation  interne  avec 
[)ie.d  complètement  tombant  reposant  sur  le  plan  du  lit  par  le  bord 
interne  ;  r(cdémc  mas(|ue  l’atrophie  et  remonte  jus(|u'à  la  région  abdo¬ 
minale.  Il  existe  des  e.scarres  sacrées,  lombaires,  talonnières.  Tous  les 
mouvements  des  membres  inférieurs  sont  impossibles.  La  force  muscu- 


39 


LA  MYÉLITE  NÉCROTIQUE  SUBAIGUE 

laire  reste  intacte  aux  membres  supérieurs.  Les  réllexes  des  membres 
inférieurs  sontabnlis.  La  percussion  léf^ére  du  membre  inférieur  gauche 
nn  un  point  quelconcjue  donne  lieu  à  l'extension  du  gros  orteil  ;  il  existe 
un  signe  de  Babinski  à  gauche,  pas  de  réponse  à  droite  ;  il  n’y  a  plus  de 
réponse  à  la  manœuvre  des  raccourcisseurs.  La  sensibilité  au  tact  est 
abolie  jusqu’à  l’ombilic  ;  la  sensibilité  à  la  piqûre  et  à  la  chaleur  est 
abolie  jusqu’à  4  travers  de  doigt  au-dessus  de  l’ombilic.  Le  malade  a  fait 
une  crise  hypothermi{[ue  brusque  :  la  température  est  tombée  à  34»  pen- 
ant  24  heures  ;  la  mort  survient  3  jours  après,  le  8  février,  onze  mois 
après  le  début  des  premiers  troubles. 


La:«men  anatomique.  —  La  moelle  prélevée  à  l’autopsie  est  un  peu 
ïamollie  dans  sa  partie  inférieure  ;  les  vaisseaux  spinaux  sont  hypertro- 
Pyes.  Après  formolage,  les  divers  segments  ont  été  traités  par  l’héma- 
téine-éosine,  le  Van  Gieson,  le  "Weigert,  le  Pal,  le  Nissl,  le  Marchi,  l’or- 
céine. 

Moelle- sacrée.  Il  existe  une  myélite  à  tendance  nécrotique  très  pré- 
^  rainante  sur  la  substance  grise  dont  la  nécrose  semble  dessinerla  forme. 

lésions  prédominent  à  droite  où  la  nécrose  de  la  substance  grise  est 
presque  complète  ;  la  corne  antérieure  est  la  plus  atteinte  ;  il  ne  persiste 
'I^'.®|qu®s  cellules  reconnaissables  qu’à  la  partie  tout  antérieure  et  à  l’extré- 
raité  supéro-externe.  Le  reste  de  la  substance  grise  est  complètement 
nécrosé  ainsi  que  le  réseau  niyélinique  qui  la  traverse.  Sur  ce  fond  nécro- 
bfiue,  on  voit  quelques  débris  de  vaisseaux  avec  autour,  par  endroits,  des 
amas  de  eellules  rondes  mélangées  de  globules  rouges  ;  quelques  cellules 
sont  chargées  de  pigment.  Dans  d’autres  zones  nécrosées  et  sans  rapport 
nvec  les  vaisseaux,  on  trouve  des  cellules  plus  volumineuses,  arrondies,  à 
petits  noyaux,  et  (|ui  sont  des  corps  granuleux,  chargés  de  débris  myéli- 
niques.  Ces  amas  cellulaires  sont  disposés  sans  grand  ordre  sur  le  lond 
necrotique,  disposés  ou  non  autour  des  vaisseaux.  Du  côté  gauche,  les 
nns  sont  analogues,  mais  sont  plus  limitées  à  la  substance  grise,  lan- 
qu  a  droite  elles  débordent  considérablement  sur  la  substance  blanche, 
nécrosé  de  la  substance  grise  est  donc  extrêmement  marquée,  tout 
”  étant  sensiblement  complète  que  d’un  côté.  Les  altérations  de  la 
*  raice  blanche  sont  également  très  prédominantes  à  droite  et  au  niveau 
^  u  cordon  postérieur.  De  ce  côté,  il  est  presque  complètement  détruit, 
1  ne  reste  un  amas  de  fibres  (|u’à  la  partie  postéro-interne  ;  même 
‘  s  cette  région,  la  raréfaction  est  considérable;  en  jilus  de  la  démj'élini- 
^^ran,  les  fibres  nerveuses  sont  très  raréfiées  et  on  note  de  l’état  grillagé. 
10  cordon  latéral,  les  lésions  sont  encore  considérables  et  9  sur 

CS  fibres  sont  disparues.  Dans  le  cordon  antérieur,  la  raréfaction  est 
Ole  notable.  Du  côté  gauche,  les  altérations  de  la  substance  blanche 
-  ervent  une  progression  analogue,  du  cordon  antérieur  au  cordon  pos- 
'ic,  niais  elles  sont  beaucoup  moins  massives.  Les  méninges  sont 


en.  FOIX  ET  TH.  ALAJOUANINE 


épaissies  et  modérément  infiltrées  de  lymphocytes.  Les  racines  sont 
altérées,  les  racines  antérieures  fort  dégénérées,  les  postérieures  à  un 
degré  moindre.  Au  Marchi,  on  note  la  distribution  irrégulière  des  corps 
granuleux,  leur  disposition  en  amas,  surtout  à  la  limite  des  substances 
grise  et  blanche,  peu  de  disposition  périvasculaire.  Les  alléralions 
vasculaires  sont  considérables  et  attirent  l'attention.  A  l’extérieur  de  la 
moelle,  on  constate  une  énorme  endoméso-vascularite  sans  réduction  du 
calibre  du  vaisseau  :  hypertrophie  énorme  décuplant  presque  le  calibre 
du  vaisseau,  multiplication  des  éléments  cellulaires  et  des  libres  de  la 
paroi  donnant  un  aspect  en  bulbe  d’oignon  typique  ;  prédominance  de 
l’altération  sur  les  veines.  Les  vaisseaux  sont  non  seulement  hypertro¬ 
phiés,  ils  paraissent  contournés  ;  plusieurs  sont  juxtaposés  sur  la  même 
coupe.  Les  vaisseaux  intramédullaires  participent,  à  un  degré  plus 
modéré,  à  cette  hypertrophie  ;  dans  les  zones  de  nécrose,  ils  prennent  un 
aspect  anhyste,  mais  ne  sont  pas  oblitérés  ;  parfois  il  existe  une  dilatation 
périvasculaire. 

Moelle  lombaire.  Altérations  aussi  importantes  et  de  même  type.  Môme 
aspect  nccroti(|ue  de  la  subslance  (jrise  avec  disparition  complète  des 
cellules  et  du  réseau  des  fibres  myélinicpies  qui  la  traversent’;  sur  ce 
fond  nécrosé,  des  vaisseaux  à  paroi  épaissie  et  hyalinisée.  Mêmes 
lésions  importantes  de  la  subslance  blanche,  considérables  au  niveau 
du  cordon  postérieur,  où  il  existe  une  raréfaction  massive  des  fibres, 
également  intenses  au  niveau  du  cordon  latéral  où  il  ne  persiste  ((u’un 
piqueté  de  gaines  myéliniques,  diminuant  vers  la  partie  antérieure.  On 
y  retrouve  les  îlots  nécrotiques,  irréguliers  où  la  disparition  des  fibres 
est  presque  complète.  Lésions  vasculaires  toujours  aussi  importantes  et 
du  même  type  ;  endoméso-vascularite  hypertrophiante  décuplant  la  paroi 
du  vaisseau,  mais  sans  oblitération,  par  suite  delà  dilatation  concomitante, 
à  l’extérieur  de  la  moelle  ;  à  l’intérieur,  parois  épaissies  ou  aspect  anhyste. 
Ces  altérations  vasculaires  se  poursuivent  sur  les  racines.  A  l’orcéine, 
on  voit  ([ue  les  lésions  veineuses  sont  plus  importantes  (|ue  les  lésions 
artérielles. 

Moelle  dorsale  inférieure.  Altérations  toujours  considérables  et  de  même 
ty|)e  :  même  nécrose  de  la  subslance  grise  avec  disparition  presque 
complète  des  cellules  dont  (juelques-unes  sont  reconnaissables  au  Nissl, 
((uoitjue  profondément  altérées,  les  corps  de  Nissl  peu  différenciés,  le 
])roloplasma  plus  riche  en  substance  chromatophile  que  le  noyau,  avec 
disparition  du  réseau  myélinicpic  ;  mêmes  lésions  de  la  subslance  blanche 
massives  au  niveau  des  cordons  postérieurs  et  prédominant  à  la  partie 
interne,  massives  au  niveau  des  cordons  latéraux  et  diminuant  au  niveau 
des  cordons  antérieurs.  Mêmes  lésions  vasculaires  considérables  des  vais¬ 
seaux  extramédullaires  et  des  vaisseaux  intramédullaires. 

Moelle  dorsale  moyenne:  Les  altérations  diminuent  assez  rapidement 
d’importance,  ([uoique  encore  très  marquées.  Il  n’y  a  plus  ici  nécrose 
complète  de  la  substance  grise,  mais  on  note  un  état  grillagé  très  net  pré¬ 
dominant  sur  les  cordons  latéraux  ;  à  côté  des  zones  d’état  grillagé  on 


LA  MYÉLITE  NÉCEOTIQUE  SUBAIGüE 


41 


constate  quelques  zones  nécrotiques  (|ui  deviennent  de  moins  en  moins 
importantes.  Par  contre,  les  lésions  vasculaires  restent  toujours  intenses 
avec  même  épaississement  de  la  paroi  ;  à  l’intérieur  de  la  moelle,  les  vais¬ 
seaux  sont  très  atteints,  tantôt  avec  épaississement  et  aspect  en  bulbe  d’oi- 
gnon,  tantôt  avec  dilatation,  aspect  tortueux  et  hyalinisation  des  parois. 

Moelle  dorsale  supérieure.  Les  lésions  ont  pris  l’aspect  IVanchement 
dégénératif.  La  substance  grise  est  à  peu  près  normale  ;  au  Nissl,  les 
cellules  dans  toute  la  substance  grise  ne  présentent  guère  d’altération.  La 
substance  blanche  présente  au  Weigert  les  zones  de  dégénérations  classi¬ 
ques,  dans  le  cordon  postérieur  au  niveau  du  faisceau  de  Goll,  dans  le 
cordon  antéro-latéral  au  niveau  du  faisceau  cérébelleux  direct  et  de  Go- 
Wers.  Cette  topographie  classique  des  dégénéralious  ascendanles  est  con- 
mmee  au  Marchi.  Par  contre,  les  alléralions  vasculaires,  si  elles  sont  en 
■'Oie  de  diminution,  sont  encore  importantes  ;  mêmes  lésions  d’endoméso- 
vascularite  des  vaisseaux  extramédullaires,  très  dilatés,  à  paroi  doublée 
épaisseur.  Au  niveau  du  sillon  antérieur,  ils.  se  juxtaposent,  dépriment 
^  aspect  caverneux. 

oelle  cervicale.  Aspect  de  dégénération  ascendante  :  les  vaisseaux 
sont  encore  un  peu  dilatés  à  la  partie  inférieure. 

e  bulbe  en  dehors  d’une  pâleur  marquée  du  faisceau  latéral  et  de  la 
partie  adjacente  du  corps  restiforme  est  normal  ;  les  vaisseaux  sont  in- 
emnes.  La  protubérance,  le  pédoncule,  le  cervelet  sont  normaux.  Le 
cerveau  ne  montre  pas  de  lésions  notables,  en  particulier  dans  la  zone 
O  andique  et  dans  la  zone  occipitale.  Le  nerf  optique  (chiasma,  bandelette 
Cf  nerf)  en  coupes  longitudinales  et  transversales,  au  Weigert,  Pal  et  au 
Marchi 


ne  montre  aucune  lésion  ni  des  fibres  nerveuses,  ni  de  la  méninge. 


s  vaisseaux.  L’œil  est  normal. 


\'II  -  Conclusions. 

I' ~  Il  nous  paraît  justifié  d’i.soicr,  sous  le  nom  de  myélite  nécrotique 
^'guë,'  une  entité  anatomo-cliniiiue  caractérisée  ; 

:  1°  Pïir  une  paraplégie  anujolrophique  à  marche  progrès- 
abord  spasmodique,  puis  llasquc,  les  phénomènes  spasniodi(|ues 
piogiessant  en  hauteurau  fur  et  à  mcsure'quc  ramyotrophie  et  la  llacci- 
I  P  ®'>b«ti‘»cnt  à  eux  de  bas  en  haut  ; 
bail.  .sensib'/s.  d’abord  dissociés,  piiisdcplusenplusglo- 

IX,  suivant  avec  un  certain  retard  la  marche  des  phénomènes  paraly- 
“^P'^cs^et  amyotrophiques  ; 

dien  dissociation  albnnnno  cgtologiquc  dw  liquide  céplialo-racbi- 

^^^^‘^ferisée  par  une  hyperalbuminose  massive  avec  lymiiliocytose 
‘egere^ou  modérée; 

1  4r  une  évolulion  subaiguë  ayant  entraîné  la  mort  en  un  à  deux  ans. 


(J fl.  h'OfX  HT  ni.  Al..\.l()l!.\.\INIi 


ANATOMiQiMCMiîN’r  :  (^e  syndrome  répond  à  une  mijélile  à  tendance  né¬ 
crosante  |)rédominant  sur  la  substance  grise,  mais  s'étendant  aussi  à  la 
substance  blanclie  dont  les  lésions  sont  également  considéral)Ies.  (lelle 
myélite,  destructive  au  niveau  du  renjlcment  lombo-sacré,  allait  en  s’atté¬ 
nuant  progressivement  pour  disparaître  vers  la  partie  supérieure  de  la 
moelle  dorsale  moyenne.  Elle  s’accompagnait  d’une  endoméso  vasciilurite 
énorme,  bien  ([ue  non  oblitérante  et  portant  à  la  fois  sur  les  vaisseaux  extra 
et  intramédullaires.  Cette  endoméso-vaseularite  entraîne  une  bypertro- 
pbie  considérable  des  vaisseaux  fort  différente  en  son  as()ect  de  celle  des 
vascularites  syphilitic[ucs. 

Cette  affection  s’est  montrée  sensiblement  identique  dans  les  deux  cas 
f]ue  nous  rapportons. 

II.  —  Elle  se  différencie  nettement  des  autres  variétés  de  myélite  aiguë 
et  subaiguë  (poliomyélites,  myélites  sypbilititiues,  sclérose  en  placpies, 
myélite  aiguë,  maladie  de  Landry,  neuromyélite  opticpie,  myélomalacie, 
malformations). 

Le  diagnostic  clini([ue  se  pose  avec  les  compressions  médullaires  bien 
plus  ([u’aveclcs  affections  énoncées  ci-dessus  ;  il  est  rendu  possible  par 
les  signes  clini([uûs  cpie  nous  avons  énumérés  auxquels  il  convient  d’ad¬ 
joindre  la  topographie  des  troubles  sensitifs  et  amyotrophiques  qui  res¬ 
tent  toujours  nettement  décalés,  au-dessous  des  phénomènes  pyramidaux  ; 
l’évolution  fut  lentement  ascendante  dans  nos  deux  cas. 

Les  lésions  vasculaires  ])ar  leur  intensité  semblent  jouer  un  rôle  im- 
portant  dans  la  patbogénie  de  cette  affection.  L’étiologie  infectieuse  paraît, 
somme  toute,  la  ])lus  vraisemblable. 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 
DE  PARIS 


Sàtncc  du  P''  Juillel  1926. 


Présidence  de  M.  André  LÉRI 


Broussii.owsky  Mouron  1  lis 

trouhU's  l,ropliii-|ii('s  dans  la  pro¬ 
cessus  des  maladies  inflainma- 

toirosde  la  moelle _ _ 

t-iONos  (Corislaiilinople).  Hakisme 
chroniipm  ;  polynévrilc  légère.  . 
JusTMAX  (Lad/,).  Diielipies  mois  sur 
les  retlexes  auLomalisés  el  leur 
traileinenl.  .  , 

Kovalewsky  (Liéffe)-  Développe- 
mont  arriépo  do  Tor^ranismo.  clio/ 

les  idiots . 

Lamy  Loris  et 
Les  déformalious  imî  la 
vertébrale  dans  le  laln 
Irailemenl.  . . 

Paulian  (liucarest).  ('.onlribulion 
il  I  éludé  de  la  rélraelion  de  l’a- 

ponévrose  palmaire _ 

I  aulian  (luicaresl).  Déviation  de 
'a  lele,  et  des  veux  apparaissant 
par  crises  en  même  temps  qu'une 
paralysie,  faciale  périphérique 

Ricaudo  Diemeu,  Mamuauinos 
loiuiEs  et  .Ai  srni  ri  sii  o  l'n  uo 
(Dio  (le  Janeiro)  Sur  un  eas 
de  syndrome  d’Addison  pi'oduit 


.  (l’id'is). 

la  colonne. 


par  paragangliome  de  la  capsule 
surrénale.  Etudes  clinique  et 

anatomopathologique . 

HonpiirEn  et  (^ouhetas  iLvon). 
Les  clonus  du  ])ied  :  formes  Iv- 

piquoset  de  passage . 

SoRREL  et  Ml"”  SonilEL-Dl'MlillINE. 
Paraplégie,  par  paralysie  infan¬ 
tile.  .\rtlirodese  permettant  la 


relie.. 

SoiiiiEi.  et  M'"'  SoRiiE 
IIINK.  Mal  de  Pott.  aspei 
grapliiipie  anormal.  .  .  . 


.  De.I! 


Adilcnduin  ù  la  .vMnr.e  du  .'i  juin  192(1. 
vJncent  (CL).  Sur  la  disparition 
de  la  selle  tiirciipie  dans  les  tii- 
. .  de  la  loge  cérébrale  pos¬ 
térieure.  Les  erreurs  de  diagnos¬ 
tic  cpii  en  sont  la  conséqiiei 


meurs  du  corps  pdiiitai 
llMlM  ((  I  )  (I  DlMKllM 
'l'iimeiir  dePaiigle  ponto-r 


les  tu- 


1)1':  M:inv)L()(}ii: 


Souvenir  à  M.  Henry  Meige. 

M.  Magaliiaks  Liomos  (de  Porto),  désireux  de  s’associer  à  l'hommage  de 
gratitude  de  la  Société  envers  M.  Henry  Meige, a  envoyé  au  Secrétaire  gé¬ 
néral  un  chèque  de  deux  mille  francs  (2.000).  La  Sociétéadresseses  plus 
vifs  remerciements  à  M.  Magalhaes  Lemos  et  emploiera  cette  somme,  sui¬ 
vant  le  désir  de  M.  Henry  Meige,  à  secourir  les  travailleurs  de  la  neuro¬ 
logie  dont  la  situation  [)araîtrail  digne  d'intérêt. 


DISCUSSIONS  ET  COMMUNICATIONS 


I.  —  Mal  de  Pott  lombaire  :  destruction  partielle  d’un  corps  ver¬ 
tébral,  sans  altération  des  disques  sus  et  sous-jacents,  par 

Etienne  Sorri:!.  et  M'”®  Sorrei.-Dk.jehine  . 

Nous  avons  l'honneur  de  vous  présenter  des  radiographies  d’une  fillette 
actuellement  âgée  de  13  ans,  soignée  à  l’hôpital  maritime  de  Berck  depuis 
trois  ans  pour  un  mal  de  Pott  lomhairc.  Les  signes  cliniques  de  l’affection 
sont  nets  et  bien  qu’il  n’y  ait  jamais  eu  d’ahcès  perceptible  à  la  pal¬ 
pation,  il  semble  bien  ipie  le  diagnostic  de  mal  de  Pott  ne  puisse  être  mis. 
en  doute. 

Or,  voici  une  série  de  radiographies  prises  chez  cette  enfant  depuis  sep¬ 
tembre  1923  jusciu’à  maintenant  Comme  vous  pouvez  vous  en  rendre 
compte,  on  voit  sur  les  premières  radiographies  (fig.  1)  que  le  corps  de 
la  troisième  vertèbre  lombaire  a  en  grande  partie  disparu,  ’^l’oute  la  partie 
supérieure  de  cette  vertèbre  s’est  résorbée  et  sa  hauteur  a  actuellement  à 
peine  le  tiers  de  la  hauteur  ([u’elle  ilevrait  avoir.  Cette  destruction  s’est 
faite  d’une  façon  un  peu  irrégulière  :  la  portion  moyenne  du  corps  est  plu.s 
détruite  (jiie  la  portion  antérieure  et  la  portion  postérieure,  si  bien  que  le 
rebord  supérieur  du  fragment  vertébral  (|ui  persiste  est  légèrement  con¬ 
cave  en  haut.  Les  disipies  sus  et  sous-jacents  (|ui  séparent  cette  vertèbre 
de  la  deuxième  lombaire  en  haut,  de  la  ((uatriéme  lombaire  en  bas  sont 
conservés.  De  multiples  radiographies  ont  été  prises  :  en  voici  deux 
(fig.  2et3).Ce  n’est (pi’à  iiartir  de  192')  ([ue  l’on  voit  le  disque  sus-jacentà 
la  vertèbre  malade,  celui  cpii  le  séjiare  de  la  deuxième  lombaire,  diminuer 
de  bauteui’.  Déplus  on  voit  également  sur  les  radiographies  qui  datent  de 
ce  moment  (|ue  la  partie  inférieure  du  corps  de  cette  deuxième  lombaire 
est  un  ])eu  usée.  L’aspect  de  mal  de  Pott  est  devenu  alors  presque  typi- 
c|ucffig  4  et  5).  Mais  nous  y  insistons  à  nouveau  :  pendant  une  très  longue 
période  de  plus  de  deux  ans,  bien  (|ue  l'enfant  ait  un  mal  de  Pott,  clini- 


si-ASCKiH'  \'’ .n  n.Li.r  4r. 

quement  très  net,  le  corps  vertébral  seul  était  usé  alors  que  les  disques 
étaient  parfaitement  conservés.  C'est  un  aspect  évidemment  anonual  dans 
le  mal  de  Polt  et  il  est  bien  exact  (pie  dans  celte  all’eclion  la  disparition 
partielle  des  disques  vertébraux  précède  souvent  la  destruction  des  corps 
vertébraux  ou  est  plus  marquée  qu’elle.  Mais  il  y  a  des  cas,  et  en  voici  un 
exemple,  dans  lesquels  il  peut  y  avoir  conservation  des  discpies  et  cette 


conservation  ne  permet  pas,  comme  on  l’a  parlois  prétendu,  de  rejeter 
d  une  façon  formelle  un  diagnostic  de  mal  de  Polt. 

On  a  en  ces  derniers  temps  décrit,  sous  le  nom  d’ostéoebondrite  des 
corps  vertébraux  en  rapproebant  cette  alTection  de  l’affection  connue  sous 
Ce  nom  à  la  hanche,  une  maladie  dans  latpielle  l’aspect  radiographique 
^serait  semblable  à  celui  que  nous  montrons  ici.  La  lecture  des  tpielques 
observations  qui  ont  été  rapportées  ne  nous  a  pas  pleinement  convaincus 
^lu  il  ne  s’agissait  pas  de.  mal  de  Pott  et  nous  croyons  cpi’avant  d  admettre 
^  existence  de  cette  ostéochondrite  vertébrale  il  faudrait  avoir  des  preuves 
plus  fermes  que  celles  qui  ont  été  jusqu’ici  apportées. 


40 


socii'rn': 


si':axcI':  du 


1"^  .nm.i.nr  l'.wc, 


4s 


CIÉTÉ 


!■:  MCI  ItOl.i 


II. —  Paraplégie  par  paralysie  infantile.  Arthrodèses  multiples  per¬ 
mettant  la  marche,  par  Etiionmk  Souukl  et  M'"®  Sohuki.-Dkjkiuni;. 

Nous  avons  rhoniicur  de  présenter  à  la  Société  de  Neurologie  une  malade 
atteinte  à  l  àge  de  11  mois  de  [)araly.sie  infantile  à  peu  prés  totale  des 
membres  inférieurs. 

.Ius(|u’à  l’agc  de  9  ans,  elle  est  restée  confinée  dans  son  lit.  Une  série 
d’arthrodèses  lui  permet  maintenant  de  se  tenir  debout  et  démarcher. 

Voici  brièvemenl  l’observation  de  l’enfant. 

lîoHu...  Suzanne,  née  en  1913,  entre  à  l’hôpital  maritime  pour  une  para¬ 
lysie  infantile  des  membres  inférieurs. 

Histoire  de  la  maladie.  — A  l’àge  de  11  mois,  alors  que  l’enfant  commen¬ 
çait  à  marcher,  apparition  d’une  paralysie  llasquc  à  début  brusque,  siégeant 
sur  les  deux  membres  inférieurs.  Un  traitement  électrique  fut  institué 
pendant  trois  ans  à  l’hôpital  Ilérold.  En  janvier  1921,  hospitalisation  à 
l’hôpital  Trousseau  où  fut  pratiqué  une  arthrodèse  de  l’articulation  tihio- 
tarsicnne  gauche.  Il  semble  de  plus  que  l’on  ait  tenté  une  anastomose 
entre  le  jamhier  postérieur  et  les  extenseurs  communs  des  orteils,  anasto¬ 
mose  manifestement  fra[)péc  d’impuissance  car,  comme  nous  le  verrons 
plus  loin,  l'état  du  jamhier  postérieur  ne  pouvait  lui  permettre  de  jouer 
aucun  rôle  utile. 

Examen  à  rentrée,  Il  juillet  1921.  —  Station  debout  impossible. 

Membre  in/érienr  (jaiiehe  :  Arthrodèse  du  pied  gauche.  Paralysie  com¬ 
plète  de  tous  les  muscles  du  [)ied  et  de  la  jambe.  A  la  cuisse,  le  ([uadri- 
ceps,  les  adducteurs,  le  couturier,  les  muscles  de  la  loge  postérieure  (les- 
siers  et  pelvilrocliantéricns)  sont  complètement  paralysés.  Le  ténseur  du 
fascia  lata  se  contracte  faiblement  entrainant  un  léger  mouvement  de 
llcxion  de  la  cuisse  sur  le  bassin  avec  rotation  interne  du  membre.  Le 
psoas  se  contracte  un  j)eu  aussi,  entraînant  une  minime  llexion  de  la 
cuisse  sur  le  bassin  avec  rotation  externe. 

Membre  inférieur  droit  :  lîbaucbe  de  contraction  du  jamhier  postérieur, 
(jui,  grâce  à  son  anastomose  avec  les  llécbisscurs  des  orteils,  les  fait  mou¬ 
voir  légèrement.  Les  autres  muscles  du  pied  et  de  la  jambe  sont  para¬ 
lysés.  A  la  cuisse  il  persiste  une  contraction  légère  des  adducteurs.  Le 
tenseur  du  fascia  lata  et  le  psoas  se  contractent  un  peu  mieux  que  du 
côté  gauche  et  les  muscles  fessiers  se  contractent  faiblement. 

Les  muscles  des  gouttières  lombaiixîs  ne  se  contractent  que  très  fai¬ 
blement  et  l’enfant  ne  peut  pas  plus  rester  assise  que  debout.  Le  tronc 
tombe  en  avant,  et  la  paroi  abdominale  vient  se  coucher  sur  la  face  an¬ 
térieure  des  deux  cuisses.  Le  bassin,  lui  aussi,  bascule  en  avant  et  l’anus 
regarde  directement  en  arrière  comme  chez  tous  les  paraplégiques  dont 
les  fessiers  et  les  muscles  des  gouttières  lombaires  sont  pris.  L’enfant 
ari-ive  à  se  redresser,  mais  il  faut  pour  cela  cpi’elle  rejette  en  arrière  la  par¬ 
tie  supérieure  du  tronc  en  s’aidant  de  ses  membres  supérieurs.  Le  centre 
<le  gravité  est  alors  rc[)orté  en  arrière  et  le  bassin  se  redresse  méca- 


snANCrC  DU  l»'-  JUILLET  10‘>r. 


49 


niquement  dès  (|ue  cet  effort  cesse.  Les  muscles  de  la  paroi  abdominale 
antérieure  sont  partiellement  conservés. 

Les  réflexes  rotuliens  et  achilléens  sont  naturellement  abolis.  Les  mus¬ 
cles  paralysés  ont  une  R.  IL  complète  au  faradique  et  une  secousse  lente 
an  galvanique. 

Nous  nous  sommes  demandés  si  des  arthrodèses  multiples  ne  permet¬ 


taient  pas  la  station  debout,  et  si  les  quelques  fibres  qui  se  contrac¬ 
taient  encore  des  psoas  et  des  tenseurs  du  fascia  lata  ne  pourraient  ensuite 
permettre  la  progression.  Nous  avons  tout  d’abord  vérifié,  en  réalisant  de 
suite  les  ankylosés  futures  par  des  appareils  plâtrés,  l'exactitude  de  cette 
hypothèse. 

On  procéda  ensuite  aux  différentes  arthrodèses.  L’arthrodèse  du  coup 
®  pied  gauche  avait  déjà  été  faite  dans  un  autre  service  en  1920. 

revue  NEUHOI.OOigUE.  —  T.  H,  N"  1,  JUILLET 


192G. 


50  socn'rrii  du 

20  féorier  1022  :  Arlhroclcsc  de  la  hanche  droite  par  incision  en  tabatière 
d’Ollier. 

If)  novembre  1022  :  Arthrodèse  du  f^enou  droit  par  incision  médiane  anté¬ 
rieure  et  section  longitudinale  de  la  rotule. 

.‘i  aoùl  1023  :  Triple  arihrodè.sc  de  l’astragale  droite. 

On  ne  l’ait  pas  d’arthrodèse  du  genou  gauche  ;  nous  préférons  faire 


iok.  :i.  l'iK.  .1. 

Fijj.  lî  cl  1.  —  lîdlir...  Su/.iiiiiic,  l.'ijms,  l'iiriiplc^'ic  |mi- imnilyHio  inraiitilc  daliint  de  IVigc  tic  11  mois.  Arllim- 
dcscs  mulli|)les  {voir  Ic^cmlc,  1  cl  2;.  Marche  avec  tieux  caniiCH. 

|)orler  un  appareil  d'immohilisation  en  celluloïd  tpii  sera  remplacé,  cpiand 
renfanl  sera  plus  :ïgé  et  comprendra  mieux  le  maniement  de  l’appareil,  par 
une  genouillère  articulée  <|ui  sera  hlo(|uéc  pour  marcher  et  déhlocpiée 
pour  s’asseoir.  On  ne  fait  pas  non  plus  d’arthrodèse  de  la  hanche  gauche, 
[)ensant  cpic  la  seule  arthrodèse  de  la  hanche  droite  sullirait  pour  empê¬ 
cher  la  bascule  du  bassin. 

lût  oclobre  1023,  les  ankylosés  des  deux  cous-de  pied,  du  genou  droit 
étaient  com])létes,  l’ankylose  de  la  hanche  ne  l’était  pas  II  persiste  des 
mouvements,  et  un  peu  de  bascule  du  bassin  se  ])roduit  encore  (piatid 
lenfant  est  debout.  Pour  (pie  récpiilihre  soit  stable,  elle  est  obligée  de 


si':ancI':  nu  i"-  .ivuj.kt 


s  appuyer  un  peu  sur  deux  cannes  en  se  penchant  un  peu  en  avant,  mais, 
grâce  à  cela,  elle  peut  s’asseoir  facilement,  et  il  semble  y  avoir  avan¬ 
tage  à  laisser  les  choses  en  cet  état.  Le  genou  droit  est  immobilisé  par 
un  appareil. 

Pendant  longtemps  d’ailleurs,  la  marche  resta  prescjue  impossible,  et 
ce  n  est  qu'au  bout  de  plusieurs  mois  que  l’éducation  fut  suflkante  pour 
gne  1  enfant  puisse  se  tenir  debout  et  marcher.  Jusqu’au  début  de  1925, 
6lle  garda  des  béquilles,  et  ce  n’est  qu’en  mars  1925  qu’elle  arriva  à  se 
déplacer  avec  2  cannes.  Depuis  ce  temps  les  progrès  ont  été  sensibles. 

1026,  l’état  est  le  suivant  :  l’enfant  peut  se  tenir  assise,  elle 
peut  se  tenir  debout  sans  appui  (fig.  1),  mais  l’équilibre  est  instable,  car, 
comme  nous  l’avons  dit,  le  bassin  continue  à  basculer  légèrement  en  avant 
par  suite  de  l’ankylose  imcomplète  de  la  hanche  droite,  et  pour  que  l’équi¬ 
libre  soit  stable  l’appui  sur  2  cannes  en  se  penchant  un  peu  en  avant  est 
nécessaire  (lig.  2).  La  progression  se  fait  de  la  façon  suivante  :  grâce  à  la 
contraction  du  tenseur  du  fascia  lata,  le  membre  inférieur  droit  est  avancé, 
le  membre  inférieur  gauche  est  ensuite  ramené  à  sa  hauteur  (lig.  3  et  4), 
ni  le  mouvement  se  répète,  le  bassin  tournant  à  chaque  fois  légère¬ 
ment  du  côté  du  membre  qui  se  déplace.  Les  2  cuisses  sont  en  adduction, 
les  jambes  s'écartent  l’une  de  l’autre  par  un  léger  genu  valgum  double. 

Comme  vous  le  voyez,  le  résultat  est  satisfaisant  ;  cette  enfant  qui 
n  avait  pu  jusqu’à  9  ans  sortir  de  son  lit  peut  maintenant  se  déplacer.  Il 
3  fallu  très  longtemps  pour  arriver  à  lui  faire  faire  les  premiers  pas,  et 
.  plus  d  un  an  après  la  dernière  opération  nous  nous  demandions  encore  quel 
serait  le  résultat.  Mais  depuis  quelcpies  mois,  les  progrès  sont  relative¬ 
ment  rapides,  les  fibres  musculaires  du  psoas,  du  tenseur,  des  fessiers  qui 
persistaient  encore  se  sont  notablement  développées  et  ces  muscles,  que 
Ion  sentait  à  peine  se  contracter  autrefois  sous  la  main,  se  contractent 
maintenant  de  façon  plus  nette. 

Jusqu’ici  la  marche  ne.  s’est  faite  qu’en  terrain  plat.  L’enfant  n’a  pas 
essayé  de  monter  ou  de  descendre  un  escalier,  mais  elle  apprend  de  mieux 
en  mieux  à  se  servir  de  ses  membres  et  nous  espérons  que  la  situation 
pourra  s’améliorer  encore  notablement. 


III.  — Les  déformations  de  la  colonne  vertébrale  dans  le  tabes  et 
leur  traitement,  par  Louis  Lamy  et  J".  Leuua. 

Nous  ayons  eu  l’occasion  de  traiter  des  tabétiques  atteints  de  déforma¬ 
tions  graves  de  la  colonne  vertébrale  ;  les  résultats  que  nous  avons  obtenus 
un  traitement  orthopédique  ont  été  tels,  que  nous  avons  pu  nous  deman- 
or  s  il  n  y  aurait  pas,  dans  certains  cas,  avantage  à  diriger  le  traitement 
uon  seulement  contre  les  lésions  articulaires,  mais  aussi  contre  les  douleurs 
U  tionc  qui  ne  s'accompagnent  pas  de  déformations  apparentes.  Nous 
3vons  ainsi  été  amené.s  à  rechercher  dans  la  littérature  ce  que  l’on  sait  de 
oesdélormations  et  des  traitements  qui  leur  ont  été  appliqués,  et  nous  nous 
Proposons,  dans  cette  étude  sommaire,  de  résumer  l’état  de  nos  connais- 


52 


socii'rni  [)[•:  nei'rologu-: 


sanccs  sur  cette  question.  Nous  ajouterons  à  cette  étude  la  relation  de 
quatre  cas  ol)servés  par  l'un  de  nous. 

Les  troubles  troplii([ues  des  articulations  dans  le  T’a/^cs  sont  connus  de¬ 
puis  longtemps.  Mais,  chose  singulière,  si  tous  les  traités  classiques  de 
médecine  et  de  chirurgie  parlent  des  arthropathies  tabétiques,  des  maux 
[leiTorants  plantaires,  des  fractures  spontanées,  la  plupart  ne  mentionnent 
pas  les  lésions,  de  même  origine,  intéressant  la  colonne  vertébrale.  Seul, 
parmi  tous  les  traités  que  nous  avons  consultés,  le  Traité  de  médecine  pu¬ 
blié  sousladirectionde  MM.  Charcot,  Bouchard  et  Brissaud  (1)  fait  men¬ 
tion  des  fractures  des  vertèbres,  qui  «  s’accompagnent  toujours  d’un  cer¬ 
tain  degré  d'arthropathie  des  articulations  intervertébrales,  de  telle  sorte 
que  l’écrasement  des  corps  d’une  ou  [)lusicurs  vertèbres  n’est  pas  seul  en 
jeu.  Ces  lésions  articulaires  peuvent  même  prédominer,  au  point  que  cer¬ 
tains  auteurs  décrivent  dans  le  Y’nèes  non  pas  des  fractures  de  vertèbres, 
mais  de  véritables  arthropathies  vertébrales  ». 

Le.  Manuel  de  Pathologie  externe  de  M^F.  Reclus,  Kirnnsson,  Peyrot, 
Bouilly  (2)  ne  fait  que  citer  en  passant  les  arthropathies  de  la  colonne 
vertébrale. 

Le  silence  des  grands  traités  à  l’égard  de  ces  arthropathies  vertébrales 
semble  indicpier  que  celles-ci  ne  jouent  pas  un  rôle  important  en  patho¬ 
logie.  En  fait,  elles  ne  s’observent  pas  fréquemment  ;  et  même,  si  l’on 
faille  compte  des  cas  authentiques  (pii  ont  été  décrits  depuis  1860,  on 
peut  dire  qu’ils  sont  rares,  puisque  leur  nombre  atteint  à  peine  la  quaran¬ 
taine  ;  ils  sont  probablement  moins  rares,  toutefois,  (pi’il  ne  semble  a 
priori.  En  elfct,  dans  un  grand  nombre  des  cas  qui  ont  été  décrits,  l'atten¬ 
tion  du  malade  a  été  attirée  sur  sa  colonne  vertébrale  par  des  symptômes 
bruyants,  par  des  craquements  insolites  et  même  par  des  ell'ondrements 
subits  du  segment  dorso-lombaire.  Dès  lors,  la  clinique  ne  pouvait  man- 
([uer  de  dépisterces  lésions.  Mais  ces  ell'ondrements  ne  se  produisent  qu’à 
la  faveur  de  modilications  profondesdans  là  structure  et  dans  la  forme  des 
vertèbres.  Il  n'est  pas  douteux  qu'avant  d'aboutir  à  de  pareils  e/fondrements, 
ces  modifications  doivent  donner  lieu  à  des  déviations  qui  passent,  au  début, 
tout  à  fait  inaperçues  et  qu'on  les  observerait  beaucoup,  plus  fréquemment  si, 
en  l'absence  de  tout  symptôme  subjectif,  on  les  recherchait  systématique¬ 
ment. 

Qu’il  nous  soit  dope  permis,  dès  à  présent,  d’attirer  l’attention  des  neu¬ 
rologistes  sur  l’intérêt  qu’il  y  aurait,  pour  les  malades,  à  rechercher  ces 
déviations  chez  tous  les  tabétiques  et  à  les  traiter  le  plus  tôt  possible. 

Historique,  —  La  plupart  des  auteurs  qui  ont  écrit  sur  ce  sujet  ont  res¬ 
senti  le  besoin  d’épuiser  le  côté  historique  de  la  question.  Nous  n'éprou- 
vonsdonc  aucunegêne  à  renvoyer  aux  travaux  de  MM.  Abadie  (3)et  Kurt 

(1)  Paris,  .Ma.s3on,  1894,  p.  397. 

(2)  Toiiin  I,  Paris,  Masson,  1898,  p.  710. 

(3)  Los  oslonarthrupatliios  vortèbralos  dan*  le  Tabes.  Nouv.  Icon.  de  ta  Salpétrière, 
vol.  XIII.  1990. 


SÉANCE  DU  1"  JUILLET  1920 


Frank  (1)  pour  la  période  qui  va  jusqu’à  1904,  et  aux  thèses  de  MM.  G. 
Basset  (2)  et  A.  Montaliou(3)  pour  les  rares  travaux  plus  récents.  Les  lis¬ 
tes  bibliographiques  que  donnent  ces  auteurs  se  complètent  les  unes  les 
autres  :  nous  en  prenons  aussi  avantage  pour  y  renvoyer. 

Disons  seulement  que  c'est  Charcot  qui  aurait  observé  le  premier  cas 
authentique  d’arthropathie  vertébrale  tabétique.  Avant  lui,  Topinard  (4) 
décrit  comme  tels  deux  cas  douteux,  en  ce  sens  que  le  Tabks  n’y  est  pas 
démontré  et  qu’il  semble  plutôt  s’agir  d’une  maladie  de  Friedreich. 

Krœnig(5)  est  le  premier  qui  ait  institué  un  traitejnent  de  cette  affection, 
au  moyen  de  corsets  orthopédiques. 

Son  exemple  n’a  pas  été  suivi  en  France,  bien  que  Krœnig  ait  obtenu  de 
très  beaux  résultats.  Et  même,  Abadie,  qui  a  observé  personnellement 
cinq  cas,  n'a  tenté  aucun  traitement,  pour  ne  pas  ajouter  aux  nombreuses 
souffrances  de  ses  tabétiques  «  une  nouvelle  cause  d’embarras  et  de  dou¬ 
leurs  inutiles  «.Abadie  reconnaît  cependant  que  le  seul  traitement  possi- 
l^le  est  le  traitement  orthopédique.  M.  Basset  souscrit  à  la  thèse  de 
Abadie. 

Symptômes  cliniques.  —  Tous  les  auteurs  que  nous  avons  consultés  sont 
d  accord  sur  ce  point,  que  l’affection  a  une  marche  insidieuse,  lenle  et 
progressive,  et  qu’elle  est  généralement  indolore.  L’attention  du  malade  est 
attirée,  un  beau  jour,  sur  une  grosse  gibbosité  lombaire,  par  des  craque¬ 
ments.  Tels  sont  les  cas  décrits  par  Graetzer  (6),  Adler  (7),  W.  B.  Cor- 
"®11  (8),  L.  Hofbauer  (9),  Kurt  Frank  (10),  Sonnenburg  (11),  .Jean  Aba¬ 
die  (12),  G.  Petit  (13),  etc. 

Dans  un  cas  de  Graetzer,  l’effondrement  qui  attira  l’attention  du  malade 
donna  lieu,  six  mois  plus  tard,  à  une  paralysie  de  la  jambe  gauche.  Les 
mouvements  de  la  colonne  étaient  tout  à  fait  indolores. 

L  effondrement  est  tantôt  lent  et  graduel,  tantôt  subit.  Dans  ce  dernier 
il  se  produit  à  l’occasion  d’un  traumatisme  insignifiant,  qui  provoc[ue 
des  fractures  des  corps  vertébraux  décalcifiés  et  des  luxations  latérales  des 
vertèbres. 


1904  Osteoarthropathien  (1er  Wirbels'iule.  Wiener  klin.  Wochenechr., 

Ga^biuel-Jules-Eugènr  Basset,  Les  artliropathics  vertébrales  dans  le  Tabes. 
Jtiése  de  Bordeaux,  1921. 

(3)  Contribution  à  l’étude  des  arthropathies  vertébrales  du  Tabes.  Thèse  de  Mont¬ 
pellier,  1923. 

(?)  l' Ataxie  locomotrice,  Paris,  1864.  ' 

R  %^’'^9^'^''^''ankungen  bei  Tabikern.  Zeitschr.  f.  klin.  Med.,  Berlin,  1888,  vol.  XIV. 
innV  ^etbische  Osteoarthropathien  der  Wirbelsiiiile.  Deutsche  medizin.  Wochenschr., 
m03,  p.  992. 

a  y^er  iabische  Knochen  and  Gelenkserkrankungen.  Zentralblatt  f.  (L  Grenzgebiete 

fl.  Med.  und  Ghir.,  1903. 

ni,-  '  A.  tabetic  vertébral  ostco-arthropathy,  with  radiograph.  Johns  Ho- 

Hospital  Bulletin,  n»  138,  1902. 

Wi-ner  klin.  Wochenschr.,  1902. 

10)  Loc.  cil. 

1  )  Die  Arthropathia  tabidoruni.  Archiv /.  klin.  Chir.,  vol.  XXXVI. 

(12)  Loc.  cil. 

Bordeaux^^v^]^ yi  d' Anatomie  el  de  Phgsiologie  normales  et  pathologiques  de 


54 


socifrn':  nr:  lyiii’noijjoij-: 


C’est  le  segment  lombaire  ou  dorso-lombaire  c[ui  est  le  plus  souvent 
atteint.  Cette  localisation  s’expii([ue  par  des  raisons  simplement  méca¬ 
niques,  puis((ue  c’est  la  colonne  lombaire  qui  supporte  le  poids  du  corps. 

Les  déviations  sont  ordinairement  des  cypbo-scolioses  totales,  droites 
ou  gaucbes  indifleremment,  ou  à  double  courbure.  Elles  peuvent  être 
énormes,  rejetant  fortement  le  malade  en  avant,  parfois  en  arrière  ;  celui-ci 
ne  peut  se  redresser  et  il  éprouve  le  besoin  d’être  soutenu  pour  ne  pas 
tomber. 

Il  faut  noter  que  ces  cypbo-scolioses  s’accompagnent  rarement  de  rai¬ 
deurs,  qu’elles  sont  le  ])lu.s  souvent  indolores  spontanément,  à  la  pression 
et  aux  mouvements,  et  qu’il  existe  une  mobilité  anormale  du  segment 
malade.  Toutefois,  M.  Montaliou  pense  que  les  douleurs  sont  plus  fréquen¬ 
tes  qu’on  ne  l’a  dit.  Il  fait  justement  remarcpier  que  l’on  peut  aisément 
confondre  des  douleurs  radiculaires  de  compression  avec  les  douleurs 
fulgurantes. 

Nous  insistons  sur  ces  caractères,  relevés  par  tous  les  auteurs,  parce  ([ue, 
dans  deux  des  cas  que  nous  avons  observés  personnellement,  nous  avons 
noté,  au  contraire,  de  violentes  douleurs,  pour  lesquelles  le  malade  était 
venu  nous  consulter.  Sur  les  26  cas  qui  font  l’objet  de  la  discussion  de 
Kurt  Frank,  un  seul  présenta  des  crises  douloureuses  au  niveau  du  seg¬ 
ment  malade. 

Diafjiioslic.  —  Il  faut,  avant  tout,  penser  au  tabes  et  l’établir  nettement  : 
les  artbropatbies  autres  que  celles  de  la  colonne  vertébrale,  les  maux  per¬ 
forants  plantaires,  etc.,  appuieront  le  diagnostic.  Cependant,  cela  ne  doit 
pas  exclure  d’emblée  la  possibilité  d’autres  alTections  intercurrentes. 

Le  trait  caractéristique  des  lésions  vertébrales  tabétiques  semble  bien 
résider  dans  leur  'installation  insidieuse  et  dans  l’absence  de  douleurs. 

.  Cette  indolence  presque  constante  permettra  de  faire  le  diagnostic  dilfércn- 
tiel  d’avec  le  rhumatisme  cbroni([ue  ankylosant,  l’ostéite  déformante,  les 
fractures,  l’arthrite  déformante,  le  mal  de  Pott,  les  anévrysmes,  les 
tumeurs. 

En  cas  de  doute,  — et  l’on  peut  hésiter  si  l’alfection  est  douloureuse, — 
la  radiographie  sera  généralement  décisive.  Le  trouble  trophique  osseux 
se  manifeste  à  la  fois  par  de  l’atrophie  (intense  décalcification  de  la  spon¬ 
gieuse  des  corps  vertébraux)  et  par  de  l’hypertrophie  (formation  de  nou¬ 
veaux  trabécules). 

C’est  là,  si  l'on  y  rélléchit.  un  phénomène  étonnant  :  dans  un  même  seg¬ 
ment  de  la  colonne  vertébrale,  on  assiste,  simuUanèmenl,  à  un  travail  de 
destruction  osseuse  (porosité  excessive  de  l’os)  et  à  un  travail  de  recons¬ 
truction  ;  bourrelets  osseux,  dentelures,  becs  de  perrocpiet,  crochets,  ru¬ 
gosités,  végétations  osseuses  pittoresques  et  inattendues.  Les  choses  sem¬ 
blent  sc  passer  comme  si  la  matière  des  vertèbres,  rendue  semi-lluide  par 
les  pertes  en  sels  minéraux  et  comprimée  selon  l’axe  de  la  colonne,  débor¬ 
dait  latéralement  et  se  transportait  dans  les  annexes  osseuses  du  corps 
vértébral. 


s/5.1, vc/?  DV  I”  juruj-yr  i'km; 


11  en  résulte  une  déformation  considérable  des  vertèbres.  Celles-ci  affec¬ 
tent  souvent  un  aspect  cunéiforme,  par  suite  de  l’usure  d’un  des  bords  des 
corps  vertébraux.  Ce  sont  ces  destructions  partielles  qui  déterminent  la 
culbute  des  corps  vertébraux  sus-jacents  et,  par  suite,  les  déviations  de 
la  colonne  dans  le  sens  latéral  oudansle  sens  dorso-ventral.  Dans  les  cas 
extrêmes,  avec  eflondrement,  on  ne  voit  plus  qu’un  magma  informe,  volu¬ 
mineux,  hérissé  de  saillies  ;  les  vertèbres  s’y  laissent  bien  individualiser, 
mais  elles  alfectent  entre  elles  des  rapports  tout  à  fait  extravagants,  par 
télescopage,  par  culbute,  ou  par  soudure  des  ostéophytes,  d’une  vertèbre 
à  l’autre. 

Les  déviations  simples  sont  le  fait  de  la  première  phase  delà  maladie  ; 
elles  sont  insidieuses  et  n’attirentl’attention  ni  du  malade,  ni  du  médecin, 
SI  ce  dernier  ne  les  recherche  pas.  Redisons,  en  y  insisant,  que  c'est  à  ce 
stade  qu’il  serait  le  plus  utile  d’intervenir,  pour  empêcher  le  malade  de 

s’elfondrer. 

Les  lésions  localisées,  plus  tardives,  ([ui  aboutissent  à  l’effondrement  du 
segment  malade  —  généralement  le  segment  lombaire  —  sont  caractérisées 
par  une  mobilité  anormale,  accompagnée  de  craquements,  qui  fait 
contraste  avec  l’absence  de  douleurs  spontanées  et  à  la  pression.  Cette 
absence  de  douleurs,  avec  des  modifications  aussi  profondes  de  la 
structure  des  vertèbres,  est  caractéristique  du  T'a/les.  Cependant  cette  indo¬ 
lence  n’est  pas  absolue,  car  plusieurs  auteurs  ont  noté  une  vive  douleur 
a  l’occasion  de  l’çlfondrement  ;  dans  ce  cas,  il  y  a  de  la  crépitation  dou. 
lourcuse. 

C  est  avec  les  tumeurs  vertébrales  que  l’on  pourrait  le  plus  aisé  ment 
confondre  les  lésions  du  Tabes.  La  confusion  ne  peut  être  faite  avec  les 
cancers  métastatiques  delà  colonne  au  début,  dont  l’image  radiograpliiipie 
est  si  caractéristique  :  la  forme  des  corps  vertébraux  y  est  intégralement 
conservée,  mais  en  miniature,  et  les  espaces  vertébraux  sont  intacts.  Les 
Vertèbres  ont,  en  outre,  cet  aspect  particulier  qui  a  été  désigné  par  le  nom 
‘1  «  os  noirs  »,  à  cause  de  leur  extraordinaire  opacité  sur  les  images  posi¬ 
tives. 

En  revanche,  dans  les  cancers  vertébraux  osléoplastiques,  la  prolifé¬ 
ration  du  tissu  osseux  anarchique  peut  donner  lieu  à  des  masses  confuses, 
où  les  corps  vertébraux  ne  sont  plus  distincts.  On  a  alors  alfaire  à  des 
masses  indécises,  à  contours  mal  défénis,  noyant  les  organes  voisins,  ou 
hérissées  de  spiculés  radiés,  tandis  que  dans  le  Tabes  on  distingue  encore 
les  vertèbres  ;  ce  sont  des  vertèbres  déformées,  des  caricatures  de  vertèbres, 
affectant  entre  elles  les  rapports  les  plus  extravagants,  mais  nettement 
dessinées  et  délimitées. 

Enfin,  indépendamment  des  autres  .symptômes  cliniques,  on  ne  confon- 
dra  pas  une  gibbosité  tabétiipie  par  effondrement  avec  une  gibbosité  pot- 
bque  :  l’effondrement  de  plusieurs  vertèbres,  dans  un  mal  de  Pott,  s’accom¬ 
pagne  bien  souvent  d’un  abcès  ;  ce  n’est  jamais  le  cas  dans  le  Tabes  ;  de 
plus,  la  rigidité  du  segment  malade,  chez  les  pottiques,  n'a  aucun  rapport 
avec  la  mobilité  ordinaire  des  colonnes  tabétiques. 


SOCllini  DH  NEUHOLOGIH 


Trailemenl.  —  Krocnig(l)  a  été  le  premier  à  tenter  de  redresser  ses 
malades.  Il  les  traitait  au  moyen  de  corsets  plâtrés.  Dans  un  cas  grave  iï 
obtint  une  guérison  complète,  puisque  son  malade  put  marcher  de  nouveau 
sans  corset.  11  échoua  dans  deux  autres  cas. 

Sonnenburg  (2)  obtint  aussi  de  bons  résultats  avec  des  appareils  plâtrés. 

Graetzer  (d)  de  même  (un  cas)  avec  corset  orthopédique  de  Hessing- 
Hoffa. 

Frank  (4)  préconise  le  traitement  orthopédique. 

Montaliou  rapporte,  parmi  ses  observations  personnelles,  celle  d’un 
malade  qui  fut  traité  par  son  maître,  le  Professeur  Roger,  au  moyen  d'un 
corset  plâtré.  Une  escarre  obligea  à  couper  le  plâtre  en  bivalve.  «  Le  ma¬ 
lade  ayant  été  emporté  par  une  septicémie,  les  résultats  éloignés  n’ont  pu 
être  observés  »  (Montaliou.) 

Dans  sa  thèse  de  Rordeaux,  M.  Rasset  fait  siennes  les  conclusions 
d’Abadie  et  juge  «  cruel  d’ajouter  aux  nombreuses  soulfrances  des  tabé- 
tl(|ues  une  nouvelle  source  d’embarras  et  de  douleurs  inutiles  ». 

Et  pourtant,  le  traitement  orthopédique  est  bien  le  seul  ((ue  l’on  puisse 
diriger  utilement  contre  les  déviations  ;  car  le  traitement  spécificpie  préco¬ 
nisé  par  Rasset  ne  peut  avoir  une  action  quelconque  sur  les  lésions  des 
vertèbres.  La  maladie  et  le  symptôme  sont  deux  choses.  Le  traitement  de 
la  maladie  et  le  traitement  du  symptôme  sont  deux  autres  choses.  Si  une 
thérapeutique  dirigée  contre  l’atfection  générale,  en  res[>èce  le  tabes,  peut 
enrayer  et  même  arrêter  le  processus  (|ui  déforme  les  vertèbres,  —  ce  qui 
ii’est  pas  démontré,  —  on  peut  dire,  «  priori,  qu’elle  ne  peut  prétendre  à 
redresser  des  malades  cassés  en  deux. 

Le  redressement  ne  peut  s’opérer  que  par  des  moyens  mécaniques.  C’est 
affaire  de  technique  et  de  doigté  de  ne  pas  aggraver  le  cas  par  une  action 
trop  énergique.  L’usage  d’un  corset  plâtré  est,  en  principe,  tout  à  fait  indi- 
c|ué  :  le  malade  a  besoin  d’être  soutenu  et  l’appareil  satisfait  à  ce  besoin. 
On  peut  obtenir  par  ce  moyen  des  corrections  graduelles,  en  renouvelant 
les  plâtres  et  en  augmentant  chaque  fois  la  correction.  Mais  il  y  a  souvent, 
pour  la  fabrication  d'un  tel  corset,  des  obstacles  à  vaincre  (|ui  sont  imsur- 
montables:  le  mauvais  état  général  du  malade,  l’incoordination  de  ses  mou¬ 
vements,  les  attitudes  vicieuses,  etc. . . ,  peuvent  s'y  opposer  de  façon  absolue. 

De  plus,  il  faut  j)enser  qu’il  estdilïicile  de  se  rendre  compte  de  ce  qui  se 
passe  sous  un  plâtre,  c[ue  le  tabétique  est  généralement  atteint  de  troubles 
graves  de  la  .sensibilité  et  qu’il  prend  prétexte  de  tout  et  de  rien  pour  faire 
des  troubles  trophiques.  Enfermer  un  tabétique  sous  un  plâtre  est  donc 
chose  délicate  et  qui  exige  une  très  grande  habitude  de  ces  sortes  d’appa¬ 
reils.  De  toutes  façons,  si  l’on  y  recourt  d’emblée,  nous  pensons  qu’il  est 
indispensable  de  couper  tout  de  suite  le  corset  en  bivalve,  alin  de  pouvoir 
surveiller  ce  qui  se  passe  dessous. 

Dans  les  quatre  cas  que  nous  avons  observes  personnellement,  nous 
avons  préféré  recourir  à  une  correction  progressive  des  déviations  au 


(1),  (2),  (.3)  (4).  r.oe.  cil. 


SÉAMCE  DU  1”  JUILLET  ^9•^G 


57 


moyen  délits  plâtrés.  Cette  méthode  nous  a  donné  des  résultats  excel¬ 
lents,  même  dans  un  cas  qui  paraissait  désespéré. 

Vpici  l’observation  de  ce  malade  en.  collaboration  avec  le  D'  .lacques  Calvé, 
de  Beck.) 

M.  F...,  47  ans.  Syphilis  entre  20  et  25  ans.  Phénomènes  tabétiques  remontant  à 
une  dizaine  d’années. 


Depuis  un  an,  ilouleurs  fulgurantes  en  ceinture,  avec  irradiations  dans  les  membres 
inférieurs.  Ces  douleurs  ôtaient  extrêmement  pénibles  :  le  malade  ne  pouvait  plus  bou¬ 
ger  de  son  lit.  Gorgé  de  tous  les  anllsyphilitiques  existants,  au  point  (pi'un  médecin 
s’était  posé  la  question  d’une  intoxication  par  l’arsenic.  Se  tient  courbéon  deux,  cou¬ 
ché  sur  le  côté.  Les  deux  pieds,  en  équinisme  accentué,  présentent  des  troubles  tro¬ 
phiques,  dont  un  mal  perforant  idantaire.  On  pouvait  réduire  l’équinisme  a  la  main, 
mais  au  prix  de  terribles  douleurs  en  éclair. 

Vomissements  ;  crises  alternées  de  diarrhée  et  de  constipation.  Aucun  repos. 

Gibbosité  lombaire  avec  inclinaison  latérale.  Les  muscles  étaient  soulevés  au  point 
qu’un  médecin,  croyant  !i  un  abcès,  fit  trois  tentatives  de  ponction,  suivies  d’injec- 
Don  de  naphtol  camphré. 


58 


cnin':  DE  XEi'iiOLor.iE 


La  raitioïi'aphio  (Fi".  1)  mi)nLn;  una  scolio-;  "  lombaire  di-oito  avec  n  déji‘11  ornent  i  on 
masse  à  (Iroilo  oxtrèmomont  marijiié.  Les  2'  et  3“  vertèbres  lombaires  sont  très  rema¬ 
niées  :  la  2”  est  ulcérée  à  sa  partie  inférieure  gaucho,  mais  son  contour  se  péril  dans  une 
masse  de  noin  elle  formation  qui  remonte  sur  son  bord  gaucho  jusqu’à  sa  face  supé¬ 
rieure,  avec  dos  zones  aUernativoment  raréliéos  et  condensées. 

La  3”  est  la  plus  atteinte  :  tout  d’abord  o.lle  a  glissé  on  masse  à  droite,  sur  la  4”, 
de  2  centimètres  environ.  Son  axe  horizontal  est  oblique  en  bas  et  à  droite;  sa  face  infe¬ 
rieure  est  a  peu  près  jilane,  mais  son  bord  gauche  et  sa  face  supérieure  ont  subi  des 
remaniements  extraordinaires,  qui  échappent  à  toute  description.  iMcsurée  dans  ses 
dimensions  extrêmes,  elle  paraît  avoir  le  double  de  la  largeur  de  la  vertèbre  sus-jacente, 
car  elle  se  prolonge  à  droite  et  en  haut  par  un  crochet  de  (dus  do  3  centimètres, 

I.es  apophyses  Lransverses  des  2®  et  3°  V.  L,  se  touchent  à  gauche' par  leurs  extré¬ 
mités,  alors  qu’à  droite  elles  sont  distantes  de  5  centimètres.  On  se  demande  comment 
une  telle  colonne  vertébrale  peut  supporter  le  [loids  du  haut  du  corps. 

Cachexie.  Maigreur  impressionnante. 

On  tente  de  l’extension  continue  pour  faire  un  lit  plâtré,  mais  il  est  impossible  de 
nii'Ll.re  le  malade  sur  le  dos,  A  la  suite  de  consultations  médicale  multiples,  on  décide 
de  lui  faire,  sous  anesthésie,  une  tentative  do  redressement  et  un  '  t  plâtré. 

Anesthésie  au  protoxyde  d’azote,  llématém'èses  après.  Fn  imminence  do  mort  pendant 
48  heures  ;  on  lui  fait  un  lit  plâtré  en  légère  cyphose,  parce  ipi’on  ne  pouvait  faire 
mieux.  Les  douleurs  diminuent  peu  à  peu  d’intensité  et  de  fréquence,  si  bien  qu’on  peut 
faire  un  second  lit  plâtré  sans  anesthésie.  On  l’y  met  en  rectitude,  en  essayant  de  cor¬ 
riger  la  déviation  latérale.  Far  des  tractions  élastiques  sur  es  pieds,  on  réduit  l’équi- 

On  1  incline  progressivement  dans  son  lit  plâtré,  et,  trois  mois  après  le  début  du 
traitemeni,  on  fient  le  mettre  debout  et  lui  faire  un  corset  plâtré.  Il  commence  aus¬ 
sitôt  à  marcher.  Deux  mois  plus  tard,  on  lui  fait  un  corset  im  celluloïd,  qu’il  porte 
depuis  cinif  ans.  Les  douleurs  ont  diminué  au  point  qu'il  a  fin  reprendre  ses  occupa¬ 
tions,  dans  la  mesure  où  le  peut  un  tabétique,  s'entend. 

Les  trois  autres  cas  n’oiïraient  pas  uii  tableau  aussi  drainali(|uc.  Tous 
trois  étaient  aussi  du  sexe  niaseulin  (disons,  à  ce  propos,  que  les  arthro- 
pathies  vertébrales  tabétiques  sont  signalées  comme  relativement  plus 
fréquentes  chez  la  femme  que  chez  l’homme)  ;  leur  tabes  était  manifeste 
et  traité  depuis  plusieurs  années. 

Nous  appellerons  ces  malades  X...,  Y...,  Z...,  pour  lixer  les  idées.  Tous 
trois  étaient  venus  nous  consulter  parce  qu’ils  ne  pouvaient  plus  marcher, 
X...  et  Y...,  à  cause  d’un  fort  «  déjettement  »  latéral,  Z...,  en  raison  de 
déformations  lombaires  ejui  l’avaient  cassé  en  deux,  en  avant  ;  attitudes 
désastreuses  [xuir  la  marche,  chez  des  gens  qui  ont  perdu  la  coordination 
de  leurs  mouvements. 

‘  Z...  soulfrait  au  niveau  de  son  segment  malade.  Tous  trois  présentaient 
une  paralysie  accentuée  du  sciaticpie  poplité  externe,  paralysie  qui  s’amé¬ 
liora  notablement  par  le  traitement,  ainsi  que  les  douleurs  de  Z...  Les 
lésions  vertébrales  avaient  été  confirmées  par  une  radiographie,  (iomme 
dans  le  cas  de  F...,  nos  efforts  portèrent  sur  la  correction  de  l’attitude 
vicieuse,  au  moyen  de  lits  plâtrés  successifs,  faits  à  trois  semaines  d’in¬ 
tervalle.  Deux  lits  plâtrés  suflirent  pour  olMenir  une  bonne  correction, 
'frois  semaines  après  le  second,  nous  avons  fait  un  corset  plâtré. 

La  confection  du  corset  plâtré  est  malaisée  en  pareil  cas,  parce  que  les 
malades  ne  peuvent  être  mi.s([u’en  demi -suspension  :  leurs  jambes  se  déro- 


si':amcp:  du  I"  juu.i.ict 


tant  constamment  sous  eux,  on  est  obligé  de  les  faire  asseoir  pendant 
qu  on  fait  l’appareil .  Le  corset  est  coupé  en  bivalve  et  porté  jusqu’à  ce  que 
les  malades  puissent  marcher.  Dans  ces  trois  cas,  et  môme  dans  le  cas  si 
grave  de  F,..,  la  marche  a  été  possible  au  bout  de  trois  mois. 

Conclusion. —  Les  artbropathies  vertébrales  tabétiques  sont  une  afî'ec- 
tion  grave,  puisqu’elles  aboutissent  presque  fatalement,  si  elles  ne  sont 
pas  traitées,  à  l’eflondrement  du  segment  malade. 

C  est  dans  la  première  phase  de  déformation  des  vertèbres  qu’il  serait 
le  plus  utile  d’intervenir,  en  soutenant  les  malades  au  moyen  d’un  corset 
orthopédique.  Mais  cette  période,  nous  l’avons  vu,  passe  le  plus  souvent 
inaperçue,  parce  que  les  lésions  s’installent  insidieusement,  progressive- 
oient,  et  qu’elles  sont  indolores.  Nous  avons  souligné  l’intérêt  qu’il  y 
aurait,  pour  cette  raison,  à  rechercher  systématiquement  ces  déforma¬ 
tions  chez  tous  les  tabétiques  et  à  prévenir  l’etfondrement  des  vertèbres 
décalci'fiées. 

De  pi  us,  nous  pensons  qu’il  n’y  aurait  que  des  avantages,  pour  les  ma¬ 
lades,  à  déterminer  la  nature  exacte  de  leurs  douleurs,  et,  dans  le  cas  où 
celles-ci  seraient  radiculaires,  à  les  soutenir  par  un  appareil,  même  en 
1  absence  de  déviations  apparentes.  Le  soulagement  immédiat  éprouvé  par 
les  rares  malades  qui  ont  été  traités  de  la  sorte  depuis  Kroenig  donne 
même  à  penser  que  l’on  pourrait  systématiser  ce  traitement  symptoma¬ 
tique  . 

Le  plus  souvent,  le  malade  requiert  du  secours  lorsque  sa  colonne,  déje¬ 
tée  latéralement  ou  en  avant,  rend  la  marche  impossible  ou  kii  inilige  des 
souflrances.  Contrairement  à  l’opinion  d’Abadie,  qui  conseille  de  ne  pas 
ajouter  de  nouvelles  souffrances  aux  malades  en  leur  imposant  un  traite¬ 
ment  pénible,  tout  en  accordant  que  seul  un  traitement  orthopédique  peut 
remédier  à  leur  état,  nous  pensons  qu’il  est  plus  humain  de  s’appliquer  à 
redresser  ces  malades. 

Le  traitement  de  choix  nous  paraît  consister  dans  le  redressement  pro¬ 
gressif  au  moyen  de  lits  plâtrés  successifs,  suivis  d’un  corset  plâtré  coupé 
en  bivalve,  aussitôt  que  le  permet  l’état  du  malade.  Nous  avons  obtenu  par 
ce  moyen  une  véritable  résurrection,  dans  un  de  nos  cas  qui  paraissait 
désespéré.  Dès  que  le  malade  a  réappris  à  marcher,  on  le  maintient  au 
moyen  d’un  corset  de  celluloïd,  grâce  auquel  il  pourra  vaquer  à  ses  occu¬ 
pations.  Les  quatre  malades  (jue  nous  avons  traités  de  la  sorte  ont  repris 
leur  vie  sociale,  dans  toute  la  mesure  compatible  avec  leur  qualité  de 
tabétiques . 

—  Les  troubles  trophiques  dans  le  processus  des  maladies 

mUammatoires  de  la  moelle,  par  le  D'  Hhoussilowski  (Assis¬ 
tant  a  la  clinique  des  maladies  nerveuses  de  l’Universilé  de  Moscou. 

Directeur:  professeur  Rossommo). 

Liniluence  trophique  du  système  nerveux  sur  les  différents  tissus  a  été 
cinontrée  dans  une  série  de  travaux  anatomo-cliniipies  et  expérimentaux. 


sociiiTi':  UE  yEuitOEoaiE 


La  diflérence  de  points  de  vue  n’existe  ((ue  dans  la  question  de  savoir  com¬ 
ment  se  transmet  cette  iniluence,  par  quelles  voies  et  par  quels  moyens. 

Les  (litïérents  auteurs  l’expliciuent  dilïéremment .  Parmi  plusieurs  théo¬ 
ries  qui  existent  sur  cette  question,  nous  nous  arrêterons  sur  deux  : 

1.  La  llicorie  vaso-motrice  nous  apprend  (|ue  la  nutrition  du  tissu  dépend 
de  la  Fonction  des  centres  et  des  nerfs  vaso-moteurs  et  que  leurs  perturba¬ 
tions  s’aceonq)agncnt  de  troubles  trophiques.  D'après  cette  théorie,  la 
dilatation  des  vaisseaux  (hyperémie  neuroparalytique  —  Schilï)  joue  un 
rôle  prédisposant  au  processus  intlammatoire  dans  les  tissus  ;  d’autre 
part  sous  l’inlluence  de  l’anéinie  (anémie  neuro-irritative  de  lîrown-Sé- 
<[uard)  peuvent  se  développer  les  phénomènes  gangréneux. 

H.  La  théorie  des  nerfs  trophiques  (Samuel)  admet  l’existence  de  centres 
et  nerfs  spéciaux  ([ui  agissent  sur  la  nutrition  des  tissus.  Les  troubles  de 
ces  centres  s’accompagnent  tantôt  d’hyiiertrophie,  tantôt  d’atrophie,  tan¬ 
tôt  de  dystrophie  des  tissus  correspondants.  En  admettant  l’existence  des 
centres  trophi(|ues,  Charcot  croit  (|ue  le  dévelo[)pcment  des  troubles  tro- 
j)hiqucs  dépend  de  l’irritation  des  régions  correspondantes  du  système 
nerveux,  tandis  (pie  Vulpian  suppose  que  les  troubles  trophiques  se  déve¬ 
loppent  par  la  diminution  de  l’inlluence  nerveuse.  Beaucoup  d’auteurs 
s’abstiennent  de  se  joindre  à  cette  nouvelle  théorie  parce  que  l’existence 
des  centres  troiihicpies  n’a  pas  été  démontrée,  ni  clini{[ucnient,  ni  expéri¬ 
mentalement. 

Les  alTections  du  système  nerveux  sont  très  riches  en  dill'érents  troubles 
trophiques  intéres.sant  les  difl'érents  tissus  mais  tous  ces  troubles  ne 
déiiendent  jias  tous  de  la  même  cause.  Dans  ce  travail  nous  ne  voulons 
nous  arrêter  (pie  sur  un  des  troubles  trophicpies  :  la  formation  du  décu- 
hitus  du  cours  des  maladies  infectieuses  de  la  moelle,  et  faire  connaître 
notre  point  de  vue  sur  sa  pathogénie. 

Déjà  dans  notre  travail  [irécédent,  «  les  troubles  trophicpics  dans  la  sclé¬ 
rose  en  phupies  et  leur  écpiivalent  anatomo-pathotogi(pie  »,  nous  avons 
essayé  de  trouver  réc|iiivalent  anatomicpie  au  déeuhitus,  symptôme  c[u’on 
rencontre  très  rarement  au  courant  de  la  sclérose  en  placpies  :  ainsi  parmi 
(iô  malades  de  sclérose  en  plaipies  (pii  ont  été  soignés  pendant  10  ans  à  la 
clini<pie  des  maladies  nerveuses  de  Moscou,  il  n’y  en  eut  que  quatre  avec 
le  déeuhitus.  Chez  ces  4  malades  avec  le  tableau  clinique  de  la  sclérose 
en  plaipies  très  elassi(pie  dans  les  dillérentes  périodes  de  l’affection,  appa¬ 
rut  Je  déeuhitus,  dans  la  région  sacrée,  ([ui  évolua  progressivement  malgré 
le  traitement,  jiiscpi’à  la  mort.  A  l’examen  microscopi(|ue  de  la  moelle  épi¬ 
nière  de  ces  ipiatre  malades,  nous  avons  constaté  dans  les  cornes  latérales 
des  segments  lombaires  siiiiérieiirs,  la  présence  de  plaipies  névrogliipics 
ayant  détruit  les  cellules  du  noyau  sympathique  latéral  supérieur,  que  l’on 
sait  en  relation  avec  l’innervation  de  la  peau  et  toutes  les  formations  qu’on 
y  trouve.  Cela  me  permit  de  faire  cette  conclusion  (pie  le  déeuhitus  dans  la 
sclérose  en  phupies  a  son  éipiivalent  anatomo-pathologique  qui  est  l’alté¬ 
ration  des  cellules  sympathiipies  dans  les  cornes  latérales  de  la  région 
lombaire  supérieure  de  la  moelle.  Un  autre  cas  de  sclérose  en  plaques 


si'iANCii  nri  1”  .iiiiijjrr 


nous  a  confirmé  dans  notre  opinion.  A  l’examen  microscopique  de  ce  cas, 
ayant  évolué  clini([uemcnt  sanS  le  dccubitus,  nous  n’avons  pas  trouvé  d'al¬ 
térations  des  cellules  sympathiques  dans  les  cornes  latérales. 

Poursuivant  notre  but  de  vérifier  nos  conclusions  sur  la  relation  entre 
le  développement  du  décubitus  et  l’altération  des  cellules  sjonpatliiques 
des  cornes  latérales,  nous  avons  entrepris  des  recberebes  sur  la  formation 
du  décubitus  dans  les  autres  affections  spinales  et  en  premier  lieu  nous 
nous  sommes  arrêtés  sur  les  maladies  infectieuses  du  système  nerveux  : 
les  myélites,  les  encéphalo-myélitcs,  les  spondylites. 

Parmi  ]()()  cas  de  myélite,  100  cas  d’encéphalo-myélite  et  18  cas  de 
spondylite  c[ui  ont  été  soignés  au  cours  de  7  ans  à  la  clinique  des  maladies 
nerveuses,  il  n’y  eut  que  5  malades  atteints  de  myélite  présentantdes  trou¬ 
bles  trophiques  en  forme  de  décubitus,  trois  d’entre  eux  sont  morts  à  la 
clini([ue.  Sur  100  cas  d’encéphalo-myélite,  deux  malades  seulement  ont  eu 
lo  décubitus.  Ils  sont  morts  aussi  à  la  clinique.  Sur  18  cas  de  spondylite, 
nous  avons  eu  trois  malades  avec  le  décubitus  et  tous  trois  sont  morts.  Le 
système  nerveux  des  malades  (|ui  sont  morts  à  la  clinique  a  été  examiné 
anatomo-patbologiquement,  et  nous  allons  passer  à  la  description  de  ces 


Observation  I.  —  Malade  S...,  âgé  de  2!)  ans,  entré  à  la  clinique  d((s  maladies  ner¬ 
veuses  pour  paralysie  eoinplète  des  membres  intérieurs,  troubles  de  la  miction  et 
insomnie.  La  maladie  actuelle  a  débuté  il  y  a  trois  mois  environ  par  la  douleur  du 
côté  droit,  irradiant  vers  les  lombes.  Les  douleurs  s’accentuaient  progressivement,  et 
son  séjour  à  l’hôpital  pendant  deux  semaines  n’a  donné  aucune  amélioration  :  au  con¬ 
traire,  sou  état  s’aggrava,  il  ne  pouvait  ni  se  coucher,  ni  s’asseoir.  Un  mois  et  demi  après 
l’apparition  des  douleurs,  il  a  fait  un  grand  voyage  à  pied  (six  kilomètres)  dans  le 
village  voisin  ;  après  son  retour  il  sentit  une  grande  faiblesse  dans  les  membres  infé¬ 
rieurs  qui  augmentait  progressivement  ;  peu  de  temps  après  le  malade  a  ôté  obligé  de 
s  aliter.  A  pou  près  on  môme  temps  le  malade  a  senti  une  diminution  do  lu  sensibilité 
sur  la  moitié  inférieure  du  corps,  la  rétention  dos  urines  tut  remplacée  bientôt  par  de 
l’incontinence.  Le  traitement  spécifique  n’a  donné  ijubin  résultat  très  faible.  Après 
un  refroidissement,  son  état  s’aggrava  do  nouveau  et  il  est  «ntréàla  clinique.  Hien  th;  pa¬ 
thologique  dans  scs  antécédents  héréditaires  personnels.  11  nie  la  syphilis. 

il  à  La  position  du  malade  est  passive.  A  l’examen  du  système  nerveux 

on  constate  la  paralysie  complète  des  membres  inférieurs  ;  troubles  do  la  sensibilité 
subjectivement,  sensation  d’engourdissement  dans  la  partie  inférieure  du  corps  ; 
objectivement  diminution  de  tous  les  modes  de  sensibilité,  depuis  l’ombilic  jusqu’en 
bas  ;  les  réflexes  rotulicns  sont  lents,  les  achillôens,  très  vifs;  réflexes  de  Babinski, 
ê  Oppenheim  et  de  Hossolimo  de  deux  côtés  ;  les  réfle.xcs  abdominaux  (inférieurs  et 
nioyens)  sont  abolis.  Incontinence  des  urines  et  des  matières  fécales.  Le  décubitu.s, 
grandeur  do  8  x  10  cm.  dans  la  région  sacrée,  (rès  profond,  la  peau  tout  autour  est 
Irès  hyperémiéc,  un  autre  décubitus  moins  grarul  et  moins  profond  dans  la  région 
trochantérienno  gaucho,  dans  la  môme  région  du  côté  droit  la  p(!uu  est  très  hyperémiéc, 
uiais  il  n’y  a  pas  do  décubitus.  La  réaction  de  Wassermann  dans  le  sang  est  faiblement 
positive  (-1-  -f-).  Les  membres  supérieurs,  les  nerfs  crâniens,  les  organes  des  sens,  les 
organes  internes  et  l’état  mental  sont  normaux.  Le  diagnostic,  myélite  spécifique, 
Malgré  le  traitement  spécifique  aucune  amélioration,  au  contraire  ;  do  nouveaux 
«lécubitus  apparaissent  dans  la  ré  l'ion  trochantôrionnc  droite  et  sur  la  surface  anté¬ 
rieure  do  la  cuisse,  tandis  que  les  anciens  s’auginentent  en  profondeur  et  en  surface. 
L  état  général  s’aggrava,  cl  3  mois  après  son  entrée  à  la  clinique  le  malade  est  mort  de 
faiblesse  du  cœur. 


Aiilopsir.  (Kilèiiii'  et  Iiyporc'unii^  ili's  nu;nini;i;s.  Hii'ii  d’aiKirinal  dans  li'  ci'r\'oau. 
Dans  la  inoidli',  l.ràs  grandi'  iiy])(‘ràinia  de  la  sulisianco  blanflu',  ainsi  quii  la  sulislance 
^iriso,  sni'liiiil,  dans  la  ràgiiin  des  scgincnls  dorsaux  infcrioursi'l  liiinliairi'S  siipài'icurs  ;  à 
ci;  niveau  la  inoidli;  csl,  aiigincnlci'  di;  volnini'. 

Four  rexaincn  ;nicrosco|iiqni',  nous  avons  [iris  les  dilïéi'cnls  srgnn;id,s  do  la  moelle 


des  fi'agmeiUs  des  différentes  parties  du  cerveau,  de  la  région  du  III”  ventricule,  du 
bulbe,  ainsi  que  les  ganglions  raeludiens  et  sympathiques  id,  les  nei'fs  péri|iliériques,  et 
nous  les  avons  coloriés  par  les  diverses  méthodes,  {Weigert,  NissI,  Van  Uieson,  hérna- 
loxylino-éosine,  Weigert  (névrologic)  Mallory,  Snessareff,  Bielschovsky). 

L’examen  microscopiipie  de  la  moelle  nous  montre  la  [irésence  d’un  foyer  inllam- 
maloire  dans  la  région  ilepuis  I)  VIII  jusqu’à  L  II.  Le  maximum  de  la  lésion  est  au 
niveau  de  D  VIII,  et  de  1)  XII,  Ll,  I  I  :  dans  les  segments  intermédiaires  la  lésion  est 
moins  intense.  La  lésion  envahit  la  substance  blanche  ainsi  que  la  substance  grise 


N/î'.i.vf;/-;  nt'  .ji  ii.i.rrr  liwc. 


(■,3 


c’est  pourquoi  on  voit  l’uUi'iralion  de  toutes  les  parties  du  tissu  nerveux  :  cellules,  fibres, 
névroglie  et  vaisseaux.  Les  cellules  ont  subi  les  différentes  altérations  dans  leur  forme 
et  leur  structure  interne  :  elles  sont  atrophiées,  ont  perdu  leur  forme  multipolaire,  sont 
entourées  par  un  espace  iiéricelliilairc  très  large  ;  on  note,  la  position  périphérique  du 
noyau,  la  chroma tolyse,  la  présence  du  pigment,  la  neurondphagic,  l’absence  complète 
du  noyau  et  en  lin  par  places,  les  cellules  se  présentent  sous  une  forme  d’amas  diffusément 
colorés.  Cos  altérations  des  cellules,  on  voit  dans  les  cellules  des  cornes  antérieures,  laté¬ 
rales  (fig.  l)ct  celles  de  lu  colonne  de  Clarke.  Sauf  les  cellules  altérées,  il  y  a  aussi  des  cel¬ 
lules  normales  ;  dans  le  segment  D  VIII  les  cellules  sont  très  altérées  et  on  voit  peu  de 
cellules  normales,  dans  le  IJXII,  L  I-II  toutes  les  cellules  sont  malades,  on  ne  voit  pas 
de  cellules  normales,  tandis  que  <lans  les  segments  de  DIX-DXI,  l’altération  des  cellules 
est  moins  intense,  et  on  en  trouye  (h^  tout  à  fait  normales.  Dans  les  segments  delà  moelle 
au-dessus  et  au-dessous  du  foyer  inflammatoire,  les  altérations  dans  les  cellules  de¬ 
viennent  moins  intenses  à  mesure  de  l’éloignement  du  foyer,  mais  tout  de  même,  on 
peut  voir  dans  les  cellules  des  segments  les  plus  éloignés  les  phénomènes  de  la  neuro- 
Phagio  et  la  présence  du  pigment.  Dans  les  segments  DVIII,  DXII,  L  I-II,  il  ne  reste 
que  très  peu  de  myéline,  disséminée  sur  la  surface  de  la  coupe;  dans  les  segments  inter-  ^ 
médiaircsla  quantité  de  myéline,  est  plus  grande;  au-dessous  du  foyer  dans  les  cordons 
latéraux  dégénérescence  descendante  (les  voies  pyramidales)  et  au-dessus  —  dégéné¬ 
rescence  ascendante  dans  les  cordons  postérieurs  (faisceaux  de  Goll  et  do  Burdach)  et 
dans  les  cordons  latéraux  (faisc.  de  Gowers  et  do  Slechsig).  Dans  les  segments  cervi¬ 
caux  toutes  les  fibres  dégénérées  des  cordons  postérieurs  se  rassemblent  dans  le  fais¬ 
ceau  de  Goll,  et  celui  d(!  Burdach  a  l’aspect  normal.  Dans  la  région  des  segments  ma¬ 
lades,  la  réaction  vasculaire  est  très  intense  :  le  nombre  des  vaisseaux  est  augmenté  ; 
leurs  parois  sont  épaissies  et  infiltrées  par  les  cellules  rondes,  cos  cellules  infiltrent 
aussi  le  tissu  nervcu.x  dans  les  segments  DVIII,  DXII,  L  I-II  .Dans  les  autres  segments 
de  la  moelle  la  réaction  vasculaire  est  moins  intense.  Los  méninges  de  la  moelle  sont 
épaisses,  œdémateuses,  leurs  vaisseaux  sont  larges  avec  dos  ]iarois  très  épaissies.  La 
dégénérescence  dans  les  racines  antérieures  est  parallèle  aux  altérations  des  cellules 
nerveuses  des  cornes  antérieures  et  latérales,  plus  les  altérations  sont  intenses,  plus  il  y  a 
de  fibres  dégénérées  dans  les  racines.  I  )ans  les  autres  régions  du  système  nerveux,  y  com¬ 
pris  la  région  du  III  ventricule,  la  réaction  vasculaire  est  très  discrète,  la  modification 
des  cellules  est  insignifiante.  Dans  les  ganglions  sympathiques  (fig,  2),  on  trouve  dos 
cellules  altérées  et  de  lu  réaction  vasculaire,  mais  ces  modifications  ne  sont  pas  intenses, 
û  l’exception  du  Xll“  ganglion  sym])alhi(pio  dorsal  droit  oh  les  altérations  dans  les 
cellules  sont  assez  intenses. 

Ainsi  d’un  côté,  nous  avons  le  tableau  clinique  très  net  de  la  myélite 
transverse  caractérisé  par  la  paraplégie  inférieure,  les  troubles  de  la  sen¬ 
sibilité  du  type  paraplégique,  les  troubles  de  la  miction  et  de  la  défécation 
dt  la  présence  des  décubitus  dans  la  région  .sacrée,  trochantérienne,  des 
deux  côtés  et  sur  la  face  antérieure  de  la  cuisse.  De  l’autre  côté,  1  examen 
anatomo-pathologi(|uc  nous  montre  la  présence  d’un  foyer  inllammatoire 
dans  les  segments  de  la  moelle  depuis  DVIII  jusqu’à  LII,  avec  les  maxi¬ 
mums  de  lésions  dans  les  DXII,  LI-II  ;  les  cellules  des  cornes  latérales  de 
CCS  segments  sont  très  altérées.  Les  lésions  anatomo-pathologiques  nous 
expliquent  nettement  les  différents  symptômes  cliniques,  paraplégie  infé¬ 
rieure,  troubles  de  la  sensibilité,  des  sphincters.  Quant  aux  décubitus, 
très  stables  et  rebelles  au  traitement,  nous  voulons  bien  les  expliquer  par 
les  altérations  aussi  stables  et  intenses  des  cellules  sympathiques  des 
cornes  latérales  dans  la  région  du  foyer. 

Observation  IL  -  Ce  cas  rappelle  sensiblement  le  cas  précédent,  et  nousserons  bi  efs 
<lans  sa  description.  Malade  P...,  âgé  de  42  ans,  entre  à  la  clinique  pour  jiaraplégie  des 


sociÉT!':  uh:  .\i:rn()i.<)Gii-: 


iiiombi'CS  inféi'iinirs  et  riiicuntinenee  des  urines  el  des  matières  técales.  Sa  maladie  a 
eiimnicncé  3  semaimw  avant  son  entrée  à  la  clini(|ue  |jar  le  trouble  de  la  marche  et  la 
faiblesse  dans  les  membres  inférieurs,  ces  symptômes  proirressivement  s’empiraient  et 
le  malade  ilul  s’aliter  ;  deux  semaines  après  le  début  de  la  faiblesse  apparaissent  l’in- 
cuntinenci'  d(w  urinc's,  le  démibitus  dans  la  ré^non  sacrée  et  h^s  troubles  do  l'état  mental. 
Parmi  ses  antécédents  pel■sonn(^ls,  il  fa\d,  eitei'  la  syphilis!  à  l’âge  de  32  ans,  et  deux  ans 
après  les  cris('s  éjjileptifürmes. 

El  l  à  l’riilrt''.  A  l’examen  du  svstème  nerveux  on  constate  :  la  limitation  des  mou¬ 
vements  aelifs  dans  les  membres  inférieurs,  leur  force  et  le  tonus  sont  très  diminués. 
Troubles  de  la  coordination  dans  les  membres  inférirmrs.  Troubles  de  la  sensibilité 
superficielle  depuis  le  (iV  jusqu’à  SI,  de  la  sensibilité  profonde  dans  les  membres  infé¬ 
rieurs.  Les  l'éflexes  tendineux  des  membres  inférieurs  sont  abolis,  aussi  tous  les  réflexes 
cutanés,  il  n’y  a  pas  de  réflexifs  pathologic(ues,  Incuntinenc('  des  urines.  La  présence 
des  décubitus  dans  la  région  sacrée  et  sur  le  coude  droit.  Trouble  de  la  parole  on 
forme  do  dysaj-Llirie  ;  on  constate  aussi  l’affaiblis.sement  de  son  état  mental,  (ün  a  posé 
le  diagnostic  de,  la  syphilis  cérébro-spinali',  le  traitement  spécifique  a  été  désigné.  Le 
malade  n'a  senti  aucune  amélioration,  au  contraire  ;  le  trouble  de  son  état  mental 
s’augmentait,  son  état  général  s’affaiblissait  et  il  est  mort  4  mois  après  son  entrée  â  la 
clinique. 

Auliipsk'.  A  l’examen  microscopicpje  on  constali'  un  processus  diffus  dans  le  cerveau, 
surtout  dans  l’écorce  cérébrale  <]ui  consiste  en  altérations  très  caractéristiques  de  la 
syphilis  cérébrale.  Dans  la  moelle  éi)inière  on  trouve  deux  foyers  do  myélite  trans¬ 
verso,  l'un  dans  les  segments  l)I\'-\',  l’autre  dans  les  L  I-II  ;  au  niveau  do  ces  foyers 
les  cellules  des  cornes  antérieui'es,  latérales  et  postérieures  sont  très  altérées,  de  même 
que  les  fibres  nerveuses.  La  réaction  vasculaire  est  très  intense.  Outre  le  processus  diffus 
on  voit  encore  dans  la  moelle  la  dégénérescence  secondaire  des  cordons  postérieurs 
depuis  les  segments  les  plus  inféri(ujrs  de  la  moelle  ;  le  faisceau  do  Goll  est  plus  altéré 
que  le  faisceau  de  liunlacli.  Le  diagnostic  anal(jmo-patliologi(|ue  est  plus  complexe  ; 
on  y  trouve  la  syphilis  cérébrahp  lu  myélite  spécifique  et  probablement  le  tabes,  la 
dégénérescence  des  cordons  posléi'ieurs. 


Dans  ce  cas  comme  dans  le  cas  précédent,  nous  avons  la  présence  des 
déenbitus  dans  la  région  saerée  et  sur  le  coude  droit  à  l’examen  anatonio- 
patliologl(]ue  ;  saiif  les  lésions  cérébrales  nous  trouvons  dans  la  moelle 
deux  loyers  de  myélite,  l’iin  au  niveau  de  DIV-V,  l’autre  dans  le  LI-IJ, 
Celle  eoïneidenee  cuire  la  rormalion  du  décubitus  dans  la  région  sacrée 
et  les  altérations  des  cellules  des  cornes  latérales  des  segments  LI-II, 
nous  permet  de  mettre  en  dépendance  la  l'ormation  du  décubitns  des  allé-' 
râlions  des  cellules  symi)albif|ues .  Kn  dehors  des  myélites,  nous  avons  eu 
l’occasion  d’observer  la  l'ormation  du  décubitus  au  courant  de  l’encé- 
Ifhalitc  épidémirpic  2  cas)  cl  de  méningo-cncépbalitc  purulente  (1  cas). 


OuSIiliVATtON  111. 
abaissoin(uil,  ilc  la  vu 
rnalaitc  quchpics  joun 
augmentaient,  surlou 
SC  réveillant  sculemen 
personnels  et  liéréililii 
EUd  l  1 
romenl  humide.  A  l’e 
la  limiiauoii  ues  mou\ 
vcincnls  sont  possible 
gent.  Liiriitalion  îles 
gaucho.  Les  inoiivem 


-  Le  malade,  âgé  de  ans  entre  à  1^  clinique  pour  diplopie^ 
le,  faiblesse  générale  el  très  grande  somnolence.  Il  est  tombé 
^■uiL  son  entrée  à  la  clinique.  Les  symptômes  progressivement 
i  somnolence  ;  au  7“  jour  de  la  maladie  il  dormait  tout  le  joun 
il  pour  l’aliiTienlation.  Kien  d’anormal  du  côté  de  ses  antécédents 

i.eitipéruLure  est  siibfébrile.  Sa  figure  est  couverte  (le  graisse  légè- 
neii  (lu  système  nerveux  on  constate  :  le  ptosis  do  deux  côté.s, 
veiiients  latéraux  des  ghdjos  oculaires  ;  en  haut  et  en  bas  les  mou- 
■s  ;  le  riystagmiis  horizontal  léger,  la  diplopie,  le  strabisme  conver- 
iiiouvements  de  lu  iiiâclioire.  Légère  parésie  du  laijLal  inférieur 
('lits  actifs  et  passifs  |>arLüul  sont  normaux.  Oaas  les  membres 


Sl'iANCE  Dl’  J  ri  I.LET  102(; 


supérieurs,  troubles  de  la  coordination.  C'scillations  pendant  la  marche.  (Romberg). 
ha  parole  est  lente,  monoton(!,  la  voix  est  sourde  ;  pas  de  dysarthrie.  La  sensiblité 
subjective  et  objective  e.st  normale.  Les  réflexes  tendineux  sont  vifs,  sauf  le  réflexe 
,  achilléen  droit  qui  est  lent  et  le  gauche  qui  est  aboli  ;  les  réflexes  cutanés  abdominaux 
sont  vifs,  comm(!  les  crémaslériens,  le  réflexe  de  Rossolimo.  Pas  de  troubles  vaso-mo¬ 
teurs,  trophiques  et  sphinctériens.  A  l’examen  du  liquide  céphalo-rachidien  on  trouve  ; 
Nonne-Apelt  légèrement  positive,  Pandi  — •  légère  opalescence.  Cytologie  (d’après 
la  méthode  française)  lymphocytes —  0  dans  le  champ  ;  la  culture  en  bouillon  et  sur 
1  aga'r  n’a  rien  donné  ;  l’injection  du  liquide  céphalo-rachidien  aux  souris  blanches 
fiétermina  seulement  la  faiblesse  générale.  La  réaction  de  Wassermann  dans  le  sang 
at  le  liquide  céphalo-rachidien  est  négative.  Diagnostic  ;  (mcéphalitc  léthargique. 
Traitement  :  urotropine  et  collargol.  Pendant  les  3  premières  semaines,  le  malade  se 
sentit  mieux;  il  dormait  moins,  puis  sans  cause  apparente  la  température  s’éleva  ; 
la  décubitus  apparaît  dans  la  région  fessière  de  doux  côtés,  la  salivation  augmente  et 


son  état  général  s’aggrave.  Progressivement  apparaissaient  les  décubitus  dans  les 
autres  régions  du  corps  et  de  la  tête  —  dans  la  région  sacrée,  entre  les  omoplates,  sur 
es  deux  oreilles  ;  ces  deux  décubitus  augmentaient  peu  ù  peu,  devenaient  plus  profonds. 
L  état  général  devient  plug  grave,  le  cceur  s’affaiblit,  T.  39»,  apparaît  la  confusion 
mentale,  et  le  malade  est  mort  4  mois  après  le  début  de  sa  maladie. 

Aulopsie.  Œdème  et  hyperémie  des  méninges.  A  l’examen  macroscopique  du  cerveau 
rien  de  pathologique.  A  la  coupe  de  Flechsig  pas  d’hyperémie  ;  pas  d’hémorragie.  De 
eme  pour  la  moelle.  A  l’examen  microscopique  /Je  la  moelle  colorée  par  les  mêmes  mé- 
hodes  que  dans  le  cas  précédent  on  constate  que  la  lésion  des  différents  segments  est 
inégale  et  au  niveau  de  certains  segments  l’inégalité  entre  les  deux  côtés.  La  lésion  la 
plus  intense  est  au  niveau  des  segments  G  VIII,  D  III,  D  VII  (llg.  3)  D  X,  XI,  XII,- 
'H  (flg.  IV)  et  dans  ces  segments  les  cellules  nerveuses  des  cornes  latérales  et  anté¬ 
rieures  sont  les  plus  altérées.  Les  altérations  qu’elles  ont  subies  sont  des  plus  diverses  ; 
a  rophie,  le  gonflement,  la  position  périphérique  ou  l’absence  complète  du  noyau,  la 
^  iPomatolyse,  la  présence  du  pigment,  des  vacuoles,  le  phénomène  de  neuronophagie, 
enfin  la  destruction  complète  de  la  cellule,.  Dans  les  autres  segments  de  la  moelle, 
Quoiqu’on  voit  des  cellules  malades,  elles  ne  sont  pas  si  nombreuses  et  leur  altération 
^  est  pas  si  intense.  La  substance  blanche  de  la  moelle  est  moins  modifiée  ;  nulle  part  on 
ei  de  désintégration  de  myéline,  seulement  une  légère  raréfaction  dos  fibres  nerveuses 

HBVUH  NEUIIOLOOIQUF.  —  T.  tl,  N"  1  ,  JU1I.I.P.T  1926.  5 


SOCUlrÊ  DE  iSEUHOlJJC.IE 


Il  la  jioriphério  de  la  moelle,  pas  île  d6g6n6resoence  spcondaliT.  Sue  LouLe  la  liauteur  de 
la  moelle,  dans  la  substance  blanche  et  grise  on  voit  la  réaction  vasculaire  très  intense, 
augmentation  des  vaisseaux,  leur  dilatation,  épaississement  de  leur  paroi,  mais  pas 
d’inliltration  par  les  cellules  rondes.  Los  méninges  sont  épaissies,  leurs  vaisseaux  sont 
remplis  de  sang,  par  places  on  voit  des  thrombes.  Outre  les  lésions  décrites  dans  la 
moelle  on  constate  aussi  les  altérations  des  cellules  dans  le  cerveau  :  protubérance 
bulbe,  il  n’y  a  pas  de  grande  modification  dans  les  cellules  disposées  autour  du  III" 
ventricule  (1).  Los  ganglions  sympathiques  cervicaux  sont  les  plus  altérés  parmi  les 
autres  ganglions  sympathiques. 

Dans  ce  cas,  malgré  l’absence  des  troubles  spbinclériens,  des  troubles 
de  la  motilité  et  de  la  sensibilité,  dans  les  dilTérentes  parties  du  corps  se 
développent  des  décubitus  cjui  progressivement  augmentent  malgré  les 
plus  grands  soins. 

Nous  nous  arrêterons  brièvement  sur  deux  autres  cas  du  même  genre  ; 

(  iMsmiv.vTiü.N  IV.  —  .Malade  B...,  âgée  do  3é  ans,  entre  à  la  clinique  pour  faiblesse 
générali',  céiihalée,  mouvements  involontaires  dans  les  membres  supérieurs  et  la  m⬠
choire,  très  grande  somnolence. 

Elle  est  tombée  malade  7  jours  avant  son  entrée  et  progressivement  son  état  empire. 

Bien  d’intéressant  à  signaler  dans  ses  antécédents  personnels  et  héréditaires. 

El  l  à  l'i’i  Iri’f  :  La  malade  est  enceinte  de  4  mois.  A  l’examen  du  système  nerveux 
on  constate  que  la  malade  se  trouve  en  état  de  somnolence,  répond  à  peine  aux  ques¬ 
tions,  la  parole  est  tiès  lente,  monotone,  la  voix  est  sourde.  Ptosis,  parésie  des  muscles 
droits  externes  ot  droits  inférieurs.  Le  réllexe  do  la  pupille  est  très  lent.  Les  mouvements 
actifs  et  passifs  sont  très  normaux.  Les  réflexes  rotulions  sont  inexistants,  les  achil- 
léens  sont  très  lents.  Les  réflexes  cutanés  abdominaux  sont  inexistants,  pas  de  réflexe 
pathologique.  La  sensibilité  est  conservée  partout,  incontim  neo  d’urine.  T.  38-39". 
La  présence  du  décubitus  dans  la  région  sacrée  s’augmente  en  largeur  et  en  profondeur. 
On  fait  le  diagnostic  d’encéphalite  léthargique.  La  malade  est  tombée  très  vite  dans  le 
coma  et  est  morte  4  Jours  après  son  entrée  à  l’hépital. 

Aiilofisie  ;  Les  dilTércnts  fragments  du  cerveau  et  de  la  moelle  ont  été  examinés 
par  les  méthodes  précédentes.  Nous  ne  nous  arrêterons  pas  sur  les  résultats  de  l’exa¬ 
men  dueerveau  (.’).  Nous  dirons  seulement  ipie  l’examen  anatomo-pathologique  a 
confirmé  complètement  le  diagnostic  cliniipie.  F.n  ce  qui  concerne  la  moelle  nous  pou¬ 
vons  dire  que  les  altérations  qu’on  y  rencontre  ressemblent  à  celles  du  précédent  cas  — 
jes  cellules  des  cornes  latérales  et  antérieures  ont  subi  des  altérations,  depuis  l’atrophie 
jusqu’à  la  disiiarition  comjilète.  Les  lésions  sont  surtout  intenses  dans  les  segments 
D  XII,  LI-II;dans  les  autres  segments  elles  sont  moins  Intenses  et  parmi  les  cellules 
malades  on  voit  des  cellules  normales.  La  réaction  vasculaire  dans  la  moelle  et  ses  enve¬ 
loppes  est  très  intense.  Dans  les  ganglions  sympathiques  les  cellules  altérées  no  sont 
pas  nombreuses. 

Duservation  V.  —  Malade  Agé  de  30  uns,  entre  à  la  clinique  pour  céphalée,  vomisse¬ 
ments,  douleurs  dans  tout  le  corps,  troubles  de  la  vue.  Tous  ces  symptAmes  appa¬ 
raissent  5  jours  avant  son  entrée  à  la  clinique  après  une  grippe  très  grave  qu’il  a  sup¬ 
portée.  Bien  d’anormal  dans  ses  antécédents  personnels  et  héréditaires. 

Et  l  ù  l’fiilrcc.  A  Texamen  du  système  nerveux,  on  constate  :  position  passive, 
troubles  dans  les  mouvements  des  yeux,  nystagme,  diplopie,  les  pupilles  sont  larges, 
leur  réflexe  est  lent,  diminution  de  lu  vue,  au  fond  de  l’rj'il,  des  deux  côtés,  comraen- 

(I)  On  peut  trouver  la  description  ilétaillée  de  toutes  les  altérations  dans  le  travail 
du  Dr  Tschetvcrikuff  (Recueil  des  travaux  dédiés  au  professeur  Bossolimo),  1925. 

(J)  Pour  le  détail,  voir  le  travail  de  E.  Ko.nonova  :  «  Les  altérations  anatomo-pa¬ 
thologiques  du  système  nerveux  pendant  l’encéphalite  épidémique.  »  La  Médecine 
clinique,  1921. 


si':ance  nu  i»'-  juiu.et 


07 


cernent  de  névrite  du  nerf  optique.  Les  céphalées  sont  très  intenses,  vomissements  sans 
relation  avec  l’alimentation.  Les  mouvements  actifs  et  passifs  sont  possibles,  raideur 
de  la  nuque,  symptôme  de  Kœrnig.  Les  réflexes  rotulions  sont  inexistants,  les  acliil- 
léons  sont  lents,  les  réflexes  cutanés  sont  aussi  abolis,  réflexes  de  Babinski,  Opponheim^ 
Rossolimo.  Subjectivement,  douleurs  dans  tout  le  corps,  objectivement  pas  do  troubles 
de  la  sensibilité.  Bas  do  troubles  dos  sphincters.  Dans  la  région  sacrée  la  présence  du 
décubitus  qui  évolue  rapidement.  La  ponction  lombaire  décèle  la  présence  d’une  très 
grande  quantité  ilc  pus  dans  le  liquide  céphalo-rachidien.  Diagnostic  :  méningo- 
encéphalitc  purulente.  Le  malade,  est  mort  3  jours  après  son  entrée  à  la  clinique. 

Aulop.sie  :  Très  grande  quantité  de  pus  à  la  base  du  cerveau  sur  la  convexité  et 
autour  de  la  mo(dln.  Les  altérations  dans  les  éléments  cellulaires  consistent  principa¬ 
lement  dans  les  phénomènes  de  mmronophagio.  Dans  les  segments  L  I  et  II  de  la  moelle, 
se  trouve  un  foyer  de  ramollissement  consécutif  probableme.nt  à  la  thrombose  des 
vaisseaux.  II  occupe  symétri(piement  des  deux  côtés  la  base,  des  cornes  antérieures 
et  SC  prolonge  vers  his  cornes  latérales  dont  les  cellules  en  partie  sont  détruites,  en  partie 
ont  subi  de  grandes  altérations,  de  môme  que  les  cellules  des  cornes  antérieur  'S.  La 
réaction  vasculaire  est  très  intense,  surtout  au  niveau  des  méninges. 


Chez  ce.s  deux  derniers  nialade.s,  malgré  le  séjour  peu  prolongé  au  lit, 
grâce  à  l’évolution  très  rapide  de  la  maladie,  malgré  l’absence  de  troubles 
de  la  motilité  et  de  la  sensibilité,  se  développe  le  décubitus  qui  évolue 
très  rapidement  quoique  les  malades  aient  été  soumis  aux  plus  grands 
soins.  De  l’autre  côté,  à  l'examen  de  la  moelle  des  trois  derniers  malades 
atteints  d’encéphalite,  on  constate  des  altérations  très  intenses  dans  lès 
cellules  des  cornes  latérales  des  segments.  D  Xll,  Ll-11  de  la  moelle. 
G  est  pourquoi  ici  comme  dans  les  deuxpremières  observations.  la  question 
se  pose  de  la  connexion  possible  entre  la  rormation  du  décubitus  dans  les 
différentes  parties  du  corps  (observation  3)  dans  la  région  sacrée  (obs.  l’V^ 
et  V)  et  les  altérations  des  cellules  des  cornes  latérales  dans  les  ditïé- 
rents  segments  de  la  moelle.  Nous  répondons  affirmativement  à  cette  ques¬ 
tion  en  nous  basant  sur  la  coïncidence  presipie  constante  de  ces  deux 
phénomènes 


Pour  ce  qui  concerne  la  formation  du  décubitus  par  l’inlluence  locale, 
les  causes  mécaniques  et  l’infection  (Oppenheim,  Monakow,  Levdcn) 
ainsi  que  le  pensent  certains  auteurs,  l’analyse  de  nos  100  cas  de  myé¬ 
lite,  100  cas  d’encépbalo-myélite  et  18  cas  de  spondylites  prouve  nette- 
nient  le  contraire. 


Parmi  100  malades  atteints  de  myélite,  3(5  ont  eu  la  jmraplégie  infé¬ 
rieure,  l’incontinence  d’urines,  les  troubles  de  la  sensibilité  (42)  et  ont  été 
obligés  de  garder  le  lit  pendant  un  tenips  assez  long  (de  quelques  mois 
à  plusieurs  années)  et  malgré  cela  5  malades  seulement  ont  eu  le  décubi- 
lusqui  se  développe  très  rapidement  après  le  début  de  la  maladie  et  dont 
1  évolution  s’arrêtait  après  le  traitement  et  les  soins. 

Nous  voyons  la  même  chose  pour  l'encéphalite  ;  sur  100  malades  trois 
seulement  ont  eu  le  décubitus,  et  nous  devons  faire  la  remarque  que  ces 
trois  malades  n'ont  eu  ni  paraplégie,  ni  troubles  de  la  sensibilité  ni 
incontinence  d’urines  et  les  décubitus  chez  eux  se  développèrent  presque 
commencement  de  la  maladie,  certains  décubitus  même  se  sont  déve¬ 
loppés  à  tel  endroit  de  la  peau  qui  ne  subissait  aucune  influence  locale, 


SOCIÉTÉ  DÉ  NÉUBOLOGIÉ 


ni  l’infection  ni  la  pression  mécanique.  Dans  les  cas  de  spondylite  le 
nombre  de  malades  atteints  de  décubitus  est  proportionnellement 
plus  grand  ([ue  dans  les  autres  maladies  infectieuses.  Ce  phénomène 
s’explique  par  ce  fait  qu’à  la  clinicjue  on  n'admet  que  des  malades  pré¬ 
sentant  des  symptômes  nerveux  très  prononcés  et  on  envoie  les  autres 
dans  des  services  spéciaux. 

Mais  parmi  ces  18  malades,  tous  ont  eu  la  paraplégie  inférieure,  les 
troubles  de  la  sensibilité,  l’incontinence  d’urines,  et  malgré  tout  le  décu¬ 
bitus  ne  se  développe  que  chez  les  trois  malades  dont  le  siège  de  la  lésion 
est  dans  la  partie  inférieure  de  la  colonne  vertébrale.  Les  15  autres 
malades  ont  eule  siège  de  la  lésion  dans  la  région  plus  haute  de  la  colonne 
vertébrale. 

Certains  auteurs  comme  Cassirer,  Achard,  Levvy,  Muller,  Laignel- 
Lavastine,  etc.,  sont  contre  l’influence  exclusivement  locale  dans  la  for¬ 
mation  du  décubitus  et  supposent  que  le  développement  du  décubitus 
dépend  d’une  trèsgrande  quantité  de  causes,  d’une  série  de  conditions,  et 
que  la  participation  du  système  nerveux  est  obligatoire.  En  nous  basant 
sur  nos  cas,  nous  pensons  que  dans  le  développement  du  décubitus  les 
influences  extérieures  jouent  le  rôle  de  facteurs  secondaires. 

Pour  confirmer  notre  opinion,  nous  pouvons  citer  trois  cas  où,  malgré 
les  influences  locales,  les  décubitus  ne  se  sont  pas  développés  : 

Aulopsie  En  no  nous  arrêtant  pas  sur  les  altérations  clans  les  différentes  parties 
du  cerveau,  nous  dirons  seulement  que  le  processus  inflammatoire  existe  dans  la 
moelle  mais  qu’il  est  moins  intense  que  dans  les  trois  autres  cas.  Les  cellules  des  cornes 
latérales  (fig.  5)  et  antérieures  ont  malgré  tout  subi  différentes  altérations,  mais  ces 
altérations  ne  sont  pas  très  graves,  et  parmi  les  cellules  malades  on  voit  beaucoup  de 
cellules  saines.  Les  fibres  nerveuses  sont  légèrement  raréfiées  à  la  périphérie.  La  réac¬ 
tion  vasculaire  n’est  pas  très  intense. 

Pour  ne  pas  nous  répéter,  nous  serons  brefs  dans  la  description  des 
deux  cas  suivants  : 

Cliniquement,  ils  présentent  le  tableau  très  net  de  l’encéphalite  épidémique.  A  l’au¬ 
topsie,  on  constate  le  processus  inflammatoire  très  diffus  dans  les  différentes  parties  du  ^ 
système  nerveux  ;  dans  la  moelle  épinière,  ce  processus  est  moins  intense,  c’est  pourquoi 
bien  qu’on  voie  des  cellules  nerveuses  des  cornes  antérieures  et  latérales  des  différents 
segments  de  la  moelle  qui  sont  altérées,  ces  altérations  ne  sont  pas  très  grandes,  beau¬ 
coup  de  cellules  sont  conservées. 

Ces  trois  cas  par  leur  tableau  clinique  ressemblent  aux  8  précédents, 
sauf  que  dans  ces  derniers  le  décubitus  se  développait  très  vite.  L’examen 
microscopique  de  la  moelle  des  3  derniers  cas  nous  explique  la  cause  de 
l’absence  du  décubitus  :  absence  des  altérations  intenses  dans  les  cel¬ 
lules  sympathiques  des  cornes  latérales  des  segments  lombaires  supé¬ 
rieurs  de  la  moelle. 

Outre  les  lésions  primairesdela  moelled’origine  infectieuse  quelconque, 
on  peut  observer  des  lésions  de  la  moelle  consécutives  aux  lésions  de  la 
colonne  vertébrale  en  forme  de  spondylites,  mais  sans  les  grande.s 


SÉANCE  DU  1"  JUILLET  19M 


déformations  et  le  placement.  Les  spondylites  s’accompagnent  le  plus 
souvent  d’aîtération  des  segments  de  la  moelle  correspondant  aux  ver¬ 
tèbres  lésées,  même  s’il  n’y  a  pas  de  déplacement.  Ces  altérations  ressem¬ 
blent  beaucoup  à  celles  des  myélites  et  tous  les  éléments  du  tissu  nerveux 
peuvent  être  altérés. 


-Nous  avons  eu  sous  notre  observation  3  malades  avec  lésion  do  la  colonne  verté¬ 
brale  dans  la  région  dorsale  intérieure,  sans  très  grandes  déformations  d’origine  tuber¬ 
culeuse  (2  cas)  et  cancéreuse  (1  cas).  Saut  les  troubles  de  la  sensibilité,  de  la  motilité 
du  type  paraplégique,  des  troubles  sphinctériens  (dans  un  cas  l’incontinence  et  dans 
■2  cas,  la  rétention),  les  malades  ont  eu  le  décubitus  dans  la  région  sacrée.  A  l’examen 
microscopique  do  la  moelle,  on  constate  la  présence  d’un  foyer  inflammatoire  et  non  dé- 
compressif  dans  les  segments  D  XII,  L  I  ;  dans  ces  segments  les  cellules  des  cornes  anté- 
ceures  et  latérales  ont  subi  de  très  grandes  altérations  jusqu’à  leur  disparition  com¬ 
plète. 


Ce  fait  confirme  aussi  la  connexion  qui  existe  entre  la  formation  du 
décubitus  et  les  altérations  des  cellules  des  cornes  latérales.  Ainsi  l’ana¬ 
lyse  des  cas  cliniques  et  l’examen  anatomopathologique  nous  permettent 
de  confirmer  les  conclusions  que  nous  avons  faites  dans  notre  précédent 
travail  : 

L  Le  développement  du  décubitus  dans  les  maladies  infectieuses  de  la 
moelle  dépend  comme  dans  la  sclérose  en  plaques  des  altérations  des 
cellules  sympathiques  des  cornes  latérales  de  la  moelle. 

2-  Les  influences  locales  comme  :  pression,  infection,  jouent  le  rôle  des 
facteurs  secondaires  et  des  causes  accidentelles. 

Etant  donné  que  dans  tous  les  cas  examinés  microscopiquement,  la 
localisation  du  décubitus  dans  la  région  sacrée  coïncide  avec  les  altéra¬ 
tions  des  cellules  sympathiques  des  cornes  latérales  au  niveau  des  seg- 
•^cnts  lombaires  supérieurs  (L  I  et  II)  et  dorsal  inférieur  (D  XII),  nous 
*^ous  permettons  de  faire  la  troisième  conclusion,: 

d.  Le  centre  qui  a  une  influence  dans  la  nutrition  de  la  région  sacrée  se 
trouve  dans  les  cornes  latérales  delà  moelle  au  niveau  des  segments  DXII 
olLI  et  II.  Poiy  ce  qui  concerne  la  relation  de  la  moelle  avec  les  autres 
régions  de  la  peau  du  corps  et  des  extrémités,  nous  ne  pouvons,  pour  le 
moment,  faire  aucune  conclusion. 


—  Les  clonus  du  pied.  Formes  typiques  et  de  passage,  par 

A.  Rouquier  et  D'.  Couretas. 

Nous  avons  récemment,  à  propos  d’un  cas  typique  (1),  essayé  d'identi¬ 
fier  les  caractères  du  clonus  organique  du  pied,  provoqué  non  point  par 
’^ne  lésion  pyramidale,  mais  par  celle  des  voies  motrices  extrapyrami- 
ales.  Et,  à  ce  propos,  nous  avons  rappelé  les  caractères  distinctifs  du 
clonus  pyramidal,  ou  clonus  vrai,  et  du  faux  clonus,  d’origine  psycho¬ 
névrosique  ou  réflexe:  nous  étions  forcés  de  reconnaître  avec  M.  Souques, 


(1)  Un 


rologique,  1920,  tome  I. 


socn'rn':  de  NEvrtoi.or.iE 


((lie  le  cloiius  d’origine  périphérique  pouvait,  dans  certains  cas,  ressein- 
J)lcr  très  exactement  au  clonus  pyramidal  (1).  Le  beau  travail  de 
M.  Jayme  Rr  Pereira,  consacré  à  l’étude  expérimentale  des  clonus  du 
pied  (2),  n’était  pas  encore  parvenu  à  notre  connaissance.  On  se  rappelle 
ses  conclusions  :  «  Il  n’y  a  j)as  deux  sortes  de  clonus  du  pied  (pyramidal 
ou  vrai  et  non  pyramidal  ou  faux)  ;  o,u  le  clonus  existe  et  dans  ce  cas,  il 
est  d’origine  réllexe,  physiologicpie  et  pathologique,  ou  il  n’existe  pas  et 
l’on  a  alTaire  à  des  contractions  volontaires  périodiques)  le  clonus  du 
pied  est  composé  de  contractions  simples,  isolées,  se  superposant  à  un 
état  de  raccourcissement  prolongé  de  nature  volontaire  (état  physiolo¬ 
gique)  ou  involontaire  (état  pathologique)  ».  Ces  propositions  renferment 
une  incontestable  pai't  de  vérité.  Elles  nous  semblent  cependant  suscep¬ 
tibles  d'être  discutées,  et  soumises  à  une  critique  basée  sur  de  nouvelles 
observations  clini([ues.  Peut-être  pourrons-nous  en  tirer  des  conclusions, 
non  ])oint  délinitives,  mais  exactes  et  utiles  en  ce  qui  concerne  la  signifi¬ 
cation  sémiologique  des  clonus  du  pied  ou  leur  physiologie  pathologique. 

Et  tout  d’abord,  «  il  n’ya  pas  dèux  sortes  de  clonus  pyramidal  ou  vrai,  et 
non  pyramidal  ou  faux».  La  ligne  dcdémarcation  entrele  vrai  etle  faux  clo¬ 
nus,  ditM.  Pereira,  n’a  pas  été  nettement  tracée.  Il  rappelle  les  observations 
de  Sou([ues  (d),  Alquieret  Hagelsiein  (4),  Tileston  (5),  Nikitine  (6),  qui  se 
rapiiortent  à  des  clonus  «  d’origine  périphérique  par  lésions  ostéo -arti¬ 
culaires,  maladies  infectieuses,  ou  à  des  cas  de  clonus  d’origine  fonction¬ 
nelle,  ([ui  se  confondent  entièrement  avec  ce  que  les  auteurs  appellent  le 
clonus  vrai  ».  Nous  avons  déjà  dit  (jue  M.  Souques  lui-même  reconnais¬ 
sait  que  le  clonus  d’origine  périphérique  pouvait  olfrir  tous  les  caractères 
du  clonus  pyramidal  (loç.  cil.).  Cependant,  il  semble  exister  d’impor¬ 
tantes  dilféi-ences  entre  les  deux  types  extrêmes  de  clonus  psychonévro- 
si(|ue  et  de  clonus  ))yramidal.  Elles  ont  été  mises  en  évidence  par  MM. 
Guillain  et  Rarré  (|ui  ont  complété,  à  ce  point  de  vue,  les  travaux  de 
Babinski  et  ceux  de  Weir  Mitchell.  M.  Pereira  ne  les  ignore  point,  mais 
ne  semble  pas,  se  plaçant  à  un  point  de  vue  un  peu  spéculatif,  leur  attri¬ 
buer  l’importance  qu’elles  présentent  en  réalité.  ^ 

Qu’on  nous  permette  de  les  rappeler.  Les  oscillations  du  pied  dans  les 
cas  de  clonus  pyramidal  typicpie  sont  régulières,  de  même  amplitude,  nul¬ 
lement  iniluencées  par  la  contraction  volontaire  des  musclesde  la  jambe  ; 
elles  sont  provoquées  par  la  contraction  du  seul  muscle  soléaire,  persis¬ 
tent  quand  le  sujet  est  placé  dans  le  décubitus  ventral,  la  jambe  fléchie  à 
angle  droit  sur  la  cuisse.  Comme  l’ont  montré  MM.  Pierre  Marie  et  Foix, 
elles  sont  généralement  inhibées  par  le  réllexe  cutané  de  défense.  Au 
contraire,  les  oscillations  du  faux  clonus  psycbonévrosique  sont  incons- 


(1)  lievi 
(‘Z)  lhi:l 

(3)  Ihi'l 

(4)  Al.» 
(.-.)  Anu 
((;)  Itnu 

■J  10. 


iiruroloi/iquc,  I 
lilür),  t  II,  P  4; 
lt)l.^>,  XXVlll, 
mu  et  IIa(iki.s-i- 
nui  Jour.  Mnl. 
ru.s.ir  ilr  /'.sv/f 


i,  |i.  734. 


487. 

i'.lli  ( 


.V-  ur.  <l 
XLVI,  1. 


l’ari-,  0  avril 
Dsi/clioloyir.  l'xp.,  ocUibi 


SËAXCE  DU  I"-  JUILLET  102  >  71 

tantes,  irrégulières,  d’inégale  amplitude.  Elles  sont  influencées  parla  con¬ 
traction  volontaire  des  muscles  de  la  jambe,  qui  y  participent  tous  plus 
ou  moins,  en  particulier  ceux  de  la  loge  postérieure.  Elles  ne  se  produisent 
pas,  quand  le  sujet  est  placé  dans  le  décubitus  ventral,  la  jambe  fléchie  à 
angle  droit.  Enfin,  il  n’existe  pas,  chez  ces  sujets,  de  réflexes  de  défense 
susceptibles  de  les  inhiber. 

Entre  les  deux  types  extrêmes,  opposés,  il  y  a  donc,  nous  semble-t-il, 
des  différences  essentielles.  Que  le  clouus  d’origine  périphérique  soit  sus¬ 
ceptible  de  revêtir  tous  les  caractères  du  clonus  pyramidal,  c’est  pos¬ 
sible.  Mais  c’est  rare.  Et  M.  Souques  fait  remarquer  qu’il  ést  nécessaire, 
pour  qu’il  en  soit  ainsi,  ([u'uu  raccourcissement  important,  cicatriciel,  des 
niuscles  de  la  loge  postérieure  de  la  jambe,  modifie  l'équilibre  statique 
et  dynamique  du  pied.  Ses  observations,  comme  celles  d’Alquier  et  Ha- 
gelstein,  ont,  en  ce  qui  concerne  le  clonus  d’origine  périphérique  post¬ 
traumatique,  une  incontestable  valeur.  Nous  n’avons  pu  lire  celles  de 
Nikitine  et  de  Tileston  qui  se  rapportaient  d’après  M.  Pereira,  à  des  clo¬ 
nus  survenus  au  cours  «  de  maladies  infectieuses  »  ou  à  des  «  clonus  de 
nature  fonctionnelle  ».  Mais  elles  sont  antérieures  aux  travaux  de 
Mm  Guillain  et  Harré  et  il  est  probable  que  les  caractères  distinctifs 
décrits  par  ces  auteurs  n’ont  pas  été,  et  pour  cause,  recherchés.  Dire 
qu’il  n’y  a  pas,  en  ce  qui  concerne  ce  point  de  vue  clinique,  de  diffé¬ 
rence  entre  le  clonus  pyramidal  et  le  clonus  psychonévrosique  ou  réflexe, 
nous  semble  donc  tout  au  moins  excessif.  Les  deux  types  extrêmes  ne  se 
ressemblent  guère. 


Mais,  et  nous  commençons  ici  de  nous  rapprocher  de  la  thèse  de 
■  Pereira,  entre  ces  types  opposés,  il  y  a'des  formes  intermédiaires, 
ous  en  avons  fréquemment  observé  et  avons  tenté  d’en  résumer  les 

caractères  : 

l'M^e  clonus  psychonévrosique  peut,  dans  certain  cas,  se  rapprocher 
U  clonus  pyramidal.  Il  est  entendu  ([ue,  d’une  façon  habituelle,  on  ne  le 
letrouve  pas  dans  la  position  décrite  par  MM.  Guillain  et  Barré,  c’est-à- 
yre  le  sujet  placé  dans  le  décubitus  ventral,  la  jambe  fléchie  à  angle 
roit  sur  la  cuisse.  Et  cependant  ou  peut  l’observer  indépendamment  de 
toute  lésion  organique,  dans  cette  attitude  ;  il  est  plus  diflicile  de  le  provo¬ 
quer  que  dans  la  position  anormale  de  recherche  du  clonus,  mais  on 
y  arrive  chez  certains  sujets  névropathes  dont  le  clonus  est  net.  Les 
oscillations  sont  alors  déterminées  par  la  contraction  globale  des  muscles 
c  la  loge  postérieure  du  mollet,  alternant  peut-être  aveccelle  desmuscles 
e  la  loge  antéro-externe  ;  on  a  bien  l'impression  que  les  jumeaux  y  par- 
■cipent  moins  que  le  soléaire.  Chacun  sait  co.ubien,  dans  le  cas  de  clonus 
pyramidal  typique,  il  est  facile  de  se  rendre  compte,  quelle  que  soit  la 
position  du  patient  que  les  jumeaux  restent  absolument  flasques,  alors 
que  e  soléaire  se  contracte,  seul  rythmiquement.  Les  oscillations  peuvent 


72 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


être  régulières,  de  même  amplitude.  Mais  le  plus  souvent,  elles  ne  le 
sont  pas  Le  clonus  est  inconstant,  et  on  ne  peut  le  j)rovociuer  chaque 
fois  qu’on  le  désire.  On  y  arrive  en  ébranlant  fortement  le  pied  porté  avec 
force  en  llexion  dorsale,  surtout  si  le  sujet  essaie  de  résister  au  mouve¬ 
ment.  Il  faut  pour  qu’il  se  manifeste,  qu’il  existe  une  sorte  d’excitahilité 
anormale  (jue  déterminent  la  position,  l’ébranlement  désagréable  et 
répété.  Mais,  chez  le  sujet  normal,  la  manœuvre  décrite  par  Axenfeld  et 
reproduite  par  M.  Pereira,  ne  provoque-t-elle  pas  l’apparition  du  clonus 
en  plaçant  la  jamhe  et  le  pied  dans  une  attitude  fatigante,  et  en  lui  fai¬ 
sant  exécuter  un  certain  nombre  de  mouvements  volontaires  ?  L’effort 
physique  violent  peut  déterminer  le  même  résultat  :  nous  connaissons 
plusieurs  étudiants  en  médecine,  élèves  d’une  école  militaire  où  les  sports 
sont  en  honneur,  qui  ont  observé  sur  eux-mêmes  un  clonus  spontané, 
a[)rés  une  séance  d’escrime.  Il  leur  suffit  de  se  dresser  sur  la  pointe  d’un 
pied,  sans  faire  porter  sur  ce  dernier  tout  le  poids  du  corps,  pour  obtenir 
ce  résultat.  Le  clonus  apparaît  encore  lorsqu’ils  lacent  leurs  cbaussures, 
l'extrémité  antérieure  du  pied  reposant  sur  une  chaise.  11  est  à  noter 
([u’on  l’obtient  plus  facilement,  chez  des  sujets  à  réllexcs  tendineux  vifs 
(comme  M.  llabinski  l  avait  le  premier  remarqué),  «  dont  il  y  a  lieu 
cependant  de  considérer  le  système  nerveux  comme  sain.  Ce  clonus  ne 
peut  cependant  pas  être  qualifié,  nous  semble-t-il,  de  «  contractions 
volontaires  périodiques  ». 

2'’ Inversement,  le  clonus  pyramidal,  chez  des  malades  dont  la  lésion 
organique  ne  saurait  être  mise  en  doute,  peut  ne  pas  présenter  tous  les 
caractères  du  clonus  typique  décrit  par  MM.  Guillain  et  Barre.  Les  os¬ 
cillations  habituellement  régulières,  égales,  d'une  grande  amplitude,  peu¬ 
vent  être  petites,  irrégulières  ;  il  est  parfois  difficile  de  les  obtenir  dans  le 
décubitus  ventral,  et  elles  sont,  dans  ce  cas,  moins  prolongées  et  moins 
accentuées  que  si  on  les  recherche  en  position  normale.  D’autres  muscles 
([lie  le  soléaire,  en  particulier  les  jumeaux,  peuvent  dans  une  certaine me¬ 
sure  intervenir  dans  sa  production  :  ce  n’est  plus  un  clonus  pyramidal 
typique  et  c’est  cependant  un  clonus  organique,  chez  un  pyramidal.  Ces 
caractérçs  de  transition  s’observent  de  préférence  chez  des  malades  qui 
présentent  une  grosse  spasmodicité  ;  on  peut  les  rencontrer  chez  des  su¬ 
jets  présentant  des  signes  légers,  inconstants,  de  perturbation  pyramidale 
minime,  sans  modifications  importantes  du  tonus  musculaire  On  nous 
dispensera  d’en  relatcj'  des  observations  détaillées,  ([ui  n’ott’riraient  qu’un 
intérêt  très  relatif  Mais  si  l’on  veut  bien  multiplier  les  examens,  il  sera 
facile  de  contrôler  nos  affirmations,  tout  comme  en  ce  qui  concerne  le 
clonus  névropalhi(|ue. 

Autre  fait  important  :de  même  que  la  fatigue  intervient  dans  la  produc¬ 
tion  du  clonus  physiologique,  le  clonus  psychonévrosique  n’est  en  .somme 
(|u’un  clonus  physiologi(|ue  chez  un  sujet  à  tempérament  nerveux,  de  môme 
l’effort  physi(|ue  peut,  dans  certains  cas  limites,  déclancher  un  clonus  d’ori¬ 
gine  pyramidale  f[ui  manquait  au  repos.  Nous  avons  récemment  relaté 
l’histoire  d’un  syringomyéli(|ue  chez  le(|ucl  on  n’observait  normalement 


SliANCE  OU  l»'  JUILLET  I92Ü 


73 


aucun  signe  d’irritation  pyramidale  ;  ces  derniers,  parmi  lesquels  le  clonus 
du  pied,  avec  tous  les  caractères  du  clonus  pyramidal  typique,  a[)parais- 
saient  après  l’ascension  rapide  de  plusieurs  étages  (1).  Il  est  probable  qu’il 
sera  aisé  de  confirmer  ces  résultats,  si  on  veut  bien  se  donner  la  peine  de 
tenter  l’épreuve  chez  des  malades  dont  le  faisceau  pyramidal,  sans  être 
directement  en  cause,  peut  être  intéressé  par  une  lésion  voisine. 

La  température,  ou  plus  exactement  le  refroidissement  semblent  bien 
avoir  une  action  analogue.  Forbes  et  Rappleye  ont  montré  que  la  fré¬ 
quence  des  oscillations  électriques  musculaires  peut  être  abaissée  on  élevée, 
pendant  le  clonus,  en  même  temps  que  la  température  locale  du  muscle. 
Nous  avons  observé  des  malades  qui  présentaient  quelques  secousses  de 
faux  clonus,  quand  la  température  était  basse  dans  la  salle  d’examen  ;  ils 
n  en  avaient  plus  dès  que  celle-ci  se  relevait.  Le  froid  augmente  l’hyper- 
spasticité,  et  cette  dernière  n'est  pas  sans  relation  avec  la  fréquence  des 
oscillations,  ou  leur  amplitude. 

d“Le  clonus  extrapyramidal  ou  d’origine  pallido-nigro-striée  est  beau¬ 
coup  plus  rare  que  le  clonus  pyramidal.  On  observe  souvent  chez  des  par¬ 
kinsoniens  ou  des  malades  analogues,  sans  que  le  faisceau  moteur  princi¬ 
pal  soit  en  cause,  une  sorte  de  faux  clonus,  dont  les  caractères  se  rappro¬ 
chent  beaucoup  plus  de  ceux  du  clonus  névropathique  que  ceux  du  clonus 
Pyramidal  vrai.  Et  cependant,  la  simple  lésion  du  système  moteur  extra- 
Pyramida!  est  susceptible  de  provoquer  un  clonus  presque  identique  au 
clonus  pyramidal.  Comme  lui,  il  persiste  en  position  ventrale  ;  il  est  dû 
à  la  contraction  isolée  du  soléaire  ;  les  oscillations  sont  égales,  régulières, 
indépendantes  de  la  contraction  volontaire.  Mais  il  disparaît  si  l’hyperto- 
nie  est  minime,  après  injection  de  scopolamine,  qui  n’inlluence  pas  le 
clonus  pyramidal  ;  d’autre  part,  l’exagération  des  réflexes  toniques  de 
posture  fréquente,  mais  non  constante,  chez  les  parkinsoniens,  l’absence 
de  tous  les  autres  signes  pathognomoniques  d’une  perturbation  pyramidale, 
en  particulier  des  réflexes  cutanés  dedéfense, permettent  del’en  distinguer. 
On  se  rappelle  que  ces  derniers  inhibent  généralement  le  clonus  pyrami¬ 
dal  ;ilsne  peuvent  le  faire  cliezles  sujets  atteintsd’une  lésion  pure  des  voies 
motrices  extrapyramidales  puis([u'ils  n’existent  pas  chez  eux.  Nous  répé¬ 
tons  que  ce  clonus  typique  est  rare.  Nous  l’avons  rencontré  chez 
des  malades  présentant  des  formes  hémiplégiques,  monoplégiques,  ou  à 
prédominance -nettement  un-ilatérale  plus  souvent  que  chez  les  vrais  par¬ 
kinsoniens.  On  observe  souvent,  chez  çes  derniers,  sans  qu’il  soit  néces¬ 
saire  de  faire  intervenir,  pour  les  expliquer,  une  association  pyramidale, 
quelques  oscillations  du  pied  inconstantes,  irrégulières,  provoquées  par 
la  contraction  globale  des  muscles  de  la  loge  postérieure,  avec  peut-être 
participation  de  ceux  de  la  loge  antéro-externe.  Elles  offrent  la  plupart  des 
caractères  du  clonus  psychonévrosique.  Mais  la  contraction  volontaire 
des  muscles  du  mollet  en  gêne  l’apparition,  plus  qu’elle  ne  la  détermine, 
alors  qu’il  est  nécessaire  de  la  faire  intervenir,  en  demandant  au  sujet 

(t)  Beuuc  nenrulnyiqttc,  déeoinbrc  193.5,  p.  7(i9. 


74  SOC I lin':  de  NEurtoEoniE 

d’;ip])uycr  sur  la  main,  pour  provocfuer  le  faux  clonus.  Il  est  à  remarquer 
que  le  refroidissement  en  favorise  l’apparition  ;  le  clonus,  comme  celui  des 
névropathes,  se  déclanche  dillicilemenl  ;  il  est  au  début  hésitant. 

On  a  l’impression  cpi’il  va  s’arrêter,  et  repart,  quelques  secondes  après, 
sans  (|u’unc  nouvelle  llexion  dorsale  forcée  soit  imprimée  au  pied.  Il  est 
facilement  amorcé  par  la  position  d’Axenfeld,  et  n’est  en  somme  autre 
chose  que  le  tremblement  parkinsonien  ou  mouvement  de  pédale  du  pied, 
si  fré(|uemnient  observé  chez  le  malade  assis.  Ici  encore,  entre  le  clonus 
typique  et  le  faux  clonus  des  anciens  auteurs,  il  y  a  des  chaînons  intermé¬ 
diaires. 

4"  Nous  laissons  à  dessein  de  côté  le  clonus  d’origine  traumatique  ou 
réflexe,  que  nous  connaissons  personnellement  très  mal,  notre  attention 
n’ayant  pas  été  attirée,  pendant  la  guerre,  sur  son  étude.  Mais  il  nous  sem¬ 
ble  logicpie  de  supposer  qu’ici  comme  ailleurs,  ([uand  une  lésion  cicatri¬ 
cielle  amène  le  raccourcissement  plus  ou  moins  accentué  des  extenseurs 
du  pied,  on  peut,  selon  les  cas,  observer  un  clonus  ébauché,  analogue  au 
faux  clonus  psychonévrosique,  ou  plus  rarement  un  vrai  clonus  ofl’rant 
tous  les  caractères  du  clonus  pyramidal.  L’inhibition  par  le  réflexe  cutané 
de  défense  doit  cependant  mancpier,  tout  comme  chez  les  parkinsoniens. 
En  somme,  comme  le  dit  M.  Pereira,  «  les  dilférences  rencontrées  entre  le 
clonus  phj'siologicpie  et  le  clonus  pathologique  ne  sont  que  des  différences 
quantitatives,  dues  aux  conditions  de  réflectivité  actuelle  de  la  moelle, 
aux  manœuvres  employées  pour  la  production  des  réflexes,  à  l’état  de  nu¬ 
trition  des  muscles,  etc...,  plutôt  qu’à  des  difl’érences  incontestablement 
qualitatives  ».  Il  n’cp  reste  pas  moins  (|ue,  s’il  existe  des  formes  de  pas¬ 
sage,  à  caractères  intermédiaires,  entre  le  clonus  pliysiologirpie  et  le  clonus 
pyramidal  ou  extrapyramidal  typique,  il  y  a  cliniquement  un  abîme.  C’est 
ce  point  de  vue  pratique  et  non  point  spéculatif  (ju’il  faut,  croyons-nous, 
retenir. 


VI.  —  Contribution  à  l’étude  de  la  rétraction  de  l’aponévrose 
palmaire,  par  D.  PAUi,iAN(de  Bucarest). 

Nous  avons  eu  l’occasion  d’étudier  dans  notre  service  neurologique  de 
l’hôpital  central,  le  cas  d’un  malade,  ancien  tabétique,  présentant  une  ré¬ 
traction  de  l’aponévrose  palmaire,  nette  à  gauche,  incipiente  à  droite.  Por¬ 
teur  aussi  d’une  enophtalmie  légère  gauche,  nous  avons  cru  nécessaire  de 
la  signaler,  sa  pathogénic  étant  encore  obscure. 

Signalée  pour  la  première  fois  par  Dupuytren  (ISfll),  elle  en  porte  soh 
nom  (maladie  de  Dupytren)  et  consiste  dans  une  flexion  de  la  première 
phalange  sur  le  métacarpien,  de  la  deuxième  phalange  sur  la  première, 
la  troisième  restant  toujours  en  extension. 

D’après  Dejerinc,  elle  serait  beaucoup  ])lus  fréquente  chez  l’homme 
([ue  chez  la  lemme,  apparaissant  à  l’àge  moyen  de  la  vie,  et  commencerait 
presque  toujours  par  l’annulaire,  |)renant  ensuite  le  cinquième  doigt,  puis 


sI':a\ce  ni:  i<"-  juillet  i '.)■->(;  7r. 

les  autres.  Il  apparaît  une  induration  sous-cutanée  qui  infiltre  le  tissu  cellu¬ 
laire,  le  faisant  adhérer  à  la  peau,  et  formant  comme  une  bride  saillante, 
commençant  à  la  base  des  doigts,  et  s'épanouissant  versletalon  de  la  main. 
Elle  a  une  marche  progressive  et  elle  est  indolore. 

On  incrimina  tour  à  tour  rarthrilisme,  le  rhumatisme  goutteux,  la  jio- 
lyomyélite  antérieure,  les  traumatismes  de  la  moelle.  Dejerine  l’a  signalée 
dans  une  lésion  par  balle  de  la  moelle  cervicale  inférieure. 

Mm.  Tinel  et  Borel  (1)  signalent  la  maladie  chez  un  sujet  atteint 
depuis  six  ans  d’une  dépression  mélancolique,  et  chez  lequel,  a|)rès  des 
douleurs  à  caractère  névritique  au  bras,  est  apparue  une  rétraction  pal- 


Fig.  1.  -  Rétraction 


■naire.  Les  auteurs  auraient  observé  quatre  cas  pareils  et  se.  demandent 
s  il  s’agit  d’une  co'incidence  ou  d’un  rapport  entre  les  deux  affections.  Dans 
le  môme  ordre  d’idées,  M.  Arnaud  signale  un  cas  analogue  et  M.  Marcel 
Eriand  cite  des  cas  pareils  observés  chez  les  déments,  et  provotpiés, 

^  croit  il,  par  des  attitudes  vicieuses. 

M.  Apeii  (2),  insistant  sur  le  rôle  du  saturnisme,  en  dehors  des  autres 
causes  occasionnelles,  attire  l'attention  îmr  le  facteur  hérédité.  Il  cite  l’his- 
foire  clini([uc  d’une  famille  dont  quatre  membres  dans  quatre  générations 
successives,  furent  atteints.  Chez  le  dernier,  on  a  obtenu  une  rémission 
par  les  émanations  de  radium.  M.  Bcclère  ajoute  des  améliorations  par  les 
•'ayons  X.  Hiilchinson  a  signalé  aussi  trois  cas  de  transmission  héréditaire 


(1)  Soc.  de  Pitiirh'nlric,  séance  19  novembre  1925.  Rélraclion  (le  l’aponévrose  pal- 
maire  au  cours  d'uni'  (irise  mélancolique, 

(2)  Ai'KnT.  Hérédité  et  rélraclion  de  l’aponévrose  palmaire.  .Soc.  méd.  dcn  hûnildiix 
*  Paris,  nov.  20, 


SOCIÉTÉ  DE  NEUIiOLOGlE 


delà  maladie.  Un  de  nos  malade  s’est  présenté  un  jour  à  nos  consultations 
en  présentant  une  double  rétraction  de  l’aponévrose  palmaire  (lig.  1).  La 
maladie  paraît  familiale,  car  il  raconte  cpie  son  grand-père  en  avait  souffert. 


Klg.  3.  -  Mc'mc  mnlnclc,  attitude  au  repos  des  deux  mains. 

Il  a  l’agc  de  51)  ans,  il  est  fonctionnaire  dans  les  bureaux  de  la  Banque  na¬ 
tionale  de  rUtat,  et  à  cause  de  cette  infirmité  à  progression  lente  et  non 
douloureuse  il  ne  peut  plus  accomplir  ses  devoirs  comme  il  faut. 

Depuis  six  mois  un  autre  phénomène  s’ajouta  :  une  paralysie  de  l’exten- 


SËANCh:  DU  .1'^’  JUILLET  1920 


77 


seur  propre  du  premier  doigt  de  la  main  gauche.  Aucun  trouble  de  la  sen¬ 
sibilité.  Une  légère  amélioration  s’est  produite  par  la  radiothérapie  pro¬ 
fonde  palmaire  (?). 

Notre  second  malade,  dont  nous  exposons  ci-dessous  l’observation  cli¬ 
nique,  est  un  ancien  tabétique.  La  maladie  est  nette  à  gauche,  incipienteà 
droite. 

Observation. —  Le  malade  N.Gr...,ûg6de58ans,  entre  dans  monservice  le  26  mai  1925.- 

AnUcédenU.  Rien  à  signaler  dans  l’enfance.  A  l’âge  de  17  ans  il  eut  l’érysipèle  ; 
à  23  ans  un  chancre  qui  guérit  à  la  suite  des  injections  de  salicylate  de  Hg  intramus¬ 
culaires  et  avec  de  l’iodure  «  per  os  ».  Deux  ans  après  le  chancre,  il  ressentit  des  douleurs 
dans  les  régions  hypogastriques  et  les  médecins  lui  conseillèrent  de  cesser  les  piqûres. 
Pourtant  il  a  suivi  de  temps  en  temps  des  injections  avec  du  bi-iodure  de  Hg.  Quelques 
années  plus  tard  les  douleurs  redoublèrent,  descendirent  dans  les  deux  jambes,  ayant 
le  caractère  «  fulgurant  »  et  une  incoordination  manifeste  fit  son  apparition  dans 
>a  marche. 

Ï1  y  a  cinq  ans  qu’il  n’a  pas  pu  marcher  ni  se  lever.  11  y  a  trois  ans  qu’un  soir  il  ressentit 
des  frissons,  avec  température  qui  durèrent  toute  la  nuit  ;  le  lendemain  il  sentit  une 
faiblesse  assez  appréciable  dans  la  main  gauche  et  il  en  était  maladroit.  En  même  temps 
Une  tuméfaction  du  cou  (corps  thyroïde  ?). 

Elal  présent  :  Pupilles  myotiques,  sans  réaction  à  la  lumière,  réagissant  seulement  à 
accommodation.  'Légers  mouvements  nystagmiformes  horizontaux.  Légère  enophtal- 
*hie  gauche.  Membre  supérieur  gauche  :  raideur  dans  l’articulation  de  l’épaule,  mouve- 
nients  limités.  Muscles  du  bras  émaciés.  Rien  à  signaler  dans  l’articulation  du  coude. 
La  main  dans  l’attitude  suivante  :  les  trois  derniers  doigts  fléchis  avec  leurs  premières 
phalanges  sur  leurs  métacarpiens  ;  les  autres  phalanges  dans  la  contiuation  de  la  pre- 
•hière.  Le  !«»  doigt  en  extension  et  abduction  légère,  l’index  dans  une  position  inter- 
raédiaire.  Tout  mouvement  actif  est  impossible,  en  écartant  les  doigts,  des  brides  appa¬ 
raissent  dans  la  paume;  en  les  relâchant,  ils  reviennent  à  leur  position  initiale.  Force 
dynamométrique  nulle  à  gauche.  Atrophie  musculaire  des  muscles  de  l’avant-bras, 

6t  de  la  main,  surtout  des  interosseux.  Réflexes  ostéotendineux  conservés  mais  dimi¬ 
nués.  Légers  troubles  de  la  sensibilité  tactile  à  caractère  radiculaire  (flg.  2  et  3). 

En  état  de  repos,  la  main  droite  dans  la  même  attitude,  mais  il  peut  faire  n’importe 
quel  mouvement  actif,  par  des  rétractions. 

Les  réflexes  ostéotendineux  aux  membres  inférieurs  abolis.  Troubles  do  la  sensi- 
nihté  â  type  radiculaire  aux  membres  inférieurs.  Dysmétrie  ;  ataxie,  incoordination. 
Aucun  déplacement  n’est  possible. 

Ne  pourrait-on  rattacher  la  maladie  à  une  lésion  des  centres  nerveux 
médullaires  ou  de  leurs  racines  ? 

f-^a  méningite  radiculaire  en  est-elle  responsable  dans  notre  second 
ainsi  que  dans  le  premier?  S’agit-il  d’une  poliomyélite  spécifique  ou 
intercurrente  ?  (Notre  second  malade  a /eu  quelque  chose  d'analogue.)  En 
fout  cas.  il  s’agit  d’un  trouble  nerveux  par  excellence  et  non  d’un  trouble 
purement  local. 

'(Travail  du  service  neurologique  de  l’hôpital  central  des  maladies  men¬ 
tales  et  nerveuses.) 

Vil.  —  Développement  arriéré  de  l’organisme  chez  les  idiots, 

par  le  Prof.  P.-J.  Kovalevsky  (Liège). 

En  ces  derniers  temps,  l’opinion  s’est  établie  solidement  que  l’idiotie  ■ 


n’est  pas  seuleincnl  un  arrêt  de  développenient  de  l’eneepUale  avec  retard 
eonséeutirdii  développenient  intellectuel  et  psychicjuc,  mais  aussi  un  retard 
du  développement  de  tout  l'or^fanisme.  ^ 

Les  données  en  chilïres  de  Kind,  Skiareli,  l’oclit,  Morosolï  et  autres 
auteurs  prouvent  que  la  longueur  du  corps,  le  poids  et  les  dimensions 
des  membres  et  des  parties  séparées  de  rorganisme  chez  ces  idiots 
sont  moindres  (pie  ceux  des  personnes  normales  du  même  âge,  sexé  et 
nationalité,  etc. 

Personnellement,  je  lis  beaucoup  deniensurationsdu  corps  d’idiots  autant 
en  bas  âge  (pi'adulles  et  je  soutiens  pleinement  la  thèse  <pie  l'idiotie  n’est 
pas  seulement  un  arrêt  de  développement  de  l’encéphale,  mais  aussi  celui 
de  rorganisme  entier. 

(je[)endant,  il  faut  dire  (jue,  dans  plusieurs  cas,  les  dimensions  du  corps 
augmentent  avec  l’àgc  et  peuvent  même  [larl'ois  atteindre  la  taille  et  le 
poids  des  personnes  normales  du  même  âge  ;  mais  chez  les  idiots  ce  déve¬ 
loppement  [)hysi(|ue  a  lieu  avec  retard  et  beaucoup  plus  lentement  que  chez 
l’homme  normal.  Dans  beaucoup  de  cas,  l’idiotie  est  plutôt  un  retard 
(|u  un  arrêt  de  développement  psychi(|ue. 

.le  me  permets  de  citer  ici  le  résultat  des  mensurations  de  100  corps 
d’idiots  observés  jiar  moi  pendant  mon  activité  d'un  demi-siècle  à 
Kharkcolf,  Kazan  et  Pétersbourg.  Pour  la  comparaison,  j’ai  pris  les  chilïres 
dimensions  normales  de  Hondyrelïct  Ketele.  Je  mesurais  la  taille  (hau¬ 
teur),  le  poids,  la  plus  grande  circonférence  dn  crâne  et  les  diamètres 
droit  (rectiligne)  et  transversal  du  crâne. 

Les  chilïres  placés  au-dessus  de  la  ligne  tracée  sont  les  moyennes  des 
mesures  de  100  idiots,  les  chilïres  sous  la  ligne  tracée  sont  les  moyennes 
normales. 

(ie  tableau  de  chilïres  |)rouve  ([ue  la  hauteur  moyenne  de  l’idiot  mas¬ 
culin  est  moindre  (pie  celle  de  riiomme  normal  de  7,4  et  celui  de  ïidiote 
de  0,4.  Le  |)oids  de  l’idiot  est  de  5,4  moindre  (|ue  celui  de  l’homme  normal, 
celui  de  l’idiote  de  4,0  moindre  cpie  celui  delà  femme  normale.  La  plus 
grande  circonférence  du  crâne  de  l'idiot  masculin  et  féminin  est  de  0,0  et 
0,0  moindre  (|ue  celle  de  l’homme  et  de  la  femme  normaux.  Le  diamètre 
rectiligne  de  l’idiot  est  de  1,<‘^  moindre,  celui  de  la  femme  idiote  de  1,1 
moindre.  r..e  diamètre  transversal  est  de  1,1  moindr'e  chez  l’idiot  et  de  1,1 
chez  la  femme  idiote. 

Kn  [irenant  la  somme  (les  dilïérences  des  chilïres,  l’homme  idiot  se 
trouve  être  de  10,2,  la  femme  idiote  de  17,4  moindre  (pie  les  sujets  nor¬ 
maux  du  même  âge. 

hin  moyenne,  les  dimensions  des  idiots  masculins  et  féminins  ensemble 
sont  de  10,2  ou  0,4  %  moindres  (pie  celles  des  sujets  normaux. 

Pour  la  relation  des  organes  internes  cbez  les  idiots  et  les  sujets  nor¬ 
maux,  nous  ayons  les  données  de  Focht.  Il  étudia  l’encéphale,  le  cœur, 
les  [loumons,  la  rate,  le.  foie  et  les  reins.  Les  données  sont  les  suivantes 
pour  70-80  idiols. 


Poids. 

UianuHi'o 

II. 

F. 

11. 

K. 

II. 

I''. 

II. 

K. 

11. 

!•’. 

G 

- 

100,0 

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16 

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45 

777 

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7 

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17 

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- 

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14 

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11,5 

7776 

8 

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- 

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11 

77 

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9 

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- 

10 

114 

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SI 

46 

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14 

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77 

11 

121,4 

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52 

507 

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16 

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7777 

777 

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12 

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22 

26- 

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52 

507 

- 

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- 

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- 

13 

136 

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125 

73575 

28 

27"2 

H 

M 

SI 

SI 

SI 

14 

141 

^73 

130 

13974 

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32 

337 

53 

577 

51 

577 

SS 

14 

77 

Si 

11 

77 

15 

137 

1387 

- 

S 

- 

Si 

- 

m 

- 

SI 

- 

16 

138 

Tôm 

- 

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51 

.5471 

- 

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- 

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- 

17 

162 

m 

147 

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m 

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53 

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52 

578 

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15 

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12 

777 

12 

7775 

18 

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149 

ÏÔÔJl 

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56 

567 

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m 

16 

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12 

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54 

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7875 

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12 

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20 

160 

Î667. 

- 

- 

SI 

- 

18 

19 

- 

14 

757 

- 

21 

163 

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1.52 

1577 

1 

1 

52 

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22 

1687 

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777 

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25 

- 

1.54 

7577 

- 

SI 

- 

18 

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- 

SI 

26-30 

- 

41 

158' 

- 

44 

577 

- 

SI 

- 

18 

776 

- 

m 

31-40 

- 

SI 

S? 

- 

SI 

- 

SI 

- 

41-50 

159 

T687 

'■W 

64 

6-377 

40 

547 

53 

537 

SI 

m 

14,3 

157 

14 

7777 

51-60 

156 

FgTo 

m 

-SI 

^7 

54 

.567 

53 

.537 

19 

197 

m 

SI 

14 

777 

Moyen 

141 

F 

m 

SI 

36 

407 

^7 

SS 

SI 

SI 

SI 

12,3 

777 

SOCIÉn':  DE  \EUnOEOGIE 


Tableau  N" 


sexe. 

r.ncé- 

Cœur. 

Poumons. 

Foie. 

Rate. 

Reins. 

Hominos . 

1204 

177 

214 

210 

lai 

103 

1380 

221 

304 

357 

124 

234 

. 

1152 

134 

IHO 

271 

81 

154 

1285 

187 

29Ï^ 

TTü 

/213 

Mes  déductions  ; 

1°  L’idiotie  est  un  retard  et  souvent  un  arrêt  de  développement  non 
seulement  de  l’encéphale,  mais  aussi  de  tout  l’organisme. 

2®  Dans  les  degrés  considérables  de  l’idiotie,  ce  retard  de  développe¬ 
ment  atteint  la  frontière  de  l’arrêt  ;  cependant  ce  développement  peut  con¬ 
tinuer,  mais  son  retard  et  son  ralentissement  se  trouvent  en  proportion 
directe  avec  la  lésion  des  facultés  psychiques. 

3°  La  longévité  des  idiots  est  en  proportion  inverse  avec  leur  lésion 
psychique  et  les  vrais  idiots  meurent  pour  la  plupart  dans  l’enfance.  En 
tout  cas,  leur  longévité  et  leur  vitalité  sont  bien  moindres  ([ue  ceux  de 
l’homme  moyen  normal  ; 

4"  A  l’âge  mùr,  l’organisation  de  l’idiot  ne  difl'ère  pas  beaucoup  de  celle 
du  sujet  normal  moyen,  justement  parce  ([ue  les  organisations  plus  faibles 
et  plus  arriérées  succombent  en  bas  âge. 

VI  IL  ~~  Quelqpies  mots  sur  les  réflexes  pathologiques  automatisés 
et  leur  traitement,  par  Stanislas  Justman  (de  Lodz). 

Sous  le  nom  de  réflexes  pathologiques  automatisés  j'entends  tout 
d’abord  les  myoclonies  s’installant  parfois  à  cause  et  après  des  irritations 
plus  ou  moins  prolongées  des  nerfs  moteurs  eux-mêmes  ou  de  leur  voisi¬ 
nage  le  plus  proche  (muqueuse,  péritoine  .  Le  tic  convulsif  facial  est 
l’exemple  d’un  tel  réflexe  s’installant  parfois  à  cause  de  l’irritation  du  nerf 
même  après  une  paralysie  périphérique.  Le  hoquet  dyspeptique  est 
l’exemple  d’un  tel  réflexe  s’installant  après  l’irritation  de  la  muqueuse  de 
l’estomac  chez  des  sujets  nerveux.  Les  vomissements  incoercibles  des 
hystériques  ou  des  gravides  névropathes  sont  un  autre  exemple  d’un  tel 
réflexe  pathologique  automatisé  de  la  pression  abdominale  dû  à  l’irritation 
primitive  de  la  muqueuse  de  l’estomac  ou  à  celle  du  péritoine.  Je  suis 
enclin  à  tenir  la  névralgie  du  trijumeau  ou  d’autres  nerfs  sensitifs  aussi 
pour  un  réflexe  pathologique  automatisé.  Il  y  a  seulement  une  difl'érence 
importante  dépendant  d’une  autre  fonction. du  nerf  sensitif.  Alors  que 
l  irritation  répétée  du  nerf  moteur  détermine  un  tic,  ou  une  myoclonie, 
celle  du  nerf  sensitif  détermine  tantôt  une  névroclonie  algique,  tantôt 
une  névralgie. 

Les  dilFicultés  du  traitement  de  tous  ces  réflexes  pathologiques  automa¬ 
tisés  sont  bien  connues.  Les  divers  antinévralgiques,  les  bromures,  rayons 


fiÊANCE  DU  I”  JUILLET  I92F. 


81 


de  Roentgen,  diathermie,  injections  d’alcool  ou  d’anesthésiques  dans  les 
nerfs  ou  ses  ganglions,  aconitine,cicutine  etauti’es  médicaments  exempts  ne 
sont  pas  de  dangers,  et  les  diverses  opérations  chirurgicales  (tension, 
extirpation  des  ganglions,  résection  des  racines,  du  nerf  même  ou  des 
rami  communicantes)  forment  un  arsenal  imposant  par  sa  richesse, 
mais  beaucoup  plus  modeste  quant  à  son  efficacité,  sa  sûreté  et  son  inno¬ 
cuité.  Le  but  sublime  du  traitement  étant  non  seulement  l’abolition  de  la 
dysfonction  ou  de  la  douleur,  mais  la  restitution  ad  integruni  de  la  fonc¬ 
tion  normale  de  l’organe  atteint,  tous  les  modes  de  traitement  cités 
ci-dessus  ne  peuvent  naturellement  pas  satisfaire.  C’est  pourquoi  je  crois 
fin  une  méthode  nouvelle  de  traitement  des  réflexes  pathologiques  automa¬ 
tisés  réunissant  la  simplicité,  l’innocuité  complète,  la  supportabilité  et, 
ce  qui  est  le  plus  important,  1  efficacité  certaine  à  côté  de  la  conservation 
delà  fonction  peut  intéresser  tous  les  médecins  en  général,  les  neurologistcg 
en  particulier.  Cette  méthode  est,  disons-le  tout  de  suite,  le  massage 
vibratoire  Mais  avant  de  passer  aux  détails,  il  me  semble  utile, 
nécessaire  même,  d’expliquer  les  bases  physiologiques  du  traitement.  Or, 
nn  sait  que  la  persistance  du  réllexe  automatisé  périphérique  s’explique 
par  la  persistance  de  l’irritation,  quoique  atténuée  avec  le  temps.  Cette 
irritation  peut  être  portée  sur  le  nerf  sensible  et  par  l’intermédiaire  du 
ganglion  ou  du  névraxe  être  transmise  sur  le  nerf  moteur  ou  sur  un  com¬ 
plexe  sensitif  nerveux  plus  ample.  Pour  illustrer  ce  que  je  viens  de  dire, 
je  peux  citer  le  hoquet,  qui  peut  être  un  tic  du  diaphragme  s’installant  à  la 
suite  d’une  irritation  dyspeptique  de  la  muqueuse  de  l’estomac.  Comme 
autre  exemple  de  tel  mécanisme  peut  servir  la  névralgie  faciale,  alors  un 
hc  algique  du  trijumeau  s'ensuivant  de  l’irritation  bien  souvent  d’une 
toute  petite  branche  de  ce  même  nerf.  Mais  l’irritation  peut  être  portée 
aussi  sur  le  nerf  moteur  même,  comme  l’on  peut  observer  dans  le  cas  du 
tic  facial,  résultant  d  un  traitement  électrique  excessif  de  la  paralysie 
laciale.  Dans  tous  les  cas  l’irritation  primitive,  quoique  avec  le  temps 
atténuée  ou  même  disparue,  détermine  un  tel  changement  d’irritabilité  du 
nerf  atteint,  que  la  dysfonction  peut  se  prolonger  infiniment.  Le  but  du 
tfaitement  rationnel  doit  être  alors  de  diminuer  cette  irritabilité  exagérée 
jusqu'au  niveau  normal.  C’est  pourquoi  j’exclus  non  seulement  chaque 
operation  sanglante  du  nerf  ou  du  ganglion  comme  plus  ou  moins  muti¬ 
lante,  mais  aussi  l’injection  alcoolique  comme  abolissante  dans  les  cas 
réussis  delà  ponction.  Mais  pour  rendre  cette  irritabilité  exagérée  de  nou¬ 
veau  normale,  on  doit  l’épuiser.  On  ne  peut  l’épuiser  ailleurs  qu  en  appli¬ 
quant  une  irritation  nouvelle  exagérée.  C’est  ce  que  je  fais  avec  le  mas¬ 
sage  vibratoire.  Dans  le  cas  du  hoquet  dy.speptique,  j’applique  le  massage, 
vibratoire  énergique  tout  le  long  de  l’arc  costal.  Que  ce  mode  de  traite- 
juent  exagère  vraiment  d’ahord  l’irritabilitédudiaphragme,  c’est  prouvé  par 
lu  f^ait  que  le  hoquet  devient  pendant  le  massage  beaucoup  plus  fort, 
ruais  bientôt  il  devient  plus  faible  et  plus  rare  pour  disparaître  totalement 
uprès  quelques  séances.  On  peut  observer  un  phénomène  semblable  au 
commencement  du  traitement  par  le  massage  vibratoire  de  la  névralgie  du 
necmologique.  —  T.  n,  n*»  2,  juillet  1926.  G 


hevuk 


/■;  .\i:i  noi.()(:ir: 


8-,‘  soanVn'i  ni 

Irijimicaii.  La  douleur  devient  d’abord  nionienlanément  plus  aiguë  pour 
s  amender  a|)rès.  Je  suis  enclin  de  tenir  aussi  pour  une  expression  de 
l’exagération  passagère  de  l’irritabilité  du  nerf  trijumeau  un  pbénoméne 
intéressant,  que  je  nommerais  volontiers  l’œdéme  aigu  de  Quincke  expé- 
i  imental.  Il  ne  m'est  pas  rarement  arrivé  d’observer  au  commencement 
du  traitement  de  la  névralgie  du  trijumeau  par  le  massage  vibratoire 
l  installation  ])resque  instantanée  d'un  œdème  aigu  considéi'able  des  jiar- 
ties  de  la  face  innervées  par  la  branche  nerveuse,  soumise  à  la  vibration. 
Let  (cdèmc  ([uoicpie  déformant  la  figure  et  elfrayant  le  patient  est  tout  à 
fait  innocent  et  disparaît  en  quelcpies  beures,  au  plus  24.  En  pas¬ 
sant,  je  [)cux  remaiapier  c[ue  ce  j)bénomène  intéressant  est  la  meilleure 
preuve  pbysiologicpie  que  le  trijumeau  contient  des  fibres  sympatbiciues. 
On  peut  observer  le  phénomène  semblable  de  l’exagération  priiiiitive  de 
l'irritabilité  sous  l’inlluence  du  traitement  par  le  massage  vibratoire  dans 
les  cas  du  tic  facial.  Les  spasmes  clonicpies  du  muscle  orbiculaire  des 
])aupièrcs  par  exemple  deviennent  d’abord  plus  fréquents,  plus  énergiques 
et  plus  durables  |)our  perdre  peu  à  peu  de  leur  frécjuence,  amplitude  et 
durabilité  Je  sais  tpie  le  ])rincipe  d’exagérer  l’irritation  pour  épuiser 
l’irritabilité  d  un  tel  ou  tel  organe  a  été  déjà  appliqué  par  exemple  dans  le 
traitement  du  hoquet  dyspeptique  par  le  lavage  de  l’estomac  Mais  il  me 
semble  qu’on  a  appliqué  juscpi’ici  ce  principe  inconsciemment,  sans  le 
connaître,  sans  savoir  sa  valeur  physiologi(]Uc.  Il  me  semble  ([ue  mon 
modeste  mérite  est  d’applicpier ce  principe  consciemment  et,  ce  cpii  est 
plus  important  encore,  d  une  manière  uniforme  pour  tous  les  cas  de 
réllexes  |)atbologiques  automatisés. 

Naturellement,  cette  méthode  du  traitement  n’çntre  en  jeu  ((u'a|)rès 
avoirélimjnélcs causes  primitivesdu  réllexe pathologique.  On  doit  d’abord, 
<laus  le  cas  du  bo([uct  dyspeptique,  donner  d’abord  un  purgatif  efficace, 
même  laver  l’estomac  ;  dans  le  cas  du  tic  facial  cesser  immédiatement 
toute  électrisation  éventuelle  ;  enfin  dans  le  cas  d’une  névralgie  du  tri¬ 
jumeau  chercher  et  traiter  chaque  atteinte  possible  de  toutes  les  cavités 
avoisinant  la  face.  Ce  n’est  ipi’après  (pie  le  traitement  rationnel  de  l’ori¬ 
gine  primitive  du  réllexe  pathologi((ue  automatisé  n’a  |)as  abouti  à  la  dis- 
l>arition  du  réllexe,  cpic  le  traitement  par  le  massage  vibratoire  doit  com¬ 
mencer.  Ce  traitement  sera  efficace,  si  l’atteinte  primitive  a  cessé  d’exister  ; 
ailleurs  il  y  aura  des  récidives,  (pi’on  devra  traiter  dans  toutes  les  direc¬ 
tions,  c’est-à-dire  l’atteinte  primitive  soutenant  encore  l’irritation  quoique 
atténuée  et  le  réflexe  ])atbologi([uc  même.  Je  suis  sûrtpi’en  tout  cas  cha¬ 
cun  partagera  mon  avis,  (pie  ce  mode  de  traitement  plus  conservatif, 
([uoi([ue  moins  brillant,  beaucoup  plus  modeste,  se  jirésente  beaucoup  plus 
conforme  au  bien  du  malade,  qui  était  toujours,  est  et  reste  la  suprême  loi 
du  médecin. 

IX.  —  Les  phénomènes  des  doigts  analogues  aux  signes  de 
Babinski  et  de  Rossolimo.  —  par  \V.  Sticuling  (de  Varsovie). 

f^a  sémiologie  neurologiepie  des  extrémités  supérieures  diffère  essen- 


SÉANCIC  DV  I”  .1V1LI.ET  l<V2i; 


tielleinent  de  la  phénoménologie  des  altérations  nerveuses  au  niveau  des 
extrémités  inférieures.  Cette  différence  se  rapporte  spécialement  aux  alté¬ 
rations  motrices,  aux  réllexes  hypérémétiques  et  aux  réllexes  de  défense. 
Elle  estencoreplus  prononcée,  quand  il  s’agitde  phénomènes  pathologiques 
concernant  les  doigts  en  comparaison  avec  les  orteils.  Cette  distinction 
cHni((ue  résulte  évidemment  du  fait,  (ju’au  cours  de  l’évolution  phylogé¬ 
nétique,  qui  sépare  l’homme  des  animaux  quadrupèdes,  le  pied  et  les  or¬ 
teils  se  sont  adaptés  à  un  but  tout  à  fait  différent  (la  marche,  l’équilibre 
statique  du  tronc),  que  la  main  et  les  doigts  (les  mouvements  de  préhen¬ 
sion,  de  1  écriture,  etc.,  les  mouvements  expressifs).  Marincsco  a  démontré 
ciue  dans  les  cas  rares  de  mouvements  d’automatisme  médullaire  des 
extrémités  supérieures,  l’effet  moteur  esquisse  non  seulement  les  mouve- 
nients  de  la  marche  propres  aux  animaux  quadrupèdes,  mais  qu’il  relève 
nnssi  une  tendance  de  préhension.  Ainsi  rien  d’étonnant  que  la  différen¬ 
ciation  clinique  entre  les  môladies  organiques  et  fonctionnelles  se  serve 
d  Un  appareil  sémiologi(|ue  différent  pour  les  extrémités  supérieures  et 
inférieures.  Cet  appareil,  plus  riche  et  plus  subtilisé  pour  les  extrémités 
inférieures  utilise  pour  ses  buts  les  trois  catégories  de  phénomènes  de 
nature  :  sijncinélrique  (les  signes  de  Raimiste,  de  Cacciapiiodi,  de  Koover, 
de  Grasset  et  beaucoup  d’autres),  iVaiitoinatisine  inédiiüaire  (les  pbéno- 
niènes  décrits  par  Marie  et  Foix)  et  de  nature  réjlexe  (l’exagération  des 
l’éllexes  tendineux,  les  signes  du  pied).  De  tous  ces  signes  ont  acquis  une 
Valeur  spéciale  les  mouvements  réflexes  des  orteils  provoqués  par  des 
excitations  de  nature  diverse  appliquées  sur  la  surface  dorsale  ou  plan¬ 
taire  du  pied,  sur  la  jambe  ou  sur  la  cuisse,  comme  stigmes  des  perturba¬ 
tions  pathologiques  soit  dans  le  système  pyramidal  (signes  de  Babinski,  de 
^^ossolimo,  d’Oppenheim,  de  Mcndel-Beklücrew),  soit  dans  le  système 
‘^^Irapyramidal  (signe  de  Schrijver  Bernhardt). 

malgré  toute  la  diversité  des  conditions  biologiques,  on  réussit 
parfois  à  constater  entre  la  sémiologie  nerveuse  des  orteils  et  celle  des 
nigtsune  analogie  frappante.  Il  s’agit  de  phénomènes  analogues  aux  signes 
c  Babinski  et  de  Rossolimo  qui  se  laissent  dépister  dans  toute  une  série 
d  observations  également  au  niveau  des  doigts. 

En  1902,  Rossolimo  a  décrit,  «  le  réllcxe  profond  du  grand  orteil  » 
(  a  flexion  plantaire  du  grand  orteil)  et,  en  1908,  il  a  étendu  ce  symptôme 
^ux  autres  orteils,  en  lui  attribuant  ^a  signification  pathognomonique 
pour  les  lésions  des  voies  pyramidales.  Depuis  plusieurs  années,  un  fait  a 
attiré  mon  attention  ;  c’est  que  dans  des  cas  de  l’affection  des  voies  pyrami- 
ales.dans  lesquelles  phénomènes  parétiques  .se  rajiportent  aux  extrémités 
supérieures,  il  est  souvent  facile  de  déceler  les  symptômes  analogues  égale- 
au  domaine  des  doigts.  De  tout  mon  matériel  clinique  de  plusieurs 
années  j  ai  choisi  100  cas  d’affections  incontestables  des  voies  pyrami- 
u  es,  au  cours  desquels  se  laissait  constater  l’extension  réflexe  des  doigts 

dans  88  cas.  ^ 

s’agit  de  :  * 

'^3  cas  d  hémiplégie  organique  à  des  stades  divers  d’évolution  ; 


SOCIÉTI':  DK  NKI  HOI.OOIK 


19  cas  de  sclérose  en  plaques  ; 

5  cas  de  sclérose  latérale  amyotrophique  ; 

3  cas  de  tumeurs  du  cerveau  avec  symptômes  unilatéraux  ; 

2  cas  de  spondylite  tuberculeuse  avec  compression  de  la  moelle  , 

1  cas  de  section  transversale  de  la  moelle. 

Le  procédé  de  l’examen  du  phénomène  en  ([iiestion  ne  difîère  pas  essen¬ 
tiellement  de  la  manière  de  dépister  le  signe  de  liossolimo  proprement 
dit.  On  prend  avec  la  main  gauche  la  main  du  malade  inclinée  librement 
sous  un  angle  obtus  et  on  exécute  avec  un  mouvement  court  et  élastique 
des  doigts  de  la  main  droite  de  l’examinateur  un  battement  porté  sur  les 
extrémités  de  la  surface  palmaire  des  dernières  phalangettes  :  on  obtient 
alors  la  llexion  onduleuse  et  assez  rapide  des  quatre  derniers  doigts  dans 
toutes  les  articulations,  accompagnée  par  la  llexion  et  l’adduction  au  pouce. 
Cet  effet  général  peut  présenter  dans  diverses  observations  quanta  sa  sé¬ 
miologie  et  son  intensité  des  variations  multiples.  On  observe  parfoisà  côté 
du  réllexe  de  la  llexion  une  adduction  distincte  des  quatre  derniers  doigts, 
dont  l’effet  dans  les  observations  plus  rares  peut  surpasser  l’effet  de  la 
llexion.  Dans  d’autres  cas  l’effet  de  la  flexion  n’embrasse  que  les  quatre 
derniers  doigts,  tandis  que  le  pouce  reste  immobile.  Dans  les  autres 
observations,  plus  rares  encore,  l’effet  moteur  se  limite  à  la  flexion  et 
à  l’opposition  du  pouce.  Kn  somme,  l’effet  le  plus  fréquent  est 
la  llexion  commune  de  cinq  doigts  (accompagnée  par  l’adduction  du 
pouce),  ce  qui  rappelle  à  la  sémiologie  du  signe  de  liossolimo  propre¬ 
ment  dit.  Un  fait  particulièrement  intéres.sant  est  f/n’on  réiis.s'ff  dans  pZu- 
sieiirs  obserualiom  à  obtenir  le  réflexe  de  chaque  doiçjt  séparément,  et  le 
doigt  dont  la  contraction  est  le  plus  volumineuse  est  celui  duquel  soU  l'exci¬ 
tation,  tandis  que  la  llexion  des  doigts  restants  accompagne  toujours 
cet  effet  plus  évident.  Dans  d’autres  cas  enlin,  l’excitation  appliquée 
à  tous  les  doigts  détermine  l’effet  moteur,  qui  s’accroît  progressive-, 
ment,  plus  on  s’approche  du  petit  doigt.  Dans  une  autre  catégorie  d’ob¬ 
servations,  qui  relèvent  une  tendance  de  la  contracture  des  doigts  en 
llexion,  l’effet  réllexe  peut  se  compliquer  par  le  phénomène  successif  dlu 
clonus  des  doigts,  (jui  peut  parfois  masquer  le  signe  analysé. 

Pour  s’orienter  sur  la  valeur  clinique  du  siguc  de  la  flexion  réflexe  des 
doigts,  il  me  semble  indiqué  de  le  confronter  avec  les  autres  phénomènes 
concomitants,  qui  constituent  le  syndrome  paralytique  d’origine  pyrami¬ 
dale.  Il  s’agit  de  son  rapporta  la  parésie,  à  l’état  du  tonus  musculaire, ô  la 
période  du  déclanchement  des  troubles  pyramidaux  et  surtout  de  sa  rela¬ 
tion  aux  signes  pathologiques  au  niveau  des  extrémités,  et  spécialement 
des  extrémités  supérieures.  Dans  la  prépondérante  majorité  de  mes  ob¬ 
servations,  le  réflexe  delà  llexion  palmaire  des  doigts  se  laissait  dépister 
exclusivement  là  où  l’extrémité  supérieure  se  trouvait  à  l’état  de  parésie, 
(pioique  minime,  indépendamment  du  caractère  proximal,  distal  ou  global 
de  cette  parésie.  Ce  n’est  que  d^ns  (juelques  cas,  que  j’ai  réussi  de  décéler 
le  phénomène  sans  parésie  concomitante  de  l’extrémité  supérieure,  mais 
accompagnée  d’exagération  des  réflexes  tricipitaux  et  radiaux  homolaté- 


SÉANCE  DU  1<"  JUILLET  19'2« 


85 


faux  ;  dans  les  cas  sans  parésie  des  extrémités  supérieures  et  sans 
exagération  corrélative  des  réflexes  profonds  le  phénomène  ne  se 
laisse  jamais  constater.  Quant  au  tonus  musculaire,  il  est  facile  de  se  per¬ 
suader  que  ce.  signe  peut  accompagner  tous  les  états  de  la  tonicité  des 
muscles:  il  se  laissait  déceler  avec  une  netteté  égale  au  cours  des  para¬ 
lysies  flasques  de  la  main  et  des  doigts  (par  exemple  dans  la  maladie  de 
Charcot),  qu’à  l'état  normal  du  tonus  musculaire  (par  exemple  dans  la 
sclérose  en  plaques),  etqu’enün  à  l’état  de  l’hypertonieplus  ou  moins  mar¬ 
quée  avec  tendance  à  la  contracture.  Ces  derniers  états  facilitent  parfois 
son  déclanchement,  quoique  les  conditions  mécaniques  puissent  diminuer 
sensiblement  son  amplitude  (par  exemple  au  cours  de  l’hémiplégie  orga- 
aique  avec  contracture  des  doigts  en  flexion). 

La  relation  du  phénomène  analysé  avec  d'autres  signes  pathologiques  des 
doigfs  et  de  la  main,  de  la  connaissance  desquels  nous  sommes  redevables 
aux  recherches  des  années  dernières,  se  comportait  dans  mon  matériel 
comme  le  démontrent  les  chiffres  suivants  : 

Le  signe  de  la  flexion  palmaire  des  doigts  :  83  ;  le  signe  de  Jacobsolin- 
Lask:  41  ;  le  signe  de  Raimisie  (signe  de  l’index)  :  7  ;  le  signe  de  Min- 
9o^ini,  5  ;  le  signe  de  Néri  :  13  ;  le  signe  de  Lcri  ;  1(5  ;  le  signe  de 
Meyer  :  2. 

Ce  matériel  démontre  que,  de  tous  les  phénomènes  des  doigts  e'tde  la  main 
le  signe  de  flexion  palmaire  des  doigts  est  le  plus  fréquent  et  qu'il  ne 
'este  que  très  peu  en  arrière  en  relation  du  signe  de  Rossolimo  propre- 
nient  dit.  Donc  d’une  importance  spéciale  nous  a  paru  la  confrontation 
clinique  du  phénomène  analysé  avec  le  signe  de  Jacobsoha-Lask,  uni([ue 
flans  toute  la  sémiologie  nerveuse,  qui  relève  le  réflexe  de  la  flexion  des 
floigts,  comme  réaction  à  la  percussion  du  segment  distal  du  radius.  Or, 
nialgré  toutes  les  déductions  théoric[ues,  l’expérience  a  prouvé  ([u’il 
a  existe  aucun  parallélisme  exact  entre  le  phénomène  analysé  et  le 
Signe  de  Jacobsolin-Lask,  (|ue  dans  des  nombreuses  observations  de  mon 
•matériel  on  pouvait  constater  la  flexion  réflexe  des  doigts  sans  signe  de 
'^ficobsolin- Lask  et  que,  ce  (|ui  est  plus  important  encore,  j’ai  réussi  dans 
toute  une  série  de  cas,  à  décéler  le  signe  de  Jacobsohn-Lask  sous  le 
phénomène  analysé.  Tout  cela  prouve  que  le  réflexe  de  Jacobsohn-Lask 
peut  pas  être  considéré  comme  l’augmentation  de  la  zone  réfle.xogène 
flu  phénomène  analysé.  La  période  de  la  maladie,  dans  le  phénomène  de 
texion  réflexe  des  doigts,  devenait  manifeste,  ne  se  laissa  pas  déchiffrer 
c  mon  matériel,  qui  embrassait  principalement  des  oiiservations  chro- 
•tiques  de  l’affection  des  voies  pyramidales.  Tout  de  meme  on  pouvait 
constater  la  grande  constance  du  symptôme  durant  des  semaines,  des 
■niois  et  même  des  années  d’observation  clinique. 

Les  analogies  cliniques  entre  les  phénomènes  réflexes  des  doigts  et 
c  signe  de  Babinski  sont  beaucoup  plus  éloignées.  Je  n’ai  pas  réussi 
jusqu  à  présent,  tout  en  consacrant  à  ce  sujet  depuis  plusieurs  années 
Uion  attention  spéciale,  à  obtenir  le  réflexe  de  l’extension  isolée  du  pouce 
à  trouver  des  remarques  correspondantes  dans  la  littérature.' Mais 


1 


«i;  SOCIÉTI':  DH  MCI’.HOI.OQIE 

dans  mon  travail  de  19()()  sur  la  maladie  de  Tay-Sachs  j'avais  attiré  l'atten¬ 
tion  sur  le  l'ait  ([iiea  l’excitation  avec  le  bout  aigu  du  marteau  ou  avec  une 
aiguille  delà  surface  palmaire  de  la  main  détermine  le  réflexe  de  l’exten¬ 
sion  de  tous  les  doigts,  c’est-à-dire  un  phénomène  analogue  au  signe 
des  orteils  de  Babinsici  ».  Au  cours  de  mes  observations  ultérieures,  princi¬ 
palement  dans  la  maladie  de  Taij-Süclis,  la  phénoménologie  du  symptôme 
cité  subissait  des  variations  insignifiantes.  Une  légère  piip'ire  ou  l’excita¬ 
tion  de  la  surface  palmaire  de  la  main  avec  un  objet  aigu  suffisait  pour 
provo(|uer  le  réflexe  de  l’extension  des  doigts.  Comme  zone  réflexogène 
la  plus  propice,  doit  être  considérée  la  limite  entre  le  segment  médial  et 
radial  de  la  main  ;  ensuite,  l’éminence  du  thénar,  et  beaucoup  plus  rarement 
l’éminencede  l’hypolhénar.  Le  temps  delà  réaction  semblaittoujours  plus 
prolongéen  comparaison  avec  le  phénomène  des  orteils.  Le  caractère  incme 
de  l’effet  moteur  n'était  jamais  rapide,  mais  il  ne  présentait  pas  cette'  len¬ 
teur  caractéristi(|ue,  (|ui  constitue  le  phénomène  des  orteils,  de  liabinski. 
Dans  c|uel(|ues-unes  de  mes  observations  se  laissait  observer  une  certaine 
incongruence  entre  la  période  de  croissance  de  la  réaction  et  le  temps  de 
sa  dissolution  :  c’est-à-dire  que  le  mouvement  de  retour  des  doigts  de  la 
position  de  1  extension  jusqu’à  la  tenue  normale  se  passait  dans  un  temps 
beaucoup  plus  lent  c[ue  le  processus  même  de  l’extension.  Dans  des  cas 
plus  rares  s'e  inanifestait  une  tendance  à  la  fixation  tonicpie  du  réflexe 
d’extension,  qui  était  accompagnée  parfois  par  l’abduction  des  doigts, 
d’où  résultait  un  phénomène  analogue  au  signe  de  l’éventail  des  orteils. 
Parfois  cette  tendance  tonique  se  compliquait  par  l’amplitude  inégale  de 
l’extension  des  quatre  derniers  doigts,  ce  qui  lui  imposait  l'aspect  d’une 
atbétose  épisodique  et  passagère.  Comme  je  l’ai  déjà  mentionné,  je 
n’ai  pas  encore  observé  de  cas  avec  le  réflexe  de  l’extension  isolée  du 
pouce,  tandis  que,  dans  plusieurs  observations,  l’effet  moteur  se  limitait 
aux  quatre  derniers  doigts.  Donc,  dans  la  prépondérante  majorité  des  oas, 
l’effet  de  l’extension  embrassait  tous  les  cinq  doigts,  et  l’amplitude  de  l’ex¬ 
tension  des  derniers  doigts  surpassait  l’effet  de  l'excursion  extensive  du 
pouce.  Dans  la  plupart  de  mes  observations,  le  phénomène  du  réflexe  de 
l’extension  des  doigts  était  bilatéral. 

Le  matériel  clinique,  dans  lequel  j’ai  réussi  à  déceler  le  phénomène 
de  l’extension  des  doigts,  était  tout  à  fait  différent  du  matériel  dans  lequel 
se  manifeste  ordinairement  le  signe  des  orteils  de  Babinski. 

Il  comporte  jus(|u’à  présent  les  24  cas  suivants  : 

Maladie  de  Tay-Saebs  :  15  cas  ;  Hydrocéphalie  congénitale  :  2  cas  ; 
Maladie  de  Little  ;  5  cas  ;  Diplégie  cérébrale  :  2 cas  ;  Sclérose  tubéreuse  : 
1  cas  ;  Hémorragie  ventriculaire  :  1  cas. 

'l'ous  les  cas  de  l’hydrocéphalie  congénitale,  de  maladie  de  Little,  de 
diplégie  cérébrale  et  de  sclérose  tubéreuse  appartenaient  aux  formes 
extrêmement  graves,  et  leur  état  psychique  se  caractérisait  par  un  degré 
[irofond  d’oligophrénie.  Mais  ce  (|ui  imposait  à  tous  ces  cas  une  physio¬ 
nomie  cliniiiuc  spéciale,  c'étaient  ses  éléments  concomitants  globaux  ou 
partiels  de  rigidité  décérébrée  {decerebrate  rigiditij).  Le  phénomène  de  dé- 


SI^:A\CE  DU  JUfLLET  inid  S7 

cérébration,  mis  en  évidence  par  les  expériences  classiques  de  Slierringloiv 
chez  les  animaux  par  le  procédé  de  la  Iranssection  mésencéphalique, 
trouve  son  application  également  à  la  pathologie  humaine.  C’est  à  Kinnier 
Wilson  que  revient  en  première  ligne  le  mérite  d’avoir  collectionné  les 
formes  cliniques,  aiguës  ou  chroniques,  qui  revêtent  au  point  de  vue  sé¬ 
miologique  l’apparence  de  la  rigidité  décérébrée.  Les  travaux  ultérieurs 
des  auteurs  principalement  anglais  et  américains,  comme  liossel,  Frazer, 
Walsh,  Riddoch  et  Blizzard,  Waller  ei  Morin,  Freemann,  Magniis,  Marinesco 
et  Radovici  ont  contribué  dernièrement  pour  tracer  la  démarcation  clini¬ 
que  du  syndronie  de  la  rigidilé  décérébrée,  résultant  de  la  délibération  des 
centres  mésencépbaliques  de  l’inlluence  du  cerveau,  et  revêtant  des  mo¬ 
difications  multiples  quanta  la  sémiologie  et  l’intensité  (release  phenomens). 
A.  côté  de  la  décérébration  «  physiologique  »  pendant  le  sommeil  et  dé¬ 
clenchée  par  des  excitations  douloureuses,  des  bruits  forts,  des  éclate- 
*>'ents,  des  chutes,  des  aspersions  d’eau  froide  et  à  côté  de  la  a  réaction 
cpileptoïde  normale  »,  sur  lat|uellc  avait  attiré  1  attention  Rossel  et  qui 
peut  être  reproduite  volontairement,  il  existe  toute  une  série  de  formes 
diverses  de  la  décérébration  pathologique,  pour  les(|uels  certains  symp¬ 
tômes  sont  directement  pathognomoniques.  Or  dans  toutes  mes  observa¬ 
tions,  dans  lesquelles  se  laissaient  dépister  le  symptôme  de  l’extension  des 
•doigts,  étaient  présents  en  tel  ou  autre  groupement  certain  de  ces  signes 
caractéristiques.  Dans  la  plupart  des  cas  on  pouvait  constater  les  «  ré¬ 
flexes  profonds  du  cou  »  sous  la  forme  mise  en  évidence  par  Magniis  et 
de  Kleijn  et  l’exagération  de  loniis  de  posture.  Dans  toute  une  série  d’ob¬ 
servations  se  laissait  observer  la  rigidité  des  extrémités  inférieures  en 
extension  avec  l’inclination  de  la  tête  en  arrière  et  avec  l’hyperpronation 
desavant-bras,  sur  laquelle  H  ilson  a  attiré  l’attention  spéciale.  Dans  deux 
cas  il  existait  en  outre  l’opisthotonos  et  dans  un  cas  se  laissait  déclan¬ 
cher  avec  facilité  le  réflexe  tonique  de  posture  de  Foix.  Certains  cas  (y  com¬ 
pris  la  maladie  de  Tag  Snclis)  étaient  accompagnés  par  le  phénomène  des 
crteils  de  Babinski.  Mais,  dans  la  plupart  de  mes  observations,  ce  signe 
ôtait  absent.  Quant  à  la  maladie  de  Tag-Saclis,  le  signe  de  l'extension  des 
doigts  était  présent  dans  absolument  tous  les  cas  que  j’ai  eu  l'occasion  d'ob¬ 
server  ;  il  appartient  donc  à  côté  des  troubles  ophtalmoscopiques  et  de 
hyperacousie  aux  signes  constants  de  l’idiotie  amauroti(|ue. 

Tous  les  faits  cités  et  l’appariticm  exceptionnelle  du  phénomène  ana- 
yxé  simultanément  avec  le  signe  des  orteils,  indiquent  (|ue,  tandis  que  le 
réflexe  de  la  flexion  des  doigts  n’est  que  le  si^ne  de  Rossolimo  déplacé  et 
transporté  sur  la  main,  le  réllexe  de  l'extension  des  doigts  ne  peut  pas  être 
considéré  comme  identique  au  signe  classique  de  Babinski  et  traité 
Comme  1  expression  de  l'affection  des  voies  pyramidales.  Je  serais  plutôt 
incliné  à  lui  attribuer  la  valeur  homologue  aux  phénomènes  divers  de  </é- 
ceréiro/ion,  ([ni  se  manifestaient  avec  telle  précision  dans  mes  observations 
I  ^  I  hydrocéphalie  congénitale,  de  ]i\  maladie  de  Lillle,  de  \a  diplégie  céré- 
raie,  de  la  sclérose  tubéreuse  et  de  Vhémorragie  ventriculaire.  L’appa¬ 
rence  Constante  de  ce  signe  au  cours  de  Vidiotie  amaurotique  n’est  pas  un 


88 


SOClIÎTf:  DE  NEUnol.OOlE 


motif  pour  nier  notre  conception,  elle  la  confirme  plutôt,  car  la  maladie 
de  Tay-Saclis  est  le  paradigme  classique  du  processus  morbide,  (|ui,  avec 
son  début  imperceptible,  poursuit  inévitablement  son  cours,  jusqu'aux 
formes  les  plus  graves  de  la  rigidité  décérébrée,  qui  accompagnent  tou¬ 
jours  les  stades  terminaux  de  cette  maladie. 


X.  —  Rakistne  chronique  :  polynévrite  légère,  par  M.  Conos 
(de  (Constantinople). 

L’alcoolisme,  bien  (|ue  loin  d’être  rare  à  Constantinople,  y  occasionne 
relativement  pende  psychoses  et,  tout  à  fait  exceptionnellement,  des  po¬ 
lynévrites  Sur  2.104  malades  observés  du  l*’’ juillet  1924  au  31  dé¬ 
cembre  1925.  je  relève  seulement  16  cas  de  troubles  mentaux  imputables 
à  l’alcoolisme  cbronicfue  (delirium  tremens,  états  mélancoliques,  para¬ 
noïdes,  alfaiblissement  démentiel,  etc.).  Au  cours  d’une  pratique  de  20an.s, 
je  n’ai  observé  que  3  polynévrites  éthyliques.  L’un  de  ces  cas.  à  tous  égards 
classique,  était  d’ailleurs  consécutif  à  un  alcoolisme  mixte,  provoqué  par 
l’absorption  des  boissons  les  plus  diverses,  indigènes  ou  européennes.  Le 
deuxième  a  été  observé  chez  un  médecin  qui,  comme  beaucoup  de  Cons- 
tantinopolitains,  avait  l’habitude  de  prendre,  chaque  soir,  avant  le  dîner, 
du  raki  (1)  et  des  «  mézés  »  (hors-d’œuvre  é|)icés,  aigres  ou  salés)  Le 
troisième,  dont  nous  relatons  ci-dessous  l’observation,  est  un  fait  de  ra- 
kisme  pur,  survenu  chez  un  cultivateur  anatolien. 

H.  .,  38  ans,  cuUivalPiir,  originaire  (l’Aiion-Karahissar,  est  exempt  de  tares  hérédi¬ 
taires.  Il  n’a  jamais  eu  de  maladies  infectieuses,  vénériennes  ou  autres,  mais  il  hoit 
chaque  jour,  depuis  iim^  vingtaine  d’années,  du  raki.  Il  est  arrivé,  ces  dernières  années, 
à  en  absorber  quotidiennement  un  litre  et  ihûmo  un  litre  et  demi  ;  rarement  il  se  con¬ 
tentait  d’un  demi-litre.  I.a  quantité  formidable  de  raki  absorbé  par  ce  sujet  pendant  les 
20  annéiis  de  sa  vie  d’alcoolique  peut  semble-t-il,  être  évaluée  à  plus  de  5  tonnes  1 

Or.  c’est  seulement,  il  y  a  4  mois,  que  II  ..  a  commencé  à  ressentir,  dans  les  membres, 
et  le  tronc,  des  sensations  d’engourdissenae.nt  auxquelles  ont  fait  suite  des  douleurs 
de  [)lus  en  plus  fortes.  Cos  douleurs  se  sont  peu  é  peu  apaisées,  mais  le  malade  a  dû 
garder  le  lit  à  cause  de  la  faiblesse  progressive  de  sfes  jambes.  L’amaigrissement  aurait 
été  assez  considérable.  Dans  le  même  temps  un  violent  prurit  incitait  le  malade  à  des 
grattages  répôtéset  fut  suivi  de  l'apparition,  ii  la  partie  supérieure  dos  cuisses  et  sur  l’ab¬ 
domen,  d’une  éruption  eczéma tiforme.  , 

La  [Kirsistance  de  l’impotence  fonctionnelle  des  membres  inférieurs  et  de  l’éruption 
prurigineuse  dôcid(mt  II...  à  venir  se  faire  soigner  à  Constantinople. 

Lorsfjuo  nous  examinons  pour  la  première  fois  ce  patient,  nous  constatons  que 
c’est  un  homme  de  grande  tailhi,  plutôt  maigre  (d  de  teint  bronzé.  Les  pupilles  sont  de 
formes  et  de  dimensions  normales  ;  elles  réagissent  bien  è  la  lumière  et  fi  l’accommoda¬ 
tion.  La  langue  est  quelque  peu  trémulant(^  ;  la  parole  normale.  Le  tremblement  dos 


(I)  Le  «  raki  »  est  un  [)rodnit  de  la  distillation  de  divers  fruits  (raisin,  ligues,  dattes, 
mûres,  etc.)  additionné  d’anis.  Il  contient  environ  44  à  48  d'alcool.  Lorsque  l’al¬ 
cool  de  fruits  est  additionné,  en  dehors  de  l’anis,  d’unie  résine  spéciale  provenant  d’un 
conifère  de  Chio,  on  a  le  «  mastic  ».  Celui-ci  ni^  renferme,  en  général,  que  40  d’alcool. 
Le  »  raki  »  et  le  ■■  mastic  «  sont,  bien  entendu,  l’objet  de  falsillcations diverses  ;  il  leur 
arriva'  d’êtri^  fabriipiés  avec  des  alcools  de  mauvaise  qualité.  Pendant  l'armistice,  un 
nlco(d  méthylique  <rimportation  américaine  a  même  été  utilisé,  mais  la  gravité  (jes 
accidtmts  (eéeilé  brusque,  etc.)  a  rapidement  mis  lin  à  cette  pratique  dé|iloruble. 


SËANCE  nu  1”  JUILLET  1920 


mains  est  net.  Les  réflexes  rotuliens,  achilléons,  crémastériens,  abdominaux  sont  abolis  ; 
le  réflexe  plantaire  est  normal  des  doux  côtés.  Les  jambes,  lorsqu’elles  sont  en  exten¬ 
sion,  accusent  une  légère  rotation  externe  ;  les  pieds  montrent  un  léger  équinisme.  Les 
membres  intérieurs  sont  amaigris  ;  il  n’y  a  pas,  à  proprement  parler,  d’amyotrophies 
encore  que  la  face  externe  des  jambes  apparaisse  un  peu  creuse.  Tous  les  mouvements 
actifs  des  membres  sont  possibles,  mais  ils  sont  exécutés  avec  très  peu  de  force.  Le 
malade  se  plaint  de  «  l’engourdissement  »  de  ses  4  membres  et  de  maladresse  de  ses 
mains.  Actuellement,  la  station  debout  est  possible  mais  avec  des  oscillations  lors  de 
1  occlusion  des  yeux.  Pour  marcher,  11...  doit  être  soutenu; il  présente  unë  ébauche  de> 
steppage. 

La  sensibilité  objective  est  normale  dans  tous  ses  modes  ;  cependant  tes  masses 


musculaires  sont  sensibles  à  la  palpation,  les  troncs  nerveux  douloureux  à  la  pres¬ 
sion  ;  la  manoeuvre  de  Lasègue  est  pénible. 

La  partie  inférieure  dos  jambes  et  les  pieds  sont  légèrement  violacés  et  froids.  Les 
sphincters  fonctionnent  normalement.  L’état  mental  est  sans  anomalies. 

Le  foie  déborde  légèrement  le  rebord  costal  ;  il  est  sensible  à  la  palpation  La  pres¬ 
sion  artérielle  est  un  peu  élevée. 

Le  tégument  do  l’abdomen  et  de  la  face  antérieure  du  thorax  est  couvert  do  nombreux 
«iéments  lichéniliés. 

Wassermann  négatif.  Ni  sucre  ni  albumine  dans  les  urines.  Liquide  céphalo-rachidien 
normal. 

Pendant  son  .séjour  à  Constantinople,  II.  fait  une  broncho-pneumonie  dont  il  a 
guéri  sans  incidents  notables  malgré  sa  profonde  imprégnation  alcoolique. 

La  guérison  de  la  polynévrite  .survient  au  bout  de  3  mois  et  demi  de  traitement 


(bains. 


massage,  électricité,  etc.).  Au  moment  de  son  départ  pour  Afion  Karahissar, 


est  en  bon  état.  Ses  réflexes  rotuliens  et  achilléens  sont  redevenus  normaux;  la  marche 
Cessé  d’être  pénible.  Le  patient  sc  promet  de  ne  plus  boire  désormais  que  la  quantité 
6  raki  «  indispensable  pour  se  fortifier  1  » 


La  bénignité  de  la  polynévrite,  sa  durée  relativement  courte  sont  inté¬ 
ressantes  à  rapprocher  de  l’importance  et  de  la  durée  de  l’intoxication  a’u 
même  titre  que  la  rareté  des  polynévrites  des  membres  (1)  méritent  d’clre 
opposées  à  la  frétjuence  du  rakisme  —  forme  presque  exclusive  de  l’éthy- 
isinepopulairedans le  proche  Orient.  II  est,  semble-t-il,  permis  d’en  in- 
vfer  que  le  raki  est  d’ordinaire  peu  toxique  pour  le  système  nerveux  péri¬ 
phérique.  D’autres  observations  seraient,  cela  va  sans  dire,  nécessaires 
pour  permettre  d’élucider  la  que.stion  de  savoir  si  la  névrite  du  raki  est  plus 
^'olontiers  prurigineuse  que  la  polynévrite  consécutive  à  l’ingestion  im- 
oiodérée  des  alcools  occidentaux. 

—  Sur  un  cas  de  syndrome  d’Addisson  produit  par  un  para¬ 
gangliome  de  la  capsule  surrénale.  Etude  clinique  et  andlomo  pa- 
Ihologique,  par  Ricardo  Rikmer,  MACARiNOSTORRiiS  et  Austregesilo 
Filho  (de  Rio  de  Jane  ro) 

Observation.  —  U.  U.  «la  S...,- Urésilicnne,  sang  mêlé,  âgée  de  40  ans,  résidant 
’^he  Alfonso-Penna,  n»  42. 

■dniécédenls  héréditaires  :  Père  mort  à  50  ans,  d’après  la  malade,  d’une  dermatose 

Oelamaiie  a  rencontré,  chez  un  sujet  jeune  profondément  intoxiqué  par  le 
■>•0.  une  névrite  du  vague. 


sociiln':  DH  Mii  noujciH 


"(jnôi’aliscc  ;  mèra  morto  à  3‘<J  ans  d’uiia  rnalailic  de  piniir.  Ella  a  (ai  S  frèros,  dont,  iin 
siMil  survit,  mais  ast  allaint  da  Liibarculosa  pulmonaira  ;  las  autres  sont  morts  ;  un  dn 
variida.  un  da  roufraola,  un  d’una  maladie  da  cii'ur,  deux  an  aonsi'‘(|uanca  da  maladies 
lié  poitrine  et  las  deux  autres  da  causas  it'norcias. 

Anlécrdenls  penmnneh.  La  malade  a  au  las  maladies  lialiitiiallas  da  l’anfanaa  ;  r(‘(fl('S 
pour  lu  praniii'îra  lois  à  rà(;a  da  l.'i  ans  [landant  la  période  cataméniale  (die  soiilTrait 
aonstamrnant  da  coli(|ues,  d'étourdissements,  da  céphalée,  da  vomissements  et  d’a- 
noraxia.  Elia  a  au  trois  avortements  et  deux  enfants  à  terme,  dont  l’un  est  mort  à  huit 
(Viois  et  l’autra,  actuellement  âgé  de  II  ans,  jouit  d’une  bonne  santé. 

La  malade  nous  informa  (pi’ella  a  souffert  d’impaludisma  il  y  a  sept  ans. 

Ilinliwi'iuo.  de  la  maladie  acUielle.  Il  y  a  environ  un  an,  la  lifivni  lit  son  apparition, 
accompagnée  de  vomissements,  constipation  du  ventre  alternant  avec  la  diarrhée;  cé¬ 
phalée,  grande  asthénie  et  engourdissements. 

La  li('‘,vre,  peu  élevée,  vas|)érala,  durait  pendant  4  à  T>  jours,  s’amendait  pour  repa¬ 
raîtra  à  noUN'eau,  C(da  principalarnant  au  début  da  la  maladie.  En  riulrna  temps,  l’ciî- 
dénia  se  manifestait  aux  membres  inférieurs  et  à  la  face  ;  l’urine  devenait  rougeûtre, 
et  son  émission  était  accompagm'ia  d’une  sensation  do  cuisson.  Il  sa  |)roduisit  aussi  un 
écoulement  vaginal,  purulent  et  fétide,  dans  liupial  un  l'xaman  méticuleux  ne  révéla 
pas  la  lu'ésenae  du  gonococciis. 

Il  y  a  environ  ijuatra  mois,  la  malade  remari^ua  (pie  sa  figura  noircissait  atcpie  des 
taches  de  im'ma  couleur  se  manifestaient  aux  mains,  aux  pieds  et  sur  la  peau  du  ventre. 
Depuis  CO  moment  elle  se  fatiguait  facilement,  les  perturbations  digestives  s’accen- 
tu('‘rent,  avec  des  vomissements  souvent  incoercibles. 

Hxame.n  qénéral.  Il  s’agit  d’une  femme.de  stature  moyenne,  tr(^s  amaigrie,  retenue 
au  lit,  oi'i  elle  se  tient  en  décubitus  complet,  dorsal  ou  latéral,  évitant  autant  que 
possible  tout  mouvement.  Il  lui  est  pénible  de  s’assimir  ou  d((  s((  tenir  debout  et  la 
rnarclu!  est  complètement  inqiossdde.  La  force  dynamornôtrique  est  réduite!  ;  au  dyna- 
monuHre  de  pression,  la  main  gauche  marque  20  et  la  droite!  30.  Outre  la  grande  asthé- 
nee,  el  conveent  de  faire  remarquer  que  les  taches  visibles  sur  le  tégument  de  la  face, 
des  meiens.  des  jiieds  et  de  l’abdomen  sont  hyperchromiques,  rappelant  la  couleur  du 
bron/e  elepole  ou  du  noyer  foncé,  prédominant  e'e  l’extrémité  des  membres  et  alternant 
parfois  avec,  d  autres  taches  blanchfitres,  rappelant  celles  du  vitiligo.  Des  muqueuses 
VMObles,  seulement  celles  de  la  lèvre  inférieure  apparaissent  sensiblement  hyperpig- 
mentees. 

Il  y  a  subictère. 

Le  faciès  de  la  m  ilailc  exprime  une  grande  résignation  et  une  grande  souffrance. 

Hx  imen  des  dîners  apiiardls. 

Appareil  circulatoire.  Le  pouls  est  fréquent,  petit  et  rythmiipie,  avec  82  pulsations 
par  minute. 

La  pression  artérielle  au  l’achon,  la  malade  étant  couchée,  parce  (prclle  ne  p  ut 
se  tenir  assise*,  a  donné  les  résiiltals  suivants  :  pression  maxinia  8,  ininima  4,  ampli¬ 
tude  de  l’oscillation  .0. 

Crrnr.  On  trouve  l’ieitus  cordis  au  cirppiiéme!  espace  intercostal,  l'i  !)  centimètres  de  la 
ligne  inédio-steu'male.  A  l’aiiseultation,  on  remarque  un  soeiflle!  sysloliqueeioiix,  suave, 
perceptible!  dans  toute  la  région  précordiale  ;  il  y  a  de  riiypophonèse  des  tons  aor- 
tiepic  et  pulmonaire*. 

1,’appareil  respiraluire  n’a  rie*n  de!  remarquable*. 

Appareil  dir/eslif:  Lees  [lertiirbations  sont  cel|i*s  déjà  me*ntionné(*s  ;  vomissements 
parfois  incoereibl(*s,  constipation  alternant  nve*c  diarrhée*. 

Anoreexie*  complète*. 

Appareil  pénila-iirinaire.  Hormis  la  coloration  jaune*  foncée  de!  l’urine,  avec  émission 
proeiuisant  une*  seuisation  de!  chaleur  et  récoeileme*nt  vaginal  ine*ntionn(!,  il  n’y  a  rien  à 
signale*!'. 

Examens  enmplémenlaires. 

Hecherches  faites  dans  le  sang;  Héaction  de*  \Vasse*rmann  négative.  Dosage*  ele 
’ein'ee*  dans  le*  sérum  sanguin  0,.ü8  par  litre*.  Hecherche!  ele*  l’hémaleK.oaire  de*  La- 


SÉAXCE  1)1'  1”  JI'IU.HT 


verau  :  né^alif.  Exanion  du  crachai  piiiir  la  recherche  du  bacille  de  Koch  :  né¬ 

gatif. 

Frottis  d(‘  l'éeouhunnnl  vaginal  pour  la  recherclu^  du  gunoeoccus  :  négatif.  L’examen 
des  selles  [tour  dépister  des  parasites  intestinaux  ou  des  ouifs,  ainsi  que  l’examen  bac- 
térioscopique  de  l’urine  (recherche  du  bacille  de  Koch)  sont  étalements  négatifs. 

L’examen  de  l’urine,  sauf  l’albumine  qui  y  a  été  rencontrée,  mais  dont  la  présence 
ne  peut  fournir  d'interprétation  sérieuse,  puisqu’(dl(!  n’a  pas  été  recueillie  dans  la  vessie 
at  que  la  mahnle  soufl're  d’écoulement  vaginal,  et  saut  la  |)résencc  en  proportions  appré¬ 
ciables  d’urobiline  et  d’acides  biliaires,  l’urine,  nous  le  répétons,  s’est  montrée  dans  les 
limites  normales. 

La  malade  est  décédée  après  un  peu  plus  d’un  an  de  maladie,  et  la  mort  s’est  pro¬ 
duite  subileuumt.  après  un  séjour  de  45  jours  dans  le  service. 


L  autopsie  lut  pratiquée  par  le  D'’  Odillon-Galtotti,  J.  Post  et  par  nou.s. 
N  ayant  rien  trouvé  digne  d’attention,  nous  retirâmes,  pour  un  examen 
plus  méticuleux,  les  capsules  surrénales,  et  cela  parce  que  nous  suivions 
notre  malade  depuis  longtemps,  bien  que  leur  aspect  nous  parût  parfai¬ 
tement  normal. 


Anatomie  pathologique.  -  Cette  partie  fut  confiée  à  MM.  Magarinos  Tor¬ 
des  et  Austregesilo  filho. 

Description  macroscopique.  -  Les  capsules  surrénales  furent  prélevées 
en  entier  et  fixées  dans  le  formol  Des  Incisions  furent  faites  perpendiculai¬ 
rement  dans  le  sens  de  la  longueur  de  l’organe  et  parallèles  :  une  des  cap¬ 
sules  montre  une  cavité  centrale  multilociilée,  limitée  dans  toute  son 
extension  par  une  paroi  d’épaisseur  uniforme,  mesurant  de  un  à  trois  mil¬ 
limètres,  qui  rappelle  l’aspect  de  la  couche  corticale  de  la  glandule  surré¬ 
nale.  La  cavité  mentionnée  coïncide  avec  la  couche  médullaire,  en  deux 
ou  trois  points,  d’ailleurs  la  coupe  macroscopique  montre  un  tissu  qui  ci¬ 
mente  internement  les  parois  de  la  cavité  et  dont  l’a-spect  est  celui  que 
1  on  voit  hahituellement  dans  la  capsule  médullaire  d’une  capsule  surré¬ 
nale  fixée  dans  le  formol. 


La  couleur  est  jaune  paille,  un  peu  plus  claire  ([ue  celle  de  la  couchecor- 
hcale.  Etant  données  les  conditions  dans  lesquelles  nous  avons  reçu  le 
niatériel,  nous  ne  pouvons  rien  affirmer  sur  la  nature  de  cette  cavité, 
laquelle,  cependant,  ne  peut  pas  être  confondue  avec  le  ramollissement 
causé  par  la  putréfaction  et  que  l’on  rencontre  fréquemment  dans  une 


capsule  surrénale. 

L  organe  se  présente  légèremont  augmenté.  Le  volume  et  la  coupe  de 
1  autre  capsule  surrénale  sont  normaux  ainsi  que leuraspect. 

Etude  microscopique.  —  La  coupe  histologique  montre  que  la  capsule 
conjonctive  delà  surrénale  est  très  épaissie. 

l^ans  la  couche  corticale,  il  existe  une  augmentation  évidente  du  tissu 
conjonctifet  de  l'atrophie  qui  est  jilusaccentuée  dans  la  zoneglomérulaire. 
^loya  pas  d’infiltration  péri- vasculaire  de  cellules  rondes.  On  remarque  la 
présence  d’un  tissu  de  néo-formation  occupant  la  couche  médullaire  et 
atteignant  la  couche  corticale  et  la  capsule  fibreuse.  Dans  un  autre  point, 
ce  tissu  forme  des  zones  disséminées  dans  la  couche  corticale  Ce  tissu 
loi-même  est  fortement  cellulaire  et,  examiné  avec  un  fort  grossissement 


1)2  s()cii-:n':  m-:  yfWHOi.ooii-: 

il  se  nionlrc  coiislitiic  |)iir  des  cellules  de  noyau  rond  ou  ovalcallongé,  mu¬ 
ni  d’un  ou  deux  nueléolcs. 

Le  cytoplasme  des  cellules  est  fibrillaire.  sc  confondant  avec  les  librilles 
des  cellules  voisines,  ce  cpii  rend  dillicile  la  démarcation  des  limites  de 
Cjbaque  cellule  ;il  se  forme  ainsi  une  espèce  de  syncytium  iibrillaire,  conte¬ 
nant  des  noyaux  disséminés.  Quelques-unes  de  ces  cellules,  se  montrent 
dans  le  cytoplasme  plus  éosinophiles  cpie  les  autres,  et  ont  un  aspect 
alvéolaire  ;  ces  éléments  ont  des  contours  plus  nets  ne  participant  nette¬ 
ment  en  rien  de  la  constitution  du  sincive  mentionné.  Il  n'existe  pas  de 
zones  de  nécrose,  ni  d'hémorragie,  et  on  ne  rencontre  pas  de  figures  de 
mitose. 

Nous  n’avons  pas  obtenu,  par  la  méthode  de  Schmorl,  la  réaction  de  nos 
cellules  pour  les  sels  de  chrome,  ce  que  nous  attribuons  à  la  préfixation 
par  le  formol  ;  ce  faita  d’ailleurs  été  vérifié  également  par  Wahl  dans  son 
cas  de  neurohlastoine.  Les  caractères  morphologiques  de  ce  tissu  nous 
autorisent  à  penser  ([u'il  s’agit  d’une  tumeur  chromalline  ou  paragan¬ 
gliome. 

(joiisidérations.  —  Lecasdont  nous  nous  occupons  mérite,  comme  rareté 
étiologique,  des  considérations  particulières. 

S’agit-il  du  véritable  syndrome  d'Addison,  typique,  de  l'auteur  anglais, 
ou  bien  sommes-nous  en  présence  d’un  cas  d’addisonisme  de  ceux  qui 
confinent  de  |)rès  avec  la  maladie  décrite  par  Addison  ? 

Examinons  cette  question  et  voyons  comment  nous  pouvons  l’éluci¬ 
der. 

Cette  maladie  a  été  individualisée  par  Addison,  qui  Ka  décrite  sous  le 
nom  de  «  bronzed  shin  '',en  1855,  et  c’est  en  son  hommage  qu’elle  porte 
son  nom. 

Dans  la  publication  de  plusieurs  cas  pathologiques  surpris  par  lui,  il 
signalait,  à  côté  de  symptômes  de  grande  faiblesse  générale,  la  pigmenta¬ 
tion  noire  de  la  peau,  et  bien  que  dans  les  autopsies  on  vérifia  toujours 
la  lésion  de  la  glande  surrénale,  le  médecin  anglais  n’en  a  pas  conclu, 
d’ailleurs  avec  raison,  qu’il  fallait  les  rattacher  directement  à  la  co¬ 
loration  bronzée  et  à  d’autres  modifications  morbides  de  la  peau.  La  véri¬ 
table  étiologie  de  la  maladie  d'Addison,  en  ce  qui  concerne  principale¬ 
ment  la  pigmentation  de  la  peau,  n’est  pas  jusqu’à  présent,  parfaitement 
déterminée  ;  elle  peut  être  produite  soit  par  la  glande  même,  soit  par  l’ir¬ 
ritation  solaire  ou  sympathi(|ue,  cette  dernière  pouvant  suffire  pour  expli¬ 
quer  la  mélanodermie. 

La  mélanodermie,  c’est  le  caractère  vraiment  important:  «Sans  mélano¬ 
dermie,  dit. Sergent,  pas  de  maladie  d’Addison.  n 

La  lésion  que  I  on  rencontre  le  plus  fréquemment  dans  lé  complexe  sym¬ 
ptomatique  typique  dont  nous  nous  occupons  est,  suivant  la  nombreuse  et 
fidèle  statisti(|ue  :  de  Elsasser,  dans  la  proportion  de  88  0/0  des  cas,  de  na¬ 
ture  tuberculeuse.  D’autres  causes  cependant,  comme  la  syphilis  et  les  tu¬ 
meurs  de  différente  nature  malignes  ou  non,  peuvent  présenter  ce  syn¬ 
drome. 


93 


sËAtXci-:  D[’  i'--  .K’ \'.m\ 

Des  observateurs  de  renom,  comme  Slriimpell,  signalent  une  forme  par¬ 
ticulière  de  la  maladie  d’Addison,  dans  laquelle  l’examen  des  capsules  sur¬ 
rénales  nous  montre  une  atrophie  si  prononcée  que  l’on  ne  rencontre  pres¬ 
que  plus  de  traces  de  l’ancienne  structure  Ce  n’est  que  dans  ce  cas  que 
Strümpell  reconnaît  la  véritable  maladie  d’Addison  primaire 

Le  cas  dont  nous  nous  occupons  pourrait  bien  se  placer,  pardon  étio¬ 
logie  rare,  très  près  du  cadre  de  Strümpell. 

Voyons  en  quoi  il  s’éloigne  du  syndrome  classique  décrit  par  Addi- 
son. 

Lu  premier  lieu,  l'élément  étiologique  est  l’aspect  le  plusintéressant  de 
la  présente  communication.  Il  s’éloigne  du  syndrome  classique,  parce 
qu  il  est  produit  par  une  tumeur  bénigne,  chromafl’ine  ou  paragangliome. 
11  s  en  écarte  encore  parce  qu’il  estprima'ire  et  par  l’unilatéralité  de  la  lé¬ 
sion. 

Un  autre  caractère  qui  le  distingue,  c’est  l  àge  delà  malade.  En  général, 
le  syndrome  d’Addison  s’observe  entre  15  et  30  ans  et  a  une  préférence 
inarquée  pour  le  sexe  masculin  Or,  il  s’agit  ici  d’une  femme  de  40  ans. 

Ce  sont  ces  différences  qui  nous  portent  à  le  classer  très  près,  au  point  de 
‘Vue  clinique,  du  syndrome  décrit  par  Addison.  et  s’en  rapprochant  beau¬ 
coup  non  dans  son  étiologie  peut-être,  mais  dans  un  sens  parallèle.  Il  existe 
en  science  très  peu  de  cas  de  la  nature  de  celui  ([ui  nous  occupe,  et  ce  fait 
donne  une  valeur  spéciale  à  notre  modeste  communication.  Le  D''  Maga- 
vinos  Torres,  dans  son  rapport  sur  ce  sujet,  lorsqu’il  spécifie  et  qualifie  la 
lésion,  afiirmequ’elle  était  dénaturé,  bien  que  n’ayant  atteint  (|u’une  seule 
glande,  à  ])roduire  au  grand  complet  le  syndrome  décrit  par  Addison 

XII.  —  Déviation  de  la  tête  et  des  yeux  apparaissant  par  crises 

en  même  temps  qu’une  paralysie  faciale  périphérique  oppo 

sée,  par  D.  Paulian  (de  Bucarest). 

Nous  rapportons  une  observation  concernant  le  cas  d’un  malade  Interné 
flans  notre  service,  atteint  d’un  état  de  parkinsonisme  existant  depuis  trois 
fis.  La  maladie  a  évolué  sans  cesse  depuis,  et  de  nouveaux  troubles  se 
sont  ajoutés  aux  anciens. 

Observation.  —  Le  malade,  G...  St.,  25  ans,  célibataire,  présentant  un  état  de  par¬ 
kinsonisme  postencéphatitique,  est  interné  dans  mon  service  à  l’iiôpital  central  le 
^  juin  1925. 

O’est  au  mois  de  décembre  1922  qu’il  accusa  une  somnolence  disconlinuelle,  dormant 
par  intervalles  jour  et  nuit  et  voyant  double  (diplopie).  l>as  de  lièvre.  Cet  état  dura  six 
rouis.  Ensuite  survint  une  insomnie  rebelle  et  simultanément  des  myoclonies  oculaires  ; 
les  yeux  étaient  projetés  en  avant  ;  il  existait  une  lagophtalmie  manifeste  de  sorte  que 
le  malade  no  pouvait  former  les  paupières.  Quelques  mois  plus  tard,  l’occlusion  des 
yeux  devint  possible  mais  les  paupières  étaient  animées  de  tremblements.  Parfois  sur¬ 
venaient  des  cHses  consistant  en  un  abaissenuml  de  la  tète  et  des  yeux  en  bas  et  on 
avant,  le.  menton  reposant  sur  la  poitrine  (lif,'.  1). 

Kn  janvier  1924,  le  malade  fut  interné  à  riiùpilal  Panteiimon  o(i  il  subit  pendant  un 
an  un  traitement  de  piqûres  de  cyanure  de  llg. 

aciuel.  Le  malade  présente  une  attitude  nette  de  parkinsonisme.  Les  crises  d’a- 


cn'yn-:  he  sei  holoc.ie 


baissi'iiK^nl,  di^  la  làlc  apiiai'aissaiil  plus  l'ai'cini'iil,  ;  plus  siaivciil.  ila  tiiiuvcllcs  t'i'isos, 
CDU  Ira  iras  aux  prcccdciif  es  l'onl  leur  apparil  iuii  :  Suiidaiii,  el  cida  ai'rivail,  au  délai  L  deux 
DU  Irais  iDis  par  jDur,  un  clipuieiuenl,  irresisliljle  duraiil  ipielipies  miiiules  ;  ensuite, 
tDiit  d'un  KDup,  la  tète  si'  renverse  lirustpieinent  en  arriére,  le  visage  deviiuit  rDiifre,  la 
IjDuche  s’entr’Duvre.  dette  attitude  est  irréducl ilde,  les  effurts  du  patient  piiur  rame¬ 
ner  la  tète  à  la  pusition  initiale  sont  vains  (lie.  'èj, 

Oiudipies  minutes  apéès  pai'ait  une  asymétrie  faciale  ;  il  s'installe  une  sorte  de,  para¬ 
lysie  faciale  ffauclie,  la  cDinmissure  laiecale  ffauclie  est  abaissée,  le  malade  ne  peut  fron¬ 
cer  la  partie  ffauidie  du  front,  l.a  lète  lourne  vers  l'épaule  driute.  les  pdiibes  oculaires 
sont  déviés  l'i  driute,  les  pupilles  sans  aucune  réaction.  Les  traits  de  la  moitié  droite  du 
visage  sont  tirés,  la  moitiédroile  ilu  front  préseule  des  plis  Irès  accentués.  Le  malade 


Kig.  1  —  Crise  irabaisseiiicnt  de  la  lêlv. 


ne  peut  exécuter  l’ordre  de  tourner  les  globes  oculaires  à  gauciie  en  suivant  notre 

La  crise  cesse  au  bout  d’une  demi-beure.  .\rtilicielleinent  on  l’interrompt  par  une 
piqûre  inti'aveineuse  de  I  /-l-l  f-l  mgr.  de  sciqiolamine  bronibydrique. 

A  l’entrée  dans  l’hi’ipilal,  les  crises  survenaient  deux  à  trois  fois  par  jour.  Nous 
avons  institué  le  traitement  rachidien  par  l’autosérothérapie  rachidienne.  Les  crises 
s’espacèrimt  pour  revenir  ensuite,  mais  une  fois  seulement  dans  la  journée.  Il  nous 
sembleque,  dans  les  formes  chroniipies,  là  même  où  la  sérothéra|)ierachidienno  n’a  pas 
réussi,  nous  avons  obtenu  des  soulagements  et  des  améliorations  [lar  des  injections 
intraveineuses  d’ iodoseptine  (iortial.  .Notre  malade  continue  d’avoir  fies  crises  mais 
espacées,  une  tous  les  trois  ou  quatre  jours. 

Dans  1  intervalle  des  crises  le  malade  conserve  toujours  un  peu  do  son  attitude  de 
parUinsomsnie,  mais  il  est  plus  dégagé  :  la  bouche  reste  ouverte,  la  salivation  existe, 
mais  elle  e.st  peu  abondante. 

Isn  desespoir  de  cause,  nous  avons  institiiéche/.  notre  malade  la  cure  par  la  malaria 
(inetliode  Wagnei-.Iaiireg),  sans  aucun  résultat. 

Noms  signalons  le  cas  comme  étant  intéressant  par  ses  crises  de  dévia¬ 
tions  de  la  tète  et  des  yeux  combinées  avec  l' apparilion  d'une  paralysie 


S!':ANCH  du  JVILLET  1920 


Fîfî  2.  --  Môme  mahulc.  Déviation  de  la  tôle  et  des  yeux.  Crise  de  redressement  de  la 


^  'S’  d.  Attitude  de  la  tète.  (Kncéphalitc 
éjddémuiue  inolon^fôc.) 


I'ij{.  4.  —  Attitude  de  la  tôte 
«près  rinjcclion  de  sco))olamin 


soaiÉn':  du  isevholoc.ie 


faciale  périphérique  opposée.  En  outre,  le.s  eriscs  avaient  commencé  au 
début  par  un  mouvement  d'abaissement  de  la  tète  vers  la  poitrine,  tandis 
qu’actuellement  le  mouvement  s’effectue  en  sens  inverse. 

Ceci  nous  rappelle  deux  faits  : 

Pendant  notre  stage  de  médecin  en  second  par  concours  dans  le  service 
de  notre  maître,  le  professeur  Marinesco,  nous  avonsobservé  un  cas  pres- 
c|ue  ])areil  à  celui  que  nous  prpsenfons  aujourd’hui,  le  cas  a  été  signalé 
récemment  par  M.  Marinesco. 

Toujours  à  l’époque  où  nous  nous  trouvions  dans  le  même  service,  nous 
avons  publié  en  collaboration  avec  M.  Café  (1)  lecasd’une  jeunerilleatteinte 
d’encéphalite  é])idémiquc  (|ui  conserva  à  la  suite  une  attitude  vicieuse  de 
la  tète  et  du  cou  simulant  une  luxation  des  vertèbres  cervicales.  I.,a 
radiographie  ne  montrait  rien  d’anormal.  D’ailleurs,  cette  attitude  dispa¬ 
raissait  sous  l’inlluence  des  piqûres  de  scopolamine,  le  contrôle  étant  fait 
avant  et  a])rés  par  la  radiographie  (fig.  d  et  4). 

L’attitude  de  notre  dernière  malade  représentait  une  crise  permanente, 
tandis  qu  elle  a  été  seulement  une  crise  paroxystique  de  début  chez  le 
malade  de  notre  service,  remplacée  ultérieurement  par  une  crise  paroxys- 
tic[ue  absolument  inverse. 

Peut-on  avancer  maintenant  ([ue  les  diverses  attitudes  de  la  tête  et  du 
cou,  —  voire  même  du  corps,  —  les  inclinaisons  dans  les  divers  sens  et 
surtout  la  variation  segmentaire  des  attitudes  du  corps  soient  re])résen- 
tées  dans  la  région  des  centres  mésocéphali(|ues,  ou  que  celles-là  -ne 
soient  ([ue  l’expression  des  mouvements  commandés  par  les  voies  spécia¬ 
les  du  cervelet  ?  11  y  a  actuellement  une  tendance  d'orienter  vers  ce 
dernier  organe  plusieurs  des  phénomènes  que  l’on  localisait  autrefois 
dans  les  noyaux  centraux.  Les  phénomènes  d’abaissement  et  de  renver¬ 
sement  en  arrière  de  la  tète  semblent  plutôt  cadrer  avec  la  physiopatholo¬ 
gie  du  verrais,  exprimant  surtout  à  divers  stades  les  expressions  d’excita¬ 
tion  ou  de  destruction  d’une  région  strictement  localisée  dans  celte  région 
ou  de  ses  voies  connexes  pédonculaires. 

{Seroice  neurologique  de  l'hôpital  central  des  maladies  mentales  et  ner¬ 
veuses.) 


Addendum  à  la  .séance  du  , 'S  juin  1926. 

Sur  la  disparition  de  la  selle  turcique  dails  les  tumeurs  de  la 
loge  cérébrale  postérieure.  Les  erreurs  de  diagnostic  qui  en  sont 
la  conséquence,  par  M.  Clovis  Vincent,  médecin  de  l’hôpital  Tenon. 

La  disiiarition  de  la  selle  turcique  au  cours  de  l’évolution  des  tumeurs 
du  cervelet  et  du  nerf  acoustique  s’observç  d'une  façon  relativement  fré- 

(1)  rtov.  Epilulul,  a»  9;  1923  ;  Un  cuz  (.lu  oncofulilu  opidemica  prolangita. 


SOCIÉTÉ  DH  NEUROLOGIE 

1'' juillet  192C. 


Clovis  Vincent 


1.  —  Mîiliulc  jilUMnlc  (le  tumeur  du  cervelet.  linorinc  dislension  vcntr'iculnire. 


2  Selle  lurci(iiie  elldndi't’e  diins  un  cas  de  lunicur  du  cervelet.  Même  malade  (jue  1. 


Masson  et  C"',  éditeurs. 


(I- 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 

1"  juillet  l‘J26. 


Clovis  Vincknt 


—  Selle  linéique  elToiiiIrée  elle/,  une  nnilinlc  iilleinle  île  liiiiieiii  île  l'iiiiKle. 

Masson  et  C",  Editeurs. 


SÉANCE  DU  1“'  JUILLET 


97 


quente.  C’est  un  fait  peu  connu,  en  France  au  moins,  et  qui  cependant 
mériterait  de  l’être,  car  il  est  responsable  de  nombre  d’erreurs  de  diagnos¬ 
tic.  Cette  année  même,  il  nous  a  été  adressé  trois  cas  de  néoplasie  de  l’an¬ 
gle  ponto-cérébelleux  (1)  sous  l  étiquette  «  tumeur  de  l’hj'pophyse  »  parce 
que  de  très  bons  clichés  radiographiques  montraient  la  disparition  de  la 
selle  turcique.  On  s'était  attardé  à  des  pratiques  radiothérapiques  ou  à  des 
traitements  spécifiques  avant  toute  décompression  et  deuxdes  sujetsétaient 
ilêjà  aveugles. 

Voyons  d’abord  les  lésions  anatomiques  que  décèlent  les  radiographies  (2). 
Les  pièces  d’autopsie  sont  rares,  sans  doute  parce  que  l’attention  n’est 
pas  attirée  sur  ce  point.  Nous  n’apportons  pas  les  pièces  des  trois  malades 
auxquels  nous  faisons  allusion  plus  haut,  puisqu’ils  sont  vivants.  Mais 
nous  présentons  le  sphéno'ide  et  la  région  hypophysaire  encore  cou- 
^'crte  de  la  dure-mère  d’un  autre  sujet  atteint  d’une  tumeur  cérébelleuse 
et  dont  nous  avons  naguère  rapporté  l’observation  avec  Etienne  Bernard 
et  J .  Darquier  (3).  Il  existait  dans  ce  cas  une  perturbation  p.sychique  sin  • 
guHère,  une  attitude  et  une  raideur  du  type  parkinsonien,  une  amaurose 
avec  atrophie  papillaire  postœdémateuse.  L’état  mental  de  la  malade,  sa 
raideur,  ne  permettaient  pas  de  mettre  en  évidence  des  phénomènes  céré- 
Jîelleux.  Outre  la  tumeur,  l’autopsie  montrait  une  énorme  distension  de 
tous  les  ventricules,  mais  parculièrement  du  ventricule  moyen.  Le  reces- 
sus  rétrochiasmatique  était  le  siège  d’une  dilatation  tout  à  fait  spéciale.  A 
1  état  normal,  derrière  le  tuber  cinéreum  et  la  tige  pituitaire,  le  plancher 
du  3«  ventricule  est  représenté  par  une  cloison  très  mince.  Presque  dans 
toutes  les  tumeurs  cérébrales,  cette  cloison  bombe  extérieurement  et  sou¬ 
vent  elle  marque  son  empreinte  sous  forme  d’une  cupule  creusée  dans  la 
loge  hypophysaire.  Chez  notre  malade,  cette  saillie  de  la  paroi  ventricu¬ 
laire  était  représentée  par  une  véritable  sphère,  grosse  comme  une  petite 
ouïe  creuse  à  paroi  mince  contenant  du  licpiide  céphalo-rachidien.  Cette 
sphère  s’enfonçait  dans  la  loge  pituitaire  et  en  elfondrait  le  plafond.  Celui- 
on  le  sait,  est  représenté  à  l’état  normal  par  la  tente  dure-mérienne  ten¬ 
due  entre  les  cjuatre  apophyses  clino'ides.  Il  est  perforé  vers  son  milieu 
par  la  tige  pituitaire.  Ici,  à  la  place  de  la  tente  hypophysaire,  s’observait 
on  vaste  orifice  sensiblement  circulaire,  d'un  diamètre  de  12  à  13  milli- 
oiètres.  La  partie  postérieure- de  cet  orifice,  qui  devrait  être  représentée 
par  le  bord  supérieur  de  la  lame  quadrilatère  et  les  apophyses  clino'ides 
postérieures  doublées  de  la  dure-mère,''  n’est  plus  représentée  que  par  les 
trousseaux  fibreux  méningés  dans  lesquels  on  ne  trouve  pas  d’os.  Un 
tubercule  osseux  représente  l’in.sertion  de  la  lame  quadrilatère  sur  le  corps 
ou  sphénoïde.  'Vers  le  bord  antérieur  de  cet  orifice,  les  apophyses  clinoïdes 
antérieures  ont  disparu  Dans  cette  loge  pituitaire  évasée,  on  ne  trouve 
plus  que  des  vestiges  de  l’hypophyse.  Celle-ci  se  trouve  réduite  à 

!A)  Les  trois  malades  ont  été  opérés. 

(1,.  tI,  nidioffriiphies  de  cet  article  ont  été  faites  par  M.  Louis  Stühl.  (Service 
tJ'  nAni.ois  à  i’hôpital  Tenon.) 

■Vin  rumeur  cérébelleuse  avec  rigidité  parkinsonienne  et  lenteur  de  l’idéation.  Cl. 
"CENT,  Et.  Bernard  et  J.  DARgumn,  Ttcviie  neurologique,  juillet  1923. 

«EVDE  NEUROl-OGIQUE.  -  T.  II,  N»  1  ,  JUILLET  192(i  7 


socii'rri':  nr:  SEi  iioi.oc.ii: 


une  mince  lame  de  tissu  c[ui  coill'e  en  avant  comme  une  calotte  le 
diverticule  ventriculaire.  Cette  calotte  est  plus  étendue  en  largeur  qu'en 
hauteur.  Elle  a  10  millimètres  environ  sur  4-5.  Son  épaisseur  n'est  pas  de 
plus  d’un  millimètre.  La  face  supérieure  du  sphéno'ide  constitue  le 
fond  osseux  de  la  fosse  hypophj'saire,  mince  comme  une  feuille  de 
papier,  et  fait  saillie  dans  le  sinus  sphéno'idal.  Au  surplus,  toutes  les 
régions  osseuses  voisines  de  la  selle  turcique  ont  subi  le  même  amincis¬ 
sement. 

En  résumé,  chez  notre  malade,  énorme  dilatation  du  ventricule  moyen, 
véritable  anévrisme  ventriculaire  pourrait-on  dire,  qui  défonce  et  détruit 
la  loge  pituitaire  et  son  contenu. 

Les  cas  de  ce  genre  sont  rares  dans  la  littérature  médicale  Cushing  ']), 
(pii  nous  paraît  être  le  premier  à  avoir  étudié  cette  ([uestion,  n’a  pas 
défait  personnel.  Il  cite  un  cas  déjà  ancien  rapporté  parWeigl'ein  en 
1(S4()  ;  «  La  selle  turcique  était  entièrement  déformée.  A  la  place  d’une 
saillie,  on  trouvait  à  son  |)ôle  antérieur  une  cavité,  et  ses  faces  latérales 
étaient  efl'acées,  mais  le  bord  postérieur,  toutefois,  restait  extrêmement 
tranchant.  La  fosse  elle-même  était  extraordinairement  profonde,  presque 
sphérique,  et  occupée  par  un  kyste  sous  tension,  à  contenu  clair  comme  de 
l'eau,  plus  groscpi’une  noisette  et  comprimant  en  même  temps  le  chiasma 
des  nerfs  opti(|ues  très. atrophiés . 

«  La  paroi  postérieure  du  rocher  était  entièrement  résorbée  par  la  eom- 
pression  de  la  tumeur,  (pii  s'était  développée  sous  la  forme  d’un  triangle 
dont  la  base,  longue  d’un  pouce,  regardait  en  avant,  tandis  que  le  sommet 
encore  plus  dévié  se  dirigeait  en  arrière.  Le  crâne  était  peu  épais,  les 
jiariétaux  en  particulier  étaient  minces  et  transparents  ;  il  n’existait  pour 
ainsi  dire  pas  de  diploë  ;  les  empreintes  digitales  du  frontal,  correspon¬ 
dant  aux  circonvolutions  cérébrales  étaient  extrêmement  rugueuses  au 
toueber  et  séparées  par  des  éminences  très  pointues.  La  face  orbitaire 
de  l’os  Frontal  était  mince  comme  une  feuille  de  papier.  » 

En  P’ rance,  nous  ne  connaissons  ([ue  le  fait  rapporté  pendant  la  guerre 
par  Souques  (2)  à  la  Société  médicale  des  Hôpitaux  qui  soitj(lenti(|ue  aux* 
nôtres.  Il  s’agit  d’une  tumeur  de  l’angle  ponto-cérébelleux  qui  n'avait  pu 
être  reconnue  jiendant  la  vie  et  qui  se  manifestait  par  des  signes  d’hyper¬ 
tension  et  une  hydrorrhée  nasale  constituée  par  du  licjuide  céphalo-rachi¬ 
dien.  A  l’autopsie,  outre  une  distension  ventriculaire  énonne,  existait  une 
déformation  de  la  pituitaire.  Souques  s’exprime  ainsi  : 

«  La  tente  de  l'hypophyse  est  déprimée  en  cupule  et  la  fosse  pituitaire 
notablement  dilatée,  surtout  dans  le  sens  vertical.  Le  lobe  postérieur  de  la 
pituitaire  est  transformé  en  une  cavité  Icj'strque  qui  scmbl'e  communiquer 

(I)  Tiiniciirs  (In  ncir  auditif.  I•l•(lf(■sÿl■ur  Harw(>y  Custiinpr  (traduction  Dcnikcr  et 
de  Martid). 

(■,’)  l!:coul(uuent  s|)ontanè  rie  lif|uide  eèplialo-rachjrJiirni  par  le»  fosses  nasales,  dans 
un  cas  de  tumeur  eèrébraU'.  Soupuns.  SoeiélA  niM,  d  u  Hùiiikiuœ,  H  juin  1917. 

Autopsie  d'un  ras  de  tumeur  eèrr'dirale  complirpu’r  d'ôctHiloment  spontané  du  li(paide 
céptialo-rachidien  par  les  fo.sses  nasales,  et  piitJiogénie  de  cet  écoulement.  SoupUES, 
Sociélé  mhl.  di'.s  Itôpiluux,  14  juin  191tl. 


sliAMcii  JJ  U  I"  jriij.ijr  1921  (9 

par  l’intermédiaire  delà  tige  du  corps  pituitaire' avec  le  troisième  ventri¬ 
cule. 


«  Le  sinus  sphénoïdal  a  disparu.  Il  en  est  de  même  du  sinus  frontal. 

«  La  rétrodilatation  du  ventricule  moyen  et  l’hypertension  qui  l’a  pro¬ 
duite  expliquent  la  dépression  de  latente  de  l’hypophyse,  l  agrandissement 
delà  fosse  pituitaire  et  l’elfaeement  du  sinus  sphénoïdal  » 

On  comprend  que  de  telles  altérations  osseuses  doiveiU  se  voir  sur  des 
clichés  radiographiques  de  la  région  hypophysair^e.  Cushing  le  premier 
décrit  et  figure  les  modifications  de  l’aspect  radiographique  de  la  selle 
turcique  au  cours  de  certaines  tumeurs  de  la  loge  postérieure,  les  tumeurs 
de  l’angle  ponto-céréhelleux.  Il  attache  une  telle  importance  à  ces  défor¬ 
mations  qu’il  n’omet  jamais  de  les  rechercher  dans  les  néoplasies  de  cette 
cégion.  Son  livre  contient  un  grand  nombre  d’observations  awc  images 
tout  à' fait  démonstratives  sur  ce  point. 

En  France  (1),  les  données  radiologiques  sont  au.ssi  rares  que  les  véri¬ 
fications  anatomiques  ;  les  livres  classiques  sont  muets  sur  ce  point.  A 
notre  connaissance,  Souques  seul  a  décrit  avec  précision  et  figuré  au 
cours  d’une  tumeur  cérébrale  le  phénomène  en  question.  Dans  l’obser¬ 
vation  relatée,  il  écrit  : 

«  Cet  examen  (radiographique)  fait  voir  que  la  selle  turcique  est  notable¬ 
ment  dilatée.  Cette  dilatation  porte  sur  tous  les  diamètres  visibles,  princi¬ 
palement  sur  le  vertical,  de  telle  sorte  que  la  fosse  hypophysaire  agrandie 
en  tous  sens  l’est  surtout  en  profondeur.  On  distingue  bien  les  apophyses 
clinoïdes  qui  paraissent  un  peu  amincies. 

«L’agrandissement  de  la.  fosse  hypophysaire  et  l’effacement  du  sinus 
Sphénoïdal  constituent  un  symptôme  radiographique  qu’on  pourrait  dési-  , ,, 
gnersoùs  le  nom  de  signe  turcique,  qu’il  est  important  de  rechercher  dans 
les  cas  d’écoulement  spontané  du  liquide  céphalo-rachidien  par  les  narine4  „ 
Mais  il  ne  se  voit  pas  que  dans  les  tumeiirs  cérébrales  avec  écoulement  de., 
iifiuide  céphalo-rachidien  par  les  narines  ;  il  peut  se  voir  d’une  foçon  très 
prononcée  dans  toute  autre  tumeur.  » 

Dans  les  trois  cas  récents  de  tumeurs,  de  l’angle  auxquels  nous  faisons 
allusion  plus  haut  (vérifies  par  l’opération),  la  radiographie  montrait  un 
élargis.senient  ou  une  disparition  de  la  selle  turcique.  Nous  reproduisons 
deux  des  images  radiographiques  , 

La  première  se  rapporte  à:  une  malade  dont  nous  avons  publié  l'observa¬ 
tion  en  décembre  dernier  à  la  Société  de  Neurologie  avec  T.  deMarlel. 
Convmeon  peut  le  voir,  la  selle  turcique  est  détruite.  La  lame  qiuadrilatère 
qui  forme  le  troussequin  de  la  sdle  n’est  plus  visible;,  ni  les  apoplvjises 
clinoïdes  postérieures.  Lefond  delà  selle  constitué  par  la  face  supérieiure 
du  corps  du  spbénwde  est.  fortement  déprimé,  saillant  dans  le  sinus  sous- 
jacent  ;  si  bien  que  la  partie  postérieure  de  ce  sinus  paraît  comblée. 

.(D,  Dans  son  livre,  sur  les  lumours  cérébrales  ,M.  Cliristiansen  sifçnale  lefait  clans  les 
ueoplasies  de  l'a  région  rolandtmrc.  Il  a  bien'  voulu  nous  le  faire  connaître,  nous  le 
remieroions  ici. 


socii'rn-:  de  eiei  rouxue 


La  seconde  a  Irait  à  la  malade  dont  nous  avons  rapporté  l’observation 
avec  Dénéchau  dans  le  précédent  liulletin  de  la  Société  de  Neurologie.  La 
selle  turcicpie  apparaît  sous  la  forme  d’une  grande  cavité  cubique  largc- 
mentouverte  en  liant.  Elle  mesure  1  cm  3de l’apophyse clinoïde  antérieure 
à  ce  qu’on  aperçoit  de  la  lame  quadrilatère.  Celle-ci  apparaît  sous  la  forme 
d’une  ombre  légère  rectiligne  et  non  incurvée,  tombant  droit  sur  le  corps 
du  sphénoïde.  Les  apophyses  clinoïdes  postérieures  ne  sont  plus  visibles. 
La  paroi  inférieure  de  la  loge  pituitaire  est  enfoncée,  si  bien  que  le  sinus 
sphénoïdal  n  est  plus  éclairé  qu'à  sa  partie  antérieure. 

Les  faits  que  nous  rapportons  montrent  donc,  d’une  façon  indubitable, 
que  certaines  tumeurs  de  la  loge  postérieure  du  crâne  sont  susceptibles 
de  modifier  laspect  anatomique  et  radiologique  delà  selle  turcique. 

Ce  phénomène  n’est  point  qu'une  curiosité  anatomique.  Un  grand  nom¬ 
bre  de  tumeurs  de  la  loge  postérieure  sont  considérées  comme  des  tumeurs 
hgpophgsaires  parce  gue  des  clirhés  radiographi(iues  montrent  la  dispa¬ 
rition  ou  la  dilatation  de  la  selle  turcique. 

L’anomalie  de  l’image  radiographique  de  la  selle  turcicpie  conduit  sou¬ 
vent  à  prendre  pour  des  tumeurs  hypophysaires  certaines  tumeurs  de 
la  loge  cérébelleuse.  Cette  année  même,' comme  nous  l’avons  déjà  dit,  • 
trois  malades  atteints  de  tumeurs  de  l’angle  nous  ont  été  adressés  de  ce 
fait  pour  des  tumeurs  de  la  région  pituitaire. 

Comment  l’erreur  est-elle  possible  ? 

Incertains  sujets  sont  ob.servés  à  une  telle  période  de  révolution  de 
..  leur  maladie  que  les  signes  fonctionnels  caractéristiques  des  néoplasies 

la  loge  postérieure  ne  peuvent  être  mis  en  évidence.  Souvent,  c’est 
^^ïtat  mental  qui  ne  permet  pas  d’apprécier  la  sensibilité  auditive  ou  l’har- 


/λ,î 


/♦^cjjntà  aucune  excitation  sensitive  ou  sensorielle,  sauf  à  celles  q'ui  sont 
r  '  ^uloureuses.  Souvent  ils  ne  comprennent  pas  ce  qu’on  leur  demande.  Il 
_^n  était  ainsi  chez  la  malade  de  Soucpics,  dont  nous  avons  relaté  l’obser- 
vation  ;  il  en  était  ainsi  chez  une  de  nos  malades  avant  la  trépanation 
décompressive.  Chez  le  sujet  dont  nous  présèntons  la  pièce  anatomique, 
les  troubles  mentaux  et  la  raideur  n’avaient  pas  même  permis  de  soupçon¬ 
ner  qu’il  s’agissait  d’une. tumeur  cérébelleu.se. 

2°  Dans  une  autre  série  de  faits,  le  diagnostic  était  possible.  Les  signes 
propres  aux  tumeurs  de  la  loge  postérieure  existent,-  mais  on  n’apprécie 
pas  à  leur  juste  valeur  les  troubles  acoustiques,  la  titubation,  l’impréci¬ 
sion  des  mouvements.  Heaucoup  de  médecins,  et  même  de  neurologistes, 
sachant  (|uel  retentissement  à  distance  peut  avoir  une  tumeur  cérébrale, 
aiment  mieux  se  fier  aux  signes  physiques  qu’aux  signes  fonctionnels  pour 
localiser  la  néoplasie  cérébrale.  Notre  exemple  montre  que  certains  signes 
physiques  sont  aussi  trompeurs  que  certains  signes  fonctionnels. 


Conclnsion.  —  Au  cours  des  syndromes  d’hypertension  intracrânienne, 
particulièrement  dans  ceux  qui  sont  liés  à  une  tumeur  de  la  loge  cérébrale 
postérieure,  il  existe  souvent  une  dilatation  anévrismaticpie  du  plancher 


SÉANCE  DU  1,®'  JUILLET  192G 


101 


(lu  3*  ventricule  qui  écarte  ou  détruit  les  parois  de  la  selle  turciquè. 

La  dilatation  ou  la  destruction  de  la  selle  turciquè  n’est  donc  pas  à  elle 
seule  un  signe  de  tumeur  hypophysaire. 

Cette  dilatation  ou  destruction  ne  doit  pas  faire  écarter  le  diagnostic 
de  tumeur  extrapituitaire,  de  tumeur  de  la  loge  cérébrale  postérieure  par¬ 
ticulièrement.  Les  signes  fonctionnels  propres  aux  néoplasies  de  la  région, 
justement  appréciés,  ont  ordinairement  plus  de  valeur  localisatrice  que  les 
signes  radiologiques. 

Contribution  au  traitement  des  tumsurs  du  corps  pituitaire,  par 
M.  Clovis  Vincent,  médecin  de  l'Hôpital  Tenon. 

A  la  séance  de  mai  dernier,  notre  collègue  Roussy  faisait  part  à  la 
Société  des  résultats  obtenus  grâce  à  la  radiothérapie  profonde  chez  plu¬ 
sieurs  de  ses  malades  atteints  de  tumeur  hypophysaire.  Chez  trois  d’entre 
(îux,  l’amélioration  persistait  depuis  plus  d’un  an. 

Nous  présentons  aujourd’hui  un  homme  atteint  d’une  tumeur  pitui¬ 
taire,  chez  lequel  l’application  des  rayons  pénétrants  a  produit  une 
telle  transformation  qu’il  a  pu  reprendre  son  pénible  métier  de  vigneron. 

Voici  les  détails  de  l’observation  ;  * 

f.e  malade  est  un  homme  de  39  ans,  vigneron  en  Champagne.  II  se  présente  à  nous 
pour  la  première  fois  le  17  janvier  1924.  Il  se  plaint  d’une  céphalée  très  vive,  d’une 
haisse  de  la  vision  d’une  fatigue  générale  qui  l’empêche  de  travailler.  Ces  phénomènes, 
joints  ù  son  faciès  acromégalique,  font  immédiatement  penser  à  une  tumeur  de  l’hypo- 
Physe. 

Le  début  de  la  maladi’e  paraît  remonter  à  cinq  ans  environ  (1919).  A  cette  époque,  il 
aurait  commencé  à  souffrir  d’une  façon  assez  continue  de  la  tête  et  du  cou.  '  Peii 
après,  il  s’est  aperçu  que  ses  mains  grossissaient.  En  1923,  une  certaine  baisse  de  la 
Tue,  des  vertiges,  se  sont  ajoutés  é  ces  maux. 

klal  au  17  janvier  1924.  — ■  L’acromégalie  est  le  symptôme  qui  frappe  dès  l’abord, 
a,  nous  l’avons  dit,  commencé  à  attirer  l’attention  entre  les  années  1919  et  1923. 
^  ce  moment,  il  ressentit  des  élancements  dans  les  deux  membres  supérieurs,  de  l’en- 
iïourdissement  dans  les  mains,  en  même  temps  qu’il  constatait  qu’elles  augmentaient 
de  volume,  devenaient  raides  et  maladroites.  Dans  le  même  temps,  les  mêmes  phéno¬ 
mènes  se  passaient  au  niveau  des  pieds,  tandis  que  la  tête  et  surtout  la  face  s’hyper- 
•rophiaient.  Cependant  sa  femme  affirme  qu’avant  '  la  guerre,  il  présentait  déjà 
plus  qu’ébauchées,  nettement  marquées,  toutes  les  déformations  dont  nous  par- 
lans  ;  elle  l’a  toujours  connu  avec  de  grosses  mains,  des  bosses  frontales  développées 
ct,une  mâchoire  inférieure  un  peu  saillante.  , 

Au  moment  où  nous  examinons  le  malade,  la  face  est  tout  â  fait  caractéristique. 
Les  bosses  frontales  sont  fortement  marquées  et  proéminentes.  Le  nez  est  gros,  épaté. 
Les  angles  des  mâchoires  sont  fortement  accusés,  le  menton  fortement  saillant. 

La  langue  est  épaisse,  large,  beaucoup  plus  volumineuse  que  normalement.  Les 
m.iins  sont  augmentées  de  volume  et  sont  plus  épaisses,  plus  larges  que  normalement, 
ce  sont  de  véritables  battoirs  ;  il  nous  dit  que  la  largeur  de  ses  gants  qui  était  de  9  cm. 
au  moment  de  son  mariage  est  maintenant  de  11  cm.  ;  elles  sont  raides,  malhabiles. 
Les  pieds  présentent  une  hypertrophie  de  même  aspect.  La  taille  du  malade  s’est  elle- 
uiôme  un  peu  modilléeiolle  était  de  1  rn.  fd  au  moment  de  son  service  mili.taire  ;  elle 
est  augmentée  de  un  centimètre  à  l’heure  actuelle  ;  le  malade  nous  a  fait  cette  dé¬ 
claration  spontanément,  car  le  phénomène  l’étonnait  beaucoup.  Il  existe  un  certain 
degré  de  scoliose  de  la  colonne  verlébrale,  sans  cyphose  marquée  ;  notons  cependant  que 


102 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


1(^  dos  est  arrondi,  que  Je  slocnum  est  un  peu-saillant  à  sa  partie  inférieure  et  que  In 
base  du  thorax  est  élargie.  L’extiémité  des  clavicules  est  plus  grosse  que  normalement. 

Le  malade  soulTr<'.  de  la  tête  d’nne  façon  presque  continue,  la  céphalée  est  augmentée 
pur  les  efforts,  par  l’exposition  au  froid  ;  elle  siilTirait  à  l’empêcher  de  travailler  ;  elle 
.s’accompagne  d’une  sensation  ihi  tension  douloureuse  du  cou  très  pénible. 

Itexiste  des  vertiges.  Spontanément,  le  malade  nous  dit  qu’il  a  une  tendance  à  tomber 
du  côté  droit.  I.a  recherche  du  vertige  voltaïciue  montre  qu’il  existe  une  inclinaison 
et  rotation  unilatérale  droite  :  [  à  droite  =  rotation  et  inclinaison,  +  à  gau  ,he  = 
ni  rotation  ni  inclinaison.  On  note  encore  des  bourdonnements  dans  l’oreille  gauche, 
un  certain  degré  de  surdité  du  même  côté. 

A  ces  phénomènes  s’ajout(uit  des  troubh^s  de  la  vue.  La  vue  a  commencé  à  baisser 
en  mai  1923,  et  c’est  ce  qiu  l’a  décidé  à  consulter. 

Examen  oculaire.  —  I.a  motilité  oculaire  externe  est  normale.  Los  pupilles  réagissent 
à  la  lumière  ('t  à  raceommodation. 


Fond  d’œil  ; 

©.  G.  papille  un  peu  trouble  ; 

O.  D.  papille  très  trouble,  étalée,  proéminente. 

Acuité  visiHîllo  : 

O.  D.  10  /10  sans  Æorroctîon. 

O.  G.  4/afO  avec  —  2  —  (.1,50)  vertical. 

Champ  visuel  ; 

Normal  pour  le  blanc  ; 

Trouble  [)ouv  les  couleurs  : 

Houge  :  en  dehors,  normal  ’O.  D.  O.  G. 

—  en  dedans,  rétréci  O.  I>.  20“  0.  G.  15°, 

Vert  :  en  dèhM's  O.  G.  20». 

—  en  dedans  ü.  G.  point  de  fixation.  ( 

Examen  radiographiiiue.  —  Nous  avons  noté  4 épi  l’épaississemenit  dos  os  du  eràne, 
l’élargissement  dos  sinus  frontaux  :  nous  n’yTCVienflrons  pas.  La  selle  turoigueiest  île 
dimensions  normales.  Los  apophyses  clinoïdes  antériouros  et  poatérieures  sont  nette- 
meiit  marquées  sur  le  cliché  et  ne  sont  pas  séparées  l’une  do  l’autre  par  un  intervalle 
supéiriouT  à  2  mm.  ;  le  diamètre  sagittal  de  la  fosse  n’est  pas  supérieur  li  8  mm. 

Pas  do  modification  des  réflexes  tendineux  et  cutanés. 

.Aucun  autre  signe  de  la  série  liypophysaire.  Pas  de  diabète.  Pas  de  polyurie,  d'as 
de  modification  dos  organes  génitaux  et  dos  poils. 

Immédiatement  le  malade  est  soumis  à  la  radiothérapie  pénétrante.  Il  y  aura  plu- 
fiours  séries  d’application  iusiiu’en  Mrifi  ;  nous  les  firécisiTons  plus  loin. 


SÉANCE  DU  1”  JUILLET  .1926 


103 


Dès  le  mois  de  juin  1924,  il  existe  une  amélioration  très  nette  de  la  vision  : 
li  juin  1924.  Elal  des  ijeux. 

Amélioration  oplitalmoscopic[U(!  : 

O.  D.  papille  beaucoup  moins  étalée  et  proéminente. 

O.  G.  papille  presipio  normale. 

Champ  visuel  :  très  grande  récupération  pour  le  rouge  :  50“  externe,  30“  interne  O.  D. 
O.  G.  au  lieu  de  30“  et  20“. 

Pour  le  vert,  amélioration,  mais  moins  étendue. 

Acuité  visuelle  :  O.  D.  10/10  ;  O,  G.  7/10. 

II  juin  1925.  —  Etal  des  ijeitx. 

Acuité  visuelle  O.  n.  G.  sans  variation.  O.  D.  10/10  ;  O.  G.  7/10. 

Champ  visuel  sans  variation. 

Fond  d’mü  : 


Papilles,  surtout  à  droite,  un  peu  effacées,  pâles,  mais  bords  n('ts  (aspect  ordinaire  de 
la  papille  après  l’œdème  papillaire). 

24  juin  1926.  — •  AcLu(dh!me.nt  les  phénomènes  les  plus  gênants  que  présentait  cet 
homme  ont  disparu  :  symptômes  d’hypertension,  troubles  oculaires  sont  nuis  ou  pres¬ 
que  nuis.  L’acromégalie  même  est,  semble-t-il,  en  voie  de  régression.  Il  n’existe  plus 
de  céphalée,  plus  de  tension  de  la  nuque.  Le  malade  ne  se  plaint  plus  do  vertiges. 
L’acuité  visuelle,  le  champ  visuel,  l’état  des  papilles  sont  tout  proches  de  la  normale. 
Voici  d’ailleurs  les  détails  do  l’examen  oculaire  : 

Pupilles  égales  et  réagissant  bien,  légèrement  irrégulières. 

Motilité  des  globes  normale,  mais  dans  les  positions  extrêmes  droite  et  gauche  il  y 
U  un  nystagmus  rotatoire  gauche  à  secousses  rapides. 

Fond  d’ccil  : 

O.  D;  papille  rosée,  à  bords  un  peu  élargis  et  flous,  sans  excavation  physiologique,  en¬ 
tourée  d’un  petit  halo  gris  ;  les  veines  sont  dilatées,  mais  non  tortueuses  ;  il  n’y  a  pas 
de  surélévation  actuelle  de  la  |)apille,  pas  d(^  couiles  des  vaisseaux. 

O..  G.  papille  môme  aspect  mais  un  peu  moins  marqué. 

Acuité  visuelle  ;  O.  D.  .10/10  ;  O.  G.  9/10. 

Champ  visuel  normal  pour  le  blanc  et  les  couleurs,  sauf  encoche  en  haut  tenant  à  la 
saillie  des  sinus  frontaux. 

Au  dire  du  malade,  môme  les  déformations  de  la  face,  des  mains,  des  pieds,  sont  moin¬ 
dres  qu’elles  n’étaient  autrefois.  Les  mains  particulièrement  auraient  diminué  de  volume; 
ailes  seraient  moins  larges,  moins  épaisses,  en  tous  cas  beaucoup  plus  souples  et  plus 
roaniabliw.  Même  les  bosses  frontales  et  le  nez,  si  l’on  en  croit  sa  femme,  se  seraient 
atténués  dans  une  certaine  mesure 

L’état  général  s’est  grandement  amélioré.  Les 'forces  sont  revenues.  Cet ’homme,  au¬ 
trefois  un  très  grand  malaile,  qui  avait  dû  cesser  toute  oocupatian,  a  repris  son  métier 
(il  est  vigneron  et  travaille  toute  la  journée).  Rien  ne  saurait  mieux  montrer,  à  notre 
®^is,  la  transformation  qui  s’est  produite  sous  l’influence  des  rayons  X  et  qui  persiste 
depuis  maintenant  bientôt  un  an. 

Tmilemcnl  radiulhérapii/ue.  - —  Du  .9  février  1924  au  39  juillet  1925,  île  malade  a  reçu, 
fin  trois  séries,  environ  25.000  R.  Voici  les  détails  -de  l’application  : 

1'  série  :  9  février  27  mai  1924. 


9  février 

1924 

Région  temporale  gauche 

16  février 

19‘24 

—  — •  droite 

‘23  février 

19‘24 

— ■  frontale  de  face 

15  mars 

1924 

—  temporale  gauche 

‘22  mars 

1924 

—  —  droite 

29  nrars 

19‘24 

—  frontale  de  face 

29  avril 

1924 

—  temporale  gaucho 

6  mai 

1924  • 

—  —  droite 

27  mai 

19‘24 

—  frontale  do  face 

(Réglage  donnant  les  1.000  R  on  53  minutes). 


40  miniutes 
40  — 

40  — 

1  heure 


heure 

Environ  9.000  R. 


104 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


■4®  série  :  25  septcmbro-îO  novembre  IÎI24. 


25  septembre  1924 
3  octobre  1924 
l'O  octobre  1924 
17  octobre  1924 
25  octobre  1924 
14  novembre  1924 
20  novembre  1924 
29  novembre  1924 


Région  temporale  droite  12  minutes  1.000  R 


—  gauche  13  —  1.000  R 

—  droite  500  R 

—  gauche  20  —  1.500  H 

—  droite  20  —  1.500  R 

-  occipitale  10  —  750  R 

—  -  10  —  750  R 

—  --  10  —  750  R 


7.750  R 

EE  40,  Filtre  0,8  Cu  ■-  2  Al,  Champ  à  la  peau  d».  Intensité  4,5,  Distance  focale,  30. 


3'  série  du  10  juillet  au  30  Juillet  192o. 

10  Juillet  1925  Région  temporale  droite  12  minutes  1.000  R 


13  Juillet  1925  ^ 

gauche  13  — 

1.000  R 

15  Juillet  1925  - 

—  droite  12  — 

1.000  R 

17  Juillet  1925  . 

—  gauche  20  — 

1.500  R 

22  Juillet  1925  — 

—  droite  20  — 

1.500  R 

24  Juillet  1925  — 

occipitale  10  — 

750  R 

28  Juillet  1925  -- 

-  10  — 

750  R 

30  Juillet  1925  — 

—  10  — 

750  R 

8250  R 


EE  Ampoule  40,  FiltreO,8Cu  +2A1.  Champ  à  la  peau 'h.  Intensité  4,5,  Distance  fo¬ 
cale  30. 

Le  traitement  radiothérapique,  particulièrement  au  cours  de  la  seconde  série  d’aj - 
plications,  a  été  suivi  de  fortes  réactions.  Le  malade  a  été  obligé  de  s’aliter.  Les  troubles 
ont  consisté  en  céphalée,  vertiges,  vomissements.  Il  est  même  survenu  une  toux  quin¬ 
teuse  se  produisant  surtout  au  cours  d’un  repas  ou  en  buvant  et  que  n’explique  au¬ 
cune  altération  laryngée  périphérique. 


Tumeur  de  l’angle  ponto-cérébelleux.  —  Opérations  de  Cushing 

par  la  méthode  de  Th.  de  Martel,  par  MM.  Clovis  Vincent  et 

D.  DÉNi'iCHAu,  d’Angers. 

La  malade  que  nous  présentons  a  été  opérée  il  y  a  un  mois  d’une  tu¬ 
meur  de  l’angle  ponto-cérébelleux.  Il  ne  s'agissait  pas  d’une  tumeur  du 
nerf  acoustique,  mais  sans  doute  d’une  tumeur  cérébelleuse  à  évolution 
vers  l’angle.  Cette  tumeur  n’était  pas  un  gliome,  mais  vraisemblablement 
une  cbolestéatome.  Elle  s’est  accompagnée  d’une  paralysie  faciale  très 
prononcée  et  de  troubles  mentaux. 

Histoire  de  lu  maUtdie. 

VahmLine  Th...,  33  ans.  Rien  à  signaler  dans  son  enfance.  La  maladie  actuelle  aurait 
débuté  en  1915  par  de  la  céphalée  et  une  démarche  ébrieuse,  sans  vomissement  i.i 
trouble  sensitif;  puis  la  paralysie  faciale  gauche  survint  et  s’accentua.  Cependant 
la  malade  pouvait  continuer  à  marcher  et  à  travailler.  Depuis  novembre  1925, 
les  troubh's  de  l'équilibre  s’accentuèrent,  rendant  toute  marche  et  toute  occupation 
impossibles. 

Etal  actuel  (avril-mai  192(1).  —  Dès  l’abord,  on  se  rend  com[(te  que  l’état  mental  de 
la  malade  est  très  Iroublé,  et  cela  contrib.iera  à  rendre  certaines  explorations  dilllciles 


SÉANCE  DU  l"  JUILLET  192G 


io:> 

oa  impossibles.  Pendant  l’examen,  elle  parle  sans  arrêt  et  sans  qu’il  lui  ait  été  posé  de 
question.  Elle  suit  ses  idées.  Particulièrement,  elle  répète  d’une  façon  incessante  qu’elle 
veut  retourner  immédiatement  chez  elle.  On  a  beau  lui  expliquer  qu’elle  est  venue  à 
Paris  pour  y  être  soignée,  qu’elle  s’en  ira  bientôt  ;  rien  n’y  fait  ;  elle  continue  et  sur  ce 
thjme  elle  en  brode  d’autres.  On  dirait  un  enfant  sauvage  dont  on  ne 'peut  toucher  la 
raison.  Sa  mémoire  est  conservée. 

L’examen  décèle  principalement  chez  cette  malade  : 

Oes  troubles  oculaires  ; 

Des  troubles  dans  le  domaine  do  la  VIII®  paire  et  des  nerfs  crâniens  voisins  ; 

Des  troubles  cérébelleux. 

1°  Troubles  oculaires.  —  Exophtalmie  à  gauche  surtout.  Anesthésie  cornéenne  presque 
complète  à  gauche,  moins  marquée  à  droite.  Mouvements  de  latéralité  très  diminués  à 
gauche  ;  se  font  mieux  à  droite,  sans  être  normaux.  . 

Secousses  nystagmiques  à  grandes  oscillations,  lentes,  plus  manifestes  dans  le  regard 
a  droite  que  dans  le  regard  à  gauche,  plus  rapides  dans  les  mouvements  d’élévation. 

Légère  infection  périkératique  de  l’œil  gauche,  imputable  au  défaut  d’occlusion 
des  paupières. 

Pupilles  égales.  Réflexes  photomoteurs  normaux. 

Fond  d’œil.  Papille  gauche  :  type  d’atrophie  postœdémateuse.  Il  existe 
encore  un  peu  d’œdème.  Papille  droite  :  stase  papillaire  avec  début  d’atrophie 
Optique.  Il  semble  exister  encore  une  certaine  hypertension  céphalo-rachidienne. 

V.  O.  D.  =  4/10.  • 

V.  O.  G.  =  voit  les  mouvements  de  la  main. 

Champ  visuel  assez  bon  O.  D. 

2"  Troubles  dans  le  domaine  de  la  VIID  paire  el  des  nerfs  crâniens  voisins. 

Paralysie  faciale  périphérique  gauche  avec  perte  du  tonus,  des  mouvements  volon¬ 
taires  ;  absence  d’occlusirfn  des  paupières  ;  signe  de  Ch.  Bell  et  du  peaucier  ;  abolition 
de  la  contractilité  faradique. 

Troubles  dans  le  domaine  de  la  V®  paire.  On  ne  peut  savoir  s’il  a  existé  ou  non  des 
douleurs  faciales.  Actuellement,  le  réflexe  cornéen  gauche  est  à  peu  près  aboli.  Le  mas- 
seter  gauche  est  paralysé  ;  la  malade  dit  d’ailleurs  qu’elle  mastique  moins  fort  de  ce 

côté. 

Troubles  dans  le  domaine  de  la  VIII®  paire.  Ils  portent  sur  l’appareil  cochléaire  et 
Pappareil  vestibulairc. 

Troubles  cochléaires.  Si  l’on  ne  faisait  un  examen  systématique  des  deux  oreilles,  la 
surdité  pourrait  passer  inaperçue.  En  effet,  la  malade,  interrogée  sur  ce  point,  alïirme 
ne  percevoir  ni  bourdonnement,  ni  sifflement  dans  l’une  ou  l’autre  oreille  ;  elle  dit 
Lien  entendre.  Cependant,  l’examen  montre  une  abolition  complète  de  l’ouïe  du  côté 
gauche.  L’état  mental  de  la  malade  est  trop  troublé  pour  qu’il  soit  tenu  compte  des 
détails.  Mais  en  annulant  l’audition  à  droite  avec  l’assourdisseur  de  Barani,  la  malade 
cesse  d’entendre  même  la  voix  criée  du  côté  gauche.  ■ 

Les  épreuves  vestibulaires,  statiques,  ne  sont  pas  praticables  ici. 

L’épreuve  calorique  de  Barani  montre  le  labyrinthe  incxcitable  à  gauche  :  l’irriga- 
iion  froide,  même  prolongée,  ne  détermine  ni  vertige,  ni  nystagmus.  Le  vertige  calorique 
est  normal  à  droite. 

3»  Troubles  cérébelleux.  —  La  malade  pl'ésente  de  très  gros  troubles  cérébelleux.  Ils 
frappent  dès  l’abord. 

La  malade  ne  se  maintient  guère  debout  que  si  scs  mains  s’accrochent  aux  choses 
voisines.  Cependant,  si  on  l’aide  à  trouver  une  position  d’équilibre,  elle  peut  garder  sans 
f’aide  des  membres  supérieurs  l’attitude  verticale;  elle  n’oscille  même  pas.  Si  alors  on 
Il  pousse  même  légèrement,  elle  est  incapable  de  se  rattraper.  Les  grands  mouvements 
désordonnés  que  font  alors  les  bras  rendent  la  chute  plus  maladroite. 

Elle  ne  peut  marcher  sans  s’appuyer  ou  s’accrocher.  Elle  porte  en  avant,  d’une  façon 
démesurée,  l’un  des  membres  inférieurs,  tandis  que  ia  partie  supérieure  du  tronc  reste 
en  arrière.  Elle  tomberait  si  ù  ce  moment  on  ne  la  tenait.  Cette  asynergie  entre  les 
mouvements  du  membre  inférieur  et  du  tronc  est  surtout  marquée  ù  gauche. 


106 


SOCIl'rni  DK  NEUROLOGIE 


Lo  motnhni  siipnriiiiir  tiL  l(^  incmbi'c  ifrférioiir  gauchos  présentent  des  troubles  consi¬ 
dérables  d(!s  fonctions  cérébelleuses.  On  observe  treinbliunent,  adiadococinésie,  dys- 
métric,  asyrusrgii^  Aucun  de  ces  phénoiuèues  n'auginentc  dans  l’occlusion  des  paupièris. 

A  noter  ((ue  dans  le,  geste  de  porter  l’index  au  nez,  h^  doigt  dévie  toujours  du  côté 
gauche. 

.ônx  membres  snpéritoir  et  inréri(‘nr  droits,  on  note,  h^s  mêmes  phénomènes  (pi’à 
gauche  ;  ils  sont  moins  accusés,  mais  certains. 

La  force  segmetd.aire  de,s  (piatre  membres  (st  bonne.  L(!S  réflexes  tondin(mx  non  poly- 
cinétiqiies.  l’as  de,  elonus.  Héflexe  cutané  plantaire  en  extension  des  2  côtés. 

Les  sensibilités  tlii'rmicpie,  tactile,  |)rofon<le,  ne  sont  pus  troul)lées,  au  moins  gros¬ 
sièrement. 

Inli'riH'iiliiin  le  15  mai  1926.  —  Opération  de  Oiishing.  Position  ass'ise  ;  aneslhésin 
locale,.  Ouverture  des  d(mx  loges  cérébelleuses  et  section  de  la  faux  du  cervelet 
(l’ette.  fa(;on  dc^  fainî  permet  l’ex|)loralion  facile  des  deux  angles.) 

fin  trouve  dans  l’angle  ponto-cérébclleux  gauclie  une  tumeur  très  différente  di‘S 
tumeurs  du  nerf  aconslhpie.  O'mt  vjue  mass(^  blanchig  grosse  comme  une  i)etite  noix, 
ilévelo[)pée  en  haut  à  l’intérieur  du  lobe  gauche!  du  cervelet  et  non  en  suivant  la 
VI  IP’  paire.  L(!  conduit  auditif  interne  est  libre  de  toute  néoformation.  Morcelée  à  la 
curette,  elle,  apparaît  eomme.  complètement  avasculaire,  ;  elle  ne  saigne  pas.  Les  frag¬ 
ments  retires,  blanc  mat,  ont  l’aspect  et  la  consistance  du  chou-fleur  cuit  ;  ils  donnent 
I  impression  d  etre  un  peu  onctueux.  On  vide  presque  tout  le  lobe  gauche  du  cervelet. 

La  masso  retirée  est  le  volume  d’une  |)elite  mandarine. 

.Suites  opératoires  simples,  et  un  bout  de  ipiin/.e  Jours  la  malade  peut  se  lever. 

Vers  le  vingtième  |our,  il  se  produit,  dans  la  région  de  riiémis])hèrecerebetleux  evide. 
un  gros  kyste  cephalo-'racliidien  qui  soulève  la  peau.  On  le  vide  par  ponction.  Le  li¬ 
quide  contient  des  polynucléaires  intacts.  Le  kyste  se  reforme.  On  le  laisse  se,  résorber 
lentement. 

Actiiellemeiit,  la  malade  est  deboiil.  On  ne  saurait  s’attendreà  une  très  grosse  ame¬ 
lioration  des  troubles  cérébelleux,  piiisipie.  l’ablation  de  la  tumeur  a  consisté  à  détruire 
une,  partie  de  l’ajipareil  oérébelleiix.  C.ependimt,  aux  dires  de  ceux  qui  n’ont  [las  vu 
la  malade  (Icftiiis  longtemps,  son  état  mental  s’est  amélioré. 

Ex  iw II  h’iliiliifiiqw  i/e.v  Irniimi-iils . 

L’examen  histologique  montre  ([u’il  s’agit  d'un  cholestéatonie. 


lin  fin  de  séance,  la  société  s’est  constituée  en  eomîté  secret  pour  lecture 
du  compte  rendu  linancier  et  moral  de  la  VH"  Réunion  neurologique  inter¬ 
nationale,  ainsi  que  de  la  liste  des  candidatures  adressées  pour  les  élec¬ 
tions  de  fin  d’année. 


Candidatures  nouvelles  aux  élections  de  iin  d’année. 

A.  —  Comme  membres  titulaires  : 

M.  SïitoHL,  comme  professeur  à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris; 
M.  Moukau  comme  médecin  des  hôpitaux  ;  M.  Monbuun,  comme  ophtal¬ 
mologiste  des  hôpitaux  ;  M.  Piivitmc  Matiiiicu,  présenté  par  MM., Piiuuik 
Mahih  et  Guillain  ;  M.  Pûui.sson,,  présenté  par  MM.  Guillain  et  Babon- 
Nt'iix  ;  M.  GiiiioT.'présenité  par  MM  Piicrue  IVIarik  et  Guillain  ;  M.  San- 
TiCNOiSK,  présenté  par  MM.  Glauuk  et  'I’inel. 


SÉANCE  nu  1”  .flIlLEET  I02fi  Ill7 

H.  —  Comme  membres  correspondants  nationaux  : 

M.  BouRniLLON((lc  Marseille), présenté  par  M.  Babinski  ;  M.  Rhboul- 
Lachaux  (de  Marseille),  présenté  par  MM.  Henbi  Roger  et  Orouzon  ; 
M.  Dénéchau  (d’Angers),  présenté  par  MM.  Ci.civis  Vincent  et  rk 
Martel. 


C.  —  Comme  membres  correspondants  étrangers  : 

M.  Conos  (de  Constantinople),  présenté  pa.r  M.  Crouzon  ;  M.  Mussio- 
Fournier,  présenté  par  MM.  Souques  et  Alajouanine  ;  M.  Avala  (de 
Rome),  présenté  par  MM.  Cuillain  et  Crouzon  ;  M.  Rodolphe-Lioy  (de 
Bruxelles),  présenté  par  MM.  Léri  et  Crouzon  ;  M.  Giacinto  Viola, 
présenté  par  MM.  Sicard  et  Néri  ;  M .  Agostini,  présenté  par  M.  Lai- 
®nel  Lavastine  ;  M.  de  Souza  (de  Rio  de  Janeiro),  présenté  par 
M"*'  Dejerine  et  M.  Faure-Beaulieu  ;  M.  Lugaro  (de  Turin),  pré¬ 
senté  par  MM.  André  Léri  et  Crouzon. 


SOCIÉTÉS 


Société  de  Psychiatrie 


Séance  du  24  juin  1926. 


Guérison  d'un  cas  de  psychose  de  Korsakoff. 

MM.  Lkvy-Valensi  ol  .Julien  Marie  présentent  un  cas  ileffuérison  du  syndrome  de 
Korsalvoff  et  se  demandent  si  ces  cas  sont  fréquents,  car  tous  les  cas  qu’ils  ont  observés 
ne  guérissaient  pas,  contrairement  à  l’opinion  classique  d’après  laquelle  cette  affec¬ 
tion  est  souvent  curable. 

Psychose  périodique  chez  une  hérédo-syphilitique.  Idées  obsédantes  au  cours 
d’un  accès  mélancolique. 

MM.  Laionel-Lavastine  et  Valence  présentent  une  malade  de  31  ans  qui  en  est  à' 
son  troisième  accès  de  dépression  mélancolique.  Un  des  accès,  au  cours  duquel  on 
avait  trouvé  le  Wassermann  sanguin  légèrement  positif,  avait  bénéficié  du  traitement 
antispécifique.  L’accès  actuej  est  caractérisé  par  l’importance  des  préoccupations 
obsédantes  à  thème  non  délirant  et  il  paraît  devoir  également  céder  au  traitement 
spécifique. 


Les  acides  aminés  urinaires  dans  l’épilepsie. 

M.  Haffin  établit  que,  dans  l’ensemble,  les  débits  journaliers  sont  normaux,  mois 
plus  forts  les  Jours  de  crises.  Les  variations  horaires  sont  plus  considérables  qu'à  l’état 
normal  et  il  se  fait  une  décharge  considérable  pendant  la  crise.  Ces' irrégularités  sont 
étroitement  liées  au  déséquilibre  acido-basique  et  aux  mouvements  de  l’eau. 

M.  Tinel  rappelle  que  les  variations  de  l’alcaloseà  l’hyperacidose se  font  avec  une 
grande  rajiidité,  l'alcalose  précédant  la  crise. 

M.  Laignel-Lavastine  insiste  sur  les  rapports  du  pll  et  de  l’élimination  de  l’eau. 

Les  vols  de  «  jouissance  momentanée  »  et  en  particulier  ceux  d’automobiles. 

M.  Ceillieh  propose  ce  nouveau  termepour  qualillerun  délit,  qui  devient  extrême¬ 
ment  fréquent,  et  qui  consiste  à  s’emparer  d’un  objet,  généralement  une  automobile, 
pour  en  jouir  pendant  quelques  heures,  puis  à  le  restituer  ou,  [ilus  souvent  à  l’aban- 
ilonuer.  Le  délit  s’observe  surtout  ch(^/.  des  jmines  gens  de  la  classe  aisée,  qui  ne  sont 
pas  nécessairement  des  pervers,  mais  des  déséquilibrés  dont  l’instabilité  et  l’inadap- 
tabilité  sociale  se  manifestent  successivement  au  collège,  nu  régiment  et  dans  la  vie 


SOCIÉTÉS 

Présentation  de  malade.  Accidents  pithiatiques. 


109 


•'IM.  üuruoY  cl  ’l'iNEL  présentent uiuî  malaüoqui  avaiteu  il  y  aquatre  ans  iJosac- 
ciilents  i)itliialiqucs,  à  la  suite  iriine  émotion  et  qui  avait  été  guérie  par  persuasion. 
De  nouveau,  après  une  émotion,  cette  femme  a  présenté  des  mouvements  clioréi- 
formes  que,  les  auteurs  se  proposent  de  faire  disparaître  par  le  torpillage. 

M.  Meuver  sè  demande  si  les  mouvements  observés,  qui  sont  parfaitement  rytli- 
miqucs  ne  seraient  ims  plutôt  la  conséquence  d’une  encéphalite  épidémique  passée 
inaperçue. 

M.  Claude  se  demande  s’il  n’y  a  pas  des  états  purement  fonctionnels  des  noyaux  de 
ia  base  se  traduisant  par  des  symptômes  analogues  à  ceux  des  lésions  de  ces  noyaux, 
li  rappelle  des  cas  do  coexistence  d’encéphalite  et  d’hystérie  s’expliquant  peut-être 
par  un  dynamisme  fonctionnel.  D’ailleurs  on  connaît  des  améliorations  d’accidents 
Postcncéphalitiqiics  survenus  à  la  suite  d’un  torpillage  ou  d’une  émotion. 

M.  Dumas  rappelle  qu’il  n’y  a  pas  do  phénomène  plus  organique  que  l’émotion. 

Etude  d’un  cas  de  délire  hallucinatoire  avec  obsessions. 

MM.  Tarciowla,  Lamaciie  et  Lignières  donnent  l’observation  d’une  persécutée 
classique  avec  hallucinations  nombreuses  de  persécution  et  de  défense.  En  même  temps 
que  CCS  hallucinations,  se  mêlant  à  celles-ci,  elle  a  eu  des  obsessions  à  caractère  gé- 
uital.  Cette  observation  pose,  à  nouveau,  les  rapports  entre  l’obsession  et  le  délire. 

M.  Arnaud  faitremarquer  que  le  plus  souvent  l’obsession  est  primitive  et  précède 
lu  délire. 

M.  Cellier  rappelle  que,  dans  les  cas  où  l’obsession  se  transforme  en  hallucina- 
*-iun,  il  s’agit  presque  toujours  de  la  variété  dite  «  hallucination  psychique  ». 

André  Ceillier. 


Groupement  belge  d’études  oto-neuro-ophtalmologiques 
et  neuro-chirurgicales. 


Séance  du  23  juin  1926. 


Polynévrite  alcoolique  avec  phénomèiles  vestihulaires  et  cochléaires, 
par  G.  Camdrelin  et  G.  Hidguet. 

l'Cs  auteurs  présentent  l’étude  clinique  et  démontrent  les  troubles  vestilmlaircs  d’une 
uialade  atteinte  de  polynévrite  alcoolique  avec  perturbations  do  la  VIII®  paire.  .\près 
avoir  résumé  la  littérature  peu  nombreuse  d’ailleurs,  sur  les  névrites  alcooliques  de  la 
Vlli»  paire,  ils  insistent  sur  les  particularités  du  cas  nouveau  qu’ils  a|)portcnt,  le  qua¬ 
trième  actuellement  connu  :  atteinte  tardive  ilu  nerf  vestibulaire,  attcinti^  jilus  précoce 
nerf  auditif,  syndrome  d’hypoexcitahilité  labyrinthique  global,  rapidité  de  la  récu¬ 
pération  fonctionnelle  au  cours  du  sevrage.  Ce  mémoire  sera  publié  in  cxlenso  dans  le 
Journal  du  Neurologie. 


:ii-:ri-:s 


1 


ANALYSES 


BIBLIOGRAPHIE 


Le  centième  anniversaire  de  la  naissance  de  Charcot,  par  Stefan  K.  Pienkowski. 

Neiirnloifie  Polmiaise,.  t.  8,  n"  3-t,  p.  189,  1925. 

Cet  article  consacré  à  la  mémoire  de  Gharcot  résume  sa  vie  et  ses  œuvres,  et  montre 
qoelle  a  été  l’influence  du  créateur  de  la  neurolo"ie  moderne  sur  le  développement 
iJes  sciences  médicales. 

L’auteur  s’efforce  do  faire  saisir  les  caractères  distinctifs  (ie  l’esprit  du  maître,  son 
lalcnt  intuitif,  sa  manière  ,syntliéti(pie.  d(!  penser,  ses  élans  artisti(iues  ;  l’équilibiai 
harmonieux  dos  hautes  qualités  individuelles  du  Fondateur  de  l’Ecole  de  la  SalpCdrière, 
animateur  de  plusieurs  générations  de  savants,  assure  l’immortalité  do  son  nom. 

E.  F. 


Haadbuch  der  Neurologie  des  Ohres,  publié:  sous  la  direction  tlu  pr  G.  Alexandeu 
et  du  P''  O.  MAnnuno,  volume  III,  Urban  et  Hcliwarzenberg,  1926. 

J’ai  déjà  analysé  dans  la  Jieme  neurologique  les  premiers  volumes  'de  cet  impor¬ 
tant  Traité  de  Neurologie  de  l’or(ùllc.  Dans  le  tome  ipii  vient  de  paraître,  le  P'  Mar- 
bhrg  a  longuement  étudié  les  tumeurs  de  l’angle  poid,o-cérébi91eux,  du  cervelet,  de 

protubérance,  des  tubercules  (piadiijnmeaux,  le  !"■  Denk  la  chirurgie  des  tumeurs 
cérébrales,  E.  Pollak  le  rôle  dé  l’appareil  vcstibulaiis'  dans  les  dyskinésies  et  li‘S 
Jystonies,  Une  grande,  partie  de  l’ouvrage  est  consacrée  aux  troubles  auriculaires  dans 
les  névnjses  et  les  psychoses,  à  l’infliumce  sin- l’appareil  cocliléo-vestihiilaire  dî-s  affec- 
tioiikS  (U', s  glandes  à  sécrétion  intente. 

Le  traité  de  Ntuirolôgie  de  l’oreille  dtr  P'  G.  Alexander  et  du  Pro.  Marburg,  dont 
tes  différents  chapitres  sont  rédigés  par  des  spécialistes  d’uiut  grande  compétence, 
comble  une  lacune  dans  la  littératun!  neurologique  ;  il  rendra  incontestablement  de 
t-rès  réels  ser\ices  aux  nourologistt^s  et  aux  otologistes.  J’exprimerai  au  sujet  de  cet' 
cuvrage  un  .seul' regret,  cidm  de  constater  que  de  nombreux  collaborateurs  no  mention- 
nent  qu’avec  uno' extrême  parcimonie  la  littérature  fran(;aise  et  anglaise  ;  il  me  semble 
'lao  de  tels  traités,  d’une  haute  portée  scientillque,  devrai(înt  avoir  toujours  des 
références  bibliographiques  intwnationalos  oonqjlètes., 

Geouues  Guileain. 

Syndromes  des  nerfs  de  la  queue  de  cheval,  par  J.-N.  PÉaoN,  I  hèsedc  Paris,  1926. 

A.  lu'grand,  éditeur. 

Üepuis  la  thèse  de  Dufour  en  1896,. il  n’existe  guèreen FDancodetravauxd’cnscmble, 
concernant  les  syndromes  des  nerfs  de  la  queue;  de  chevali:  la  pathologie  de  guerre  a 


11-2 


ANAL  y  S  ns 


montré  la  fréquence!  des  blessures  do  la  réf'ion,  et  a  permis  d’en  jjréciser  les  carac¬ 
tères  et  le  pronostic.  Dans  un  travail  d’ensemble,  Péron  reprend  à  l’aide  des  préci¬ 
sions  fournies  par  une  sémiologie  nerveuse  précise  l’étude  dos  divers  syndromes  pa¬ 
thologiques  liés  à  la  dédciencc  des  racines  lombaires  et  sacrées.  Les  renseignements 
fournis  par  la  ponction  lombaire,  par  la  radiographie  simple  ou  associée  au  lipiodol, 
sont  largement  utilisés  actuellement,  pour  affirmer  l’existence  d’une  tumeur,  d’une 
syphilis,  d’une  réaction  inflammatoire  radiculaire. 

S’appuyant  sur  une  classification  étiologique,  l’auteur  insiste  d’abord  surles  syn¬ 
dromes  traumatiques  do  la  i)ralique  civile,  liés  à  une  fracture  du  rachis  lombaire  ou 
du  sacrum  :  ils  présentent  du  reste  une  évolution  régressive  d’un  pronostic  relative¬ 
ment  bon. 

Les  tumeurs  de  la  queue  de  cheval  sont  peu  fréquentes,  ou  du  moins  paraissent 
souvent  méconnues  :  l’épisode  radiculaire  initial  engendre  un  syndrome  douloureux 
tout  à  fait  caractéristique  souvent  méconnu  :  les  malades  incriminent  une  sciatique 
ou  des  douleurs  pelviennes  qui  les  mènent  souvent  à  consulter  le  chirurgien  et  l’uro- 
1  ogue. 

Le  caractère  des  douleurs,  l’abolition  précoce  des  réflexes  achilléons,  les  troubles 
sphinctériens  doivent  amener  les  médecins  à  faire  systématiquement  la  ponction  lom¬ 
baire  :  celle-ci  donne  toujours  une  réponse  anormale  :  le  liquide  est  souvent  jaune  et 
peut  coaguler  spontanément.  Quand  la  tumeur  obstrue  le  cul-de-sac  arachnoïdien,  la 
ponction  est  blanche. 

L’arrêt  du  lipiodol  permet  de  préciser  le  siège  de  la  tumeur  et  d’envoyer  avec  cer¬ 
titude  la  malade  au  chirurgien.  Les  résultats  opératoires,  envisagés  d’après  les  sta¬ 
tistiques  surtout  étrangères  dépendent  surtout  du  volume  de  la  tumeur  et  des  posd- 
bilités  d’extirpation. 

La  syphilis  spinale  inférieure  se  caractérise  par  l’atteinte  simultanée  de  plusieurs 
racines  et  par  l’intensité  très  anormale  des  réactions  biologiques  ;  elle  cède  remar¬ 
quablement  au  traitement  spécifique. 

Dans  divers  chapitres  sont  envisagés  les  syndromes  de  la  queue  de  cheval  que  réa¬ 
lisent  le  mal  do  Pott  lombo-sacré,  le  cancer  vertébral  secondaire,  le  rhumatisme  chro¬ 
nique  ostéophytique. 

Enfin  l’élude  dos  réactions  méningés  localisées  ;  arachnoïditc,  kyste  méningé,  cons¬ 
titue  un  chapitre  nouveau  qui  a  particulièrement  bénéficié  do  l’épreuve  du  lipiodol. 

Un  chapitre  de  diagnostic  et  de  traitement  complète  cette  étude  minutieuse  et  docu¬ 
mentée.  qui  s’appuie  sur  de  nombreuses  observations  personnelles  prises  dans  le 
service  du  Professeur  Guillain  à  la  clinique  des  maladies  du  système  nerveux  do  l’hos¬ 
pice  de  la  Salpétrière  et  s’agrémente  d’une  belle  iconographie  en  particulier  radiogra¬ 
phique.  ■  André  Thévenard. 


Nervous  and  mental  disorders  from  birth through  adolescence,  par  Sachs  et 
IIausman.  Paul  lloeber,  édit.,  New-York,  1926.  1  volume  do  861  pages  avec  110 
illustrations  dont  3  planches  hors  t(!xte  (une  en  couleurs). 

Il  ne  s’agit  pas  ici  d’une  nouvelle  édition  du  traité  des  maladies  nerveuses  des  en¬ 
fants,  doSachs,  dont  la  deuxième  édition  a  étépubliée  en  1905.  C’est  un  nouveau  livre 
publié  avec  la  collaboration  de  Louis  IIausman,  dans  lequel  une  nouvelle  division  a 
été  adoptée;  dans  lequel  différents  chapitres  ont  été  profondément  modifiés  par  les 
acquisitions  nouvelles,  et  les  auteurs  y  ont  exposé  leurs  vues  personnelles. 

La  première  partie  contient  la  structure  du  système  nerveux  et  ses  rapports  avec 
les  fonctions  et  les  méthodes  d’examen  ;  il  est  dû  spécialement  au  D.  IIausman. 


AN  AI.  YSIiS 


113 


Puis  vinnnont,  les  (Inscriptions  dos  maladies  du  nouveau-n6,  dt>  la  paralysie  spinale 
infantiln,  de  la  paralysie  c6r6brale  infantile,  de  l’hydrocéphalie,  des  méningites,  de  la 
syphilis  nerveuse,  dos  atrophies  musculaires  progressives,  de  la  sclérose  en  plaques,  des 
tumeurs,  abcès,  etc.  Le  lecteur  trouvera  dans  ce  remarquable  traité  l’exposé  des  affec¬ 
tions  héréditaires  etfamiliales(Kriedreich,hérédo-ataxic  cérébelleuse,  maladiede  Little. 
maladie  de  Tay-Sachs,  encéphalite  périaxile  diffuse  de  Schilder,  aplasie  axiale  extra¬ 
corticale  de  Peliz.aeus-Mcrzbacher).  Il  trouvera  également  une  description  complète 
‘les  maladies  dues  à  des  troubles  du  développement  du  système  nerveux  central,  un 
chapitre  très  important  sur  les  troubles  endocriniens,  les  troubles  vaso-moteurs  et 
les  trophonévroses,  etc. 

Knlin  la  cinquième  partie  du  livre  qui,  a  trait  aux  troubles  mentaux  commence  par 
un  chapitré  traité  par  Sachs  lui-même  sur  l’enfant  normal,  le  jeune-  homme  normal, 
son  développement  et  son  éducation  :  il  suit  l’enfant  dans' son  développement  psycho¬ 
logique  pendant  l’allaitement  et  de  la  période  préscolaire,  à  l’école,  à  la  puberté  et  à 
l’adolescence  et  montre  à  ce  propos  les  dangers  de  la  psychanalyse. 

11  est  impossible  dans  un  compte  rendu  succinct  de  montrer  l’abondance  de  la  docu¬ 
mentation  de  ce  bel  ouvrage.  L’énumération  rapide  qui  a  été  faite  ci-dessus,  la  compé¬ 
tence  et  l’expérience  de  Sachs  sur  ces  matières  permettront  cependant  de  se  rendre 
compte  qu’il  s’agit  là  d’une  étude  sur  les  maladies  nerveuses  des  enfants  auquel  nul 
autre  ouvrage  ne  peut  être  comparé  à  l’heure  actuelle  et  auquel  devront  se  reporter 
couramment  les  neurologistes  et  les  pédiatres.  O.  Crouzon. 


^sychopathologie  sociale.  Education.  Service  militaire.  Assistance,  par  Henri 
Damaye.  Félix  Alcan,  éditeur,  Paris,  1920. 

L’auteur  a  étudié  en  psychiatre  les  grands  problèmes  sociaux  et  en  particulier  l’es- 
Prit  et  l’organisation  des  collectivités  qui  exercent  une  influence  prépondérante  ou 
décisive  sur  la  mentalité  de  l’individu,  ainsi  que  les  principales  puissances  qui  façonnent 
ou  orientent  l’homme  :  l’école,  la  religion,  le  service  militaire. 

Il  montre  comment  la  sociologie  peut  être  éclairée  par  la  neuropsychiatrie  et  com- 
t’ien  les  horizons  peuvent  être  élargis  de  ce  fait  dans  le  domaine  de  l’hygiène,  de  la  pro¬ 
phylaxie  et  de  l’assistance.  La  diversité  des  sujets  traités  en  rend  difOcile  une  ana¬ 
lyse  succincte  ;  on  ne  jugera  par  quelques-uns  des  titres  des  chapitres  :  les  tares  mentales 
causes  du  paupérisme,  concours  do  mémoire  et  stérilisation  intellectuelle,  lacunes  et 
erreurs  de  l’enseignement  secondaire  à  l’école  unique,  l’école  confessionnelle,  le  catho¬ 
licisme  et  les  besoins  religieux  do  notre  époque,  le  grade  dans  les  services  do  l’armée, 
comment  on  fait  naître  la  guerre,  devoirs  de  l’Etat  envers  les  soldats,  le  patriotisme  et 
ses  déviations,  situation  embryonnaire  des  asiles  d’aliénés,  les  malades  travailleurs 
lies  asiles  et  hôspic(is,  débilités  morales  et  thérapeutique,  la  peine  de  mort,  etc. 

L’auteur  s’efforce  de  mettre  en  évidimce  tout  ce  qui,  dans  la  société  moderne,  con¬ 
trario  la  conservation  de  la  famille  et  de  la  race,  après  avoir  compromis  plus  ou  moins 
Celle  de  l’individu  et  montre  tous  les  défauts  qui  portent  préjudice  à  l’ordre  social  et 
mènent  parfois  à  des  cataclysmes  comme  les  guerres  ou  les  révolutions. 

R. 


Psychologie  pathologique,  par  IL  Wallon.  Félix  Alcan,  Paris  1926. 

La  psychopathologie  a  le  même  terrain  d’études  que  la  psychiatrie,  mais  elle  s’en 
distingue  par  son  objet.  Alors  que  la  psychiatrie  recherche  la  connaissance  et  l’expli¬ 
cation  des  maladies,  la  psychopathologie  étudie  les  symptômes  morbides  pris  en  eux- 
mêmes,  leurs  conditions  et  leurs  conséquences  psychologiques. 


revue  neurologique.  —  T. 


1926 


111 


.1  !SAL  Y  Aies 

L'aulerir  éliidio  dans  son  livre  les  causes  du  poinl  do  vue  de  la  psychopalliologio, 
les  doffr('‘s  et  formes 'du  psychisme,  les  délicits  mentaux,  la  productivité  morbide  et 
les  troubles  du  fonctionnement  |)sycbi<pje.  li  montre  que  la  psycliupatholofçie  a  cet 
intérêt  de  dissiper  les  illusions  de  la  conscience  normale,  en  constatant  la  diversité 
des  facteurs  et  des  niécainsmes  (pii  niglent  rintelli^îence  normale  et  en  faisant  lappa- 
raître  les  alti-rutions  qui  surviennent  par  déficience,  [lar  réf'ression  ou  par  déréplaj^f! 
fonctionnel.  Ih 


Psychologie  neurale,  pur  l'rniinn-.Ii'.AN,  l'élix  Alcan,  l’aris,  1020. 

I. 'auteur  avait  étudie;  précédemment  dans  sa  l‘ni]rh(il(iijiK  oryanif/nc  l’analyse  des 
phénomènes  d(;  la  vie  organique,  des  végétaux  et  des  animaux.  Dans  sa  pnijchuliifiic 
iii'.iirale,  il  étudie;  la  psychologie;  des  systèmes  nerveux.  Il  hu  restera  à  étudier  les  pro¬ 
blèmes  rel.atifs  e'i  la  descendance  (hèr('’elité,  origine  des  caractères,  fécondation,  vieil- 

1. 'auteur  envisage  plus  spécialement  la  psychologiede  l’homme  :  conscience,  mémoire, 
iidclligence;,  inconscient,  instinct,  rire;,  mouvements,  perce;plions,  sensations,  affec¬ 
tives,  opiruous  et  moredees. 

li  termine  par  un  exposé  de  sa  théorie  de  la  conscience  :  la  conscience  qid  veut  être, 
qui  veut  vivre  est  aussi  le  seul  élément  irréductible;  des  fiuts  de  la  vie  et  en  explique 
ruiiitè.  I.a  conscience  qui  veut  vivre  a  fait  l'inteelligence  humaine  quand  il  a  fidiu, 
comme  un  pis-idier,  non  comme  un  idéal.  H. 

Shizoïdie.  Mémoires  d’une  malade,  par  A.  Wiznc,  V'arsovie,  1020. 

I,e  livre;  est  constitué  de;  li  jiarties,:  1“  les  mémoires  mêmes  ;  2"  riuuimnèse  et  la  ca- 
tamnèse,  coutenuees  dans  les  lettres  (;t  les  confessionsele  hi  inedade,  et  .'i“  la  partie  psycho- 
amdytiepie;  e;t  psychiid,riepie  de  l’auteur. 

lues  mèmoirees  sont  précieux  puisepi’ils  sont  bien  sincères  et  écrits  par  une  personne 
intelligente,  l.a  jeune;  lille;,  entre;  20  et  24  ans,  nous  confesse  se;s  aspirations  vers  la 
griindeiir.  Sa  meilleure  expression  serait  le  re'ele;  de  la  mère  parfeuLe  d’un  fils  génial 
ou  même;  d'un  homme;-l)ieu.  «  1, 'immaculée  conception  »  lui  conviendrait  le;  mieux. 

Delà  étant  inqeossihles  elle  iispire  e'i  un  mari  digne;  d’être  père  de  son  Mis.  Ses  rêves 
ne  se  réeUisent  pas;  la  |uitienle  est  sujette  e'i  des  troubles  nerveux  qui  la  mènent  à  des 
tentatives  de;  suicide.  Même  céda  échoue  et  idors  elle  s’adresse  au  docteur  Wizeel.  Amé¬ 
liorée,  elle;  reconnaît  (pie,  ses  troubles  découlaient  en  grande,  partie;  de.  son  «  libido  » 
non  satisfait.  I.a  iialieuite  consentit  à  la  fuihlicalion  des  mémoires  qui  dès  lors  seront 
ruuiipie  preuve  de  ses  aspirations  à  la  grandeur  et  epii  témoigneront  quelle;  lutte  atroce 
doit  subir  une;  femme  jirivée  de  Iji  maternité  et  à  laepielle  le;  contrat  social  défend  d’être 
lille-mére;. 

L’auteur  considère  le  cas  coinrne  étant  une  «  schizophrénie;  fruste  »,  développée  chi;z 
une  seehizoïde  (d’après  la  classification  de  Kretschmer).  Au  lieu  des  idées  délirantes, 
elle;  présenterait  des  rêv(;s  très  intenses.  .Ma  base  de  ses  troubles,  la  psycho-analyse 
décèle  deux  complexes  :  celui  d’fKdipc  et  celui  de  l’homosoxiialité.  La  preuve  du  premier 
,;(;rait  son  amour  [lour  le  chef,  qui  doit  servir  comme  «  l’image;  »  do  son  père.  L’homo¬ 
sexualité  aurait  trouvé  son  expression  dans  le  flirt  avec  .\L  .\...  qui  partageait  son  amour 
entre  la  patiente  et  sa  .soeur. 

Même  n’étant  [las  d’accord  en  tous  points  avec  l’auteur,  on  Ht  le  livre  avec  un  grand 
intérêt. 


N.  Zand. 


ANAL  YSES 


115 


NEUROLOGIE 


ÉTUDES  GÉNÉRALES 


anatomie 

Anatomie  topographique  du  segment  bulbo-médullaire  et  de  sa  gaine  osseuse. 
P!>r  P.  ÜOINAHD.  Travaux  du  Lahoraluirc  d’Analumic  de  ta  L'acuité  de  Médeciuc 
d'Alger  (Alger,  Imprimerù^  .Moilenie,  l!)-’!)). 

UescripUonmiiiii  lieuse:  1“  des  racines  rachidiennes  postérieures  du  groui)e  cervical 
supérieur  ;  2“  des  variations  de  l’espace  bulbaire  intertonsillaire;  .3“  d’un  espace  para- 
bulbo-tnédullaire,  très  particulier  et  très  constant  ;  4"  do  la  gaine  osseuse  du  segment 
bulbo-médullaire  et  de  son  di  amôtre  sagital  odonto-squameux. 

Les  divergences  des  auteurs  sur  la  délimitation  bulbo-médidlairo  théorique  et  son 
■repérage  vertébral  sont  ducs  à  l’intrication  des  éléments  bulbaires  et  spinaux  d’une 
part  et,  d’autre  part,  aux  altituiles  de  la  tète.  Le  bulbe,  pour  l’auteur,  est  topogra¬ 
phiquement  entièrement  intracrânien. 

Applications  pratiques  à  la  ponction  soun-araclmoïdir,nnc  :  opportunité  d’une  flexion 
forcée  do  lu  tête.  (Plusieurs  ligures.) 

A.  P. 

Sur  les  rapports  anatomiques  et  fonctionnels  entre  la  racine  descendante 
du  trijumeau  et  la  moelle  cervicale  supérieure  (Ueber  die  analomischen  und 
funktionelles  Beziehvingen  der  Radix  descendens  trigemini  zum  oberen  Halsmark), 
par  C.-T.  VAN  Valkhnuuro  (d’Amsterdam)  Airhiren  suisses  de.  Neurol,  et  de 
t.  XIV,  f.  2,  p.  238-254,  924  (12  lig.). 

A  l’autopsie  d’une  femme  de  50  ans,  morte  d’un  sarcome  de  la  jiarotidc  gauche, 
on  a  trouvé  que  la  masse  néoidasiqiic  s’était  infiltrée  à  travers  la  base  crânienne  et 
avait  enrobé  le  facial,  le  trijumeau,  le  glosso-pharyngien  et  le  vague,  ainsi  que  leurs 
ganglions  respectifs.  Les  dégénérescences  secondaires  ont  été  étudiées  sur  la  moelle 
cervicale  et  le  bulbe  au  moyen  des  méthodes  de.  Marchi  et  Weigert-Pal.  Les  coupes 
reproduites  montrent  que  les  libres  ilu  tri  jumeau  (branche  descendante)  se  terminent: 
1°  dans  la  substance  gélatineuse  du  segment  cervical  supérieur,  avec  les  libres  des 
racines  postérieures  qui  pénètrent  à  ce  niveau.  Filles  constiluent  la  branche  centri- 
Pétale  de  l’arc  réflexe  qui  commandoles  mouvements  de  la  tête  quand  la  face  est  sou¬ 
mise  à  une  simple  excilalion  de  contact;  2“  dans  le  noyau  sensitif  du  trijumeau  ; 
3®  dans  la  partie  latérale  du  noyau  de  Burdach  avi'c  les  libres  ascendantes  des  racines 
postérieures.  G.  un  Morsiem. 

Bodenstriae.  Corpus  ponto-bulbare.  Fasciculus  arcuatus  circumolivaris, 

par  IL  ScHAiii'i’ER.  Arch.  suisses  de  Neurol,  et  de  Psijch.,  l.  Xl\,  p.  301-302,  1924. 

La  capacité  crânienne  du  cobaye  sauvage  et  du  cobaye  domestique.  (  On  the 

oranial  capacity  of  the  grinea  pig  wild  and.domesticated),  par  M.  Donaldson  (de 
l’hiladclphie).  Archives  suisses  de  Neurol,  et  de  Psgeh.,  t.  XllI,  p.  20G-322,  1923. 
Statistique  comparative  montrant  que  le  poids  du  cerveau  et  la  capacité  crânienne 


11(1  .  A.\ALYSt-:S 

s(inL  plus  faibles  chez  les  animaux  domestiques  que  chez  les  animaux  sauvaj'os  üti  mdrne 
cspècc.  Les  résullals  confirment  ceux  qu’ont  obtenus  Lapicque  et  Girard  en  opùrant 
sur  des  oiseaux. 

G.  i>F-:  Monsiiin. 

Sur  un  procédé  simplifié  pour  la  coloration  des  gaines  de  myéline  (Uber  ein 
voreinfachtüs  Verfahren  bei  der  .Marksclieidentârburg),  par  E.  Landau  (de  Berne). 
Archives  suisses  de  \eurol.  et  de  Psych..  t.  XIV,  f.  1,  p.  59,  1924. 

L’auteur  passe  en  revue  les  différents  procédés  préconisés  pour  la  coloration  des 
gaines  de  myéline  depuis  le  mémoire  original  de  Weigert.  11  estime  que,  le  chromage 
prolongé  sur  coupe  est  inutile,  et  il  donne  la  préférence  au  procédé  de  mordançage 
rapide  sur  coupe.  Voici  la  technique  qu’il  recommande  : 

1.  Fixation  au  formol  à  4  ■%. 

2.  Laver,  déshydrater,  inchlre  à  la  gélatine. 

3.  Mettre  les  coupes,  de  12  à  24  heures,  dans  une  solution  de  1  %de  chlorure  de  fer 
(éventuellement  solution  à  4  %  d’alun  de  fer). 

4.  Laver  et  transporter  les  coupes  dans  une  solution  d’hématoxylinc  à  12  %  pen¬ 
dant  12  à  24  heures. 

5.  Eau  de  source  pendant  une  heure,  puis  défixer  pendant  deux  à  trois  heures  dans 
l’eau  oxygénée  du  commerce. 

6.  Laver  longuement. 

7.  Alcool,  xylol,  brome. 

Ce  procédé  ne  diffère  de  celui  (classique)  de  Logos  que  par  l’emploi  de  l’eau  oxygénée 
à  la  place  du  liquide  de  Weigert  pendant  le  temps  de  la  défixation. 

G.  DE  MonsiER. 

Quelques  méthodes  simples  pour  la  coloration  de  la  névroglie,  par  S.  Hamon 
Ca.ial  (de  Madrid).  Arch.  suisses  de  Neiirutoyie  et  de  Psychiatrie,  vol.  XIII,  p.  187 
è  193,  1923. 

Cajal  rapporte  quelques  procédés  modernes  pour  la  coloration  de  la  névroglie  peu 
connus  dans  les  laboratoires  qui  ne  reçoivent  pas  les  publications  espagnoles.  Il  re¬ 
commande  spécialement  • 

1.  L’or  sublimé  ; 

2.  L’oxyde  d’argent  ammoniacal,  en  combinaison  avec  le  fixage  dans  du  formol- 
bromure  ; 

3.  La  méthode  à  l’urano-formol. 

G.  DE  Morsier. 


PHYSIOLOOIE 

L’état  actuel  du  problème  de  la  nature  des  sensations  de  couleur,  par  Chr. 

Ladd.  Franklin.  Année  psychol.,  1924,  p.  1. 

L’auteur  envisage  la  question  de  la. genèse  des  diverses  sensations  de  couleur.  Après 
avoir  rapjielé  les  théories  de  Voung,  llelmhnllz,  de  Hcring  et  les  travaux  de  KOnig, 
l’auteur  estime»que  la  question  ne  saurait  être  résolue  en  se  plaçant  uniquement  au 
point  de  vue  physiologique,  mais  qu’elle  doit  être  abordée  du  point  de  vue  psycholo¬ 
gique,  Si  l’on  suit  les  étapes  du  développement,  on  constate  l’apparition  successive 
de  la  sensation  du  blanc,  puis  de  quatre  sensations  chromatiques  tout  d’abord,  le  jaune 
et  le  bleu,  puis  le  rouge  et  le  vert.  Ces  différents  chromas  apparaissent  ainsi  par 


ANALYSES 


117 


paires.  Ils  ilisparaissont  suivant  la  même  ordre,  mais  inversé,  à  l’état  pathologique,. 
Enfin  leur  apparition  est  parallèle  au  développement  successif  des  bâtonnets  et  dos 
cônes.  La  combinaison  des  éléments  de  la  dernière  paire,  c'cst-à-iiire  le  vert  et  le  rouge, 
reproduit  sur  la  rétine  la  sensation  du  jaune  ;  et  enfin  la  combinaison  du  Jaune,  du  vert 
et  du  rouge  reproduit  le  blanc  initial.  Tout  se  passe  donc  comme  si  du  blanc  initial 
dérivait  le  bleu  et  le  jaune,  ce  dernier  donnant  lieu  à  son  tour  au  rouge  et  au  vert. 
Cette  conception  est  donc  basée  sur  les  faits  suivants  : 

1°  Trois  stimulants  lumineux  suffisent,  en  tant  que  cause  physique,  pour  susciter 
tous  les  processus  photochimiques  de  la  rétine  ; 

■2“  Les  sensations  cependant  sont  au  nombre  de  cinq,  le  jaune  et  le  blanc  apparaissant 
en  quelque  sorte  comme  ajoutés. 

3“  L’ordre'  de  développement  du  sens  des  couleurs  peut  rendre  compte  de  cette 
anomalie,  et  aussi  le  fait  de  la  disparition  du  rouge  et  du  vert,  et  l’apparition  à  leur 
place  du  jaune  et  du  blanc.  H.  B.\ruk. 


Effets  de  l’ablation  des  hémisphères  cérébraux,  par  Léon  Binet.  Presse  médicale, 
n»  20,  p.  405,  31  mars  1920. 

Revue  dans  laquelle  sont  particulièrement  considérés  les  résultats  de  Zéliony. 

Ee  chien  décérébré,  chez  lequel  les  régions  sous-jacentes  au  pallium  ont  été  res¬ 
pectées  par  l’intervention,  présente  une  allure  générale  qui  mérite  de  retenir  l’atten¬ 
tion  des  biologistes  et  des  neurologistes  :  s’il  peut  être  plongé,  comme  le  pigeon  décé¬ 
rébré  de  Flourens,  dans  «  un  sommeil  sans  rêves  »,  il  peut  aussi  rester  longuement 
éveillé  et,  s’il  a  été  opéré  dans  le  bas  âge,  présenter  pour  le  jeu  un  goût  particulière¬ 
ment  marqué. 

Si-  les  excitants  visuels  restent  sans  effet,  si  les  réflexes  conditionnels  sont  impos¬ 
sibles  à  réaliser  chez  lui,  il  faut  insister  par  contre  sur  la  persistance  de  la  sécrétion 
gastrique  dite  psychique,  du  sens  sexuel  ;  mais  surtout  le  chien  sans  cerveau  peut  pré¬ 
senter  des  réactions  de  joie  ou  de  colère  et,  suivant  qu’il  perçoit  des  attouchements 
en  telle  ou  telle  région,  au  museau  ou  au  tronc,  il  lirend  une  attitude  de  jeu  ou  une 
attitude  de  fureur.  E.  F. 

Ea  pathogénie  du  sommeil  d’après  les  données  fournies  par  l’étude  de  l’en¬ 
céphalite  épidémique  (en  russe),  par  E.-M.  Zalkind,  Sovremennaïa  Psychonevro- 
loghia,  t.  I,  n»  2,  p.  32-44,  1925. 

Les  données  recueillies  sur  les  malades  atteints  d’encéphalite  épidémique  permet¬ 
tent  de  considérer  le  sommeil  comme  un  instinct,  qui  possède  à  sa  base  un  appareil 
mné  compliqué,  transmissible  par  la  voie  héréditaire,  et  qui  se  modifie  au  cours  du 
développement  ontogénétique  de  l’organisme.  Le  sommeil  normal  n’est  pas  sous  la 
'dépendance  d’un  seul  centre  hyfôithétique  mais  de  tout  le  système  nerveux  central. 

Il  est  ù  relever  qiie  la  pathologie  du  sommeil  se  trahit  dans  les  affections  subcorti¬ 
cales.  Comme  on  le  sait,  dans  ces  régions  lésées  se  trouvent  la  sphère  des  actes  instinc¬ 
tifs,  ainsi  que  les  centres  supérieurs  de  coordination  pour  le  système  nerveux  végé¬ 
tatif  et  les  glandes  à  sécrétion  interne  qui  s’y  rattachent.  La  participation  de  ces  der¬ 
nières  dans  les  phénomènes  de  sommeil  parait  donc  hors  de  doute. 

Si  l’on  prend  en  considération  l’influence  de  l’habitude  et  des  facteurs  indifférents, 
en  reconnaît  le  rôle  de  l’écorce  dans  la  provocation  du  sommeil.  On  arrive  ainsi  à  la 
conclusion  que  le  sommeil  présente  un  état  compliqué  qui  s’établit  grâce  à  la  colla- 
Imration  active  de  l’écorce,  de  la  région  subcorticale  et  du  système  nerveux  végétatif. 

*  G.  ICHOK. 


lis  .WALVSliS 

Contribution  à  l’étude  de  la  pathogénie  de  la  narcolepsie  ((^n  russe),  par  H. -N. 

Mankuwskv,  S<ivr(‘in(‘nnii'ia^‘nij<:}iiin('hriiUi()ift,  I  .  1,  ii”  2,  ji.  G(j-7(i,  1025. 
l'a  cas  avec  une  iMiaf,a‘  l.ypiiiae  de  aarcalepsie  surverua^  après  aac  eacè[ilialil(^  èpi- 
déaiiqae.  Le  raaladi'  préseala,  lai  plas,  des  phèaotaèaes  pronoacès  de  rnyasl.lièide. 

G.  laaoK. 

Constatations  expérimentcdes  sur  l'activité  de  l’onde  afférente  sensitive  au 
niveau  médullaire.  Courbes  obtenues  sur  la  moelle  du  chien  à  l’aide  de 
l’électrocardiographe,  par  II.  lîarNscuwiaiaca  (de  Laasaaae).  Arcliiues  unisses  de 
Ae.iinil.  e.l  de  Ps;irli.,  v(d.  XIV,  f.  I.,  p.  m,  1024  (.'i  plaaches). 

Iiaparl.aid,  raéaiidre  relalaid,  la  preaaère  expérieace  l'aiLe  paur  révéler  li^  caaraiLl  de 
C(iadacU<ai  dû  aa  Irajel,  de  l’ial'lax  laaaa'ux  aa  ai  veau  de  la  raoelOa  L’aalear  a  uLIlisé 
des  clileas  doal,  la  laaelle  dorsale  aase  à  aa  élail  ea  rap|)orl,  aviÆ  l’éleclronraphi' aa 
aaiyea  d’éleel, rades  iiapolarisahles  de  d’Arsoaval,  leraaaées  par  des  Mis  d’aaaante 
italdbés  d(^  salai, iaa  pliysialofiitpa'.  l'ae  électrode  était  a|)pli(piée  sar  la  sia-faco  de 
section,  l’aaln^  sar  la  sarl'aee  luafritadiaale  de  la  moelle.  Les  expériences  ont  ôté 
répétées  |ioar  cliacaa  des  cordons  médallaires.' 

(les  reclaa'cMes  soid,  encore  trop  pea  laaabreases,  et  le  champ  d’étades  encore  trop 
laad'  pour  (pi’il  paisse  ètr(^  question  d’essayer  une  iaterprétatioa  fiénérale  d(‘S  résul¬ 
tats  ütd.iauis.  Il  est  l'ej'rettabh^  que.  les  I  racés  ne  coaqjortetd,  7d  le  temps,  id  la  frécpieuce. 

C'qHUidaid,,  d’après  l'i'xaimm  de  ces  tracés,  l’auleur  croit  pouvoir  établir  ces  deux 
caaiclusioas  : 

|o  Kn  reliaid,  par  des  éh'ctrodes  iaqjohu'isables  aae  moelle  à  an  éh^ctrographe,  (ui 
oblieat  des  oscillations  mdtes,  lai  rapport  avec  des  oxcitation.s  périphériques  de  aa- 

2“  La  form(ï  (tes  osciIhd,ioas  présente  des  caractères  différents  selon  les  dive.rs  mod((S 
d’excitation  (pii  les  (ait  provoquées.  Les  impressions  que  la  moelle  conduit  subissent 
(haie  iiiK!  première  différenciation  de  qualité,  bi(ai  avant  d’arriver  aux  centres  récep¬ 
tifs  cfirébraax. 

Les  premières  reclaa-ches  appelhalt  d’aalres  expéri(aices. 

G.  DU  Monsinn. 

La  question  du  tonus  musculaire  :  son  évolution  et  son  état  actuel,  par  Edouard 
Sun. nu  (de  Zurich).  Archives  suisses  de  Neurvhnjie  el  de  Psychialrie,,  vol.  1(1,  fuse.  2, 
p.  307  et  vol.  17,  fasc.  I,  p.  71. 

Lt’ane  étude  des  difféiaaits  problèmes  (pie  pose  lu  question  du  tonus  mu.sciilaire, 
raatear  dégage  les  doaaées  saivanles  : 

I'’  La  sa|ipression  de  l’inaervatioa  d’un  mii.scle  rnodilie  ses  propriétés  méoaniques, 
et  le  rend  plus  sensible  aux  tractions  dans  les  limites  de  forces  pea  considérables.  Cette 
diaiaée  très  étudiée  par  Laagelaaa  n’éclaire  pas  siaisiblianent  la  question  du  tonus  ; 

2“  L’étude  du  métaliolisme  musculaire  ri'a  pas  donné  de  résultat  déllnitif,  cer¬ 
tains  états  d'activité  tonique  produisant  une  quantité  d’énergie  mesurable,  et  d’autres 

3'’  Les  activités  toniques  semldeiit  se  traduire  .sur  les  électro-myogrammes  par 
des  cmirants  oscillatoires  différant  de  ceux  des  activités  cloniques  par  une  fréiiaence 
plas  grande  et  une  amplitude  moindre  ; 

4°  Il  n’est  pas  encore  établi  solidement  que  lu  créatino  joue  un  rôle  dans  un  méta¬ 
bolisme  propre  au  tonus  muscalairo  ; 

5“  Le  tonus  semble  être  entretenu  par  des  réflexes  segmentaires  sous  le  contrôle  de 


A  A  LYS  ES 


réflèxes  supôriours,  Icscontros  do  cosroflpxcs  sié^'uant  pariio  dans  le  IrnncencéphaUi'pio, 
parlio  dans  lo  cervelet.  Le  contre  qui  dirifçe  la  répartition  iiormal(!  du  tonus  est  le. 
noyau  roufçc d’où  partent  lo,s influx réfçulateurs,  par leiaiscoaiirubrospin^l  principalement 
ù  destination  dos  colluli^s  (ies  cornes  antérieures  à  différent(^s  hauteurs  de  la  moelle.  ; 

G“  Le  rôle  du  sympathique  dans  l’innervation  tonique  n’est  pas  encore  précisé. 
Certains  auteurs  veulent  voir  dans  la  régulation  de  tension  des  muscles  l’effet  de  sub¬ 
stances  excitantes  ayant  les  caractères  d’hormones  ; 

A  -côté  de  la  théorie  classique  de  Uotta/.zi,  .Neuschlosz  a  pro[)osé  une  théorie  nou¬ 
velle  du  tonus  musculaire  basée  sur  la  concentration  en  ions  K  dn  milieu  où  travaille 
le  muscle  ; 

8“  De  cette  étude,  l’autcnir  conclut  enfin  qu’il  n’est  à  rheur(‘  actuelle  aucun  fait 
précis  pouvant  permettre  de  séparer  nettement  l’activité  statique  ih'  l’aclivilé  dyna¬ 
mique  du  muscle. 

G.  TlIÉVKNAIiD. 

Etudes  expérimentales  sur  la  chorée  de  Sydenham,  par  Euterajusz  Hehman. 

Archivai  suisses  de  Neurologie  el  de  Psychiatrie,  1925,  vol.  17,  fasc.  1,  p.  19. 

11...  a  pratiqué  des  inoculations  de  liquide  céphalo-rachidien  do  malades  atteints  do 
chorée  de  Sydenham  à  des  lapins  chez  lesquels  il  a  effectué  avec  ces  liquides  des  in¬ 
jections  sous-dure-mériennes  (crâniennes  et  rachidiennes)  et  des  inoculations  cor- 
néennes.  Dans  tous  les  cas,  les  cultures  du  liquide  céphalo-rachidien  sont  restées  abso¬ 
lument  stériles.  Mais  les  inoculations  de  liquide,  prélevé  chez  trois  malades 'montrè¬ 
rent  l’existence  d’un  virus  liltrant  ayant  une  aflinité  spéciale  pour  h-  système  nerveux 
ou  la  cornée  du  lapin,  ayant  provoqué  chez  4  animaux  sur  1.3  des  sif,mes  cliniques 
plus  ou  moins  intenses  avec  terminaison  fatale,  susceptible  de  passagi^  par  inocula- 
t-ion  d’émulsion  de  substance  cérébrale,  sans  que  l’on  puisse  cependant  avoir  un  virus 
fixe,  et  enfin  provoquant  des  lésions  caractéristiques  du  névraxe.  Ces  lésions,  très  pro¬ 
noncées  dans  5  sur  8  inoculations  avec  le,  liquide  céphalo-rachi(iien  de  choréique,  con¬ 
sistaient  en  foyers  inflammatoires  avec  infiltrations  périvasculaires  faites  surtout  de 
mononucléaires,  et  en  inflltrats  de  colhdes  pliales  norrhales  ou  un  peu  agfrandies,  avec 
lies  cellules  amoeboides  nombreuses.  Très  diffuses,  ces  lésions  à  type  méninpo-encé- 
Phalitique  prédominaient  habituellement  dans  les  noyaux  gris  centraux,  en  parti¬ 
culier  les  couches  optiques,  et  à  un  degré  moindre  dans  l’écorce.  II...  rapproche  ce  virus 
neiirotropc  de.  celui  de  l’encéphalite  épidémique  et  de  l’herpès  sans  admettre  toutefois 
son  identité  avec  cidui  de  l’encéphalite  épidémique.  A.  Thévenard. 

Le  tonus  d’attitude  :  les  dystonies  d’attitude,  par  A.  Thévenard. 

Sociélé  de  Diologie,  13  mars  1920. 

La  station  vcnticalc  d’un  individu  normal  est  lo  résultat  du  fonctionnement  auto¬ 
matique  et  subconscient  de  certains  groupes  musculaires  auxquels  est  dévolue  la  fonc- 
Lon  antigravidiqiie.  L’observation  montre,  la  prépondérance,  dans  cotte  fonction, 
‘les  muscles  du  plan  postérieur  du  corps  (nuque,  lombes,  fesses,  face  postérieure  de 
la  cuisse,  mollets),  le  rôle  des  muscles  du  plan  antérieur,  quoique  non  négligeable, 
est  moins  important.  La  station  verticale  est  maintenue  par  un  renforcement  tonique 
•le  ces  mmscles.  C’est  le  Innus  d'allilude. 

Les  dystonies  d'allilude  sont  représentées  par  les  cas  de  rigidité  décérébrée  provo- 
•iwant  la  contracture  des  muscles  antigravidiques  et  par  différentes  xatlitudes  de  lor- 
•lose  ou  ,!(,  pi-icathre  le  plus  souvent  postencéphalitiques,  habituelh-ment  rattachées  à 
•‘  dysbngR!  lordotiquo  ou  spasme  dei torsion  et  semblant  bien  être  le  fait  d’un  déficit 
Ibniquc  des  muscles  postérieurs  antigravidiques. 


120 


AMALYSIiS 

Los  rails  exp('i'iinoiilaux  ol  aiialaino-olitiiques  do  risfiililc  décorobrcc  pormolLonl  do 
voir  dans  lo  inosonci^plialo  la  roiîion  doiil  l’inlogrilé  csl  cssoiiLiollo  an  foncUonncmonl 
normal  du  mc'cainsnu'  loni(]uo  d’aLliludo.  E.  F. 

La  physiologie  des  vaso-moteurs  (Znr  l’hysiologio  dor  Vasoinolorcn),  par  H.  lli'.ss 
(d(^  Znricli).  Arch.  .vki.s'ac.v  de  Neurol,  el  de  Psijcii.,  l.  XIV',  p.  1,  p.  20,  1924. 

Nouvelle  contribution  à  l’étude  du  rôle  des  ferments  oxydants  dans  les  phéno¬ 
mènes  de  la  vie  du  neurone,  par  (j.  Maiunusco  (do  IJucaresl).  Arch.  suinsc.ÿ 
de  NcuroUKjie  el  de  Psi/chialrie,  vol.  X\^  fasc.  1,  p.  3  à  25,  1924,  (7  ligures). 
Exposé  des  reclierclies  personnelles  de  l’anUair  concernant  la  distrilniUon  topogra- 
phicpie  des  fermenis  oxydants  dans  les  cellules  nerveuses  et  de  leurs  inodi llcatlons 
dans  les  états  patlu)logi(pie.i.  Les  ferments  oxydants  existent  dans  le  cytoplasme,  les 
dendrites,  leurs  rami  liealions.  Il  ne,  s’en  trouv(^  [las  dans  les  libres  nerveuses,  dans  la 
substance  blanche,  ni  dans  le  noyau.  Leur  abondance  varie  suivant  la  formation  ner¬ 
veuse  considérée.  On  constate  un  rap|)ort  inverse  entre  la  présence  des  oxydases  et 
celle  des  pigments  noirs  ;  ainsi  les  régions  fortement  iiignnmtées  (locus  niger,  etc.) 
sont  dépourvues  d’oxydase.  Au  contraire,  il  y  a  un  certain  parallélisme  entre  la  |iré- 
senen  îles  oxydases  el  celle  des  granulations  fuchsinophiles.  Dans  la  régénéresence 
nerveuse,  on  constate  ra])parilion  de  ferments  oxydants,  alors  qu’à  l’état  normal  les 
libres  nerveuses  en  sont  dépourvues.  Le  phénomène  csl  en  rapport  avec  lu  lernpéra- 

Les  agents  traumatiques  nerveux  ou  lo.xiques,  qui  altèrent  lu  nutrition  do  lu  cellule 
nerveuse,  nd.enlissent  en  première  ligne  sur  les  ferments  cndo-cellulaircs  et  principale¬ 
ment  sur  les  îermonts  oxydants.  On  observe  alors  une,  diminution  progressive  des 
oxydases  et  leur  remplacement  par  les  granulations  de  pigment  avec  réduction  de 
vidume  de  la  cellule.  Ce  phénomène  s’observe  en  particulier  dans  les  ganglions  et  les 
racines  postérieures  des  tabétiques  ainsi. que  dans  les  maladies  dites  abiotropliiques 
(sclérose  latérale  amiolropbiqne,  paralysie  glosso-labio-iaryngée,  atropine  mus¬ 
culaire)  et  ihms  la  maladie  de  Tay  Sachs.  (j.  ue  MonsiEn. 

Sur  la  teneur  du  liquide  C.-R.  en  éléments  cellulaires  et  en  albumine  chez  le 
normal  (Uber  dem  Zellcn und  Eilweissgclialt  dernormalcn  Spinalflssnigkeitcn),  par 
A. -V.  Neei.  (de  Copenhague). -l/'c/i.  suisses  de  iVen/'ol.  elPmjch.,  volXV,  f.  l,p. 70,1924. 
Important  travail  portant  sur  700  cas.  La  limite  normale  pour  ralbuniinc  est  de 
10  centigrammes.  11  n’y  a  jamais  do  globuline  à  l’étal  normal.  Quant  au  nombre  des 
cellules,  il  ne  serait  que  d’un  tiers  par  millimètre  eube.  Au-dessus,  il  s'agirait  déjà 
d’étal  pathologique,  d’irritation  méningée.  IJ’après  l(!s  résultats  do  ces  statistiques,  il 
conviendrait  donc  d’abaisser  considérablement  le  seuil  au  delà  duquel  la  réaction  cyto¬ 
logique  rachidienne  doit  être  considérée  comme  pathologique. 

G.  UE  MonsiER. 

La  barrière  hématoencéphaliqüe  dans  les  conditions  normales  et  patholo¬ 
giques,  par  L.  Stehn  (de  Genève)'.  Arch.  .niisses  de  Neurologieel  de  Psychiatrie,  l.  XIII, 
p.  004  à  001,  1923. 

Résumé  des  importants  travaux  faits  au  Laboratoire  de  l'hysiologie  de  Genève, 
concernant  la  perméabilité  méningée.  Il  existe  entre  lo  sang  d’une  part,  et  les  éléments 
nerveux  et  le  liquide  cé|)halo-rachidien  d’autre  part,  une  sorte  de  barrière  désignée 
par  l’auteur  sons  le  nom  de  barrière  hématoencéplialique  dont  lu  fonction  est  d’effec- 


AI^ALYÿliS 


tuer  un  triage  parmi  les  substances  circulant  dans  le  sang.  La  constance  que  présente 
la  composition  du  li(iuidc  qui  se  trouve  en  contact  immédiat  avec  l’élément  nerveux, 
Cîl  due  à  l’activité  normale,  de  la  barrière.  Elle  protège  ainsi  les  centres  nerveux  do 
l’effet  nocif  d’une  quantité  de  substances  toxiques  introduites  dans  l’organisme  par 
voie  sangpinc  ou  inôme  d’hormones  déversées  à  l’état  physiologique  par  les  glandes 
endocrines.  L’expérience  montre,  en  effet,  que  des  extraits  de  glandes  (hypophyse, 
thyroïde,  surrénales,  génitales,  etc.),  injectés  directement  dans  les  ventricules  céré¬ 
braux  peuvent  avoir  des  effets  nerveux  variés,  alors  que  ces  mêmes  substances  in¬ 
jectées  à  doses  beaucoup  plus  fortes  dans  la  circulation  générale  restent  sans  effet 
sur  les  centres. 

L’auteur  a  également  recherché  expérimentalement  quelles  sont  les  modifications 
<le  la  barrière  sous  l’influence  des  différents  poisons  chimiqes  ou  toxiniens,  et  il  trouve 
*lue  l’empoisonnement  chronique  par  l’alcool,  la  morphine  et  l’arsenic  diminue  la 
perméabilité  de  -la  barrière.  Au  contraire,  dans  l’intoxication  aiguë  produite  par  les 
toxines  bactériennes  de  la  diphtérie,  du  tétanos  et  de  la  tuberculose  on  constate  une 
augmentation  do  la  perméabilité  méningée  à  certaines  substances.  L’affaiblissement 
Je  la  barrière  hérnatoencéphalique  par  la  toxine  de  la  tuberculose  présente  un  carac¬ 
tère  passager  et  pourrait  de  ce  fait  être  utilisé  dans  un  but  thérapeutique  pour  amener 
au  contact  direct  des  éléments  des  substances  médicamenteuses  qui,  dans  les  conditions 
normales,  ne  pénètrent  ])asdnns  la  liquide  céphalo-rachidien,  et  par  conséquent  n’attei¬ 
gnent  pas  les  éléments  nerveux. 


Choc  peptonique  et  tonus  parasympathique,  par  L.  G.  Garhelon  et  D,  Sante- 
NoiSE.  Presse  médicale,  n°  IG,  p.  24.3,  24  février  1926. 

On  sait  depuis  longtemps  que  les  auteurs  poursuivent  l’étude  des  rapports  existant 
entre  l’anaphylaxie  et  le  tonus  neuro-végétatif.  Ils  ont  été  amenés  ainsi  fi  s’occuper 
d’un  phénomène  précis  et  bien  connu,  à  savoir  des  troubles  consécutifs  a  une  injection 
première  de  peptonc  ;  leur  intéressant  article  est  l’exposé  d’expériences  multiples  réa- 
isées  sur  le  chien  et  le  lapin,  expériences  ayant  constamment  donné  dos  résultats 
homogènes.  Ils  ont  notamment  cherché  à  définir  les  différences  dans  l’allure  du  choc 
uprès  modification  artillci'clle  du  tonus  neuro-végétatif  au  moyen  des  agents  pharma¬ 
codynamiques  qui  surexcitent  ou  paralysent  le  vague.  Il  ressort  des  faits  expérimentaux 
Cette  conclusion  nette  que  l’hyperexcitation  du  vague  augmente  la  sensibilité  au  ehoc 
et  que  les  agents  paralysant  le  vague  rendent  les  animaux  moins  susceptibles  au  choc. 
Les  recherches  cliniques  parallèlement  conduites  ont  confirmé  la  sensibilité  des  vago- 
toniques  et  la  résistance  des  hypovagotoniques.  Entre  le  tonus  parasympathique  cl  la 
susceptibilité  au  choc  le  rapport  est  évident.  E-  L'¬ 

Appareil  thyroïdien  et  choc  peptonique.  Mécanisme  de  l’action  du  vague  sur 
la  sensibilité  de  l’organisme  au  choc,  par  L.  Garhelon  et  D.  Santenoise. 
Presse  médicale,  n»  38,  [i.  594,  12  mai  192G. 

Les  auteurs  donnent  un  compte  rendu  méthodique  du  travail  expérimental  qu’ils 
poursuivent  depuis  plusieurs  années.  L’enchaînement  des  faits  exposés,  leur  netteté 
leur  homogénéité  imposent  des  conclusions  exemptes  de  toute  interprétation  hypo 
thétique. 

Le  rôle  joué  par  le  système  nerveux  dans  le  déterminisme,  dans  la  production  et 
•Ions  les  manifestations  du  choc  peptonique  est  considérable.  Le  pneumogastrique, 
®h  particulier,  est  un  facteur  important  de  la  susceptibilité  individuelle  au  choc.  Il 
conditionne  celle-ci  surtout  par  l’action  excito-sécrétoire  qu’il  exerce  sur  1  appareil 


l-,’2  AXAL)'sr:s 

lliyroïili(“n.  11  ciimmiuiili',  en  cITcL,  la  mis('  en  ciroiilaUnn  ol  pout-êlTo.  la  production,, 
par  cette  p'Iande,  irun  produit  dont  la  présence  dans  le  sauf'  augnnuite  la  susc(q)tibilit6 
de  rorf^anisme  au  choc  peptonii|ne. 

Il  e.st  éviileni  (pje,  (juelh^  que  soit  l’importance  de  c(dt(^  constatation.,  elle  ne  peut  per¬ 
mettre  d’expliquer  que  cpiclques  poiids  de  l’anaphylaxie.  Kilo  n’est  d’aillcnrs  appli- 
cabh^  ([u’au.x  êtres  supérieurs,  pluricellulaires,  doués  d’un  système  nerveux  qin  harmo¬ 
nise  le.  fonclionneimmt  île  tous  les  orfranes  el  airil  su*r  la  vie  de.  l’orfîaulsme  tout  cid,ier. 

E.  F. 


L'effet  de  la  ponction  lombaire  sur  la  diurèse,  la  glycosurie  et  la  tension  arté¬ 
rielle,  par  A.  H.wi.NA.  l’ren.s'e  médicale,  n»  23,  p.  358,  20  mars  1920. 

Hevne  des  travaux  récents  sur  les  effets  de  la  ponction  lombaire.  Dans  un  certain 
nombre  de  cas,  la  soustraction  de  quelques  centimètres  cubes  de  liquide  céphalo-rachi-- 
dien  a  exercé  son  influence  sur  lu  diurèse,  la  glycosurie,  la  tension  artérielle.  Mais  il 
ne  s’agit  pas  de  résultats  constants,  et  cette  variabilité  demande  à  des  expériences 
nouvelles  la  base  d’une  interprétation  adéquate.  E.  F. 

L’action  sur  la  diurèse  de  l’extrait  de  lobe  postérieur  d’hypophyse  et  de  se» 
modifications  sous  l’influence  du  sommeil,  par  Marcel  Lauiuî,  P.-L.  V:olle  et 
E.  A/.miAD.  Prestte  médicale,  n“  34,  p.  529,  28  avril  1920. 

On  sait  que  l’extrait  d’hypophyse  agit  sur  la  sécrétion  aipieuse  et  que  ses  effets 
varient  suivant  l’état  de  l’animal  en  expérience. 

Les  auteurs  ont  entrepris  de  vérifier  chez  l’homme  d’abord  l’action  des  injections 
d’extrait  de  lobe  postérieur  d’hypophyse,  ensuite  l’influence  du  sommeil  normal  sur 
les  effets  déterminés  par  ces  injeclions. 

Le  sujet  qid  le  matin  absorbe  800  gr.  d’ieiu  les  élimine  en  4  h.  Mais- une  injection 
d'extrait  hypophysidre  suspend  cette  élimination.  D’ailleurs  celte  action  suspensive 
n’est  ipie  temporaire,  et  au  Ini^t  de  8  li  10  h.,  une  débâcle  urinaire  élimine,  l’eau  retenue 
pendant  la  durée  de  Faction  de  l’extrait  ;  le  volume  urinaire  des  24  h.  est  supérieur 
à  la  normale,  ceci  en  raison  du  supplément  d’eau  absorbé. 

.Si  maintenant  on  injecte  au  sujet  normal,  au  moment  ofi  il  se  couche,  de  l’extrait 
d’hypiqdiyse,  on  ne  constate  aucune  diminution  de  la  sécrétion  urinaire.  L’extrait 
n’a  aucun  effel.  (liiez  le  sujet  normal  le  sommeil  physiologique  annihilé  l’cffét  oligu- 
rique  de  l’extrait  hypophysaire. 

(Juant  à  l’interprétation  de  la  première  expérience,  on  [reul  supposer  que  l’action 
vaso-constrietive  de  l’extrait  du  lobe  postérieur  il’hypophyse,  expérimentalement 
démontrée  pour  les  capillaires  péri|diériques  el  ceux  du  poumon,  s’e.xercc  également 

Si  l’on  admet  d’autre  part  que  pendant  le  sommeil  il  existe  un  état  de  vaso-dila- 
lallon  généralisée,  on  comfirend  que  Faction  vaso-eonstrictive  de  l’extrait  ait  moins 
d’influence  ([u’à  l’état  de  veille  et  que  le  sommeil  puisse  em|iêcher  Faction  oligurique 
de  la  substance  du  lobe  postérieur.  E.  F. 

Recherches  sur  la  tension  .veineuse  dans  ses  rapports  avec  la  pression  du  li¬ 
quide  céphalo-rachidien,  par  (Ilaudi-;,  TAimowi.A  et  La.maciik.  Soc.  de  Dio-r 
loqic,  13  mars  1921). 

Il  n’y  a  pas  de  rapiiort  constant  entre  la  pression  veineuse  et  la  pression  du  liquide 
céphalo-rachidien.  L’hypert(msion  veinnu.se  peut  exister  avec  une  pression  céphialo-* 
achidienm^  normale  (d,  inversement  Fhyp(Ttcnsiün  intracrânienne  peut  s’observer 


ANALYSES  123 

3V0C  une  pression  veineuse  normale.  Toulefois  la  décompression;  quand  elle  abaisse 
•a  tension  artérielle,  peut  faire  en  même  temps  varier  lu  pression  veineuse. 

L’hypertension  veineuse  est  fréquentes  dans  les  psyclnqiatiiies  aifruës  ;  elle,  est  pa¬ 
rallèle  ù  l’état  clinique  et  paraît  liée  à  une  défaillance  fonctionnelle  du  inyocarile. 


Innervation  vaso-constrictive  des  reins  par  le  splanchnique,  par  Toiîiinadf. 
et  llnuMANN.  .Sof.  (le  niulogie,  1 3  mars  192(3. 

La  tara<lisation  iln  nerf  splanchnique  |iro\’oqne  la  vaso-constriction  d('s  deux  reins, 
Lien  que  ce  nerf  ne  fournisse  d((  libres  vaso-constrictives  qu’au  rein  du  même  côlé  ; 
l’autre  rein  se  contracte  par  l’ini erventiun  d’une  sécrétion  intensifiée  d’adrénaline. 

K.  1’. 

SÉMIOLOGIE 

La  spasmophilie  (étude  clinique  et  thérapeutique),  par  G.  MouniguANn  et 
P.  BEnrOYE.  Journ.  de  Médecine  de  Lyon,  20  février  192G,  p.  85. 

Les  auteurs  donnent  de  la  spasmophilie  une  étude  clinique  d’ensembh-,  en  décrivent 
l'n  discutent  les  stifimates  (s.  de  Chvostek,  de  Trou.ssean,  d’Erb)  et  les  mnniteslations 
cliniques  variables  (laryngospasme,  convulsions,  tétanie  manifeste,  fruste  ou  latente). 
Ilsétndiont  le  terrain  spasmophilique,  ce  terrain  étant  préi)aré  soit  i)ar  l’alimentation 
Li’^séquilibrée,  soit  par  la  carence  solaire  (facteur  de  rachitisme  souvent  concomilant) 
par  l’infection,  en  iiarticnlier  par  l’hérédosyphilis. 

Au  point  do  vue  thérapeutique,  ils  insistent  sur  les  effets  bienfaisants  des  rayons 
ultraviolets,  dont  l’action  sédative  paraît  indiscutable  dans  la  majorité  des  cas. 

PlEimn  1‘.  lÎAVAULT. 

L  état  actuel  de  la  réüexologie  clinique,  par  11.  nnuNSciiwniTi'.n.  Archives  suisnes 
de  Neurol,  ci  de  Pxych.,  vol.  XV,  fasc.  2,  ]>.  278,  1924. 

Le  vrai  et  le  faux  signe  de  de  Graefe.  De  l’asynergie  oculopalpébrale  physio- 

I°Rique,  par  E.  Roi.lf.t  et  .1.  Eiîomfînt.  .Journal  de  Mé.d.  de  Lyon,  2(1  mars  192(1, 
P-  137. 

L  a.synorgie  oculo-palpébrale,  à  savoir  l’arrêt  ou  le  retard  d’abaissement  de  la  pau- 
Pière  supérieure,  quand  le  regard  se  jiorto  en  bas,  n’a  pas  la  valeur  sémiologique  (pi’on 
Lii  attribue  généralement.  IJe  Graefe  l’a  notée  fréipiemmeid  dans  la  maladie  de  Ha- 
®8ilow  et  en  fait  un  signe  d(^  cette  aff(^ction.  Or  ce  symptôme  s’observa-  aussi,  qiioicpie 
plus  rarement,  dans  la  paralysie  verticale  du  regard  par  lésion  des  tubercules  quadri¬ 
jumeaux  et  dans  les  syndromes  iFarkinsoniens  |iostencéphalitiques.  De.  plus  tout  indi- 
''Ulii  normal  peut  d’emblée  ou  aiirès  un  court  entraînement  réaliser  vadonlairement 
®oUe  asynergie  oculopalliébrale.  Le  sign(^  de  île  Graefe  perd  donc  de  sa  valeur  du  fait 
*ïu  il  peut  être  reproduit  volontairement.  Seule  son  unilatéralité  on  son  asymétrie 
Peuvent  lui  conférer  un  cachet  d’organicité  indiscutable. 

PiiînnE  Ravaiii.t. 

Récité  transitoire  ou  durable  sans  signes  ophtalmoscopiques  chez  les  enfants. 

par  L.  Gknet.  .Journ.  de  Médecine  de  I.tjon,  2(1  mars  1920,  p.  149. 

A,  1  aide  de  9  observations,  dont  7  personnelles  et  jinrini  elles  4  minutieusement 
Suivies,  G...  étudie  des  faits  curieux  et  qu’il  estime  relativement  fréquents  de  cécité 


Iriinsiloirc  011  durable  chez  lies  enfants.  11  s’agit  de  nourrissons  ou  de  tout  jeunes  j 

enfants,  chez  lesquels  les  troubles  de  la  vision  sont  par  suite  difficiles  à  étudier  et  pour-  ; 

raient  même  passer  inaperçus.  On  constate  chez  eux  l'absence,  de  toute  lésion  du  fond  \ 

d'œil  et  la  persistance  des  réflexes  lumineux.  L’auteur  admet  qu’il  s’agit  vraisembla-  j 

blement  de  cécités  corticales  liées  à  l’encéphalite  épidémique.  Dans  trois  observations,  t 

le,  diagnostic  clinique  avait  été  celui  d’encéphalite  épidémique.  L’auteur  passe  en  revue  i 

la  sémiologie  et  le  diagnostic  de  cette  affection,  ainsi  que  son  pronostic.  11  est  regret-  ; 

table  que  l’hypothèse  justement  émise  par  G...  do  lésions  encé|)halitiques  au  niveau  j 

des  voies  optiques  intracérébrales  ne  soit  pas  corroborée  par  des  documents  histo-  \ 

pathologiques.  l’iunnn  Ravai  i.ï.  j 

i 

.  1 

La  stase  labyrinthique.  Le  syndrome  de  Ménière  dans  l’hypertension  intra¬ 
crânienne,  par  P.  SuDAKA.  Thèse  d'Alijer,  1925.  < 

Le  syndrome  de  Ménière  est  parfois  symi)tomatique  d’une  hyp(‘rtension  iniracra-  1 

nienne,  soit  diffuse,  soit  localisée  à  l’étage  postéro-inférieur  du  crAne.  11  acquiert  alors  i 

la  signification  d’une  stase  lahiirinihUjue  que  confirment  les  bons  résultats  de  la  |ionc-  j 

tion  lombaire  ou  de  la  trépanation  décom|)ressive  dans  certains  cas.  j 


Les  réactions  colloïdales  du  liquide  céphalo-rachidien  (en  russe),  par  lL-.\.- 
Mankovvsky  et  S.-N.  Sciiaravsky.  Suuremennala  Psijchnnenriilufjhia,  t.  1,  n"  2,  ( 

p.  45-51’.,  1925.  "i 


La  réaction  avec  l’or  colloïdal  d’après  Lange,  modifiée  par  Kafka,  serait  la  nié- 
thode,  d’examen  la  plus  sensible  parmi  toutes  celles  qui  sont  employées  pour  l’étude 
du  liquide  céphalo-rachidien.  Elle  permettrait  de  reconnaître  les  formes  initiales  et 
latentes  des  affections  syphilitiques  du  système  nerveux  et  d’en  faire  le  diagnostic  diffé- 


L’hyperglycorachie.  Sa  valeur  sémiologique  spécialement  dans  les  affec¬ 
tions  psychiques,  par  Gachiî.  Thèse  d'Alyer,  1924. 

Outre  les  cas  où  il  est  habituel  de  rencontrer  l’hypcrglycrachie,  l’autour  montre 
qu’on  la  rencontre  fréquemment  à  litre  de  signe  isolé,  nu  cours  de  divers  syndromes 
psychiques. 

La  teneur  en  sucre,  du  liquide  céphalo-rachidien  est,  dans  la  très  grande  jnajorité 
lies  cas,  inférieure  à  la  glycémie.  A.  P. 


La  dés^dbumination  des  liquides  de  l’organisme  et  le  dosage  indirect  des 

protéines.  Application  au  liquide  céphalo-rachidien,  pur  Wuschknuori  i'. 

Thèse  d'Alj/er,  1924. 

Critique  de  toutes  les.  méthodes  de  dosage  direel  et  indirect  des  jirotéines  et  île  leurs 
causes  d’erreur. 

L’auteur  préconise  la  méthode  de  son  maître,  le  Prof.  Maillard,  méthode  indirecte 
par  t'hydrate  ferrique  colloïdal. 

11  indique  sa  technique  dans  le  cas  particulier  du  liquide  céphalo-rachidien  et  les 
résultats  rigoureusement  précis  auxquels  il  est  arrivé  A.  P. 


% 

i 


ANAL  Y  S  LS 


L'hyperuréorachie.  Fréquence  au  cours  des  affections  psychiques.  Essai  de 
pathogénie,  par  Salles.  Thèse  d'Alger,  1925. 

I^’auleur  note  la  fréquence  de  l'hyperuréorachie  chez  les  malades  atteints  de  troubles 
neuro-psychiques  et  indemnes  d’affections  rénales.  Elle  se  rencontre  surtou.t  au  cours 
(l’état.s  morbides  s’accompagnant  de  signes  d’intoxication  générale.  Dans  la  majorité 
fies  cas,  le  taux  de  l’urée  du  sang  est  supérieur  à  celui  du  liquide  rachidien. 

Hypothèses  pathogéniques  mettant  en  cause  les  plexus  choroïdiens. 

A.  P. 


A  propos  du  réflexe  digito-plantaire  du  prof.  A.  Kornilov  (en  russe),  par  A.-M. 
Mostvilichker.  Journal  névropalologhü  y  psychialrii  imeni  S.  S.  Kursakova, 
t.  XVIII,  n»  3-4,  p.  51-56,  1925. 


Le  réflexe  décrit  par  A.  Kornilov  est  considéré  comme  positif  si  la  flexion  des  doigts 
'iu  pied  apparaît  après  un  coup  donné  sur  la  plante.  La  flexion  de  l’orteil  est  excessi- 
''ernent  rare  ;  pour  les  2'  et  .3*  doigts,  la  flexion  est  assez  fréquente,  quant  aux  4“  et 
5'  doigts  leur  flexion  se  rencontre  le  plus  souvent.  Pour  étudier  le  réflexe,  il  est  néces¬ 
saire  de  commencer  par  l’examen  de  l’irritabilité  de  la  peau  de  la  plante  du  pied.  On 
ae  peut  guère  parler  d’un  résultat  positif,  si  cette  irritation  provoque  seule  la  flexion 
lies  doigts.  Il  est  à  retenir  que  si  parfois  la  zone  réflexogène  s’étend  sur  toute  la  plante, 
fille  peut  se  limiter  à  la  moitié  postérieure. 

Le  réflexe  de  Kornilov  est  caractéristique  pour  les  lésions  du  faisceau  pyramidal, 
fin  cas  d’affection  chronique  de  la  moelle  épinière.  Il  peut  être  noté  déjà  pendant  les 
premières  semaines  de  la  malade.  G.  Ichok. 


Le  réflexe  cœliaque,  par  André-Thomas  (de  Paris).  Arch.  suisses  de  Neurologie  el  de 
Psychiatrie,  t.  XIII,  p.  GI7  à  621,  1923,  (Bibliographie). 

Chez  certains  sujets,  en  pres.sant  avec  la  main  au  niveau  du.  creux  épigastrique  à 
®i-distance  entre  l’ombilic  et  l’appendice  xyphoïde,  on  provoque  un  abaissement  no¬ 
table  do  la  pression  artérielle  sensible  à  la  palpation  de  la  radiale  et  mesurable  au  sphyg- 
niotensiomètre.  Ce  réflexe  semble  exister  avec  une  plus  grande  fréquence  chez  les 
névropathes  anciens  et  dyspeptiques  et  chez  les  malades  atteints  d’affection  organique 
'lu  tube  digestif.  Ce  réflexe  a  été  à  nouveau  décrit  par  Claude  sous  le  nom  de  réflexe 
solaire. 

G.  DE  Morsier. 

Deux  cas  d’intoxication  par  le  gaz  avec  altération  de  la  barrière  ecto-méeo- 
dormique  du  cerveau,  par  F.  de  Allende  Navarro.  Arch.  suisses  de  Neurologie 
el  de  Psychiatrie,  t.  XIV,  fasc.  *,  p.  199,  1924,  2  figures. 

Travail  effectué  à  l’Institut  d’Anatomie  cérébrale  de  l’Université  de  Zurich.  Il 
tend  à  confirmer  les  idées  du  Professeur  Monakov,  concernant  le  rôle  des  plexus  cho¬ 
roïdes  et  de  l’épendyme  dans  la  protection  des,  centres  nerveux  contre  les  sécrétions 
fit  produits  nocifs  circulant  dans  l’organisme  (barrière  ecto-mésodermique). 

Dans  le  premier  cas,  il  s’agit  d’un  jeune  chauffeur,  qui,  en  essayant  de  mettre  son 
uioteur  en  marche,  s'affaisse  subitement  et  meurt  un  quart  d’heure  après. 

L’autopsie  a  montré  des  hémorragies  punctiformes  disséminées  dans  les  centres 
herveux.  Le  plexus  choroïde  présente  un  processus  de  sclérose  avec  dégénérescence 
hyaline,  et  l’épendyme  présente  différentes  lésions  (raréfaction  de  la  palissade, 
thromboses  et  extravasations  sanguines). 

Dn  conclut  à  l’empoisonnement  aigu  dû  à  l’oxyde  de  carbone  dégagé  par  le  moteur. 


ANAL  ysiiS 


DiUis  le  seooiiil  eus,  il  s’af'il,  il  un  emiioisuiinemeriL  professionnel  par  le  chlorure  Jo 
luél  liyle,  iiyani,  évolui'i  on  l.rois  mois,  avec  terminaison  mortelle. 

A  l’autopsie,  on  constate  une  hyperémie  générale  et  (les  signes  do  suffocation.  Les 
lésions  microscopiques  sont  analogues  à  celles  du  cas  ])récédent.  De  ces  constatations, 
l’auteur  pensi'  pouvoir  faire  ressorlir  un  parallélisme  entre  l’étafdes  plexus,  de  l’épen- 
dyiue  et  du  tissu  sous-épeudyiuaire  d’une  part,  et  celui  des  cellules  nerveuses  de  l’autre. 
La  fouction  des  trois  niveaux  inferieurs  serait  donc  de  protéger  les  éléments  uidiles  de 

On  peut  s’ét . .  de  voir  rapporter  à  un  processus  de  sclérose  chronique  une  into¬ 

xication  aussi  foudroyante.  D’ailleurs  la  preuve  toxieologiipie  de  rempoisonnenient 
n’est  fournie  dans  aucun  des  cas.  G.  un  MosNinn. 


ÉTUDES  SPÉCIALES 


CERVEAU 

Le  psycho-diagnostic  de  localisation  des  tumeurs  du  cerveau,  par  E.  Giîlma. 

Slrashiiiir(j  mihliral,  19  janvier  19211. 

I.’aiiteur  pense  que,  en  deliors  des  symptômes  sensoriels  et  moteurs,  l’examen  |isy- 
chique  peul,  dans  certains  cas  fournir  des  éléments  pour  le  diagnostic  de  localisation 
des  tumeurs  cérehrales.  A  cote  des  symptômes  communs  aux  diverses  localisations 
(olmuldlation,  puerilisme,  aspect  rappelaid,  la  paralysie  générale,  etc.),  il  existe  cer¬ 
tains  taldeaux  climipies  spéciaux  :  dans  les  cas  de  tumeurs  du  coiqis  calleux,  Uaymond 
a  (U’icrit  un  symlrume  caractérisé  par  une  certaine  incohérence,  un  trouble  dans  l’asso¬ 
ciation  des  idées;  on  constate  aus.si  dans  les  tumeurs  de  cette  région  de  raffaiblissement 
intellectuel,  de  l’apathie,  de  l’apraxiic  Les  tumeurs  frontales  s’accompagnent  le  plus 
souvent  d’affaiblissement  intellectuel  et  de  troubles  du  caractère  connus  sous  le  nom 
de  maria.  Les  tumeurs  des  régions  pariéto-temporales  s’accompagnent  d’agnosies, 
d’aphasies  ;  dans  les  tumeurs  occipitales,  h\s  hallucinations  visuelles  ont  une  Certaine 
valeur,  'l’outefois,  tous  ces  symplômes  sont  bien  loin  d’avoir  une  signification, 
diaguostiipie  ahsoluii.  N.  Haiiuk. 

Tumeur  cérébrale  et  épilepsie  jacksonienne  sensitive,  par  Mariano  R.  CAsriix, 
.l.-.l.  linnicTmiviDii  et  S.  Halustiia.  Revisla  (le  la  Soc.  (Je  Med.  inlenia  (Asociacioii 
Die.d.  crueiiliiia),  I.  hi,  n"  H,  p.  (>05-058,  novembre  1925. 

Homme  de  28  ans.  Les  premières  crises  ont  consisté,  en  fourmillements  dos  quatre 
derniers  doigUs  de  la  main  droite  ;  les  crises  ont  conservé  ultérieurement  ce  début, 
mais  les  phénomènes  sensitifs  se  sont  étendus  nu  bras  droit,  à  riiémifacc  droite,  au 
pied  droit  ;  jias  de  convulsions,  mais  corps  immobilisé  pendant  la  crise  ;  pas  de  perte 
de  connaissance  et  langage  intérieur  conservé,  mais  parole  diflicile  et  ))ar  moments 
impossible.  Les  céphalées,  la  diminution  d(i  la  vision,  la  paralysie  faciale  droite  amènent 
le  malade  à  l'hôpital  m'i  on  l’étudie  et  où  on  l’opère.  Grosse  tumeur  (110  gr.)  ovalaire 
(eudothéliome)  de  la  partie  antérieure  du  lobe  [lariétal;  elle  conline  aiix  cii'convolulions 
rolaudiques  et  eu  bas  touche  aux  circonvolutions  temporales  ;  dans  la  profondeur  elle 
atteint  le  ventricule.  h’.  Duluni. 


ANALYSES 


127 


Rétrocession  de  l'œdème  papillaire,  et  arrêt  d’évolution  consécutif  à  la  radio¬ 
thérapie  des  tumeurs  cérébrales,  jiar  Holi.ht,  l'noMENT  et  Colrat.  Journ.  de 

Médecine  de  Lyon,  21)  inars  192(;,  p.  113. 

LeSiBuleurs  apportent  cinq  observations  ib'  tumenrs  cérébrales  (gliomes  avec  syn¬ 
drome  d’hypertension  intracrânienne  et  troubles  visuels)  traitées  par  la  railiolliérapie. 
Chez  tous  ces  malades,  les  résultats  ont  été  nettement  favorables.  L’(e(lème  papillaire, 
comme  on  a  pu  s’en  rendre  compte  par  des  contrôles  successifs,  a  cessé  de  s’accroître 
progressivement  et  a  été  stabilisé.  Aucun  de  ces  sujets  n’a  évolué  vers  la  cécité  pro¬ 
gressive  et  l'atrophie  optique  irrémédiable.  Dans  tous  les  cas,  les  troubles  \  isuels  sub¬ 
jectifs  ont. été  améliorés  et  même  supprimés  par  la  thérapentiqiu'  utilisée.  L’effet  im¬ 
médiat  du  traitement  est  parfoi.s  une  accentuation  brusque  des  symptômes  en  rapport 
'^ns  doute,  avec  une  poussée  d’hypertension  céphalo-rachidienne  que  révèlent  les 
mensurations  mariométriques.  liais  cette  aggravation  est  transitoire  et  fugace.  A 
noter  que,  dans  aucune  de  ces  observations,  il  no  s’agissait  de  tumeur  de  l’hypophyse 
et  que  d’autre  part  la  radiothérapie  a  été  seule  utilisée  (aucun  des  malades  ne  subit  la 
'■l’épanation  décompressive).  Les  auteurs  estiment  que  la  trépanation  décompressivc 
ne  paraît  pas  donner  d('s  résultats  très  supérieurs  à  la  radiothérapie. 


Gliome  et  traumatisme  crânien  ((lliom  und  Schâde.ltrauina),  par  C.  von  Monakow, 
(de  Zurich).  Arcliin.  suisses  de  Neurol,  ci  de.  I‘syeli.,  t.  XIV,  f.  2,  p.  289-300. 

Rapport  d’expertis(!  fait  par  Monakow  au  sujet  de  la  mort  d’un  officier  survenue 
®n  1922  à  la  suite  d’un  gliome  cérébral.  11  s’agissait  de  savoir  si  la  mort  devait  être 
mise  en  rapport  avecuine  chut(^  de  cheval  sur  la  LCde  que  l’officier  avait  faite  le  17  avril 
1918,  et  si  oui,  avec  (piel  degré  de  probabilité.  Le  patient  avait  repris  son  service  3  jours 
nprès  la  chut(u  C’est  senlcm(uit  1  an  1/2  après  l’accident  qu’apparaissent  les  premiers 
symptômes  de  tumc\ir  cérébrale  sous  la  forme  d’absence,  durant  30  secondes  environ. 
Iles  pertes  de,  connaissance  passagères  augmentèrent  de  fréquence  jus(prà  l’attaque 
*1  apoplexie  mortelle  surveniuî  le  4  juillet  1922.  Après  une  discussion  approfondie  des 
‘lonnées  actuelles  concernant  l’étiologie  des  tumeurs  malignes  et  spécialement  des 
dépplasmes  gliomateux,  l’auteur  conclut  que  la  mort  de  l’of  licier  doit  être  mise  en  rap¬ 
port  avec  le  traumatisme,  crânien  dord,  il  a  été  victime  4  ans  auparavant,,  et  ceci  «  avec 
dhe  très  grande  probabilité  ». 

O.  nu  Monsinn. 

l'a  dysTirie  associée  aux  tumeurs  intracrâniennes  de  la  fosse  postérieure 
(Diflicult  urination  associated  wilb  intracranial  tumours  of  tlie  postérior  fossa), 
par  E.  IIoLMAN.  Arch.  of  Neurol,  and  l’sych.,  mars  1920,  11“  3,  vol.  15. 

Après  avoir  donné  un  aperçu  historique  et  physiologique  delà  question,  11...  rajiporle 
dn  certain  noinlnvi  d’observations.  Dans  8  cas  de  tumeur  cérébelleuse  occupant  la 
partie  moyenne  ou  s’étendant  à  distance  de  cette  région,  on  a  observé  des  troubles  de 
la  ràicticm  ;. cette  difllculté  de  la  miction  peut  être  expliquée  par  l’interruption  de 
coIoTwies  de  libres  nerveuses  passant  d’un  centre  urinaire  au  segment  intérieur  de  l’en- 
aemble  delamoello  épinière  jusqu’à  la  région  sacrée,  point  do  départ  dos  nerfs  innervant 
la  vessie.  Ces  observations  doivent  être  considérées  comme  la  preuve  que  la  miction 
'’olontaire  provient  d’excitations  des  contrits  supérieursdansla  région  sous-thalauiique. 
^eci  confirme  les  recherches  expérimentales  qui  attribuent  à  la  région  sous-lhalamique 
la  Centre  du  contrôle  île  la  contraction  vésicale. 


MonsiER. 


ANALYSES 


La  thérapeutique  des  tumeurs  cérébrales,  nipporl de  Th.  de  Martel.  V I I”  Cnn- 
yrèx  (le  la  Soc.  inlernalionale  de  Chirurgie,  Home,  7-10  avril  192(). 

La  chirurgie  des  tumeurs  cérébrales  a  réalisé,  dans  ces  vingt  dernières  années,  d’im¬ 
menses  progrès.  Les  perfectionnements  de  la  clinique  aidés  de  l’exploration  radiogra¬ 
phique,  de  la  venlriculographie,  de  la  méthode  des  injections  colorées  permettent  de 
faire  des  diagnostics  topographiques  précis  ;  les  recherches  de  Cushing  et  Bailey,  en 
catégorisant  les  gliomes,  ont  fourni  des  éléments  nouveaux  au  pronostic  ;  enfin  les  amé¬ 
liorations  continues  de  la  technique  opératoire  et  de  l’instrumentation  ont  singuliè¬ 
rement  réduit  les  dangers  d’interventions  autrefois  meurtrières.  L’auteur  exi)ose,  et 
discute  les  points  essentiels  à  observer  pour  assurer  les  meilleurs  résulats  opératoires. 

E.  F. 

La  thérapeutique  des  tumeurs  cérébrales,  rapport  de  Hans  Brun  (de  Lucerne). 

VIE  Corujrès  de  la  Soc.  inlernalionale  de  Chirurgie,  Home,  7-10  avril  192(1. 

Toute  |)erte  de  sang,  primitive  ou  secondaire,  influence  notablement  le  pronostic 
de  l’intervention.  Tout  comme  les  modifications  de  pression  résultant  de  l’ouvertiirc 
du  crAne  et  des  manœuvres  exécutées  sur  la  dure-mère  et  le  cerveau,  l'hémorragie 
brusque  peut  |)roduire  un  collapsus  qui  imposera  l’intervention  en  deux  temps.  La 
suture  de  lleidenhain,  les  plaques  de  Kredel,  etc.,  ne  produisent  qu’une  hémostase 
temporaire  et  les  hématomes  secontlaires,  sous-jacents  au  territoire  barré,  sont  des 
agents  de  compression  et  de  nécrose.  L’auteur  évite  donc  l'hémorragie  avec  tout  le 
soin  possible. 

Dans  son  rapport  sont  exposés  tous  les  détails  de  sa  technique.  E.  F. 

La  thérapeutique  des  tumeurs  cérébrales,  rapport  de  R.  LozANO(de  .Saragossc). 

VIE  Congrès  de  la  Soc.  inlernalionale  de  Chirurgie,  Rome,  7-10  avril  1920. 

La  meilleure  thérapeutique  des  tumeurs  cérébrales,  c’est  Ve.r.lirpalion,  malgré  sa 
mortalité  élevée  ;  la  craniectomie  décompressive  aggrave  fréquemment  la  .situation 
des  malades. 

La  craidectomie  radicale  doit  se  faire  de  bonne  heure  avant  que  l'hypertension  intra¬ 
crânienne  ait  acquis  son  complot  développement.  La  craniectomie  en  un  temps  sous 
anesthésie  locale  est  préférable  à  l’opération  en  deux  temps. 

On  peut  réséquer  une  grande  partie  des  lobes  frontal,  occipital  ou  temporal,  sans 
enlralner  la  mort  et  bien  souvent  sans  provoquer  de  notables  altérations  fonction- 

Lu  morlalilé  opératoire  pour  les  tumeurs  de  la  fosse  cérébrale  antérieure  est  de  40  %  ; 
elle  s’élève  à  05  %  en  moyenne  pour  celles  de  la  fosse  cérébrale  postérieure.  Les  résul¬ 
tats  éloignés  indiquent  un  pourcentage  approximatif  de  20  %  de  guérisons  définitives. 

Malgré  les  progrès  récents  du  diagnostic,  on  peut  confondre  une  tumeur  cérébrale 
avec  d’autres  lésions  qui  s’aggravent  [lar  l’opération  ;  celle-ci  devient  alors  d’un  pro¬ 
nostic  très  sérieux.  C’est  là  le  plus  gros  risque  à  courir.  C’est  dans  le  diagnostic  et  la 
thérapeutique  des  tumeurs  ponto-cérébelleuses  que  les  plus  grands  progrès  ont  été 
réalisés. 

La  radiothérapie  laisse  entrevoir  la  guérison  des  tumeurs  cérébrales,  surtout  des 
gliomes  et  des  tumeurs  hypophysaires.  Malheureusement,  on  ne  publie  presque  exclu* 
sivement  que  les  succès  et  non  les  échees.  Pour  le  moment,  elle  ne  doit  être  conseillée 
que  dans  les  tumeurs  inopérables  et  presque  toujours  après  trépanation  préalable, 
pour  éviter  des  accidents  graves.  Dans  les  tumeurs  inopérables,  elle  permet  d’obtenir 
l’atténuation  d’un  grand  nombre  de  symptômes,  vomissements,  céphalalgie,  convul¬ 
sions  et  troubles  visuels.  E.  F. 

Le  Gérant  :  J.  CAHOUJAT. 

Poitiers.  —  Société  Française  d  inipriiiierie.  —  19‘2ü. 


Tome  II.  N»  2 


Août  19  26 


REVUE  NEUROLOGIQUE 


MÉMOIRES  ORIGINA 


traitement  par  la  radiothérapie 

DES  TUMEURS 

de  la  Région  infundibulo-hypophysaire 

(2'  CommunicaHon)  (') 


G.  ROUSSY,  S.  LABORDE,  G.  LÉVY  et  J.  BOLLACK 

Dans  une  communication  faite  à  la  Société  de  Neurologie  en  juillet  1924 
(in  Revue  Neurologique,  n“  4,  tome  II,  octobre  1924),  nous  avons  publié 
les  résultats  que  nous  avions  obtenus  dans  le  traitement  des  tumeurs  de 
la  région  infundibulo-hypopbysaire  par  la  radiothérapie  pénétrante. 

Nous  apportons  aujourd’hui  des  renseignements  complémentaires  sur 
ces  anciens  malades  suivis,  pour  la  plupart,  très  régulièrement  et  nous  y 
joindrons  trois  observations  nouvelles. 

Parmi  nos  anciens  malades  qui  étaient  au  nombre  de  8  : 

2  sont  morts  ;  —  2  sont  restés  dans  un  état  stationnaire  ;  —  1  autre 
a  présenté^  après  une  période  d’amélioration  évidente,  une  aggravation 
oianifeste  qui  persiste  encore  aujourd'hui  ;  —  2  malades  peuvent  être 
actuellement  considérés  comme  guéris  ;  —  enfin,  nous  sommes  depuis 
deux  ans  sans  nouvelles  de  l'iin  d’eux. 

groupe.  Los  cas  de  mort  correspondent  aux  observations  I  et  IV  de  notre 
première  communication.  ' 

l’our  la  première  (Lem...)  il  s’agissait  d’un  homme  de  45  ans  atteint  d’un  ntjndromt 
^ci’omégalique  avec  troubles  oculaires  prononcés,  polyurie  el  gros  effondremenl  de  la  selle 
“rciçue,  dont  l’évolution  était  stationnaire,  depuis  deux  ans  et  demi,  c’est-à-dire  depuis 
a  début  du  traitement  par  les  rayons  X,  en  juin  1922. 

Le  diagnostic  porté  était  celui  à' épilhélioma  de  l'hypophyse  ayant  dépassé  la  sel'e 
urcique,  avec  compre.ssion  de  la  région  basilaire,  ainsi  que  le  prouvaient  l’existence  de 
a  polyurie  et  les  signes  oculaires. 

et^I  ce  malade  suivi  d’une  manière  à  peu  près  régulière  pendant  les  années  1924 

925  était  resté  sensiblement  stationnaire,  avec  cependant  une  diminution  marquée 

(!)  Société  de  Neurologie,  séance  du  6  mal  19Î6. 

REVUk  NEUHOLOGIQOE.  —  T.  Il,  N»  2,  AOUT  1926.  9 


G.  ROUSSY,  S.  LARORDE,  G.  LÊVY  ET  J.  BOLLACK 


I  :iO 

<l(\  l;i  polyurie.  Mais  depuis  janvier  I'.l2r),  sa  vue,  avait  progressivement  liaissfi.Il  est  moi  t 
chez  Ini.  en  dée.emlire  sans  que  nous  ayons  pu  avoir  de  renseignements  pr^^eis 
surles  symptômes  présentas  à  ce.  moment-là. 

La  tliérapeutique  par  les  rayons  X  (24.000Hen2  sôries)  a  arrêté  pendant  deux  ans 
et  denu  (de  1022  à  1026)  révolution  de  l’affection  jusqu’alors  progressive  ;  puis,  lu 
l.raiteunmt  est  devenu  inactif. 

l,’ol)S.erv9(.i(Tn  IV  (.Sant...)  correspond  à  une  femme  de  4.0  ans  présentant  des  Ironbh’s 
unilniri’.st,  ami:  eéphali'i'.  iemlanrr.  )iiipfrsomniiiiie.  aménnrrhiU’,  xans  aliinsilê  ni  xiin- 
ilrome  iirinain:  ;  avec  iléfiirmnlinn  de  la  selle  liireiqne.  On  avait  porté  l(^  diagnostic  de 
Innieur  de  la  ijlaruie  pilnilaire,  devenue  exlra-sellaire  ainsi  que.  le.  prouvait  l’oxistimce 
di's  trouilles  eliiaslnatiipies.  Nous  verrons  fpie  l’examen  des  pièces  ana loitnques  a  con¬ 
firmé  complètement  ce  diagnostic. 

Le  traitement  radiothéraiiiipie  avait  amélioré  la  cé[)lialée  et  guéri  les  troubles  ocu¬ 
laires  pendant  une  année.  Mais,  en  juin  1024,  on  constate  une  reprise,  de  la  sympto¬ 
matologie  et  l’apparition  de  phénomènes  oculaires  nouveaux. 

Ou  décide  alors  de  reprendre  le  traitement  par  les  rayons  X  et  l’on  praliipie  une 
4“  séried’irradiations(l),  I.ü  traitement  est  suspendu  après  que  la  malade  a  reçu  seule¬ 
ment  .'l.flOO  IL  répartis  en  8  séances,  [lare.e  ([u’elle  présente  un  véritable  syndrome 
méningé  avei‘,  état  de  prostration  marquée,  grosse,  céphalée,  tenqiérature  à  .38,8,  rai¬ 
deur  di’  la  nmpie  et  Kernig.  II  n’existe  pas  de,  vomissements. 

On  avait  déjà  (diservé  des  |ihènomènes  analogues,  lors  île  la  3“  série  d’irradiations 
quelques  mois  aiqiaravant. 

Ponction  lombaire  :  liipdile  trouble,  nondireux  polynucléaires,  albumine  :  I  gr.  .àO. 
L’ensemencement  est  négatif. 

Oïd,  étal  alarmant  dure  3  jours,  pins  tout  rentre  dans  l’ordre.  On  reprend  rdors  le 
traitement  par  rayons  X,  par  séances  courtes  de  10  minutes  chacune,  et  ces  séances 
sont  assez  bien  supportées.  On  donne  0.000  H.  en  tout. 

Éxamen  nenlaire  :  Amélioration  de  lu  vision  à  droite  ;  disparition  de  riiémiacliroma- 
topsie  à  droite;  à  gauche  l’acliromatopsio  qui  était  totale  ne,  l’est  plus  pour  le  bleu.  Il 
y  a  donc  une  amélioration  des  signes  oculaires,  mais  on  note  du  pLosis  avec  indème  de  la 
paupière  gamdie. 

Peu  à  peu  réapparaissent  des  céphalées  accompagnées  de  nausées,  avec  des  vertiges 
et  une  tendance  an  sommeil. 

Ln  même  temps  l’état  inexpressif  des  traits  s’accentue,  et  le,  caractère,  de  la  malade,  se 
modifie  e.onsidérablemi'id,  :  celle-ci  est  puérile,  apathique,  indilîérente. 

’l'ous  ces  tihénomènes  vont  en  s’accentuant  et  en  novembre  1024  on  reprend  le  trai¬ 
tement  par  les  rayons  X. 

Malgré  des  séances  courtes, d’un  quart  d’heure  chacune,  apparaît  une  céphalée  intense 
avec  obnubilation,  vomissements  verdâtres,  sensation  d’étoulTement  qui  obligent  d’in¬ 
terrompre  le  traitement. 

L’état  s’améliore  rapidement, on  tente  alors  de  reprendre  la  radiolhéraiiie  par  séances 
de  200  à  2.00  IL  A  ce  moment  apparaît  de  la  diphqne,  et  au  bout  de  ipielques  jours,  la 
malade  se  plaiid.  de  nouveau  de  céphalées  intenses.  Pille  est  dans  un  état  de  prostra¬ 
tion  maripiée,  avec  tenqiérature  à  30,(1,  le  |)tosis  s’est  acentué,  la  mastoïd(!  est  dou¬ 
loureuse,  un  léger  écoulemeid,  séro-sanguin  s’écoule  par  l’oreille. 

Le,  10  janvier,  la  malade  entre  dans  le  coma  .avec  b.yperthermie  et  meurt  le  20  janvier 
1025. 

Aulupsie  des  eenlres  nerveux.  —■  .\  l'ouverture  ilu  crâne,  rien  d’anormal  à  signaler  au 

(I)  La  radiothérapie  est  effectuée  au  moyen  du  général . .  à  tension  constante, 

avec,  ampoule  (.oolidge  ilans  l’hilile  et  refroidissement  à  eau. 

Tension  !  200.000  volts. 

Pltinc,  éipiiv.  :  00  mm.  entre  sphères  de  10  cm.  de  diamètre. 

Intensité  ;  3,5  niilli  ampères. 

liiMim  loi  11  10  (in. 

P’iltre  :  1  mm  Lu  1  2  mm  Al. 

1  'irradiation  eomprend  généralement  4  champs  :  2  temporaux,  deux  frontaux,  avec 
une  dose  de  1.000  IL  par  région,  en  donnant  une  dose  quotidienne  de  500  à  1.000  IL' 


ritAITHMENT  DES  TUMEURS  PAR  LA  RADIOTHERAPIE 


131 


niveau  de  la  faci'  externi'  de  la  dure-mère,  ou  de  la  face  interne  de  la  calotte  crânienne. 
Après  ouverture  de  la  dure-mère  on  note  la  présence  ih'  quelques  adhérences  des  mé¬ 
ninges  molles  au  niveau  du  pôle  frontal  gauche,  et  un  léger  enduit  verdâtre  comblant 
'es  scissures  frontales  gauches  jusqu’au  ni\  eau  de  la  frontale  ascendante. 

Au  cours  de  l’extiriiation  de  la  masse  cérébrah',  on  a|ier(;oit  immédiatement  un 
prolongement  d’une  masse,  tumorale  qui  vient  adhérer  à  la  base  du  cerveau  et  qui  doit 
^tre  sectionnée. 

L’examen  de  la  face  intérieuredii  cerveau  dénote  (voir  llg.  1  )  un  léger  épaississement 
de  la  méninge  basilaire  sans  méningite  vraie  et  un  aplatissement  notable  du  chiasma 
Optique.  Sur  la  face  inférieure  do  celui-ci,  surtout  à  droite,  présence  d’une  ulcération 
de  la  grosseur  d’un  petit  pois  correspondant  à  l'adhérence  et  à  l'envahisseinent  d'un  des 


prolongements  néoplasiques.  De  même  à  gauche,  et  d’une  façon  symétrique,  deux 
petites  taches  indiquent  des  adhérences  néoplasi(|ues.  La  tige  pituitaire,  l'st  impos- 
S'  lie  a  repérer,  mais  rinfundibuliim  est  dilaté,  largemimt  béant  sur  la  coupe. 

Au  niveau  de  la  base  du  crâne  et  dans  la  région  liyi)ophysaire  apparaît  une  vaste 
^asse  tumorale  rouge  et  fongueuse  ([ui  envahit  de  chaque  côté  les  régions  sus-orbitaires, 
partout  a  droite  ;  sur  la  ligné  médiane  elle  effondre  l’ethmo'ido  et  latéralement  envahit 
'0  massif  du  rocher. 

On  prélève  en  masse  ce  massif  oss(Uix  conqirenant  la  tumeur.  Dn  constate  alors  que 
^  Choanne  est  envahie  |)ar  un('.  jjropagation  néoplasi(pie.  Sur  une  coupesagittale  faite 
l’ét  Pr'devée  (voir  lig.  2),  ii  est  facile  de  se  rendre  compte  du  siège  et  de 

étendue  decette  tumeur  qui,  ayant  pris  naissance  au  niveau  de  riiyjjophyse,  a  effondré 
P  étement  les  clino'i'des  ijostérieures,  alors  que  les  antérieures  sont  encore  visibles  ; 
ms  la  tumeur  pénètre  assez  jirofondément  dans  la  masse  du  sphéno'itle. 
a  moelle  épinière  iwt  prélevée  (d,  ne  présente  rien  de  i)articulii'r  à  l’œil  nu. 

^ulüpnie  (leu  inscèr(;s 

;  "ninon  :  h  y  [jus  ta  S('  du  lobe  inférieur  dr<dt  ;  léger  (cdènu' du  lobe  inférieur  gauche. 

'on  de  particulier  à  noter  au  niveau  des  reins,  de  la  rate,  du  foie,  du  jjancréas,  du 


132 


G.  ROUSSY,  S.  LA  BORDE,  G.  LÉVY  ET  J.  BOLLACK 


C(t'iir,  <iii  péricanli'  (>t  (le  l’aorte,  si  ce  n’est  au  niveau  de  celle-ci  quelques  petits  placards 
d’athéroine  dans  la  réirion  thoracique. 

Surr('‘nale  (imite  :  7  frr.  et  gauche  5  fjr.  ;  i?tat  plutôt  hy[)Oplasiqiie. 

Utôrus  du  type  infantile  (35  f;r.). 

Corps  thyroïde  petit  en  forme  d’U  ;  lobe  droit  plus  petit  que  le  franche  ;  poids  tota 

Examen  hislDlni/iiiiie  de  la  Inmeur  hiipophi/saire.—  Sur  les  divers  frapmentsexaminôs 
on  constate  ; 

1“  La  persistance  d’un  lambeau  de  tissu  glandulaire  de  l’hypophyse,  très  reconnais¬ 
sable  à  la  disposition  cordonnale  des  cellules  baso  et  aoidophiles,  ces  dernières  en  ass(‘Z 

2”  L’existence  d’un  fragment  dont  la  morphologie  et  la  structure  rappellent  le  lol)e 


l’i(j.  2.  —  Aupecl  (L 


oycn  (lu  ciùiie  et  U  région 


3“  1-a  présence  d'une  tumeur  irrégulièrement  disposée,  accidentée  (J((  travées  colla¬ 
gènes,  d’une  part.  d((  remaniements  circulatoires,  dégénératifs  et  inflammatoires 

l"  L’existeno('  d’une  vaste  poclui  kystique  uni  ou  multiloculaire  tapissée  par  un 
revêtement  épithélial  cylindritpie  cilié. 

Le  lobe  glandulaire  se  continue  sans  limite  précise  avec  la  tumeur. 

Le  lobe  nerveux  et  la  portion  kystique  ciliée  paraissent  indépendants  de  la  tumeur. 

I>a  tumeur  oITre  les  caractères  de  bouleversement  architectural,  de  destruction 
(envers  le  tissu  osseux  particidièrement)  et  l’absence  de  figures  morphologiques 
dilïér((nciées  ;  ensend(l((  signant  la  natur((  cancéreuse  de  la  lésion. 

Klle  est  constituée  de  placards,  cordons  ou  traînées  cellulaires  dont  les  éléments  sont 
tantôt  arrondis,  tantôt  allongés.  Il  n’existe  nulle  part  d’agencement  déterminé  entre 
les  cellules  néoplasiques. 

Kn  deux  points  seulement,  les  rapports  avec  un  système  vasculaire  d’ailleurs  exa¬ 
gérément  développé  et  angiomateux  sont  tellement  intimes  qu’on  peut  voir  un  rapixd 
de  l’architecture  endocrinienne  du  lobe  glandulaire  de  l’hypophyse, 

l’as  de  mitoses,  ni  de  monstruosités  cellulaires. 

l’as  de  figures  liistologi(pies  évidentes  d’action  des  rayonn((ments. 

On  note  en  outre  des  remaniement  circulaloiree  sous  forme  d'hémorragies  anciennes 
ou  récentes  avec  pigment  ocre  digéré  par  des  macrophages,  et  des  remaniemenis  dégéné- 


traitement  des  tumeurs  par  la  radiothérapie 


133 


''atifs  constitués  par  des  plages  importantes  de  nécrose  avec  persistance  du  squelette 
tissulaire,  sans  alFinité  tinctoriale. 

Enfin  il  existe,  en  de  nombreux  points,  des  foyers  inflammatoires  caractérisés  par  des 
nodules  abcédés  avec  nombreux  polynucléaires  jointifs. 

En  résumé,  épilhélioma  atypique  de  l'hypophyse  avec  remaniements  inflammatoires 
H  nécroliques. 

A  la  tumeur,  est  associée  une  malformation  sous  forme  de  kyste  cilié. 

Examen  histologique  de  la  région  du  tuber.  — •  La  région  infundibulo-tubérienne  pré¬ 
levée  en  bloc  et  divisée  en  3  fragments  a  été  incluse  à  la  colloïdine  et  débitée  en  coupes 
■bicroscopiques  sériées  ;  les  coupes  ont  été  colorées  à  l’hématéine-éosine  et  au  Nissl. 

L’étude  histologique  des  différents  fragments  montre  les  faits  suivants  : 

1°  Une  méningite  caractérisée  par  un  épaississement  de  la  pic- mère  avec  mailles  de 
fibrine  encerclant  de  nombreux  éléments  lymphoplasmatiques.  Cette  infiltration 
■béningée  forme  une  nappe  qui  entoure  de,  toute  part  la  base  du  cerveau  pour  pénétrer 
bans  l’intérieur  du  4®  ventricule,  d’une  part,  et  pour  entourer  d’autre  part  le  chiasma 
Optique, 

2°  Le  chiasma  est  le  siège  d’inflltrat'  leucocytaire  en  nappe,  ainsi  que  de  nombreux 
petits  foyers  hémorragiques  ou  nécrotiques.  De  plus,  sur  sa  face  intérieure,  on  retrouve 
®br  les  préparations  histologiques  l’envahissement  néoplasique  signalé  à  l’examen 
'bacroscopique  de  la  pièce  ;  envahissement  caractérisé  par  la  présence  de  bandes  de 
oallules  épithéliales  du  type  de  la  tumeur  primitive  qui  pénètrent  plus  ou  moins  pro- 
ondément  dans  le  tissu  nerveux  du  chiasma. 

3°  Dans  la  région  tubérienne  proprement  dite,  on  note,  une  infiltration  lymphoplas- 
bia  tique  discrète  dans  le  tissu  nerveux,  plus  marquée  autour  des  vaisseaux  où  elle  forme 
as  manchons  péri-vasculaires  compris  dans  les  gaines  de  Robin-Virchow. 

En  outre,  les  cellules  ganglionnaires  des  noyaux  propres  du  tuber  et  des  noyaux 
para-ventriculaires  paraissent,  pour  la  plupart,  nombreuses  et  volumineuses,  et  pré¬ 
sentent  des  lésions  histologiques  (Jiscrètes  mais  indiscutables. 

En  résumé,  on  a  affaire  à  un  épilhélioma  atypique  el  infiltré  de  l'hypophyse  avec  com- 
Pj'ission  cl  envahissement  du  chiasma  el  compression  de  la  région  infundibulo-lubérienne 
b  cerveau.  11  existe,  de  plus,  des  réactions  méningées  inflammatoires  de  cette  région, 
®b  même  temps  qu’une  infiltration  discrète  de  la  substance  grise  du  tuber  avec 
®M,einte  des  noyaux  tubériens. 

Un  se  trouve,  donc  ici  en  présence  d’un  cas  complexe  :  lésion  hypophysaire  primitive 
®vec  retentissement  secondaire  sur  le  tuber,  ce  qui  rend  cette  observation  inutilisable 
ans  le  débat  ouvert  entre  les  partisans  de  la  théorie  liypophysaire  (d  les  défenseurs  de 
la  théorie  tubérienne. 

Examen  histologique  des  différents  viscères.  —  Rien  de  particulier  à  signaler  au  niveau 

*  poumons,  du  foie,  du  pancréas,  de  la  rate,  du  cœur,  des  reins  et  de  l’aorte. 

J  ‘hyroïde  :  Disposition  colloïde  à  peu  près  normale  ;  irrégularité  banale,  mais  bande 
«  sclérose  assez  prononcée  et  on  îlots  ;  on  de  nombreux  points,  infiltrat  leucocytaire 
armant  des  plages  ou  des  amas  traduisant  une  réaction  assez  particulière  de  l’organe  ; 
inyroïdite  imliscutable. 

vaire  droit  :  agénésie  ovarienne  avec  présence  de  quelques  très  rares  follicules 
«Ifophiés  ;  pas  de  corps  jaunes. 

Urrénale  :  état  hypoplasique  ;  disparition  presque  complète  des  travées  spongio- 
aytaires. 

En  résumé,  le  traitement  radiothérapique  a  amélioré  la  céphalée  et  guéri  complè- 
^  ment  les  troubles  oculaires  pendant  une  année,  puis  les  symptômes  ont  peu  à  peu 

Pparu  et  les  rayons  X  à  chaque  nouvelle  tentative  d’irradiations,  à  faibles  doses 

rtant,  ont  semblé  provoquer  des  accidents  méningés,  sans  réussir  à  arrêter  l’évolu- 
bm  fatale.  La  malade  a  reçu  en  tout  40.000  R.  environ,  en  7  séries. 


^  groupe.  -Des 

présentait  un  syndrome,  génital  avec  Irai 
®  O  série  infundibulo-lubérienne. 


c  (obs.  Asba.) 
un  autre  signe. 


IMl  G.  ROUSSY,  S.  LABORDE,  G.  LÉVY  ET  J.  BOLLACK 

Nous  avions  admis  qu’il  s’a^rissait  x’raisi'mblaldomi'nt  d’une  lumcur  de.  la  région  infiin- 
ilihnlo-liiliérii’nnc,  lui  raison  di'  l'inléf'ril.é  de  la  S(dle  lurcique. 

Cedle  malade, (]ui  avail  subi  une  premièri^  série  d’irradiations  île  12.000  H  en  aofil 
1 022,  sans  modi  licalion  aueune.  est  revue  en  octobre  1024.  L’examen  des  yeux  ne  décéle 
aucun  clianeemeiiL  depuis  le  ]iremier  examen. 

Une  2“  série  d’irradiations  est  commencée  le  10  octobri^  1024,  mais  après  avoir  reçu 
4.000  U.  la  malade  est  obli};ée  d'interrompre  son  Iraitemenl  pour  des  raisons  person¬ 
nelles  ;  elle  n’a  pu  diqiuis  lors  revenir  pour  suivre  un  nouveau  traitement. 

l.a  radiotliérai)ie  10.000  H  en  2  séries  n’a  amené  ici  aucune  modilication,  et  nous 
sommes  sans  nouvelles  de  la  malade  depuis  octobre  1025. 

[.a  seconde  malade,  de  ce  troupe  (observation  VU,  I.  Taill.)  est  une  femme 

iioée  de  O.d  ans,  chez  laquidle  évoluent,  depuis  1022,  des  troubles  de  la  vue  du  type  cliiasma- 
liyue  avce  céphalée, sans  aulre  signe  de  la  série  in/undibulo-liypoptuisaire.  Selle  lurciipie 
normale.  La  spéci licite  n’a  pas  pu  être  démontrée,  ni  cliniquement,  ni  par  l’examen  du 
sang  ou  du  liipude  céplialo-racludien. 

Le  traitement  radiothérapique  amène  une  diminution  nette  de  la  céphalée,  résultat 
également  accusé  par  la  malade  après  les  séries  d'injections  antisyphilitiques. 

Les  règles  ont  tendance  à  devenir  moins  abondantes. 

.Après  de  courbas  périodes  où  la  malade  trouve  que  sa  vision  s’améliore,  les  symptômes 
oculaires  se  sont  légèrement  aggravés  :  VOl)  zéro  ;à  gauche  ;  hémianopsie  temporale 
complète,  acuité  visuelle  inoins  bonne  ;OI)  :  décoloration  complète  de  la  papille,  OG  ; 
décoloration  tnconqilète. 

tfix  séries  d’irradiations  comportant  43.(’i0n  H  pratiquée  au  cours  de  deu.x  années 
ne  semblent  avoir  eu  aucune  action  sur  l'éta  t  de  celte  malade,  les  phénomènes  oculaires 
s’étant  progressivement,  mais  très  lentement  aggravés;  la  seule  amélioration  constatée 
concerne  la  diminution  de  la  céphalée  id  le  retour  régulier  dos  règles. 

Le  malade  qui  correspond  à  l’observation  \1  (Go.,.)  est  [larticulièrcment  intéressant 
parce  qui',  après  une  période  d'amélioration  considérable,  les  sym[itômes  sont  réap¬ 
parus,  et  sont  allés  s’aggravant  sans  ipi’on  puisse  en  enrayer  la  marche. 

Il  s’agit  d’un  homme  de  48  ans  [irésenlanl  des  troubles  de  la  vue,  évoliiaut  depuis  11122 
et  .Tarrompagnanl  de  céphalée  el  de  somnolence. 

Les  examens  radiographiipies  el  l'intervention  chirurgicale  praliipiée  au  niveau  de 
la  selle  lurcique  permettent  de  conclure  d'abord  à  l’intégrité  de  l'hypophyse. 

(  )n  pose  le  diagnostic,  de  tumeur  de  ta  région  in/undibulo-lubérienne,  partie  inférieure 
(lu  II  U'  x  i'ntricule. 

Gfi  malade  qui  au  moment  de  notre  communication,  en  octobie.  11124, avait  [irésenté 
une  amélioration  considérable  de  l’acuité  visuelle  de  l'ieil  droit  et  une  récupération 
important!'  du  champ  visuel  temporal  à  droite  a  conservé  un  état  satisfaisant  jusqu’au 
mois  d’octobre  11125.  .\  ci'lle  épo(|ue,  il  présente  un  peu  de  céphalée  et  on  constate 
une  diminution  du  champ  visuel  lenqioral  droit.  11  est  intéri'ssant  de  suivre  la  marche 
des  signes  oculaires  dans  les  examens  successifs  suivants  : 

Oelobre  11)24.  \’ÜI)  ;  (1/10  avec  ■  I  .  \'()G  :  .Mouvu'ments  de  la  main  visibles  dans 

la  partie  nasale  du  cham|)  visuel,  fond  d’ieil  :  décoloration  papillairi'  surtout  accusée 
à  gauche.  Champ  visuel  :  I  lémiachromatopsie  temporale  droite.  Héapparition  d’un  sec- 
ti'ur  nasal  du  (diam|)  visuel  gauche. 

Jani’irr  11)25.  -  VOl)  :  7,10  ;  I.  \'OG  :  l’i'rcefition  lumineuse  dans  le  champ  nasal. 

Même  étal  du  fond  d'ieil.  Champ  visuel  ;  hémiachromatopsie  ti'inporale  droite,  l’er- 
sislanci'  d’un  [letit  îlot  dans  h'  champ  nasal  à  gauchi'. 

./iii/i  11)25.  -  vol)  :  8 /lO  I .  \  (  )G  zéro.  Ilémiachromaloiisie  ti'iiqiorale  droite. 

Octobre  11)25.  —  Aggravation  des  troubles  oeulaires  :  VOl)  :  4  /  lO  |  I .  VOG  -  zéro. 
Champ  visuel  :  hémianopsie  temporale  droite  ;  décoloration  papillaire  surtout  accusée 

Iteprisedu  traitement  par  les rayonsX  ;  ce  qui  constitue  une  .3»  série  d’irradiations. 

Radiulhérapie.  Le  malade  reçoit  15.000  H.  du  14  octobre  au  25  novembre  11)25. 

Le  traitement  a  été  bii'ii  supporlé.  l.a  céphalée  (lis[iaraît.  Cependant  l’i'idoiirage 


TRAITEMENT  DES  TUMEURS  PAR  LA  RADIOTHÉRAPIE 


135 


Octobre  1924 


Juin  24 


Octobre  1925 


136 


G.  FtOUSSY,  S.  LABOBDE,  G.  LÉVY  ET  J.  BOLLACK 


si^'nalo  un  chanfî(irn(^nl  du  caractèro  avec  crises  de  colère.  Il  n’y  a  pas  (r6larf'iss(un(^nt 
du  oliamp  visuel  et  l’acuilè  visuelle  reste  stationnaire. 

Aitril  11120.  —  Nous  v(uions  de  revoir  réceninn^nt  ce  malade  qui  se  plaint  d’un  état 
d’extrême  fatifîiu^  accornpaKnée  de.  vomissements.  Tendance  très  marquée  à  l’hyper- 
somnie,  mais  sans  céphalée. 

Une  nouvelle  radiographie  montre,  contrairement  aux  précédentes,  la  disparilion 
(les  clinoïdes  poslérieures. 

Examen  oculaire  (28  avril  1920)  :  VOG  O.  VOU  =  3/10  faible.  Le  champ  visuel 
droit  qui  s’était  élargi  considérablement  après  les  premières  séries  d’irradiations  est 
sensiblement  rétréci.  Aggravation  nette  des  signes  oculaires. 

I,(^s  deux  premières  séries  d’irradiations  avaient  été  suiviesd’une  amélioration  con¬ 
sidérable  ayant  duré  2  ans  ;  et  le  malad(^  avait  pu  reprendre  ses  occupations  habi¬ 
tuelles.  .Mais  il  semble  que  le  traitennmt  soit  actuellement  sans  effet  marqué  sur  l’ag¬ 
gravation  des  symptômes  notée  <l(q)uis  octobre  1925.  La  dernière  série^n’a  amené 
((u’un  arrêt  d<!  quelques  semaines  dans  l’aggravation  progressive.  Le  malade  a  reçu 
d3.0(IO  en  3  séries  espacées  sur  3  années. 

3''  groupe.  -  Deux  de  nos  malades  restent  guéries  depuis  1924. 

l’oiir  rune(obs(U'vation  III,  Prév....),  il  s’agit  d’une  jeune  fille  de24ans,  présentant 
un  sgndromeadiposo-génilal,  avec  céphalée,  somnolence,  gros  troubles  mcnlaux  cl  signes 
de  diabète  insipide,  sans  lésions  ophlalmologUiues.  La  selle  lureique  est  normale. 

On  porte  le  diagnostic  de  tumeur  de  ta  région  infundibulo-tubérienne,  ainsi  que  le 
prouvent,  d’une  [lart  le  tableau  symptomatique  et  d’autre  part  l’intégrité  de  la  selle 
turcique. 

La  radiothérapie  en'(!otuée  en  octobre  1923  a  amené  une  mollification  complète  do 
tous  les  symptômes  présentés  par  la  malade  ;  les  règles  qui  avaient  disparu  sont  main¬ 
tenant  régulières  ;  les  pertes  de  connaissance  ne  se  sont  pas  reproduites.  Il  n’y  a  plus 
do  [lolyuric,  ni  do  tendance  au  sommeil,  La  malade  se  plaint  seulement  d’avoir  line 
légère  perte  de  la  mémoire.  F.lle  a  pu  reprendre  sa  vie  habituelle  et  ses  occupations, 
elle  travaille  8  heures  par  jour. 

Ici,  tout  un  ensemble  de  symptômes  correspondant  au  diagnostic  de  tumeur  de  la 
région  infundibulo-tubérienne  et  qui  évoluait  depuis  l’année  1919  ont  disparu  ajirès 
une  seule  série  d’irradiati  o  ns,  comportant  une  dose  de  1 1 .500  H.  en  10  séances. 

Le  deuxième  malade  do  ce  grou|)e  (observation  VIII,  Moi...)  est  un  homme  âgé  de 
40  ans  ipii  présentait  depuis  3  ans  des  troubles  oculaires.  Au  moment  où  nous  l’avons 
vu,  en  novembre  1923,  on  constatai .  une  hémianopsie  temporale  à  droite,  el  une  hémi- 
chromatopsie  à  gauche,  avec  scolome  central  bilatéral  pour  te  blanc  el  tes  couleurs,  .‘selle 
lureique  normale.  Aucun  autre  signe  do  lu  série  infundibulo-hypophysaire. 

IJeux  séries  d’irradiations  effectuéeson  juin  et  en  septembre  19'24,  comportant  en  tout 
27.000  H,  amènent  une  amélioration  très  rapide,  avec  disparilion  du  sc(jtome  cenlral 
gauche.  La  malade  a  pu  être  suivi  d’une  manière  assez  régulière  et  cet  état  satisfaisant 
se  maintient  actuellement  ;  il  a  repris  ses  occupations  habituelles. 

Depuis  notre  communication  de  1924,  nous  avons  eu  l’occasion  de 
traiter  trois  malades  atteints  de  tumeur  de  la  région  infundibulo-hypoplky- 
saire. 

Voici  le  résumé  de  ces  observations  : 

OnsERVATiON  IX.  — •  Acromégalie  /rusle  ;  hémianopsie  bitemporale  ;  selle  turcique 
considérablement  élargie. 

Pèse...,  âgé  de  20  ans,  vient  consulUiren  juillet  1924  [lour  des  troubles  oculaireset 
des  signes  d’acromégalie. 

En  1922,  le  malade  s’est  u|)erçu  qu’il  voyait  moins  bien  de  l’inil  gauche  et  qu’il  ne 
pouvait  pas  lire  de  cet  œil-là.  Il  raconte  avoir  subi  un  traumatisme  crânien  en  décembre 
1921  :  il  aurait  reçu  unmarteartde2  kgr.  tombé  d’une  hauteur  de  3  mètres  sur  le 
vertex.  L’accident  ne  paraissant  d’ailleurs  pas  avoir  eu  de  suites. 


TRAITEMENT  DES  TUMEURS  PAR  LA  RADIOTHÉRAPIE  137 


Les  troubles  de  lu  vue  auraient  régressé  pondant  2  années,  peut-être  à  la  suite  d’un 
traitement  spécifique.  Mais,  en  février  1924,  ces  troubles  ont  réapparu  pour  augmen¬ 
ter  progressivement.  En  môme  temps,  oéphalées  très  intenses. 

Dans  les  anlécédenh  personnels  :  syphilis  contractée  à  l’age  de  17  ans,  mais  dont  le 
diagnostic  n’a  été  fait  que  dans  plus  tard  d’une  manière  rétrospective.  Depuis  cc 
moment,  le  malade  a  subi  plusieurs  traitements  spécifiques.  A  noter  également  de 
l’impuissance  génitale  durant  depuis  3  ans. 

Rien  d’intéressant  à  signaler  dans  les  antécédents  héréditaires. 

Le  malade  est  adressé  au  centre  anticancéreux  de  Villejuif,  le  31  juillet  1924.  Il  pré¬ 
sente  un  aspect  de  féminisme  du  corps  :  absence  île  poils,  caractère  lisse  et  adipeux  de 
la  peau.  Pas  d’assymétric  faciale.  Ea  sensibilité  de  la  face  est  normale.  Les  mouve-' 
menls  des  globes  oculaires  sont'  bien  exécutés,  mais  provoquent  des  secousses 
nystagmiformes. 

Urines  :  Quantité  normale.  Ni  sucre,  ni  albumine.  Pas  de  polydipsie. 

Examen  neurologique  :  Aucun  trouble  moteur,  ni  sensitif. 

Examen  oculaire  :  .laillel  1924.  —  VOD  ==  Compte  les  doigts  à  0  m.  30.  VOG  = 
3/50.  Champ  visuel,  œil  droit  ;  lIé:nianopsie  temporale,  scotome  central,  rétrécisse¬ 
ment  concentrique  du  champ  nasal,  achromatopsié.  Œil  gauche  :  Hémianopsie 
temporale,  scotome  central  pour  les  couleurs.  Fond  d’œil  normal. 

Examen  radiographique  :  Selle  turcique  augmentée  dans  tous  les  diamètres.  Plancher 

effondré. 


Wassermann  négatif  dans  le  sang  et  le  liquide  céphalo-rachidien. 

Il  s’agit  vraisemLlablement  d’un  épilhélioma  de  l'hypophyse  ayanl  dépassé  la  selle 
turcique, 

Eadiolhérapie-.dal«rau23aioûl  1924:  12.000  H.  par  3  portes  d’entrée.  Le  traitement 
est  très  bien  supporté. 

Dès  le  5  août,  le  malade  constate  une  amélioration  sensible  de  la  vue  à  droite.  Il  a 
pu,  pour  la  première  fois,  lire  do  l’œil  gauche,  et  il  signale  lui-même  un  élargissement 
•lu  champ  visuel  à  droite.  11  n’y  a  plus  de  céphalée. 

Examen  oculaire  {17  oct.  1924)  :  VÜD.  :  9 /lO.  Le  malade  peut  faire  couramment 
mlccture.  Champ  visuel  très  amélioré  :  dans  le  diamètre  horizontal,  côté  temporal, 
®  test  est  perçu  jusqu’ô  4  0/0  et  dans  le  diamètre  temporo-inférieur  jusqu’à  45“. 

VOG  :  2/10.  Le  rétrécissement  temporal  reste  total.  Il  y  a  donc  une  amélioration 
considérable  ,  surtout  pour  l’œil  droit,  dont  l’acuité  est  passée  de  1  /lO  faible  à  1  /2  et 
•lent  le  champ  visuel  s’est  très  étendu. 

30  octobre  1924  :  Le  malade  se  plaint  depuis  quelques  jours  d’une  tendance  au  som- 
cueil.  11  a  eu  plusieurs  vomissements.  Il  trouve  sa  vuo  moins  bonne  et  dit  ne  plus  pouvoir 
*re.  L’amélioration  considérable  qui  avait  été  constatée  n’a  donc  duré  que  3  mois. 

Eadiulhérapie  :  On  reprend  une  2®  série  d’irradiations  effectuée  du  29  octobre  au 
l"  décembre.  Le  malade  reçoit  en  tout22.000  H.  par  deuSf  portes  d’entrées  temporales, 
Irois  frontales  et  trois  supérieures. 

Au  cours  du  traitement,  le  malade  se  sont  amélioré.  Il  va  mieux,  ne  vomit  plus,  la 
tendance  à  l’hypersomnie  diminue. 

22  janvier  1925  :  L’améliürati»p  constatée  à  la  suite  de  la  2®  série  d’irradiation  n’a 
persisté  que  quelques  semaines,  et  depuis  quelques  jours  le  malade  se  plaint  d’avoir  des 
hlouissements.  11  a  l’impression  d’éclairs  brillants  passant  dans  la  tête  et  s’accom¬ 
pagnant  d’une  sorte  d’absence  (]ui  dure  rest)ace  d’un  éclair,  «  comme  si  on  me  coupait 
*ha  pensée  avec  un  couteau  ». 

Do  temps  à  autre  surviennent  des  vomissements.  Sensation  de  tête  lourde,  sans 
véritable  céphalée.  Brusquement  au  cours  d’un  repas,  impossibilité  de  parler  avec 
cngour<lissement,  phénomènes  qui  ont  duré  environ  10  minutes.  Tendance  à  l’hyper- 
somnie. 


L’aspect  extérieur  du  malade  est  d’ailleurs  sensiblement  modifié  depuis  le  premier 
examen  :  la  tête  et  les  mains  ont  augmenté  de  volume.  Cet  accroissenumt  est  d’ailleurs 
perçu  par  le.  malade  qui  ne  peut  plus  mettre  son  ancien  chapeau.  Il  parle  très  lente- 
'''ent,,  en  articulant  à  peine',  il  paraît  somnolent  et  indilTéront.  11  y  a  donc  une  modi- 


13s 


G.  ROUSSY,  S.  LARORDE,  G.  LÉVY  EX  ./.  ROLLACK 


ficaLion  oonsiilàrul)li'  ilr  l'aspccL  psyohifiiic  nxlériaiip.  Ue  plus,  la  slaliuu  ilobouL  ost 
ilillicilc,  (■i‘lli'-ci  produisant  uno  siuisation  do  fatigue.  Se  [)laint  do  simenients  dans  les 
oreilles.  l’as  de  polydipsie  ni  de  [lolyphagio. 


Pesch  ..  Juillet  1924 


e  s’est  mnintenue  que  quelque: 


riiAITEMENT  DES  TUMEURS  PAR  LA  RADIOTHERAPIE  13<> 

Tïxamfifi  , janvier  1925  ;  vol)  -  (1/10.  VOG  =  1/10.  Hémianopsie  bilompo- 

ralo.  Fond  d’n.il  normal. 

Radiollu-rapie  :  ilii  27  janvier  an  21  février  1925  :  IG.OOO  H.  en  tout. 

A  la  lin  lin  l.railement,  nonvelle  amélioration  ;  le  malade  dit  cpj’il  se  sent  revenu 
tout  à  fait  à  son  état  normal,  ne,  souffre  plus  de  la  tête.  Toutefois  l’état  de  la  vue  reste 
stationnaire. 

Examen  aciilaire,  30  mars  1925  :  Vf)D  :  1  /lO,  champ  visuel  limité  à  la  moitié 
na.salc,  avec  présence  d’un  petit  croissant  inféro-temporal.  VOG  :  1  /7.  Champ 
visuel,  .sans  clian{;ement. 

H''  avril  1925  :  Le  malade  se  trouve  en  bon  état,  mais  se  plaint  de  douleurs  dans  la 
jambe  gauche.  A  reçu  10  injections  de  cyanure  intraveineux. 

L’aspect  acromégalique  s’est  accru  ;  il  ne  peut  plus  mettre  ni  ses  chapeaux,  ni  ses 
chaussures,  ni  son  alliance. 

20  avril  1925  :  Quelques  joursauparavant,  douleur  de  l’avant-hras  gauche  et  du  bras 
avec  engourdissement,  impossibilité  île  remuer  le  pouce.  Même  sensation  du  côté  de  la 
bouche  qui  est  un  peu  déviée  vers  la  droite.  La  céphalée  a  reparu  ainsi  que  les  vomisse- 
oients.  Devant  ces  symptômes,  on  décide  de  faire  une  4“  série  de  rayons  X. 

Eadioltiérapie  :  du  22  avril  au  l”’’  mai  :  3.000  H.  l'as  de,  changement  bien  notable 
après  cette  série  d’irradiations  faites  à  doses  faibles  en  raison  dos  séries  antérieures 
encore  très  proches. 

Examen  orAilaire,  juin  1925. — .VGD  —  5/10.  VOG  =  1/10.  Hémianopsie  bitem¬ 
porale  avec  scotome  central  de  l’œil  gauche.  Fond  d’œil  :  OD  ;  papille  normale  ;  OG  : 
Très  léger  œdème  et  petite  hémorragie  du  bord  supérieur  de  la  papille. 

Le  malade  quitte  le  service. 

•luin  1925  ;  Le  malade  revient,  parce  qu’il  présente  de  nouveau  de  la  céphalée  et 
de  l’hypersomnie.  Parésie  de  l’hémiface  gauche. 

Hai/iolAérapin  (5®  série)  du  5  juinau2(j  juin:  8.000  R.  par  4  portes  d’entrée. 

Le  traitement  par  les  rayons  X  qui  a  toujours  été  bien  supporté  est  suivi  cette  fois 
(l’une  céphalée  intense,  de  vomissements,  d’un  état  d’obnubilation  considérable 
avec  léger  Kernig.  i 

Examen  oculaire,  29  juin  1925.  —  Même  état  du  champ  visuel.  F’ond  d’œil  :  œdème 
papillaire  bilatéral  accusé.  VOl)  =  0  /lO  -F  1.  Vf)G  =  1  /lO. 

devant  cet  état  d’hypertension  et  è  la  suite  delà  constatation  de  l’œdème  pa¬ 
pillaire  bilatéral,  on  décide  de  faire  faire  une  trépanation  décompressivc  ;  celle-ci  est 
ofToctuée  le  lei  juillet  par  M.  de  Martel.  Après  l’intervention,  amélioration  considé- 
■■able,  disparition  de  la  céphalée,  dos  vomissements,  mais  persistance  do  l’obnubila- 
lion  avec  hypersomnie.  Exagération  de  l’état  puéril. 

Heprise  du  traitement  spécifique  bien  supporté. 

Examen  oculaire,  16  juillet  1925.  —  Régression  manifeste  de  l'œdème  papillaire  : 
encore  un  peu  d’indécision  des  bords  et  de  dilatation  veineuse.  VOl)  -=  4  /lO  +  1. 

VOG  =  1  /lo. 

Radiolhérapie  (6®  série  )  du  24  au  29  juillet  1925  :  3.000  R. 

Le.  traitement  est  interrompu,  le  malade  ét,ant  dans  un  état  d’obnubilation  |)lus 
accentué  et  se  plaignant  do  céphalée  intense. 

Examen  oculaire,  21  août  1925  :  Présence  d’un  peu  de  stase  papillaire,  surtout  à 
fÇauche.  Œdème  des  bords  papillaires. 

V()D5/I0.  VOG  1/10  faible.  Hémianopsie  bitemporale,  persistance  de  la  per¬ 
ception  colorée  dans  les  champs  na.saux.  • 

tente  de  reprendre  le  traitement  (2.000  R.  à  raison  do  200  R.  par  séance),  mais 
•es  troubles  psychiques  s’accentuent  ainsi  que  ceux  de  la  parole.  Le  malade  se  plaint 
‘•’hallucinations  visuelles.  Puérilisme,  euphorie  et  par  moments  crises  de  méchanceté. 
•  ’arle  lentement,  avec  dilllciiltés.  tiéphalée  très  violente,  démarche,  incertaine,  titu- 
hente,  sans  caractère  cérébelleux  net,  vomissements  . 

Examen  oculaire  (septembre  1925).—  h’ond  d’œil  ;  encore  un  peu  d’effacement  des 
•x'rdsdela  papille,  sans  saillie  manifeste.  VOl)  -  4/10  -1  1  VOG  -  1  /lO.  Hémia¬ 
nopsie  bitemporale  avec  scotorne  central  à  gauche. 


MO  G.  lioussr,  s.  LAIiOlWIi,  G.  LÉVY  ET  J.  DOLLACK 

(tclubre  lO'iO  ;  Le,  iriuliuli^  est  ilc  plus  en  plus  obnubilé,  presque  constamment  som¬ 
nolent,  ne  reconnaît  plus  personne.  Pousse  de,  grands  cris,  sans  motif.  l<’ait  des  grimaces 
puériles.  lneoid.inenc(^  du  sphincter  vésical  ;  strabisme  avec  parésie  du  droit 
(!xte,rn(î.  Ma'rclie  toi  'titidiaid,  mais  ne  présent(\  aucun  signe  de  paralysie. 

11  sort  du  servic(i  le  14  üctol)r(^  102.0,  emmené  par  sa  famille  (|\d  prévoit  une  rapide 

I.es  dernières  nouvell(!s  données  par  son  méd(!cin  nous  apprennent  (pic  l’état  général 
s’est  amélioré,  il  n’y  a  plus  de  troubles  d’incontinence,  mais  le  malade  resté  dans  un 
état  d’imbécillité  complète,  incapable  d’aucune  occupation.  Il  semble  qu’il  y  ait  eu 
arrêt  dans  l’évolution  de  la  tumeur. 

En  nfcsiiMi':,  Iriiiihli’x  ociilairi's  el  céphalée  depuis  1922.  Impuissance  génitale,  acromé¬ 
galie  Iriiste,  selle  liireique  eljondrée. 

Pendant  K  mois,  la  radiid,hérapie  a  amené  des  périodes  de  rétrocession  considérable 
de  tous  les  symptémes,  puis  elle  est  devenue  inellicace  et  a  dft  être  suspendue,  en  raison 
de  son  inellicacité  et  aussi  des  phénomènes  d’hypertension.  Les  signes  oculaires  sc  sont 
aggravéis  et  le  malade  est  tombé  dans  un  état  d’imbécillité  à  peu  près  complète.  Mais 
depuis  (1  mois  (octobre  1025)  l’état  parait  stationnaire. 

Le  malade  a  reipi  en  tout  (lli.OOII  H.  répartis  on  7  séries. 

OiiSKiivATioN  X.  — Sgndromc  inlundibulo-lubéricn,  polyurie-,  selle  turcigue  normale. 

.M  c'  Lebl...  âgée  de  3.5  ans  atteinte  do  diabète  insipide  nous  est  adressée  par  le  D' Ciii- 
ray. 

Le  début  des  accidents  actuels  remonteraitau  mois  de  décembre  1923.  A  ce  moment 
la  malade  a  présenté  des  vomissements’  répétés  (pii  auraient  été  accompagnés  d’une 
crise  de  contracture  des  bpis  et  des  jambes. 

En  décembre  1024,  apparition  de  céphalées  pulsatiles  é  prédominance,  oceipito- 
frontale.  A  partir  de.  ce  momént  les  règhis  ont  dispaructlamalades’est  crue  enc(dnte. 
Ell((  a  coinnuuicé  de  b()ir((  et  d’uriner  (l’un(!  façon  anormale  ;  symptômes  qui  sont  allés 
en  augmentant. 

L’esta  ce  moment  (Janvi(!r  1024)  (pi’ell((  voit  M.  Chiray  et  qu’elle,  subit  une  première 
série  de  rayons  X  à  l’Ilôtel-Dieu. 

Hi(ui  d’important  à  signah'r  dans  les  antécédents  personnels  ou  héréditaires. 

Nous  examinons  la  malad((  pour  la  première  fois  le  12  juillet  1924. 

L’aspect  de  la  fae.((,  du  crâne  est  normal. 

Examen  neurologiipie.  ■  .\ucun  trouble  mot(Uir  ni  S((nsitif. 

Examen  oculaire.  -  Leiicome  central  de  la  c()rné(!  consécutif  à  un  ulcère  cornéen 
acci(lent(d  (ui  191(1;  pupilles  égales  ;  réflexes  pupillaires  normaux.  VOG  5/5, 
V(»l)  ~  5/25.  (lhamps  visuels  normaux.  Donc,  pas  de  signes  oculaires. 

Examen  radiographigne  :  Selle  tureiqu((  normale. 

Wassermann  négatif  dans  le  sang. 

l.Irin((s  :  12  litr((s  au  minimum  par  Jour  ;  grosse  polydypsie.  Des  injections  de  lobe 
postérieur  d’hypophyse  font  tomber  la  polyurie  de  12  à  G  litres.  Cette  diminution 
comin.mco  dès  la  2"  h  sure  après  l’injection.  Il  n’y  a  ni  sucre,  ni  albumine  dans  les 

Itadiolliérapie  :  Du  IG  Juilhit  au  8  août  1924  :  12.000  H  par  3  portes  d’entrée. 

L(!  trait(unent  est  très  bien  supporté  ;  aucun  changement  ni  dans  la  polydypsie  ni 

1  '"'(loûi.  -  Apparition  des  règles,  ipii  dunmt  2  Jours  ;  pour  lu  première  fois,  par  con- 
sc'apient,  depuis  décembre  1924.  Celles-ci  d’ailleurs  n’ont  pas  réapparu  depuis. 

10  nclobre  1924.  —  La  polyurie,  la  polydypsie,  sont  les  mômes  ;  la  malade  a  engraissé 
d((  8  kgr.  en  2  mois. 

Itadiolliérapie.  -  Du  IG  octobre  au  12  novembre  ;  10.000  H  [lar  3  portes  d’entrée. 

Cette  2"  série  d’irradiation  est  bien  siipimrtée,  mais  il  ne.  se  produit  aucun  change¬ 
ment. 

Depuis,  l’état  de  la  malade  est  resté  stationnaire. 

En  résumé  :  Eolgurie  el  polgdgpsie  avec  céphalées  évoluant  depuis  1924  cl  ne  s'acenm- 


TRAITEMENT  DES  TUMEURS  PAR  LA  RADIOTHERAPIE 


141 


pognant  d’aucun  signe  oculaire  ;  selle  lurcique  normale.  La  radiothérapie,  22.000  II  en 
2  séries,  n’a  apporté  aucune  nindification. 

Odservation  XI.  —  Hémianopsie  hilemporale  ;  élargisscmenl  de  la  selle  lurcique. 

M.  E.  Raim...,  âgé  de  49  ans,  vient  eonsiiUer  pour  des  maux  de  tête  et  des  trouilles 
de  la  vue. 

Ces  troubles  ont  débuté  en  décembr((  1924  à  la  suite  d’une  otite  moyenne.  On  avait 
môme,  à  ce  moment,  pensé  à  une  mastoïdite. 

En  février  1925  :  les  céphalées  ont  augmenté  d’intensité  et  le  malade  s’est  aperçu 
qu’il  lisait  avec  difflculté  ;  il  est  examiné  par  le  l)"'  IJupuis-Diitemps  qui  fait  faire  un 
traitement  spécifique  et  une  série  de  rayons  X  à  l’hôpital  .Saint-Louis. 

Une  radiographie  avait  montré  un  élargissement  de  la  selle  turcique.  Le  traitement 
n’a  amené  aucune  amélioration. 

Dans  les  antécédents  per.sonnels  rien  d’important  à  signaler,  si  ce  n’est  une  cicatrice 
d’abcès  froid  de  la  région  cervicale. 


Raimb...  Octobre  1925 


Nous  voyons  le  malade  pour  la  première  fois  le  31  octobre  1925.  11  se  plaint  de  vio- 
entes  céphalées  et  de  bourdonnements  d’oreille  ininterrompus  ;  otite  double  ancienne 
nvec  diminution  de  l’audition  des  deux  côtés. 

Uas  de  polyurie  ni  de  polydypsic  ;  pas  d'hypersomnie.  11  présente  une  asymétrie 
faciale  congénitale. 

Examen  neurologique.  —  Aucun  trouble  moteur  ni  sensitif. 

Examen  oculaire  (oct.  1925).  —  Hémianopsie  bitemporale,  avec  soolomc  central  à 
gaiiehe,  scotome  relatif  contrai  à  droite.  VOÜ  =  2/10  —  1.  VOG  =  2/10  (—  2  à  90»). 
h’ond  d’œil  :  Légère  décoloralrion  des  papilles  surtout  à  droite. 

Examen  radiographique  :  Selle  turcique  augmentée  de  volume  ;  disjjarition  des  cli- 
noïdes  postérieures. 

Wassermann  positif. 

Urines  ;  quantité  normale  ;  ni  sucre  ni  albumine. 

U  s’agit  vraisemblablement  d’un  épilhélioma  de  Tlujpophgse  avec  compression  ou 
envahissement  du  chiasma. 

Radiothérapie  :  Du  30  octobre  au  5  décembre  1925  =  ^  15.000  H  par  4  portes  d’en- 
Uée.  Le  traitement  est  très  bien  supporté.  Diminution  de  la  céphalée,  atténuation  des 
troubles  oculaires  ;  le  malade  peut  lire  le  journal,  ce  qu’il  ne  pouvait  plus  faire  depuis 
longtemps. 

l'’évrier  1926.  ^ — Le  malade  se  trouve  moins  bien  :  sensation  de  faiblesst?  général»'. 


!42  G.  nOUSSY,  S.  L ABORDE,  G.  LÉVY  ET  J.  BOLLACK 

insomnie  ;  maladn  raconto  ((ii’uno  à  deux  fois  par  jour  il  perd  connaissance  et 
tombe  brutalement.  Ces  pertes  de  connaissance  ne  sont  pas  pri'icédées  <l’anra. 

Exame.n  nmlain'.  (février  lOÜü).  —  VOtt  1  /lO  —  1.  VOC  'i/lO  { — ‘Z  à  IHI»). 

Mêmi^  étal  du  cliarnp  visuel  et  du  fond  d’cnil. 

Radinlhérapif.  On  reprend  une  Z’^  série,  d’irradiations  ollectuées  du  3  février  au 
1  »'■  mars  ^  7.000  H  par  Z  [lorles  d’entrée.  Le  trail(unenl  est  bien  supporté,  mais 

n’arnénc  aucune,  modificulion. 

Epreuve  île.  la  pdycosurie  alimentaire  négative. 

En  réaniné.  :  Epilhéliorna  de  Thi/pophi/se  avec.  Inmbles  oculaires  e.l  efjondremenl  de  la 
selle  Inrciqur  évidiianl  depuis  décembre  1024  et  que  la  radiothérapie  alégèrom  uit 
amélioré  (22.000  H  dans  notre  service  en  2  séries  ;  une  série  antérieure  à  Saint-Louis). 

Toutes  ces  observations,  anciennes  ou  nouvelles,  peuvent  être  groupées 
(le  la  façon  suivante,  ([liant  au  siège  précis  de  la  tumeur  : 

A.  — 4  cas  (le  liimeiirs  de  /Vigpop/igseindiscutables,  avecélargissemeiit  et 
destruction  de  la  selle  turci(|ue,  visibles  surles  radiographies,  etavec.dans 
un  cas,  vérification  nécropsi(|ue.  Ce  sont  les  observations  n°I  (Lem.),  n"  IV 
(Sant..),  n"  IX  (Pèse. ..)  et  n“  XI  (Raimb...) 

A  ces  4  observations,  il  faut  vraisemblablement  joindre  une  cin- 
([uième  :  celle  du  cas  Goet...  (n"  VI)  qui,  dans  notre  première  communi¬ 
cation,  avait  été  étiquetée  :  syndrome  chiasmatique  avec  céphalée, 
somnolence  et  selle  turcique  normale,  et  dont  la  symptomatologie  a  été 
mise  à  cette  époijue  sur  le  compte  d’une  tumeur  de  la  région  infundibulo- 
tiibérienne  à  point  de  départ  ventriculaire  Or,  une  récente  radiographie 
[iratiquée  le  3  niiii  192B  a  révélé  un  efl’ondrement  de  la  selle  turcicjue 
indiscutable,  qui  n’existait  pas  sur  les  radiographies  antérieures. 

Il  est  possible  (jue  la  tumeur  ait  pénétré  dehaut  en  basdansla  loge  pitui¬ 
taire,  ou  bien  aussi  que  l'on  ait  eu  à  faire  à  une  tumeur  à  point  de  départ 
hypophysaire,  avec,  durant  une  longue  période,  prolongements  uniques 
en  avant,  du  côté  du  chiasma,  sans  atteinte  des  clinoïdes  postérieures;  d’où 
l’absence  de  déformation  de  la  loge  hypophysaire  à  l’examen  radiogra¬ 
phique  pendant  plusieurs  années. 

R.  —  4cas  de /(//;ienrs(/(;  ht  région  infundibulo-luhérienne  ou  c.ltiaiimaligiie 
dans  lesquels  le  diagnostic  du  siège  et  de  la  nature  de  la  tumeur  ne  peu¬ 
vent  être  à  l’heure  actuelle  que  supposés. 

Dans  deux  de  ces  observations,  le  tableau  clinique  montre  des  signes 
indiscutables  de  la  série  infundibulo-tubérienne.  lin  elTet,  chez  Prév... 
(obs.  n'^  III  on  a  afl'aire  à  un  syndrome  adiposo-génital  avec  troubles 
mentaux,  petits  signes  de  diabète  insipide  et  suppression  des  règles.  Chez 
M"’®Lebl...  (obs.  n"  X),  il  s'agit  d’un  diabète  insipide  classique. 

Dans  deux  autres  observations,  Taill...  (obs.  11°  VII)  et  Ro....  (obs. 
n°  VIII)(|ue  nous  avons  étiquetées  «  syndrome  chiasmatique  »,  les  troubles 
oculaires  constituent  à  eux  seuls  le  tableau  clinique;  symptomatologie 
provoquée  peut  être  par  une  tumeur  localisée  strictement  au  niveau  de  la 
région  clHasmati([iie  ou  même  du  chiasma. 

Telles  sont  les  constatations  clini([ues  et  anatomiques  ([ue  nous  avons 
laites  depuis  4  ans  1/2  et  dont  l’intérêt  réside,  avant  tout,  dans  le  fait  (juc 


rUAlTHMENT  DES  TUMEVES  PAR  LA  RADIOTHÉRAPIE  143 

nous  avons  pu  suivre  pendant  longtemps  nos  malades  et  analyser  ainsi  les 
différentes  modalites  de  l'évolution  des  tumeurs  de  la  région  infundibulo- 
lubérienne  sous  l’action  du  traitement  radiothérapique. 

t*our  ne  retenir  ici  que  ce  qui  a  trait  à  notre  expérience  personnelle, 
nous  pensons  que  quelcpies  notions  essentielles  peuvent  être  dégagées  des 
f^aits  que  nous  venons  de  rapporter. 

1“  La  durée  des  améliorations,  pour  ne  pas  dire  des  guérisons,  quoique 
souvent  longue,  n’a  pas  été  définitive. 

En  effet,  dans  un  seul  cas  (obs.  III,  Prév...)  la  guérison  est  complète 
depuis  deux  ans. 

Si  l’on  parcourt  les  autres  observations,  on  voit  que  chez  Lem..  (obs.. 
n°I)  le  traitement  radiothérapique  a  arrêté  incontestablement  l’évolution 
progressive  de  la  tumeur  hypophysaire.  A  ee  stade  d'arrêt  ce  malade  a  été 
présenté  par  nous  à  \a  Réunion  internalionale  neurologique  de  Ceile 
période  s’est  prolongée  juscpi’en  1924,  puis  peu  à  peu  et  progressivement 
1  évolution  extensive  néoplasique  a  repris  pour  aboutir  à  la  mort. 

On  constate  la  même  évolution  chez  cette  deuxième  malade  (Sant.. ., 
obs.  no  IV)  pour  laquelle  le  traitement  radiothérapique  a  amélioré  considé¬ 
rablement  la  céphalée  et  guéri  les  troubles  oculaires  pendant  uneannée: 
puis,  malgré  la  reprise  de  nouvelles  séries  d’irradiations,  l’état  s’est  aggravé 
peu  à  peu  et  la  malade  est  morte. 

Le  malade  de  l  observation  IX  (Pèse...)  a  présenté  également,  à  la 
suite  de  la  première  série  d'irradiations,  une  rétrocession  très  marquée 
des  symptômes,  mais  qui  ne  dura  que  3  mois  une  première  fois,  et  quelques 
semaines  une  seconde  et  troisième  fois. 

Chez  celui  de  l'observation  VI  (Goet. .. )  l'amélioration  a  été  plus  mar¬ 
quée  et  surtout  de  plus  longue  durée  puisque  ce  n’est  qu’au  bout  de  2  ans  1/2 
que  l'aggravation  des  symptômes  s’est  manifestée. 

2“  L’action  des  rayons  X  sur  les  tumeurs  de  la  région  infundibulo-hy- 
Pophyaire,  lorscpi’ellcs  sont  radiosensibles,  se  manifeste  d'une  façon 
évidente  lors  de  la  première  ou  des  premières  séries  d’irradiations.  Celles- 
ci  sont  ensuite  de  moins  en  moins  efficaces.  On  retrouve  ici  l’application 
d  Une  loi  commune  à  la  radiothérapie  en  général,  à  savoir  que  toute 
cellule  en  activité  néoplasique  devient  peu  à  peu  réfractaire  à  l’action 
élective  qu’exercent  sur  elles  lesradiations.il  s’agit  d’un  phénomène  {|ui 
depuis  longtemps  a  frappé  les  biologistes  et  qui  a  été  comparé  à  celui 
que  les  toxines  microbiennes  exercent  sur  l’organisme.  C’est  par  analogie 
que  l'on  parle  de  imccinalion  des  Inmenrs  à  l’égard  d’agents  physiques 
comme  les  rayons  X,  ou  le  radium,  au  cours  d’irradiations  successives. 

3“  D’une  manière  générale,  le  traitement  par  les  rayons  X,  même  à 
doses  élevées,  est  supporté  sans  aucun  incident.  Toutefois,  lorsque  le 
développement  de  la  tumeur  n’a  pu  être  arrêté  et  a  nécessité  la  répétition 
de  plusieurs  séries  d’irradiations,  on  peut  voir  apparaître,  même  pour  des 
doses  de  rayonnement  très  faibles  (200  R  par  séance),  des  aceidents  qui 
sont  de  deux  ordres  : 


G.  rtoussY,  s.  lauoiwe,  g.  lêvy  et  j.  bollack 


M  I 

Des  accidents  mécanic[iies,  c'est-à-dire  des  phénomènes  d'hypertension 
intracrânienne  comparables  à  ceux  qu’on  observe  d'une  manière  plus  fré- 
(luente  dans  les  irradiations  des  tumeurs  cérébrales  proprement  dites  ou 
intra-hémisphériques.  Le  cas  du  malade  de  l’observation  n"lX  (Pesch...) 
chez  lequel  nous  avons  dû  faire  pratiquer  une  trépanation  décompressive, 
en  est  un  exemple. 

Des  accidents  toxi(|ues  ou  inilammatoires  se  manisfestant  par  des 
troidjles  d’ordre  méningé  avec  réactions  humorales  du  côté  du  liquide 
céphalo-rachidien,  comme  ceux  observes  chez  la  malade  de  l’observa¬ 
tion  n“IV  (Sant...).  11  s’agit  là  vraisemblablement  de  phénomènes  irritatifs 
méningés  consécutifs  à  la  fonte  des  éléments  néoplasi([ues,  sous  l’action 
des  j-ayons,  fonte  ayant  déterminé  une  méningite  aseptique  ainsi  (|ue 
nous  avons  pu  le  vérifier  par  la  ponction  lombaire.  Il  est  à  noter  que 
c’est  là  un  des  écueils  delà  radiothérapie  des  tumeurs  en  espaco  clos, 
comme  le  sont  les  tumeurs  de  la  région  infundihulo-hypophysaire,  les 
éléments  de  résor|)tion  histolyti((ue  ou  histochimique  ae  pouvant  s’éli¬ 
miner  ([ue  dans  les  ventricules  ou  les  espaces  sous-arachno’idiens. 

Ainsi,  dans  le  traitement  des  tumeurs  du  système  nerveux  central,  la 
notion  de  volume  est  peut-être  aussi  importante  que  celle  de  la  nature 
histologi([ue  et  de  la  radiosensibilité  des  éléments  tumoraux. 

Les  accidents  dont  nous  avons  parlé  ne  se  produisent  —  nous  insis¬ 
tons  sur  ce  fait —  que  lorsque  les  tumeurs  se  sont  montrées  résistantes  à 
l’action  des  radiations  et  (|ue  par  suite  de  leur  développement  progres¬ 
sif  elles  ont  nécessité  plusieurs  séries  de  traitement  II  en  est  ainsi  pour 
les  deux  cas  (|ue  nous  avons, cités.  Dans  le  premier,  l’autopsie  a  permis 
de  se  rendre  compte  qu’il  s’agissait  d’une  tumeur  extrêmement  volumi¬ 
neuse.  Dans  le  second,  l’effondrement  de  la  selle  turcique  visible  sur  les 
radiographies,  ainsi  (|ue  les  divers  symptômes  présentés  par  le  malade, 
permettent  également  de  supposer  (|ue  l’on  est  en  présence  d’une  tumeur 
de  grandes  dimensions. 

D'autre  part,  il  existe  certainement  pour  les  tumeurs  de  la  région  infun- 
dibulo-bypopbysaire  des  degrés  de  radiosensibilité  très  différents,  et  les 
guérisons  correspondent  vraisemblablement  à  des  tumeurs  de  petit 
volume  et  radiosensibles.  Dans  ces  cas,  il  n’y  a  pas  bien  entendu,  de 
vérilication  histologicjue  et  il  est  impossible  de  se  rendre  compte,  sous  le 
microscope,  de  l’action  des  radiations. 

Il  est  probable  ([ue  la  rétrocession  des  symptômes  morbides,  sans  gué¬ 
rison  définitive,  s’observe  pour  les  tumeurs  d’une  radiosensibilité  moindre, 
et  qu’il  existe  enfin  des  tumeurs  très  radiorésistantes  sur  lescpielles  les  ra¬ 
diations  se  montrent  inellicaces. 

Les  premières  peuvent  guérir  par  des  techni([ues  diverses  :  c’est  vrai¬ 
semblablement  à  ce  groupe  ([u’appartient  la  belle  série  des  observations 
publiées  par  M.  A.  liéclère.  Pour  les  autres,  la  technique  de  la  radiothé¬ 
rapie  actuellement  en  u.sage  doit  être  modifiée  et  perfectionnée  ;  c’est  dans 
ce  sens  que  nous  poursuivons  actuellement  nos  recherches. 


II 


SUR  LES  RÉFLEXES  DE  POSTURE  ET  D’ATTITUDE 
ET  SUR  LES  MOUVEMENTS  INDUITS 


G.  BYCHOWSKI  (de  Varsovie) 


La  question  des  réflexes  réglant  le  maintien  et  l’attitude  du  corps  dans 
1  espace  constitue  un  problème  neurologique  tout  récent.  Des  recherches 
relatives  à  ce  sujet  ont  été  commencées,  comme  l’on  sait,  par  des  travaux 
remarquables  de  Magnuset  de  ses  collaborateurs.  Cependant  l’application 
à  1  homme  des  résultats  obtenus  expérimentalement  sur  l’animal  est  encore 
restreinte,  de  sorte  qu’il  nous  semble  utile  de  noter  chaque  fait  nouveau 
flans  ce  domaine.  C’est  ce  qui  nous  engage  à  publier  nos  observations, 
^•en  que  nous  ne  soyons  pas  en  état  d’apporter  des  conclusions  définitives 
précises. 

Avant  de  parler  de  nos  recherches  personnelles,  il  serait  peut-être  utile 
fle  rappeler  brièvement  le  système  des  réflexes,  qui  a  été  découvert  par 
Magniis  et  son  école,  et  nous  ne  nous  arrêterons  que  sur  ceux  d’entre  eux 
flue  nous  avons  eu  l’occasion  d’observer  nous-même  ;  c’est  pourquoi  nous 
passerons  sous  silence  les  réflexes  du  côté  des  yeux  et  ne  mentionnerons 
flue  sommairement  les  réflexes  labyrinthiques. 

Nous  distinguons  des  réflexes  statiques  et  stato-cinétiques .  Ces  derniers 
''•sent  soit  le  maintien  du  corps  dans  l'espace  —  nous  les  appelons  les 
réflexes  de  maintien  ;  ou  bien  ils  ont  pour  but  une  prise  d’attitude  —  ce 
••ont  les  reflexes  d’attitude.  Afin  d'étudier  les  réflexes  de  maintien  purs, 
non  additionnés  des  réflexes  d’attitude,  on  expérimente  sur  des  animaux 
flécérébrés,  c’est-à-dire  dps  animaux  chez  lesquels  le  tronc  cérébral 
oyant  été  coupé  au  niveau  de  la  tente  du  cervelet,  les  couches  optiques  et 
••ne  partie  du  cerveau  moyen  ont  été  séparées  de  la  moelle  et  du  bulbe, 
^hez  un  animal  ainsi  préparé  on  observe,  comme  on  le  sait,  la  rigidité 
flécérébrée  de  Sherrington,  consistant  en  hypertonicité  des  extenseurs. 

Dr,  c’est  chez  l’animal  en  état  de  rigidité  décérébrée  qu’on  observe 
nvec  la  plus  grande  netteté  l’influence  de  la  position  de  la  tête  sur  le  tonus 
otsur  la  position  des  membres.  On  constate  deux  groupes  des  réflexes,  les 
•ins  dépendant  de  la  position  de  la  tête  par  rapport  au  corps,  les  autres 
~~  fle  la  position  de  la  tête  dans  l’espace.  Parmi  ceux-ci,  dénommés  réflexes 
Ioniques  du  cou,  le  plus  important  est  celui  qui,  lors  de  la  rotation  de  la 

UKVUE  WEUnOI.OCIQUK.  —  T.  ïl,  N''  2,  AOUT  192G.  10 


G.  liVClIOWSKI 


tèle.  provociuc  l’extension  de  l’extrémité  maxillaire,  c’est-à-dire  celle  du 
côté  de  laquelle  se  tourne  le  menton,  et  la  flexion  de  l’autre  dite  cr⬠
nienne.  Ce  réflexe  s’observe  aussi  bien  aux  extrémités  supérieures  qu’aux 
inférieures,  de  sorte  que,  lors  de  la  rotation  de  la  tète,  les  deux  extrémités 
homolatérales  se  comportent  pareillement  et  de  façon  opposée  aux  deux 
autres.  Par  contre,  lors  de  l’élévation  ou  de  l’abaissement  de  la  tète,  soit 
lors  de  la  flexion  ventrale  ou  dorsale,  il  y  a  opposition  entre  les  deux  extré¬ 
mités  antérieures  (supérieures)  et  postérieures  (inférieures);  notamment 
ou  observe  à  la  suite  de  la  flexion  ventrale  de  la  tète  la  flexion  des  extré¬ 
mités  inférieures  et  l’extension  des  supérieures,  la  flexion  dorsale  donnant 
lieu  à  des  réactions  opposées. 

Le  deuxième  groupe  des  réflexes  de  maintien  dépend  du  labyrinthe,  et 
pour  être  constaté  nécessite  la  suppression  des  réflexes  du  cou  soit  par 
fixation  de  la  tète  dans  un  plâtre,  soit  par  la  section  des  racines  cervicales 
postérieures.  C’est  alors  qu’on  trouve  que  dans  une  certaine  position  de  la 
tête  dans  l’espace,  c’est-à-dire  lorsqu’elle  se  trouve  à  un  certain  angle  au 
plan  horizontal,  le  tonus  des  extenseurs  de  toutes  les  quatre  extrémités 
est  au  maximum,  et  quand  on  change  la  position  de  180“,  au  minimum. 

Le  trait  essentiel  des  deux  groupes  des  réflexes  consiste  en  ce  qu’ils 
durent  autant  que  dure  la  position  de  la  tète,  qui  les  a  provoqués.  Il  est 
aisé  de  comprendre  que  ces  deux  groupes  des  réflexes  peuvent  s’addi¬ 
tionner  ou  se  supprimer  mutuellement,  ainsi  par  exemple,  la  flexion  ven¬ 
trale  de  la  tète  chez  un  individu  dans  la  position  dorsale  détermine  aussi 
bien  les  réflexes  du  cou  que  les  réflexes  labyrinthiques  Remarquons  que 
les  facteurs  extérieurs  peuvent  influencer  indirectement  les  réflexes  pré¬ 
cités,  telles  les  excitations  sensorielles,  provoquant  la  rotation  de  la  tête 
vers  fendroit  de  leur  provenance. 

C'est  chez  l’animal  décérébré,  chez  qui  alors  ont  été  supprimés  les 
réflexes  d’attitude,  qu’on  observe  avec  toute  la  précision  et  pureté  voulue 
les  réflexes  précités.  Un  animal  pareil  reste  debout,  si  on  le  met  dans 
cette  position  ;  par  contre  il  est  incapable  de  se  mettre  debout  lui-même 
et  il  tombe  si  on  le  pousse.  On  voit  alors  ([ue  la  fonction  de  prise  d’attitude 
comporte  des  réflexes  particuliers,  qui  pour  se  manifester  nécessitent  la 
conservation  du  cerveau  moyen.  Et  dans  ce  cas  à  côté  du  réflexe  labyrin¬ 
thique,  nous  distinguons  les  réflexes  du  corps  sur  la  tête,  les  réflexes  du 
cou,  les  réflexes  du  corps  sur  le  corps  et  les  réflexes  optiques.  I.æs  réflexes 
labyrinthiques  sur  la  tète  :  si  on  tient  un  lapin  suspendu  librement  dans 
l’air  et  si  on  fléchit  son  arrière-train  (Je  bassin  avec  les  extrémités  posté¬ 
rieures)  de  180°,  on  constate  que  là  tète  garde  sa  position  primitive,  toikt 
en  se  fléchissant  soit  vcntralement  soit  dorsalement,  selon  (|ue  nous  avons 
fléchi  le  bassin  au  dessus  ou  au-dessous  du  plan  horizontal.  De  même  si  on 
couche  l’animal  sur  le  côté,  la  tête  garde  la  position  moyenne,  toute  la 
partie  antérieure  du  corps  exécutant  le  mouvement  de  rotation  néces¬ 
saire. 

Les  réflexes  du  corps  sur  la  tête  ramènent  la  tète  à  la  position  moyenne, 
si  le  corps  couché  sur  le  côté  touche  à  un  plan,  et  ils  sont  provoqués  par 


SUR  LES  RÉFLEXES  DE  POSTURE  ET  D'ATTITUDE 


147 


l’excitation  asymétrique  des  terminaisons  nerveuses  par  suite  de  la  pres¬ 
sion  exercée  parce  plan. 

La  tête  se  trouvant  déjà  dans  la  position  normale  et  le  corps  se  mainte¬ 
nant  encore  dans  une  position  différente,  il  en  résulte  la  rotation  du  cou. 
Celle-ci  détermine  les  réflexes  d’attitude  du  cou,  à  la  suite  desquels  la  tête 
est  suivie  d’abord  par  la  partie  antérieure,  puis  par  la  —  postérieure  du 
corps;  de  sorte  qu’en  fin -de  compte  le  corps  entier  se  trouve  dans  la  posi¬ 
tion  normale. 

Mais  l’attitude  convenable  du  corps  ne  dépend  pas,  comme  on  pourrait 
être  tenté  de  le  croii’e,  exclusivement  de  la  tête  ;  y  contribuent  aussi  les 
réflexes  du  corps  sur  le  corps.  On  peut  les  constater  si  on  retient  la  tête  de 
l’animal  couché  sur  le  côté,  alors  il  arrive  souvent  que  malgré  cela  le  corps 
se  met  dans  la  position  normale. 

Enfin  l’attitude  du  corps  est  sous  l’influence  des  impressions  visuelles, 
qui  à  elles  seules  suffisent  souvent  pour  ramener  la  tête  à  la  position  noi  - 
luale  :  ce  sont  les  réflexes  d’attitude  optiques. 

Notre  matériel  ue  nous  donne  pas  l'occasion  de  .parler  de  la  plupart  de 
réflexes  stato-cinétiques  qui,  comme  on  le  sait,  comportent  des  réflexes 
de  rotation  (1°  sur  la  tête,  2°  sur  les  yeux,  3°  sur  les  extrémités  et  sur  le 
corps),  réflexes  des  mouvements  progressifs  et  des  mouvements  des 
parties  différentes  du  corps.  Les  réflexes  de  rotation  sont  bien  connus  en 
clinique  et  nous  pouvons  nous  dispenser  de  les  mentionner.  Par  contre, 
les  réflexes  de  mouvements  de  différentes  parties  du  corps  sont  intéres¬ 
santes  pour  nous.  Magmis  en  cite  seulement  un  exemple.  La  flexion 
réflexe  d’une  extrémité  postérieure  chez  le  chien  détermine  l’extension  ré¬ 
flexe.  de  l’extrémité  contralatérale,  laquelle  est  capable  ainsi  de  supporter 
tout  le  poids  de  l’arrière-train,  c’est-à-dire  d’exercer  une  fonction  double, 
à  côté  de  ses  fonctions  ordinaires. 

Cette  simple  expérience  monlre  qu'une  partie  du  corps  exerce  une  influence 
notable  sur  l  innervation  et  la  position  de  l’autre,  ce  qui  résulte  également 
<le  la  considération  de  tous  les  réflexes  précités  de  même  que  des  nom¬ 
breuses  expériences  qui  avaient  été  commencées  par  SIterringlon. 

L’expérience  classique  de  Sherrington  sur  un  chien,  dont  la  moelle  a 
cté  sectionnée  dans  sa  partie  dorsale  inférieure,  montre  que  les  réflexes 
contralatéraux  de  l’extrémité  inférieure  dépendent  d’une  façon  très  no¬ 
table  de  la  position  dans/laquelle  se  trouve  cette  extrémité  au  moment  où 
on  provoque  le  réflexe,  au  point  que  le  changement  de  cette  position  peut 
produire  l’inversion  du  réflexe.  Ceci  conceine  également,  bien  que  d’une 
façon  moins  éclatante,  les  réflexes  homolatéraux  non  croisés.  Si  on  con¬ 
sidère  de  près  les  conditions  dans  lesquelles  se  manifestent  ces  réactions 
motrices,  on  arrive  à  la  conclusion  que,  comme  dil  Magnus,  «  la  cause  du 
changement  de  la  réaction  en  rapport  avec  différentes  positions  du  début 
ne  peut  être  recherchée  dans  des  relations  anatomiques,  mais  qu’il  s’agit 

là  de  variations  fonctionnelles  dans  le  système  nerveux  central .  Le 

changement  de  la  position  de  membres  donne  lieu  à  un  relais  (Schaltung) 
fout  différent  des  centres  moteurs  des  divers  muscles,  dont  l'excitabilité 


14S 


YCHOWSKl 


se  inodilie  aussi  bien  que  leur  façon  de  réagir. . .  Ainsi  nous  apprenons  que 
la  moelle  est  pour  ainsi  dire  différente  à  chaque  moment,  et  ([u'à  chaque 
instant  elle  réfléchit  la  position  de  tout  le  corps  et  de  ses  diverses  par¬ 
ties  ». 

Touteune  série  d’observations  du  domainedela  physiologie  du  système 
nerveux  des  animaux  inférieurs  vient  à  l’appui  de  nos  connaissances  sur 
—  pour  parler  de  la  façon  la.  plus  générale  —  l’interférence  des  mouve¬ 
ments,  des  positions  et  des  attitudes  d’une  partie  du  corps  avec  les  chan¬ 
gements  correspondants  d'une  autre. 

Ucxki'ill  a  montré  sur  des  bras  de  Ophiuridés  et  sur  les  épines  de 
Echinidés  que  la  disposition  des  excitations  dans  les  centres  nerveux  se 
fait  sous  l’influence  de  la  traction  de  muscles  correspondants.  Les  centres 
des  muscles  tirés  sont  dressés  sur  les  excitations,  de  sorte  que  chaque 
excitation  provoque  seulement  la  contraciion  de  ces  muscles.  Ces  réactions 
sont  l’expression  de  l’influence  directe  de  la  traction  des  muscles  et  de  la 
position  des  parties  du  corps  sur  les  centres  nerveux,  influence  qui  est 
prouvée  au  mieux  par  l'expérience  de  Jor(/a;i  sur  le  mi-animal. 

Pour  cette  expérience,  on  divise  l’escargot  en  deux,  de  façon  que  les 
deux  moitiés  restent  en  communication  seulement  par  le  ganglion  pédieux. 
Ensuite  on  charge  l’une  d’entre  elles  avec  un  poids,  tandis  que  l’autre,  en 
rapport  avec  un  appareil  enregistratcur,  montre  le  changement  d’élonga¬ 
tion  et  d'excitabilité  réflexe. 

Il  résulte  nettement  de  toutes  ces  expériences  que  les  centres  nerveux 
subissent  des  influences,  partant  de  la  périphérie  du  corps  et  qu’ils  réflé¬ 
chissent  la  position  et  les  mouvements  du  corps  et  de  ses  parties.  «  Le 
changement  de  là  position  des  parties  du  eorps  produit  uu  changement 
complet  dans  le  relais  des  centres  nerveux  des  différents  muscles  et  de 
leurs  groupes  n  (Magiim).  Il  en  découle,  ce  qui  mérite  d’être  souligné,  que 
le  relais  ne  se  manifeste  nécessairement  pas  dans  la  production  de  réflexes 
spéciaux,  mais  aussi  bien  dans  la  détermination  de  voies  que  doit  suivre 
l’excitation  avenir.  Ce  changement  dure  autant  que  celui  de  la  périphérie 
du  corps,  (|ui  l’avait  produit 

A  ce  bref  résumé  physiologique,  devant  servir  de  fond  à  nos  considéra¬ 
tions,  il  manque  seulement  la  précision  de  voies  nerveuses  pour  les  ré¬ 
flexes  mentionnés. 

Or,  les  relais  chez  les  animaux  supérieurs,  contrairement  à  ce  que  nous 
avons  vu  chez  les  invertébrés  (Uexküll,  Jordan),  sont  de  vrai  réflexes, 
où  le  rôle  de  voies  afférentes  est  joué  par  les  propriocepteurs,  c’est-à- 
dire  les  nerfs  sensitifs  des  muscles,  des  tendons  et  des  gaines  muscu¬ 
laires. 

Quant  à  la  localisation  des  réflexes  de  posture  et  d’attitude,  Magmis  et 
Rademaekers  ont  pu  établir  les  données  suivantes.  Le  premier  résultat 
Important  et  pour  ainsi  dire  négatif  consiste  en  ce  que  tous  les  réflexes 
labyrinthiques  restent  intacts  après  la  destruction  complète  du  cervelet. 
Les  réflexes  d’attitude  et  les  réflexes  labyrinthiques  ont  leurs  centres 
dans  le  tronc  cérébral  ;  de  telle  sorte  que  les  réflexes  d’attitude  se  trouvent 


Sun  IJiS  RÉFLEXES  DE  POSTURE  ET  D'ATTITUDE  119 

le  plus  en  avant  dans  le  cerveau  moyen,  ensuite  viennent  les  centres  pour 
tous  les  rcllexes  labyrinthiques  sur  les  yeux,  et  enfin  le  plus  en  arrière 
jusqu'à  la  moelle  cervicale  sont  localisés  les  réllexes  labyrinthiques  et  du 
cou  sur  tous  les  muscles  du  corps.  Tout  cet  apjiareil  nerveux  compliqué 
règle  la  position  et  l’attitude  du  corps,  en  se  servant  de  données  qu’il 
obtient  au  moyen  des  récepteurs,  tels’  que  les  macules  d'otolithes  et  le  la¬ 
byrinthe. 

Ajoutons  quelques  données  plus  précises  qui  peuvent  nous  intéresser 
d’une  façon  plus  spéciale.  Quant  aux  réflexes  du  cou  sur  les  extrémités, 
les  voies  afférentes  parcourent  la  3®  ou  bien  la  4«  paire  des  racines  cervi¬ 
cales  supérieures  postérieures,  tandis  que  les  centres  se  laissent  localiser 
dans  les  deux  segments  cervicaux  supérieurs.  Le  centre  des  réflexes  laby¬ 
rinthiques  sur  les  membres  se  trouve  dans  le  bulbe  en  arrière  du  point 
d’entrée  de  la  huitième  paire  crânienne. 

Si,  en  parlant  des  réflexes  d’attitude,  nous  commençons  par  les  réflexes 
du  corps  sur  la  tète,  nous  rappellerons  que  les  excitations  provocatrices 
sont  produites  par  le  contact  du  corps  avec  un  plan.  Les  voies  nerveuses 
afférentes  montent  dans  la  moelle  et  vont  dans  le  tronc  jusqu'aux  centres 
niésencéphaliques.  Les  centres  des  réflexes  du  corps  sur  le  corps  se  trou- 
^'cnt  au  niveau  du  noyau  rouge.  Les  centres  des  réflexes  d’attitude  du  cou 
se  laissent  localiser  dans  le  pont. 

On  trouve  que  les  réllexes  labyrinthiques  d’attitude  de  même  que  les  ré¬ 
flexes  du  corps  sur  le  corps,  et  la  disposition  normale  du  tonus  muscu¬ 
laire,  dont  le  contraire  forme  la  rigidité  déeérébrée,  ont  un  centre  com- 
niun  :  c’est  le  noyau  rouge.  C'est  son  fonctionnement  normal  qui  ne 
laisse  pas  survenir  la  rigidité  déeérébrée.  La  voie  nerveuse  pour  les  exci¬ 
tations,  parlant  du  noyau  rouge,  passe  par  les  tractus  rubro-spinaux  qui, 
comme  on  le  sait,  se  croisent  dans  la  décussation  de  Forel.  M""’  Zylberlast 
suppose,  en  se  basant  sur  des  expériences  personnelles,  que  le  centre 
fle  la  rigidité  déeérébrée  pourrait  siéger  dans  les  olives. 

Quant  au  mode  par, lequel  la  voie  rubro-spinale  influence  la  disposition 
(lu  tonus  musculaire,  Macjniis  et  Hademaekers  sont  arrivés  à  la  conception 
suivante.  Les  racines  postérieures  envoient  aux  centres  médullaires  des  im¬ 
pulsions  pour  les  muscles  extenseurs  et  fléchisseurs.  A  ces  centres  arrivent 
du  bulbe  les  excitations  pour  l'extension,  si  bien  que  lorsqu’elles  agissent 
toutes  seules  (en  cas  de  d,écérébration),  elles  mènent  à  la  prépondérance  du 
tonus  des  extenseurs  et  à  la  rigidité  déeérébrée.  La  voie  rubrospinale  en 
donnant  l’impulsion  à  la  flexion  supprime  l'action  des  excitations  oppo¬ 
sées,  par  quoi  elle  rend  possible  la  disposition  normale  du  tonus.  Dans 
le  même  sens  agissent  les  impulsions  que  la  voie  pyramidale  apporte  de 
1  écorce  cérébrale.  Mais  son  aetion  est  plus  faible  et  ne  suffit  pas  à  abolir 
lu  rigidité  déeérébrée. 

Les  réflexes  d’attitude' sur  la  tète  ont  un  centre  particulier,  dont  la  loca¬ 
lisation  n’est  pas  encore  établie  avec  certitude. 

Ln  comparaison  avec  le  riche  matériel  expérimental,  ([ui  a  été  réuni  par 
^(tgniis  e\.  ses  collaborateurs,  les  faits  cliniques  dont  nous  disposons  sont 


C.  IIYCHOWSK, 


peu  nombreux.  Nous  ne  voulons  point  entrer  ici  clans  les  considérations 
sur  les  cas  publiés,  que  nous  mentionnerons  seulement  en  tant  qu’ils  sont 
en  rapport  avec  nos  observations  personnelles.  Le  nombre  de  cas  où,  sans 
recourir  à  des  artifices  dont  nous  parlerons  plus  tard,  on  a  constaté  les 
réflexes  de  posture,  étant  assez  restreint,  nous  croyons  utile  de  publier 
en  détail  les  deuxobservations  suivantes. 

I.  L.Z.,5aiis  (Ij.  I.’alïoction  (Jébuta  il  y  a  10  semaines  par  des  vomissements.  Au  bout 
de  4  semaines,  ies  vomissements  survenaient  piusieurs  fois  par  jour.  Le  malade  se 
plaiü-nait  qu’il  ûtait  comme-ivre,  mais  sa  façon  de  marcher  était  normale.  Dans  la  sixième 
semaine  survinrent  de  fortes  céphalées.  Le  malades  se  sentait  affaibli  et  s’asseyait  à 
chaque  instant,  en  (iisant  qu’il  ne  pouvait  pas  marcher.  Il  y  a  3  semaines,  il  commença 
à  traîner  la  jambe  droite,  ia  marche  devint  chancelante,  elle  empirait  si  rapidement 
qu’au  bout  de  2-3  jours,  il  cessa  de  marcher.  Depuis  deux  semaines,  il  ne  peut  pas  rester 
assis.  On  ne  sait  pas  de[(uis  quand  date  l’affaiblissement  de  la  vue.  Il  y  a  une  semaine 
il  avait  pen<lant  plusieurs  jours  des  convulsions  ffénéralisées  avec  perte  de  connais- 

il  a  toujours  eu  une  firande  tête.  D’une  bonne  santé  générale  jusqu’au  début  de  la 
présente  maladie,.  A  l’examen  :  tête  de  grandes  dimensions,  à  type  hydrocéphalique. 
Le  signe  de  Brudzinski  positif,  surtout  du  côté  gauche.  Point  d’autres  signes  méningés. 
Pouls  138,  température  3(1-37,4.  Les  yeux  immobiles,  sauf  quelques  rares  mouv(!ments 
à  droite.  Fond  de  l’ci'il  :  papilles  de  stase,  atrophie  au  début,  beaucoup  d’exsudat, 
petites  hémorragies.  Pupilles  larges,  ne  réagissant  pas  à  la  lumière.  Cécité.  Légère 
parésie  du  nerf  facial  infèrii'ur  droit.  Si  on  ordonne  au  malade  de  lever  les  extrémités 
supérieures,  on  voit  que  le  bras  gauche  reste  en  l’air,  tandis  que  le  bras  droit  tombe 
immédiatement .  Les  mouvements  sont  conservés  dans  l’articulation  du  coude  de  même 
que  dans  celle  du  poignet  et  dans  les  doigts.  La  force  musculaire  du  côté  droit  est 
diminuée.  Le  tonus  musculaire  dans  les  deux  extrémités  supérieures  fortement  dimi¬ 
nué.  L(is  extrémités  inférieures  surtout  la  droite,  rappellent  par  leur  position  celle  de 
la  rigidité  décérébrée.  Le  pied  droit  en  position  varus-équine,  dans  le  pied  gauche 
cette  jjosition  est  moins  nulrquée.  Les  gros  orteils,  surtout  le  droit,  sont  souvent 
en  extension  forcée.  Héflexes  du  côté  des  membres  supérieurs,  faibles.  Réflexes 
patellaires  et  achilléens  assez  vifs.  Signe  de,  Babinski  îles  deux  côtés,  point  d’autres 
signes  pyramidaux.  Le  malade  ne  peut  pas  rester  assis  sans  être  aidé.  Si  on  l’assied, 
la  tête  tombe  tantôt  d’un  côté  tantôt  de  l’autre,  et  le  corps  entier  s’affaisse  comme 
une  masse  inerte.  Si  on  le  met  debout,  en  le  soutenant  sous  les  bras,  alors  il  pefid 
d’une  façon  inerte  dans  les  bras  de  celui  qui  le  soutient  et  ne  fait  aucun  effort  pour 
rester  debout. 

Dans  la  journée,  il  reste  tranquille,  apathique,  seulement  de  tempsen  temps  il  chante 
en  rendant  bien  les  mélodies.  Il  sait  son  nom  et  ceux  de  ses  parents,  è  d’autres  ques¬ 
tions  il  ne  répond  point  où  bien  il  répond  en  disant  son  nom.  Dans  les  extrémités  infé¬ 
rieures,  on  voit  les  mouvements  involontaires,  consistant  un  abduction  légère,  flexion 
faible  des  genoux  et  do  tous  les  orteils  sauf  le,  gros  orteil  se  mettant  en  extension.  Ces 
mouvements  sont  plus  prononcés  à  droite  qu’à  gauche.  De  temps  en  temps  on  voitun 
mouvi'inent  synchrone  de  rotation  en  dedans  peu  marqué  dans  l’extrémité  supérieure 
droite.  Si  l’un  fléchit  la  lé.le  du  côté  du  thorax,  le  malade  étant  assis,  le  Ironc  bien  fixé,  on 
conslate  une  légère  abdur.liun  de  Vexlrémilé  supérieure  droite  qui  s’élève  un  peu  el  se  flé¬ 
chit  dans  V articulation  du  coude.  La  flexion  dorsale  de  la  tête  produit  le  même  effet, 
tandis  que  d’autres  tnouvements  passifs  de  la  tête  restent  sans  influence  sur  les  extré¬ 
mités.  F.n  outre,  on  voit  lors  des  mouvements  rapides  verticaux  de  la  tête,  des  mou- 


(1)  Ce  cas,  provenant  de  la  rlivision  du  D'  Flatau,  a  fait  l’objet  d’une  démonstration 
de  Ml"®  Buu-Prussak  à  la  séance  clinique  à  l’hôfdtal  de  Czyste,  le  17  octobre  1924  (voir 
Kwarlalnik  Ktinicznij  Szpitala  Slarozalc,  volume  IV,  cahier  I,  1925). 


SUR  LES  Rl'iFLEXES  DE  POSTURE  ET  D'ATTITUDE  lôl 

vemenls  synchrones  dans  les  extrémités  intérieures,  consistant  en  abduction  du  mem¬ 
bre  et  flexion  plantaire  des  orteils.  * 

On  constate  un  réflexe  de  Ooldslein  bien  prononcé  :  à  savoir,  si  l’on  tient  les  extré¬ 
mités  SHpérieures  étendues  dans  l’air,  le  malade  garde  toujours  les  mains  ia  paume  en 
bas.  Si  on  met  sa  main  en  pronation  ou  supination  forcée,  elle  revient  tout  de  suite 
à  la  position  habituelle,  c’est-à-dire  elle  se  met  en  pronation. 

Chez  ce  malade,  dont  lediagnoslic  clinique  fut  celui  d’une  tumeur  cé¬ 
rébelleuse,  nous  avons  donc  constaté  une  hémiparésie  droite,  une  hypotî)- 
hie  des  extrémités  supérieures  et  une  hypertonie  des  muscles  extenseurs 
dans  les  extrémités  inférieures  se  trouvant  en  position  de  la  rigidité  décé- 
rébrée  de  Sherrington.  Ce  qui  nous  intéresse  surtout,  ce  sont  les  réflexes 
du  cou.  La  flexion  de  la  tète  en  avant  provoque  dans  la  position  assise 
de  l’individu  la  flexion  du  coude  du  côté  parétique,  de  même  qu’une  lé¬ 
gère  abduction.  Or  il  résulte  des  recherches  de  Magniis  que,  dans  cette  po 
sUiom  de  la  tête,  le  tonus  des  extenseurs  est  minime. 

Les  lois  concernant  la  relation  entreda  position  delà  tête  dans  l’espace 
et  le  tonus  des  muscles  des  extrémités,  qui  ont  été  constatées  lors  des  re¬ 
cherches  expérimentales,  ont  pu  être  contrôlées  seulement  sur  un  petit 
matériel  cl ini.que.  Quant  aux  animaux.,  on  sait  qu’il  existe  une  seule  posi¬ 
tion  de  la  tête  dans  l’espace,  dans  laquelle  le  tonus  des  muscles  exten¬ 
seurs  des  membres  est  au  maximum,  de  même  qu’il  n’enexiste  qu’une  seule 
où  il  est  au  minimum.  Les  deux  positions  se  distinguent  entre  elles  de 
180°.  Chez  la  plupart  des  animaux  examinés,  la  position  du  maximum  est 
réalisée,  quand  la  fente  buccale  se  trouve  entre  le  nivegu  horizontal  et 
45®  au-dessus,  la  position  du  minimum  se  trouve,  entre  —  135°  et  180°. 

Dans  un  cas  d'idiotie  amaurotique  (de  la  Clinique  psychiatrique  et 
neurologique  de  Utrecht),  il  y  avait  des  réflexes  labyrinthiques  sur  les 
membres  bien  prononcés.  Dans  ce  cas  le  tonus  maximal  des  muscles 
extenseurs  survenait  lorsque  la  tête  de  l’enfant,  se  trouvanten  déaibitus 
dorsal,  était  abaissée  de  45°  sous  le  niveau  horizontal  ;  le  tonus  minimum, 
accompagné,  comme  dans  notre  cas,  de  la  flexion  dans  l’articulation  du 
coude,  s’obtenait  dans  la  position  du  corps  la  têteenhaut  avec  abaissement 
du  sommet  la  tête  de  0-45°  en  avant.  De  même,  dans  deux  autres  cas  cités 
par  Magnas  d’une  façon  plus  sommaire,  il  survenait  un  réflexe  labyrin- 
thique-tonique  pareil  à  celui  que  nous  avons  observé  dan.s  notre  cas. 

Observation  II.  —  G.  S.,  48  ans.  .\  l’hôpital  depuis  avril  1925  (1). 

La  maladie  a  débuté,  il  y  a  quelquesmois,  par  des  céphalées  etdos  vertiges.  Depuis 
9  semaines,  convulsions  ayant  commencé  dans  les  orteils  du  pied  droit  pour  remonter 
et  finir  par  se  manifester  dans  toute  l’extrémité  inférieure  droite  et  dernièrement  aussi 
ùans  l’extrémité  supérieure.  Il  y  a  3  mois  commença  à  se  manifester  un  affaiblissement 
Ùe  l’extrémité  inférieure  droite,  qui  alla  en  augmentant,  de  sorte  que  vers  la  fin  du 
mois  de  msirs  la  malade  cessa  dé  marcher.  Il  y  a  4  semaines,  affaiblissement  de  l’extré- 
Wité  supérieure  droite.  Menstruations  irrégulières,  de  courte  durée.  Appétit  augmenté 
depuis  deux  mois. 

A  l’examen  ;  le  pli  naso-labial  droit  un  peu  moins  accentué  qu’à  gauche.  La  motilité 

(1)  Nous  avons  eu  l’occasion  d’observer  ce  cas  à  la  division  du  Df  Flatau 
nous  Temercions  de  nous  avoir  autorisé  à  le  publier. 


G.  liYCUOWSKI 


(lu  C(U6  îjaucho  intacl('.  Le  bras  droU  fl6ohi  à  un  anfjbî  droit,  dans  l’arliculation  du  coudü. 
Son  tonus  est  au{?inent(!.  Les  mouviunents  volontaires  abolis  dans  tous  les  serments  du 
membre.  De  temps  à  autre,  on  voit  dans  toute  r((xtr(^mit('!  un  l(;(j;er  tremt)lement,  (pd 
semble  auj'menter  lors  de  la  flexion  passive  forede  de  la  t(U('  en  arrif'nx  L'((xtrémit(' 
inr6ri(!ure  droite  est  d(^  même  tout  à  fait  inc'rte,  le  tonus  en  est  augmenté.  Hcdlexc  cor- 
néen  droit  nid,  le  fjiiuehe  faible.  Héflexes  du  triceps,  du  biceps id.  rfîflexes  périostaux  à 
droite,  plus  vifs  (pi’à  (jaucbc.  Si};n(^  d(^  .Jacobson  de  deux  côtés.  Ib'^flexes  abdominaux 
nuis.  Héflexe  rotulien  };aucbe  assez  vif,  droit  très  vif,  polycinètiipie,  de  mi'me  (pie  le 
riVtlexe  acldlléen.  Hfiflexes  plantaires  :  liabinski  du  côté  driut,  Hossolimo  -  léfjer 
de  4  orteils.  Ileilbronner  du  côté  droit.  La  malade  ne  dit  pas  un  mot,  elle  semble  ne 
pas  comprendre  lorsqu’on  bd  parle.  Le  4  mai,  la  malade  est  profondi''ment  obnubilée, 
(die  ne  rfiaprit  ^uère  aux  excitations  extérieures.  Mlle  reste  pres(pie  tout  le  temps  cou¬ 
chée,  les  yeux  fermés,  par  moments  seulement  (die  s’af,dte.  et  tôche  de  sortir  du  lit.  La 
mort  survient  le  7  mai 


Comme  on  voit,  la  malade  a  été  observée  pendant  dix /jours.  Or,  durant 
4-5  jours,  on  pouvait  constater  chez  elle  d’une  façon  très  nette  les  réflexes 
du  cou.  Lors  de  la  rotation  de  la  tète  à  droite  survenait  l’extension  lente, 
mais  complète  de  l’extrémité  supérieure  droite,  c’est-à-dire  du  membre 
maxillaire  ;  la  rotation  à  gauche  ne  provoquait  aucune  réaction  notable. 
Les  mouvements  verticaux  de  la  tête  ne  semblaient  pas  produire  un  effet 
quelcon([ue. 

La  section  du  cerveau  a  décelé  ce  qui  suit.  L’hémisphère  cérébral  gauche 
énormément  augmenté.  Sur  la  convexité  de  la  région  pariétale,  dans  le 
voisinage  du  gyrus  pariétal  supérieur  et  de  la  partie  supérieure  des  cir¬ 
convolutions,  on  voit  une  tumeur  de  la  grandeur  d’une  orange.  Sur  son 
pôle  supérieur,  on  constate  une  hémorragie  du  diamètre  de  5  centimètres. 
Sur  sa  surface,  on  ne  voit  plus  de  circonvolutions,  bien  que  dans  certains 
endroits  on  remarque  une  mince  couche  d'écorce.  La  tumeur  repousse 
aussi  la  face  médiale  de  l’hémisphère.  Sur  la  convexité  on  voit  un  sillon 
assez  profond  qui  marque  la  limite  entre  la  tumeur  et  le  tissu  environ¬ 
nant.  Si  on  l’approfondit  artificiellement,  alors  on  constate  que  la  tumeur 
passe  immédiatement  au  tissu  cérébral  ramolli.  A  la  coupe  à  travers  la 
tumeur,  on  voit  deux  tumeurs,  l’une  plus  petite  située  dans  la  profohdeur, 
l’autre  de  la  grandeur  d’une  grosse  mandarine  et  correspondant  à  la  sur¬ 
face  extérieure  de  la  tumeur.  La  substance  blanche  est  ramollicenavant  et 
en  arrière  de  la  tumeur.  Les  ventricules  latéraux  et  le  troisième  ventricule 
sont  dilatés. 

On  observe  les  rifllexes  du  cou  en  clinique  fort  rarement  :  il  existe 
par  contre  un  grand  groupe  de  malades  chez  lesquels  nous  pouvons  les  dé¬ 
celer  par  un  procédé  spécial.  Simonsel  Walshe  ont  montré  indépendam¬ 
ment  l’un  de  l'autre  que  dans  certains  cas  d’hémiplégie  la  position  de  la 
tète  par  rapport  au  tronc  inlluence  le  tonus  musculaire  des  extrémités,  ce 
qui  se  manifeste  dans  la  manière  dont  se  produisent  les  syncinésies.  Je 
n’entrerai  pas  ici  dans  les  détails  de  la  question, ([ui  se  trouvent  indiqués 
dans  les  travaux  decesdeux  auteurs  et  que  j’ai  pu  confirmer  sur  mes  malades. 

On  obtient  la  réaction  la  plus  manifeste  lorsqu’on  fait  exécuter  au  ma¬ 
lade  un  elfortavec  la  main  saine,  par  exemple  presser  soit  la  main  du  méde- 


SVIt  LUS  lilih'LKXES  DE  POSTURE  ET -D' ATTITUDE  103 

cin,  soit  un  objet  quelconque  (cette  excitation  convient  mieux  à  notre  but 
qu’un  mouvement  actif  du  membre  contre  une  résistance,  l’influence  de 
celui-ci  sur  la  syncinésie  risquant  d’obscurcirla  manifestation  des  réflexes 
de  posture).  C’est  alors  que  le  membre  paralysé  exécute  un  mouvement 
concomitant  dont  le  caractère  dans  bien  des  cas  dépend  de  la  position  de 
la  tête  par  rapport  au  corps.  S  nous  tournons  la  tète,  la  face  contre  le 
niembre  paralysé,  celui-ci  tend  lors  de  la  syncinésieà  l’extension,  si  par 
contre  c’est  l'occiput  qui  le  regarde,  il  se  met  en  flexion  Nous  avons  donc 
devant  nous  la  manifestation  du  même  réflexe  du  cou  qui  a  été  observé  de 
primé  abord  sur  les  animaux  :  c’est  toujours  l’extension  de  l'extrémité 
niaxillaireetla  flexion  delà  crânienne. 

La  syncinésie  conduit  à  une  certaine  position  du  membre,  laquelle  est 
conservée  aussi  longtemps  que  dure  l’effort  musculaire  du  côté  opposé  et 
la  position  de  la  tète  donnée.  Cette  réaction  nécessite  pour  se  manifester  un 
certain  temps  de  latence  et  se  développe  lentement.  C'est  en  particu¬ 
lier  l’influence  delà  position  de  la  tête  qui  devient  de  plus  en  plus  mani¬ 
feste  au  fur  et  à  mesure  que  la  réaction  se  prolonge.  Ainsi  nous  consta- 
tons  que  la  syncinésie  a  le  caractère  d’un  réflexe  tonique.  Outre  cela, 
aous  savons,  en  ce  qui  concerne  les  conditions  de  sa  manifestation,  que 
nous  l’obtenons  seulement  dans  les  cas  où  l’extrémité  paralysée  se 
trouve  en  état  d’bypertonicité. 

Tous  ces  faits  conduisent  à  l’idée  que  la  syncinésie  n’est  rien  d’autre 
quun  réflexe propriocepteur  des  muscles  à  contraction  volontaire  (Walshe) 
et  qu’elle  peut  être  caractérisée  comme  le  réflexe  d’une  extrémité  sur 
1  autre  par  quoi  elle  se  rapproche  aux  réflexes  de  posture,  découverts  par 

^lagnus. 

En  tenant  compte  de  nos  con.sidérations  générales,  nous  pourrions 
donner  l’explication  suivante  des  réflexes  de  Simons-Walsbe.  La  rota¬ 
tion  de  la  tête  produit  déjà  chez  l’individu  normal  une  excitation  des 
^oies  nerveuses  allant  vers  les  muscles  extenseurs  du  membre  maxillaire, 
iiiais  les  voies  pyramidale  et  rubro-spinale  exercent  leur  influence  inhibi¬ 
trice  et  ne  permettent  pas  sa  manifestation  ;  celle-ci  ne  peut  avoir  lieu 
que  lors  de  la  lésion  d’une  de  ces  voies  inhibitrices  (  «  Enthemmung  »  ). 

Une  importante  remarque  d’ordre  clinique  se  rattache  à  l’explication 
qui  vient  d’être  essayée  ;  les  réflexes  dont  nous  parlons  ne  s’observent  pas 
dans  les  affections  extrapyrpmidales. 

Nous  n’entrerons  pas  ici  dans  les  détails  de  la  question  si  importante 
des  syncinésies  que  nous  traitons  dans  ce  travail  d’une  façon  tout  à  fait 
sommaire,  seulement  comme  un  exemple  des  réflexes  du  cou  chez 
1  homme  Ajoutons  pour  en  finir  la  remarque  que  souvent  dans  les  cas 
®u  il  manque  non  seulement  toute  paralysie  mais  une  affection  organique 
quelconque  du  système  nerveux,  on  obtient  la  syncinésie,  si  on  laisse 
individu  tenir  les  bras  en  extension  devant  soi  à  un  angle  quelconque 
pur  rapport  à  l’horizontale.  Trois  facteurs  peuvent  entrer  ici  en  ligne  de 
compte  ;  la  fatigue,  le  tonus  musculaire  augmenté,  enfin  la  déviation  de 

•attention. 


154 


Ï'CIIOWSKI 


Les  réflexes  d’utlilude.  Les  cas  avec  les  réflexes  d’allitude  prononcés 
ont  été  décrits  à  ma  connaissance  seulement  par  Goldstein  et  Zingerle. 
Il  paraît  que  normalement  ceS  réflexes  ne  sont  pas  très  nets.  Ceci  tient 
d’une  part  à  ce  que,  habitués  que  nous  sommes  de  voir  le  corps  revenir 
par  lui-même  à  la  position  normale  et  ne  point  garder  une  position 
anormale  et  mal  commode,  nous  ne  neirtarquons  pas  les  réflexes  qui 
entrent  ici  en  jeu  ;  d’a.utre  part,  ce  sont  probablement  les  mouvements 
volontaires  qui  se  superposent  aux  mécanismes  réflexes  et  les  cachent  à 
l’observateur. 

Dans  ces  conditions,  on  devra  s’attendre  à  ce  que  surtout  l’abolition 
pathologique  des  réflexes  d’attitude  laisse  apparaître  toute  leur  importance. 
Il  nous  semble  (|u’une  telle  abolition  se  manifeste  dans  certains  cas  de 
la  stupeur  cataloniqae,  où  elle  revêt  la  forme  de  la  catalepsie.  Dans  un  de 
nos  cas,  le  malade  reste  immobile  et  ne  réagit  à  aucune  excitation  exté¬ 
rieure.  Lors  de  la  rotation  passive  de  la  tète,  il  se  produit  un  mouvement 
concomitant  des  bras  que  nous  avons  mis  au  préalable  en  extension  ; 
de  plus  toute  la  moitié  supérieure  du  corps  se  penche  du  même  côté  et  reste 
dans  cette  position  aussi  mal  commode  que  possible.  Penche-t-on  la  tête 
fortement,  alors  elle  attire  avec  elle  tout  le  corps,  si  bien  que  le  malade 
abandonné  à  lui-même  tombe. 

Dans  un  autre  cas,  outre  les  observations  précitées,  on  peut  voir  ce 
qu’on  pourrait  appeler  la  dissociation  entre  les  parties  du  corps.  Si  on 
couche  le  malade  en  le  mettant  dans  une  position  inaccoutumée  cju’il 
garde,  et  si  on  place  La  tête,  les  extrémités  supérieures  ou  inférieures  dans 
une  position  normale,  le  reste  du  corps  ne  suit  pas  ce  retour  à  la  posi¬ 
tion  normale  et  reste  longtemps  dans  la  position  première,  de  sorte  que 
l’axe  du  corps  forme  une  courbe  irrégulière. 

Si  nous  nous  souvenons  de  ce  que  nous  savons  sur  la  localisation  des 
réflexes  d’attitude  chez  l’animal,  nous  pouvons  supposer  que  dans  des 
cas  pareils  il  existe  des  troubles  fonctionnels,  dynamiques,  dans  le  tronc 
cérébral,  en  particulier  dans  le  cerveau  moyen.  Dans  des  cas  où  on  cons¬ 
tate  en  outre  le  manque  de  réflexes  du  corps  sur  le  corps,  on  serait  tenté 
d’adra,etlre  également  des  troubles  fonctionnels  dans  le  noyau  rouge,  . ce  qui 
pourrait  aussi  explicjuer  l’hypertonie  si  fréquente  dans  les  états  de  stu¬ 
peur.  Comme  on  voit,  toutes  ces  hypothèses  s’accordent  fort  bien  avec 
notre  tendance  actuelle  d’attribuer  une  grande  importance  au  tronc  céré¬ 
bral  en  ce  qui  concerne  la  localisation  fonctionnelle  des  processus  cata- 
toniques. 

Nous  voudrions  citer  encore  quelques  observations  sur  les  réflexes 
d’attitude  ([ue  nous  avons  pu  recueillir.  Le  réflexe  d’attitude  le  plus 
simple  que  nous  pouvons  rencontrer  chez  nos  malades  est  le  réflexe 
dit  de  Goldstein.  Il  consiste,  comme  on  le  sait,  en  ceci  :  si  nous  pla¬ 
çons  les  bras  du  malade  plus  ou  moins  horizontalement,  les  mains  en 
pronation  ou  supination  excessive,  les  mains  reviennent  peu  à.  peu  à 
la  position  normale,  laquelle  est  la  pronation.  Chez  des  gens  sains,  ce 
réflexe  d’habitude  ne  se  produit  pas  et  les  mains  restent  dans  la  position 


Sun  LES  UÊFLEXES  PE  POSTUPE  ET  D'ATTITUDE 


qui  leur  avait  été  donnée.  J’ai  constaté  ce  réflexe  dans  les  cas  de  chorée, 
de  parkinsonisme  post-encéphalitique,  dans  les  tumeurs  cérébrales.  Gold- 
*hen  pense  qu’il  est  un  signe  de  la  lésion  des  voies  supracérébelleuses. 
Quant  à  nous,  il  nous  semble  qu’il  serait  prématuré  de  lui  attribuer  une 
signification  local isatrice  précise. 

On  peut  se  demander  quel  est  le  rapport  du  signe  de  Goldstein,  lors¬ 
qu  on  le  rencontre  dans  les  cas  d’bémiparésie,  avec  signe  de  pronation 
automatique  de  Babinski.  Nous  ne  doutons  pas  que  ce  soit  le  même  phé- 
nomène  ;  seulement,  à  la  lumière  des  idées  ici  exposées,  nous  devons  le 
considérer  non  pas  comme  résultant  de  la  parésie,  mais  comme  effet  de 
la  désinhibition  du  réflexe  d’attitude  produite  par  la  lésion  de  la  voie 
pyramidale  l'on  bien  rubrospinale). 

Le  signe  de  pronation  iVOppenheiin  qui,  comme  on  le  sait,  consiste  en 
Ce  qu  une  excitation  sensorielle  (pincement,  friction)  du  côté  cubital  de 
avant-bras  produit  la  pronation  est,  peut-être,  l’expression  du  relais 
fendant  à  la  pronation  ;  nous  avons  vu  dans  la  partie  générale  de  notre 
fravail  que  le  relais  pouvait  être  mis  en  lumière  au  moyen  d’une  cxcita- 
fion  sensorielle  quelconque. 

Dans  certains  cas,  nous  avons  observé  ce  qu’on  pourrait  appeler  l’induc- 
fion  des  réflexes  d’attitude,  nom  qui  sera  justifié  par  nos  considéra¬ 
tions  ultérieures.  Il  arrive  notamment  que  les  bras  placés  soit  dans 
^yperpronation  soit  dans  I  hypersupination  reviennent  spontanément 
^la  positibn  normale  (signe  de  Goldstein)  ;mais  si  l’on  retient  l’un  d’eux, 
*  3Utre  reste  aussi  dans  la  position  artificielle.  Inversement  il  arrive  aussi 
que  spontanément  il  ne  se  produit  aucun  changement  dans  la  position  des 
^cas  jusqu’au  moment  où  l’observateur  met  un  des  bras  dans  la  position 
uorniale,  c’est  alors  que  l’autre  le  suit  lentement  et  se  met  dans  la  meme 
position. 

Si  vraiment  les  réflexes  d’attitude  sont  des  mécanismes  réprandus  dans 
_c  monde  animal  d’une  façon  universelle,  dont  la  manifestation  chez 
homme  est  seulement  rendue  difficile  par  les  mouvements  volontaires, 
®'ors  on  devra  s’attendre  à  ce  qu’ilü  se  manifestent  d’autant  plus  facile¬ 
ment  que  ces  derniers  sont  moins  développés.  C’est  en  partant  de  ce  point 
_  vue  que  nous  avons  commencé  les  recherches  sur  des  nouveau-nés.  En 
m*son  des  résultats  obtenus  par  Magnas,  nous  avons  examiné  les  réflexes 
attitude  dans  deux  positions^  premièrement  sur  un  plan  dur,  en  second 
•®o,en  suspension  libre. 


L  —  Examen  en  position  de  suspension  libre,  le  dos  en  haut,  l’enfant 
‘‘laintenu  par  un  linge. 

Nous  avons  examiné  les  enfants  peu  de  temps  après  leur  naissance,  de 
'"^meque  quelques  heures  et  quelques  jours  plus  tard.  D’une  manière  gé- 
on  constate  sur  ce  matériel  la  tendance  bien  prononcée  de  mainte¬ 
nir  la  tête  dans  la  position  normale;  si  on  tourne  le  bassin  et  les  extrémités 
inférieures,  alors  la  tête  ne  change  pas  de  position  ou  change  d’une  façon 
insignifiante.  Par  contre,  on  n’obsèrve  pas  le  réflexe  décrit  par  Magnas 


G.  HYCllOWSKl 


consistant  clans  le  maintien  de  la  tète  dans  la  position  normale  lors  de  l’élé¬ 
vation  ou  de  l’abaissement  passif  de  la  partie  inférieure  du  tronc.  Je  crois 
cjue  cette  différence  entre  l’animal  et  le  nouveau-né  est  causée  en  premier 
lieu  par  la  faiblesse  et  l’imperfection  motrice  de  ce  dernier.  Nous  savons 
que  la  maîtrise  des  mouvements  de  la  tête  chez  l’enfant  commence parcelui 
de  l’élévation,  quand  il  se  trouve  en  position  ventrale  et  ne  se  manifeste  que 
dans  le  quatrième  mois.  Aussi  le  réflexe  d’attitude  sus-mentionné,  mainte¬ 
nant  la  tête  dans  la  position  normale  lors  de  la  rotation  du  bassin,  se  pro¬ 
duit-il  seulement  si  l’excursion  de  ce  dernier  mouvement  n’est  pas  trop 
considérable,  autrement  elle  attire  la  têteavec  elle,  tout  cela  contrairement 
à  ce  qui  se  passe  chez  le  lapin,  dont  la  tête,  lors  de  la  flexion  de  l’arrière- 
train  de  180'',  reste  maintenu  sans  changement  dans  la  position  normale, 
tout  comme  si  c’était  sous  l’influence  d’une  force  magique  quelconque. 

Nous  constatons  chez  nos  nouveau-nés  que  dans  chaque  position,  la 
tête  ou  bien  toute  la  partie  supérieure  ou  la  partie  inférieure  du  corps 
revient  à  la  position  normale. 

II.  —  Examen  sur  un  plan  dur. 

On  voit  alors  chez  des  nouveau-nés  d’une  façon  des  plus  nettes  l’influ¬ 
ence  de  la  tête  sur  la  position  du  corps.  Lors  de  la  rotation  de  la  tête  suivent 
successivement  les  épaules,  la  partie  supérieure  et  la  partie  inférieure  du 
corps.  Inversement  la  rotation  du  bassin  ou  de  l’une  des  extrémités  inférieu¬ 
res  des  épaules  ou  de  l’une  des  extrémités  supérieures,  est  suivie  successi¬ 
vement  par  les  parties  les  plus  proximales  et  puis  de  plus  en  plus  distales. 
Quant  à  la  vitesse  avec  laquelle  ces  réflexes  se  suivent,  on  peut  constater, 
outre  les  dill’érences  individuelles,  des  rapports  avec  l’âge  en  ce  sens  que, 
chez  les  enfants  tout  petits  (de  quelques  jours)  le  réflexe  se  produit  très  vile, 
presque  en  éclair,  tandis  que  plus  tard,  à  l'àge  de  quelques  semaines 
il  se  produit  lentement,  et  même  on  voit  des  cas  avec  une  indépendance 
plus  ou  moins  complète  des  parties  du  corps  l’une  de  l'autre. 

Nous  avons  constaté  parfois  chez  des  enfants  de  (|uelques  jours  le  réflexe 
d’attitude  de  la  tête  sur  la  tête  —  la  tête  déplacée  de  la  position  normale  re¬ 
vient  à  elle-même  plus  ou  moins  vite.  Le  fait  qu’avec  l’âge  de  l’enfant  les 
réflexes  de  la  tête  sur  le  corps  et  du  corps  sur  la  tête  deviennent  inhibés, 
se  prouve  aussi  d’après  les  cas  où  ils  se  produisent  très  nettement  dans  le 
sommeil  et  disparaissent  après  le  réveil. 

Pour  finir,  ajoutons  que  nous  n’avons  pas  pu  déceler  avec  certitude  des 
réflexes  du  cou  ni  labyrinthiques  chez  aucun  des  nouveau  nés  examinés; 
dans  quelques  cas  seulement  la  flexion  ventrale  de  la  tête  semblait  produire 
une  certaine  prépondérance  de  l’extension  des  extrémités  inférieures  sur 
les  mouvements  de  flexion. . 

Si  nous  résumons  nos  observations  sur  les  réflexes  d’altitude  chez  les 
nouveau-nés,  nous  arrivons  aux  conclusions  suivantes.  Nous  trouvons 
chez  des  nouveau-nés  des  réflexes  d’attitude  différents,  selon  (|ue  le  corps 
touche  à  un  plan  (excitation  asymétrique)  ou  bien  reste  suspendu  libre¬ 
ment  en  l’air.  Dans  le  premier  cas.  il  se  produit  surtout  les  réflexes  de 


Sun  LES  RÉFLEXES  DE  POSTURE  ET  LL  ATTITUDE 


la  tête  sur  le  corps  et  du  corps  sur  la  tète,  qui  amènent  la  même  position 
pour  le  corps  et  pour  la  tête;  dans  le  second  cas  la  tète  montre  uneindé' 
Pendance  considérable  (quoique  moindre  que  chez  l’animal)  en  se  mainte¬ 
nant  au  moyen  de  ses  réflexes  propres  dans  la  position  normale  malgré  les 
changements  dans  la  position  des  autres  parties  du  corps.  ■ 


II.  —  Les  mouvements  d  induction 


Cest  à  Goldstein  que  revient  le  mérite  d’avoir  montré  que  les  phéno- 
niènes  du  groupe  des  réflexes  de  posture,  que  l’on  n’observe  chez  l’homme 
flue  fort  rarement,  peuvent  être  décelés  dans  des  conditions  particulières, 
presque  chez  tout  individu  normal. 

On  étudie  les  mouvements  induits  sur  un  individu  en  position  de  décu- 
itus  dorsal  sur  un  plan  dur,  la  tète  fléchie  un  peu  en  arrière.  Nous  ordon- 
nons  de  fermer  les  yeux  et  de  tenir  les  bras  étendus,  le  mieux  sous  un  an¬ 
gle  de  45°  par  rapporté  l’horizontale.  Ensuite  nous  recommandons  de  dé¬ 
tourner  l’attention  de  l’examen  même,  ce  qu’on  peut  obtenir  par  une  con- 
pentration  intense  de  la  pensée  sur  un  sujet  quelconque  ;  aux  personnes 
intelligentes,  on  peut  recommander  de  ne  s’occuper  point  du  sort  de  leurs 
extrémités,  c’est-à-dire  de  ne  pas  les  mouvoir  volontairement,  mais  de  ne 
P^s  résister  non  plus  aux  mouvements  qui  pourraient  s’y  produire.  Peu 
c  temps  après  le  commencement  de  l’expérience,  l’individu  examiné  sent 
a  fatigue  dans  les  membres  étendus:  nous  lui  recommandons  de  ne  pas  y 
^ire  attention,  en  l’assurant  que  la  fatigue  passera  bientôt.  En  effet,  un  peu 
Pus  tard,  toute  fatigue  disparaît  et  l’individu  peut  rester  sans  effort  dans  la 
position  indiquée  pendant  très  longtemps,  dans  nos  expériences  même 
pendant  une  heure  entière. 


L  observation  ultérieure  permet  de  constater  deux  sortes  de  mouvements  ; 
CS  mouvements  pseudo-spontanés,  involontaires  et  des  mouvements  d’in- 
uction.  D’abord  on  observe  le  tremblement  des  bras  qui  prend  des  oscilla- 
hons  de  plus  en  plus  larges.  Dans  la  plupart,  il  ne  se  produit  pas  sponta¬ 
nément  d’autres  mouvements  involontaires.  Dans  certains  cas  cependant, 
?”  constate  la  tendance  à  l’abduction  et  l’abaissement  lent  des  bras,  parfois 
s  s  éloignent  et  se  rapprochent  alternativement.  A  part  cela  on  voit  de 
|cmps  à  autre  des  mouvemenis/des  doigts  plus  ou  moins  étendus,  surtout 
CS  mouvements  de  flexion,  rappelant  quelque  peu  les  mouvements  d’athé- 
tose. 

Par  contre,  dans  un  petit  nombre  de  cas  (d  après  Goldstein  le  fait  serait 
Siréquent,  ce  que  nous  ne  pouvons  pas  confirmer),  il  se  produit  des 
*””?Vements  pseudo-spontanés  d’uneamplitude  de  plus  en  plus  grande.  Des 
petits  mouvements  d’abduction  et  d’adduction,  d’élévation  et  d’abaissement 
l^i'dessus  décrits,  deviennent  de  plus  en  plus  étendus,  leur  vitesse  augmen- 
enfin  ils  se  fondent,  en  produisant  des  mouvements  circulatoires  qui, 
ne  survient  pas  d’obstacle  extérieur,  peuvent  se  répéter  pendant 
longtemps  sans  produire  de  fatigue;  aussi  bien  on  a  l’impression 


G.  ISVCHOWSKl 


(|u’il,s  ne  s’arrêteront  pas.  D'ordinaire,  ces  mouvements  sont  tout  à  fait  sy- 
métriciues,  mais  nous  avons  vu  un  cas  où,  malgré  la  symétrie  au  début  il 
s’est  produit  bientôt  une  prépondérance  notable  de  l’extrémité  gauche  sur 
hi  droiie,  en  ce  (|ui  concerne  l  ainpliliulc  des  lUOUVemCIltS,  bicil  ([UC  ICUf 
caractère  fût  tout  à  fait  le  même. 

A  côté  des  mouvements,  qui  viennent  d’etre  décrits,  nous  observons  des 
mouvements  partiels,  c’est-à-dire  représentant  seulement  les  composan¬ 
tes  des  mouvements  circulatoires,  ou  bien  des  mouvements  différents, 
|)ar  exemple  dans  un  cas  nous  avons  vu  après  une  sériede  mouvements  lents 
d’abduction  et  d’adduction,  d’élévation  et  d'abaissement,  une  série  de 
mouvements  plus  compli(|ués  de  rotation  des  bras  et  des  mains  dansl’arti- 
culation  du  poignet. 

Ilemar([uons  encore  que  le  fait  d’expérimenter  plusieurs  fois  avec  le 
même  individu  ne  provoque  guère  des  mouvements  pseudo-spontanés,  là 
où  on  ne  les  a  pas  constatés  dès  la  première  fois,  et  ne  modifie  ni  le  ca¬ 
ractère  ni  1  amplitude  des  mouvements  existants.  Il  est  évident  que  cette 
remar(|ue  a  son  importance. 

C’est  tout  ce  que  nous  .pouvons  dire  aujourd’hui  sur  les  mouvements; 
pseudo-spontanés,  que  dans  leur  forme  classique  nous  avons  observés  seu¬ 
lement  elle/,  les  individus  sans  troubles  nerveux  organiques. 

Nous  venons  de  décrire  la  production  des  mouvements  involontaires 
sans  l’influence  des  facteurs  extérieurs,  nous  allons  maintenant  montrer 
ce  ([ue  sont  Icsmouvements  induits 

Cbe/  certains  individus  bientôt  après  le  début  de  l’expérience,  plus  sou¬ 
vent  après  ([iielque  temps  seulement,  on  jieut  remarquer  1  influence  no¬ 
table  de  la  position  d’une  extrémité  sur  l’autre,  des  extrémités  sur  -la  tête 
et  vice  ver.su,  ainsi  ([ue  1  influence  des  mouvements  passifs  produits  avec 
des  parties  du  corps  différentes  sur  d’autres.  C’est  ce  qu’on  appelle  l’in¬ 
duction  des  mouvements. 

Avant  tout,  nous  constatons  des  mouvements  induits  d’une  extrémité 
sur  la  correspondante  du  côté  opposé.  Ainsi,  si  nous  levons  lentement  un 
bras,  l’autre  se  soulève  aussi,  si  nous- fléchissons  les  doigts  d’une  main,  les 
doigts  de  l'autre  se  fléchissent  également.  Ensuite  on  voit  l’influence  d’une 
extrémité  inférieure  sur  l’extrémité  supérieure  du  même  côté  ;  par  exemple, 
la  flexion  de  l'extrémité  inférieure  dans  l’articulation  du  genou  provoque  la 
flexion  de  l’extrémité  supérieure  dans  l’articulation  du  coude,  la  flexion 
plantaire  des  orteils  induit  la  flexion  des  doigts.  C'est  surtout  lors  de  mou¬ 
vements  passifs  lents,  ([ui  sont  suivis  par  des  mouvements  induits  lents  eux- 
mêmes,  ([u’on  voit  (|ue  ce  n'est  pas  nécessairement  le  sens  du  mouvement 
passil  (juidétermine  l’induction  — la  flexion  ne  provoque  pas  toujours  la 
flexion  —  mais  parfois  la  direction  du  mouvement  passif  ou  plutôt  de  sa 
composante  première  ;  ainsi  la  flexion  de  l’extrémité  inférieure  dans  l’ar¬ 
ticulation  du  genou  peut  provoquer  l’élévation  de  l’extrémité  supérieure 
comme  réaction  à  l'élévation  du  début  delà  cuisse,  indispensable  au  mou¬ 
vement  inducteur. 

Entre  le  début  du  mouvement  inducteur  et  l'induit,  il  se  passe  toujours 


SUE  LES  RÉFLEXES  DE  POSTURE  ET  D'ATTITUDE 


un  certain  laps  de  temps,  d'une  durée  diflerente  selon  les  cas,  mais  le  plus 
souvent  fort  bref. 

D^’une  manière  générale,  le  niouvenient  induit  dure  aussi  longtemps  que 

lemouvementprovocatciir,  mais  il  n’an’rive  pas  toujours  à  la  môme  ampli' 

tude  ;  d'ans  ce  cas  le  mouvement  Induit  met  un  temps  long  à  se  produire 
et  on  a  l’impression  comme  s’il  devait  vaincre  une  certaine  résistance. 

Dans  des  cas  éclatants,  les  mouvements  induits  surviennent  bientôt  après 
les  mouvements  provocateurs  et  les  imitent  d  une  façon  exacte.  Il  arrive 
alorsquela  flexion  du  petit  doigt  d’une  main  provoque  le  mouvement  cor- 
responàant  du  dqjgt  de  l'autre  côté,  la  flexion  plantaire  du  gros  orteil  in¬ 
duit  la  flexion  de  l’orteil  du  côté  opposé,  et  ainsi  de  suite.  Dans  des  cas  pa¬ 
reils  nous  ])ouvon.s,  en  mettant  en  mouvement  les  deux  extrémités  dans  le 
Sens  opposé,  par  exemple  en  levant  la  jambe  droite  ou  en  abaissant  la 
gauche,  amener  des  mouvements  analogues  dans  les  deux  extrémités  su¬ 
périeures,  ce  qui  peut  donner  lieu  à  d’étranges  combinaisons  motrices. 

Il  est  important  de  faire  remarquer  ciu’en  vue  de  provoquer  des  mouve¬ 
ments  induits,  il  est  indispensable  de  maintenir  les  extrémités  ■dans  un 
certain  tonus  musculaire,  ce  qu’on  obtient  pour  les  bras,  comme  nous 
I  avons  vu,  en  le»;  mettant  en  extension  à  45”  par  rapport  à  l’horizontale, 
tandis  que  les  jambes,  ne  pouvant  pas  rester  longtemps  dans  cette  position, 
dôiventètre  légèrement  fléchies,  ce  qui  conduit  à  la  tension  des  muscles 
extenseurs  de  la  cuisse. 

Tout  ce  que  nous  venons  de  d-ire  se  rapporte  à  l’induction  dans  les 
extrémités.  Passons  maintenant  à  l’influence  de  la  tète  sur  les  extrémités 
etü/ce  versa. 

chez  un  individu  se  trouvant  dans  la  position;  primitive  ci-dessus  dé¬ 
enté,  nous  tournons  la  tête  de  côté,  nous  pouvons  constater  deux  sortes  de 
réactions  des  extrémités  supérieures  :  ou  bien  les  deux  extrémités 
se  tournent  au  même  degré  du  côté  de  la  rotation  de  la  tète,  ou  alors 
I  excursion  de  l’extrémité  opposée  est  plus  grande  que  celle  du  côté  de  la 
cotation,  de  sorte  qu’il  se  produit  le  croisement  de  deux  bras. 

Les  mouvements  verticaux  de  la  tête  exercent  une  influence  moins 
nette,  la  flexion  ventrale  provoque  l’abaissement  et  la  flexion  dorsale  l’élé¬ 
vation  des  bras. 

Il  est  plus  rare  de  constater  l’influence  des  extrémités  sur  la  tête.  Par 
cxeiuple  rabdirction  d’un  brgs  induit  tout  d’abord,  l'abduction  de  l'autre 
ensuite,  la  tête  se  tourne  du  même  côté.  Parfois  on  constate  que  le  temps 

latence  entre  le  mouvement  des  bras  et  le  mouvement  induit  de  la  tête 
est  nettement  plus  long  que  lors  d’autres  mouvements  d’induction. 

Dans  des  cas  rares,  on  voit  une  sensibilité  exceptionnelle  pour  les  mou¬ 
vements  induits. 

Je  me  permettrai  de  rapporter  brièvement  comme  exemple  l’extrait  de 
1  examen  d’un  de  pareils  cas 

«  Après'  quelques  instants  déjà  il  se  produit  un  léger  tremblement  des 
Lras,on  y  perçoit  bientôt  des  mouvements  d'abduction,  d’abaissement  lent, 
Ptm d’élévation  et  d’abaissement  rapides.  Pèu  de  temps  après  apparaissent 


G.  nvciiowsKi 


des  mouvements  circulatoires  ra])ides,'qui  n’amènent  aucune  fatigue. 
Il  se  ])roduit  une  induction  comj)lète  de  la  tète  sur  les  bras,  mains 
sur  les  jambes,  de  bras  sur  les  bras,  de  jambes  sur  les  bras  et  sur  la  tète. 
Nous  fléchissons  le  pied  de  l  individu,  alors  il  se  produit  une  légère  flexion 
de  la  tète,  après  cela  la  flexion  de  toute  la  partie  supérieure  du  corps, 
si  bien  que  l’individu  s’assied  et  se  penche  de  plus  en  plus  en  avant, 
comme  s'il  était  attiré  par  le  pied  pareillement  que  par  un  aimant.  A  cha¬ 
que  moment  ce  mouvement  du  tronc  s’arrête,  si  on  arrête  la  flexion  plan¬ 
taire  du  pied.  Si,  après  le  retour  de  l’individu  à  la  position  primitive,  on 
tourne  le  pied  en  dehors,  alors  se  produit  la  rotation  de  toute  la  jambe, 
ensuite  de  la  tête  et  du  tronc  dans  la  même  direction,  à  ce  point  que,  si  on 
ne  1  empêchait  pas,  l’individu  tomberait  du  divan. 

L’induction  modifie  les  mouvements  pseudo-spontanés  ci-dessus  dé¬ 
crits  en  créant  des  combinaisons  qu’on  peut  facilement  imaginer.  Par 
exemple,  l’élévation  d’une  extrémité  inférieure  provoque  l'élévation  du 
bras  corresi)ondant  et  les  mouvements  involontaires  se  produisent  dans  les 
bras,  dont  la  position  réciproque  a  été  modifiée  de  telle  sorte. 

Dans  des  cas  d’excitabilité  d’induction  exceptionnelle,  nous  avons  re¬ 
marqué  encore  une  autre  espèce  d’influence  extérieure  sur  les  mouvements 
involontaires.  Si  on  touche,  par  exemple,  le  front  de  lindividu  examiné 
dont  les  mouvements  involontaires  sont  au  maximum,  ceux-ci  se  ralentis¬ 
sent  ou  bien  s’arrêtentpour  un  instant.  Si  on  dessine  sur  le  front  desfigures, 
les  mouvements  se  mettent  à  les  imiter  selon  leur  sens  et  leur  direction. 
Il  en  est  de  même  si  on  dessine  les  traits  sur  les  bras  ou  sur  les  cuisses. 
Dans  un  cas  en  faisant  des  traits  verticaux  de  haut  en  bas  sur  la  cuisse 
droite  et  de  bas  en  haut  sur  la  cuisse  gauche,  nous  avons  provoqué  des 
mouvements  correspondants  de  plus  en  plus  vifs  dans  les  deux  bras. 

C’est  chez  les  nourrissons  que  nous  pouvons  observer  l’interférence  de 
l’induction  avec  des  tendances  motrices  naturelles  II  est  évident  que  c’est 
même  le  seul  moyen  de  constater  chez  eux  les  mouvements  induits,  car 
nous  ne  sommes  pas  en  étatd’arrêter  le  jeu  perpétuel  de  leurs  mouvements 
spontanés.  C’est  pourquoi  seulement  une  observation  prolongée  et  répétée 
du  même  enfant  et  d  autres  permet  d’aboutirà  quelques  conclusions  à  ce 
sujet,  car  elle  seule  nous  donne  les  moyens  de  comparer  les  mouvements 
spontanés  de  l’enfant  sans  influence  étrangère  quelconque  avec  les  mêmes 
mouvements  modifiés  par  le  fait  d'un  mouvement  passif  d’uneextrémité. 

Avec  toute  réserve  nécessaire,  nous  pouvons  quand  même  constater  l’in¬ 
duction  par  son  effet  double  :  premièrement  comme  une  impulsion  subite 
modifiant  souvent  pour  un  moment  seulement  les  mouvements  spontanés 
de  l’enfant  ;  en  second  lieu,  en  tant  qu’une  inhibition  apportée  aux  mou¬ 
vements  spontanés.  Ainsi  chez  un  enfant  dont  l’observation  prolongée 
nous  a  convaincu  de  ses  mouvements  continuels  de  flexion  et  d’extension 
des  jambes,  nous  maintenons  dans  l’extension  une  jambe  ;  après  quelques 
instants  nous  voyons  que  les  mouvements  de  l’autre  se  ralentissent  jus- 
([u’au  moment  où  elle  se  met  elle  aussi  en  extension  pour  y  rester  quelque 
temps,  les  impulsions  habituelles  de  flexion  finissant  pas  prendrelc  dessus. 


suit  Lies  nÉLLEXES  DE  POSTURE  ET  D'ATTITUDE  Ull 

loutes  les  observations  sur  l’induction  des  mouvements  que  nous 
venons  de  rapporter  concernent  des  individus  sans  troubles  du  côté  du 
système  nerveux.  Les  recherches  que  nous  avons  pu  faire  sur  un  maté¬ 
riel  pathologique  ne  permettent  pas  encore  de  conclusions  précises,  aussi 
nous  bornerons-nous  à  indiquer  quelques  points  intéressants. 

Dans  quelques  cas  de  chorée  de  Sydenham  et  de  mouvements  choréi- 
formes  symptomatiques  nous  avons  constaté  l’interférence  des  mouvements 
involontaires  et  des  mouvements  induits.  Nous  avons  déjà  noté  que  l’une 
des  conditions  indispensables  à  la  production  des  mouvements  induits  est 
une  certaine  hypertonicité  des  muscles.  Or,  dans  certains  cas  pathologiques 
avec  hypertonie,  on  obtient  une  induction  des  plus  nettes;  tels  certains  cas 
de  parkinsonisme  postencéphalitigue  et  de  méningite  sans  aucune  parésie 
où  les  mouvements  étaient  rendus  difliciles  seulement  par  l’hypertonicité. 

Il  faut  aussi  noter  que  chez  certains  malades  avec  hémiparésie  ou 
uionoparésie  on  constate  une  différence  notable  d’induction  entre  les  deux 
côtés,  au  profit  du  côté  sain,  c’est-à-dire  que  l’extrémité  malade  subit  l’in¬ 
duction  à  un  degré  pl  us  considérable. 

Avant  de  passer  aux  considérations  théoriques  sur  les  mouvements 
induits,  il  convient  de  jeter  un  coup  d’œil  sur  l’état  psychique  des  indivi¬ 
dus  examinés,  en  particulier  sur  la  manière  dont  se  représentent  dans 
leur  esprit  les  mouvements  involontaires  et  les  mouvements  induits.  Il 
est  hors  de  doute  que  ce  moment  doit  jouer  un  grand  rôle  dans  l’appré¬ 
ciation  des  phénomènes  moteurs  si  étranges. 

La  plupart  des  individus  examinés  par  nous  se  composait  d’écoliers 
Iiien  portants  à  tout  point  de  vue,  d’un  certain  nombre  d’individus  de  notre 
connaissance  dont  un  médecin,  et  seulement  d’un  névrosé. 

D  une  manière  générale,  il  survient  après  la  concentration  psychique  du 
début  une  sensation  de  calme,  de  passivité,  parfois  de  vide,  d’inertie.  Dans 
quelques  cas  seulement,  ce  sentiment  rappelle  celui  qu’on  a  avant  de  s'en¬ 
dormir,  et  ce  ne  sont  pas  les  cas  avec  des  phénomènes  les  plus  éclatants. 
Par  exemple  le  collègue  chez  qui  les  mouvements  involontaires  aussi  bien 
que  ceux  d’induction  furent  des  plus  marqués,  avait  seulement  la  sensa 
bon  d’inertie,  d’impuissance.  Il  avait  aussi  la  sensation,  comme  si  son 
corps  était  électrisé,  comme  s’il  devait  donner  une  réponse,  il  ne  savait 
pas  laquelle.  Pendant  1'  expécience,  on  peut  très  bien  causer  avec  l’individu, 
certains  s’occupent  à  la  solution  des  problèmes  de  mathématique  ou  répè¬ 
tent  la  série  naturelle  des  chiffres. 

Comment  se  présentent  dans  la  conscience  les  mouvements  mêmes  ? 
Quant  aux  mouvements  involontaires,  les  personnes  examinées  s’en  ren- 
dentd’habitude  bien  compte.  Le  collègue  mentionné  nous  dit  :  «  Je  sens  que 
JC  remue  les  bras,  je  ne  sais  pas  pourquoi  je  le  fais,  plutôt  ça  se  fait  tout 
seul.  »  Il  est  superflu  d’ajouter  qu’à  chaque  moment  l’individu  peut  inter¬ 
rompre  ses  mouvements. 

Quant  aux  mouvements  induits,  il  est  rare  qu’ils  soient  tous  conscients. 
Souvent  l’individu  ne  le  sent  pas  du  tout,  il  sent  seulement  les  mouve- 
ttients  passifs,  inducteurs.  Parfois  sont  sentis  seulement  certains  des  mou- 


HEVUE  NEUnOLOeiQUE  —  T.  II,  N”  ‘Z, 


1926. 


162 


G.  ÈYCHOWSKl 


vements  induits,  d’autres  passent  inaperçus  et  l’individu  en  entend  par¬ 
ler  avec  étonnement,  une  fois  l’expérience  terminée.  Dans  les  membres 
induits,  les  personnes  examinées  sentent  souvent  un  tiraillemént,  parfois 
meme  une  certaine  douleur. 

Si  nous  essayons  maintenant  de  nous  rendre  compte  de  phénomènes 
décrits,  nous  devons  d’abord  considérer  avec  toute  critique  les  doutes 
qui  se  posent  en  nous  demandant  avant  tout  si  nous  n’avons  pas  affaire 
à  des  mouvements  intentionnels  dictés  par  le  désir  conscient  ou  incons¬ 
cient  d’induire  l’observateur  en  erreur.  Or,  le  choix  des  individus  exami¬ 
nés,  les  conditions  même  d’examen  et  les  données  obtenues  par  introspec¬ 
tion  des  personnes  examinées  permettent  de  rejeter  cette  hypothèse.  Dans 
le  même  sens  parlent  des  observations  telles  que  l’induction  incomplète 
retardée,  et  quant  aux  mouvements  pseudo-spontanés  leur  caractère  nette¬ 
ment  automatique,  stéréotypé,  le  manque  de  fatigue.  En  outre,  il  convient 
de  prendre  en  considération  la  constance  des  phénomènes  non  seulement 
chez  le  même  individu,  mais  aussi  chez  un  grand  nombre  de  personnes 
qui  ne  se  concertaient  pas  entre  elles. 

Une  autre  objection  se  présente:  ne  faudrait-il  pas  penser  à  la  sugges¬ 
tion  involontaire  de  la  part  de  l’observateur?  A  cela,  il  faut  répondre  que 
Goldstein  qui  a  découvert  la  plupart  des  phénomènes  ne  savait  pas  qu’ils 
devaient  se  produire.  Quant  à  nous,  nous  avons  constaté  des  phénomènes 
auxquels  nous  ne  nous  attendions  pas.  En  outre,  dans  des  conditions 
d’examen  simples  et  toujours  les  mêmes,  il  serait  difficile  de  trouver  les 
moments  dont  la  suggestion  pourrait  s’y  introduira.  Il  ne  peut  s’agir  ni 
de  suggestion  verbale  ni  optique,  l’individu  gardant  les  yeux  fermés  et 
l’observateur  ne  lui  adressant  pas  la  parole  sauf  au  début  même  de  l'expé¬ 
rience. 

Les  expériences  en  état  d’hypnose  démontrent  que  l’hypnose  ne  pro¬ 
voque  point  d’induction  où  elle  n’existait  déjà  en  état  de  veille  ni  ne  la  ren¬ 
force  pas.  Cependant,  ces  expériences  n’ont  pas  qu’une  valeur  négative, 
comme  le  démontre  l’observation  suivante  :  «  Hypnose  pas  très  profonde, 
en  tout  cas  anesthésie  et  catalepsie  des  extrémités  inférieures.  Sugges¬ 
tion  verbale  :  «  Vous  ne  sentez  pas  vos  mains,  elles  vous  sont  complète¬ 
ment  étrangères  »,  ne  modifie  nullement  ni  les  mouvements  involontaires 
ni  l’induction.  Une  nouvelle  suggestion  :  «  Je  tourne  votre  tête  fortement  du 
côté  droit.  »  L’individu  le  sent  de  prime  abord  fort  peu,  cependant  les  bras 
se  dirigent  du  côté  droit,  comme  si  la  tête  était  vraiment  tournée  de  ce 
côté.  Plus  tard,  l’individu  sent  la  rotation  suggérée  de  la  tête  très  bien  et 
la  tourne  légèrement  lui-même.  Nouvelle  suggestion  :  «  Il  n’y  a  aucun  rap¬ 
port  entre  la  tête  et  les  bras,  vous  ne  sentez  pas  les  bras  du  tout.  »  Après 
cela,  lorsque  je  lui  tourne  la  tête,  les  bras  restent  en  place. 

De  cette  expérience,  il  résulte  que  les  représentations  peuvent  influen¬ 
cer  les  phénomènes  d’induction.  Le  rapport  entre  la  tête  et  les  bras  a  sa 
représentation  psychique  et  peut  être  modifié  également  de  ce  côté.  Ceci 
n’a  rien  à  avoir  avec  l’hypothèse  qui  voudrait  voir  dans  les  mouvements 
induits  le  produit  d’une  suggestion  inconsciente.  Le  fait  des  mécanismes 


SUR  LES  RÉFLEXES  DE  POSTURE  ET  D'ATTITUDE 


lf;3 

neurologiques  influencés  par  des  facteurs  psychiques  ne  serait  pas  unique; 
il  suüit  de  rappeler  les  recherches  de  Schilder  et  Bauer  sur  l’influence  de 
la  suggestion  hypnotique  sur  les  mécanismes  labyrinthiques  et  cérébel¬ 
leux,  de  môme  que  nos  conceptions  actuelles  sur  le  rapport  entre  le  côté 
psychique  et  les  mécanismes  extrapyramidaux.  Nos  observations  seraient 
un  nouvel  exemple  de  ces  rapports  importants,  mais  ils  ne  parleraient 
pas  en  faveur  de  la  psychogenèse  des  phénomènes  d’induction,  tout  comme 
la  catalepsie  qu’on  obtient  en  état  d’hypnose  ne  prouve  pas  l’origine  psy¬ 
chique  des  difierents  spasmes  extrapyramidaux. 

Dans  le  même  sens  parle  aussi  le  fait  qu’on  obtient  des  mouvements 
d  induction  sur  des  gens  sans  connaissance,  dans  les  états  soporeux  et, 
comme  nous  l’avons  décrit,  chez  les  nouveau-nés. 

Tout  ce  qui  précède  devrait  suggérer  qu’il  s’agit  là  de  qualités  élémen¬ 
taires  du  système  nerveux  hautement  importantes.  Or,  si  l’on  considère  cer¬ 
tains  faits  de  la  physiologie  et  de  la  pathologie  nerveuse,  on  doit  conclure 
l’induction  des  mouvements  cesse  d’être  un  phénomène  isolé  et  bizarre. 
Dans  son  travail  sur  les  syncinésies,  Fôrster  cite  des  faits  qui  prouvent 
flue  lors  des  mouvements  habituels  il  se  produit  l’excitation  des  muscles 
n’ont  absolument  rien  à  faire  avec  le  mouvement  en  question.  L’expé¬ 
rience  à’Ëxner  en  est  très  démonstrative.  L’individu  examiné  tient  son 
bras  gauche  dans  le  manchon  d’un  pléthysmographe,  de  sorte  que,  lors- 
il  exécute  un  léger  mouvement  tel  que  la  flexion  de  l'index  gauche,  il 
survient  une  élévation  de  la  courbe  pléthysmographique  à  la  suite  du 
déplacement  des  parties  molles  du  membre,  Or,  si  l’individu  examiné  flé¬ 
chit  l’index  droit,  il  survient  aussi  une  élévation  de  la  courbe  dessinée  par 
le  bras  gauche.  Ceci  prouve  que  même  un  mouvement  aussi  petit  que  la 
dexion  d’un  doigt  ne  reste  pas  sans  influence  sur  les  muscles  du  côté  op¬ 
posé.  Dans  des  cas  rares,  chaque  mouvement  actif  provoque  une  synciné- 
s»e  correspondante  dans  le  membre  du  côté  opposé.  On  peut  supposer  que 
dans  ces  cas  persiste  la  tendance  primitive  aux  mouvements  bilatéraux 
symétriques,  comme  on  le  voit  chez  les  nourrissons. 

Enfin,  en  ce  qui  concerne  les  mouvements  passifs,  ici  aussi  des  faits  tels 
flue  l’expérience  de  Jordan  mentionnée  plus  haut  démontrent  la  transmis¬ 
sion  des  excitations  proprioceptives  d’une  partie  du  corps  sur  l’autre. 

Si  nous  considérons  derechef  le  principe  du  relais,  nous  voyons  qu’il  a 
•^oe  grande  importance  i)our  l’explication  du  problème  d’induction.  Qu’il 
nous  soit  permis  de  rappeler  le  passage  de  Magnas  déjà  cité.  «  Le  change¬ 
ment  de  la  position  et  de  l’attitude  des  membres  produit  un  changement 
complet  dans  le  relais  des  centres  moteurs  des  différents  muscles  et  des 
groupes  musculaires  dont  l’excitabilité  et  la  façon  de  réagir  changent, 
^insi  nous  apprenons  que  la  moelle  est  pour  ainsi  dire  à  chaque  moment 
3utre  et  qu’à  chaque  moment  elle  réfléchit  la  position  et  l’attitude  de  tout 
Ç  corps  et  de  ses  parties  différentes.  Il  résulte  nettement  de  ces  expé¬ 
riences  que  les  centres  nerveux  subissent  les  influences  partant  de  la 
périphérie  du  corps.  » 

Tout  semble  donc  indiquer  que  dans  les  phénomènes  d’induction  nous 


(:.  HYCIIOWSKI 


avons  affaire  à  une  expression  des  importantes  lois  de  fonctionnement  du 
système  nerveux.  Si  nous  sommes  étonnés  par  le  fait  de  la  transmission 
d’une  excitation  proprioceptive  d’uneextrémité  par  l’intermédiaire  des  cen¬ 
tres  nerveux  aune  autre,  il  faudra  nous  rappeler  que  dans  l’état  d'intoxi¬ 
cation  expérimentale  avec  de  la  strychnine  chaque  voie  sensitive  se  trouve 
en  connexion  fonctionnelle  avec  chaque  nerf  moteur  et  que  le  système  ner¬ 
veux  se  présente  comme  un  réseau  où  toute  excitation  peut  atteindre  tous  les 
centres  moteurs  (Magnas)  Il  en  résulte  qu’il  peut  exister  un  état  du  sys¬ 
tème  nerveux  où  il  n’y  a  pas  d’indépendance  stricte  desdifférentes  parties 
du  corps,  qui  restent  sous  l’influence  des  différents  centres  nerveux.  Le 
principe  du  relais  indique  que  l’influence  réciproque  de  la  périphérie  du 
corps  y  comprise  la  position  des  membres  et  du  système  nerveux  central 
existe  toujours  d’une  façon  potentielle.  Or,  l’examen  de  l’induction  per¬ 
met  de  réaliser  cette  tendance  latente. 

De  cette  façon  les  conditions,  d’examen  des  phénomènes  d’induction 
établissent  un  niveau  fonctionnel  plus  primitif  du  système  nerveux.  Nous 
créons  artificiellement  une  espèce  de  désinhibition  qui  laisse  reparaître 
des  tendances  et  des  mécanismes  primitifs. 

Cette  libération  fonctionnelle  artificielle  n’est  pas  sans  exemple,  comme 
on  serait  tenté  de  le  croire.  Si  nous  analysons  la  pensée  à  l’état  de  veille, 
nous  constatons  que  les  idées  se  suivent  selon  leurs  affinités  intérieures 
et  en  raison  de  la  constellation  psychique  actuelle  (exemple  de  Bleuler  :  Si 
nous  avons  soif  et  pensons  à  l’eau  comme  boisson,  l’idée  ne  nous  vient  pas 
de  sa  formule  chimique).  Plus  la  pensée  est  éloignée  de  l’état  de  veille,  du 
niveau  de  l’activité  réelle,  plus  elle  se  rapproche  de  la  rêverie,  et  plus  su¬ 
perficielles  deviennent  des  associations  d’idées.  Avant  de  s’endormir,  nos 
pensées  se  relâchent  et  manquent  de  suite  ;  dans  cet  état,  elles  peuvent  rap¬ 
peler  certains  états  pathologiques  dits  de  la  dissociation  des  idées  et  se 
rencontrant  avant  tout  dans  les  psychoses  schizophréniques  (Folie  discor¬ 
dante  de  Chaslin).  Ainsi  en  s’éloignant  du  plan  actif  (/îer^son),  les  pensées 
se  rapprochent  de  l’état  primitif  où,  comme  dit  Bergson,  tout  pouvait  s’as¬ 
socier  avec  tout.  Bergson  se  représente  que  dans  cet  état  toute  excitation 
menait  à  la  meme  réaction  de  tout  l’organisme,  et  que  c’est  seulement  une 
longue  expérience  phylogénétique  qui  arriva  à  différencier  dans  ce  réseau 
d’impressions  et  de  réactions  des  associations  déterminées.  S’il  en  est  ainsi, 
nous  devons  conclure  que  la  psychose  schizophrénique  d’une  part,  d’autre 
part  les  états  de  dissociation  fonctionnelle  ci-mentionnés  comportent  un 
abaissement  du  niveau  fonctionnel  du  système  psycho-cérébral  et  laissent 
paraître  les  tendances  primitives. 

Voyons  l’analogie.  D’une  part,  nous  trouvons  la  désinhibition  motrice 
conduire  à  la  manifestation  de  l’influence  réciproque  de  toutes  les  parties 
du  corps,  ce  (|ui  rappelle  l’état  primitif  du  réseau  nerveux  où  chaque  exci¬ 
tation  peut  atteindre  tous  les  centres  nerveux  ;  d’autre  part,  la  désinhibition 
p.sychique  amène  le  passage  de  l’état  des  associations  bien  déterminées  et 
utiles  à  des  associations  libres  et  volontaires,  c’est-à-dire,  à  l’état  où  tout 
peut  s’associer  avec  tout. 


suit  Lies  nÈh'LEXES  DE  POSTUItE  ET  D'ATTITUDE 


Malgré  les  réserves  émises  par  certains  auteurs  (Kroll,Bernhard),  nous 
pouvons,  à  ce  qu’il  nous  semble,  considérer  les  mouvements  induits  comme 
des  réflexes  toniques  appartenant  au  groupe  des  réflexes  du  corps  sur  le 
le  corps.  L’excitation  qui  les  provoque  est  toujours  la  même,  et  elle  cor- 
respond  exactement  au  mouvement  produit  Entre  l’excitation  et  la  réac- 
bon,  il  existe  toujours  un  certain  temps  de  latence  d’habitude  très  court, 
niais  parfois  assez  long  (induction  retardée)  ;  enfin,  le  troisième  point,  le 
mouvement  induit  dure  aussi  longtemps  et  parfois  même  plus  longtemps 
fine  l’excitation  qui  l’a  provoqué. 

Nous  pensons  que  les  traits  précités  suffisent  pour  compter  les  mouve¬ 
ments  induits  parmi  les  réflexes  toniquesde  posture. 

Certains  parmi  les  mouvements  d’induction  prêtent  à  des  remarques 
spéciales.  Avant  tout,  l’induction  d’une  extrémité  sur  l’airire  correspon¬ 
dante  du  côté  opposé  rappelle  la  tendance  aux  mouvements  bilatéraux 
symétriques  qu’on  voit  chez  le  nouveau-né  au  plus  haut  degré.  Cette  ten¬ 
dance  inhibée  dans  des  conditions  ordinaires,  doit  pourtant  jouer  un  rôle 
considérable.  C’est  elle  qui  rend  si  difficile  l’exécution  simultanée  des 
mouvements  différents  avec  les  deux  extrémités  ;  probablement  elle  faci¬ 
lite  aussi  les  mouvements,  qui  comportent  le  fonctionnement  symétrique 
des  deux  extrémités correspopdantes,  telle  la  marche. 

Quanta  l’induction  de  la  tête  sur  les  extrémités  si  nous  considérons  le 
céflexe  type  consistant,  comme  nous  l’avons  vu,  en  abduction  du  bras  du 
côté  de  la  rotation  et  adduction  du  bras  du  côté  opposé,  nous  devons 
constater  l’analogie  avec  les  réflexes  observés  chez  des  fœtus  humains  par 
M.  Minkowski.  Ici  aussi  lors  de  la  rotation  de  la  tête  à  droite  survenait 
abduction  du  bras  droit  et  l’adduction  du  bras  gauche,  et  cette  réaction 
durait  aussi  longtemps  que  la  tête  gardait  sa  position  nouvelle.  D’après 
^ognus,  ces  réflexes  doivent  être  considérés  comme  des  réflexes  du  cou 


toniques. 

Les  observations  de  M/nA-om.s/:i  prêtent  également  à  une  certaine  ana- 
*ogie  avec  les  mouvements  pseudospontanés  que  nous  avons  décrits  chez 
nos  sujets.  Lors  des  changements  de  position  de  la  tête  dans  l’espace, 
telle  la  mise  en  position  horizontale,  ou  bien  en' position  assise,  il  se  pro¬ 
duisait  chez  les  fœtus  des  mouvements  symétriques  rythmés  des  bras  et  des 
.ïambes.  Dans  le  chapitre  suivies  réflexes  labyrinthiques  toniques  (cas  3,  4), 
^ognus  mentionne  le  réflexe  labyrinthique  se  produisant  lors  du  passage 
delà  position  assise  à  la  position  couchée  et  consistant  en  l’abduction  et  l’ex¬ 
tension  des  bras.  Dans  un  autre  cas,  Magnus considère  ce  réflexe  non  comme 
du  réflexe  de  posture,  mais  comme  étant  sous  la  dépendance  du  mouve¬ 
ment  de  transposition  ;  il  s’appuie  sur  son  caractère  passager  et  sur  son 
apparition  chez  des  nourrissons  normaux.  Enfin  Miltelman  a  décrit  de 
meme  que  Goldstein  des  mouvements  des  bras  provoqués  par  les  change¬ 
ments  dans  le  tonus  des  autres  membres  et  ayant  le  caractère  phasique 

alternant. 


Certaines  recherches  de  Fischer  et  Wodak  sur  la  provocation  des  réflexes 
abyrinthiques  du  corps  et  sur  leur  modification  dépendant  de  la  position 


Tr.  IIYCHOWSKI 


de  la  tête  parlent  en  faveur  des  composants  labyrinthiques  dans  les  mou-  ' 
vements  involontaires  de  nos  sujets. 

En  rapport  avec  les  observations  cliniques'citées,  nous  pourrions  sup-  i 
poser  que  dans  l’expérience  de  Goldstein,  l’excitation  labyrinthique  pour 
les  mouvements  pseudo-spontanés  provient  de  la  position  qu’on  donne  à  la  i 
tête  qui,  comme  nous  l'avons  vu,  reste  fléchie  en  arrière. 

Pour  terminer,  nous  tenons  à  souligner  combien  nous  nous  rendons  M 
compte  du  caractère  provisoire  de  ce  travail.  Mais  dans  un  domaine  si 
nouveau  et  si  compliqué,  il  ne  peut  pas  être  question  d’explications  défi-  j 

nitives  et  bien  précises.  Ce  qui  importe,  c'est  de  recueillir  les  faits.  Il  faut  ; 

espérer  que  dans  le  proche  avenir  de  nouvelles  expériences  enrichiront  | 
nos  connaissancesdansce  grand  domaine  nouvellement  ouvert  à  la  neuro-  i 
logie.  J 


BIBLIOGRAPHIE 

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derungen.  Ibid.,  82,  1,  2. 

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.  17.  Beroson.  Maliére  el  Mémoire. 

18.  Bleuer.  Heinentia  praecox,  Aschaffenburgs  Handbueh,  69,  1922. 

19.  WüDAi.K.  l'’isciiER.  Labyrinthorgan  und  Armlonusreaktion.  Münch.  med- 
Woche.nschr.,  62,  1922. 

20.  --  Plliig.  Arehii).,  202,  5  et  6. 

21.  M"‘".  Zyi.rerlastzand.  Bas'  anatomique  de  la  rigidité  dôoérébrée.  Rev.  Nru- 
roiagique,  1925-6. 


III 


LE  SIGNE  DE  BABINSKI  EN  DEHORS  DES  LÉSIONS  PYRAMIDALES. 

EXTENSION  DE  l’oRTEIL  CHEZ  DEUX  MALADES  ATTEINTS 
DE  FUNICULITE  LOMBO-SACREE  AVEC  AMYOTROPHIE  GLOBALE 
des  FLÉCHISSEURS  ET  DES  EXTENSEURS  DES  ORTEILS  ET  DU  PIED. 
ORIGINE  PÉRIPHÉRIQUE  DE  CE  SIGNE 


A.  ROUQUIER  et  D.  COURETAS 


Les  observations  de  malades  qui  présentent  un  réflexe  cutané  plan¬ 
taire  en  extension  sans  qu’une  lésion  du  faisceau  pyramidal  puisse  être 
incriminée,  vont  se  multipliant.  Ce  qui  ne  veut  pas  dire  que  leur  nombre 
nmoindrisse  la  très  grande  valeur  séméiologique  du  signe  de  Babinski. 
On  peut  cependant  le  rencontrer  avec  des  caractères  identiques  à  ceux 
qu’on  observe  chez  les  pyramidaux,  au  cours  d’un  certain  nombre  de  syn¬ 
dromes  qui  s’accompagnent  tous  de  troubles  moteurs  ou  trophiques  des 
niuscles  du  pied,  de  la  jambe  ou  de  la  cuisse. 

C’est  surtout  chez  des  sujets  atteints  de  poliomyélite  antérieure,  que  de 
pareils  faits  ont  été  signalés.  Il  est  entendu  que  le  processus  infectieux 
peut,  de  la  corne  antérieure,  gagner  le  cordon  antéro-latéral  et  qu’une 
lésion  du  faisceau  pyramidal  est  alors  susceptible  d’être  invoquée.  Cette 
interprétation  a  été  adoptée  par  Babinski  lui-même  (1)  ;  elle  est  exacte, 
d’après  Guillain,  Babonneix,  en  ce  qui  concerne  un  certain  nombre  de 
sujets,  chez  lesquels  on  a  pu  observer  non  seulement  l’extension  tout  à  fait 
«  légitime  »  du  gros  orteil^  mais  encore  d’autres  signes  d’irritation  pyrami¬ 
dale,  comme  l’exagération  des  réflexes  de  défense  (2).  Mais  l’extension 
pathologique  du  gros  orteil  peut,  chez, d’autres,  s’expliquer  d’une  façon 
différente  sans  qu’il  soit  nécessaire  de  faire  intervenir  une  hypothétique 
lésion  du  cordon  antéro-latéral. 

Il  suffît  que  l’atrophie  musculaire,  et  l’impotence  fonctionnelle  consé¬ 
cutive,  soient  très  marquées  au  niveau  des  fléchisseurs  des  orteils,  et 
qu’elles  respectent  au  contraire  les  extenseurs,  créant  ainsi,  pour  employer 


(1)  Jîevue  Neurologique.,  1910,  page  601,  et  Exposé  des  travaux  scienliflques,  page  46 

(2)  1924,  t.  1,  page  384,  ù  propos  de  la  communication  de  Souques  et  Du- 
croquet. 


.1.  nOVQlJIKTt  ET  D,  COUIiETAFi 


l(i8 


une  expression  de  Sioard,  une  véritable  <(  dysharmonie  »  motrice  entre 
ces  deux  groupes  de  muscles,  susceptible  d’être  mise  en  évidence  par 
l’étude  des  mouvements  actifs  et  passifs  du  gros  orteil  et  par  celle  des 
réactions  électriques.  Le  réflexe  en  flexion  ne  peut  plus  se  faire,  quand  la 
paralysie  des  fléchisseurs  est  totale  ;  si  elle  ne  l’est  pas,  mais  si  leur  force 
est  très  diminuée  par  comparaison  avec  celle  des  extenseurs,  le  réflexe  se 
produit  en  extension.  De  très  démonstratives  observations  avec  modifica¬ 
tions  des  réactions  électriques  des  fléchisseurs,  celles  des  extenseurs  étant 
normales,  ont  été  récemment  apportées  par  Souques  et  Ducroquet  (1), 
Tournay  (2),  Sicard  et  Seligmann  (3),  Laignel  Lavastine  (4);  et  Babinski 
lui-même  avait,  dès  1898,  constaté  le  signe  de  l’orteil  chez  un  sujet 
«  dont  les  fléchisseurs  étaient  complètement  atrophiés.  Il  s’agissait  là  > 
écrivait-il,  d’un  cas  tout  spécial,  les  orteils  se  trouvant,  en  raison  du 
siège  de  l’amyotrophie,  dans  l’impossibilité  d’exécuter  un  mouvement 
volitionnel  ou  réfle.xe  de  flexion.  » 

Le  doute  n’est  plus  possible  ;  l’extension  du  gros  orteil  est,  chez  ces  ma¬ 
lades,  d’origine  périphérique,  et  il  est  inutile,  bien  qu’elle  soit  tout  à  tait 
caractéristique,  de  faire  intervenir,  pour  l’expliquer,  une  lésion  du  cordon 
antéro-latéral  associée  à  celle  des  cornes  antérieures. 

Une  interprétation  analogue  explique  l’extension  de  l’orteil  observée 
par  Sicard  et  Haguenau  chez  un  blessé  de  guerre  atteint  de  paralysie  du 
crural,  et  chez  lequel  l’extension  de  l’orteil  avait  fait,  à  tort,  songer  à 
une 'lésion  médullaire  (5).  «Le  chatouillement  plantaire  localise  le  réflexe 
normal  de  défense  du  membre  inférieur  dans  les  seuls  muscles  innervés 
par  le  sciatique  à  motricité  conservée,  et  parmi  ceux-ci,  chez  ce  malade  les 
extenseurs  du  pied  étant  prédominants,  le  signe  de  Babinski  peut  se  déce¬ 
ler  nettement  ».  Pour  Sicard,  la  pathogénie  du  signe  de  l’orteil,  quand  on 
le  constate  au  cours  des  myopathies,  est  encore  la  même  (6).  Il  serait  dû  au 
«  jeu  d’opposition  musculaire  créé  par  l’altération  motrice  moindre  du 
groupe  des  extenseurs  de  la  jambe,  et  notamment  de  l’extenseur  du  gros 
orteil.  »  Cette  interprétation  est,  ici,  beaucoup  plus  sujette  à  caution. 
Tout  en  reconnaissant  qu’elle  est  possible,  Léri  fait  remarquer  que  si 
chez  un  des  malades  à  propos  desquels  elle  fut  émise,  la  flexion  volontaire 
des  orteils  se  faisait  moins  bien  que  l’extension,  c’est  le  contraire  qu’on 
observait  chez  le  second  qui  fléchissait  ses  orteils  avec  plus  de  force  qu’il 
ne  les  étendait.  Et  le  signe  de  Babinski  pourrait  bien,  chez  l’un  comme 
chez  l’autre,  être  la  conséquence  d’une  lésion  pyramidale. 

L’extension  du  gros  orteil  a  été*  signalée  par  de  nombreux  auteurs,  au 
cours  du  rhumatisme  chronique,  fréquemment  accompagné  comme  on  le 
sait  de  déformations  des  extrémités,  avec  atrophie  musculaire.  Il  est 


(1)  Société  de  Neurologie,  in  Revue  Neurologique,  1924,  l.  I,  page  380. 

(^)J(t.,  1924,  t.  II,  page  511. 

(3)  J(l.,  1925,  t.  I,  page  75. 

(4)  Bulletin  de  la  Société  Médicale  des  Hôpitaux  de  Paris,  5  juin  1925,  page  806. 

(5)  Société  de  Neurologie,  15  mai  1919,  in  Revue  Neurologique,  1919, 

(6)  la.,  !•'  mars  1923,  in  Revue  Neurologique  page  247. 


J-R  SfGNn:  DE  BAniNSKl  EN  DEHORS  DES  LÉSIONS  PYRA  Ml  DALES  100 

possible  qu’elle  soit,  ici  encore,  la  conséquence  du  déséquilibre  fonctionnel 
ontre  les  fléchisseurs  et  les  extenseurs  des  orteils.  Mais  la  démonstration 
^  «n  a  pas  été  faite,  et  nous  n’insisterons  pas. 

Les  sciatiques  chroniques  entraînent  fréquemment  l’atrophie  plus  ou 
^oins  accentuée  des  muscles  de  la  fesse,  de  la  face  postérieure  de  la  cuisse, 

la  jambe  et  du  pied.  Ilestclassique  d’admettre  que  les  muscles  de  l’ex¬ 
trémité  distale  sont  les  plus  touchés.  Cette  amyotrophie  dissociée,  entraî¬ 
nant  une  impotence  fonctionnelle  prédominant  au  niveau  des  fléchisseurs 
des  orteils,  peut  provoquer  l’extension  pathologique  du  gros  orteil  par  exci¬ 
tation  plantaire,  tout  comme  chez  les  malades  atteints  de  poliomyélite 
ont  les  observations  ont  été  relatées  par  les  auteurs  plus  haut  cités.  Nous 
ne  croyons  pas  que  le  tait  ait  été  antérieurement  signalé  (1).  Il  rend  inté¬ 
ressantes  les  deux  observations  qui  suivent,  et  dont  la  première  est  parti¬ 
culièrement  démonstrative. 

L  s’agit  d’un  sujet,  qui  après  une  crise  aiguë  de  funiculite  lombo-sacrée 
d  origine  spondylitique  et  à  forme  sensitivo-motrice,  présenta  une  atrophie 
nnilatérale  marquée  des  muscles  innervés  par  le  crural,  les  deux  sciatif|ues 
et  leurs  branches  terminales,  et  chez  lequel  apparut  une  extension  réflexe 
do  l’orteil  d’abord  inconstante,  puis  constante,  et  qui  redevient  actuelle- 
*^ont  variable, le  syndrom?,  après  s’être  progressivement  aggravé,  évoluant 
'’crs  la  guérison.  L’étude  des  réactions  électriques,  tous  les  mouve¬ 
ments  actifs  et  passifs  demeurant  possibles  et  d’une  amplitude  presque 
Oorniale,  en  ce  {[ui  concerne  la  fle.xion  ou  l’extension,  a  permis  de  mettre 
en  évidence  Tinsufiisance  fonctionnelle  plus  accentuée  du  groupe  fléchis¬ 
seur,  par  comparaison  avec  le  groupa  extenseur. 


Oüservation  I.  —  Le  mal.adc  dont  les  antécédents  ne  méritent  pas  de  retenir  l’at- 
enlion  (rougeole  il  y  a  un  an)  a  commencé  de  souffrir  en  août  192  ,  au  niveau  de  la 
Cgion  lombaire  droite  et  de  la  face  postérieure  du  membre  inférieur  du  même  côté, 
‘-a  doMleur,  à  peu  près  continue,  était  entrecoupée  do  paroxysmes  névralgiques  ;  non 
aalmée  par  le  repos,  irradiée  de  la  fesse  dans  le  mollet,  elle  obligeait  le  malade  à  adopter 
allitude  classique  en  flexion  de  la  cuisse  et  de  la  jambe.  Elle  nécessita  l’hospita- 
sation  û  Desgenettes,  service  de  Neuro-Psychiatrie,  le  18  septembre  (diagnostic 
entrée  ;  sciatique  droite).  Ültérieurcment  le  malade  ressentit  quelques  douleurs  au 
•Veau  de  la  face  antérieure  ou  antéro-interno  de  la  cuisse,  dans  le  territoire  du 
'-•’Ural  et  de  l’obturateur.  Puis  le  membre  intérieur  droit  commença  de  s’atrophier,  en 
•••ême  temps  que  la  force  musculaire  diminuait  considérablement,  entraînant  une  légère 
^••dication.  Mais  les  signes  névralgiques  cédèrent  assez  rapidement  à  la  radiothérapie 
Appliquée  au  niveau  des  trous  de  conjugaison  des  racines  lombaires.  La  douleur  pro- 
''oquée  par  la  percussion,  au  marteau  à  réflexe,  de  la  région  des  apophyses  transverses 
••  côté  droit  de  la  colonne  lombaire,  de  L2  à  L5,  disparut  et  le  sujet  put  quitter  l’hôpital 
^  14  octobre  1924  avec  un  congé  de  convalescence  de  doux  mois. 

sa  sortie,  l’examen  décelail.  :  • 

1°  Une  légère  amyotrophie  de  la  fesse  droite,  avec  hypotonie  et  effacement  du  pli 
ssier;  2“  une  amyotrophie  globale  de  la  cuisse  (3  cm.  à  sa  partie  moyenne),  intéressant 
aussi  bien  les  muscles  de  la  loge  antérieure  que  ceux  de  la  logo  postérieure  ;  3”  une 


soi!)  Nous  n’ignorons  pas  l’existence 
DoT du  signe  de  Babinski  au 
pvssible  d’en  prendre  connaissance. 


d’un  travail  de  M.  Bersot,  de  Neuchôtel,  con- 
1  cours  des  sciatiques,  mais  il  ne  nous  a  pas  été 


170 


l.  nOVQUIER  ET  D.  COURETAS 


amyotrophie  de  1  cm.  au  mollet.  La  face  dorsale  du  pied  se  cyanose  par  périodes,  et 
l’on  constate  à  son  niveau  un  abaissement  marqué  de  la  température  locale. 

Cette  amyotrophie  provoque  une  certaine  gène  de  la  marche,  sans  steppage  ni 
équinisme.  Elle  s’accompagne  d’une  hypotonie  d’ailleurs  peu  marquée.  Tous  les 
mouvements  actifs  et  passifs  conservent  néanmoins  une  amplitude  normale  ;  en  par¬ 
ticulier,  les  mouvements  do  flexion  et  d’extension  du  gros  orteil  sont  conservés,  et  la 
force  musculaire  des  fléchisseurs  comme  celle  des  extenseurs  paraît  intacte. 

.  Réflexes  achilléen  et  médio-plantairo  abolis  à  droite. 

R6flcx((s  achilléen  et  médio-plantaire  normaux  ù  gauche. 

Réflexes  patellaires  diminués  également  des  deux  côtés. 

Réflexes  crémastériens  et  abdominaux  conservés. 

Réflexe  culané-plantaire  tantôt  en  extension  et  tantôt  en  flexion  à  droite,  en  flexion 
à  gauche.  Oppenheim  et  autres  réflexes  de  défense  sans  réponse. 

La  sensibilité  est  normale  ô  tous  les  modes.  Les  signes  de  Lasègue,  Bonnet,  Néri 
sont  positifs  sans  provoquer  une  douleur  très  aiguë.  On  constate  facilement  la  pré¬ 
sence  de  points  de  Valleix  à  la  cuisse  et  à  la  jambe.  Il  n’exlste  pas  de  troubles  sphinc¬ 
tériens. 

L’examen  clinique  et  radiologique  de  la  colonne  vertébrale  est  négatif,  lors  de  la 
sortie  du  malade,  alors  qu’à  son  entrée  il  existait  une  douleur  très  nette  à  la  per¬ 
cussion  de  la  région  dos  apophyses  transverses  des  vertèbres  lombaires,  de  L2  à  L5, 
du  côté  droit  ;  la  percussion  des  apophyses  épineuses  ou  transverscs,  du  côté  gauche, 
ne  provoque  aucune  douleur.  Les  signes  radiologiques  classiques  de  la  spondylite  chro¬ 
nique  (ostéophytes  en  forme  de  bec  de  [lerroquet,  déformation  des  corps  vertébraux 
en  diabolo)  ne  se  rencontrent  jamais  chez  un  sujet  jeune,  quand  il  s’agit  d’une  atteinte 
initiale  du  périoste  des  trous  <le  conjugaison. 

Pas  do  signes  de  mal  de  Pott  ;  pas  de  contracture  de  la  masse  sacro-lombaire. 

L’examen  du  système  nerveux  est  par  ailleurs  négatif,  ainsi  que  celui  dos  autres 
organes  ou  appareils. 

La  ponction  lombaire  montre  un  liquide  clair,  sans  hypertension  ni  lymphocytose, 
mais  avec  légère  hyperalbuminose  (0  gr.  50). 

Décembre  1925.  —  Après  un  congé  de  convalescence  de  deux  mois  pendant  lequel, 
il  no  ressentit  aucune  (iouleur,  bien  q\ic  l’amyotrophie  du  membre  inférieur  droit 
paraisse  avoir  plutôt  augmenté,  le  sujet  reprend  son  service,  pourvu  d’un  emploi 
sédentaire  ;  on  conseille  un  traitement  électrique  (galvanisation  sous  7  à  8  Ma,  puis, 
faradisation)  qui  prolongé  pondant  deux  mois,  ne  semble  pas  avoir  provoqué  d’amélio¬ 
ration  notable. 

On  constate  d’autre  part,  en  mars  1925,  que  le  signe  de  Babinski  est  constamment 
positif,  on  extension  du  côté  droit,  en  même  temps  que  le  réflexe  patellaire  disparaît 
de  ce  côté  et  diminue  considérablement  du  côté  gauche.  Nouvelle  hospitalisation,  pour 
observation  complémentaire. 

11  mars  1925.  — -  L’examen  objectif  révèle»: 

1“  Une  amyotrophie  avec  hypotonie  de  la  fesse  droite,  effacement  du  pli  fessier  plus 
accentué  qu’au  mois  d’octobre  ;  2®  une  amyotrophie  globale  do  7  cm.  à  la  cuisse,  de 
4  cm.  à  la  jambe.  Cotte  amyotrophie  frappe  do  la  même  façon  tous  les  groupes  muscu¬ 
laires.  La  cyanose  de  la  face  dorsale  du  pied  droit  et  l’hypothermie  locale  sont  plus  ac¬ 
centuées  qu’en  octobre  dernier.  Tonus  musculaire  à  peu  près  normal. 

,  La  g''no  do  la  marche  et  la  claudication  ne  sont  pa«,  néanmoins,  plus  grandes. 

Réflexes  achilléen  et  médio-plantaire  abolis  à  droite,  normaux  à  gauche. 

Réflexe  jlateliairc  droit  aboli. 

Réflexe  patellaire  gauche  très  diminué,  presque  aboli  (on  l’obtient  unç  fois  en  per¬ 
cutant  dix  fois  le  tendon  rotulien). 

Réflexes  crémastériens  et  abdominaux  conservés. 

Le  réflexe  culané-plantaire  se  fait  du  côté  droit  en  extension,  d’une  façon  constante, 
gu'on  te  recherche  le  long  du  bord  interne  ou  du  bord  externe  du  pied.  La  torsion  et  le  pin¬ 
cement  de  la  peau  de  la  face  Interne  de  la  fambe  au  tiers  inférieur  provoquent  également 
l'extension  de  l'orteil.  Mais  cette  dernière  est  à  peine  ébauchée  ;  ce  n’est  plus  la  «  ma- 


LE  SIGNE  DE  EABINSKI  EN  DEHORS  DES  LÉSIONS  PYRAMIDALES  171 


jestueuse  extension  »  qtie  l’on  obtient  par  la  recherche  du  réflexe  cutané-  plantaire. 

Du  côté  gauche,  le  réflexe  cutané-plantaire  se  fait  en  flexion,  et  les  réflexes  de  défense 
n’existent  pas. 

De  signe  dos  raccourcisseurs  est  négatif  dos  deux  côtés. 

La  sensibilité  objective  est  toujours  normale  é  tous  les  modes,  les  points  de  Valleix 
ne  sont  plus  perçus. 

L’examen  clinique  de.  la  colonne  vertébrale  est  également  négatif.  I,a  douleur  à  la 
percussion  de  In  région  dos  apophyses  transverses  li  droite  de  la  colonne  lombaire  a 
disparu  :  il  n’existe  donc  plus  aucun  signe  de  spondylite  évolutive.  Radiographie  tou¬ 
jours  négative. 

La  ponction  lombaire  donne  un  liquide  clair,  sans  hypertension  ni  lymphocytose, 
evec,  cette  fois,  un  taux  d’albumine  normal  (l)  gr.  22).  Glucose  0,55.  Glucose  dans  le 
sang  :  \  gr.  20.  Wassermann  du  sang  négatif. 

Les  réactions  électriques  montrent  ;  1»  au  niveau  du  membre  inférieur  droit  : 

Terriloire  du  crural  :  excitabilité  musculaire  diminuée,  contraction  vive.  La  contrac¬ 
tion  du  nerf  crural  est  moins  énergique,  é  intensité  de  courant  égale. 

Territoire  du  S.  P.  E.  ;  jambier  antérieur  :  excitabilité  très  diminuée  ;  contraction 
lente. 

Extenseur  commun  ;  excitabilité  légèrement  diminuée  :  contraction  un  peu  pares¬ 
seuse. 

Péroniers  :  excitabilité  légèrement  diminuée  ;  contraction  vive. 

Extenseur  du  gros  orteil  ;  excitabilité  diminuée  ;  contraction  vive. 

Péd  eiix  :  excitabilité  diminuée,  contraction  vive. 

La  contraction  du  sciatique  poplité  externe  est  moins  énergique  qu’à  gaucho,  à 
Intensité  égale.  Le  jambier  antérieur  ne  répond  pas. 

Terriloire  du  S.  P.  I:  :  triceps  siiral  :  pardiffusion,  les  extenseurs  et  les  péroniers  se 
contractent  et  masquent  la  contraction  du  triceps.  En  augmentant  la  résistance,  exci¬ 
tabilité  très  diminuée,  contraction  lente. 

Fléchisseurs  profonds  :  idem. 

Plante  du  pied  :  excitabilité  très  diminuée,  contraction  lente. 

En  CO  qui  concerne  le  nerf,  on  constate  qu’à  intensité  égale  les  muscles  postérieurs 
•le  la  jambe  se  contractent,  mais  moins  énergiquement  qu’à  gauche,  contraction  vive. 

Territoire  du  (jrand  sciatique  :  excitabilité  légèrement  diminuée,  contraction  vive: 

En  ce  qui  concerne  le  nerf  la  contraction  est  moins  énergique,  elle  est  vive. 

Au  niveau  du  membre  inférieur  gauche,  les  réactions  électriques  semblent  normales. 

(Médecin-Major  Ruffé.) 

7  août  1926.  —  L’étrt  du  malade  s’airiéiiore  progressivement.  Ii  ne  souffre  toujours 
pas  et  l’atrophie  musculaire  diminue.  Le,  réflexe  achilléon  est  toujours  aboli  du  côté  droit  I 
les  réflexes  patellaires  sont  très  diminués,  des  deux  côtés,  maisnonpas  abolis.  Le  réflexe 
aulané-plantaire  se  fait  toujours  en  extension  du  côté  droit  :  mais  il  n’existe  pas  de 
réflexe  cutané  de  défense. 

!•'  octobre  1925.  —  L’amélioration  persiste  et  s’accentue  :  l’amyotr  phie  n’est  plus 
que  de  ,3  cm.  à  la  cuisse.  Les  deux  réflexes  patellaires  existent,  le  droit  simplement 
plus  faible  que  le  gauche.  Los  réflexes  achilléon  et  médio-plantaire  sont  toujours  abolis 
à  droite.  Le  réflexe  cutané-plantaire  se  fait  tantôt  en  extension  et  tantôt  en  flexion,  que 
l’excitation  porte  sur  le  bord  interne  ou  qu’elle  porte  sur  le  bord  externe  ;mais  il  se 
fait  le  plus  souvent  on  extension.  Par  jîomparaiscn  avec  le  côté  sain,  les  mouvements 
actifs  de  flexion  des  orteils  sont  légèrement  diminués  ;  ceux  d’extension  conservent 
une  amplitude  égale.  Sensibilité  objective  normale  à  tous  les  modes. 

Les  réaîtions  électriques  montrent  une  'égère  hypoexcitabilité  du  crural  droit, 
•lans  la  sphère  du  S.  P.  E.  On  constate  l’inexcitabilité  d  i  jambier  antérieur  et  do  l’hypo- 
excitabllité  du  pédieux. 

Los  réactions  des  extenseurs  dos  orteils  et  dos  péroniers  sont  normales.  Dans  la 
sphère  du  S.  P.  L,  il  existe  une  réaction  de  dégénérescence  au  niveau  du  triceps  sural  et 
des  muscles  de  la  plante,  par  conséquent  du  court  fléchisseur  du  gros  orteil.  L’excita- 


.1.  novQiuHn  ET  n.  coimi:rAs 


ITZ 

biliW  (iu  tibial  poslorieur  «n  arrière  de  la  malléole  est  (limiriiiée.  L’exoitation  du  S. 
P.  I.  au  niveau  du  creux  p()[)lité  iléterrriiiie,  à  intensité  ét;ale,  des  contractions  moins 
émirf'itpies  ipi’à  gauche,  mais  vives.  Il  existe  une  légère  hypoexcitabilité  dans  le  terri¬ 
toire  du  grand  sciatique. 

Le  (lébiil,  de  l’aiïeclion  qui  s’est  accompagnée  des  signes  caractéristiques 
de  la  sciatique  d’origine  funiculaire  (douleur  à  la  percussion  profonde  des 
trous  de  conjugaison,  au  niveau  de  la  colonne  lombaire,  attitude  antalgi¬ 
que  en  flexion  du  membre  inférieur,  signes  de  Lasègue,  Bonnet,  Néri', 
positifs,  points  de  Valleix,  etc.)  permet  d’éliminer  le  diagnostic  de  polio¬ 
myélite  ou  de  radiculite  sensitivo-motrice.  La  seule  modification  observée 
du  côté  du  licjuide  céphalo-rachidien  (albrnunine  :  0  gr.  40)  n’a  été  que 
transitoire,  puisque, lestade  initial  écoulé,  le  taux  de  l’alburnineest  redevenu 
normal  (0  gr.  22),  bien  que  l'atrophie  musculaire  et  Ls  troubles  des  réflexes 
se  soient  progressivement  acc.entués.  Mais  on  sait  que  l'hyperalburninose 
se  rencontre  parfoi.s,  au  stade  initial  de  la  spondylite  qui  cause  la  névro- 
docite  funiculaire  (Sicard). 

Le  malade  a  en  outre  présenté  des  douleurs  névralgiques  non  seule¬ 
ment  dans  les  territoires  des  deux  nerfs  sciatiques,  et  des  deux  nerfs 
sciatiques  poplités  interne  ou  externe,  mais  dans  celui  du  crural  et  de 
l’obturateur  ;  et  l’on  pouvait  provoquer  la  douleur  en  percutant  la  région 
des  trous  de  conjugaison  depuis  la  deuxième  vertèbre  lombaire  jusqu’au 

Le  diagnostic  de  funiculite  lombo-sacrée  droite,  d’origine  spondylitique, 
à  forme  .sensitivo-motrice,  intéressant  toutes  les  racines  lombaires,  et  par 
les  4®  et  .b«  amenant  des  troubles  particulièrement  accentués  dans  le 
territoire  des  sciatiques  s’impose  donc. 

Nous  avons  tenu  à  l’établir  d’une  façon  incontestable.  Mais  c’est  l’ex¬ 
tension  de  l’orteil  rencontrée  au  cours  de  la  maladie,  qui  fait  l’intérêt  de 
l’observation.  Elle  a  été  tout  d’abord  inconstante,  moment  où  s’instal¬ 
lait  progressivement  l’atrophie  musculaire.  Elle  est  ensuite  devenue  cons¬ 
tante  et  offrait  tous  les  carai'tères  d’un  signe  de  Babinski  parfaitement 
légitime,  quand  cette  dernière  a  été  maxima.  Cliniquement  il  n’était  pas 
possible  d’établirune  distinction  quelconque  entre  la  valeur  fonctionnelle 
des  flé(;hisseurs  et  celle  des  extenseurs  du  gros  orteil,  puisque  les  mou¬ 
vements  provoqués  par  les  uns  ou  les  autres  étaient  tout  à  fait  normaux 
et  que  leur  force  paraissait  conservée.  Mais  les  réactions  électriques  ont 
facilement  mis  en  évidence  la  dysharmonie  des  deux  groupes  musculaires, 
réalisée  aux  dépens  des  fléchisseurs:  alors  que  l’excitabilité  de  l’extenseur 
du  gros  orteil,  de  l’extenseur  commun  et  du  pédieux  était  simplement 
diminuée,  celle  du  fléchisseur  profond  et^  du  fléchisseur  plantaire  était  très 
diminuée,  la  contraction  des  premiers  était  vive,  celle  des  seconds  •  très 
lente.  En  cherchant  à  obtenir  la  contraction  du  triceps  sural,  on  provo¬ 
quait,  par  diffusion  du  courant,  celle  des  extenseurs  et  des  péroniers  beau¬ 
coup  [ilus  facilement  excitables.  A  ce  moment,  le  réflexe  cutané-plan- 
taire  se  faisait  constamment  en  extension  ;  l’équilibre  était  nettement 
rompu.  Puis,  petit  à  jietit,  en  même  temps  que  l’atrophie  a  rétrocédé,  cet 


173 


u<:  SIGNE  DE  BABINSKI  EN  DlillOBS  DES  LESIONS  PYBAMIDALKS 

équilibre  s’est  rétabli  lentement  et  le  réflexe  s’est  de  nouveau  fait  en 
flexion  et  en  extension.  II  est  probable  qu’il  se  fera  constamment  en 
flexion  quand  la  guérison  sera  complète,  si  elle  doit  l’être  un  jour,  et 
l’équilibre  normal  entre  les  fléchisseurs  et  les  e.xtenseurs  retrouvé. 

La  chronaxie  des  fléchisseurs  des  orteils,  normalement  supérieure  à 
celle  des  extenseurs,  ve  qui  explique,  comme  l’a  démontré  Bourguignon, 
que  le  réflexe  se  fasse  en  flexion,  a  dû,  chez  notre  malade,  diminuer  au 
moment  où  le  réflexe  se  produisait  tantôt  en  flexion,  tantôt  en  extension. 
Elle  est  ensuite  devenue  inférieure,  comme  chez  les  pyramidaux,  mais 
pour  des  raisons  d’ordre  local  (atrophie  plus  marquée).  Le  réflexe  s’est 
alors  produit  en  extension.  Enfin  le  processus  évoluant  vers  la  guérison, 
ce  dernier  s’est  comme  au  début  retrouvé  variable.  Ces  constatations 
nous  semblent  avoir,  en  ce  qui  concerne  la  physiologie  pathologique  du 
signe  de  l’orteil  au  cours  des  névrites  sciatiques,  la  valeur  d’une  expé¬ 
rience. 

Au  moment  où  le  déséquilibre  était  maximum  et  où  le  réflexe  se  faisait 
d’une  façon  constante  en  extension,  le  pincement  et  la  torsion  de  la  peau 
du  tiers  inférieur  de  la  jambe,  au  niveau  de  sa  face  interne,  provoquaient 
encore  une  légère  extension  de  l’orteil,  sans  flexion  dorsale  du  pied.  Il 
s’agit  là  à  notre  avis  d’une  ébauche  de  réflexe  cutané  de  défense,  d’origine 
également  périphérique  ;  ce  réflexe  n’existait  plus  quand  le  réflexe  cutané- 
plantaire  se  faisait  tantôt  en  extension,  tantôt  en  flexion. 


La  seconde  observation  est  moins  démonstrative  que  la  première,  mais 
nous  paraît  néanmoins  digne  d’être  relatée.  Elle  concerne  un  malade 
présentant  des  symptômes  analogues,  mais  chez  lequel  l’impotence  fonc¬ 
tionnelle  des  fléchisseurs  et  des  extenseurs  des  orteils,  plus  considérable, 
limitant  beaucoup  les  mouvements,  empêchait  la  dysharmonie  entre  les 
deux  groupes»  de  se  montrer  aussi  évidente. 

Observation  II.  —  Il  s’agit  d’uii  sujet  de  35  ans,  qui  a  ôté  liospilalisé  en  mai 
1925,  à  Bcyroutli,  pour  sciatique  droite.  Ses  antécédents  ne  méritent  point  de  retenir 
l’attention  (blonorrliagie  il  y  a  dix  ans).  L’affection  a  débuté  par  une  courte  période  fébrile 
û'ii  a  duré  trois  jour»,  sans  localisation  viscérale  appréciable.  Puis  il  a  commencé  de 
souffrir  au  niveau  de  la  région  lombaire,  d’où  la  douleur  s’est  irradiée  dans  la  fesse,  la 
cuisse  et  le  mollet. 

Elle  intéressait  aussi  bien  le  territoire  du  crural,  du  fémoro-cutané,  de  l’obturateur 
que  celui  des  sciatiqucL  Les  signes  de  I.,asèguc,  Bonnet,  étaient  positifs  d’après  les 
•■enseignements  qui  ont  été  fournis,  et  les  points  de  Valleix  nets.  Puis  les  douleurs  ont 
disparu  en  même  temps  que  s’installait  une  amyotrophie  considérable,  accompagnée 
d’hypoesthésie  ou  d’anesthésie  au  niveau  du  pied  et  de  la  Jambe. 

L’amyotrophie,,  encore  très  marquée,  rétrocède  à  l’heure  actuelle  (octobre  1925).  A 
l’examen,  il  n’existe  plus  aucun  signe  de  sciatique  ou  do  funiculite  lombo-sacrée  à  forme 
sensitive.  Pas  de  Lasègue,  Bonnet,  Néri,  ni  do  points  de  Valleix.  Grosse  amyotrohie 
de.  la  cuisse  (12  cm.)  ;  amyotrophie  avec  hypotonie  moins  accentuée  de  la  fesse  et  du 
•hollot  (1/2  cm.).  Tous  les  mouvements  passifs  sont  iiossiblos,  avec  une  amplitude 
normale.  Les  mouwments  actifs  sont  dilllcilcs  et  la  force  musculaire  est  très  diminuée  : 


174 


POVÇVIEB  ET  O.  COUfŒTAS 


claudicaliun  accenluéc.  Ce  sont,  cornnuî  il  est  de  règle  en  pareil  cab,  les  muscles  de 
l’extrémité  distale  (jiii  sont  le  plus  atteints.  Les  mouvements  .d’extension  des  orteils 
sont  à  peine  ébauchés,  ceux  de  flexion  encore  plus  faibles.  La  flexion  dorsale  du  pied, 
son  exteiiiion  ont  une  amplitude  très  réduite.  L’extension  ainsi  que  la  flexion  active  de  la 
jambe  sur  la  cuisse  sont  po.ssibles  :  le  sujet  porte  avec  peine  le  talon  sur  le  genou  opposé 
mais  parvient  à  le  faire.  Il  en  est  de  môme  en  ce  qui  concerne  les  mouvements  de  la 
cuisse  sur  le  bassin. 

Les  réflexes  patellaire,  achilléen  et  médio-plantaire  sont  abolis  du  côjté  malade, 
conservés  du  côté  sain.  Il  n’existe  ni  clonus  de  la  rotule  ni  trépidation  épileptoïde  du 
pied.  Le  réflexe  cutané'-plantairo  est  ébauché,  en  extension  ;  il  faut  insister  pour  ob¬ 
tenir  une  légère  extension  du  gros  et  des  petits  orteils.  Mais,  en  revanche,  on  no  pro¬ 
voque  jamais  de  mouvement  réflexe  de  flexion,  ün  ne  constate  aucun  réfiexe  de  défense, 
et  tous  lus  autres  signes  do  lésion  pyramidale  demeurent  sans  réponse.  Il  est  intéressant 
de  noter  que  les  mouvements  actifs  de  flexion  des  orteils  sont  beaucoup  moins  éton. 
dus  par  comparaison,  avec  le  côté  sain,  que  les  mouvements  d’extension. *D’autrc  part 
le  réflexe  en  extension  du  gros  et  des  petits  orteils  est  obtenu  par  excitation  du  bord 
interne  aussi  bien  que  du  bord  externe  de  la  région  plantaire. 

Mais  il  ne  s’agit  plus  ici  de  la  lente  et  majestueuse  extension  du  gros  orteil  que  pré¬ 
sentait  notre  premier  malade.  L’impotence  fonctionnelle  des  deux  groupes  musculaires 
antagonistes  est  beauconp  plus  accentuée  ;  les  mouvements  actifs  sont  plus  difficiles, 
d’une  anqililude  très  inférieure  à  la  normale,  et  la  dysharmonie  est  moins  facilement 
mise  en  évidence.  Ehe  existe  cependant  aux  dépens  des  fléchisseurs  dont  les  mouve¬ 
ments  sont  pius  iin  ités  que  ceux  o’es  extenseurs,  et  c’est  à  elle  qu’est  dû  le  réflexe 
qui  se  fait  en  extension  et  non  plus  en  flexion. 

Le  malade  dit  qu’il  aurait  présenté,  après  la  disparition  desphénomènes  douloureux, 
de  l’anesthésie  à  peu  près  totale  du  piei.  ;  il  ne  persiste  plus  à  l’heure  actuelle,  comme 
troubles  de  la  sensibilité  objective  d’autres  signes  qu'une  hypoesthésie  encore  marquée 
de  la  face  postérieure  du  mollet,  au  niveau  duquel  le  sujet  confond  nettement  la  piqûre 
et  le  contact.  Mais  en  revanche,  il  existe  un  abaissement  considérable  de  la  température 
locale,  du  pied  et  de  la  jambe. 

Les  réactions  électriques  ont  montré  une  hyiioexcitabilité  beaucoup  plus  accentuée 
du  groupe  fléchisseur  que  du  groupe  extenseur.  Elles  confirment  donc  les  résultats  de 
l’examen  clinique,  en  ce  qui  concerne  la  dysharmonie  constatée  entre  les  groupes  anta¬ 
gonistes. 


Cette  observation  est  moins  frappante  que  la  première.,, Il  n’en  reste 
pas  moins  que  l’extension  ébauchée  des  orteils  est  due  à  l’impotence  fonc¬ 
tionnelle  plus  grande  des  fléchisseurs  par  comparaison  avec  celles  des 
extenseurs. 

Notre  attention  n’est  que  depuis  peu  de  temps  attirée  sur  les  faits  de  ce 
genre.  Nous  regrettons  d’en  avoir  laissé  passer  bon  nombre,  sans  les  avoir 
sullisamment  étudiés.  Nous  pensons  iju’ils  sont  relativement  fréquents. 
Et  il  ne  faut  pas  se  baser  sur  la  constatation  d’un  simple  réfle.xe  cutané- 
plan  taire  en  e.xtension  chez  des  sujets  qui  présentent  des  troubles  trophiques 
des  muscles  de  la  jambe  et  du  pied,  pour  allirmer  l’existence  d’une  lésion 
pyramidale  médullaire  :  la  simple  funiculite  peut,  à  notre  avis,  la 
provoquer  par  le  mécanisme  que  nous  venons  d’envisager. 


SOCIÉTÉS 


Société  médico-psychologique 


Séance  du  28  juin  1926. 


symptômes  liminaires  de  la  démence  précoce,  par  Ip  D'  Xavier  Abély. 

L’auteur  a  fait  une  statistique  portant  sur  de  nombreux  cas  de  démence  précoce 
à  leur  période,  tout  ù  fait  initiale,  en  .vue  de  déterminer  les  symptômes  communs, 
formant  un  syndrome  original.  Ces  symptômes  sont  :  la  conscience  de  l’état  morbide, 
la  notion  de  transformation  do  la  personnalité,  les  idées  d’influence,  les  accès  d’anxiété, 
fa  tendance  à  l’affranchissement  de  toute  contrainte,  les  exaltations  de  l’instinct  et 
surtout  de  l’instinct  sexuel,  les  idées  et  les  tentatives  de  suicide,  le  goût  de  la  pensée 
et  du  langage  abstrait. 

Le  diagnostic  précoce  de  l’hébéphréno-catatonie  n’emporte  pas  fatalement  un  pro- 
uoslic  de  démence. 

Méningite  de  type  tuberculeux.  Abcès  de  fixation.  Guérison. 

M.-Revault  d’Alon>es  rapporte  l’observation  d’un  garçon  de  12  ans  1/2  qui 
aurait  été  atteint  de  méningite  de  type  tuberculeux  et  qui  aurait  guéri  à  la  suite 
•Lun  abcès  de  fixation. 

Les  rapports  de  la  morphologie  humaine  avec  les  types  psychopathiques, 
|)ar  le  D'  F.  1.  Werteimer  {de  Baltimore). 

L’auteur  expose  comment,  de' tous  temps,  on  a  admis  une  relation  entre  l’aspect 
antérieur  du  corps  et  les  qualités  psychiques  d’un  individu.  11  voit  dans  Esquirol 
et  Morel,  en  Franco,  et  dans  l’œuvre  de  Do  Giovanni  en  Italie,  les  précurseurs  scienti- 
llques  des  travaux  de  Kretschmer.  Après  avoir  exposé  les  types  morphologiques 
créés  par  ce  dernier,  il  fait  la  critique  de  sa  méthode  et  apporte  les  résultats  do  ses 
propres  recherches  entreprises  avec  la  collaboration  de  Miss  Florence  Ileskcth,  dans 
*e  service  du  professeur  Adolf  Meyer  h  Baltimore.  A  l’àide  d’un  index  anthropomé¬ 
trique  nouveau  qui  donne  la  relation  entre  le  volume  du  tronc  et  la  longueur  des 
membres,  il  a  trouvé  une  prépondérance  de  certains  types  morphologiques  au  cours 
de  certaines  maladies  mentales,  dont  la  plus  constante  est  celle  du  type  dysplaslique 
au  cours  de  la  schizophrémic. 

L’auteur  attache  une  grande  importance  à  l’endocrinologie,  mais  il  ne  pense  pas 


170 


s(jcii':Ti':s 


que  celle-ci  soit  arrivée  à  des  résultats  incontestables  dans  ce  domaine.  Ses  reclier-  :• 
elles,  qu’il  développera  dans  un  livre  à  paraître  sous  peu  en  Amérique,  constituent^  (. 
dans  son  esprit,  le  point  de  départ  d’études  futures,  dont  on  piuit  cependant  tirer  déjà  •  1 
d’intéressantes  observations  en  clinique.  H.  Colin. 


Société  clinique  de  médecine  mentale. 


Séance  du  21  juin  1926 


Délire  mélancolique  et  syphilis  cérébrale,  par  MM.  Truklle  et  Prugniaud. 

Il  s’agit  d’une  femme  de  54  ans  qui,  depuis  un  an,  présente  un  délire  mélancolique, 
et  chez  laquelle  dans  le  même  temps,  semble-t-il,  s’est  révélé  un  syndrome  biologique 
de  syphilis  méningée  en  activité.  La  syphilis  méningée  ne  s’est  traduite  cliniquement 
que  par  un  ptosis  gauche  passager,  par  de  l’anisocorie  transitoire  et  par  un  peu  de 
paresse  pupillaire.  Par  contre,  toutes  les  réactions  spécifiques  de  son  L.  C.  R.  ont 
été  et  sont  restées  positives  avec  une  lymphocytose  variant  de  112  à  (iO  éléments. 

La  syphilis  méningée  est-elle  la  cause  nécessaire  et  suffisante  du  syndrome  mélan¬ 
colique  ?  Ou  n’a-t-ellc  agi  que  comme  cause  adjuvante  épisodique  V 

Démence  précédée  de  plusieurs  accès  de  mélancolie,  par  Leroy. 

Malade  dont  l’observation  a  été  suivie  depuis  12  ans.  Cette  femme  a  fait  depuis 
l’àge  de  32  ans  5  accès  de  mélancolie  dont  les  4  premiers  ont  guéri.  Chacun  de  cos 
accès  s’accompagne  de  tentatives  de  suicide.  On  pensait  à  la  mélancolie  intermittente. 
Au  bout  de  10  ans  et  au  cours  du  cimiuième  internement,  la  malade  présimte  pro 
gressivement  des  symptômes  indéniables  de  (lémence  (indifférence  totale,  discordance, 
idé(w  d’auto-accusation  absurdes  et  stéréotypées,  grimaces,  actes  repoussants  de 
malpropreté,  etc.). , 

Hypertonie  et  contracture  des  doigts  chez  une  mélancolique  hypocondriaque, 
|)ar  MM.  Leroy  et  Nacht. 

Il  s’agit  d’une  malade  âgée  de  70  ans  présentant  une  contracture  irréductible  en 
fh^xion  bilatérale  et  symétrique  des  doigts  des  deux  mains  respectant  les  pouces. 
Raideur  dans  les  mouvmnents  passifs  ilu  bras  sur  l’avant-bras  sans  signe  de  la  roue 
dentéiL  Pas  de  modification  des  Wiflexes  tendineux.  Quant  aux  membres  inférieurs, 
ils  présentent  aussi  un  léger  état-hypertonique.  Contracture  pn  extension  desorteils. 
Pas  de  signes  de  Babinski.  Les  réflexes  de  posture  ne  sont  [las  modifiés. 

Pas  de  troubles  de  la  coordination  .Inclination  du  tronc  en  avant  pendant  la  marche 
et  demi-flexion  des  nuîmbn's  supérieurs  immobiles  d’ailleurs.  Aucun  trouble  île  la 
sensibilité.  Pacies  figé.  Début  des  troubles  il  y  a  un  an.  Cette  malade  a  contracté 
la  syphilis  à  l’àge  de  25  ans.  Réactions  humoraies  négatives  actuellement.  Pas  d’an- 


sociétés; 


177 


técédonls  (ronc('^phalito  ùpidémiqiip.  Los  autours  pansent  à  une  contracture  oxtra- 
Pyramidale,  peut-être  en  rapport  avec  la  syphilis  par  lésion  diffuse  des  centres  sous- 


Tremblement  de  la  tête  dans  la  démence  précoce,  par  M.  Guiraud. 

G’autour  projcdte  un  film  qni  montre,  chez  un  hébéphrêno-catatoniquo  un  tremblr- 
ment  de  la  tête  associé  à  de,  l’hypcrtonio  {'énéralisée.  C’est  un  syndrome  exceptionnel 
<lans  l’hébéphréno-catatonie  qui  d’après  l’auteur  doit  être  rapprochédu  tremblement 
‘le  la  tête  rarement  observé  dans  le  syndrome  parkinsonien. 

Adipose  dans  la  démence  précoce,  par  M.  Guiraud. 

Projection  d’un  film  montrant  plusieurs  malades  atteintes  d’hébéphréno-catatonie 
avec  adipose  considérable.  L’auteur  pose  la  question  il’iinc  possibilité  d’atteinte  du 
tuber  cinereum. 

Lésions  valvulaires  aortiques  chez  un  paralytique.  Contre-indication  de  la 
malariathérapie,  par  MM.  Tréneu  et  P.  Clerc. 

Les  lésions  sont  localisées  aux  valvules  aortiques,  ce.  qui  est  assez  rare  dans  la  para¬ 
lysie  générale,  où  généralement  elles  prédominent  à  la  crosse  en  respectant  relative¬ 
ment  les  valvules.  Le  malade  avait  été  récemment  soumis  à  la  malariathérapie.  Mort 
rapide  par  hydrothorax.  Le  traitement  malarique  est  contre-indiqué  dans  les  cas 
(le  lésions  aortiques  marquées.  (Nonne.) 

Kystes  hydatiques  du  foie  avec  généralisation  péritonéale  chez 
un  paralytique  général,  par  MM.  Trénel  et  .1.  Sizaret. 

Homme  de  47  ans,  alcoolique.  Le.  diagnostic  clinique  s’imposait  et  fut  confirmé 
par  la  constatation  d’une  éosinophilie  abondante.  Conservation  d’un  bon  état  général 
malgré  une  généralisation  due  peut-être  à  une  ponction  intempestive.  Mort  3  mois 
après  l’entrée.  A  l’autoiisie,  kystes  intrahépatiques  multiples,  occupant  toute  la 
fosse  iliaque  droite,  à  tous  les  degrés  de  dévelop|)ement  dans  tout  le  péritoine.  Abon¬ 
dance  de  scolex  dans  les  kystes. 


Séance  du  19  juillel  1929. 


Krotisme  et  tabo-patalysie  générale  sénile,  par  M.  .1.  Sizaret. 

H  s’agit  d’un  malade  de  70  ans  présentant  de  l’affaiblissement  intellectuel  caracté¬ 
risé  surtout  par  dos  troubles  de  la  mémoire,  des  troubles  du  jugement,  quelques  idées 
de  satisfaction,  et  manifestant  un  érotisme  très  marqué  dans  les  actes  et  les  paroles. 
Signes  physiques  et  biologiques  do  syphilis  du  névraxe.  S’agit-il  d’une  paralysie  géné¬ 
rale  sénile,  d’un  affaiblissement  sénile  chez  un  tabétique  ou  à  la  fois  d’un  tabes  et  d’une 
paralysie  générale  chez  un  sénile  ?  L’auteur  penche  plutôt  vers  ce  dernier  diagnostic. 

Délire  commun  de  persécution  chez  deux  frères  grecs  macédoniens,  par 
MM.  P.  CouRBON  et  M.  Miquel. 

Délire  banal  de  persécution  à  deux,  dont  tout  l’intérêt  réside  dans  lepittoresque 
11,  N»  2,  AOÛT  1926.  12 


l'IlOLOUIOVR,  —  T. 


178 


SOCIÉTÉS 


(les  r('!actions  provoquées  parla  mcnlalité  ethnique  des  deux  héros.  Incultes  et  pu  érils, 
peureux  et  obséquieux,  grandiloquents  et  exubérants,  ce  ravaudeurct  cesavetier  sont 
en  tous  points  comparables  aux  Macédoniens  du  roman  de  «  Sous  l’Œil  des  Dieux», 
t’iiyant  les  cruautés  turques  et  pensant  faire  fortune,  à  l’aris,  ilssc  ruinent  en  spécula¬ 
tions  stupides  et  en  privations  excessives.  Puis  ils  interprètent  leurs  misères  et  le  déla¬ 
brement  de  leur  santé  comme  l’effet  de  la  haine  des  banquiers,  contre  lesquels  ils  s’ef¬ 
forcent  d’ameuter  peuple  et  autorités. 

Un  type  de  morphinomane,  par  .M .  Clerc. 

L’auteur  présente  un  morphinomane  intoxiqué  depuis  1918,  actuellement  sevré, 
mais  qui  décrit  avec  un  certain  pittoresque  et  une  verve  facile  ses  impressions  de  toxi¬ 
comane. 

Accidents  de  la  malariathérapie  dans  la  peiralysie  générale,  par  M.  Trénel. 

11  s’agit  do  3  malades  ayant  subi  la  malariathérapie  et  atteints  d’œdèmes  généra¬ 
lisés  à  marche  rapide,  accompagnés  dans  un  cas  d’œdème  aigu  du  poumon.  A.  Matie  les 
avait  déjà  signalés.  Do  semblables  faits  s’observent  dans  le  paludisme.  Tout  on  faisant 
la  part  de  l’action  possible  des  traitements  spécifiques  précédant  ou  suivant  l’inocii- 
ation,  il  y  a  lieu  do  noter  que  les  3  malades  avaientreçula  mémosouchc  de  virus  p  ro- 
venanl  d’un  malade  qui  lui-môme  a  présenté  dos  œdèmes  avec  albuminurie  transitoire* 

Mort  rapide  après  crise  d’épilepsie;  hémorrhagie  ventriculaire,  parM.  Bauer. 

Un  sujet,  âgé  de  17  ans,  atteint  d’épilepsie  idiopathique,  mieurt  dans  le  coma  une 
heure  après  une  crise.  A  l’autopsic  on  constate  une  hémorrhagie  dans  le  ventricule  la¬ 
téral  droit.  Pas  d’autre  lésion  vasculaire.  Cette  complication  des  crises  est  rare.  Elle 
semble  en  rapport  avec  l’augmentation  delà  pression  artérielle  pendant  la  crise comi" 
tiale.  L.  Marchand. 


ANALYSES 


NEUROLOGIE 


ÉTUDES  SPÉCIALES 


CERVEAU 

La  thérapeutique  des  tvimeurs  cérébrales,  par  Bastianelli  (de  Rome). 

VI1>  Congrès  de  la  Société  inlernalionale  de  Chirurgie,  Rome,  7-10  avril  1926. 

Ce  rapport  se  limite  à  l’étude  des  tumeurs  de  la  fosse  cérébrale  postérieure. 

La  localisation  des  tumeurs  du  cervelet  est  difficile.  Par  contre,  le  diagnostic  des 
tumeurs  de  l’acoustique  est  en  général  posé  avec  précision.  La  ponction  ventriculaire 
avec  injection  colorée  (Dandy)  est  une  méthode  utile,  mais  dangereuse.  Le  diagnostic 
devra  être  précoce  et  l’opération  sera  tentée  même  chez  les  malades  dans  le  coma.  Les 
interventions  pourront  être  exploratrices,  radicales  ou  même  incomplètes  suivant  les 
cas.  Les  gliomes  kystiques  sont  les  plus  favorables  pour  la  cure  radicale.  En  résumé, 
être  éclectique  et  renonqer  ù  une  intervention  radicale  quand  celle-ci  s’annonce  comme 
trop  dangereuse. 

Les  méningites  séreuses  chroniques,  les  kystes  arachnoïdiens  guérissent  bien  par 
simple  ponction.  Les  opérations  répétées  ont  parfois  donné  une  survie  notable.  Opé¬ 
ration  en  un  temps,  anesthésie  locale,  hémostase  parfaite,  sont  les  principaux  facteurs 
de  succès. 

Les  statistiques  générales  ont  peu  de  valeur  ;  seules  les  statistiques  intégrales  d’une 
même  clinique  sont  à  retenir.  Celle  de  l’auteur  donne  les  chiffres  suivants  : 

Opérabilité  dans  40  à  50  %  des  cas.  Possibilité  d’exérèse  totale  ou  partielle,  40  à 
50  %  des  cas  opérés.  Dans  les  tumeurs  intrinsèques  du  cervelet,  possibilité  d’abla- 
üon  ;  15  à  25  %  ;  dans  les  tumeurs  extracérébelleuses,  50  à  80  %.  Sur  la  totalisé  des 
tumeurs  opérées,  l’ablation  a  été  pratiquée  dans  40  à  45  %  des  cas  ;  dans  les  cas  de 
tumeurs  trouvées  :  50  à  80  %  et  plus.  Les  résultats  définitifs  varient  entre  5  et  10  %. 

Les  gliomes  kystiques  ou  cavitaires  ont  été-opérés  dans  la  proportion  de  70  à  8  %: 
Guérison  après  plus  de  3  an#  :  plus  de  30  %  ;  après  5  à  10  ans  :  9  à  10  %. 

Pour  les  tumeurs  de  l’acoustique  :  opérabilité  jusqu’à  80  %.  La  guérison  définitive 
est  encore  incertaine.  Les  améliorations  notables  pendant  plusieurs  années  varient 
entré  15  et  25  %. 

La  mortalité  opératoire  pour  les  ablations  totales  et  partielles  du  cervelet  est  de  50 
et  60  %  ;  pour  l’acoustique,  do  70  à  80  %  et  plus.  Cushing  cependant  n’accuse  que 
11,1  et  35,4  %  suivant  les  séries. 

Dandy  annonce  45  %,  mais,  avec  sa  nouvelle  technique  d’ablation  totale,  il  obtient 
5  guérisons  sur  5  cas. 

Dans  les  cas  de  décompression  et  d’exploration  simple,  40  à  80  %  de  morts  (saut 
pour  Cushîng). 


ANALYSI-:S 


ISO 

l’ar  le  iliagnostic  précoce  et,  une  technique  soignée,  on  pourra  arriver  à  réduire  la 
mortalité  opératoire  à  15  à  20  %  et  à  obtenir  des  guérisons  durables  aussi  nombreuses 
que  pour  les  tumeurs  des  autres  organes.  E.  F. 

La  chirurgie  des  tumeurs  cérébrales,  rapport  de  Percy  Saucent  (de  Londres). 

VI  Congrès  de.  la  Société  inlernalionale  de  Chirurgie,  Rome  7-10  avril  192G. 

Le  rapporteur  expose  ses  idées  sur  le,  Irailement  chirurgical  des  tumeurs  cérébrales 
dans  lequel  il  vauit  se  cantonner  ;  les  autres  thérapeutiques,  y  compris  la  radiothé¬ 
rapie,  saut  ((uànd  elle  est  associée  à  l’opération,  ne  lui  ont  procuré  que  dos  mécomptes. 
Il  insiste  sur  la  nécessité  de  l’intervention  précoce  et  r.adicale,  sur  l’importance  de 
la  localisation.  Quant  à  la  natun^  des  néoplasmes,  son  influence  sur  les  résultats  est 
assez,  diflicilc  à  préciser. 

Après  ces  considérations,  Sargent  présente  sa  statistique  personnelle,  qui  se  résume 

1.  Gliomes.  —  1”  Gliomes  frontaux  :  42  cas,  3  succès  complets  ;  2°  gliomes  occipi¬ 
taux  ;  12  cas,  1  succès  partiel;  3"  gliomes  post-centraux:  .32  cas  dont  G  vivent  encore 
22  mois  après  l’intervention,  mais  presque  tous  avec  des  troubles  plus  ou  moins  pro¬ 
noncés  ;  4»  gliomes  temporaux  ;  2G  cas  ;  G  survies  avec  plus  ou  moins  de  troubles, 
4  ans  1  /2  après  l’intervention  ;  5°  gliomes  cérébelleux  :  25  %  de  succès. 

IL  Jindolhéliomes.  —  1“  Ablation  de  la  tumeur  :  19  succès  sur  31  cas  ;  2“  décom¬ 
pression  :  3  succès  sur  10  cas. 

III.  Tumeurs  ponlo-cérébelleuses.  —  Sur  38  cas  :  9  survies  de  4  ou  5  ans  au  moins. 

IV.  Tumeurs  de  la  région  piluilaire.  -  -  Résultats  encourageants.  E.  F. 

Résultats  éloignés  du  traitement  de  l’épilepsie  jacksonienne,  par  René  Lehi- 

CHU  (de  Strasbourg),  rapporteur.  V'//«  Congrès  de  la  Société  inlernalionale  de  Chi¬ 
rurgie,  Rome,  7-10  avril  192G. 

M.  Leriche  appuie  son  travail  sur  l’étude  d’une  trentaine  de  cas  d’éjiilepsic  jackso- 
lueniie  traumati()ue,  observés  i)endant  îles  années.  Il  est  d’avis  que  l’épilepsie  est  tou¬ 
jours  liée  à  la  présence  de  la  cicatrice  d’un  foyer  de  contusion  corticale.  Les  lésions 
osseuses  et  méningées,  auxipielles  on  attache  d’habitude  tant  d’importance,  ne  signi¬ 
fient  rien  et  sont  tout  à  fait  secondaires.  Mais  une  simple  cicatrice  cérébrale  fibreuse 
ne  suffit  pas  à  créer  le  jacksonisme  ;  les.  cicatrices  épileptogènes  paraissent  toujours 
renfermer  une  anormale  prolifération  névroglique,  iirobablement  due  à  une  réaction 
conjonctive  particulière  à  l’individu. 

Qu^iid  la  cicatrice  névroglique  existe,  les  crises  sont  déclenchées  par  des  variations 
brusques  de  la  circulation  cérébrale  .et  correspondent  toujours  à  do  véritables  désé¬ 
quilibres  du  liquide  céphalo-rachidien, -siut  par  excès,  soit  par  défaut.  On  peut  expé¬ 
rimentalement,  chez  le  jacksonien,  jirovoquer  des  crises  en  élevant  ou  en  abaissant 
la  tension  du  liquide  ;  on  peut  faire  cesser  l’état  de  mal  de  la  môme  façon. 

Le  véritable  traitement  de  l’épilepsie  jacksonienne.  consiste  à  exciser  la  cicatrice 
flbro-névroglique.  Comme  ce  n’est  pas  toujours  possible,  on  doit  se  contenter  générale¬ 
ment  d’exciser  la  cicatrice  fibro-méningée  qui  souvent  s’enfonce  dans  le  cerveau. 
D’ailleurs  toute  intervention,  si  minime  soit-elle,  amène  une  disparition  temporaire 
des  crises.  Mais  la  récidive  est  habituelle. 

Peut-être  pourrait-on  modilier  la  cicatrice  par  la  radiothérapie  ?  Il  y  aurait  lieu  d’en¬ 
treprendre  des  recherches  systématiques  sur  l’effet  des  radiations  sur  le  tissu  névro¬ 
glique  jeune. 

En  attendant,  pour  éviter  la  récidive,  il  faut  chercher  à  maintenir  chez  les  jackso- 
niens  un  état  d’équilibre  du  liquide  céphalo-rachidien,  soit  à  l’aide  d’injections  intra- 


ANALYSES 


veineuses  vd’eau  distillée,  soit  par  l’ingestion  de  solutions  hpertoniques.  Les  résultats 
ainsi  obtenus*sont  très  intéressants  :  on  observe  la  suppression  des  crises  pendant  des 
années  chez  des  sujets  ayant  récidivé,  une  amélioration  subjective  considérable,  la 
disparition  des  céphalées,  des  vertiges,  etc.,  et  la  brusque  cessation  de  l’état  de  mal. 

Alessandri  (do  Rome)  croit  devoir  insister  sur  l’importanceprimordialede la  lésion 
locale  dans  la  genèse  des  accidents.  D’ailleurs,  il  faut  tenir  compte  non  seulement  de 
ia  cicatrice  cérébrale,  mais  aussi  de  celle  de  l’os  et  des  parties  molles.  L’ablation  com¬ 
plète  du  tissu  cicatriciel  jusques  et  y  compris  la  cicatrice  cérébrale,  quelle  qu’en  soit 
la  gravité,  est  la  seule  technique  pouvant  faire  espérer  une  guérison  de  bonne  qualité. 

L’auteur  rapporte  un  cas  personnel  de  plaie  infectée  avec  gros  bloc  de  tissu  cicatriciel 
ayant  occasionné,  deux  ans  après  la  blessure,  dos  crises  jacksoniennes.  L’ablation 
«omplète  put  se  faire  assez  facilement,  étant  donné  la  différence  de  consistance  des 
tissus  voisins.  Guérison  des  crises  au  prix  d’une  hémiparésie. 

Un  autre  point  important  est  la  reconsliiulion  triinulieusc  des  plans,  avec  autoplasties 
'*’il  est  nécessaire.  A  l’appui  de  cotte  thèse,  l’auteur  cite  le  cas  d’un  blessé  opéré  3  fois, 
qui  récidiva  chaque  fois  et  nefutguéri  que  lorsqu’on  eut  fait,  au  cours  d’une  4®  inter¬ 
vention,  une  reconstitutionanatomiquecxacte  desdifférents  plans.  Le  résultat  obtenu 
se  maintient  depuis '20  ans. 

Anzilotti  (de  Libourne)  estime,  lui  aussi,  que  la  lésion  locale  prime  tout  et  que  les 
modifications  circulatoires,  les  troubles  de  l’équilibre  céphalo-rachidien  sont  en  rafi- 
port  direct  avec  la  cicatrice.  L’extirpation  largo  est  évidemment  le  traitement  de  choix, 
mais  il  n’est  pas  toujours  facile  de  savoir  si  l’on  a  dépassé  les  limites,  étant  donné  la 
fréquence  des  lésions  gliomateuses  péricicatricielles  du  cerveau,  décelables  seule¬ 
ment  par  l’examen  bistologique. 

Dans  la  question  des  récidives,  il  faut  tenir  grand  compte  du  facteur  constitutionnel. 
Dans  un  cas  cité  par  l'auteur,  il  existait  des  épileptiques  essentiels  dans  la  parenté  im¬ 
médiate  du  blessé  qui  récidivait  d’une  façon  désespérante. 

Young  (do  Glasgow)  insiste  sur  les  difficultés  que  l’on  éprouve  souvent  à  trouver  la 
cause  précise,  l’épine  irritative,  môme  pièce  on  main.  En  tout  état  de  cause,  il  est  pru¬ 
dent  de  bien  former  la  brècbe  opératoire  par  un  volet  ostéoplastique  pour  éviter  la 
formation  d’une  nouvelle  cicatrice.  Dans  un  cas  personnel,  l’autour  a  une  guérison 
qui  se  maintient  depuis  3  ans. 

M.  DE  Queiivain  (de  Berne),  se  basant  sur  une  pratique  de  30  années,  estime  que  la 
question  est  encore  des  plus  confuses.  On  ne  sait  rien  de  précis  sur  la  nature  et  la  cause 
<Je  l’épilepsie  jacksonienno.  De  même,  il  est  presque  impossible  de  prévoir  les  résultats 
•le  l’intervention  ;  ils  peuvent  être  bons,  mauvais  ou  nuis. 

Il  est  évidemment  très  utile  de  pousser  à  tond  les  recherches  histologiques,  comme 
le  demande  M.  Lericho  ;  mais  il  serait  également  très  indiqué  d’étudier  la  structure  des 
cicatrices  chez  les  blessés  non  épileptiques  et  de  cbercher  à  savoir  si  un  sujet,  même 
sans  lésions  névrogliques,  no'tera  pas  un  jour  de  l’épilepsie  jacksonienno,  s’il  appar¬ 
tient  à  la  famille  des  individus  à  système  vaso-moteur  très  labile.  L’importance  du 
facteur  vaso-moteur  est  considérable,  ainsi  que  celle  de  la  tension  du  liquide  céphalo¬ 
rachidien.  C’est  contre  elle  que  Kocher  avait  préconisé  sa  décompressive. 

Los  greffes  graisseuses  rendent  des  services,  mais  il  faut  se  méfier  du  développe- 
naenl  fréquent  do  kystes  au-dessous  d’elles. 

Gamuerini  (do  Bologne)  apporte  sa  statistique  :  sur  34  cas  d’épilepsie  primitive,  il 
k  pratiqué  7  interventions  partielles  (4  décomprossives,  2  succès  ;  3  excisions  simples, 
2  succès)  et  27  interventions  «  radicales  »,  c’ost-ù-dire  exérèse  de  la  cicatrice  et  cranio- 
plaslie.  Cette  seconde  série  lui  a  donné  20  succès,  2  améliorations,  5  échecs.  Parmi  les 
({uéris,  4  sont  morts  ultérieurement  de  maladie  intercurrente. 

L’auteur  insiste  sur  l’importance  de  l’association  de  la  plastic  crânienne  à  l’exérèse 


182 


A.yAL  rSES 


cicatricielle.  11  l’a  employée  15  fois  dans  une  série  de  24  grands  blessés  du  crûne  non 
épileptiques.  Suivis  depuis  1917,  ces  blessés  n’ont  jamais  présenté  do  symptômes  jack- 
soniens. 

SoLARO  rapporte  le  cas  d’un  enfant  de  2  ans  ayant  présenté,  à  la  suite  d’un  trauma¬ 
tisme  crânien,  des  secousses  épileptiformes  limitées  à  la  jambe  gauche.  Ces  accidents 
s’amendèrent  ensuite  pendant  10  ans.  A  ce  moment,  nouvelles  crises  à  type  jackso- 
nien,  qui,  d’abord  limitées  à  la  jambe  gauche,  se  généralisèrent  peu  à  peu  à  la  moitié 
du  corjjs  tout  en  aiigmentant  de  fréquence.  La  radiographie  montra  un  noyau  calcifié 
do  la  zone  rolandique  supérieure,  facilement  énucléé,  ce  noyau  était  formé  de  tissu 
conjonctif  engainant  des  sels  de  chaux  (calcification  secondaire  d’un  héma¬ 
tome).'- 

Ce  cas  est  une  preuve  de  plus  de  la  nécessité  de  bien  étudier  des  lésions  trouvées, 

CoRACiiAN  (de  Barcelone)  considère,  lui  aussi,  comme  indispensable,  l’ablation  com¬ 
plète  des  lésions. crâniennes,  méningiennes  et  cérébrales  dont  l’existence  est  en  rap¬ 
port  direct  avec  l’évolution  des  crises.  On  pourra  taire  la  craniotomie  simple  ou  mieux 
l’ostéoplastique. 

Le  procédé  de  la  «  valvule  »,  de  Kocher,  peut  améliorer  les  cas  à  grande  hyperten- 
gion.  11  est  particulièrement  indiqué  dans  répih?psi(^  essentielle  dont  le  subtratum  est 
mal  connu.  L’auteur  l’a  fréquemment  employé  avec  succès  en  pareil  cas. 

Mayer  (de  Bruxelles)  cite  3  cas  personnels  de  greffes  graisseuses  qui  restent  guéris 
depuis  8  à  12  ans.  Ce  procédé  n’est  donc  pas  aussi  mauvais  que  le  pensent  certains 
chirurgiens.  E.  F. 


Sur  l’importance  du  nystagmus  optique  pour  le  diagnostic  des  lésions  céré¬ 
brales  (Ueber  die  klinische  Bedeutung  des  optischen  Nystagmus  fur  die  zercbrale 
Diagnostik),par  Il.-W.  Sten-wers  (d’Utrecht).  Archives  suisses  de  Neurol,  eide  Psych.i 
t.  14,  f.  2,  p.  279-288,  1924  (7  figures). 

On  appelle  nystagmus  optique  le  phénomène  qui  se  produit  lorsqu’on  fait  tourner 
un  cylindre  devant  les  yeux  d’un  sujet,  cylindre  sur  lequel  sont  dessinées  des  figures 
ou  des  traits.  On  dit  au  sujet  de  regarder  le  cylindre  et  l’on  obtient  par  ce  procédé 
un  nystagmus  typique  dont  lu  patient  n’est  pas  conscient  lui-même,  et  qui  présente  sa 
phase  rapide  du  côté  d’où  vient  l’objet.  Après  avoir  rapporté  5  cas  de  lésions  des  voies 
optiques  dues  à  différents  processus,  l’auteur  montre  :  1»  que  dans  l’hémianopsie  céré¬ 
brale  le  nystagmus  optique  est  aboli  du  côté  de  l’hémianopsie  ;  2®  que  dans  certaines 
lésions  cérébrales,  le  nystagmus  optique  peut  être  aboli  saijs  hémianopsie  ;  3»  que  l’hémi¬ 
anopsie  avec  réaction  pupillaire  hémianopsique  n’entralne  pas  l’abolition  du  nystag¬ 
mus  optique.  •  G.  de  Morsieh. 

La  classification  naturelle  des  paralysies  cérébrales  du  premier  âge,  par  B., 

Sachs  (de  No-w-York).  American  J.  of  ihe  med.  Sciences,  t.  171,  n®  3,  p.  376-38G 
mars  192G. 

Si  l’on  se  propose  d’interpréter  et  de  classer  les  paralysies  cérébrales  des  enfants, 
la  forme  et  la  topographie  est  un  facteur  d’importance  secondaire  seulement.  Ce  qu’il 
faut  d’abord  déterminer,  c’est  si  le  processus  qui  a  tait  la  paralysie  a  débuté  dans  la 
période  prénatale  ou  au  moment  môme  de  la  naissance,  ou  s’il  s’agit  d’un  tait  acquis 
plus  lard,  expression  d’un  accident  vasculaire  ou  résidtat  d’une  encéphalite  infectieuse. 
Donc  trois  groupes  divisés  en  formes  et  subdivisés  d'après  le  siège  et  la  nature  de  la 
lésion.  Thoma. 


ANALYSES 


183 


Hémorragie  sous-diir ale  traumatique  de  la  région  fronto-temporale  gauche  si¬ 
mulant  l’abcès  temporal  comme  complication  de  l'otite  moyenne  chronique 
suppurée,  par  V.  Hohnicek  et  O.  Janota  (de  Prague).  Cas.  lek.  ceskych,  1925, 

Les  auteurs  décrivent  un  cas  d’hémorrhagie  sous-arachnoïdienne,  où  il  s’est  produit  ■ 
une  difficulté  du  diagnostic  différentiel  de  l’hémorragie  méningée  et  de  l’abcès  oto¬ 
gène  du  lobe  temporal.  En  effet,  d’abord  l’hémorragie  s’était  produite  par  hasard 
du  même  côté  où  depuis  la  jeunesse  existait  une  otite  chronique  purulente  choles- 
téatomatcuse,  puis  elle  s’était  faite  absolument,  sans  lésion  de  l’épiderme  et  de  l’os 
crânien.  Pour  le  diagnostic  d’hémorragie  sous-arachnoïdiennc  est  apparu  comme 
déci.sif  le  début  subit  de  la  maladie  et  son  rapport  avec  l’accident  (le  malade  est  tombé 
d’une  vache).  L’aphasie  totale  initiale,  qui  s’est  changée  après  quelques  jours  en  une 
aphasie  surtout  motrice,  a  parlé  aussi  plutôt  en  faveur  d’une  hémorragie,  intéressant 
également  la  région  de  Broca,  qu’en  faveur  d’un  abcès  temporal,  et  cela  particulière¬ 
ment,  quand  l’état  général  du  malade  était  relativement  bon,  sans  la  cachexie  et  l’apa¬ 
thie,.  qu’on  pourrait  s’attendre  à  trouver  dans  un  cas  si  grave  d’aphasie  provenant 
.d’un  abcès.  On  a  observé  aussi  les  douleurs  des  muscles  de  la  nuque  et  leur  raideur. 
Les  auteurs  concluent  donc  que  ce  n’est  pas  un  symptôme  décisif  pour  distinguer 
l’hémorragie  d’un  processus  inflammatoire.  L’hémorragie  décrite  est  ensuite  remar¬ 
quable  en  ceci  qu’elle  a  été  trouvée  au  cours  de  deux  opérations,  7  et  12  jours  encore 
après  l’accident,  ù  l’état  liquide.  Les  auteurs  expliquent  cela  par  l’intégrité  absolue 
de  la  matière  cérébrale  et  des  méninges  et  par  la  stérilité  de  la  cavité,  dans  laquelle 
l’hémorragie  s’était  produite.  Quant  au  point  de  vue  étiologique  de  l’hémorragie,  ce 
cas  augmente  la  liste  des  cas  assez  rares  d’hémorragies  se  produisant  sans  lésions 
de  l’épiderme  ni  fracture  osseuses. 

La  guérison  complète  après  l’opération  prouve  l’efficacité  d’une  intervention  chi¬ 
rurgicale. 

Contribution  à  l’étude  de  l’hypertension  intra-cranienne  post-traumatique, 

par  Gustave  Pidoux.^  T/iése  d'Alger,  1924. 

Autour  d’une  observation  personnelle,  l’auteur  groupe  les  faits  déjù  publiés  dans 
lesquels,  après  un  intervalle  lucide  de  quelques  jours,  on  voit  apparaître  un  syndrome 
aigu  d’hypertension  crânienne,  aboutissant  à  la  stase  papillaire,  escortée  des  autres 
symptômes  de  l’hypertension  ;  il  ne  s’agit  que  des  cas  dans  lesquels  le  syndrome  se 
produit  chez  des  sujets  qui  n’ont  présenté  par  ailleurs  aucun  trouble  lésionnel  macros¬ 
copique  (fracture,  épanchement  sanguin  important,  méningo-encéphalite). 

Essai  d’interprétation  pathogénique  (stase  veineuse,  irritation  des  plexus  choroïdes 
par  déchets  de  la  globulolyse,  désintégration  lipoïdique  post-commotionnelle). 
Guérison  fréquente  par  simple  ponction  lombaire.  A.  P. 

Trichinose  encépheditique  (Trichinosis  encephalitis),  par  G.-B.  Hassin  et  I.-  B 
Diamond.  Arch.  of  Neurol,  and  Psgeh.,  janvier  1926,  n»  1,  vol.  15. 

Si  la  trichinose  a  été  bien  étudiée,  peu  de  recherches  ont  trait  aux  changements  his¬ 
tologiques  dus  à’  la  présence  de  la  trichine  dans  la  substance  cérébrale.  Les  auteurs 
rapportent  une  longue  observation  de  trichinose  encéphalitique.  Les  changements 
constatés  consistent  en  réaction  inflammatoire  diffuse  dégénérative  avec  hyper¬ 
plasie  très  marquée  au  niveau  de  la  pie-mère  du  plexus  choroïde.  Ces  diverses  réac¬ 
tions  des  tissus  se  rapprochent  des  réactions  constatées  dans  la  maladie  de  Heinc- 
Medin.  On  constate  en  outre  une  dégénérescence  diffuse  avec  accumulation  de  lipoïdes  ; 
ces  lésions  sont  en  rapport  avec  l’intoxication  causée  par  la  trichine  dans  les  centres 


184 


ANAL  Y  SES 


nwvcux,  qui  a  pu  cLro  reproduito  cxpérimciitalpinent.  Il  siunlilo  (pio  la  l.ox(!nue  ost 
aj'f'ravée  du  fait  (pi’à  l’élaboration  dos  produits  toxiq\u‘s  provenant  de  la  trichine  se 
surajoutent  les  produits  de  décomposition  musculaire.  La  présence  des  embryons  de 
trichine  dans  le  liqnide  céphalo-rachidien  a  été  constatée  par  de  nombreux  auteurs 
(Bloch  Elliot,  Cummins  et  Carson,  .Meyer,  etc.).  Dans  certains  cas  où  des  endjryons 
ne  furent  pas  trouvés,  l’injection  du  liquide  a  i)U  provoquer  expérimentalement  la 
trichinose.  Les  iiarasites  paraissent  atteindre  le  système  nerveux  [jar  deux  voies,  voie 
sanguine  (d  voie  lymphatique.  E.  Tnnnis. 

Manifestations  cérébrales  de  la  tachycardie  paroxystique,  pur  Arlio  H.  ÜAHNiis 
(d(‘  Hochester,  Minn).  American  J.  uf  Ihc  meil.  Sc.,  t.  171,  n"  4,  p.  489,  avril  1920. 
Vertige,  hémianopsi(!,  cécité  transitoire,  syncope,  chute  avec  ou  sans  perte  de  con¬ 
naissance,  convulsions  peuvent  se  manifester  dans  la  tachycardie  paroxystique  (15  % 
des  cas)  ;  ces  complications  ne  modifient  pas  le  pronostic  que  régissent  uniquement 
le  type  et  le  degré  des  altérations  cardiaques.  Tuoma. 

Symptômes  cérébraux  au  cours  de  l’œdème  angioneurotique  (Cérébral  ’sym- 
toins  induced  by  angio-neurotic  (odeina),  par  Kohsïhr  Kiînnisuy.  Arcfi.  o/  Neu- 
rology  and  Peycliialnj,  janvier  1920,  n»  1,  vol.  15. 

Kennedy  rappelle  la  très  grande  difliculté  de  faire  la  preuve  des  (ndèmes  localisés 
du  cortex  au  cours  de  l’évolution  de  la  maladie  de  Quincke.  Suivant  Cassirer  les  sujets 
atteints  de  la  maladie  de  Quincke  appartiennent  à  deux  groupes  de  malades,  les  uns 
comprennent  les  sujets  présentant  une  intoxication  simple,  chronique,  une  auto-into¬ 
xication  ou  une  infection,  et  qui  font  de  véritables  crises  d’anaphylaxie  (urticaire)  ; 
les  autres  appartiennent  au  groupe  des  sujets  ayant  une  hérédité  ou  un  terrain  névro¬ 
pathique  sans  que  l’on  puisse  mettre  en  évidence  une  cause  d’intoxication,  ce  sont 
en  général  des  vagotoniques.  En  réalité  on  devait  admettre  un  troisième  groupe 
de  sujets  qui  relèvent  des  deux  groupes  à  la  fois  :  état  de  choc  anaphylactique  i)ar 
une  protéine  connue  évoluant  sur  un  terrain  héréditairemeid,  angioneurotique.  Oppen- 
heiin,  Ullmann,  llandwerk  ont  rapporté  différentes  observations  de  malades  ayant 
présenté  des  poussées  d’ijcdème  localisé  du  type  de  la  maladie  do  Quincke  et  ipii  ont  tait 
des  accidents  cérébraux  convulsifs.  Kennedy  rapporte  les  observations  d’un  enfant  de 
2  ans  qui  à  chaque  attaque  d’urticaire  présente  des  crises  convulsives  épileptiformes 
no  lais.sant  aucune  séquelle  ;  ayant  été  désensibilisé  à  une  protéine  Urée  du  lait,  les 
crises  d’urticaire  disparurent  ainsi  que  les  crises  convulsives  ;  d’un  homme  atteint 
d’iDdèmo  facial  intermittent  avec  hémiplégie  concomitante  passagère  ;  d’un  homme  Agé 
de  28  ans  atteint  d’ccdème  lobaire  avec  crises  d’amaurose  passagère  ayant  apparu 
après  une  succession  de  crises  d’oMlèmes  localisé  des  membres.  Suit  une  discussion  où 
divers  auteurs  aiiportent  des  observations  similaires.  , 

(N.  d.  T.).  Si  ces  particularités  d’iedème  périphérique  localisé  et  accidents  cérébraux 
sont  intéressants  à  signaler,  il  n’en  reste  |)as  moins  vrai  ipie  ces  faits  ont  été  étudiés 
autrefois,  et  en  particulier  en  h'raiice  |)ur  Legendre,  Courtois-Sufllt,  Balliard,  thèse  de 
Calvé,  etc.).  E.  Tnnnis. 

La  dégénérescence  bépato-lenticulaire.  Etude  clinique  anatomique  et  expé 
rimentale,  par  Ivan  Maiiaim  (de  Lausanne).  Archiree  sninses  de  Neuroloyie  cl  de 
Pmychialrie,  1925,  vol.  1(1,  p.  252,  vol.  17,  p.  4.'i,  et  192(1,  vol.  17,  p.  283. 

Après  avoir  rafqielé comment  s’est  échaufaudéc  la  conception  île  la  dégénércsccneo 
bépato-lenticulaire  (Hall)  réunissant  dans  un  même  cadre  la  maladie,  de  Wilson,  la 


ANAL  YSES 


185 


pseudo-sclérose  de  Westphall-Slrümpell  cl  le  spasme  de  torsion,  l’auteur  rapporte 
un  cas  personnel  dont  voici  les  caractéristiques  brièvement  résumées. 

Chez  un  enfant  de  9  ans,  sans  antécédents  héréditaires  importants,  sont  apparus 
d  une  façon  rapidement  progressive  des  troubles  psychiques  sous  forme,  de  régression 
du  développement  mental  et  de  malpropreté  qui  ont  amené  son  internement.  L’en¬ 
fant  bave  parle  i)lus  rarement,  tremble  légèrement  et  pleure  facilement  même  sans 
■■aisons. 

Attitude  figée,  visage  inexpressif,  salivation  constante.  Hypertonie  généralisée 
®ans  paralysies  avec  réflectivité  tendineuse  exaltée,  pas  de  signes  de  lésions  des  voies 
Pyramidales.  Deux  ans  après  :  contracture  augmentée  et  lentement  variable  comme 
dans  l’athétose  :  la  bouche  no  peut  être  fermée  qu’à  moitié,  et  il  y  a  do  la  dysphagie 
6t  de  la  dysarthrio.  Peu  de  temps  après  surviennent  des  renforcements  paroxystiques 
de  la  contracture.  Mort  après  une  évolution  de  29  mois.  A  l’autopsie  foyer  de  ramol- 
'■ssemcnl  dans  les  deux  corps  striés  et  cirrhose  du  foie. 

L’examen  anatomique  a  montré  un  foyer  lacunaire  bilatéral,  symétrique,  dans  le 
ë'obus  pallidus  des  2  côtés,  des  lésions  hémorragiques  avec  lacunes  et  dépôts  pigmen" 
faires  dans  le  putamon  qui  paraît  réduit  de  volume.  L’anse  lenticulaire  a  semblé  pauvre 
fibres.  Pas  do  lésions  du  noyau  rouge  ni  du  corps  de  Luys.  Altérations  discrètes  des 
aellules  ganglionnaires  de  Pécore  cérébrale  et  prolifération  modeste  des  noyaux  névro¬ 
siques. 

L  auteur  estime  que  son  cas  peut  être  rapproché  de  la  maladie  de  Wilson,  par  le 
•'femblement  du  début,  l’hyperlonic  et  l’évolution  rapide,  et  du  spasme  de  torsion 


Par  les 


mouvements  alhétosiques  et  les  spasmes  en  extension  de  la  fin  de  l’évolution. 


L  l'apporte  ces  mouvements  alhétosiques  aux  lésions  pallidales  et  s’appuie  pour  ce 
ife  sur  les  observations  anatomo-cliniques  de  Jakob. 

L  passe  ensuite  en  revue  des  cas  récents  :  cas  de  Wimmer  de  pseudo-sclérose  sans 
aifrhose  hépatique  dont  le  diagnostic  lui  paraît  devoir  être  réservé,  cas  de  Westphall, 
assirer,  Richter,  de  spasmes  de  torsion  avec  lésions  du  striatum  ;  il  conclut  que  l’exis- 
ance  d’une  pseudo-sclérose  sans  cirrhose  hépatique  n’est  pas  démontrée. 

Pour  tenter  d’éclaircir  la  pathogénie  do  la  dégénérescence  hépato-lcnticulaire,  l’au- 
®ar  s’est  efforcé  de  produire  sur  des  chiens  des  lésions  chroniques  progressives  et  loca- 
as  au  foie,  par  des  injections  d’alcool  dans  les  voies  biliaires  fistulisées  et  abouchées 
a  la  paroi.  Deux  des  animaux  ont  eu  une  survie  appréciable,  31  et  79  Jours.  Chez  ces 
•ans  qui  n’ont  à  aucun  moment  présenté  do  signes  d’une,  dégénéralion  lenticulaire 
Progressive,  l’autour  a  trouvé  à  côté  de  lésions  hépatiques  (altérations  cellulaires 
portantes)  les  lésions  suivantes  du  système  nerveux  :  altérations  intenses  des  cel¬ 
as  nerveuses  encéphaliques,  avec  une  légère  prédominance  pour  l’écorce,  lésions 
''asculaires  et  névrogliques  particulières,  localisées  dans  les  noyaux  gris  centraux, 
alamus  et  noyau  caudé  principalement. 

Les  résultats  le  conduisent  à  aditiottre  la  priorité  de  la  lésion  hépatique,  et  à  dis- 
auter  l’hypothèse  d’une  fragilité  spéciale  dos  vaisseaux  du  corps  strié  pour  certains 
®86nts  nocifs.  Thevknard. 


cervelet 

la  façon  de  se  comporter  des  réflexes  toniques  et  de  quelques  réflexes  par 
excitation  thermique  du  labyrinthe  dans  les  lésions  asymétriques  du  cer- 
^®lot,  par  G.  SiMONELLi  et  A.  Di  Georgio.  Archives  ilalieniics  de  Biologie,  t.  75, 
2,  p.  91,  30  octobre  1925. 

Barany  avait  remarqué  que  les  individus  atteints  do  lésions  cérébelleuses  circons- 
arites  présentent  une  déviation  spontanée  de  l’index  dans  un  sens  et  l’abolition  de  la 


ANALYSES 


18:i 

déviation  provoquée  par  l’excitation  labyrinthique  dans  le  sens  opposé  ;  il  estimait 
que.  le  cervelet  était  le  siège  du  centre  des  réactions  labyrinthiques.  Magnus  et  Kleijn 
ont  par  contre  démontré  que  les  réactions  labyrinthiques,  sans  en  exclure  aucune, 
s’effectuent  alors  meme  que  le  cervelet  a  été  extirpé  complètement. 

En  vue  d’éclaircir  cette  contradiction,  les  auteurs  ont  exécuté  sur  des  chiens  et  sur 
des  chats  des  lésions  cérébelleuses  unilatérales  de  différente  importance,  depuis  la  des¬ 
truction  du  crus  primum  jusqu’à  l’ablation  de  la  moitié  du  cervelet.  Ils  ont  expéri¬ 
menté  sur  des  animaux  thalamiques  (décérébration  préthalamique)  et  mésencépha- 
liques  (décérébration  préniésencéphalique)  ;  les  animaux  au  méscncéphalc  lésé,  ne 
présentant  plus  les  asymétries  toniques  d’origine  cérébelleuse,  sont  inutilisables. 

Chez  les  animaux  thalamiques,  les  différentes  manifestations  toniques  prédominent 
les  unes  sur  les  autres  selon  leurs  différences  d’intensité.  Cette  prédominance,  fait 
essentiel,  explique  certaines  discordances.  Les  réactions  toniques,  en  procédant  des 
plus  faibles  aux  plus  fortes,  se  classent  ainsi  :  1”  réflexes  toniques  de  Magnus  et  Kleijn, 

asymétries  toniques  cérébelleuses,  3”  réflexes  de  redressement  et  réactions  défensives. 

Ces  derniers  phénomènes  sont  d’une  énergie  qui  supprime  les  réactions  plus  faibles 
des  doux  premiers  groupes  ;  celles-ci  ne  sauraient  donc  être  constatées  et  appréciées 
que  dans  l’état  do  passivité  complète  de  l’animal. 

Les  asymétries  toniques  cérébelleuses,  à  leur  tour,  sont  plus  énergiques  que  les 
réflexes  toniques  do  Magnus  et  Kleijn  ;  elles  abolissent  ou  diminuent  les  effets  du  ré» 
flexe  tonique  qui  tendrait  à  provoquer  l’asymétrie  de  forme  contraire,  de  sorte  que  celle- 
ci  n’est  jamais  atteinte  ;  ainsi,  lorsqu’une  lésion  cérébelleuse  aura  provoqué  la  flexion 
du  membre  antérieur  gauche  et  l’extension  du  droit,  jamais  le  réflexe  du  cou  ne  sera 
assez  fort  pour  détruire  complètement  cette  asymétrie  d’origine  cérébelleuse. 

Si,  au  contraire,  on  eidèvo  le  cervelet  dans  sa  totalité,  le  jeu  des  réflexes  toniques 
devient  régulier. 

Or  la  déviation  de  l’index  par  excitation  labyrinthique  est  do  l’ordre  d’intensité 
des  réflexes  toniques  ;  ce  phénomène  ne  saurait  surpasser  ou  détruire  les  asymétries 
toniques  d’origine  cérébelleuse. 

Soit  un  chat  rendu  passif  en  position  dorsale  ;  l’irrigation  thermique  d’un  labyrinthe 
détermine  l’asymétrie  tonique  des  membres  antérieurs  ;si  de  ce  chaton  lèse  le  crus 
primum  du  côté  opposé  .à  l’irrigation,  l’asymétrie  change  aussi  do  côté,  extension 
pour  flexion  et  flexion  pour  extension,  et  jamais  l’irrigation  renouvelée  n’effacera 
l’asymétrie  cérébelleuse  en  rétablissant  l’asymétrie  labyrinthique.  Les  conditions 
de  l’expérience  se  rapprochent  de  celles  dans  lesquelles  ôtait  placé  Barany  quand  il 
observait  le  défaut  de  la  déviation  provoquée. 

Les  données  de  fait  contradictoires  relevées  par  Barany  d’une  part,  par  Magnus  et 
Kleijn  d’autre  part,  tiennent  aux  conditions  différentes  dans  lesquelles  ils  obser- 
vai(mt  ;  l’un  étudiait  des  sujets  atteints  de  lésions  cérébelleuses  asymétriques,  les  au¬ 
teurs  hollandais  considéraient  des  animaux  amputés  de  la  totalité  du  cervelet. 

Le  défaut  de  lu  déviation  provoquée  (Barany)  ne  dépendait  pas  du  fait  que  le  centre 
de  la  réaction  vestibulaire  se  trouvait  détruit  par  la  lésion  cérébelleuse  ;  le  défaut  de 
la  déviation  dépendait  simplement  de  l’inqjossibilité  pour  cette  réaction  plus  faible 
d(^  vaincre  l’asymétrie  tonique  d’origine  cérébelleuse,  plus  forte. 

Les  procédés  séméiotiques  de  Barany  n’ont  rien  perdu  de  leur  valeur  pratique  quant 
au  dagnostic  et  à  la  localisation  des  lésions  cérébelleuses  ;  les  déductions  théoriques 
sont  seules  à  modifier.  On  ne  saurait  plus  soutenir  l’hypothèse  quo  ies  centres  vesti- 
bulaires  sont  situés  dans  l’écorce  du  cervelet  ;  ceci  d’ailleurs  ne  veut  pas  dire  que  le 
cervelet  ne  joue  pas  un  rôle  dans  les  réactions  vestibulaires  ;  au  contraire,  bien  que  le 
centre  tie  ces  réactions  soit  extra-cérébelleux,  l’intervention  cérébelleuse  oet  à  même 
do  les  modifier  profondément.  F.  Dbleni. 


ANALYSES 


187 


Un  cas  d’ostéome  du  cervelet,  par  M““>  A.  Siedlecka.  Neurologie  Polonaise, 
t.  8,  n»  3-4,  p.  294,  1925, 

Il  s'agit  d'un  nodule  calcifié,  de  la  grosseur  d'une  noisette,  trouvé  lors  de  l'autopsie 
d  une  octogénaire.  Le  nodule  osseux  plongeait  dans  la  substance  cérébelleuse,  au- 
dessous  de  la  pie-mère  normale  ;  il  était  situé  dans  la  région  médiane  du  lobe  semi- 
lunaire,  faisant  saillie  dans  l'angle  compris  entre  l'incisure  du  cervelet  et  la  fissure 
horizontale.  Les  ostéomes  de  l'encéplialo  sont  très  rares.  E.  F. 

Paralysie  fonctionnelle  de  l’élévation  du  regard,  avec  syndrome  cérébelleux 
Sauche  fruste  d’origine  encéphalitique  probable,  par  G.  Etienne,  L.  Ma¬ 
thieu  et  Gerbaut,  Soeiélé  de  Médecine  de  Nancy,  24  février  1920. 

Malade  de  49  ans,  atteinte  d'une  parésie  des  mouvements  associés  d’élévation  des 
deux  yeux.  Cette  paralysie  oculaire  de  fonction,  à  début  rapide  en  une  nuit,  à  part  une 
légère  déviation  vers  la  gauche  au  cours  de  la  marche,  constituait  toute  la  sympto- 
hiatologie.  Quelque  élévation  de  température,  un  léger  état  de  somnolence  ayant  duré 
Quelques  jours,  ainsi  qu’une  glycorachie  à  0,75,  firent  porter  le  diagnostic  d’oncé|)ha- 
lite  épidémique.  Celle-ci  est  une  grande  cause  des  paralysies  oculaires  de  fonction. 

E.  K. 

Moelle 

Contribution  au  diagnostic  différentiel  entre  les  tumeurs  médullaires  et  les 
tumeurs  paravertébrales,  par  Alberto  M.  Marque.  Peiiista  de  la  Soc.  de  Méd. 
interna  (Asociacion  méd.  argenlina),  t.  G,  n»  13,  p.  017-620,  novembre  1925. 

Cas  intéressant  par  l’étude  radiologique  (lipiodo-diagnoslic,  10  ligures)  qui  en  a 
é  faîte.  11  s’agissait  d'un  abcès  par  ostéite  costo-vertébrale  dont  les  jiarois  compri- 
•haient  la  moelle,  la  pénétration  s’étant  effectuée  par  l'espace  intervertébral  ehlre 
®  dixième  dorsale  et  la  onzième.  E.  Deleni. 

"humeur  de  la  moelle  développée  sans  phénomènes  douloureux  et  sans  trou¬ 
bles  de  la  sensibilité,  avec  relation  d’im  cas,  jmr  Robert  I.ec  Glass  (ite  Anii 
Arbor,  Mich).  American  J.  oj  Ihc  med.  Sciences,  t.  171,  n»  4,  p.  552,  avril  1920. 
Paraplégie  .spasmodique  et  contracture  iiarétiquc  des  membres  supérieurs  chez  une 
be  fille  de  15  ans  ;  Jamais  de' douleurs,  pas  do  troubles  de  la  sensibilité.  Le  lipiodo- 
'®gnoslic. localise  une  tumeur  do  CO  à  1)3.  Opération:  psammone  extra-dural.  La 
tourte  durée  des  paralysies  et  les  premiers  résultats  acquis-  font  porter  un  pronostic 

TiiOMA. 

Contribution  à  l'étude  du  radiodiagnostic  lipiodolé  sous-arachnoïdien,  par 

H.  Beniciiou.  Thèse  d'Alger,  1920, 

Travail  basé  sur  5  observations  nouvelles  (avec  reproductions  radiographiques) 
oonfirmantla  liante  valeur  de  ce  procédé  de  contrôle  dans  les  compressions  médul- 

Uos  métastases  du  goitre  dans  le  canal  rachidien  (en  russe),  par  Z. -Z.  Zounif:. 
•Journal  nevrnpalologhii  y  psychialrii  imeni  S. -S.  KnrsaUova,  t.  18,  n»  3-4,  p.  43- 
49,  1925. 

âgée  de  00  ans,  était  entrée  à  l’hôpital  pour  paraplégie  spasmodique 
®  diagnostic  posé  envisageait  l’existcnco  d'une  tumeur  extra-durale  de  la  moelle.  A 


188 


A  y  AI.  Y  S  HS 


l’DpùraliDii,  on  consLnla,iiu  luvoanilolailoiixièma  et  ilola  Iroisièmo  verlèliro  thoracique^ 
une  luincnr  silure  sur  la  durc-mèro. 

L’cxamcn  hislolof'iqiic  montra  nnc  métastase,  de  structure  normale,  de  la  thyroïde. 
11  y  a  environ  .30  ans,  la  malade  remarqua,  pour  la  première  fois,  une  hypertrophie  du 
lobe  droit  de  la  thyroïde.  Depuis  lors,  l’ètat  restait  stationnaire  jioiir  s’aggraver  une 
année  avant  rinte.rv'ontion  chirurgicale.  A  ce  moment,  une  douleur  entre  les  omo¬ 
plates  inaug\ira  une  série  de  symptômes  :  grande  fatigue,  constipation,  rétention 
d’urine,  douleurs  dans  les  jambes  et,  enfin,  paraplégie  si)asmodiqne. 

G.  IcnoK. 


Contribution  à  l’étude  de  la  pseudo-sclérose  (en  russe),  ])ar  U.-G.  Zestciienko. 

Soiiremcnnaïa  Psi/choneurologhia,  t.  I,  n“  2,  p.  11-17,  192(5. 

Ghez  une  malade  âgée  de  18  uns,  et  atteinte  de  la  iisemlo-sclérosc  décrite  par  West-  ' 
])hal,  lespremi(!rs  signes  morbides  avaient  fait  leur  apparition  ii  y  a  0  ans.  On  constate 
actuellement  des  accès  épileptiformes,  un  ralentissement  du  langage  sans  scansion 
de  la  parole  et  une  expression  figée  du  visage  rappelant  un  masque.  La  musculature 
de  la  tête  et  des  membres  est  tlouée  d’un  tremblement  oscillatoire  qui  se  renforce 
à  tout  mouvement  actif,  et  qui  diminue  à  l’état  de  repos. 

A  l’examen  du  sang,  on  enregistre  une  lymphocytose  prononcée  (42  %).  On  se  trouve 
également  en  présence  d’une  hypercalcémie.  Sur  100  cmc.  du  sérum,  examiné  d’après 
la  méthode  de  Clark,  on  note,  pour  le  calcium,  le  chiffrcî  12,8.  On  serait  ainsi  tenté 
d’inter|)réter  la  pseudo-sclérose  comme  le  résultat  d’un  trouble  d’ordre  chimique.  H 
n’est  toutefois  pas  exclu  qu’à  l’origine  du  mal  se  trouve  une  lésion  du  corps  strié. 

G.  ICHOK. 

Sur  l’histopathologie  de  la  maladie  de  Charcot,  par  K.  OnzrxnowsKi  et  L. 
l’nnY,  Neurotiji/ie.  Polonaise,  l.  8,  n»  3-4,  p.  19(5,  1925. 

Les  auteurs  signalent  hi  prolifération  constante  des  cellules  do  llortega  dans  l’écorce 
e.érébrale  et  <lans  la  substance  grise  de  la  moelle  ;  cette  i)rolifération  est  surtout  niar- 
(piée  dans  les  cas  à  évolution  aiguë.  11  existe  d’autre  part  une  dégénérescence  spéciale 
des  cellules  motrices  de  la  moelle  qui  se  caractéris(!  par  l’iedème  du  corps  cellulaire  cl 
de  ses  |)rolongements,  et  diffère  des  chromatolysi^s  ordinaires.  Les  altérations  intéres¬ 
sent  tonjonrs  toute  la  substance  grise  de  la  moelle  y  compris  les  colonnes  de  Clarke  et 
jusqu’à  un  certain  degré  la  substance  gélatineuse  de  Holando  ;  les  cornes  antérieures 
l)résentent  toutefois  les  altérations  de  beaucoup  les  plus  accentuées.  L’origine  pro- 
babhunent  inflammatoin^  de  l’affection  explique  pourquoi  l’on  trouve,  à  côté  des  dégé¬ 
nérescences  systématiques  princi|)alns,  des  altérations  disséminées  donnant  lieu  à 
l’appanmce  de  la  dégénération  dite  transnenronale.  E.  IC 

Sur  un  cas  de  syringomyélie  à  la  suite  d’un  accident  de  travail  (en  polonais), 
parC.  Mikulski.  Nowiny  PsyclUalrijezne,  t.  2,  n»  4,  p.  295-299,  1925. 

Trois  m(ns  après  un  accident  de  travail  au  pied  chez  un  ouvrier  âgé  de  20  ans,  on 
constata  des  signes  de  syringomyélie.  D’après  l’autenr,  il  y  a  lieu  d’admettre  une  re¬ 
lation  de  cause  à  idfet  entre  l.i  malailie  neurologique  et  l’accident.  Ce  dernier  aurait 
moliilisé  le  [irocessus  morbidi'  qui  existait  à  l’état  latent.  G.  IcnoK. 

Une  erreur  diagnostique  excusable.  Syringomyélie,  [lar  Vlad.  Vonuiiachk  (do 
Pragne).  Prahliclqj  lekar,  n"  12,  1925.  . 

Un  cas  de  syringomyélie  présentant  l’aspect  d’une  ostéomalacie. 


ANALYSI-S  189 

Myosis  tabétique  et  glaucome  chronique,  par  N.  Laühange  et  A.-M.  Dartin. 
Société  d' Ophtalmologie  de  Paris,  2ü  mars  1920. 

11  s’agit  d’une  femme  de  41  ans  alleinlc  de  glaucome  à  liyperlension  constante  qui 
s’est  constitué  depuis  2  ans  sans  modifier  le  myosis  installé  chez  elle  depuis  de  nom¬ 
breuses  années.  Ce  myosis,  qui  n’est  pas  modifié  par  les  variations  d’éclairage  ou  par 
les  mouvements  oculaires  ou  palpébraux,  apparaît  comme  étant  le  fait  de  lésions 
slrophiques  de  l’iris.  Ces  lésions  atrophiques  prél'ormées,  sur  rimi)ortance.  desquelles 
Dupuy-Dutemps  a  appelé  l’attention,  paraissent  avoir  été  l’obstacle  principal  à  la 
'hydriase  glaucomaleuse.  Le  myosis  n’a  pas  mis  cette  malade  a  l’abri  du  glaucome. 

M.  Dupuy-Dutemps.  Cette  observation  est  une  nouvelle  confirmation  des  caractères 
de  la- signification  de  l’atrophie  irienne  spéciale,  liée  au  signe  d’Argyll  Robertson, 
l’auteur  a  décrite  en  1905,  et  qui,  avec  d’autres  signes  pupillaires,  permet  d’assi, 
Sfier  un  siège  périphérique  à  la  lésion  causale  de  ces  troubles  réflexes  de  la  pupillc- 
L’expression  de  «rigidité  pupillaire  »  est  absolument  inexacte.  L’iris  n’est  pas  rigiiie, 
'hais  bien  inerte,  ayant  perdu  tout  ou  [lartic  de  sa  contractilitié.  C’est  donc  inertie 
""‘enne  ou  pupillaire  qu’il  faut  dire.  E-  l’’- 

l^risos  gastriques,  symptôme  d’alarme  du  tabes,  par  Georges  Cauvy.  Bulletin 
de  la  Soeiété  de  Médecine  de  Paris,  n“  7,  p.  245,  9  avril  1920. 

11  s'agit  d’une  malade  ayant  commencé  à  présenter  les  crises  gastriques  trois  ans 
hvant  que  tout  autre  signe  du  tabes  ait  fait  son  apparition  ;  Charcot  avait  déjà  attiré 
1  attention  sur  les  crises  gastriques  symptôme  d’alarme  du  tabes  ;  la  question  est  de 
pouvoir  reconnaître  comme  tabétiques  des  crises  gastriques  isolées.  E.  E, 

*l*»afection  syphilitique  et  tabes,  par  Poirieh  (iV Anvers],  Bruxelles  Médical,  anQ, 
n<>2.3,p.  065,  4  avril  1920. 

Chancre  et  roséole  chez  un  tabétique  de  44  ans  avec  fixation  du  tabes  sur  le  nerf 
optique.  E.  E. 

tabes  enCochinchine.  par  E.  Mutais,  Société  dePalhulogie  exotique,  10  février  1926. 
Le  tabes  passe  pour  exceptionnellement  dans  la  race  annamite.  Or  M.  Motais,  à 
’o  clinique  de  Cholon,  a  pu  recueillir  en  peu  de  temps  toute  une  série  de  cas  typiques, 
ce  qui  prouve  que  le  tabes  avait  jusqu’ici  peu  été  recherché  chez  les  Annamites. 

E.  E; 

^attribution  à  l’étude  des  myéloses  funiculaires  (en  russe),  par  E.-A.  Bogorad. 
'Journal  nevropalologhii  y  psi/chialrii  imeni  S.-S.  Korsakova,  t.  18,  n»  3r4,  p.  33- 
«,  1925. 

Description  d’un  cas  (homme  âgé  dç  40  ans),  chez  lequel  l’anémie  pernicieuse  pourrait 
^''oir  joué  un  rôle  comme  facteur  étiologique,  dans  le  développement  de  la  myélose 
'oniculaire.  C.  IciiOK. 

Caractères  cliniques  et  anatomo-pathologiques  de  la  poliomyélite  antérieure 
aiguë  chez  l’adulte  (en  russe),  par  E.  Kononova,  Journal  nevropalologhii  y  psy- 
ohialrii  imeni  S.-S.  Korsakova,  t.  18,  n°  3-4,  p.  21-31,  1925. 

Une  femme,  âgée  de  21  ans,  présenta  tous  les  symptômes  de  poliomyélite  anté- 
'■‘cure.  Le  diagnostic  a  été  ensuite  confirmé  à  l’autopsie.  Le  tableau  anatomo-palho- 
ogique  était  le  même  que  chez  l’enfant,  avec  le  maximum  des  lésions  dans  les  régions 
■embaires  et  sacrées.  Les  phénomènes  d’inflammation,  décelés  dans  les  parties  cervi- 
'»'es  et  dorsales  de  la  moelle  épinière,  étaient  relativement  peu  intenses. 


ANALYSES 


1‘.:0 

L’analyse  île  riiisloire  de  la  inalailie  fait  remonter  le  début  de  l'aflection  à  une  date  ! 
antérieure,  il  y  a  Kl  ans.  A  ce  moment,  le  virii.s  provoqua  les  premiers  symptômes  j 
aigus  jiour  occasionner,  ensuite,  de  temps  à  autre,  des  poussées  nouvelles. 

G.  IcnoK.  ■: 

Pseudo-signe  de  Kernig  dans  la  paralysie  infantile,  par  L.  MonQuio  (de  Monte- >  è 

video).  Arc.hwes  de,  Médecine  des  linlanls,  t.  29,  n"  4,  j).  209-214,  avril  192G. 

Le  pseudo-kernig  appartient  aux  formes  douloureuses,  observées  avec  une  grande 
fréquence  par  l’auteur  ;  ce,  syndrome  douloureux  est  utile  à  bien  connaître,  car  il  ‘ 
met  sur  la  voie  du  diagnostic  et  évite  les  contusions  possibles  avec  les  états  . 
méningés.  E.  F.  • 

Electrodiagnostic  et  électrothérapie  dans  la  paralysie  consécutive  à  la  polio-  ■; 
myélite,  par  Richard  Kovacs  (de  New-York).  J.  o/  Ihc  American  med.  Associa-  < 
lion,  t.  8Ü,  n”  11,  p.  741,  13  mars  1920. 

Exfiosé  des  techniques  à  sinvre  et  observations.  Les  courants  électriques  agissant 
à  la  façon  de  l’impulsion  physiologique  sont  très  capables  de  restaurer  la  perle  de  pou-  -, 
voir  musculaire  consécutive  à  la  poliomyélite  ;  les  courants  de  basse  tension  à  varia- 
lions  rythnnques  sont  les  plus  ctllcaees.  11  no  faut  jamais  commencer  un  traitement  j 
électrique  sans  une  épreuve  préliminaire  attentive.  Nul  cas  n’est  trop  ancien  pour  ? 
ne  pas  bénélicicr  d’une  éleclrothérapio  ajipi-irpiée  ;  plus  précoce  est  le  traitement  après 
la  période  aiguë,  meilleurs  sont  les  résultats  ;  technique  précise  et  persévérance  sont 
les  gages  du  succès.  Tiioma. 

Paralysie  infantile.  Pwalysie  du  quadriceps  ;  transplantation  du  couturier  > 
sur  la  rotule,  par  Fkœuch.  Société  de  Médecine  de  Nancy,  24  février  1926. 
Présentation  d’une,  petite  fille  do  3  ans  1/2,  atteinte  de  paralysie  infantile  depuis 
l’âge  d’un  an.  Première  iqiéralion  :  redressement  du  genou  légèrement  fléchi.  Deuxième 
opération  :  le  couturier  est  dégagé  depuis  son  insertion  sur  le  tibia  ;  il  est  passé  dans  un  -» 
tunnel  sous-cutané  jusqu’au  bord  supérieur  de  la  rotule;  là,  il  entre  dans  une  bouton- 
inèro  du  quadricejis  au  rus  de  la  rotule.,  à  laquelle  il  est  llxé  par  deux  crins  de  Florence,  y 
Appareil  plâtré  ;  3  mois  ajirès  l’opération,  la  marche  devient  possible.  E.  F.  • 

Sur  un  cas  de  paralysie  infantile  traitée  par  la  radiothérapie  médrUlaire  et  j 
la  galvanisation,  iiar  H.  DiinéuAT.  Société  de  Médecine  et  de  Chirnryie  de  Bor- 
deawr,  19  mars  1920.  ( 

11  s’agit  d’une  fillette  de  3  ans  1/2  atteinte  de  paralysie  infantile  du  type  flasque  des 
deux  membres  inférieurs.  Le  traitement  a  comporté  trois  séances  d’irradiation  de  -■.j 
10  minutes  et  trois  autres  de  15  minutes  à  un  intervalle  de  20  jours,  au  niveau  du  ren- 
flemcnt  lombaire  de  lu  moelle.  Très  rapidement,  sous  l'influence  de  ce  traitement 
ainpicl  fut  associée  la  galvainsation,  la  maladie  a  régressé  avec  une  rapidité  inac-  .; 
couLumée.  ' 


Contribution  à  la  physiothérapie  de  la  paralysie  infantile.  Les  rayons  ultra-  / 
violets,  par  Lodovico  Ahmani.  ftagyi  ultraviolctti,  t.  2,  n”  2,  p.  46,  février  1926.  é 
Il  ressort  des  idjservations  de  l’auteur  que  les  rayons  ultraviolets  apportent  une  aide  ^ 
efficace  à  l’électrothérapie  et  à  la  roentgonthérapie  de  la  poliomyélite. 

F.  Deleni. 


ANALYSES 


Le  traitement  physiothérapique  de  la  paralysie  infantile.  Etat  actuel  de  la 
question,  par  Gonnet.  Loire  médicale,  mars  1926,  p.  117. 

Revue  générale  des  méthodes  actuellement  utilisées  (Radiothérapie,  Diathermie, 
Courant  continu,  etc.).  Pierre  P.  Ravault. 

Quelques  propos  d’actualité  sur  les  traitements  électroradiologiques  dans 
la  paralysie  infantile,  par  A.  Laquerrière.  Journal  de  Médtc'nc  de  Paris,  t.  46, 

U"  16,  p,  331,  19  avril  1926. 

Hiatus  lomho-sacré  en  forme  de  spina  bifida,  par  Pinat.  Société  de  Médecine, 
de  chirurgie  et  de  Pharmacie  de  Toulouse,  5  février  1925. 

Observation  d’hiatus  lombo-sacré,  interprété  d’abord  comme  fracture  de  la  5'  lom¬ 
baire,  chez  un  blessé  qui  avait  fait  une  simple  chute  en  arrière.  A  ce  sujet,  l’auteur 
étudie  les  relations  possibles  entre  ces  hiatus  lombo-sacrés  et  les  algies  lombaires. 

11  parait  établi  que  le  spina  bifida  est  physiologique  chez  l’enfant  jusqu’à  7  ans  ;  chez 
l’adulte,  l’hiatus  lombo-sacré  est  si  fréquent  qu’il  doit  apparaître,  non  comme  une 
anomalie,  mais  comme  une  simple  variation;  la  proportion  de  ces  hiatus  est  de  32  %; 
ainsi  un  tiers  d’entre  nous  sont  porteurs  d’un  rachischisis,  ne  s’en  doutent  pas,  et  ne 
»’en  portent  pas  plus  mal.  Les  algies  lombaires  liées  à  cette  malformation  congénitale 
P«uvent  être  aggravées  parle  traumatisme  dans  l’esprit  de  la  loi  de  1898,  mais  la  neuro- 
l'adicuHie  caractérisée  par  des  troubles  moteurs  et  sensitifs  doit  être  établie  pour  servir 
base  au  calcul  d’une, incapacité  permanente  partielle.  E.  F. 

Les  formes  douloureuses  du  spina  bifida  occulta  lombo-sacré,  par  MM.  G.  Rœ- 
derer  et  F.  Lagrot  (d’Alger).  Presse  médicale,  ii“  36,  p.  565,  5  mai  1926. 

Un  grand  nombre  d’algies  du  rachis  et  des  membres  inférieurs,  dont  la  cause  est 
«bscure,  doivent  être  rattachées  au  spina  bifida  occulta. 

La  forme  de  la  douleur  et  son  cortège  de  symptômes  permettent  de  distinguer  : 
“'i  type  algique  à  irradiations  plus  ou  moins  lointaines,  un  type  pseudo-pottique, 
type  simulant  l’Insuffisance  vertébrale. 

Les  auteurs  décrivent  cos  différentes  formes,  envisagent  la  pathogénio  des  douleurs 
6t  indiquent  les  modes  utiles  do  traitement.  E.  F. 

un  nouveau  cas  d’intervention  pour  spina  bifida  occulta  à  forme  doulou¬ 
reuse,  par  Cotte  et  Roland.  Société  de  Chirurgie  de  Lyon,  5  novembre  1925. 
Lyon  chirurgical,  1926,  p.  81. 

Méninges 

Méningite  à  méningocoques  ayec  guérison  chez  un  enfant  de  sept  ans,  par 

•James  M.  SturTevant.  Journal  o/  lhe  American  medicJ  Association,  t.  86,  n”  19, 
P-  1.436,  8  mai  1926. 

Las  remarquable  par  le  peu  d’importance  des  symptômes  méningés  ;  le  blocage 
complet  du  canal  spinal  rendit  nécessaire  sept  injections  de  sérum  dans  la  grande 
«‘terne.  L’enfant  à  peine  guéri  de  sa  méningite  supporta  parfaitement  une  broncho- 
Pïieumonie  pneumococcique.  Thoma. 

Hoquet  persistant  au  cours  d'une  méningite  tuberculeuse,  contribution  à 
l’étude  de  la  localisation  des  lésions  du  hoquet,  par  L.  Langeron,  J.  De- 
chaume  et  Ch.  l’ÉTOURAUD.  Prfissc  médicale,  n°  29,  p.  455,  10  avril  1926. 

U  s’agit  d’un  tuberculeux  qui,  nu  décours  d’une  méningite  typique,  présenta 


I!J^  ANALYSES 

(lu  hoqiinl  persistant.  L’oxamon  histologique  du  système  nerveux  central  montra,  à 
côté  (1((  lésions  méningées  (>t  corticales  habituelles,  une  [(rédominance  nette  des  alté¬ 
rations,  (01  particulier  cellulaires,  au  niveau  de  la  région  cervicale  correspondant  aux 
origines  du  phrénique.  Ses  origines  en  effet  sont  situées  entre  C"  ((t  G“  ;  d’a[)rès 
l’arhon  et  Goldstein,  G’  G*  d’ajirès  Kohnstamrn  et  Sarro,  G''  G*  d’après  Mari- 

Uans  1(!  hoqu((t  épidémique,  d’autre  part,  toutes  les  fois  qu’elle  a  été  examinée, 
la  miielle  cermcale  r.l  parliculUremenl  la  région  motrice  correspondanl  aux  origines  du 
phrénirpie  [VA  VA)  a  été  trouvée  atteinte. 

Il  semhie  donc  qu’à  la  notion  de  la  localisation  bulbaire  du  hoquet,  on  puise  substi¬ 
tuer  celle  d’uiu!  localisation  médullaire  :  lésion  irritative  au  niveau  de  G‘  C‘.  La  (piestion 
dépasse  du  reste  le  point  de  vue  du  hoquet,  pour  embrasser  celui  des  myoclonies  en 
général,  pour  l’origine  desquelles  régnent  actuellement  deux  opinions  :  localisation 
corticale  ou  médullaire. 

L’observation  actuelle  vient  à  l’appui  de  l'origine  médullaire  cervicale  de  la  myo¬ 
clonie  diaphragmalique,  et  par  extension  de  l’origine  médullaire  des  autres  myoclonies  ; 
le  point  demeure  en  suspens  de  savoir  si  la  lésion  doit  intéresser  les  racines  ou  les  cel¬ 
lules  radiculair(is,  les  deux  formations  étant  envahies  dans  les  observations  publiées. 
Le  caractère  irritatif  de  la  lésion  semble  a  priori  nécessaire,  mais  ce  caractère  semble 
bien  difficile  à  reconnaître  histologiquement,  puisqu’on  voit,  dans  l’observation  de 
Kahn,  Barbier  et  Bertrand,  des  lésions  identiques  étendues  en  hauteur  donner  des 
signes  d’excitation  (myoclonie)  au  niveau  des  origines  du  phrénique  et  des  signes  de 
déficit  (parésie)  au  niveau  des  origines  du  plexus  brachial.  Tout  n’est  donc  pas  encore 
éclairci. 

Quoi  qu’il  en  soit,  ce  double  point  de  vue,  rareté  du  hoquet  dans  la  méningite  tu- 
b(îrculeuse,  localisation  médullaire  cervicale  des  lésions  responsables  du  hoquet, 
légitimaient  la  publication  de  l’observation  ci-dessus.  E.  P. 


Méningite  tuberculeuse  subaiguë  chez  un  nourrisson  bboxb  réaction  cytolo¬ 
gique  du  liquide  céphalo-rachidien  ;  essai  d’interprétation,  par  Caussade  et 

GrRAnu.  Société  de  Médecine  de  Nancy,  16  mars  1926. 

Observation  d’un  enfant  de  11  mois  mort  en  4  jours  de  méningite  tuborculouso  à 
forme  convulsive,  et  dont  l’autopsie  montra  les  lésions  méningées  basilaires  typiques, 
avec  chancre  d’inoculation  pulmonaire  ert  granulic  généralisée. 

Le  liquide  céphalo-rachidien  était  hyperalbumineux  mais  sans  aucune  réaction 
cellulaire  ;  pas  de  bacilles  tuberculeux. 

Après  avoir  rappelé  la  rareté  d’une  telle  constatation,  les  auteurs  envisagent  et 
discutent  les  diverses  interprétations  pathogéniques  possibles  (sédimentation  lympho¬ 
cytaire,  cloisonnement  sous-occipital,  coagulation  intra-rachidienne)  et  admettent 
que  l’absence  de  lymphocytes  traduit  soit  une  infection  atténuée,  soit  au  contraire 
une  tubercidisation  suraiguë  ayant  paralysé  les  défenses  de  l’organisme.  Ce  fut  le  cas 
du  petit  malade. 

S’appuyant  sur  ce  fuit,  ils  montrent  que  l’analyse  cytologique  no  permet  pas  tou¬ 
jours  d’établir  le  diagnostic  de  méningite  tuberculeuse  et  qu’il  convipntde  faire  appel 
aux  recherches  biologiques  dans  le  liquide  céphalo-rachidien,  notamment  à  la  dévia¬ 
tion  du  complément  et  à  la  réaction  du  benjoin  colloïdal.  E.  F. 


Que  faire  en  présence  d’une  méningite  tuberculeuse  ?  par  E.  Apeut.  Monde 
médical,  t.  36,  n»  685,  p.  425,  15  avril  1926. 


ANAL  YSES 


193 


NERFS 

Traitement  chirurgical  de  la  névralgie  du  trijumeau,  par  ADSON(de  Rocliester), 
VII>  Congrès  de  la  Société  inlernalionale  de  Chirurgie,  Rome,  7-10  avril  1926  . 

Etude  sur  le  diagnostic  et  le  traitement  chirurgical  de  la  névralgie  du  trijumeau. 

E  autour  passe  en  revue  la  littérature  médicale  de  cette  question,  discute  l’étiologie, 
'a  symptomatologie,  le  diagnostic  différentiel,  le  traitement  palliatif  (injections  d’al- 
cool,  arrachement  des  branches  périphériques  du  nerf),  enfin  expose  les  résultats 
obtenus  après  l’opération  radicale  par  section  de  la  racine  sensitive  du  ganglion  de 
Gasser  avec  conservation  de  ja  racine  motrice.  Il  montre  d’après  une  série  de  6  à 
700  cas  observés  et  traités  à  la  clinique  Mayo  la  complexité  du  diagnostic  ;  il  dégage 
les  indications  respectives  des  injections  d’alcool  et  de  la  neurotomie.  Il  décrit  égale- 
niont  les  complications  opératoires,  les  séquelles  et  les  résultats  obtenus. 

Au  cours  de  cet  exposé,  l’auteur  précise  sa  technique  personnelle  et  fait  passer  sur 
'  écran  cinématographique  une  série  de  figures  impressionnantes  (malades  on  crises) 
Suivie  d’une  série  réconfortante  de  visages  sereins  (les  mêmes  malades  après  inter¬ 
vention).  E.  F. 

Un  nouveau  signe  de  diagnostic  de  la  paralysie  faciale,  l’abolition  du  réflexe 
palmo-mentonnier  (Marinesco-Radovici,  par  A.  Radovici.  Rmse  médicale,  n’‘29, 
P.  45.3,  10  avril  1926.  . 

Le  réflexe  palmo-mentonnier,  dont  le  nom  rappelle,  la  zone  réflexogène  et  la  zone  do 
'■éaction,  est  un  mouvement  réflexe  d’ascension  de  la  moitié  du  menton,  produit  par 
*  excitation  de  la  face  palmaire  de  la  main  correspondante  et  surtout  de  la  région  Ihéna- 
tionne. 

Ehez  un  malade  qui  présente  une  paralysie  faciale  :  1°  la  persistance  ou  l’exagéra- 
tion  du  réflexe  palmo-mentonnier  du  côté  malade  indique  une  lésion  centrale  ;2“  l’ab¬ 
sence  du  réflexe  du  côté  malade  avec  persistance  du  côté  sain,  indique  une  paralysie 
périphérique  ;  3”  l’inexistence  du  réflexe  des  deux  côtés  ne  peut  fournir  aucune  indi- 
<x>Uon,  pouvant  être  observée  chez  les  individus  normaux  ;  4“  la  présence  du  réflexe 
palmo-mentonnier,  des  deux  côtés,  chez  un  malade  avec  paralysie  faciale,  indique  une 
lésion  centrale.  E.  F. 

Paralyg(Se  bilatérale  isolée  du  nerf  glosso -pharyngien  due  à  la  syphilis  céré- 
brale,  par  Bernard  J.  Alpers  (do  Philadelphie).  American  Journal  oj  lhe  medical 
Sciences,  vol.  171,  n»  5,  p.  740-744,  mai  1920. 

1)  s’agit  d’un  homme  do  63  ans  ayant  do  la  difficulté  à  avaler  la  nourriture  solide 
■at  chez  qui  le  goût  est  conservé  sur  le  tiers  postérieur  delà  langue.  Aucun  nerf  crânien 
■sutre  que  le  glosso-pharyngicn  ^’est  intéressé.  Cette  paralysie  du  glosso-pharyngien 
<lisparut  sous  l’influence  du  traitement  spécifique.  La  lésion  syphilitique  portait  pro¬ 
bablement  sur  le  noyau  dorsal  ou  le  noyau  ambigu.  Thoma. 

Un  cas  de  «  syndrome  du  trou  déchiré  postérieur  »,  par  N.  Bourgeois  et 
Debidoub,  Sociélé  de  Laryngologie  des  Hôpitaux,  10  mars  1926. 

La  paralysie  des  3  nerfs  est  incomplète.  Les  éléments  touchés  sont  ;  la  branche  in- 
terne  (lu  XI  (voile,  larynx)  ;  la  branche  motrice  du  IX  (constricteur  du  pharynx)  ; 
^0  rameau  auriculaire  du  X  (réflexe  tussigène  du  conduit  auriculaire  aboli,  du  côté 
atteint  seulement).  Sont  respectés  :  la  branche  externe  du  XI  ;  la  branche  sensitive 
IX  ;  la  majeure  partie  du  X.  La  localisation  est  probablement  radiculaire,  on  raison 
•le  cette  dissociation.  Etiologie  dans  ce  cas  absolument  inconnue.  E.  F. 

revue  NEUIIOLOGIQUE.  —  T.  II,  N»  2,  AOUT  1926  13 


194 


a:^al  y  s  es 


Injections  d'alcool  dans  le  tissu  des  nerfs  pour  soulager  les  douleurs,  par  George 
l.  SwETLOv/.  American  Journal  of  Ihe  medical  Sciences,  t.  171,  n»  3,  p.  397-407, 
mars  1920. 

L'auteur  a  injecté  de  l’alcool  dans  les  nerls  dans  les  cas  les  plus  divers  pour  calmer 
des  malades  qui  souffraient  atrocement.  Douleurs  laryngées  et  pleurétiques  de  la 
tuberculose,  céphalées,  crises  gastriques  du  tabes,  douleurs  des  maladies  du  cœur 
prurit  anal,  etc.,  ont  pu  éprouver  l’effet  apaisant  d’une  méthode  à  objectif  limité. 

Thoma. 

SYMPATHIQUE 

Les  données  générales  de  la  pathologie  du  sympathique,  par  L.  Bard.  Journal 
de  Médecine  de  Lyon,  20  janvier  1926,  p.  31. 

1“  La  compréhension  exacte  de  la  physiologie  générale  du  sympathique  est  la  préface 
indispensable  de  la  compréhension  de  sa  pathologie.  L’équilibre  des  fonctions  végé¬ 
tatives  ne  repose  pas  comme  on  l’admet  généralement  sur  un  antagonisme  constant 
entre  le  grand  sympathique  excitateur  de  ces  fonctions  et  le  para-sympathique  qui 
les  inhibe.  L’opposition  entre  ces  deux  systèmes  doit  être  placée  sur  le  terrain  de  la 
spécialisation  fonctionnelle  plutôt  que  sur  celui  de  l’excitation  et  de  la  modération 
des  mêmes  fonctions.  Il  y  a  en  effet  dans  toute  fonction  organique  deux  phases  oppo¬ 
sées  et  complémentaires,  qui  se  succèdent  alternativement,  qui  sont  toutes  les  deux 
actives,  quoique  de  signe  contraire  et  aussi  nécessaires  l’une  que  l’autre  à  l’accomplis¬ 
sement  do  la  fonction.  Ces  deux  phases  relèvent  non  de  la  lutte  de  centres  excitateurs 
ou  inhibiteurs  communs  aux  deux  phases,  mais  de  la  collaboration  de  centres  spéciaux 
fl  chacune  d’elles,  conjugués  et  solidaires,  excitateurs  et  inhibiteurs  réciproques.  Los 
réceideurs  périphériques  du  sympathique  sont  également  sensibles  aux  deux  direc¬ 
tions  opposées  do  leur  excitant  spécifique,  mais  les  réflexes  qui  en  émanent  inver¬ 
sent  le  sens  do  leurs  effets  avec  le  changement  de  signe  do  cet  excitant.  L’auteur 
illustre  cet  exposé  théorique  d’exemples  concrets  empruntés  è  la  physiologie  nor- 

2»  Dans  la  palhologie  du  sympathique,  tous  les  symptômes  observés  ne  font  que  tra¬ 
duire  les  perturbations  variables  de  ces  réflexes  fonctionnels  biphasés.  Hyper  ou 
hypo-excilabilité  globale,  exagération  ou  insuffisance  do  l’une  des  phases,  blocage 
plus  ou  moins  prolongé  de  la  fonction  par  la  persistance  indéfinie  de  l’une  des  phases, 
tels  sont  les  jirincipaux  mécanismes  palhoyéniques  qui  expliquent  les  troubles  observés. 
D’ailleurs  les  causes  morbides  qui  provoquent  ces  perturbations  ne  diffèrent  en  rien 
de  celles  qui  interviennent  dans  la  pathologie  du  système  cérébro-spinal.  Ici  comme 
là  on  retrouve  des  troubles  fonctionnels  plus  ou  moins  sine  maleria  et  des  lésions  orga¬ 
niques  (infectieuses,  exo  ou  endotoxiques,  diathésiques)  qui  peuvent  porter  tantôt  sur 
les  éléments  nerveux  eux-mêmes,  tantôt  sur  l’organe  ou  le  viscère  auquel  ces  éléments 
nerveux  sont  annexes. 

Dans  la  classificalion  des  syndromes  sympathiques,  il  faut  distinguer  d’une  part  ceux 
qui  représentent  des  rnahulies  générales  de  ce  système  (vagotonies,  sympathicotonies 
t;l  neurotonies)  et  dont  on  a  certainement  exagéré  l’importance,  d’autre  part  les  ma" 
ladies  sympathiques  locales  de  beaucoup  les  plus  intéressantes.  Ces  maladies  locales 
résultent  de  la  localisation  des  troubles  au  domaine  d’un  appareil,  ou  d’une  région 
vasculaire  ou  d’un  organe  défini  (glande  endocrine  ou  autre). 

Au  point  de  vue  de  la  séméiologie  générale,  il  convient  de  séparer  d’un  côté  les  diverses 
modalités  de  perturbations  réflexes,  do  l’autre  les  phénomènes  douloureux  (algies 
continues  ou  crises  paroxystiques  dont  la  migraine  et  l’angine  de  poitrine  constituent 
les  types  les  plus  caractéristiques). 


ANAL  Y SES 


On  trouvera  en  somme  dans  cette  étude  très  complète  de  pathologie  générale,  les 
conceptions  synthétiques  et  personnelles  de  l’auteur  sur  la  physiopathologie  du  sys¬ 
tème  neuro-végétatif.  Pierre  P.  Ravault. 

L’exploration  pharmacologique  du  système  nerveux  végétatif.  Technique 
et  résultats  généraux,  par  L.  Langeron.  Journal  de  Médecine  de  Lyon,  20  jan¬ 
vier  1926,  p.  49. 

Etude  critique  des  différents  procédés  d’exploration  du  sympathique  ou  du  para¬ 
sympathique  par  les  tests  pharmacologiques.  L.  indique  pour  chacun  d’eux  la  technique, 
les  causes  d’erreurs  et  la  valeur  des  résultats.  11  semble  donner  la  préférence  aux 
épreuves  suivantes  :  épreuves  de  Gœtsch  (adrénaline),  épreuve  de  Parisot  et  Richard 
é  l’extrait  thyroïdien,  épreuve  do  Daniélopolu  (atropine-orthostatisme),  épreuve  au 
nitrate  d’amyle  de  Richard.  Ces  divers  tests  ne  valent  qu’autant  qu’on  les  répète  èt 
9u’on  les  confronte  mutuellement.  En  définitive,  ils  doivent  toujours  céder  le  pas 
é  l'observation  clinique.  Pirrer  P.  Ravault. 

L’exploration  clinique  des  réflexes  sympathiques,  par  J.  Barbier.  Journal 
de  Médecine  de  Lyon,  5  février  1926,  p.  75. 

On  est  en  droit  de  considérer  l’équilibre  neurovégétatif  comme  la  résultante  de 
fèfléxes  sympathiques  ou  parsympathiques  régulateurs,  se  succédant  les  uns  aux  autres 
comme  les  oscillations  d’un  métronome.  Il  s’ensuit  que  les  résultats  tournis  'par  l’ex- 
Ploration  de  ces  réflexes  sont  souvent  variables  et  paradoxaux,  en  tout  cas  d’inter¬ 
prétation  délicate.  L’auteur  passe  au'  crible  de  la  critique  les  différents  réflexes  sym¬ 
pathiques.  Les  uns  comme  le  réflexe  oculo-cardiaque,  le  réflexe  solaire,  le  réflexe 
Pilo-moteur  mettent  en  jeu  un  secteur  étendu  du  système  nerveux  général  et  du  sys¬ 
tème  neurovégétatif.  Avec  d'autres  (auscultation  artérielio,  oscillométrie,  réflexes 
cutanés  vasomoteurs),  on  s’adresse' à  un  phénomène  plus  localisé,  dont  les  modalités 
de  production  peuvent  renseigner  sur  l’état  d’ensemble  du.  système  neuro-végétatif. 

L’auteur  émet  quelques  doutes  sur  la  valeur  réelle  de  quelques-uns  de  ces  procédés 
d'exploration.  Pierre  P.  Ravault. 


Les  rameaux  communicants  du  sympathique  thoracique,  par  :  A.  Làtarjet 
et  Pierre.  Bertran'D.  Journal  de  Médecine  de  Lyon,  5  février  1926,  p,  71. 

Etude  d’anatoipie  topographique  accompagnée  de  figures. 


Essai  sur  la  chirurgie  des  cènesthésies  douloureuses  et  perverties,  par  René 
Lbhiche.  Lyon  chirurgical,  janvier-février  1926. 

Après  sebtion  de  tous  les  rameaux  communicants  issus  de  la  chaîne  cervicale  de 
L'  à  D*,  Leriche  a  constaté  que  lés  malades  accusaient  une  sensation  assez  particulière 
presque  Indéfinissable,  de  changement  d’état  intérieur.  Ils  ont  l’impression  que  leur 
*^ras  est  plus  lourd,  qu’il  a  moins  de  force  et  que  dans  les  mouvements  la  sensa¬ 
tion  intime  tout  à  la  fois  superficielle  et  profonde  n’est  plus  exactement  la  même. 
L  auteur  suppose  d’après  ces  constatations  que  les  sensations  internes,  c’est-à-dire 
tes  cénesthésies  des  membres  sont  conduites  par  des  fibres  sympathiques  qui 
empruntent  au  moins  en  partie  la  voie  des  rameaux  communicants. 

D'après  ces  données  encore  Sommaires,  on  peut  entrevoir  la  possibilité  d’interven¬ 
tions  chirurgicales  dans  certains  cas  de  perturbation  des  cénesthésies.  Les  ramlsections 
Ont  déjà  donné  à  Leriche  de  bons  résultats  dans  le  traitement  de  certains  syndromes 
douloureux  périphériques  qui  représentent  plus  des  cénesthésies  douloureuses  que  des 
oigies  crébro-spinales.  Peut-êtro  pourrait -on  penser  aussi  à  un  traitement  chirurgical 


193 


ANAIASHS 

dos  conoslopalliios.  Mais  il  coiivicnl.  dans  co  domaino  do.  no  pas  so  di'parlir  d’nno  pru- 
donc(!  oxi.ri'nie  oL  aussi  d’une  réserve  sage  dans  l’appréciation  des  résultats. 

l’iiiiiiiii  1>.  Ravault. 

Sympathicectomie  périartérielle,  par  .l.-M.  ViLAiiDKi,  (do  Barcelone).  P/mc  rni- 
(licntc,  n»  11,  p.  ]ti2,  Ci  février  192(1. 

Relation  do  syrnpatliectoinies  périartérielles  effectuées  dans  dos  cas  de  troubles 
trophiques  locaux  ;  résultats  parfaits  (5  figures).  E.  E. 

La  valeur  de  la  sympathectomie  péri-artérielle  dans  le  traitement  de  la  tuber¬ 
culose  ostéo-articulaire.  ]iar  (j.  IcHOK.  Presse.  Médicale,  n'‘2S,p.  43b,  7  avril  192(1. 
(Revue). 

GLANDES  A  SÉCRÉTION  INTERNE 
ET  SYNDROMES  GLANDULAIRES 

Les  relations  histologiques  de  l’hypophyse  et  des  centres  diencéphaliques, 

par  Rémy  Coi.i.in.  He.vue.  française  d’ Endocrinologie,  t.  3,  n"  5,  p.  277, octobre  1925. 
M.  Vergara  (de  Mexico)  a  publié  un  intéressant  travail  dont  la  partie  histologique 
vient  à  l’appui  des  constatations  de  Rémy  Collin.  Deux  faits  essentiels  se  dégagent  de 
ce  travail,  à  savoir  :  1“  le  passage  dans  la  neurohypophysc  de  la  colloïde  issue  du  lobe 
intermédiaire,  et  2“  les  relations  de  contact  entre  les  masses  colloïdes  et  les  libres 
nerveuses  amyéliniques,  qui  après  avoir  parcouru  la  paroi  infundibulaire  et  la  tige 
pituitaire,  s’épanouissent  dans  le  lobe  nerveux.  Cos  faits  incontestables  font  penser  ù 
la  possibilité  d’une  action  de  la  colloïde  sur  les  fibres  nerveuses  amyéliniques.  Cepen¬ 
dant,  poussant  plus  loin  scs  investigations  histologiques,  Rémy  Collin  a  suivi  la  colloïde 
dans  sa  migration  transinfundibulairc  jusqu’aux  noyaux  du  tuber  cinoreum,  établi.s- 
sant  ainsi  la  réalité  d’une  neurocrinie  hypophysaire.  E.  h'. 

Polyurie  par  ablation  de  l’hypophyse  ou  lésion  cérébrale  chez  le  crapaud,  par 

R. -A.  llocssAY,  L.  OnsTi  et  G.-1‘.  Gonai.ons,  Hiidsla  de  la  Soc.  argenlina  de,  liio- 
logic,  t.  1,  n»  3,  juin  1925. 

L’extirpation  de  l’hypophyse,  la  piqfiro  infundibulo-tubériehne,  et  souvent  l’abla¬ 
tion  du  lobuh!  glandulaire  provoquent  une-  polyurie  intense  chez  le  crapaud. 

Le  poids  en  général  se  maintient  ;  il  augmente  chez  les  hypophysoprives. 
lui  polyurie  peut  s’observer  chez  les  crapauds  qui  ont  noirci  à  la  suite  de  la  piqiïrc 
infundibulo-tubérienne  ;  ceci  n’appuie  guère  lu  théorie  hypopituitaire  de  la  polyurie 
insipide,  vu  que  la  coloration  sombre  exprime  une  hypersécrétion  de  la  partie  inter-  , 
médiaire.  Il  y  a  loin  du  crapaud  au  mammifère,  et  la  substance  qui  provoque  le  noir¬ 
cissement  du  crapaud  pimt  ne  pas  être  la  substance  oligurique  des  extraits.  On  n’en 
est  pas  moins  obligé  de  constater  que  chez  le  crapaud  la  polyurie  peut  coïncider  aussi 
bien  avec  la  suppression  de  la  pituitainî  qu’avec  une  hypersécrétion  de  eette  glande. 

E.  Delkni. 


Action  de  l’insuline  sur  la  polyurie  dans  le  diabète  insipide,  par  Mario  Sciitein- 
(iAiiT  et  Juan  ,1.  Iîeueteuviui:.  Ite.visla  de  la  Soc.  de.  Méd.  inlerna  {A.sociacion  méd. 
argenlina),  t.  tl,  n»  1  1,  p.  (i9.3-(>97,  novembn!  1925. 

Diabète  insipide  chez  un  sujet  de  27  ans  qui  mesure  1  m.  97  et  i>rés(nd,e  un  syn¬ 
drome  hypophyso-infundibulo-tubérien  caractérisé  par  le  féminisme,  le  gigantisme  cl 
)’hypo|ntuitarisme.  Les  injections  d’insuline  ont  réduit  en  8  jours  le  débit  urinaire 


analyses; 


107 


de  8  litres  à  1  1.  1/3.  L’action  de  l'insuline  est  moins  rapide  que  celle  de  l’extrait  Iiypo- 
Phy.sairc.  G.  Deleni. 

Lo  diabète  insipide  et  les  purines  urinaires,  par  Mario  Scuteingaut.  Ttevisla  de 
la  Sociedad  argenlina  de  liiologia,  t.  1,  n“  6,  p.  584-587  ;  septembre  1925. 

Dans  le  diabète  insipide,  il  y  a  toujours  augmentation  de  l’éliinination  des  bases  puri- 
niques  ;  cette  élimination  est  irrégulière  et  la  régulation  de  l’excrétion  purinique  est 
fort  perturbée;  la  chute  de  la  diurèse  par  effet  de  la  i)ituitrinc  s’accompagne  d’une  dimi¬ 
nution  do  l’élimination  purinique.  Ces  faits  sont  à  retenir,  mais  ils  ne  doivent  pas 
servir  à  compliquer  la  question  de  la  palliogénie  du  diabète  insipkle. 

G.  Deeeni. 

Diabète  insipide  et  obésité,  action  du  traitement  hypophysaire,  par  Marcel 
LAnnÉ  et  L.  Denoyei.le.  de  Méd.  de  Paris,  an  4C,  11“  15,  p.  31 1.  12  avril  192(i. 

Contribution  à  la  clinique  des  tumeurs  hypophysaires  basée  sur  100  cas  opérés 

par  l’auteur  d’après  sa  méthode  endonasale,  par  Oskar  llinscii  (de  Vionney. 

Presse  médicale,  n»  37,  p.  578,  8  mai  192G. 

A  côté  do  l’acromégalie  et  dÆ  la  dystrophie  adiposo-génitale  se  situe  une  troisième 
forme  de  syndrome  hypophysaire,  la  forme  oculaire  décrite  par  l’auteur  il  y  a  quelques 
années.  Dans  celle-ci,  les  troubles  de  la  vision  existent  sans  concomitance  des  grandes 
nianifcstations  extérieures,  comme  l’obésité  ou  la  déformation  de  la  face  et  dos  extré- 
naités.  Toutefois  l’interrogatoire  ou  l’examen  dos  malades  révèle  divers  troubles  hypo¬ 
physaires,  impuissance  ou  ménopause,  perte  de  la  barbe  et  des  poils,  troubles  sudo- 
faux,  somnolence,  indifférence,  température  abaissée.  Les  signes  oculaires  sont  la 
diminution  de  la  vision,  le  rétrécissement  du  champ  visuel,  l’hémianopsie  bitemporale, 
halle-ci  pathognomonique  de  la  compression  du  chiasma  ;  l’atrophie  primitive  dès  nerfs 
hpliques  est  aussi  fréquente  dans  les  tumeurs  hypophysaires  que  l’hémianopsie  tem¬ 
porale.  La  stase  papillair(î  et  la  névrite  optique  sont  assez,  rares  pour  qu’on  ne  doive 
admettre  la  tumeur  hypophysaire  que  s’il  en  existe  d’autres  signes  nets.  Enfin  le  tond 
d’œil  est  normal,  surtout  dans  les  cas  récents. 

L’acromégalie  est  bénigne  ou  maligne.  La  forme  bénigne  est  conditionnée  par  une 
tumeur  dont  le  développement  lent  ne  s’effectue  pas  du  côté  du  cerveau,  mais  dans 
la  fosse  pituitaire  qu’elle  élargit  vers  le  sinus  sphénoïdal.  Le  chiasma  n’est  donc  pas 
homprimé.  Hors  de  ce  symptôme  négatif,  absence  de  troubles  visuels,  il  y  a  des  symp¬ 
tômes  positifs,  dont  le  plus  apparent  est  Thypertrichose  ;  chez,  la  femme  comme  chez 
1  homme,  le  système  pilaire  peut  devenir  extrêmement  riche.  Les  troubles  génitaux 
sont  relativement  rares.  Différentes  altérations  frappent  les  dérivés  de  l’ectoilerme, 
ht  è  côté  de  Thypertrichose,  il  faut  signaler  la  transpiration  exagérée,  les  comédons  en 
8>’and  nombre,  l’épaississement' de  la  peau,  les  troubles  trophiques  dos  angles.  Les 
™aux  de  tôte  sont  extrêmement  violents  dans  les  périodes  d’accroissement  de  la  tu- 
nieur  ;  iis  ne  résultent  pas  de  poussées  vers  le  cerveau,  car  dans  l’acromégalie  ma¬ 
ligne.  à  grosses  tumeurs,  les  céphalées  de  ce  genre  n’existent  jias.  Dans  l’acromégalie 
bénigne,  la  tumeur  est  un  adénome  bénin  du  lobe  antérieur  de  l’hypophyse;  Tadénomo 
se  compose  principalement  de  cellules  éosinophiles.  L’état  stationnaire  do  la  tumeur 
se  marque  par  l’absence  do  troubles  oculaires  ;  l’activité  de  la  tumeur  se  révèle  par  la 
progression  de  quelques  symptômes  et  dos  déformations  acromégaliques. 

L’acromégalie  maligne  est  conditionnée  par  une  tumeur  de  croissance  progressive 
et  sans  limites  ;  son  expansion  se  fait  du  côté  du  cerveau,  qui  cependant  n’est  pénétré 
lue  très  exceptionnellement.  La  caractéristique  do  la  forme  maligne  est  constituée 
pur  les  troubles  oculaires  par  compression  du  chiasma.  Les  déformations  classiipies  de 


198. 


ANAL  YSliS  ■ 


l’acromégalie  sont  très  accentuées  et  existent  au  complet.  Par  contre  l'hypertrichose 
est  rare  ;  il  y  a  mémo  des  cas  avec  chute  des  poils.  Les  troubles  génitaux  sont  aussi 
fréquents  que  dans  la  dystrophie  adipeuse  et  dans  la  forme  oculaire  des  tumeurs  hypo¬ 
physaires.  Les  violents  maux  de  tête  de  l’-acromégalie  bénigne  ne  s’observent  pas  dans 
la  forme  maligne.  Cotte  acromégalie  maligne  présente  réunis  plusieurs  symptômes 
de  la  dystrophie  adiposo-génitale  et  de  la  forme  oculaire  des  tumeurs  de  l’hypophyse; 
on^ne  s’étonnera  pas  d’y  retrouver  l’obésité.  E.  F.  , 

Relation  entre  le  métabolisme  basal,  la  calcémie  et  l’excitabilité  du  système 
nerveux  végétatif  dans  l’acromégalie,  par  Carlos  P.  Waldohp.  Revisla  de  la  So- 
ciedad  argenlina  de  Biologia,  t.  1,  n»  9,  p.  743,  décembre  1925. 

Los  quatre  acromégaliques  étudiés  par  l’auteur  ont  tous  présenté  un  métabolisme 
élevé,  do  l’hypocalcémie  ;  ils  étaient  vagotoniques  ;  l’hypocalcémie  serait  la  cause 
do  leur  vagotonie.  K.  Deleni. 

Syndrome  adiposo-génital  avec  nanisme,  par  Georges  Schreiber  et  G.  Boulan- 
GEB-PiLET.  Arch.  de  Méd.  des  Enfants,  t.  29,  n»  4,  p.  215-219,  avril  1926. 

11  s’agit  d’une  jeune  fdle  de  17  ans  qui  a  la  taille  d’une  enfant  do  10  ans  (125  cm.) 
et  présente  une  obésité  marquée  (45  kg).  Absence  d’évolution  pubertaire.  Intelli¬ 
gence  vive. 

Aucun  mode  d’exploration  ne  révèle  de  trouble  endocrinien  ni  d’altération  nerveuse 
pouvant  servir  ù  expliquer  cette  dystrophie.  Les  opothérapies  usuelles  en  pareil  cas 
ont  été  appliquées  sans  succès.  E.  F. 

Troubles  endocrino-sympathiques  et  du  métabolisme  basal  chez  les  pela- 
diques,  par  Loustric.  Thèse  d'Alger,  1925. 

Travail  inspiré  par  le  Prof.  M.  Raynaud. 

La  glande  endocrine  le  plus  souvent  lésée  est  la  thyroïde. 

A  l’origine  de  toute  pelade,  il  y  a  toujours  une  irritation  du  système  sympathique. 
L’étude  du  métabolisme  basal  et  les  tests  biologiques  permettent  de  classer  les 
malades  en  hyperthyroïdiens  et  en  dysthyroïdiens.  A.  P. 

Effets  de  la  décérébration  sOr  la  thyroïde  et  sur  les  surrénales  chez  l’animal 
châtré  (Effetti  délia  scerebrazione  sulle  tiroidi  e  sulle  snrrenali  in  animeli  cas- 
trati),  par  L.  de  Lisi  (Cagliari).  Archives  Suisses  de  Neurol,  et  de  Psych.,  t.  14,  f. 
1,  p.  94-114,  1924  (6  flg.,  bibl.). 

Des  coqs  ont  été  soumis  à  la  décérébration  les  uns  avant,  les  autres  après  castra¬ 
tion  préalable.  Los  thyroïdes  et  les  glandes  surrénales  ont  été  examinées  histologique¬ 
ment  par  les  différentes  méthodes  usuelles.  D’après  l’aspect  morphologique  de  ces  pré¬ 
parations,  les  auteurs  concluent  que  la  décérébration  produit  une  hyperfonction  des 
thyroïdes  et  des  capsules]  surrénales,  spécialement  de  la  substance  corticale.  Pour 
éliminer  l’action  indirecte  que  pourrait  avoir  la  décérébration  sur  la  thyroïde  et  la 
surrénale  par  l’intermédiaire  des  glandes  génitales,  l'auteur  a  castré  un  certain 
nombre  d’animaux  et  a  laissé  passer  le  délai  pendant  lequel  la  castration  produit 
une  hyperthyroïdie  et  une  hypersurrénalie  de  compensation.  Après  décérébration, 
les  résultats  se  sont  montrés  analogues  ù  ceux  obtenus  sur  des  animaux  non  châtrés, 
c’est  donc  bien  une  action  directe,  immédiate  que  la  décérébration  exerce  sur  l’activité 
des  glandes  thyroïdes  et  surrénales.  G.  de  Morsier. 


analyses 


La  cholestérinémie  et  la  calcémie  dans  les  états  thyroïdiens,  leurs  relations 
avec  le  métabolisme  basal,  par  M,arianü  R.  Castex  et  Mario  Schteingart.  Re- 
visla  de  la  Sociedad  argenlina  de  Medicina  interna,  i.  I,  n“  llfp.  514,  octobre  1925. 
La  sécrétion  thyroïdienne  n’a  aucune  influence  sur  le  contenu  du  sang  en  choles¬ 
térine  ou  en  calcium  ;  la  valeur  de  la  cholestérinémie  n’a  pas  de  rapport  avec  l’élé. 
vation  du  métabolisme  basal.  F.  Deleni. 

Le  métabolisme  basal  dans  la  goitre  exophtalmique,  sa  valeur  clinique,  par 

Mariano  R.  Castex  et  Mario  Schteingart,  Revisla  de  la  Sociedad  argenlina  de 
Medicina  interna,  t.  I,  n»  12,  p.  567,  novembre  1925. 

Celcémie  et  glycémie  dans  les  maladies  de  la  thyroïde  avec  augmentation 
du  métabolisme  basal,  par  Carlos  P.  Waldorp  et  Rogelio  A.  Thelles.  Revisla 
de  la  Sociedad  argenlina  de  Riologia,  t.  I,  n»  9,  p.  762,  décembre  1925. 

Dans  tous  les  cas  étudiés  (26)  de  maladie  thyroïdienne  avec  métabolisme  basal  de 
10  %  au  moins  au-dessus  de  la  normale,  les  auteurs  ont  constaté  l’hypocalcémie,  la 
valeur  de  celle-ci  étant  sans  rapport  avec  l’élévation  du  métabolisme.  Dans  les  cas  où 
la  glycémie  a  été  recherchée  (18),  elle  a  été  trouvée  augmentée,  la  valeur  de  la  gly¬ 
cémie  correspondant  généralement  à  l’élévation  du  métabolisme  basal. 

P.  Deleni. 

L’iode  dans  le  traitement  du  goitre  exophtalmique,  par  P.-L.  Marie.  Presse 
médicale,  n»  37,  p.  580,  8  mai  1920. 

Revue  d’une  série  de  travaux  récents.  De  l’ensemble  des  faits  exposés  ressort  l’in¬ 
térêt  de  la  médication  iodée  dans  le  goitre  exophtalmique.  Un  point  est  désormais 
bien  acquis,  c’est  le  bénéfice  certain  que  procure  l’iode  employé  à  titre  de  préparation 
à  la  thyroïdectomie  ;  l’opération  devient  inoffensive,  de  l’avis  unanime  de  ceux  qui 
ant  eu  recours  à  cette  thérapeutique.  C’est  là  un  très  réel  progrès.  L’efficacitéde  l’iode 
en  tant  que  médication  de  longue  haleine  est  plus  contestable.  Des  résultats  intéres¬ 
sants  ont  été  rapportés,  mais  ils  demandent  à  être  confirmés  par  de  nouveaux  essais. 
La  question  des  doses  a  besoin  notamment  d’être  éclaircie.  Ces  essais  devront  être  con- 
duits,  avec  une  extrême  prudence,  sur  des  malades  choisis  avec  soin  et  soumis  à  une 
Surveillance  médicale  attentive  et  suivie  qui  ne  peut  guère  s’exercer  avec  une  suffisante 
Rgueur  qu’à  l’hôpital.  11  serait  très  préjudiciable  pour  cette  médication  et  dangereux 
peur  les  patients  de  la  voir  employer  à  l’aveugle  dans  n’importe  quel  cas  de  basedo¬ 
wisme,  alors  xiu’on  peut  espérer  que  de  nouvelle  observations  précises  et  patientes 
permettront  de  taire  bénéficier  à  l’avenir  de  nombreux  cas  non  chirurgicaux  de  cette 
thérapeutique.  E.  F. 

L’insuline  dans  le  traitement  des  états  hyperthyroïdiens,  par  Mariano  R.  Castex, 
Mario  Schteingart  et  Juan-José  Beretervide.  Revisla  de  la  Sociedad  argenlina  de 
Medicina  interna,  t.  1,  n»  10,  p.  486,  septembre  1925. 

Les  effets  variables  de  l’insuline  dans  les  états  hyporthiroïdiens  ne  permettent  pas 
de  l’introduire  dans  la  thérapeutique  du  syndrome  de  Basedow.  F.  Deleni. 

Méthode  pour  palper  les  lobes  de  la  thyroïde,  par  Frank  H.  LAHBvjde  Boston). 
■J.  of  lhe  American  med.  Associalion,  t.  85,  n”  12,  p.  813,  20  mars  1926- 
Un  pouce  fixe  la  thyroïde  par  compression  en  un  point,  d’ailleurs  variable  ;  l’autre 
pouce  explore.  Thoma. 


-\.\ALYS[:s 


200 

Opothérapie  thyroïdienne  dans  le  dyspituitarisme,  par  James  Wynn  (d’Inclia- 
iiapolis).  ./.  uf  lhe,  American  med.  Assoc.,  i.  8(1,  0°  12,  p.  820,  20  mars  J920. 

Le  sujet  mesui'iiiiL  î  m.  70  est  un  obèse  de  35  ans,  atteint  depuis  quelques  années 
d’alta(iues.de  sommeil  de  fréquence  progressive  qui  le  font  s’endormir  hors  de  propos 
par  exemple  dans  une  conférence  d’affaires  ou  quand  il  dicte  une  lettre;  genu  valgum  ; 
vision  normale  ;  pas  de  myxcodème  ;  a  <leux  enfants.  L’opothérapie  thyroïdienne 
continuée  avec  persévérance  a  (ui  les  meilleurs  effets  et  depuis  13  mois  la  malade  n’a 
plus  de  crises  de  sommeil  ;  il  n’a  perdu  qu’un  peu  de  son  poirls  ;  son  pouls  est  devenu 
plus  rapide.  Au  cours  du  traitement,  le  maladi'  s’est  montré  extrêmement  sensible 
aux  doses  un  peu  élevées  de  thyroïde;  c’est  une  dose  faible  et  régulière  qui  convient  à 
son  traitement.  Tiioma. 

Action  d’un  sérum  cytotoxique  sur  le  cancer  thyroïdien,  par  E.  Coulaud.  liull. 
ei  Mérn.  de  la  Soc.  méd.  des  Uôpilaùx  de  Paris,  an  42,  n”  7,  p.  27(1,  19  février  192(1. 
I.c  sérum  antithyroïdien  de  l’auteur  dont  les  effets  dans  la  maladie  de  Basedow 
ont  antérieurement  été  publiés,  est  également  efficace  dans  le  cancer  thyroïdien. 
Par  des  injections  de  ce  sérum  sous  la  peau  de  la  cuisse,  on  réduit  en  quelques  jours 
le  volume  d’un  grand  nombre,  de  cancers  du  corps  thyroïde,  mais  non  île  tous  ;  l’épi- 
thélioma  typique  est  influencé,  squirrhe  et  les  adénomes  ne  le  sont  pas.  Quelque.s 
mois  après  lu  cessation  du  traitement,  les  néoplasies  récidivent,  mais  une  nouvelle 
série  <l’injeetions  de  sérum  eu  amène  la  rétrocession.  E.  E. 

Le  problème  du  goitre,  du  crétinisme  et  du  sourdo-mutisme  endémique  en 
Roumanie,  par  ('..-1.  l’AunoN.  Hall,  de  la  Soc.  roumaine  de  Neurol.,  J’sychialr., 
Psyclioloyic  el  Endocrinoloyic,  n“  2,  iléeembre  1924. 

L’auteur  expose  il’après  les  données  statistifiucs  du  service  sanitaire,  ainsi  que  d’après 
celles  des  professeurs  Campeanii  et  Oprescu,  la  topographie  do  l’endémie  en  Roumanie. 
En  ce  qui  concerm!  les  rapports  du  sourilo-mutisme  avec  le  goitn^  endérniqiK!  en 
Roumanie,  on  doit  conelure  qu’un  assez  grand  nombre,  de  cas  de  la  première  affection 
n’ont  pas  d((  rapports  avec  la  deriuère.  Il  di.scut('  ensuite  les  relationsde  l’endémie  goi¬ 
treuse  avec  le  crétinismi',  rapports  mis  en  doute  [)ar  EinUladncr.  Dos  recherches  expé- 
rinuuitales  concernant  la  lUescendancc  des  aidmaux  éthyroïdés  devront  élucider  cotte 
question.  Dans  cet  ordre  d’idées,  l’aiiti'ur  et  .M™”  Parhon  n’ont  pas  trouvé  des  modi- 
llcations  inquirtantes  dans  la  thyroïde  de  deux  petits  (cobayes)  issus  des  parents 
éthyroïilés. 

La  leroidiylaxie  du  goitre  par  le  traitement  iodé  contribuera  aussi  à  élucider  les  rap¬ 
ports  du  crétinisme  et  du  goitre  endémique.  A. 

Goitre  simple  et  insuffisance  mitrale  fonctionnelle,  par  M.  Louper  et  A. 

.Mouueüt.  l'resse.  Médicale,  n“  38,  p.  593,  12  mai  I92(i. 

A  côté  des  réactions  carilia(p(es  des  goitreux  et  des  basedowi(!ns,  à  côté  du  grand 
syndrome  de  rnyocardie  thyroïdienne  ét((dié  par  Laubry,  Walser  et  .Vlussio-t’ourider, 
il  existe  des  syndromes  thyromitraux.  Eertains  de  ces  syndromes  sont  réalisés  pur  une 
hypertropliie  partielle,  limitée,  souvent  droite  du  corps  thyroïd(î  sans  aucun  symp- 
tôim^  de  maladie  de  Basedow  ;  l’insuffisance  mitrale  y  est  parfois  antérieure  à  la  lésion 
thyroïdienne,  la  défaillance  cardiaque  est  alors  déclenché(‘  par  la  tuméfaction  thyroï" 
dienne.  L’insuffisance  mitrale  y  peut  être  aussi  postérieure  à  la  lésion  de  l’organe  ;  elb^ 
est  alors  d’ordre  fonctionnel  et  reconnaît  pour  cause  la  tuméur  thyroïdienne  ellc- 

Lc  mécanisme  de  ces  accidents  réside  essentiellement  dans  la  compression  des  nerfs 


ANALYSES 


201 


■vagues  et  surtout  du  nerf  vague  droit,  dans  l’excitation  mécanique  des  filets  cardio- 
dépresseurs.  La  compression  des  vaisseaux  peut  également  y  revendiquer  sa  part, 
niais  elie  y  joue  seulement  un  rôle  favorisant.  E.  I' . 

Le  sel  iodé  dans  la  prévention  du  goitre  ;  est-ce  une  mesure  sans  danger  pour 
l’usage  général  ?  par  C.-L.  IlAnTSocK  (do  Cleveland).  J.  of  lhe  American  mecl. 
AssDcialiun,  t.  80,  n“  18,  p.  1334,  l®'^  mai  1926. 

La  prophylaxie  ilu  goitre  est  très  aisément  réalisée  par  l’adjonction  de  petites  quan¬ 
tités  d’iode  au  sel  de  cuisine.  Toutefois  chez  l’adulte  une  administration  périodique 
d’iode  vaudrait  mieux  qu’une  imprégnation  continue  ;  de  plus  chez  certains  sujets 
atteints  d’adénome  de  la  thyroïde  avec  ou  sans  hyperthyroïdie  et  chez  les  opérés  de 
goitre  exophtalmique  l’iode  alimentaire  peut  avoir  des  inconvésients. 

Thoma. 

Le  saumon  dans  le  régime  pour  la  prophylaxie  du  goitre,  par  Norman  D.  Jarvis, 
Ray  W.  Clough  et  Ernest-D.  Clark  (do  Seattle).  J.  of  lhe  American  med.  Associa¬ 
tion,  t.  86,  n»  18,  p.  1339,  1®'  mai  1926. 

La  chair  de  saumon  contient  une  quantité  notable  d’iode.  11  semble  possible  de 
fiialiser  une  prophylaxie  alimentaire  du  goitre  dans  les  pays  à  goitre  {conserves  do 
saumon,  lait,  fruits,  légumes  verts).  Thoma. 

Crétinisme,  état  hypothyroïdien  et  système  nerveux,  par  G.  F.  de  Qoervain 

■{^irBernc).  Arch.  ^uissesde  NearologieeldePsychiairie,yo\.lA,  fasc.  1,  p.  3,  1924 

(Ri  pages). 

Mise  au  point  de  l’importante  question  des  rapports  entre  le  système  nerveux  central 
et  le  corps  thyroïde.  Les  états  thyroïdiens  sont  représentés  par  trois  groupes  principaux 
,  L  La  thyroïdoplasio  congénitale. 

2.  Le  myxœdème  acquis  à  tous  les  degrés. 

3-  Le  crétinisme  endémique.  ' 

C’est  cotte  dernière  variété  qui  est  la  plus  spécialement  étudiée. 

Los  lésions  anatomiques  et  histologiques  constatées  à  Tautopsie  des  crétins  ou  des 
royxœdématcux  n’ont  rien  do  caractéristique  et  sont  d’interprétation  délicate.  Au 
Paint  de  vue  clinique,  l’auteur  insiste  sur  la  diversité  du  tableau  symptomatologique 
lu’on  observe  dans  les  régions  où  le  crétinisme  règne  à  l’état  endémique,  comme  c  est 
cas  dans  certains  cantons  alpestres  de  la  Suisse.  Trois  cas  sont  a  considérer  : 
a)  Sujets  présentant  certains  stigmates  physiques  ou  psychiques  du  crétinisme 
"bais  étant  susceptibles  de  fournir  un  travail  indépendant. 

*)  Sujets  nettement  crétins  mais  [susceptibles  néanmoins  d’un  travail  fait  sous 

contnMe. 

<■■)  Crétins  complets  incapables  do  tout  travail. 

Les  phénomènes  de  spasticité  observés  chez  50  %  des  crétins,  notamment  l’e'xagé- 
ration  des  réflexes  tendineux  sont-ils  fonction  des  troubles  thyroïdiens,  ou  sont-ils 
à  des  lésions  cérébrales  accessoires  ?  L’autour  penche  pour  cette  dernière  [opi- 
bion.  D’accord  avec  Naville,  et  contrairement  à  Crookshank  qui  pense  que  certains 
Syndromes  de  Little  sont  dus  au  crétinisme  et  peuvent  être  améliorés  par  le  traite- 
bient  thyroïdien,  il  n’est  pas  exclu  que  dans  un  certain  nombre  de  casune  insuffisance 
Parathyroïdienne  s’ajoute  aux  troubles  thyroïdiens.  En  effet,  dans  17  cas  sur  4,  le 
signe  de  Chvostek  s’est  montré  positif.  D’après  Mac  Carisen  le  tiers  des  crétins  de  la 
région  de  l’IIimalaya  présente  des  iihénomènes  de  tétanie  dus  à  une  dégénérescence 
concomitante  des  parathyroïdes  et  des  thyroïdes.  Un  fait  frappant  et  particulière- 
bient  diflicile  à  interpréter,  est  la  dissociation  fréquente  entre  l’état  mental  et  le  déve- 


202 


ANALYSES 


loppemont  du  squelette.  Tel  crétin  est  nain  mais  présente  un  psychisme  relativement 
bien  développé  ;  tel  autre,  au  contraire,  est  de  taille  presque  normale  mais  atteint 
■d’idiotie  complète  avec  surdimutité.  S’agit-il  d’une  sensibilité  différente  suivant  les 
organes,  ou  de  lésions  pluriglandulaires  ?  Rien  ne  permet  actuellement  de  trancher 
la  question  d’une  façon  certaine. 

Quant  à  l’histologie  du  crétinisme  goitreux,  l’auteur  pense  qu’il  faut  admettre  un 
dysthyroi'dismc,  c’est-é-dire  la  production  par  le.  goitre  d’une  substance  nocive  pour  le 
système  nerveux.  C’est  à  cette  hypothèse  que  conduit  legrand  nombre  de  cas  (1.3  sur 
50)  dont  les  fonctions  mentales  ont  été  améliorées  à  la  suite  de  l’extirpation  du  goitre. 
Le  traitement  à  essayer  dans  tous  les  cas  est  l’opotbérapic  thyroïdienne.  La  greffe 
du  tissu  thyro'idi(!n  n’a  pas  donné  de  résultats,  car  le  tissu  nouvellementimplanté  se 
résorbe  rapidement  et  n’agit  que  pendant  la  durée  de  sa  résorption. 

G.  DE  Mousieh. 


L’anémie  dans  l’hypothyroïdisme,  par  George  M.  Mackenzie  (de  New-York).  J. 
of  the  American  med.  A.iuncialion,  t.  86,  n»  7,  p.  403,  13  février  1926. 
Relation  de  trois  cas  danslesquels  une  anémie  intense  et  sessymptômes  masquaient 
le  myxoedème  ;  guérison  do  l’anémie  par  l’opothérapie  thyroïdienne. 

Thoma. 

L’électrocardiogramme  dans  le  m3rxoedème,  par  Catharine  Tiiaciier  et  PaulC. 
White  (de  Boston).  AmiricanJ .oj  the  m-.d.  Sc.,  t.  171,  n»  1,  p.  61-66,  janvier  1926. 
Cette  étude  portant  sur  14  cas  fait  ressortir  le  bas  potentiel  du  cœur  dans  le  myx- 
œdème  ;  le  traitement  le  relève  ;  il  y  a  un  parallélismecntrc  la  valeur  dumétabolisme 
et  l’activité  cardiaque.  Thoma. 

Persistance  des  parathyroïdes  et  vestiges  thyroïdiens  dans  le  myxcedème, 

par  Prenel,  Société  anatomique,  7  janvier  1926. 

Myxœdème  congénital  ty|)iquc  ;  mort  à  46  ans  de  cachexie.  Il  persistait  un  reliquat 
thyroïdien,  du  volume  d’un  petit  pois,  constitué  par  quelques  amas  de  cellules  thy¬ 
roïdiennes  avec  ébauche  de  vésicules  noyées  dans  un  tissu  scléreux;  Oi  cereliqunt  thy¬ 
roïdien  est  accolée  une  parathyroïde  d’aspect  normal. 

Ce  cas  confirme  l’opinion  de  Roussy  et  Clunct  concernant  la  persistance  des  para¬ 
thyroïdes  dans  le  myxœdème  congénital.  E.  F. 


Les  critères  diagnostiques  de  l’insuffisance  parathyroldienne  chronique  avec 
référence  spéciale  au  contenu  en  phosphates  du  sang,  par  Louis  Berman  (de 
New-York).  American  J.  of  the  med.  Sciences,  t.  171,  n»  2,  p.  245-249;  février  1926, 
Les  signes  principaux  de  l’insuffisance  parathyroïdienne  chronique  sont  les  dys¬ 
trophies  des  poils,  des  ongles,  de  la  peau,  «les  dents  ;  l’hyperexcitabilité  électrique  et 
mécanique  des  nerfs  ;  la  diminution  du  calcium  du  sang  et  la  balance  négative  du  cal¬ 
cium  ;  la  diminution  des  phosphates  dans  l’urine,  la  rétention  des  phosphates  dans  les 
tissus,  l’augmentation  des  phosphates  dans  le  sang.  Thoma. 

La  mélanodermie  surrénale  et  les  variations  du  soufre  sanguin,  par  M.  Loeper, 
J.  Decourt  et  .1.  Ollivier.  Rull.  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris 
an  42,  n»  7,  p.  283,  19  février  1926. 

La  mélanine,  pigment  de  la  couche  profonde  de  l’épiderme,  est  une  substance  aminée; 
c’est  aussi  une  substance  soufrée,  notion  jusqu’ici  négligée.  Orla  surrénale  joue  un  rôle 
considérable  ilans  hî  métabolisme  du  soufre  ;  elle  est  très  chargée  on  soufre  et  surtout 


ANAL YSES 


203 


on  soufre  neutre  ;  la  suppression  fonctionnelle  ou  expérimentale  des  surrénales  accroît 
la  «  thiémie  »  et  l’accroissement  porte  surtout  sur  le  soufre  neutre.  E.  F. 

Métamorphose  adipeuse  des  deux  capsules  surrénales  avec  mélanodermie, 

par  M.  Loeper  et  J.  Ollivier,  Bull,  el  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux,  an  42, 
8,  p.  312,  26  février  1926. 

Dans  le  cas  des  auteurs  la  mélanodermie,  très  accusée,  était  accompagnée  d’asthénie 
et  d’hypotension  artérielle  ;  le  malade  a  succombé  brusquement,  ses  deux  surrénales 
étaient  complètement  détruites.  Cette  mélanodermie  sans  inflammation  de  la  glande 
eu  de  ses  enveloppes,  sans  lésion  perceptible  du  système  nerveux,  pose  à  nouveau  la 
que.stion  de  la  mélanodermie  d’origine  purement  surrénale.  E.  F. 

Hypoépinéphrie  et  dysinsulinisme  d’origine  syphilitique  ou  hérédo-syphili¬ 
tique  :  nouveau  syndrome  pluriglandulaire,  par  MM.  Gougerot  et  E.  Peyre. 
Bull,  de  la  Soc.  fr.  de  Dermatologie  et  de  Syphitigraphie,  n»  1,  p.  12,  14  janvier  1926. 
On  observe  parfois  un  syndrome  spontané  analogue  au  syndrome  provoqué  chez 
les  diabétiques  par  l’injection  d’une  dose  trop  forte  d’insuline  (hyperinsulinisme spon¬ 
tanée  de  Seale  Harris).  Cette  notion  éclaire  nombre  d’obscurités  des  syndromes  surré¬ 
naux  ;  des  malades  crus  surrénaux  sont  en  réalité  des  pluriglandulaires.  L’hyper- 
Insulinisme  peut  ainsi  se  trouver  associé  à  une  insuffisance  surrénale.  Les  auteurs  ont 
observé  un  certain  nombre  de  cas,  plusieurs  familiaux,  de  ce  nouveau  syndrome  ;  les 
roalades  sont  syphilitiques  ou  hérédo-syphilitiques.  E.  F. 

Virilisme  et  hémodystrophie  type  Geisbôck  (Extraordinaire  hirsutisme  chez  une 
femme  hyperthyroïdienne  avec  adiposité  diencéphalo-hypophysaire  et  syndrome 
d’érythrémie  type  Geisbôck.  Etude  complète  du  ^stème  endocrino-végétatif,  du 
métabolisme  basal  et  de  la  composition  hématologique  ;  interprétation,  étiopatho¬ 
génie  et  traitement).  Peuista  de  la  Soc.  de  Méd.  interna  [Asociacion  méd.  argentina), 
6,  n»  13,  p.  607-616,  novembre  1925. 

Observation  complexe  concernant  une  femme  de  29  ans,  virilisée  (forme  des  mem- 
lires,  barbe  et  pilosité  générale,  développement  clitoridien),  hypertendue  et  érythré- 
'dlquc,  bascdowiennc,  insuffisante  ovarienne  et  obèse  (type  Dercum).  Traitement 
par  les  irradiations  et  l’opothérapie  avec  un  bénéfice  appréciable.  (19  fig.  et  photos.) 

F.  Deleni. 


PSYCHIATRIE 


ÉTUDES  GÉNÉRALES 


Pathologie  mentale  et  rapports  médico-légaux,  par  R.  Benon  (de  Nantes), 
Gazettedes  Hôpitaux,  11“  12,  p.  183,  10 février  1926. 

Dans  cet  article  l’autour  fait  ressortir  les  dif  Acuités  delà  téche  de  l’expert  ;  il  retient 
l’attention  sur  la  constatation  des  troubles  mentaux  et  sur-leur  diagnostic  ;  il  expose 


20-1 


AN  AI.  Y  SES 


la  rnûtiioili?  à  suivra  pour  procfalnr  à  rnxarnaii  ilii  siijot  ot,  pour  arriver  à  concluro  sur  dos 
ilonnérs  ohjrrlivcs.  E.  F. 

Sur  la  praxithérapie,  parT>iuscpp(^  VinoNr,  QnatUnii  ili  Psichialria,  l.  12,  n»  11-12, 
l!)25. 

L’aulrur  fait  rassortir  la 'valeur  tli6rapauti(pia  ilu  travail,  surtout  dans  l'aliénid  ion 
moritala.^Coinma.  toute  autre  tlu^rapeiiticpie,  la  [)raxitli6rapie  doit  être,  surveilh'a^  dans 
les  asiles  ;  l’excès  de  travail,  comme  l’insuf lisauce.  d’occupation,  sont  à  éviter  ;  il  y  a 
un  dosaffe  de  la  (piantitè  de  travail  utile,  et  la  sorte  du  travail  à  prescrire  n’est  i)as 
indifférente.  F,.  Dhluni. 


ÉTUDES  SPÉCIALES 


PSYCHOSES  ORGANIQUES 

Vitesse  de  sédimentation  des  hématies  et  formule  leucocytaire  dans  la  syphilis 
cérébrale  et  dans  la  paralysie  générale,  par  F.  Seuastiani,  .{nnali  delV  Oiipe-ilale, 
PsicJiialrim  provinciale  di  Peruyia,  an  19,  n»  1-9,  p.  113-124,  janvier-septembre 
1925. 

l/auteur  a  trouvé  dans  ses  cas  de  paralysie  pénéralo  une  lym|)hocylose  basopliilo 
marquée  et  une  forte  auf'mentation  de  lu  vitesse  de  sédimentation.  Dans  la  sy[)liilis 
cérébrale  il  y  a  |)olynupléose.  muitrophilo  et  la  vitesse  de  sédimentation  est  p(!u  aug¬ 
mentée. 

(les  résultats  demandent  à  être  vérifiés  car  il  serait  intéressant  de  posséder  un  critère 
permettant  d(‘  différencier  les  <lcnx  formes  morbides. 

I'’.  DlîLIÎNt. 

A  propos  d’un  cas  de  paralysie  générale  juvénile.  Considérations  sur  la  forme 
nerveuse  de  la  syphilis  héréditaire,  par  l’iero  Koiinaua,  Policlinico,  .sez.  pral., 
an  33,  n»  7,  p.  •221,  15  février  19’2(j. 

Cas  tl(?  paralysie  générale  ebe/.  un  Jeune  homme,  de  24  ans  dont  la  mère  mournt  tabé¬ 
tique.  C’auteur  insiste  sur  bw  canud,ères  des  altérations  psychiques  d(!  la  paralysie 
générale  Juvénile  ;  la  démence  globale  devient  i)rogressivement  complète  sans  (pi’il  y 
ait  délire,  illusions  ou  euphorie,  si  bien  qiui  les  erreurs  de,  diagnostic  sont  fréquentes 
et  que  la  paralysie  générale  d(^s  Jeunes  gens  est  prise  pour  lu  démence  précoce^,  l’idiotie 
ou  môim!  la  neurasthénie  comirn^  il  fut  fait  dans  le  cas  d(^  l’auteur. 

I.a  paralysie  générale  Juvénile  a  des  rapports  avec  la  méningo-encéphalite  hérédo- 
syphilitiipie  ;  l’auteur  fait  une  étude  histologique  d’un  cas  de  méningo-encéphalite 
des  liérèdos  dans  le  but  d(!  comparer  ses  lésions  à  celles  de  la  piiralysie  génôrahi  Juvé¬ 
nile.  b’.  UüLlJNI. 

A  propos  du  traitement  de  la  paralysie  générale  par  la  malaria  suivi  de  la  cure 
auxarsénobenzolsouauxsels  de  bismuth,  parCnèn  iiiin  (di‘  .Nattiur),  Arch.  méd. 
heli/e.'i,  t.  7H,  n"  9-10,  p.  ‘293,  septembre-octobre  192(1. 

I.’auteur  rappelle  la  techni(pie  tlu  traitenieid,  et  expose  les  résultats  obtenus  à  l’asilo 


205 


.1 N  AL  Y  S  H  S 

de  Uave  di^iiiiis  1923.  Sur  57  cas  traités  (i  malades  sont  |)ratiquement  guéris  et  21,  très 
améliorés,  ont  pu  reprendre  la  vio  de  famille. 

La  méthode  offre  dos  perspectives  de  curabilité  jusqu’ici  inconnues.  Il  est  permis  de 
se  demander  si  l'inoculation  malarique  n’ouvre  pas  un  seuil  à  l’action  des  arsénoben- 
zènes  qui  dès  lors  peuvent  atteindre  le  virus  syphilitique  dans  les  foyers  des  cintres 
nerveux  ;  cette  possibilité  indique  l’emploi  do  l’inoculation  malarique  dans  toute 
syphilis  à  Wassermann  négatif  dans  le  sang  mais  positif  dans  le.  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  ;  la  iirophylaxic  de  la  paralysie  générale  serait  ainsi  réalisée. 

E.  F. 


PSYCHOSES  INFECTIEUSES 

Les  psychoses  de  la  malaria,  par  Alexandre  PunELMANN  (de  Bakou),  Encéphale, 
an  20,  t.  10,  p.  740,  décembre  1925. 

Revue  générah^.  Après  un  historique  intéressant  et  un  rappel  des  notions  acquises, 
■'autour  expose  sa  conception  personnelle  des  psychoses  de  la  malaria.  Il  divise  ces  psy- 
clioses  en  trois  groupes.  Dans  le  premier  les  troubles  psychiques,  d’ordre  toxi-infec- 
tieux,  apparaissent  au  cours  de  la  malaria  aiguë  ou  chronique  d’une  façon  primaire, 
dans  la  période  des  accès  de  fièvre.  Dans  le  second  groupe  les  troubles  psychiques, 
toujours  toxi-infectieux,  se  manifestent  après  la  disparition  des  accès  de  fièvre,  quand 
■'intoxication  devient  latente.  Dans  le  troisième  groupe  la  malaria  n’est  que  le  prétexte 
offert  à  l’explosion  de  troubles  psychiques  chez  des  prédisposés. 

Les  psychoses  do  la  malaria  présentent  certains  traits  particuliers  qui  les  distinguent 
des  autres  psychoses  toxi-infccticuscs.  C’est  surtout  une  certaine  conservation  de  la 
perception  et  de  l’assimilation  malgré  l’obnubilation  de  la  conscience,  la  conservation 
du  raisonnement  malgré  l’abaissement  de  l’attention  et  de  la  mémoire,  l’existence 
d’hallucinations  monotones  de  caractère  onirique  et  les  troubles  délirants  non  systé- 
•aatisés  qui  leur  sont  liés. 

Les  psychoses  do  la  malaria  offrent  également  des  particularités  d’évolution  en 
■■apport  avec  la  forme  distinguée.  Quant  au  pronostic  il  est  bon  à  la  condition  qu’une 
Riérapeutique  antipaludique  active  soit  mise  en  œ  ivre  ;  il  est  moins  bon  dans  les  cas 
do  grand  épuisement  du  malade. 

E.  F. 

PSYCHOSES  CONSTITUTIONNELLES 

ïinpulsions  verbo-motrices  et  troubles  neuro-végétatifs  au  cours  d’états  anxieux, 

par  G.  Vermeylen,  ./.  de  Neyrologie  cl  de  Psijchialrie,  Bruxelles,  an  25,  n”  10, 

p.  G41,  octobre  1925. 

Il  s’agit  d’un  homme  do  52  ans  qui  présente  un  état  anxieux  permanent,  avec  des 
paroxysmes;  il  s’agit  d’une  ^psychose  anxieuse,  manifestation  d’une  constitution 
émotive. 

On  a  observé  au  cours  de  la  dernière  crise,  du  malade,  la  plus  longue  et  la  jdus  forte  do 
toutes  celles  qu’il  a  depuis  2()  ans,  des  impulsions  verbales  et  motrices  très  sjiéciales. 

Les  impulsions  motrices  ne  sont  aiiparues  qu’un  petit  nombre  de  fois,  dans  les  mo- 
■nents  d’anxiété  la  plus  aiguë.  Alors  le  malade  cassait  des  objets,  voulait  mordre,  se 
roulait  à  terre,  ou  exécutait  des  mouvements  de  danse. 

Los  impulsions  verbales,  elles,  se  réiiétaient,  à  certains  moments,  toutes  les  cinq 
■ninutes.  Le  malade  sortait  brusipiemont  de  son  silence  pour  pousser  un  cri,  proférer 


mi('  plainte,  prononcer  un  mot  vide  de  sens  en  manifestant  de  la  terrëur.  Ces  impulsions 
verhales  semblent  (Ure  des  réactions  d’orcire  émotif,  dos  signes  d’affolement.  Le  malade 
pense  à  sa  situation,  à  sa  femme,  à  ses  enfants  ;  sa  rêverie  douloureuse  s’exaspère 
jusqu’à  le  mettre  aux  abois  et  déclenche  l’extériorisation  émotive,  absurde  et  inadé- 
(piate. 

(tn  sait  que  pour  Tinel,  Santenoise  et  Garrelon,  les  accès  périodiques  sont  provoqués 
par  un  choc  hémoclasique,  indice  d’une  sensibilisation  anaphylactique,  et  favorisé  par 
un  état  vagotoniquc.  Le  rythme  neuro-végétatif  en  réglerait  les  effets.  La  période  vago- 
louique  permettrait  au  choc  de  se  produire,  le  retour  progressif  à  un  état  sympathi- 
colonique  amenant  l’amendement  des  effets  du  choc  et  le  retour  parallèle  à  la  santé 
psychique.  .  • 

Le  cas  de  Vertneylen  est  tout  à  fait  favorable  à  la  thèse  de  ces  auteurs.  On  y  trouve 
un  évident  déséquilibre  neuro-végétatif  qui  se  marque  par  le  caractère  brusque  du  début 
et  de  la  Tin  de  l’accès,  par  mes  topoalgies  qui  l’accompagnent,  par  les  crises  d’asthme 
qui  les  sup))léent,  par  le  résultat  des  épreuves  biologiques.  Il  y  a,  d’autre  part,  un  état 
vagotonique  net  (pii  accompagne  la  crise  anxieuse  ;  l’avenir  dira  si  le  sujet  devient 
sympathicotoniquo  après  sa  guérison.  Il  y  a  enfin  le  traitement  qui,  par  ses  bons  effets, 
confirme  les  résultats  cliniques  et  expérimentaux  ;  alors  que  l’opium,  même  à  forte 
ilose,  n’avait  rien  donné,  des  doses  très  moyennes  et  très  fractionnées  de  gardénal 
»nt  amené  une  sédation  progressive  nette.  E.  R 

Les  haines  familiales  dans  les  délires  de  pérsécution  chez  l’adulte  et  chez  le 
vieillard,  par  Gilbert  Hooin,  J .  de  Neurologie  el  de  Psychiatrie,  Bruxelles,  an  25, 
11“  10,  p.  ()25,  octobre  1925. 

Le  terrain  paranoiaipie  est  particulièrement  favorable  à  l’éclosion  des  interpréta¬ 
tions.  Un  paranoïaque,  c’est  avant  tout  un  orgueilleux  et  un  méfiant  ;  il  est  égoïste, 
indifférent  pour  tout  ce  qui  ne  le  touche  pas  directement.  Dans  une  famille,  quand 
l’autorité  du  foyer  ,se  trouve  placée  entre  les  mains  de  ces  vaniteux,  mesquins,  irritables 
et  méchants,  on  imagine  les  souffrances  que  doivent  endurer  la  femme  et  les  enfants. 
Un  méchant,  un  jaloux,  un  de  ces  tyrans  de  famille  qui  délire  ne  connaît  guère  de  bar¬ 
rières  ;  il  va  souvent  jusqu’au  crime,  comme  dans  un  cas  impressionnant  que  G.  Robin 
rapjiorto  comme  cxem|ilo. 

Ce  qu’il  y  a  d’angoissant,  de  terriblement  dangereux  dans  les  haines  familiales  déli- 
r, lûtes,  c’est  qu’elles  évoluent  à  bas  bruit,  sans  attirer  l’attention  du  dehors,  parce  que 
la  pudeur  des  familles  les  cache.  C’est  au  moment  où  il  est  trop  tard  pour  intervenir, 
au  moment  où  le  crime  est  déjà  consommé,  qu’on  mesure  toute  l’étendue  d’un  délire 
et  surtout  la  longue  durée  de  son  évolution. 

Il  y  a  des  cas  complexes,  ceux  où  l’affaiblissement  intellectuel  entre  en  jeu  pour 
renverser  lu  barrière  ipii  jusqu’alors  empêchait  le  délirant  de  passer  aux  actes. Tel  ce 
cas,  longuement  observé  par  G.  Robin,  d’un  antiquaire  de  77  ans,  jaloux  de  son  fils 
depuis  plus  do  dix  ans  et  qui  l’assassina,  sans  doute  non  pas  tant  en  raison  de  l’intensité 
du  délire  que  de  l’affaiblissement  de  son  intelligence,  dû  à  son  âge  et  à  l’artériosclérose. 
C’est  à  cause  de  cet  affaiblissement  intellectuel  que  les  manifestations  délirantes  n’ont 
plus  senti  les  freins  du  jugement,de  l’autocritique,  du  raisonnement  qui,  tant  bien  tpie 
mal,  avaient  pendant  longtemps  fonctionné. 

A  mesure  que  les  sentiments  de  famille  s'éteignent  parallèlement  an  progrès  de 
ratfaiblisscmcnt  intellectuel,  il  se  produit  souvent  par  bouffées  de  véritables  perver¬ 
sions  de  l’affectivité.  La  vie  de  famille  avec  un  dément  sénile  eSl  bien  difficile.  Il  faut, 
pour  les  bien  connaître,  avoir  vécu  avec  ces  vieillards  affaiblis  qui  so  méfient  do  leurs 
enfants  parce  que  les  lacunes  de  leur  mémoire  ne  leur  permettent  plus  do  retrouver  les 


ANAL  Y  SES 


207 


objets  par  eux-mêmes  égarés.  La  pour  du  lendemain,  la  peur  de  rester  sans  ressources 
bon  seulement  les  rend  égoïstes  et  avares,  mais  encore  leur  fait  redouter  d’être  voles 
dans  leur  propre  famille.  C’est  autour  de  lui  que  le  dément  sénile  épie  et  accuse  ;  on  veut 
le  voler,  le  déposséder,  hâter  sa  mort  pour  hériter  ;  alors  il  réagit  par  la  mauvaise  hu- 
hieur,  l’impatience,  l’irritabilité. 

Une  dernière  bouffée  d’amour  ou  d’excitation  génésique  passe  parfois  à  travers  les 
ruines  du  jugement  des  déments  séniles,  incapables  de  peser  les  conséquences  de  leurs 
paroles  et  de  leurs  actes.  On  voit  do  vieilles  femmes  s’éprendre  de  passion  délirante 
pour  leur  fils  marié,  des  pères  affaiblis,  dans  un  accès  d’érotisme,  se  jeter  sur  leur  fille 
Ou  leur  nièce  et  nourrir  contre  elle  un  vif  ressentiment  d’avoir  été  repoussés  et  humi¬ 
liés. 

Lorsqu’on  constate  chez  un  vieillard  une  haine  bien  établie,  solidement  armée  par 
une  affectivité  désespérée,  c’est  dans  un  délire  qu’il  faut  en  chercher  l’explication. 
Le  délire,  c’est  l’armature  de  toutes  les  préoccupations  qui  assaillent  le  vieillard.  En 
dehors  du  délire,  les  rancunes,  les  haines  de  famille  sont  fragiles  parce  que  le  cœur  et 
l’esprit  ont  perdu  eux-mêmes  de  leur  force.  Les  réactions  les  plus  vives  laissent  le  vieil 
homme  étonné  et  confus.  Haïr,  pour  un  vieillard,  c’est  avouer  sa  diminution,  sa  fai¬ 
blesse  ;  c’est  crier  de  rage  impuissante  ;  c’est  montrer  la  dernière  flamme,  le  dernier 
sursaut  d’une  affectivité  qui  no  reçoit  plus  assez  de  lueurs  d’une  intelligence  appau- 
vrie  pour  s’éteindre  en  beauté,  on  bonté.  E-  E. 

Sur  vm  Qa.s  de  syndrome  schizophrénique  post-opératoire,  par  Mltor  Ugo  GtA- 

CANELLI,  Annali  deir  Ospedale  Psichialrico  provinciale  in  Periigia,  t.  19,  n“  i-3, 

.  P-  7,  janvier-septembre  1925. 

Démence  précoce  apparue  chez  un  jeune  homme  de  24  ans  quelques  jours  après 
une  intervention  pour  ulcère  gastrique  ;  la  mère  du  sujet  était  morte  internée  (2  pho¬ 
tos).  F.  Deleni. 


délires  chroniques  ;  hypothèses  pathogéniques  contemporaines,  par 

I>.  Guihaud.  Encéphale,  an  20,  n»  9,  p.  60.3-073,  novembre  1925. 

Les  essais  d’une  théorie  des  délires  chroniques  sont  surtout  l’œuvre  d’auteurs  tran¬ 
sis  contemporain  s  ;  ils  concordent  en  ce  qu’ils  tendent  à  considérer  l’aspect  neuro¬ 
logique  de  phénomènes  psychiques. 

Chez  le  délirant  chronique  se  jiroduisent  des  phénomènes  mentaux  parasites,  eu 
discordance  avec  le  cours  normal  de  la  pensée  ;  le  malade,  les  éprouve  comme  non  per¬ 
sonnels,  comme  étrangers  à  lui-même  ;  ils  lui  sont  désagréables  jiar  leur  nature  et  par 
1«  mystère  do  leur  apparition.  Mignard  en  a  cherché  la  source,  dans  l’emprise  organo- 
Psychique  et  la  subduction  mcnfTalo  ;  de  Clérambault  les  explique  par  l’automatisme 
mental  ;  Hesnard  les  tient  pour  productivités  psychiques  monstrueuses  d’origine 

organique. 

Si  chez  le  délirant  chronique  dos  phénomènes  psychiques  conscients  peuvent  appa- 
•■aître  sans  s’intégrer  au  moi  mental  vivant,  c’est  que  la  synthèse  des  impressions 
sensitives  et  sensorielles. neuro-végétatives  et  cénesthésiques  s’opère  de  façon  vicieuse 
du  fait  d’un  manque  d’apports  ou  de  l’arrivée  d’apports  faux  aux  centres  supérieurs. 
Les  voies  do  transmission  sont  devenues  impropres  â  la  conduction  intégrale  parce 
que  les  faisceaux  de  neurones,  réunis  par  synapses,  qui  les  constituent,  sont  désaccor¬ 
dés  dans  leur  chronaxie  ;  l’ensemble  des  neurones  qui  donne  le  moi  continu  ne  peut 
reconnaître  le  ton  des  neurones  discordants  ni  tenir  pour  son  bien  légitime  les  fausses 
botes  qu’il  perçoit. 


ANAL  Y  SE  S 


On  voit  combien  les  Ihtorics  de  ce  genre  tendent,  è  donner  de  l’importance  aux  voies 
périphériques,  végétatives  et  cénesthésiqnes  principalement,  aux  dépens  de  l’intelli- 
g(mce.  dont  le  rôle  devient  secondaire  dans  les  psychoses.  E.  K. 


Le  schizophrénie  tardive,  par  G.  IIai.beiistadt,  Encéphale,  an  20,  n»  9,  p.  055- 
002,  novembre  1925. 

L)e  domaine  des  psychoses  préséidlcs  est  peut-être  à  l’heure  actuelle  le  moins  bien 
connu  de  toute,  la  psychiatrie,  et  la  question  se  pose  de  l’existence  possible  de  cas  de 
schizophrénie  parmi  les  psychoses  préséniles  et  séniles  évoluant  vers  la  déchéance 
intellectuelle.  A  celte  question  l’auteur  répond  par  l’affirmative  avec  cette  restriction 
que  de  tels  cas  ne  [leuvent  être  que  très  rares  ou  môme  exceptionnels. 

Il  faut  en  effet  d’abord  éliminer  les  schizophrénies  qui  sont  «  retardées  »  plutôt  que 
«  tardives  »,  une  ou  plusieurs  poussées  antérieures  ayant  été  trop  légères  pour  être 
cataloguées  «  démence  précoce  ».  En  second  lieu  il  faut  éliminer  les  maladies  se  termi¬ 
nant  par  un  certain  affaiblissement  intellectuel  sans  dissociation  caractéristique  de  la 
personnalité.  Le  fait  est  fréquent  à  l’âge  avancé  ;  on  rencontre  surtout  des  syndromes 
mélancoliques  et  délirants,  parfois  enchevêtrés,  parfois  môme  entremêlés  de  quelques 
signes  isolés  de  la  série  catatonique.  Ces  maladies,  pre.squc  spécifiques  à  cet  âge,  doivent 
être  distinguées  de  la  forme,  schizoïdirénique. 

Ces  éliminations  faites,  il  reste  un  noyau  de  faits  cliniques  ressemblant  tellement 
à  la  démence  précoce  des  jeunes  gens  que  rien  ne  permet  de  les  on  différencier  catégo¬ 
riquement.  Il  est  désirable  toutefois  que  de  nouvelles  recherches,  cliniques  et  anato¬ 
miques,  éclaircis.sent  définitivement  cotte  question  qui  a  un  intérêt  scionliflquc  de 
premier  ordre  nu  point  de  vue  de  l’étiologie  et  de  la  pathogénie  de  la  démence  précoce 
on  général.  E.  F. 

PSYCHOSES  CONGÉNITALES 

Cas  d’idiotie  amaurotique  (forme  juvénile),  par  R.-C.  Moiîiiliu  (de  Detroit),  Mi- 
chi(jan  Stade  med.  Soc.  J.,  t.  24,  n“  12,  p.  ü68,  décembre  1925. 

Le  père  et  la  mère  sont  des  débiles  mentaux  et  les  quatre  enfants  ont  l’intelligence 
au-dessous  du  niveau  normal,  le  quatrième  étant  nn  idiot  du  type  amaurotique  juvé¬ 
nile.  De  tels  cas  fournissent  argument  pour  la  castration  des  insuffisants  mentaux. 


Nouveaux  cas  de  mong^olisme,  par  1).  Santiago  Cavenut,  Ecdialria  cepanala,  in  14, 
n»  159,  p.  .305,  décembre  1925. 

D’auteur  donne  sept  nouvelles  observations  de  mongolisme,  avec  iiliolograpliios, 
et  les  accompagne  d’intéressantes  considérations  sur  cette  dystrophie  évolutive  géné¬ 
rale  dans  laquelle  le  système  nerveux  est  particulièrement  frappé. 

F.  Dkleni. 


Le  Gérant  :  J.  CAROUJAT. 


Poitiers.  —  Société  française  d’imprimerie.  —  1926. 


Tome  II.  N°  3 


Septembre  1926 


REVUE  NEUROLOGIQUE 


MÉMOIRES  ORIGINAUX 


I 


b  /> 


LA  DÉMENCE  PRÉCOCE  INFANTILE 


G.  HALBERSTADT 


On  a  cru  pendant  longtemps  que  la  démence  précoce  ne  survenait 
que  chez  lès  jeunes  gens.  Il  est  vrai  que  dans  la  grande  majorité  des  cas 
le  début  a  lieu  entre  15  et  30  ans  ;  mais  de  mêmequ’il  existe  des  schizo¬ 
phrénies  «  tardives  »  il  en  existe  qui  sont  «  précoces  »,  débutant  dans 
l’enfance  et  même  dans  les  premières  années  de  l’existence.  Malheureu¬ 
sement  leur  étude  est  des  plus  difficiles,  et  cela  ainsi  que  l’ont  fait  remar¬ 
quer  différents  auteurs  qui  s’en  sont  occupés  pour  plusieurs  raisons, 
dont  voici  les  principales  : 

1°  Nous  connaissons  encore  très  mal  les  psychoses  des  enfants  en 
général  ; 

Ceux-ci  sont  presque  toujours  soignés  par  des  médecins  non  spécia¬ 
listes.  Au  début  les  parents  ne  veulent  pas  accepter  le  diagnostic  de  psy¬ 
chose  et  croient  que  leurs  enfants  ont  , une  maladie  insignifiante  ou  qu’ils 
sont  simplement  «  nerveux  »  ; 

3°  Plus  tard  les  manifestations  cliniques  de  la  schizophrénie  chez  Pen¬ 
dant  sont  très  souvent  priseâ  pour  de  l’idiotie,  de  l’imbécillité,  voire  pour 
de  la  folie  morale  ; 

4°  On  ne  peut  souvent  affirmer  qu’il  s’agit  de  démence  précoce  ayant 
débuté  dans  l’enfance  que  sur  la  base  de  l’anamnèse  oui  est  en  général 
infidèle  ; 


5°  Si,  au  contraire,  on  a  l’occasion  d’examiner  directement  un  enfant 
Chez  lequel  se  pose  ce  diagnostic,  on  le  perd  le  plus  souvent  de  vue  plus 
card  et  on  ne  peut  donc  contrôler  son  opinion. 

Il  nous  a  semblé  que  cette  question  méritait  qu’on  s’y  arrêtât.  On  verra 
ailleurs,  nous  l’espérons,  au^coursdece  travail,  combien  intéressants 
sont  les  problèmes  qu’elle  soulève. 


aavUE  NEUROLOGIQUE.  —  T.  II,  N“’;',  SEPTEMERB  1926 


14 


210 


G.  HALBEBSTADT 


On  sait  que  la  démence  précoce  fut  découverte  par  Morel,  ainsi  que  le 
constate  expressément  Kraepelin  (1).  Mais  c’est  Kahlbaum  qui  le  pre¬ 
mier  en  affirma  la  possibilité  chez  l’enfant.  Bartscbinger  en  Suisse,  puis 
surtout  Santé  de  Sanctis  en  Italie,  publièrent  les  premières  observations 
démonstratives.  Kraepelin,  dans  les  dernières  éditions  de  son  Traité,  en 
a  reconnu  la  réalité.  Il  a  insisté  sur  ce  fait  que  les  troubles  dits  prémoni¬ 
toires  de  cette  psychose  n’en  sont  souvent  autre  chose  que  les  premiers 
signes,  et  il  a  montré  qu’elle  pouvait  s’installer  par  une  série  de  poussées 
successives  dont  la  première  remontait  parfois  à  l’enfance.  Il  a  créé 
aussi  la  notion  de  l’hébéphrénie  greffée  dont  on  verra  plus  bas  les  rap¬ 
ports  avec  la  variété  qui  nous  occupe.  Puis  paraissent,  en  plus  des  obser¬ 
vations  isolées,  les  travaux  d’ensemble  de  Vogt  (1909),  Raecke  (1909), 
Aubry  (1910),  Pujol  et  Terrien  (1914). En  1911,  Bleuler  avait  déjà  écrit 
cette  phrase  dans  son  livre  demeuré  classique  :  «  Si  les  renseignements 
fournis  par  l’anamnèse  sont  sérieux,  on  peut  constater  que  dans  le  ving¬ 
tième  au  moins  des  cas  de  démence  précoce  la  maladie  a  débuté  dans 
l’enfance  et  notamment  au  cours  des  premières  années  de  l’existence  ». 
Depuis  la  guerre  ont  paru  les  articles  de  Gruntbal  et  de  Voigt,  ce  dernier 
fait  sous  l’inspiration  de  Kraepelin.  Mentionnons  enfin  l’article  de  l’au¬ 
teur  polonais  Iligier  (jui  étudie  les  différents  états  démentiels  de  l’enfance. 

En  raison  de  leur  intérêt,  nous  croyons  utile  de  donner  un  résumé  des 
douze  observations  de  Voigt  émanant  de  la  clinique  de  Kraepelin. 

I.  -  Gar(;on,  avec  une  certaine  hér6Uité  rnurbiile,  normal  jusqu’à  l'àsci'o  trois  ans. 
Ensuite  arrêt  puis  rà^fression  du  déveloiipcmont.  l’erte  [irojrressive  d’intérêt  pour  le 
mon  O  cxtérie.iii'.  Néfjativismc.  Earactère  di^venant  dillicile  et  indocile.  Sitio|)lioljie. 
Apparition  de  stéréotypies,  et  d(i  moiivernimts  rytlirniques  divers.  Ecliolalie.  Impul¬ 
sivité.  Etat  sans  chan^'emeut  [lendant  près  d(^  4  ans. 

II.  -  Mère  démente  précoce.  Eillettiî  normale  jus()u’à  4  ans.  A  C(^t  âge,  apparition 
de  troubles  du  caractère  :  entêtement,  «  méchanceté  »,  négativisme,  puis  déchéance 
inteilectuelle  progressive  aboutissant  à  une  démimce  profonde.  Après  île  longues  années 
d’évolution,  on  observe,  de  temps  en  temps  dos  états  d’agitation  avec  inqiulsivité. 

III.  -  .leiine  lille,  a\'ec  hérédité  dégénérative,  se  développe  presque  normalement 
Jusqu’à  10  ans.  Il  sembh'  y  avoir  eu  même  dès  cette  époque  ipielques  synqd,àmes  sus¬ 
pects  :  était  trop  docile  et  trop  suggestible,  l’uis  rapidement  a|)parition  de  troubles 
du  caractère  :  devient  renfermée,  entêtée,  querelleuse.  Einalement,  état  catatonique. 

IV.  --  l'ille.  Hien  de  certain  au  sujet  des  tares  héréditaires.  A  l’école,  études  médio¬ 
cres,  .\  10  ans,  troubles  particuliers  :  e.vcitation  légère  avec  traits  de  puérilisme,  'sté- 
réoty|iies  bizarres,  maniérisme,  grimaces  étranges,  l’arfois,  accès  d’agitation  avec  im¬ 
pulsivité,  'l'endance  à  l’in  lilTérence  alïective,  mais  paid'ois  anxiété.  I''inalement,  état 
démentiel,  sous  forme  d’hébéphrénie. 

V.  Garçon,  sans  hérédité  morbide.  Dans  la  première  enfance,  était  entêté,  dillicile, 
rechcrcl  ant  l’isolement,  faisant  parfois  des  fugues.  La  psychose  se  développe  entre 
8  et  13  uns  et  se  caractérise  essentiellement  par  une  accentuation  des  troubles  du  carac¬ 
tère  précités,  l’uis  indilTérence  affective,  suggestibilité,  grimaces  étranges.  Einalement, 
état  terminal  pendant  lequel  il  peut  se  livrer  à  quelques  travaux  agricoles.  Maisacon- 


(1)  KnAEioiLi.N.  Esijchialrie.  8'  édition,  3»  volume,  1013,  p.  009, 


LA  DÉMENCE  PRÉCOCE  INFANTILE 


211 


servé  une  tendance  au  mutisme, *ne  sort  que  très  peu,  conserve  une  attitude  stéréotypée 
bizarre  :  la  tête  reste  toujours  penchée. 

—  Garçon,  avec  hérédité  psychopatliique.  A  trois  ans,  convulsions  et  état  confu- 
sionnel.  Puis,  légère  arriération  intellectuelle.  Apprenait  bien,  mais  avait  de  la  ditTi- 
çulté  pour  un  travail  personnel.  Tendance  au  négativisme.  Recherche  l’isolement.  N’a 
jamais  pu  gagner  normalement  sa  vie.  Changeait  fréquemment  de  places,  commettait 
des  actes  étranges.  Apparition  enlin  do  phénomènes  catatoniques,  puis  état  terminal 
avec  excitation  et  troubles  graves  du  caractère. 

— ■  Garçon,  avec  lourde  hérédité  morbide.  A  huit  ans,  modification  du  caractère 
at  recul  intellectuel.  A  IG  ans,  excitation  catatonique.  A  18  ans,  nouvelle  phase  d’ex- 
cHation,  Pas  d’intervalle  lucide  entre  les  deux  accès. 

VIII.  —  Fille,  avec  lourde  hérédité  morbide.  Bonnes  études  scolaires.  Changement 
entre  11  et  12  ans  ;  apprend  moins  bien,  se  conduit  d’une  façon  étrange.  Ne  se  plaît  pas 
avec  les  autres  enfants.  A  volé.  A  eu  des  idées  mystiques  et  des  périodes  de  dépression. 
Dans  le  service,  négativisme,  courtes  périodes  d’agitation,  phénomènes  cataleptiques. 
Hallucinations  pas  sûres. 

IX.  —  Garçon  né  do  parents  alcooliques.  A  10  ans,  apparition  de  troubles  du  carac¬ 
tère  :  déchéance  morale  progressive,  conservation  des  facultés  intellectuelles  propre- 
•nent  dites.  Puis,  indifférence  affective  totale.  Négativisme.  Etat  terminal  :  affaiblisse¬ 
ment  intellectuel  marqué  avec  impulsivité.  Mort  de  tuberculose  à  10  ans.  (Forme 
simple). 

X.  —  Garçon,  sans  hérédité  morbide.  Ecolier  médiocre.  .\  13  ans,  hallucinations  de 
l’ouïe.  Devient  très  calme,  recherche  l’isolement.  Puis,  apparaissent  des  secousses  muscu- 
laires  étranges,  généralisées  è  tout  le  corps.  Actes  stéréotypés.  Refus  de  nourriture. 
Ensuite,  catatonie  typique.  Etat  terminal  ;  affaiblissement  intellectuel,  indifférence 
affective,  mais  possibilité  d’un  travail  agricole  d’ailleurs  sans  aucune  initiative. 

XI.  —  Garçon,  avec  lourde  hérédité  morbide.  Début  à  0  ans,  par  utu'  altération  du 
oaractère  avec  traits  négativistes.  Puis,  psychose  à  type  circidaire,  avec  phénomènes 
hallucinatoires  au  cours  de  la  phase  dépressive.  Deux  ans  après  h-  début  l’enfant  produi¬ 
rait  l’impression  d’un  imbécile.  Se  maintient  toujours  dans  un  état  d'obtusion  avec 
rndiftéreng,,  affective.  Parfois  loquacité  incohérente.  Evolution  (irogressive  vers  une 
déchéance,  intellectuelle.  -  -  N.  B.  Le  diagnostic  tlans  ce  cas  n’est  |ias  absolument  cer¬ 
tain. 

XII.  -  t’ille,  sans  antécédents  héréditaires.  Le  début  a  eu  lieu,  dans  l'enfance,  par 
•les  crises  é|)ilepLitormes.  Les  troubles  du  caractère  ont  apparu  de  très  bonne  heure  : 
tendance  è  l’isolement  coexistant  avec  une  très  gran<le  docilité.  Fonds  mental  débile, 
•^"eun  intérêt  pour  son  entourage.  Installation  progressive  d’un  étal  lerminal  caracté- 
Hstique  ;  démence,  très  accusée,  avec  rire  sons  motif  et  grimaces  continuelles.  Par¬ 
fais  survie.nnent  des  périodes  d’excitation  ;  la  malade  court  à  droile  et  à  gauche,  i)rend 
•les  attitudes  étranges,  prononce  des  phrases  incohérentes. 

Nous  ne  dirons  (jue  peu  de'ciioses  de  l’ctiologie  de  la  démence  précoce 
infantile.  Il  règne  ici  la  même  incertitude  que  pour  la  démence  précoce 
hn  général.  Le  rôle  de  l’hérédité  est  diversement  apprécié.  On  peut  affir¬ 
mer  que  les  tares  héréditaires  existent  dans  la  majorité  des  cas,  mais  pas 
dans  tous.  Ce  n’est  donc  pas  une  condition  .s’ûie  qiia  non.  Lorsque  l’héré¬ 
dité  existe,  elle  est  tantôt  légère  et  tantôt  lourde.  Sur  nos  quatre  cas 
personnels,  nous  avons  un  cas  d’hérédité  lourde,  deu.x  cas  avec  tares 
mgères,  un  cas  sans  tare  aucune.  Pujol  et  Terrien  reconnaissent  que  cette 
affection  pouvait  apparaître  «  sur  un  terrain  exempt  de  tares  héréditaires  ». 
Aubry,  tout  en  disant  que  l’hérédité  constitue  «  un  facteur  très  important», 


212 


G.  HALRERSTADT 


attribue  aussi  une  grande  part  d’influence  au  «  facteur  toxique  »  et  même 
aux  émotions  de  l’enfance,  à  la  «  frayeur  ».  Signalons  le  cas  isolé  de  | 
Garezzano  (origine  tuberculeuse).  Mentionnons  enfin  le  travail  de  Ponitz  ï. 
dans  lequel  il  admet  un  trouble  des  glandes  à  sécrétion  interne  et  plus  v 
spécialement  de  la  glande  thyroïde.  Un  trouble  de  ce  genre  existait  )) 

aussi  dans  un  cas  décrit  par  Kraepelin  dans  une  de  ses  leçons.  ) 

Il  nous  faut  examiner  maintenant  quel  est  chez  ces  enfants  l’état  men-  ) 
tal  antérieur  au  développement  de  la  psychose.  Dans  un  certain  npmbre  ^ 
de  cas,  on  ne  trouve  dans  les  antécédents  rien  de  particulier.  Mais  il  ) 

n’en  est  pas  ainsi  en  général,  et  il  est  utile  de  distinguer  plusieurs  groupes  ; 

de  faits. 

Il  est  bien  entendu  que  de  tels  groupements  n’ont  qu’une  valeur  sché-  ; 
matique,  car  d’une  part  il  existe  des  formes  de  passage  et  d’autre  part  ■ 
il  est  parfois  difficile  de  dire  où  finit  la  période  prémonitoire  et  où  com-  'i 
mence  la  période  de  la  maladie  confirmée.  Kunkel  se  basant  surtout  sur  ; 
Kraepelin  décrit  quatre  types  psychologiques  chez  les  enfants  futurs 
déments  précoces  que  l’on  peut  sommairement  caractériser  de  la  façon 
suivante  :  •  ■; 

I.  —  Enfants  présentant  surtout  des  phénomènes  d’autisme.  II.  — 
Enfants  facilement  irritables.  III.  —  Enfants  avec  instincts  anti-  ; 
sociaux.  IV.  —  Enfants  caractérisés  par  un  goût  étrange  de  la  pédan-  J 
terie.  ■  .  ; 

Ces  quatre  modalités  n’épuisent  d’ailleurs  pas  toutes  les  formes  d’ano-  ) 
tnalies  psychologiques  dans  les  antécédents  de  ces  sujets.  C’est  ainsi  .i 
que  Voigt  insiste  sur  ce  fait  que  certains  enfants  signalés  comme  ayant  ■ 
été  d’c.xccllents  écoHers  devraient  ces  qualités  à  une  excessive  docilité,  ; 
à  une  aptitude  peu  commune  de  se  livrer  à  un  travail  prescrit  d’avance  i 
et  quasi-automatique.  Par  contre,  Raecke,  Haury  signalent  dans  les  < 
antécédents  la  paresse  morbide.  Vogt  dit  que  ces  enfants  paraissent  ) 
quelquefois  bizarres  et  sont  punis  à  l’école.  Certains  sont  des  peureux  et  't 
des  anxieux  (Grunthal).  Il  existe  des  cas  où  on  note  une  sorte  de  disso-  ' 
ciation  entre  différents  traits  psychologiques  de  l’enfant.  Le  petit  malade  'l 
d’Aubry,  par  exem[)le,  d’un  «  développement  précoce  »,  le  plus  avancé  ,  ■ 
de  l’école,  était  en  même  temps  «  difficile,  grincheux  et  brutal».  Nous 
dirons,  en  somme,  que  nos  connaissances  sur  l’état  antérieur  de  ces  % 
entants  ne  peuvent  être  considérées  comme  complètes.  Tout  d’abord,  ’il 
il  est  difficile  de  dire  si  certaines  particularités  signalées  ne  sont  pas  déjà,  )( 
eomme  le  pense  Kraepelin,  les  premiers  symptômes  de  la  maladie.  Cette  % 
question  restera  encore  longtemps  presque  insoluble.  D’autre  part,  on  ne 
peut  distinguer  avec  certitude,  à  l’heure  actuelle,  certains  enfants  sim-  ! 
plement  «  névropathes  »  ou  <(  psychopathes  »  d’avec  les  futurs  schizo-  ’j 
phrènes  (Rittershaus).  Sous  ces  réserves,  il  est  bon  malgré  tout  de  tenir  j 
compte  de  toutes  ces  particularités  psychologiques  et  aussi  d’en  recher-  ,|j 
cher  de  semblables  chez  les  différents  membres  des  familles  où  on  ren-  ;  ' 
contre  des  enfants  shizophréniques.  On  verra  alors  que  ce  sont  souvent  J 

des  personnes  ayant  des  bizarreries,  autistes,  négativistes,  s’isolant  de  | 


LA  DÉMENCE  PRÉCOCE  INFANTILE  213 

la  réalité  (Voigt),  sans  qu’il  s’agisse  toujours,  de  véritables  aliénés. 

Lorsque  la  schizophrénie  apparaît  chez  des  enfants  atteints  d’imbé¬ 
cillité  plus  ou  moins  accusée,  on  a  la  forme  dite  hébéphrénie  greffée. 
Kraepelin  estime  que  cet  état  antérieur  d’«  imbécillité  »  n’est  lui-même 
que  le  résultat  d’une  poussée  antérieure  de  schizophrénie  très  précoce. 
Mais  cette  opinion  n’est  guère  admise  par  tous.  Partagée  par  Voigt  et 
Villinger,  elle  est  combattue  par  Weygandt  et  Plaskuda.  Elle  confirme 
en  tout  cas  la  possibilité  d’un  début  extrêmement  précoce  de  la  schizo¬ 
phrénie.  Cette  question  de  l’âge  de  début  de  la  démence  précoce  infan¬ 
tile  n’est  pas  toujours  facile  à  préciser,  car  on  sait  que  cette  affection  se 
développe  le  plus  souvent  d’une  façon  lente  et  insidieuse. 

Le  début  de  la  démence  précoce  infantile  est  en  effet  généralement 
tout  aussi  insidieux  et  progressif  que  celui  de  la  même  maladie  chez  l’a¬ 
dulte.  Ce  sont  des  modifications  du  caractère  et  de  l’activité,  bien  connues 
ot  maintes  fois  décrites.  Mais  en  raison  du  jeune  âge  des  sujets  on  peut 
constater  parfois  quelques  particularités.  Nous  n’insisterons  bien  entendu 
îue  sur  ces  dernières  et  nous  nous  occuperons  d’abord  des  cas  à  début 
relativement  lent,  puis  des  cas  à  début  relativement  rapide. 

_  L’enfant  jusque-là  normal  ou  ne  présentant  qu’une  certaine  diminu¬ 
tion  intellectuelle,  parfois  au  contraire  supérieur  à  la  moyenne,  subit 
progressivement  comme  un  arrêt  de  développement.  Il  apprend  plus 
^^1  à  l’école,  devient  paresseux,  indiscipliné,  entêté,  parfois  impulsif. 
•Certains  enfants  s’isolent  de  leurs  petits  camarades,  d’autres  s’agitent 
contraire.  Souvent  les  maîtres  à  l’école  ne  reconnaissent  pas  le  carac¬ 
tère  morbide  de  ces  modifications.  (Certains  enfants  font  des  fugues, 
comme  par  exemple  notre  malade  E...  Il  y  en  a  qui  commettent  des  vols, 
tel  un  malade  de  Voigt.  Dans  certains  cas  on  observe  une  dissociation  ; 
les  qualités  morales  baissent  tandis  que  pendant  un  temps  assez  long  les 
qualités  intellectuelles  restent  encore  normales  ou  à  peu  près.  Il  en  ré- 
sulte  l’impression  clinique  d’une  constitution  psychopathique  dégéné- 
l’etive  avec  perversions  instinctives  (une  observation  de  Weichbrodt). 
^cs  phénomènes  convulsifs,  des  tremblements  mal  définis  ont  été  éga¬ 
lement  signalés.  Dans  certains  cas  on  pense  à  l’épilepsie  ou  à  l’hystérie. 
Qu’il  nous  soit  permis  de  rappeler  que  la  malade  G...,  dont  l’observation  a 
Puru  ici  même  en  1910,  a  eu  au  début  une  «  paraplégie  hystérique  »> 
®J(ant  duré  plusieurs  années,/  qui  a  cessé  du  jour  au  lendemain  pour 
faire  place  à  un  état  psychotique  avec  agitation. 

Les  cas  à  début  aigu  ont  été  également  signalés.  D’un  intérêt  parti¬ 
culier  sont  ceux  dans  lesquels  la  psychose  éclate  en  même  temps  que 
paraissent  les  premières  règles  (Grunthal,  Mucha).  Un  malade  de  Raecke 
commence  brusquement  «  à  faire  tout  de  travers  »  et  à  présenter  de  véri- 
fables  «  accès  de  cris».  Plusieurs  malades  de  Grunthal  sont  entrés  dans 
®  psychose  par  des  accès  brusques  d’agitation,  l’un  est  devenu  subite- 
*^cnt  anxieux.  Ce  dernier  mode  de  début  est  très  bien  décrit  par  Pujol 

Terrien  chez  leur  malade  âgé  de  huit  ans  :  «  Il  n’y  a  pas  de  période 
prodromique.  Au  mois  de  janvier  1909,  cinq  mois  environ  avant  son 


214 


G.  HALBERSTADT 


enlrce  à  l’asile,  l’enfant  éprouva  une  forte  émotion.  Il  y  a  deux  mois 
environ,  il  s’écrie  soudain  ;  «  Grand-père,  je  vais  mourir  »,  court  affolé 
dans  le  jardin,  montre  le  ciel  à  son  grand-père,  voit  un  ange  qui  descend 
pour  venir  le  prendre.  L’enfant  est  pâle,  anxieux,  pousse  de  grands  sou¬ 
pirs.  Le  jour,  il  présente  des  alternatives  de  calme  et  d’agitation  anxieuse  ; 
la  nuit,  il  ne  dort  pas  ou  dort  mal,  a  des  cauchemars  et  se  réveille  en 
sursaut.  Il  y  eut  pendant  quelques  jours  un  calme  relatif,  puis  peu  à 
peu  l’anxiété  réapparaît  et  depuis  trois  semaines  l’agitation  anxieuse 
du  début  avec  gémissements,  soupirs  et  lamentations,  n’a  pas 
cessé  ». 

La  symptomatologie  de  la  démence  précoce  infantile  ne  présente,  dans 
scs  traits  généraux,  rien  de  spécial.  On  rencontre  ici. les  symptômes  habi¬ 
tuels  de  cette  affection,  et  nous  n’avons  pas  à  y  insister.  Les  formes  cli¬ 
niques  sont  également  celles  qu’on  observe  habituellemenrt,  surtout 
la  forme  catatonique,  plus  rarement  les  formes  paranoïdes  (Voigt).  En 
général,  les  délires  et  les  hallucinations  ne  sont  guère  fréquents,  mais 
cette  règle  comporte  des  exceptions.  L’est  ainsi  que  Vinchon,  dans  sa 
thèse,  rapporte  plusieurs  observations  de  démence  précoce  infantile  avec, 
â  un  moment  doi«ié  tout  au  moins,  prédominance  de  phénomènes  déli¬ 
rants.  Citons  dans  le  même  ordre  d’idées  les  publications  de  Mondio  et 
de  Weicbbrodt.  Ce  dernier  auteur  attire  l’attention  sur  ce  fait  que  les 
idées  morbides  sont  en  général  peu  ancrées  dans  ces  cas.  Le  peu  de  fré¬ 
quence  des  ballucinations  est  souligné  par  Voigt  qui  rapproche  ce  fait 
de  ce  qui  a  été  constaté  dans  la  démence  précoce  des  peuples  primitifs 
(à  Java)  (jui  ne  présentent  (|ue  rarement  des  hallucinations.  Signalons 
cependant  que  chez  le  petit  malade  d’Aubry  (et  cette  observation  n’est 
pas  isolée)  il  y  avait  des  troubles  sensoriels  :  «  Après  des  troubles  du  carac¬ 
tère  et  de  l’altération  des  sentiments  affectifs  le  malade  a  présenté  une 
crise  d’agitation  ,  puis  de  la  stupeur,  des  idées  délirantes  confuses,  des 
hallucinations,  des  impulsions  et  après  rémission  a  évolué  en  4  ans  vers 
une  démence  s[)éc,iale.  » 

Parmi  les  autres  formes,  signalons  la  forme  dépressive  dont  parle 
Voigt. 

Il  est  particulièrement  important  de  savoir  que  bien  souvent  la  schizo¬ 
phrénie  infantile  se  manifeste  par  des  troubles  du  caractère  et  des  alté¬ 
rations  du  sens  moral  et  qu’elle  revêt  parfois  la  forme  héboïdophrénique. 
On  prend  pour  des  enfants  vicieux  et  paresseux  des  schizophréniques 
en  pleine  maladie.  Ils  commettent  souvent  des  fugues  et  même  deviennent 
de  véritables  petits  vagabonds  ainsi  que  le  note  Haecke.  Un  degré  de 
plus,  et  c’est  l’héboïdophrénie.  Rappelons  que  cette  forme  est  carac¬ 
térisée  essentiellement  par  la  prédominance  dans  le  tableau  morbide  de 
perversions  instinctives  avec  une  intégrité  relative  de  l’intelligence. 
L’affaiblissement  intellectuel  tout  en  étant  définitif  reste  léger  par  com¬ 
paraison  avec  les  autres  formes  de  la  démence  précoce.  Des  périodes 
d’excitation  parfois  très  intense  avec  impulsivité  et  phénomènes  subcon- 
fusionncls  surgissent  à  intervalles  variables  au  cours  de  la  psychose  et 


LA  DÉMENCE  PRÉCOCE  INFANTILE  215 

contribuent  à  la  différencier  de  la  dégénérescence  mentale  proprement 
dite  (1). 

Si  la  maladie  se  présente  comme  une  «  hébéphrénie  greffée»,  le  sujet 
ressemble  surtout  à  un  dégénéré  imbécile  ou  idiot,  avec  cependant 
quelques  traits  cliniques  de  la  série  schizophrénique,  tels  que  :  manié¬ 
risme,  impulsivité,  négativisme,  stéréotypies,  suggestibilité,  périodes 
d’agitation  parfois  très  violente  et  portant  le  cachet  de  l’agitation  cata- 
tonique. 

Le  diagnostic  de  la  démence  précoce  dans  l’enfance  soulève  les  mêmes 
problèmes  que  celui  de  la  schizophrénie  à  la  puberté  ou  à  l’âge  adulte, 
mais  ces  problèmes  se  présentent  parfois  sous  un  aspect  particulier. 
Nous  laisserons  de  côté  ce  qui  est  commun  aux  schizophrénies  de  tout 
■âge  pour  ne  nous  appesantir  que  sur  les  points  particuliers. 

L’erreur  la  plus  fréquente  et  aussi  la  plus  difficile  à  éviter  est  celle 
de  prendre  ces  cas  pour  de  l’idiotie  ou  de  l’imbécillité.  L’existence  de  la 
forme  dite  «  hébéphrénie  greffée  »  complique  encore  le  diagnostic  et  le 
rend  parfois  d’une  difficulté  insurmontable.  Ce  sont  les  renseignements 
anamnestiques  qui  seuls  parfois  permettront  d’asseoir  le  diagnostic  et 
on  sait  combien  trop  souvent  leur  valeur  est  douteuse.  Citons  par  exemple 
l’observation  no  5  de  Raecke.  Un  garçon  de  12  ans  présente  après  une 
courte  période  prodromique  des  troubles  schizophréniques  extrêmement 
iiets  mais  qui  «  guérissent  »  au  bout  de  quelques  semaines  de  traitement. 
Or  ce  malade  revient  â  l’asile  après  un  intervalle  de  quatre  ans,  cette 
fois  sous  l’aspect  d’un  imbécile  avec  périodes  d’excitation.  Raecke  affirme 
que  dans  ce  cas  seul  le  fait  d’avoir  eu  déjà  ce  même  malade  en  traitement 
.  quatre  ans  auparavant  pour  des  troubles  tout  différents  permit  de  faire 
Un  diagnostic  exact.  Nous  pensons  que  parmi  les  enfants  arriérés  nom¬ 
breux  sont  les  cas  de  cet  ordre.  Une  meilleure  connaissance  de  la  schizo¬ 
phrénie  infantile  permettra  certainement  de  les  mieux  classer. 

Plusieurs  auteurs,  notamment  Raecke  et  Vogt,  signalent  la  possi¬ 
bilité  de  confondre  la  forme  clinique  que  nous  étudions  avec  les  tumeurs 
cérébrales,  tellement  les  petits  malades  paraissent  parfois  obnubilés  et 
stuporeux. 

Le  diagnostic  avec  l’hystérie  et  l’épilepsie  devra  être  également  envi¬ 
sagé.  Bien  souvent  l’évolution  seule  permettra  de  se  prononcer,  à  moins 
qu’il  ne  s’agisse  de  «  psychoses  combinées  »,  c’est-à-dire  d’une  coexis¬ 
tence  chez  le  même  individu  de  deux  psychopathies  différentes.  En  ce 
qui  concerne  plus  spécialement  l’épilepsie,  on  sait  que  nombreux  sont 
les  cas  de  démence  précoce  dans  lesquels  on  observe  des  convulsions 
épileptiformes.  Cette  coexistence  a  été  également  notée  chez  l’enfant 
(Voigt,  Co<5tantini). 

Il  existe  des  cas  de  démence  infantile  qui  ressemblent  à  la  schizophré- 
uie  mais  qui  cependant  doivent  en  être  distingués  en  raison  surtout  de 

(1)  Halberstadt.  La  forme  héboïdophrénique  de  la  démence  précoce.  Annale» 
'’^flico-psycholuÿiqucs,  juin  1925,  p.  23. 


216 


G.  IIALDERSTADT 


l’évolution  quelque  peu  différente.  Ces  cas  débulent  de  très  bonne  heure 
et  aboutissent  rapidement  à  une  profonde  démence.  Mais  il  n’est  pas 
certain  que  tous  ces  cas  soient  univoques  et  qu’ils  relèvent  du  même  pro¬ 
cessus  morbide.  Ce  fut  Santé  de  Sanctis  qui  les  étudia  le  premier,  d’abord 
en  1906  puis  dans  deux  autres  travaux  parus  en  1909.  Citons  parmi  ses 
observations  les  exemples  suivants. 

—  Fille,  3  ans,  stupeur  catatonique  consécutive  à  un  choc  émotionnel. 

—  Garçon,  5  ans,  troubles  du  caractère,  puis  de  l’intelligence,  rire 
sans  motifs,  périodes  d’excitation,  enfin  stéréotypics,  verbigération, 

«  symptômes  cataleptiques  ». 

L’auteur  a  proposé  le  terme  de  «  démence  précocissime  »,  mais  en  faisant 
toutefois  cette  restriction  que  l’identité  avec  la  démence  précoce  clas¬ 
sique  ne  paraît  pas  absolue  pour  tous  les  cas,  ceux-ci  étant  dissemblables. 
Heller  en  1908  publia  six  observations  avec  début  vers  la  troisième  ou 
quatrième  année,  sous  le  nom  de  «  démence  infantile  ».  Il  émit  l’avis 
qu’il  s’agissait  d’une  affection  organique  du  cerveau  d’une  nature  encore 
inconnue.  Ces  malades  deviennent  des  déments  (avec  maniérisme  et 
stéréotypies).  Kraepelin  (1913)  pense  que  certains  de  ces  sujets  sont 
certainement  des  déments  précoces,  mais  pas  tous.  Cotte  opinion  a  été 
développée  six  ans  plus  tard  par  Voigt.  En  1921  Zappert  publie  sept  cas 
où  l’affection  a  débuté  vers  l’âge  de  3-4  ans  chez  des  enfants  jusque-là 
normaux  et  s’est  terminée  en  quelques  mois  par  une  profonde  démence. 
L’état  démentiel  définitif  ressernble  par  certains  symptômes  à  la  démence 
précoce  (phénomènes  catatoniques,  stéréotypies,  impulsivité,  etc.), 
mais  s’en  différencie  par  l’apparition  précoce  de  troubles  particuliers 
du  langage.  Zappert  semble  croire  que  la  maladie  de  Heller  constitue  une 
forme  clinique  particulière.  Récemment  Higier  (1924)  s’est  rattaché  à 
cette  manière  de  voir  et  a  signalé,  d’autre  part,  l’existence  d’une  forme 
familiale  de  cette  démence  infantile. 

Un  dernier  point  qui  nous  reste  à  envisager  est  la  différenciation  avec 
ces  formes  psychopathiques  spéciales  qui  relèvent  du  tempérament 
schizoïde  mais  qui  n’aboutissent  pas  .à  un  affaiblissement  intellectuel. 
Claude  et  ses  élèves  ont  dégagé  et  décrit  les  variétés  schizoïde  et  schizo- 
maniaque  dans  lesquelles  prédominent  des  troubles  du  caractère  et  des 
particularités  psychologiques  qui,  lorsqu’ils  arrivent  à  un  degré  très  accusé 
et  qu’il  s’y  joint  un  affaiblissement  intellectuel,  donnent  le  tableau  cli¬ 
nique  de  la  schizophrénie  confirmée.  Dans  un  article  récent  le  seul  à 
notre  connaissance  qui  s’occupe  de  cette  question  au  point  de  vue  de  la 
psychopathologie  de  l’enfance,  Ssucharewa  a  publié  plusieurs 

observations  remarquables  d’enfants  entrant  dans  cette  catégorie.  Non 
seulement  ces  sujets  ne  deviennent  pas  déments  mais  certains  d’entre 
eux  font  au  contraire  des  progrès  scolaires  et  arrivent  à  un  développement 
intellectuel  partait.  L’auteur  estime  que  ces  cas  doivent  être  radicalement 
séparés  de  la  démence  précoce  avec  laquelle  ils  n’auraient  que  des  analogies 
superficielles.  Il  s’agirait  simplement  d’une  forme  particulière  de  déséi- 
quilibre  mental.  Quoi  qu’il  en  soit  et  quel  que  soit  le  degré  de  parenté 


LA  DÉMENCE  PBÉCOCE  INFANTILE  217 

entre  ces  «  déséquilibrés  »  et  les  schizophréniques,  nous  ne  pouvons  accep¬ 
ter  l’opinion  de  l’auteur  sur  l’héboïdophrénie  qu’il  voudrait  voir  dis¬ 
joindre  de  la  démence  précoce,  tandis  que  cette  forme  se  termine  au  con¬ 
traire,  toujours  croyons-nous,  par  un  affaiblissement  intellectuel  modéré 
mais  réel.  Déjà  Kahlbaum  connaissait  ces  faits  et  leur  terminaison 
défavorable. 

Le  pronostic  de  la  démence  précoce  infantile  est  assombri  à  cause 
d  un  élément  particulier  de  gravité  qui  n’existe  pas  chez  l’adulte  :  c’est 
lè  fait  que  la  maladie  frappe  un  cerveau  qui  est  en  plein  développement. 
Celui-ci  se  trouve  ainsi  entravé  et  il  en  résulte  un  état  de  débilite  mentale 
acquise  juxtaposé  en  quelque  sorte  à  la  psychose  proprement  dite.  Il 
s  ensuit  que  le  diagnostic  différentiel  entre  ces  deux  éventualités  est 
souvent  inutile,  —  attendu  qu’il  s’agit  précisément  de  coexistence  chez 
le  même  aliéné  de  deux  choses  différentes  :  d’une  part,  arriération  men- 
l'Ole  souvent  très  accusée  allant  jusqu’à  l’imbécillité,  et  d’autre  part 
troubles  psychotiques,  la  schizophrénie  étant  d’ailleurs  la  cause  primor¬ 
diale  des  deux  états.  C’est  dire  que  l’avenir  de  ces  petits  malades  est  tou¬ 
jours  gravement  compromis,  et  Kraepelin  estime  que  dans  la  majorité 
des  cas  nets  le  pronostic  est  très  défavorable.  On  ne  doit  pas  o\dilier  par 
Ailleurs  que  les  cas*  sont  nombreu.x  dans  lesquels  la  maladie  s’installe 
des  poussées  successives  et  il  ne  faut  pas  conclure  d’une  amélioration 
passagère  à  la  «  guérison  »  définitive  d’un  processus  morbide  essentielle-* 
ment  incurable.  Comme  le  dit  Bleuler,  une  partie  de  ces  malades  soi- 
disant  guéris  récidivent  plus  tard  et  tombent  dans  une  profonde  démence. 
Chez  certains,  malheureusement  un  petit  nombre,  le  processus  schizo¬ 
phrénique  subit  un  arrêt  qui  n’est  d’aHleurs  pas  toujours  définitif  :  plus 
^^l’d,  souvent  bien  des  années  après  le  premier  accès,  se  produit  un  réveil 
*^6  la  maladie  qui  reprend  son  évolution  et  aboutit  finalement  à  la  des¬ 
truction  classique  de  la  personnalité.  Certains  sujets,  après  une  de  ces 
poussées  schizophréniques  dans  l’enfance  restent  des  hommes  bizarres, 
oégativistes,  autistes,  un  peu  maniérés.  D’autres  deviennent  des  ins¬ 
tables,  des  vagabonds  ou  des  prostituées  s’il  s’agit  de  femmes.  Ces  sé- 
•ïuelles  mentales  sont  importantes  à  connaître  au  point  de  vue  pratique 
ot  aussi  médico-légal. 

Arrivé  au  terme  de  notre  exposé,  il  nous  paraît  utile  de  dégager  de 
oe  qui  précède  quelques  copclusions.  Celles-ci  d’ailleurs  ne  sauraient 
®tre  que  provisoires  et  incertaines  :  la  psychiatrie  est  une  science  en  for¬ 
mation  et  par  la  nature  même  de  son  objet  ne  se  prête  pas  à  des  théories 
^définitives. 

La  possibilité  d’un  début  dans  l’enfance  ruine,  semble-t-il,  la  théorie 
<lui  met  la  démence  précoce  en  rapport  avec  la  puberté,  et  constitue  un 
argument  de  plus  contre  l’opinion  des  partisans  du  freudisme,  dont  la 
■Valeur  pour  ce  qui  concerne  tout  au  moins  les  vésanies  à  évolution  démen¬ 
tielle  peut  être  considérée  comme  douteuse.  En  fait,  en  dehors  de  la  pré¬ 
disposition  et  de  la  dégénérescence  (ainsi  que  le  voulait  Magnan)  et  peut- 
®tre,  dans  certains  cas,  de  processus  autotoxiques  mal  connus,  nous  ne 


218 


G.  HALBEftSTADT 


savons  rien  de  l’étiologie  de  cette  affection  qui  sera  probablement  dis¬ 
sociée  un  jour  en  un  certain  nombre  de  maladies  mentales  quasi  auto¬ 
nomes.  On  retiendra,  au  point  de  vue  symptomatique,  le  début  possible 
à  l’âge  scolaire  par  des  troubles  du  caractère  et  aussi  l’analogie  parfois 
avec  l’imbécillité  ou  l’idiotie.  C’est  pourquoi  l’étude  minutieuse  de  l’anam¬ 
nèse  est  si  nécessaire  chez  tout  enfant  présentant  des  signes  d’ordre  neu¬ 
ropsychiatrique.  D’autre  part,  en  raison  de  l’évolution  par  poussées 
successives  si  fréquente  dans  la  schizophrénie,  il  est  utile  de  recueillir 
sur  les  sujets  des  renseignements  catarnnestiques  si  on  veut  se  faire  une 
idée  de  leur  maladie.  L’étude  d’une  simple  «  tranche  »  de  psychose  est 
dans  l’espèce  encore  plus  décevante  qu’ailleurs.  Ajoutons  que  seule  l’étude 
de  l’évolution  totale  permettra  de  poser  le  diagnostic  d’hébéphrénie 
«  greffée  ».  Au  point  de  vue  médico-légal,  la  connaissance  des  formes  infan¬ 
tiles  n’est  pas  négligeable,  car  elle  aide  à  comprendre  certains  troubles 
du  caractère  paraissant  liés  à  un  simple  déséquilibre  mental  et  qui  ne 
sont  en  réalité  que  des  séquelles  d’un  processus  vésanique  ancien,  éteint 
ou  ayant  subi  un  temps  d’arrêt. 


lilBLIüGHAPHIE 

].  Aubry.  Psychoses  cio  l’enfance  à  forme  de  clémence  précoce.  Encéphale,  octobre 
1910,  p.  272. 

2.  BAnsTCHiNGEB.  Die  Verblodungspsychosen  in  d.  canlonalen  Pfiegeanstalt  Rhci- 
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3.  Bebetebviue  et  Pozzo.  Sur  un  cas  de  démence  très  précoce.  Clinica  psichope- 
dagogica,  octobre  1923.  Anal.  Encéphale,  1924,  p.  080. 

4.  Bleuler.  Dcrnentia  praecox.  Trailé  de  G.  Aschaffenburg,  1911,  p.  197. 

5.  Carezzano.  Un  caso  di  «  d.  praecocissima  »  a  genesi  tubcrcolare.  —  Noie  e  riv.  di 
psich.,  1924,  p.  287  et  Anal.  Zentralblall.,  vol.  39.  p.  450. 

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10  Haury.  La  paresse  pathologique.  V.  Bevue  de  Psychiatrie,  février  1914,  p.  72. 

11.  Haymann.  Neuere  Arbeiten  ueber  Geistes  Krankheitcn  hei  Kindcrn.  Zeils- 
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12.  IIelleh.  Ueber  demenlia  infanlilis,  1908,  cité  par  Granthal. 

13.  Higier.  Klinik  der  selteneren  frQh  infantil  crworbenen  Demenzformen.  Zeils- 
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14.  IIORWITZOWNA.  La  d.  p.  chez  les  enfants.  Bocznitc  Psychialrycny.  Anal.  Bevue 
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15.  Kraepelin.  Psychiatrie,  8"  édition,  3«  vol.  1913,  p.  913. 

10.  Kraepelin.  Leçons  cliniques,  4«  édition,  3*  volume,  1921,  30'  leçon. 

17.  Kunkel.  DieKindheitsontwicklung  d.  Schizophrenen.  Monalschrifl  f.  Psychia¬ 
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LA  DÉMENCE  PRÉCOCE  INFANTILE 


219 


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Zenlralblall.  1924,  vol.  35,  p.  429. 

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21.  Plaskuda.  Ueber  D.  P.  auf  d.  Boden  d.  Imbezillitat.  Allg.  Zeilschrifl  f.  Psgehia- 
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22.  Plaskuda.  Ueber  Stereotypien  u.  sonstige  catat.  Ersclicinungen  hei  Idioten. 
Zeilschrifl  f.  d.  g.  Neurologie,  origin.,  1911,  vol.  4,  p.  399. 

23.  Ponilz.  Beitrag  z.  Konntniss  d.  Fruhkatatonio.  Zeilschrifl  f.  d,  g.  Neurologie,  1913, 
vol.  20,  p.  343. 

24.  PujoL  et  Terrien.  Etude  clinique  sur  la  démence  très  précoce.  Revue  de  Psychia- 
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25.  Rabcke.  Katatonic  im  Kindesalter.  Archiu.  f.  Psychialrie,  1909,  vol.  45,  p.  245. 

26.  Rittershaus.  Cité  par  Grunthal. 

27.  Santé  de  Sanctis.  Sopra  alcune  varieta  délia  dcm.  précoce.  Rio.  sperim.  di 
frenialria,  1906,  Cité  par  Voigt. 

28.  Santé  de  Sanctis.  Dem.  praecocissima  catatonica.  Folia  neurobioL,  1909.  Cité 

par  Voigt.  ' 

29.  Santé  de  Sanctis.  Quadri  clinici  di  dem.  p.  ncll’infanzia.  Riv.  di  Neuropal. 
1909.  Anal.  Centralblall  f.  Neruenheilkunde,  1910,  p.  113. 

30.  C.  DE  Sanctis.  Sulla  demenza  ebefrenico  paranoïde  dei  fanciulli.  Riv.  ops.,  1921. 
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38.  Weber.  D.  P.  im  Kindesalter.  Munchener  med.  Wochenschrifl.,  14  mai  1920, 
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39. WEICHBRO  iT.  Zui-  D.P.im  Kindesalter,  4rr/i!ü.  f  .Psychialrie,  1918,  vol.  59,  p.  101. 

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41.  Zappert.  Dementia  infantilis.  Zenlralblall.  1921,  vol.  26,  p.  568  et  .922,  vol.  28, 
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42.  ZiEiiEN.Die  g.  Geisleskrankheien  d.  Kindesallers,  1917.  Cité  par  Voigt. 


II 


ÉTUDE  HISTOCHIMIQUE 
DES  COMPOSÉS  DU  FER  DANS  L’ÉCORCE 
CÉRÉBRALE  ET  CÉRÉBELLEUSE  DES  ALIÉNÉS 


C.  TRÉTIAKOFF  et  OSORIO  CÆSAR, 

(Assistant  du  Laboratoire  d’Ânat. 
*  Path.  de  l'Hospice  de  Juquery.) 


{Travail  du  Laboratoire  de  l'Hospice  cP Aliénés  de  Juquery,  S.  Paulo,  Brésil.) 


La  question  do  la  présence  du  fer  dans  les  centres  nerveux  supérieurs 
de  l’homme,  et  de  ses  variations  quantitatives  à  l’état  normal  et  patho¬ 
logique  est  d’une  connaissance  récente  et  encore  très  limitée. 

Or  le  rôle  de  ce  métal  dans  les  phénomènes  du  métabolisme  cérébral 
paraît  être  très  important,  étant  données  son  intervention  dans  les  phéno¬ 
mènes  d’oxydation  et  la  part  qu’il  prend  à  la  constitution  du  noyau  cel¬ 
lulaire,  centre  nutritif  de  toute  cellule. 

Il  est'  vrai  que  le  fer  entre  dans  la  composition  de  l’organisme  animal 
en  très  petite  quantité.  La, quantité  totale  du  fer  des  organismes  supé¬ 
rieurs  oscille  entre  0,4  et  2,0  dix-millièmes  du  poids  sec  des  tissus. 

Cependant  le  fer,  cx)mme  on  sait,  participe  aux  phénomènes  de  la  vie 
cellulaire  de  façons  très  diverses. 

En  dehors  de  son  rôle  plastique,  comme  constituant  indispensable  des 
éléments  cellulaires  et  des  humeurs  de  l’organisme,  ce  métal  intervient 
dans  la  régulation  de  la  pression  osmotique  et  agit  sur  les  échanges  nutri¬ 
tifs  par  l’intermédiaire  des  excitations  portant  sur  les  membranes  d’en¬ 
veloppe  ;  on  connaît  son  action  sur  les  colloïdes  cellulaires  et  sur  la  réac¬ 
tion  alcaline  des  tissus.  Mais  c’est  surtout  en  sa  qualité  de  métal  cata¬ 
lyseur  qu’il  intervient  dans  la  régulation  du  métabolisme,  en  favorisant 
l’action  diastasique  ;  ainsi,  par  exemple,  l’oxydation  de  la  tyrosine  par 
la  tyrosinase  est  accélérée  par  les  sels  ferreux. 

Le  fer  est  un  agent  oxydant  surtout  en  combinaison  avec  l’hémoglo¬ 
bine  ;  mais  il  apparaît  comme  un  auto-oxydateur,  suivant  Dastre  et  Flo- 
resco,  chez  les  invertébrés  dépourvus  d’hémoglobine. 

*  Travail  déposé  en  décembre  1925. 

REVUE  NEUROCOOlgUE.  —  T.  Il,  M°  3,  aEPTEMlIRE  19'26. 


LE  FER  DANS  L'ÉCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÉNÉS  221 

Son  action  est  puissante  et  il  suffit  de  traces  de  cet  «  infiniment  petit 
chimique  »  (G.  Bertrand)  pour  favoriser  les  réactions  chimiques  de  la 
nutrition. 

Dans  les  centres  nerveux  supérieurs,  comme  dans  la  plupart  des  vis¬ 
cères,  ce  métal  se  trouve  de  préférence  en  combinaisons  organiques  incor¬ 
poré  à  l’hémoglobine  du  sang  et  aux  nucléoprotéides  faisant  partie  de  la 
chromatine  cellulaire. 

A  l’examen  chimique  du  cerveau  normal,  suivant  Geoghagen,  o;i  trouve 
le  fer  en  combinaison  avec  les  phosphates,  constituant  le  phosphate  fer¬ 
rique,  dont  la  proportion  est  de  0,096  pour  mille. 

Pour  ce  qui  est  des  consialalions  histologiques  de  la  présence  du  fer 
dans  les  centres  nerveux,  elles  sont  rendues  difficiles,  d’une  part,  par  sa' 
faible  quantité  dans  les  tissus  de  l’encéphale,  et  ensuite,  par  ce  fait  que 
le  fer,  à!  l’état  organique,  échappe  à  ses  réactions  chimiques  colorantes 
caractéristiques. 

Certains  albuminates  de  fer,  qui  contiennent  ce  métal  à  l’état  ionisable, 
permettent  sa  coloration  par  les  réactifs-  tels  que  le  sulfhydrate  d’ammo¬ 
nium  et  le  ferrocyanure  de  potassium;  mais  lorsque  le  fer  se  trouve  pro¬ 
fondément  engagé  dans  la  molécule  organique  et  devient  non  ionisable, 
comme  dans  l’oxyhémoglobine  par  exemple,  il  échappe  aux  dites  réactions 
et  reste  dissimulé. 

Les  méthodes  histochimiques  'actuelles  ne  nous  permettent  donc  que 
l’étude  de  certains  composés  du  fer,  ceux  qui  restent  colorables  par  nos 
naéthodes,  les  composés  ferriques  en  particulier. 

Toutefois,  les  recherches  modernes  orientées  dans  ce  sens  ont  permis 
la  constatation  d’un  certain  nombre  de  faits  intéressants  et,  malgré  l’in¬ 
suffisance  de  nos  techniques  actuelles,  leur  applicatipn  peut  être  fructueuse. 

Dans  les  centres  nerveux  les  composés  du  fer  se  présentent  principa¬ 
lement  sous  deux  aspects  ;  1°  sur  des  coupes  fines  colorées  par  les  mé¬ 
thodes  histochimiques  électives,  sous  forme  de  granulations  libres,  pha¬ 
gocytées  par  les  cellules  migratrices  ou  incluses  dans  les  cellules  nerveuses . 
névrogliques  ou  endothéliales,  et  2°  sur  des  coupes  plus  grossières  traitées 
parle  sulfhydrate  d’ammonium,  où  la  présence  du  fer  est  indiquée  par  une 
coloration  bleue  caractéristique,  assez  diffuse. 

Pour  illustrer  la  première  affirmation,  citons  le  travail  récent  de 
Mm.  Marinescoet  Draganesco  qui  ont  constaté,  chez  un  individu  présen¬ 
tant  des  lésions' lacunaires  typiques  du  putamen,  l’augmentation  des  gra¬ 
nulations  du  fer  dans  les  cellules  névrogliques  au  voisinage  des  vais¬ 
seaux  ;  dans  les  petites  cellules  névrogliques  ces  auteurs  ont  noté  des 
granulations  très  .fines  et  denses,  concentrées  autour  du  noyau  et  dans 
les  prolongements.  Ils  ont  vu  également  des  granulations  colorées  en  bleu 
dans  les  cellules  endothéliales,  et  dans  les  cellules  névrogliques-  de  la 
substance  noire  et  du  noyau  dentelé. 

Dans  un  cas  de  myxcedème  congénital,  ces  auteurs  ont  constaté  des 
faits  semblables  à  ceux  déjà  signalés  par  P.  Marie,  G.  Trétiakoff  et  Stum- 
Pcr.  Rappelons  que  dans  notre  cas  de  crétinisme  myxœdémateux,  il  y 


C.  TRÉTIAKOFF  ET  0.  CAESAR 


222 

avait  des  granulations  homogènes,  disséminées  en  abondance  sur  les  tu¬ 
niques  vasculaires  du  cervelet  et  du  noyau  lenticulaiire.  Ces  granulations 
se  coloraient  en  bleu  par  la  jnétbode  du  bleu  de  Prusse.  Or,  il  s’agissait 
d’une  malade  dont  le  (U)rps  thyroïde  était  réduit  à  l’état  d’une  vésicule 
remplie  de  substance  c.olloïde.  Nous  avions  donc  pensé  que  cette  véritable 
précipitation  des  eomjmsés  ferriques  était  due  aux  troubles  du  métabo¬ 
lisme  du  fer,  résultant  du  défaut  d’oxydation  par  suite  de  l’insullisance 
thyroïdienne. 

Enfin,  rapjjelons  l’existence  de  nombreuses  granulations  ferriques  libres 
ou  phagocytées  qu’fui  obs(!rve  couramment  flans  les  centres  nerveux  au 
voisinage  des  foyers  hémnrragiques. 

(A  propos  de  la  présfuice  pathologique  de  granulations  du  fer  dans 
les  cellules  migratrices,  rajfpelons  aussi  que,  normalement,  les  composés 
ferriques  sont  transportés  [)ar  des  leucocytes,  sous  forme  de  granulations 
colorables,  de  l’intestin,  lieu  d’absorption,  aux  «  organes  de  dépôt  »  foie, 
rate,  moelle  osseuse  et,  de  là,  aux  divers  tissus  de  l’organisme.) 

Mais  les  meilleurs  résultats  qu’on  obtient  au  cours  de  recherches  du  fer 
dans  les  centres  nerveux  sont  fournis  par  XsiTénvtumdusiiljhijdrale  d’am¬ 
monium  apidiquée  sur  des  roupes  grossières  ou  même  sur  des  seclions 
macroscopiques  du  rerneau. 

Ainsi,  Biondi,  Cuizetti,  ont  bien  mis  en  évidence  la  présence  des  com¬ 
posés  ferricpies  en  diverses  régions  du  cerveau  humain. 'le  globus  pallidus, 
la  substance  noire,  le  noyau  rouge  et  le  noyau  caudé.  Ils  se  sont  servis 
fies  réactions  de  sidfhydratc  d’ammonium  et  du  ferrocyanure  de  potas¬ 
sium  combinées  à  l’acide  chlorhydrique. 

Guizetti,  en  appli([uant  ces  réactions  sur  les  coupes  macroscopiques 
grossières,  sans  fixation  flans  l’alcool,  fit  une  série  de  recherches  sur  les 
centres  nervcuix  supérieurs  de  l’homme  et  des  animaux  domestiques. 

hin  ce  qui  (îffnc.erne  le  cerveau  humain,  l’auteur  observa,  en  particulier, 
les  faits  tjui  suivtmt  :  cluiz  le  fœtus  présentant  une  myélinisatif)n  presque 
cfjmplète  de  la  capsule  interne,  la  réactif)n  se,  manifeste  seulement  dans 
le  globus  palliflus  ;  chez  l’enfant  de  9  inois  à  1  an,  la  réaction  apparaît 
dans  le  ghfhus  palliflus  et  la  substance  noire  ;  à  l’âge  fie  2  ans,  en  plus  de 
ces  centres,  réagit  aussi  le  nf)yau  rouge  ;  enfin  vient  le  noyau  dentelé  qui 
réagit  fuitre  3  et  7  ans. 

Dans  leurs  travaux  récents,  Imbarch,  Laiulau,  Spatz,  Loffley,  Muller 
confirmèrent  et  dévelo[)pèrent  ces  études. 

A.  Gans,  tpii  a  employé  les  méthodes  de  Spatz  et  de  Tournebourg, 
insiste  sur  la  nécessité  de  noter  le  début  et  l’ordre  do  coloratif)n  des  dilTé- 
rents  centres,  (;ar  ils  prennent  la  coloration  avec  une  rapidité  inégale  et, 
lorsque  la  réaction  est  afdievée,  la  dilîérence  des  teintes  n’est  pas  aussi 
nette  qu’au  début. 

Ainsi  1*  lufyau  rouge  se  colore  en  premier  lieu,  ensuite  le  noyau  dentelé, 
le  cervelet,  le  corps  fie  Luys,  le  putamen  et,  enfin,  le  noyau  cauflé. 

Gans  attribue  une  gratifie  importance  à  la  dilTérenc.e  fie  coloration  entre 
le  putamen,  le  globus  palliflus  et  le  noyau  camlé,  mettant  en  relation 


LE  FER  DANS  VÉCORCE  CÉRÊRRALE  DES  ALIÉNÉS  223 

cette  différence  histochimique  avec  le  phylogenèse  et  l’ontogenèse  diffé¬ 
rente  de  ces  organes  et  avec  leur  vulnérabilité  spécifique. 

Nous  n’avons  malheureusement  pas  pu  consulter  tous  les  travaux  rela¬ 
tifs  à  cette  intéressante  question,  mais  on  voit  que  les  réactions  histo- 
chimiques  actuelles,  pour  la  mise  en  évidence  du  fer  dans  les  centres  ner¬ 
veux,  peuvent  fournir  des  résultats  intéressants. 

Nous  avons  donc  appliqué  ces  méthodes  à  la  coloration  de  l’écorce 
cérébro-cérébelleuse  des  aliénés,  en  cherchant  des  différences  de  colora- 
bilité  d’une  maladie  à  une  autre,  ces  différences  pouvant  indiquer  jusqu’à 
'in  certain  point  les  variations  de  la  richesse  de  l’écorce  en  composés 
ferriques. 

Nos  recherches  ont  porté  sur  l’écorce  cérébrale  et  cérébelleuse  de  21  ma¬ 
lades  morts  au  cours  de  maladies  mentales  les  plus  diverses.  Dans  4  de 
^os  cas,  nous  avons  coloré  également  la  région  pédonculo-opto-striée. 


Techniques  employées  :  Tout  d’abord  nous  avons  tenté  de  nous  servir 
•les  coupes  histologiques  fines;  mais, de  cette  manière,  les  résultats  sont 
peu  nets,  étant  donnée  la  faible  quantité  du  fer  dans  les  centres  nerveux, 
fl  est  bien  préférable  de  faire  des  coupes  macroscopiques  épaisses,  infini- 
’ïient  plus  démonstratives. 

Nous  avons  donc  procédé  de  la  façon  suivante  :  Fixation  des  tranches 
de  substance  cérébrale  de  1-2  cm.  d’épaisseur  dans  l’alcool  à  95°  pen¬ 
dant  8  jours  environ.  Ces  pièces  sont  enrobées  rapidement  dans  du  col- 
lodion.  On  fait  des  coupes  de  2  à  5  millimètres  d’épaisseur  à  l’aide  d’un 
•ïiicrotome  à  glissière. 

Afin  d’enlever  les  substances  grasses  qui  recouvrent  la  superficie  des 
coupes,  on  les  lave  pendant  5  minutes  dans  l’éther,  l’alcool  absolu,  l’al¬ 
cool  à  95  et  90°.  On  met  les  coupes,  pour  les  hydrater,  dans  l’eau  dis¬ 
tillée  pendant  15-20  minutes.  De  cette  manière  la  réaction  colorante 
devient  plus  nette  et  plus  rapide. 

On  les  plonge  ensuite  dans  la  solution  aqueuse  saturée  de  sulfhydrate 
d’ammonium  (fraîche  et  non  jaunie).  Au  bout  de  quelques  minutes  appa¬ 
raît  Une  légère  coloration  bleu  verdâtre,  d’abord  dans  les  régions  les 
plus  riches  en  fer  puis,  progi^essivement,  en  d’autres  points  de  la  coupe. 
La  réaction  peut  être  considérée  comme  achevée  au  bout  de  deux  heures  ; 
les  régions  contenant  du  ter  sont  colorées  en  bleu  vert  plus  ou  moins 
foncé  (1). 

(1)  Afin  (Je  nous  assurer  qu’il  s'agissait  bien  ilo  composés  ferriques,  nousavonsem- 
Ployé  les  réactions  de  contrôle  suivantes  : 

réact^^*^^*  avoir  traité  les  coupes  par  le  sulfhydrate  d’ammonium,  ce  que  donne  cette 
Fc  3  3  {NIPP  S 3  FoS  -h  C  (Nil*)  *. 

Substance  ferrique  existant  dans  le  cerveau  [  autrement  dit  sulfure  de  for]  on  traite 

coupes  ainsi  colorées  par  F  HCl  à  10  %  : 

FeS  +  2  HCl  •->  Fe  CF  -1-  IFS, 


224 


C.  TBÊTIAKOFF  ET  0.  CAESAR 


II  est  préférable  d’étudier  les  coupes  dans  le  réactif  même,  car  l’eau 
distillée  affaiblit  la  coloration.  D’ailleurs,  on  peut  conserver  pendant 
longtemps  dans  ce  même  réactif  les  coupes  colorées,  à  condition  de  bien 
boucher  les  flacons. 

La  technique  au  sulfhydrate  d’arnmonium  nous  a  fourni  les  meilleurs 
résultats.  Les  autres  réactifs  tels  que;  le  sulfocyanure  et  le  ferrocyanure 
de  potassium  en  présence  de  l’acide  chlorhydrique  donnent  des  résultats 
bien  moins  démonstratifs. 

Notons  enfin  que  nous  avons  appliqué  la  même  réaction  sur  des  pièces 
fraîches  n’ayant  été  en  contact  avec  l’alcool  ni  aucune  autre  substance 
chimique  et  qui  furent  coupées  directement  «  à  la  main  »  sans  inclusion 
au(;une.  Les  résultats  obtenus  ne  sont  pas  notablement  différents  de  ceux 
f{ue  nous  ont  donné  les  coupes  fixées  dans  l’alcool. 

Il  est  évident  que  ce  procédé  de  recherche  du  fer  expose  à  un  cer¬ 
tain  nombre  d’erreurs  d’interprétation. 

Ainsi  Vépaissenr  des  coupes  influe  jusqu’àun certain  point  sur  l’intensité 
apparente  de  la  coloration,  mais  les  dilïérences  ne  sont  pas  très  notables. 

Une  cause  d’erreur  bien  plus  importante  réside  dans  ce  fait  qu’il  s’agit 
là  d’études  toutes  récentes  et  (jue  nous  ne  connaissons  presque  pas  la 
colorabilité  [)ar  le  sulfhydrate  d’ammonium  de  l’écorce  cérébrale  ni  céré¬ 
belleuse  à  l’état  normal.  Et  il  nous  semble  même  qu’il  ne  serait  point 
facile  d’établir  actuellement  une  telle  «  écorce  étalon  ».  En  effet,  d’une 
j)art,  il  faut  probablement  tenir  compte  de  divers  facteurs  physiologiques  : 
l’âge,  et  nous  savons  que  les  tissus  nerveux  d’individus  âgés,  contiennent 
plus  de  fer  que  ceux  d’individus  jeunes  ;  le  sexe  el  l’éuolulion  sexuelle,  car 
nous  savons  également  qu’il  y  a  des  différences  entre  la  teneur  en  fer  de 
l’organisme  de  l’homme  et  de  la  femme  et  que,  chez  la  femme,  cette  teneur 
varie  au  moment  de  la  puberté,  de  l’allaitement,  etc.  Il  est  possible  que 
bien  d’autres  états  physiologiques,  dont  le  rôle  nous  échappe  actuelle¬ 
ment,  agissent  de  la  même  façon. 


la  coloration  bleu  verdâtre  disparaît  entièrement  par  suite  de  la  décomposition  de 
FeS. 

2»  Les  mêmes  coupes,  traitées  par  la  solution  des  alicylate  de  sodium  à  10  %,  pren¬ 
nent  une  coloration  violacée  qui  indique  la  présence  du  Fe  : 

Fo  Cl»  q  2  NaC’H‘0»  Fe  (C'H'O*)»  -h  2  NaC. 

3®  Avec  le  sulfocyanure  de  potassium  les  coupes  prennent  une  coloration  rougeâtre 
due  à  la  formation  de  molécules  de  sulfocyanure  ferrique  non  dissocié.  On  plonge 
les  coupes  dans  une  solution  à  10  %  de  ll,\U»  où  elles  restent  5  minutes.  Ensuite  on 
les  traite  par  une  solution  à  10  %  de  SCiNK»  : 

3SCNK  +  FE^++  —  Fe  (SCN)»  +  3K  + 

Cette  réaction  est  réversible  :  la  coloration  rouge  est  plus  intense  lorsqu’il  y  a  un 
excès  du  sel  ferrique  ou  de  KSCN.  Cette  réaction  est  très  sensible. 

4®  Avec  le  ferrocy.inure  do  potassium,  les  coupes  prennent  une  coloration  bleue. 
On  plonge  les  coupes  dans  une  solution  do  HNO»  a  10  %  ensuite  on  les  mot  dans  une 
solution  de  ferrocyanure  de  potassium  à  lu  %  : 

4  Fo  ’  »  '  -1-  3  Fe  (CN)»K»  -s  3  Fo  (CN)»Fe* 

Le  précipité  qui  se  forme  (bleu  do  Prusse]  est  insoluble  dans  l’eau,  mais  soluble  dans 
l’acide  oxalique,  donnant  une  coloration  bleue. 


LE  FER  DANS  L'ÉCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÉNÉS 


225 


Nous  ignorons  encore  davantage  les  variations  régionales  de  colorabi- 
lité  des  diverses  circonvolutions  cérébrales. 

Il  est  à  supposer  que  les  diverses  maladies  générales  et  les  états  patho¬ 
logiques  qui  ont  entrainé  la  mort  de  nos  malades  influencent  la  teneur 
en  fer  de  l’écorce  cérébrale. 

Il  semble  donc  qu’en  dehors  de  toute  atteinte  pathologique  des  centres 
nerveux,  une  série  de  facteurs  divers  peuvent  modifier  la  richesse  en  fer 
de  ces  centres  et  que  de  longues  et  minutieuses  recherches  seront  néces¬ 
saires  pour  savoir  ce  qui  es't  «  l’écorce  cérébrale  normale  »  au  point  de  vue 
fini  nous  intéresse. 

A  l’heure  actuelle,  une  étude  de  la  richesse  en  composés  ferriques  de 
l’écorce  cérébrale  des  aliénés  peut  donc  paraître  prématurée.  Nous  nous 
on  rendons  bien  compte.  Toutefois,  au'cours  de  nos  recherches,  nous  avons 
observé  des  différences  tellement  grossières,  se  rapportant  à  certaines 
psychopathies  d’une  façon  tellement  nette  que  nous  avons  cru  nécessaire 
d’attirer  l’attention  sur  ces  faits. 


Voici  maintenant  le  résumé  des  observations  anatomo-cliniques  de 
^os  malades  et  des  résultats  des  recherches  du  fer  que  nous  avons 
pratiquées. 

Nous  avons  cru  utile,  puisqu’il  s’agit  de  recherches  d’ordre  biologique 
à  cause  des  dillicultés  d’interprétation  auxquelles  nous  venons  de  faire 
allusion,  d’indiquer,  à  côté  du  diagnostic  psychiatrique,  la  cause  de 
la  mort  et  le  compte  rendu  de  l’autopsie  de  nos  malades.  Nous  avons 
toujours  examiné,  avec  un  soin  parti(;ulier,  le  corps  thyroïde,  organe  qui 
joue  Un  rôle  si  important  dans  les  phénomènes  d’oxydation. 

Écorce  cérébrale  el  cérébelleuse. 

Ou's.  I.  J.  c.  I’...,  37  ans,  lilanc,  Rrèsilien  ;  entré  à  l’Hospice  de  .luqiicry,  le 
13  mai  l',)24,  mort  le  14  août  HI24. 

Paraliisie  ijr.nirate.  Démence  profonde,  gâtisme,  réactions  biologiques  franchement 
Positives.  '  t 

Causa  morlis,  ictus  paralyticpie. 

■Autopsie,  Aortite  chronique  ;  congestion  légère  des  poumons.  Corps  thyroïde 
petit  ;  à  rexam(ui  histologiqu(!  il’iiqe  coupe  totale  de  la  glande,  on  trouve  un  adénome 
isolé  et  une  légère  transformation  adénomateuse  microglamlulaire  en  certains  points. 

atres  organes  sensiblement  normaux.  Centres  nerveux  :  méningo-encéphalite  chro¬ 
nique  diffuse  avec  une  forte  dilatation  ventriculaire  ;  absence  d’cnpendymite. 

Ééaclion  du  sulfliiitirale  d'ammonium.  D’une  fagon  générale,  la  coloration  des  coupes 
«St  très  intense  et  assez  diffuse  avec  de,  nombreux  dépôts  périvasculaires  du  fer.  La 
■  ^nlistance  blanche  cérébrale  est  bien  différenciée,  contrairement  aux  lamelles  blanches 
cervelet,  assez.  forLc^ment  colorées.  Contrairement  à  la  coloration  très  intense  de 
écorce  cérébrale,  l’écorce  du  cervelet  est  pôle  :  «dissociation  cortico-cérébelleusc  »(1). 
Lobe  frontal  (v.  lig.  1).  Forte  atrophie  de  l’écorce.  Coloration  très  intense  et  diffuse  ; 

d’iiV  'n  simplicité  de  la  description,  nous  apt)ellerons  ainsi  celte  différence 
micnsité  de  coloration  de  l’écorce  cérébrale  el  cérébelleuse. 


revue  NliUaOLOÜIQUE.  —  T. 


1926. 


15 


2^6 


C.  TRÉTIAKOFF  ET  O.  CAESAR 


on  voit  mal  la  «  limitante  interne  »  et  la  «  strie  de  Baillarger  »  (1).  La  zone  marginale, 
claire,  se  distingue  bien  des  couches  sous-jacentes  très  colorées. 

Un  fait  très  particulier  qu’on  note  ici,  est  l’existence  de  nombreux  point  foncés, 
disséminés  dans  les  couches  moyennes  et  profondes  de  l’écorce.  Il  s’agit  de  dépôts  de 
substances  ferriques  autour  des  vaisseaux  corticaux. 


La  substance  blanche  est  assez  colorée,  mais  d’une  façon  très  dilTuse,  et,  étant  donnée 
l’extrême  intensité  de  la  coloration  du  cortex,  la  différenciation  entre  les  deux  sub¬ 
stances  est  très  nette. 


(1)  Sous  la  dénomination  de  la  «  limitante  interne  »  nous  entendrons  une  strie  qu’on 
voit  avec  cette  coloration  à  la  limite  de  la  substance  grise  et  de  la  substance  blanche; 
d’une  netteté  variable,  elle  est  particulièrement  visible  sur  des  coupes  faiblement  colo¬ 
rées  (v.  fig.  2).  D’autre  part,  on  voit  dans  certains  cas,  il  la  hauteur  des  stries  de  Bail- 
larger,  une  strie  colorée  ;  il  nous  parait  dilllcile  do  dire  qu’il  s’agit  d’une  des  stries  do 
Baillargcr  ou  bien  do  l’Interstice  qui  les  sépare,  nous  rappellerons  :  «  strie  do  Bail- 
iarger  ». 


LE  FER  DANS  L’ÉCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÉNÉS  227 

Lobe  sas-orbilaire.  ColoraLion  un  peu  moins  intense  ;  on  voit  également  des  dépôts 
ferriques  périvasculaires,  avec  la  même  disposition  topographique. 

Lobe  temporal.  Coloration  toujours  intense,  avec  des  dépôts  périvasculaires.  Au 
niveau  de  l’écorce  cérébrale,  la  différenciation  entre  les  couches  profondes,  foncées 
et  la  couche  marginale,  claire,  est  assez,  nette  ;  au  contraire,  la  «  strie  de  Baillarger  » 
et  la  «  limitante  interne  »  ne  sont  pas  différenciées. 

Lobe  occipital.  La  sui)stance  blanche  et  la  grise  sont  notablement  plus  pâles,  ici, 
que  dans  la  région  frontale.  La  bandelette  de  Vicq  d’Azyr  est  à  peine  visible,  la  «  li¬ 
mitante  interne  »  (1)  n’apparaît  pas  et  la  différenciation  entre  la  zone  marginale  et  les 
Couches  sous-jacentes  manque  de  netteté.  On  remarque  des  dépôts  périvasculaires 
moins  nombreux  que  ilans  la  région  précédente. 

Cervelet.  La  coloration,  d’une  façon  générale,  est  faible.  Contrairement  à  ce  qu’on 
Voit  dans  la  majorité  dos  cas,  ici  ia  substance  blanche  est  très  colorée  et  paraît  même 
plus  foncée  que.  la  couche  moléculaire.  Il  s’agit  d’une  véritable  «  inversion  de  colora¬ 
tion  »  qu’on  observe  avec  plus  do  netteté  au  niveau  du  lobe  frontal  (v.  fig.  3).  La  co¬ 


loration  de  la  couche  des  grains  est  assez  faible,  la  couche  moléculaire  est  presque  in¬ 
colore;  ainsi  la  couche  des  cellules  de  l'urkinje  se  détache  nettement  en  certains  points 

Obs.  II.  V.  B...,  âgé  de  07  ans,  noir.  Brésilien  ;  entré  le  8  septemlire  1923.  mort  le 
16  août  1924. 

Paralysie  générale,  état  démentiel  avec  idées  de  grandeur  et  eupiiorie. 

Causa  morlis,  ictus  paralytique.  • 

Autopsie.  Emphysème  et  œdème  pulmonaire.  Aortite  chronique.  Foie  conges 
mnné  ;  le  rein  gauche  est  petit,  le  droit  do  volume  normal,  la  capsule  est  adhérente 
CS  deux  côtés.  Le  corps  thyroïde  a  un  aspect  normal  ;  histologiquement  transfor¬ 
mation  adénomateuse  en  certains  points,  subs.  colloïde  abondante,  faiblement  coloréo- 
C8  autres  organes  sont  sensiblement  normaux. 

Centres  nerveux.  Les  méninges  sont  blanchâtres  et  épaissies,  dilatation  ventricu- 
aire,  cortex  atrophié.  Absence  d’épendymite. 

Péaetton  du  sulfhydrale  d'ammonium.  D’une  façon  générale,  la  coloration  de  l’écorce 
c  rébrale  est  intense  et  mal  différenciée,  avec  des  dépôts  de  granulations  de  fer 
les  vaisseaux.  L’écorce  cérébelleuse  est  au  contraire  pâie,  coloration  diffuse. 

fl  est  à  noter  que,  au  cours  de  nos  recherches,  nous  n’avons  jamais  observé  l’exis- 
ence  de  cette  ligne  limitante  au  niveau  du  lobe  occipital  (cuneus  et  lobule  lingual). 


228 


C.  riiÉriAKOh'h'  ET  O.  CAESAR 


Lnhe  fronlal.  Coloration  inlonse  du  cortex,  très  diffuse  ;  la  substance  blanche  est 
claire,  bien  différenciée.  I,a  «  limitante  interne  »  et  la  «  strie  de  Baillarger  »  ne  sont 
presque  pas  visibles  ;  les  couches  profondes  se  confondent  avec  la  zone  marginale  bien 
colorée.  Nombreux  dépôts  périvasculaires  du  fer  dans  les  couches  moyennes  et  pro¬ 
fondes  de  l’écorce. 

Eobi:  pariétal,  présente  un  aspect  semblable  à  celui  du  lobe  frontal,  sauf  la  dilTé- 
rcnciation  [dus  nette,  ici,  des  couches  profondes. 

Cermlel.  Coloration  très  faible.  La  substance,  blanche  et  la  couche  moléculaire  sont 
bien  claires,  do  sorte  que  la  couche  des  ffrains,  quoique  peu  colorée,  se  différencie  net¬ 
tement.  La  couche,  des  cellules  de.  l'urkinje  est  assez  nette. 

Oiis.  111.  1’.  A....  41  ans,  Syrien  ;  entré  le  14  août  1919,  mort  le  10  août  1924. 

ParalijHie  (jé.nérale,  idées  délirantes  mé};alomania<|ues  et  de  persécution  ;  affai¬ 
blissement  inti'llectuoi  progressif  et  profond  à  la  lin.  Causa  morlis,  ictus  paralyticpjc. 

Auliipsic.  Tuberculose  pulmonair(!  chronique,  aortite,  rate  volumineuse.  Corps 
thyroïd(‘  de  volume  normal,  transformation  adénomateuse  diffuse  en  [)lusi(mrs  points, 
la  substance  colloïde  assez  abondante.  Méninf'o-(mcéphalito  chronique  difluse  ;  rné- 
ninfîes  épaissies,  atrophie  de  l’écorce  cérébrale,  légère  ép(!ndymite  (h^s  ventricules  la¬ 
téraux. 

ItéacliDn  (tu  snllhi/drale  d’ammonium.  Coloration  intense  du  cortex,  bonne  dilTérencia- 
tion  d(!  l’écorce  cérébelleuse. 

Lobe  /roulai.  La  coloration  des  couches  profondes  est  d’intensit6'rnoyenn(^,  avec  une 
bonne  dilTérencia  tion  de  la  «  limitante,  interne  »  et  de  la  «  strie  de  Baillarf'er  ».  La  zone 
marf»inale  (^st  larfre  (d  faiblement  colorée.  Absence  de  dépôts  de  fer.  La  substance 
blanche,  est  assez  colorée. 

Lobe  pariétal.  La  dilîérenciation  des  couches  corticales  est  bonne  d’une  façon  géné¬ 
rale  ;  les  couches  profondes  sont  bien  colorées,  la  «  strie  de  Haillarger  »  et  la  «  limitante 
interne  »  sont  visibles.  La  substance  blanche  est  légèrement  colorée. 

Lobe  occipital,  lionne  différenciation  ;  la  strie  de  Vicq  d’Azyr  est  nette,  les  couches 
profondes  bien  colorée.s.  La  zone  marginale  est  assez  large  et  légèrement  colorée, 
La  substance  blanche  est  [lûle. 

Cerueiel.  I liffénmeiation  assez  nett(î.  La  couche  des  grains  est  fortement  colorée,  do 
sorte.  (|ue  cell(\  des  c(dlules  de  l'urkinje  se  ilistinguent  seulement  en  c(^rtains  points,  là 
où  il  y  a  une  atropliii^  et  uru!  raréfaction  de  la  conclu!  des  grains. 

Dus.  IV.  /.  A...,  r>()  ans.  Syrien  ;  entré  le  31)  janvier  1924,  mort  le  21  août  1924. 

Démence  siiphililiiiue.  AITaiblissement  intellectuel  avec  dépression  légère,  sans  idées 
délirantes.  Causa  morlis,  [lerforation  intestinale,  [)éritonit(!  aiguë. 

Auiopsie.  Aortite  chroniipie  ;  foie  gras  ;  perforation  intestinale  avec  péritonite 
aiguë  généralisé!!.  Lorps  thyroïde  sensiblement  normal  à  l'ieil  nu  et  au  microsco[)e. 
Méningite  chronique  discrète,  sans  atro[)hie  très  notable  du  cortex,  légère  dilatation 
ventriculaire,  èpendymite  du  4”  ventricule. 

Iléaclion  du  sul/i/drale  d’ammonium,  La»  coloration  de  l’écorce  cérébrale  et  céré¬ 
belleuse  est  assez  faible,  mais  il  y  a  toujours  desdéfiôtsde  composés  ferriipies  au  niveau 
du  lobe  frontal.  La  cidoration  faible  du  lobe  frontal  et  du  cervelet  contraste  avec 
l’intensité  de  coloration  îles  lobes  [lariétal  et  occipital. 

Lobe  /ronlat.  La  coloration  du  cortex  est  faible,  seule  la  «  limitante,  interne  »  est  bien 
nette,  les  couches  [irofondes  sont  pôles,  la  «  strie  de  Haillargor  »  est  visible.  La  subs¬ 
tance  est  blanche,  faiblement  colorée. 

I.idic  pariétal.  La  coloration  du  cortex  est  d’intensité  moyenne  et  surtouttrès  diffuse, 
de  sorte  que  la  zone  marginale  ne  se  distingue  [iresipie  [las  des  couches  profondes  ;  la 
«  strie  de  liaillarger  »  et  la  «  limitante  interne  »  sont  très  distinctes.  La  substance  blanche 
est  [làle  et  bien  dilTérenciée. 

Lobe,  oecipilid.  Bonne  dilTérenciation  îles  tissus  :  les  couches  [jrofondeii  sont  bien 
colorées,  la  bandelette  de  Vicq  d’Azyr  est  nette,  la  substance  blanche  et  la  zone  margi¬ 
nale  se  détachent  bien. 


L/i  FER  DANS  L'ÉCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÈNES 


Cervelet,  comme  les  circonvolutions  du  lobe  frontal,  il  est  pâle.  La  couche  molécu¬ 
laire  et  la  substance  blanche  sont  bien  claires,  la  couche  des  grains  est  faiblement 
colorée,  de  sorte  que  la  couche  des  cellules  de  Purkinje  se  détache  bien. 

Obs.  V.  A  de  A...,  71  ans,  blanc.  Brésilien  ;  entré  le  10  février  1900,  mort  le  2  juillet 
1924. 

Maladie  de  Parkinson.  Affaiblissement  intellectuel.  Causa  morlis,  asystolio  chez  un 
cardio-néphro-scléreux.’ 

Autopsie.  Emphysème  pulmonaire.  Aortite  athéromateuse,  dilatation  du  ven¬ 
tricule  droit.  Foie  cardiaque.  Reins”  atrophiés  avec  de  nombreux  kystes.  Surrénales 
hypertrophiées.  Le  corps  thyroïde  est  volumineux  avec  des  nodules  calcinés  et  hémor¬ 
ragiques  ;  au  microscope  on  trouve  des  adénomes  multiples,  transformation  adéno- 
hiateuse  diffuse  et  sclérose  interstitielle  assez  prononcées,  toutefois  la  substance  col- 
loïde  est  assez  abondante.  Cerveau  congestionné  sans  atrophie  notable. 

Réaction  du  sulfhi/draie  d’ammonium.  Coloration  intense  et  très  diffuse  des  coupes 
avec  mauvaise  différenciation  des  tissus. 

Lobe  frontal.  La  coloration  est  très  diffuse.  La  zone  marginale  est  assez  colorée  et  se 
Confond  avec  les  couches  sous-jacentes.  La  «  strie  do  Baillargcr  »  est  pou  visible.  La 
substance  blanche  est  colorée  presque  avec  la  même  intensité  que  l’écorce,  de  sorte 
^u’on  les  distingue  mal  l’une  de  l’autre,  saut  en  quelques  points  o(i  la  «  limitante  in¬ 
terne  »  apparaît  nettement. 

Lobe  pariétal.  La  coloration  de  l’écorcc  et  de  la  substance  blanche  est  toujours  in¬ 
tense  et  diffuse  ;  la  zone  marginale  et  la  substance  blanche  sont  mal  différenciées  ; 
te  “  limitante  interne  »  est  à  peine  perceptible,  au  contraire  la  «  strie  de  Baillargcr  » 
est  assez  nette. 

Lobe  occipital.  Coloration  toujours  diffu.se  de  la  coupe,  seuls  les  faisceaux  profonds 
•les  fdjres  blanches  (f.  longitudinaux)  restent  bien  blancs  La  zone  marginale  de  l’écorce 
est  colorée  avec  une  intensité  presque  la  même  que  les  couches  profondes,  mais  la  strie 
*te  Vicq  d’Azyr  est  bien  nette. 

Cervelet.  La  différenciation,  ici,  est  également  mauvaise,  toutefois  les  couches  des 
Brains  et  des  cellules  de  Purkinje  sont  plus  colorées  que  le  reste  de  l'écorce.  Les  rami¬ 
fications  terminales  des  lamelles  blanches  sont  très  fortement  colorées,  le  reste  de  la 
substance  blanche  est  bien  différencié. 


Ods.  VI.  E.  B..., âgée  de  18  ans,  Italienne,  entrée  le  19  juillet  1819,  morte  le  20  sep¬ 
tembre  1924. 


Crétinisme  dans  un  cas  de  syndrome  d’insulPisancc  pluriglandulaire 
’-fiisme,  aspect  mongoloïde,  adiposité,  pachydermie.  Causa  morf/.s,  pleure 
Bauchc. 


o-pneiimonie 


Autopsie.  Hépatisation  grise  (iu  poumon  gaucho  avec  un  épanchement  pleural 
®<iro-nbrineux  ;  ceeur  petit,  aspect  strié  de  l’aorte  ;  foie  et  rate  volumineux.  Le  corps 
hyroïde,  un  peu  grand,  présente  un  aspect  «  ficelé  »  ;  au  microscope  la  structure  de 
urgane  est  profondément  modifiée  dans  toute  son  étendue,  les  vésicules  glandulaires 
Sont  on  grande  partie,  remplacées  par  des  tubes  cellulaires  pleins,  on  ne  voit  aucune 
-  caco  de  substance  colloïde,  congestion  diffuse  (v.  fig.  9).  L’hypophyse  est  grande,  le 
^hymus  volumineux  ;  salpingite  chronique  adhésive  du  côté  droit  avec  atrophie  de 
Ovaire  ;  l’ovaire  gauche  paraît  normal  ;  les  surrénales  sont  petites.  Les  autres 
Organes  ne  présentent  rien  de  particulier. 

Les  circonvolutions  cérébrales  sont  larges,  li.sses,  avec  des  sillons  pou  accentués  ; 
es  lobes  frontaux  sont  petits  et  rappellent  ceux  du  singe. 

Réaction  du  sulflujdrale  d'ammonium.  La  coloration  est,  d’une  façon  générale,  cx- 
rémeinent  faible,  particulièrement  au  niveau  du  lobe  frontal. 

Lobe  frontal  (v.  fig.  2).  La  substance  blanche,  quoique  assez  pâle,  paraît  plus  foncée 
fihelc  cortex;  «inversion  de  coloration»  (I),  tout  au  moins  en  certains  points.  L’unique 


t„pî  Nous  entendons  sous  ce  terme  :  «  l’inversion  de  coloration  »  le  fait  que  dans  cer- 
ains  cas  la  substance  blanche  est  plus  colorée  que  l’écorce. 


230 


C.  TRÉTIAKOFF  ET  O.  CAESAIi 


zone  nettement  colorée  est  la  limitante  interne.  L’écorce  est  presque  complètement 
décolorée  et  la  strie  de  Baillarger  n’est  pas  visible  ;  toutefois,  en  certains  points,  les 
couches  profondes  sont  légèrement  teintées. 

Lobe  pariétal.  Ici  la  coloration  de  l’écorce  est  plus  intense  qu’au  niveau  du  lobe 
frontal,  de  sorte  que  «  l’inversion  de  coloration  »  n’existe  plus.  La  «  limitante  interne  » 
est  nette  et  les  couches  profondes  sont  bien  colorées.  En  certains  points, la  strie  de 
Baillargcr  apparaît  légèrement. 

Lobe  occipilal.  Cette  coupe,  très  antérieure,  n’intéresse  plus  l’area  striata,  de  sorte 
que  son  aspect  est  différent  des  mêmes  coupes  dos  cas  précédents.  La  coloration  est 
assez  analogue  à  celle  du  lobe  frontal,  mais  un  peu  plus  intense.  La  limitante  interne 
est  bien  nette,  le  reste  de  l’écorce  est  coloré  d’une  façon  faible  et  diffuse.  La  substance 
blanche  est  plus  colorée  que  l’écorce  («  inversion  de  coloration  »)  à  l’exception  des 
faisceaux  longitudinaux,  qui  sont  bien  blancs. 

Cervelel.  Coloration  pâle,  seule  la  zone  profonde- de  la  couche  des  grains  est  bien 
colorée.  La  couche  de  Purkinje  est  assez  nette,  la  couche  moléculaire  est  blanche,  la 
substance  blanche  est  légèrement  teintée. 

Obs.  vil  s.  .\.  do  C...,  32  ans,  blanc, Brésilien  ;cntré  le  2(1  juin  1912,  mort  le  29  mai 
1924.. 

Imbécillilé.  Causa  morlis  :  tuberculose  pulmonaire. 

Autopsie.  Tuberculose  caséeuse  des  deux  bases  pulmonaires.  Camr  petit.  Adéno- 
liathic  mésentérique  et  trachéo-bronchique.  Petitesse  de  tous  loji  viscères.  Cerveau 
petit,  congestionné  avec  do  petites  suffusions  hémorragiques  à  droite. 

liéaclion  du  .sulfluidrale  d'ammonium.  D’une  façon  générale  la  coloration  est  faible  ; 

«  inversion  de  coloration  »  au  niveau  (iu  lobe  frontal. 

Lobe  /roulai.  Les  couches  profondes  sont  très  pâles,  toutefois  la  «  strie  de  Baillarger  » 
est  nette  en  certains  points.  La  zone  marginale  est  bien  décolorée.  La  substance  blanche 
est  plus  foncée  que  l'écorce. 

Lobe  pariétal.  Ici  l’écorce  est  bien  plus  colorée  que  sur  la  coppe  précédente,  de  sorte 
que  «  l'inversion  de  la  coloration  »  n’existe  plus.  La  «  limitante  interne  »  et  les  couches 
profondes  sont  colorées  av(ïo  une  intensité  moyenne.  La  «  strie  de  Baillarger  »  est  peu 
nette  ;  la  zone  marginale  est  |)àle  et  assez  large.  La  substance  blanche  est  bien  diffé¬ 
renciée. 

Ccriiclel.  La  couche  moléculaire  est  très  pâle  ;  la  couche  des  grains  est  bien  colorée  ; 
lie  môme,  les  lamelles  terminales  de  la  substance  blanche  sont  assez  foncées.  Nous 
devons  signaler  qu’il  existe  une  différence  notable  de  coloration  entre  les  circonvolu¬ 
tions  cérébelleuses  superficielles  et  profondes  :  au  niveau  des  circonvolutions  pro¬ 
fondes  la  couche  granuleuse  est  colorée  d’une  façon  diffuse  et  intense  et  celle  des  ccl-  • 
Iules  de  Purkinje  est  peu  apparente  ;  au  contraire,  cette  couche  se  voit  avec  beaucoup 
de  netteté  au  niveau  des  circonvolutions  superficielles  par  suite  de  la  pâleur  de 
la  couche  des  grains,  Happelons  à  ce  pro[)os  qu’avec  des  méthodes  histologiques  habi¬ 
tuelles  il  n’est  pas  rare  d’observer,  dans  les  cas  des  processus  diffus,  l’atrophie  des  cir¬ 
convolutions  superficielles  avec  raréfaction  de  la  couche  des  grains,  contrastant  avec 
l’intégrité  de  la  même  couche  au  niveau  des  circonvolutions  profondes.  Il  est  probable 
qu’ici  la  pâleur  de  la  coloration  est  due  à  la  raréfaction  île  la  couche  des  grains;  toutefois, 
nous  avons  vu  que  dans  le  cortex  cérébral  des  P.  fl.,  il  y  a  une.  surcharge  en  fer  con¬ 
sidérable.  des  circonvolutions  qui  sont  pourtant  très  atrophiées. 

Ous.  VIIL  M.  R...,  59  ans.  Allemand  ;  entré  le  8  juillet  1923,  mort  le  23  septembre 
1924. 

Démence  sénile.  Affaiblissement  intellectuel  avec  dépression  mentale  et  idées  déli¬ 
rantes  de  [lersécution.  Causa  morlis,  cardio-néphro-sclérose. 

Autopsie.  Congestion  hypostatique  des  bases  pulmonaires.  Aortite  athéroma¬ 
teuse.  Petits  reins  gris  avec  de  nombreux  kystes.  Koie  gras.  Perisplénite.  Nombreux 
diverticules  intestinaux.  Cor|)S  thyroïde  très  petit,  transformation  adénomateuse 
microglandulaire  prononcée  ;  on  ne  trouve  presque  pas  de  colloïde,  sclérose  modérée. 


LE  FER  DANS  L'ÉCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÉNÉS 


231 


Nous  n’avons  trouvé  qu’un  seul  testicule,  petit  et  atrophié.  Les  surrénales  sont  petites 
et  congestionnées. 

Centres  nerveux.  Congestion  méningo-corticale  diffuse  sans  atrophie  notable. 

Réaction  du  sulfliydrale  d'ammonium.  D’une  façon  générale,  la  coloration  est  très 
feible,  surtout  au  niveau  du  lobe  frontal  et  du  cervelet.  (Il  est  intéressant  d’observer 
cette  pâleur  de  coloration  malgré  l’âge  assez  avancé  du  sujet;  notons  que  le  corps  thy¬ 
roïde  dans  ce  cas  est  très  altéré.) 

Lobe  frontal.  Coloration  faible  ;  les  couches  profondes  de  l’écorce  sont  presque  in¬ 
colores,  seule  la  «  limitante  interne  »  apparaît  assez  nettement.  La  substance  blanche 
est  un  peu  plus  colorée  que  l’écorce. 

Lobe  pariétal.  Coloration  d’intensité  moyenne,  avec  une  bonne  différenciation  de  la 
couche  marginale  ;  les  couches  profondes  sont  assez  colorées,  mais  la  «  strie  de  Bail- 
larger  j  est  peu  visible. 

Lobe  occipital.  Coloration  également  d’intensité  moyenne.  La  substance  blanche  et 
la  zone  marginale  sont  bien  différenciées.  La  série  de  Vicq  d’Azyr  pas  très  nette. 

Cervelet.  Coloration  très  pâle.  La  substance  blanche  et  la  couche  moléculaire  sont 
bien  différenciées,  la  couche  granuleuse  est  faiblement  colorée,  la  couche  des  cellules 
de  Purkinje  est  bien  nette. 

0ns.  IX.  O.  de  C...,  âgé  de  15  ans,  noir, Brésilien;  entré  le  27  octobre  1922,  mort  le 
28  août  1924. 

Epilep.sie  essentielle,  avec  dépression  mentale  et  torpeur.  Cau.5a  morlis,  état  de  mal 
épileptique. 

Autopsie.  Congestion  généralisée  des  organes  ;  aspect  strié  de  l’aorte  ;  présence  du 
thymus.  Corps  thyroïde  petit,  présentant  histologiquement  une  ébauche  de  transfor¬ 
mation  adénomateuse  avec  sclérose  modérée,  mais  la  substance  colloïde  est  assez 
abondante.  Congestion  et  œdème  méningo-corticaux. 

Réaction  du  sulfhydrale  d'ammonium.  Ce  cas  est  caractérisé  par  une  coloration  très 
faible  avec  l’inversion  de  coloration  au  niveau  du  lobe  frontal. 

Lobe  frontal.  Seule  la  limitante  interne  est  bien  nette;  le  reste  de  l’écorce  est  presque 
complètement  décoloré  et  plus  pâle  que  la  substance  blanche. 

Lobe  pariétal.  La  coloration,  très  faible  également,  est  plus  diffuse  que  dans  la  région 
précédente  ;  la  limitante  interne  est  moins  nette  ici,  mais  les  couches  profondes  sont 
colorées  jusqu’à  la  «  strie  de  Baillarger  ».  La  limite  entre  la  substance  blanche  et 
l'écorce  manque  de  netteté. 

Lobe  occipital.  Coloration  faible,  mais,  toutefois,  plus  intense  qu’au  niveau  du  lobe 
pariétal.  L’écorce  est  colorée  d’une  façon  diffuse,  la  couche  marginale  se  confond  avec 
les  couches  profondes,  les  stries  sont  à  peine  visibles. 

Cervelet.  Coloration  faible.  La  couche  moléculaire  étant  bien  différenciée  et  la  couche 
des  grains  colorée  faiblement,  celle  des  cellules  de  Purkinje  apparaît  avec  netteté. 
La  substance  blanche  est  bien  différenciée  jusque  dans  ses  ramifications  fines. 

Obs.  X.,M.  a...,  43  ans.  Italien  ;  entré  le  21  décembre  1909,  morllo  16  septembre  1924, 

Epilepsie  essentielle,  torpeur  et  dépression  mentale.  Causa  morlis,  état  de  mal 
épileptique,  bronclio-pneumoniq. 

Autopsie.  Broncho-pneumonie.  Athérome  aortique  discret.  Corps  thyroïde  petit, 
normal  à  l’examen  histologique.  Cerveau  petit,  avec  les  circonvolutions  un  peu  larges, 
congestion  méningo-corticale  légère,  œdème  du  cerveau,  cervelet  volumineux. 

Réaction  du  sulfhiidrale  d'amrnonium.  La  coloration,  d’une  façon  générale,  est  très 
faible,  en  particulier  celle  du  cervelet  et  du  lobe  frontal.  (Il  y  a  une  congestion  méningo- 
corticale  intense.) 

Lobe  frontal,  ha  «  limitante  interne  »  est  nette,  les  couches  profondes  sont  faiblement 
Colorées  ;  la  «  strie  de  Baillargot  »  à  peine  visible  on  certains  points  ;  la  zone  marginale 
est  large  et  très  pâle.  La  substance  blanche  est  assez  colorée. 

Lobe  pariétal.  Coloration  diffuse,  d’intensité  moyenne,  la  «  limitante  interne  »  est 
assez  nette,  mais  elle  n’est  visible  qu’en  certains  points.  La  «  strie  de  Baillarger  »  est 
très  faible.  La  zone  marginale  est  claire  et  étroite,  La  substance  blanche  est  assez  pâle. 


232 


C.  rRÊTlAKOl-F  ET  0.  CAESAR 


Lobe  occipital.  La  coloration  des  couches  profondes  de  l’écorce  est  d’intensité 
moyenne  ;  la  strie  de  Vicq  d’Azyr  est  visible,  la  zone  marijinale  assez  pAle.  La  subs¬ 
tance  blanche  est  bien  décolorée. 

Cervelet.  La  couche  moléculaire  est  bien  différenciée  ;  la  couche  des  fjrains  colorée 
d’une  façon  diffuse  ;  celle  des  cellules  de  l’urkinje  est  assez  nette.  Lasubstance  blanche 
est  plus  colorée  que  le  cortex  (inversion  de  coloration). 

Ous.  XL  A.  V.  de  M...,  bO  ans,  blanc.  Brésilien;  entré  le  2!»  octobre  1921,  mort  le 
17  aoftt  1924., 

Alcoolisme  chronique.  Excitation  hypomaniaque  légère,  euphorie,  vagues  idées  déli¬ 
rantes.  Affaiblissement  intellectuel.  Causa  morlis  ;  asystolie. 

Autopsie.  Congestion  légère  des  poumons  ;  comr  dilaté.  Corps  thyroïde,  petit, 
présente  histologiquement  la  transformation  adénomateuse  en  nondjreux  points,  la 
substance  colloïde  est  pâle.  Ectopie  testiculaire  bilatérale.  Congestion  etcodème  céré¬ 
braux,  méninges  légèrement  épaissies,  absence  d’é|)endymite. 

Réaction  du  snl/luidrale  d'ammonium.  La  coloration  (h^s  coupes  en  général,  assez 
faible.  Au  niveau  du  lobe  frontal  il  y  a  une  «  inversion  de  coloration  ». 

Lobe  frontal.  La  substance  blanche  est  plus  colorée  que  l’écorce.  «  inversion  de.  colo¬ 
ration  ».  La  «  limitante,  interne  »  manque  de  netteté.  Les  couches  profondes  sont  pâles, 
sans  différenciation  de  la  «  strie  de  Baillarge.r  ».  La  zone  marginale  est  large  et  claire. 

Lobe  pariétal.  Sulistance  blanche  assez  colorée,  mais. étant  donnée  l’intensité  plus 
grande  de  la  coloration  de  recorc(!,  il  n’y  a  plus  d’  «  inversion  de  coloration  »,  La  «  li¬ 
mitante  interne  »  est  assez  nette.  Les  couches  [irofomh's  sont  bien  colorées,  sans  dif¬ 
férenciation  de  la  «  strie  de  Baillarger  ».  La  zone  marginale  est  large  et  légèrement 
teintée. 

Lobe  occipital.  Coloration  diffuse  et  d’une  intensité  moyenne.  Los  couches  profondes 
du  cortex  sont  assez  foncées.  La  strie  de  Vicq  d’Azyr  apparaît  en  certains  points.  La 
substance,  blanche  et  la  zone  marginale  de  l’écorce  sont  mal  difl'érenciées. 

Cervelet.  Coloration  un  peu  faible  et  surtout  difl'use.  Couche  des  grains  pâle,  mal  dif¬ 
férenciée.  La  couche  des  cellules  de  Burkinje  est  bien  visible. 

Ons.  XIL  n.  A.  h'...,  47  ans.  blanc, Brésilien; entré  le  2  mai  1922,  mort  le  14  août 
1924. 

Débililé  menlatc,  alcoolisme.  Causa  morlis  :  tuljerculose  pulinonain!. 

Autopsie.  Broncho-pneumonie  caséeuse.  Rate  volumineuse.  Cor[)s  thyroïde  d’as¬ 
pect  normal,  transformation  adénomateuse  assez  prononcée.  Cerveau  légèrement 
œdématié  et  congestionné  ;  les  circonvolutions  de  la  région  folandiqiie  sont  atrophiées 
et  les  sillons  élargis. 

Réaction  du  sutllu/dratc  d'ammonium.  La  coloration  est,  en  général,  d’intensité 

l.obe  frontal.  Coloration  un  f)eu  faible.  La  «  limitante  interne  »  et  la  «  strie  de  Bail¬ 
larger  »  sont  bien  nettes  ;  les  couches  profondes  assez  bien  colorées  ;  la  zone  marginale 
et  la  substance  blanche  sont  bien  différenciées. 

Lobe  pariétal.  Bonne  coloration  des  couches  profondes,  mais  sans  différenciation 
de  la  «  limitante  int('rne  »,ni  de  la  «  strie  île  Baillarger  »;  la  zone  marginale  est  pâle  et 
étroite.  La  substance  blanche,  bien  différenciée. 

Lobe  occipital.  La  différenciation  entre  la  sidistance  blanche  et  l'écorce  est  très  nette. 
Les  couches  profondes  colorées  d’une  façon  intense  ;  la  strie  de  Vicq  d’Azyr  est  peu 
visible.  La  zone  marginale,  colorée,  est  mal  différenejée. 

Cervelet.  Présente  une  coloration  faible  mais  bien  différenciée  par  suite  de  la  forte 
pâleur  de  la  substance  blanche  cl  de  la  couche  moléculaire  ;  la  couche  des  grains  est 
nette  quoiipie  faiblement  colorée,  La  couche  des  cellules  de  l’urkinje  est  bien  visible. 

Ons.  XIII,  A.  I’...,48  ans,  Italien, entré  le  22  octobre  18J)8,mort  le  4  octobre.  1924. 

Déséquilibre  mental.  Le  malade  est  un  vagabond,  criminel.  Irritable,  impulsif  et 
violent.  Causa  morlis  :  tuberculose  pulmonaire. 

Autopsie.  Tuberculose  caverneuse  des  deux  poumons.  Aortite  athéromateuse. 


LE  FER  DANS  V ÉCORCE  CÊRÉRRALE  DES  ALIÉNÉS 


233 


Foie  congestionné  avec  une  légère  cirrhose  «  bâtarde  »  et  atrophie  de  la  vésicule  bi¬ 
liaire  qui  est  adhérente.  Le  corps  thyroïde  paraît  normal,  les  vésicules  glandulaires 
sont  très  irrégulières,  transformation  adénomateuse  diffuse  assez  marquée,  sclérose 
légère.  Les  surrénales  sont  hypertrophiées.  Autres  organes  et  centres  nerveux,  rien 
de  particulier. 

Réaclion  du  sulfhijdrate  d'ammonium.  La  coloration  des  coupes,  en  général,  est  assez 
intense  à  l’exception  du  lobe  frontal  oCi  il  y  a  une  «  inversion  de  coloration  ». 

Lobe  frontal.  Substance  blanclie  plus  colorée  que  l’écorce,  «  inversion  de  coloration  ». 
La  «  limitante  interne  »  et  la  «  strie  de  Baillarger  »  sont  assez  nettes.  Les  couches 
profondes  sont  peu  colorées. 

Lobe  pariétal.  Bonne  coloration  avec  différenciation  nette  de  la  substance  blanche 
et  aussi  de  la  zone  marginale.  Les  couches  profondes  sont  bien  colorées,  mais  les  stries 
sont  peu  visibles. 

Lobe  occipital.  Coloration  intense  avec  une  bonne  différenciation  de  la  substance 
blanche  et,  en  particulier,  des  faisceaux  longitudinaux.  Les  couches  profondes  sont 
fortement  colorées,  surtout  au  niveau  de  l’area  striata.  La  strie  de  Vicq  d’Azyr  est 
nette.  La  zone  marginale  est  légèrement  colorée. 

Cervelet.  ColoratiTO  d’intensité  moyenne.  Bonne  différenciation  de  .  ia  substance 
blanche  et  de  la  couche  moléculaire.  La  coloration  de  la  couche  des  grains  est  un  peu 
faible,  de  sorte  que  la  couche  des  cellules  de  Purkinje  est  assez  nette. 

Ous.  XIV.  B.  C.  de  M...,  21  ans,  blanche.  Brésilienne;  entrée  le  19  mai  1923,  morte 
le  10  août  1924. 

Dépression  mélancolique  avec  anxiété  et  un  certain  degré  de  confusion  mentale. 

Causa  morlis  :  Tuberculose  généralisée. 

Autopsie.  Tuberculose  pulmonaire.  Péricardite  tuberculeuse.  Adénopathie  mésen- 
thérique.  'l'hyroïde  très  petite,  avec  transformation  adénomateuse  très  marquée.  Les 
autres  organes  sont  petits.  Centres  nerveux  :  petits;  épaississement  des  méninges,  sans 
atrophie  du  cortex  ;  légère  dilatation  ventriculaire  ;  congestion  méningo-corticale. 

Réaclion  du  sulfiujdrale  d'ammonium.  Coloration  générale  des  coupes  d’intensité 
moyenne. 

Lobe  fronlal.  Coloration  intense  et  diffuse.  Couches  profondes  bien  colorées,  mais 
la  limitante  interne  et  la  strie  do  Baillarger  ne  sont  pas  visibles.  Zone  marginale  et 
substance  blanche  mal  différenciées. 

Lobe  occipital.  Ici  la  différenciation  est  très  mdte.  Les  couches  profondes  sont  bien 
colorées  et  la  strie  de  Vicq  d’Azyr  bien  différenciée.  La  zone  marginale  est  large  et 
pâle  ;  la  substance  blanche  est  légèrement  teintée,  mais  les  faisceaux  longitudi¬ 
naux  sont  bien  blancs. 

Ous.  XV.  A.  .J,  A...,  G1  ans,  blanc,  Brésilien  ;  entré  le  5  mai  1923,  mort  le  14  août  1924. 

Éxcilalion  lujpomaniaquc,  sans  affaiblissement  intellectuel.  Premier  accès.  Causa 
norlis.  Pleurésie  séro-librineuse. 

Autopsie.  Pieurésie  séro-llbrineuse  gauche.  Cdrnr  dilaté.  Foie  cardiaque.  Reins  lé¬ 
gèrement  sclérosés.  Corps  thyro'ide  d’aspect  normal.  Cerveau  congestionné,  légère  épais¬ 
sissement  des  méninges  et  dilatation  ventriculaire. 

Réaclion  du  sulflu/drale  d'ammonium.  Coloration  assez  intense,  mais  diffuse  et  sensi¬ 
blement  égale  en  différentes  régions  de  l’encéphale. 

Lobe  fronlal.  Coloration  diffuse.  La  différenciation  entre  la  substance  blanche  et 
i’écorce  est  mauvaise.  La  limitante  interne  est  assez  nette,  tandis  que  les  couches  pro¬ 
fondes  du  cortex  se  confondent  avec  la  zone  marginale.  En  certains  points,  la  strie 
be  Baillarger  est  perceptible. 

Éobe  pariétal.  Ici,  la  différenciation  de  la  coupe  est  un  peu  plus  accentuée.  Tou¬ 
tefois  la  limitante  interne  et  la  strie  de  Baillarger  ne  sont  pas  visibles  et  la  zone  margi¬ 
nale  est  assez  colorée.  Les  couches  profondes  de  l’écorce  sont  très  foncées. 

Lobe  occipital.  La  substance  blanche  est  bien  différenciée.  L’écorce  est  toujours  co¬ 
lorée  d’une  façon  diffuse  ;  la  strie  de  Vicq  d’Azyr  n’apparaît  presque  pas  et  la  zone 
marginale  est  mal  délimitée. 


234 


C.  TRÈTIAKOFF  ET  O.  CAESAli 


Cervelel.  La  substance  blanche  se  distingue  nettement  de  l’écorce.  Cette  dernière 
est  colorée  assez  fortement,  mais  d’une  façon  diffuse,  surtout  à  la  superficie  du  cervelet. 

Obs.  XVI.  C.  S...,  32  ans,  blanc.  Brésilien  ;  entré  le  11  avril  1923,  mort  le  14  août 
1924. 

Démence  précoce  hébéphrénUjue.  Causa  morlis.  Uysenlcrie  chronique,  cachexie. 

Aulopsie.  Agglutination  des  anses  intestinahis  avec  do  fortes  adhérences  et  épais¬ 
sissement  des  parois  ;  énorme  quantité  d’ankylostomes.  Athérome  aortique.  Rate  et 
corps  thyroïde  volumineux,  légère  sclérose,  transformation  adénomateuse  assez  mar¬ 
quée  en  certains  points  de  la  glande  thyroïde.  Le  cerveau  est  œdématié  et  conges¬ 
tionné  ;  petites  taches  hémorragirpics  sous-arachnoïdiennes,  le  cervelet  est  également 
cong(^stionné. 

Réacliun  du  sulfhi/drale  d'ammonium.  La  coloration  de  l’écorce,  cérébrale  est  intense 


mais  diffuse,  celle  du  cervidet,  au  contraire,  est  faible,  «  dissociation  cortico-cérébel- 

I.nbc  fronlal  (v.  fig.  4).  Coloration  assez  intense  et  «liffuse.  La  limitante  interne  et 
la  strie  de  Baillarger  sont  peu  visibles.  La  zone  marginale  et  la  substance  blanche 
sont  mal  différencié(^s. 

Lobe  pariétal.  Même  aspect  que  i)récédemment;  la  substance  blanche  est  un  peu  plus 
pAle. 

Lobe  occipital.  Toujours  la  même  coloration  diffuse,  mais  la  substance  blanche  est 
bien  différenciée. 

Cervelel.  La  coloration  est  pAle,  pourtant  la  différenciation  do  la  substance  blanche 
et  do  la  couche  moléculaire  est  bonne.  La  couche  des  grains,  faiblement  colorée,  laisse 
apparaître  avec  une  netteté  particulière  la  couche  des  cellules  de  Purkinje. 

Obs.  XVII.  P.  Th.  P...,  29  nns,  blanc,  Brésilien  ;  entré  le  13  juin  1917,  mort  le 
30  août  1924. 

Démence  précoce  (probable).  Dépression  mentale  avec  indifférence  affective,  sans 
affaibliss(!mont  intellectuel  notable,  ni  idées  délirantes.  Causa  morlis.  Tuberculose. 

Aulopsie.  Tuberculose  pulmonaire  et  intestinale,  l’oie  cardio-tuberculeux.  Corps 
thyroïde  d’aspect  normal  à  la  coupe  ;  histologiquement,  forte  sclérose  interstitielle, 
transformation  adénomateuse  assez  marquée. 


LE  FER  DANS  L'ÉCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÉNÉS 


235 


Réaclion  du  sulfhydrale d'ammonium.  La  coloration,  en  général,  est  faible  ;  «  in¬ 
version  de  coloration  »  au  niveau  du  lobe  frontal. 

Lobe  fronlal.  La  substance  blanche  est  bien  plus  colorée  que  l’écorce  :  «inversion  de 
la  coloration  ».  Les  couches  profondes  sont  presque  incolores,  la  strie  de  Baillarger  n’est 
pas  visible,  seule  la  limitante  interne  est  bien  colorée  et  Ininterrompue. 

Lobe  pariétal.  La  coloration  est  d’une  intensité  moyenne.  Los  couches  profondes 
sont  bien  colorées-;  la  strie  de  Baillarger  et  la  limitante  interne  sont  visibles  en  certains 
points.  La  couche  marginale  de  l’écorce  et  la  substance  blanche  sont  bien  différenciées. 

Cervelet  (v.  Ilg.  5).  La  coloration  de  l’écorce  cérébelleuse  est  assez  intense  mais  dif¬ 
fuse.  La  coloration  de  la  couche  moléculaire  est  presque  aussi  intense  que  celle  de 
la  coloration  des  grains.  La  couche  des  cellules  de  Purkinjo  apparaît  avec  une  grande 


Fig.  .’>.  -  Obs.  XVI r.  Démence  précoce.  Cervelet:  Coloration  de  l'écorce  eérébelleiue  d'intensité  moyenne  moii 
Ln  couche  des  cellules  de  Purkinje  est  très  nette.  La  substance  bliinclle  est  bien  diSerenciée. 


netteté.  Très  bonne  différenciation  de  la  substance  blanche  jusque  dans  ses  lamelles 
les  plus  fines. 

Ous.  XVIll.  ,1.  P.  S...,  47  ans,  blanc.  Brésilien  ;  entré  le  4  mars  1921,  mort  le 
28  août  1924. 

Confusion  menialé  de  cause  indéterminée.  Exclamations  et  actes  incohérents  et 
puérils,  vagues  idées  délirantes',  désorientation.  Causa  morlis.  Tuberculose  pulmo- 

Aulopsie.  Grande  caverne  dans  le  poumon  gauche.  Le  corps  thyroïde  est  un  peu 
petit,  il  présente  une  transformation  adénomateuse  en  certains  points,  la  colloïde  est 
abondante. Les  autres  organes  sont  sensiblement'normaux.  Œdème  et  congestion  légères 
du  cerveau  et  du  cervelet. 

Réaclion  du  sulfhydrale  d'ammonium.  La  coloration  do  l’écorce  cérébrale  est  d’in¬ 
tensité  moyenne,  celle  du  cervelet  est  un  peu  faible. 

Lobe  frontal.  Les  «ouches  profondes  sont  bien  colorées.  La  strie  de  Baillarger  est 
nette,  mais  la  limitante  interne  est  peu  visible.  La  zone  marginale  et  la  substance 
blanche  sont  bien  différenciées 

Lobe  pariétal.  La  coloration  ici  est  semblable  à  celle  du  lobe  frontal.  Les  stries  sont 
bien  nettes  . 


236 


c.  rnÊriAKOFF  et  o.  cafsae 


Lobe  occipital,  l.os  couches  protondes  sont  bien  colorées,  la  strie  do  Vicq  d’Azyr, 
bien  nette,  la  strie  de  Baillarfïcr  est  visible  en  certains  points.  La  zone  marginale  et 
la  substance  blanche  sont  bien  diftérenciées. 

Ceriielel.  La  coloration  des  grains  est  un  peu  faible,  la  couche  des  cellules  do  Pur- 
kinje  a.s.sez  nette.  La  couche  moléculaire  et  la  substance  blanche  sont  bien  différen- 


Ous.  XIX.  V.  P...,  âgé  de  48  ans.  Italien  ;  entré  le  3  mars  1918,  mort  le  11  aoill  1924. 

Sj/mplôme  paranoïde.  Excitation  intellectuelle,  hallucination  et  idées  délirantes 
do  grandeur  et  de  persécution  ;  pas  d’alTaiblissement  intellectuel  notable.  Causa 
murlis,  dysenterie. 

Aulnp.sie.  Petit  abcès  du  poumon  gauche.  Adénopathie  mésentérique.  Reins 
petits  avec  capsvd(i  adhérente,  (lieur  et  le  corps  thyroïde,  petits  également  ;  sclérose 


l’ig.  (i.  -  0I)S.  XIX.  Syndrome  paranoïde.  Cervelet.  Forle  coloration 


modérée,  une  transforiualion  adénomateuse  dilTiise  très  marquée  (h^  la  glande  thyroïde, 
lu  substance  (uilloïde  est  assez  abondante.  Cerveau  (lulématié  ;  congestion  des  ménin¬ 
ges  avec  des  tralnét^s  blanchâtres  h;  long  des  scissures.  L’épendyme  du  4“  ventricule 
est  légèrement  granuleux. 

lUacliun  du  sulllujdrale.  d'ammonium.  La  coloration,  d’une  façon  générale,  est  assez 
failde  ;  «  inversion  d(‘  lu  coloration  »  au  niveau  des  lobes  frontal  et  pariétal. 

I.obe,  frontal.  La  substance  blanche  est  pluscolorée  quel’écorce.  La  limitante  interne 
est  très  nette,  Les  couches  [irofondes  sont  à  [U'ine  t(untée,s  et  la  strie  deUaillarger  n’est 
presque  pas  appanmte.  La  zone  marginale  est  large  et  pèle. 

Lobe  pariétal.  L’intensité  plus  grande  de  la  coloration  rend  ici  1’  «inversion  de  colo¬ 
ration  »  moins  prononcée.  La  limitante  interne  est  bien  colorée.  Les  couches  pro- 
fond(\s  sont  également  colorées  assez  bien  et  la  strie  de  Haillarger  apparaît  en  cer¬ 
tains  points.  La  zone  marginale  est  large  et  mal  dilTérenciée. 

Lobe  occipital.  Coloration  de  l’écorce  est  d’une  intensité  moyenne.  Les  couches 
profondes,  biim  colorées,  ajjparaissent  nettement  plus  pèles  au  niveau  de  la  zone  striée 
que  dans  les  autres  régions.  La  strii;  de  Vicq  d’Azyr  est  assez  visible.  La  substance 
blanche  est  plus  pèle  que  l’écorce,  mais  mal  différenciée. 

Ceruelel  (v.  Ilg.  (i).  Coloration  de  l’écorce  cérébelleuse  est  intense  mais  diffuse.  La 


LE  FER  DANS  L'ÉCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÉNÉS 


237 


couche  des  grains  est  bien  colorée  ;  malgré  cela  la  couche  des  cellules  do  Purkinje  est 
distincte.  La  couche  moléculaire  est  mal  différenciée.  La  substance  blanche,  au  con¬ 
traire  est  bien  décolorée,  sauf  dans  ses  ramilications  fines. 

Obs.  XX.  A.  E...,  32  ans,  noir.  Brésilien  ;cntré  le  27  juin  1919, mort  le  1“'  septembre 
1924. 

Si/ndrome  paranoïde.  Délire  de  persécution  mal  systématisé,  basé  sur  des  hallucina¬ 
tions  auditives  ;  réactions  agressives  violentes  ;  alcoolisme.  Causa  morlis,  dysenterie. 

Autopsie.  Pleurite  sèche  ;  cœur  petit  ;  gastrite  chronique,  congestion  des  anses 
intestinales.  Le  corps  thyroïde  petit,  présente  une  transformationadénomateuse  de 
sftn  parenchyme,  la  substance  colloïde  est  abondante  et  bien  colorée.  Centres  nerveux, 
rien  do  particulier. 

Réaction  du  sutjhijdrate  d’ammonium.  Coloration  un  peu  faible  et  diffuse. 

Lobe  frontal.  La  substance  blanche  et  la  couche  marginale,  assez  fortement  teintées, 
se  confondent  avec  les  couches  profondes  do  l’écorce  qui  sont  colorées  d’une  façon 
faible  et  diffuse.  La  strie  de  Baillargcr  est  peu  visible,  la  limitante  interne  est,  au  con¬ 
traire,  bien  nette. 

Lobe  pariétal.  Ici,  la  coloration  est  encore  plus  faible  qil’au  niveau  du  lobe  frontal, 
mais  la  dilïérenciation  est  bonne  ;  les  couches  profondes  sont  assez  bien  colorées,  la 
limitante  interne  et  la  strie  de  Baillargcr  sont  nettes.  La  couche  marginale  et  la  sub¬ 
stance  blanche  sont  bien  différenciées. 

Lobe  occipital.  Coloration  d’intensité  moyenne.  L’ara  striata  est  un  peu  plus  pâle 
que  le  reste  de  l’écorce,  la  strie  de  Vicq  d’Azyr  est  peu  visible.  En  dehors  de  l’area  stria¬ 
ta,  les  couches  profondes  sont  bien  colorées,  mais  les  stries  ne  sont  pas  visibles. 
La  couche  marginale  et  la  substance’  blanche  sont  bien  différenciés. 

Cervelet.  La  couche  dos  grairis  est  bien  coloiÿe,  toutefois  sa  partie  superficielle,  plus 
pâle  que  la  partie  profonde,  laisse  apiiaraître  la  couche  dos  cellules  de  Purkinje.  Mau¬ 
vaise  différenciation  de  la  substance  blanche  et  de  la  couche  moléculaire. 

Dus.  XXL  h'.  P...,  âgé  de  57  ans,  Italien  ;  entré  le  28  mars  1923,  mort  le  11  août  1924. 

Délire  chronique  interprétatif  de  persécution  avec  réactions  violentes,  homicide 
(persécuté,  persécuteur).  Artériosclérose.  A  la  lin  de  sa  vie  le  malade  a  eu  des  ictus 
répétés,  avec  hémiplégie  (iroitc  et  syndrome,  pseudo-bulbaire.  Causa  moriis,  ramol¬ 
lissement  cérébral. 

Autopsie.  Aortite.  Lorps  thyroïde  d’aspect  normal,  présente  une  forte  transfor¬ 
mation  adénomateuse  diffuse,  mais  la  substance,  colloïde  l  est  assez  abondante. 
Les  autres  organes  ne  présentent  rien  de  particulier.  Contres  nerveux  volumineux  ; 
Vaste  ramollissement  récent  de  la  zone  pariéto-occipitale  droite,  ;  petites  lacunes  au 
niveau  du  noyau  caudé  et  dans,  l’écorce  cérébrale  du  cûté  droit,  de  même  que  dans  la 
couche  oi)tiquo  du  côté  gauche.  Dégénérescence  du  faisceau  pyramidal  droit. 

Réaelion  du  suljlujdralc  d'ammonium.  Coloration  d’intensité  moyenne,  plus  faible 
au  niveau  des  lobes  frontal  et  pariétal  qu’au  niveau  du  iobe  occipital  et  du  cervelet. 
Inversion  de  coloration  »  du  loiie,  frontal. 

Lobe  frontal.  Substance  blanche  jilus  colorée  que  l’écorce.  La  limitante  interne  est 
très  nette.  Los  couches  profondes  de  l’écorce  sont  faiblement  colorées,  mais, en  certains 
points,  la  strie  de  Baillargcr  est  \»isible.  La  zone  marginale  est  mal  différenciée. 

Lobe  pariétal.  Les  coucIkïs  profondes  sont  assez  iiien  colorées,  mais,  sans  différen¬ 
ciation  dos  stries  ;  de  même  la  couche  marginaic  est  indistincte.  La  substance  bianche 
est  bien  différenciée. 

Lobe  occipital.  Les  couches  profondes  sont  bien  colorées  ;  la  strie,  do  Vicq  d’Azyr, 
bien  visible.  Bonne  différenciation  de  la  zone  marginale  et  de,  la  substance  blanche. 

Cervelet.  Coloration  intense  de  la  couche,  des  grains.  Celles  des  cellules  de  Purkinje 
est  peu  visible.  La  substance  blanche  et  la  couche  moléculaire  sont  bien  différenciées. 

lîosuinons  mainlciianl,  les  jirincipaux  faits  que  nous  avons  constatés 
au  cours  de,  ces  recherelies. 

On  oibserve,  avec  cette  inétliode  do  coloration  liistochimique  du  fer, 


2'38 


C.  TFtÉTlAKOFF  ET  O.  CAESAR 


de  grandes  variations  de  r.olorabililé  de  l'écorce  cérébrale  el  cérébelleuse  chez 
les  aliénés. 

Ces  variations  sont  parfois  globales,  intéressant  à  la  fois  les  différentes 
régions  de  l’écorce  cérébrale  et  cérébelleuse  (comme  dans  les  observations 
3  et  5,  par  exemple).  Mais  plus  souvent  elles  sont  régionales;  ainsi  dans 
certains  cas  de  paralysie  générale  l’écorce  cérébelleuse  est  pâle,  tandis  que 
le  cortex  cérébral  est  surcoloré,  ce  (]ue  nous  appelons  la  «  dissociation 
cortico-cérébelleuse  ».  D’ailleurs  les  différentes  régions  de  l’écorce  même 
sont  très  souvent  colorées  d’une  façon  inégale,  les  circonvolutions  fron¬ 
tales  étant  généralement  plus  ])âles  que  les  lemporo-pariétales  et  celles-ci, 
à  leur  tour,  plus  pâles  que  les  occipitales. 

La  substance  blanche  sous-corticale,  c[ui  est  généralement  très  pâle, 
presque  blanche  par  rapport  à  l’écorce,  peut  apparaître  plus  foncée  que 
l’écorce  lorsque  celle-ci  est  faiblement  colorée  (inversion  de  la  coloration). 

Il  faut  signaler  aussi  le  fait  que  certains  détails  histologiques  de  l’écorce 
cérébrale  se  colorent  d’une  façon  variable  d’un  cas  à  l’autre.  La  zone  mar¬ 
ginale  (couche  moléculaire)  de  l’écorce  apparaît  plus  ou  moins  large  et 
plus  ou  moins  colorée  ;  la  strie  de  Vicq  d’Azyr  et  une  ligne  foncée  qui 
correspond  aux  stries  de  Baillarger,  sont  d’une  netteté  très  variable  ;  on 
les  distingue  le  mieux  lorsque  l’écorce  est  colorée  avec  une  intensité 
moyenne.  Enfin,  entre  la  substance  blanche  et  l’écorce  cérébrale  on  dis¬ 
tingue  généralement  une  ligne  (la  «  limitante  interne  »)  qui  est  parti¬ 
culièrement  marquée  lorsque  l’écorce  est  très  pâle. 

Il  est  probable  qu’en  étudiant  soigneusement  avec  cette  méthode  les 
différentes  régions  de  l’écorce,  on  trouverait  un  grand  nombre  de  détails 
intéressants  ;  mais  puisqu’il  s’agit  ici  de  faits  peu  ou  pas  connus,  nous  ne 
tiendrons  compte  dans  l’appréciation  des  résultats  de  nos  recherches  que 
des  différences  globales  de  coloration  et  même  parmi  celles-ci,  seulement 
des  différences  très  prononcées. 

Ainsi,  dans  la  paralysie  générale  (1)  (3  cas)  la  coloration  de  l’écorce  cé¬ 
rébrale  fut  toujours  intense,  avec  des  dépôts  périvasculaires  des  com¬ 
posés  ferriques  ;  nous  y  avons  observé,  parfois,  la  «  dissociation  cortico- 
cérébelleuse  ».  Dans  la  syp/ii7(s  cérébrale  (1  cas),  la  coloration  fut  plus 
faible  que  dans  la  paralysie  générale. 

Dans  rirnbécillilé  (2  cas), la  coloration  fut  très  faible  et,  dans  un  cas, il 
y  avait  1’  «  inversion  de  la  co’oration  »  au  niveau  du  lobe  frontal. 

Dans  l’épilepsie  essentielle  (2  cas),  la  coloration  fut  très  faible  également 

Dans  la  démence  sénile  (1  cas),  la  coloration  fut  très  faible,  surtout 
au  niveau  du  lobe  frontal  et  du  cervelet. 

Dans  la  maladie  de  Parkinson  avec  affaiblissement  démentiel  sénile. 
(1  cas),  la  coloration  du  cortex  cérébral  et  cérébelleux  fut  intense  et  diffuse. 

Dans  V alcoolisme  (2  cas),  coloration  d’intensité  moyenne  avec  quel¬ 
ques  variations  régionales. 

(1)  Notons  que  cette  richesse  en  composés  ferriques  de  l’écorce  cérébrale  dans  la 
Paralysie  Générale  fut  signalée  par  d'autres  auteurs. 


LE  FER  DANS  L'ËCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÉNÉS  239 

Dans  la  démence  précoce  (3  cas),  coloration  variable  d’un  cas  à  l’autre. 

Dans  la  psychose  maniaco-dépressive  (2  cas),  coloration  assez  intense 
dans  les  deux  cas. 

Dans  le  syndrome  paranoïde  (3  cas),  la  coloration  de  l’écorce  cérébrale 
f^t  en  général  assez  faible,  particulièrement  dans  deux  cas. où  il  y  avait 
aussi  une  «  inversion  de  la  coloration  «  au  niveau  du  lobe  frontal.  Le 
cervelet,  au  contraire,  tut  toujours  bien  coloré. 

(Il  est  à  noter  que  Vâge  de  nos  malades  ne  semble  pas  avoir  eu  une 
influence  notable  .sur  la  colorabilité  des  pièces.) 

Le  corps  thyroïde  se  montra  très  altéré  chez  un  grand  nombre  de  nos 
malades  mais  d’une  façon  trop  inconstante  pour  qu’on  puisse  en  tirer  des 
conclusions. 

Il  nous  semble  enfin  utile,  pour  la  clarté  de  l’exposition,  de  donner  une 
vue  d’ensemble  schématique  des  principales  variations  de  la  réaction  du 
fer  dans  l’écorce  cérébrale  de  nos  malades  ; 

Coloration  intense .  Paralysie  générale. 

(  Psychose  man.-clépressive. 

Coloration  d’intensité  variable  d’un  cas  à  l'autre.  <  Démence  précoce. 

(  Syndrome  paranoïde. 

(  Epilepsie, 

Coloration  faible .  ^  Alcoolisme, 

(  Imbécillité 

Région  pédonculo-slriée. 

Dans  4  de  nos  cas,  nous  avons  appliqué  également  la  même  réaction  du 
fer  sur  les  coupes  de  la  région  pédonculo-striée  afin  de  savoir  si  les  va¬ 
riations  de  colorabilité  existaient  dans  le  cortex  seulement,  ou  bien  s’ac¬ 
compagnaient  des  mêmes  variations  dans  les  noyaux  pédonculo-striés. 

Dans  ce  but  nous  avons  pratiqué  des  sections  de  la  région  pédonculo- 
striée  dirigées  d’arrière  en  avant  et  de  dedans  en  dehors  ;  nous  les  avons 
traitées  par  le  sulfhydrate  d’ammonium  de  la  même  manière  que  les 
coupes  de  l’écorce. 

Voici  les  résultats  de  ces  examens. 

Obs.  I.  J.  C.  F...  Paralysie  générale  (v.  flg.  7).  Coloration  forte  et  bien  différeneiée 
de  la  coupe.  Le  locus  niger  est  fortement  coloré  ;  ensuite  viennent  par  ordre  d’inten¬ 
sité  de  colorations  :  le  globus  pallidus,  la  partie  inféro-interne  de  la  couche  optique,  le 
corps  de  Luys  et  le  noyau  rouge.  La  coloration  de  ce  dernier  est  assez  faible.  La 
substance  blanche  est  bien  différenciée. 

Obs  IX.  O.  de  C...  Epilepsie  csseniielle  (v.  fig.  8).  Colôration  plus  faible  et  plus  diffuse 
que  dans  le  cas  précédent  ;  la  substance  blanche  est  ici  moins  bien  différenciée  ;  on 
voit  même,  au  niveau  des  circonvolutions  de  l’insula  1’  «  inversion  de  la  coloration  «. 
Le  locus  niger  et  le  globus  pallidus  sont  assez  bicn’colorés,  toutefois  moins  que  dans 
le  cas  précédent.  La  coloration  du  noyau  rouge,  du  corps  de  Luys  et  du  noyau  caudé  est 
un  peu  plus  faible  que  celle  du  locus  niger,  celle  du  pulamen  est  plus  faible  encore. 


240 


C.  TliÉTIAKOFF  ET  O.  CAESATt 


Nous  tenons  à  souligner  un  fait  particulier  qu’on  voit  sur  cette  préparation,  c’est 
la  fusion  apparente  du  locus  niijer  avec  le  ylubus  pallidiis  et  le  corps  de  Luys,  Cet  aspect 
est  dû  [irobablement  à  la  coloration  dilTuse  ibi  ces  noyaux  et  des  libres  qui  les  sépa¬ 
rent,  mais  toujours  est-il  qu’on  a  avec  cette  coloration  une  continuité  remarquable 
de  ces  noyaux.  (11  est  intéressant  de  rappeler  à  ce  [iropos  l’iiypolhésc  de  Mirto,  d’après 
laquelle  le  locus  niger  dérive  du  ijtohus  pallidus,  dont  il  se  sépare  au  cours  du  dévelop¬ 
pement  ontogénétique.)  * 

Ons.  Vf.  E.  B...  Cre7in(.s-me,'syndrome  pluriglandulaire.  \a' locus  nitjer  et  le  globus 
pallidus  sont  fortement  colorés,  le  putamen.  pèle,  le  noyau  rouye,  le  corps  de  Luys  et  la 


cnnclte  opliquc  ne  sont  pas  bien  visil)les  sur  nos  coup('s.  La  différenciation  de  la 
substance  blanche  n’est  pas  bonne. 

Ods.  II.  V.  B...  Paralysie  yénérale.  Coloration  il’intensité  moyenne  comme  dans  le 
ca<5  de  E.  B...  Le  locus  niyer,  le  ylobus  pallidus  et  le  noyau  caudé  sont  bien  colorés  ; 
au  contraire  le  noyau  rouge,  le  corps  de  lAiys  et  le  pulamen  sont  pâles  et  mal  diffé¬ 
renciés.  Le  pont  d’union  entre  le  locus  uiyer  et  ilo  ylobus  pallidus  est  assez  net. 

En  résumé  :  Les  résultats  de  la  eolurationdeeette  région  sont  assez  dis¬ 
cordants.  Tandis  (|ue,dans  les  deux  j)remiers  cas,  la  coloration  de  la  région 
})édf»nculo-striée  est  analogue  à  celle  de  l’écorce,  puisqu'elle  est  intense 
dans  la  1*.  (1.  et  faible  dans  l’épilepsie,  dans  les  deux  autres  cas,  au  con¬ 
traire,  ce  ])arallélisnie  n’existe  jilus,  car  ici  la  coloration  est  aussi  faible 
dans  la  P.  (L  ipn^  dans  h;  crétinisme. 


LE  FER  DANS  L’ÉCORCE  CÉRÉBRALE  DES  ALIÉNÉS  241 

II  ne  semble  donc  pas  y  avoir  de  parallélisme  constant  entre  la  colora- 
bilité  de  l’écorce  cérébrale  et  celle  de  la  région  pédonculo-striée,  pas  plus 
d’ailleurs  qu’il  n’y  en  a  entre  la  colorabilitéde  l’écorce  cérébrale  et  celle  du 
cervelet,  ni  entre  celle  des  différentes  régions  de  l’écorce  cérébrale  même. 

Les  variations  de  colorabilité  que  nous  constatons  n’intéressent  donc 
pas  toujours  l’encéphale  en  totalité,  mais  bien  souvent  sont  régionales, 


Ceci  est  en  accord  avec  les  phénomènes  cliniques  présentés  par  nos  ma¬ 
lades,  qui  ne  traduisent  point  la  souffrance  de  l’encéphale  tout  entier, 
*nais  surtout  celle  de  l’écorce  cérébrale. 


Conclusions. 

Avec  la  coloration  histochimique  du  fer  que  nous  avons  employée 
ici',  nous  avons  observé  de  grandes  variations  de  colorabililé  du  cortex 
cérébral  et  cérébelleux  chez  les  aliénés. 


nSVDE  NEUROLOGIQUE.  —  T.  II,  N“  3,  SEPTE.MBRE  1926. 


16 


242 


C.  TBÉTIAKOFF  ET  0.  CAÊSAR 


Ces  variations  sé  montrèrent  particulièrement  prononcées  et  cons¬ 
tantes  dans  la  paralysie  générale  (coloration  intense),  dans  Vimbécillilé 
et  l’épilepsie  (coloration  faible). 

Parfois  elles  sont  globales,  analogues  dans  l’écorce  cérébrale,  cérébel¬ 
leuse  et  dans  les  noyaux  de  la  base,  mais  bien  plus  souvent  elles  sont 
régionales. 

En  ce  qui  concerne  l’écorce  cérébrale,  ces  variations  sont  le  plus  mani¬ 
festes  au  niveau  du  lobe  frontal.  Or,  puisqu’il  s’agit  ici  de  maladies  du 
cerveau  qui  frappent  tout  particulièrement  la  même  région  frontale, 
il  semble  y  avoir  un  certain  parallélisme  entre  la  localisation  des  lésions 
histologiques  propres  à  ces  maladies  et  celle  des  variations  histochimi- 
ques  des  composés  du  fer. 


BIBLIOGRAPHIE 

Biondi.  Sulla  presenza  di  sostanzi  aventi  de  reazioni  istochemiche  del  ferre  nei  centri 
nervosi  degli  ammalati  di  menti.  Riv.  ilaliana  de  nearopilologia,  psgchialria  e  elel- 
irolerap.  1914. 

A.  Gans.  Iron  in  the  brain.  Brain,  vol.  XLVI,  part.  I,  1923. 

P.  Guizbtti.  Principali  résultat!  dell’applicazione  grossolano  a  fresco  delle  reazione 
istochimiche  del  ferre  sul  syst,  nervoso  centrale  dell’uomo  e  di  alcuni  mailiiferi 
domostici.  Riv.  di  Pathol,  nervosa  e  mentale,  n®  2,  1915. 

Hunt.  Brain,  1922. 

Hallesvobden  U.  Spatz.  Zeilschr.  f.  gesamle  Neurol,  a.  Psychiatrie,  1922. 

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tung  boi  der  progressive  Paralyse.  Ach.  f.  Psych.  u.  Nervenkrankheiien,  vol.  67,  n®  1, 
1922. 

Pierre  Marie,  C.  Trétiakoff  et  Stumper.  Etude  anatomo-pathologique  des 
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1920. 

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nerveux.  Revue  neurologique,  t.  II,  n»  5,  1923. 

M.  Muller.  Ueber  physiologischen  Vorkomen  von  Eisen  In  Zentralnervensyst. 
Zeilschr.  f.  d.  ges.  Neurol,  u.  Psych.,  1922,  n®  5. 

H.  Spatz.  Ueber  den  Eisenmichweis  in  Gehirn.  Zeilschr.  f.  d.  ges.  Neurol,  u.  Psych 
1922. 


III 


UN  NOUVEAU  RÉFLEXE  CONTRALATÉRAL 
DES  MUSCLES  ADDUCTEURS 


OÏTORINO  BALDÜZZI 

Clinique  des  maladies  nerveuses  de  la  Royale  Uniuersilé  de  Rome. 
Directeur:  M.  le  Professeur  G.  Mingazzini, 


Deux  réflexes  contralatéraux  des  muscles  adducteurs  de  la  cuisse  sont 
recherchés  par  la  pratique  neurologique  courante  :  celui  que  l’on  obtient 
par  la  percussion  de  la  face  interne  de  la  tête  du  tibia  et  celui  dit  «  réflexe 
de  P.  Marie  ». 

Il  en  existe  un  troisième  et  je  me  propose  de  J.'étudier  en  détail  dans  ce 
mémoire,  car  il  peut  être  utile,  dans  certains  cas  déterminés,  de  le  connaî¬ 
tre.  D’autre  part,  ce  réflexe  n’a  pas,  que  je  sache,  encore  été  décrit  ;  seuls 
Guillain  et  Alajouanine  (1),  en  un  cas  de  sclérose  diffuse  présumée,  ont  eu 
l’occasion  de  l’observer,  sans  pourtant  le  prendra  spécialement  en  consi¬ 
dération. 

La  technique  pour  l’obtenir  est  la  suivante  :  le  malade  étant  étendu  sur 
le  dos,  les  membres  inférieurs  allongés  et  écartés,  on  percute  la  plante  du 
pied  dans  la  zone  médiane.  Si  le  réflexe  est  présent,  on  observe,  outre  la 
flexion  du  pied,  une  adduction  et  rotation  interne  du  membre  inférieur  du 
côté  opposé,  par  contraction  des  muscles  adducteurs  contralatéraux.  Il 
s’y  associe  quelquefois  une  contraction  des  muscles  homolatéraux,  mais 
cette  contraction  est,  en  tout  cas,  plus  faible  que  celle  des  muscles  contra¬ 
latéraux. 

Quand  le  réflexe  est  très  vif,  son  aire  s’étend  quelquefois  à  toute  la 
plante  du  pied  ;  toutefois  le  point  précis  réflexogène  se  trouve  dans  la 
zone  médiane  de  la  plante  du  pied,  à  la  jonction  du  tiers  antérieur  et  du 
tiers  moyen.  Quand  le  réflexe  s’obtient,  c’est  ordinairement  l’adducteur 
moyen  seul,  à  l’exclusion  des  autres  adducteurs,  qui  se  contracte. 

L’arc  réflexe  spinal  doit  probablement  se  dérouler  le  long  des  quatre 

(1)  Guillain  et  Alajouanine.  Sur  la  diffusion  des  réponses  au  cours  de  la  recherche 
des  réflexes  tendineux  dans  un  cas  do  sclérose  diffuse  de  névraxe.  Revue  neurolo¬ 
gique,  II,  page  450. 

REVUE  NBUROLOOIQUE.  —  T.  II,  N»  3,  SEPTEMBRE  1926. 


244 


0.  BALDUZZI 


1 


segments  médullaires,  de  la  2®  sacrée  la  4«  lombaire  :  en  effet  c’est  dans 
le  2®  segment  sacré  que  pénètre  la  racine  du  plantaire  du  pied  et  dans 
la  4"  lombaire  qui  se  trouve  le  centre  des  muscles  adducteurs.  Toutefois, 
je  n’ai  pas  observé  de  cas  cliniques  qui  puissent  appuyer  ou  combattre 
cette  assertion. 

Le  réflexe  s’obtient  en  stimulant  la  plantaire  du  pied  :  il  doit  donc  être 
classé  parmi  les  réflexes  dits  profonds. 

L’étude  graphique  permet  d’établir  le  temps  perdu  du  réflexe,  qui  est 
de  1  /33  de  seconde. 

La  courbe  myographique  réflexe  que  l’on  retrouve  presque  égale  chez 


Fi({.  1-  M.  Courbe  m.v.,Kia|.ln(, lie  (les  muscle  ndilueteur»  de  droite  ;  R.  Moment  de  lu  percussion  sur 
In  plume  ilu  pied  ({nuehc  révéle  pnr  le  siKnnI  de  lléjirc/.  ;  T.  Temps  en  cinqunntiéme  de  seconde. 

tous  les  sujets,  n’oilnt  rien  de  particulier  :  elle  s’élève  brusquement  pour 
redescendre  ensuite  lentement  et  retourner  à  la  position  d’équilibre  du 
muscle.  On  ne  révèle  pas  la  secousse  musculaire  mécani(|Ue  qui,  dans  les 
reflexes  tendineux,  précède  d’ordinaire  la  courbe  musculaire  réflexe  :  on 
constate  ici  le  type  de  courbe  appelé  «  périoste»  par  Guillain;  cela  se  com¬ 
prend  facilement  si  l’on  considère  la  distance  (pii  existe  entre  le  point 
d’excitation  et  le  muscle  (jui  se  contracte. 

Malgré  1  examen  graj)hique  du  réflexe  qui  permet  de  lui  donner  le  carac¬ 
tère  de  réflexe  spinal  autonome,  on  pourrait  objecter  qu’il  ne  serait  que 
le  réflexe  des  adducteurs  dcjnt  l’aire  réflexijgène  se  serait  étendue  juseju’à 
la  plante  des  pieds  et  tel  que  pcmrrait  le  provotpier  la  percussion  de  cette 
dernière  zone.  On  pourrait  également  être  arnem'  à  penser  que  la  contrac¬ 
tion  du  moyen  adducteur  n’est  (pie  la  syncinésie  de  la  (’.ontractiori  des 


^  VN  NOUVEAU  RÉFLEXE  DES  MUSCLES  ADDUCTEURS  246 

muscles  jumeaux  qui  s’obtient  également  par  la  percussion  de  la  plante 
du  pied  et  qui  viendrait  s’y  associer. 

Mais  si  l’aire  réflexogène  du  réflexe  des  adducteurs  peut  s’étendre 
jusqu’à  la  plante  des  pieds,  la  réponse  de  ce  réflexe  conserve  cependant 
toujours  le  même  caractère  :  une  forte  contraction  des  muscles  adducteurs 
homolatéraux,  à  laquelle  peut  s’associer  une  contraction,  toujours  assez 
faible,  des  mêmes  muscles  du  côté  opposé.  Dans  le  réflexe  que  je  décris, 
c’est  le  contraire  qui  se  produit  :  c’est  la  contraction  contralatérale  qui  est 
forte,  alors  que  la  contraction  homolatérale  est  faible,  quand  elle  n’est  pas 
totalement  absente.  Dette  différence  est  assez  sensible  précisément  dans 
le  cas  où  l’aire  réflexogèjie  du  réflexe  normal  des  adducteurs  est  étendue. 
Si,  en  effet,  sur  un  sujet  qui  présente  cette  dernière  particularité  et  qui 
' —  condition  indispensable  —  est  étendu  sur  le  dos  avéc  les  membres 
inférieurs  allongés  et  écartés,  on  procède  à  des  percussions  successives 
depuis  la  tête  du  tibia  jusqu’à  la  malléole  interne  ;  on  obtient  toujours 
une  forte  contraction  des  muscles  adducteurs  homolatéraux  et  une  con¬ 
traction  faible  des  adducteurs  contralatéraux  qui  ira  en  s’affaiblissant  au 
fur  et  à  mesure  de  la  descente  ;  mais  aussitôt  que  l’on  sera  arrivé  à  la  per¬ 
cussion  de  la  plante  du  pied,  au  point  que  j’ai  indiqué  plus  haut,  on  verra 
instantanément  s’affaiblir  considérablement,  ou  même  complètement  dis¬ 
paraître  la  contraction  homolatérale,  tandis  que  celle  contralatérale  devien¬ 
dra  plus  vive. 

Au  surplus,  le  réflexe  en  question  se  constate  même  quand  l’aire  réflexo¬ 
gène  du  réflexe  des  adducteurs  est  relativement  limitée,  et  il  est  alors 
impossible  de  les  confondre. 

Il  pourrait  sembler  de  même  que  la  contraction  du  moyen  adducteur 
serait  une  syncinésie  de  la  contraction  du  muscle  jumeau  du  mollet.  Il  est 
tout  d’abord  assez  difiicile  d’admettre  cette  hypothèse  pour  les  muscles  à 
fonctions  aussi  diverses  et  dont  les  centres  médullaires  sont  aussi  éloignés. 
Mais  elle  doit  être  écartée  parce  que  le  réflexe  en  question  se  constate, 
alors  que  le  médio-plantaire  de  Guillain-Barré  est  absent.  J’dî  moi- 
même  fait  la  constatation,  par  la  percussion  de  la  plante  du  pied,  du  réflexe 
contralatéral  de  la  plante  du  pied,  sans  provoquer  le  réflexe  médio-plan¬ 
taire  et  le  réflexe  achilléen,  sur  une  jeune  femme  qui,  à  la  suite  de  malaria, 
offrait  un  syndrome  nerveux  qui  se  présentait  avec  les  apparences  les 
plus  typiques  de  la  sclérose  eii  plaques. 

On  le  retrouve  encore,  bien  que  rarement,  chez  des  sujets  bien  portants, 
(dans  la  proportion  de  5  %  d’après  ma  statistique),  mais  lorsque  chez  ces 
Sujets  les  réflexes  profonds  des  membres  inférieurs  sont  très  vifs.  Il  n’existe 
pas  chez  les  sujets  normaux  dont  les  réflexes  profonds  sont  normaux  ou 
laibles. 

Dans  les  différents  états  morbides  du  système  nerveux,  ce  réflexe  se 
présente  de  la  même  manière.  Il  apparaît  ainsi  dans  toutes  les  maladies 
<îui  se  manifestent  par  une  augmentation  des  réflexes  profonds  et  est 
ubsent  dans  toutes  celles  qui  ne  modifient  pas  la  réflectivité  spinale  ou 
qui  l’atténuent. 


246 


O.  BALDUZZI 


Ainsi  on  peut  retenir  ceci  comme  constant  dans  toutes  les  hémiparésies 
ou  monoparésies  spastiques  pour  lésions  encéphaliques  du  faisceau  pyra¬ 
midal.  Toutefois  quand  la  paralysie  qui  dérive  d’une  lésion  de  ce  genre 
est  flasque  et  que  les  réflexes  sont  faibles,  le  réflexe  en  question  est  éga¬ 
lement  absent. 

J’ai  examiné  22  cas  d’hémiparésie  organique,  la  plupart  d’origine  cap¬ 
sulaire,  et  j’ai  constaté  sa  présence  dans  21  cas.  Dans  un  seul  cas  il  était 
absent:  il  s’agissait  précisément  d’un  sujet  qui  présentait  une  hémiparésie 
flasque  à  la  suite  d’un  ictus  survenu  15  jours  avant  que  j’aie  pu  l’ob¬ 
server.  Chez  ce  malade  les  réflexes  tendineux  étaient  assez  faibles, 
même  du  côté  de  la  paralysie  :  et  quant  aux  réflexes  pathologiques, 
celui  de  Babinski  pouvait  seul  être  constaté.  J’âieu  au  contraire  l’occa¬ 
sion  d’observer  une  malade  qui  présentait  tous  les  signes  typiques  de 
l’hypertension  endocranienne,  y  compris  une  stase  papillaire  bilatérale 
et  une  légère  parésie  des  membres  d’un  côté  et  des  V®,  VII®,  VIII®  paires 
de  nerfs  crâniens  du  côté  opposé.  Et  cependant  le  réflexe  que  je  décris 
existait  chez  elle,  alors  que  l’on  pouvait  constater  une  augmentation  des 
réflexes,  à  peine  appréciable,  du  côté  de  l’hémiparésie,  et  l’absence  de  tous 
les  réflexes  pathologiques.  Ce  fut  même  la  première  fois  que  j’eus  l’occa¬ 
sion  de  l’observer. 

En  outre  dos  hémiparésies  organiques,  on  observe  encore  avec  beaucoup 
de  fréquence  et  presque  constamment  dans  les  scléroses  à  plaques  (5  fois 
sur  6  cas  observés),  dans  la  sclérose  amyotrophique  (2  fois  sur  2  cas),  dans 
la  syringomyélie,  et  dans  l’bématomyélie.  Je  l’ai  également  constaté  dans 
deux  cas  de  tumeurs  de  la  moelle  et  dans  trois  de  méningomyélite  spinale 
syphilitique. 

Il  ne  se  rencontre  pas  d’ordinaire  dans  les  syndromes  extrapyramidaux, 
de  même  pas  dans  la  paralysie  progressive.  On  l’y  retrouve  cependant  par¬ 
fois,  lorsqu’il  y  a  augmentation  des  réflexes  profonds. 

Etant  présent  chez  les  sujets  normaux,  on  peut  le  retrouver  aussi  dans 
les  makdies  fonctionnelles  du  système  nerveux  :  dans  ce  cas  il  est  présent 
et  égal  des  deux  côtés. 

De  ce  qui  précède,  on  comprend  que  le  réflexe  ne  peut  acquérir  une 
importance  sémiologique  que  lorsqu’on  en  constate  la  présence  d’un  seul 
côté  chez  le  malade  :  il  signifie  alors  que  du  côté  où  s’observe  la  contrac¬ 
tion  des  muscles  adducteurs  existe  une  augmentation  de  la  réflectivité 
spinale  imputable  à  une  lésion  du  faisceau  pyramidal.  Il  n’a  pourtant 
d’importance  que  comme  léger  indice  d’hémiparésie  organique.  De  ces  légers 
indices,  la  sémiologie  en  connaît  beaucoup  ;  toutefois,  il  peut  se  rencontrer 
des  cas  dans  lesquels  ils  ne  suffisent  pas  à  une  exacte  interprétation  clini¬ 
que,  et  la  connaissance  d’indices  nouveaux  peut  alors  être  utile.  C’est 
également  pour  ce  motif,  et  non  pas  pour  apporter  seulement  une  contri¬ 
bution  nouvelle  à  l’étude  de  la  réflectivité  spinale,  que  ce  réflexe  contra¬ 
latéral  des  adducteurs  m’a  paru  mériter  d’être  signalé  et  décrit. 


SOCIÉTÉS 


Société  médico-psychologique. 


Séance  du  26  juillet  1926. 


Présidence  de  M.  Sollier. 


Les  faux  délires,  par  M.-P.  Courbon. 

Ce  sont  des  récits  à  apparence  délirante,  mais  qui  pourtant  sont  conformes  à  la 
réalité  des  faits. 

A.  —  Le  faux  délire  de  persécution  des  psychopalhes.  —  Il  se  surajoute  à  des  troubles 
mentaux  vrais.  Il  n’est  que  l’expression  de  la  réaction  défensive  d’individus  normaux,  à 
l’égard  de  la  conduite  d’un  aliéné  : 

a)  Le  maniaque  est  réellement  l’objet  de  mesures  coercitives  de  la  part  de  d’en¬ 
tourage  qui  veut  empêcher  ses  extravagances  ;  6)  l’asthénique  est  réellement  l’objet 
d’injures  de  la  part  de'  l’entourage  qui  prend  son  inhibition  pour  de  la  paresse  ; 
e)  l’amoral  (alcoolique,  toxicomane,  affaibli  démentiel)  est  réellement  l’objet  du  mé¬ 
pris  de  l’entourage  à  cause  de  ses  vices. 

B.  —  Le  faux  délire  de  persécution  des  individus  normaux.  —  Il  ne  s’accompagne 
d’aucun  trouble  mental  véritable.  Il  n’est  que  l’expression  de  la,  réaction  agressive 
de  certains  anormaux  contre  un  être  plus  ou  moins  inoffensif  : 

a)  Les  taquins  persécutent  réeliement  leurs  victimes  ;  b)  les  autoritaristes(P.  Janet) 
tyrannisent  réellement  leurs  proches  ;  c)  les  énigmatiques  imposent  à  l’entourage 
une  gymnastique  presque  paranoiaque  pour  déchiffrer  l’énigme  des  manœuvres 
derrières  lesquelles  ils  dissimulent  leurs  véritables  intentions. 

AutomatiBzne  mental.  Délire  spirite  et  spiritisme.  —  Présentation  d’une 
malade  et  ^’un  spirite,  par  M.-P.  Schiff. 

Il  s’agit  d’une  malade,  atteinte  de  psychose  hallucinatoire  chronique,  qui  a  fré. 
quenté  les  milieux  spirites  et  dont  ies  idées  délirantes  ont  pris  la  forme  particulière 
du  délire  médiumnique.  La  malade  a  des  idées  de  persécution  auxquelles  elle  ne  réagit 
pas  activement,  qjle  se  croit  devenue  un  médium  doué  du  don  de  prémonition. 

L’un  des  spirites  qui  l’ont  amenée  à  cette  conviction  a  accepté,  dans  une  intention 
de  prosélytisme,  d’être  présenté  à  la  Société  en  même  temps  que  la  malade.  L’auteur 
étudie  les  analogies  qui  existent  entre  les  idées  d’influence  de  la  malade  et  le  véritable 
syndrome  d’automatisme  mental  (de  Clérambault)  ou  d’action  extérieure  (Claude)  que 
réalisent,  chez  ce  spirite,  les  états  de  <  clairvoyance  »  et  de  <  ciairaudiance  >. 

H.  Colin 


ANALYSES 


BIBLIOGRAPHIE 


Omaggio  italiano  a  J.  M.  Charcot  nel  1»  centenario  délia  nascita,  29  novembre 
1825-29  novembre  1925,  [)ur  Luigi  Hamulo  Sangijineti.  l^asseijna  di  Sludi  Psi- 
chialrici,  t.  15,  n®  3,  mai-juin  1926. 

Elève  (le  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris  et  assistant  à  la  Clinique  de  Neuropsychia¬ 
trie  de  Home,  l'auteur  associe  la  Neurologie  italienne  à  la  Neurologie  française  dans 
un  hommage  à  la  gloire  du  père  de  la  Neurologie.  C’est  l’empreinte  latine  qui  marque 
la  méthode,  l’œuvre,  le  génie  du  Maître,  qui  de  la  sorte  appartient  aux  deux  nations. 

L’élégant  fascicule  consacré  par  Sanguiiieti  au  centenaire  de  Charcot  est  pensé  et 
écrit  avec  originalité,  sincérité  et  émotion.  F.  Deleni. 

Chirurgie  du  sympathique.  Chirurgie  du  tonus  musculaire.  La  section  des 
rameaux  communicants,  par  P.  Webtheimer  et  A.  Bonniot.  Préface  du 
Prof.  Lehiciie.  Un  volume  de  136  pages  avec  21  figures.  Masson  et  C'«,  éditeurs, 
Paris,  1926. 

L’orientation  actuelle  de  la  chirurgie  du  sympathique  tend  à  faife  de  celle-ci  une 
neurotomie  élective.  Dans  ce  but,  il  était  tout  indiqué  de  chercher  à  atteindre  l’in¬ 
nervation  sympathique  dans  la  zone  oii  elle  est  distincte  des  nerfs  cérébro-spinaux, 
c’est-à-dire  au  niveau  des  rameaux  communicants. 

Par  leurs  recherches  anatomiques  Wertheimer  et  Bonniot  se  sont  efforcés  do 
précis(U'  la  systématisation  et  la  topographie  des  rameaux  communicants  aux  diffé¬ 
rents  étages  de  la  colonne  vertébrale.  Les  résultats  de  ces  recherches  permettent  do 
jeter  les  bases  d’une  technique  rationnelle  autorisant  la  section  des  rameaux  com¬ 
municants  au  cou  et  ilans  les  régions  dorsale  et  lombo-sacrée.  Les  autours  exposent 
par  le  détail  les  différents  tem[)s  de  cette  technique  chirurgicale  qui  permet  d’une 
part  de  supprimer  l’innervation  sym[)athique  périphérique  dans  sa  lolalilé,  tout  en 
respectant  la  chaîne  latéro-vertébrale,  les  centres  ganglionnaires  et  les  nerfs  viscé¬ 
raux,  d’autre  part,  de,  doser  en  quelque  sorte  Pacte  thérapeutique  ^t  d’en  limiter  les 
effets  à  un  lerriloirr,  délerminé.  11  .s’agit  là  d’une  méthode  chirurgicale  nouvelle  élar¬ 
gissant  le,  champ  de  la  chirurgie  du  sympathique  et  susceptible  d’indications  mul- 
tiphis. 

Parmi  cidles-ci  les  auteurs  limitent  leur  étude  au  traitement  chirurgical  des  varia¬ 
tions  pathologiques  «lu  tonus  musculaire.  Ils  sont,  de  ce  fuit,  amenés  à  envisager  la 
façon  dont  il  faut  comprendre,  sur  lu  foi  des  conceptions  actuelles  louchant  la  physio- 


ANALYSES 


249 


logie  (lu  tonus  musculaire,  la  participation  du  sympathique  dans  les  hypertonies. 
Leur  ouvrage  expose,  d’un  point  do  vue  critique,  les  faits  exptirimentaux  et  les  théo¬ 
ries  que  ceux-ci  ont  suggérés. 

De  cette  étude  physiopathologique  ils  concluent  que  la  ramisection  peut  être  pré¬ 
conisée  dans  les  séquelles  des  blessures  cranio-cérébrales,  dans  la  maladie  de  Little, 
dans  les  troubles  dits  «  physiopathiques  »  consécutifs  aux  traumatismes  périphé¬ 
riques,  que  son  utilisation  mérite  d’être  discutée  et  essayée  dans  certaines  lésions 
médullaires,  traumatiques  ou  spontanées,  et  dans  les  syndromes  parkinsoniens. 

Ils  apportent  des  faits  à  l’appui  de  ces  suggestions,  les  uns,  empruntés  aux  auteurs 
qui  se  sont  intéressés  à  cette  question,  les  autres  personnels. 

Ces  premiers  résultats  d’une  méthode  qui  est  à  ses  débuts,  permettent  de  fonder 
sur  elle  de  grands  espoirs.  Elle  est  bénigne  ;  la  technique  imaginée  par  Wertheimer 
et  Bonniot  fournit  une  voie  d’accès  métl^odiquo  sur  la  totalité  dos  rameaux  commu¬ 
nicants. 

La  ramisection  constitue  un  moyen  efficace  de  supprimer  l’élément  jdastique  du 
tonus  musculaire,  mais  ses  applications  ne  se  limitent  pas  au  traitement  des  con¬ 
tractures  ;  elles  doivent  être  envisagées  dans  un  sons  largement  extensif. 

E.  E. 

La  méthode  en  neuropathologie,  par  Eugenio  Bravetta.  DuHelino  dell’Ordine 
dei  Medici,  n»  3,  1926. 

Leçon  d’ouverture  du  cours  libre  do  clinique  des  maladies  mentales  et  nerveuses 
pour  l’année  scolaire  1925-1926.  F.  Deleni. 

Le  syndrome  catatonique,  par  Aldo  Bbutolani.  Itivisla  sperimenlale  di  Erenialria, 
vol.  49,  fasc.  4,  extrait  ;  brochure  in-8»  de  102  pages,  Reggio  Emilia,  1926. 

La  constitution  d’un  syndrome  catatonique  est  justifiée,  vu  que  les  symptômes 
qui  la  composent  ont  entre  eux  une  grande  affinité,  soit  qu’on  les  trouve  réunis,  soit 
qu’on  en  observe  la  succession.  Cos  symptômes  sont  la  catalepsie,  le  catatonisme,  la 
stupeur,  le  négativisme,  les  sléréotypies,  le  maniérisme,  l’agitation  catatonique. 
Quelques-uns  de  ces  symptômes,  et  même  tout  le  syndrome,  peuvent  apparaître 
d’une  façon  transitoire  dans  le  cours  des  affections  les  plus  diverses  ;  le  syndrome  peut 
représenter  un  épisode  do  certaines  psychoses  (démence  précoce,  folie  maniaque, 
dépressive,  amcnco,  épilepsie),  comme  de  certaines  maladies  nerveuses  organiques 
(paralysie  générale,  tumeur  ou  .abcès  du  cerveau,  thrombose  des  sinus,  etc.).  Dans 
la  genèse  des  manifestations  catatoniques  le  primum  movens  est  à  rechercher  dans 
l’altération  des  fonctions  de  l’écorce  cérébrale  ;  si  quelques  symptômes  sont  attri¬ 
buables  à  des  troubles  idéatifs  ou  psychosensoriols,  d’autres  symptômes,  ceux  à 
caractère  plus  étroitement  musculaire  (catalepsie,  catatonisme,  mouvements  stéréo¬ 
typés  automatiques  do  la  phase  terminale  psycholytique)  sont  probablement  à  rap¬ 
porter  à  la  libération  de  l’activité  sous-corticale  qui  n’est  plus  inhibée  par  l’écorce. 
Il  est  peu  vraisemblable  que  dans  les  psychoses  des  lésions  graves  et  irréparables 
viennent  à  s’installer  dans  les  ganglions  centraux  du  cerveau  ;  les  symptômes  cliniques 
de  ces  lésions  no  coïncident  pai^  avec  ceux  du  syndrome  catatonique  ;  de  plus  les 
manifestations  catatoniques  sont  susceptibles  de  disparaître  à  l’improviste  et  complè- 
lement.  Actuellement,  comme  pour  réagir  au  «  courant  psychologique  »  d’autre¬ 
fois,  la  tendance  est  do  «  neurologiser  »  la  psychiatrie  ;  connaître  le  substratum  d’un 
symptôme  psychique,  savoir  qu’il  représente  seulement  la  traduction  d’une  locali¬ 
sation  lésionnelle  est  l’aspiration  de  tout  aliéniste.  11  semble  toutefois  que  les  concop- 


250 


ANALYSES 


lions  nouvelles  se  détachent  trop  des  théories  anciennes  ;  le  siège  hier  encore  indis¬ 
cuté  des  maladies  mentales,  le  manteau  cérébral  dont  la  richesse  en  milliards  de 
cellules  faisait  l’importance,  voit  sa  dignité  renversée  par  certains  auteurs  ;  on  a  voulu 
transporter  de  l’écorce  aux  ganglions  centraux  le  siège  des  manifestations  catatoni- 
ques  ;  dans  cotte  manière  d’apprécier  les  choses,  il  n’a  pas  été  tenu  compte  du  fait 
que  lorsqu’il  apparaît  des  symptômes  catatoniques  au  cours  d’affections  nucléaires 
organiques  (encéphalite  épidémique,  tumeurs,  etc.),  ces  symptômes  peuvent  résulter 
de  troubles  corticaux  ou  de  lésions  corticales  existant  en’ association  avec  les  lésions 
sous-corticales.  F.  Deleni. 

L’office  do  statistique  des  maladies  mentales  on  Italie.  Premier  rapport. 
Installation  de  l’office.  Premières  données  statistiques,  par  Gustave  Modena, 
brochure  Slab.  tip.  del  Commercio,  Ancône,  1926. 


NEUROLOGIE 


ÉTUDES  GÉNÉRALES 


ANATOMIE 

Étude  sur  les  connexions  anatomiques  des  circonvolutions  rolandiques,  parié¬ 
tales  et  frontales,  par  M.  Minkowski  (de  Zurich).  Archives  suisses  de  Neurologie 
ei  de  Psgchialrie,  vol.  XII,  1,  p.  71-104  et  2,  p.  227-268  ;  1923.  Vol.  XIV/  2,  p.  255- 
278  et  XV,  2,  p.  239  ,  1924. 

Dans  ce  travail  de  longue  haleine,  exécuté  à  l'Institut  d' Anatomie  cérébrale  de 
l'Université  de  Zurich  ei  généreusement  subventionné  par  le  Fonds  de  Reeherches  scien¬ 
tifiques  J.  Déjerine  à  Paris,  l'auteur  cherche  à  fournir  une  base  anatomique  exacte 
des  constatations  physiologiques  sur  le  singe-  {Macacus  rhésus),  exposées  dans  un  tra¬ 
vail  précédent  {Archives  suisses  de  Neurologie  et  de  Psych.,  vol.  I,  2,  p.  389-439)  et 
concernant  surtout  le  mouvement  et  ta  sensibilité  dans  leurs  rapports  avec  l'écorce 
cérébrale.  Dans  ce  but  il  donne  une  description  systématique  des  cerveaux  (coupés  en 
séries  et  colorés  au  carmin,  au  Pal,  ou  au  NisslJ,  de  6  macaques  qui  avaient  subi  des 
ablations  de  différentes  circonvolutions  cérébrales  (frontale  ascendante,  pariétale 
ascendante,  pariétales  supérieure  et  inférieure,  partie  postérieure  du  lobe  frontal) 
et  présenté,  pendant  une  survie  do  plusieurs  mois  ou  même  d’années  (jusqu’à  un 
maximum  de  3  ans  et  demi),  des  troubles  moteurs,  sensitifs  ou  réflexes,  décrits  au¬ 
trefois.  Il  insiste,  en  particulier,  sur  l'étendue  exacte  des  lésions  opératoires  (aussi  bien 
à  la  surface  de  l’hémisphère,  c’est-à-dire  par  rapport  aux  circonvolutions  et  aux  ré¬ 
gions  cytoarchitectonlques  lésées,  que  dans  la  profondeur  de  la  substance  blanche), 
ainsi  quesur  les  dégénérations  secondaires,  naissant  de  la  lésion  primaire  et  se  continuant 
sans  interruption  jusque  dans  le  lieu  de  terminaison  d’origine  des  fibres  (fibres 
de  projection,  fibres  d’association  et  fibres  commissurales)  atteintes  par  l’opéra- 
ration.  Après  avoir  décrit  les  cas  particuliers,  l’auteur  passe  successivement  en  revue 


ANALYSES 


■Ibl 


les  différentes  formations  de  l’encéphale  et  de  la  moelle  qui  y  avaient  présenté  des 
altérations  anatomiques  (hémisphères  cérébraux,  ganglions  de  la  base,  couche  optique, 
région  sous-thalamique,  noyau  rouge,  tubercules  quadrijumeaux,  locus  niger  de 
Soemmering,  étage  ventral  de  la  protubérance,  pyramide  du  bulbe  et  do  la  moelle,  etc.) 
et  cherche  à  établir,  parleur  analyse  et  comparaison  dans  différents  cas,  les  relations 
spéciales  qui  existent  entre  chacune  de  ces  formations  et  différentes  circonvolutions  et 
régions  cytoarchitectoniques  de  l'écorce.  Il  est  évidemment  impossible  de  reproduire 
ici  tous  les  résultats  particuliers  ni  de  les  confronter  avec  ceux  d’autres  auteurs,  comme 
dans  le  travail  original.  Parmi  les  plus  importants,  notons  tout  d’abord  que,  d’après 
ces  recherches,  il  existe  un  certain  nombre  de  fibres  cortico-caudées,  émanant  de  la 
frontale  ascendante  et  sans  doute  aussi  des  parties  avoisinantes  du  lobe  frontal  et  se 
terminant  dans  la  partie  dorsale  de  la  tête  du  noyau  caudé  (qu’elles  gagnent  par  la 
partie  dorsale  du  segment  lenticulo-caudé  de  la  capsule  interne),  d’autre  part,  les  eir- 
convolutions  frontales,  situées  plus  en  avant,  v  ers  le  pôle  oral  de  l’hémisphère,  pa¬ 
raissent  reliées  à  la  partie  ventrale  de  la  tête  du  noyau  caudé  (par  l’intermédiaire 
de  la  partie  antéro-ventrale  de  la  capsule  interne).  Le  globus  pallidus  reçoit  sans  doute 
également  un  certain  nombre  de  fibres  d’origine  corticale  ou  du  moins  de  collaté¬ 
rales  (son  extrémité  orale  donne,  on  outre,  naissance,  à  des  fibres  corticopètes,  gagnant 
le  pôle  frontal,  voir  plus  bas).  Entre  la  couche  optique  et  l’hémisphère  cérébral  existe 
une  projection  anatomique  distincte  de  sorte  que  chaque  noyau  do  la  couche  optique 
(pulvinar,  noyau  postérieur,  corps  genouillés  externe  et  interne,  noyau  dorso-latéral, 
couche  ventrale  ou  noyaux  ventral  c,  ventral  b  ou  ventral  médian  de  de  Monakow, 
ou  cupuliforme  do  Flechsig,  ventral  a,  ou  ventral  latéral  de  de  Monakow,  et  ventral 
antérieur,  noyau  antérieur  et  noyau  médian  ou  interne  de  Burdach,  constitué  par  les 
noyaux  médian  a,  médian  b  ou  centre  médian  de  Luys  et  médian  c  ou  noyau  de  la 
lamelle  interne  de  ü.  Vogt  et  Friedmann)  est  relié  par  des  fibres  thalamo-corticales 
(l’existence  de  fibres  à  direction  inverse  ou  cortico-thalamiquc  reste  pour  la  plu¬ 
part  douteuse)  à  une  région  déterminée  de  l’écorce,  discutée  et  précisée  dans  le  travail 
original  ;  entre  une  partie  du  moins  de  ces  noyaux  (noyau  externe  de  Burdach.  =  noyau 
dorso-latéral  +  couche  ventrale)  et  l’écorce,  les  zones  de  représentation  réciproque  se 
suivent  successivement  dans  une  direction  sagittale  aussi  bien  que  frontale.  Le  noyau 
rouge  reçoit  un  certain  nombre  do  fibres  d’origine  corticale,  émanant  surtout  de  la 
région  prérolandique  et  sans. doute  aussi  de  la  région  frontale  (fibres  cortico-rubriques 
directes  on  accord  avec  de  Monakow,  Déjerine  et  d’autres).  Le  locus  niger  de  Soemme¬ 
ring  reçoit  des  libres  cortico-nigriques,  qui  émanent  surtout  de  la  Fa  (mais  aussi  du 
lobe  frontal  et,  en  très  petit  nombre,  do  la  Pa)  et  gagnant  la  substance  noire  par  le 
pied  du  pédoncule  où  elles  se  séparent  des  fibres  pyramidales.  Dans  la  substance  grise 
de  ta  protubérance  se  terminent  des  fibres  cortioo-pontines,  provenant  de  différentes 
circonvolutions,  à  savoir  :  des  libres  fronto-pontines,  qui  se  terminent  dans  la  partie 
fronto-médiane  de  la  substance  grise  ;  dos  fibres  prérolando-pontines  (pro¬ 
venant  de  la  Fa),  qui  se  terminent  dans  sa  partie  ccntralo-pédonculaire  et  péri- 
pédonculaire  ;  enfin,  des  fibres  pariétc^  et  temporo-pontines  (faisceau  de  Türck), 
s’irradiant  dans  la  substance  grise  latérale.  Les  taches  nébuteuses  (Nebelflecke  d’après 
Karn],  c’est-à-dire  les  petits  paquets  de  fibres  situées  à  l’extrémité  médiane  du  ruban 
de  Reil  médian,  et  séparées  les  unes  des  autres  par  des  travées  de  la  substance  grise 
réticulée  médiane  de  la  couche  rubannée, sont  également  constituées,  du  moins  en  partie, 
par  des  fibres  d’origine  corticale  (provenant  surtout  de  la  Fa),  qui  se  détachent  du 
pied  du  pédoncule  dans  les  plans  de  la  substance  noire  et,  après  un  trajet  vers  la 
ligne  médiane,  s’arborisent  autour  des  petites  cellules  de  cette  substance  grise  ré¬ 
ticulée  {fibres  aberrantes  protubérantielles  de  la  voie  pédonculaire). 

La  pyramide  bulbaire  émane  en  très  grande  partie  de  la  Pa,  cependant  elle  contient 


252 


ANALYSES 


un  petit  nombre  de  fibres  prenant  naissance  dans  les  circonvolutions  avoisinantes 
(la  Fa  et  le  lobe  frontal).  Dans  la  moelle  (du  macaque),  un  faisceau  pyramidal  direct 
dans  le  cordon  antérieur  fait  défaut  ;  par  contre,  il  existe  des  fibres  pyramidales  homo¬ 
latérales  peu  nombreuses  passant  de  la  pyramide  bulbaire  dans  le  cordon  postéro¬ 
latéral  du  même  côté.  Dans  les  plans  de  l’entrecroisement  des  pyramides,  un  certain 
nombre  de  fibres  pyramidales  se  termine  dans  les  cloisons  grises  du  processus  réticu¬ 
laire  croisé  (unissant  la  corne  antérieure  à  la  substance  gélatineuse  de  la  corne  pos¬ 
térieure  et  séparant,  d’autre  part,  les  faisceaux  pyramidaux  les  uns  des  autres).  La 
formation  réticulée  de  la  protubérance  et  du  bulbe,  la  substance  grise  centrale,  le 
faisceau  central  de  la  calotte,  les  voies  acoustiques  du  tronc,  le  noyau  do  Deiters,  le 
cervelet,  ses  noyaux  et  scs  bras  ne  possèdent  pas  de  connexions  directes  avec  l’é¬ 
corce  ;  de  même,  il  a  été  impossible  à  l’auteur  do  suivre  des  fibres  dégénérées  à  par¬ 
tir  de  la  pyramide  bulbaire  jusque  dans  les  noyaux  des  nerfs  crâniens  moteurs.  Le 
ruban  de  Ftcil  médian  et  scs  cellules  d’origine  dans  les  noyaux  des  cordons  postérieurs 
no  peuvent  subir,  après  des  lésions  corticales,  qu’une  atrophie  secondaire  indirecte 
(résultant  sans  doute  d’inactivité  fonctionnelle). 

Après  avoir  analysé  les  altérations  secondaires,  présentées  par  différentes  parties 
du  cerveau  après  des  lésions  corticales  de  localisation  et  d’étendue  différentes,  l’au¬ 
teur  résume  ses  résultats  par  rapport  aux  circonvolutions  et  réyions  cytoarchitecto- 
niques  du  cerveau,  en  donnant,  pour  chacune  d’tdles,  une  vue  <rensemble  de 
ces  connexions  {par  des  fibres  de  projection  corticopètes  et  corticofuyes,  des  fibres 
d'association  et  des  fibres  calleuses)  avec  d’autres,  parties  du  système  nerveux 
central. 

En  caractérisant  ainsi  chaque  région  cytoarchitcctonique  du  cerveau  par  l’en¬ 
semble  de  ces  voies  anatomiques,  au  point  de  vue  hodologique  (ô8iç  =  voie)  on  par¬ 
vient  è  analyser  le  rôle  fonctionnel  de  ces  réyions  en  se  basant  sur  des  données  ana¬ 
tomiques  exactes.  Ainsi  la  région  prérolandique  (area  gigantopyrarnidalis  -f  area 
frontalis  agranularis,  ou  champs  4  et  G  de  Brodmann  constituée  par  la  Fa  et  la 
partie  adjacente  du  lobe  frontal  est  caractérisée  par  le  manque  d’une  couche  gra¬ 
nuleuse  intern(i  distincte  et  la  présence  de  cellules  pyramidales  géantes  ou  grandes 
dans  la  5®  couche)  est  non  seulement  le  lieu  d’origine  d’un  grand  nombre  de  fibres 
de  projection  corticofuges  multiples  (libres  prérolando-spinales  ou  pyramidales, 
libres  aberrantes  protubérantielles  de  la  voie  pédonculaire,  fibres  p'rérolando-pon- 
tines  prérolando-nigriqiies,  rubrique,  zonale,  caudées,  et  pallidales)  mais  elle  re¬ 
çoit  également  un  nombre  considérable  de  libres  de  corticopètes  (émanant  de  certaines 
parties  du  noyau  dorso-latéral  de  la  couche  optique,  de  ses  noyaux  ventral  a, 
ventral  b  et  du  centre  médian  de  Luys),  ainsi  que  des  nombreuses  libres  d’association 
(libres  propres  de  la  Fa,  libres  prérolando-postrolandiques,  prérolando-pariétales 
prérolando-frontales,  etc.  )  et  fibres  calleuses  (reliant  la  Fa  d’un  hémisphère  non 
seulement  à  la  Fa  de  l’hémisphère  opjjosé,  mais  aussi  à  la  l’a  do  celui-ci,  libres  homo- 
et  hétérogyriques). 

Et  c’est  en  se  basant  sur  des  données  de  co  genre  qu’on  peut  caractériser  la  Fa  non 
seulement  comme  un  domaine  essentiellement  moteur  qui  possède  dos  voies  de  pro¬ 
jections  corticofuges  multiples,  mais  en  même  temps  comme  un  centre  sensitif  (rece¬ 
vant  un  nombre  important  de  fibres  corticopètes)  ainsi  qu’un  centre  associatif  et 
commissural,  en  rapports  étroits  avec  différentes  autres  régions  cérébrales,  homo- 
et  hétéro-latérales.  On  comprend  ainsique  la  région  prérolandique  représente  une  zone 
sonsitivo-molrice  spéciale,  préposée  à  des  fonctions  complexes  (analysées  par  l’au¬ 
teur  dans  son  travail  physiologique)  et  guidée  dons  ses  accomplissements  moteurs 
par  de  nombreuses  excitations  sensitives,  qu’on  peut  considérer  comme  a|>partcnant 
surtout  au  domaine  de  la  sensibilité  profonde,  réflexe  ou  inconsciente  (de  Monakow). 


La  région  poslrolandique  ou  les  champs  1,  2  et  3  de  là  Pa  (caractérisée  par  la  présence 
d’une  couche  granuleuse  interne  bien  développée  ainsi  que  le  manque  de  cellules 
pyramidales  géantes  dans  la  5®  couche)  reçoit  surtout  des  fibres  de  projection  corti- 
copètes,  provenant  de  ta  couche  optique  (certaines  parties  du  noyau  dorso-latéral 
et  des  noyaux  ventral  a  et  ventral  b,  suivant  en  arrière  celles  dont  émanent  les  fibres 
relevant  de  la  Fa)  ;  elle  est,  en  outre,  le  lieu  d'origine  d’un  petit  nombre  de  fibres 
corticofuges  se  terminant  dans  la  moelle  (fibrespyramidales),  dans  la  substance  noire 
de  Soemmering  et  la  substance  grise  du  pont,  ainsi  que  de  fibres  d’association  et 
de  fibres  calleuses  ;  elle  constitue  donc  également  un  domaine  sensitivo-moteur, 
associatif  et  commissural,  mais  se  distingue  de  la  région  prérolandique  par  une  relation 
réciproque  très  différente  des  diverses  catégories  de  voies  nerveuses,  qui  en  font  un 
domaine  essentiellement  sensitif,  possédant  bien  aussi  quelques  voies  motrices,  mais 
en  nombre  incomparablement  moindre  que  le  Fa.  La  région  pariétale  (champs 
5  et  7  de  Brodmann .  lobule  pariétal  supérieur  et  gyrus  siipra-marginalis)  est 
caractérisée  par  des  fibres  corticopètes  provenant  do  la  couche  optique  (extrémité 
postérieure  des  noyaux  dorso-latéral,  ventral  a  et  ventral  h  et  noyau  ventral  c),  des 
fibres  cotricofuges  se  terminant  dans  la  substance  grise  du  pont,  ainsi  que  de  nom¬ 
breuses  filire.S  d’association  et  des  fibres  calleuses  :  les  circonvolution.s  pariétales  sont 
donc,  comme  la  Pa,  préposées  surtout  à  l’élaboration  corticale,  d’excitations  sensitives 
provenant  des  extrémités,  du  tronc,  de  la  tête  et  de  la  face  (en  particulier,  elles  semblent 
Se  rattaclier  en  jircrnier  lieu  à  des  excitations  du  domaine  do  la  sensibilité  profonde, 
tandis  que  la  Pa  recevrait  plutêt  des  excitations  cutanées  superficielles).  Le  gijrus 
angutnriH  (partie  antéro-latérale  de  la  région  pariéto-occipitale  de  Minlcomski  ou  des 
cliamps  18  et  15  do  Brodmann)  reçoit  des  fibres  de  projection  provenant  du  pulvinar 
et  en  envoie  au  tuliercule  quadrijumeau  antérieur.  La  région  frontale  reçoit  des  fibres 
de  projection  corticopètes,  provenant  de  l’extrémité  antérieure  du  noyau  dorso- 
lltéral  du  tlialainus,  et  de  son  noyau  ventral  antérieur,  des  fibres  du  noyau 
antérieur,  du  noyau  médian  a  et  un  certain  nombre  de  fibres  pallido-frontah's,  émanant 
de  cellules  dans  la  partie  antérieure  du  globus  pallidus  (de  Monaknw)  ;  quant  aux 
fibres  de  projection  corticofuges,  elles  donnent  origine  à  des  libres  fronto-pontines 
en  nombre  très  considérable,  à  de.s  lilires  fronto-rubriqiies  et  fronto-caudées,  ainsi 
qu’à  un  très  petit  nombre  de  filires  fronto-spinales  (pyramidales)  et  fronto-nigriquos. 
La  région  striée,  ou  ratcarine  (area  striata  ou  cliamp  1 7  de  Brodmann,  occupant  les  lèvres 
de  la  scissure  calcarine  et  l’opercule  occipital  et  caractérisé  par  la  strie  de  Vicq- 
d’Azyr  et  une  stratification  cellulaire  spéciale,  surtout  une  subdivision  de  la  couche 
granuleuse  interne  en  trois  couches)  reçoit  les  fibres  corticopètes  émanant  du  corps 
genouillé  externe  ;  en  particulier,  il  existe,  entre  le  corps  genouillé  externe  et  l’aire 
striée,  une  projection  anatomique  dans  ce  sens  que  les  fibres  provenant  des  côtés  mé¬ 
dian  et  latéral  du  corps  genouillé  externe  cheminent  dans  la  partie  dorsale  et  ven¬ 
trale  des  radiations  optiques.  En  même  temps  l’écorce  calcairine  est  le  lieu  d’ori¬ 
gine  de  fibres  cortico-quadrigéminalcs,  qui  se  terminent  dans  les  couches  moyennes 
Llanche  et  grise  du  tubercule  quadrijumeau  antérieur.  Les  fibres  d’association  de 
'a  région  calcarine  sont  particuliérement  nombreuses  ;  abstraction  faite  du  faisceau 
de  Vicq  d’Azyr,  qui  est  un  puissant  système  de  fibres  d’associations  intracorticales 
et  des  fibres  en  u  du  stratum  calcarinæ  proprium,  elle  est  reliée  surtout  aux  lobes 
pariétal  et  temporal;  très  probablement  elle  possède  également  des  fibres  calleuses. 
La  région  temporale  reçoit  des  fibres  corticopètes  provenant  du  corps  genouillé  interne 
ainsi  que  du  noyau  postérieur  du  thalamus  et  donne  naissance  à  des  fibres  cortico- 
tages' temporo-pontines  (faisceau  de  Türek)  ;  la  région  cingulaire  (première  circonvo¬ 
lution  limbique)  reçoit  probablement  des  fibres  corticopètes  émanant  de  l’extré- 
hiité  dorsale  du  noyau  dorso-latéral  de  la  couche  optique  (et  constituant  la  radiation 


254 


ANALYSES 


médiane  de  celle-ci  «  médiale  Sehhügelstrahlung  »  de  Probal).  Ces  deux  régions  pos¬ 
sèdent  également  des  fibres  d’association  et  des  fibres  calleuses. 

Après  avoir  illustré  par  un  schéma  synoptique  l’ensemble  des  voies  de  projec¬ 
tions  corticofuges  et  corticopètes  reliant  les  différentes  régions  de  la  connexité  de 
l’hémisphère  aux  centres  sous-corticaux,  l’auteur  aboutit  à  quelques  conclusions  d'ordre 
général  sur  les  principes  d'organisalion  et  de  /onclionnemenl  de  l'écorce  cérébrale.  Ce 
qui  se  dégage  tout  d’abord  des  constatations  décrites,  c’est  que  (sauf  peut-être  quel¬ 
ques  exceptions,  encore  controversées)  toutes  les  circonvolutions  ou  régions  cyto- 
architectoniques  do  l’hémisphère  (y  compris  notamment  les  circonvolutions  pariétales 
et  frontales)  possèdent  des  fibres  de  projection,  corticopètes  et  corticofuges,  des 
fibres  d’association  intra  et  extracorticales  ainsi  que  des  fibres  commissuralos.  C’est 
dire  que  tout  le  néo-cortex  présente,  dans  ses  différentes  parties,  une  structure  uni¬ 
forme  en  principe  au  point  de  vue  hodologique,  ou  par  rapport  au  caractère  général 
de  ces  connexions  nerveuses  avec  d’autres  formations,  intra  et  exlracérôbrales  ; 
cependant,  la  relation  réciproque  de  différçntes  catégories  de  fibres  appartenant  à 
telle  ou  telle  région  corticale  présente  des  différences  très  prononcées  (voir  plus  haut) 
et  confère  ainsi  à  chaque  région  une  place  caraclérislique  et  unique  dans  l’ensemble  du 

En  confrontant  ces  données  d’anatomie  médullaire  avec  celles  de  la  cyto-archi- 
tectonique  de  l’écorce  cérébrale,  il  n’est  pas  difficile  de  voir  qu’il  existe  des  rapports, 
du  moins  généraux  et  relatifs,  entre  les  uns  et  les  autres.  Ainsi,  pour  ne  citer  qu’un 
exemple,  la  présence  si  caractéristique  des  pyramides  géantes  dans  la  Ka  est  indubi¬ 
tablement  rattachée  au  fait  que  celle-ci  est  le  lieu  d’origine  d’un  grand  nombre  des 
fibres  pyramidales  (et  d’autres  fibres  motrices)  prenant  naissance  dans  ces  cellules. 
Néanmoins,  une  analy.se  plus  approfondie  démontre  que  le  facteur  hodologique,  c’est- 
à-dire  l’ensemble  dos  connexions  (surtout  par  des  fibres  de  projection),  propres  à 
une  région  ainsi  que  leur  relation  réciproque,  n’est  pas  le  seul  dont  il  faut  tenir 
compte  à  ce  point  de  vue,  et  qu’il  existe  d’autres  conditions  également  de  nature  à 
influencer  sa  structure  cyto-arcliitectonique  intime  ;  tel  le  caractère  particulier 
des  processus  d’excitation  passant  par  ces  voies,  telles  les  dispositions  phylogéné¬ 
tiques  et  d’autres  facteurs  encore  d’origine  périphérique,  sous-corticale  ou  corticale, 
difficiles  à  analyser.  Ainsi,  la  différenciation,  dans  la  région  calcarine,  de  la  couche 
granuleuse  interne,  en  deux  couches  granuleuses,  une  superficielle  et  une  profonde, 
renfermant  entre  elles  une  couche  intermédiaire  do  cellules  étoilées  ainsi  que  le  ruban 
de  Vicq  d’Azyr  (constitué  par  des  fibres  d’association),  différenciation  qu’on  ne  trouve 
nulle  pârt  ailleurs,  doit  correspondre  à  une  activité  spécifique  de  l’écorce  striée  au 
point  de  vue  sensoriel,  puisqu’il  s’agit,  dans  la  sphère  visuelle,  d’une  élaboration  et 
d’une  association  d’excitations  visuelles  provenant  des  moitiés  correspondantes  des 
deux  rétines  et  transmises  séparément  à  l’écorce  par  l’intermédiaire  de  couches  diffé¬ 
rentes  du  corps  gonouillé  externe  {Minkowski,  Encéphale,  1922). 

■  Les  résultats  acquis  par  l’auteur  sur  les  connexions  anatomiques  de  différentes  ré¬ 
gions  corticales  du  macaque  (en  particulier  sur  l’existence  de  fibres  de  projection  dans 
toute  la  corticalité  cérébrale)  s’accordent  en  général  avec  ceux  de  différents  auteurs 
[M.  el  Mrs» Bejerine,  Monakow,  C.  et  O.  Vogl,  Ramon  y  Cajal)  en  anatomie  humaine. 
En  général  ils  semblent  démontrer  qu’entre  le  cerveau  de  l’homme  et  celui  du  singe 
il  n’y  a  que  des  différences  do  grade  et  non  de  principe  ;  en  effet,  on  trouve  dans  celui- 
ci,  au  point  de  vue  cyto-architectonique  aussi  bien  qu’hodologique,  les  éléments  carac¬ 
téristiques  du  cerveau  humain.  C’est  ce  qui  nous  permet  d’utiliser  des  données  expéri¬ 
mentales  pour  obtenir  d(!S  notions  [ilus  précises  sur  différentes  questions  délocalisation 
anatomique  et  fonctionnelle,  difficiles  à  étudier  directement  sur  l’homme. 

Au  point  de  vue  physiopathologique,  on  entrevoit  facilement  que  la  destruction 


ANALYSES 


255 


ou  l’élimination  de  telle  ou  autre  rég^ion  corticale,  reliée  par  des  fibres  de  projection 
(corticofuges  et  corticopètes),  des  fibres  d’association  et  des  fibres  calleuses  à  diffé¬ 
rentes  autres  formations  intra  et  extracérébrales,  doit  retentir  sur  un  ensemble 
de  structures  nerveuses  extrêmement  vaste  et  donner  lieu  à  des  troubles  cliniques  très 
complexes  et  variables,  relevant  non  seulement  de  la  perte  inséparable  de  tous  les  élé¬ 
ments  directement  lésés  ou  secondairement  dégénérés,  mais  aussi  de  la  désorganisation 
temporaire  de  tous  ceux  ayant  subi  la  perte  d’un  de  leurs  éléments  fonctionnels  consti¬ 
tutifs.  C’est  ainsi  qu’on  peut  concevoir  la  base  anatomique  exacte  des  troubles  initiaux 
de  diaschise  (cortico-sous-corticale,  associative  et  calleuse  de  Monakow)  et  de  leur  rétro¬ 
cession  progressive,  tandis  que  les  troubles  résiduels  sont  l’expression  d’un  fonctionne¬ 
ment  cérébral  sur  la  base  d’une  organisation  nouvelle,  due  à  l’adaptation  définitive  de 
chacune  des  structures  intéressées  et  de  leur'  ensemble  à  la  perte  des  éléments  détruits 
ou  dégénérés.  Dans  certains  cas,  la  propagation  des  troubles  au  delà  des  parties  direc¬ 
tement  atteintes  ou  secondairement  dégénérées  peut  même  trouver  une  expression 
anatomique.  Ainsi,  l’auteur  a  constaté  qu’en  cas  de  dégénération 'partielle(après  l’abla¬ 
tion  de  la  Fa  ou  de  la  Pa)du  noyau  dorso-latéral  et  de  la  couche  ventrale  du  thalamus, 
les  autres  parties,  non  dégénérées,  de  ces  noyaux  présentent  néanmoins  une  atro¬ 
phie  générale  (diminution  de  volume  général,  légère  réduction  de  volume  des  cellules 
nerveuses  sans  altérations  structurales,  altération  de  la  substance  intercellulaire)  ;  celle- 
ci  serait  déterminée  par  un  certain  degré  d’inactivité  fonctionnelle  dans  tout  le  noyau 
externe  de  Surdach,  par  suite  de  l’altération  d’une  de  ses  parties, qui  n’envoie  plus  d’im¬ 
pulsions  intersegmentaires  aux  autres. 

R. 


Manière  particulière  de  se  comporter  des  cellules  des  ganglions  nerveux  vis- 
à-vis  d’une  nouvelle  méthode  de  recherche  histologique,  par  Cristoforo  Rizzo. 
Sludi  Neurologici  dcdicali  a  Eugénie  Tanzi,  p.  301-310,  avec  4  figures  d’histologie, 
Tip.  soc.  torinese,  Turin  1926. 

L’auteur  décrit  dans  cette  note  la  technique  histologique  qui  convient  le  mieux 
pour  mettre  en  évidence  un  nouveau  phénomène,  l’anisotropisme  du  noyau  cellu¬ 
laire  ;  cette  propriété  optique  serait  due  à  la  substance  achromatique  des  noyaux 
àyant  une  structure  physico-chimique  spéciale  ou  se  trouvant  dans  un  état  fonction- 
hel  particulier.  Le  phénomène  de  la  biréfringence  nucléaire  se  montre  constamment 
absent  dans  les  cellules  de  certaines  catégories  (cellules  ganglionnaires  du  sympathique, 
cellules  de  la  lignée  séminale).  F.  Deleni. 

Essai  de  coloration  do  la  névroglie  du  nerf  optique  normal  et  pathologique 
ot  de  la  rétine  chez  les  primates  au  moyen  d’un  procédé  simplifié,  par 
Giuseppe  Favaloro.  Neurologica,  an  3,n»  l,p.  l-IO,  janvier-février  1926(1  planche, 
8  figures). 

Description  d’une  technique  simple  et  rapide  qui  permet  une  différenciation  pré¬ 
cise  des  diverses  formes  de  névroglie  et  en  particulier  du  3»  élément. 

F.  Deleni. 

Note  sur  l’histologie  des  nerfs  doT’ovairo,  en  particulier  dans  l’ovarite  scléro- 
Itystiquo,  applications  chirurgicales,  par  J.  Lhermitte  et  Robert  Dupont. 
Bull,  de  l'Académie  de  Médecine,  an  90,  n»  18,  p.  435,  4  mai  1926. 

Après  une  étude  do  l’innervation  de  l’ovaire  normal,  les  auteurs  décrivent  les 
sions  des  nerfs  dans  l’ovarite  scléro-kystique,  lésions  qui  expliquent  les  douleurs 


256 


ANAL  YSES 


ot  les  autres  troubles  qu’on  observe  dans  cette  affection.  Les  seules  opérations  lo¬ 
giques  sont  celles  qui  s’adressent  aux  nerfs,  qu'on  peut  sectionner  dans  te  hile  en 
épargnant  presque  tous  les  vaisseaux  de  l’ovaire.  E.  !■’. 

SÉMIOLOGIE 

Recherches  cliniques  et  expérimentales  sur  l’écriture  en  miroir,  par  W.  Ster¬ 
ling  (de,  Varsovie).  Encéphale,  an  21,  n»  4,  p.  2.3.3-249,  avril  1924. 

Dans  les  cas  de  lésions  de  l’hémisphére  cérébral  gauche  et  du  corps  calleux,  de 
inôin(!  que  dans  l’agénésie  des  territoires  correspondants  du  cerveau,  le  phénomène 
de  l’écriture  en  miroir  rc^ssorl  des  mémos  facteurs  pathogéniques  qui  conditionnent 
le  syndrome  de  l’apraxic  motrice.  Dans  toutes  les  autres  catégories  de  cas  l’écriture 
s[>éculaire  de  la  main  droite  ou  gauche  résulte  du  manipie  de  stabilisation  ou  il’unc 
perturbation  topistirpie  des  mouvements  de  la  main  qui  écrit  par  ra|)port  à  ia  ligne 
médiane  du  corps,  et  l’éiuàture  spéculaire  est  une  expression  de  la  dyspraxie  idéa- 

Lc  phénoinciKî  de  l’écriture  spéculaire  est  loin  d’épuiser  les  possibilités  des  p(u-tur- 
Ijalinns  de  l’écriture  et  de,  la  position  des  lettres  du  mot  ;  il  y  a  l’écriture  droite  ou  siié- 
culaire  du  mot  en  commençant  par  la  dernière  lettre,  l’écrituiMî  des  lettres  retournées 
le  haut  en  lias,  l’aptitude  diverse  li  écrire  ou  à  lire  certaines  écritures  modifiées,  enfin 
les  paroles  à  l’envers  signalées  par  I.aignel-I.avastino  et  par  liaiidoin. 

I.e  phénomène  de  la  iiarole.  en  miroir,  l’écriture  renversée,  s’installant  è  côté  do 
l’écriture  spéculaire,  la  facilité  ou  la  difficulté  spéciale,  de  la  lecture  des  images  gra- 
])hi(pics  spéculaire.s,  la  lecture  de  l’écriture  spéculaire  à  l’envers,  la  lecture  à  la  ma¬ 
nière,  spéculaire  de  l’imprimé,  toul.c.ola  prouve  ipie  le  problème  de  l’écriture  spéculaire 
est  beaucoup  plus  compliipié  rpi’on  ne  l’avait  soupçonné  jusqu’ici  ;  il  touche  à  toute 

hlèrne  de  l’orientation  spatiale  et  de  ses  Iroubles.  E,  E. 

La  courbe  oscillométrique  moyen  de  mesure  du  réflexe  artériel  et  du  réflexe 
oculo-cardiaque,  par  Ch.  I’ink.  Ilrii.relles- Médical,  au  6,  n'’2«,  p.  H29,  9  mai  1920. 

La  compression  d’un  segmeid,  de  membre  par  une  mauclud.te  pneumatiipie  provoque 
une  réaction  ilu  syinpathiipie  jiérivasculaire  ipii  cesse  au  bout  de  quelques  minutes, 
et  no  se  renouvelle  pas  lors  de  compressions  répétées  aussitôt  après. 

Eu  comparant  les  oscillogrammes  obtenus  au  cours  de  ces  examens  on  peut  appré¬ 
cier  l’excitahilité  du  sympathicpic  à  ce  niveau. 

En  exerçant  tout  de  suite  après  ces  examens  une  compression  des  globes  oculaires 
on  provoque  une  vaso-dilatation  dont,  en  dressant  une  nouvelle  couche  oscillométrique, 
on  peut  mesurer  l’importance  ;  elle  renseignera  sur  l’excitabilité  du  parasympa¬ 
thique.  E.  E. 

Considérations  et  recherches  sur  la  pallesthésie  (sensibilité  vibratoire), 
par  Elisa  Damiani.  Pensiern  medien,  an  15,  n”*  8  fi  11,  p.  141,  157,  177  et  197,  20  et 
31  mars,  10  et  20  avril  1926. 

Déviation  de  la  tête  et  des  yeux  apparaissant  par  crises  en  même  temps 
qu’une  paralysie  faciale  périphérique  opposée,  par  D.  Paui.ian  (do  Rucarest). 
Encéphale,  an  21  n"  4,  p.  275,  avril  1926  (1  planche). 

Le  cas  méritait  d’étre  signalé  à  cause  de  la  combinaison,  dans  les  crises,  ( 


ANALYSES 


257 


tion  (le  la  tôte  et  des  yeux  avec  l’apparition  d’une  paralysie  faciale  ptiriphérique 
opposée  ;  au  commencement,  dans  les  crises,  la  tête  s’inclinait  vers  la  poitrine  ;  main¬ 
tenant  c’est  l’inverse,  elle  se  redresse  en  extension  en  arrière.  La  tendance  actuelle 
est  de  rapporter  au  cervelet  les  mouvements  do  la  tête  que  l’on  croyait  commander 
par  les  centres  mésocéphaliques.  E.  F. 

Le  syndrome  d’Adams-Stokes  et  sa  pathogénie,  par  Emile  Géraudel  et  René 
Giroux.  Presse  médicale,  n“  17,  p.  258, 27  fév.  1926. 

Le  syndrome  d’Adams-Stokes  est  essentiellement  caractérisé  par  la  bradyryth¬ 
mie  ventriculaire.  Cette  bradyrythmie  ne  résulte  pas  de  l’interruption  des  relations 
entre  l’oreillette  et  le  ventricule,  qu’assurerait  le  faisceau  do  His.  Elle  tient  au  fonc¬ 
tionnement  insuffisant  du  ventriculo-necteur,  connecteur  propre  au  ventricule  et 
assurant  le  pas.saqe  de  l’excitant  venu  du  système  nerveux  et  aboutissant  au  myocarde, 
ventriculaire  contractile.  La  dénciencc  du  ventriculo-necteur  résulte  de  son  ischémie, 
laquelle  relève  d’un  obstacle  à  la  circulation  dans  la  canalisation  artérielle  terminale. 
L’obstacle  peut  être  temporaire,  d’où  bradyrythmie  ventriculaire  passagère  ;  c’est 
le  cas  d’un  spasme  vaso-constricteur.  L’obstacle  peut  être  permanent  :  cas  d’une  lé¬ 
sion  fixe.  Suivant  le  degré  de  réduction  du  débit  artériel,  il  y  aura  augmentation 
du  retard  du  fonctionnement  ventriculaire  sur  l’auriculairCj  et  par  suite  discordance 
entre  le  rythme  resté  normal  de  l’oreillette  et  la  bradyrythmie  du  ventricule.  Spasme 
temporaire  et  lésion  fixe,  en  se  combinant,  rendent  compte  des  cas  de  bradyryth¬ 
mie  ventriculaire  à  type  paroxystique.  Il  devient  inutile  d’invoquer  une  action 
frénatrice  directe  et  surajoutée  du  pneumogastrique.  E.  F. 

Ua  cas  de  syndrome  de  l’artère  cérébelleuse  postérieure  et  inférieure,  par 

Gernez  et  Bilouet.  Sociélé  de  Médecine  du  Nord,  janvier  1920. 

Il  s’agit  d’un  homme  do  56  an, s,  hypertendu,  qui  présenta  brusquement  d’une  part  : 
une  paralysie  faciale  totale,  de  type  périphérique  droite  ;  une  hémianesthésie  à  tous 
les  modes  de  la  sensibilité,  à  droite,  dans  le  territoire  du  trijumeau,  qui  s’est  compli¬ 
quée  de  kérato-conjonctivite,  une  parésie  du  droit  externe  droit,  un  syndrome  do 
Claude  Bernard-Horner  droit,  un  hémisyndrome  cérébelleux  droit  avec  latéro-pulsion 
droite  ;  et,  d’autre  part  :  une  hémianesthésie  dissociée  à  gauche  de  type  syringo- 
myélique,  surtout  marquée  au  niveau  du  tronc  et  du  membre  inférieur,  des  troubles 
de  la  calorification  et  d(^s  troubles  sndoraux  particulièrement  marqués  à  l’hémiface  et 
ou  membre  inférieur  gauches.  Liquide  céphalo-rachidien  normal.  Pas  de  syphilis. 
Les  troubles  cérébelleux  et  sympathiques  se  sont  spontanément  améliorés. 


Anatomo-physiologie  des  vqies  sensitives  cardio-aortiques  chez  l’homme  ; 
leur  importance  dans  la  pathogénie  et  le  traitement  chirurgical  de  l'angine 
de  poitrine,' par  D.  Daniélopolu  (de  Bucarest).  Presse  médicale,  n"  8,  p.  11.3, 
72  janvier  1926. 

La  question  du  traitement  chirurgical  de  l’angine  de  poitrine  a  suscité  une  série 
de  travaux  sur  la  pathogénio  de  cotte  affection.  Une  des  questions  les  plus  impor¬ 
tantes  au  point  de  vue  pratique,  c’est  le  Irajei  el  le  fonciionnemenl  des  fiiels  sensilifs 
eardio-aorlit/iies,  nerfs  qui  prennent  une  part  considérable  à  la  production  de  l’accès 
angineux.  De  la  connaissance  exacte  du  trajet  de  ces  nerfs  dépend  en  effet  le  siège 
dos  sections  ou  dos  résections  nerveuses  qu’il  est  utile  de  pratiquer  dans  l’angine  de 
poitrine. 

REVUE  NEUROLOGIQUE  —  T.  II,  N”  3,  SEPTEMURE  1926, 


17 


258 


ANAL  YSES 


Dans  des  paragraphes  successifs  l’autour  expose  les  faits  anatomiques  nécessaires 
à  la  connaissance  du  trajet  des  filets  sensitifs  cardio-aortiques,  le  trajet  probable  de 
ces  filets,  leurs  connexions  dans  le  névraxe  ;  il  envisage  la  physiologie  des  filets  sensi¬ 
tifs  cardib-aortiqucs  et  le  rôle  qu’ils  jouent  dans  la  production  de  l’accès  angineux. 
Tout  ceci  connu,  le  déterminisme  do  l’accès  se  conçoit.  Par  une  augmentation  du 
travail  cardiaque,  due  par  exemple  à  un  effort,  ou  par  une  diminution  do  l’irrigation 
due  à  un  spasme  coronarien,  ou  par  les  deux  mécanismes  à  la  fois,  il  se  produit  à  un 
moment  donné  (d’une  manière  paroxystiquej-un  déséquilibre  entre  le  travail  cardiaque 
et  son  irrigation  sanguine.  Le  coeur  est  prédisposé  à  la  production  de  ce  déséquilibre 
pour  toutes  les  lésions  (coronariennes  ou  aortiques)  qui  diminuent  l’irrigation  coro¬ 
narienne.  Le  déséquilibre  en  question  amène  (insuffisance  d’irrigation  du  cœur)  une 
véritable  inloxicalion  du  myocarde,  par  les  produits  de  la  faliijue.  Les  produits  toxiques 
excitent  les  terminaisons  sensitives  intramyocardiquos  et  donnent  naissance  sur  le 
trajet  dos  fibres  sensitives  cardio-aortiques  à  un  réflexe  presseur.  Ce  réflexe,  par  l’ac¬ 
célération  du  cœur,  par  l’augmentation  de  la  force  cardiaque  et  par  l’élévation  de  la 
pression  sanguine,  augmente  le  travail  du  cœur,  intensifie  l’insuffisance  d’irriga¬ 
tion  sanguine  et  exagère  l’intoxication  du  myocarde.  Il  s’ajoute  très  probablement 
aussi  un  réflexe  vaso-constricteur  coronaire  qui  no  peut  qu’augmenter  le  phénomène. 
Les  produits  toxiques  nouvellement  formés  excitent  encore  plus  les  terminaisons  sen¬ 
sitives  intracardiaques  et  ainsi  prend  naissance  un  cercle  vicieux  réflexe  presseur  qui 
augmente  do  plus  en  plus  l’intoxication  du  myocarde.  Quand  la  quantité  de  pro¬ 
duits  toxiques  accumulés  est  suffisante,  l’excitation  des  terminaisons  sensitives  intra¬ 
cardiaques  est  assez  intense  pour  provoquer  la  douleur.  Il  se  produit  en  mémo  temps 
une  altération  des  éléments  moteurs  qui  engendre  le  trouble  du  rythme  et,  dans 
les  accès  mortels,  l’arrêt  du  cœur. 

La  formation  du  réflexe  presseur  est  indispensable  au  déclenchement  do  l’accès 
angineux.  Si  ce  réflexe  ne  se  produisait  pas,  les  accès  angineux  resteraient  ébauchés 
et  n’arriveraient  jamais  à  provoquer  une  intoxication  suffisante  du  myocarde  pour 
provoquer  ia  douleur  et  arrêter  le  cœur. 

De  que, lie  manière  pourrait-on  empêcher  ce  cercle  vicieux  prçsseur  do  so  produire  ? 
La  réponse  est  bien  facile  ;  en  interceptant  les  filets  cardio-aortiques  qui  conduisent 
CO  réflexe.  l>our  cola  il  faut  sectionner  ou  réséquer  certains  nerfs.  Mais  pou  r  que  l’opé¬ 
ration  no  soit  pas  dangereuse,  il  ne  faut  pas  toucher  aux  filets  moteurs  du  cœur, 
c’est-ù-dire  au  ganglion  étoilé.  E.  F. 

Conduite  à  suivre  dans  l’application  de  notre  méthode  de  traitement  chirur¬ 
gical  de  l’angine  de  poitrine,  par  D.  Daniêlopolu.  Zîu//.  cf  Mém.  de  la  Soc. 

méd.  des  Hôpitaux  de  liucaresl,  n®  2,  février  1926. 


ÉTUDES  SPÉCIALES 


CERVEAU 

Un  cas  d’  «  aphasie  totale'»  traumatique  récidivant  par  effet  d’une  lésion  au 
siège  de  l’ancien  foyer,  par  Giovanni  Enrico  Morselli.  Hivisla  di  Palologta 
nervosa  e  mentale,  t.  31,  n»  I,  p.  59-73,  janvier-février,  1926. 

11  s’agit  d’un  typographe  de  30  ans,  droitier,  d’intolligonco  vive,  et  qui,  en  outre 
de  son  dialecte  lombard,  connaissait  bien  l’italien  et  le  français. 


ANAL  YSES 


259 


■  En  décembre  1916,  blessure  par  balle  de  fusil  au  niveau  de  la  partie  moyenne  et 
inférieure  des  circonvolutions  rolandiques  et  du  pied  des  deux  dernières  frontales 
du  côté  gauche,  hémiplégie  droite,  aphasie. 

En  juin  1917,  le  blessé  présente  des  phénomènes  convulsifs  (bras  droit)  qui  le  font 
examiner  ;  l’aphasie  est  surtout  motrice  ;  le  malade  apprend  à  écrire  de  la  main  gauche. 

En  avril  1918,  l’hémiplégie  est  sensiblement  améliorée,  mais  les  phénomènes  convul¬ 
sifs  motivent  une  intervention  ;  un  kyste  profondément  situé  dans  le  cerveau,  au- 
dessous  de  la  cicatrice  de  la  blessure  est  évacué.  C’est  alors  que  la  rééducation  du 
langage  est  entreprise  ;  et  au  bout  de  six  mois  on  constate  de  grands  progrès  en  ce 
qui  concerne  le  langage  écrit  ;  le  malade  écrit  bien,  de  la  main  gauche,  l’italien  et  le 
français. 

Mais,  en  juin  1922,  la  situation  neurologique  devient  brusquement  mauvaise  ; 
l’aphasie  et  l’agraphie  sont  totales  ;  le  français  restera  désormais  complètement  oublié; 
hémianopsie  droite  ;  un  abcès  cérébral  nécessite  plusieurs  interventions. 

La  guérison  chirurgicaie  obtenue,  la  rééducation  est  reprise  à  la  tin  de  cette  année  1922 

En  1925,  la  paralysie  est  surtout  marquée  au  bras  droit  contracturé.  L’hémianopsie 
droite  existe  toujours.  Le  malade  comprend  tout  ce  qu’on  lui  dit.  Bien  que  les  alté¬ 
rations  du  langage  soient  en  partie  réparées,  il  n’en  persiste  pas  moins  des  troubles 
considérables  de  l’expression  verbale  et  de  la  lecture  ;  le  malade  a  réappris  à 
écrire,  mais  les  troubles  graphiques  demeurent  importants. 

L’autour  rapporte  l’examen  détaillé  du  malade  à  ce  moment,  soulevant  de  la 
sorte  plusieurs  des  problèmes  concernant  l’aphasie  et  notamment  la  question  de 
sa  réparation. 

Le  malade,  en  effet,  deux  ans  après  une  blessure  de  la  zone  verbo-motrice,  à  gauche, 
avait  repris  à  peu  près  entièrement  possession  de  son  langage  parlé  et  écrit;  une  seconde 
lésion  du  cerveau  au  même  endroit  que  la  première,  mais  plus  vaste,  a  reproduit 
l’aphémie  et  l’agraphio  ;  l’héfniançpsie  et  l’alexie  s’y  ajoutent.  Mais  cette  aphasie 
récidivée  n’est  pas  restée  définitivement  «  totale  »,  et  deux  ans  de  rééducation  l’amé¬ 
liorent  sensiblement. 

L’auteur  entreprend  la  discussion  du  fait,  rappelant  les  idées  de  Wernicke,  Bastian, 
Dejerine,  Mingazzini,  et  celles  toutes  différentes  de  Monakow  qui  rejette  la  théorie  de 
compensations.  Le  cas  de  Morselli  s’accorderait  plutôt  avec  les  conceptions  de  Mona- 
kow  ;  il  appelle  surtout  la  prudence  pour  tout  ce  qui  est  la  théorie  en  matière  d’aphasie. 

La  curieuse  agraphie  de  la  main  gauche  par  lésion  de  l’hémisphère  gauche  confirme 
l’intimité  des  rapports  entre  l’écriture  et  les  autres  modes  de  l’expression  du  langage. 

F.  Delf.ni. 

Un  cas  de  contracture  hémiplég»ique  traité  avec  succès  par  la  méthode  de 

Bourguignon  ,;  ionisation  calcique  transcérébrale,  par  Henri  Verger  et  R. 

Labeau.  Soc.  de  Méd.  el  deChir.  de  Bordeaux,  26  mars  1926. 

11  s’agit  d’une  malade  de  39  ans,  hémiplégique  gauche  depuis  2  ans  1/2.  Après  la 
24*  séanée  d’ionisation  calcique,  la  contracture  a  diminué,  la  flexion  et  l’extension 
des  doigts  s’exécutent  sans  peine  et  la  malade  peut  même  tricoter.  Si  cette  femme 
reste  une  hémiplégique  par  suite  des  lésions  destructives,  la  contracture  secondaire 
qui  en  faisait  une  grande  infirme  .est  nettement  atténuée.  E.  F. 

Syndrome  rare  opso-myoclonique  chez  un  enfant  au  cours  d’une  encéphalite, 

par  W.  Mikulowski  (de  Varsovie).  Arch.  de  Méd.  des  Enfants,  l.  29,  n»  5,  p.  279- 

284,  mai  1926. 

Encéphalite  consécutive  à  une  contusion  de  la  tête  chez  une  enfant  de  quatre  ans  ; 


ANALYSES 


les  mouvomonU  involontaires  avaient  surtout  pour  siège  les  yeux  et  les  extrémités. 
La  rareté  de  la  myoclonie  au  cours  des  affections  de  système  nerveux  central  justifie 
la  publication  de  ce  cas. 

E.  F. 

Étude  sur  la  diffusion  du  processus  paralytique  aux  centres  pyramidaux, 

par  Alexandro  l’FANNnn.  èi/udi  Neurologici  dedicali  a  Eugenio  Tanzi,  p.  345-368, 

av(«  23  figures  d’histologie.  Tip.  Soc.  torinese,  Turin,  1926. 

Les  cas  dont  Tauteur  a  fait  l'étude  microscopique  sont  des  paralysies  générales  re- 
marquabl(is  par  les  synipténn^s  extrapyramidaux  présentés.  Le  siège  principal  des 
lésions  a  été  trouvé  dans  la  zone  paléotlialamique,  la  lame  granuleuse  de  l’écorce 
frontale  antérieure  et  de  l’insula  et  dans  le  globus  [)allidus  ;  ce  n’est  pas  une  patho¬ 
logie  cortico-néostriée,  mais  lhalamo-granulo-pallidale  ;  si  l’on  admet  la  relation 
directe  entre  la  granuleuse  de  l’écorce  frontale  et  le  système  extrapyramidal  les  lésions 
peuvent  être  dites  surtout  exlrapyramidales.  Hesterait  à  voir  dans  quelle  mesure  de 
telles  lésions,  en  dehors  des  altérations  de  l’humeur,  pourraient  être  productrices  du 
délire.  F.  Deleni. 

Contribution  à  l’étude  clinique  des  dystonies  lenticulciires,  par  M.  Molhant 
(de  Bruxelles).  Scalpel,  n»  II,  15  mars  1924. 

Cinq  observations  contribuant  à  mettre  en  évidence  l’influence  régulatrice  et  tonique 
exercée  par  les  centres  striés  sur  la  motricité  musculaire,  ainsi  que  les  phénomènes 
d’automatisme  résultant  de  la  libération  de  ces  centres. 

E.  F. 

Sur  l’état  marbré  du  striatum,  par  Cécile  Vogt.  Arch.  generale  di  Neurologia, 
P.iichialria  e  Peicoanalisi,  t.  7,  n«  1,  p.  33,  mars  1926. 

M”®  Vogt  a  décrit  sous  le  nom  d’état  marbré  un  aspect  du  corps  strié  caractérisé 
par  la  présence  de  fibres  à  myéline  en  quantité  fort  supérieure  à  la  normale.  L’état 
marbré  a  pour  expression  clinique  une  rigidité  régressive  sans  vraie  paralysie,  avec 
des  mouve^ments  hypercinétiques. 

Pour  M™®  Vogt  l’état  marbré  dérive  d’une  malformation.  Scholz  est  d’un  autre 
avis,  et  s’appuyant  sur  les  détails  histopathologiques  de  deux  cas  dénie  à  l’état 
marbré  du  striatum  une  origine  embryonnaire;  l’anomalie  devient  pour  lui  «  la  sclé¬ 
rose  partielle  infantile  du  striatum  ». 

Mm®  Vogt  montre  (pie  cette  appellation  est  impropre  et  que  les  états  marbrés  doivent 
représenter  des  formes  génotypiques  spéciales,  et  môme  s’il  y  avait  un  état  marbré 
purement  acquis,  la  très  grande  majorité  de  ces  états  marbrés  du  striatum  resterait 
l’expression  d’une  pathoclise  généli(|ue,  appartenant  ainsi  à  la  catégorie  des  mal¬ 
formations.  P'.  Deleni, 

La  rigidité  pallidaleet  la  rigidité  progpressive,  jiar  C.  1.  UnEcniA  et  S.  Mihalescu. 

Archivio  generale  di  Neurologia,  Pxichialria  e  Psicoanalisi,  t.  7,  n®  1,  p.  38,  mars  1926. 

Les  auteurs  se  servent  de  quelques  observations  pour  classer  dans  les  encéphalites 
de  l’imfance  un  type  caractérisé  par  une  rigidité  pallidale  accompagnée  de  mouvements 
choréo-athétosiipies  et  d’idiotie. 

Dans  ces  cas,  on  trouve  des  lésions  dégénératives  et  scléreuses  intéressant  surtout 
le  globulus  iiallidus,  le  noyau  amygdalien  et  à  un  moindre  degré  le  strié  ;  la  substance 


ANALYSES 


261 


noire  n’est  en  général  que  peu  atteinte  bien  qu’elle  fasse  partie  du  système  pallidal. 

Comme  dans  ces  cas  il  s’agit  cliniquement  d’une  rigidité  sans  tremblement,  cette 
constatation  vient  en  faveur  de  l’hypothèse  qui  met  la  rigidité  en  rapport  avec  le 
globus  pallidus,  alors  que  le  tremblement  parkinsonien  dépendrait  plutôt  de  la  lésion 
du  locus  niger  de  Soemmering. 

F.  Deleni. 

PROTUBÉRANCE  ET  BULBE 

Une  tumeur  du  point  de  varole  (en  russe),  par  M.  Niedincue.  Sovremennaia 
Psychnnevrologhia,l.  1,  n'>2,  p.  27,-31,  1925. 

Un  gliome  se  développa  pendant  une  période  de  2  ans,  dans  la  région  de  la  protu¬ 
bérance  cérébrale,  chez  un  malade  qui  présenta  d’abord  de  la  névrite  optique  d’un 
côté  et  ensuite  des  deux.  Les  signes  d’une  lésion  de  la  protubérance  n’admettaient 
aucun  doute  et  l’autopsie  confirma  le  diagnostic  clinique. 

G.  ICHOK. 

Sarcome  pont<J>-cér6beUoux,  originaire  du  conduit  auditif  interne,  par  V. 

Demole  (de  Genève).  Arch.  suisses  de  Neurol,  el  de  Psych.,  vol.  XIV,  f.  1,  p.  65, 
1924  (1  fig.). 

Exposé  sommaire  du  cas,  d’après  l’examen  anatomique.  I>auteur  admet  que  la 
humeur  s’est  développée  à  partir  de  l’extrémité  distale  non  névroglique  de  l’acous¬ 
tique  ou  de  ses  enveloppes  méningées. 

.  G.  DE  Morsier. 

Syndrome  bulbaire  à  prédominance  interolivaire.  Altérations  vasculaires 
progressives.  Hypoplasie  et  névromes  bulbo-médullaires,  par  G.  Marinesco 
et  S.  Draganesco.  Encéphale,  an  21,  n»  2,n»  2,  p.  89-98,  février  1926  (3  planches). 
Les  auteurs  ont  pu  faire  l’étude  d’un  syndrome  bulbaire  spécial  anatomiquement 
caractérisé  par  une  diminution  de  volume  du  bulbe  et  de  la  moelle  et  histologiquement 
par  des  névromes  bulbo-médullaires  et  des  foyers  de  dégénérescence  du  parenchyme 
nerveux  en  relation  avec  une  sclérose  progressive  des  vaisseaux.  Au  point  de  vue  cli¬ 
nique,  il  y  avait  tétraplégie  avec  atrophie  des  petits  muscles  de  la  main  et  troubles 
60  la  stéréognosie.  L’évolution  a  été  extrêmement  lente.  A  une  hémiparésic  droite 
s’est  insidieusement  ajoutée  en  cinq  ans  l’hémiparésie  gauche  et  il  fallut  plusieurs 
années  à  l’impotence  fonctionnelle  pour  se  compléter.  Dans  la  période  finale  dos 
troubles  bulbaires  se  sont  installés  :  difficulté  des  mouvements  de  la  langue,  dys¬ 
phonie  puis  aphonie,  troubles  de  la  déglutition. 

Le  nombre  de  cas  de  syndromes  bulbaires  antéro-internes,  c’est-é-dire  dus  aux 
altérations  vasculaires  du  territoire  paramédian  est  très  restreint.  Le  cas  actuel 
serait  le  sixième  avec  autopsie.'Il  se  distingue  d’ailleurs  de  tous  les  autres  par  la  len¬ 
teur  do  son  évolution. 

D’autre  part  les  altérations  va.sculaires  précoces,  l’existence  d’une  véritable  hypo¬ 
plasie  bulbo-médullaire  et  surtout  les  névromes  intranévraxiaux  donneraient  à 
penser  qu’un  trouble  du  développement  se  trouve  à  la  base  do  ce  syndrome. 

E.  F. 

moelle. 

Sur  un  cas  rare  de  cysticerquo  racémeux  à  localisation  spinale,  étude  clinique 
et  anatomo-histologique,  parPietro  Verga  et  Angelo  Dazzi.  Policlinieo,sez,  med., 
an  33,  n»  2,  p.  65-109,  février  1926  (27  figures). 

Le  cas  étudié  présentait  cliniquement  un  syndrome  do  labo-paralysie  ;  la  syphi- 


ANALYSES 


lis  (lu  sujeL  ap|)uyait  co  diagnostic.  Les  recherches  anatomiques  ont  montré  qu’il 
s’agissait  de  tout  autre  chose,  à  savoir  d’uncysticcrque  racémeux  delà  moelle  dorsale. 

L’observation  est  du  plus  haut  intérêt,  aucun  cas  semblable  n’existant  dans  la 
littérature  médicale. 

La  situation  des  kystes  était  exclusivement  spinale  ;  ces  kystes  étaient  de  divers 
Ages,  prouvant  que  la  maladie  était  ancienne;  ils  avaient  provoqué  une  méningite 
intense,  dos  altérations  dos  racines,  dans  la  moe.lle  une  dégénération  des  cordons 
postérieurs,  de  type  radiculaire,  quelque  peu  asymétrique  et  irrégulière. 

Dans  les  derniers  mois  de  sa  vie,  le  malade  se  comportait  p.sychiquemont  comme 
un  paralytique  général.  La  recherche  des  spirochètes  dans  le  cerveau,  effectuée  avec 
tout  le  soin  désirable,  étant  demeurée  négative,  force  est  d’attribuer  aux  toxines  para¬ 
sitaires  la  détermination  des  manifestations  délirantes  et  la  production  des  lésions 
cellulaires  constatées  dans  l’écorce. 

L’infection  syphilitique,  antérieure  est  hors  de  cause  ;  le  rôle  pathogène  doit  être 
en  entier  reporté  sur  le  cysticerque  racémeux  localisé  ô  la  moelle  ;  ses  kystes  ont 
agi  par  compression  sur  les  racines  spinales  et  sur  les  régions  voisines,  et  les  toxines 
parasitaires  ont  agi  à  distance  ;  la  méningite  également  est  intervenue;  de  tout  cela 
est  résidté  un  tabhuau  anatomo-clinique  de  tabes  et  de  paralysie  générale  pareil  A  celui 
qui  résulte  do  l’action  des  toxines  syphilitiques. 

G.  Deleni. 

Paraplégie  progressive  en  flexion  au  cours  d’une  maladie  de  Recklinghausen  ; 

radio-diagnostic  lipiodolé  de  la  compression  en  ;  régression  tardive  de 

la  paraplégie,  par  M.  Simon,  L.  Cornil  et  P.  Michon.  Soc.  de  Méd.  de  Nancy, 

16  mars  1926. 

Malade  de,  16  ans,  atteint  de  maladie  de  Recklinghausen  typique  ;  présenta,  en  mai 
1925,  une  paraplégie  spasmodique  en  flexion  ;  l’épreuve  de  Sicard  au  lipiodol  permit 
de  situer  lu  compression  sous-araohnoïdionno  au  niveau  de  D‘". 

Malgré  l’absence  d’intervention,  la  régression  de  la  paraplégie  se  fit  lentement 
dès  novembre  1925  ;  la  marche  quoique  pénible  est  redevenue  possible  mais  la  majeure 
partie  du  lipiodol  reste  «encore  accrochée»  au  niveau  do  D*".  Les  auteurs  insistent  sur 
le  rôle  possible  du  lipiodol  dans  la  régression  des  troubles  sensitifs  et  moteurs,  ils 
émettent  l’hypothèse  que  la  tumeur  est  peut-être  de  nature  angiomateuse  et  que  le 
lipiodol  aurait  agi  comme  agent  sclérosant.  E.  F. 

Les  quadriplégies  spinales  syphilitiques,  par  M.  Molhant  (de  Bruxelles). 

Eiill.  de  l'Académie  II.  de  .Méd.  de  Belgiyue,  p.  51-102,  27  février  1926. 

L’affinité  du  virus  syphilitique  pour  les  fibres  de  la  voie  cortico-spinale  est  bien 
connue  ;  l’atteinte  peut  être  plus  ou  moins  localisée,  et  en  des  régions  diverses,  d’où 
des  tableaux  symptomatologiques  multiples  ;  elle  peut  porter  sur  toute  la  hauteur  de 
l’axe  spinal,  cl  des  deux  côtés  do  la  moelle  ;  alors  se  trouvent  réalisées  les  quadriplé¬ 
gies  spinales  dont  Molhant  fait  l’étude. 

Cet  auteur  leur  n-connait  deux  formes  :  1»  les  formes  à  début  brusque  et  à  marche 
régressive-  (partielle  ou  totale)  ou  à  évolution  intermittente  ;  2“  les  formes  à  début 
insidieux  et  à  marche  lentement  progressive  avec  ou  sans  poussées  évolutives  aiguës, 
celles-ci  cinq  fois  plus  fréquentes  que  les  premières  dans  la  statistique  personnelle 
de  l’auteur. 

A  l’aide  de  nombreuses  observations,  Molhant  précise  les  caractères  cliniques  et 
humoraux  de  l’une  et  de  l’autn;  forme,  notant  au  pas.sage  particularités  et  généralités 
intéressantes,  notamment  en  ce  qui  concerne  la  genèse  de  la  contracture. 


ANALYSES 


L’auteur  insiste  sur  l’efficacité  du  traitement  spécifique,  et  il  expose  avec  tous 
les  détails  nécessaires  la  méthode  qui  lui  a  donné  et  dont  on  peut  attendre  les  meil¬ 
leurs  résultats.  E.  F. 

La  laminectomie  lombo-sacrée  dans  les  rétentions  et  incontinences  d’urine 
par  spina  bifida,  par  M.  François  (d’Anvers).  Société  française  d' Urologie, 
18  janvier  192G. 

Dans  les  incontinences  qui,  durent  après  la  puberté,  il  faut  rechercher  le  spina  bifida. 
S’il  en  existe  la  moindre  trace  (métamérisation  de  vertèbres  sacrées,  hiatus  de  méta¬ 
mérisation),  il  faut  tenter  par  une  injection  sous-arachnoïdienne  de  lipiodol,  do 
mettre  en  évidence  l’ohstacle  comprimant  le  cône  méningé.  Cet  obstacle  découvert, 
on  pratiquera  la  laminectomie  dans  l’étendue  qui  paraîtra  utile  ;  on  trouvera,  au 
niveau  des  vertèbres  intéressées,  un  trousseau  fibreux,  le  ligament  de  mélamérisa- 
lion,  comprimant  le  cône  durai.  Les  troubles  cessent  ou  s’améliorent  considérablement 
(cinq  observations).  E.  F. 


Sur  la  symptomatologie  et  le  traitement  opératoire  du  spina  bifida  occulta, 

par  L.  Pousser  (de  Tartu).  Folia  Neuropalologica  Estoniana,  t.  5,  fasc.  1,  p.  81- 
87,  mars  1926. 

Spina  bifida  occulta  avec  formation  cutanée  en  sac  à  son  niveau,  par  L.  Pousser 
et  W.  Zimmermann  (do  Tartu).  Folia  Neuropalologica  Esloniana,  t.  5,  fasc.  1,  p.  88- 
93,  mars  1926. 

GLANDES  A  SÉCRÉTION  INTERNE 
ET  SYNDROMES  GLANDULAIRES 


Sur  les  notions  d’insuffisance  et  de  suractivité  glandulaires  en  physiologie 
'pathologique,  par  Marcel  Garnier.  Presse  médicale,  n“  6,  p.  81,  20  janvier  1926.- 
La  cellule  peut  sécréter  on  plus  ou  en- moins  ;  ces  différences;  quand  il  s’agit 
d’hormones,  ont  peu  d’action,  sauf  quand  l’hypersécrétion  est  considérable,  sauf  en 
cas  do  diminution  extrême  de  la  sécrétion  en  vertu  do  la  loi  du  tout  ou  rien  ;  elles 
ne  sont  pourtant  pas  négligeables,  en  raison  de  l’intervention  de  causes  secondes  ; 
celles-ci  peuvent,  dans  le  second  cas,  abaisser  la  valeur  de  la  glande  au-dessous  du 
minimum  efficace.  La  cellule  peut  aussi,  dans  certains  cas,  libérer  des  produits  qui 
diffèrent  de  la  sécrétion  normale.  La  glande  malade  peut  engendrer  des  symptômes 
morbides  par  d’autres  mécanismes  que  l’hyperfonctionnement,  l’hypofonctionnement 
eu  le  dysfonctionnement  ;  elle  peut,  en  particulier,  devenir  nuisible  pour  le  reste  do 
l’organisme  par  suite  de  phénomènes  autolytiques  se  passant  dans  son  tissu.  La  physio¬ 
logie  pathologique  des  glandes- à  sécrétion  interne  apparaît  ainsi  complexe  et  hérissée 
de  difflcultés  ;  comprendre  la  raison  des  phénomènes  est  pourtant  nécessaire  pour 
qu’on  puisse  leur  opposer  une  thérapeutique  efficace.  E.  F. 

Syndrome  de  Basedo-w,  déséquilibre  végétatif  et  métabolisme  de  base,  par 

Lemoine.  Soc.  clinique  des  Hôpitaux  de  Bruxelles,  17  avril  1926. 
Présentation  d’une  femme  atteinte  d’une  maladie  de  Basedo-w  accentuée  ;  excita¬ 
tion  des  deux  systèmes  végétatifs  ;  la  compression  oculaire  ne  ralentissait  pas  le  pouls  ; 
transpiration  cutanée  abondante  ;  inégalité  pupillaire. 


264 


ANAL YSES 


Extirpation  d'un  ganfflion  sympathique  cervical  supérieurdroil  et  cervical  inférieur 
gauche.  Amélioration  des  symptômes  subjectifs,  diminution  do  volume  de  la  thyroïde, 
gain  de  10  kilogr.  en  poids,  rétrocession  de  rcxophtalmie,  cliute  du  pouls  de  120  à 
72,  plus  de  fibrillation  auriculaire  ;  la  métabolisme  <le  base  est  resté  aussi  élevé  qu’avant 
la  sympathectomie  cervicale.  E.  F. 

Section  du  releveur  palpébral  dans  le  goitre  à  exophtalmie  extrême , 

par  A.  TiinsoN.  Sociélé  d’Ophlalntdloyiede  Paria,  20  mars  1926 . 

Dans  le  Basedow  moyen,  le  traitement  médical  suffit  ;  il  n’en  est  pas  de  même 
dans  les  cas  spécialement  exorbitants  où  l’on  signale  souvent  la  cécilé  par  perte  totale 
dns  deux  corné('s.  Dans  ces  cas,  la  tarsorraphin  partielle  n’est  possible  que  si  l’on  fait 
do  très  larges  et  très  profonds  débridernents.  Dans  un  cas,  l’auteur  a  systématique¬ 
ment  sectionné  le  releveur  palpébral,  pour  supprimer  son  spasme  et  permettre  une 
soudure  excellente  des  paupières.  Los  cornées  furent  sauvées  et,  plus  tard,  la  ptose 
provoquée  restait  com|)ensée  par  un  certain  degré  d’exophtalmie  résiduelle,  qui  con¬ 
servait  l’équilibre.  E.  F. 

Sur  im  cas  de  dyschromie  syphilitique  étendue  observée  chez  un  homme 
et  étudiée  au  point  do  vue  d’une  insuffisance  surrénale  possible,  par  Fier 
Angelo  MiiiNiini.  Giornate  ilaliano  de  Dermatolui/ia,  vol.  1,  fa.sc.  4,  p.  .310,  février 
J  926. 

Il  s’agit  d’une  dyschromie  syphilitique  observée  chez  un  jeune  homme  de  18  ans  ; 
elle  s’étendait  .sur  le  cou,  le  tronc,  la  racine  des  membres.  Un  ensemble  de  symptômes 
indiquait  une  forte  vagotonie  (réflexe  oculo-cardiaque,  éosinophilie,  échange  des 
hydrates  de  carbone,  épreuves  pharmaco-dynamiques),  état  déterminé  par  l’insuf- 
fi.sance  surrénale  (ligne  blanche  abdominale,  asthénie,  diminution  de  la  pression 
artérielle).  Tous  les  symptômes  ayant  disparu  sous  l’influence  du  traitement  anti¬ 
syphilitique,  il  faut  les  attribuer  à  une  surrénalite  sy[)hilitique. 

F.  Deleni. 

Le  soufre  et  la  mélanodermie  des  cirrhoses,  par  M.  LoEPP.n,  .1.  Decouiit  et 
.1.  OLLiviEn.  Pull,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.des  Hôpilaur  de.  Paria,  »n  42,  n"  12,  p.  535, 
26  mars  i926. 

L’augmentation  du  soufre  sanguin  est  une  des  caractéristiques  de  la  maladie 
d’Addison  ;  (dhî  se  produit  aussi  a[)rès  la  surrénalectomie  expérimentale  ;  il  y  a  relation 
de  cause  à  effet  entre  cette  hyperthiémie  et  la  [)igmentation  cutanée.  La  mélano¬ 
dermie  des  cirrhoti(|ues  s’accompagne  aussi  d’une  augmentation  du  soufre  sanguin. 
La  pigmentation  cutanée  <ies  surrénaux  et  ceile  des  cirrhotiques  dérivent  d’un  même 
processus  ;  dans  l’un  et  l’autre  c’est  la  même  mélanine,  c’est  la  même  augmentation 
de  la  thiémie.  Dans  la  première,  cette  augmentation  de  la  thiémie  vient  de  l’insuffisance 
surrénale  vis-à-vis  du  soufre  de  l’organisme  ;  <lans  la  seconde,  elle  vient  de  l’insuffi¬ 
sance  du  foie  vis-à-vis  des  déchets  soufrés  de  la  veine  porte..  E.  F. 

Traitement  de  l'insuffisance  ovarienne  par  doses  massives  de  calcium, 

par  Al.  CnAiNiciANu  (de  Bucarest).  Prea.se.  médicale,  n»  35,  p.  545  F'  mai  1926. 

I/insuftlsance  ovarienne,  congénitale  et  acquise  (physiologique  et  pathologique) 
est  liée  par  une  loi  de  coïncidence  à  un  tonus  végétatif  diminué  pour  l’un  ou  pour 
'es  deux  systèmes  sympathique  et  parasympathique. 


ANALYSES 


265 


Les  substances  ampholropcs,  le  calcium  en  particulier,  produisent  dans  l'insuffi¬ 
sance  ovarienne  une  augmentation  du  tonus  végétatif.  Simultanément,  avec  les  modi¬ 
fications  du  tonus,  les  phénomènes  morbides  se  modifient  eux  aussi,  en  obtenant 
dos  améliorations  et  des  guérisons  rapides. 

La  meilleure  voie  et  la  plus  simple  d’administrer  le  calcium  est  la  voie  buccale, 
par  doses  de  6  à  8  gr.  par  jour,  sous  forme  de  lactate  de  calcium.  La  durée  du  traite¬ 
ment  varie,  pour  chacun  des  cas,  en  général  de  quinze  à  vingt  jours.  E.  F. 

L'appendice  possède-t-il  une  fonction  endocrine  ?  par  François  Moutier  et  René 
Fouché.  Presse  médicale,  n»34,  p.  532, 28  avril  1926. 

Les  accidents  consécutifs  à  l’appendicectomie,  n’ayant  pas  suffisamment  attiré 
l’attention,  semblent  rares. Us  sont  d’ordres  divers.  Les  plus  importants  sont  l’obésité, 
l'aménorrhée,  le  ralentissement  du  développement,  un  certain  degré  de  dysthyroïdie. 
La  chaîne  endocrine  semble  relier  l’appendice  à  la  thyroïde,  à  l’ovaire,  peut-être  au 
pancréas.  L’avenir  dira  si  cette  interprétation  est  exacte  et  si  l’appendice  a  une  sécré¬ 
tion  interne  qui  s’associe  à  celle  d’autres  glandes.  E.  F. 


DYSTROPHIES 

Contribution  à  l’étude  des  sous -évolutions,  par  A.  Gallupi.  Riforma  medica, 
an  41,  n»  51,  p.  1205,  21  novembre  1925, 

Relation  de  deux  cas  de  sous-évolution  remarquables  par  la  maladie  associée  et 
par  leur  déterminisme.  Dans  le  premier,  une  calculose  rénale  a  fixé  un  sujet  de 
17  ans  dans  l’état  où  ij  était  à  11  ans,  moment  où  toute  croissance  s’est  arrêtée.  Dans 
le  second,  la  malado  a  été  frappée  d’encéphalite  à  3  ans  ;  elle  no  s’est  depuis  déve¬ 
loppée  que  de  plus  on  plus  lentement  ;  elle  a  15  ans  et  semble  arrêtée  à  sa  8®  année. 

La  sous-évolution  reconnaît  toutes  les  causes  qui  ont  été  attribuées  ù  l’infantilisme  ; 
l’arrêt  définitif  à  un  moment  donné  de  l’évolution  normale,  et  les  anomalies  irrémé¬ 
diables  qui  en  résultent,  constituent  toutefois  dos  tableaux  autres  que  ceux  des 
divers  infantilismes  et  il  importe,  au  point  de  vue  du  pronostic  et  du  traitement, 
de  savoir  faire  la  discrimination. 

F.  Deleni. 

Un  cas  d’hémicraniose,  par  Jules  Dereux.  Bull,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpi¬ 
taux  de  Paris,  an  42,  n»  8,  p.  307,  26  février  1926. 

Il  s’agit  d’une  femme  do  45  ans,  qui  présente  une  hyperostose  localisée  à  une 
moitié  du  crâne,  plus  spécialement  au  territoire  du  trijumeau  du  côté  droit,  dans  le 
domaine  do  la  branche  ophtalmique.  Cette  hyperostose  s’accompagne  d’une  tu¬ 
meur  d’opacité  osseuse  qui  ne  s’est  révélée  que  par  la  radiographie.  Le  tout  semble 
être  d’origine  congénitale,  avec  développement  lentement  progressif.  Le  cas  répond 
à  la  description  de  Brissaud  et  Lereboullet.  E.  F. 


Radiographies  du  crâne  dans  la  maladie  de  Pag^et,  par  Worms.  Soc.  de  Laryn- 
gotogie  des  Hôpitaux,  10  mars  1926. 

Ces  radiographies  révèlent  :  des  nodosités  de  la  voûte  crânienne  (aspect  truffé  sur 
•a  plaque)  ;  la  surélévation  do  la  partie  basilaire  du  sphénoïde  (convexobasie)  ;  un 
épaississement  énorme  des  parois  sinusales  ;  un  agrandissement  do  la  selle  turcique. 

E.  F. 


26Ü 


ANAL  YSES 


Un  cas  d'ostéite  généralisée  à  géodes,  type  Recklinghausen,  par  A.  "^ver- 
NAULT  cL  L.  Montel  (Le  Mans).  ./our«a/  de  Radiologie  el  d’ Eleclrologie,  l.  X,  n»  3, 
mars  192G,  pp.  100-111. 

Ainsi  que  le  montrent  les  intéressantes  figures  rcproduite.s,  la  radiographie  des  os 
décèle  des  Images  de  géodes  uni  et  multiloculaires,  en  général. ovoïdes,  à  contours 
réguliers  ou  polycycliques  fi  limites  indécises  ou  cerclées,  souvent  à  mince  liseré 
foncé,  entourées  de  tissu  osseux  sain  ou  de  tissu  très  raréfié,  ou  bien  de  tissu  moucheté 
ou  très  exceptionnellement  densifié.  Aspect  moucheté  de  la  corticale  de  certaines 
diaphyscs.  Raréfaction  des  travées  osseuses  à  l’extrémité  de  la  plupart  des  os  longs 
et  sur  certains  os  courts. 

A  noter  :  la  prédominance  constante  de  l’élément  douleur  ;  l’amyotrophie  symé¬ 
trique  segmentaire,  avec  altération  do  réactions  électriques  ;  présence  dans  l’urine 
d’albumose.  de  Bence-Jones  ;  absence  d’augmentation  de  volume  du  crâne,  souvent 
signalée  ;  lésions  de  la  selle  turciquo  révélatrices  peut-être  de  troubles  endocriniens 
possibles,  uiiparition  de  la  maladie  chez  un  adulte  jusqu’alors  bien  portant,  après 
un  traumatisme  do  guerre.  André  Strohl. 

Association  du  diabète  insipide  avec  l’ostéite  fibreuse  polykystique,  par 
W.  B.  Gordon  (do  Bittsburgh).  American  J .  of  lhemed.Sc.,  t.  171,  n“  1,  p.  38-48, 
janvier  1926. 

Cas  intéressant  d’association  de  deux  maladies  plutôt  rares.  L’ostéite  généralisée 
fut  consécutive  à  un  traumatisme  crânien,  La  polydipsie  et  la  polyurie  ne  firent  leur 
apparition  qu’à  un  moment  où  l’ostéite  fibreuse  était  déjà  avancée.  L’auteur  discute 
lu  relation  d’une  maladie  avec  l’autre,  à  savoir  si  leur  concomitance  est  accidentelle, 
si  elles  dépendent  toutes  deux  d’une  cause  commune  ou  si  l’ostéite  a  conditionné 
le  diabète  insijdde.  Thoma. 

Un  cas  d’hémihypertrophie  du  cozqis,  par  Lavau.  Société  médico-chirurgicale 
de  l’Indo-Chine,  Saïgon,  28. janvier  1920. 

li  s’agit  d’un  Annamite  <le  18  ans  porteur  d’une  hypertrophie  d’une  moitié  du 
corps,  squelette  compris,  s’accompagnant  de  lésions  nerveu.ses  et  trophiques  impor¬ 
tantes  :  anesthésie,  hyperréflectivité,  mutilation  du  pied  avec  absence  du  bacille 
do  Hansen.  Cette  observation  est  à  rapprocher  des  cas  d’hypertrophie  partielle  des 
membres  signalés  autrefois  par  Charcot  et  Brissaud  dans  la  syringomyélie,  et  dos 
furm(!s  dites  acrornégalique.s  de  cette  maladie.  E.  F. 

Hypertrophie  congénitale  de  la  ceinture  scapulaire  gauche,  du  bras  et  de  la 
main,  avec  naevus  et  veines  variqueuses,  par  E.  G.  Wakefiei.d  (de  Washing¬ 
ton).  American  J.  of  lhe  med.  Science,  t.  171,  n”  4,  p.  509,  avril  1920. 

H  s’agit  d’ïin  homme  de  35  ans,  sans  autre  anomalie  que  cette  hypertrophie  du 
membre  supérieur  gauche  dans  sa  totalité,  de  la  racine  à  l'extrémité  ;  le  squelette 
participe  manifestement  à  l’hypertrophie.  A  propos  de  ce  cas,  reVuo  do  la  question 
de  riiypertrophiç  congénitale.  Thoma. 

Stir  la  question  de  l'hémlatrophie  faciale  progressive  d’origine  centrale,, 
par  E.  KinscHENBEno(de  Tartu).  Folia  Neuropalhulogica  Ealoniana,  t.  5,  fasc.  1, 
p.  94-98,  mars  1920. 


ANALYSES 


267 


Luxations  métacarpo-phalangiennes  généralisées  des  deux  mains  avec  nodo¬ 
sités  para-articulaires  au  cours  d’un  rhumatisme  chroniqpie,  par  O.  Crou- 
zoN  et  J.  Christophe.  Bull,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an 
42,  n»  7,  p.  255,  19  février  1926. 

Présentation  d’une  malade  de  80  ans,  atteinte  depuis  40  ans  d’un  rhumatisme 
chronique  dont  l’évolution  a  abouti,  au  niveau  des  mains,  à  la  production  de  défor¬ 
mations  considérables  caractérisées  surtout  par  des  luxations  de  toutes  les  articula¬ 
tions  métacarpo-phalangiennes,  et  sur  les  membres  au  développement  de  nodosités 
para-articulairos.  La  variété  de  déformations  par  luxations  multiples  est  rarement 
rencontrée  dans  le  rhumatisme  chronique  et  elle  n’atteint  qu’exceptionnellement  le 
degré  offert  chez  la  malade.  Les  nodosités  para-articulairos  sont  peut-être  d’étiologie 
syphilitique.  E.  F. 

Syndrome  adiposo-génital  avec  nanisme,  par  Georges  ScHRBinER  et  G.-G.  Bou- 
LANGER-PiLET.  Société  de  Pédiatrie,  15  décembre  1925. 

Présentation  d’une  naine  do  17  ans,  obèse  et  sans  évolution  pubertaire  ;  l’intel¬ 
ligence  est  vive.  L’étiologie  du  syndrome  n’a  pu  être  précisée  (métabolisme  basal 
augmenté,  radiographie  de  l’hypophyse  normale,  absence  de  tout  antécédent  encé- 
phalitique  ou  méningé,  etc.). 

Un  cas  de  macrogénétosomie  chez  une  fillette,  par  André  Léri  et  Marc  Leconte. 
Bull,  et  Mém.  de  ta  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n"  15,  p.  699,  30  avril 
1926. 

A  six  ans,  l’enfant  en  paraissait  treize  ;  maintenant,  à  neuf  ans,  elle  a  la  taille  et 
l’apparence  d’une  jeune  fille  de  dix-sept  ans  bien  conformée.  Les  règles  ont  apparu 
à  sept.  Puberté  précoce  et  taille  élevée  font  porter  le  diagnostic  de  macrogénitosomie 
ou  mieux  macrogénétosomie.  Le  syndrome  est  rare  chez  la  fillette  ;  il  serait  en  rap¬ 
port  avec  une  tumeur  de  la  surrénale  ou  de  l’ovaire.  Chez  le  garçon,  le  syndrome  est 
en  général  conditionné  par  une  tumeur  de  l’épiphyse.  •  E.  F. 

Sur  deux  cas  de  mongolisme,  par  Jean  Minet  et  Porez.  Béiinion  médico-chirurgi- 
catedes  Hôpitaux  de  Lille,  24  décembre  1925. 

Les  deux  cas  qui  conceroont  des  nourrissons  furent  nettement  améliorés  par  le 
traitement  spécifique  et  l’opothérapie  thyroïdienne.  Ceci  serait  en  faveur  de  l’opi¬ 
nion  qui  attribue  à  l’action  de  l’hérédo-syphilis  sur  les  glandes  endocrines  la  détermi- 
tion  du  mongolisme.  E.  F. 


PSYCHIATRIE 


ÉTUDES  GÉNÉRALES 


PSYCHOLOGIE 

Quelques  remarques  sur  le  subconscient,  par  Ed.  Claparède  (de  Genève). 
Arch.  suisses  de  Neurologie  et  de  Psychiatrie,  t.  Xlll,  p.  200,  1923. 

L’auteur  défend  1^  terme  de  subconscient  contre  certaines  attaques  dont  il  a  été 


1 


2G8  ANALYSES 

l’objet  réoemmont.  Il  montrequ’il  ne  fout  pas  confondre sufcconscienl  avec  inconscient 
Autant  le  premier  est  une  hypothèse  léf'itime  (comme  le  terme  conscient  liii-mGme 
d’ailleurs),  et  très  féconde  en  psychologie,  autant  le  second  est  contradictoire  et  doit 
être  repoussé  imi)itoyablement.  Kn  effet,  si  des  auteurs  (l’reud)  donnent  à  certains 
systèmes  à  base  dynamique  le  nom  d’inconscient,  c’est  justement  parce  qu’ils  con¬ 
sidèrent  ces  processus  comme  étant  de  nature  mentale.  C’est  parce  qu’ils  con¬ 
çoivent  cet  inconscient  sur  le  modèle  ilu  conscient.  Donc  le  terme  inconscient  est  fort 
mal  choisi,  alors  que  celui  de  subconscient  est  bien  préférable  puisqu’il  indique 
que  certains  phénomènes  psychiques,  quoique  inconscients  en  apparence,  sont  cons- 
scients  pour  un  autre  moi. 

D’autre  part,  il  ne  faut  pas  considérer  «  subconscient  »  comme  synonyme  de  «  fai¬ 
blement  conscient  »,  ainsi  que  l’ont  voulu  certains  auteurs  (Lalande). 

En  résumé,  le  terme  de  subcon.scient  n’est  admissible  et  utile  que  lorsqu’on  l’ap¬ 
plique  à  une  activité  m(mtalo  qui  se  déroule  en  dehors  de  la  conscience  ordinaire  du 
sujet,  activité  qui  implique  la  présence  d’une  personnalité  plus  ou  moins  distincte  de 
la  personnalité  consciente  orrlinaire. 

G.  DE  MonsiEn. 

La  subduction  mentale  morbide  et  les  théories  psychophysiologiques,  par 

MiGN.\Hn,  Année  psycholoyique,  1924,  page  85. 

L’auteur  cherche  à  interpréter  le  mécanisme  de  cet  ensemble  de  phénomènes  si 
fréquent  en  pathologie,  connu  sous  le  nom  de  syndrome  d’influence,  ou,  suivant  l’ex¬ 
pression  do  Claude,  de  syndrome  d’action  extérieure.  Les  malades  ont  l’illusion  que  les 
étals  de  conscience  liés  aux  troubles  dont  ils  sont  atteints  sont  les  manifestations 
d’une  puissance  étrangère  td  mystérieuse  qui  vient  bouleverser  leur  corps  et  leur 
esprit.  C’est  pour  expliquer  cet  état  que  l’auteur  a  développé  la  conception  de  la  sub¬ 
duction  mentale  :  il  désigne  sous  ce  nom  l’état  d’une  pensée  dont  la  spontanéité  nor¬ 
male  se  trouve  soumise  de  façon  excessive  à  l’influence  de  certains  automatismes 
organiques  normalement  subordonnés  à  la  sienne  propre.  Celle  conception  diffère  de 
celle  d(!  l’automatisme  mental,  qui  su[)pose  la  possibilité  d’une  fragmentation  psy¬ 
chique,  et  d’un  véritable  isolement  de  certains  éléments  psychologiques  présentant 
une  activité  propre.  Au  contraire,  l’auteur  considère  que  la  vie  psychique  est  une,  et 
le  sentiment  d’influence  est  dû  non  à  son  morcellement,  *nais  à  la  perturbation  des 
relalion.s  entre  runilé  consciimle  et  les  automatismes  organiques,  qui  normalement 
sont  traduits  en  quelque  sorte  en  langage  psychique.  Si  l’un  de  ces  phénomènes  neu¬ 
rologiques  ou  biologiqin^s  parvient  à  s’isoler,  il  perd  sa  qualité  d’expression  psycholo- 
giqinq  et  l’effet  de  la  spontanéité,  et  do  l’unité  psychique  est  détruit.  Quant  aux 
constructions  délirantes,  elles  constituent  des  moyens  de  défense  contre  ce  sentiment 
•  l’emprise  psychique.  En  un  mot,  le  trouble  en  question  réside  dans  la  perturbation 
des  échanges  entre  les  automatismes  biologiques  et  la  spontanéité  mentale,  mais 
celle,  dernière  se  distingue  de  ces  automatismes  et  ne  saurait  leur  être  réduite. 

11.  Baruk. 

La  question  do  l’étude  expérimentale  des  émotions  chez  les  psychopathes, 

par  S.  S.  Sebgheievsky.  Journal  nevropaloloijhii  y  psychiatrii  imeni  S.  S.  Kor- 

sakoua,  t.  18,  n»  .3-4,  p.  93-108,  1925. 

Des  recherches  expérimentales  entreprises  pendant  une,  longue  période  permettent 
d’affirmer  l’existence  d’une  réaction  émotive,  chez  les  psychopathes,  è  la  suite  d’une 
excitation  par  la  musi(pie  ou  le  chant  ;  suivant  le  morceau  de  musique,  la  réaction 


ANAL  YSBS 


est  différente.  La  courbe  pneumographique  montre  chaque  fois  un  aspect  spécial  en 
rapport  avec  l’excitant. 

Sans  entrer  en  détails  sur  la  valeur  pratique  de  ses  observations,  S...  indique  le  profit 
que  le  diagnostic  différentiel  pourrait  parfois  en  tirer.  C’est  ainsi  que  lorsqu’il  s’agis¬ 
sait  de  choisir  entre  le  diagnostic  d’une  psychose  maniaque  dépressive  et  d’une  schi- 
zophrémie,  la  réaction  émotive  ,  à  la  suite  d’une  excitation  musico-vocale,  offrait 
1  a  possibilité  do  trancher  la  question  discutée.  G.  Ichok. 

La  constitution  émotive  et  la  vago-sympathicotonie,  par  Fernando  Goritti. 

Semana  médica,  n“  4,  1926. 

La  constitution  émotive  ne  va  pas  sans  déséquilibre  végétatif,  et  toujours  elle  est 
en  relation  étroite  avec  la  forme  de  vago-sympathicotonio  présentée  par  le  sujet.  Il 
s’ensuit  que  toutes  les  causes  susceptibles  de  modifier  le  tonus  végétatif,  internes  ou 
externes,  normales  ou  pathologiques,  psychiques  ou  psyehopathiques,  exereeront  par 
cela  même  une  influence  temporaire  ou  définitive  sur  la  condition  émotive  de 
chaque  individu,  soit  pour  l’exagérer  soit  pour  l’atténuer.  On  peut  donc  concevoir 
un  traitement  de  la  constitution  émotive  ;  c’est  celui  qui  saura  employer  dans  chaque 
cas  le  moyen  le  meilleur  pour  amener  à  l’état  d’équilibre  le  tonus  végétatif  et  |pour 
"  l’y  maintenir.  F-  Deleni. 

L’élément  psychique  dans  le  travail  humain,  par  Carlos  Penafiel.  Archivas 
brasileiros  de  Hygiene  menlal,  t.  1,  n“  2,  p.  11,  26  décembre  1925. 

L’ouvrier  industriel  travaille  de  moins  en  moins  comme  force  motrice,  et  de  plus  en 
plus  comme  appareil  psycho-physiologique  ;  cette  évolution  implique  la  nécessité 
d’une  transformation  adéquate  dos  milieux  où  se  passe  sa  vie,  pour  que  la  déchéance 
ueganique  lui  soit  évitée.  Une  autre  nécessité  est  l’étude  expérimentale  du  travail, 
Ufin  que  ses  exigences  physiologiques  soit  déterminées.  Une  troisième,  peut-être  la 
plus  difficile,  est  la  reconnaissance  des  aptitudes  chez  les  jeunes  gens  ;  la  conciliation 
du  goût  et  des  aptitudes  est  le  moyen  unique  d’épargner  aux  débutants  dans  le  travail 
Industriel  fatigues  inutiles  et  déboires.  F.  Deleni. 

Hygiène  mentale  de  l’enfance  basée  sur  les  lois  de  la  psychologie,,  par  Waclaw 

Hadecki,  Archivas  brasileiros  de  Hygiene  menlal,  t.  1,  n»  1,  p.  11-89,  mars  1925. 

L’auteur  établit  le  rôle  de  la  psychologie  en  général  et  de  l’observation  psycholo¬ 
gique  en  particulier  quand  il  s’agit  de  préciser  les  bases  d’une  hygiène  mentale  de 
l’enfant.  Après  un  exposé  de  la  méthode  des  «  tests  n,  un  schéma  personnel  de  l’obser- 
lion  est  proposé  ;  il  permet  la  notation  du  degré  et  des  particularités  de  la  sensibi¬ 
lité,  de  l’acuité  sensorielle,  de  l’attention,  do  la  discrimination,  de  la  mémoire,  de 
la  faculté  d’association,  de  l’affectivité,  de  L’activité  volontaire.  Cette  analyse 
fournit  à  l’éducateur  tous  les  éléments  nécessaires  pour  diriger  avec  certitude  l’hygiène 
mentale  qui  convient  à  l’enfant  examiné. 

F.  Deleni. 


SÉMIOLOGIE 

Les  problèmes  et  les  méthodes  d’une  étude  somatologique  des  affections 
psychiques,  par  M.  P.  Andréev.  Sovremennaia  Psychonevrologhia,  t.  1,  n“ -2; 
P-  18-26,  1925. 

La  rai.son  d’être  de  l’application  des  méthodes  somatologiques  en  psychiatrie  se 


270 


ANALYSES 


trouve  dans  l’idée  de  la  personnalité  en  tant  qu’un  complexus  somato-psyehique.  La 
question  n’est  pas  nouvelle,  car  on  connaît  depuis  longtemps  les  corrélations  soma¬ 
tiques  do  certains  phénomènes  psychiques  et  la  base  organique  des  psychoses  dites 
«  symptomatiques  et  exogènes  ». 

Afin  de  procéder  à  une  étude  décisive,  il  faut  la  poursuivre  dans  deux  directions  : 
a)  assembler  une  documentation  importante  pour  établir  des  corrélations  fixes, 
en  dehors  des  influences  accessoires  ;  6)  réunir  une  documentation  soigneusement 
choisie  dans  le  but  d’escompter  toutes  les  influences  accessoires  possibles.  L’analyse 
statistique  doit  être  faite  avec  beaucoup  de  prudence,  afin  d’éliminer  surtout  le  rôle 
joué  par  l’âge,  la  profession,  les  conditions  de  vie,  etc.  Une  attention  spéciale  sera 
vouée  aux  facteurs  constitutionnels  qui  expliqueraient  la  naissance  de  la  psychopa- 
thie  ou  l’état  de  prédisposition. 

G.  ICHOK. 

Fétichisme,  par  Vlad.  Vondracek  (de  Prague).  Casopis  tékaru  cesicyck,  n®  47, 
1925. 

L’auteur  nous  donne  un  aperçu  des  connaissances  sur  l’état  actuel  du  fétichisme 
et  décrit  un  cas  de  rétifisme  (fétichisme  concernant  la  chaussure). 

Déjà  à  la  lecture  du  mot  «  chaussure  «,  le  malade  se  sent  sexuellement  excité;  il  ne^ 
peut  pas  traverser  la  rue,  parce  que  les  jambes  des  femmes  l’excitent  sexuellement  ; 
il  chausse  lui-même  des  bas  de  femmes  (qu’il  a  emportés  même  au  front)  et  des  souliers 
étroits  ch  se  masturbant. 

Son  mariage  n’est  pas  heureux  ;  il  engendra  un  enfant. 

La  peur  politique  par  Vlad.  Vondracek  (de  Prague).  Casopis  lekarii  ceskijch, 
n®25,  1925. 

Dans  les  états  pathologiques  l’angoisse  se  rattache  à  des  objets  très  différents. 
V.  V..,  a  observé  deux  cas  où  elle  se  rattachait  aux  affaires  politiques  ;  il  en  résulta 
une  pour  pathologique  devant  la  révolution. 

Le  syndrome  de  Ganser  observé  au  cours  d’une  paralysie  générale,  par  Vlad. 

Vondracek  (do  Prague).  Casopis  lékaru  ceskyck,  n“  34,  1924. 

Le  syndrome  de  Ganser  se  joint  de  coutume  à  la  simulation  ;  on  l’observe  chez 
certaines  personnes  au  cours  de  l’enquête.  On  l’a  décrit  dans  les  cas  d’hystérie  et  de 
schizophrénie,  mais  non  pas  dans  la  paralysie  générale. 

L’auteur  nous  montre  le  syndrome  de  Ganser  dans  la  paralysie  générale,  observé 
chez  un  malade  à  la  clinique  du  prof,  lleveroch.  Là  où  il  y  a  une  disposition  favorable, 
peut  apparaître  le  syndrome  do  Ganser,  môme  au  cours  d’une  cérébrose,  si  l’individu 
se  trouve  dans  des  circonstances  sur  lesquelles  il  réagit  d’une  manière  défensive,  de¬ 
vant  soulager  sa  situation. 

L’équivalent  du  syndrome  de  Ganser,  par  Vlad.  .Vondracek  (do  Prague). 

Casopis  Ickartt  ceskych,  n“  42,  1924. 

A  côté  du  refoulement  inconscient  du  désagréable  dans  le  subconscient,  il  existe 
encore  un  refoulement  conscient.  L’auteur  décrit  un  malade  qui  soutient  avoir  oublié 
ce  qui  s’est  passé  pendant  quelques  années  do  sa  vio.  Par  une  exploration  prudente, 
on  peut  S’assurer  qu’il  se  rappelle  tout,  mais  qu’il  n’en  veut  pas  parler.  A  une  simple 
allusion,  il  s’excite.  L’auteur  appelle  ce  syndrome  t  Salamis  syndrome»  (les  Athéniens 
défendirent  do  parler  de  l’île  do  Salamis  occupée). 


ANAL  Y  SES 


271 


Sur  l’inQuence  des  processus  psychiques  sur  l'innervation  du  cœur  et  des  veils- 
seaux,  par  M.  W.  Von  Wyss.  [U ber  des  Einfluss  psychischer  Vorgânge  au f  die  Inner¬ 
vation  von  Herz  ans  Gefdssen).  Arch.  suisses  de  Neurol,  el  de  Psych.,  vol.  XIV,  f.  1, 
p.p.  30,  1924. 

Quelques  recherches  sur  la  lipoïdémie  spécialement  chez  les  aliénés,  par 
C.-J.  Parhon  ot  Mario  Parhon.  Bull,  de  la  Soc.  roumaihe  de  Neurol.,  Psychialr. 
Psychol.  el  Endocrinologie,  II®  année,  n“  2,  août  1925. 

Les  auteurs  ont  étudié  la  lipoïdémie  dans  24  cas,  dont  8  normaux,  une  femme 
gravide  et  enfin  des  aliénés. 

Ils  ont  pu  confirmer  l’augmentation  de  la  cholestérine,  de  la  lécithine  et  des  acides 
gras  pendant  la  gravidité.  Ils  ont  pu  confirmer  de  nouveau  l’existence  de  l’hypercho- 
lestérinémie  menstruelle. 

Quant  à  la  lécithine,  si  son  augmentation  fut  observée  dans  certains  cas,  elle  ne  fut 
pas  constante  (pondant  les  règles),  otils  ont  pu  observeraussi  sa  diminution  pendant 
cette  même  époque  (chez  des  épileptiques)  .Une  tendance  i\  l’augmentation  pendant 
les  jours  dos  règles  semble  pourtant  assez  fréquente. 

En  ce  qui  concerne  les  acides  gras,  les  résultats  furent  encore  plus  variables. 
Pourtant  les  chiffres  les  plus  forts  turent  observés  chez  doux  femmes  (maniaque  et 
épileptique),  la  première  pendant  le  premier,  la  seconde  pendant  le  second  jour  des 
règles.  Contrairement  à  la  cholestérine,  la  lécithine  semble  plutôt  diminuer  pendant 
la  vieillesse.  Elle  se  montra  également  diminuée  dans  un  cas  de  crétinisme  ainsi  que 
chez  un  imbécile.  Ce  dernier  présentait  auàsi  la  diminution  des  acides  gras  et  de  la 
cholestérine.  A. 

La  question  de  la  base  sociologique  delà  réflexologie,  parK.-S.  Mokoulsky. 

Sovremennaia  Psychomorologia,  1. 1,  n»  1,  p.  52-58. 

Peu  û  peu  l’étude  des  réflexes  reçoit  une  base  sociologique.  L’analyse  du  milieu  social 
et  do  ses  conditions  permettra  d’ouvrir  un  chapitre  nouveau  de  la  réflexologie.  Il  s’agira 
d’une  branche  scientifique  d’une  importance  non  seulement  théorique,  mais  sur¬ 
tout  pratique,  car  elle  offrira  la  possibilité  d’influencer  la  conduite  do  chacun  et  de 
la  diriger.  G.  Ichok. 

Les  haines  familiales  morbides,  par  Henri  Claude  et  Gilbert  Robin.  Presse  médi¬ 
cale,  n®  39,  p.  609,  15  mai  1926. 

Les  dissentiments,  les  antipathies,  les  répugnances,  les  aversions,  les  haines  dont 
l’éclosion  se  fait  dans  le  milieu  familial  appellent  tout  l’jntérêt  du  médecin  spécialisé. 
C’est  taire  œuvre  de  prophylaxie  rrfentale  que  d’aller  au-devant  de  la  psychose  latente, 
dont  le  différend  familial  est  la  première  manifestation,  la  haine  familiale  le  signal 
Avertisseur. 

Il  importe  donc  de  rechercher  de  quelles  névroses,  de  quelles  psychoses  un  cas  de 
haine  familiale  peut  être  symptomatique.  Inversement,  il  y  aura  lieu  de  se  demander 
ail  n’y  a  pas  des  névroses  ou  des  psychoses  symptomatiques  de  haines  familiales 
plus  ou  moins  conscientes,  plus  ou  moins  déguisées  sous  des  symboles,  ou  parfois 
totalement  ignorées  du  sujet. 

La  haine,  ayant  un  caractère  volontaire,  exige  un  minimum  intellectuel,  une  faculté 
d’appréciation  que  ne  possèdent  pas  toujours  l’idiot,  l’imbécile  ou  le  dément.  Du 
aioins  chez  de  tels  malades  la  haine  prendra-t-elle  des  caractèrps  assez  particuliers  soit 


272 


ANALYSES 


(l’instabilité,  soit  de  réaction  stéréotypée  on  de  déclanchement  automatique.  La  haine 
familiale  du  toxicomane  et  de  l’alcoolique  est  en  relation  avec  le  déséquilibre  consti¬ 
tutionnel  et  les  doses  de  poison  ingérées  ;  elle  est  souvent  ù  éclipses. 

Ou  rencontre  les  haines  familiales  les  plus  ardentes  dans  les  délires,  principalement 
dans  les  délires  d’interprétation  et  de  revendication.  Los  paranoïaques  sont  au  plus 
haut  point  des  tyrans  familiaux.  Dans  la  psychose  perverse,  la  haine  familiale  |se  met 
au  service  d’une  méchanceté  foncière  ;  joignant  la  mythomanie  à  la  malignité  les 
jeunes  sujets  sont  de  petits  accusateurs  criminels,  les  faux  enfants  martyrs  de  Dupré. 

C’est  dans  la  schizophrénie  et  surtout  dans  cette  forme  spéciale  appelée  schizomanie 
que  se  présentent  les  cas  les  plus  purs  de  haine  familiale.  Sous  l’indifférence  apparente 
des  malades  se  cache  un  noyau  lourd  d’énergie  affective.  L’autisme  est  souvent  occupé 
tout  entier  ])ar  un  complexe  familial.  La  perversion  des  sentiments  dans  les  premiers 
stades  de  la  schizophrénie  a  contribué  à  faire  donner  le  nom  de  folie  morale  acquise 
à  l’ensemble  de  ses  phénomènes. 

Dans  les  obsessions,  les  phobies,  les  impulsions,  la  haine  familiale  pr(md  également 
une  importance  considérable. 

Le  deuxième  point  du  problème,  celui  où  la  psychonévrose  est  symptomatique 
de  haine  familiale,  est  fort  délicat.  C’est  en  |)artant  de  la  psychonévrose  qu’il  faut 
arriver  à  découvrir  la  haine  familiale  qui  peut  être  ignorée  du  sujet. 

Nombre  d’obsessions,  de  phobies,  d’impulsions,  de  cas  d’impuissance  chez  l’homme, 
de  frigidité  chez  la  femme,  de  crises  d’anxiété,  d’états  de  neurasthénie  et  de  psychas¬ 
ténie,  de  préoccupations  hypocondriaques,  de  manifestations  hystériques,  de  schizo- 
jdirénic  au  début  et  même  d’états  paranoïdes  difficilement  explicables  et  résistant 
à  la  thérapeutique  habituelle  relèveraient,  d’après  l’reud,  d’un  complexe  familial 
d’ordre  affectif  et  seraient  curables  par  la  psychanalyse. 

Qu.ant  à  la  conduite  à  tenir,  dans  la  majorité  des  cas,  en  dehors  de  la  [question  do 
l’internement,  la  séparation  du  malade  de  sa  famille  est  néces.saire.  La  midtiplicité 
des  formes  et  des  circonstances  imposent  au  conseiller  et  au  fisychothérapeute  des 
interventions  aussi  variées  (pi(!  difficiles.  E.  h’. 

L’hallucination,  par  HiiVAULT  d’Allonbs.  Annales  médicn-psi/chotogiiiues,  n»  84, 
II»  1,  p.  13-55,  janvier  1920. 

Que  l’hallucination  soit  une  perception  sans  objet,  ou  une  fausse  perception,  il  est 
difficile  do  décider,  l'eiit-être  la  comprendrajt-on  mieux  si,  au  lieu  de  considérer  l’hal¬ 
lucination  en  soi,  on  se  préoccupait  de  la  [lersonnalité  do  l’halluciné  au  cours  de  la 
crise  aiguë  de  l’hallucination. 

A  la  base  do  l’hallucinalion  existe  un  état  morbide  caractérisé  par  le  fractionnement 
de  l’esprit  qui  met  en  opposition  deux  séries  d’idées,  l’une  rapportée  au  «  moi  »,  l’autre 
qui  n’est  [dus  reconnue  et  est  considérée  comme  étrangère.  L’halluciné,  victime  do 
la  dislocation  psychique,  a  réussi  à  maintenir  dans  son  obédience  une  personnalité 
amoindrie  en  force  et  en  étendue  ;  ce  «  moi  résiduel  »  est  susceptible  de  perceptions 
normales;  mais  les  fragments  détachés  du  "moi»,  devenus  extrapersonnels,  devenus 
[lersonncs  étrangères,  continuent  à  s’accrocher  au  «  moi  »,  et  l’assaillent  comme  fe¬ 
raient  des  fantômes. 

L’hallucination  n’est  qu’une  forme  particulière  de  fantasmagorie,  au  sens  étymolo¬ 
gique  ;  les  voix  sont  paroles  de  fantômes,  les  visions  autres  manifestations  fantômales. 

De  même  que  l’hallucination  n’est  qu’une  espèce  du  genre  plus  vaste  fantasma¬ 
gorie,  de  même  les  [isychoses  hallucinatoires  ne  sont  qu’une  espèce  d’un  genre  plus 
vaste,  la  psychose  fantasmagorique  ou  poly[)hrénie.  E.  E. 


ANAL  YSES 


273 


Contribution  à  l’étude  des  hallucinoses  chroniques,  par  G.  Halberstadt. 

Annalns  médico-psychologiques,  an.  18,  t.  1,  n“2,  p.  100-112,  février  1920. 

L’hallucinosn  constitue  un  syndrome  particulier  qui  a  droit  à  son  autonomie  ;  il 
ne  relève  pas  d’un  processus  morbide  univoque  ;  il  peut  se  rencontrer  au  moins  dans 
deux  psychoses  différentes.  Les  observations  de  l’auteur  montrent  ce  que  peut  être 
l’hallucinosc  dans  la  démence  paranoïde  et  dans  la  paraphrénie,  E.  E. 

Contribution  à  l’étude  des  hallucinations  lilliputiennes,  par  E.  Vizioli.  Neuro- 
lofjica,  an  3,  11“  1,  p.  11-27,  janvier-février  1920. 

Deux  observations  avec  ceci  do  particulier  que  l’apparition  dos  petit(‘s  figures 
no  cause  pas  plaisir  et  distraction,  mais  appréhension  et  tristesse.  L’enfance  n’est  pas 
toute  joie  ;  elle  comporte  aussi  sas  douleurs.  La  théorie  des  hallucinations  lilliputiennes 
de  Leroy  est  la  plus  compréhensive  qiu  ait  été  formulée.  F.  Deleni. 

Paralysie  de  la  corde  vocale  droite  chez  un  syphilitique  atteint  de  psychose 

hallucinatoire  chronique  avec  lymphocytose  rachidienne,  par  Fernand 

Lévy  et  Ogliastri.  Gazelle  des  Ilûpilaiix,  an  99,  n°  38,  p.  013,  12  mai  1920. 

I.’observaliun  ncuropsychiatrique  actuelle  est  intéressante  à  \in  double  point  de 
vue.  D’abord  parce  que  la  paralysie  récurrentielle  du  sujet,  avec  do  légers  troubles 
pupillaires,  se  trouve  être  la  seule  manifestation  clinique  d’une  syphilis  nerveuse 
attestée  par  les  résultats  de  la  ponction  lombaire.  En  second  lieu,  au  point  de  vue 
du  syndrome  mental,  la  question  du  diagnostic  do  la  paralysie  générale  se  posait  ; 
les  auteurs  ont  conclu  par  la  négative  tout  en  faisant  dos  réserves  sur  l’avenir. 

E.  E. 

Le  délire  interrogatif,  par  .J.  Capgras  et  Xavier  Abély.  Annales  médico-psycholo¬ 
giques,  an  84,  t.  1,  n»  1,  p.  12-42,  janvier  1920. 

Sous  le  nom  do  délire  de  supposition,  Sérieux  et  Capgras  ont  décrit  une  variété  du 
délire  d’interprétation  caractérisée  par  un  défaut  do  conviction  et  de  certitude,  un 
sentiment  d’obscurité,  de  mystère,  d’incompréhension  avec  perplexité,  inquiétude 
Ou  môme  anxiété  joint  à  une  attitude  interrogative  qui  engendre  des  essais  multiples 
d’interprétations,  lesquelles  n’osent  pas  s’affirmer,  et  tout  en  s’additionnant  n’arri- 
Venfpas  à  se  coordonner.  Los  auteurs  se  proposent  du  compléter  l’étude  do  cette 
psychose. 

IjO  délire'  d’interrogation  est  fait  d’interprétations  qui  sortent  pou  du  vraisem¬ 
blable  et  qui  néanmoins  n’atteignent  pas  la  certitude.  C’est  un  assemblage  do  doutes 
délirants.  Ils  révèlent  la  paranoïa  lorsque  le  substratum  constitutionnel  contient, 
é  côté  des  éléments  fondamentâux,  des  éléments  psychasthéniques.  Les  doux  sortes 
d’éléments  constitutionnels  ajoutent  et  combinent  leurs  attributs  ;  l’esprit  taux  et 
paradoxal,  orgueilleux  et  méfiant  se  montre  on  même  temps  indécis,  craintif,  in¬ 
quiet  ;  ceci  fait  penser  è  .Jean-Jacques  Rousseau  ;  il  n’est  pas  de  meilleur  exemple 
do  délire  d’interrogation  que  «  cette  œuvre  de  ténèbres  dans  lequel  il  s’est  trouvé 
enseveli  »  jusqu’il  sa  mort.  • 

Les  paranoïaques  do  ce  genre,  entourés  d’un  cercle  d’incertitude,  no  voient  autour 
d’eux  que  comédie,  obscurité,  conspiration  du  silence. 

Le  sentiment  d’étrangeté  du  délire  interrogatif  n’est  point  lu  manifestation  d’un  état 
contusionnel  ;  cos  intoriirétateurs  sont  au  contraire  très  lucides,  très  présents,  très 
attentifs  aux  moindres  détails.  C’est  môme  souvent  leur  hyiierattontion,  fille  de 
N”  3,  SEPTEMBHE  192G. 


REVUE  NEUROLOaiQUB  —  T.  II, 


18 


274 


ANALYSES 


iiiqiiiùludo  soupçonneuse,  accompagnée  d’associalions  d’idées  automatiques, 
de  r'émiiiisc(mces  spontanées,  (pii  ies  trouble  et  les  empêclie  d’y  voir  clair. 

l,’inter[irétalioii  interrogative  reste  égocentrique,  comme  toutes  les  interprétations 
délirantes  ;  elles  ne  découvre  pas,  mais  elle  soupçonne  une  signification  iiersonncllo 
dans  l.out  événement  fortuit. 

Au  fond  do  l’étonnement  que  toute  occasion  fait  renaître,  au  fond  de  ces  recherclies 
négatives  et  de  cette  inquiétude,  il  y  a  bien,  dans  le  suiiconscient,  une  idée  di'ili- 
ranle,  mais  celle-ci  no  réussit  pas  à  francliir  le  seuil  ;  ce  (pii  s’extériorise  ne  le  fait 
(pic  sous  une  forme  décevante.  R.  b’. 

Les  délires  polymorphes,  par  H.  Targowla.  Encéphale.,  an  21,  11“  1,  p.  18-3(1, 
janvier  1920. 

De  la  conception  des  «  délires  d’emblée  »  de  Magnan  certaines  caractéristiques 
cliiiiipies  didvent  (itre,  retenues,  mais  la  synthèse  (dle-rrulme  ii’cst  [dus  acciqitable. 
Son  démembrement  permet  de  séparer,  entre  autres,  deux  groiqies  de  faits,  (pie  l’on 
confond  généralement  en  (lé|iit  de  leur  pronostic  opposé  ;  les  nues,  clir()ni(|ucs,  cons¬ 
tituent  les  psyclio.ses  [laranoïdes  ;  les  antres  généralement  [lassagères  et  curables, 
[leiivent  conserver  ra|)|)ellation  donnée  par  Magnan  de  délires  polymorphes. 

Syndromes  [laranoïdes  et  syndromes  [lolymorplies  se,  distinguent  par  les  carac¬ 
téristiques  du  fond  mental  sur  loqiiid  se  développe  le  délire,  [lar  la  psycbogénie  de  celui- 
ci,  [lar  l’évolution  et  l’état  organique  associé.  Le  délire  [laranoïde,  d’a[i|)arencc  pri¬ 
mitive,  évolue  d’une  façon  continue  et  aboutit  plus  ou  moins  tardivement  à  un  état 
de.  dissociation  ou  d’affaiblissement  psychiques  ;  ii  a  un  substratum  schizophrénique 
ou  héiiéphn'miquc.  Le  délire  polymor|ihe  est  une  affection  aiguë  ou  subaiguë,  souvent 
récidivante,  susceptible  du  reste  de  passer  à  la  chronicité  sans  perdre  ses  caractères 
fondamentaux,  et  comportant  des  éléments  complexes  rnaniaipies,  mélancoliques 
et  psycho-toxiques  ;  le  délire  [lolymorphe  s’accompagne  de  symptômes  somatiques. 

Caractères,  [ironostic  et  traitement  sont  différents  par  les  deux  affections.  Les 
déments  [laranoïdes  se  présentent  comme  des  antisociaux  à  interner  riqiidement  et  à 
maintenir  internés  un  teirqis  [irolongé.  4Le  traitement  est  [luremcnt  symptomatique, 
avec  essais  d’ada|ilation  à  la  vio  réduite  de  l’asile  ou  exceptionnellement  avec  retour 
dans  la  fainille  si  soins  et  surveillance  sont  possibles  ;  l’existence  sociale  reste  fi 
[leu  près  mille. 

Au  contraire,  les  délirants  [lolymorphes  no  sont  pas  toujours  à  interner  immédia- 
leinent  ;  cette  mesure  n’est  que  tem[ioraire  ;  ils  guérissent  généralement  et  se  réluhqi- 
tent  à  la  vie  en  société;  ce  sont  des  •malades  »  dont  l’état  relève  d’une  thérapeutique 
médicale.  On  combattra  leurs  troubles  digestifs  et  hé|iato-rénaux  par  un  régime 
hy[)otoxique  a|)[)ro[)rié,  des  buissons  abondantes,  des  laxatifs,  des  ciiolagogiies  ;  on 
s’efforcera  de  rétablir  le  sommeil,  de  calmer  l’excitation  intellectuelle  et  l’agitation 
motrice  par  l’alitement,  la  balnéation  les  médicaments  appru[)riés  (hy[)notiqucs  et 
sédatifs  nerveux)  ;  on  stimulera  la  nutrition.  La  sortie  de  l’asile  en  vue  d’une  conva¬ 
lescence  pourra  être  envisagée  dès  que  l’activité  délirante  sera  atténuée.  A  ce  moment 
ia  psychothéra|iie  sera  de  bon  effet  ;  on  s’attachera  surtout  à  relever  l’état  général. 

Il  convient  donc  de  sé|iarer  de  la  démence  paranoïde,  le  syndrome  psycho-soma¬ 
tique  caractérisé  par  la  triade  :  1“  un  «  délire  polymorphe  »  délmtant  «  d’emblée  »  et 
intimement  lié  au  fond  mental  ;  2“  l’intrication  et  la  succession  sans  ordre  de  symp¬ 
tômes  maiiia([ues.  mélancoliques  et  confiiso-oniriqiies  ;  3“  un  état  physique  [irécaire 
et  des  troubles  des  fonctions  organiques  traduisant  une,  auto-intoxication.  Les  ca¬ 
ractères  évoiiitifs,  le  mode  habituel  de  terminaison,  les  règles  du  traitement  ainsi 
([lie  i’analyse  [isycholugiipie  établissent  l’individualité  clinique  des  déiircs  [lo- 
lynior[ihes.  K.  h’. 


ANAL  Y SES 


275 


Un  cas  de  psychose  difficilement  diagnostiquable  avec  phénomènes  soma¬ 
tiques  et  psychiques  particuliers  (hyporéflexie  de  l’appareil  neuro-muscu¬ 
laire),  pur  Ernust  Vater.  Bull,  de,  la  Soc.  roumaine  de  Neurol.,  Psijchialr.,  Psij- 
choloiiie  cl  Endocrinnloijie,  décembre  1924. 

ba  lecliire  de  celle  observation  laisse,  malgré  l’incertitude  do  l’autonr.  la  convic- 
lion  ([ii’il  s’agit  d’un  cas  de  psychose  maniaque  dépressive.  Un  fait  intéressant  (bien 
que  l’antenr  n’insisln  pas  sur  lui)  à  retenir  do  cette  observation  est  le  rôle  étiologique 
que  semblent  avoir  joué  des  badigeonnages  prolongés  à  la  teinture  d’iode  ainsi  que 
ia  tuberculose  de  la  malade  dans  l’éclosion  de  ses  troubles  psychiques.  Certains 
Iraumas  psychiques  ont  pu  avoir  également  leur  importance.  G. -J.  Pahhon. 

La  répartition  des  groupes  sanguins  par  les  malades  psychiques  et  sa  trans¬ 
mission  héréditaire,  par  G.  I.  Bebchtein.  Souremennaïa  Psijclionevrolui/hia, 
t.  1,  nû  1,  p.  79-89,  1925. 

Les  recln^rches  entreprises  chez  150  personnes,  dont  87  malades  et  6.3  membres  de 
leurs  familles,  ont  permis  do  constater  quelques  particularités  au  sujct(de  la  répartition 
dos  4  groupes  sangidns.  Le  maximum  do  personnes  anormales,  lorsqu’il  s’agit  de  la 
schizophrénie,  se  rangent  dans  le  deuxième  groupe,  (55,  6  %).  Le  minimum  (1 1,2  %)  est 
enregistré  pour  le  premier  groupe.  Pour  le  3®  groupe,  le  pourcentage  est  à  do  19,8  et 
pour  le  quatrième  do  13,6.  Si  l’on  examine  les  familles  des  schizophréniques,  on 
arrive,  pour  le  premier  groupe  sanguin,  à  la  proportion  de  38,1  %,  pour  le  2”,  28,5, 
pour  le  3“  23,8  et  enfin,  pour  le  4®  au  chiffre  de  9,6  %. 

La  transmission  héréditaire  entre  en  jeu  suivant  les  lois  de  Mendel. 

.  G.  IcuoK. 

Chirurgie  et  psychiatrie,  par  Paul  CounnoN.  Annales  médico-psychologiques,  an  84, 
t.  1,  n»  2,  p.  113-119,  février  1926. 

Grand  article  dans  lequel  l’auteur  envisage  l’aide  apportée  jusqu’ici  par  la  chirur- 
Sie  à  la  psychiatrie  et  la  façon  dont  la  chirurgie  et  la  psychiatrie  sont  ap]>elées  à  col¬ 
laborer  i)our  étendre  nos  connaissances  en  physiologie  cérébrale  et  en  phychologie. 

Jamais  un  trouble  mental  ne  saurait  constituer  à  lui  seul  une  indication  opéra- 
ioire.  Mais  ipiand  un  trouble  mental  est  lié  è  l’existence  d’un  trouble  somatique  jus- 
t-iciablo  d’une  intervention  chirurgicale,  ce  qui  est  rare,  celle-ci  le  fera  disparaître. 
C’est  l’état  organitpie,  et  non  l’état  mental,  qui  doit  décider  le  chirurgien.  Los  troubies 
nientaux  liés  à  l’existence  d’un  trouble  somatique  se  présentent  généralement  sous 
la  forme  do  la  confusion  mentale  ou  de  la  fausse  hypocondrie.  En  tous  cas  la  déci¬ 
sion  du  chirurgien  no  sera  prise  qu’après  avis  du  psychiatre,  à  cause  des  dangers 
fn’une  mentalité  revendicatrice  pourrait  faire  courir  à  l’opérateur. 

■  Jamais  ia  psychothérapie  chirurgicale,  ou  simidation  d’opération  à  but  suggestif, 
»ft  diut  être  pratiquée. 

Tels  sont  les  seuls  résultats  pratiques  que  l’expérience  ait  jusqu’ici  donnés.  La 
médiocrité  des  ajiports  de  la  chirurgie  à  la  psychiatrie  tient  à  la  fois  à  l’insuffisance 
tic  développement  des  doux  sciences  et  au  fait  que,  dans  leurs  rencontres,  psychiatres 
et  chirurgiens  n’ont  pas  suffisamment  dépouillé  les  uns  et  les  autres,  leurs  habitudes 
mentales  propres.  La  chirurgie  était  tro[>  absorbée  par  l’édification  de  ses  techniques 
pour  s’intéress(!r  aux  méthodes  psychiatriques  et  la  jjsychiatrie,  trop  peu  instruite 
•les  conditions  biologiques  de  la  pensé(^,  demandait  à  la  chirurgie,  en  qui  elle  ne  voyait 
•io’un  art,  des  interventions  purement  thérapeutiques  et  trop  imparfaitement  rai¬ 
sonnées. 


ANAL  Y  SES 


l’uiwiiu^  (l('■S(|]'Illilis  la  chinirf,Mo,  en  pleine  possession  de  ses  l,(!elini(pie.s,  aborde  l’ex- 
idoraLion  idiysiolo;,'ifpic  <lc  i’hoinnie,  elle  pourra  apporter  à  la  psycbialrie  une  doen- 
nienlalion  psyelioscopitpie  impor(,an(,c  en  ('■.tiidiant  fîi'ncR  ■'  ranestliésie,  locale  des 
idiéïKijnènes  de  doulear,  d’aiif'oisse,  de  cénesllnisie,  d'asi.liénie,  en  observanL  les 
réactions  inentab'S  des  opérés  avant  (a  après  l’opération.  Elbi  pourra  peut-être  lui 
a|iport<',r  enc(jre  la  fjuérison  de  qiiebpies  syndromes  psyctu(pies  en  appliipiant  sur 
les  aliénés  C(a-tain(^s  de  ses  découvertes,  comme  colles  de  la  rég'ulurisation  de  la  cir¬ 
culation  par  sympatlieclomie  périartériellc.  La  psychialri('  (‘st  d’autant  mieux  apte 
à  dirif'er  la  cliiriirfîii^  dans  ses  recherches  (pi’(dle  sait  mainteuaid,  (pie  le  syinpathi((uc 
et  les  }-landes  endocrines  sont  jiresqu’aussi  importantes  tpie  le  cerveau  pour  le  jeu 

Chirurgie  et  hygiène  mentale,  par  Alberto  I'aiiani.  Arcliivon  hraxilciros  de  Ilijijicnc 
mental,  l.  1,  n^'^,  p.  37-08,  décombro  19^5. 

L’auteur  montre  combien  jiciit  être  actif  le  rèle  du  chirurgien  en  hygiène  mentalu  ; 
son  intervention  est  capable  de  siqiprimer  soit  une  cause  possible,  soit  la  cause  réelle 
de  la  maladie  mentale  ;  selon  le.s  cas  elle  est  ou  prophylactique  ou  curative. 

h’.  Duleni. 

Sur  la  nécessité  de  l’extension  de  la  prophylaxie  des  troubles  mentaux,  par 

(ir.  OuoBiisco.  Jiull.  (le  la  Saciélé  roumaine  de  Neiirulorjie,  Psychialr,,  Psyehol, 
el  Endocritidlof/ie,  décembre  19<!4. 

L’auteur  insiste  sur  la  nécessité  de  soumettre  à  une  sélection  méthodique  (et  de 
former  à  ce  point  do  vue  l’esprit  critiipje  de  la  Société)  tous  ceux  qui  prétendent  con¬ 
duire  leurs  contenqiorains,  n’importe  dans  (piel  domaine  (artisti(|uo,  politique,  etc.). 

C.-J.  Parhon. 

La  tendance  au  vagabondage  et  aux  fugues,  par  K.-M.  Zalkinuis.  Sovrernennaia 
l’syclionevrolugliia,  t.  I,  n"  I,  p.  20-33,  1025. 

L’étude  de  5  cas  d’encéphalite  épidémique  chronique  ((ieux  enfaid,s  et  trois  adultes), 
donne  é  /...  l’idée  de  compter  lu  tendance  ou  le  vagabondage  aux  fugues  comme 
conséipience  possible,  de  la  maladie  mentionnée.  11  faut  admettre  (pie  l’encéphalite 
agit,  dans  certains  cas,  sur  l’état  psychique,  grAce  à  un  trouble  dans  la  région  o(i,  nor¬ 
malement,  se  trouve  la  liaison  entre  l’écorce  et  la  substance  subcorticale. 

Prophylaxie  sociale  des  toxicomanies,  par  Cuniia  Lopes.  Areliioioe  hra.wileiros 
de  Uyyiene  menlal,  t.  1,  n»  1,  p.  117-1‘29,  murs  1925. 

La  lutte  contre  les  poisons  sociaux  exige  à  la  fois  l’éducation  des  milieux  exposés  à 
la  contamination  et  ia  répression  du  commerce  illégal  des  drogues.  Tout  toxicomane 
devrait  être  interné  d’office  et  soigné  avant  d’avoir  pu  deveidr  dangereux  par  son 
exeirqile  et  pur  scs  réactions.  h’.  Uei.eni. 

Sur  la  prophylaxie  du  suicide,  jiar  Xavier  de  Olivkira.  Arehinius  braüleiros  de 
lly(jiene  menlal,  t.  1,  n<>2,  p.  75-83,  décembre  19‘25. 

Le  suicide  reconnaît  le  |)his  souvent  une  cause  passionnelle  ;  il  est  donc  évitable, 
et  l’auteur  recherche  les  moyens  d’en  réduire  la  fréquence.  !•’.  Ueleni. 


ANAL  Y  SES 


277 


L’évolution  de  l’hygiène  et  de  la  prophylaxie  mentale,  par  E.  Toulouse  et  R. 
Mourgue.  Hygiène  menlale,  mars  et  avril  1926. 

La  sélection  individuelle  des  immigrants  dans  le  programme  de  l’hygiène 
mentale,  par  Juliano  Moreira.  Archivas  brasileiros  de  Ilijgiene  menlal,  l.  1,  n»  1, 
p.  109-115,  mars  1925. 

On  connaît  la  fréquence  des  troubles  mentaux  chez  les  immigrants  ;  il  y  a  tout 
intérêt  à  prohiber  l’entrée  du  territoire  national  aux  étrangers  aliénés,  alcooliques 
ou  imbéciles  ;  tout  immigrant  ayant  présenté  des  signes  de  maladie  mentale  dans  les 
12  mois  après  son  arrivée  devra  être  réembarqué.  F.  Deleni. 

Les  causes  des  maladies  mentales  ;  les  moyens  de  les  combattre,  i)ar  V.  üemole 
(de  Genève).  Schweizerische  Zeilschri/t  lür  Gcsundheilspllcge,  1925. 

Intéressant  travail.  Par  des  arguments  décisifs  et  des  exemples  impressionnants, 
l’auteur  impose  sa  conviction.  11  montre  que  le  facteur  constitutionnel  conditionne 
les  trois  quarts  des  cas  d’aliénation  mentale.  L’individu  anormal  est  une  menace 
pour  l’intégrité  de  la  race  ;  s’il  procrée,  c’est  à  son  imago  ;  cotte  imago  est  celle  du 
malheur.  Le  dégénéré  n’a  pas  le  droit  d’infliger  sa  souffrance  à  d’autres  êtres  vivants, 
il  n’a  pas  le  droit  de  se  reproduire.  Aussi  faut-il  dans  la  lutte  contre  les  maladies  men¬ 
tales  do  caractère  constitutionnel  recourir  au  moyen  prophylactique  le  seul  efficace, 
la  stérilisation  des  tares  héréditaires.  E.  F. 

La  stérilisation  des  grands  dégénérés  et  des  criminels,  par  Ibaiato  Keiil. 
Archivas  brasileiros  de  Hygiène  mental,  t.  1,  n”  2,  p.  69-74,  décembre  1925. 

La  stérilisation  est  utile  comme  procédé  do  préservation,  mais  elle  reste  étrangère  au 
problème  de  la  formation  d’une  élite.  F.  üeleni. 

La  médecine  légale  devant  la  psychanalyse,  par  Mina  Minovici  et  losif  West- 
fried  (de  Bucarest).  Presse  médicale,  n“  7,  p.  98,  23  janvier  1926. 

La  psychanalyse,  malgré  son  insuffisance  actuelle  comme  méthode,  est  appelée  à 
constituer  une  annexe  pour  l’étude  de  la  médecine  légale  ;  il  sera  surtout  indispensable 
tl’y  recourir  lors  de  certaines  expertises.  Les  résultats  |isychanalytiqiics,  obtenus 
PHr  des  médecins  spécialisés,  |)ourront  être  utiles,  non  seulement  pour  la  médecine 
'''(fale,  mais  pour  la  sociologie,  la  psychologie,  la  pédagogie  ù  condition  qu’on  en 
écarte  ce  qu’ont  d’exagéré  les  tendances  panscxualistes.  E.  F. 

L’assistance  aux  psychopathes  (aliénés  et  non  aliénés)  en  Algérie.  Etat 
actuel  de  la  question,  par  le  D'  1’.  Sauzay.  Thèse  d'Alger,  1925. 

Rappel  et  critique  des  tentatives  récentes  (1922-1924)  pour  organiser  l’assistance 
mix  aliénés.  Exposé  dos  travaux  de  la  Commission  de  1924  et  du  Rapport  du  Prof. 
>!•  Lépine.  Manœuvres  politiques  faisant  avorter  ce  projet.  A.  P.  ■ 

Alcaloïdes  et  morts  subites,  par  Henri  Da.maye.  Pro'grès  médical,  n»  19, 
p.  733,  8  mai  1926. 

Roux  observations  susceptibles  d’intéresser  les  toxicologues  et  les  psychiatres. 
11  s’agit  de  morts  subites  survenues  dans  la  même  nuit,  après  injection ,  è  deux  aliénés 


278 


ANALYSES 


af'il.és,  (J'diiii  (los(!  tliérapeiiliiiuc  de  chlorliydralo  d’hyoscine.  Chacun  des  ihuix  malades 
avail  reçpi,  vers  six  heures  du  soir,  un  milligramme  do  chlorhydraLe  d’hyosciuo  et 
iiu  ceutigramrne  de  clilorliydrale  de  morphine  pour  calmer  une  agitation  moy(ume 
durant  depuis  un  certain  temps.  L’un  mourut  sul)itemcnt  vers  trois  heures  et  demi(^ 
et  l’autre  vers  six  heures  du  matin.  On  sait  (pie  la  dose  tlu’irapeutiipie  maxima  du 
cidorliydrate  d’hyoscine,  est  de.  2  milligr. 

Ihvs  familles  auraient  pu  suu|)e.onner  une  (U're.ur  pharmaciudiipie  ou  pharmae.olu- 
giipie  et  mettre  le  mihlecin  en  accusation.  Or,  il  n’y  eut  point  erreur.  Li^s  ni’icropsics 
ont  fourni  l’explication  des  deux  dt!C(Ns.  L’alcaloïde  eut  un  riïle  occasionnel,  mais  les 
d(’'gén6rations  d’organes  et  l’adynamie  furent  le.s  véritables  causes  de  la  mort.  Les 
malades  ne  présentfirent  aucun  symptiime  clinique  d’intoxication. 

On  voit  l’intérêt  de  ces  observations.  Un  milligramme  de  chlorhydrate  d’hyoscine, 
n’ent  pennt  compromis  un  sujet  ordinaire.  Mais  chez  les  malades,  foie,  reins  et  myo¬ 
carde  étaient  en  état  de  dégénérescence  graisseuse  avancée.  Chez  l’un  il  y  avait  l’al¬ 
coolisme  invétéré,  iient-ôtrc  la  syphilis,  comme  cause  do  dégénération;  chez  l’autre, 
l’hérédo-syphilis.  Chez  l’un  et  chez  l’autre  il  y  avait  eu, peut-être,  en  outre  des  infec¬ 
tions  aiguës  graves  do  l’enfance  ignorées.  Ces  deux  malades,  en  état  d’agitation 
diurne  et  nocturne  depuis  plusieurs  semaines,  entraient  à  l’asile  quelque  peu 
épuisés.  L(!  myocardi^  dégénéré  a  fléchi.  Voilà  commi'ut,  chez  des  sujets  de  ce  genre, 
une  dos(!  thérapcuti(pie  et  très  normale  de  sel  d’hyoscine  a  été  l’occasion  de  la  mort 
subite.  p;.  P, 


ÉTUDES  SPÉCIALES 


PSYCHOSES  ORGANIQUES 

Un  cas  de  psychose  avec  lésions  cérébrales  circonscrites,  par  Jonasiu.  Eull. 

Stic,  riiiimainc  de.  Ncuml.,  E.tijchialric,  Pnijchul.  et  Eiiducrinuloyic,  décembre 
ll)’24. 

Malade  âgé  de  78  ans,  dénient  hémiplégique. 

C.-l.  I>. 

Méningo-encéphalite  atrophiante  modérée  et  athérome  intense  chez  une 
syphilitique  à  délire  démentiel,  par  Henri  Uamaye  et  Raymond  BniAu.  Priiijrèn 
médical,  n»  :i-1,  p.  1251, 22  août  1925. 

Il  s’agit  d’une  malade  prédisposée  chez  qui  la  syphilis  créa  deux  sortes  de  lésions 
cérélirales,  une  méningo-encéphalite  atrophiante  ù  évolution  lente  et  un  athérome. 
intense  des  artères  encéphalifpies  comme  de  tout  le,  système  artériel.  La  traduction 
cliniipic  des  lésions  a  été  un  syndrome  démentiel.  E.  h’. 

Influence  de  la  syphilis  sur  une  débilité  mentale  paranoïaque,  pur  Henry 
Damayu  et  Haymo'nd  llniAU.  Protjrés  médical,  n“  9,  p.  ,'134,  27  février  1926. 

Chez  le  malade,  primitivement  débile  et  à  tendances  paranoïaipies,  la  syphilis  con¬ 
tractée  dans  la  jeunesse  a  déterminé  des  lésions  cérébrales  consistant  on  une  méningo- 
encéphalite  très  lente  et  atrophiante.  Ces  lésions  cérébrales  ont  cliniquement  intensifié 


ANAL  YSES 


f79 


l’état  mental  préexistant,  donnant  lieu  à  un  délire  fi  la  fois  interprétatif  et  du  type 
persécul6-pcrsécuteur.  L’évolution  de  l'encéphalite  atrophiante  a  déterminé  très 
lentement  l’affaiblissement  mental  par  destruction  progressive  des  cellules  cérébrales. 

E.  F. 

Les  états  démentiels  syphilitiques  non  progressifs,  par  L.  Marchand,  X.  Abély 
et  E.  Hauer.  Presse  médicale,  n"  20,  ]).  308,  10  mars  1920. 

A  côté  de  la  paralysie  générale  progressive  et  de  la  syphilis  cérébrale  se  manifestant 
par  des  lésions  en  foyer  (pseudo-paralysie  générale  syphilitique),  il  y  a  lieu  de  décrire 
‘les  états  démentiels  non  progressifs  de  nature  spécifique.  Certains  ne  sont  autres 
que  des  cas  de  paralysie  générale  à  évolution  lente  ou  même  stabilisée  ;  les  examens 
anatomo-pathologiques  le  prouvent.  D’autres  se  présentent  cliniquement  sons  l’aspect 
*l’un  syndrome  hébéphréno-catatonique,  et  on  peut  alors  distinguer  doux  cas,  sui¬ 
vant  que  l’état  démentiel  s’associe  ou  non  à  des  signes  de  syphilis  nerveuse,  lui  don¬ 
nant  ainsi  l’aspect  clinique  d’un  syndrome  paralytique,  incomplet.  On  peut  d’ailleurs 
observer  entn^  ces  deux  formes  tous  les  intermédiaires.  Ainsi,  s’il  existe  une  forme 
eonstitutionnelle  de  démence  précoce,  qui  se  manifeste  comme  la  conséquence  d’une 
tare  originelle  du  gerimq  et  c’est  la  plus  commune  ;  il  y  en  a  une  autre  qui  est  ac- 
q'dse,  symptomatique,  et  qui  est  déterminée  par  l’infection  spécifique. 

E.  F. 


Syphilis  neurotropes,  par  A.  Marie.  Bull.  e,l  Mém.  de  la  Snc.  méd.  des  Uôpilaux  de 
Paris,  an  42,  n»  9,  p.  341,  5  mars  1926. 

I^résontation  de  doux  P.  G.,  enfants  de  P.  G.,  ;  ô  cette  occasion  A.  Mario  commu- 
•lique  une  importante  bibliographie  de  P.  G.  et  de  tabes  héréditaires. 

Une  seconde  présentation  concerne  un  P.  G.  annamite  (on  rémission  nette  après 
*eucüpyrétothérapi(!).  On  ne  [lourra  se  faire  une  opinion  sur  la  prétendue  rareté  des 
t*'  G.  indigènes  que  lorsqu’on  aura  dos  asiles  coloniaux  pour  les  recevoir  avec  un 
Personnel  aliéniste  pour  les  observer.  .  E.  F. 

fiérédo  -syphilis  et  paralysie  générale  infantile,  par  Aug.  Marie.  Bull,  de  la  Soc. 
jr.  de  Dcrmalulogie  el  de  Syph.,  n”  3,  j).  153,  11  mars  1920. 

De  la  communication  de  A.  Marie,  intéressante  à  divers  titres,  se  dégagi!  l’obser¬ 
vation  (l’une  paralysie  générale  survenue  chez  un  enfant  de  13  ans,  fils  d’une  para¬ 
lytique  générale  morte  à  l’asile  où  elle  l’avait  mis  au  niomhx  C’est  bien  un  cas  de 
ïïeuro-.syphilis  de  la  mère  comme  de  l’enfant.  E.  F. 

Paralytiques  généraux  traités  par  le  sang  malarique  et  en  état  de  rémission, 

par  Aug.  Marie.  Bull,  de  la  Soc.  /r.  de  Dermatoloyie  el  de  Syphiliyraphie,  n»  3,, 
P-  100,  11  mars  1920. 

Présentation  do  6  malades  traités  par  la  Icucopyrétothérapie  et  les  arsenicaux  ; 
Ils  ont  repris  leur  place  dans  leur  famille  et  dans  la  société  depuis  un  an,  et  cette 
•■éadaiitation  parait  durable.  A  ce  propos  A.  Marie  cherche  l’explication  do  l’effica- 
eité  de  la  malariathérapie. 

Cette  communication  est  suivie  d’une  discussion  sur  le  virus  neurotnqie  ;  la  ques- 
lion  ne  paraît  pas  en  voie  do  s’éclaircir.  E.  F. 


ANAL  Y SES 


Neurosyphilis  familiale,  parents  apparemment  sains,  par  A.  G.  Duncan. 

Lancel,  l.  1,  n"  3,  p.  I(i5,  2.'!  janvier  1020. 

'  Sur  six  enfauLs  doux  sont  d('■mont,s  paralyliipics  et  un  troisième  souffre,  de  cépha¬ 
lées  et  a  un  Wassermann  du  sanf;  |)Ositif  ;  la  mère  a  eu  une  fausse,  couche.  Alors  (pi’on 
n’a  ri(!U  trouvé  chez  le  père  ni  la  mère  d(^s  (Uifants,  le  père  de  celle-ci,  deux  oncles  et 
ses  deux  frères  sont  morts  dans  un  asile  d’aliénés.  Tiioma. 

Les  grossesses  comme  facteur  actif  pour  la  prévention  de  la  syphilis  nerveuse, 

par  11.  C.  SoLOMON  (de  noston).  Amrriran  ./.  o/  Syphilis,  t.  10,  n"  1,  p.  00,  janvier 

1920. 

Etude  statistique  d’où  il  résulte  (pie  les  femmes  syphilitiques  ayant  eu  des  gros¬ 
sesses  sont  bien  moins  fréquemment  fiaqipées  de  neurosy[)hilis  (pie  les  sypliilil,i(pies 
stériles.  Les  grossos.ses  protègent  par  li's  modifications  qu’idlea  impriment  au  méta- 
iudisme  ;  rajititude  à  la  sy|)hilis  nerveuse  en  est  amoindrie.  Tiioma. 

Recherche  histologique  de  deux  cas  de  paralysie  générale  juvénile,  par 

M.  SeniNGLOVA  (de  l’rague).  C.asapis  liUaru  cr.shych,  ii“  51-52,  1025. 

Description  de  l’exainen  histologique.  Dans  les  deux  cas  il  y  a  des  changements 
tyiiiqiies  de  la  paralysie  générale,  en  oiitri'  des  lésions  destructives  du  parenchyme 
nerveux,  spécialement  dans  l’écorce  cérébrale  et  le  corps  strié,  et  cpielques  altérations 
exceptionnelles  des  cellules  ganglionnaires.  Les  cidhiles  de  Purkynie  étaient  altérées 
comme  Straüssler  les  a  décrites  le  premier.  Quant  à  la  pathogénie  de  la  paralysie  géné¬ 
rale  juvénile  l’auteur  suppose  qu’il  faut  regarder  maintenant  cette  maladie  comme 
ne  différant  de  la  même  maladie  di'S  adultes  que  par  le  fait  qu’elle  tire  son  origine 
de  la  syphilis  congénitale.'  Dans  l’examen  histologique,  elle  en  diffère  par  les  détails 
(pii  prennent  leur  naissance  dans  l’Age  divers  du  cerveau  lésé,  peut-être  aussi  dans  la 
localisation. 

Contribution  à  l’étude  de  la  paralysie  juvénile  progressive  (en  russe),  par  A.  O. 

Edulciitein.  Journal  .nevropalholoyhii  y  psychialrii  imeni  S.  S.  Korsakova,  t.  IH, 

11“  .3-4,  p.  57-75,  1925. 

Description  détaillée  de  4  cas  de  paralysie  progressive  juvénile.  Chez  tous,  l’in¬ 
tervention  thérapeutique  est  restée  sans  aucun  succès.  Chez  trois,  l’essai  infructueux 
a  été  fait  d’influencer  le  cours  de  la  maladie  par  rinoculation  du  paludisme. 

G.  ICIIOK. 


Le  Gérant  :  J.  CAI40UJAT. 


Poitiers.  —  Société  française  d’imprimerie.  —  1926. 


Tome  II.  N“  4 


Octobre  1926 


REVUE  NEUROLOGIQUE 


I 

DYSTROPHIE  OSSEUSE 

par  aplasie  de  la  substance  spongieuse 

DU  CORPS  BASILAIRE  DE  L’OCCIPITAL. 

Son  retentissement  sur  la  cavité  cranio-rachidienne  et  sur  le  névraxe. 
Considérations  anatomiques. 


M"'«  J.  DEJEHINE. 


<le  1-e., 


I-  f>])l!isic  (lu  (  (irjts  Ixisilaircî  de  r(icci])il;il  ne  pas  avoir  rolcmi 

'd-LanUon  des  ailleurs  ipii  sa  soiil  oaciipi’is  das  iiiall'ormalioiis  araiiio- 
^'f  liidi(;iiu(;j;,  al  l’obsarvalioii  aiialomo-aliriiiiiia  (lue  j’ai  (‘Lé  à  iiiânie  da 
Recueilli,,  au  diibut  do  la  guerre  dans  le  service  du  Pr  Dejerine,  semble 
être  ona,n-a  un  fait  isolé  (1  ). 

tl  s’agit  d’un  cas  de  inatlorinniion  du  corps  basilaire  de  roeeipilal 
llabaix)  avec  rétréaissaiiieid,  de  la  lumi(;re  de  la  cavité  craiiio- 
!  par  la  saillie  de  ra]iopbyse  odoiiloïda  da  l’axis,  aouduras 
lité  toute  sujiérieura  de  la  moelle  (larviaala,  gêna  de  la  aircu- 

^‘daina  du  rbombancépbala,  liydrom.yélia  et  l'entas  bulbaicas,  aliaz  une 
'^"uiia  ayant  pr('‘said,é  comme  seul  symptinua  aliniipia  à  la  fin  d(‘  sa  vie 
idtainta  partielle  unilal/irale  das  nerfs  mixtes  bulbain-s,  devenue 
•jilMlérale  trois  joui's  avant  sa  mort. 

t-'  liistoire  alini(iuc  se  n’isunie  (‘ii  cpiobiues  mots. 

,  Le  br  j„|„  J,,,  pr, '.sente,  non  aceompagni'e,  à  la  Cliniciue  (’.haraid, 

^  Sa|pêlri('ir((,  une  femme.de  dO  ans  dans  un  état  d’agilalion  indéfi- 
»‘«saMe.  Elle  se  plaint  de  dysphagie,  da  r.'gurgitati.m  nasale  das  li.iuid.‘S, 
J'  aimoiiee  (pi’alle  va  mourir.  Cet  état  ramonti'rait  à  deux  mois,  à  l’émo- 
tion  vive  ressentie  en  voyant  son  mari  blessé  d’une  lésion  de  la  (lueue  de 
rlioval. 


l’ésioni;  lie  ce  Iciivi 


-  T,  .1.  NO  1, 


DE.IEItlSE 


fj:r(''lc,  iik'-i'o  (11!  (1(M1X  (Uil'iuils,  (-oiiLurioro  de  son  (''LiiL  oi,  (|iii  dil,  n’avoir 
jamais  lai!,  do  maladie;  frrave.  D’mn;  cxLrôim;  volnl.ilil.d  <lo  learolc,  elle  a 
Loujonrs  l'I.o  iicrvemso  ol,  onioLivc,  souvord,  lasse,  sn[)|iorl,anl,  mal  1(!S  préoc- 
•  npal  ions  moiale'S,  la  faLiguei  et  le  sm-menage;,  mais  n’a  jamais  .'d,é  arrêlcc 
dans  son  Lravail  (d,  n’a  jamais  l'ail,  do  crises  eonvnlsiv(;s,  ni  do  crises  d’hys- 
Lérie.  Son  émoLiviLo  s’est  acin'ue  avee;  la  mohilisation  de  son  Jiiari  (sL  son 
envoi  au  froid,  dès  les  premiers  jours  de  la  guerre,  l'ille  n’a  pas  l'ail  d’état 
infectieux  récent,  en  particulier  pas  d’angine. 

Le  P''  Dejerino  rincito  à  avaler  devant  lui  un  grand  verre  de  lait  cliaud 
et  à  manger  un  morceau  do  pain.  Llle  avale  lentement,  sans  aucune  ré¬ 
gurgitation  nasale,  sans  dys])liagie  manifeste  pour  le  pain,  fait  ipii  ne 
lui  était  pas  arrivé  depuis  20  jours,  oii  les  symiitômes  s’étaient  hrusipre- 
ment  aeeinil  nés  et  aceompagnés  de  I  i]iotliymies  et  de  sentinnnit  di;  mort 


)/examen  eliniipn;  se  réduit  à  une  1 
tiin;  gaue.lie,  sans  atti'inti;  laryngée,  sans  trouldi'S  sensitifs  di;  la 
;  modifications  manifesles  du  goûl,  s 
lal.  .\  la  moindn;  titillation, 
ment  de  plionalion  ou  de  déglutition,  l’Iiémi-voile  (d  riiémi-jiliarynx 
se  eontiied.ent  faiblement,  lentinueid,  à  gaucli<‘,  vigoui'eusement  et  spas- 
modiipjement  à  droiti;  :  la  jiaralysio  est  donc,  unilatérale  et  incomjilète. 
fl  existi;  um;  taehyeardie.  à  120,  une  respiration  à  06  par  minute,  aucune 
modification  palliologiipie  de  la  voix,  pas  dj  jiaralysie  des  eordiîs  vocales. 

:o[ni|ne  du  I)'’  Natier.)  Il  n’existe  de  troubles  d’a 
b;  signes  d’b; 

;  iiyrarnidab;, 
atteinte  du  i 
des  ([uatre 

réfb;x(!  cutané  j)laid.aire  se  fait  eir  flexion.  Il  n’existi;  pas  de  troubbiS 
maiiil'este.  delà  sensibilité  objeid.ive  ;  l’état  d’angoisse  et  d’agitation  de 
la  malade  n’a  toutefois  jia-  |iermis  un  examen  minutieux. 

Les  mouvements  di;  la  léte  sont  exécutés  fae.ibiment  et  libnanenl. 


Ifiiai  n’attire  l’attention  .sur  um-  forme  si.éeiale  ou  un  port,  une  attitude 
pari  ieulière  (b;  la  têt<;  ou  de  la  faei;  :  pas  de  déviai  ion  ou  d’asymétrie, 
J, as  d’enfone.ement  <le  la  tête  dans  les  épaules,  aucune  rigidité  de  l'a  nmiue 
. lu  raebis. 


Tout  se  borne  donc  à  une  atteiid.e  unilatérale  incomplète  des  nerfs 
mixtes,  en  ])artieulier  des  X"  et  XI"  ])aires,  à  une  liémi-|)arésie  palato- 
[tbaryngée  gauche  uv(;e.  accélération  du  jiouls,  dyspnée  <T  angoissia 
blntrée  à  la  cliniipie  de  la  Saljiêtrière,  la  malade  (;st  mise  au  repos, 
l'anxiété  se.  calme,  l’alimentation  est  bonne,  le  jxjuls  descend  à  80.  Trois 
jours  j)lus  tard,  la  vue  de  blessés  de  la  moelle  dans  b;  jardin  de  l’infir- 


avee  t(mdane.eà  la  syneoiie  et  tai  liycardie  extrême.  Dimx  accès  paroxys- 
tii[U(!S  se  renouvellent  dans  la  soirée,  trois  dans  la  nuit  ;  l’alimeidation 
devient  impossible,  à  cause  <le  la  régurgitation  nasale  des  licpiides,  la 


DYSrjmPlllE  DU  VOCCIPITAD 


ysM 

VOIX  estdovcnue  iKisilhirde,  le  .soiiniioil  est  nul,  la  dyspnée  revêt  le  ty|)e 
'le  t.heyne-Stokes,  le  })ouls  est  [letil,  ineonijitablc  et  la  mort  survient  le 
juin  avec  des  signes  d’üïdème  du  jioumon  sans  autre  trouble  nerveux 
qu  une  paralysie  [)baryngo-vélo-palatine  devenue  bilatérale. 

Autojisie,  après  formolage  in  siln.  Cadavre  normal.  Pas  d’atrophie 
musculaire,  aucun  signe  de  brfduro. 

Organes  Ihoram-abdominaax  :  œdème  pulmonaire  avec  hydro-péricarde. 
Système  nerveux  ;  Cavité  /ac/ndtt'/me  :  J  lydromyélic  de  la  moelle  cervi¬ 
cale  et  dorsale,  étendue  du  troisième  segment  cervical  (C3)  au  deu.xièmc 


Segment  lombaire  (L2),  turgescence  des  veines  sjiinales  jiosiérieures  et 
CS  plexus  veineux  intrarachidiens. 

Cavité  rranienne.  On  constate  :  1“  un  rétrécissement  réuil'ormc  à 
concavité  antérieure  do  la  partie  initiale  de  la  cavité  rachidienne  comlilé 
et  segment  antérieur  par  la  saillie  de  rajiopbysc  odontoïde  (tig.  1 

~)  i  2”  une  déformation  de  la  gouttière  basilaires  cpii  iiai-aît  anorma- 
uient  étirée  en  longueur,  amincie  et  excavée  dans  le  sens  antéro- 
Posterieiir.  Ajirès  section  longitudinale  de  la  pièce,  on  se  rend  compte 
^ue  le  corps  basilaire  se  réduit  à  deu.x  lames  de  tissu  compact  avec  absence 
pesque  comjilète  de  tissu  sjiongicux,  (juc,  contrairement  à  ce  (pii  se  passe 
'*  ii*^*^*'*'  l'ormal,  la  direct, ion  du  basi-spbénoïde  est  presque  verticale, 
ciil'^  basi-occipital  presipie  horizontale,  ces  deu.x  portions  l'oiniani, 
br' ouvert,  en  haut  et  en  arrière  ;  ipn;  le  ligamerd,  verti’’- 
'commun  p()sl,érieur  et  l’appareil  ligamenteux  qui  matelasse  le  corps 


.A/'""  DE-IRDIM' 


cl,  !('  s(imrn(!l,  do  lu  doid,  iiroloiifrcuL  Im  difccl.ion  |ircs(|iic  Ii()riz()iil,;dc  do 
l;i  ijjdiilMcrcî  hiisiliiirc  cl.  coid,ril)iioiiL  ]iout  leur  (iiiiL  ô  son  «  alloriiicuncid.  i> 


.!  d(î  l’ail, icid, •il, iou  syndosino- 
:  la  racclLo  arl ic.ulairç  poslcricurc  de  la  dciiL  s’cl.ciid  sur 
l.oulii  la  liaiilciir  de  son  corps  cl,  sur  le  plan  incline  en  dos  d’âne  de  son 
soinincl,,  cl,  le,  lifiaincnl.  Iransverso  do  l’ai, las,  en  s 
saillie  de  la  déni,  (lie,  2). 


La  dispi'oporl  ion  de  croissance  cid  re  le  corps  liasilaire  aplasie  e.l.  l’apo¬ 
physe  odonloïde  normale,  la  direelion  presipie  liorizonl.ale  du  basi-oeci- 
pil  al  se  eoni  iniianl,  avec  la  direelion  |U'es(|ue  verliealo  do  l’oriffine  du  canal 
raeliidien  expliipienl,  l'aiifijle  inaripn''  de  la  eavilô  cra nio-raeliidienne  oL 
la  saillie  de  la  deid,  à  ce  niveau. 

Il  s’aeil  du  resle  là  d’une  .lisposilion  réalisée  pendaid,  la  vie  h.dale  cl 
(pii  s’observe  sur  le  eliondroe.ràno  basilaire  d’eiubryons  liiiinains  de 


DYsruonnir:  de  l'occipitat. 


f(‘s,  (l('‘liil(''s  en  cdtiiics  siiRitl ;il('s  f)u  CTI  (■oii]i(‘s  l'ronhilcs  (['1^.0). 
aiifrl,,  oIjI  iij^  I(^  l)asi-s|)li('‘MOÏil(!  ol.  If!  liasi-dccipil  al 

auLri!  pari,,  dans  corlainiss  (l('l'ormal,ions  cranicnni's,  dans 
'-fl  loin- »  de,  nnnvcaii-nns  acro  ou  oxyr(''|!lialos  par  (!X(‘inplc  ( 

Quant  à  la  modal ità  anatomi(|U(:  do  l’artionlation  !■ 
dionno,  (dio  osL  loin  d’ôtro  rare  (l)  (lig.  5). 


ra  ^n-Tirral  pas  l'iaum' 


: 


M'"-  liE.IHlilM-: 


Ccl.l.e  (iy.sLropliic^  oss.!iis(i  du  corps  hiisiluin^  (pii  scinlilc  ("rrc  d’oriKirie 
.•oMf,OMiilid'c,  ciir  il  n’cxislc  aucune  li'sion  paUioIoRiipic  capable  de  l’ex- 
pli.picr,  rcIcul.iL  sur  la  partie  initiale  de  la  moelle  et  sur  le  l•hüml)enc(i- 
pbale  ;  la  partie  toute  suiuirieure  de  la  moelle  est  mdi'matiii'c  et  pn'sentc 


deux  coudures,  l’iine  antt'rieurc  c(mti’(!  la  l'ace  jiosti'-ricure  de  la  dent, 
raiilrc  posli’aieure  à  G  ou  .S  milliimM.i-es  au-dessous  de  la  pire  ('‘dente  et 
(pii  i-t'pond  au  irord  inféru-ur  de  l’arc  postérieur  de  l’atlas  (lig.  6,  7). 


(pii  clicmim'iit  le  long  (l(‘  la  face  latérale  (1(‘  la  moelle  :  ligament  dentelé, 
s|iiual  médullaire,  première  paire  de  nerfs  rachidiens,  artères  vertébrales 
à  leur  pénétrai  ion  diirale. 


veclèlices 


il  lit 


DYsrnopniE  de  i:occipitat. 


•,'S7 

Non  seulement  la  partie  supérieure  de  la  moelle  est  œdématiée,  mais 
tout  le  rhornbencépliale  paraît  gOTiflé,  trop  à  l’étroit  dans  la  loffe  cérébrale 
postérieure  dont  les  ])arois  osseuses  et  fibreuses  marcpicnt  leur  cm[)r(‘inte 
sur  le  bullxï  et  sur  le  cervelet. 

I..a  din'clion  du  l.ronc  ençépbali(|U(!  est  plus  horizontab;  cpi’à  l’élat 
normal  (fif;.  6),  les  pyramides  antérieures  ilu  bulbe  se  sont  a|)laties  contre 
le  segment  ligamenteux  de  la  gouttière  basilaire,  la  partie  interne  des 
lobes  digastri(jues  et  le  sommet  des  amygdales  cérébelleuses,  laminées  en 
gouttières  péri-bulbaires,  plongent  dans  le  trou  occipital  (fig.  8,  10)  ; 
les  amygdales  a[)pliqucnt  la  membrane  obturatrice  contre  le  plancher  du 
4®  ventric.ule  (fig.  12)  et  obstruent  le  trou  de  Magendie  ;  le  pourtour 
postérieur  du  trou  occipital,  la  bifurcation  de  la  crête  occipitale  interne, 


’jf'  ~  l'htidrnmijcUe  et  U  Inrfie  tillon  cnrmUgne  ri  «'/icron  pmldrieiir  <U  la  face  inférie 
I  Pmpicintp  (lu  pmn  tdiir  iKisU  ricnr  du  trou  (>ciii>itiil,  du  soiîiuent  iu)>uliiirc  des  sin 
'■•'■i-le  occipltid  interne. 


du  Indlx’.  l'ii' 
ltel)eix). 


le  segment  juculaire  des  sinus  littéraux  imprinu'nt  à  la  face  inférituire 
du  cervitlet  un  large  sillon  curviligmtà  éperon  postérieur  ipii  efface  coni- 
Plètcinent  la  grarule  citerne  cérébello-médullaire  el  gêne  la  circulai  ion 
des  veines  cérébelhtuses  et  des  plexus  veineux  intrarachidiens  tpii  nais- 
S'-nt  i,  CO  niveau  (fig.  8.  K)). 

^ur  lit  fiice  antéro-latérale  du  cervelet  (fig.  6),  on  trouve  l’empreinte 
de  la  faett  luistérieure  du  rocher,  de  la  portion  descendanle  du  sinus  la- 
téral,  l’arête  vive  du  sinus  pétreux  supérieur  ;  sur  la  face  supérieure  du 
cervelet,  l’i'iupreinte  des  bords  rigides  de  la  petite  circonférence  de  la 
lente  du  cervelet  tpie  l’on  suit  en  avant  sur  les  circonvolutions  <lu  cro- 
elict  ;  ht  ctilmen  du  v<>rmis  [troémine  dans  le  trou  ovale  de  Pacebioni, 
'‘ornprime  le  conflticnt  supérit'ur  du  litpiide  céphalo-rachidien  (ht  Magendie, 
^1'  gêne  la  circulation  des  veint's  de  (ialittn.  T.a  glande  pinthale  .sc  n'-duit  à  la 
rninc(*nr  d’une  btuille  de  j)a))icr. 

Les  hémisphères  cérébraux  senibhuit  de  même  trop  à  l’étroit  dans  la 


A/""’  de.ieuim: 


l'ijî.  ». 


Ki«.  K), 


II. 


nysTTiOPiiin  de  l’occipital 


boîto  crmudmio,  les  veines  sont  turp;es(;cntes  e.l  on  roeonnaît  à  la  base 
(hi  (.■erv(nni  :  r(;nii)r(;inl,(!  de  la  laine  ([nadrilaLore  et  des  jietites  ailes  dn 
sjdiénoïde,  des  nerfs  oi>ti(ines  eontre  le  gyrns  reetus,  rein]n-einLe  neLle 
et  tranebante  des  simis  latéraux  le  long  dn  bord  inféro-extcrne  du 
lobe  Leni[)oro-oeei|)ital,  la  dé[)ression  de  la  t(‘ule  du  cervelet. 

A  la  l.urgeseenc.e  veineuse  s’oppose  un  effacement  de  la  lumière  des 
artères  vertébrales,  du  tronc,  basilaire,  des  artères  c(‘rébelleuses  inférieures 
et  postérieures,  des  carotides  internes. 

Il  n’oxinb  (laaim  dislc.nsion  des  carih's  vcnlrinilaires.  La  lumière  de  la 
portion  bulbaire  <ln  4''  ventricule  est  effacée  sauf  au  niveau  de  ses  diver¬ 
ticules  latéraux.  L’a([uedue  de  Sylvins  est  remar([iiablement  [ictit.  Le 

ventricule  se  réduit  à  une  mince  fente  verticale  ipii  ne  se  distend  qu’au 
niveau  du  diverticule  sus-ofitiipie  en  avani,,  du  diverticule  sns-pinéal  en 
arrière.  La  lumière  des  ventricules  latiiranx  est  au-dessous  delà  normale. 
Les  plexus  c.boroïdes  sont  exsangues,  les  villosités  insignifiantes,  le 
glomus  petit. 

La  cavité  hydromyéliipie  de,  la  moelle  cervico-dorsale  atteint  en  liant 
le  {liai!  des  coudures  médullaires  (lig.  11).  L’épendyme  qui  tafiisse  le 
dôme  est  dilacéré  et  [irésente  un  asjiect  fenêtré  surtout  dans  sa  moitié 
droite. 

Des  coupes  ])rati(|uées  sur  la  partie  fermée  du  bulbe  montrent  une  série 
de  fentes  cpii  occupent  l’abondante  substance  grise  ])éri  et  iiost-éjiendy- 
niaire,  la  substance  gélatineuse  de  Holando  et,  ])lus  liant,  les  ailes  grises 
du  [ilanclier  du  l"  ventricule. 

A  la  liauteur  du  l/d  siipiiricur  des  olives  bulbaires,  la  coupe  décèle 
(fig.  12),  dans  le  [dan  de  l’énnergenc.c  des  nerfs  mi.xtes  et  de  c,lia([ne  côté, 
une  feid.e  [dns  large,  [dus  (‘tendue  à  gaïudie  ([ii’à  droite,  ([iii  commence 
dans  le  noyau  dorsal  dn  [meiinio-gastri([ne,  se  [lorte  obli([nenient  en  dehors 
<1,  en  avant,  [lasse  entre  le  faisceau  solitaire  et  le  noyau  de  l’byqioglosse, 
suit  le  trajet  des  fibres  radiculaires  du  vague  et  traverse  la  racine  sensitive 
deseendante  du  trijumeau.  A  droite,  elle  [irésente  imnm'  direction  l't 
niênie  origine  dans  le  noyau  dorsal  dn  vague  mais  ii’atteint  [tas  en  dehors 
la  substance  gidatinense  de  Uolando.  Il  s’agit  ici  de  l('‘sions  bulbaires, 
purement  mécanicpies  sans  suffusions  h(‘niorragi([n(‘s,  sans  réaction  glio- 
mateiise  d’ordre  syringoniyéli([ue. 

De  ces  constatations  elinitpies  et  anatomo-patliologiques,  je  crois 
pouvoir  eomdiire  ((ne  les  synqitômes  bulbaires  anx(|nels  a  succombé  ma 
malade,  ont  ét(;  la  consé(|uence  éloignée  de  la  (lystr()phi(‘  congénitale  du 
uorps  basilaire  de  l’occipital. 

La  filiation  des  faits  a  ét(';  vraisemblablement  la  suivante  : 

Le  corps  basilaire  a  été  troublé  dans  la  croissance  ;  il  a  maiidcnu  sa 
direction  horizontale  de  la  vie  embryonnaire,  et  la  (lis[)ro|iortion  de  sa 
croissance  avec,  celle  de  l’odontoïde  norimde  a  etd.i'iuné  la  piu'sisl  ance,  au- 
dessous  du  collet  dn  bnlbe,  de  l’inflexion  nucliale  et  de  l’Iiydrom yélie  des 
premiers  âges  de  la  vie  embryonnaire. 


A/'"®  ni:ji:iuxi': 


l)ys(,n)|ilii(i  ()ss((iis(\,  iiil'hixioii  riiic,liiil(!,  hi'anro  du  carinl  (‘poiidymairc, 
liydroiuyi'lic^,  ii’oiil,  pas  (mi  |)ctidanl,  :i(t  ans  d’cixprcssion  c.liniciuo. 

Il  csl,  probahh^  (puî,  pcndaiil,  cclic!  loiii^ini  pârifxb;  lalAiul.a,  un  ('(pii- 
lilu'('  ass(i/.  slalih'  a  r(’'iri  la  circulal.ion  du  li(piid(‘  (•('■phalo-rac.liidiini  d(!S 
(îspacns  snus-ararliiioïilicns  cl,  des  cavil.és  vcnl.riculaii'cs.  La  (|uaid,il,é 
uiruiiodu  li((uid(Mul.i-avc,ril,ric,ulaiiv  iic.bivail,  f.as  (;Lnï  consi. lérablo  .■l.ani, 
donm-  l’aplasi,;  d..s  |.l.!xus  clion.ïd.is  .l<.s  vcuLriculcs  laltiraux,  ral.r.‘si(j 
du  :L  vcni.ricul..  cl,  r.'d.roil ..ss..  de  l’acpualuc  de  Sylvius. 

l'ar  cord,i-c  !..  Ii.|uid(.  d..  la  cavil,.!  liydroniycli([uc  devait  subir  une.  pre.s- 
sion  assez  .'■levi'c,  la  eavit.'  tie  eotniuuui.piaid,  avec  bi  d"  v.îid.rieub.  .pie 
par  un  .'d.i'oit  canal  .'[.endyinaini  deux  fois  coud.;,  et  di'teruiiner  à  la 
loulou,  r.ed.'nnc  de  la  partii;  snpéri.nire  de  la  nio.dle,  la  «.nie  de  la  circu¬ 
lation  v.îin.Mis.î  de  la  réyion.  Lentement,  ])roirressiv(!nient,  le  rlioud.en- 
ci’pbale,  ironllr  pur  .ed.'mi.î  interl  issulaire  s’(;st  trouv.î  troj)  à  l’.'troit  dans 
la  lofi:..  eranieniK'  post.’-ri.mre  et  s’est  moub;  c.ontre  les  parois  osseuse.s  et 
fibreuses  ;  bd.es  diciisl  ri.pies  et  amyydab-s  se  sont  enl'otic.-s  dans  le  trou 
oeciy.ital  dans  le.piel  ils  .'•taieid,  pnd.ableineid,  d.'jà  en^aK.'s,  ..t  se  sotd, 
a|)pliipi('s  conire  le  pourlonr  du  trou  occipilal,  le  plan  inclin.!  .lu  li^m- 
in.Mit  .(.'.■ipit.i-al  l.iï.li.m  ]i.»st.‘ri.'nr,  .d,  la  Tiio.'lle  s’.-st  af)l 
p.)sl .''ri.mr  .1..  l’atlas.  I)’.n'i  .'.nnpr.'ssi.ni  i 
posi  .'•ri.Mir.-s  et  .bw  plexus  v.!ineux  intra-ra.dii.li.nis,  mais  .in.a.re,  iiar 
suile  .1.'  la  compr.'.ssi.)u  .lu  s.^e-mind  jnj^nlair.:  .I.'s  sinus  lat.'.raux,  tur- 
g.'s.-.ui.-.!  .b‘s  v.'in.'s  .■.a’.'b.'lleuses  .■!,  .■.'r.’.brab.s,  .liminuti.)n  .J.i  la  fj;ran.le 
.■,it.‘ru.‘,  .■ompressi.m  .lu  Ir.ni  .bi  Maç-.m.li.'. 

S.)ns  riid'bi.!.).-.',  peni -.'■tr.',  .les  .bnix  f,n'oss.îss.:s,  .bis  .leii.x  a.'.îoimlienients 
et  .I.'S  .l.'iix  p.'ri.id.is  .l’allail .'in.'.d.  .le  .lix  mois  cba.iune,  sous  l’influence 
aussi  .le  la  t.msi.m  i.sy.'biip..'  .it  .!.■  l’.'tat  .imotionn.il  dû  à  la  -uerre,  la 
malad.i  —  .pii  a  l.mj.mrs  .'1.'  ri.irv.'us.'  .'t  .''urntive  —  a  fait  sans  .lout.' 
un  certain  .leur.'  .rbyp.irt.insi.>n  intra.'rani.'nn.i,  .l’où  nouvelbi  ".“'ii.i  .le 
la  cireulati.m  veiii.'us.',  .it,  . '..110111. i  b's  v.intri.  ubîs  .i.'i.'braux  n.i  s.i  .lis" 
l.'iidai.'nl,  pas,  r.'m'.''pbab‘,  .'ii  s.‘  moulani,  .'.mil'.'  les  par.iis  . 
elias.s.'  le  li.pii.bi  .'.'pbalo-ra.'bi.li.in  v.irs  b's  . 
ma|e;r('  r.'ffa.'.'m.'ul  .!.■  la  e;ramb'  cit.irmi  .■..■r.'b.'lbi-m.'dullaire,  il  y  arrivait 
fa.  il.'in.int  par  la  .  it.'in.i  basale,  l.is  jiarti.'s  lat('‘rab‘s  d.i  la  fente 
.•.'■r.'brabi  il.i  lli.'bat  .'1  !.■  I.me;  .b'S  parti. is  lat.''rales  .In  tron.i  en.'.'‘idiali.pi.i. 
La  lensi.in  au^umnl.aiit  ilans  b's  .‘spa.i.is  p.'ri-m.'i.lullair.'s,  ex.irça  à  son 
t.mr  un.'  pr.'ssi.m  sur  !.■  li.piid.i  inl  ra-i’'p.'n.lymaire  :  ce  .birnier.  .dier.', liant 
à  s’.'.'happ.'r  par  Tcitidit  canal  .’jp.'u.lymair.i .b'ux  fois  oudé  et  n’y  arri¬ 
vant  .pi.i  .liffieilem.mt,  ililac.'r.'  bi  plaf.m.l  .1.'  la  .  avit.'  by.lr.uuy.'li.pie 
ilans  s.in  li.'u  .1.'  m.ûn.lri'  r.’'sisl an.'.'  .'I, 
s.'  pi'.i.lnis.'iit  .buis  la  siibstan.'i'  yrise  ib'S  . 
siibslaii.'i'  i^ndal  iiii'iise  île  liobiml  ),  ilans  le  s.'plum  [losl .''l'ieiir  île  la  partie 
fi'i'mi'e  ibi  biilbi'. 

aucun  sympliûmi'  l'Iiiiiipu'  ni'i'vi'iix  ;  mai.s  tout  est  jiri'it  lioiir  une  ib'ifla- 


DYSrUOl'UlE  DE  E'OCCIDITAT. 


A/""-  I)i:ji-:hi.\i-: 


vi<il(‘iil(^  ('I  (l'im  bldi-iiiri:  linisiiiK^  lin  li(|iMiln  (•(■plnilo-nicliidicri,  la  dilac.à- 
ral.inii  de  l’aila  ^nasc,  l’ai, I  riale  d"S  linyanx  des  nerl's  ini.xirs  <‘L  la  |>arrsir 


I/allritLlr  des  iirrl's  inixles  srndilr  de  [iriinr  aliord  avoir  rl-r  Irrèrc 
yirndard,  1rs  six  prrniirrrs  srniainrs,  pais,  sans  doal.r  sons  rial'lartirii 
d’anr  aoavrllr,  aairmiad aLion  dr  l.rnsiiai,  sr  sarrèdrtd,  rapidrinrtd,  : 
1  aKi'raval  ion  brasipii!  des  syaipl.ôinrs  viii^l,  jinu's  avanL  rrnl,ri'‘r  dr  la 


malade  à  la  Salpêl  rièi'r  avec  l  arliyrardir,  l.achy pma',  sral.imral,  d’an- 
yyiiisse  rl,  dr  mari  iaaaiarair  ;  la  rom'I.r  pi'a-iodr  dr  srdai.ioa  lors  dr  la  tais<! 
aa  repos  ;  liiadrmral  aa  aoavraa  bloray'r  l.ras.pir  da  li(|uidr  rrphalo- 
raidiidirn,  la  dilarrraliiai  dr  l’ailr  yrHsr  da  rdir  droil-,  l’aliriidx  Idlalrralr 
dos  vaines  rl,  la  inorl.  ra  l.rois  joars. 


.le  m;  vomirais  pas  lairr  ir.i  l’exposi'  hisLolo-iipio  des  lésions  lailhairos 
prrsoidrrs  par  ma  malade  rl,  des  drçrrnrrrsrrnrrs  srrondairrs  (|a’rllos 
oiiL  riiLraiiiros  ;  elles  l'rronl  l’.ibje!,  d’an  aalrr  travail.  Mais  je  désire,  à 


Cas  Pommeret. 


I  rachidien. 
:v  symii’si 


A/""'  DIC.IKItIMi 


l’()(^casioTi  (le  colLo  (lysl.roplii(‘  du  corps  liasüaiic  cl  du  rcl nWissonu'id, 
de  la  cavil.é  crauio-rachidicuuo  par  la  saillie  .le  la  d.'iil,  .,‘xpos.‘r  .p.elques 
i-ecli.aclK.s  analoiui.pies  .pu'  j’ai  eu  i’oecasi.ju  de  l'aire  chez  l’adulLe,  le 
nouveau- II.'  eL  reul'aul.  Ces  recher.dies  sont  basées  : 

Sur  l’examen  de  pièces  r.icueillies  à  la  SalpêLri(jr(i  en  lülij,  au  hasard 
des  uuLojisies  ; 


veaii-nes,  lailes  avec,  le  I)''  Soi'rel  à  l’aiuphil  h.iâtr.!  d’anatonii.i  des  liiApi- 
laux,  gi’àee  à  l'oldie-eane.!  du  l’r  Si'diileau  ; 

Sur  rexamen  d.;s  admirai. les  pi-'ams  du  Mus.;.!  .l’anal. unie  .1.!  ri.;.!ole 
l‘rali.pie  .pii,  ù  ro.-,'i.si..n  .1.!  la  tli.-'S.!  .lu  Dr  Daplaue  ri  av.a;  l’aimal.le 
aul.irisali.m  .lu  l’r  H.iuvièr.!,  .ml,  pu  .;tr.;  ph.i(.)f,M’a|)liié.!s  par  les  soins  .le 
la  h’oii.lal  ion  D.qeriiie  ; 

Sur  r.'xam.m  .■nl'iii  de  K)  pi.'x.'s  (l,.;l,e  et  .'oiij  mis.'s  tout  r.''.!emmeMt 
à  ma  ilisposilion  par  le  l’r  Douviér.'  ave.'  un  i'ui|)ri‘SS.mieiit  tiui  m’a  |.ro- 
l'oii.l.'mieiit  tou.  li.''.!. 

J’exprime  au  prSidiiliaiii  .‘t.-iu  l’’'  lioiivière  nia  viveeLsin.  ère  gratiLu.le. 


DYsrnoriiiJi  de  i:occipital 


La  lumière  de  la  portion  iuiliale  de  la  caviLé  ra(diidiemi(‘  vue  jiar  voie 
ciido-rraiiienTie,  telle  (lu’après  lorrnola-e  in  silii  elle  se  ])réscutc  à  l’au¬ 
topsie  après  ablation  d(‘  l’(!ueé]diale  et  du  sefiiueiit  (a'phaliiiue  de  la 
moelle,  peut  offrir  trois  ji 


e  (fig.  Id  et  I  I)  à  grand  a: 

(’.  (fig.  Lb)  grâce  à  la  pri'sence  d’uu  rejdi  durai  étendu  du  pour- 
eur  du  trou  occipital  au-devant  du  liganuuil  oceipito-atloï- 


diea  postéri<‘ur,  l’odonloïflc  lail  à  peine  >inillie.  Les  coupes  sagittal.‘s  mon¬ 
trent  (pie  1((  coi'iis  basilaire  ((st  épais,  vertical,  ])eu  creusé  en  gouttière, 
que  lu  fac.iil.te  artiiailaire  postérieure  de  la  diuiL  (;st  petite,  et  le  ligament 
transv(!rse  de  l’atlas  confiné  au  col  de  la  dent  (lig.  1  1). 

Lors(pie  la  luuii.uo  (;st  co/v/f/ume  flig.  1(1  et  17), /a  déni  esl  très  sail- 
lonle,.  L(ïs  coup(!s  sagittales  montrent  un  corps  basilaire  déprimé  en 
gouttière,  la  facette  articulaire  postérieure  de  la  dent  est  beaiu  oup  plus 
étendiuî  et  le  ligament  transversc!  de  l’atlas  peut  s’étaler  sur  toute  la 
liuuteur  postérieure  de  la  dent  dont  il  aceentue  la  saillie. 


W""'  Di'.iiaiisr: 


En  tTHumv,  lu  snillic  de  Iji  dciil,  diiiis  la  parlie  iniliak  de  la  caviLc 
raclddiemie  esl.  condiLietinée  : 

l'>  par  re\'l,(uisioii  en  lianl,(nir  de  la  l'aceLLe  arLirnlaire  posl-érieure  de 
rddoiildïde  el,  l’él.ahniietd,  à  wnti  idvean  du  lif;anien  U-raiisverse  d('  l’alJas. 
par  l’excavalion  plus  ou  uioins  tnanpiéi?  de  la  <;oul.l,ière  basilaire. 


Chez  le  unuveau-né,  la  limuèro  esL  drculain;,  la  deuL  ne  l'ail  pas  saillie, 
mais,  ef)nLrairemeiiL  à  (•(!  ipie  l’on  observe  c.bez  l’adulliî,  l’arc,  posLérieiir 
d(!  l’allas  esl  silné  dans  la  bimièid  mêm.î  du  Irou  oecii.ilal,  le  lifrannnit 
oceiinl()-alloïdi(ni  poslérieur  ]irolonf,m  la  crêle  occipilabi  inUirne  el  (ipjxir- 
livnl  '/  la  mvili  crânienne,  d(ï  même  (pie  le  lifriu„,.,d,  verlébral  (aimmuii 
liosUTitnir  ipd  double  l’aiipandl  li-'amenlimx  de  la  dent,  prolonire  la 
diidclion  de  la  f,mullicre  basilaire. 

Sur  les  coup(!S  saKillahs  (l'ig.  bS),  les  corps  des  veiii'ibres  crâniennes 
conlininnil  en  lijfiKS  (;ourb(;  r('■duli('‘r(!,  la  s(‘rie  des  corps  verUibraux  raclii- 
diens,  tandis  (pi’cn  arric'in;,  au  niv(;au  de  l’are  ])osl('-ri(mr  de  l’allas,  la 
jiaroi  cl•anienn(‘  se  coude  à  anj^le  droit  avec,  la  paroi  l'acliidienne. 

A  mesuriî  (pie  se  l'ail  clie/,  ienfanl  la  croissance  de,  la  pièce  condylienue 
de  l’occipilal,  lif,uuneul,  occipilo-alloïdien  [lOsU'rieur  et  lifîamenl  verli;- 
bral  commnu  jiosUirieur  s’abaissent  el  révèlent  la  disiiosilioii  (jne  l’on 
obsi'i've  che.'/.  l’adullu  (l'iff.  Il)),  el  le  soi-disant  «  trou  occipital  »  se  Irans- 
l'orme  en  un  canal  osli'o-l'ibnMix,  os.seu.x  sur  les  parties  latérales  jiar  les 
|iièces  condyliinines,  l'ibrenx  en  avanl.  et  (ui  arrière  par  les  lif^aments 
vin'l (''bi'al  comniuu  ]iost('‘rieur  et  occipito-atloi'dien  j)ost(;ri(njr,  canal  ipii 
s’évase  vers  la  cavité  (U'anieune. 

On  admet  eu  f,muéral  ipie  la  dnre-mère  rachidienne  commence  an  Iran 
occipilal,  et  c’est,  je  pinise,  du  rebord  inrèrieur  eurvilieine  du  trou  occi¬ 
pital  (pi’il  s’aj,dt.  Ne  serait-il  lias  plus  looi.pie  d,;  reporter  la  limite  (mire 
la  cavité  cranieiiue  et  la  cavité  racliidieuue  au  bord  siipérienr  de  l’allax 
doublé  de  la  déni,  et  cela  d’autant  plus  (pi’ù  c,(^  bord  supérieur  corresiiond 
rimplantal  ion  nn''dullaire  de,  la  pnnnière  paire  rac,lii(li(‘nne,  et  parl  ani, 
la  limite  du  bulbe  et  de  la  moelle  (nirvicab^  ? 


Onelbi  place  occupe  dans  la  nos(doffie  (b^s  dysi.ropliies  osseusi^s  nol.re 
cas  de  dyslro|dii.^  par  aplasie  de  la  substance  spoui,deu.se  du  corjis  basi¬ 
laire  de  l'occipital  ? 

Il  me  semble  ipi'il  |ieut  être  bomoIoKiu':  aux  nombriaix  cas  de  (lysl,ro- 
pliie,  par  aplasie  des  corps  des  vertèbres  rachidiennes  (pie  la  merveilleuse 
d(■couverl.e  de  la  radio!,uapliic  a  ]iermis  de  di'iceler  sur  le  vivant. 


sa  baulenr  peut  ne  pas  eut  rainer  d’expression  cliniipie,  surtout,  si  elle 
se  limite  ;'i  une  seule  vi-rtèlire.  Lorsipi'elle  ri’iuléresse  ipi’ime  bémi-vr- 
tèbr.‘,  il  n'siilte,  suivant  la  n'-ioii  lécsée,  une  scoliose,  un  l.orticolis  osseux. 

On  connait  le  si  intéressant  syndrome  de  Klippel-b’cil,  (pie  ces  ani.eurs 
-sans  (ui  l'ournir  la  preuve  -  al.l.ritnient  à  une  «  lédiicliou  iiiimériipie  des 
verl.èbrcs  cervicales  .!(■  re},u'elle.  ipie  dans  raiilopsie  de  leur  cas,  une 


Dystrnopii ii;  ni;  i.'occipitm. 


I.  ]!)2(i. 


l'oiil»!  .s;in;il,L;il<!  du  rorps  hnsiliiirc  (-1,  l'mps  des  vcm'I ('!ln’c«  coivicales 
ii’.iil.  pas  (‘l.d  ('xrciil  (‘(ï  ou  piihlirc,  A  mon  avis,  il  s’anil,,  dans  ce  cas,  ])lus 
d’un  si  ni  [de  spina  liil'ida  cei'vical  supiddeur  epic  d’une  «  l'édncLion  miméri([nc 
des  verlèlircs  eervicides  ».  L’  «  alisenee  de  cou»  avec.  implanluLion  liasse 
d('S  cheveux  de  ce  syndrome  est,  en  n'‘alil(‘,  une  (ihsrnœ  de  niKiiie  arec  élé- 
valinn  dex  épnnlex. 

(Iràc.e  à  rohlifTciuice  du  l)--  Lcvy-Solal  <iue  j’ai  à  emur  de  remercier 
Loul,  iiarUculièrcmenI ,  nous  avons  eu,  M.  .luinenl.ié  el,  moi, l’occasion  d’exa¬ 


miner  à  la  l‘’ondalion  Dcjcrinc  une  série  de  ces  mon: 
<pd  oui,  laid,  d’amdoiiic,  au  poini  d(‘  vue  du  s|)ina 


le  syndrome  de  Klipiicl-h’cil.  Les  coupes  sa^■i  1, laies  ne  monl.renl.  ( 


dans  le  syndrome  de  Kl ippel-h'eil,  une  absence  de  lames  el  d’aj)0|)liyscs 
cpiiieiises  :  la  kouU  icre  vcrièbrale  ne  s'esi,  pas  rernice  cl,  les  verLèbres 
cervicales  snpcricures  onl  persisléau  sladc  embryonnaire  ipie  présenl.e  une 
coupe  safjfil  laie  d'embryon  Immain  de  Kl  millinièl.res  par  exem|ile  (lie.  d). 
Les  eonpes  safi:illales  nionireni,  en  oiilre,  une  ilisposil  ion  pari  iculière.  îles 
verlèbres  eranio-raebidiennes  ;  coni  rairenieni  à  ee  ipie  l'on  observe  chez 


iD's'riioi’iiir:  du  i.'occi idtai. 


lo  nouvcnu-nc  normal,  li;  corps  des  verUMtres  cnuiiennes,  hasi-occipilal, 
basi-spliérioïdc,  sphénoïde  auLéricnr,  ne  S(!  conLiniK^  pas  en  lif>;ne  courlm 
régulière  à  concavité  antérieure,  av(^c,  le  corps  des  vertèbres  racliidiennes 
(fig.  18);  la  colonne  cervicale  se  <lresse  (ui  haut  et  en  arriè.c;  Todontoïde 
'lui  n’est  en  réalité  (pie  le  corps  de  la  vertèbre  atlas,  constitue  la  partie 
'-'ubninant((  de  la  colonne  rachidienne  ou  s’arc-boute  contre  la  l'ace  exocra- 
uienne  du  basi-occipital  tddiipie  en  bas  et  en  avant,  et  la  tête 


fléchie  en  avant  (fig.  l?l»,  casC-hrisI).  l.ors([ue  la  colonne  cervicale  s’infléchit 
un  lordose,  —  et  c.(‘rtaines  pi(>ces  ossimses  du  musée  l)u])uytren  montrent 
‘lue  cette  inflexion  jieut  aller  jnsipi’à  l’apposition  des  vertèbn's  cervi¬ 
cales  aux  v(U'tèbres  dors, aies  —  le  basi-o(a'i|)iLal  est  ohli([ue  en  bas  et  en 
arrière  (l'ig.  21  cas  Antoinette),  voire  niêimî  vertical  (fig.  22  cas  Lecot)  ; 
'a  dent  s’infhhdiit  alors  V(u  s  la  cavité  raidiidimme  et  la  tête  de  ces  monstres 
se  redresse  de  plus  en  plus. 

Il  s’agit  évidemmeid,  i(;i  de  dystrophies  ossimses  anLnnuent  graves  ipie 
‘■‘'lie  du  .syndrome  de  Klipi.el-h’eil  pnis.pie  le  spina  bifida  cervical  s’étend 


A/'"»  DI'.IEItlMC 


aux  os  (le  la  voûle  du  cràuo,  s’ai 
idialc,  (l’amU  de  croissaïua^  des  os  de  la  l)ase  eL  des  parties  latérales  du 
crâne  (pii  fixe,  (  liez  ces  inuiisln.'s,  certains  stades  de  la  vio  embryon¬ 
naire  uoi'uiale. 

Mais  il  existe  une  variété  de  monstres  i)sendcnc..’]diales  dits  di'rencé- 
l)lialescliezles(iuels  lespina  bifida  cervical  fait  défaut(liK.2:t). Ces  montres 
ont  nue  mnpie  et  une  im|ilanlaliün  haute  d('S  (dieveux,  la  üUe  est  ])lus 
redress(‘(‘ encore  ((iie  cidle  des  monstres  pré-ci'-dents;  ils  possèdent  nn  arc 
])osléi'ieur  occipilal,  complet  an  niveau  de  la  pnd.ubérance  occipitale 
externe,  plus  on  moins  déliiscent  sur  la  lie 
postérieure.  Le  basi-oc(dpilal  est  vertical  comme  l’est  le  1: 
il  surmonte  la  colonne  des  corjis  raidiidiens  et  c’est  la  friande  iiitnitaire 
(ini  constitue  le  point  le  ])lus  saillant  du  crâne.  Tel  se  |>résentc  le  monstre 
(pie  nous  devons  à  roblit’'(.‘ance  du  C  Hrumpl  (fie,  2;}).  Ce  monstre  pos¬ 
sède  nu  bulbe,  un  tronc  encéplniliipie  ipii  s’élève  plus  on  moins  liant;  il 
a  .sans  doute  respiré,  ]ienl-êlre  crié,  iient-êire  lait  (piebpies  monvemeiits 
de  snceion,  comme  nn  monstre  tout  récemment  né  dans  le  service  du 
Dr  Li-vy-Solal  et  dont  nous  ims.si-dons  mie  radioerapliie.  Ici  non  plus,  U 


e  (1(!  l’écaille  de  la  loj^e  cérébrale  ]iostéricnre  ipie 
présente  ce  monstre,  peut  exister  avec  une  voi'ite  du  crâne  normale,  .l’ai 
trouvé  au  miisi'e  de  riii"i|iital  uiarilime  de  I5er(d<,  et  Je  remercie  JM.  Sorrel 
de  l’avoir  aimablement  mis  à  ma  disposition,  un  crâne  d’enfant  de  d  ans 
ein  irou  dont  le  basi-occipil  al  |>résent'‘  une  direidioii  verticab',  dont  la 
pièce  condylieime  n’est  pas  encore  soudée  à  l’écaille,  et  dont  le«  trou  occi- 
pital  aiiormalemenl  loiifî,  s’élend  du  basi-occi|iilal  à  la  protubérance 
occipitale  inl  erne  (li;;.  21). 

.le  n’ai  i 


L’orifice  était-il  en  jiartie  ccmblé  par  une  lame  fil 
le  dérencépliale  (fifj;.  2d),  et  comme  on  le  constati!  .soiivi 
de  Kerkerin-  fait  défaut  ?  Liant  donné  l’aplatissement,  l’étroitesse  de 
(diaipie  nioilié  de  l’écaille  occipilale  cérébidleuse,  il  est  probalile  (pie  l’o¬ 
rifice  étail  béant  et  (pi’il  s’ap;it  d’un  cas  de  liernie  coiieénilale  duc 
avec  ou  sans  spiiia  bifida  cervical. 

Il  étaitintéressaiiL  de  rapproclier  (vite  pièce  de  celle  du  ii 


ALTÉRATIONS  DE  LA  CHRONAXIE 

dans  un  cas  de  syndrome  neuro- anémique  ; 

ATTEINTE  LÉGÈRE,  PROBABLEMENT 
PAR  RÉPERCUSSION,  DU  NEURONE 
MOTEUR  PÉRIPHÉRIQUE 


Georges  liOLIUiUIGNON,  Marcel  FAGHE-BIÎAULIEU  et  Robert  CAIIEN. 


Kl.XO.y.  M.  FAC liE-IiliAV LIEU  ET  H.  EAIIE.X 


■  l(!iii',uuyLiuiT,  M  U\  (lo  c 


^  iiMisiK-ylos.  |,.,ly.l,n,i 


(IM  ll'dMll's  (le  pill'iisilcs 
l,r  l'iiic  l'I,  lii  i'mIc  S(ii 


liiiii  (le  Wiissi'riiiiinii  I  ivc.  I.:i  tMiiliKh?  ne  (riiillciirs  niicnn 


r(,l, 


'•  (Jlijcclivc  oiiiisis 
Idc  ii'ii  pus  cIc  c 


Dis  II!  1-^  jiiiivici-  l'.l-.'C,,  l:i  1 


Ai/n':nAri().\s  di:  i.a  ciiuoxa.mk 


(■,.  M.  h'.\i’iii-:-iu'.,\ri.na'  l'rr  ii.  cmuln 


liicii  ;'|  sijiiiiili'r  iliiiis  le  (Iciiiüiiiii’  ili'S  iicrl's  l’i'ii iiii'iis,  siiiiiii  rcNisIriii'c  (riiii  Mysl,:i},Miliis 
kViM-  (liuis  I,.  n'-iinl  M  (liMul,.. 


lu  iiciMc  il  rrisisliT  11  l'cnvii'.  il’iwiiici-,  cl. 
cci'liiiii  Icnipn,  lu  iiiicliiiii  SC  l'iiit  iill.cnilrc 


ALTÉRATIONS  DE  LA  CllRONAXIE 


305 


Examen,  mai-juin  1926. 


Muscles 

Rli6ohase 

Chronaxio 
en  1  /1000  de 
seconde  (o) 

Réactions 

qualitatives. 

Chronaxies 

normales 

Vaste  interne. 

l^uint  moLeuT. 

1“  Cuis 

Di-uiL . 

10,  m:i 

1  Normales 

Uauclu! . 

(^OUTUIUElt  GAUCHE. 

G  ma.  5 

W  a  52 

i,i.  f 

0  a  08 

,  0  CI  16 

l’oiril,  muloiH-.  . 

5  ma.  2 

0  c  12 

id. 

Excit.  longlL . 

Jumeau  interne. 

2“  Jambes  c 

3  a  12 

pieds. 

Contra  dion 
raleniie. 

Point  moltur. 

Uroit . 

il  ma. 

0  O  52  1 

1  Nurniales  : 

1  0  O  44 

Gauche . 

Soléaire. 

7  ma.  8 

0  a  64 

id.  ; 

1  à  0  a  72 

Point  mutcur. 

Droit . 

Abducteur  du  gros 

9  mu.  9 

1  ORTEIL. 

0  O  28  1 

id.  j 

1 

0  a20à0  CI  36 

Point  moteur. 

Droit . 1 

4  ma.  5  | 

0  a  28  1 

id. 

Gauche . 

Excitai.  ioiiLritiulinali 

4  ma. 

2  c  60 

Conlraclion  un 
peu  lente  cl  gal- 
\  vanolon. 

Gauclie .  | 

5  a  60 

1  Conlraclion  1 
raleniie  et  léger 
[  galuanolonus.  ' 

0  O  44 

Court  elégiiisseur 
Point  moteur. 

du  gros  ORTEIL. 

0  CI  72 

Gauciu’ .  1  r.  mu.  | 

Excitation  lonj^itudinii le. 

3C72  1 

1  id. 

Gauclu' .  1 

Nerf 

6  IIEl. 

1  6  C 

1  id. 

Gauclie...  .  .| 

Extenseur  prorre 
Point  moteur. 

7  inu.2r)l  J  a  36  [  Conlraclion  vive.  ^ 

DU  GROS  OHTKIL. 

Droit .  1 

0  a  48  I 

Normales  ^ 

i  à  0  tJ  36 

Gauche...  | 

1  ma .  r,  j 

1“  Chronaxies 

0  a  48  1 

sensitives. 

Nerf  tibial  postérieur,  l'ourinillemenls  sur  le- 
'a  plante  du  |ii,.d_ 

liord  inlerne  de 

Droit.  .  1 

J  CI  32  1 

,  ()  CI  44 

Gauclie . 

]  (J  36 

1 

1 

«KVUE  NKUnOLOGIQUE.  —  T.  II,  n“  4,  OCTOUHE  1926.  20* 


G.  IlOUnOUIGNON  M.  FAVRE-DEAULIEU  ET  U.  CAHEN 


Ce  2“  examen,  plus  complut  que  le  le  confii-rne  et  donne  dos  r6sultats  permettant 
une  discussion  do  la  signification  dos  réactions  observées  que  nous  ferons  plus  loin. 

Il  ressort  d’abord  do  cet  examen  que  la  malade  s’aggrave  lentement  au  point  do  vue 
do  scs  réactions  électriques.  En  effet,  la  chronaxio  du  point  moteur  du  vaste  interne 
de  la  cuisse  droite  a  légèrement  augmenté  et  est  passé  de  0  tj  18,  limite  de  la  normale, 
ù  0  o  29,  valeur  plus  grande  que  la  normale  ;  de  même  le  couturier  gauche,  qui  a  une 
xhronaxie  normale  au  point  moteur,  a  une  chronacio  notablement  augmentée  (30  fois 
la  normale),  par  excitation  longitudinale  et  plus  grande  que  la  plus  grande  chronaxio 
trouvée  au  premier  examen  par  excitation  longitudinale  (dans  le  vaste  externe 
gauche). 

Ensuite,  les  différents  muscles  examinés  peuvent  se  grouper  suivant  leurs  réactions; 
do  la  façon  suivante  : 

1“  A  la  cuisse  dos  doux  côtés,  les  chronaxies  sont  normales  ou  modérément  augmen¬ 
tées  (2  à  5  fois  la  normale)  et  les  contractions  sont  vives,  aux  [loints  moteurs. 

l’ar  excitation  longitudinale,  les  conlraclions  sont  ralcnlir.s  et  les  chronaxies  assez 
notablement  augmentées  (30  fois  a  normale)  ;  c’est-à-dire  que  ces  muscles  présentent 
une  légère  dégénérescence  partiede. 

2“  A  la  jambe,  les  chronaxies  sont  normales  des  deux  côtés  dans  tout  le  triceps  sural. 

l’ar  coid,re,  les  chronaxies  sont  légèrement  augmentées  (2  fois  la  normale),  dans 
le  domaine  du  nerf  sciatique  poplité  externe  des  rieux  côtés,  avec  contractions  vives. 

3°  Au  pied,  les  contractions  sont  ralenties  et  galvanotoniqucs  et  les  chronaxies 
sont  assez  notablement  aiigmcntécs  (8  fois  la  normale  environ)  dans  le  domaine  du 
nerf  sciatique  poplité  interne  gauche,  aussi  bien  aux  points  moteurs  que  par  exci¬ 
tation  longitudinale  ;  ce  sont  donc  des  réactions  du  môme  ordre  qu’à  la  cuisse  ;  ces 
muscles  du  pied  présentent  aussi  un  léger  degré  de  dégénérescence  parlielle. 

Au  point  de  vue  sensitif,  nous  avons  mesuré  la  chronaxio  du  nerf  tibial  postérieur  ; 
elle  est  légèrement  augmentée,  et  a  la  môme  valeur  que  celle  des  fibres  motrices  de 
ce  nerf  (2  fois  la  normale).  Kilo  est  égale  des  deux  côtés. 

En  résumé,  au  point  de  vue  clinique,  nous  avons  vu  en  2  ans  sc  dérouler 
chez  cette  malade  ; 

D’abord  des  troubles  de  l’état  général  en  rapport  avec  une  anémie 
grave  de  type  pernicieux,  et  demeurée  cryptogénétique  malgré  les  explo¬ 
rations  les  plus  minutieuses  ; 

Ensuite,  quelques  mois  après  l’apparition  de  cotte  anémie,  des  troubles 
nerveux  : 

a)  Sensitifs,  intéressant  d’abord  la  sensibilité  subjective,  sous  forme 
de  fourmillements  des  extrémités,  puis  la  sensibilité  objective  sous  forme 
d’anesthésie  atteignant  surtout,  mais  non  exclusivement,  les  sensibilités 
profondes  ; 

b)  Moteurs,  ayant , débuté  par  une  phase  de  paraplégie  incomplète, 
faite  d’un  mélange  de  symptômes  parétiques,  spasmodiques  et  ataxiques, 
puis  ayant  abouti  actuellement  à  une  paraplégie  complète  confinant  la 
malade  au  lit,  n’épargnant  pas  les  membres  supérieurs,  respectant  les 
nerfs  crâniens  mais  non  les  sphincters. 

En  présence  de  cette  évolution  et  de  cette  combinaison  de  symptômes 
le  diagnostic  s’impose.  La  malade  que  nous  étudions  ici  est  atteinte 
d’une  manière  évidente  d’un  syndrome  neuro-anémique  typique,  on  peut 
dire  schématique,  terme  créé  par  Pierre  Mathieu  (1)  dans  sa  remar- 

(1)  P.  Matuihü,  Elude  clinique  et  aniiloiiio-palholügiquc  des  syndrotiics  ncui'o- 
anèiniqucs.  Thèse  de  Paris,  1920. 


ALTÉRATIONS  DE  LA  CHRONAXIE 


307 

quable  thèse  pour  désigner  cette  affection  qui,  depuis  la  première  descrip¬ 
tion  qu’en  a  donnée  Lichtheim  en  1887,  a  reçu  les  appellations  de  sclérose 
combinée  de  la  moelle,  dégénérescence  subaiguë  de  la  moelle  (Risien 
Russell, Batten  et  Collins)  (1),  syndrome  des  fibres  radiculaires  longues  de 
la  moelle  (Dcjerine)  (2). 

Notre  malade  réalise  l’évolution  clinique  décrite  par  Pierre  Mathieu 
comme  la  plus  commune  :  période  de  début  ou  prodromique  caractérisée 
par  des  troubles  de  l’état  général  qui  est  celui  d’un  grand  anémique,  avec 
déjà  quelques  dysesthésies  attirant  l’attention  sur  le  système  nerveux  ; 
puis  période  de  paraplégie  incomplète  permettant  encore  la  marche,  où  le 
malade  se  présente  comme  un  ataxo-cérébelleux  plus  ou  moins  spas¬ 
modique  ;  ensuite  période  de  paraplégie  complète  confinant  le  malade  au 
lit,  avec  troubles  de  la  sensibilité  prédominant  sur  les  sensations  profondes 
et  ayant  leur  maximum  aux  extrémités  des  membres,  caractère  sur  lequel 
insiste  Pierre  Mathieu  et  qui  se  retrouve  dans  notre  cas. 

Au  point  de  vue  clinique,  ces  malades,  et  la  nôtre  en  particulier,  pré¬ 
sentent,  au  point  de  vue  neurologique,  un  tableau  constitué  par  l’asso¬ 
ciation  d’un  syndrome  pyramidal  avec  un  syndrome  des  fibres  radicu¬ 
laires  longues  du  cordon  postérieur.  L’examen  électrique  par  le  courant 
galvanique  et  le  courant  faradique,  seul  pratiqué  jusqu’ici  dans  des  cas 
semblables,  n’a  rien  révélé,  et  ne  pouvait  rien  révéler,  que  la  clinique  n’eût 
montré.  Il  n’en  est  pas  de  même  de  l’être  de  la  chronaxie  que  nous 
svons  faite  chez  notre  malade,  qui  est  d’ailleurs  le  premier  cas  étudié  avec 
cette  méthode. 

Au  point  de  vue  sensitif  l’augmentation  de  la  chronaxie  sensitive  consta¬ 
tée  est  évidemment  en  rapport  avec  les  troubles  cliniques  de  la  sensibilité. 

Au  point  de  vue  moteur  les  examens  électriques,  que.  nous  avons 
rapportés  en  détail,  montrent  deux  catégories  d’altérations  des  réac¬ 
tions  : 

1°  A  la  jambe  et  au  pied  droits,  la  chronaxie  est  diminuée  dans  le  do¬ 
maine  du  nerf  Sciatique  poplité  interne  à  la  plante  du  pied  (1/2  de  la  nor¬ 
male),  et  légèrement  augmentée  (2  fois  la  normale)  dans  le  domaine  du 
nerf  Sciatique  poplité  externe,  sans  modification  de  la  forme  de  la  con¬ 
traction. 

Ces  modifications  en  sens  inverse  de  la  chronaxie  des  fléchisseurs  et 
des  extenseurs  des  orteils,  ht  en  particulier  du  gros  orteil  sont  caracté¬ 
ristiques  des  lésions  pyramidales,  de  la  répercussion  des  lésions  du  neurone 
moteur  central  sur  le  neurone  moteur  périphérique  et  les  muscles  qu’ont 
démontrée  les  travaux  de  l’un  de  nous  (3).  D’après  ces  recherches,  le 

(1)  Hisien  Hussbl,  Battion  et  Collins,  Subeiontc  conLiniul  ilem'iieralion  ot  tho 
spinal  cord.,  Rrain,  1000. 

(2)  laPMEHiNE.  Syndroinn  des  filires  radiculain^s  longues  dos  cordons  postérieurs, 

rendu, s  de  la  Soc.  de  Biologie,  1013,  p,  554,  et  Séméiologie  des  affections  du 
»ystemo  nerveux,  Paris,  1014,  p,  003, 

JUMENTIÉ,  Le  syndrome  des  fibn^s  radiculaires  longues  dos  cordons  postérieurs, 
7 ■  a e  Neurologie,  séance  du  30  murs  1022,  Rci).  neurologique,  1022,  pp,  432-441, 

G,  BomiGiiKiNON,  La  chronaxie  chez  l’homme.  Masson,  1023,  pp,  321  ot  suiv, 

La  signification  physio-pathologique  du  signe  de  Babinski;  Académie  des 
scicnc(',s',  t,  181,  p,  101,  20  juillet  1025, 


308  G.  nOÜRGÜIGNON,  M.  FAJlTtE-nEAGJ.lEJl  ET  Et.  CAIIEN 

signe  de  Babinski  est  directement  en  rapport  avec  ces  variations  de  la 
chronaxie.  De  fait,  cliez  notre  malade,  le  signe  de  Babinski  n’existe  qu’à 
droite,  où  ces  variations  de  la  chronaxie  en  sens  inverse  des  fléchisseurs 
et  des  extenseurs  existent  ;  à  gauche,  où  les  variations  de  la  chronaxie 
sont  différentes  comme  grandeur  et  comme  répartition,  le  signe  de  Ba¬ 
binski  fait  défaut.  Du  côté  gauche,  en  effet,  la  chronaxie  est  bien  doublée 
dans  le  domaine  du  Sciatique  poplité  externe,  comme  il  est  de  règle  dans 
les  lésions  pyramidales,  mais  elle  esl  nolabletnenl  augmenlée  dans  le  do¬ 
maine  du  Sciatique  poplité  interne  au  lieu  d’être  diminuée  :  les  altéra¬ 
tions  dans  le  domaine  de  ce  nerf  font  partie  du  2® groupe,  que  nous  allons 
maintenant  étudier. 

2°  Au  pied  gauche  et  à  la  cuisse  des  deux  côtés, la  chronaxie  est  aug¬ 
mentée,  soit  aux  points  moteurs  et  pur  excitation  longitudinale,  soit 
exclusivement  par  excitation  longitudinale.  Comme  il  est  de  règle,  lorsque 
la  chronaxie  est  augmentée  à  la  fois  au  point  moteur  et  par  excitation 
longitudinale,  elle  est  plus  augmentée  par  excitation  longitudinale 
qu’au  point  moteur.  Chez  notre  malade,  l’augmentation  observée 
est  modérée  :  la  plus  grande  chronaxie,  qui  sc  trouve  dans  le  court  flé¬ 
chisseur  du  gros  orteil  gauche,  ne  depasss  pas  6  a.  Dans  la  dégénéres¬ 
cence  caractérisée,  la  chronaxie  atteintau  moins  10  o  à  12  a  etpeutarriver 
jusqu’à  50°  et  plus.  Suffisante  pour  s’accompagner  de  ralentissement 
de  la  contraction  et  de  galvanotonus,  l’augmentation  de  la  chronaxie 
de  notre  malade  ne  correspond  qu’à  une  dégénérescence  légère  puis¬ 
qu’elle  n’atteint  que  la  1/2  delà  valeur  observée  dans  les  dégénérescences 
moyennes. 

Quelle  est  donc  la  signification  de  cette  petite  dégénérescence  observée 
dans  certains  muscles  du  pied  gauche  et  de  la  cuisse  des  deux  côtés  ? 

Voyons  d’abord  où  peut  siéger  la  lésion  cause  de  cette  dégénérescence. 
Démarquons  que  la  distribution  de  cette  légère  dégénérescence  est  irré¬ 
gulièrement  distribuée  des  deux  côtés.  Du  effet,  tandis  qu’à  gauche  on 
la  trouve  à  la  plante  du  pied,  à  droite  on  ne  la  trouve  pas  dans  les  muscles 
correspondants  qui  ne  présentent  que  la  iliminution  de  chronaxie  en  rap¬ 
port  avec  la  lésion  pyramidale  ;  d’autre  part,  à  droite  comme  à  gauche, 
dans  un  même  domaine  périphérique,  on  trouve,  à  côté  de  muscles  légè¬ 
rement  dégénérés,  des  muscles  normaux  et  des  muscles  dont  la  chronaxie 
est  plus  augmentée  qtie  dans  les  répercussions  ordinaires,  sans  atteindre 
une  valeur  suffisante  j)our  que  la  contraction  se  modifie.  C’e.'t  ainsi  que, 
dans  le  domaine  du  nerf  crural,  le  vaste  externe  et  le  couturier  gauches 
présentent  une  légère  dégénérescence  partielle  avec  une  chronaxie  de 
2  (T  à  3  (J,  le  vaste  interne  gauche  a  une  chronaxie  plus  augmentée  que  dans 
les  lésions  pyramidales  et  le  vaste  interne  droit  a  une  chronaxie  au  plus 
doublée,  c’est-à-dire  de  l’ordre  de  grandeur  habituel  pour  le  domaine  du 
crural  dans  les  lésions  pyramidales  ;  dans  le  domaine  du  nerf  sciati(]ue 
I)oplité  interne,  les  jumeaux  des  2  côtés  et  le  soléaire  droit  ont  une  chro- 
naxie  normale,  rabducteur  du  gros  orteil  droit  a  une  chronaxie  diminuée 
comme  dans  les  lésions  pyramidales  et  les  muscles  de  la  plante  du  pied 


ALTÉRATIONS  DE  LA  CllRONAXlE 


309 


gauche  ont  la  môme  dégénérescence  partielle,  avec  chronaxie  modéré¬ 
ment  augmentée  (3  crû 6  a), que  le  vaste  externe  et  le  couturier  gauches. 
Cette  distribution  élimine  toute  lésion  de  nerf  périphérique  et  toute  lé¬ 
sion  radiculaire,  lésions  qui  ne  sont  qu’exceptionnellement  décrites  dans 
les  examens  anatomo-pathologiques  publiés  (1)  ;  la  légère  dégénérescence 
partielle  observée  dans  quelques  muscles  isolés  ne  peut  donc  être  rap¬ 
portée  qu’à  une  localisation  cellulaire,  à  la  corne  antérieure  de  la  moelle- 
Ce  point  étant  acquis,  quelle  peut  être  la  nature  de  cette  lésion  médul¬ 
laire  légère  de  la  corne  antérieure  associée  à  la  lésion  pyramidale  ? 

Deux  hypothèses  se  présentent.  Ou  bien  il  s’agit  Jd’une  double  loca¬ 
lisation  de  l’agent  pathogène  qui  léserait  simultanément  le  neurone 
moteur  périphérique  dans  la  moelle  et  le  neurone  moteur  central, 
la  De  localisation  ne  se  révélant  pas  cliniquement  mais  seulement  élec- 
trophysiologiquement,  tandis  que  la  2®  donne  une  symptomatologie 
importante  ;  ou  bien  il  s’agit  d’une  exagération  de  la  répercussion  de  la 
lésion  pyramidale  sur  le  neurone  moteur  périphérique  ipii  est  une  loi 
générale  d’après  les  travaux  de  l’un  de  nous  (2). 

Il  est  évidemment  difficile  de  se  prononcer  d’une  manière  absolue 
entre  ces  deux  hypothèses  ;  cependant,  en  analysant  de  plus  près  les 
résultats  de  l’examen  électrique,  on  trouve  des  raisons  de  se  rattacher 
plutôt  à  l’une  (}u’à  l’autre;  on  en  trouve  d’autres  en  comparant  notre 
observation  avec  celle  d’un  malade  récemment  étudié  ici  même  par  G. 
Roussy  et  M‘'®  G.  Lévy  et  qui  a  fait  l’objet  d’un  travail  spécial  de  l’un  de 
nous  au  point  de  vue  électrique  (3). 

Reprenons  l’étude  des  réactions  électriques  de  notre  malade.  Elle 
présente,  avons- nous  dit,  une  très  légère  dég(‘n('‘rescencc])artielle  dans  cer¬ 
tains  muscles  ;  mais  la  chronaxie  des  muscles  les  plus  alleinis  ne  dépasse 
pas  6  CT  el  reste,  pour  la  plupart  d'enlre  eux,  cornpiàse  entre  2  ct  cl  5  ct.  Or, 
si  une  lésion  poliomyélitique  légère  ])eut  ne  donner  que  des  chronaxies 
de  cet  ordre,  il  n’.arrivc  que  très  exceptionnellement,  on  pourrait  mêm(^ 
dire  jaitiais,  qu’on  ne  trouve  cpie  des  chronaxies  de  cet  ordre  :  à  côté  d(' 
musidcis  dotd.  la  chronaxie  ne  dépasse  pas  5  ct  à  6  CT,on  en  trouve  toujours 
quelques-uns,  même  en  élal  de  dégénérescence  partielle,  dont  la  chronaxie 
atteint  ou  même  déi)asso  10  ct  à  12  ct.  L’absence  complète  de  chronaxies 
de  cet  ordre  chez  notre  malade  n’est  donc  jjas  favorable  à  l’idée  d’une 
lésion  poliomyélitique  assoctée,  mais  indépendante  d’elle,  à  la  lésion  pyra¬ 
midale.  Au  contraire,  la  modération  de  l’augmentation  des  ebronaxies, 
coïncidant  avec  rcxistcn(;c  de  variations  de  la  chronaxie  caractéristi(jues 
dos  répercussions,  incite  à  penser  qu’il  s’agit  plutôt  du  même  [)hénomène 
et  que  les  chronaxies  de  5  ct  à  6ct  n’expriment  (pi’nne  exagération  du  j)ro- 
cessus  de  «  répercusshtn  ». 

Si  maintenant  nous  comparons  les  chronaxies  d(^  notre  malade  avec 
\'i]  (;Vl]num!i!iCTN,)N.  /eè.'ém.'pp.  391  à  341. 

(3)  Id.  lUïpercussion  d’une  lïisinn  cortienle  sur  les  muscles  .ull.int  jiisqu’è  un 
'ei,'er  defrr6  de  d('•e('m(iroseen(■,(!.  Renne  iieiirnlnuiqne. 


310  G.  nnvnGVlGNON,  M.  FAUnE-rtEAULlEV  ET  R.  CAIIEN' 

oelles  qiH!  l’nri  de  nous  a  observées  ehez  le  rnaladt;  dont  nous  parlons  plus 
haut,  nous  voyons  qu’elles  sont  exactement  du  même  ordre  de  gran¬ 
deur,  ne  dépassant  pas  5  a  à  6  n  chez  l’un  comme  chez  l’antre,  et  chez  l’un 
comme  chez  l’autre  on  observe  la  même  distribution  parcellaire  de  la  lé¬ 
gère  dégénérescence  coexistant  avec  des  chronaxies  dont  la  valeur  et  la 
distribution  sont  celles  des  ré|)ercussions.  Or,  chez  le  malade  auquel 
nous  faisons  allusion  il  s’agissait  d’une  lésion  coffeicale  ayant  débuté  par 
un  ictus,  et  il  était  difficile,  sinon  impossible,  d’expliquer  les  réactions 
observées  autrement  que  par  une  exagération  delà  répercussion,  qui  est 
constante,  des  lésions  d’un  neurone  quelconque  sur  la  chronaxie  des 
neurones  moteurs  périphériques  qui  lui  sont  fonctionnellement  asso¬ 
ciés.  Dans  un  autre  ordre  d’idées,  mais  voisin,  on  observe  constamment 
une  modification  légère  de  la  chronaxie  du  côté  opposé  à  la  blessure  d’un 
nerf  périphérique  :  c’est  même  cette  constatation,  faite  par  l’un  de  nous 
pour  la  D®  fois,  qui  l’a  conduit  à  la  découverte  de  la  loi  générale  des 
«  répercussions  »  (1).  Or,  dans  un  travail  en  cours,  il  montrera  prochaine¬ 
ment  que,  dans  ces' cas  où  il  ne  peut  entrer  en  jeu  qu’une  répercussion 
réflexe  du  côté  blessé  sur  le  côté  sain,  la  répercussion  peut  aller  jusqu’à  la 
production  d’une  légère  dégénérescence  partielle  du  côté  sain  avec  chro¬ 
naxies  du  même  ordre  de  grandeur  que  chez  notre  malade.  A  ce  point  de 
vue,  Lhermitte,  pendant  la  guerre,  avait  donné  une  observation  de  dégé¬ 
nérescence  du  côté  opposé  à  une  blessure  de  nerf  périphérique,  mais  sans 
pouvoir  en  préciser  le  degré  en  l’absence  de  mesures  de  chronaxie.  L’un 
de  nous  avait  considéré  que  ces  faits  isolés  n’étaient  que  l’exagération 
du  phénomène  général  de  la  répercussion  qu’il  venait  de  découvrir  (1). 

Toutes  ces  considérations,  si  elles  ne  donnent  pas  la  démonstration 
que  les  modifications  de  la  chronaxie  observées  ne  sont  qu’une  répercus¬ 
sion  plus  forte  que  dans  la  plupart  des  cas,  constituent  cependant  de 
fortes  présomptions  en  faveur  de  cette  interprétation. 

En  résumé,  notre  malade  est  atteinte  d’un  syndrome  neuro-anémi(pie 
typique,  chez  lequel  l’examen  électrique,  pratiqué  pour  la  De  fois  dans 
un  cas  semblable  au  moyen  de  la  mesure  de  la  chronaxie,  a  révélé  une- 
légère  atteinte  de  la  corne  antérieure  de  la  moelle.  Est-ce  un  phénomène 
constant,  ou  au  contraire  un  fait  exceptionnel  ?  En  l’ahsence  actuelle¬ 
ment  d’autres  cas  étudiés  au  moyen  de  la  mesure  de  la  chronaxie,  il  est 
impossible  de  répondre  à  cette  question  que  l’avenir  seul  pourra  juger. 

Quant  au  mécanisme  de  la  production  de  cette  légère  atteinte  de  la 
corne  antérieure,  toutes  les  considérations  que  nous  venons  de  dévelop¬ 
per  nous  entraînent  à  penser  qu’il  s’agit  très  vraisemblablement  de  la 
répercussion  de  la  lésion  pyramidale  sur  le  neurone  moteur  périphérique, 
atteignant  un  degré  plus  important  que  dans  la  majorité  des  cas,  mais 
que  les  différents  eas  observés  par  l’un  de  nous  montrent  ne  pas  être 
exceptionnel . 

(I)  O.  noiJiuiiiiCNON,  toc.  ril.,  pp.  312  a  321. 


III 


ÉPILEPSIE  ET  TORTICOLIS  SPASMODIQUE 

MM.  L.  MAUCHAND  et  E.  BAUER 


L’exislciicc  (lu  torticolis  spasmodicjuc  chez  des  épileptiques  a  été  signa¬ 
lée  depuis  longtemps.  Erb,  Govvers,  Bernhardt,  Marshall  Hall,  Wahltuch, 
en  ont  rapporté  des  exemples,  mais  ceux-ci  n’ont  trait  qu’à  la  forme  inter¬ 
mittente,  survenant  à  l’occasion  des  crises  et  associée  alors  aux  autres 
manifestations  convulsives.  Cruchet  le  premier  étudia  les  différentes 
variétés  de  torticolis  spasmodique  (|ui  peuvent  se  rencontrer  chez  ces 
malades. 

D’après  cet  auteur,  dans  un  premier  groupe  de  faits,  le  torticolis  spas¬ 
modique  n’est  qu'un  des  sj'mptômes  localisés  de  la  crise  épileptique  (tra- 
chélismus  épilcpticus  de  Marshall  Hall).  Dans  un  2“  groupe  le  torticolis 
constitue  à  lui  seul  un  équivalent  épileptique.  Enfin  le  torticolis  spas¬ 
modique  peut  exister  chez  un  sujet  atteint  en  même  temps  d’épilepsie  sans 
qu’il  y  ait  de  rapport  entre  les  deux  affections,  et  Cruchet  cite  comme 
exemple  une  observation  de  M.  Pitres. 

La  pathogénie  du  torticolis  spasmodique  n’est  pas  encore  complète¬ 
ment  élucidée,  et  sa  présence  chez  des  épileptiques  peut  apporter  quel¬ 
ques  données  intéressantes  à  ce  sujet. 

Brissaud  admettait  que  la  plupart  des  torticolis  spasmodiques  avaient 
Une  origine  mentale.  Son  élève  Bompaire  soutint  la  même  opinion  dans 
Sa  thèse  inaugurale.  Mcige  et  Eeindel  rapportèrent  d’abord  des  observa¬ 
tions  confirmant  l’opinion  de  Brissaud,  mais  ils  ne  mantjuèrcnt  pas  de  faire 
les  réserves  suivantes  :  «  Si  un  grand  nombre  des  mouvements  convulsifs 
"  que  l’on  observe  dans  les  muscles  rotateurs  de  la  tète  et  du  cou  sem- 
“  hlent  appartenir  à  la  variété  du  tic  rotatoire  que  représente  le  tortico- 
lis  mental,  d’autres  causes  assurément  sont  capables  de  produire  des 
“  mouvements  convulsifs  dans  les  muscles  de  cette  région.  En  dehors  des 
“  lésions  musculaires,  articulaires  ou  osseuses  qui  déterminent  des  tor- 
ticolis  plus  ou  moins  permanents,  des  lésions  nerveuses  peuvent  engen- 
*'  cirer  des  torticolis  spasmodiques,  » 

M.  Babinski,  en  1900,  soutint  l’origine  organique  du  torticolis  spas¬ 
modique  et  rapporta  à  l’appui  de  sa  thèse  des  observations  de  torticolis 
spasmodique  associé  à  des  signes  de  perturbation  de  la  voie  pyramidale. 

BEVUE  NEUllOLOUKJUE.  —  T.  U,  N»  4,  OUTODUE  1926. 


31-2 


r..  MAHCIl.WD 


/■;.  iiAimn 


Il  soulinl  ((UC  »  celle  pallioffénic  jiar  irrilalion  de  la  voie  i)yranii(lalc  doil 
Il  .s’ap})li(|ucr  sinon  à  lous,  du  moins  à  cciiains  cas  de  spasme  du  cou,  de 
Il  lorlicolis  dil  mental  ».  Il  lui  criticpié  nolamment  par  (’iilbert-llallet  qui 
reconnaissail  même  à  ces  signes  pyramidaux  une  origine  menlale.  M.  Ba¬ 
binski  avait  d’abord  pensé  à  des  lésions  des  voies  pyramidales,  corticales 
en  particulier.  Il  a  modifié  récemment  son  o()inion,  en  pensant  qu’on  de¬ 
vait  incriminer  des  lésions  mésocéphalic(ues  (noyaux  gris  centraux).  Le 
signe  de  l’orteil  et  les  altérations  des  réflexes,  ((uand  ils  s’observent  au 
cours  du  torticolis  spasmodicpie,  proviendraient  d’une  irritation  secon¬ 
daire  des  voies  [)yramidales. 

A  côté  de  celte  pathogénic  centrale  du  torticolis  spasmodi(|ue,  M.  Pierre 
Marie  et  Léri  ont  proposé  un  autre  mécanisme.  Ces  auteurs  ont  attiré 
l’attention  sur  l’existence  rré(|uentc,  chez  les  sujets  atteints  de  torticolis 
spasmodique,  de  lésions  ostéo-articulaires  de  la  colonne  vertébrale  cer¬ 
vicale.  Le  lorlicolis  spasmodi(|ue  serait  dû  ainsi  à  un  mécanisme  réflexe  : 
irrilalion  des  fibres  sensitives  du  plexus  cervical  parles  lésions  ostéopby- 
lairesdues  au  rhumatisme  vertébral  (5'  et  (i®  racine  cervicale)  ;  excitation 
réllexc  du  sj)inal  ;  s|)asme  du  slernocléidomastoïdien.  Cette  hypothèse  a 
été  comballue  par  MM.  Roger  et  Pourtal,  partisans  des  idées  de  M.  Ba¬ 
binski.  Pour  ces  auteurs,  le  rhumatisme  cervical  serait  secondaire.  L’at¬ 
titude  vicieuse  du  cou  déterminerait  un  lieu  de  moindre  résistance  dans 
la  colonne  vertébrale  de  cette  région  et  faciliterait  ainsi  à  ce  niveau  l’éclo¬ 
sion  d’un  rhumatisme  articulaire. 


Les  d  observations  suivantes  plaident  en  faveur  d’une  relation  entre  le 
spasme  du  cou  et  la  maladie  comitiale,  filles  viennent  à  rap()ui  de  la  théo¬ 
rie  mésocéphali(|ue  du  torticolis  s|)asniodi(|ue. 

( )iisEnvATiON  I.  •  -  .\I.  I. liais  (Ii'iii'kcs,  àiji;  ilii  .'il  ans,  nst  altiânt  ilo  torticolis  spas- 
laoiliqai!  ilroit  ilcpnis  ràfrc  iln  .ô  iiiiiis  ni  il'àpiliqisiii  convulsive  éepais  l’ûso  de  li  ans. 

Aulér.iUh'nh  lirn’dilairrs  :  l'ère  éfré  de  fitj  ans,  sobre,  niais  «  nerveux  et  coléreux  ». 
Mère  âfrée  de  .''>3  ans,  se  parle  bii'O.  (  lue  siear  de  11)  ans,  en  bonne  santé.  Une  sonar  morte, 
à  1  mois,  de  convulsions,  une  antre  à  d  mois  de  «  l'iaxion  de  poitrine  ».  Aucune  maladie 
nerveuse  clie/,  les  grands-parents. 

Aiilixi'dcnls  iirrsoiiiK'lx  :  Uien  à  noter  piaulant  la  n''ossesse  et  racconclieinent  de 
la  mère.  N.  a  été  élevé  au  biberon.  A  l’i’iKe  de  d  mois,  il  a  eu  plusieurs  l'ortes  crises  con¬ 
vulsives,  à  5  jours  d'intervalle  ;  tes  convulsions  intéressèrent  le  bras  droit,  rcnil  droit 
et  la  paupière  droite,  Inimédiatenient  après  cette  série  d’accès  convidsil's,  la  mère 
s’aperçut  ipie  son  enl'ant  tenait  la  tète  inclinée  du  cèité  droit.  N.  marclia  à  3ü  mois  seu¬ 
lement,  il  urina  au  lit  jusqu’à  ràf;e  de  3  ans.  Il  aiqirit  dillicilement  à  l’école,  son  carac¬ 
tère  a  toujours  été  doux  et  docile. 

A  partir  de  l’àfçe  de  H  ans  il  présenta  des  absences,  d’une  durée  de  quel((ues  secondes, 
au  cours  desquelles  il  laissait  échapper  les  objets  qu’il  tenait  à  la  main  ;  on  notait  parfois 
des  secousses  dans  le  bras  droit. 

A  l’âge  de  18  ans,  les  crises  devinrent  plus  intenses,  plus  nombreuses  ;  elles  .se  renou¬ 
velèrent  au  nombre  de  1  à  2  par  semaine,  de  jiréférence  an  moment  ou  après  les  repas. 
Mlles  [irésentent  encore  actuellement  les  caractères  suivants;  le  malade  renverse  la 
tète  en  arriére  ou  l’incline  du  côté  gauche,  c’est-à-dire  du  côté  opposé  au  tor- 


ÉPILEPSIE  ET  TORTICOLIS  SPASMODIQUE  313 

ticolis.  H  pâlit,  les  yeux  se  révulsent  en  haut,  le  tronc  se  tord  à  droite  pendant  2-3  se¬ 
condes.  Puis  N.  accomplit  des  actes  automatiques  ;  il  se  lève,  fait  par  exemple  plu¬ 
sieurs  fois  le  tour  d’une  table,  sans  reconnaître  personne  ;  il  tapote  avec  sa  main  droite 
sur  la  table,  fouille  avec  cette  main  dans  ses  poches,  exécute  des  mouvements  de  rep¬ 
tation  avec  le  bras  droit.  Parfois  il  se  déshabille  et  cherclio  à  se  sauver.  Il  tient  des 
propos  incohérents,  semble  voir  des  personnages  imaginaires  et  veut  se  jeter  sur  eux. 
La  durée  de  ces  crises  est  de  5  à  10  minutes.  Elles  sont  suivies  d’amnésie  complète.  Le 
malade  présente  en  outre  des  absences  fréquentes. 

L’examen  neurologique  a  montré  une  réflectivité  normale  et  égale  des  deux  côtés. 
Pas  de  signe  Babinski,  pas  de  clonus.  Pas  de  troubles  de  la  sensibilité.  Les  pupilles  sont 
égales  et  réagissent  bien.  Les  réactions  do  B. -Wassermann  et  de  floculation  sont  néga- 
.  tives  dans  le  sang. 

Le  torticolis  présente  les  caractères  suivants  :  il  est  permanent,  mais  peu  accusé  au 
cepos  ;  il  s’accentue  pendant  la  marche  ;  le  malade  incline  alors  la  tête  fortement  à 
droite  et  le  menton  est  entraîné  du  côté  gauche.  La  tête  peut  être  redressée  facilement, 
sans  douleur,  par  la  manœuvre  de  Brissaud,  mais  revient  lentement  à  la  position  oblique. 
I*  n’y  a  pas  de  corde  du  sterno-cléido-mastoïdien  droit  au  repos.  Celle-ci  n’apparaît  qu’à 
l’occasion  de  la  marche. 

Au  niveau  de  la  face,  on  constate  une  asymétrie  par  hémiparésie  droite.  La  langue 
est  légèrement  déviée  du  côté  droit.  Les  épaules  sont  sensiblement  égales,  la  droite  un 
peu  relevée.  Au  niveau  de  la  colonne  vertébrale  on  constate  une  légère  scoliose  à  conca¬ 
vité  droite  supérieure  et  à  concavité  gauche  inférieure.  Pendant  la  marche,  le  malade 
traîne  légèrement  la  jambe  droite  et  le  tronc  s’incline  du  côté  droit.  On  ne  constate  pas 
de  parésie  du  membre  droit,  mais  un  certain  degré  do  spasticité. 

L’examen  mental  dénote  un  degré  accusé  de  débilité  mentale.  Le  sujet  a  l’intelli¬ 
gence  d’un  enfant  de  7  ans. 

Observation  IL  —  F.  René-Louis,  âgé  de  14  ans,  est  atteint  de  torticolis  spasmo¬ 
dique  gauche  depuis  l’âge  do  17  mois  et  d’épilepsie  depuis  l’âge  do  5  ans  1  /2. 

Antécédents  héréditaires  :  Père  âgé  de  42  ans,  cardiopathe,  sobre  ;  mère  âgée  de  47  ans, 
Lien  portante,  a  fait  une  fausse  couche  avant  la  naissance  du  malade.  Les  réactions  de 
Bordet-Wassermann  et  de  floculation  sont  négatives  chez  le  père  et  la  mère.  Le  grand- 
pèro  paternel  est  mort  d’une  alTcction  hépatique,  le  grand-père  maternel  était  alcoo¬ 
lique. 

Antécédents  personnels  ;  Rien  de  particulier  à  noter  jusqu’à  l’âge  de  17  mois.  A  cet 
âge,le  malade  commençait  à  marcher  seul,  lorsqu’il  fut  atteint  d’une  forte  crise  convul¬ 
sive  généralisée,  les  mouvements  ôtaient  accusés  surtout  au  niveau  de  la  face,  et  davan- 
l^age  du  côté  droit  que  du  côté  gauche.  Il  resta  très  abattu  pendant  2  jours.  C’est  à  partir 
do  cette  époque  que  l’enfant  commençait  à  incliner  la  tête  du  côté  gauche.  L’inclinai¬ 
son  s’accentua  peu  à  peu  les  mois  suivants. 

A  l’âge  de  5  ans  1  /2,  pendant  la  nuit,  P',  est  atteint  d’une  crise  épileptique.  Depuis, 
les  crises  se  sont  reproduites  fréquemment,  survenant  principalement  entre  4et5heures 
du  matin.  Elles  sont  ainsi  caractérisées  :  aura  visuelle  (visions  d’hommes  avec  grands 
chapeaux  et  lunettes)  ;  perte  <1«  connaissance,  chute,  convulsions  toniques,  puis 
cloniques,  d’une  durée  do  2  à  3  rninùtos,  salivation,  morsure  de  la  langue,  coma 
Consécutif.  Le  malade  s’est  blessé  fréquemment  au  cours  des  crises. 

P.  présente  des  signes  nets  d’arriération  intellectuelle.  11  sait  à  peine  lire  et  écrire. 
Il  a  l’intelligence  d’un  enfant  do  0  ans. 

Les  dents  sont  cannelées,  les  incisives  sont  surmontées  de  petites  pointes  ;  micro¬ 
dontisme.  L’examen  des  pupilles,  de  la  réflectivité  et  de  la  sensibilité  ne  décèle  aucune 
particularité.  Les  réactions  de  Bordet-Wassermann  et  do  floculation  ont  été  négatives 
dans  le  sang.  Des  essais  do  traitement  au  novarsénobcnzol  et  au  bismuth  ont  été  sans 

effet. 

Pour  corriger  le  torticolis,  une  opération  a  été  tentée  en  juillet  1925.  On  a  pratiqué 
le  section  du  chef  claviculaire  du  sterno-cléido-mastoïdien  ;  l’intervention  n’a  pas  donné 
de  résultat  bien  appréciable. 

HEVUE  neurologique.  —  T.  Il,  N»  4,  OCTOBRE  1920  .  21 


314 


L.  M  ABC  H  AND  ET  E.  BAVEB 


Aspect  actuel  du  lurticolis  :  inclination  prononcée  do.  la  tète  sur  l’épaule  gauche.  . 
avec  légère  projection  en  avant  ;  forte  rotation  compensatrice  à  droite,  l.e  sterno-cléido- 
mastoïdien  gauche  fait  fortement  saillie  sous  forme  d’une  corde  dure,  très  tendue.  Le 
redressement  de  la  tête  n’est  pas  douloureux,  mais  se  fait  incomplètement.  Cicatrice 
sus-claviculaire,  déprimée,  résultat  de  l’opération. 

Asymétrie  faciale  prononcée  ;  le  nez  est  fortement  dévié  à  gauche,  la  commissure 
labiale  est  très  légèrement  attirée  à  gauche  et  en  haut,  déviation  surtout  appréciable 
lorsque  le  malade  ouvre  la  bouche.  La  mâchoire  inférieure  est  alors  déviée  légèrement 
à  gauche.  La  commissure  palpébrale  externe  gauche  est  légèrement  abaissée.  Aucune 
déviation  de  la  langue.  D’une  façon  générale,la  moitié  gauche  de  la  face  est  atrophiée. 

L’épaule  gaucho  est  légèrement  relevée.  Le  côté  gauche  du  thorax  est  projeté  en 
avant,  aussi  bien  pendant  la  position  de  repos  que  pendant  la  marche.  La  colonne  ver¬ 
tébrale  présente  une  scoliose  à  concavité  gauche  en  haut  et  à  concavité  droite  en 
bas.  La  musculature  des  membres  est  également  développée  à  droite  et  à  gauche. 

Pendant  les  crises  comitiales,  la  tête  est  secouée  par  les  convulsions  aussi  bien  du 
côté  gauche  que  du  côté  droit  ;  sans  accentuation  du  torticolis  ;  les  secousses  convul¬ 
sives  sont  moins  accusées  dans  les  muscles  du  côté  gauche  du  cou,  côté  atteint  de 
torticolis.  Après  la  crise,  ijcndant  la  période  de  stertor,  la  tête  reste  ballante  ;  le 
spasme  du  sterno-cléido-mastoïdien  a  disparu. 

Observation  III.  — -C.  René,  âgé  de  31  ans,  sans  profession,  est  atteint  de  torticolis 
s()asmodique  droit  depuis  l’âge  de  9  mois  et  d’épilepsie  convulsive  depuis  l’âge  de  10  ans. 

Anlécédenls  hérédilaires  :  Père  mort  à  l’âge  de  70  ans  d’anévrysme  ;  il  était  sobre  ; 
mère  âgée  de  64  ans,  se  porte  bien.  2  sœurs  également  en  bonne  santé.  Aucun 
membre  de  la  famille  n’a  été  atteint  d’affections  nerveuses. 

Anlécédenls  personnels  :  Grossesse  de  la  mère  sans  particularités.  Accouchement  par 
le  siège.  B.  fut  nourri  au  sein.  A  partir  de  9  mois,  il  présenta  une  inclination  de  la  tête 
à  droite,  qui  s’accentua  peu  à  peu.  On  tenta  une  opération  à  l’âge  de  2  ans  1  /2,  section 
du  chef  claviculaire  du  sterno-cléi<lo-mastoïdien  droit.  A  3  ans,  le  malade  eut  une  grande 
crise  convulsive,  d’une  durée  de  30  minutes,  avec  secousses  plus  prononcées  à  gauche. 

Il  ne  commença  à  marcher  qu’à  l’âge  de  18  mois. 

Dès  son  enfance.  B...  manifesta  un  caractère  mauvais  et  entêté.  II  soulTrait  de  cau¬ 
chemars  nocturnes  fréquents.  Les  troubles  du  caractère  s’aggravèrent  vers  10  ans, 

A  cet  âge,  un  soir,  B.  eut  une  première  crise  d’épilepsie.  La  deuxième  crise  survint 
un  mois  plus  tard,  et  dès  lors  les  crises  augm(!ntèrent  de  fréquence  et  d’intensité;  elles 
se  renouvelèrent  2  à  3  fuis  par  semaine. 

Elles  présentent  actuellement  les  caractères  suivants  :  maux  de  tête  précurseurs  ; 
sueur  sur  le  visage,  sensation  de  chaleur  à  la  tête  pendant  5  minutes,  puis  cri  initial, 
perte  de  connaissance  et  chute  à  la  renvers(!,  convulsions  toniques  puis  cloniques  avec 
prédominance  à  gauche  et  du  côté  droit  de  lu  face.  Durée  des  phases  tonique  et  cloni¬ 
que  5  minutes,  puis  sommeil  comateux.  Au  réveil  la  parole  est  dilllcile.  Le  malade  se 
plaint  de  céiihalées  intenses.  Morsures  fréquentes  de  la  langue  et  blessures  frontales 
et  occipitales  au  cours  des  crises. 

B.  est  incapable  de  travailler  et  a  l’intelligence  d’un  enfant  de  7  ans.  La  parole  est 
hésitante  et  spasmodique. 

L’examen  neurologique  n’a  permis  de  constaler  aucune  particularité  des  réflexes, 
qui  sont  égaux  des  deux  côtés.  Pas  de  signe  de  Babinski,  de  troubles  pupillaires.  Les 
réactions  de  Wassermann  et  de  floculation  sont  négatives  dans  le  sang. 

B.  tient  la  tête  légèrement  inclinée  sur  l’épaule  droite  et  projetée  en  avant  avec  rota¬ 
tion  compensatrice  légère  à  gauche.  Le  redressement  provoque  lu  saillie  nette  du  sterno- 
cléido-mastoïdien  droit.  Dépression  susclaviculaire  et  cicatrice,  à  l’endroit  de  l’opéra- 

Lo  faciès  est  légèrement  asymétrique  ;  la  commissure  labiale  gauche  est  plus  élevée 
que  la  droite,  la  langue  légèrement  déviée  à  gauche.  L’épaule  droite  est  plus  haute  que 
la  gauche.  Scoliose  à  concavité  supérieure  droite  et  à  concavité  inférieure  gauche;  cette 


ÉPILEPSIE  ET  TORTICOLIS  SPASMODIQUE 


scoliose  légère  au  repos,  est  plus  accentuée  pendant  la  marche,  le  côté  droit  du  corps 
est  projeté  en  avant.  Pendant  la  marche,  le  malade  traîne  légèrement  la  jambe 
droite  et  le  tronc  s’incline  du  côté  droit. 


Nous  pouvons  résumer  ainsi  nos  observations  : 

Nos  trois  malades  sont  du  sexe  maseulin.  Le  torticoris  atteint  deux 
fois  le  côté  droit  et  une  fois  le  côté  gauche.  Il  revêt  une  forme  tonicjue  per¬ 
manente. 

Il  présente  les  caractères  décrits  par  Pourtal  :  Inclinaison  continue  de 
la  tête  ;  le  sterno-cléido-mastoïdien  contracturé  dessine  sous  la  peau  une 
corde  apparente.  Chez  un  de  nos  malades,  elle  n’apparaît  que  pendant  la 
marche.  Déformation  de  la  colonne  vertébrale  ;  scoliose  à  concavité  du 
côté  du  torticolis  pour  la  partie  supérieure  du  rachis,  à  concavité  du  côté 
opposé  au  torticolis  pour  la  partie  inférieure  du  rachis.  Elévation  de  l’é- 
paule  du  côté  du  torticolis.  Absence  de  douleurs  pendant  les  mouvements 
actifs  et  passifs  du  cou,  en  particulier  pendant  la  manœuvre  du  redres¬ 
sement. 

Dans  deux  cas,  le  torticolis  est  apparu  à  la  suite  de  convulsions  infan¬ 
tiles,  à  5  mois  chez  notre  premier  sujet,  à  17  mois  chez  le  second.  Chez 
notre  3®  malade,  il  est  survenu  sans  cause  apparente  à  l’âge  de 9  mois.  Cette 
précocité  d’apparition  est  loin  de  plaider  en  faveur  d’une  influence  mentale 
dans  la  genèse  de  l’infirmité. 

/  Le  torticolis  a  revêtu  dès  son  début  la  forme  tonique  ;  il  n’a  jamais  pré¬ 
senté  les  caractères  du  tic  convulsif.  Il  ne  s’agit  donc  pas  d’une  difformité 
d’habitude. 

Les  signes  neurologiques  que  l’on  constate  chez  chacun  de  nos  sujets 
indiquent  une  perturbation  des  voies  motrices.  Chez  notre  1®'  malade,  on 
note  une  hémicontracture  faciale  droite,  la  déviation  de  la  langue  à  droite, 
Une  spasticité  du  membre  inférieur  droit  sans  paralysie  ;  chez  notre 
2®  malade  :  a.symétrie  faciale  prononcée  ;  nez  dévié  à  gauche,  commissure 
labiale  attirée  du  côté  gauche  et  en  haut,  commissure  palpébrale  externe 
gauche  légèrement  abaissée  ;  notre  3®  sujet  présente  une  asymétrie  faciale  ; 
la  commissure  labiale  gauche  est  plus  élevée,  la  langue  est  déviée  à  gauche, 
la  parole  est  spasmodique. 

De  plus  nos  trois  malades'sont  atteints  d’arriération  intellectuelle  accu¬ 
sée,  et  celle-ci  a  commencé  à  se  manifester  après  les  convulsions,  en  même 
temps  que  le  torticolis  débutait.  , 

Dans  nos  trois  cas,  l'épilepsie  est  survenue  longtemps  après  l’apparition 
du  torticolis  ;  14  ans  plus  tard  dans  le  1®''  cas,  4  ans  après  dans  le  2®,  9  ans 
dâns  le  3®.  Chez  nos  deux  premiers  sujets,  il  y  eut  synchronisme  entre 
l’apparition  des  convulsions  infantiles  et  le  début  du  torticolis.  Dans  ces 
cas,  on  peut  penser  que  l’affection  cérébrale  cause  des  convulsions  infan¬ 
tiles  a  laissé  comme  séquelles  le  torticolis  spasmodique  et  les  signes  neu¬ 
rologiques  indiqués  plus  haùt.  L’épilepsie,  comme  cela  s’observe  généra¬ 
lement  chez  la  plupart  des  convulsifs  infantiles  qui  deviennent  èpilep- 


316 


L.  MABCHAND  ET  E.  BAVER 


tiques,  n’est  apparue  que  beaucoup  plus  tard,  et  on  doit  aussi  la  rattacher 
aux  lésions  cérébrales,  cause  des  convulsions  infantiles.  Chez  notre  3®  su¬ 
jet,  le  torticolis  spasmodique  a  débuté  à  l’àge  de  9  mois,  sans  cause  appa¬ 
rente,  mais  l’arrêt  consécutif  du  développement  intellectuel,  les  symp¬ 
tômes  d’une  afléction  organique  du  système  nerveux  présentés  par  le 
malade  montrent  ([ii’on  peut  aussi  lui  attribuer  une  origine  cérébrale.  L’é¬ 
pilepsie  qui  sufvint  plus  tard,  vient  encore  plaider  en  faveur  d’une  cause 
cérébrale  organique. 

Il  est  plus  difficile  de  localiser  les  lésions.  L’arriération  mentale  cons¬ 
tatée  chez  nos  trois  malades  nous  autorise  à  admettre  une  sclérose  corti¬ 
cale  plus  ou  moins  diffuse.  S’il  n’existe  pas  chez  eux  des  signes  indiquant 
une  perturbation  dans  le  fonctionnement  du  faisceau  pyramidal,  on  cons¬ 
tate  par  contre  des  symptômes  d’ordre  extra-pyramidal  tels  que  contrac¬ 
ture  faciale,  spasticité  d’un  membre,  attitude  anormale  du  tronc  pendant 
la  marche  ;  ces  symptômes  associés  au  torticolis  spasmodique  peuvent 
être  considérés  comme  la  manifestation  d’une  atteinte  du  mcsocéphale 
surtout  du  corps  s'trie.  Notons  enfin  ce  fait  particulier  :  Chez  les  épilep¬ 
tiques  atteints  d’hémiparésie  ou  de  monoparésie  avee  signes  de  dégéné¬ 
rescence  des  faisceaux  pyramidaux,  on  note  pendant  les  crises  une  prédo¬ 
minance  des  convulsions  dans  les  membres  parésiés.  Chez  nos  sujets,  pen¬ 
dant  les  accès,  les  secouses  convulsives  sont  moins  accusées  dans  les 
muscles  atteints  de  torticolis  et  même  chez  l’un  d’entre  eux  la  tête  s’incline 
du  côté  opposé  au  torticolis. 


.  BIBLIOGnAIMIIE 

Cbuciiet.  Traité  du  lorlicolis  spasmodique,  l’uris,  1907. 

Muigu  ot  FiîiNuioi..  I.es  lies  et  leur  Iraitemenl,  Paris,  1902. 

Baiiinski.  Société  de.  Neuroluyie,  1«'  février  1900  et  4  juillet  1901,  5  mai  1921,  3  avril 
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Babinski,  Kuujis  et  Pmciikt.  Torlie.olis  spasmodiiiiie  avix  lésions  du  .système  ner¬ 
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II.  ItoGisn  ot  L.  PouiiTAL.  Torticolis  spasmodique,  mésocéphalo  et  lésions  verté¬ 
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L.  PouHTAL.  Contribution  h  l’étude  du  torticolis  spasmodique  ;  Thèse  de  Monlpel- 
lier,  1922. 

Piiîuhe  Mabie  et  Lüiii.  Société  médicale  des  Hôpitaux.  12  mars  1920. 


IV 


DUPLICITÉ  DE  LA  MOELLE  ÉPINIÈRE 

Walter  KRAUS  et  Arthur  WEIL,  de  New-A'ork  (*) 

{Froni  [lie  Ncuropalhological  laboralorij  of  Montefiore  Hospital) 


Parmi  les  malformations  de  la  moelle  épinière,  les  cas  de  duplicité 
offrent  un  intérêt  spécial,  parce  que  rétude  de  leur  origine  est  très  étroi¬ 
tement  liée  au  problème  d’une  disposition  anatomicjue  double. 

Tandis  que  les  littératures  anglaise,  italienne  et  allemande  renferment 
un  grand  nombre  de  travaux  sur  les  duplicités  de  la  moelle,  les  comptes 
rendus  de  la  neurologie  française  de  ces  trente  dernières  années  n’en 
contiennent  pas  un  seul  cas  (").  Aussi  pourrait-il  être  intéressant  de 
présenter  ici  une  brève  revue  de  cette  question. 

L’une  des  plus  anciennes  publications  est  le  travail  de  Foà  (1878)  ([ui 
rapporte  une  duplicité  de  la  moelle  lombaire  associée  à  la  formation 
de  deux  canaux  centraux  séparés  (1).  Von  Rccklingbauscn  a  décrit  une 
duplicité  qui  avait  son  origine  dans  la  croissance  d’une  large  bande  de 
tissu  conjonctif  dans  la  moelle  épinière  (2)  et  Bcnecke  (1888)  a  publié  une 
séparation  similaire  par  tissus  épidermiques  (3). 

Van  (licson  a  fait  une  revue  des  publications  antérieures  à  1892  (4)  ;  il 
a  exécuté  des  expériences  personnelles  sur  les  artefacts  de  la  moelle  et  a  été 
en  mesure  de  prouver  que  parmi  les  31  cas  d’hélérotopics  et  de  duplicité 
tic  la  moelle  épinière,  il  y  avait  2ô  artefacts.  D’après  lui,  il  n’avait  été  jus. 
qu’alors  publié  aucune  duplicité  naturelle  delà  moelle  ;  mais  il  omet  de 
citcrles  trois  auteurs  mentionnés  ci-dessus. 

Ses  objections  critiques  furent  appuyées  par  du  Dose  Bondurant  (5),  ce¬ 
pendant  que  Steincr  (0),  au  contraire,  pensait  qu’elles  étaient  exagérées.  Il 
a  rapporté  4  cas  comme  positifs,  (pii  avaient  été  rejetés  par  \'an  (lieson, 
et,  outre  cela,  il  a  trouvé  28  duplicités  de  la  moelle  épinière  relatées  dans 
la  littérature.  De  ce  total  de  32,  4  étaient  des  mort-nés  et  anencépbales  ; 
b  étaient  en  relation  avec  un  spina-bifida  et  6  furent  publiés  sans  examen 


REVUE  NEUHOLOUIQUK.  -  T.  II,  N“  4,  OUTÜIIIIE  192G.  21* 


)MS 


rrr  .1.  ]vi':ii. 


liist(iloifi(|iK'.  Omis  *.)  CHS,  la  séparation  de  la  moelle  épinière  avait  son  ori- 
t,dne  dans  des  projections  osseuses  du  rachis  ;  dans  il  cas,  la  duplicité 
partielle  était  causée  par  l’excroissance  du  tissu  conjonctif. 

Une  autre  revue  ])ubliée  en  11)02  par  Mefordiew  (7)  relate  58  cas  d’hété¬ 
rotopie,  parmi  lescpiels  10  étaient  des  cas  de  duplicité  partielle  ou  to¬ 
tale  de  la  moelle.  11  est  lui-mème  d’accord  avec  Steinerpour  trouver  (pie 
les  conclusions  tirées  par  Van  (iicson  de  scs  recherches  expérimentales 
étaient  exaiférées,  parce  (pie  des  artefacts  tels  cpie  ceux  cpi’il  a  décrits  et 
([ui  seraient  artiliciellement  jiioduits  jiar  arrachement  et  écrasement  delà 


MiojKjiic'  ît  lii  (litplicllt'.  CMi’tliotli*  n>^r;tn<Hssi‘iiicnl  8  fois.) 

moelle  ne  seraient  jamais  survenus  en  réalité  durant  les  autopsies.  Ses 
objections  ])ourraient  être  justes  cpiant  à  des  moelles  normales,  mais  les 
publications  de.Icnkcl  (8)  et  de  Rystedt  (9)  surdes  hétérotopics  arlilicicl- 
les  ont  prouvé  (pie  Van  (iicson  avait  raison  de  criticpier  les  publications 
anciennes.  Même  un  travail  de  (larbinc  et  Ribiz/.i(I0)  en  1907,  exprimant 
les  mêmes  opinions  (pie  Steiner  et  Mefordiew,  ne  pourrait  réfuter  les  crili- 
(pies  de  \hin  (lieson. 

La  littérature  italienne  contient  |)lusieurs  cas  de  duplicité  ;  entre 
autres,  la  description  de  duplicité  de  la  moelle  lombaire  ])arFusari  (11) 
et  par  Me(lea(I2),  et  de  la  corne  antérieure  des  segments  cervicaux  avec 
syndactylie  par  Sciuti  (18). 


nrPLicrri':  de  la  moelle  l'DoyiÈHE 


319 


Ajoutons  un  travail  de  Kino(14),  c|ui  trouva  dans  la  litléralurc  LS  cas 
de  duplicité  de  la  moelle.  Parmi  ces  cas,  (i  coïncidaient  avec  le  sjjina- 
l>irida,2avcc  la  cyclopie  ;  les  autres  cas  élaient  des  duplicités  de  seg- 
ments  isolés,  qui  avaient  leur  origine  soitdans  des  lissurcs  ou  incurvations 
dermoïdes,  embryonnaires,  soit  dans  des  ])la(pies  médullaires. 

Si  nous  passons  en  revue  toutes  ces  publications,  nous  trouvons  ciu’il 
n’a  pas  été  rapporté  un  seul  cas  incontestable  de  duplicité  totale  de  la 


KltM'S  ET  .1.  WEir. 


3',>0  l\ 

séparation  (|ui  était  ])lus  on  moins  parfaite  en  deux  moitiés,  mais  c|ui  se 
rejoii'naienl  en  une  seule  moelle  après  une  séparation  à  la  hauteur  de  plu¬ 
sieurs  segments.  Isn  outre,  de  ces  dernières  ])ublications  sont  seules 
exem[)tes  d’objeetions  celles  ([ui  sont  appuyées  sur  des  coupes  en  série, 
parce  ([ue  les  expériences  de  N'an  (iicson  nous  ont  appris  comment,  dans 
le  cas  d'artefacts,  il  est  aisé  (pie  des  coupes  isolées  jmissent  présenter  un 
aspect  imitant  les  duplicités  totales. 

C’est  un  exemple  intéressant  de  ce  fait  cpie  donne  le  cas  suivant  ([ui,  à 
première  vue,  paraissait  être  une  duiilieité  d’une  partie  de  la  moelle 
et  ([ui,  après  examen  soigneux,  lut  démontré  n’étre  (pi’un  artefact. 


(loupe  Inm.svcrsjilc  îi  traveis  le  premier  segment  dorKiil.  Formnlion  de  la  duplieité.  (Méthode 
Love/:,  agrandissement  ID  lois.) 


I.a  moelle  provenait  d’un  bomme  de  22  ans,  ipii  mourut  de  ]inciinionic 
et  méningite  tuberculeuses.  L’on  n'avait  ])as  trouvé  pendant  l’autopsie  de 
lésions  delà  moelle  et  les  méninges  étaient  intactes.  Après  l’ouverture  de 
la  dure-mére,  une  formation  d’aspect  médullaire  fut  trouvée  sur  la  surface 
antérieure  des  segments  cervicaux,  (jui  mesurait  2  à  4  millimètres  de  dia¬ 
mètre.  bille  avait  son  origine  au  (piatriéme  segment  cervical  et  descen¬ 
dait  jus(pi’aux  segments  dorsaux  supérieurs,  où  elle  disparaissait  graduel¬ 
lement  dans  la  moelle,  (iette  formation  était  en  partie  reliée  avec  la  moelle 
et  en  partie  séparée,  d’elle  parla  pie-inére. 

.Sur  des  coupes  transversales,  on  voyait  à  la  face  antérieure  delà  moelle 
une  formation  (pii  semblait  être  une  copie  réduite  d’une  moitié  de  la  moelle  ; 
une  corne  grise  contenant  des  cellules  tyi)i(pies  des  cornes  antérieures. 


DUPrJClTÉ  DE  LA  MOELLE  ÉPISlfMŒ 


321 


bien  que  de  taille  plus  petite  que  les  cellules  correspondantes  des  seg¬ 
ments  cervicaux,  entourées  de  fibres  nerveuses  qui  étaient  sectionnées 
transversalement  et  qui  étaient  séparées  de  la  moelle  par  la  pie-mère.  Il 
était  évident  (|ue  la  moelle  accessoire  elle-même  n’avait  pas  d’enveloppe 
piale  et  que  la  bordure  de  la  moelle  du  côté  de  la  pie-mère  n’était  pas  une 
ligne  tranchée,  mais  était  couverte  de  libres  nerveuses  (lig.  1). 

Des  examens  à  de  plus  forts  grossissements  ont  montré  que  la  moelle 


l'ig,  I.  -  JlOniç  cmipc  que  Im  3,  a^<niiulissünieiU  lU  loi^. 

accessoire  en  certains  ])oints  était  fusionnée  avec  la  moelle  et  ([uedii  tissu 
conjonctif  et  des  fibres  nerveuses  passaient  de  l’une  à  l’autre  dans  les  deux 
sens  (lig.  2). 

Des  coupes  transversales  en  série  ont  montré  la  disparition  graduelle  de 
la  substance  grise,  progressant  des  coupes  supérieures  aux  coupes  infé¬ 
rieures.  Finalement,  la  fusion  totale  de  cette  formation  avec  la  moelle  éjii- 
nière  se  faisait,  avec  ce  résultat  (pi’aii  niveau  du  premier  segment  dorsal 
subsistait  seulement  une  petite  formation  se  projetant  en  forme  de  cro¬ 
chet  (lig.  d) . 


II'.  KH  MS  KT  .1.  WKir. 


L’cxii  nien  (le  celle  l'ormalion  à  un  grossissement  plus  for l  révélait  une 
ineurvalion  de  libres  nerveuses  en  direction  horizontale  (lig.  4). 

Les  ([ualre  ligures  précédentes  correspondent  très  bien  aux  ligures  des 
publications  antérieures  et  iiourraienl  donner  lieu  à  confusion  avec  une 
dii])licilé  réelle  de  la  moelle.  Mais  si  l’on  continue  la  série  des  coupes, 
on  |)eul  voir  (jii’après  la  fusion  totale  de  la  «  din)licité  »  avec  la  moelle 
épinière,  la  pie-mère  montre  des  signes  de  distorsion  et  (pie  les  colonnes 


.s. —  (’.oupe  Iransvcrsiil,*  i'i  travers  le  ({uatrième  se)(tncnl  dorsal,  [.aeération  de  la  pie-inèrc  et  sépa¬ 
ration  (les  euloimcs  aoUaieores  et  d'iinc  partie  des  eornes  antérieures.  (Métiio.le  l.oyc/,,  aerandissenient 
U)  fois.) 

antérieures  et  une  partie  des  cornes  antérieures  disparaissent  au  niveau 
diKpiatrième  segment  dorsal  (lig.  5). 

La  dernière  ligure  prouve  délinitivement  (juc  la  duplicité  en  (jucs- 
lion  était  un  artefact.  Mlle  avait  son  origine  dans  un  arrachement  exercé 
en  direction  crânienne  ])en(lanl  l’autopsie,  (iet  arrachement  produisit 
une  lacération  de  la  |)ie-nière  et  une  séparation  des  colonnes  antérieures 
et  des  cornes  attlérieures  au  niveau  dcssegtnenls  dorsaux  supérieurs.  La 
pttrlie  séparée  élait  jiar  rarrachemenl  remontée  vers  les  segments  cervi¬ 
caux  inférieurs  où  la  substance  médullaire  molle  était  collée  à  la  surface 


Diipfjcrn-:  nu  r.A  MonuAi  ÉPiNifiUE 


323 


extérieure  de  la  gaine  piale.  La  durc-inère  elle-mèiiie  restait  intacte,  d’où 
l’imitation  d’une  malformation  naturelle. 

De  ce  cas,  l’on  pourrait  donc  tirer  cet  avertissement  que  l’on  ne  saurait 
prendre  trop  de  soins  pour  les  descriptions  et  la  criti([uc  des  liétéropics 
et  duplicités  de  la  moelle  épinière.  Peuvent  seuls  être  considérés  comme 
incontestables  les  cas  où  il  est  démontré  par  des  coupes  sériées  qu’il  n’y 
a  pas  eu  distorsion  ou  lacération  pendant  l'autopsie  et  qu’il  n’y  avait  pas 
d’infarctus  ou  foyers  de  ramollissement  favorisant  la  production  d’arte¬ 
facts. 

Conclusions. 

1"  Une  revue  critique  de  la  littérature  des  trente  dernières  années  a 
montré  qu’il  n’a  pas  été  décrit  de  cas  de  duplicité  totale  delà  moelle  qui 
fût  incontestable  et  qui  pût  être  rapporté  à  une  disposition  embryonnaire 
double. 

2°  Les  duplicités  décrites,  s’étendant  sur  un  ou  plusieurs  segments, 
avaient  leur  origine  dans  ;  a]  la  formation  de  fissures  embryonnaires,  h) 
des  incurvations  de  plaques  médullaires,  c)  des  séparations  de  la  moelle  par 
des  néoformations  de  la  colonne  vertébrale,  des  excroissances  de  tissu 
conjonctif  ou  des  tumeurs  (dermo'ides). 

La  preuve  des  duplicités  de  la  moelle  doit  être  étayée  par  des  cou¬ 
pes  en  série  complète,  comprenant  les  segments  au-dessus  et  au-dessous 
de  la  duplicité,  et  par  l’absence  d’bémorragies  post  ;)io/7c;n  ou  de  lésions 
des  méninges. 


lUnLIOGRAl'lllE 

1.  P.  Foa,  rtiü.  spr.riin.  di  Frcnalria  c  mcd.  leg.,  IS78. 

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SOCIÉTÉS 


Société  belge  de  Neurologie. 


I.I'  Miiiri  (le  IViiniii.  <|iii  l'iiil,  d'iiliji.l,  (I,.  cclli^  olisi'rviili(in,  ii  rd.i'  imi  l.niil.cincMl,  |Miiir 
.|Mi  SI’  . . . .  viUli«„-('.,M'n.lisc''.  D...  n,  n.MHMr  .l(.  (•..  . . .  .pii  n.. 


SOCIÉTÉS 


325 


avoir  une  relation  entre  la  méningite  chronique  et  l’atteinte  vitiligineuse  ;  c’est  à  la 
connaissance  de  l’auteur  le  premier  cas  de  vitiligo  conjugal  qu’il  ait  été  donné 
d’observer. 

Le  temps  d’adaptation  d’un  débile  menteil  à  un  milieu  familial  nouveau. 

Sa  mesure,  sa  signification,  par  M.  du  Gnm  f. 

Exposé  très  détaillé  d’un  procédé  psychologique  et  graphique  ingénieux  pour  mes\i- 
rer  le  temps  d’adaptation  des  divers  débiles  mentaux  à  un  milieu.  L’auteur  conclut 
qu’un  certain  nombre  d’instables  ne  s’adapteront  jamais  au  [)lacement  familial; 
une  adaptation  trop  rapide  est  un  signe  défavorable  ;  une  famille  a  besoin  d’un  an 
pour  s’assimiler  un  enfant  adaptable  ;  il  faut  placer  les  enfants  lorsqu’ils  ne  sont  pas 
trop  âgés  ;  un  âge  réel  do  13  à  14  ans  avec  un  âge  mental  de  9  ans  environ  cons¬ 
titue  le  moment  le  plus  favorable. 

Psammome  de  la  moelle  ;  Diagnostic  lipiodolé  ;  opération, 

par  MM.  P.  RonuEMANSet  J.  François. 

Gliome  de  la  moelle,  par  M.  Divnv. 

L’observation  concerne  une  jeune  fille  de  20  ans,  sans  antécédents  ;  les  premiers 
symptômes  remontent  à  décembre  1925;  en  mars  1926,  gêne  de  la  marche  ;  en  mai  la 
marche  devient  impossible  ou  tout  au  moins  très  pénible,  exagération  des  réflexes 
tendineux,  abolition  des  réflexes  abdominaux. 

Au  point  do  vue  sensibilité,  hypoesthésie  tactile  douloureuse  et  thermique  du  membre 
inférieur  gauche  et  de  la  partie  latérale  du  tronc  jusqu’en  U6,  D7.  A  droite,  l’hypo- 
osthésie  remonte  moins  haut;  en  résumé,  il  existe  une  paraplégie  spastique avec  trou- 
hles  de  sensibilité  bilatéraux  et  globaux.  La  ponction  lombaire  donne  un  liquide  xan- 
thochromique  avec  7  à  8  lymphocytes  par  mm’,  albumine  6  gr.  par  litre.  B.-W.  né- 
fîatif  dans  le  sang  et  le  liquide  ;  le  liqui.do  céphalo-rachidien  recueilli  par  ponction 
haute  ne  montre  pas  la  dissociation  albumino-cytologique  ;  l’injection  de  lipiodol  des¬ 
cendant  montre  un  arrêt  en  D5  ;  on  décide  d’intervenir  et  l’on  trouve  une  tumeur  éten¬ 
due  faisant  corps  avec  la  moelle,  donc  inextirpable  ;  on  en  prélève  cependant  un  frag¬ 
ment  pour  biopsie. 

Un  traitement  radiotliérapique  est  institué  mais  sans  effet. 

La  paraplégie  s’accentue  et  le  tableau  (1(!  la  section  di^  la  moelle  se  réalise  assez,  rapi¬ 
dement.  La  malade  succombe  dans  le  marasme. 

L’examen  anatomo-pathologique  a  montréqu’il s’agissait  d’un  gliome  très  étendu. 

L.  V.  IL 


ANALYSES 


NEUROLOGIE 


ÉTUDES  GÉNÉRALES 


SÉMIOLOGIE 

Le  réflexe  de  défense  au  point  de  vue  clinique,  par  Agenoro  Vai.f.ntini, 
Ptilir.linicn,  sez.  pral.,  an  33,  n»  23,  p.  789,  7  juin  1926. 

nevuo.  I/aulcur  expose  les  caractères  du  réflexe  de  défense  dans  les  maladies  ner¬ 
veuses  et  insiste  sur  les  indications  diagnostiques  qu’on  en  peut  obtenir,  notamment 
dans  les  compressions  médullaires.  ,  F.  Deleni. 

Valeur  séméiologique  du  signe  de  Babinski,  par  Henri  Roger,  Gazelle 
des  llôpilaaa-,  an  99,  n"  37,  j).  .697,  8  mai  1920. 

Excellepte  revue,  claire  et  complète.  II.  Roger  étudie  le  signe  do  Babinski  dans  les 
diverses  affections  organiques  du  système  nerveux  :  affections  de  la  voie  pyramidale, 
d(i  la  voie  extra-pyramidale,  do  la  voie  cérébelleuse,  syndromes  nerveux  périphériques, 
infections  plus  ou  moins  localisées  aux  centres  nerveux.  Le  signe  de  Babinski  a  en  outre, 
été  signalé  dans  des  affections  non  systématisées  au  système  nerveux,  c’est-à-dire,  dans 
diverses  infections,  intoxications,  auto-intoxications  susceptibles,  dans  les  cas  graves, 
do  retentir  sur  le  névraxe.  L’auteur  termine  par  l’examen  do  ce  qui  a  été  publié  sur  le 
signe  de  Babinski  dans  bis  névraxes. 

En  résumé,  dit-il,  si  l’on  élimine  le  faux  Babinski  d’origine  périphérique  par  atrophie 
des  flécliisseurs  plantaires  et  prédominance  des  extenseurs  des  orteils,  l’extension  ré¬ 
flexe  du  gros  orteil  i^st  un  signe  capital  d’une  atteinte  organique  de  la  voie  pyramidale. 
Eu  dehors  des  lésions  md.tement  localisées  à  ce  système,  la  constatation  d’un  signe  de 
Babinski  au  cours  d’une  autre  affection  nerveuse  ou  d’une  maladie  générale  oblige  à 
suspecter  l’association  d’une  perturbation  pyramidale.  Depuis  trente  ans  (pi'il  a  été 
découvert,  le  petit  signe  (b;  l’extcmsion  des  orteils  reste  une  des  acquisitions  les  plus 
inq)ortantes  faites  en  neuropathologie. 

E.  F. 

Sur  le  phénomène  de  Babinski  dans  les  états  toxiques,  par  Lorenr.o  Pezotti, 
Jlilarma  médira,  t.  42,  n»  13,  p.  297,  29  mars  1926. 

Relation  d’un  cas  d’intoxication  |)ar  l’atropine  avec  Babinski  classique  et  bilatéral 
qui  persista  des  heures  pour  s’atténuer  et  disparaître  avec  les  autres  symptômes  de 
l’intoxication. 


ANALYSES 


327 


L’auteur  estime  que  l’atropine,  la  strychnine,  la  toxine  tétanique  et  beaucoup  d’au¬ 
tres  substances  toxiques  ;  que  le  parkinsonisme  et  beaucoup  d’autres  conditions,  connues 
ou  inconnues,  dépendantes  ou  indépendantes  de  lésions  pyramidales,  peuvent  à  ce 
point  augmenter  l’excitabilité  réflexe  de  l’extenseur  du  gros  orteil  que  son  tonus  devient 
prédominant  sur  celui  des  flécliisseurs  et  que  l’excitation  plantaire.,  au  lieu  du  réflexe 
normal  de  flexion,  donne  le  signe  de  lîabinski;  h’.  Ueleni. 

Los  variations  du  signe  de  Babinski  physiologique  chez  l’enfant  et  leur  inter¬ 
prétation,  par  Pierre  Mathieu  et  Lucien  Cohnil  (de  Nancy), /•’an's  médica/,  an  16, 

n“21,  p.501,22mail‘J26. 

Liiez  l’enfant,  le  réflexe  en  extension  semble  la  règle  presque  absolue  durant  le  pre¬ 
mier  semestre  ;  au  cours  du  second,  l’extension  ni  la  flexion  ne  paraissent  prédominer; 
puis  d’un  an  èun  an  et  demi  la  flexion  l’emporte.  Si  l’on  se  reporte  aux  tableaux  établis 
par  moi  on  voit  l’exte.nsion  perdre  son  pourcentage  supérieur  à  50  %  vers  les  7",  8“  et  9® 
mois  ;  dès  le  12“  mois  la  plus  grande  fréquence  de  la  flexion  apparaît. 

Cette  classification  basée  sur  l’Age  n’est  pas  très  précise  ;  elle  ne  permet  pas,  en  pré¬ 
sence  d’un  cas  individuel,  de  dire  s’il  est  normal  ou  anormal,  parce  qu’il  n’y  a  aucun 
parallélisme,  entre  l’Age  do  l’enfant  et  la  disparition  du  réflexe  en  extension,  pas  plus 
d’ailleurs  qu’il  n’y  a  parallélisme  entre  sa  roluisticitô  et  les  facteurs  niorpliologiqucs 
•le  poids  ou  do  taille. 

L’imprécision  cesse  quand  on  prend  en  considération  l’aptitude  actuelle  do  chaque 
sujet  à  la  station  debout  et  à  la  marche. 

Quel  que  soit  leur  Age  chronologique,  cliez  les  enfants  absolument  inaptes  à  la  sta¬ 
tique  ou  A  la  marche,  l’extension  est  la  règle  ;  au  début  do  la  statique  ou  de  la  marche 
la  flexion  existe  déjà  dans  la  moitié  des  cas.  Cette  flexion  constitue  la  réponse  type  de 
l’enfant  chez  qui  la  marche  est  confirmée. 

Des  faits  ressort  cette  constatation  que  la  disparition  du  signe  de  Babinski  chez  l’en¬ 
fant  est  en  rapport  étroit  avec  l’acquisition  de  l’attitude  d’équilibre  vertical  et  de  l’ac¬ 
tivité  motrice  coordonnée  de  la  marche. 

On  peut  donc,  par  la  reclierche  systématique  du  signe  de  Babinski  pliysiologique, 
apprécier  en  quelque  sorte  à  la  fois  l’Age  moteur  et  l’Age  d’équilibration. 

E.  F. 

Immobilité  pupillaire  à  la  lumière  dans  un  cas  d’alopécie  en  aires  d’origine 

endocrino-sympathique,  par  E.  Herman,  Encéphale,  an  21,  n“  I,  p.  64,  janvier  1926. 

11  s’agit  d’une  fillette  de  14  ans  chez  qui  sont  apparus  à  1 1  ans,  à  la  suite  d’une  peur, 
des  accès  épileptiques  et  simultanément  une  alopécie.  (ui  aires  qui  amena  une  perte 
presque  complète  des  cheveux,  cils,  sourcils,  toisons  pubienne  et  axillaire.  L’examen 
clinique  démontre  nettement  l’iTisut Usance  pluriglandulaire  ;  débilité  constitution¬ 
nelle,  hypophasie  ovarienne,  petitesse  do  l’hypophysii  et  de  la  thyroïde.  En  outre, 
sympathicotonie  vraie. 

L’origine  réelle  do  l’affection  est  à  reporter  à  un  état  constitutionnel  particulier  de 
fout  le  système  endocrino-sympathique  (insuffisance  pluriglandulaire  avec  sympathi- 
Oütonie  vraie). 

Les  pupilles  sont  en  général,  à  la  lumière  du  jour,  rondes,  égales,  moyennement  dila- 
fées  et  leurs  réactions  sont  normales.  Mais  par  intervalles,  sans  cause  apparente,  elles 
se  dilatent  beaucoup  ;  ces  pupilles  dilatées  ne  se  contractent  pas  à  la  lumière  arti 
llcielle,  la  réaction  à  la  convergence  étant  conservée.  L’immobilité  pupillaire  se  con¬ 
serve  quelques  minutes  ou  davantage. 


328 


ANALYSES 


Les  li'Diiblcs  pupilUiires  do  la  malade  sont  ainsi  caractérisées  par  l’immobilité  ù  la 
Innuèro  des  pupilles  spontanément  dilatées  au  maximum,  cette  dilatation  apparaissant 
périodiquement.  L’immobilité  absolue  à  la  lumière  artilicielle  parait  incomplète  à  la 
lumière  du  jour. 

La  malade  présente  une  sympathicotonie  vraie.  L’excitabilité  renforcée  du  système 
sympathique  détermine  une  rétraction  active  périodique  du  sphincter  irien,  d’où  dila¬ 
tation  maxima  et  immobilité  des  pupilles  à  la  lumière.  La  dilatation  pujiillaire  est  due  à 
la  contraction  active  du  muscle  dilatateur  et  non  à  l’inhibition  de  l’innervation  du 
siihincter.  E.  F. 

La  rachifibrinimétrie.  Diagnostic  de  la  nature  inflammatoire  ou  mécanique  des 
dissociations  albumino-cytologiques  du  liquide  céphalo-rachidien,  par  Léon 
VoLLK'i,  Gazelledes  llôpilaiu-,  nn'J,  n"  36,  p.  583,  5  mai  1926. 

La  dissociation  albumino-cytologi(iue  a  une,  grande  valeur  séméiologique  à  tous  ses 
degrés,  dei)uis  la  simple  hyperalbuminose  résiduelle  juscpi’au  syndromo  do  Froin-Ua- 
binski.  Elle  s’observe  dans  des  états  pathologiques  Variés  et  qu’on  peut  ranger  sous 
deux  chefs,  selon  la  nature  mécanique  et  inflammatoire  de  l’hyperalbuminose  qu’ils 
provoqiKuil. 

La  dis, >1001011011  albumino-cytologique  est  d’origine  mécaiiiipie  dans  les  compressions 
médullaires,  dans  les  compressions  cérébrales  p.ar  tumeurs  dans  les  compressions  radi¬ 
culaires  ;  elle  est  de  mémo  origine  mais  de  durée  transitoire  dans  le  ramollissement  céré¬ 
bral,  les  hémorragies  cérébrales  et  méningées,  les  commotions  cérébrales. 

Le  type  de  la  dissociation  albumino-cytologique  inflammatoire  s’observe  dans  les 
paralysies  diphtériques.  Tous  les  syndromes  dits  polynévritiques  peuvent  présenter 
cette  dissociation,  mais  plus  particulièrement  le  syn'dromo  de  polyradiculo-névrite 
aiguë  bénigne.  Abcès  du  cerveau,  certains  cas  de  poliomyélite  antérieure  aiguë,  do 
mniro-myélile  optique  de  myélite  nécrotique,  de  névraxitc  épidémi<iue,  de  neuro-syphi¬ 
lis,  présentent  éventuellement  cette  dissociation. 

Une  proportion  élevée  de  librinogène  par  rapport  à  l’albumine  totale,  une  forte  posi¬ 
tivité  do  la  réaction  de  Weichbrodt  et  de  celle  du  benjoin  colloïdal  permettent  d’afllr- 
mer  le  caracLu-e  inllamrnatoire  do  la  dissociation  albumino-cytologi(|uo.  Pin  présence; 
il’une  hypor.nlbuminose  isolée  les  méthodosactuellcs  d’examen  n’amènent  pas  toujours 
à  un  diagnostic  (exact.  La  notion  de  la  nature  de  cette  hyperalbuminose  ajoute  souvent  à 
sa  valeur  séméiologique  un  appoint  capital;  dans  certains  cas  elle  peut  seule  différencier 
d’emblée,  sans  attendre  les  signes  évolutifs,  un  abcès  du  cerveau  ou  une,  névraxitc  d’um; 
tumeur  cérébrale  ;  on  distinguera  de  mémo  une  myélite  inf(;ctieusn  ou  um;  radi- 
culo-névrite  iiiguë  bénigne  d’une  compression  rnédullair(;,  une  commotion  cérébrale, 
d’uno  neuro-syphilis  méconnue.  E.  P’. 

Valeur  de  l’examen  systématique  du  liquide  céphalo-rachidien,  jiar  II.  L.  Gbaw- 
l'oan  et  A.  Gantarow  (de  Philadelphie),  American./,  (ill/ierncü.  Science,.'i, ,  vol.  171, 
id'O,  p.  859-872,  juin  1926. 

Les  auteurs  donnent  l’interprétation  des  constatations  le  plus  habitu(;llement  faites 
sur  le  liquide  céphalo-rachidien  extrait  i(ar  ponction  lombaire,  en  insistant  sur  la  déter¬ 
mination  do  son  contenu  en  sucre. 

Des  variations  normales  du  sucre  rachidien  correspondent  aux  variations  du  sucre 
sanguin  ;  la  proportion  do  1  à  2  so  maintient  depuis  rhy[)oglyeémi(;  légère  jusqu’au 
niveau  d(;  l’hyperglycémi;;  modérée.  G’est  pourquoi  il  faut  toujours  tenir  compte  du 
monnuit  de  lu  journée  et  de  la  distance  des  repas  quand  on  fait  la  i)onction  lombaire,  à 


ANALYSES 


moins  qu’une  détermination  de  la  glycémie  ne  soit  faite  en  même  temps  que  celle  de  la 
glycorachie. 

La  cause  essentielle  de  l’hyperglycorachie  est  l’augmentation  de  perméabilité  de  la 
barrière  protectrice  de  l’épithélium  choroïdien  et  de  l’endothélium  des  capillaires  céré¬ 
bro-spinaux.  Les  conditions  de  l’hyperglycorachie  sont  celles  qui  rendent  les  vaisseaux 
pathologiques,  et  surtout  l’encéphalite  et  certaines  formes  de  la  syphilis  du  système 
nerveux  centrai. 

Une  grande  augmentation  de  la  globuline  et  un  contenu  élevé  de  sucre  caractérisent 
l’hypertension  intracrânienne  en  général  et  les  cas  de  tumeur  cérébrale  en  particulier. 
On  trouve  également  de  hautes  valeurs  en  sucre  dans  divers  troubles  mentaux  fonc¬ 
tionnels. 

La  cause  essentielle  de  l’hypoglycorachie  est  la  glycolyse.  On  la  constate  très  mar¬ 
quée  dans  la  méningite  suppurée  et  à  un  moindre  degré  dans  la  méningite  tuberculeuse. 

La  détermination  du  sucre  céphalo-rachidien  est  de  la  plus  grande  utilité  quand  il 
s’agit  de  faire  un  diagnostic  différentiel  de  la  méningite  tuberculeuse,  notamment  par 
exclusion  de  l’encéphalite  léthargique.  Thoma, 

Sur  la  température  du  liquide  céphalo-rachidien,  par  Liborio  Giuffrè  et 
Lorenzo  Mannino,  Sperimcnlale,  vol,  79,  n<>  G,  p.  1059-10G8,  janvier  192G. 

La  température  du  liquide  céphalo-rachidien  s’écoulant  de  la  ponction  lombaire 
dépend  de  celle  du  cerveau  ;  d’après  les  24  déterminations  des  auteurs  elle  oscille  norma¬ 
lement  autour  de  37<>57.  F.  Deleni. 

Sur  l’oxalorachie,  par  Nathan,  Presse  médicale,  n»  30,  p.  471,  14  avril  1926. 

Bibliographie  dos  rares  travaux  concernant  la  présence  d’oxalates  dans  le  liquide 
céphalo-rachidien  ;  deux  cas  personnels;  la  signification  de  l’oxalorachio  est  discutée. 

E.  !■’. 

La  mesure  etl’actionbiologiquedesrayons  X  de  différentes  longueurs  d’onde, 

par  A.  Dognon  (do  Strasbourg).  Juiirnal  de  Padioloejie  el  d' Eleclrologie,  t.  10, 

n»  4,  avril  19’20,  p.  145-151. 

Intéressant  mémoire  dans  lequel  l’autour  montre  la  difliculté  de  la  mesure  des  rayons 
X  de  différentes  longueurs  d’onde  dans  un  réactif  biologique  donné.  11  indique  une  ma¬ 
nière  d’aborder  la  question  qui,  si  elle  ne  peut  donner  que.  des  résultats  relatifs,  est 
indépendante  de  toute  méthode  de  mesure.  Elle  consiste  à  faire  agir  deux  rayonnements 
de  longueur  d’onde  différentes  sur  deux  objets  différents  de  manière  à  obtenir  sur  cha¬ 
cun  de  ces  objets  le  môme  degré  de  lésions.  11  devient  ainsi  possible  de  reconnaître  si 
'  'action  des  rayons  varie  ou  non  dg  la  même  façon  pour  tous  les  objets  biologiques  aux- 
q  uels  on  les  ap[)liquR  et  d’élucider  le  problème,  fondamental  en  radiobiologie,  de  la 
spécificité  d’action  des  diverses  radiations.  André  Strohl. 

Prophylaxie  et  traitement  de  la  céphalée  et  des  accidents  pseudo-méningi- 

tiques  qui  suivent  la  ponction  lombaire.  La  pneumo-séreuse  méningée,  par 

A.  Tzanck  et  Paul  Chevali.ihr,  Bnh.  el  Mém.de  la  Suc.  méd.  des  Hôpilaux  de  Paris, 

an  42,  n»  15,  p.  701,  .30  avril  1920. 

La  parcimonio  dans  l’application  d’uno  méthode,  précieuse  est  due  aux  accidents 
•louloureux  que  la  ponction  lombain^  jirovoque.  On  les  évite  en  remplaçant  le  liquide 
soustrait  par  un  ég.3l  volum(Ml’air  selon  une  technique  exposée  jiar  lesautetirs.  La  pneu- 
II,  N"  4.  OCTOIIRE  19‘26. 


RBVUE  NF.UROI.OQIQUE.  —  T. 


22 


ANALYSE^ 


mo-séreuse  arachnoïdienne  empêche  la  céphalée  et  les  accidents  pseudo-méningitiques 
■  comme  la  pneumo-séreusc  pleurale  empêche  Tœdèmo  du  poumon.  E.  F. 

Ün  cas  de  contracture  myogène  traumatique,  par  Vincenzo  Scarpini.  Policlinico, 
scr.praï.,t.  33,  n»21,p.  721,24  mai  1926. 

l'ragnito  a  distingué  parmi  les  contractures  d’ordre  réllcxe,  d’après  leur  pathogénie, 
les  formes  articulaires,  névritiques  et  myogènes.  Ces  dernières,  les  contractures  myo- 
gènes,  appartiennent  à  la  traumatologie  do  guerre,  mais  pas  exclusivement,  puisque 
Scarpini  vient  d’en  observer  un  cas  dans  le  civil.  Il  s’agit  d’un  ouvrier  ayant  eu  la  main 
presque  perforée  par  un  éclat  de  buis  (1®'  espace  métacarpien)  ;  une  contracture  en 
adduction  du  pouce  en  résulta.  L’auteur  établit  par  exclusion  le  diagnostic  de  contrac¬ 
ture  myogène.  Il  montre  quel  est  l’intérêt  des  faits  de  ce  genre  pour  la  médecine  légale 
des  accidents  du  travail.  F.  Deleni. 

Coma  diabétique,  coma  urémique,  par  G.  Roque  et  P.  Delore,  Joiirn.  de  Méd. 
de  Lijun,  p.  193,  20  avril  1920. 

Entre  le  coma  diabétique  et  le  coma  urémique,  il  y  a  des  lions  pathogéniques  indis¬ 
cutables  ;  dans  la  production  do  l’un  et  de  l’autre,  l’acidose  du  sang  intervient,  d’une 
façon  différente  il  est  vrai. 

1“  Dans  le  coma  diabétique,  l’acidose  est  tout  :  celle-ci  tient  à  elle  seule  toute  la  scène 
clinique  sous  sa  dépendance  :  hypothermie,  dypsnée  do  Kussmaul,  accidents  comiteux. 

Il  en  ré.snlte  que  dans  ce  cas  le  traitement  de  l'acidose  a  un  très  haut  intérêt,  car  en  la 
neutralisant  on  fait  disparaître  la  maladie  tout  entière.  A  cet  effet,  les  injections  intra¬ 
veineuses  de  bicarbonate  de  soude,  qui  neutralisent  temporairement  l’acidité  du  plasma 
constituent  une  médication  d’urgence,  mais  dont  l’efficacité  ne  dure  qu’un  temps. 
L’insuline,  an  contraire,  est  une  médication  pathogénique,  dont  l’action  s’exofee  sur  le 
trouble  nutritif  responsable  de  l’acidose  mais  elle  demande  elle  aussi  à  être  continuée 
longtemps,  les  indications  de  prolongation  ou  de  cessation  de  la  cure  étant  fournies 
avant  tout  par  le  taux  de  la  réserve  alcaline  aux  diverses  périodes  de  la  maladie.  R.  et  D. 
soulignent  q\ie  dans  le  diabète  l’acidose  résulte  d’un  trouble  du  métabolisme  des  graisses 
et  dos  albuminoïdes  ;  c’est  donc  une  acidose  par  vice  de  formation.  En  outre,  comme 
R.  Lépine  l’a  bien  établi,  il  y  a  toujours  dans  ce  cas  de  l’ammoniuric,  qui  varie  avec  Te 
taux  de  l’acidusc. 

2“  En  opposition  avec  le  coma  diabétique,  le  coma  urémique  apparaît  comme  un 
em|o)isonnement  très  complexe.  L’acidose  y  joue  un  jflle  certain  :  c’est  elle  qui  condi¬ 
tionne  le  coma  lui-même  et  certains  symptômes  tels  que  l’hypothermie.  Mais  ce  n’est  là 
qu’une  partie  du  tableau  clinique  de  l’urémie  :  le  Cheync  Stokes,  les  formes  délirantes, 
convulsives,  gastro-intestinales  sont  en  rapport  avec  des  phénomènes  toxiques  d’un 
ordre  différent, en  particulier  avec  la  rétention  de  produits  azotés  dont  l’azotémie  ,cons- 
tituc  le  témoin.  Les  néphrites  urémigènes  peuvent  donc  s’accompagner  d’une  acidose, 
qui  si  elle  est  suffisamment  marquée  conférera  à  la  déficience  rénale  la  forme  comateuse. 
Cette  acidose  qui  s’ajoute  aux  autres  phénomènes  toxiques  de  formation  n’est  plus 
comme  dans  le  diabète  une  acidose  par  vice  de  formation,  mais  bien  une  acidose  par 
viced’éliminationparrétcntiondcsionsacidos.Anoter  que  l’ammonionurie  fait  tou¬ 
jours  défaut  dans  cette  forme.  Bien  entendu,  le  traitement  dos  accidents  acidosiques 
par  l’insuline  ou  la  médication  alcaline  est  dans  ce  cas  illusoire,  car,  même  s^  on  parve¬ 
nait  à  les  faire  disparaître,  on  laisserait  subsister  tous  les  autres  facteurs  toxiques  avec 
toute  leur  gravité. 

3“  Dans  certaines  formes  de  diabète  avec  lésions  rénales, on  assiste  à  l’apparition  d’un 


ANALYSES 


331 


Coma  avec  acidose  et  azotémie.  11  y  a  à  la  fois  coma  diabétique  et  coma  urémique. 

A  l’acidose  par  vice  de  formation  s’ajoute  alors  une  acidose  de  rétention  et  la  situa-  ' 
tion  est  d’autant  plus  grave  que  du  fait  des  lésions  rénales  l’organisme  est  impuissant 
à  produire  de  l’ammoniaque  (qui  pour  les  auteurs  est  d’origine  rénale)  et  à  neutraliser 
par  ce  moyen  l’intoxication  acide. 

Pierre  P.  Ravault. 


ÉTUDES  SPÉCIALES 

CERVEAU 

Contribution  àu  traitement  des  abcès  du  cerveau  ;  éponge  de  caoutchouc  comme 

drain,  par  Y.  Meurman,  Acla  Olu-laryngologica,  Stockholm,  t.  9,  fasc.  3,  avril  1926. 

Depuis  plusieurs  années  l’auteur  draine  les  abcès  du  cerveau  avec  l’éponge  de  caout¬ 
chouc  ;  dans  le  présent  article  il  expose  sa  tectinique  et  donne  les  détails  des  cas  traités 
'  par  sa  méthode.  .Thoma. 

Les  tumeurs  du  lobe  frontal.  Contribution  à  l’étude  clinique  de  ce  lobe,  par 

P.  Escuder  Nunez  (de  Montevideo),  Encéphale,  an  21,11»  1,  p.  37-56,  janv.  1926 

(2  planches). 

L’auteur  a  observé  eif  un  temps  assez  court  quatre  cas.de  tumeur  du  lobe  frontal,, 
c’est-ù-dire  de  la  région  située  en  avant  de  la  zone  motrice.  Son  attention  a  été  de  la 
Sorte  attirée  sur  cette  loca  lisation  dont  il  a  entrepris  de  reviser  la  symptomatologie  en  se 
basant  sur  des  observations  déjà  publiées  et  sur  Ips  siennes. 

On  dit  que  les  lobes  frontaux  constituent  une  zone  muette  ;  en  réalité  le  diagnostic 
de  tumeur  frontale  a  plusieurs  fois  porté  avec  exactitude  ;  et  d’autre  part  les  cliniciens 
les  plus  expérimentés  ont  fait  dans  bien  des  cas  de  pareilles  tumeurs  des  diagnostics 
aussi  disparates  qu’erronés.  La  zone  frontale  n’est  pas  muette  ;  elle  est  à  expression.s 
multiples,  elle  est  polyglotte. 

Escuder  Nunez  est  d’avis  que  le  lobe  frontal  a  bien  son  syndrome  propre  ;  mais  on 
n’est  que  rarement  appelé  à  examiner  le  malade  alors  que  ce  syndrome  existe  dans  sa 
pureté.  La  tumeur  du  lobe  frontal,  en  qualité  de  tumeur  cérébrale, s’accompagne  néces¬ 
sairement  de  symptômes  généraux  qui  pourront  à  un  moment  donné  voiler  complète¬ 
ment  la  symptomatologie  locale  ;  il  y  a  encore  à  envisager  les  compressions  à  distance 
et  la  possibilité  d’une  double  tumeur.  Puis,  les  deux  lobes  frontaux  ayant  même  fonc¬ 
tion,  il  est  difficile  de  discerner  côté  de  la  tumeur  ;  l’anosmie  unilatérale  et  la  stase 
papillaire  unilatérale  sont  de  bons  signes  de  latéralisation,  mais  le  plus  souvent  ce  sont 
les  répercussions  dans  la  zone  rolandique  qui  donnent  l’indication  du  côté  de  la  tumeur. 
Une  bosselure  osseuse  peut  simplifier  la  tâche  du  clinicien  ;  c’est  une  éventualité  rare  . 
Quant  au  siège  de  la  céphalée  et  de  la  douleur  à  la  pression,  quant  aux  troubles  de  l’équi¬ 
libre  et  à  l’ataxine,  ce  sont  sources  d’erreurs  do  localisation. 

La  déviation  de  la  tête  et  des  yeux  est  un  bon  signe  de  lésion  frontale.  La  déviation 
se  fait  du  côté  opposé  à  la  tumeur.  L’apraxie  indique  l’atteinte  du  corps  calleux. 

Au  syndrome  psychique  du  lobe  frontal  s’attache  le  plus  d’importance.  La  moral 
insanilg  des  anglais,  la  maria  de  Jastrowitz,  l’humeur  folâtre  d’Oppenheim  traduisent 
le  déséquilibre  de  la  pensée,  du  caractère  et  de  la  conduite  qui  s’observe  dans  la  moitié 
des  cas.  Encore  faut-il,  pour  que  ces  troubles  soient  constatables,  que  la  tumeur  n’ait 


332 


ANAL  YSLS 


pas  ancorc  dél.riiil,  les  lohes  froiilaiix  el,  que.  le  malade  resle  capald('  de  parler  el  d’affir. 

Dans  plusieurs  cas  le  syra|)t(‘)mn  de  fliyperexc.il, al, ion  de  l’irnaffinalion  absurlialL  Ic^s 
autres  raeultés,  inéinuire,  attiudion,  logique,  raisonnement  ;  tout  sa  fantaisie  le 
malade  faisait  des  réponses  extravagantes  aux  questions  pusfu's  ;  d’où  sou|)(;on  d’iiys- 
tùrie.  Dans  sa  conduite,  le  malade  est  tout  aussi  incorrect  ;  il  n’a  aucun  souci  du  main¬ 
tien,  de  l’urbanité,  de  la  propreté,  il  se  com|)orte  en  excité  et  en  toqué.  Cet  état  éfiilep- 
toïde  jisyc  bique  est  un  sym[)tùm(‘(lela  première  heure.  A  mesure  ipie  la  tumeur  grandit  et 
ilétriiit  le  lobe  frontal,  l’inhibition  psychique  remplace  l’excitation  et  l’on  observe  (a 
•somnolence,  l’abattemeul .  la  stupeur,  le  coma  vigil. 

Le  syndrome  cliniipie  des  tumeurs  du  lobe  frontal  comporte  en  somme  des  symptômes 
sensitivo-nnd.eurs  et  des  symptômes  psychiques. 

Symptômes  sensitivo-moleurs  ;  anosmie  unilatérale  ;  hyperexcitabilité  sensitive 
(purement  psyciiiquiO.  slase  piqiillaire  unilatérale  ;  déviation  de  la  tête  et  des  yeux  du 
côté  opposé  à  la  tumeur  (excitai ion  du  pied  de  !■’“),  ou  paralysie  des  mouvements  de  la 
tête  et  des  yeux  vers  le  côté  opposé  (destruction). 

Symptômes  psychiques  d’excitation  (D'étape)  :  épilepsiepsychiipie et  incorrection 
de  la  conduite,  symptômes  psychiipies  d’inhibition  (2'  étape)  :  somnolence,  hébétude, 
coma  frontal. 

Les  synqitômes  généraux  des  tumeurs  cérébrah's,  céphalées,  vomissements,  vertiges, 
hypertension,  bradycardie,  stase  papillaire  double,  etc.,  viendront  souvent  surcharger 
le  tableau.  E.  I''. 

Le  séméiologie  des  tumeurs  du  tronc  du  corps  calleux,  par  Georges  Guillain 

et  Haymond  G.vkcin.  liiill.  el  Mém.  de.  la  Suc.  mhl.  dca  Ilflpilaiix  de.  Pari.'t,  an  42, 

n»  19,  p.  K59,  28  mai  1926. 

Dans  un  iirécédent  mémoire, M.  Guillain  avait  étudié,  au  sujet  d’un  cas  personnel,  la 
séméiologie  des  tumeurs  du  splénium  du  corps  calleux.  Il  concluait  à  l’existence  d’une 
symptomatologie  assez  spéciale  (le  ces  tumeurs  pour  (pie  le  diagnostic  puisse  en  (’tre 
fait.  Les  signes  d’une  tumeur  du  splénium  p(uivent  se  décrire  sous  les  titres  suivants  ; 
hypertension  intracrânienne,  troubles  mentaux,  trouldcs  moteurs  bilatéraux,  apraxie 
possible,  aphasie  absente,  pas  de  paralysie  des  nerfs  crâniens. 

Les  auteurs  ont  récemment  observé  une  malade  dont  l’aiitopsie  montra  un  gliome  de 
la  partie  antérieure  du  tronc  du  corps  caihuix.  L’étude  anatomo-clinique  do  cette  obser¬ 
vation  leur  a  permis  de  préciser,  à  côté  de  la  symptomatologie  du  splénium,  celle  des 
lésions  des  zones  antérieures  de  la  commissure  calleuse  interhémisphérique. 

Les  deux  éléments  essentiels  de  la  symptomatologie  ont  été  d’une  part  les  phénomfmes 
(l((  (lésé(piiiibrati(m  et  d'ataxie,  et  d’autre  part  les  troubles  psychiques. 

L’ataxie  a  été  le  piMunier  symptôme  observé,  et  la  malade  était  venue  l'i  la  consul¬ 
tation  uni(piement  pour  d('s  troubles  de  la  démarche.  Les  perturbations  de  l’éipiilibre, 
la  titubation,  l’ataxie,  ont  toujours  été  les  symptômes  de  premier  plan.  Aucun  trouble 
kinétiqiH' cérébelleux  des  membres  supérieurs,  aucun  déficit  (lyramidal,  aucun  signe, 
((xtrapyramidal. 

Les  troubles  psychiques  étaient  des  signes  d’amoindrissement,  salis  délire  :  difll- 
ciilté  de  l’attention,  fatigabilité  rapide,  huiteur  des  réponses,  euphorie,  indifférence 
émotioi . Ile.  Pas  trace  d'aphasie  iii  d’aiiraxie.  Troubles  sphinctériens  (mictions  invo¬ 

lontaires)  précoces. 

Le  diagnostic,  de  localisation  des  lésions  dans  le  corps  calleux  avait  été  fait  sur  les 
symptômes  précéde.nts  auxquels  s’ajoutaient  la  surréfleotivité  tendineuse  aux  membres 
inféri(‘iirs  avec  clonus  du  ided,  iîabinski  bilatéral  et  léger  tr(!mblement  bilatéral  des 


ANALYSES 


333 


Du  r.ipprochcm'pnt  do  lour  obsorvation  do  divors  cas  publiés,  MM.  Guillain  et  Garcin 
drossonl  le  schéma  séméiologique  dos  tumeurs  du  corps  calleux,  ainsi  constitué  : 

Insignes  d’hypertension  intracrânienne  souvent  moins  accusés  que  dans  d’autres 
Inmcurs  cérébrales. 

3“  Troubles  mentaux  caractérisés  surtout  par  des  phénomènes  de  déficit. 

3“  Troubles  de  l’équilibration,  troubles  ataxiques  souvent  précoces  et  durables. 

4"  Présence  fréquente  de  troubles  moteurs  bilatéraux,  potivant  être  plus  marqués 
d’un  côté  que  de  l’autre.  Parfois  seulement  modifications  bilatérales  des  réflexes. 

5“  Possibilité  de  phénomènes  apraxiques. 

fi”  Absence  do  troubles  aphasiques. 

7»  Absence,  de  paralysie  des  nerfs  crâniens  basilaires. 

Les  troubles  mentaux  d’une  )iart,  l’ataxie  calleuse  d’au  tte  part  sont,  dans  ces  tuineuis 
du  tronc  du  corps  calleux,  les  symptèmes  du  premier  plan. 

La  physiologie  pathologique,  de  l’ataxie  cérébelleuse  pourrait  être  longuement  dis¬ 
cutée.  Les  auteurs  ne  croient  pas  qu’il  s’agisse  ici  (ie  troubles  des  voies  vestibulaires 
créés  par  l’hypertension,  ni  d(^  troubles  du  cervelet  lui-môme.  L’ataxie  calleuse  est  à 
rapprocher  de  l’ataxie  frontale  et  l’on  pourrait  admettre  la  possibilité  de  lésions  éven¬ 
tuelles  des  voies  fronto-proto-cérébelleuses.  L’ataxie  calleuse  paraît  avoir  son  auto¬ 
nomie  ;  elle  dépend  des  lésions  des  fibres  commmissurales  du  corps  calleux,  de  cette 
commissure  qui  contient  dans  sa  partie  moyenne,  comme  le  dit  Mingazzini,  les  fibres 
destinées  à  la  «  taxie  et  à  la  praxie  »  des  mouvements.  La  grande  commissure  interhémi¬ 
sphérique  de  l’homme  paraît  indispensable  pourl’eutaxieet  l’eupraxie  de  la  mimique, 
'lu  langage  et  de  la  motilité,  indispensable  aussi  pour  la  fixation  des  perceptions  psy¬ 
chiques  les  plus  élevée.s.  E.  h'. 


Tumeur  cérébrale  (glioblastiome)  avec  syndrome  psychasthénique  initial,  pa» 

L.  Marchand  et  i’.  Sciiiff,  Encéphale,  an  21,  n“  2,  p.  121-127,  février  1920. 

11  s’agit  d’un  homme  d(‘  40  ans  admis  dans  le  service  pour  tristesse  morbide  et  affai¬ 
blissement  physique  et  mental.  Pendant  les  dix-huit  mois  qui  précédèrent  l’apparition 
des  premiers  signes  d’une  tumeur  cérébrale,  l’état  psychasthénique  a  existé  seul.  Ge 
syndrome  psychasthénique  en  tant  que  signe  initial  d’une  tumeur  cérébrale  diffuse, 
évoluant  isolément  pendant  une  longue  période  prémonitoire,  mérite  d’être  retenu. 

Les  signes  de  localisation  restèrent  jusqu’à  la  fin  fort  réduit.s.  Le  sujet  a  présenté  à 
la  périoile  d’état  îles  crises  de  tremblement  menu  des  membres  supérieurs  ;  mais  les 
troubles  de  la  réflectivité  et  les  paralysies  ont  fait  défaut  malgré  l’étendue  considérable 
lies  lésions.  Celles-ci  intéressaient  le  genou  du  curjis  calleux,  le  centre  ovale  des  lobes 
frontaux  et  dans  l’hémisphère  gauche  la  partie  antérieure  du  noyau  caudé,  le  putameii 
et  la  partie  antérieure  du  thalanrtis. 

•Vu  point  de  vue  histologique  le  cas  apporte  une  contribution  intéressante  aux  concep¬ 
tions  modernes  concernant  les  gliomes.  Le  tissu  néoplasique  a  évolué  sous  deux  formes 
différentes,  l’une  sarcomateuse,  l’autre  gliomateuse  ;  deux  tissus  d’origine  différente, 
l’un  mésenchymateux,  l’autre  neuro-ectodermique,  se  trouvaient  ainsi  réunis  dans  une 
même  tumeur.  On  tend  à  admettre  aujourd’hui  que  sarcomes  cérébraux,  sarcomes  fibro- 
plastiques,  sont  on  réalité  des  gliomes  particuliers,  des  glioblastomes,  dans  lesquels 
les  éléments  néoplasiques  seraient  des  éléments  névrogliques  restés  ombryonnaires,au 
stade  des  astroblastes  sans  fibrilles.  La  tumeur  étudiée  serait  alors  gliome  et  glioblas¬ 
tome  à  la  fois,  vu  la  juxtaposition  des  deux  formes  d’éléments. 

E.  F. 


334 


ANALYSES 


Un  cas  de  tumeur  cérébrale  traité  par  la  radiothérapie,  par  A.  Coyon,  I.  Solo- 
MON  et  WiLLKMiN,  Jiull.  cl  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n»  21, 
p.  955,  11  juin  1926. 

L’intérOt  de,  celte  observation  rési<Ie  dans  la  disparition  rapide  du  syndrome  d’hyper¬ 
tension  crânienne  et  des  troubles  concomitants  exclusivement  au  moyen  de  la  radio- 
tliérapie  ;  c’est  on  raison  de  cette  action  heureuse  de  la  radiothérapie  que,  le  diagnostic 
de  tumeur  cérébrale  étant  cliniquement  certain,  on  peut  admettre  qu’il  s’agit  d’un 
gliome.  E.  F. 


Syndrome  d'hypertension  intracrânienne  sans  signes  de  localisation  et  sans 

réaction  méningée.  Guérison  par  la  radiothérapie  profonde,  par  André  Gain, 

1.  .Soi.OMON  et  llACHBT.  Ihill.  cl  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris, 

an  42,  n»21, 1..958,  Il  Juin  1926. 

Cas  rapporté  en  raison  do  l’efficacité  de  la  radiothérapie.  11  s’agit  d’une  jeune  femme 
sans  passé  pathologique  chez  qui  se  développe  en  pleine  santé  un  syndrome  d’hyper¬ 
tension  intracrânienne.  Le  diagnostic  probable  est  celui  de  gliome  cérébral.  Indications 
sur  la  technique  employée.  E.  E. 

Métastase  cranio-méningée  d’un  hypernéphrome  latent,  par  IIarbinoer  et 
Agostini,  Société  anatomique,  7  janvier  1926. 

Observation  d’un  malade  qui  présentait  une  tumeur  crânienne  semblable,  é  un  kyste 
sébacé.  L’examen  histologique  montre  qu’il  s’agissait  d’une  métastase  d’hypernéphrome 
qu’aucune  recherche  clinique  ne  permit  de  découvrir.  C’est  un  nouvel  exemple  de  la 
fréquence  des  métastases  de.  ces  tumeurs  rénales  insoupçonnées  en  clinique, 

E.  K. 

Diplégies  associées  et  diabète  insipide  dans  les  traumatismes  crâniens,  par 

WORMS,  Pull,  et  Mém.  de.  la  Suc.  nationale  de  Chirurgie,  t.  52,  n»2ü,  p.  623, 2  juin  1926. 

1.  Fracture  de  l’étage  moyen  de  la  base  avec  diplégies  associées  des  5',  6“,  7*  et  8'  pai¬ 
res.  L’associalioii,  extrêmement  rare,  de  ces  diplégies,  n’est  pas  seule,  à  attirer  l’atten¬ 
tion  ;  il  y  a  im  outre,  un  diabète  insipide  et  des  troubles  de  la  nutrition. 

IL  Traumatisme  cranio-cérébral  suivi  de  diabète  insipide  ;  ce  diabète  a  été  guéri  par 
une  ponction  lombaire.  E.  F. 

Etude  d’un  cas  de  diabète  insipide,  par  Marcel  I.adbé  et  Azf.rad,  Bull,  et  Mém.  de 
la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  un  42,  n»  12,  p.  519,  26  mars  1926. 

De  celte  élude  ressort  la  confirmation  de  la  théorie  pathogéiiiquc  infuiidibulaire 
énoncée  par  Camus  et  Roussy  cl  de  l’etllcacilé  de  l’extrait  de  lobe  postérieur  mise  en 
évidence  par  Lereboullet,  Maraflon,  Goctsch, Cushing.  Resterait  à  comprendre  les  rela¬ 
tions  existant  entre  le  centre  régulateur  de  la  diurèse  situé  dans  l’infundihulum  et  le 
lobe  postérieur  do  l’hypophyse  ;  s’appuyant  sur  ses  constatations  histologiques,  Rémy 
Colin  a  proposé  une  théorie  faisant  intervenir  la  migration  de  la  sécrétion  colloïdale  de 
l’hypophy.so  et  son  action  directe  sur  les  centres  nerveux;  cotte  notion  do  la  synergie 
Jonctionnelle  d’une  glande  endocrine  et  d’un  centre  nerveux  s’oriente  du  rts  le  môme  sens 
.que  les  recherches  faites  sur  le  corps  thyroïde  ot  lu  glande  surrénale  dans  leurs  rapports 
avec  le  système  sympathique. 

Le  sujçt  n’a  pas  manifesté  le  dégoût  de  l’eau  après  action  de  la  rélropiluitrinc,  mais 


ANALYSES 


335 


simplement  la  cessation  de  la  soif.  Il  est  vrai  qu’on  ne  l’a  pas  forcé  à  boire  plus  qu’il  ne 
désirait.  Ce  dégoût  de  l’eau  dont  a  parlé  Rathery  ne  semble  pas  en  rapport  avec  l’action 
du  traitement  hypophysaire  mais  simplement  avec  la  cessation  de  la  polyurie.  L’hypo¬ 
physe  n’agit  pas  sur  la  soif,  mais  sur  la  diurèse.  Ce  n’est  pas  la  soit  qui  est  primitive, 
mais  la  polyurie.  La  sensation  do  soit  résulte  de  la  déshydratation  de  l’organisme.  Si 
l’hydratation  dépasse  la  normale,  boire  est  difficile  ;  dès  qu’il  y  a  déshydratation,  boire 
devient  nécessaire. 

Dans  leur  cas  les  auteurs  ont  mis  en  lumière  les  modifications  transitoires  de  l’hydré- 
mie  provoquée  soit  par  la  boisson,  soit  par  la  diurèse.  Chez  l’homme  normal  ces  modi- 
flc'ations  sont  minimes  et  passent  inaperçues  ;  chez  un  polyurique  à  18  litres  elles  sont 
considérables  et  faciles  à  voir. 

Quand  chez  le  sujet  on  supprimait  la  polyurie  par  l’injection  d’hypophyse,  le  poids 
s’élevait  de  3  kg.  en  un  jour  ;  quand  on  cessait  les  injections  la  polyurie  revenait  et  le 
poids  corporel  s’abaissait  de  la  même  quantité.  Donc,  rétention  do  3  litres  d’eau  en 
24  heures.  E.  F. 

Insuline  et  ionothérapiedansle  diabète  insipide,  par  Carlos  P.Waldorp;  Revisla 
de  la  Asociacion  méd.  argeniirta,  t.  38,  p.  458,  novembre-décembre  1925. 

L’insuline  seule,  ou  associée  aux  ions  Ca  K  et  Na,  ne  modifie  pas  la  polydipsie  ni  la 
polyurie  ;  dans  les  cas  de  l’auteur,  qui  obéissaient  à  l’action  oligurique  de  l’extrait  hypo¬ 
physaire,  l’adjonction  de  l’insuline  à  l’extrait  n’en  a  pas  renforcé  l'efficacité. 

F.  Deleni. 


CERVELET 

Contribution  à  la  connaissance  de  la  symptomatologie  des  lésions  du  système 
cérébelleux.  Le  symptôme  des  «  asymétries  primitives  de  position  »,  par 

O.  Rossi.  Sludi  Neurologici  dedicati  a  Eugenio  Tanzi,  p.  145-175,  avec  33  photos, 
Tip.  soc.  torinese,  Turin,  1926. 

Intéressante  étude,  copieusement  illustrée,  mettant  en  évidence  un  symptôme  céré¬ 
belleux  nouveau,  l’asymétrie  spontanée  d’attitude  des  malades  quand  ils  viennent  de 
passer  d’une  position  à  une  autre. 

Dans  les  cas  où  le  système  cérébelleux  est  lésé  on  peut  observer,  du  côté  de  la  lésion, 
des  prises  de  position  anormales,  «  des  asymétries  primitives  de  position  ».  Il  s’agit  là 
d’un  symptôme  ilnportant,  manifeste,  précoce  et  fréquent  (constaté  14  fois  sur  19  cas 
cérébelleux  examinés  à  ce  point  de  vue).  Ce  symptôme  ne  s’identifie  à  aucun  de  ceux 
décrits  jusqu’ici  comme  éléments  du  tableau  cérébelleux.  F.  Deleni. 

MOELLE 

Symptomatologie  et  traitement  chirurgical  des  lésions  de  la  moelle  épinière, 

■par  L.  PoussEP  (de  Tartu),  Folia  Nearopalhologica  Eeloniana,  t.  5,  fasc.  1,  p.  1-35, 
mars  1926  (19  ligures,  1  planche  en  couleurs). 

Ce  travail  résume  une  expérience  personnelle  fort  étendue.  Le  Professeur  Poussep 
a  en  effet  observé  quelque  600  cas  de  lésions  spinales  depuis  1914  ;  il  a  conservé  des 
notes  suffisantes  sur  299,  dont  275  avec  intervention. 

C’est  dohc  une  pathologie  chirurgicale  complète  que  l’auteur  présente,  les  lésions  por¬ 
tant  sur  toute  la  hauteur  de  l’axe  et  ayant  été  produites  par  des  projectiles,  des  armes 
blanches  et  aussi  par  des  fractures. 


330 


ANAL  Y  SES 


■  La  chirurgie  peut  beaucoup  pour  l’amélioration  des  blessés  médullaires.  Il  est  vrai 
(pic  la  mortalité  des  interventions  précoces  est  extrêmement  élevée,  50  %,  ce  qui  tient  à 
(ies  circonstances  sur  lesquelles  le  chirurgien  a  peu  de  prise  ;  mais  dès  que,  l’intervention 
est  plus  tardive  la  mortalité  diminue  ;  elle  e.st  de  3  1/2  %  dans  la  statistique  des  obser¬ 
vations  de  Poussep  et  tombe  à  2,50  %  si  l’on  en  ôte  les  cas  de  section  complète  de  la 
moelle.  Il  ne  faut  donc  pas  s’exagérer  la  gravité  des  interventions  pour  blessures  du 
rachis  et  de  la  moelbî.  L’ouverture  de  la  dure-mère  n’cntralne  qu’une  faible  augmenta¬ 
tion  de  la  mortalité. 

La  suture  de  la  moelbi  ne  donne  pas  de  résultat  appréciable  dans  les  cas  de  lésion 
tranversale  totale  ;  elle  est  suivie,  au  contraire,  d’une  amélioration  marquée  lorsque  la 
moelle  n’est  coupée  qu’à  moitié.  L’ablation  des  corps  étrangers  exerçant  une  compression 
donne  des  résultats  très  favorables . 

L’intervention  tardive,  ou  myélolysis,  est  le  plus  souvent  avantageuse.  Dans  les  cas 
de  lésions  de  la  queue  de  cheval  les  résultats  sont  excellents.  La  suture  des  nerfs  de  la 
(pieiie  de  cheval  mériterait  d’être  pratiquée  plus  fréquemment. 

Les  interventions  «  à  voie  détournée  «‘donnent  dos  résultats  satisfaisants,  mais  ce 
procédé  demande  des  études  complémentaires. 

I  -  Dans  les  cas  de  plaie  de  la  moelle  par  arme  à  leu,  la  période  la  plus  propice  à  l’inter¬ 
vention  est  de  15  jours  après  la  blessure  ;  alors  les  chances  d’infection  sont  moindres  et 
les  modifications  subies  par  la  moelle  ne  sont  pas  encore  des  altérations  définitives. 

E.  F. 

Plaie,  vertébro-médullaire  par  éclat  d’obus.  Lésions  radiculo-médullaires. 

Projectile  extrait  tardivement,  par  Bernard  Desplas,  Bull,  el  Mém.  de  la  Soc. 

nationale  de  Chirurgie,  t.  52,  n“  IG,  p.  498,  5  mai  1920. 

Le  0  septembre  1914,  plaie  pénétrante  dans  la  région  lombaire  droite  ;  paraplégie 
immédiat!'.  Le  10  novembre’  après  laminectomie,  on  extrait  deux  éclats  d’obus  ;  mais 
la  dure-mère  n’est  pas  ouverte  et  il  reste  un  éclat  intra-dure-mérien. 

En  janvier  192G  le  blessé  marche  avec  des  cannes,  en  se  traînant  ;  rotulien  exagéré 
à  gauche,  aboli  à  droite,  tréiiiilation  épileptoïde,  constipation  opiniâtre,  dysurie  avec 
rétention,  siq)pression  des  érections.  Dans  la  région  lombaire,  cicatrices  des  projectiles  ; 
en  outre,  sur  la  ligne  médiane,  longue  cicatrice  chirurgicale  douloureuse  s’étendant  do  la 
l'“  à  la  5“  lombaire,  avec  orifice  fistulcux  à  sa  partie  inférieure. 

Opérationle2G  mars  1916.  Excision  do  la  cicatrice.  Onarrive  sur  les  lames  ;  lesapo- 
physes  épineuses  des  2«  et  3®  lombaires  ont  été  réséquées  ;  les  lames  sont  en  place,  mais 
ostéitiques  ;  c’est  le  point  de  départ  delà  fistule  ;  on  enlève  les  lames,  pour  bien  déga¬ 
ger  l’étui  dure-mérion  induré.  On  ouvre  la  dure-mère  longitudinalement.  Il  existe  une 
véritable  méningite  localisée  avec  adhérences  et  cloisonnement  qui  font  que  le  liquide 
céphalo-rachidien  ne  s’écoule  pas  ;  on  est  en  présence  du  cône  médullaire  et  des  racines 
droites  de  lu  queue  de  cheval;  on  trouve,  dans  la  substance  médullaire,  le  corps  étran¬ 
ger  incrusté,  sa  partie  extra-médullaire  entourée  par  les  filets  de  la  queue  de  cheval. 
On  l’extrait  par  tiraillement. 

Deux  mois  plus  tard  l’opéré  marchait  avec  des  cannes  ;  puis  les  progrès  s’accentuent 
rapidement,  et  l'ii  avril  1917,  complètement  guéri,  le  blessé  se  marie  ;  il  a  eu  deux  enfants 
depuis. 

Il  était  intéressant  de  montrer  ce  magnifique  résultat  ilix  ans  après  l’intervention; 
L’éclat  d’obus  était  fixé  dans  le  cône  médullaire  ;  en  pareil  cas,  ou  il  y  a  dos  lésions  des¬ 
tructives,  ou  il  y  a  des  accidents  par  compression  et  par  irritation  ;  les  premières  sont 
irrémédiables  ;  l’ablation  ilu  projectile  permet  au  conlrairi'  de  supprimer  les  phéno¬ 
mènes  de  compression  qui,  dans  le  cas  ci-dessus,  avaient  fait  du  blessé  un  grand  infirme. 

E.  F. 


ANAL  YSES 


337 


Le  cancer  et  la  moelle  épinière,  par  Arthur  Weil  et  Walter  M.  Kraus  (de  New- 
York),  American  J.  of  lhe  med.  Sciences,  vol.  171,  n»  6,  p.  825-830,  juin  1920. 

D’après  les  données  do  la  littérature  les  etrets  sur  la  moelle  des  cancers  situés  en  diffé¬ 
rentes  régions  du  corps  seraient  de  deux  sortes.  Dans  un  premier  groupe  de  cas,  des  méta- 
•sta.ses  des  méninges,  des  racines,  des  vertèbres,  ou  de  la  moelle  elle-même  produisent 
dans  celle-ci  des  lésions  locales  et  à  distance.  Dans  un  second  groupe  de  cas  les  lésions 
médullaires  sont  attribuées  à  des  toxines  cancéreuses  amenées  à  la  moelle  par  voie  vas¬ 
culaire,  lymphatique  ou  périneurale. 

Des  auteurs  ont  fait  l’étude  de  10  cas  de  cancer  <lans  l’intention  de  vérifier  la  réalité 
des  cas  du  second  groupe  ;  ils  ont  pu  s’assurer  qu’ils  sont  inexistant, s.  Autrement  dit, 
toutes  les  dégénérations  que  l’un  constate  dans  la  moelle  des  individus  morts  de  cancer 
sont  des  effets  directs  de  métasta.scs,  ou  sont  déterminées  par  des  causes  n’ayant  rien 
à  voir  avec  le  cancer. 

D(^s  10  cas  de  carcinomatose  étudiés,  9  (soit  50  %)  ont  présenté  à  l’examen  histolo- 
giqiu!  une  moelle  normale  malgré  la  longue  durée  de  la  maladie  et  la  sévère  cachexie 
terminale. 

Dans  les  cas  où  existaient  des  dégénérations  médullaires,  celles-ci  étaient  dues 
soit  à  des  métastases  durales  extérieures  à  la  moelle  (4  cas  ou  25  %),  soit  à  la  syphilis 
ou  l’artériosclérose  généralisée  (3  cas  ou  19  %). 

Il  n’a  pas  été  prouvé  qu’une  toxine  cancéreuse  spécifique  amenée  par  vaisseaux 
sanguins  et  lymphatiques  puisse  venir  détruire  les  gaines  de  myéline  des  fibres  spinales. 
Au  contraire,  il  est  apparu  par  les  constatations  faites  que  la  moelle  est  plus  résistante  à 
la  carcinomatose  que  n’importe  quelle  autre  partie  du  corps. 

Les  métastases  et  les  altérations  médullaires  qu’elles  produisent  se  trouvent  au  mémo 
niveau  segmentaire  que  la  tumeur  cancéreicse  initiale.  Ceci  se  trouve  démontré  par 
l’absence  de  lésions  médullaires  dans  les  cas  de  cancer  primitif  bas  situé  et  par  la  cor- 
resi)ondnnce  de  hauteur  de  la  métastase  au  cancer  primitif  dans  les  cas  de  cancer  de  loca¬ 
lisation  éh^vée.  La  ilégénération  do  type  ascendant  dos  cordons  postérieurs  est  unecom  - 
plication  fréquente  dos  métastases  cancéreuses  durales  ;  elles  sont  la  conséquence  de 
l’atteinte  des  racines  postérieures.  Thoma. 

Tumeurs  de  la  queue  de  cheval,  relation  de  deux  cas,  par  .Tulian  M.  Wolfsohn 
et  Edmund  J.  MopissEV  (de  San  Francisco),  .7.  of  lhe  American  med.  Association, 
t.  8(1,  11“  24,  p.  1828,  12  juin  1920. 

Les  deux  cas  de  l’auteur  contribuent  à  démontrer  la  fréquence  relative  des  tumeurs 
de  la  queue  de  cheval.  Un  examen  clinique  attentif  fait  le  plus  souvent  diagnostiquer 
la  lésion  ;  l’exploration  au  lipiodol  confirme  le  diagnostic  de  compression  et  a  le  grand 
mérite  de  préciser  le  niveau  où  il  faut  intervenir.  Thoma. 

Sur  le  tabes.  Nouvelles  études  pathogéniques,  anatomo-pathologiques  et  clini¬ 
ques,  par  Gonzalo  H.  Lafora  (de.Madrici),  Encéphale,  an  21,  n“3,  p.  102-170,  mars 
1920. 

La  première  localisation  spirochétique  du  tabes  est  radiculaire  ;  l’électivité  apparente 
sur  les  cordons  postérieurs  est  consécutive  à  une  maladie  partielle  et  inélective  des 
racines.  Au  commencement,  une  ou  un  petit  nombre  de  racines  seulement  étant  affec¬ 
tées,  le  tabes  est  monosymptomatique  ;  l’irritation  dos  racines  produit  des  douleurs 
fulgurantes,  ou  des  symptémes  pupillaires,  ou  la  perte  unilatérale  des  réflexes,  et  les 
symptômes  peu  à  peu  s’ajoutent  les  uns  n\ix  autres  jusqu’à  ce  que  soit  constitué  le 
tableau  clinique  complet. 


338 


ANALYSES 


Il  est  besoin  de  bien  connaître  les  phases  initiales  du  tabes,  à  symptomatologie 
très  incomplète,  afin  d’éviter  de  prendre  les  malades  pour  des  arthritiques,  des  gastri¬ 
ques  et  de  laisser  leur  tabes  évoluer  sans  opposition.  Les  tabes  frustes  sont  d’une  grande 
fréquence  ;  tous  les  tabes,  même  ceux  à  évolution  aiguë,  ont  été  longtemps  monosymp- 
tomatiques.  C’est  pourquoi  la  radiciililo  pure,  bien  différenciée,  prend  de  jour  on  jour 
une  valeur  pathognomonique  plus  grande.  Vu' la  limitation  des  lésions  radiculaires 
dans  la  période  initiale  du  tabes  et  leur  extension  échelonnée,  l’établissement  d’un 
diagnostic  précoce  et  par  suite  celui  d’un  traitement  approprié  peuvent  prévenir  la  dif¬ 
fusion  du  processus  pathologique,  autrement  dit  l’implantation  des  spirochètes  dans 
les  racines  spinales  postérieures  encore  saines. 

En  ce  qui  concerne  la  conduite  du  traitement  du  tabes  en  général,  l’auteur  estime 
d’après  son  expérience  personnelle  que  l’administration  prolongée  de  doses  peu  élevées 
donne  chez  la  plu|)art  des  malades  do  grandes  améliorations  ;  c’est  avec  les  préparations 
bismuthiques  et  iruîrcurielles  que  les  meilleurs  effets  sont  obtenus.  Les  préparations 
salvarsaniques  et  argcnto-salvarsaniques  employées  au  début  du  traitement  déter¬ 
minent  i)ri^squc  toujours  une  exacerbation  dos  symptômes  douloureux  ;  c’est  pourquoi 
l’on  ne  s’en  servira  que  comme  variantes  à  la  suite  de  traitements  prolongés  par  les 
autres  produits.  La  thérapeutique  intrarachidienne  mercurielle  associée  à  la  tbéraiieu- 
tiqtie  générale  dans  le  tabes  procure  des  résultats  excellents  et  rapides  et  fort  supérieurs 
à  ceux  de  la  thérapeutique  intramusculaire  ou  intraveineuse  exclusive. 

Jamais  les  tabétiques  ne  seront  considérés  comme  guéris.  Avec  un  traitement  indé¬ 
finiment  prolongé,  c’est-à-dire  au  moyen  de  la  cure  générale  répétée  deux  ou  trois  fois 
par  an,  on  obtient  un  arrêt  définitif.  Tout  tabes  qui  cesse  d’ôtre  traité  récidive  et  repart. 
C’est  pourquoi  les  tabétiques  doivent  être  considérés  comme  des  malades  chroniques, 
non  susceptibles  do  guérison  ;  ils  devront  rester  soumis,  leur  vie  durant,  à  la  tutelle 
thérapeutique.  E,  E. 


Contribution  à  l’étude  du  diagnostic  précoce  du  tabes  par  la  mesure  de  l’hy¬ 
potonie,  par  lIüDJiTCH  (de  Belgrade),  Paris  médical,  un  Ifi,  n»  15,  p.  353,  10  avril  1920. 
L’hypotonie  musculaire  est  un  des  symptômes  tabétiques  les  plus  précoces  dans  leur 
apparition  ;  l’hypotonie  peut  être  non  seulement  constatée!  à  la  palpation,mais  mesurée 
à  la  toise. 

D’après  Gsiky,  pour  effectuer  cette  mesure,  on  fait  la  ilifférencc  do  deux  quantités. 
La  première  est  la  distance  au  sol  du  gros  trochanter  du  malade.  Pour  obtenir  la  seconde 
on  fait  se  pencher  au  maximum  en  avant  le  malade  qui  tient  ses  jambes  raides  ;  la  dis¬ 
tance  de  la  proéminence  vertébrale  au  sol  est  la  quantité  cherchée. 

Chez  le  sujet  normal  la  mesure  de  l’hypotonie  est  nulle  ou  négative  ;  autrement  dit 
des  doux  distances  la  vertébrale  est  la  plus  grande. 

,  Chez  le  tabétique  lu  mesure  de  l’hypotonie  est  positive,  autrement  dit  la  distance  de 
la  proémiiKince  vertébrale  au  sol  est  plus  petite  que  la  distance  trochantérienno.  I.a 
différence,  exprimée  en  centimètres,  donc  lu  mesure  de  l'hypotonie,  a  été  de  15  à  30 
chez  les  14  tabétiques. examinés  parJ’auteur.  Quand  chez  un  syphilitique  on  trouve 
un  chiffre  pareil,  bn  peut  penser  qu’il  y  tabes  ou  imminence  de  tabes. 

E.  F. 

Tabes  évoluant  5  ans  après  le  chttnere  chez  un  malade  âgé  de  27  ans,  par  Spill- 

MANN  et  CnÉHANOB,  RéuTiion  dermatologique  de  Nancg,  26  mai  1920.  Bulletin  de 
la  Société  française'de  Dermatologie,  n»  6,  p.  448,  juin  1026. 

Le  malade  n’avait  jamais  présenté  d’accidents  secondaires  et  le  traitement  avait 
été  insuffisant  ;  le  tabes  débuta  par  un  mal  perforant  plantaire.  E.  F. 


ANALYSES 


389 


Pu  mal  tabétique  buccal,  par  Düchange,  Société  de  Stomatologie,  18  janvier  1926. 

Observation  personnelle  de  mal  perforant  buccal  et  revue  des  observations  analogues 
antérieurement  publiées.  L’auteur  préfère  pour  cette  affection  le  nom  de  mal  lahéliqiie 
buccal  ;  il  s’agirait  d’un  trouble  périphérique  d’origine  tabétique  médullaire,  la  lésion 
initiale  étant  sensitivo-sympathique. 

E.  F. 

Hernie  musculaire  par  rupture  aponévrotique  spontauée  chez  mi  tabétique , 

par  Laignel-Lavastine  et  Robert  Valence,  Bull,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpi¬ 
taux  de  Paris,  an  42,  n»  14,  p.  627,  23  avril  1926. 

Les  particularités  du  cas  sont  une  paralysie  du  moteur  commun  droit  qui  résiste 
au  traitement  spécifique  ;  de  gros  troubles  trophiquès  des  pieds  (hallux  valgus,  apla¬ 
tissement  de  la  voûte,  ôstéoarthropathies  hypertrophiantcs,  mal  perforant)  ;  une  hernie 
musculaire  du  biceps  droit  par  rupUire  spontanée  et  indolore  de  l’aponévrose  brachiale 
antérieure.  Il  s’agit  d’un  trouble  trophique  à  rapprocher  des  ruptures  tendineuses  des 
tabétiques.  E.  F. 

Euxation  double  de  l’épaule  par  arthropathie  tabétique,  jiar  O.  Crouzon, 
M“«  VOGT  et  Braun.  Bull,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42; 
n'>22,  p.  1051,  18  juin  1926. 

Tabes  polyarthropathique  (les  deux  épaules,  le  genou  droit  et  les  vertèbres  lombaires) 
chez  une  femme  de  59  ans.  L’histoire  de  la  malade  ne  permet  pas  de  retrouver  la 
syphilis  causale  ;  mariée,  pas  de  grossesse.  Il  y  a  20  ans,  hémiparésie  droite  installée 
sans  ictus  et  maintenant  disparue.  Il  y  a  17  ans,  premiers  signes  de  tabes:  incoordina¬ 
tion  légère,  quelques  troubles  vésicaux.  Le  tabes  reste  fruste,  les  signes  cardinaux  ré¬ 
duits  au  minimum,  et  les  arthropathies  se  sont  constituées  insidieusement.  Aux  épauics 
elles  se  manifestent  sous  la  forme  d’une  double  luxation  due,  à  gauche,  à  l’usure  de  la 
tête  humérale,  à  droite,  tête  humérale  intacte,  à  la  lésion  de  la  cavité  glénoïde. 

,  E.  F. 

Syringomyélie  imilatérale  avec  pseudo-acromégalie,  par  G.  Moreali,  Hivisla 
sperimentale  di  Ereniatria,  t.  49,  n“  2-3,  p.  227-248,  décenibre  1925. 

Le  cas  concerné  une  femme  de  42  ans  ;  les  trmiblcs  de  la  sensibilité  sont  unilatéraux 
(tête,  cou,  thorax,  épaule,  membre  supérieur  du  côté  droit)  ;  le  bras  droit  et  la  main 
droite  sont  le  siège  de  troubles  trophiques  importants  (hypertrophie  diffuse  de  tout  le 
membre  supérieur,  macrochirie  acromégaliforme).  h’.  Deleni. 

Deux  cas  de  sclérose  en  plaques  chez  Tentant  (deux  frères)  après  atteinte  dis¬ 
crète  d’encéphalite  étiquetée  grippe.  Influence  favorable  de  la  médication 
arsénicale  et  de  la  médication  iodée  sur  le  second,  par  A.  Rodet  (de  Megève), 
Lyon  médical,  2  mai  1926,  p.  507. 

Ces  deux  observations  concernent  Tune  et  Tautre  une  paraplégie  spasmodique  sur¬ 
venue  chez  doux  frères  à  la  suite  d’un  épisode  infectieux  étiqueté  grippe.  L’auteur  pense 
qu’il  s’agit  de  scléroses  en  plaques,  consécutives  à  une  encéphalite  méconnue.  Il  con¬ 
vient  de  faire  dps  réserves  sur  ce  diagnostic  d'encéphalite,  qui  ne  sè  serait  manifestée 
ni  par  des  myoclonies,  ni  par  de  la  somnolence,  ni  par  des  troubles  oculaires,  et  de  ne 
l’admettre  qu’ù  titre  d’hypothèse  insuffisamment  démontrée. 

Pierre  P.  Ravault. 


340 


ANALYSES 


La  malarisation  artificielle  dans  un  cas  de  sclérose  en  plaques,  par  O.  Anto- 
NELLi,  Biitlelino  de,  Alli  délia  Ltcale  Accademia  med.  di  Borna,  an  52,  1920. 
Succès  remarquable,  en  ce  sens  que  les  symptômes  irritatifs  se  sont  atténués  ;  la 
paraparésie  spasmodique  s’est  transformée  au  point  que  la  démarche  est  maintenant 
normah^  et  que  le  malade  p(uit  courir  ;  il  n’y  a  plus  d’ataxie  ni  de  tremblement  iplen- 
lionnel  ;  la  force  musculaire,  le  po\ivoir  visuel,  les  facultés  psychiques  présentent  une 
ffrande  amélioration.  En  ce  qui  concerne  les  signes  organiques  le  clonus  du  pied  a  dis¬ 
paru  et  les  réflexes  abdominaux  .se  sont  rétablis.  F.  Deluni. 

Pour  le  traitement  de  la  sclérose  en  plaques,  [)ar  G.  Roasenda, 

Pe.nsieru  medico,  n”  2.3,  9  juin  1923. 

Un  cas  de  syndrome  céphaloplégique  de  Fernandez  Figueira,  avec  forme  ménin¬ 
gée  dans  la  maladie  de  Heine-Medin,  par  .José  BoNABAet  Florencio  Yoartua, 
Brazil- Medico,  an  40,  t.  1.  n”  13,  p.  172,  27  mars  1920. 

Il  s’agit  d’un  enfant  do  trois  ans  qui  présenta  subitement  le  tableau  d’une  affection 
aiguë  :  vomissements,  céphalée,  fièvre,  mal  de  gorge,  délire  Au  troisième  jour,  convul- 

Un  syndrome  méningé  dissocié  (rigidité  de  la  nuque,  pas  de  Kernig)  joint  à  la  dou¬ 
leur  de  la  pression  de  l’oreille  fait  i)enser  à  une  otite,  et  en  effet  la  paracentèse  du  tympan 
droit  donne  du  pus.  Mais  pendant  qu’on  y  procède  l’attention  est  attirée  sur  la  chute 
tbï  la  tête  ;  l’enfant  ne  peut  la  maintenir  dans  la  rectitude.  A  cette  céphaloplégie  s’asso¬ 
cient  le  signe  de  Morquio  et  le  signe  de  Lasègue,  la  douleur  des  nerfs  à  la  pression  et 
l’abolition  des  réflexes  rotuliens.  On  constate  aussi  une  diminution  de  la  force  des  mem- 
bres  inférieurs.  Amélioration  en  quelques  jours. 

L’apparition  de  ce  tableau  morbi<le  en  pleine  période  épidémique,  la  céphaloplégie 
lypicpie  et  l’abolition  des  réflexes  rotuliens  ne  laissent  aucun  doute  sur  le  diagnostic. 
Il  s’agit  de  maladie  de  lleine-Medin  fruste,  avec  céphaloplégie  de  Fernandez  Figmdra, 
sans  paralysie,  avec  seulement  de  la  faiblesse  des  membres  inférieurs. 

’f outefois,  du  j)remier  abord,  le  diagnostic  manqua  de  fermeté  ;  cette  curieusu'  asso¬ 
ciation  de  la  rigidité  de  la  nuque  à  la  cé|)haloplégie,  ainsi  que  l’otite  concomitante, 
avai(mt  de  quoi  troubler.  F.  Deleni. 

Étude  générale  de  la  poliomyélite  antérieure  et  son  traitement,  par  Paul  Lon- 
Tiiioin,  Bruxelles-Médical,  t.  6,-  n®  27,  p.  79.3,  2  mai  1920. 

Revue.  I.e  nombre  des  cas  de  |)aralysic  infantile  a  notabh^ment  augmenté  en  Relgique. 
en  1925.  L’auteur  insiste  sur  le  traitement,  en  grand  progrès.  E,  F. 

Le  traitement  physiothérapique  de  la  paralysie  infantile,  état  actuel  de  la 
question,  par  Gonnet,  Loire  méd.,  an  40,  n»  3,  p.  117-130,  mars  1920. 

L’auteur  rappelle  les  bons  résultats  que  l’on  peut  attendre  de  lu  radiüthérapi(?  et 
surtout  de  la  diathermie,  qui  apparaît  comme  l’agent  de  choix  pour  combattre  les  trou¬ 
bles  trophi(pn‘s  di^  la  paralysie  infantile  ;  il  dresse  un  plan  général  do  traitement  de 
cétte  affection.  E  .  F. 

MÉNINGES 

La  pachyméningite  hémorragique  du  nourrisson  par  Robert  IlEiiné:  et  Georges- 
SEMiîi.AiciNC,  Presne  médicale,  n»22,  p.  337,  17  murs  1920, 

Parmi  les  hémorragies  méningées,  la  |iachyméningite  crânienne  garde  son  indivi- 


ANALYSES 


341 


<luulil,ù  propre  et,  son  aiitonornip.  Son  imporlanco  ot,  sa  fréquence  cliez  le  nourrisson 
jusUfient  l’élude  d’onsoinble  qu’en  font  les  auteurs.  Une  connaissance  plus  précise  de 
cette  affection  éclaire  un  certain  nombre  de  syndromes  nerveux  encore  assez  mai  connus. 
L’origine  de  la  pachyméningile  hémorragique  chez  le  nourrisson,  vrai.semblabiement 
liée  à  la  syphilis  congénitale,  conduit  à  un  traitement  qui  peut  en  améliorer  le  prono  ;lic. 

'e.  F. 

Beux  cas  d’hémorragie  méningée  liée  à  une  septicémie  pneumo-bacillaire, 

par  Hoborl  Debré  et  Lamy,  Société  de  Pédiatrie,  9  février  192G. 

Il  s’agit  de  2  cas  d’hémorragie  méningée  au  cours  de  septicémies  à  pnoumo-bacill(^s 
de  Fliedrændcr  ayant  évolué  do  façon  suraiguë.  Le  premier  enfant  présentait  les  symp¬ 
tômes  d’une  gastro-entérite  cholériforme,  suivie  d’une  hémi-contracture  droite  ;  la 
ponction  lombaire  permit  de  diagnostiquer  une  hémorragie,  méningée,  confirmée  par 
l’autopsie.  Chez  le  deuxième  enfant  qui  présentait  les  signes  d’une,  toxi-infoction  grave, 
la  ponction  fut  négative,  mais  l'autopsie  montra  une  hémorragie  méningée  cérébelleuse. 
Uans  les  2  cas,  le  pnoumo-bacilc  fut  retrouvé  dans  les  viscères.  E.  F. 

Méningites  cérébro-spinales  à  forme  d’hémorragie  méningée,  par  .1.  Chalier 
ot  M"»  SCHOEN,  Ivresse  médicate,  n»  8,  p.  99,  23  janvier  1920. 

Los  autours  ont  observé,  à  quelques  jours  de  distance,  deux  cas  de  méningite  cérébro- 
spinale.  à  liquide  hémorragique  chez  des  personnes  d’une  cinquantaine  d’années.  De 
tels  faits  sont  rares,  mais  il  faut  retenir  la  i)Ossibilité  des  méningites  cérébro-spinales 
hémorragiques  afin  que.  soit  évitée,  une  erreur  de  diagnostic  préjudiciable  au  traitement. 
Chez  la  première  malade  tout  orientait  le  diagnostic  vers  l’hémorragie  méningée,  et  la 
recherche  du  méningocoque,  dans  le  culot  du  liquide  céphalo-rachidien  centrifugé  m^  fut 
effectuée  que  par  hasard.  Le.  deuxième,  cas  a.j3énéficié  de  l’expérience  acquise. 

Il  e^t  indispensable,  en  présence  d’une  hémorragie  méningée,  quelle  que  soit  la  synqj- 
tomaiologie  cliniq\ie,  de  pratiquer  immédiatement  un  examcm  direct  et  une  culture  du 
liquide  céphalo-rachidien  pour  y  déceler  le  méningocoque.  E.  F. 

Surdité  par  méningite  cérébro-spinale;  amélioration  spontanée,  par  .\.  IIlocii. 

Société  de  Larjinnoloyic  des  Hôpitaux,  13  janvier  1920. 

Enfant  de  12  ans  frappé  de  surdité  totale  à  l'âge  de  2  ans  à  la  suite  d’uiu'  méningite 
cérébro-spinale.  L’auteur  a  assisté  ces  temps  derniers  à  un  retour  léger  mais  certain  de 
l’audition,  on  ce.  qui  concerne  certains  mots  cl  les  sons  graves  ;  le  vestibule  reste  inex- 
«itable.  Dans  ce  genre  de  surdité  les  améliorations  sont  tout  à  fait  exceptionnelles. 

E.  F. 

Méningite  méningococcique  avancée  traitée  par  les  ponctions  des  ventricules 

et  de  la  citerne  combinées  avec  la  ponction  lombaire,  par  Max  Minor  Peet  (de 

Ann  Arbor,  Midi),  J.  o/  the  Amer.  med.  Association,  t.  80,  n»  24,  p.  1818,  12  juin  )920. 

nelalion  d’un  cas  où  la  sérothérapie  par  voies  multiples  donna  les  meilleurs  résultats 
alors  que  la  sérothérapie  lombaire  avait  échoué.  L’administration  de  sérum  dans  les 
ventricules  et  dans  la  grande  citerne  offre  des  [lossibililés  curatrices  remarquables  et 
peut  iirévenir  toutes  les  séquelles  do  la  méningite  méningococcique. 


342 


Analyses 


Septicémie  méningoooccique  à  type  pseudo-palustre  améningitique  ;  guérison 
obtenueparla  sérothérapie  intraveineuse,  par  Liégeois  et  Foulon,  de 

Médecine  ei  de  Pharmacie  mililaires,  t.  84,  n”  1,  p.  51-56,  janvier  1926. 

11  s’agit  (l’une  méningoccocémie  do  forme  pseudo-palustre  sans  réaction  méningée 
oliservée  au  cours  d’une  épidémie  régimentaire  de  méningite  cérébro-spinale. 

Jugulée  une  première  fois  par  la  sérothérapie  intramusculaire,  la  septicémie  fit  une 
rechute  sérieuse  qui  motiva  l’emploi  d’une  administration  massive  de  sérum  intravei¬ 
neux  qui  procura  la  guérison.  E.  F. 

Septicémie  pure  à  méningocoques  B.  Abcès  térébenthiné.  Guérison,  par  L.  Boi- 

DiN,  liull.  el  Mérn.  de  la  Suc.  méd.  des  Hôpilaux  de  Paris,  an  42,  n»  18,  p.  815,  21  mai 
1926. 

La  triade!  :  accès  pseudo-palustres,  arthralgies,  erythème  maculo-papuleux  et  papulo- 
noueux  font  porter  le  diagnostic  de  septicémie  méningococcique.  L’hémoculture  donne 
un  (liplocoqiie  identifié  méningocoque  B.  Le  sérum  intraveineux  ayant  donné  lieu  ù 
un  choc,  l’injection  ne  fut  pas  répétée,  et  on  fit  un  abcès  térébenthiné  qui  donnâtes 
meilleurs  r(''sultats.  L’auteuir  insiste  sur  l’évolution  et  la  cicatrisation  rapide  de  cet 
abcès.  E.  F. 

Sur  une  forme  de  méningite  (chorio-épidymite  ?  )  pseudoméningococcique  trans 
missible  aux  animaux  de  laboratoire,  par  S.  d’Antona  et  L.  d’Antona.  Speri- 
mrnlale,  vol.  79,  n”  6,  p.  1017-1040,  janvier  1926. 

Il  s’agit  de  deux  cas  superposables  ayant  présenté,  en  dehors  des  symptômes  ménin- 
giti(|ues  communs,  des  accès  fébriles  intermittents  de  type  palustre,  une  parotidite 
avec  ou  sans  orcliitc,  une  pléiocytose  polymorphique  intense  du  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  av(ic  taux  d’albumine  normal  ou  peu  augmenté.  Bactériologiquement  lu  forme  est 
caractérisée  par  lu  présence  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  d’un  diplocoquc  gram 
|)ositif  ressemblant  au  Diptocuccus  crassus  mais  s’en  distinguant  par  sa  façon  de  faire 
fermenter  les  sucres,  de  liquéfier  la  gélatine  et  son  action  pathogène  sur  les  an  imaux  de 
laboratoiiM!,  action  qui  diffère  de  celh;  des  autres  agents  producteurs  de  méningo-encé- 
])balites.  L(!s  autcuirs  proposent  de  désigner  le  microbe  sous  le  nom  de  Diplococcus 
meninijilidis  liquefaciens.  D’après  les  données  cliniques  et  les  faits  expérimentaux  le 
substratum  analomo-palhologiquo  serait  davantage  une  chorio-épendymite  qu’une 
méningite.  Ces  deux  cas  (iécritsavoc  précision  aux  points  de  vue  ciinique,  bac  tériologi- 
«pio,  anatomique  et  expérimental  semblent  devoir  inciter  les  ob.sorvateurs  à  rechercher 
confirmation  de  l’existence  de  cette  nouvelle  espèce  de  méningite.  F.  Oeleni. 

Anomalies  du  syndrome  humoral  dans  la  méningite  tuberculeuse,  par  Hisbr  et 
P.  Mériel  (de  Toulouse),  Gazelle  des  Hôpilaux,  an  99,  n»»  25  et  27,  p.  .397  et  429, 
27  mars  et  3  avril  1926. 

11  existe  une  variété  de  méningite  tuberculeu.so  à  évolution  aiguë  caractérisée  anato¬ 
miquement  par  un  processus  congestif  intense  des  vaisseaux  cérébro-méningés  déter¬ 
minant  des  épanchements  sanguins  dans  les  espaces  sous-arachnoldiens.  Le  syndrome 
humoral  se  caractérise  alors,  suivant  l’intensité  de  l’épanchcmont,  le  moment  où  est 
pratiquée  la  ponction,  par  un  liquide  hémorragique  ou  simplement  xantochromique. 
Ces  hémorragies  s’accompagnent  do  la  présence  presque  constante  du  bacille  de  Koch. 
Le  diagnostic  doit  on  être  fait  avec  les  hémorragies  méningées  banales,  qui  sont  sou¬ 
vent' fébriles,  et  avec  surtout  l’hémorragie  méningée  méningococcique. 


ANAL YSE& 


343 


Le  liquide  céphalo-rachidien  de  certaines  méningites  tuberculeuses  peut  présenter 
une  polynucléose  abondante  et  exclusive.  L’évolution  de  ces  formes  est  habituellement 
très  rdpide.  On  y  trouve  de  nombreux  bacilles  de  Koch  qui  font  faire  le  diagnostic 
avec  les  autres  variétés  de  méningites  aiguës. 

Enfin  il  existe  des  méningites  mixtes  caractérisées  par  l’association  du  bacille  de 
Koch  et  des  méningocoques.  Il  semble  que  l’infection  méningococciquo  soit  primitive  : 
évoluant  chez  un  tuberculeux  elle  détermine  un  état  d’anergie,  le  réveil  des  foyers  tuber¬ 
culeux,  la  granulio  et  l’ensemencement  des  méninges.  E.  F. 

Cécité  absolue,  suite  de  méningite  séreuse.  Rétablissement  complet  de  la 
vision,  par  Abadie,  Lacat  et  Yoyotte,  Bruxelles-Médical,  t.  6,  n»  29,  p.  863,  16 
niai  1926. 

L’observation  concerne  une  jeune  femme  sans  antécédents  qui  perdit  la  vue  à  la 
suite  d’une  grippe  banale  et  légère.  Discussion  sur  la  pathogénie.  Une  méningite  inflam¬ 
matoire  et  exsudative  est  à  incriminer.  Guéri§on  après  une  ponction  lombaire  évacua- 
trico.  E.  F. 

Sur  certaines  formes  particulières  de  la  courbe  du  benjoin  colloïdal  dans  les 
-  méningites  syphilitiques  et  leiu-s  modifications  sous  l’influence  du  traite¬ 
ment,  par  Léchelle  et  Mouquin,  Bull,  de  la  Soc.  Jr.  de  Dermatologie,  n”  6, 
p.  426,  10  juin  1926. 

Alors  que  la  réaction  du  benjoin  colloïdal  affecte,  au  cours  de  la  paralysie  générale, 
un  type  positif  ou  subpositif  caractéristique,  elle  est  moins  régulière  dans  les  ménin¬ 
gites  syphilitiques.  Les  auteurs  donnent  trois  nouveaux  exemples  de  cette  irrégula¬ 
rité.  Leurs  trois  courbes  atypiques  du  benjoin  ont  été  obtenues  dans  des  cas  cliniques 
fort  différents  (méningite  syphilitique  secondaire,  syndrome  de  la  queue  de  cheval, 
tabes)  et  avec  des  liquides  céphalo-rachidiens  macroscopiquement  très  différents 
(liquide  trouble,  liquide  xanthochromique,  liquide  clair). 

Dans  les  trois  cas  le  traitement  antisyphilitique  a  modifié  la  courbe,  d’une  part  en 
atténuant  la  précipitation  dans  la  zone  syphilitique,  et  d’autre  part  en  déplaçant  la 
Yirécipitation  de  la  zone  méningée  vers  la  zone  de  préciiiitation  normale . 

E.  F. 

Un  cas  de  méningite  à  melitensis.  Contribution  à  l’étude  de  la  méningite  de  la 
fièvre  de  Malte,  par  Desage,  Pbllerin  et  Vinerta  (d’Oran).  Bull,  et  Mém.  de  la 
■  Soc.  rnéd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  t.  42,  n”  19,  p.  872,  28  mai  1926. 

Observation  détaillée  montrant  que  le  melitensis  peut,  à  la  fin  d’une  fièvre  de  Malte, 
se  localiser  sur  les  méninges,  déterminant  une  méningite  à  symptômes  frustes,  sans 
lièvre  et  dont  les  signes  caractéristiques  sont  une  forte  céphalée,  de  la  diplopie  et  de 
la  tachycardie. 

Les  réactions  biologiques  sont  identiques  à  celles  d’une  méningite  tuberculeuse  : 
mononucléose,  hyperalbuminose,  diminution  du  sucre  et  des  chlorures  ;  la  seule  diffé¬ 
rence  est  que  la  culture  du  liquide  céphalo-rachidien  met  en  évidence  du  melitensis. 
De  telles  méningites  mal  diagnostiquées  peuvent,  par  leur  évolution  favorable,  faire 
croire  de  fausses  guérisons  do  méningites  tuberculeuses.  E.  F. 

Méningites  et]  pseudo-méningites  vermineuses,  par  E.  Barragd,  Arch.  de  Méd. 
des  Enfants,  t.  29,  n»  7,  p.  389-400,  juillet  1926. 

La  question  n’est  pas  nouvelle,  mais  la  fréquence  relative  des  réactions  méningées 


344 


ANAL  Y SES 


Vürmino.iiscs  iippcliul  iino  inisc;  iiii  point  ;  le  présent  article  fait  ressortir  l'intérêt  des 
précisions  ai)portées  à  l’étude  de  ces  faits  par  la  ponction  lombaire  et  par  l’expérimeii- 
lalion.  E.  E. 

NERFS  CRANIENS 

Névralgies  faciales  d’origine  dentaire,  jiar  W.  UvFOVGiiV.fi,  Paris  médical,  an  IH, 
n”  15,  p.  354,  10  avril  1920. 

Les  névralj,'ies  faciales  ont,  plus  souvent  qu’on  ne  croit,  une  origine  dentaire.  Pour 
qu’on  soit  en  droit  d’éliminer  cette,  cause,  il  faut  qu’un  examen  minutieux  et  complet 
de  la  bouche  et  des  dents  ait  été  pratiqué.  L’auteur  rapporte  cinq  cas  de  névralgie,  fa¬ 
ciale  dans  lesquels  le  point  de  départ  dentaire  n’a  été  reconnu  que  sur  la  radiographie 
inlrabuccale.  E.  F. 

Un  cas  de  névralgie  du  trijumeau  avec  troubles  du  sympathique  conditionnée 
par  un  épaississement  diffus  des  os  de  la  base  du  crâne,  par  Ernst  Wein¬ 
berg  (de  Tartu),  Eolia  NcunipaUialayica  Eshmiana,  t.  5,  fasc,  I,  p.  03-07,  mars  1920. 

Deux  observations  do  neurotomie  rétro-gassérienne,  par  Marcel  Chaton,  Huit, 
cl  Mém.  de.  la  Soc.  nationale  de  Chirurgie,  an  52,  ii»  14,  |>.  407,  ‘28  avril  1920. 
I.’autenr  a  jiratiqué  avec  succès  l’opération  radicale  dans  deux  cas  de  névralgie, 
faciale  ndielhi  chez  des  sujets  ayant  iléjà  subi  à  plusieurs  reprises  l’alcoolisation  ou  la 
section  périphériipie  des  nerfs.  Premier  cas  d’exécution  facile,  deuxième  cas  difllcilc 
en  raison  de  l’épaisseur  du  crâne  de  l’individu  qui  était  de  grande  taille  et  d’un  dévelop¬ 
pement  osseux  peu  commun.  Considérations  de  grand  intérêt  au  point  de  vue  chirur¬ 
gical.  E.  F. 


Deux  c  as  de  paralysie  du  moteur  oculaire  externe  par  tumeurs  malignes  du 
pharynx  nasal,  par  Paolo  Cargo,  Neurologica,  an  3,  n"  I,  p.  28-32,  janvier-février 
1920. 

Les  deux  oliservations  il(!  l’auteur  montrent  qu’on  peut  observer  avec  une  ciirtaine 
fréquence  des  tableaux  cliniques  ressemblant  au  syndrome  de  üradenigo,  mais  d’étio¬ 
pathogénie  toute  différente.  Le  syndrome  do  Gradenigo  est  déterminé  |iar  des  processus 
inflammatoires  auriculaires,  le  pseudo-syndrome  de  Gradenigo  est  [irovoqué  par  la 
présence  et  le  développement  de  tumeurs  malignes  du  pharynx  nasal.  Le  diagnostic  est 
fait  par  la  reconnaissance  des  causes  ;  il  est  vrai  qu’à  la  rigmuir  les  deux  pourraient 
coexister  et  (pie  le  clinicien  devrait  alors  exercer  toute  sa  sagacité. 

F.  Deliîni. 

Nature  infectieuse  de  la  paralysie  faciale,  avec  relation  de  deux  cas  en  rapport 
avec  un  loyer  d’infection,  ]iar  Carrol  B.  Welton,  Med.  J.  a.  lieeord,  p.  001,  5  mai 
1920. 

Une  infection  dentaire,  une  sinusite,  nue  amygdalite  à  ré|)étition,  etc.,  peuvent 
se  trouver  à  l’origine  de  certaines  paralysies  faciales.  Tiioma. 

Zona  cervical  avec  hémiplégie  vélo-palatine,  par  11.  Bourgeois,  Suciélé 
de  Laryngologie  des  Jlôpilatix,  10  mars  1920. 

Cotte  association,  observée  chez  un  jeune  homme  de  20  uns,  doit  être  extrêmement 


ANALYSES 


345 

raro.  Le  trouble  moteur  avait  précédé  de  5  jours  environ  les  phénomènes  douloureux 
et  éruptifs.  Les  douleurs,  d’une  grande  violence,  disparurent  immédiatement  et  dé- 
(initivement  sous  l’influence  de  l’application  d’un  courant  diathermique. 

E.  F. 

NERFS  PÉRIPHÉRIQUES 

Un  cas  do  névrite  sérique,  par  O.  Chouzon  et  P.  Dul.vi'Ontaine,  Bu»,  el  Mém.  de 
la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n»  22,  p.  1049,  18  juin  192G. 
Polynévrite  doidoiireuse  des  membres  supérieurs  apparue  au  milieu  d’un  cortège 
d’accidents  sériques.  Ce  cas  s’ajoute  à  la  liste  des  paralysies  consécutives  à  la  sérothé¬ 
rapie  antitétanique  ;  il  a  pour  particularités  sa  bilatéralité  et  la  ténacité  des  troubles 
sensitifs.  E.  F. 

Les  fractures  de  l’humérus  avec  paralysie  radiale  immédiate,  par  Anselme 
Sr.HWAHTz,  Hiill.  el  ôiêm.  de  la  Soc.  nalionate  de  Chirurgie,  t.  52,  n"  1  7,  p.  533,  12  mai 
192(1. 

En  présence  d’une  fraeture  de  la  diaphyse  humérale  avec  i)aralysic  radiale  immédia  te, 
à  7iuuns  que  la  fracture  elle-mènu^  ne  réclame  une  int('rvention  chirurgicale,  il  paraît 
sage  il’attendre,  pour  s’occuper  du  nerf,  que  la  fracture  soit  consolidée.  La  paralysie 
est  <Mi  effet  souvent  due  à  une  simple  contusion,  et  guérit  alors  spontanément  (quatre 
cas  à  l’appui).  S’il  y  a  lésion  grave  du  nerf,  il  sera  beaucoup  plus  facile  d’opérer  sur  un 
bras  ayant  retrouvé  sa  solidité. 

M.M.  Chiuii-oi.iau,  .Mouciiet,  Uu.iauier,  Lapointe  discutent  les  conclusions  de 
•M.  Schwartz.  E.  F. 

Fractures  de  l’humérus  et  paralysie  radiale,  [jar  .1.  L.  Roux-Berger,  Bull,  el 
.Mém.  de.  la  Soc.  nalionale.de  Chirurgie,  t.  52,  n»  18,  j).  551,  19  mai  1920. 

R(dation  de  deux  cas  de  fracture  de  l’humérus  avec  paralysie  radiale.  Dans  l’un  le 
nerf  était  tendu  sur  une  arêtes  tranchant(7,  ilans  l’antre  il  était  embroché  par  une  poini  e 
osseuse.  IJans  le  premiiT  cas  la  paralysie  pouvait  à  la  rigeur  guérir  sponlanémeni ,  dans 
le  second  la  guérison  ne  pouvait  certainement  pas  se  produire:  L(î  diagnostic  de.  tidles 
lésions  nerveuses  ne  se  fait  pas.  Il  n’y  a  anenne  raison  valable  i)our  mi  pas  vérifier 
tout  de  suite  o|iératoirein(ud,  l’état  ilii  nerf,  le  dégager  et  le  réparer.  E.  F. 

Les  fractures  de  l’humérus  avec  paralysie  radiale  immédiate,  par  Anscdmii 
Schwartz,  Bull,  el  Mém.  de  ta  Soc.  nalionate.  de.  Chirurgie,V.  ,52,  n'>  21, p.  074,  9  juin 
1920. 

Fracture  de  l’humérus  avec  paralysie  radiale  immédiate.  Intervention,  déga¬ 
gement  du  nerf  coincé  enirre  les  fragments.  Ostéosynthèse.  Guérison,  par 

Eh.  Dujarier,  Bull.  e.lMém.  delà  Soc.  nalionale.de.  Chirurgie,  t.  52,  n»  22,  713,  10  juin 
1920. 

Cas  rapporté  pour  montrer  les  avantages  de  l’intervention  immédiate  com|dète,  tant 
sur  le  nerf  (tu(î  sur  l’os.  E.  F. 

La  sciatique  est-elle  une  névralgie  ou  vme  myalgie  ?  par  .1.  Rouili.ard,  Presse 
médicale,  n‘’2l,  p.  372, 24  mars  1920. 

Exposé  et  discussion  de  la  théorie  d’IIelweg  |)our  qui  la  conceplioii  de  la  sciati(pn^ 
névralgie  est  obscure  parce  (pi’inexact(^  et  iloit  être  remplacée  par  celle  d(?  myalgie. 


REVÜE  NKOBOLOGlyCE.  —  T. 


4  ,  OCTODRE  1920. 


346 


ANALYSES 


Luxation  volontaire  des  omoplates  dans  tous  les  sens,  par  Mauclmrb,  Bull. 
Kl  Mém.  (fe  la  Soc,  nalionale  de  Chirurgie,  t.  52,  n°  14,  p.  451 ,  21  avril  1926. 

Il  s’agit  d'un  acrobate,  véritable  phénomène,  sachant  luxer  ses  omoplates,  ses  han- 
ohes,  SOS  pouces.  Ceci  représente,  pour  cet  homme,  l’utilisation  de  «  dons  naturels  » 
avec  beaucoup  de  patience.  E.  E. 

SYMPATHIQUE 

Anatomie  du  système  nerveux  sympathique,  avec  considérations  sur  la  sym¬ 
pathectomie  et  sur  la  ramisection,  par  S.  W.  R.vnson  (de  Saint-Louis),  ,7.  of  Ihe 
,  American  mcd.  Assucialion,  t.  86,  n”  25,  p.  1885,  19  juin  1926. 

Exposé  détaillé, avec  schémas,  de  la  disposition  anatomiqu  o  du  système  sympathique  ; 
considérations  sur  son  fonctionnement  et  sur  les  résultats  consécutifs  aux  différentes 
interventions  chirurgicales  effectuées  sur  le  système  ;  l’hyperémio  provoquée  par  la 
sympathectomie,  n’a  pas  encore  reçu  une  explication  suffisante. 

Tiioma. 

Physiologie  du  système  nerveux  sympathique  dans  ses  relations  avec  certains 
problè-Ties  chirurgicaux,  par  Alexander  Forbes  et  Stanley  Cobb  {de  Boston),  J. 
of  Ihe,  American  mal.  A<!socialion,  t.  86,  n'>25,  p.  1884,  18  juin  1926. 

Lcs.auteurs  envisagent  la  question  d’une  innervation  sympathique  de  certainsmus- 
clcs  striés  et  exposent  les  effets  de  l’ablation  de  ganglion  étoilé  sur' la  symétrie  dos 
attitudes  des  animaux  décérébrés.  Ils  ne  trouvent  pas  qu’il  soit  justifié  d’admettre 
lieux  compo.sants  séparables,  l’un  contractile,  l’autre  plastique,  dans  le  tonus  dos  mus¬ 
cles  squelettiques.  L’abolition  de  la  spasticité  par  la  ramisection  n’est  pas  un  fait  ac¬ 
quis.  Tiioma. 

Artèrito  oblitérants  de  l’artère  humérale  droite.  Disparition  des  douleurs  et 
amendementdes  troubles  circulatoires  après  sympathectomie  périartérielle, 

par  Andr.'i  Bain  et  Uamburo, /lui/,  cf  Mém.  de  la  Soc.  métl.  des  Ildpilaaxde  Parie, 
an  42,  n»  1  4,  p.  6‘20,  23  avril  19’26. 

En  présence  de  l’aggravation  rapide  des  symptômes  de  cette  arlérite  oblitérante 
l•obollo  à  toute  médication,  il  fut  proe'^dé  à  la  rése-.tion  de  la  gaine  artérielle  sur  une 
longueur  de  19  cm.  L  -  leiidem  lin,  atténuationsles  douleurs  ;  au  bout  de  48  heures,  elles 
ont  disparu  et  la  main  s’est  réchauffée.  E.  F. 

De  la  stérilisation  des  plaies  infectées  et  des  ulcérations  chroniques  par  la 
sympathectomie  péri  artérielle,  par  R.  Lericiie  et  R.  Fontaine,  Bull,  cl  Mém. 
de  la  Soc.  nalionale  de  Chirurgie,  t.  52,  n»  15,  p.  471,  28  avril  1926. 

Au  cours  de  leurs  observations  sur  les  ulcérations  et  sur  les  troubles  trophiques,  les 
auteurs  avaient  observé  1 1  rapide  stérilisation  des  plaies  chroniquement  infectées  après 
la  sym|)uthcctomie  péri-artériellc.  La  présente  communication  a  pour  objet  l’étude 
bactériologique  de  cette  stérilisation  rapide.  La  sympathectomie  péri-arlériclle  suivie 
ou  non  de  greffe  cutanée  donne  les  meilleurs  résultats  dans  les  plaies  et  ulcérations 
infectées.  E.  F, 

Le  système  nerveux  organo-végétatif  dans  la  goutte,  par  CIi.Finck  (de Vittel) 
Puri.s  médical,  an  16,  n“  22,  p.  515,  29  mai  1926. 

.\nalyse  de  <11  observations  montrant  (lue  les  goutteux  sont  des  amphiloniques  ù 


ANALYSES 


347 


prédominance  vagoloniquc  ;  l’accès  de  goutte  est  nettement  une  crise, d’hypervago- 
tonie,  et  les  causes  qui  dépriment  le  tonus  du  sympathique  sont  aussi  celles  qui  déclenT 
chent  l’accès  de  goutte  ;  les  médicaments  qui  renforcent  le  tonus  du  sympathique  sont 
aussi  ceux  qui  jugulent  l’accès  do  goutte.  E.  F. 

Glossoptose  et  vagotonie,  par  Laignel-Lavastinb,  Pierre  Robin  et  Fildermann, 
Bull,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n»  19,  p.  854,  28  mai 
1926. 

Il  s’agit  d’une  déprimée  anxieuse  avec  insuffisance  respiratoire  du  fait  de  son  menton 
fuyant  et  de  sa  glossoptose,  qui  a  été  brusquement  améliorée  par  une  simple  réduction 
mécanique  de  son  anomalie  maxillaire. 

Cette  observation  est  un  nouvel  exemple  du  retentissement  fâcheux  que  les  dysmor- 
phoses  facio-cranio-vertébrales  sont  susceptibles  d’exercer  sur  la  vie  organo-végétative 
et  psychique  de  l’individu.  L’augmentation  de  GO*  dans  le  sang  agit  dans  ces  condi¬ 
tions  sur  l’excitabilité  du  pneumogastrique  qui  est  accrue,  et  cette  hyperexcitabilité 
est  un  facteur  do  l’anxiété.  On  comprend  donc  que  la  réduction  de  la  glossoptose  chez 
une  déprimée  anxieuse,  on  facilitant  la  respiration  et  la  circulation  céphalique,  ait 
contribué  à  diminuer  l'excitabilité  du  imeumogastrique  et  par  là  même  l’anxiété. 

E.  F. 

Angine  de  poitrine  et  sympathectomie  cervicale  bilatérale  totale.  Persistance 
dos  crises.  Insuffisance  cardiaque  consécutive,  par  Sicard  et  Lichtwitz,  Bull, 
et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n“  22,  p.  1053,  18  juin  1926. 
Il  s’agit  d’un  homme  de  53  ans  qui  souffrait  deimis  plusieurs  années  de  crises  violentes 
d’angine  do  poitrine,  rebelles  à  toute  thérapeutique.  Comme  il  n’existait  pas  d’insuffi¬ 
sance  cardiaque,  la  sympathectomie  cervicale  fut  conseillée.  L’opération  bilatérale  a 
modifié  le  régime  des  crises,  les  irradiations  brachiales  étant  supprimées,  mais  les  dou¬ 
leurs  rétro-sternales  étant  exagérées  ;  de  plus  elle  a  provoqué  une  insuffisance  cardiaque. 

A  propos  de  ce  cas  les  auteurs  font  une  revue  des  travaux  récents  sur  les  interventions 
sur  le  sympathique  dans  l’angine  de  poitrine.  Leur  communication  est  suivie  d’une 
importante  discussion  à  laquelle  prennent  part  MM.  Donzelot,  Vaquez  et  Laubry. 

E.  F. 

Le  traitement  des  douleurs  cardiaques  par  l’alcoolisation  paravertébrale, 
par  George  1.  Swetlow  et  Sidney  P.  Schwartz  (do  New-York),  J.  of  the  American 
mcd.  Association,  t.  86,  n“  22,  p.  1679,  29  mai  1926. 

La  multiplicité  des  interventions  proposées  contre  les  douleurs  de  l’angine  de  poi¬ 
trine  prouve  leur  pou  de  valeur.  Dans  les  cinq  cas  des  autours  les  malades  ont  été  déli¬ 
vrés  de  douleurs  cardiaques  extrêmement  pénibles  par  des  injections  paravertébrales 
d'alcool.  Le  procédé  est  simple,  efficace  et  sans  danger.  Thoma. 

Effet  de  la  sympathectomie  sur  la  paralysie  spasmodique  des  extrémités, 
par  Loyal  Davis  et  Allen  B.  KANAVEL(de  Chicago),  J.  o/ffte  American  med.  Associa¬ 
tion,  t.  86,  n»  26,  p.  1890,  19  juin  1926. 

Il  est  certain  que  les  muscles  du  squelette  reçoivent  une  double  innervation,  cérébro- 
spinale  et  sympathique  ;  mais  il  est  fort  douteux  que  l’innervation  sympathique  du 
muscle  soit  en  rapport  avec  son  tonus.  La  sympathectomie  no  peut  rien  sur  la  rigidité 
parkinsonienne  pas  plus  que  sur  la  contracture  pyramidale.  Le  système  sympathique 
assure  peut-être  le  métabolisme  du  muscle.  Thoma. 


348 


ANALYSES 


GLANDES  A  SÉCRÉTION  INTERNE 
ET  SYNDROMES  OLANDULAIKES 

Amélioration  rapide  et  considérable  d'un  cas  grave  de  maladie  de  Basedow 
avec  vomissements  incoercibles  et  cachexie  sous  l’influence  de  la  suggestion. 

par  A.  Lümikrre  et  I>.  A'.  Uesriiamps,  liiill.  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de 
Paris,  an  42,  n»  lit,  p.  848,  28  mai  1920. 

Dans  ce.  cas  de  maladie  do  Hasialow  com[difpioo  do  vnmissomonls  ot  arrivée  à  iin  degré 
de.  caoliexie  extrême,  la  guérison  s’est  [)rodnit(!  dans  dos  circonstances  singidièros. Il 
s’agit  d’ime  jeune  fille  do  10  ans.  |)rosentant  une  maladie  de  I5aso<low  typique  ;  sur- 
vionniud,  bientôt  lies  vomissements  incoercibles:  l’amaigrissement  prit  alors  une  marclie 
rapiile,  les  symptômes  basedowiens  subirent  une  exacerbation,  la  tachycardie  devint 
extrême,  aboutis.sant,  à  certains  moments,  à  un  véritable  état  de  collapsus  ;  la  cachexie 
avait  finalement  atteitd,  un  tid  degré  que  la  mort  semblait  imminente.  A  ce  moment  la 
malade,  ayant  entendu  vanter  les  merveilleux  effets  de  certain  fromage  fermenté  contre 
les  vomissemimts,  entreprit  de  se  traiter  par  cet  aliment.  Immédiatement  les  vomisse- 
meuls  cessèrent,  l’appétit  reparut,  le  poids  du  eurjis  augmenta  rapiilenicnt  en  môme 
temps  (|ue  les  symptômes  basedowiens  eux-rnOmes  rétrocédaient.  Quelques  mois  plus 
tard  ils  s’étaient  réduits  au  strict  minimum,  le  poids  du  corps  avait  i)his  que  triplé  et 
la  malade  (‘xerçait  une  profession  assez  fatigante. 

Dans  cette  observation,  où  l’on  voit  les  vomissements  psychopathiques  agir  d’une 
faijon  si  néfaste  sur  le  Basedow,  la  cessation  des  vomissements  a  eu  sur  cette  maladie 
une  influence  curatrice  considérable.  Tout  est  complexe  dans  la  maladie  de  Basedow, 
et  la  pathogéine  <le  ses  complications  est  multi[)le.  E.  F. 

Le  traitement  de  la  maladie  de  Basedow  par  l’iode,  par  .Vlarcid  I-ARué,  nuit,  et 
Mém.  de  ta  Soc.  méd.  des  llôpilaii.r  de  Pari.s,  an  42,  n"  18,  p.  82(1,  21  mai  I92(i. 

Séri(‘  d’obs('rval  ions  anumant  à  cetle  conclusion  que.  l’iodothérapie  est  une  méthode 
souvent  efficace  lorsqu’elle  est  appliquée  au  goitre  exophtalmicpie  ;  elhi  [iroduit  des 
aiuéliorations  rapides  (d,  remarquables  et  l’on  peut  espérer,  grôci-  à  un  emploi  prolongé 
de  l’iode,  aboidir  à  une  guérison  défiintive  obtenue  avec  moins  de  risques  et  à  moins 
de  frais  (pie  |iar  la  chirurgie  et  la  radiothérajiie.  E.  !•’. 


Les  indications  de  l'iode  dans  le  traitement  de  la  maladie  de  Basedow,  par  (Char¬ 
les  Fi.anuin,  Huit,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  llôpilau  r  de,  Paris,  l.  42,  n"  17,  p.  7(11 

Le  contraste  entre  les  mauvais  effets  de  l’iode  dans  la  maladie  de  Basedow  fruste  ou 
déljutante  et  les  bons  effets  de  l’iode  dans  le  goitre  exoplilalmique  constitué  mérite 
d’être  signalé.  .\1.  Flaudin  a  oblenu  de  bons  résultats  d’un  médicament  iodé  com¬ 
plexe  dans  un  cas  iinpiiétanl  de  cachexie  basedowienne  et  dans  plusieurs  autres  cas. 

E.  F. 

Résultat  d’une  greffe  thyroïdienne  chez  un  enfant  myxœdémateux,  par  Dah- 
TIGUES  et  Heckhl,  Huit.  de.  la  Soc.  de  Méd.  de  Paris, n«  10,  p.  343,29  mai  1920. 
L’opothérapie  tliyro'idienne,  n’ayant  donné  (lue  des  résultats  incomplets,  une  thy¬ 
roïde  do  chimpanzé  fut  greffée  sur  le  lesticule  du  pid.il  myxfoilémateux.  Résultats 
excellents  aux  poinis  de  vue  physiipie  et  mental  ;  de  plus  lu  greffe  a  conféré  au  sujet 
une  résistance  rcmariiuable  aux  infections.  E.  F. 


ANALYSES 


349 


Valeiir  relative  de  l'opothérapie  par  ingestion  et  de  la  greffe  thyroïdienne. 
Mongolisme  et  myxoedème,  formes  associées,  par  Léopold-Lévi,  Bull,  de  la 
Soc.  de  Méd.  de  Paris,  n»  1 1,  p.  384,  1 1  juin  1926. 

Présentation  de  photographies  montrant  les  résultats  impressionnants  qui  peuvent 
être  obtenus  avec  l’opothérapie  par  ingestion  ;  intéressante  discussion  sur  le  diagnostic 
différentiel  du  mongolisme  et  du  myxœdême  à  propos  de  la  communication  de  .M.  Dar- 
tigues,  et  sur  les  traitements  appropriés  à  ces  deux  états.  E.  E. 

Syndrome  pluriglandulaire  thyro-surrénal  avec  sclérodactylie  ;  le  nanisme** 
acromicrique,  par  René  Bénard,  P.  Hillemand  et  A.  Laporte,  Bull,  cl  Mém. 
de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n»  21,  p.  967,  11  juin  1926. 

Il  s’agit  d’une  jeune  fille  de  17  ans.  Le  fait  saillant  est  sa  petite  taille  ;  la  politesse 
remarquable  des  extrémités  impose  pour  désigner  le  tableau  le  terme  de  nanisme  acro¬ 
micrique.  En  outre,  la  malade  présente  de  la  sclérodactylie  ;  si  l’on  considère  son 
aspect  pseudo-myxœdémateux  et  sa  pigmentation,  on  constate  une  fois  de  plus  l’évo¬ 
lution  de  la  sclérodactylie  sur  un  fonds  dysendocrinion.  E.  F. 

Du  traitement  par  la  surrénalectomie  de  certaines  artérites  oblitérantes 
juvéniles,  par  R.  Leriche  (do  Strasbourg),  Buil.  ci  Mém  .  de  la  Soc.  nationale  de  Chi¬ 
rurgie,  t.  .52,  n»  17,  p.  521,  12  mai  1926. 

11  s’agit  des  artérites  oblitérantes  chroniques  d’emblée  qui  surviennent,  sans  cause 
apparente,  chez  des  sujets  de  vingt  à  trente  ans.  La  question  est  fort  mal  connue  bien 
que  la  maladie  ne  soit  pas  extrêmement  rare.  La  thérapeutique  est  aussi  mal  fixée, 
l’amputation  n’étant  pas  une.  solution  et  la  sympathectomie  périartériello  haute  ne 
donnant  que  des  résultats  nuis  ou  temporaires.  M.  Leriche  a  traité  six  cas  par  la  surré¬ 
nalectomie,  avec  trois  succès  complets.  E.  F. 

Dystrophie  génito-glandulaire  d’origine  syphilitique,  par  Laignel-Lavastine 
et  H.  George,  Bud.  «/ Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n»  12, 
p.  51.5,  26  mars  1926. 

Présentation  d’iin  cas  de  gérodermie  génito-dystrophique. 

Cet  homme  de  50  ans  a  non  seulement  la  figure  d’un  vieillard,  mais  d’une  vieille 
femme.  ;  il  est  sénile  et  féminin. 

Il  s’agit  ici  d’un  syndrome  d’insuffisance  testiculaire  et  thyroïdienne,  comme  le 
prouvent  l’atrophie  des  testicules,  l’atrophie  apparente  du  corps  thyroïde,  la  chute  des 
poils,  l’abai.<sement  de  la  valeur  du  métabolisme  de  base.  Un  point  intéressant  est  l’é¬ 
bauche  d’uu  syndrome  de  diabète  insipide  (3  litres).  L’irritabilité  du  caractère  étonne 
au  premier  abord  chez  un  insuffisant  thyro-lcsliculaire. 

Au  point  do  vue  étiologique  la  cause  de  tous  ces  troubles  doit  être  attribuée  à  la 
syphilis.  On  trouve  chez  le  malade  qui  a  eu  un  chancre  et  ne  s’est  jamais  soigné,  des 
stigmates  de  syphilis  nerveuse,  Argyll-Robertson,  Babinski  d’un  côté.  La  syphilis  a 
touché  le  système  nerveux  et  le  système  endocrine. 

L’indocilité  du  malade  n’a  permis  ni  la  ponction  lombaire  ni  un  essai  de  trailemcut 
spécifi(pie.  E.  F. 

Recherches  anatomiques  et  histophysiologiques  sur  les  voies  excrétrices  du 
testicule  chez  les  mammifères,  par  .Jacques  Benoit,  un  vpl.  in-8“  de  232  pages 
avec  7  planches,  imprimerie  Alsacienne,  Strasbourg,  1925. 

Les  celluh's  épithéliales  des  conduits  vecteurs  du  sperme  possèdent  des  structures 


350 


ANALYSES 


cytologiques  en  rapport  avec  la  fonction  glandulaire  :  chondriome,  ergastoplasme,  appa¬ 
reil  do  Ooigi,  appareil  canaliculaire  de  Holmgren,  grains  de  sécrétion,  poils,  cils,  bor¬ 
dure  en  brosse.  L’étude  des  voies  excrétrice  du  testicule  permet  donc  d’abord(!r  un  cer¬ 
tain  nomljre  do  problèmes  de  cytologie  générale.  Ces  problèmes,  dans  le  cas  des  voies 
excrétrices  du  testicule,  présentent  un  intérêt  particulier,  parce  que  la  castration 
modilie  profondément  la  plupart  des  structures  en  question  ;  d’où  la  possibilité  de 
se  rendre  compte  expérimentalement  de  leur  signification. 

L’activité  glandulaire  de  l’épithélium  des  conduits  vecteurs  du  sperme  est  condi- 
l.ionnée  par  lu  testicule  ;  la  castration  bilatérale  la  supprime  ;  l’action  du  testicule  est 
du  nature  liormonique.  Cette  action  endocrine  se  manifeste  très  précocement,  alors 
que  le  testicule  est  encore  de  structure  embryonnaire.  Los  expériences  de  ligature,  de 
cryptorchidie  et  d’irradiation  permettent  d’affirmer  que  l’hormone  sexuelle  n’est  pas 
élaborée  par  les  cellules  séminales,  les  observations  cytologiques  et  diverses  expériences 
prouvent  que  l'hormone  sexuelle  est  élaborée  par  les  cellules  interstitielles  et  non  par 
les  cellules  de  Sertoli. 

Les  produits  de  sécrétion  des  voies  excrétrices  du  sperme  entretiennent  la  vitalité 
des  spermatozoïdes  qui  jirogressent  lentement  dans  ces  conduits  ;  la  castration  bila¬ 
térale  détermine  en  effet  la  mort  rapide  des  spermatozoïdes  contenus  dans  l’épididyme 
et  te  canal  déférent,  parce  qu’elle  tarit  la  sécrétion  de  ces  organes  ;  au  contraire,  après 
la  castration  unilatérale,  les  spenmitozoïdes  contenus  dans  les  voies  excrétrices  du 
côté  opéré  conservent  leur  vitailité. 

Les  produits  de  la  sécrétion  épididymaire  et  déférenticlle  permettent  également 
aux  spermatozoïdes  d’acquérir  la  motilité  qui  leur  fait  remonter  les  voies  génitales 
femelles.  L’épididyme  élaborerait  aussi  une  substance  qui  protégerait  les  sperma¬ 
tozoïdes  contre  certaines  toxines  et  certains  alcaloïdes. 

Le  rôle  de  la  sécrétion  des  voies  excrétrices  du  sperme  serait  donc  île  maintenir  la 
vitalité  des  spermatozoïdes,  de  leur  permettre  d’acquérir  leur  motilité,  et  peut-être 
aussi  de  les  protéger  contre  certaines  substances  nocives.  E.  F. 

Le  cycle  sexuel  chez  la  femelle  des  mammifères.  Etude  de  la  phase  folliculaire, 

par  Robert  CounniER  (de  Strasbourg),  Archives  de  Rinloyie  de  Van  lieneden,  t.  34, 

p.  369-477,  1925  (5  planches,  38  figures). 

Chez  la  femelle  adulte  s’opèrent,  au  niveau  du  tractus  génital  et  de  la  glande  mam¬ 
maire,  une  série  de  transformations  se  reproduisant  suivant  un  cycle  en  étroite  rela¬ 
tion  avec  le  cycle  de  l’ovnire,  lequel  comprend  doux  périodes,  la  phase  folliculaire  et 
la  phase  lutéinique. 

La  phase  folliculaire  est  caractérisée  par  deux  groupes  do  modifications.  Certaines 
s’accuseront  avec  une  amplitude  plus  grande  au  cours  de  la  phase  lutéinique  ;  il  en  est 
ainsi  pour  l’hypertrophie  mammaire  correspondant  à  la  maturité  folliculaire  et  pour 
l’allongement  des  glandes  de  l’utérus. 

Los  modifications  du  second  groupe  sont  vraiment  spécifiques  de  la  phase  folli¬ 
culaire.  Telles  sont  les  manifestations  sécrétoires  de  l’utérus  et  do  l’oviducte,  ainsi  que 
la  jusdifération  épithéliale  du  vagin  ;  il  existe  en  effet,  pendant  le  rut,  à  côté  d’une  sécré¬ 
tion  souvent  fugace  des  glandes  et  de  l'épithélium  utérins,  des  phénomènes  glandu¬ 
laires  très  intenses  au  niveau  des  éléments  épithéliaux  de  la  trompe  ;  les  produits 
élaborés  peuvent  servir  do  matériel  nourricier  aux  spermatozoïdes  ;  quant  ù  la  multi- 
plication  des  cellulesdo  l’épithélium  vaginal,  elle  est  un  réactif  très  sûr  do  la  phase 
folliculaire. 

Toutes  ces  modifications  sont  sous  l'influence  de  l’ovaire  qui  agit  grâce  â  un  mécanisme 
humoral  déclenché  par  le  follicule  mûr  ;  l’injection  sous-cutanée  de  liquide  folliculaire 


ANALYSES 


à  des  femelles  castrées  ou  au  repos  génital  physiologique  provoque  l’ensemble  des  pro¬ 
cessus  de  la  phase  folliculaire  ;  le  produit  actif  ou  folliculine  est  contenu  dans  ce  liquide. 

Des  liquides  autres  que  le  folliculaire  peuvent  agir  sur  l’épithélium  vaginal  ;  mais 
la  réaction  alors  provoquée  n’est  pas  identique  à  la  réaction  à  la  folliculine. 

Le  vagin  de  la  femelle  impubère  très  jeune  est  déjà  capable  de  réagir  à  la  folliculine  : 
cette  hormone  peut  traverser  le  placenta  et  exercer  son  action  sur  l’épithélium  vaginal 
des  fœtus.  E.  F. 

Le  cycle  sexuel  chez  la  femelle  des  mammifères.  Recherches  sur  la  chierne, 

par  Henri  GERLiNOEn,  Thèse  de  Slrasbourg,  91  pages,  6  planehcs,  éditions  du 

Strasbourg  méd.,  1925.  3 

La  chienne  présente  des  modifications  cycliques  du  tractus  génital  en  relations  chro¬ 
nologiques  avec  le  cycle  ovarien  qui  comprend  trois  phases  :  repos  ou  anœstrus,  phase 
folliculaire  ou  proœstrus  et  œstrus,  phase  lutéinique  ou  postœstus.  La  phase  de  repos 
est  caractérisée  par  l’absence  de  corps  jaunes  actifs  et  de  follicules  mûrs  ;  la  phase  folli- 
■  culaire  par  la  présence  de  follicules  mûrsou  en  train  de  se  rompre  et  par  le  rut  ;  la  phase 
lutéinique  par  la  présence  de  corps  jaunes  en  voie  de  développement,  à  la  période  d’état 
ou  d’involution. 

Pendant  l’anœtriis  les  organes  du  tractus  génital  sont  au  repos.  Pendant  le  proœstrus 
et  l’œstrus  ces  organes  se  congestionnent,  musculeuse  et  muqueuse  de  la  trompe  et  de 
l’utérus  s’épaississent,  et  l’épithélium  entre  en  activité  sécrétoire  ;  les  glandes  utérines 
présentent  une  activité  qui  sera  fugace  ;  les  produits  de  sécrétion  serviront  sans  doute 
à  la  nutrition  des  éléments  séminaux  parcourant  le  tractus  génital  femelle. 

Dans  le  post  œstrus  ou  phase  du  corps  jaune  se  distinguent  une  période  anaboliq\ie 
ou  de  formation  et  une  période  catabolique  ou  de  destruction.  La  première  est  carac¬ 
térisée  par  la  préparation  de  la  muqueuse  utérine  à  la  nidation  de  l’œuf  :  développe¬ 
ment  hyperplasique  des  glandes  et  formation  d’une  sorte  d’embryotrophe  graisseux 
produit  par  la  surcharge  graisseuse  des  cellules  épithéliales  hypertrophiées  et  disposées 
en  plis  épais.  La  seconde  période  est  caractérisée  par  la  nécrose  de  l’embryotrophe  qui 
s’élimine  sous  la  forme  d’un  écoulement  blanchâtre  équivalent  à  la  menstruation  de  la 
femme  ;  la  muqueuse  on  partie  éliminée  se  répare  aux  dépens  des  glandes  utérines. 

Il  existe  une  analogie  évidente  entre  le  cycle  œstrien  de  la  chienne  et  celui  de  la 
femme  et  des  primates.  La  période  anaboliquo  du  post  œstrus  chez  la  chienne  et  la 
période  prémenstruellc  chez  la  femme  ont  l’une  et  l’autre  la  signification  d’une  prépa¬ 
ration  de  la  muqueuse  utérine  à  la  fixation  de  l’œuf  fécondé.  De  mémo  pour  la  phase 
catabolique  et  la  période  menstruelle  ;  la  chute  de  la  muqueuse  superficielle  avec 
hémorragie  chez  les  primates  et  la  nécrose  de  l’embryotrophe  graisseux  sont  phéno¬ 
mènes  analogues  représentant  la  destruction  de  l’édifice  cellulaire  construit  par  la 
muqueuse  pour  loger  et  nourrir  l’œuf  fécondé. 

C’est  le  corps  jaune  qui  détermine  les  modifications  utérines  préparant  la  nidation 
de  l’œuf  ;  la  destruction  expérimentale  du  corps  jaune,  quand  elle  atteint  un  certain 
degré,  provoque  une  insuffisance  lutéinique  empêchant  ces  modifications  de  se  pro¬ 
duire.  ,  E.  F. 

La  menstruation,  par  V.  Wallich,  in  Dictionnaire  de  Physiologie  de  Ch.  Richet, 
t.  10,  fasc.  .3,  p.  605-002,  1925. 

Dans  ce  travail  la  menstruation  est  envisagée  sous  un  aspect  conforme  aux  lois 
actuelles  de  la  biologie  ;  le  sens  du  terme  n’est. plus  réservé  au  phénomènfe  d’exception 
qu’est  l’hémorragie  externe,  mais  étendu  à  une  fonction,  commune  à  tous  les  mammi- 


352 


ANALYSES 


fôrcs,  bien  que  d’aspect  variable  selon  les  espèces.  L’auteur  étudie  d’abord  les  pbèno- 
inèniw  menstruels  ;  dans  une  seconde  partie  av.  trouve  (‘xposé  l’ètat  anatomique  des 
orp;anes  génitaux  au  cours  des  phénomènes  menstruels,  dans  la  troisième  partie  sont 
examinées  les  causes  des  phénomènes  inenstruers. 

La  menstruation  est  un  ensemble  de  phénomènes  propres  à  l’organisme  féminin, 
qui  lui  a|ipartiennent  tant  que  dure  son  activité  sexuelle;  ils  sont  cssentiollcrnent 
earactérisés  par  des  poussées  congestives  périodiques  des  organes  génitaux,  et  accom¬ 
pagnés  de  modilications  générales  transitoires  les  unes  d’ordre  psychique  et  les  autres 
d’ordre  humoral  qui  constituent  le  rut.  Tout  le  tracliis  génital  subit  des  modifications 
anatomiques  importantes,  et  en  particulier  la  muqueuse  utériiu-  se  tuméfie  et  s’hyper- 
jdasie  pour  accueillir  l’Huif  fécondé. 

.Au  point  d(ï  vue  de  leurs  causes  les  phénomènes  menstruels  dépendent  des  fonc¬ 
tions  d(^  l’ovaire  ;  en  l’absence  des  ovaires  ils  ne  peuvent  se  produire  ;  par  contre  une 
parcelle  d’ovairii  omise  dans  une  castration  ou  incluse  dans  une  greffe  suffit  à  condition¬ 
ner  la  persistamu!  ou  le  retour  des  phénomèiu's  menstnuds.  E.  h'. 

Greffe  testiculo-thyroïdienne  pour  un  cas  d’atrophie  testiculaire  double,  par 

Dartiguus,  fiiill.  de  la  Soc.  de.  Mhl.  de  Paris,  n"  4,  [>.  1 15,  17  février  1926. 

l'résentation  d’un  eunuchoïde  de  18  ans  chez  qui  l’atrophie  testiculaire  post-trauma- 
ti<pie.  était  complète  ;  la  greffe  mixte,  à  la  fois  thyroïdienne  et  testiculaire  (organes 
|)royenaiit  d’un  cynocéphale)  a  été  récemment  pratiquée  ;  résultat  chirurgical  par¬ 
fait.  E.  F. 


Greffe  testiculaire  globale  chez  mutilé  génital  de  guerre.  Guérison  de  son  im¬ 
puissance,  par  DAnnouns,  Bull,  de  la  .Soc.  île  Médecine  de  Paris,  n"  b,  p.  155,  12 
mars  1926. 

l’rés(ud,ation  d’un  jeum^  homme  castré  total  du  fait  de  sa  blessure  de  guerre,  laquelle 
avait  (iiitraîné  un  arrêt  du  développement  viril  somatique  et  une  im|)uissance  complète. 
Cinq  mois  après  la  greffe  d’un  testicule  du  cynocéphale  l’état  psychi(pie  est  transformé- 
et  le  résultat  de  la  gis'ffe  est  parfait  au  point  de  vue  génital.  E.  F. 

Expériences  sur  le  rajeunissement  par  la  sympathicotomie  testiculaire  chi 
mique  (méthode  de  Karl  Doppler),  par  M.  de  lUiTi.iin  d’OiiMON»  (d’Amiens),  ./. 
de  Méd.  de  Paris,  au  46,  n-  13,  p.  267,  29  mars  1926. 

De  la  sympathectomie  chimique  des  artères  du  testicule,  par  Fraisse  (de 
Nice),  J.  de  Méd.  de  Paris,  n-  24,  p.  599,  14  juin  19’26. 

L’auteur  a  pratiqué  dans  un  cas  la  phénolisation  <lu  cordon  selon  la  méthode  de. 
Lichtenstein  ou  de  Karl  Doppler  ;  les  résultats  ont  été  insignillants  ;  l’opération  de 
Steinach  send)le  préférable  à  tous  points  de  vue.  E.  F. 

Recherches  expérimentales  sur  l'hyperhormonisation  sexuelle,  par  M'°°  Umi- 
Toi.ANi  I1IU.  Mio,  .Archivio  di  Seienze  Itioloi/iche,  t.  7,  n"  3-4,  p.  492-420,  octobre  1925. 

Les  glandes  s(‘xuelles  îles  animaux  soumis  à  la  greffe  ou  aux  injections  d’émulsions 
(le  glandes  génitales  homologues  présentent  l’aspect  histologique  de  glandes  en  état 
de  suractivité.  Les  descendants  de  ces  animaux  ont  des  altérations  des  os  longs  duos  à 
l’inertie  fonctionnelle  des  cartilages  d’accroissement.  I’.  üeleni. 


ANALYSES 


353 


Un  cas  d’eunuchisme  consécutif  à  la  syphilis  acquise.  Contribution  à  l’étude 
des  génito-dystrophies,  jiar  Etlorc  Mariotti,  Eiforma  mnlica,  an  42,  n»  19, 
p.  443,  10  mai  1926. 

La  ca.s  concerne  un  homme  de  59  ans,  ayant  contracté  la  syphilis  dans  sa  jeunesse. 
Les  testicules  sont  atrophiés  et  l’aspect  cunuchoïde  est  caractéristique  (figure  de  vieille 
femme).  Intéressantes  considérations  sur  l’infantilisme  réversif  de  Gandy,  la  géro¬ 
dermie  génito-dystrophique  de  Runimo,  l’eunuchisme  tardif  de  Falta.  ‘ 

K.  Deleni. 

L’ascite  hypogénitalique,  par  Paolo  Stancanelli,  liilorma  medica,  an  42,  n°  2, 
p.  25,  1 1  janvier  1926. 

L’existence  d’une  ascite  essentielle  dos  adolescents  a  été  fort  discutée  ;  le  présent  tra¬ 
vail  vise  à  préciser  ses  caractères  et  à  la  distinguer  nettement  de  la  ])éritonite  tuber¬ 
culeuse  ;  l’état  thyniico-lymphatique,l’hy[  g  t  1  i  t  l’hypothyroidisme  sont  les 
attributs  nécessaires  des  sujets  qui  vienne.nt  à  présenter  cette  sorte  d’ascite. 

K.  Deleni. 

Un  cas  d’ostéomalacie  traité  par  la  radiocastration,  par  Luigi  Gavazzeni  et  .\u- 
gusto  JoNA,  Diarin  Eadioliii/icu,  an  5,  n»  3,  p.  65,  mai-juin  1926. 

11  s’agit  d’une  secondiparc  qui  après  ses  couches  fut  prise  de  douleurs  intenses  dans 
les  jambes  et  dans  le  bassin  ;  l’état  général  devint  rapidement  précaire.  A  la  radiogra¬ 
phie,  zones  étendues  de  décalcilication  du  squelette.  La  castration  par  icJrayons  X  réta¬ 
blit  la  situation.  F.  Deleni. 

PSYCHOSES  ORGANIQUES 

Etude  sur  la  réaction  de  Lange  modifiée  pour  le  diagnostic  de  la  paralysie 
générale,  par  .MM.  Georges  Guillain,  Guy  LAnoc.iiE  et  P.  Léchelle.  Soc.  de 
Eiolouie,  6  février  1926. 

Les  auteurs  ont  étudié  lu  réaction  de  Lange  modifiée  dans  74  cas  de  maladies  ner- 
ve.uses  diverses.  La  réaction  ne  leur  a  pas  paru  spécifique  de  la  |iaralysie  générale, 
car  elle  s’est  montrée,  parfois  dans  cette  maladie  incomplètiune.nt  positive  et,  de  plus, 
elle,  peut  s’observer  complètement  positive  dans  des  cas  de  tabes  évolutifs,  de  sclérose 
en  plaques,  de  tumeurs  cérébrales,  d’abcès  cérébral,  d’encéphalite  épidémique.  La 
réaction  du  benjoin  colloïdal  à  16  tulu^s  leur  a  paru  donner  d(^s  résultats  plus  sensibles 
et  plus  précis.  D’ailleurs  le  défaut  d’étendue  de  la  réaction  de  l’or  modifiée,  due  au 
petit  nombre  de  ses  tubes,  ne  permet  pas.  comme  dans  la  réaction  originale  de  Lange 
et  dans  la  réaction  du  benjoin  colloïdal,  d’avoir  des  courbes  et  ainsi  de  pouvoir  suivre 
l’évolution  régressive  du  syndrome  humoral  d’une  fornuî  quelcon((U(!  île  syphilis  ner¬ 
veuse.  sous  l’influence  du  traitement.  F.  F. 

Paralysie  (générale  au  début,  étude  des  symptômes  les  plus  précoces  pré¬ 
sentés  par  soixante-quatorze  cas,  par  Henry  A.  Hunker  (de  .New- York),  .tme- 
rican  .J.  of  llte  rned.  .Sciences,  t.  171,  n”  3,  p.  386-397,  mars  1926. 

Il  s’agit  des  symptômes  les  plus  fréquents  observés  chez  des  sujets  reconnus 
ultérieurement  paralytiques  généraux.  L’irritabilité  tient  le  premier  rang,  ayant  été 
remaripiée  dans  plus  de  la  moitié  des  cas-;  vient  ensuite  le  changement  du  caractère. 


354 


ANALYSES 


avec  porta  do  l’activité,  de  la  spontanéité,  et  quiétude,  le  tiers  des  cas  ;  amaigrissement, 
fréquence  un  pou  moin(irc,  tomianco  au  sommeil,  un  cinquième  des  cas.  Les  troubles 
do  la  parole,  la  pert(^  de  la  mémoire  et  le  défaut  du  jugement,  symptômes  ayant 
pour  eux-mêmes  une  grande  valeur,  n’ont  été  constatés  dans  cette  série  do  sujets 
comme  modifications  précoces  que  dans  le  dixième  dos  cas  environ.  Affaiblissement 
visuel,  troubles  digestifs,  insomnie,  fatigabilité,  céphalée,  tremblement,  douleurs 
rhumatismales  ont  été  présentés  par  quelques  sujets  ;  ce  sont  symptômes  indistincts 
(|u’il  faut  néanmoins  rechercher  quand  le  diagnostic  de  nourosyphilis  est  h  faire. 

Thoma.. 

Les  nouvelles  méthodes  de  traitement  de  la  paralysie  progressive,  par  V.  M. 

Gakkebouche,  Sovremennaïa  Psychoneurolofjia,  t.  1,  n»  1^  p.  45-51,  1925. 

L’inoculation  de  là  fièvre  tierce  (plasmodium  vivax)  a  donné  à  G.  des  résultats  très 
cncoiiragiuints  chez  G  malades,  atteints  de  paralysie  générale.  G.  Ichok. 

Recherches  sur  la  chimiothérapie  de  la  paralysie  générale,  par  Sézary  et  Barbé, 
Encéphale,  an  21,  n“  1  et  2,  p.  1  et  99,  janvier  et  février  1926. 

Compte  rendu  de  recherches  poursuivies  pendant  plusieurs  années  sur  l’efficacité 
dans  la  p.aralysic  générale  des  divers  médicaments  antisyphilitiques. 

L’arsenic  est  le  produit  qui  donne  les  meilleurs  résultats  ;  on  thérapeutique  psychia¬ 
trique,  c’est  le  résultat  mental  qui  compte  avant  tout  autre  ;  à  cet  égard  ,de  tous  les 
agents  qu’on  peut  mettre  en  action  c’est  lui  qui  réussit  le  mieux  ;  il  a  une  valeur  intel¬ 
lectuelle  indiscutable.  Mais  il  faut  faire  (ieux  remarques.  L’arsenic  pentavalcnt  est 
incomparablement  supérieur  à  l’arsenic  trivalcnt  ;  parmi  les  arsenicaux  pentavalcnts, 
il  faut  rejeter  l’arsacétine  qui  est  d’un  maniement  dangereux.  Le  stovarsol  donne 
dos  résultats  particulièrement  intéressants. 

Le  bismuth  n’a  aucune  action  sur  l’état  mental  des  paralytiques  généraux  ;  cepen¬ 
dant  il  convient  de  signaler  son  action  biologique,  particulièrem(!nt  sur  la  leucocytosc 
du  liquide  céphalo-rachidien.  C’est  pourquoi  le  bismuth  est  susceptible  de  trouver 
son  utilité  non  pas  comme  médicament  de  tond,  mais  comme  agent  complémentaire 
du  traitement  de  lu  paralysie  générale.  E.  F. 


Sur  les  rapports  entre  la  syphilis  et  la  malaria,  par  Carlo  Gobia.  Quaderni  di 
Psychialria,  t.  13.  n»  3-4,  1926. 

Ayant  constaté,  d’après  un  copieux  matériel  de  sypliilitiqucs  à  tous  les  stades  de 
l’évolution  de  la  maladie,  l’extrême  variabilité  de  l’action  do  la  malaria  sur  la  syphi¬ 
lis,  l’auteur  cherche  à  préciser  les  conditions  dans  lesquelles  il  convient  de  se  pla¬ 
cer  pour  taire  jouer  à  l’inoculation  malarique  le  rôle  do  stimulant  immunitaire. 

F.  Deleni. 

Le  traitement  de  la  paralysie  générale  par  la  malaria,  par  J.  Ernest  Nicole  et 

John  P.  Steel,  Encéphale,  an  21,  n"  2,  p.  116-120,  février  1926. 

Les  autours  rendent  compte  de  leur  pratique  avec  88  cas  do  paralysie  générale 
inoculés  do  la  malaria. 

Aucun  des  cas  de  mort  survenus  n’est  directement  imputable  au  traitement  et  il  no 
semble  pas  que  la  malaria  accroisse  la  susceptibilité  des  paralytiques  généraux  aux 
autres  maladies  accidentelles  ;  il  est  vrai  que  le  malade  était  préparé  et  que  l’incuba¬ 
tion  plutôt  longue  consécutive  à  l’inoculation  intramusculaire  lui  permettait  de 
[jreinin^  des  forces  avant  que  la  fièvre  intervienne. 


ANALYSES 


355 


Los  autours  ont  frôqucmment  eu  recours  à  des  moustiques  infectés  alors  que 
l’inoculation  intramusculaire  ou  intraveineuse  n’avaient,  pas  donné  un  résultat 
satisfaisant  ;  les  piqûres  de  moustiques  ont  eu  dans  ces  cas  un  succès  complet. 

La  malaria  thérapeutique  est  loin  d’être  toujours  conforme  à  une  périodicité  rigou¬ 
reuse  quant  à  la  durée  des  accès,  elle  est  très  variable  d’accès  en  accès.  Chez  certains 
malades  la  fièvre  disparaît  sans  qu’on  ait  à  administrer  de  la  quinine  ;  inversement, 
chez  d’autres,  on  observe  <les  récidives  do  malaria. 

Les  complications  do  la  malaria  thérapeutique  ne  sont  ni  graves  ni  fréquentes, 
toutefois  la  jaunisse  est  l’indication  de  couper  rapidement  une  fièvre  à  accès  pro¬ 
longés  ou  se  reproduisant  plus  d’une  lois  dans  les  24  heures. 

Le  nombre  des  améliorations  obtenues  tant  au  point  de  vue  mental  qu’au  point  de 
vue  physique  chez  les  (laralytiques  généraux  force  à  considérer  le  traitement  par 
la  malaria  comme  le  plus  pratique  et  aussi  le  plus  plein  de  promesses  de  tous  ceux 
qui  ont  été  suggérés  juscpi’à  présent.  E.  F. 


Traitement  de  la  neurosyphilis  par  la  malaria,  rapport  préliminaire,  par 
Faul  A.  O’Leary,  William  H.  GoEKERMANct  Stephen  T.  Parker  (de  Rochester, 
Minn.).  Archives  o[  Dermalologij  and  Syphilology,  t.  13,  n»  3,  p.  310-320,  mars 
1920. 

Exposé  de  l’état  actuel  du  traitement  de  la  ncurosyphilis  par  l’inoculation  mala¬ 
rique.  Des  24  paralytiques  généraux  francs  traités  par  les  auteurs  le  quart  ont  pu 
reprendre  les  occupations  quelques  mois  après  l’inoculation  thérapeutique. 

Thoma. 

Sur  le  traitement  moderne  de  la  syphilis  et  de  la  métasyphilis  nerveuse, 

liarG.  Mingazzini,  Biologie  médicale,  n°7,  1925. 

Importante  mise  au  point  qui  fait  notamment  ressortir  les  très  grands  avantages, 
de  la  cure  malarique  dans  la  paralysie  générale.  F.  Deleni. 


Les  types  de  neurosyphilis  par  rapport  à  leur  traitement,  par  Henry  A.  Bunker 
(do  New-York).  J.  o/  Ihc  American  med.  Association,  t.  80,  n"  24,  p.  1815,  12  juin 
1920. 

11  est  bien  difllcile  do  ilifférencicr  les  doux  types  de  ncurosyphilis,  le  type  niéningo- 
vasculairc,  et  le  type  parenchymateux.  Toutefois,  au  point  de  vue  pratique,  quand  les 
résultats  des  ponctions  lombaires  et  la  résistance  aux  traitements  intraveineux  font 
soupçonner  la  pré[)aralysio,  il  faut  recourir  tout  de  suite  à  la  malariathérapie. 

Thoma. 

Un  cas  typique  de  paralysie  générale  tabétique  traité  par  le  stovarsol  sodique, 

par  Tito  BtGNONE,  Pensiero  medico,  an  15,  n»  17,  p.  319,  20  juin  1920. 

Cas  remarquable  par  le  succès  obtenu  :  douleurs  disparues,  ataxie  très  améliorée, 
sujet  bruyant  transformé  en  malade  tranquille. 


Sur  la  technique  de  la  préparation  du  sang  malarique  pour  le  traitement 
de  la  paralysie  générale  selon  la  méthode  Wagner-Jauregg,  par  Otto  Kau- 
DERS.  Biocbemica  e  Terapia  sperimentale,  t.  13,  n»  1,  |).  33,  janvier  1920. 


ANALYSES 


Relation  d’\in  cas  de  syphilis  cérébro-spinale  traité  par  l’inoculation  des  para¬ 
sites  de  la  malaria,  par  E.  G.  Thrasii  (il’Alanla,  Ga.),  American  J.  0/  Syphilis, 
t.  10,  n»  1,  p.  04,  janvier  1020. 

Succès  complet,  (Ui  moins  provisoire,  chez  un  dément.  Thoma. 

INFECTIONS  ET  INTOXICATIONS 

Nouvelle  contribution  au  problème  de  la  syphilis  nerveuse  conjugale,  par  Alfr('d 
Gordon  (de  Philadelphie),  American  J.  0/  Syphilis,  t.  10,  n»  2,  p.  201,  avril  1020. 

La  syphilis  nerveuse  conjugale  est  plus  fréquente  qu’on  ne  pense.  Elle  est  l’efrct  de. 
l’infection  par  un  virus  ncurotrope  de  systèmes  nerveux  prédisposés  et  souvent  fati¬ 
gués  par  de  communs  efforts  et  des  |)réoccupations  communes. 

'l’ilOMA. 

Syphilis  exotique  et  syphilis  nerveuse,  par  A.  .Sézary,  Presse,  médicale,  n”  20, 
p.252,  10  avril  1920. 

L’auteur  répond  aux  critiques  objectées  à  ses  précédents  articles  ;  il  demeure  per¬ 
suadé  que  la  syphilis  nerveuse  doit  sa  systématisation  aux  qualités  du  terrain  sur  lequel 
se  dévelop))e  le  tréponème  ;  ces  qualités  sont  dues  à  l’évolution  spontanée  des  réac¬ 
tions  humorales  à  travers  les  générations  et  à  l’action  répétée  d’une  thérapeutique  insuf¬ 
fisante.  E.  h’. 

Sur  quelques  cas  de  neurosyphilis  parenchymateuse  traités  par  la  protéino- 
bismutho-thérapie.  La  protéinothérapie  dans  l’infection  syphilitique  en  gé¬ 
néral,  par  Angelo  Catalano,  Iti/orma  mediea,  an  42,  n»  16,  p.  369,  10  avril  1026. 

L’auteur  a  obtenu  de  bons  résultats,  au  poitd,  d(!  vue  neurologique,  en  traitant  des 
paralytiques  généraux  p!ir  des  injections  de  lait  et  le  bismuth  ;  au  point  de]  vm^  meidal 
il  y  a  eu  une  amélioration  discrète  dans  les  cas  récents.  Aucun  résultat  chez  qu(d(pies 
tabétiques  ;  c’étai(ud,  il  est  vrai  des  cas  anciens.  Dans  la  syphilis,  la  jirotéinothérapie  est 
à  recommander  comme  moyen  d’exalter  les  défenses  de  l’organisme. 

E.  Urîi.iiNi. 


La  famille  syphilitique  et  la  famille  cancéreuse,  par  I'i'hii  fuh,  Hevae. 
de,  J^atholayie.  ciimparée.  el  d'Ilyyiène  yé.nérale,  20  novembre  192.'). 

Etude  surtout  statistiqm^  )d.  généalogi<iue. L’auteur  t)md  à  voir  dans  tous  les  cancé¬ 
reux  (les  syphilitiques  ou  des  hérédo-syphilitiques  ;  la  syphilis  prépare  les  tissus  à  la 
cancérisation.  E.  E. 

Etude  radiologique  de  la  syphilis  congénitale  des  os  longs  envisagée  dans  la 
première  enfance,  par  M.  I’éhu,  M.  Ghanard  et  M"*”  .1.  Enselmu  (deLyon)../o(/r- 
nat  de  Padiolnyie,  el  d' Elerlruloyie,  t.  X,  n»2,  février  1926,  pp.  54-68,  18  ligures. 

Les  auteurs  ont  individuali.sé  quatre  groupes  de  lésions  osseuses  causées,  chez  le 
nouveau-né  et  le  nourrisson,  par  la  syphilis  congéidlale. 

1.  Deux  variétés  assez  rares  :  a)  la  forme  gommeuse  et  la  forme  ostéomalacique  ou 
ostéoclasiaute  ou  encore  destructrice. 

IL  Deux  autres  espèces  fiahpienics  :  a)  l’ostéochondrite  de  W'egner-l'ariot.  Maladie 


ANALYSES 


357 


cuiiiiiu'iiganl  vers  le  cinquième  mois  lie  la  grossesse  et  qui  relève  donc  plutôt  de-  la 
pathologie  obstétricale  ;  b)  la  périostite  ossifiante  ou  périostite  hyperplasique,  d’une 
fréquence  considérable. 

C’est  une  maladie  extra-utérine  qui,  elle,  ressortit  à  la  pathologie  de  la  première 
enfance.  André  Stroiil. 


L’étiologfie  rhumatismale  du  rétrécissement  mitral  ;  participation  possible  de 
la  thyroïde,  par  Pr.  Merklen  et  M™' Schneider,  liiilt,  el  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des 
Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n"  14,  ii.  050,  23  avril  I920. 

L’atteinte  primitive  liai' le  virus  rhumatismal  de  la  thyroïde,  particulièrement  sus¬ 
ceptible  che/.  la  femme,  déterminerait  la  constitution  d’un  terrain  endocrine  favo- 
rable’ù  l’éclosion  du  rétrécissement  mitral.  E.  F. 


Formes  nerveuses  de  la  maladie  de  Chagas,  par  Austregesilo,  Bull,  de  la  Soc. 
de  Médecine  de  Paris,  n»  8,  p.  277,  24  avril  1926. 

Communication  sur  les  formes  nerveuses,  aiguë  et  chronique,  de  la  maladie  trans¬ 
mise  du  tatou  à  l’homme  par  le  Trialoma  megisla. 

L’auteur  fait  une  revue  des  graves  syndromes  que  jieiit  déterminer  le  parasite  trans¬ 
mis  :  diplégie,  clioréo-athétose,  paralysie  pseudo-bulbaire,  symptômes  extra-pyra¬ 
midaux,  déficit  psychique,  etc.  E.  F. 


Syndrome  neuro-psychique  des  colites  alcalines  (Paramyoclonie  anxieuse), 

par  A.  Mathieu  de  Fossey  {de  Vichy)  et  Pierre.  Héiiague  (de,  Paris),  Monde 

médical,  11“  085,  p.  431,  13  avril  1920. 

Les  auteurs  attirent  l’attention  sur  un  syndrome  constitué  essentiellement  par:  1»  des 
trouilles  psychiques  caractérisés  par  l’insomnie  avec  anxiété  nocturne,  opposée  à  une 
certaine  somnolence  diurne  des  troubles  de  la  mémoire  et  du  langage,  des  troubles  du 
caractèriv  ;  2“  des  troubles  du  système  nerveux  caractérisés  par  le  ralentissement  des 
inoiivements,  trembloment  et  surtout  spasmes  musculaires  fasciciilaires  analogues  à 
ceux  du  paramyoclomis  multiplex,  affectant  des  domaini^s  musculaires  très  variés, 
couliHirs  fugitives,  articulaires  ou  périarticulaires  ;  3”  par  des  troubles  colitiques  avec 
selles  alcalines  et  souvent  putréfaction  accompagnés  d’une  réaction  hépatiipic. 

Ce  syndrome  est  évidemment  loin  de  se  présenter  toujours  au  complet,  mais  dans 
toute  colite  à  selles  de  réaction  alcaline  un  ou  plusieurs  éléments  ih^  syndrome  neuro¬ 
psychique  existent,  et  ce  soni,  souvent  de  petits  signes,  comme  le  blépharospasme 
ou  quelque  myoclonie,  qui  révèlent  le  syndrome. 

Le  traitement,  purement  diététique,  est  rapidement  eflicace.  E.  F. 


Paralysie  transitoire  du  facial  inférieur  gauche  sans  aphasie  chez  un  scorbu¬ 
tique  atteint  de  tuberculose  pleuro  pulmonaire  ou  de  pneumonie  droite,  par 

Said  Djémil  (de  Constantinoide),  Bull.el  Mém.  de  la  .Soc.  méd.  des  Hôpilaux  de 
Paris,  an  42,  n“  10,  p,  400,  12  mars  1920. 

r.os  imralysics  pneiimoniipies  affectent  d’ordinaire  la  forme  hémiplégique  ;  on  note 
aussi  des  paralysies  alternes  des  inonoplégies,  des  jiaralysies  parcellaires,  des  paralysies 
faciales  avec  aphasie  ;  les  paralysies  faciales  sans  aphasie,  comme  dans  le  cas  de  l’au¬ 
teur,  sont  exceptionnelles.  L.  F. 


ANALYSES 


Tétanie  chronique  des  adultes  et  transplantation  des  parathyroïdes  humaines 
selonlaméthodede  Voronoff,  par  Cesare  Frugoni  et  Viltorio  Scimone  (do  Flu- 
rence),  Presse  médicale,  n»  23,  p.  355,  20  mars  1926. 

Int6ressant(!  olisorvation  d’une  tétanie  chronique,  chez  un  homme  de  21  ans,  guérie 
par  la  greffe  dans  la  vaginale  du  testicule, selon  la  technique  do  Voronoff, de  parathy¬ 
roïdes  humaines  prélevées  au  cours  d’une  opération  de  goitre.  11  s’agis.sait  d’une  insuffi¬ 
sance  chronique  dos  parathyroïdes  par  sclérose  des  corps  épithéliaux  chez  un  hérédo- 
syphilitique.  Elle  se  manifesta  pour  la  première  fois  à  l’occasion  d’une  infection  intes¬ 
tinale  ;  depuis  elle  s’était  considérablement  aggravée,  si  bien  que  depuis  plusieurs  mois 
le  malade  était  en  proie  à  dos  crises  subintrantes;  les  périoiles  d’état  tétanique  duraient 
plusieurs  jours  avec  six  ou  sept  attaques  par  jour,  longues,  graves  et  très  pénibles  ;  les 
intervalles  ét  aient  brefs,  et  pendant  leur  durée  tous  his  symptérnes  do  la  tétanie  latente 
restaient  nets  et  vifs.  La  greffe  à  la  Voronoff  mit  un  terme  à  cet  état.  En  même  tcmjjs 
la  santé  générale  du  malade,  libéré  de  scs  souffrances,  s’est  transformée  ;  une  vio  nou¬ 
velle  de  travail  et  d’activité  s’ouvrait  devant  lui.  Enfin, chose  théoriquement  importante, 
riiypocalcéniie  disparut  à  la  suite  do  l’opération.  Ainsi  une  greffe  de  parathyroïdes 
humaines  dans  la  vaginale  du  testicule  a  soudainement  déterminé  la  cessation  du  syn¬ 
drome  tétanique  et  la  modification  de  l’échange  du  calcium.  E.  F. 

Traitement  de  la  tétanie  infantile  avec  un  extrait  parathyroïdien  ;  relation  de 
quatre  cas,  par  Lynne  A.  Hoag  et  llelon  Rivkin  (de  Now-York),  J. ol  lhe  American 
med.  Assacialion,  t.  86,  n»  18,  p.  1343,  1"  mai  1926. 

Résultats  très  favorables  confirmant  l’efficacité  de  la  méthode  de  Collipet  Leilch. 

Tiioma. 

Les  sérums  antidiphtérique  et  antitétanique  purifiés  dans  la  prophylaxie  des 
accidents  sériques,  par  G.  Ramon,  Presse  médicale,  n"  21,  p.  323,  13  mars  1926. 

L’auteur  concentre  les  antitoxines  tout  en  rejetai  les  i)rotéinns  nuisibles  par  sa  mé¬ 
thode  dos  précipitations  fractionnées.  Les  sérums  purifiés  ainsi  obtenus  sont  avanta¬ 
geusement  utilisés  dans  la  pratique.  E.  F.  “fS 

De  la  valeur  antigène  de  l’anatoxine  tétanique  chez  l'homme,  i)ar  Ch.  Ramon  et 
Ch.  Zœller,  Académiedes  Sciences,  1 1  janvier  1926. 

Les  injections  d’anatoxine  tétanique  sont  inoffensives  et  peuvent  provoquer  chez 
l’homme,  comme  chez  les  animaux,  une  immunité  active  contre  le  tétanos  ;  la  dose  de 
1/2,  do  1  et  de  2  eme  est  absolument  inoffonsivo  et  no  détermine  aucune  réaction  locale 
ou  générale  ;  la  première  injection  d’anatoxine  développe  l’aptitude  fi  préparer  de  l’an¬ 
titoxine  et,  par  dos  injections  successives,  on  accroît  dans  des  proportions  importantes 
cette  immunisation  active.  L’anatoxine  tétanique  peut  être  ajoutée  h  un  vaccin  micro- 
(jion,  tel  que  celui  employé  contre  lés  affections  typhoïdes  (vaccin  T.  A.  B.),  sans  que  la 
production  d’antitoxine  soit  diminuée  dans  cette  vaccination  associée. 

E.  F. 

L'immunité  antitétanique  par  l’anatoxine  chez  l’homme,  par  Chr.  Zoeller  et 
Ramon,  Presse  médicale,  n”  31,  p.  485,  17  avril  1926. 

La  sénjtliérapio  antitétanique  no  conférant  qu’une  immunité  passive  de  courte  durée 
(pi  ali(iucment  8  ou  10  jours  après  l’injection  prophylactique),  il  paraît  indiqué  do  cher' 
cher  à  lui  substituer  une  immunité  active,  solide  et  durable. 


ANALYSES 


359 


L’anatoxine,  dont  l’innocuité  est  complète,  est  capable  de  conférer  une  telle  immu¬ 
nité.  La  vaccination  par  l’anatoxine  permet  de  réaliser  une  immunité  protégeant  contre 
1.000,  3.000  doses  mortelles  ou  davantage  ;  quant  à  la  durée  de  l’immunité  on  peut 
seulement  dire,  les  recherches  étant  récentes, qu’elle  se  retrouve  six  mois  après  l’immu¬ 
nisation. 

Deux  données  expérimentales  sont  intéressantes  au  point  de  vue  pratique.  La  pre¬ 
mière  est  qu’une  injection  de  sérum,  pratiquée  le  même  jour  qu’une  injection  d’ana¬ 
toxine,  ne  fait  tort  ni  è  la  production  d’antitoxine,  ni  à  l’installation  de  la  réactivité 
acquise.  La  seconde  est  que  l’addition  d’un  vaccin  microbien  à  l’anatoxine,  loin  de 
nuire  au  développement  de  l’immunité  antitétanique,  lui  est  favorable. 

On  se  trouve  donc  orienté  dans  les  applications  de  l’anatoxine,  et  ses  indications 
paraissent  être  les  suivantes  : 

Chez  un  blessé  non  vacciné,  faire  simultanément  du  sérum  et  do  l’anatoxine  tétanique 
(1  eme)  ;  renouveler  l’injection  d’anatoxine  après  quinze  jours,  puis  après  un  mois. 
Cette  façon  de  faire  se  propose  pour  but  d’entraver  l’apparition  d’un  tétanos  post- 
sérique. 

Chez  un  sujet  déjà  vacciné,  pratiquer,  à  l’occasion  d’un  traumatisme,  une  injection 
de  rappel  capable  de  mettre  en  circulation  à  bref  délai  une  forte  proportion  d’ana- 
.  toxine. 

Dans  une  collectivité  comme  l’armée,  où  la  vaccination  antityphoïdique  est  obli¬ 
gatoire,  l’addition  d’anatoxine  tétanique  au  vaccin  T.  A.  B.  ne  présente  que  des 
avantages. 

La  possibilité  d’une  vaccination  active  contre  le  tétanos  est  démontrée.  Sur  les  don¬ 
nées  expérimentales  et  cliniques  il  est  actuellement  indiqué  de  répandre  la  méthode  de 
vaccination  par  l’anatoxine.  Il  revient  à  l’infection  tétanique  de  donner  la  preuve  irré¬ 
cusable  de  l’efficacité  du  procédé.  C’est  donc  à  la  statistique  qu’il  faudra  demander,  en 
définitive,  par  l’absence  de  tétanos  chez  un  grand  nombre  de  vaccinés,  l’ultime  confir¬ 
mation  des  recherches  des  au  leurs.  E .  F. 

Un  cas  de  tétanos  de  Rose  à  marche  aiguë  et  à  issue  mortelle,  par  Lucien  Beco, 
Bruxelles-Médical,  t.  6,  n»  29,  p.  853,  IG  mai  1926. 

Chute  et  légère  blessure  à  la  racine  du  nez.  Cinq  jours  d’incubation.  Evolution  mor¬ 
telle  en  six  jours  malgré  la  sérothérapie  ;  mort  à  la  seconde  attaque  spasmodique. 
Lacunes  dans  nos  connaissances  sur  la  pathogénic  du  tétanos  liumain. 

E.  S. 

Tétanos  suraigu  à  la  suite  d’un  avortement,  par  .\u  vRAy,  SncUié  d'Obsiélrique 
et  de  Gynécologie  de  Paris,  8  mars  1926. 

Le  sérum  antitétanique  dansle  tétanos  généralisé,  par  Saada,  Soc.  de  Méd.  cl 
d'Iiijgiène  du  Maroc,  14  avril  1926. 

Quatre  observations  montrent  les  bons  résultats  qu’on  peut  obtenir  do  la  sérothé¬ 
rapie  à  condition  d’employer  le  sérum  à  doses  massives  dès  le  début  du  tétanos,  et  de 
répéter  journellement  les  injections  jusqu’à  la  disparition  des  symptômes  et  la  cicatri¬ 
sation  de  la  plaie.  E.  F. 

Deux  cas  de  tétanos  infantile  guéris  par  la  sérothérapie,  par  Leenhardt  et  Re¬ 
verdy,  Soc.  des  Sc.  méd.  et  biol.  de  Monlpellicr  et  du  Languedoc,  26  février  1926. 

Excellents  effets  de  la  sérothérapie  chez  une  fillette  de  10  ans  et  clicz  un  nourrisson 
infecté  par  la  plaie  ombilicale.  E.  F. 


3G0 


ANALYSES 


Contribution  à  la  thérapeutique  sérique  du  tétanos  déclaré,  pnr  MAncEi. 

Fi-ogny,  Thèse  d'Alger,  1924. 

l’oiir  dimiaiicr  le  nombre  de.s  échecs,  il  importe  essentiellenumt  de  frapper  vite,  fort, 
loiif'temps  et  par  toutes  les  voies  :  intramusculaires,  intraveineuses  et  intraracliidienne. 

Travail  copieux  (160  pages),  où  sont  reproduites  autour  de  quehjues  observations 
personnelles  les  très  nombreuses  observations  déjà  publiées.  A.  I’. 

Sulfate  d'atropine  et  sérothérapie  dans  le  traitement  du  tétanos,  parl.miBRRE. 

Siiciété  de  Palhiilugie  exoligue,  1.3  janvier  1026. 

L’auteur  a  pu  abaisser  de  77  à  20  %  la  mortalité  des  tétanicpies  à  Thôpital  indigène 
di^  Dakar.  Le  sérum  antitétanique  est  administré  en  injections  quotidienm^s  de  100  crnc 
par  voie  intraveineuse,  jusqu’à  diminution  nettement  appréciable  des  phénomènes 
de  contracture  et  d’hyperexcitabilité.  Au  sérum  est  associé  le  sulfate  d’atnqjine  en 
injections  sous-cutanées  par  quart  de  milligramme. 

Ci^s  fortes  doses  de  sérum  ne  déterminent  cIk'Z  les  noirs  aucune  forte  réaction  géné¬ 
rale,  immédiate  ou  tardive.  E.  E. 

A  propos  du  traitement  du  tétanos  par  la  méthode  deBacelli,  au  point  de  vue 

pathologie  comparée,  part;  ROLLET,  Société  de  Pathologie  comparée,  l.3avril  1926. 

Anatomie  pathologique  de  l'encéphalite  en  névraxite  épidémique,  par  nod(d- 

ph('  Albert  Lev,  Bruxelles  Médical,  an  6,  n”  2.3,  p.  662,  4  avril  1926. 

l.a  névraxite  épidémique,  au  p(nnt  de  vue  anatomique,  fournit  le  tableau  d’une  in¬ 
flammation  polioencé|dialitique  de  type  mèso-ectodermi((ue,  non  purulente,  dans  la- 
ipielh^  hw  lésions  vascnl, aires  prédominent. 

L’étude  anatomiqui?  de  la  névraxite  épidémi(pie  a  attiré  l’attention  sur  le  substra¬ 
tum  anatomiipie  et  les  lésions  (pii  conditionnent  des  maladies  du  système  moteur  dont 
i 'anatomie  path(dogi(pie  était  mal  connue  ;  elle  a  aussi  contribué  à  établir  la  frécpience 
des  troubles  psyehiipies,  du  caractère  et  du  sommeil  occasionnés  par  des  lésions  de 
la  base  de  l’encéphale.  Cette  étude  anatomirine,  dépassant  le  cadre  de  la  niH-raxite 
é|ddémique,  a  ainsi  posé  des  pndjlèmes  clinitpies,  physiologiques,  |isychologiques 
et  palhogéniques.  l'I.  P'. 

Trois  cas  d’encéphalite  épidémique  avec  examen  anatomique,  par  Henri  Claude 
et  .1.  Cui'.i.,  Encéphale,  an  21,  n»  4,  ]).  272,  avril  1926. 

Ci‘S  examens  anatomiques  ont  confirmé  ce  que  de  nombreuses  recherches  avaient 
déjà  fuit  connaître,  notamment  en  ce  (pii  concerne  la  grande  diffusion  des  lésions,  dont 
l’étendue  ni'  permet  pas  de  localisation  précise.  Ils  ont  aussi  montré  que,  les  lésions 
en  activité,  si  elles  s’atténuent  vile  chez  certains  sujets,  peuvent  par  contre  persister 
très  longtemps  clii'z  d’autres  et  avec  une  grande  intensité,  ce  (pii  expli(iiie  la  persis¬ 
tance  et  la  progression  prolongée  des  .symplèines  dans  certains  cas.  E.  P’. 


Le  Gérant  :  J.  CAHOUJAT 


Poiliers.  —  Société  Frani,'nise  d’imprimerie.  —  1926. 


Tome  II.  N°  5 


Novembre  1926 


REVUE  NEU 


IQUE 


I 


SUR  LES  OSSIFICATIONS 

ET  CALCIFICATIONS  DE  LA  FAUX  DU  CERVEAU 
ET  LEUR  EXPRESSION  CLINIQUE. 

{A  propos  d’une  opacité  de  la  faux  de  cerveau  démontrée  par  la  radiographie 
dans  un  cas  de  céphalée  tenace  datant  de  dix  ans),  (i) 


MM.  Georges  GUILLAIN  et  Th.  ALAJOUANINE. 


Les  méninges  peuvent,  être  le  siège  do  modifications  pathologiques 
lentes  aboutissant  soit  au  dépôt  abondant  de  calcaire  dans  la  trame  de  leur 
tissu,  soit  à  une  véritable  ossification.  En  certains  points  de  la  méninge 
spinale,  la  calcification  n’est  pas  exceptionnelle,  et  l’on  sait  la  fréquence 
relative,  surtout  chez  les  sujets  âgés,  des  plaques  d’arachnitis  calcaire  de 
la  région  lombaire.  Au  niveau  de  la  méninge  crânienne,  la  cabdfication 
se  rencontre  également,  portant  sur  l’arachnoïde  et  aussi  sur  la  dure-mère, 
où  elle  revêt  l’aspect  de  jdaques  ou  de  points  de  dimensions  restreintes, 
plus  particulièrement  autour  des  granulations  de  Pacchionni.  L’ossifi¬ 
cation  est  certainement  beaucoup  jilus  rare  ;  néanmoins  la  littérature 
anatomique,  surtout  ancienne,  en  signale  plus  d’uu  exemj)le  portant  soit 
fùir  la  méninge  crânienne,  soit  sur  la  méninge  spinale. 

Ces  modifications  du  tissu  méningé  par  imprégnation  calcaire  ou  trans¬ 
formation  osseuse  peuvent  parfois  occuper  un  siège  très  spécial  :  le  prolon¬ 
gement  interhémisphérique  (Ye  la  dure-mère  cérébrale,  la  faux  du  cerveau. 
Ce  siège  si  localisé  du  processus  d’imprégnation  calcaire  ou  osseuse  a 
d’ailleurs  frappé  depuis  longtemps  les  anatomistes  ;  dans  les  bulletins  des 
Sociétés  anatomiques,  à  partir  du  milieu  du  siècle  dernier,  et  surtout 
Vers  1860-1870,  on  trouve  un  certain  nombre  decasd’ostéomes  ou  de  calci¬ 
fications  de  la  faux  du  cerveau, relatés  comme  des  trouvailles  d’autopsie. 
Nous  avons  observé  deux  exemples  purement  anatomiques  de  faits  de  cet 
ordre,  qui  concernent  deux  aspects  très  différents  de  modifications  patho- 
Jogiques  de  la  faux  du  cerveau. 

(I)  CominiiniciiUon  faite  à  la  Saciél.é  île  Neiiroliicfie,  le  7  janvier 

revue  neurologique.  —  T.  II,  N”  5,  NOVEMBRE  192G  24 


G.  OUILLAIN  ET  T.  ALAJOUANINE 


3&Z 

Le  premier  aspccl,  est  vraiment  relui  d’un  os  enclavé  dans  la  faux  du 
r.ervcau  ;  la  dure-mère  interhémispliérique  contient  entre  ses  feuillets 
dédoublés  une  masse  de  yolume  et  d’épaisseur  variable,  dont  la  forme  est 
presque  toujours  celle  de  la  faux,  vaguement  triangulaire  ;  les  autres 
caractères,  couleur,  eqnsistance,  régularité,  sont  ceux  de  l’os.  Dans  notre 
premier  cas  anatomitjUQ^fl  Vagissait  d’un  ostéome  volumineux,  falci- 
forme,  long  de  10  cSltfOTèTFj^Jnviron,  haut  de  2  à  3  centimètres  én  avant, 
s’effilant  en  pointe  enlSçWjpL épais  de  plus  d’un  centimètre  dans  sa  partie 
antérieure.  D’aspect  blanc  ivoire,  d’une  dureté  extrême,  cet  os  falciforme, 
n’avait  que  peu  d’adhérences  avec  la  faux  du  cerveau  qui  semblait  comme 
dédoublée  à  son  niveau  et  s’énucléait  aisément.  ,  , 

Le  deuxième  aspect  est  très  différent  ;  il  ne  s’agit  plus  d’une  formation 
régulière  homogène  ;  ce  sont  des  dépôts  irréguliers,  formés  de  grains  plus 
ou  moins  volumineux  ou  même  de  masses  parfois  bourgeonnantes,  réali¬ 
sant  fies  amas  grenus,  verruqueux,  qui  occupent  une  étendue  plus  ou  moins 
importante  de  la  faux  et  dont  la  disposition  et  la  forme  sont  assez  varia¬ 
bles.  Dans  notre  deuxième  cas  anatomique,  il  existait  ainsi,  appendu  ou 
incrusté  dans  la  partie  moyenne  fie  la  faux  du  cerveau  sur  sa  surface 
externe,  une  grappe  bourgeonnante  et  irrégulière,  sans  forme  définie, 
constituée  de  grains  agglomérés  d’aspect  calcaire,  certains  gros  comme 
des  pois  étant  aberrants  de  la  masse  principale  ;  on  les  écrasait  assez 
facilement. 

En  somme,  on  peut  donc  décrire  deu  processus  dure-mériens  localisés 
à  la  faux  du  cerveau  complètement  différents  d’aspect  :  Vosléome  falci¬ 
forme  dédoublant  la  faux  et  inclus  à  son  intérieur  ;  les  calcificalions  de 
la  face  externe  de  la  faux,  le  plus  souvent  irrégulièrement  distribuées. 


Dans  les  deux  cas  anatomiques  que  nous  venons  de  mentionner,  il 
s’agissait  de  trouvailles  d’autopsie,  et  la  description  n’en  aurait  pas  mérité 
d’être  rapportée,  s’il  ne  nous  avait  pas  été  donné  récemment  de  pouvoir 
faire  le  diagnostic  clinique  de  l’existence  d’une  telle  transformation  patho-. 
lf)giq>ie  de  la  faux  flu  cerveau,  grâce  à  la  radiographie.  ILopacité  anormale 
du  prolongement  interhémispliérique  dure-mérien  était,  en  effet,  parfai¬ 
tement  démontrée  par  la  radiographie  du  crâne  chez  une  femme  dont 
nous  allons  relater  l’histoire  clinique. 

La  radiographie  de  face  du  crâne  (fig.  1)  montre,  en  effet,  sur  la  ligne 
sagittale,  disposée  de  champ,  une  opacité  considérable  de  forme  triangu¬ 
laire  à  base  inférieure  et  à  sommet  supérieur,  correspondant  exactement  à 
la  scissure  interhémisiihérique  et  â  la  faux  du  cerveau  ;  l’extrémité  supé¬ 
rieure  effilée  n’atteint  pas  la  voûte  crânienne  de  laquelle  elle  semble  indé¬ 
pendante  ;  l’extrémité  inférieure  est  libre,  pendant  en  clef  de  voûte.  La 
hauteur  est  d’environ  3  centimètres  ;  la  largeur  d’un  demi-centimètre  â 
la  bas(‘.  L’ffpacité  est  très  foncée,  uniforme  et  de  bords  réguliers. 

La  radiographie  de  profil  (fig.  2)  révèle  une  opacité  vaguement  trian- 


SUR  LES  OSSIFICATIONS  DE  LA  FAUX  DU  CERVEAU  363 

gvilairc  à  base  inferieure,  à  sommet  supérieur  ;  l’angle  antérieur  est  fort 
aigu,  s’elTilant  de  façon  prononcée  ;  l’angle  postérieur  est  au  contraire 
arrondi  ;  l’image  d’ensemble  est  falciforme.  Elle  se  projette  sur  la  partie 
postérieure  de  la  région  frontale,  un  peu  au-dessous  de  la  voûte.  Elle  est 
longue  de  4  à  5  centimètres,  haute  de  2  à  3  centimètres  à  son  centre. 

Par  ailbïurs,  en  dehors  d’empreintes  veineuses  très  marquées,  le  crâne 


n’ofïre  rien  d’anormal.  La  situation  et  la  forme  de  cette  image  est  donc 
tout  à  fait  caractéristique  d’une  opacité  importante  de  la  faux  du  cer¬ 
veau  en  sa  partie  médiane.  La  régularité  des  bords,  l’épaisseur,  la  densité 
de  l’opacité  suggèrent  l’opinion  qu’il  doit  s’agir  plutôt  d’un  processus 
d’estéome  que  de  simples  calcifications,  bien  qu’il  soit  impossible  de  l’affir- 
luer  par  la  simple  radiographie,  et  d’ailleurs,  histologiquement,  l’on  sait 
que  la  barrière  entre  les  deux  groupes  est  artificielle. 


(l.  OUILLAIN  BT  T.  ALA.JOUANINE 


3Ü4 


La  (lécouvcrU!  j)ar  la  radiographie  de  ees  curieuses  néoformalioiis 
au  niveau  de  la  faux  du  cerveau  esl  donc  extrêmement  facile,  par 
la  constatation  de  cette  image  <'aractéristique.  Un  problème  plus  difficile 
à  résoudre  est  celui  de  l’expression  c.lini(iue  de  ces  productions  patliohj- 
giques  de  la  dure-mère,  celui  de  leur  rôle  dans  la  production  de  certains 


sym])tômes  morbiihis,  en  particulicT  de,  céjjlialées  pc.rsistantes.  L’est  à  ce 
titre  (jU(!  nous  avons  cru  intéressant  d(i  rapporter  l’histoire  clinifjue  de  la 
malade  chez  laquelle  la  radiograj)hic  du  (;râne  révéla  l’image  dont  nous 
venons  de  noter  les  caractères. 

11  s’agit  d’une  femnu!  de  dl  ans,  (pu,  vers  l’Age  de  30ans,  alors  (pi’elle 
n’avait  jamais  souffert  de  la  tête  auparavaid,,  a  noté  ra[)j)arition  de  cépha¬ 
lée  qui  survenait  au  début  par  périodes  de  8  à  H)  jours,  cédant  enstiitc 
pendant  une  à  plusi(!urs  semaines  ;  cette  céj)halée  était  d’intensité 


SUn  LES  OSSIFICATIONS  DE  LA  FAUX  DU  CERVEAU  365 

modérée;  après  deux  années,  elle  disparut  pendant  une  période  d’envi¬ 
ron  trois  ans  ;  puis  elle  reparut,  restant  toujours  modérée,  occupant  un 
siège  correspondant  à  une  zone  allant  du  verlex  à  la  région  frontale, 
présentant  toujours  une  évolution  par  crises  d’une  dizaine  de  jours  sépa¬ 
rées  par  des  intervalles  de  2  à  3  semaines  où  n’existait  aucune  douleur. 

Jusque-là  toujours  modérée,  la  céphalée,  au  mois  d’août  de  l’an  dernier, 
a  changé  assez  brusquement,  semble-t-il,  de  caractère  et  d’intensité.  Elle 
est  devenue  beaucoup  plus  intense,  douleur  un  peu  sourde,  comparée  à 
une  brûlure,  qui  s’atténue  par  moments,  mais,  par  contre,  ne  présente  pas 
d(î  grands  paroxysmes  intolérables.  Fréquemment,  elle  s’accompagne 
d’une  sensation  spéciale  sur  laquelle  insiste  la  malade  ;  c’est  comme  un 
«  ballottement  »,  un  «  déplacement  »  pénible  au  niveau  du  vertex.  En  effet, 
le  siège  n’a  pas  varié  ;  la  zone  douloureuse  est  décrite  de  façon  précise 
comme  sagittale  allant  de  la  région  pariétale  supérieure  à  la  région  frontale. 

La  céphalée  ne  s’accompagne  jamais  de  nausées,  ni  de  vomissements, 
mais  il  existe  des  sensations  vertigineuses,  s’atténuant  ou  disparaissant 
avec  les  variations  d’intensité  des  maux  de  tête  ;  à  ces  moments  la  malade 
a  une  sensation  brusqued’  «étourdissement»,  et  les  objets  semblent  tourner 
pendant  quelques  instants  autour  d’elle  ;  ces  phénomènes  subjectifs 
marquent  fréquemment  le  retour  de  la  céphalée  ;  ils  persistent  aussi  bien 
dans  la  position  couchée  que  dans  la  station  debout  ou  la  marche.  A  ces 
périodes  la  marche  serait  moins  sûre  ;  on  aurait  fait  remarquer  à  la 
malade  qu’elle  marchait  de  travers  ;  elle  a  peur  alors  de  tomber,  mais  n’a 
jamais  fait  de  chute. 

La  symptomatologie  fonctionnelle  accusée  par  cette  femme  consiste 
en  céphalées  ayant  débuté  il  y  a  dix  ans  et  ayant  augmenté  depuis 
un  an,  céphalées  qui  s’accompagnent  de  sensations  vertigineuses  et  d’im¬ 
pression  d’instabilité  dans  la  marche.  Ce  syndrome  pouvait  faire  soup¬ 
çonner  l’existence  d’une  hypertension  intra-cranienne,  et  c’est  dans  ce  sens 
que  s’orientait  le  diagnostic,  quand  cette  malade  nous  fut  adressée  à  la 
Salpêtrière  par  notre  collègue,  le  docteur  Français. 

L’examen  neurologique  objectif  ne  montre  d’ailleurs  rien  de  notable. 
La  percussion  du  crâne  du  vertex  à  la  région  frontale  n’exagère  pas  les 
douleurs.  La  marche,  un  peu  titubante  aux  périodes  de  céphalée,  ne 
s’accompagne  pas  de  latéropulsion  nette.  Il  n’y  a  pas  de  déséquilibration 
les  yeux  fermés.  I.,a  force  piusculaire  et  la  motilité  des  membres  sont 
normales.  Les  réflexes  tendineux,  très  vifs,  ne  s’accompagnent  pas  de 
clonus  ;  il  n’y  a  pas  de  signe  de  Babinski.  On  ne  note  enfin  aucun  trouble 
sensitif,  aucun  trouble  de  la  coordination,  aucune  parésie  des  paires  cr⬠
niennes.  Il  n’existe  pas  de  modifications  du  fond  de  l’œil  ni  de  l’acuité 
visuelle. 

La  ponction  lombaire  a  donné  un  liquide  cé[)halo-rachidien  dont  la 
tension,  en  position  assise,  au  manomètre  de  Claude,  est  de  40  centimètres 
d’eau  ;  le  taux  de  l’albumine  est  de  0  gr.  22  par  litre  ;  il  existe  1,2  lym¬ 
phocyte  par  mme,’  ;  la  réaction  de  Wassermann  est  négative  ;  la  réaction 
dn  benjoin  colloïdal  est  de  type  normal  :  0000022210000000. 


306 


G.  GUILI.AIN  ET  T.  ALAJOUANINE 


En  KDinmft,  rhcz  colle  f(!inme  de  40  ans,  soulîranl  depuis  10  ans  de 
céphalées  siégeaid.  au  niveau  de  la  parlie  anlérieure  cl  médiane  de  la 
vnûle  crânienne,  l’exatnen  neurologi(pie  esl  négalif,  le  liquide  céphalo¬ 
rachidien  normal  ;  mais  la  radiographie  monlrc  rexislcncc  d’une  ojiacilé 
imporlanle  de  la  fau'x  du  cerveau  qui  permel  d’alTirmer  sa  Iransformalion 
('alcaire  el  peul-clre  son  ossificalion. 

On  doil,  devaid,  un  lel  fail,  se  demander  s’il  n’exisle  pas  une  relalion 
de  cause  à  eiïel  enlre  la  modificalion  palhologique  de  la  faux  du  cerveau 
el  la  céphalée  resscnlie  par  la  malade  ;  on  ne  Irouve  pas,  en  eiïel,  d’aulres 
causes  plausibles  permellanl  de  l’expliquer.  La  syphilis  ne  saurail  êlre 
incriminée,  élanl  donné  l’absence  d’anlécédenls,  les  réaclions  humorales 
msgalives  ;  il  faul  d’ailleurs  signaler  qu’un  Irailemenl  anlisyphililiqiie 
prolongé  n’a  donné  aucune  sédalion  de  la  céphalée.  Par  ailleurs  loules  les 
exploralions  du  syslèmc  vasculaire,  rénal,  endocrinien  sonl  négalivcs. 

On  ne  saurail  évidemmenl  aiïirmer  que  les  lésions  de  la  faux  du 
cerveau  sonl  la  cause  des  céphalées- de  celle  malade.  Mais  il  esllroublanlde 
conslaler  la  coïncidence  des  deux  fails,  d’aulanl  que  celte  néoformation 
méningée  n’est  pas  une  lésion  banale.  Sur  300  radiographies  que  nous 
avons  examinées  dans  la  collection  de  la  Salpêtrière,  nous  ne  l’avons 
notée  qu’une  fois,  bien  qu’Ueuer  et  Dandy  l’aient  trouvée  un  peu  plus  fré- 
(piente.  D’autre  part,  il  ne  semble  pas  qu’ici  l’opacité  méningée  soit 
une  lésion  d’accompagnement  d’une  tumeur,  comme  Cushing  l’a 
notée  j)our  certains  méningiomes  ;  la  tension  normale  et  les  caractères 
cyto-chimiqües  normaux  du  liquide  céphalo-rachidien  permettent  d’éli¬ 
miner  cette  hypothèse.  L’image  radiographique  dans  notre  cas  a 
d’ailleurs  un  siège  et  une  étendue  très  diiïérents  de  ceux  constatés  par 
le  chirurgien  américain. 

Poser  la  (juestion  du  rapport  de  causalité  entre  l’altération  de  la  taux 
du  cerveau  cl  la  céphalée  pourrait  engager  à  tenter  une  thérapeutique 
chirurgicale  qui,  dans  le  doute,  cependant,  ne  nous  paraît  pas  justifiée! 
d’autant  que  l’ablation  du  véritable  corps  étranger  qui  constitue  la  néofor¬ 
mation  méningée,  à  ce  niveau,  au  voisinage  des  sinus  supérieurs,  n’est 
jias  sans  danger. 

Quant  à  la  cause  du  dépôt  calcaire  ou  de  l’ossification  de  la  méninge, 
elle  est,  ici,  fort  imprécise.  Il  n’a  existé,  chez  cette  malade  encore  jeune, 
ni  traumatisme  obstétrical,  ni  traumatisme  crânien  de  l’enfance  ou  de 
l’adolescence  ;  on  ne  note  aucune  infection  dans  son  histoire,  aucun 
trouble  humoral  ou  diathésique  décelable  actuellement. 

S’il  rappelle  l’attention  sur  une  curieuse  néoformation  méningée  dont 
l’histoire  était  surtout  anatomique,  et  s’il  montre  que  sa  découverte  radio¬ 
logique  est  facile,  ce  cas  nous  a  surtout  semblé  mériter  de  poser  le  pro¬ 
blème,  que  nous  no  voulons  pas  résoudre  avec  un  fait  unique,  du  rapport 
possible  entre  la  céphalée  et  l’ossification  de  la  faux  du  cerveau.  Ch.  A. 


SUR  LES  OSSIFICATIONS  DE  LA  FAUX  DU  CERVEAU  367 

Mc  Kendreeet  Harry  M.  Imboden  l’ont  d’ailleurs  discuté  pour  un  cas  clini¬ 
que  d’ossification  méningée  d’un  autre  siège  (méninge  frontale  et  pariétale) 
où  existaient  aussi  des  céphalées  sans  signe  d’hypertension  intracrânienne, 
et  ils  ont  eu  tendance  à  résoudre  ce  problème  par  l’affirmative.  Des  faits  plus 
nombreux  pourraient  fournir  un  appoint  important  à  la  solution  de 
cette  question  qui  nous  semble  devoir  rester  encore  en  suspens,  bien 
que  notre  tendance  soit  d’accorder  à  l’ossification  de  la  faux  de  cerveau 
une  valeur  étiologique  dans  la  production  de  certaines  céphalées. 


BIBLIOGHAPMIE 

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II 


LE  SYNDROME  MYASTHÉNl FORME 
DANS  L’ENCÉPHALITE  ÉPIDÉMIQUE 
CHRONIQUE 


Auguste  WJMMEH  et  Helge  VEDMAND 

Dans  le  polymorphisme  symptomatologique  de  l’encéphalite  épidé¬ 
mique,  le  syndrome  myasthéniforme  occupe  une  place  bien  modeste. 
Dans  la  littérature  déjà  si  vaste  de  cette  maladie,  on  n’en  trouve  que  très 
peu  d’observations.  Les  voici,  brièvement  résumées. 

Grossman  (1922) :3  cas  dont  deux  à  accidents  aigus,  dans  le  troisième 
une  «  grippe  »  a  précédé  de  4  ans  les  troubles  musculaires.  Dans  les  trois 
cas,  fatigabilité  myasthéniforme  nette,  à  localisation  bulbaire,  surtout, 
mais  en  plus,  des  membres.  Pas  de  réaction  électrique  de  Jolly.  Peu  à  peu, 
apj)arition  d’anujotropliies  (muscles  masticateurs,  temporaux,  trapèze, 
deltoïde,  interosseux).  Chez  l’un  des  malades,  petites  secousses  myoclo- 
niques  faciales.  L’un  des  malades  a  succombé  ;  à  l’autopsie,  on  a  cons¬ 
taté  un  processus  inflammatoire  subaigu  du  mésencéphale,  du  pont,  de 
la  moelle,  à  périvascularites  lymphocytaires,  à  hémorragies  multiples, 
à  légères  dégénérations  du  parenchyme  nerveux. 

Paulian  (1923)  :  Femme  de  25  ans.  A  la  suite  d’une  phase  initiale 
fébrile,  somnolence,  avec  diplopie  intermittente,  asthénie  muscidaire 
persistante  et  croissante.  Dysmasie,  dysphagie.  La  réaction  électrique 
des  muscles  a  présenté,  à  plusieurs  occasions,  la  formule  mijaslhénique. 
Amélioration  passagère,  puis  mort  ;  pas  d’autopsie. 

Sarbo  (1921)  :  Homme  de  32  ans.  Phase  aiguë  léthargique,  à  diplégie 
faciale,  puis  fatigabilité  musculaire  typique  avec,  pour  quelque  temps, 
réaction  électrique  de  formule  mijaslhénique. 

Iligier  (1922)  mentionne  quelques  cas  personnels,  à  fatigabilité  myas¬ 
théniforme  passagère,  sans  altération  électrique. 

Arthur  J,  Hall  (1924)  :  Garçon  de  15  ans,  qui,  pendant  la  phase  aiguë, 
présentait  de  la  fatigabilité  myasthéniforme.  Guérison,  avec  toutefois 
persistance  d’un  ti(;  d(ïs  lèvres. 

Tout  récemment,  enlin,  MM.  Guillain.  Alajouanine  et  Kalb  ont  com- 
muni(pié  à  la  Société  de  .Neurologie  l’observation  détaillée  d’un  cas  de 

IIKVUE  NliUllOLOQIQCH  —  T.  II.  N”  0,  NOVEMIlIUi  1926. 


LE  SYNDROME  MYASTHÊNIFORME  DANS  L'ENCÉPHALITE  369 


«  forme  myasthénique  de  l’encéphalite  prolongée  ».  Homme  de  57  ans. 
En  janvier  1925,  diplopie  persistante,  ensuite,  pendant  deux  à  trois  mois, 
devenant  intermittente,  survenant  surtout  le  soir  ou  après  fatigue 
musculaire.  En  octobre  1925,  il  s’installait  une  ptose,  persistante  ensuite, 
mais  variable  d’intensité  suivant  les  moments  de  la  journée.  Puis  fati¬ 
gabilité  des  membres,  enfin,  de  la  dysmasie,  de  la  dysarthrieà  type  myas- 
théniforme.  Avec  cela,  hémisyndrome  parkinsonien.  A  l’examen  élec¬ 
trique  des  muscles,  on  n’a  pu  relever  la  réaction  myasthénique. 

Vu  le  nombre  resteint  de  telles  observations,  nous  avons  jugé  de 
quelque  intérêt  de  publier  les  deux  cas  suivants. 

Cas  —  Homme,  âgé  de  42  ans.  Quelques  traumatismes  crâniens  antérieurs, 
sans  signes  nets  d’atteinte  du  cerveau. 

En  octobre  1918,  fièvre  assez  élevée,  somnolence  marquée,  pas  de  troubles  ocu¬ 
laires  ou  hypercinétiques.  Durée  du  stade  initial,  3  semaines.  Dans  les  mois  suivants, 
apparition  do  fatigabilité,  myasthéniforme,  débutant  par  des  troubles  de  la  parole 
qui  devient  en  pou  de  temps  nasale,  fortement  gênée,  troubles  de  la  déglutition  avec 
régurgitations  par  le  nez.  Ensuite,  chute  de  la  mâchoire  intérieure,  le  malade  devait 
la  soutenir  avec  la  main.  Du  côté  des  membres,  pas  de  troubles  à  cette  époque-là. 
Il  y  avait  amaigrissement,  éréthisme  émotionnel,  crises  d’anxiété. 

Le  malade  est  admis,  pour  la  première  fois,  dans  le  service  neuropsychiatrique  de 
Copenhague  le  14  sepembre  1919.  Selon  les  notes  prises  sur  le  malade,  on  y  a  constaté 
la  parole  zézayante,  la  voix  devenait  presque  inintelligible  après  une  lecture  à  haute 
voix  d’une  minute.  Au  dynamomètre,  la  pression  de  la  main  tombe  vite  à  la  moitié  de 
la  force  initiale.  A  l’examen  électrique  des  muscles,  formule  myasthénique  de  Jolly 
des  plus  nettes. 

Les  notes  ne  font  pas  mention  d’amyotrophies  localisées.  Parésie  douteuse  du  fa¬ 
cial  gaucho.  Strabisme  latent,  réactions  pupillaires  vives,  fond  des  yeux  normal* 
Réflexes  tendineux  vifs,  pas  de  signe  de  Babinski.  Dans  le  liquide  céphalo-rachidien, 
les  chilïres  des  cellules  et  des  albumines  étaient  normaux.  Le^  réactions  de  Was¬ 
sermann  négatives. 

On  a  porté,  alors,  le  diagnostic  d’une  myasthénie  grave.  Un  traitement  aux  rayons 
de  Bôntgen  semble  avoir  produit  une  certaine  amélioration,  mais  passagère  seule¬ 
ment,  la  fatigabilité  musculaire  s’installant  peu  à  peu  aussi  au  niveau  des  bras.  En  1920. 
le  malade  a  été  soigné  pendant  quelques  mois  au  Rigshospital;onlui  a  donné,  là  aussi, 
le  diagnostic  de  myasthénie  graver  Avec  de  grands  efforts,  il  est  parvenu  à  accomplir 
les  besognes  de  sa  profession  jusqu’à  l’été  de  1925. 

Le  1«''  août,  il  est  admis  dans  mon  service.  Depuis  deux  mois,  forte  aggravation 
de  la  dysmasie,  de  la  dysphagie,  parfois  il  avale  de  travers.  Diplopie  épisodique. 

Examen  neurologique.  Face  atone,  mouvements  mimiques  presque  abolis.  Ptose 
bilatérale  légère,  impossibilité  de  fermer  complètement  les  yeux. 

Egalité  pupillaire,  réactions  pupillaires  bien  conservées  à  la  lumière  et  à  l’accom¬ 
modation.  Petite  parésie  du  nerf  abducteur  gauche,  à  diplopie  correspondante.  Ebau¬ 
che  de  parésie  des  mouvements  de  latéralité  des  yeux.  Champ  visuel,  acuité  visuelle, 
fond  des  yeux,  normaux. 

Les  muscles  massétérins  sont  fortement  atrophiés,  impossibilité  do  serrer  fortement 
'es  dents.  Grosse  atrophie  aussi  des  muscles  temporaux,  et  fosses  temporales  profon¬ 
dément  creusées.  Atrophie  considérable  de  la  langue,  sans  fibrillation,  impossibilité 
de  tirer  la  langue  hors  de  la  bouche.  Mouvements  incomplets  du  voile  palatin  à  l’into¬ 
nation.  Gros  troubles  de  la  mastication  et  de  la  déglutition.  Episodiquement,  sen¬ 
timent  de  suffocation  à  dyspnée  assez  marquée. 

La  parole,  toujours  zézayante,  sourde,  indistincte.s’épuise  vite,  au  point  de  devenir 
tout  à  fait  incompréhensible.  A  l’examen  du  larynx,  parésie  modérée  des  abducteurs 
des  cordes  vocales.  A  la  rhinoscopie  postérieure,  les  orifices  des  tubes  d’Eustache  sont 


370 


.1.  WlMMICrt  ET  II.  VEDMAND 


béants.  A  l’otoseopio  les  membranes  Lympaniques,  un  peu  atrophiées,  présenteint 
des  mouvements  respiratoires  très  marqués  (rétrécissement  à  l’inspiration,  gonflement 
é  l’expiration),  lo  malatlo  aceusant,  en  mémo  temps,  un  tort  tintement  dans  les 
oreilles  (I). 

Pas  d’atropliii!  nette  dos  museles  du  cou.  Amaigrissement  général  des  membres 
supérieurs  et  inférieurs,  mais  pas  d’amyotropbies  localisées.  Hypotonicité  prononcée. 
La  force  musculaire  considérablement  diminuée,  sans  présenter  toutefois  la  fatigabilité 
myastliénitorme  nette. 

Les  réflexes  massétérins  font  défaut,  Us  réflexe  pharyngien  très  faible.  Aux  bras, 
hyporétlexie  tendineuse  ;  aux  jambes,  réflexes  tendineux  normaux.  Pas  de  signe  de 
Babinski. 

A  l'examen  électrique  des  muscles,  pratifiué  par.M.  Neel.  abolition  complète  de  l’ex¬ 
citabilité  faradi<iuc  et  galvanique  îles  muscles  massétériens  et  temporaux,  diminution 
d’excitabilité  avec  ébauche  de  contraction  de  dégénérescence  dans  les  muscles  de  la 
face.  Los  muscles  de  la  langue  donnent  des  réactions  à  peu  près  normales.  Dans  les 
muscles  dos  membres,  légère  diminution  de  l’arnpliLide  des  contractions  aux  excita¬ 
tions  répétées,  sans  toutefois  abolition  finale,  même  après  100  excitations. 

Pas  de  troubles  de  la  sensibilité,  ni  de  la  coordination  ou  des  fonctions  sphincté¬ 
riennes. 

Le  liquide  céphalo-rachidien  contient  1  /3  de  cellules,  0  deglobulines,  6  d’albumines. 

Les  réactions  do  Wassermann  et  de  Sigma  négatives. 

Lo  malade  est  maigre.  Pour  cent  d’hémoglobine  95,  d’après  Sahli.  Globules  rouges, 
4,7  millions,  globules  blancs,  9000.  L’aspect  morphologique  aux  préparations  Leishman, 
normal.  Tension  artérielle  de  100  mm.  Dans  les  urines,  ni  sucre,  ni  albumine.  La  courbe 
thermo-métrique  a  présenté  des  oscillations  normales,  de  môme  le  pouls.  La  diurèse 
n’a  pas  excédé  1100  cc.  par  jour. 

L’administration  sous-cutanée  de  pituitrine,  à  doses  do  1  cmc.  et  d’adrénaline,  à 
doses  intraveineuses  d’un  demi-milligramme,  n’a  provoqué  aucun  effet  typique  ni 
sur  la  tension  artérielle,  ni  sur  la  fréquence  du  pouls. 

La  radiographie  de  la  région  corvico-thoracale  n’a  pas  relevé  de  signes  d’un  thymus 
persistant  ou  enlargi. 

Lo  malade  est  resté  dans  mon  service  jusqu’au  21  décembre  1925.  Le  traitement, 
au  moyen  de  strychnine,  de  tablettes  do  supra-adrénaline,  n’a  opéré  que  des  chan¬ 
gements  transitoires  do  son  état  déplorable.  Le  23  février  1926  il  a  dû  être  admis 
pour  la  troisième  fois.  Pendant  cc  séjour,  jusqu’au  15  mai  1926,  une  amélioralion 
nette  s’est  installée  iieu  à  peu  ;  diminution  progressive  de  la  fatigabilité  musculaire, 
de  la  dysphagie,  de  la  dysphasio,  augmentation  sensible  du  volume  des  muscles  mas¬ 
sétériens,  effacement  presque  complet  des  petites  afcrophies  de  la  main  droite.  Quel¬ 
ques  semaines  après  sa  sortie  de  l’hôpital,  lé  malade  a  pu  faire  un  tour  à  pied  d’une 
heure  de  durée,  il  n’avale  plus  de  travers,  il  peut  parler  plus  longtemps  sons  se  fati¬ 
guer,  il  peut  quitter  pour  des  heures  son  appareil  de  support  pour  la  mftehoiro  infé¬ 
rieure.  Somme  toute,  pour  sa  femme  l’amélioration  de  son  état  est  «  tout  li  fait  mer¬ 
veilleuse  ». 

L’examen  électrique  des  muscles,  pratiqué  de  nouveau  le  21  mai  1926,  a  donné  à  peu 
près  les  mêmes  résultats  que  celui  d’août  1925. 


Il  faut  avouer  (jue  lors  des. séjours  antérieurs  du  malade  dans  les  hôpi¬ 
taux,  le  diagnostic,  de  maladie  d’Erb  était  tout  à  fait  justifié  par  le  tableau 


(1)  Cc  trouble  curieux,  rapporté  par  les  otologistes  à  une  parésie  du  tenseur  du 
voile,  palatin,  et,  surtout,  du  tenseur  de,  la  membrane  tympanique,  a  fait  l’objet  d’une 
communication  pur  M.  Viggo  Schmidt  à  la  Société  d’Oto-laryngologie  do  Copenhague, 
le  3  octobre  1925  ;  v.  Ilo.tpila'slilende,  192t,  n®  7. 


LE  SYNDROME  MYASTHÈN IFORME  DANS  L'ENCÉPHALITE  371 


symptomatique  ;  épuisement  musculaire  typique  avec,  de  plus,  réaction 
électrique  myasthénique  nette. 

Si,  actuellement,  nous  nous  croyons  justifiéi  d’abandonner  ce  diagnostic 
en  faveur  de  celui  d’un  syndrome  myaslhéni[orme  au  cours  d’une  éncéphalite 
épidémique,  nous  nous  appuyons  sur  deux  faits  surtout  :  le  rapport  chro¬ 
nologique  intime  du  syndrome  myasthéniforme  avec  le  stade  initial  fébrile 
et  à  somnolence  ;  puis  l’évolution  ultérieure  de  la  maladie,  disparition 
du  syndrome  myasthéniforme,  apparition  d’amyotrophies  d’origine  bul¬ 
baire. 

La  fatigabilité  musculaire  est  d’observation  courante  chez  les  encépha- 
litiques  de  type  symptomatologique  très  varié.  Signalée  par  Sainton  ef 
Schulman,  Verger  et  Hesnard,  Lévy...,  Guillain,  Alajouanine  et 
Kalb  y  ont  de  nouveau  insisté.  Tantôt  il  s’agit  de  fatigabilité  généralisée, 
tantôt  localisée. 

Quant  à  la  réaction  myasthénique  de  Jolly,on  connaît, depuis  longtemps, 
son  apparition  occasionnelle  dans  les  affections  nerveuses  autres  que  la 
maladie  d’Erb,  de  façon  que  son  apparition  passagère  au  cours  d’une 
encéphalite  épidémique  n’a  rien  d’étonnant.  Avec  l’évolution  ultérieure 
de  l’affection  de  notre  malade,  la  réaction  myasthénique  s’efface  au 
profit  d’une  réaction  de  dégénérescence  en  correspondance  étroite  avec  les 
grosses  paralysies  amyotrophiques  qui,  actuellement,  prédominent  dans  le 
tableau  clinique. 

Des  amyotrophies  encéphalitiques,  plus  ou  moins  systématisées,  ont 
été  décrites  plusieurs  fois.  L’un  de  nous  a  insisté  tout  récemment  là-dessus. 
Dans  les  observations  de  Lhermitte,  Colin  et  Nicholas,  de  Krebs,  de  Sicard 
et  Clerc,  de  M'i®  Lévy,  de  Wiinmer,  de  Goldman,  l’atrophie  a  porté  sur 
les  muscles  bulbaires,  massétérins,  temporaux,  de  la  langue.  A  noter,  dans 
notre  cas,  la  parésie  des  cordes  vocales,  des  tenseurs  du  voile  palatin 
et  de  la  membrane  tympanique. 

Au  cas  précédent,  nous  joindrons  l’histoire  d’un  malade  dont  nous  avons 
dû  changer  plusieurs  fois  le  diagnostic  pour  nous  arrêter  finalement  à  celui 
d’une  encéphalite  épidémique  chronique  à  syndrome  myasthéniforme 
transitoire. 

Cas  2.  —  Homme,  âgé  de  40  ans,  saltimbanque.  Toujours  robuste,  de  grande  force 
musculaire.  Affection  rénale,  il  y  a  sept  ans.  Il  nie  l’infection  syphilitique.  Il  n’est  pas 
buveur.  ' 

En  1919,  en  Russie,  apparut  une  diplopie,  persistante  pendant  quelques  mois.  En 
même  temps,  fatigabilité  aifSez  forte  des  muscles  des  membres.  Pas  de  somnolence, 
pas  d’accidents  fébriles  nets.  A  son  arrivée  à  Constantinople,  la  fatigue  musculaire  l’a 
forcé  de  passer  un  mois  alité,  dans  un  hôpital.  Il  n’y  avait  pas,  à  cette  époque,  de 
troubles  bulbaires.  Sorti  de  l’hôpital,  il  a  pu  reprendre  son  métier  de  saltimbanque, 
il  a  pu,  comme  autrefois,  porter  sur  sa  main  un  homme  de  70  kilos.  Peu  à  peu,  réappa¬ 
rition  de  la  fatigabilité  musculaire,  le  malade  a  dû  changer  sa  profession  d’acrobate 
contre  celle  de  clown  musicien.  Enfin  dès  l’été  de  1924,  il  a  dû  abandonner  tout  mé¬ 
tier  :  pendant  quelque  temps,  il  s’est  aperçu  qu’au  cours  de  représentations  sur  la 
scène,  sa  voix  s’épuisait  au  point  de  devenir  tout  à  fait  inintelligible  pour  l’auditoire. 
Le  matin,  sa  voix  regagnait  en  force  et  en  distinction.  En  même  temps,  trouble  de  la 
mastication  et  de  la  déglutition.  Il  n’y  avait  pas,  à  cette  époque-lù,  de  la  diplopie. 


372 


A.  WlMMEn  ET  II.  VEDMAND 


II  est  admis  dans  mon  sorvico  le  4  août  l'J24  pour  y  rester,  avec  un  court  séjour  en 
dehors  jusipi’au  21  avril  1925. 

Examen  nbieclif.  Taille  robuste,  masses  musculaires  d’un  athlète. 

Monvenamts  des  yeux  normaux,  pas  de  ptose,  pas  ih^  strabisme  apparent  ;  le  ma¬ 
lade  accuse  de  la  diplopie  en  haut  et  à  ^muche.  Réactions  |)upillaires  normales,  de 
même  acuité  visuelle,  champ  visuel,  fond  des  yeux,  normaux. 

Pas  do  pai'ésie  évidente  de  la  face,  mais  le  malade  (^st  dans  l'impossibilité  do  sil'ller, 
de  serrer  les  lèvres  assez  étroitement  autour  de  la  cuillère  pour  emi)ècher  la  nourriture 
liquide  (hi  s’{‘n  échapper.  Pas  d’atrophie  nette  des  lèvres,  ni  de  fibrillation.  Après 
quelques  semaines,  on  pouvait  noter  une  atrophie  indubitable  de  la  langue.  Fatiga¬ 
bilité  niar(|uéo  de  la  mastication,  avec  abolition  après  48  contractions.  Peu  à  peu, 
'1  s’est  installé  une  atrophie!  légère  des  muscles  massélérins  et  du  temporal  gauche. 
Aréflexie  massélérino.  Ebauche  de  parésie  du  voile  palatin  dont  la  contractilité 
*’’épuiso  a|)rès  13  excitations  mécaniques.  Pas  de  [!arésie  îles  .cordes  vocales.  Rhino- 
lalie  ouverte  typique  et  très  forte  ;  pendant  la  lecture  à  haute  voix  échappement 
continu  de  l’air  par  le  nez.  Après  lecture  de  20  secondes,  la  voix  devient  presque  aphone, 
la  parole  inintelligible.  La  voix  s’épuise  moins  facilement  dans  le  décubitus  dorsal  { I  ). 

A  l’e.xamon  otologique  on  trouve  les  orifices  des  tubes  d’Eustacho  béants,  le  ma¬ 
lade  accuse  un  tintement  d’oreille  respiratoire;  il  n’y  a  pas  de  mouvements  respira¬ 
toires  lies  membranes  tympaniques. 

Il  y  a  grosse  ilysphagie,  à  régurgitation  par  le  nez,  parfois  avalement  do  travers. 
Il  y  a  eu  quelques  accès  de  suffocation.  Le  type  des  mouvements  respiratoires  est 
devenu  purem(!nt  thoraci(iue. 

Au  dire  ilu  malade,  il  y  a  eu  amaigrissement  des  masses  musculaires  de  scs  bras, 
toutefois  les  membres  supérieurs  sont  restés  très  musculeux.  Seulement,  au  niveau 
des  sus-épineux  et  dos  int(!rosseux  de  la  main  droite,  on  remarque  de  petits  enfonce¬ 
ments.  La  pression  dynamique  est  de  25  à  droite,  de  32  à  gauche  ;  après  20  pressions, 
le  chiffre  est  tombé  à  13.  Ebauche  d’hypotonicité,  réflexes  tendineux  vifs. 

Aux  membres  inférieurs,  atrophie  légère  des  muscles  de  la  cuisse  droite.  Hyper- 
tonicité  légère.  Force  musculaire  assez  bonne,  mais  s’épuisant  vite.  Après  un  repos 
de  30  secondes,  la  force  est  rétablie. 

Farésie  di's  plus  nettes  des  muscles  abdominaux,  impossibilité  de  se  drosser  sur 
son  séant.  Les  réflexes  abdominaux  sont  vifs.  La  marche  un  peu  traînante. 

L'examen  électrique  des  muscles  relève,  dans  l’hypothenar  et  l’adducteur  du  pouce 
de  la  main  droite,  une  hypoexcitabilité  faradique  et,  au  courant  galvanique,  des  con¬ 
tractions  lentes,  tentaculaires  et  l’inversion  de  la  formule  de  contractilité  ;  dans  les 
muscles  correspondants  de  la  main  gaucho,  ébauche,  de  réaction  do  dégénérescence; 
dans  la  langue,  réaction  de  dégénérescence  nette. 

Pas  de  troubles  de  la  sensibilité  ou  de  la  coordination,  ni  des  fonctions  sphinclé- 

Liiiuide  céphalo-rachidien  :  4  /3  de.  cellules,  0  do  globulines,  10  d’albumines.  Réactions 
de  Wassermann,  de  Sigma,  pratiquées  à  plusieurs  reprises,  ont  toujours  été  négatives. 

Examen  du  sang  :  5,2  millions  d’érythrocytes,  0000  de  leucocytes.  Aspect  morpho¬ 
logique  normal.  Le  sucre  du  sang  0,095  %,  celui  du  liquide  céphalo-rachidien  0,070. 
L’épreuve  d’hyperglycémie  provoquée  donne  des  résuitats  normaux.  Dans  les  urines, 
pendant  quelques  jours,  du  sucre,  puis  pas  de  glycosurie.  La  diurèse  ne  dépasse  pas 
1000  cmc.  par  jour.  Pas  d’hyperthermie.  Le  métabolisme  basal,  examiné  à  l’appareil 
de  Krogh,  donne  des  chiffres  normaux. 

L’état  du  malade,  pendant  son  long  séjour  dans  le  service,  a  présenté  dos  rémissions 
et  des  exacerbations  de  ses  divers  symptômes.  Peu  à  peu,  il  s’est  installé  une  amélio¬ 
ration  ([ui  a  continué  après  sa  sortie  de  l’hôpital.  En  février  1920,  il  dit  se  porter  mieux 
que  pendant  des  années  :  il  n’éprouve  que  très  peu  de  dysmasie  et  de  dysphagie,  tandis 


(  1  )  L’otologistea  supposé  que  l’épuisement  de  la  voix  était  dû,  partiellement  au  moins, 
à  la  fatigabilité  des  muscles  de  la  paroi  thoracale,  vu  qu’on  n’a  jamais  pu  constater  la 
paralysie  cies  cordes  vocales. 


LE  fiYNDIWME  MYAFiTHÊNIFOBME  DANS  L'ENCÉPHALITE  373 


que  par  moment  la  voix  devient  aphone.  Des  accès  de  suffocation  s’installent  lors¬ 
qu’il  essaye  de  travailler. 

Pour  avoir  un  examen  neurologique  nouveau,  on  l’a  fait  rentrer  dans  le  service, 
p^  G  mars  192G.  La  fatigabilité  myasthèniforme  des  muscles  ne  se  constate  plus  que 
pour  la  voix  qui,  après  la  lecture  à  haute  voix  de  quelques  minutes,  devient  nasonnèe 
et  indistincte.  A  la  laryngoscopie,  légère  parésie  des  abducteurs  des  cordes  vocales. 

L’atrophie  des  muscles  massétérins  et  du  temporal  gauche  est  à  présent  douteuse, 
l’atrophie  modérée  de  la  langue  n’a  pas  progressé.  Ebauche  de  dysmasie.  Ordinairement, 
d  n’y  a  pas  régurgitation  des  liquides. 

Au  niveau  des  mains,  enfoncement  des  interstices  dorsaux,  de  la  tabatière  surtout. 
La  force,  musculaire  dos  membres  reste  toujours  assez  pauvre  pour  un  athlète. 

L’examen  électrique  ne  relève  plus  rien  d’anormal  dans  l’excitabilité  des  muscles 
dos  mains.  Dans  la  langue,  la  réaction  de  dégénérescence  persiste. 

Dans  ce  cas,  le  diagiiosLic  de  myasthénie  grave,  suggérée  par  l’anam¬ 
nèse,  a  dû  être  assez  vite  abandonné,  vu  l’apparition  des  paralysies  atro¬ 
phiques  et,  partiellement,  réaction  électrique  de  dégénérescence.  Pendant 
(juclquc  temps,  on  s’est  arrêté  au  diagnostic  d’une  paralysie  bulbaire 
jirogressive.  Mais,  dans  ce  cas-ci  comme  pour  notre  premier  malade,  Vévo- 
lulion  ullérieure  ne  nous  semble  pas  cadrer  avec  une  telle  supposition. 
En  effet,  chez  ce  malade  aussi,  il  y  a  eu  amélioration  considérable,  eir 
dépit  d’une  durée  totale  de  sa  maladie  de  2  à  3  ans  au  moins,  ce  qui  ne 
va  pas  bien  avec  une  paralysie  bulbaire  progressive.- 

En  plus,  en  regardant  de  plus  près  l’histoire  pathologique  du  malade, 
on  est  porté  à  faire  remonter  sa  maladie  à  1919,  époque  de  la  diplopie  et 
des  premiers  accidents  myasthéniformes.  C’est  là  un  mode  de  début  qui 
rappelle  celui  du  malade  de  Guillain,  Alajouanine  et  Kalb.  Certes,  chez 
notre  malade,  il  y  a  eu  ensuite  un  intervalle  libre  (?)  d’une  'durée  considé¬ 
rable.  Or,  le  fait  d’un  intervalle,  même  très  prolongé,  entre  les  accidents 
initiaux  et  les  manifestations  tardives  de  l’encéphalite  épidémique  est, 
à  présent,  un  fait  assez  souvent  constaté.  Dans  l’observation  de  Goldman 
aussi,  une  «  grippe  »  avait  précédé  de  4  ans  le  syndrome  myasthèniforme. 

Somme  toute,  pour  les  deux  malades  de  notre  observation,  la  supposi¬ 
tion  d’une  encéphalite  épidémifjue  chronique  à  syndrome  myasthéni- 
forme  passager  nous  semble  le  plus  vraisemblable. 


Malheureusement,  nousf  ne  pouvons  pas,  pour  le  moment,  apporter  à 
l’appui  de  notre  diagnostic  des  deux  cas  relatés  la  vérification  finale  que 
donneraient  les  résultats  d’une  autopsie.  Mais,  vu  l’ignorance  qui  règne 
toujours  sur  l’étiologie  du  syndrome  d’Erb,  on  aura  le  droit,  à  notre  avis, 
de  faire  entrer  l’encéphalite  épidémique  parmi  les  facteurs  pathogènes 
qui  sauraient  engendrer  parfois  un  syndrome  myasthèniforme  passager. 

Que  penser  de  la  pathogénie  intime  d’un  tel  syndrome  encéphalitique  ? 
Pour  Marincsco,  dans  sa  récente  et  importante  étude  sur  la  myasthénie, 
celle-ci  représenterait  «une  dystonie  végétative»  d’origine  vraisemblable¬ 
ment  surrénalo-sympathique.  Cette  idée  pathogénique,  critiquée  du  reste 


374 


A.  WIMMEB  ET  II.  VEDMAND 


par  Sézary,  on  pourrait  à  la  rigueur  la  concilier  dans  nos  cas  avec  l’in¬ 
fection  encéphalitiquc,  vu  que  nous  constatons  assez  souvent  dans  cette 
maladie  des  troubles  végétatifs  d’allure  «  endocriniens».  Du  reste,  dans  ces 
cas,  la  supposition  d’une  atteinte  directe  des  glandes  endocrines  doit  céder 
à  la  théorie  d’un  trouble  de  la  régulation  centrale  sympathique,  due  aux 
lésions  du  mésencéphale,  en  premier  lieu  ceux  du  plancher  du  troisième 
ventricule. 

Chez  nos  malades  toutefois,  l’examen  objectif,  les  expériences  pharma¬ 
codynamiques  ne  relèvent  pas  trace  de  «  dysvagotomie  végétative  ». 

Pour  nous  donc,  l’idée  d’un  trouble  endocrinien  semble  peu  vraisem¬ 
blable,  dans  nos  cas  au  moins.  On  pourrait  plutôt  supposer  une  action 
délétère  sur  les  muscles  de  toxines  produites  par  le  virus  encéphalitiquc. 
Malheureusement,  nous  ignorons  si  réellement  il  y  a  dans  l’encéphalite 
de  telle  production  de  toxines.  Et,  'tandis  qu’on  pourrait  bien  par  l’a(;tion 
de  telles  toxines,  s’expliquer  la  l^atigabilité  myasthénique,  il  faut  pour 
rendre  compte  des  amyotrophics,  bulbaires  et  autres,  recourir  à  la  sup¬ 
position  de  lésions  analomo-palhulogiques  nettes  au  niveau  du  bulbe.  Alors, 
pour  no  pa.  trop  compliquer  l’aiïairc,  on  croirait  plutôt  que  dès  la  pre¬ 
mière  époque  de  l’afTection  de  nos  malades,  il  y  a  eu  les  lésions  ordinaires 
et  bien  connues  de  l’encéphalite  épidémique  chronique,  c’est-à-dire  des 
périvascularites,  des  dégénérescences  parenchymateuses  à  localisation 
surtout  bulbaire. 

Avant  de  révéler  par  des  amyotrophies  nettes  leur  présence  dans  l’axe 
cérébro-spinal,  les  lésions  anatomo-pathologiques  ont  causé  seulement 
des  «  troubles  <je  fonction  »  au  niveau  des  muscles,  fatigabilité  myasthéni- 
forme,  réaction  électrique  de  Jolly  typique  (cas  1®'").  On  sait  que  la  réaction 
myasthénique  de  Jolly  et  qui  s’apparente,  du  reste,  avec  la  réaction  d’épui¬ 
sement  de  Benedikt,  a  été  retrouvée  dans  fies  cas  de  poliomyélite  chronique 
(Jolly)  dans  la  sclérose  en  plaques  (Kollarits),  dans  quelques  cas  rares 
de  tabes,  dans  la  maladie  de  Basedow,  parfois  dans  l’hystérie,  la  neuras¬ 
thénie,  etc.  Oppenheim  l’a  constatée  chez  de  jeunes  soldats  sains,  Mari- 
nesco  l’a  produite,  expérimentalement,  .à  l’aide  de  la  bande  d’Esmarch. 
Selon  Marcy,  Rautenberg,  hi  muscle  en  état  de  dégénérescence  progres¬ 
sive  semble  jjrésenter,  dans  quelques  cas  au  moins,  la  réaction  myas¬ 
thénique  passagère. 

Il  n’y  aurait  donc  rien  d’étonnant  dans  l’apparition  transitoire  d’une 
réaction  électrique  myasthénique  au  cours  d’un  syndrome  arnyotro- 
jdiique  bulbo-spinal  d’origine  encéphalitique.  On  aurait  affaire  à  une  de 
ces  «  myasthénies  épisodicpies  »  dont  parle  M.  Moutier  dans  son  article 
sur  la  myasthénif!  tlans  «  La  pratique  neurologique  ». 

Erb,  en  publiant  ses  trois  observations  classiques  de  myasthénie,  a 
jfarlé  d’un  complexus  lUfiiveau  vraisémblablemenl  bulbaire.  On  sait  que 
les  recherches  anatomo-jtathologiques  ultérieures  ont  plutôt  orienté  les 
idées  pathogéüi(|ues  vers  l’origine  musculaire  ou,  peut-être,  endocrinienne 
de  la’  myasthénie,  'l'outefois,  en  observant  au  cours  d’une  encéphalite 
épidémique  chronifiue  ce  syndrome  myasthéniforme,  on  se  rappelle  l’idée 


LE  SYNDROME  M  YASTHÊN I  FORME  DANS  I.'ENCËPII  ALITE  375 

de  Brissaud,  émise  il  y  a  plus  de  vingt  ans,  à  savoir,  que  la  myasthénie 
serait  «  le  degré  le  plus  faible  »  des  polio-eneéphalo-myélites.  Sans  aucun 
douté,  une  telle  conception  restera  toujours  douteuse  quant  à  la  ma¬ 
ladie  d’Erb-type.  Mais  des  observations  telles  que  les  nôtres,  puisées  dans 
le  polymorphisme  symptomatologique  de  l’encéphalite  épidémique  chro¬ 
nique,  font  de  nouveau  ressortir  l’intuition  géniale  de  l’illustre  maître 
de  la  neurologie  française,  comme  l’a  déjà  fait  la  surrection  de  ses  idées 
si  justes  sur  l’importance  fondamentale  des  lésions  du  locus  niger  pour 
la  réalisation  du  tableau  clinique  du  syndrome  parkinsonien. 

liinLIOGHAl’IllE 

BnissACD  et  LANTZENBEno,  Archives  gén.  de  méd.,  1897,  8«  sér.,  l.  7,  p.  257. 

Guillain,  Alajo\janine,  Kalb,  Revue  ncurologigue,  1920,  t.  1,  p.  39. 

Grossman,  Journ.  of  nerv.  ci  meiii.  diseuses,  1922,  vol.  55,  p.  33. 

Hall,  Arthur  J.,  Epidémie  encephaliiis,  London,  Bristol,  1924. 

lIiGlER,  Deuische  Zeilschr  /.  Nervenhlkd,  1922,  vol.  75,  p.  250. 

Lewandowsky,  Handb.  d.  Neurologie,  Berlin,  1911,  vol.  Il,  I. 

Marinesco,  Annales  de  médecine,  1925,  t.  17,  p.  437. 

Paulian,  Bull,  el  mém.  soc.  méd.  hôp.  de  Paris,  1923,  vol.  39,  p.  1523. 

Raymond,  Pathologie  nerveuse,  Paris,  1910  (V®  partie). 

Sarbo,  analysé  dans  Zentrbl.  f.  ges.  Neur.  el  Psijch.,  1922,  vol.  27,  p.  509. 

WiMMER,  Chronic  épidémie  encephaliiis,  London,  1924. 

WiMMER,  Revue  neurologique,  1925,  t.  I,  p.  841. 


III 


TROUBLES  SENSITIVO  MOTEURS 
D’ASPECT  RADICULAIRE  ET  TROUBLES  D’ASPECT 
CÉRÉBELLEUX  PAR  LÉSION  CORTICALE  (i). 

(Jl  propos  d’un  cas  de  paralysie  cubitale  atypique,  avec  dysmétrie  et  léger 
tremblement  intentionnel,  par  lésion  corticale  probable.) 


Gustave  ROUSSY  et  Garrielle  LEVY 


Nol  ru  attention  a  été  attirée, àproposd’un  malade  dontnous  rapportons 
ici  l’observation,  sur  les  troubles  sensitivo-moteurs  d’apparence  radi¬ 
culaire,  et  aussi  sur  les  troubles  moteurs  d’apparence  cérébelleuse  qui 
p(mvent  survenir  à  la  suite  de  (îertaines  lésions  localisées,  traumatiques 
ou  vasculaires,  du  cortex. 

Nous  avons  eu,  en  effet,  l’occasion  d’observer,  cluiz  un  homme  de  71  ans, 
une  paralysie  cubitale  gauche  atypique,  survenue  à  la  suite  d’un  ictus, 
et  coïncidant  avec  des  signes  pyramidaux  et  sensitifs  qui  ne  permettent 
guère  d(i  doute  sur  le  siège  cortical  de  la  lésion  causale. 

Au  tableau  symptomatique  que  nous  venons  d’esquisser  ^e  surajoutent, 
chez  ce  malade,  des  phénomènes  de  dysmétrie  légère  et  de  tremblement 
intentionnel  au  niveau  du  bras  atteint  qui  ne  paraissent  pas  relever  entiè¬ 
rement  d(!s  troubles  sensitivo-moteurs  coexistants. 

Et  c’est  précisément  la  coexistence  de  ces  d(!ux  ordres,  de  faits  :  trou¬ 
bles  apparemment  radiculaires,  d’une  part,  et  troubles  apparemment 
cérébelleux,  d’autre  part,  surv(;nus  simultanément  à  la  suite  d’une 
lésion  corticale  qui  nous  a  poussés  à  exposer  ici  his  discussions  que  sou¬ 
lèvent  l’analyse  clinique  de  tfds  faits,  (d  huir  int(!rprétation  pathogénique 


M.  Gilbert,  i'ifjô  de  71  ans,  oiitillour  mécanicien,  est  liospitalisé  à  Paiil-Hroussc  parce. 
(]u’il  ne  lient  jilns  su  servir  do  sa  main  xauclie  pour  travailler,  et  il  était  gaucher.  Il 
raconte  l’iustoiru  suivante  : 

A  la  lin  de,  nui  1925,  le  malade  a  ressenti  pendant  la  nuit  des  fourmillements 
dans  le  bras  gaucho  ;  et  le  lendornain  pendant  qu’il  travaillait,  il  a  senti  brusque¬ 
ment  SOS  deux  doigts  cubitaux  s’engourdir,  et  n’a  plus  pu  serrer  son  marteau.  «  Mu 
main  est  devenue,  folle,  et  mon  bras  avait  un  peu  la  tremblote.  » 

(I)  Communication  fuite  à  la  Société  de  Neurologie,  séance  du  G  mai  192G. 


cnoLooiouE. 


1920. 


TROUBLES  SENSITIVO-MOTEURS  D'ASPECT  RADICULAIRE  377 


Il  lU!  sentait  rien  d’anormal  en  dehors  do  cola,  aucun  vertige,  ni  aucun  signe  quel¬ 
conque  au  niveau  do  la  facoy  du  bras  ou  de  la  jambe.  La  parole  était  normale. 

Il  a  voulu  persévérer  dans  son  travail,  mais  au  bout  du  troisième  jour,  il  n’a  pas  pu 
lo  continuer,  et  n’a  d’ailleurs  jamais  pu  le  reprendre. 

La  faiblesse  do  la  maia  gauche  «  qui  n’avait  pas  une  bonne  direction  »,  et  dos  four¬ 
millements  dans  les  deux  derniers  doigts  ont  subsisté,  sans  aucun  phénomène  douhou- 
reux,  et  lo  malade  a  été  consulté  succcssivcmcmt  dans  deux  hôpitaux,  où  il  aurait 
été  soigné  pour  une  névrite  du  cubital. 

Trois  mois  après,  au  cours  d’une  promenade,  le  malade  est  tombé,  sans  avoir  éprouvé 
.<le  vertige,  et,  selon  lui,  à  cause  d’une  ornière.  On  l’a  relev'é,  et  il  est  rentré  tout  seul, 
à  pieds,  à  1  km.  de  là.  Il  a  dîné  et  s’est  couché  comme,  d’habitude. 

Le  lendemain  matin,  quand  il  s’est  lové,  le  bras  gauche  était  «  comme  mort  ».  11  ne 
pouvait  plus  du  tout  lo  remuer.  II  n’y  avait  rien  du  côté  de  la  face,  ni  du  membre  infé¬ 
rieur.  La  parole  était  normale. 

Trois  jours  après,  il  est  allé  consulter  dans  un  hôpital  où  on  lui  a  parlé  d’hémiplégie. 
Le  bras  gauche  est  resté  complètement  impotent  pendant  un  mois.  Puis  la  motri¬ 
cité  est  revenue  peu  à  pou,  mais  jamais  l'amélioration  n’a  dépassé  l’état  actuel. 

Depuis  lors,  il  n’est  rien  survenu  d’autre.  Le  malade  dit  que  parfois  il  «  fourche  un 
peu  »  en  parlant  ;  ceci  depuis  son  deuxième  ictus. 

Anlécédenis:  Ethylisme  avéré.  Pas  de  spécificité  connue.  Marié,  n’a  jamais  eu  d’en¬ 
fant.  La  femme  n’a  pas  fait  de  fausse  couche. 

Pas  de  maladie  antérieure,  sauf  une  congestion  pulmonaire  (?)  en  1907. 

Mémoire  bonne.  Psychisme  normal. 

Etal  actuel  :  le  malade  se  présente  comme  un  individu  normal,  sans  aucune  asymé¬ 
trie  faciale,  ni  aucun  trouble  de  la  parole. 

Mais  sa  démarche  est  celle  d’un  petit  hémiplégique  gauche.  Il  traîne  très  légèrement 
la  jambe  gauche,  et  ne  mobilise  pas  le  bras  gauche  au  cours  de  la  marche. 

11  tient  les  doigts  de  la  main  gauche  fléchis,  le  pouce  étendu  (un  traumatisme  a  d’ail¬ 
leurs  sectionné  le  tendon  fléchisseur  du  pouce).  Quand  on  lui  demande  d’ouvrir  les 
doigts,  on  constate  que  les  deux  doigts  cubitaux  restent  demi-fléchis,  et  que  l’effort 
que  fait  lo  malade  pour  les  défléchir  provoque  un  léger  tremblement  du  membre  supé¬ 
rieur  gaiiche. 

Cette  griffe  cubitale  n’est  qu’apparente,  en  ce  sons  que  les  doigts  sont  fléchis  au 
niveau  de  leur  première  phalange,  contrairement  à  ce  que  l’on  observe  dans  la  paralysie 
cubitale  périphérique.  Le  cinquième  doigt  est  plus  fléchi  et  plus  irréductible  que  le 
quatrième.  Cependant,  on  parvient  à  les  étendre  tous  les  deux  progressivement.  Aus- 
sitôt'*qu’on  les  lâche,  ils  reprennent  leur  position  habituelle. 

Le  malade  ne  peut  pas  les  étendre  volontairement  do  façon  comiilète,  mais  il 
ébauche  le  début  de  l’extension,  et  se  sert  de  sa  main  droite  [)our  la  compléter  passi¬ 
vement.  II  ne  peut  qu’ébaucher  l’écartement  des  doigts,  et  ne  peut  pas  du  tout  les 
rapprocher.  Il  n’exécute  pas  la  flexion  des  doigts  après  extension  ilc  la  première  pha- 
lange.  , 

Il  ne  peut  que  très  difficilement  opposer  le  pouce,  à  l’index  et  au  médius  gauches, 
et  il  ne  l’oppose  pas  du  tout,  aux  deux  derniers  doigts  (h^  pouce  est  incapable  de, 
fléchir  à  cause  du  traumatisme).  11  ne  peut  pas  davantage  faire  les  cornes. 

Tous  les  petits  mouvements  coordonnés  di“s  doigts  gauches  sont  d’ailleurs  impo  - 
sibles. 

Il  ne  peut  pas  déboutonner  sa  chemise  avec  sa  main  gauche,  (d  on  remarque  qu’il 
no  se  sert  jamais  de  cette  main  pour  les  mouvements  usinds  :  s’habiller,  se  déshabiller, 
etc.  Quand  on  lui  en  demande  la  raison,  il  répond  invariablement  «  ma  main  est 
folle  »  ou  »  je  n’ai  [las  de  direction  ». 

Tous  les  autres  mouvemeilts  des  doigts,  du  poignet  et  des  autres  segments  du 
membre  supérieur  gauche  sont  bien  effectués,  mais  avec  une  diminution  de  la  force 
nette  dans  tous  les  segments. 

Tous  les  mouvements  sont  parfaitement  exécutés  au  niveau  du  membre  supérieur 
ilroit,  et  avec  une  force  normale. 


REVUE  NEUROLOGIQUE.  -  T. 


E  1920. 


378 


liOlISSV  KT  G.  LEVY 


Au  niveau  îles  membres  inférieurs,  les  mouvernenls  sont  normalement  exécutés 
(les  (leux  C()tés.  loi  force  musculaire  paraît  un  peu  diminuée  au  niveau  de.  la  jambe 
fîauclie.  La  flexion  et  l’extension  de  la  jandje  ('anche  provoquent  une  flexion  et  une 
extension  syncinéticpies  du  bras  du  même  C(Mé. 

Les  nvnwenimls  ijtissi/s  montrent  l’existence  d’une  hypertonie  léffère  mius  certaine 
au  niveau  du  inemlire  supérieur  (îaiiche.  Kt  lorsque,  le  bras  étant  fléchi,  et  l’avant- 
bras  en  pronation,  on  li'iite  de  remettre  ce  dernier  en  supination,  on  éprouve  une  ri'îsis- 
tance  maripiée.  L’avanl-bras  revient  d’ailleurs  à  sa  iiosition  première,  aussitôt  ipt’on 
l’abandonne. 

■  lu  niucau  de  la  face,  il  ii’existe  aucune  asymétrie  a|i|iréciable.  Tous  les  mouvements 
du  facial  sont  Idon  exécutés,  sauf  Tocclnsion  isolée  de  rreil  «'anche,  mais  qui  n’a  jamais 
été  possible,  au  ilii'e  du  malade. 

Le  peaucier  se  contracte  sensildement  de  faipm  ét'ale  des  deux  côtés. 


l'’ig.  1.  —  Aspect  (le  la  main  au  repos. 

Les  piipiUe.it  sont  ('(('aies,  et  r('!a('issent  normalement  à  la  lumière. 

l’as  d’hémianopsie. 

Le  rélle..ee,  inannélérin  est  iiormal.  Les  réflexes  du  unité  et  du  pliaruiix  sont  normaux. 

Les  r/'lle,.ras  le.ndiiieii.r  sont  nettement  exiUtés  au  niveau  du  membre  âtS^^tTr'Jîauche 
radial,  cuijito-pronateur,  olécranien. 

Le  rélle,.ie.  r(diilieii  est  aussi  un  peu  plus  vif  à  ('auche. 

Les  achilléenit  sont  vifs  des  deux  côtés. 

Le  ré//e.re  plnnhnre  est  en  flexion  à  droite.  On  constate  une  petite  ébauche  d’extim- 
sion  de  Torleil  à  (,'auche. 

L'e.eamen  de  l’appareil  eéréhelteii.r  met  en  évidence  les  phénomènes  suivants  : 

L’épreuve,  du  diiii/l  sur  le,  nez  est  très  correctement  exécutée  à  droite.  A  ('auche,  on 
eonstai.e  un  h■■f'er  Lrenddenu'id  ipii  survient  aussitôt  (pie  se  fait  la  tentative  de  inoii- 
venieul,  puis  des  ressauts.  I.e  doi('t  atteint  difficilement  le  but,  et  le  dépasse  souvent 
après  l’avoir  al  teint. 

Le  malade  observe  de  nouveau  (pie  ce  bras  «  n’a  pas  de  direction  ».  Même  consta¬ 
tation  dans  l’épreuve  du  doi('t  sur  l’oreille,  ou  de  la  jonction  des  deux  index. 

Tous  ces  troubles  sont  nettement  aicciilués  par  l'acclusiun  des  ijeiix. 


TROUBLES  SENSITIVO  MOTEURS  TTASPECT  RADICULAIRE  379 


Lo  iiiiilado  peut  porter  un  verre  à  sa  bouclic,  mais  non  sans  trembler  légèrement. 

Les  marionnettes  sont  exécutés  très  normalement  à  droite.  A  gauche,  le  mouvement 
est  très  lent,  incorrect  et  finalement  impossible.  EnTinla  main  gauche  plane  légèrement, 
et  festonne  dans  l’épreuve  de  la  préhension. 

On  ne  constate  aucun  trouble  de  la  série  cérébelleuse  au  niveau  des  membres  infé- 

E.canien  de  la  sensibilité  : 

Sensibilité  subjective  :  aucune  douleur. 

Sensibilité  nbjeclive  :  snper/iciellc  :  liijpoeslliésie  dans  le  territoire  du  cubital  au 
niveau  de  la  main. 


leî  pinceau  est  penju,  mais  moins  nettem('nt  au  niveau  des  deux  doigts  cubitaux  et 
de  l’hypothénar  ipie  dans  les  autres  régions  de  la  inaiTi.  l.'uuale  est  a  peine  perçue  au 
niveau  du  petit  doigt,  elle  n’est  pas  perçue  au  niveau  de  l’hypcdhénar,  mais  corrcc- 
le.ment  sur  le  resti?  do  la  main  et  sur  tout  l’avant-bras,  y  compris  le  bord  cubital. 

Sensibilité Ibenniipie  :  le  chaud  et  le  froid  sont  p(!rçus  de  façon  moins  nette  au  niveau 
de  l’hypothénar  et  du  5“'doigt  gauches. 

Sensibilité  pro/onile  :  plus  nettement  atteinte  . 

Le  sens  des  alliludes  est  correct  pour  la  main  etlesdolgts  radiaux, et  tousleç  autres 
segments  du  nnunbre,  dont  le  malaih!  peut  parfaitement  re|iro(luire  les  attitudes,  les 
yeux  fermés,  mais  il  ne  reconnaît  pas  les  attitudes  ipi’on  imprime  aux  deux  der¬ 
niers  doigts. 

Le  sens  sléréoiinoslii/uc  est  cons(n'vé.  (tependant  les  petits  (dijets,  tels  qu’un  bouton 


3-0 


■  a.  noussY  et  g.  levy 


0,1  imo  pliiino,  qui  sont  bien  identifiés  à  droite  à  l’aide  d(is  deux  doigts  cubitaux  seuls 
et  du  (jouce,  ne  le  sont  pas  à  gauche  dans  les  mêmes  conditions.  Peut-être  faut-il 
incriminer  l’inipossibilité  de  flexion  du  [(ouce,. 

Le  compas  de  Weber  montre  que  les  deux  pointes  sont  perçues  à  droite, au  niveau  du 
tliéiiar  et  de  l’hypothénar,  et  à  gauche,  au  niveau  du  thénar  avec  un  écartement  de 
il.  et  ne  sont  perçus  au  niveau  de  l’hypothénar  gauche  qu’avec  un  écart  de  7. 

La  sensibilité  osseuse  au  diapason  parait  légèrement  diminuée  au  niveau  du  bord 
cuijital  du  liras  gauclie  et  au  niveau  du  .'3®  doigt. 

On  ne  constate  aucune  atrophie  marquée  au  niveau  de  la  main.  Le  bras  gauche 
d,ius  son  eusem'jle  paraît  un  peu  atru|)hié,  mais  le  malade  reconnaît  lui-même  qu’il 
n’utilise  presque  pas  ce  membre. 

La  lempéralure  locale  est  nettement  plus  liasse  à  l’avant-bras  gauche  et  à  la  face 
palmaire  de  la  main  gauche  qu'à  droite. 

L'emmvi  élrrlriiiae,  pratiqué  par  M.  Uourgiiignon,  a  montré  une 'dégénérescence  fas- 
cioulaire  partielle  et  parcellaire  dans  le  domaine  du  nerf  radial  et  la  même  dégénéres¬ 
cence,  au  niveau  de  la  main  dans  le  territoire  du  cubital  et  du  médian,  avec  prédo¬ 
minance  sur  le  territoire  cubital.  Cet  examen  fait  d’ailleurs  l’objet  d’une  communi¬ 
cation  isolé  ■  de  cet  auteur. 

Enfin,  l'e.eamen  somatique  du  malade  ne  révèle  rien  d’anormal,  sinon  une  tension 
artérielle  :  à  21  1/2  —  12  au  Pachon,  et  l’existence  d’une  réaction  de  B.  W.  faiblement 
positive  dans  le  sang. 

Eu  résumé  :  paralysie  cubitale  gauche,  atypique,  avec  trouble, s  légers  do  la  sensi¬ 
bilité  superficielle,  et  troubles  plus  marqués  de  la  sensibilité  profonde  dans  le  même 
territoire. 

Hypertonie,  exaltation  Iles  réflexes  tendineux  gauches,  avec  ébauche  homolaté¬ 
rale  d’extension  de  l’orteil. 

Enfin,  asynergie,  et  Irembleninnt  intentionnel  au  niveau  du  membre  supérieur 
gauche. 

Tous  cos  signes  sont  survenus  à  la  suite  de  doux  petits  ictus,  répétés  à  trois  mois 
d’intervalle. 

Coniniunl  pnut-on  iiit.nrprétnr  l’obsiirvation  que  nous  venons  de 
présenter,  et  quel  est  le  sièfre  de  la  lésion  qui  a  déterminé  cette  symp¬ 
tomatologie  particulière  ?  C’est  ce  que  vont  nous  enseigniir  la  .simple 
analyse  des  faits  d’urn;  part,  et  l’étude  de  faits  collectés  antérieurement 
par  d’autres  auteurs,  d’autre  part. 

Si  l’on  approfondit,  en  efbit,  l’iiistoire  et  l’examen  de  notn;  malade, 
on  constate  : 

1°  L’e.rislencp  d'une  alleinle  sensiliuo-fnalrice  dans  le  lerrilnire  du  euhi- 
lal,  aven  alleinle  du  sijslènie  pi/rarnidal  ; 

2°  L’exislenre  de  Iroubles  moleurs  non  pi/rarnidaux  :  dtjsmélrie  légère 
el  pelil  Irenibletnenl  inlenlionnel. 

Pour  ce  qui  (îst  de  l’atteinte  au  niveau  du  territoire  cubital,  celle-ci 
diffère  du  tableau  d’uiuî  névrite  périphériqiK!  ou  radiculaire  du  cubital 
par  ; 

a)  L’allilude  de  la  main,  toiit  à  fait  atypique,  en  particulier  la  flexion 
des  premières  jilialanges  ; 

b)  L'exatlatiun  des  réflexes  lendineux  du  membre  attcdrit,  et  la  coexis¬ 
tence  d’une  eonlrarlure  du  lijpe  pgrainidal,  avec  ébauche-  du  signe  de 
Babinski  ; 

c)  La  lopograpliie  inégaleinenl  parcellaire  des  troubles  de  la  sensibilité 


TftOUBLB?;  SENSITIVO-MOTEURS  D'ASPECT  RADICULAIRE  3S1 

aux  différents  modes,  et  leur  prédominance  sur  la  sensibililé  profonde  ; 

d)  L’absence  d’alrophie  musculaire  locale. 

Quant  au  deuxième  ordre  de  troubles  moteurs,  il  impose  la  discrimi¬ 
nation  suivante  :  s’agit-il  de  phénomènes  alaxiques,  secondaires,  aux 
troubles  de  la  seAsibilité  profonde,  ou  de  phénomènes  cérébelleux  ? 

En  faveur  de  l’ataxie,  plaident  :  l’exislence  de  troubles  de  la  sensibilité 
profonde,  el  l’augmenlalion  de  la  dysmélrie  par  l’occlusion  des  yeux. 

En  faveur  de  l’aspect  cérébelleux  de  ces  phénomènes,  on  peut  invoquer  : 

La  limilalion  extrême  des  troubles  de  la  sensibililé  profonde  qui  contraste 
avec  cette  impotence  globale  du  membre  supérieur  ; 

Le  mode  d’ apparition  sirnullané  des  deux  phénomènes,  et  leur  dislinc- 
lion  SH  6/ec//üe  faits  par  le  malade  lui-même:  «mes  deux  doigts  so  sont 
•mgourdis,  et  mon  bras  a  perdu  sa  direction  »  ; 

La  présence  d’un  léger  Iremblemenl  inlenlionnel  ; 

Enfin  l’existence  d’une  certaine  incerlitude  et  d’une  tendance  à  planer 
dans  la  préhension  des  objets  avec  la  main  gauche. 

L^’adiadoCocinésie  que  l’on  observe  chez  notre  malade  peut  être  attri¬ 
buée  à  l’hypertonie  légère  du  bras  gauche.  Il  s’agirait  dans  ce  cas  l’une 
pseudo-adiadococinésie  d’origine  pyramidale,  dont  on  ne  peut,  par  consé¬ 
quent,  pas  tenir  compte  dans  l’évaluation  des  phénomènes  moteurs 
pseudo-cérébelleux. 


Siège  de  la  lésion. 

En  présence  de  manifestations  sensitivo-motrices  pseudo-radiculaires 
et  de  symptômes  frustes  d’allure  cérébelleuse,  à  quelle  lésion  peut-on 
attribuer  ce  tableau  clinique  ? 

Pour  les  raisons  que  nous  venons  d’envisager  plus  haut,  rhypothès(! 
d’une  lésion  périphérique  ou  radiculaire  nous  paraît  devoir  être  complè¬ 
tement  rejetée. 

Peut-il  s’agir  d’une  lésion  médullaire  ou  médullo-radiculaire  ? 

Le  mode  d’apparition  des  troubles,  leur  évolution,  leur  localisation 
et  leur  atypie,  enfin  l’absence  d’atrophie  locale  s’opposent  également  à 
cette  hypothèse.  / 

Si  l’on  se  reporte,  en  (dfet,  au  mode  d’apparition  des  symptômes,  on 
constate  qu’ils  sont  survenus  à  la  suite  d’un  léger  ictus,  sans  pi^rte  de 
connaissance,  et  que,  trois  mois  après,  la  lésion  artérielhî  s’est. vraisem¬ 
blablement  complétée,  provoquant  une  monoplégie  brachiale  transi¬ 
toire,  et  laissant  à  sa  suite  les  troubles  antérieurement  établis,  dès  le 
premier  ictus. 

Et  même  la  précision  du  récit  du  malade  et  des  signes  observés  par 
nous  ne  laisse  pas  de  doute  sur  le  siège  cortical  et  rolandique  di‘  la 
lésion  artérielhî  qui  a  retenti  sur  le  centre  brachial,  dès  le  premier  iel  us. 


a.  Koussy  ht  c.  levy 


38-Z 

(;l  firovo([U(>  iinin(!(liaL(!in(!iiL  la  (loiihh;  syiiiploiiialologid  dccriLa  ci- 
di^ssiis. 

l'in  (iffal,  riiÿ|)()l.lu!S(!  d’iiiKi  làsion  du  (•.(‘rv(d(d.  ou  dos  voi(!S  o,orébol- 
I(Uis(îs  po.ul.  ôlia;  ocarlia?,  ôtant,  douuôs  1(!S  sym|)tôino.s  pyramido-S(Uisi- 
(,ifs  prcsontôs  ])ar  iioLr(!  nialad(î,  (it  l'ab.s('U('o  d(i  troliblos  côrcbolloux 
frauos. 

La  possibilitô  d’uiuî  lôsioii  llialanu(|U('  ou  sous-llialamiqu(!  p(UiL  ôLro 
ôgalo.nuuit  r(îjotô(!  ;  rab.s<uic,o  d(!  doulours,  d(ï  iroubios  rdioréo-athc- 
l  osi([uos  ou  licndanopsi([uos  ])ormol  I  (‘iil ,  on  ofbd,,  dVilirnim^r  ootto 
]iypoth{;s(î. 

L’absonco  (Uifiti  d(ï  tout  autiai  ôpisodc^  patliologi(pi(!,  on  dcdiors  dos 
d(Uix  iotus  dôjà  (dtôs,  ol,  la  c.oïnoifbuKu^  topograpliiquo  d(i  cos  d(;ux  ictus, 
survenus  à  trois  mois  d’ird,orvallo,  joiids  aux  manitostations  cliniques 
si  spôoiab's,  nous  amènent  ainsi  à  considôiair  comme  pou  vraisemblable 
toute  autia^  liypol  lièso  (juo  <'oll('  à  hupiollo  nous  nous  sommes  ralliés. 

Nous  somnuïs  donc,  (;n  droit  d’adm(dLr(‘  (jii’il  s’agit  vraisemblablement 
d’un  foyer  de;  ramollissenuml,  Irès  slrirlenifiiil  localisé,  au  niveau  du  cenlre 
corlico-brachiai  droil.  Mais  il  (!st  impossible  d(!  dir(!  s’il  s’agit  d’une 
lôsiyn  de  la  frontale  ascendante  ou  d’une  lésion  fronto-pariétale, 
étant  donnéiî  l'imairtitiMbî  (jui  règne  (!mmr(!  sur  bi  rôbs  physiologique 
d(!  CCS  deux  circotivolul ions. 

Ouoi  qu’il  en  soit,  les  manifestalions  clinicpies  d(!  cette  lésion  eorti- 
cah;  sont,  comme  nous  vcmoris  (hi  h^  voir,  d(!s  tianibhis  sensitivo-mot(mrs 
Irès  limités,  d’rt.s'/a’c/ /'rtd/cu/«(rc,  (d  des  troubles  molimrs  d'aspecl  cérébel- 
leu.c,  c(‘s  (hu’iders  iul  (TessanI,  globahmient  h;  m(md)r(‘  supérieur  d’un  seul 
c.ôté'.  lit,  c,’(;sl,  là  c.c,  (pii  donne  à  notre  observation  sa  valeur  [larticulière, 
]»our  des  raisons  (pii  nous  restent  à  examiner. 


Les  deux  ordres  de  symptômes  ([ue  jiri'sente  notre  malade,  troubles 
d’aspecl  radiculaire  sensitifs  et  inoleurs,  et  phénomènes  d’incoordination, 
ont  été,  en  effet,,  isolément  observés  iiar  différents  auteurs,  à  la  suite  de 
lésions  corticales.  Lt,,  bien  (pie  nous  n’ayons  pas,  ici,  l’intention  de  citer 
toutes  CCS  observations  diijà  très  nombreuses,  du  moins  en  ce  qui  con- 
cerne  les  troubles  radic.ulaires,  nous  allons  rapidement  en  rappeler 
les  jirinc.ipales. 

Troubles  sensitivo-moteurs  à  topographie  radiculaire  d’origine 
corticale.  —  Dés  DIOtl,  en  hVancc,  J.  Lliermille  (1)  signale  l’intérêt 
des  t  roubles  de,  la  simsibilité  à  dis|)osil  ion  radiculaire  ])ar  lésion  du  cor- 
te.x.  Il  (itudie,  dans  un  mémoire  d’eiiseinblc,  les  différent  s  travaux  anté- 


1  )  ,1.  l.maiMi  i  rn,  De  la  valeur  s(''in(''ii)li)!'ii|iie  des  Iraiililes  de  la  SüiisiliiliLù  à  dispo- 
siUüii  radieidaire  dans  les  l(■.si()Ils  de  rioici^phale,  Scniuine  méiticulc,  1(1  juin  l'JÜ'J,  p.  277. 


TROUBLER  SENSIT IVO-MOTEURS  D'ARPECT  RADICULAIRE  383 

riours  -à  C(!  siij('t,  oi  ti(3nt  pour  domonlré  que  «  des  troubles  de  sensibi¬ 
lité  du  type  spinal  peuvent  se  rencontrer  au  cours  des  affections  stric- 
t(!mcnt  limitées  au  cerveau  ». 

Dans  les  années  suivantes,  d’autres  auteurs  s’intéressent  à  cette  ques¬ 
tion,  tels  que  Camp,  Calligaris,  André-Thomas  el  M”'<^  Long-Landni, 
Long  el  Jumenlié,  Ré  gnard,  etc... 

]>uis,  pondant  la  guerre,  la  plupart  des  neurologistes  observent  chez 
les  blessés  des  lésions  corticales  engendrant  des  troubles  sensitivo-moleurs 
d’apparence  radiculaire,  selon  les  uns,  pseudo-radiculaires,  selon  d’autres. 
C(!  sont  les  obs(!rvations  de  Dejerine  el  J.  Mouzon,  André  Thomas,  Lorlal- 
Jacob  el  Sézarg,  Villarel  el  Faure-Beaulieu,  Boussg  el  Branche,  Boussg, 
Branche  el  Cornil,  Long  el  Ballivel,  Pierre  Marie,  Ceslan,  Descomps, 
Euzi'ere  el  Sauvage,  etc... 

En  1917,  paraît  le  travail  de  M""®  Lamberl  sur  «  l’épilepsie  Bravais- 
jacksonienne  et  les  troubles  de  la  sensibilité  corticale  à  distribution 
pseudo-radiculaire  ». 

L’année  suivante,  celui  de  Alhanassio-Bénislg,  ('onsacré  au.x  lésions 
de  la  zone  rolandique  par  blessures  de  guerre,  et  dans  lequel  l’auteur 
insiste  sur  les  aspects  de  pseudo-paralysie  radiculaire  observés  à  la  suite 
de  blessure  du  cortex  ;  nous  y  reviendrons  plus  loin. 

En  1919,  l’un  de  nous,  en  collaboration  avec  d’Oelsnilz  et  Cornil  (1), 
publie  un  cas  do  paraplégie  corticale  avec  topographie  radiculaire  des 
troubles  sensitifs  superficiels  d’un  côté. 

En  1920,  Calligaris  (2)  consacre  un  travail  d’ensemble  à  la  question 
de  «  l’anesthésie  cérébrale  de  type  longitudinal  »  auquel  nous  aurons  à 
revenir  à  propos  de  la  discussion  pathogénique  de  ces  troubles  dits  radi¬ 
culaires. 

Enfin,  en  1922,  Pierre  Marie  ei  Boullier  (3)  se  sont  longuement  attachés 
à  l’étude  des  syndromes  sensitifs  cérébraux  parmi  lesquels  ils  décrivent 
les  troubles  corticaux  à  topographie  radiculaire.' 


Coexistence  de  troubles  d’aspect  cérébelleux  et  d’aspect  radi¬ 
culaire  par  lésion  corticale.  —  Si  les  paralysies  d’aspect  radiculaire 
par  h'sion  corticah;  ont  été  fréquemment  notées,  surtout  au  cours  de  la 
guerre,  ainsi  (jue  nous  venons  de  le  voir,  l’existeiu'e  de  troubl<‘s  d’aspect 
cérébelleux  attribuables  à  la  même  origine  corticale  ne  paraît  pas 
(Uicore  avoir  attiré  l’attention  des  neurologistes  ;  et  c(!ci,  ])robablement 
pour  deux  raisons  ■.  rarelé  vraisemblable  du  phénomène,  à’ iu\e.  i)art,  et 


(1)  G.  Houssy,  d’Ohlsnitz  et  L.  CoiiNii-  rarapieiîies  corticalos  sensiLivo-inelricos 
avec  ataxie  consecutives  à  des  blessures  de  guerre.  Rdc.  de  yciiroL.  3  avril  litlU,  in 
Rev.  Nciir.,  l‘.U'.l,  p.  311. 

gZ)  G.  Gai.i.I(1Aius.  I.’anestluîsie  c6r6brale.  de  type  longitudinal.  Revue.  .\euroL,  n»  1 1, 
nov.  1U20. 

(3)  IMerre  Mauiu  id  Houttocu.  Etudes  cliniques  sur  les  modalités  des  dissociations 
jIc  la  sensil)ilité  dans  ii'S  lésions  encéplialiipies.  Rev.  Ncur.,  janv.  et  fév.  1022. 


384 


G.  novssr  et  g.  levy 


diffwullé  (le  son  inlerprélalion,  qui  ne  laiss(‘  pas  que  d’être  embarrassante 
im  bien  (l(;s  cas,  d’autre  part. 

Il  s’agit  suuvent,  cm  effet,  eomnie  nous  l’avons  vu  au  cours  de  cet  exposé, 
de  faire  la  distinction  entre  l’ataxie  et  l’incoordination  par  troubles 
de  la  sensibilité  profonde,  (d  l’incoordination  et  la  dysmétrie  d’apparence 
e-érébelleus(i. 

(l’est  ainsi  (juc;  dans  l’observation  d’André  Thomas  et  Lonrj- 

Laridrg  (1  j,  par  exempta ,  il  (;st  noté  unt^  asynergio  musculaire  et  une  incoor¬ 
dination  très  nett(!S,  que  les  auteurs  commcmtimt  eux^mêmes  de  la  façon 
suivantes  :  «  La  coexistence  de  troubles  sensitifs  explique  sans  doute  en 
jxirlie  la  complexité  des  troubles  de  la  motilité  ». 

Ces  auteurs  éprouvent  quelque  [hésitation  à  mettre  entièrement  sur 
le  compte!  des  troubles  sensitifs  les  troubles  moteurs  non  pyramidaux 
qu’ils  observent.  Cependant  ils  concluent  à  l’existence  d’ataxie. 

Lon(j  et  Jiimenlié  (2),  dans  une  observation  de  monoplégie  cru- 
ral(!  d’origim!  cérébrale  qu’ils  relatent  en  1910,  insistent  sur  le  contraste! 
qui  existe  chez  leur  malade,  entre  la  conservation  de  la  sensibilité  pro¬ 
fonde,  qui  ne  paraît  troublée  qu’au  niveau  des  orteils,  et  l’incoordination 
qu’ils  constatent.  De  même,  ils  sont  frappés  par  l’existence  d’une  hijpo- 
lonie  musculaire  au  nivciau  du  memibre  paralysé,  coïncidant  avec  l’e.xa- 
gération  des  réfle.xes,  et  avec  du  clonus  du  pied  et  de  la  rotule. 

Enfin  M™®  Alhanassio-Bénislij  a  noté  dans  les  paralysies  corticales, 
dissociées  ou  non,  d(!S  phénomènes  d’incoordination  et  de  dysmétrie 
U  qui  rui  sont  pas  toujours  en  rapport  avec  des  troubles  de  la  sensibilité 
profonde  ». 

Mais  d’ailleurs  l’existence  de  phénomènes  pseudo-cérébelleu.x  isolés, 
d’origine  corticale,  semble  actuellement  établie,  et  c’est  par  ce  dernier 
ordr(!  (le  fail.s  que  nous  allons  étayer  l’interprétation  que  nous  croyons 
devoir  donner  de  notre  obs(!rvation  cliniqiu!. 

Troubles  d’aspect  cérébelleux  par  lésion  corticale.  —  En  1916, 
Claude  et  Lhermille  (3)  observent  des  paraplégies  avec  troubles  cérébel¬ 
leux  consé(;utiv(!S  à  d(!S  lésions  d(!S  lobules  paracentraux  par  projectiles 
d(!  guerr(!,  et  en  donmmt  une  description  détaillée. 

Ces  auteurs  distinguent  mènu!  une  forme  cérébello-ipasmodique,  avec 
fihénomônes  spasmo-paralyti([ues  (ît  asyn(!rgie,  et  une  forme  alaxo-céré- 
hello-spasmodûpie  dans  laqmdh!,  aux  phénomènes  préc(!dents,  se  sura¬ 
joutent  une  véritable  ataxie,  liée  à  des  troubles  de  la  s(!nsibilité  pro- 


fl)  An(-lr(^  Tho.mas  et  M""”  Long-I.andry.  Monoplégie  pure  (4u  membre  supérieur, 
molri(!ü  et  sensitive  dissociée.  Distribution  psciido-radicuiaire  des  troubles  do  la  sen- 
sibilit(t  Soc.  (le  Neiir..  12  fév.  1!)14  ;  Reo.  New.,  1014,  28  fév. 

(2)  I.ONG  cl  .liiMBNiié..  Monopl6).dc  crurale  d’oriifine  cérébrale.  Soc.  de  Neiir., 
10  mars  loin. 

(3)  ('.t.AiTOU  (d  l.ueuMiTTi'.,  Los  parapléuics  cérébcllo-spasmodi([ucs  et  ataxo-céré- 
bcllo-spasmodiipics, consécutives  aux  lésions  bilatérales  des  lobides  paracentraux  par 
proj(!ctiles  de  piiorre.  Iliill.  de  la  .Soc.  Méd.  de.s  HOp.,  20  mai  1910. 


rnOUBLES  BHNSITrVO-MOTEUnS  D'ASPECr  EADICÜI.AIEE  385 


.  fond(!.  Ils  cîtonL  il  Cf!  propos  iiiK'  obscrvfil  ion  do  6’((/7/«i/i  e/ fîa/vc  dans 
laquelle  il  existe  iine  jierl.urhalioii  do  la  coordiiial  ion  dos  mouvements, 
sans  troubles  do  la  sonsibilitii,  ohoz  un  soldat  al  teint  d’une  blessure 
du  vertox  par  balle. 

En  1919,  Ludovico  (îaUi  (1)  fiiiblie  trois  cas  d(‘  bl(>ssure  des  lobu¬ 
les  paracentraux  ayant  provoipié  des  phénomènes  d'asynergie  et  d’a¬ 
taxie. 

André  Thomas  (2),  dans  son  étude  sur  b's  blessures  du  cervelet,  con¬ 
sacre  plusieurs  pages  à  l’étude  des  lésions  cérébi'ales  id,  des  symptômes 
cérébelleux. 

Foix  et  Thévenard  (3)  insistent  sur  ces  troubles  à  propos  d’un  cas  d’hé¬ 
misyndrome  pseudo-cérébelleux  vérifié  à  l'autojisie,  et  dans  lequel  les 
auteurs  ont  trouvé  un  tubercule  du  lobule  jiaracentral. 

Tout  récemment  enfin,  Alajoiianine  et  Lemaire,  puis  Van  Bogaeri  et 
Delbecke  ont  rapportéVles  faits  cliniifues  analogues. 

L’existence  de  troubles  jiseudo-cérébidleiix  par  lésion  corticale  a  donc 
été  mise  en  évidence,  à  plusieurs  reprises  et  par  différents  auteurs,  sur¬ 
tout  à  propos  des  lésions  du  lobule  paracentral. 

Troubles  pseudo-radiculaires,  d’une  part,  troubles  d'aiiparence  céré¬ 
belleuse,  d’autre  part,  ont  été  ainsi  dûment  (xmstates  dans  des  obser¬ 
vations  antérieures  à  la  nôtre,  mais  non  simultanénumt,  à  la  suite  de 
lésions  corticales  avérées. 

Si  l’on  ajoute. à  cela  que,  comme  nous  venons  de  le  voir,  plusieurs 
observateurs  s’accordent  à  constater  une  discordance  étrange,  chez  leurs 
malades,  entre  la  jiauvreté  ou  l’absence  des  troubles  sensitifs,  et  l’impor¬ 
tance  des  troubles  moteurs  non  pyramidaux  dans  cerlains  cas  de  para¬ 
lysie  pseudo-radiculaire  d’origine  corticale,  il  jiaraît  légitime  d’inter- 
Jiréter  la  symptomatologie  de  notre  maladi'  comme  nous  l’avons  fait,  et 
Jiour  les  raisons  déjà  jirécédemmenl  données  : 

a)  Contraste  entre  le  rgrarlère  global  des  Iroiihles  mnleurs  non  pyra¬ 
midaux,  el  la  limilalion  e.rlrême  des  Iroubles  de  la  sensibililé  profonde. 

b)  Aspect  même  de  ces  Iroubles  nwleurs  (dysinétrie,  tremblemenl 
intentionnel,  incertitude,  et  tendance  à  planer  dans  les  mouvements 
de  jiréhension). 

c)  Simullanéilé  de  l’apparilion  des  deu.r  ordres  de  troubles,  sensitivo- 
moteurs  et  pseudo-cérébolleux,  qui  ont  précédé  ctdle  des  phénomènes 
paréli(pies  proprement  dits  du  second  icliis,  et  ipie  b'  malade  lui-même  a 
parfaitement  distingués  l’un  de  l’autre  aussitôt  qu’ils  sont  apparus 
(engourdissement  des  deux  derniers  doigts,  et  manque  de  direction  du 
bras). 


(1)  Ludovico  Gatti.  Les  |)liénonièn(!s  il’asyncrfri 
siens  des  voies  molriees  eenlruli's. 'Les  syndromes  pn 
Syndrome  pscinlo-cerebellenx.  liivisla  lluliuna  di 
Irolh.  ,  vol.  XII,  n»  5,  p.  145.  Iie.v.  Neurol.,  IDÜl.  p. 

(2)  .Vndré  Thomas.  IClude,  sur  les  blessures  du  eerv 

(3)  l''oix  et  Tiié.vnNAiiD.  KyinpLôines  eérélndlen 
(le  lu  région  paraccnLriile.  postérieure.  Jlcv.  Neur..  l'.r 


e  et  d’incoordination  dans  les  lé- 
rucentraiix  (lar  blessure  deguerre. 
Nriinipalliiit.  i>.tiicliiairia  ci  ellel- 
218. 

■elet.  \  igot.  l’aris,  1918,  p.  178. 
X  d'origine  eérélirale.  Tubercule 


G.  HOUSSV  HT  G.  LEVY 


DlSC'.l'SSIONS  ET  CONCLUSIONS. 

Un  dernior  point,  rc.stc  à  (3nvisagcr,  rL  non  d(is  moindros,  mais  quo  nous 
no  soinm(!S  inallieiir(!iis(nn(mt  pas  (3n  état  d’élucidur,  jusqu’à  nouvel 
ordre  :  celui  de  la  palhngénie  d(3  ces  pliénoménes  ps(!udo-radiculair(!s  et 
li.S(mdo-cérébeli?^ix  que  nous  venons  d’e.xamini’r. 

Deux  questions  se  pos(‘nt,.en  effet,  à  propos  des  faits  qui  précèdent  : 

Exisie-l-il  vraiment  une  si/stlénialisalion  radienlaire.  dans  ta  zone 
rnlandique,  ou  bien  s’agit-il  d'analogies,  sans  relations  sgslémaligiies 
entre  la  topographie  radieulairt;  d’origine  médullain^  et  l’aspiK't  des 
troubles  sensitifs  que  nous  venons  d’envisager  ? 

Et,  d’autr(3  part-,  comment  des  phénomènes  pseudo-cérébelleux  peuvent- 
ils  survenir  à  la  suite  d’une  lésion  de  l'écorce  cérébrale  ? 

Pour  c(i  qui  est  de  la  systématisation  radiculaire  au  niveau  de  l’écorce, 
ri(!n  jusqu’ici  ne  jiaraît  concluant  dans  les  faits  [lal  hologiipKîS  ou  physio¬ 
logiques  observés. 

Pour  certains  neurologistes,  la  topographie  apparemment  radiculaire 
ne  répondrait  pas  à  une  suslémalisalion  radiculaire  de  la  topographie 
cérébrale. 

Il  s’agirait,  i)our  les  uns,  d’une  disposilion  topographique  parliculicre 
de  la  lésion  cérébrale,  tel  qu’une  anomalie  artériedhs,  par  (îxernphq  régis¬ 
sant  la  disposition  liniité(î  (d.  s[)éciale  d(;s  t.roubh;s,  et  contrastant  avec 
la  rcîprésentation  focale  d(3  la  sensibilité' au  niveau  du  cortex  {(iushing 
et  Valkenburg,  (ialligaris). 

Pour  d’autres  (1),  comnui  Russel  et  Ilorsbiy,  il  s’agirait  d’un  vcistigi; 
lie  la  disposilion  embrgonnaire  primitive.  Dans  c(‘ll(!-ci,  les  membres  étant, 
c.onsidérés  comuKî  fléchis  à  angh;  droit  surla  colonn; Vcirtébrale,  horizon¬ 
tale,  il  existerait  une,  disposilion  préaciale  el  poslaxiale  de  l’inmirvatiori 
du  in(unbr(!,  l’a.xiî  du  membrii  étant  figuré  par  la  ligne  passant  par  le 
niili(iu  du  bras,  de  l’avant-bras,  de  la  in  iin  (d,  du  midius. 

■Vinsi,  1(!  cûlé  radial  du  membre,  préadal,  serait  innervé  par  his  niéta- 
nières  les  j)lus  éh'vés,  .7',  et  7*^  cervicales,  tandis  qu(!  h;  côté  cubital  du 
nKunbriî  serait  innervé  ]iar  le  métamère  infériiuir,  (18,  Dl.  Et  h;s  I, roubles 
fiseudo-radiculaires  d’origiiu;  corticah!  ne  seraient  donc  qii’nn  reflet  de 
la  disposilion  mélamérique  primilive  de  l’ innervalion  du  membre  selon 
deux  .segments  longiliidinaux. 

Pour  d’autr(3s  enfin  (2),  comme  .\l"'“  .Vthanassio-Bénisty,  les  troubles 
s(uisitivo-mot(‘ur.s  d’origine  corticale  se  localiseraienl presque  exclusivement 
au  niveau  des  exlrémilés,  (;e  qui  répondrait  à  une  localisalion  élective,  au 
niveau  du  cortex  de  la  molricilé  des  actes  el  des  sensations  les  plus  com¬ 
plexes  el  les  plus  différenciés. 

(I)  Hiissia.  cL  lloiisi.icv.  .NoU;  on  ii|)iiarcnl  repri-stuilalion  in  Llie  ceoîljrat  coiTcx, 
of  tliu  l.vpi^  1)1'  sensory  l'cpresenlalion,  as  il  exisls  in  llie  spinal  eord.  lirain,  l'.lOll, 
t.  .K.\:i.\,  p.  137. 

(Vi)  ATU,\N,VSSIÜ-LiéNISTY,  loc.  cil. 


troubles  SENSITIVO-MOTEURS  D'ASPECT  RADICULAIRE  387 


En  outre,  la  zone  sonsitivo-molrice  de  la  main  se  trouverait  divisée 
on  deux  centres  secondaires,  l’un  pour  le  côté  interne  ou  cubital  de  la 
main,  et  l’autre  pour  le  côte  radial,  le  premier  occupant  une  situation 
postérieure  par  rapport  au  second,  dans  la  zone  sensitivo-motrice  du 
cortex. 

Un  seul  centre  existerait  pour  bi  membre  inferieur,  correspondant  au 
territoire  L5,  SI. 

D’autres  neurologistes  admettent,  au  contraire,  pour  la  sensibililé, 
une  sijslémalisalion  radiculaire  au  niveau  de  l’écorce  cérébrale. 

A  cette  conception  peuvent  être  opposées  de  multiples  objections,  et 
en  particulier  les  deux  suivantes  : 

Tout  d’abord,  l’alijpie  même  des  troubles  apparemment  radiculaires 
d’origine  corticale,  et  l’absence  de  limiles  nelles  des  troubles  qiui  l’on 
observe,  au  contraire  de  ce  qui  se  passe  dans  les  troubles  radiculaires 
d’origine  médullaire.  * 

("est  ainsi  que  Bénisiy,  avec  d’autres  auteurs,  a  noté  l’existence 
d’une  atteinte  légère  et  fréquente  du  médius  dans  la  paralysie  cubitale 
truste  et  même  une  griffe  des  premier  et  deuxième  doigts  dans  un  cas  de; 
paralysie  de  la  moitié  externe  de  la  main. 

Et  ensuite,  l’existence  indiscutable  de  manifestations  segmenlaires, 
sensitivo-motrices,  dans  la  plupart  des  troubles  d’origine  cérébrale. 

S’agit-il  ici  de  phénomènes  radiculaires  insuffisamment  observés  ? 
Explication  apparemment  très  peu  satisfaisante.  Et  les  partisans  de  la 
représentation  radiculaire  au  niveau  de  l’écorce  sont  bien  forcés  de  recon¬ 
naître,  à  tout  le  moins,  qu’il  semble  bien  exisler  deu.x  espèces  de  représen- 
lalion  sensiviio-molrice  dans  l'écorce  :  une  de  type  longitudinale,  et  l’autre 
d(!  type  sc(/men/ai>e,  hypothèse  à  laquelle  SC  rallie,  par  exemple,  Calligaris. 

Enfin  une  troisième  question,  d’ordre  anatomo-physiologique,  se 
pose  devant  la  superposition  rigoureuse  (peu  fréquente,  il  est  vrai, 
mais  possible,  puisque  notr.e  observation  clinique  en  témoigne)  des 
troubles  sensitifs  et  moteurs  d’aspect  radiculaire,  d’origine  corticale. 

Les  d(!ux  circonvolutions  frontabî  et  pariétale  ascendantes  sont-elles 
touchées  dans  ce  cas,  et  comment  la  stricte  superposition  des  troubles 
aussi  limités,  à  la  fois  sensitifs  et  moteurs,  s’établit-(dle  ?  En  d’aulres 
termes,  quelb;  p(îut  être  l’explication  anatomo-physiologique  d’une  topo¬ 
graphie  radiculair(ï  tantôt-purement  sensitive,  tantôt  s(msitivo-motrice, 
par  lésion  localisée  d’une  ou  des  deux  circonvolutions  rolandiqucs  '? 

Ce  sont  là  autant  de  problèmes  concernant  le  fonctionnement  même  et 
les  relations  de  ces  deux  circonvolutions  entre  elles,  (jui  dépasse  de 
beaucoup  l’état  actuel  de  nos  connaissances,  et  que  nous  ne  pouvons 
que  mentionner  ici. 

yuant  au  mécanisme  d(!S  troubles  d’aspec.t  cérébelleux  par  lésion  cor¬ 
ticale,  dont  l’existence  paraît  actuelbunent  bien  démontrée,  il  pose  un 


G.  mussv  ET  G.  LEVY 


aiiLro  problcmo,  non  moins  troublant,  concornant  le  fonctionnement 
(lu  cortex,  (în  particulier  des  circonvolutions  rolandiques. 

S’açjii-il  réellemenl  d’une  répercussion  de  la  lésion  corlicalesur  les  con¬ 
nexions  corlir.o-rérébellenses,  par  la  voie  des  fibres  fronto.-temporo-pontinos, 
d(js  noyaux  du  pont,  et  des  pfîdoncules' cércbelbmx  moy(ins,  hypothèse 
émise,  entre  autr(!S,  ])ar  Claude  et  Lhermille  ? 

Ou  bien,  s’apil-il  plnlûl  d’un  Irouhle  parliculier.  caraelérislique  de  cer- 
laines  lésions  de  la  rorlicalilé  rolandi(pie,  et  d’ordre  beaucoup  plus  com- 

f)l(!X(!  ? 

Von  Monakcw  (1)  admet,  en  effet,  que  la  frontahï  ascendante  serait 
le  siège  d’une  sensibilité  particulière,  la  «sensibilité  profonde  incons¬ 
ciente  »,  ou  eneore  «  sensibilité  réflexe  ».  Oelle-ci,  qui  établirait  la  lésion 
entre  le  cortex  et  les  autr<;s  centres  sous-corticaux,  y  compris  le  cervelet 
(  t  le  bulbe,  régirait  la  succession  des  mouvements  normaux  nécessaires  à 
l’accomplissinnent  des  actes. 

CertaiiKis  lésions  de  cette  circonvolution  entraîneraiemt  ainsi  une  véri¬ 
table  alaxie  corlirale,  particulière,  distincte  de  l’ataxie  classique  par 
jierte  d(!  la  sensibilité  profonde,  constituée  en  quelque  sorte  par  l’oubli 
des  innombrables  «  mélodies  kinétiques  »  pour  employer  les  termes 
mêmes  et  les  images  de  l’auteur.  Il  s’agirait  donc  là  d’un  trouble  extrê¬ 
mement  complexe  par  conséquent,  et  dont  aucune  des  formules  actuelles 
(uiractérisant  hîs  divers  troubles  moteurs  ne  saurait  rendre  un  compte 
exact. 


Quoi  (ju’il  en  soit  de  ces  différentes  interprétations  pathogéniques, 
et  à  caus(!  même  de  l(.;ur  diversité,  il  semble  actuellement  bien  démontré 
(pi’un  asp(!ct  clinique  particulier  des  troubles  moteurs  ptmt  être  observé, 
à  la  suit(i  de  certaines  lésions  rolandiques,  et  c’est  précisément  h;  point 
sur  l(!qu(‘l  nous  avons  voulu  insister  ici. 

L’obs((rvation  de  notre  malade  nous  paraît,  en  effet,  démontr(^r  que  : 

1^  f)(‘s  Iroubles  Irès  liniilés,  rnoleurs  el  sensilifs,  affeclanl  une  lopographie 
idenlnpie,  d’asperl  radiculaire,  peuvenl  survenir  d  la  suite  d’une  lésion  cor- 
licale  au  niveau,  des  circ.onvolulions  rolandicpies , 

Ces  deux  ordres  de  Iroubles  peuvenl  coïncider  ainsi  ({Ue  notre  observation 
en  fait  foi. 

2°  Des  Iroubles  rnoleurs  globaux,  au  niveau  du  membre  alleinl,  peuvenl 
égalemenl  coïncider,  qui  ne  paraissenl  eomplèlernenl  explicables  ni  par 
l’alleinle  pyramidale,  ni  par  les  Iroubles  de  la  sensibililé  profonde,  el  on  les 
a  même  vus,  dans  certains  cas,  survenir  indépendamment  de  ces  deux  der¬ 
niers  ordres  de  Iroubles. 

Ils  sont  donc  d  difléreneier  des  phénomènes  ataxiques  habiliiels  qm;  peu- 

(î)  Vo.N  .\loNAKOw.  I.)i(i  lokalisation  in  (.;r(».sliirn,  uncl  tlcr  Abbau  clcr  runkticm 
(Jiircli  kdi'tikabi  1  lerdc. 


TROUBLES  SENSITIVO-MOTEURS  D'ASPECT  RADICULAIRE  389 


Vont  causer  les  alléralions  de  la  sensibililé  profonde  proprement  dite. 
El  certains  de  leurs  aspects  cliniques  incilenl  à  les  rapprocher  des  phéno¬ 
mènes  cérébelleux. 

Mais  des  études  anatomo-cliniques  approfondies  permettront  seules 
d’en  élucider  la  nature,  et  de  les  rapproch  ;r,  à  bon  escient,  dt^ces  derniers, 
ou,  au  contraire,  de  les  en  distinguer,  au  cas  où  la  démonstration  de  leur 
nature  corticale,  et  exclusioemenl  corticale,  pourrait  être  faite. 

Et  c’est  à  ce  point  de  vue  particulier,  en  même  temps  qu’à  celui  de 
l’étude  de  la  représentation  radiculaire  au  niveau  du  cortex,  qu’une  obser¬ 
vation  isolée  comme  celle-ci  a  pu  nous  paraître  suggestive,  et  digne  d’être 
commentée  un  peu  longuement. 


IV 


RÉPERCUSSION  D’UNE  LÉSION  CORTICALE 
SUR  LES  MUSCLES  ALLANT  JUSQU’A  UN  LÉGER 
DEGRÉ  DE  DÉGÉNÉRESCENCE 
"Examen  électrique  du  malade  étudié  par  G.  T^oussy  el  G.  Lévy. 


Georges  lîOUHGUIGNON. 


Si  le  malade  que  viennent  d’étudier  M.  (J.  Itoussy  et  G.  Lévy 
pose  un  j)rol)lèrne  intéressant  au  point  de  vue  de  la  cocxist(inee  de  signes 
d’aspeet  eérébelleux  et  de  signes  d’aspect  radiculaire  avc(;  une  lésion 
corticale,  il  en  pose  un  a)itre  du  même  ordre  au  point  de  vue  de  la  coexis¬ 
tence  de  c.ette  lésion  corticale  avec  des  modiricationS  importantes  du 
neurone  ])éripliéri(pie  et  des  muscles.  MH®  Lévy,  en  elîet,  m’avait  demandé 
d’examiner  (;e  malade  au  point  de  vue  de  ses  réactions  électri({ues,  en 
raison  de  l’apjyarencc'  d(!  grilîe  cuhilali^  (Hie  présentait  ce  malade  atteint 
d’une  lésion  corticale. 

Je  f(Tai  d’abord  remarfpK'r  (pie,  clinicpiement,  l’expression  de  ((  griffe 
cubitale  »  ne  me  jiarait  jias  satisfaisante  jmnr  exjirirner  l’attitude  de  ce 
malade.  Kn  effet,  la  grille  (|u’il  présente  est  constituée  par  la  flexion  des 
3  phalanges  et  non  par  la  flexion  des. 2  dernièr(!.s  et  l’extension  de  la  G®, 
comme  c’est  la  règle  dans  les  grilles  cubitales  pures.  La  flexion  de  la 
G®  phalange  ne  peut  s’exjdiipier  que  par  une  parésie  de  l’extenseur,  c’est- 
fi-dire  par  une  participation  du  Radiai  à  la  formation  de  la  grille.  Avant 
tout  examen  électrique,  je  considérais  donc  c.ette  grilîe  comme  «  radio- 
(Uibitale  »  et  non  comme  «  cubitale  ».  L’examen  éicc.tricpie  a  pleinement 
confirmé  cettci  opinion.  Il  m’a  donné  en  outre  des  résultats  très  intéres¬ 
sants,  mais  d’interjirétation  dillicile.  En  voici  le  résumé  : 

1.  —  (Jaraclères  ilef!  Héaclions  éleclrupies. 

Si  on  considère  un  muscle  donné  du  (■(lté  gauche  (côté  atteint)  de  ce 
malade,  le  long  supinateur  ])ar  exemple,  on  voit  (pi’il  prés(mte  une  dégé¬ 
nérescence  peu  accentuée  et  très  parcellaire,  véritablement  fasciculaire. 
En  efl'et,  au  point  moteur  la  contraction  est  normahsment  vive  (d,  la  ehro- 

IIKVUK  NEUIIOI.OGKJL'K.  —  T.  II.  N”  Ô,  NOVEMIIHE  1920. 


nÉPEnCUSSION  D'UNE  lésion  cobticale 


naxie  est  normale  ;  il  en  est  de  même  dans  l’excitation  indirecte  par  le 
nerf.  An  contraire,  lorsque  l’excitation  porte  sur  le  muscle  en  dehors  du 
point  moteur  on  isole  nettement  des  faisceaux  normaux,  dont  la  contrac¬ 
tion  est  vive  et  la  chronaxie  normale,  et  des  faisceaux  dégénérés,  dont 
la  chronaxie  est  augmentée  et  la  contraction  ralentie;  mais  l’augmenta¬ 
tion  fie  la  chroriaxie  n’est  que  modérée.  Voici  le  détail  de  ces  expériences 
sur  le  long  suifinatcur  : 


■  Situation  Chronaxie  en  1  /lOOO  Forme  de  la  contraction  Chronaxie 

do  l’électrode.  de  seconde  (a)  du  faisceau  excité.  normale. 


Point  moteur. 


0tJl2 


Union  du  muscle  et  du  / 
tendon . ^ 

Partie  la  plus  saillante  1 
'lu  muscle  à  5  tra-  ' 
vers  do  doigt  du  pli  i 

du  coude . 1 

Sur  le  tendon,  à  13  cm.  ) 
au-dessus  de  la  sty-  [■ 

loïdo  radiale . .*.  ’ 

Surlecorpsmusculaire,  ) 
à  4  travers  de  doigt  , 
du  pli  du  coude.  . .  .  ' 


0ctG4 


0084 


5a60 

i 


Contraction  vivo . 

Contraction  as.sez  vive  d'un  ; 
petit  faisceau  situé  sur  le  j 
bord  interne  du  muscle. . 

Contraction  légèrement  ra-|  0a08 
lentie  d’un  faisceau  situé! 
sur  la  ligne  médiane . . . .  )  à 

Contraction  ralentie  -d’uni  OalG 
faisceau  situé  sur  le  bordl 

externe  du  muscle . 1 

Contraction  nettement  lente  | 
d’un  faisceau  situé  sur  la  I 
ligne  médiane . / 


.\insi,  dans  un  même  muscle  on  trouve  au  moins  5  ehronaxies  diffé¬ 
rentes  dont  la  plus  petite  est  normale  et  la  plus  grande  atteint  environ 
hO  fois  la  normale.  Les  ehronaxies  intermédiaires  sont  de  6  fois,  10  fois 
et  20  fois  la  normale.  Tous  les  muscles  altérés  de  ce  malade  le  sont  sui¬ 
vant  le  même  type  :  ils  sont  tous  très  hétérogènes,  et,  chez  aucun,  la 
chr'maxic  ne  dépasse  üo  c’est-à-dire  <(Ue  les  ehronaxies  les  plus 

grandes  ne  correspondent  (|u’à  une  dégénérescence  assez  légère. 


II.  ■ —  Dislribiilion  de  la  dégénérescence. 

Lette  dégénérescence  partielle,  à  répartition  fasciculaire  irrégulière- 
ni'‘nt  distribuée  au  sehi  d’un  même  muscle,  se  rencontre  exclusivement 
dans  les  muscles  suivants^: 

1°  Tout  le  doma,ine  du  nerf  Radial,  y  compris  le  Triceps  et  le  Long  Supi>- 
nateur. 

20  Tout  le  domaine  des  nerfs  Médian  et  Lubital  à  la  main,  le  domaine 
de  ces  nerfs  à  l’avant-bras  étant  normal. 

-Vu  contraire,  la  chronaxie  est  normale  et  les  contractions  sont  vives, 
aussi  bien  par  excitation  longitudinale  que  ^par  l’excitation  du  nerf  ou 
du  point  moteur,  dans  tous  les  autres  muscles  du  membre  supérieur 
gauche,  c’est-à-dire  dans  les  muscules  suivants  ; 

RVltoïde,  dans  ses  trois  portions.  Biceps,  Rond  Pronateur,  Palmaires, 
Cubital  antérieur,  tous  les  Fléchisseurs  Superficiels  et  Profonds. 


392 


<!.  llOlUKUJIdAON 


Discussion . 

En  résumo,  ce  iiKihiilii  prôsciiU^,  ;ni  tn(niilir(î  siii)(,!ri('.ur  gauche,  une  (lé- 
g6nércscen(;e  légère  révélaiil.  une  lésion  ])érij)liéri([uc  à  dislribution  fasci- 
culaire  dans  meme  muscle,  élendiui  à  la  l,oi,alil,é  du  domaine  dii  Ra¬ 
dial,  et  à  une  [jnrlic  sindemetil.  des  domaines  du  Médian  et  du  Cubital. 

Cour  le  nerl'  Radial,  c'csl  une  dislribnlion  de  nerj  j)ériphéri(]iie  \  pour  b^s 
nerfs  Médian  et  Gubil.al,  <'’i‘st  uikî  dislribnlion  rndirnlaire  (type  Aran- 
Due-benne). 

Quelle  est  la  sigiulication  d(^  ei^s  faits  ?  J/inter[)rétatiün  en  est  cert(^s 
dillicile.  Essayons  cejamdant  d(i  les  interprét(îr  et  atialysons-les  de  plus 
])rès. 

Malgré  l’aLLeinte  de  la  totalité  du  domaiiu!  radial,  la  grande  hétéro¬ 
généité  des  muscles  atteints  m^  peut  guère  s’(!xpli(|uer  (|Ue  par  d(!S  lésions 
l■cllulai,res,  ])ar  d(^s  lésions  de  la  l'oriu!  antérieure  de  la  moelle.  Le  peu 
d’intensité  de  la  dégénérescenc<-  et  sa  répartition  fascieulaire  ressemble 
beaucoup  à  ce  fpi’on  voit  dans  la  Sclérose,  lalérnle  ainuolrophiqae,  au  moins 
au  début  du  processus. 

La  coe.xistence  d(\  ces  altérations  p(!rij)béri([Hes  avec  une  lésion  cor¬ 
ticale  fait  penser  (jii'il  s’agit  d'utu;  répcrc.nssion  de  la  lésion  du  neurone 
moteur  central  sur  le  neurone,  nud, <mr  péri[)béri([Uc  et  le  muscle,  mais 
j)0ussée  plus  loin  (|u’il  n’cîst  habituel  d(!  h;  voir  dans  les  hémiplégies  et 
allant  jus(|u’à  un  léger  ilegré  île  déiiénéresct’iice,  analogue  à  celui  qu’on 
observe  au  début  (h?  la  scléros(!  latérale  amyotrf)phi(jue  où,  comme  chez 
notre  malad(ï,  la  dégétMiresceinaï  est  très  partielle,  lasciculaire. 

Dans  rHénu]>légie,  il'après  mes  rccluîrc.lies,  la  lésion  pyramidale  dé¬ 
termine,  par  répercussion,  îles  modilic.ations  de  la  c.hronaxie  périphérique, 
dont  la  distribution  est  très  constante.  Ju>  chronaxie  des  muscles  posté¬ 
rieurs  du  membre  supérieur  augmeid.e,  tandis  ((ue  celle  des  muscles  anté¬ 
rieurs  reste  normale  on  diminue  ;  il  en  résulte  que  le  rapport  de  la  chro- 
na.xie  des  muscles  postérieurs  à  celle-des  muscles  antérieurs  est  de  même 
sens  mais  plus  grand  ipi'à  l'état  normal  .aussi  l’attitude  du  membre  sujié- 
rieur  de  l’hémiplégicpie  coutracttiré  est-elle  la  flexion,  c’est-à-dire 
l’exagération  de  l’attitude  normale.  (  les  iiiodi  llcations,  portant  sur  tous  les 
muscles  postérieurs,  ont  aussi  pour  résultat  de  faire  disparaître,  l’égalité 
•qui  existe  normalement  entre  certaines  chronaxies  ,j)ostérieures  et  les 
chronaxies  ard.érieures.  Ainsi,  les  interosseux  dorsaux,  trmseles  f)ostérieurs, 
ont  la  môme  chronaxie  ipie  tout  le  reste  du  domaine  Médian-Cubital, 
muscles  antérieurs  ;  de  môme,  le  vaste  iid,erne  du  Triceps  brachial  a  la 
même  chronaxie  ’([ue  le  groupe  l)uc,henne-Erb,  au  lieu  d’avoir  la  même 
chronaxie  que  les  deux  autres  portions  duTriccfis,  et  il  y  a  encore  d’autres 
exemples  de  c,e  fait  que  j'ai  démontré  et  dont  j’ai  longuement  étudié  la 
signilication  physiologique  dans  nie,4  travaux.  Liiez  l’hémiplégique,  à 
l’épaule,  la  chrona.xie  du  Deltoïde  postérieur  augmente  et  cesse  'ainsi 
d’être  égale  à  celle  du  Deltoïde,  antérie.ur  qui  reste  normale  ou  diminue  ; 


nÉPERCUSSION  D'UNE  LÉSION  CORTICALE 


393 


au  bras,  la  olironaxie  des  3  portions  du  Triceps  augmente,  ce  qui  augmente 
l’écart  entre  la  chronaxie  des  Fléchisseurs  de  l’avant-bras  et  celle  de  la 
Longue  portion  et  du  Vaste  externe,  et  fait  disparaître  l’isochronisme 
normal  du  Vaste  interne  et  des  Fléchisseurs  ;  les  mêmes  phénomènes 
se  produisent  à  l’avant-bras  et  à  la  main.* En  fin  de  compte,  la  chronaxiei 
chez  l’hémiplégique,  augmente  dans  les  muscles  suivants  : 

Deltoïde  postérieur.  Triceps  brachial  (les  3  portions),  domaine  du  Radial 
à  l’avant-bras,  moins  le  Long  Supinateur,  Interosseux  dorsaux. 

La  répartition  de  la  dégénérescence  chez  notre  malade  diffère  donc 
quelque  peu  de  la  distribution  des  augmentations  de  la  chronaxie  qu’on 
observe  dans  les  cas  d’hémiplégie  typique,  comme  le  taux  de  l’augmenta¬ 
tion  de  la  chronaxie  diffère  de  celui  qu’on  voit  dans  les  cas  ordinaires  où  il 
ne  dépasse  pas  2  à  3  fois  la  valeur  normale.  En  effet,  si  la  localisation  des 
altérations  dans  le  Triceps  brachial,  tous  les  muscles  postérieurs  de  l’avant- 
bras  et  les  Interosseux  est  bien  la  localisation  des  augmentations  de  la 
chronaxie  dans  l’hémiplégie,  l’atteinte  du  Long  Supinateur  et  des  Emi_ 
nences  Thénar  et  Hypothénar  est  un  fait  sans  analogue  dans  l’hémiplégie . 
L’interprétation  de  ces  faits  est  donc  difficile.  Cependant  les  réactions 
électriques  me  paraissent  rendre  compte  d’un  certain  nombre  des  symp¬ 
tômes  présentés  par  le  malade. 

D’abord  elles  rendent  compte  de  la  forme  radio-cubitale  de  la  griffe 
en  révélant  l’atteinte  simultanée  des  extenseurs  et  des  interosseux  ; 
ensuite  elles  expliquent  les  symptômes  d’apparence  cérébelleuse,  en  révé¬ 
lant  un  assez  important  déficit  musculaire  auquel  ils  sont  vraisemblable¬ 
ment  dus. 

Quant  à  la  signification  profonde  de  ces  réactions,  on  ne  peut  faire  que 
des  hypothèses,  tant  ce  cas  présente  de  particularités. 

En  tenant  compte  de  tous  les  caractères  des  réactions  électriques  que  je 
viens  d’analyser  et  de  la  coexistence  de  lésions  centrales  et  de  lésions 
périphériques  au  même  membre,  il  me  paraît  légitime  de  considérer  la 
légère  dégénérescence  observée  comme  une  répercussion  exceptionnelle¬ 
ment  importante  pour  une  hémiplégie  de  la  lésion  pyramidale  corticale 
sur  le  neurone  moteur  périphérique  et  les  muscles  ;  s’il  s’agissait  d’ùne 
sclérose  latérale  amyotrophique,  le  degré  de  ces  lésions  périphériques  serait 
tout  à  fait  normal.  En  me  basant  sur  l’étude  de  la  chronaxie  dans  cette 
dernière  maladie  (1),  j’ai, déjà  rapproché  la  lésion  du  neurone  moteur 
périphérique  qu’on  y  observe  des  répercussions  qu’on  trouve  dans  l’hémi¬ 
plégie  et,  d’une  façon  générale,  dans  tous  les  cas  dè  lésion  pyramidale, 
quel  qu’en  soit  le  siège,  encéphalique  ou  médullaire. 

En  résumé,  on  peut  dire  que  l’examen  électrique  révèle  chez  notre 
malade  une  lésion  légère  des  cornes  antérieures  de  la  moelle,  associée 
à  une  lésion  pyramidale  corticale  que  révèle  l’examen  clinique,  et  qu’il 


(!)  G.  BounoüiGNON.  La  Chronaxie  dans  la  Sclérose  latérale  amyotrophique,  Rcu 
nion  neurologique  annuelle,  juin  1925. 


REVUE  NEUROI.OOIQUE.  —  T. 


E  1920. 


26 


394 


G.  BOUBGUIGNON 


paraît  légitime  de  les  rattacher  l’une  à  l’autre  par  le  lien  des  répercussions 
dont  j’ai  démontré  l’existence  par  l’étude  de  la  chronaxie  (1).  En  d’autres 
termes,  la  lésion  poliomyélitique  serait  due  à  la  répercussion  de  la  lésion 
pyramidale  corticale  sur  les  cornes  antérieures.  Cette  répercussion  difïère 
des  cas  ordinaires  par  son  intensité  inaccoutumée  dans  l’hémiplégie 
et  par  sa  topographie  dont  il  est  dilTicile  de  dire  ce  qu’elle  représente. 


NB.  —  Ce  mémoire  étant  paru  après  celui  du  n®  4,  d’octobre, 
page  301. 

Le  malade  dont  il  est  question  ici  est  celui  auquel  il  est  fait  allusion 
dans  le  Mémoire  précédent  :  «  Altérations  de  la  chronaxie  dans  un  cas 
do  syndrome  neuro-anémique». 


(1)  G.  BounGuiCNON,  La  Chronaxie  chez  l'Homme,  l  vol.  Masson,  1923,  pages  312 
à  340. 


V 


LES  ALTÉRATIONS  DES  CELLULES 
RADICULAIRES  MOTRICES 
DANS  LA  MOELLE  DES  ÉPILEPTIQUES 

Uudolph  ALTSCHUL 

Travail  de  la  clinique  des  maladies  du  système  nerveux 
de  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 


Nous  avons  oxaminé  un  certain  nombre  de  moelles  épinières  d’épi¬ 
leptiques  en  recherchant  l’état  des  groupes  radiculaires  moteurs.  Ces 
recherches  nous  ont  été  facilitées  par  l’existence  d’un  service  spécial  de 
comitiaux  dans  la  Clinique  neurologique  de  la  Salpêtrière  (1). 

Les  constatations  cliniques  de  plusieurs  auteurs  nous  ont  orienté  vers 
ces  recherches  en  nous  faisant  supposer  l’existence  possible  d’une  alté¬ 
ration  du  neurone  moteur  périphérique. 

Les  réflexes  sont  souvent  troublés  après  la  crise  épileptique,  les  réflexes 
profonds  presque  toujours  diminués  (Hartmann  et  di  Gaspero),  les  ré¬ 
flexes  abdominaux  abolis  (Audenino).  Souvent  il  existe  un  signe  de  Ba¬ 
binski  (d’après  Hempel  et  Berg  dans  86  %  des  cas,  pour  Jellinek  dans 
100  %.).  Il  peut  aussi  exister  une  dissociation  des  réflexes,  c’est-à-dire 
Une  diminution  ou  une  abolition  des  réflexes  tendineux,  associée  à  une 
extension  de  l’orteil.  D’autre  part,  l’épuisement  physique,  que  déter¬ 
mine  une  crise,  no  suffit  pas  à  causer  ces  troubles  de  réflexes  chez  un  in¬ 
dividu  dont  la  moelle  est  intacte.  D’après  Oeconomakis,  il  faut  des  efforts 
beaucoup  plus  grands  et  plus  prolongés.  (Voir  ses  études  sur  les  coureurs 
^le  Marathon.)  , 

D’après  Redlich,  l’explication  de  l’abolition  ou  de  la  diminution  des 
réflexes  tendineux  doit  être  cherchée  dans  un  phénomène  d’épuisement' 
/Spinal.  A  ce  propos,  il  est  intéressant  de  citer  les  cas  de  Heveroch,  qui 
constata  chez  trois  épileptiques  une  paraplégie  flasque,  transitoire,  consé¬ 
cutive  à  une  série  de  crises.  A  l’autopsie,  l’auteur  ne  trouve  que  de  pe- 

,(1)  Qu  M.  lu  protessoup  Goopf^e'i  Guillain  veuille  bien  accepter  nos  plus  vifs  remer¬ 
ciements  pour  l’hospitalité  qu’il  nous  a  K^nércusement  accordée  dans  son  service  et 
pour  l'intérêt  qu’il  nous  a  porté  au  cours  de  notre  travail. 

Nous  remercions  également  M.  le  D'  Ivan  Bertrand,  son  chef  de  laboratoire,  pour 
ses  pricieux  conseils  et  son  obligeance  inlassable. 


390 


U.  AI.  fsClIUL 


litps  lésions  des  eellules  radiculaires,  sans  liéniorragie,  e(,  il  conclut  que 
les  cellules  étaient  encore  capables  de  se  rétablir. 

J.a  moelle  des  é])ile])tiqucs  a  été  déjà  étudiée  à  maintes  reprises  par  le  s 
anatomistes.  Les  résultats  de  leurs  c.xamens  sont  variables,  examinons- 
les  brièvement. 

Orbéli  signale  une  cliromatolyse  des  cellules  motrices,  les  cellules  des 
cornes  postérieures  étant  moins  atteintes.  Le  noyau  de  la  cellule  radicu¬ 
laire  n’apparaît  pas  avec  son  relief  habituel  ;  il  note  beaucoup  de  corps 
amylacés  dans  les  substances  blanche  et  grise. 

Rispal  ne  trouve  rien  d’anormal  dans  la  moelle  lombaire  et  laTvicale. 

l.es  constatations  de  de  Buck  dans  un  seul  cas,  où  la  moelle  fut  examinée 
sont  également  négatives. 

Tramer  décrit  une  cliromatolyse  des  cellules  dans  les  (îornes  antérieures 
avec  une  déformation  de  leur  contour  et  une  augmentation  do  jiigment. 

Il  faut  encore  citer  les  altérations  des  cellules  nerveuses,  trouvées  dans 
le  cerveau  des  épileptiques,  et  qui  nous  semblent  intéressantes  à  rappro¬ 
cher  des  lésions  médullaires. 

La  fibrolysc  est  décrite  par  Sanna  Salaris  comme  altération  cons¬ 
tante,  mais  l’auteur  l’attribue  à  l’ hyperthermie  de  l’état  de  mal. 

De  Buck  l’observe  dans  un  certain  nombre  de  cas  où  la  mort  est  sur¬ 
venue  en  dehors  de  tout  état  de  mal. 

Renkichi  Moryasu  remarque  une  dissociation  ou  une  disparition  com¬ 
plète  des  fibrilles. 

An  contraire,  Alquicr  constate  l'intégrité  des  librilles,  sauf  dans  quel¬ 
ques  petits  foyers  hémorragiques.  Tous  ces  auteurs,  saut  Moryasu,  ont 
employé  la  méthode  de  Cajal. 

Dans  un  cas  de  paramyoclonus  épileptique.  Tramer,  par  la  méthode 
de  Weigert-Bal,  trouve  dans  les  cellules  de  l’urkinje  une  poussière  de 
pigment  noir  et  pense  qu’il  s’agit  d'un  produit  de  dégénération  ou  de 
désintégration.  Le  même  auteur  considère  ce  pigment  comme  particu¬ 
lier  au  paramyoclonus  épileptique  et  ne  l’aurait  jamais  observé  en 
dehors  de  cette  alTection. 

Voici  le  résultat  de  nos  recherches  histologiques  personnelles  ; 

I^a  coloration  de  Nissl  nous  révèle  une  cliromatolyse  qui  semble  moins 
intense  que  celle  décrite  par  les  différents  auteurs  à  propos  des  cellules 
pyramidales  du  cerveau  des  épileptiques.  Dans  les  cellules  radiculaires, 
légèrement  atteintes,  nous  constatons  seulement  un  accroissement  de  la 
pigmentation.  Dans  d’autres  cellules,  le  pigment  se  place  au  milieu  de  la 
cellule  et  les  corps  chromatophiles  l’entourent  comme  une  couronne. 
Le  noyau  ne  montre  pas  de  lésions  appréciables  ;  quelquefois  cependant 
il  devient  cxcentriciue. 

L’image  la  plus  remarquable  nous  est  fournie  par  la  méthode  de  Wei¬ 
gert-Bal.  Nous  retrouvons  la  même  jiigmenl.ation  noire  ipie  celle  décrite 
par  Tramer,  mais  avec  cette  différence  qu’elle  existe  à  la  fois  dans  les 
cellules  nerveuses  des  cornes  antérieures  latérales  et  dans  la  colonne  do 


ALTÉrtATlÔNS  DES  CELLULES  DADICULAWES  MOTItlCES  397 


l{.  ALTSCHUL 


3W 

Clark(!.  'fous  nos  cas  étaient  des  épilepsies  essentielles  sans  myoclonie 
(voir  fig,  1  et  2).  Nous  sommes  d’accord  avec  Tramer  :  il  s’agit  d’un  pro¬ 
duit  de  désintégration  autre  que  le  pigment  ordinaire,  car  il  nous  a  été 
possible  de  voir  tlans  beaucoup  de  cellules  la  présence  simultanée  du  pig¬ 
ment  brun  ordinaire  et  de  cette  pigmentation  noire  foncée.  Nous  avons 
examiné  des  coupes,  colorées  par  la  même  méthode  dans  d’autres  ma¬ 
ladies,  et  nous  avons  pu  constater  dans  un  cas  de  sclérose  latérale  amyo¬ 
trophique,  l’existence  d’une  pigmentation  noire,  semblable  à  celle  de 
nos  coupes,  mais  incomparablement  moins  marquée.  Le  même  résultat 
dans  une  moelle  sénile  d’un  cas  âgé  de  .  85  ans.  Dans  d’autres  cas  de 
myélite,  de  tabes,  de  sclérose  en  plaques,  nous  ne  l’avons  pas  observée. 

Nous  ajoutons  que  ce  ne  sont  pas  des  précipités,  dus  à  la  fixation  par 
le  formol,  comme  ceux  décrits  par  Oberndorfer,  précipités  qui  ont  une 
morphologie  et  une  couleur  semblables.  Notre  matériel  étant  fraîchement 
fixé  et  les  pigmentations  n’existant  e.xclusivcment  que  dans  les  cellules 
nerveuses,  nous  pouvons  nier  cette  production  artificielle. 

En  outre,  il  ne  s’agit  pas  probablement  de  pigments  ferriques,  la  réac¬ 
tion  par  le  ferrocyanure  "ne  donnant  aucun  résultat.  Pour  exclure  la 
possibilité  d’une  nature  lipoïdienne  nous  avons  traité  les  pièces  avant 
chrsmage  par  l’alcool  à  90°  pendant  un  temps  assez  long.  Néanmoins  le 
pigment  se  maintenait  dans  les  cellules.  Il  se  peut  cependant  que  la  sub¬ 
stance  décrite  soit  un  complexe  organique  d’un  pigment  spécial  et  d’une 
substance  lipoïdienne. 

Quant  aux  lUiuro-fibrilles  des  c  dlules  nerveuses,  nous  avons  pu  constater 
par  la  technique  de  Bielschowsky  une  fibrolyse  intense,  aussi  bien  chez 
les  sujets  morts  en  état  de  mal  que  chez  ceux  morts  de  broncho-pneu¬ 
monie.  On  observe  toutes  les  phases  de  la  fibrolyse  depuis  le  refoule¬ 
ment  latéral  des  neurofibrilles  et  leur  fragmentation  jusqu’à  une  dispa¬ 
rition  complète.  Dans  les  dendrites,  les  fibrilles  sont  souvent  indemnes. 
(Voir  fig.  3.) 

Une  autre  observation  intéressante  est  la  présence  des  corps  amylacés. 
Dans  nos  cas  nous  les  avons  rencontrés  en  grand  nombre  dans  la  moelle, 
ce  qui  d’ailleurs  a  déjà  été  remarqué  par  rl’autres  auteurs.  Précisons 
leur  topographie. 

Les  corps  amyloïdes  sont  surtout  amassés  dans  la  région  d’entrée  des 
racines.  Ce  qui  surprend  c’est  leur  présence  dans  les  racines  postérieures 
même,  contrairement  à  la  théorie  d’Alzheimer  qui  prétend  qu’ils  n’y 
existent  pas. 

Tous  les  cas  décrits  par  les  autres  auteurs  étaient  âgés  (excepté  peut- 
être  un  cas  d’Orbéli,  mais  l’auteur  n’indique  pas  l’âge).  Il  en  était  de 
même  pour  les  nôtres,  mais  il  est  difficile  de  dire  si  les  corps  amylacés 
sont  dus  à  la  sénilité  ou  à  l’épilepsie,  et  où  se  trouve  la  limite  entre  le 
nombre  physiologique  et  pathologique.  Dans  un  de  nos  cas  cependant 
nous  avons  trouvé  des  corps  amylacés  exclusivement  dans  la  région 
d!entrée  des  racines  postérieures,  et  ici  la  sénilité  ne  pouvait  être  invoquéiu 
la  malade  étant  morte  à  l’âge  de  28  ans. 


ALTÉRATIONS  DES  CELLULES  RADICULAIRES  MOTRICES  399 


Conclusio  ?is. 

D’après  ce  que  nous  avons  trouvé,  nous  croyons  que  la  moelle  épi¬ 
nière  des  épileptiques  ainsi  que  le  cerveau  sont  frappés  par  des  altéra¬ 
tions  semblables.  Les  lésions  permanentes  des  cellvdes  radiculaires  permet¬ 
tent  d’expliquer  les  anomalies  des  réflexes  tendineux  après  les  crises  comi¬ 
tiales  par  l’épuisement  fonctionnel  qu’elles  déterminent  dans  ces  élé¬ 
ments  anatomiques.  Il  se  pourrait  aussi  que  la  toxicité  humorale  ait  une 
influence  sur  les  cellules  altérées. 

Quant  à  l’explication  du  signe  de  Babinski  et  l’abolition  des  réflexes 
abdominaux,  on  peut  admettre  une  absence  d’inhibition  par  le  cerveau 
ou  une  lésion  du  faisceau  pyramidal,  d’ailleurs  déjà  invoquée,  par  exemple, 
par  Roubinovitch  et  Barbé. 

Néanmoins,  nous  n’avons  pu  expliquer  l’existence  du  signe  de  Ba¬ 
binski  car  d’après  nos  observations  histologiques  il  ne  devrait  pas  coexis¬ 
ter  avec  des  réflexes  tendineux  abolis,  puisque  nous  avons  trouvé  des 
lésions  dans  toute  la  moelle  et  nous  n’avons  pu  observer  d’intégrité, 
même  circonscrite,  des  cellules  motrices  lombaires  et  sacrées  qui  aurait 
permis  d’expliquer  ce  réflexe. 


•  BIBLIOGRAPHIE. 

Alquier.  Sur  l’ôtat  des  N  euro  fibrilles  dans  l’Epilepsie.  Revue  neurologique,  1905 
p.  146. 

Audenino.  La  diagnosi  dell’accesso  convulsivo  epilettico.  Giornale  di  med.  mili- 
lare,  1917,  IX. 

De  Buck.  Anatomie  macroscopique  et  microscopique  de  l’épilepsie.  Le  Névraxe 

1907,  IX. 

Hartmann  et  di  Gaspero.  Epilepsie  in  Lewandowsky.  Handbuch  d.  Neurologie, 
V,  1914. 

Mempel  et  Berg.  Uber  das  Vorkommcn  und  die  Bedeutung  des  Babinski’schen 
und  Oppenheim’schcn  Zeichens  und  des  Mendel-Bechterew’sclien  Fussruckenre- 
flexes  bel  Epilepsie.  Neurologischcs  Cenlralblall,  1910,  n“  16,  p.  850. 

llEVEROcn.  Los  Paraplégies  post-paroxystiques  transitoires  chez  les  Epileptiques. 
Revue  Neurologique,  1902.  p.  267.  * 

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Wochenschrift,  1915,  p.  1021. 

Moryasu  Rbnkichi.  über  Fibrillenbefunde  bei  Epilepsie.  Arthiu.  f.  Psgchialrie, 

1908,  vol.  44,  p.  84. 

OnERNDORPER.  Pigmont  und  Pigmentbildung.  Zentralblatt  f.  d.  ges.  Neurologie  und 
Psgchialrie,  1921,  Band  XXVI  Heft  I. 

Obconomakis.  Die  Sehnenreflexe  angestrengter  Kôrperteile.  Neurologischcs  Cen¬ 
lralblall,  1907,  n»  11,  p.  498. 

Orbeli.  Contribution  ii  l’étude  de  l’anatomie  path.  do  l’Epilopsie.  Rousskii  medii- 
sinski  viesnik,  1944,  n“  6. 

Redlich.  Bcziohungen  der  gonuinen  zur  symptomatischen  Epilepsie.  Deutsche 
Zeitschrift  f.  Nervenhcilkunde,  Band,  XXXVI,  n”  3-4. 

Rispal,  cité  par  Orbeli. 

Roubinovitch  et  Barbé.  Examen  du  Faisceau  Pyramidal  dans  un  cas  d’ Epilepsie  avec 
signe  de  Babinski  bilatéral.  Gull.  cl  Mém.  delà  Soc.  anal,  de  Paris,  1913,  XV,  p.  120. 
•Sanna  Salaris,  cité, in  Revue  neurologique,  1909,  I,  p.  18. 

Tramer.  Untcrsuchiingen  zur  pathologischen  Anatomie  des  Zentralnervensy-otems 
bel  der  Epilepsie.  .Irchivcs  suisses  de  Neurologie  cl  de  Psgchialrie,  1918,  II,  p.  202. 


VI 


A  PROPOS  DU  TRAVAIL 
DE  MM.  D’HOLLANDER  ET  RUBBENS 
SUR  LA  CONSTITUTION  DU  PÉDONCULE  CÉRÉBRAL 


le  D'^  Armando  FERRARO 

Neuropalhologisle  de  St  Klisabelhs  Hospital,  Washington  D.C. 


J’ai  tout  récemment  pri.s  connai.ssance  d’un  article  du  Prof’.  d’Hollander 
et  du  D’’  Rubbens,  paru  dans  le  numéro  de  mars  1926  de  la  Revue  Neuro¬ 
logique,  sur  «  la  Constitution  du  pied  du  pédoncule  cérébral  ». 

J’ai  pu  observer  que  MM.  d’Hollander  et  Rubbens  m’attribuent  dans 
leur  article  des  idées  qui  ne  correspondent  pas  du  tout  au  contenu  de  mon 
travail  sur  les  rapports  de  la  substance  noire  avec  le  cortex  cérébral  et  le 
corps  strié.  Du  texte  des  deux  auteurs  il  ressort  en  effet  que  je  considére¬ 
rais  de  minime  im|)ortance  le  courant  des  fibres  cortico-nigriques.  Or  rien 
n’est  plus  inexact.  J’admets  l'existence  d’un  courant  cortico-nigrique,  cou¬ 
rant  qui  est  important  et  qui  a  été  décrit  depuis  longtemps  déjà  dans  les  tra¬ 
vaux  de  Meynert,  Dejerine  et  Mingazzini,  pour  ne  citer  (|ue  les  plus 
connus. 

A  la  page  90  de  mon  tirage  à  part  il  est  textuellement  dit  :  «  A  côté  (lu 
colirant  principal  qui  du  cortex  se  rend  à  la  substance  noire,  devons-nous 
admettre  l’existence  d’un  courant  à  direction  contraire  nigro-corticale?  » 
Cette  phrase  dément  donc  l’affirmation  des  deux  auteurs  à  propos  de  la 
minime  importance  que  j'attribue  au  courant  défibrés  cortico-nigriques. 

Si  j’ai  tâché  de  diminuer  l’importance  d’un  courant  de  fibres  c’est  préci¬ 
sément  du  courant  de  fibres  à  direction  nigro-corticale  qui,  selon  les  idées 
courantes,  établiraient  entre  le  cortex  et  la  substance  noire  les  mêmes  rap¬ 
ports  de  dépendance  existant  entre  le  thalamus  et  les  cortex.  Dans  mon 
travail  j’ai  précisément  tâché  de  démontrer  que  la  substance  noire  ne  dé¬ 
pendait  pas  du  cortex  de  la  même  façon  que  le  thalamus,  mais  bien  de  la 
même  laçon  que  le  corps  strié.  Je  n’ai  donc  pas  nié  les  rapports  de  con¬ 
nexion  existant  entre  le  cortex  et  la  substance  noire  au  moyen  de  l’impor¬ 
tante  radiation  cortico-nigrique,  mais  j’ai  nié/e.v  rapports  de  dépendance  du 
cortex  jK)ur  y  substituer  ceux  de  dépendance  entre  le  corps  strié  et  la  subs¬ 
tance  noire.  En  d’autres  termes  les  axones  des  cellulesde  lasubstancenoire 

HEVCE  NKUllOUKilQCK.  -  T.  II,  N«0,  NOVEMIIME  ]U2(i. 


SUR  LA  CONSTITUTION  DU  PEDONCULE  CÉRÉBRAL  401 

se  rendraient  pour  la  plus  grande  partie,  et  non  pas  tous  cependant,  aux  di¬ 
vers  segments  du  corps  strié. 

Les  deux  auteurs  ont  dû  croire  que  selon  mes  vues  le  courant  principal 
serait  représenté  par  des  fibres  allant  du  striatum  à  la  substance  noire, 
courant  qui  serait  bien  plus  important  que  le  courant  cortico-nigrique.  Ces 
auteurs  disent,  en  effet  :  «  Sans  vouloir  discuter  les  idées  de  l’auteur  sur 
les  connexions  avec  le  striatum,  nous  voulons  faire  ressortir  que  les  tra¬ 
vaux  de  Ferraro  ne  permettent  de  tirer  aucune  conclusion  sur  l’importance 
absolue  ou  relative,  par  comparaison  avec  le  striatum,  des  connexions  cor- 
lico-nigriques.  » 

Or  il  ne  m’est  jamais  arrivé  de  comparer  les  deux  courants  ;  ces  deux 
courants  sont  de  direction  opposée,  le  premier  allant  du  cortex  vers  la  ni- 
gra,  et  le  second  que  j’ai  tâché  de  souligner  se  rendant  de  la  substance 
noire  au  striatum.  Tandis  que  le  courant  cortico-nigrique  représenterait 
donc  pour  ainsi  dire  la  voie  afférente  vers  la  substance  noire,  le  courant 
vers  le  striatum  en  représenterait  la  voie  efférente.  Les  idées  que  les  deux 
auteurs  m’attribuent  viennent  donc  à  tomber  tout  naturellement. 

Quant  à  la  méthode  de  Gudden  par  moi  employée,  la  seule  possible 
dans  le  travail  à  but  spécial  que  je  m’étais  proposé,  elle  reste  encore  une 
des  méthodes  excellentes  d’investigation  et  c’est  elle  qui,  si  je  ne  me 
trompe,  â  permis  à  V.  Monakow  de  nous  renseigner  de  façon  si  magis¬ 
trale  sur  de  nombreux  points  de  l’anatomie  cérébrale  et  en  particulier  sur 
les  rapports  de  dépendance  existant  entre  différents  noyaux  du  thalamus. 

Cette  brève  note  éclaircira,  j’espère,  mon  point  de  vue  sur  la  question 
des  rapports  existant  entre  le  cortex,  la  substance  noire  et  le  corps  strié. 


Rl';PONSPi  à  M.  h’ERRARO. 

Comme  le  dit  M.  Ferraro  dans  la  lettre  jointe  à  sa  note  explicative,  le 
malentendu  résulte  probablement  d’une  question  de  langue. 

Nous  aurons  mal  interprété  la  proposition  finale  de  sa  conclusion  5®, 
dans  laquelle  il  dit:  «  Va  quindi  rigettato  il  concetto  délia  dipendenzâ 
délia  nigra  prevalemente  délia  corteccia  cerebrale,  intesa  alla  del  talamo, 
per  sostituirlo  con  quello'  alla  dipendenzâ  prevalente  délia  striatum.  » 

Celle-ci  pouvait  nous  faire  croire  que  M.  Ferraro  avait  en  vue  l’en¬ 
semble  des  connexions  sans  distinction  du  sens  de  courant  entre  le 
cortex  et  la  S.  N.  :  d’autant  plus  que  dans  une  proposition  précédente,  il 
écrit  :  k  E  da  ritenere  dunque  che  i  cilindrassi  delle  cellule  nigriche  si 
riversano  in  maggioranza  nello  stiatum,  costituendo  cosi  rajjporti  d’im- 
portanza  capitale,  in  maggiori  certo,  che  la  nigra  contrae  con  alire  parti 
deU’encefalo.  » 

M.  Ferraro  nous  explique  ([ue  nous  avons  mal  compris  sa  pensée  ;  je 
me  rends  volontiers  à  sa  mise  au  point. 


F.  d’Hollander. 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 
DE  PARIS 


Séance  du  4-  Novembre  1926. 


Présidence  de  M.  André  LÉRI 


sommaire: 


Ala.iouanine,  DeLAI'OiN  I  AIN  h  ri 
J.  Lacan.  Aspoct  sfiéciul  du  syn¬ 
drome  do  Parinaud  paj'  liypiu- 

tonie .  Il  U 

Bourguignon.  Interprèlalion d’un 
cas  d’aréfloxie  par  l’étudié  do  la 

chrünaxir . I  lOd 

Davidenkoff  (de  Moscou).  Para¬ 
lysies  transitoires  sous  i'influenco 
du  froid  dans  l’amyotrophie 

Charcot-Marie .  447 

DucosTft.  Un  cas  d  areflexie  pené- 

ralisée .  403 

Foix,  Chavany  et  MAUUicii  Lévy. 
Sclôrose  en  plaques  et  m|eetions 
intraveineuses  d(^  salicylale  de 
soude.  Di.wnninon  :  MM.  Sicaiid, 

Léri .  42'J 

Foix,  MAununî  Lévy  .1  Mm« 

SCHIFFWURTIIEIMER.  SclOrOSB  OR 

plaques  a  forme  cephalalfçiquu.  423 
Froment  et  Ciiaix.  HiJïiditô  et 
roue  denléo  suivant  rallilude, 
statique  du  parkinsouum  va¬ 
rient  dans  le  même  sens  ou  (ui 
sens  contraire .  142 

tên  appartient-elle  en  propre  à 


lu  rigidité  parkinsonienne  ou 
est-elle  le  fait  de  toute  rigidité  do 

déséquilibre  ? .  440 

Froment  et  Velluz.  L’état  par¬ 
kinsonien  ne  serait-il  pas  généra¬ 
teur  d’acidose  ? .  434 

.Jarkowski.  Un  cas  d’aphasie 
motrice.  Discussion  :  MM.  Sou¬ 
ques  Froment .  418 

.Noioa  et  Baodasar  (de  Bucarest). 

Sur  un  cas  de  polynévrite  datant 

de  l’enfance .  445 

Houssy  (G.)  et  Mlle  Lévy  (G.). 
Phénomènes  de  décérébration, 
de  torsion  spasmodique  et  d’athé- 
tose.  Leurs  relations  cliniques 
et  pathogéniquos.  Discussion  : 

M.  Meigb .  432 

Hicard,  Maguenau  et  Meyer. 

Le  prolll  radiographiqiK^  verté¬ 
bral  droit  et  gauche  :  Discus¬ 
sion tA.  htm. .... .  4.2 

SicARD,  Maguenau  et  Meyer. 

Kyste  cérébral  et  lipiodol . .  421 

SiCARU,  Maguenau  et  Meyer.  Li¬ 
piodol  intraépendymaire,  sy- 
ringomyélio .  418 


MM.  Esposfl  (de  Rio  de  Janeiro),  de  Cuakne  (de  Bruxelles)  et  La 
Ruelle  (de  Bruxelles)  assistent  à  la  séance. 

M.  Esposel  remercie  la  Société  de  l’accueit  f[ui  lui  a  été  l'ait. 

Nécrologie. 

M.  le  Président  fait  part  à  la  Société  du  décés  de  M.  Oddo  (de  Mar¬ 
seille),  membre  correspondant  national  de  la  Société  de  Neurologie.  Il 
adresse  à  la  famille  de  M.  Oddo  les  plus  sincères  condoléances  de  la 
Société. 


SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  1926 


403 


Don, 

M.  Souques  a  reçu  de  M.  le  Professeur  Miura  (de  Tokio)  un  don  de 
500  francs  pour  la  Société  de  Neurologie.  La  Société  adresse  ses  plus  vifs 
remerciements  à  M.  Miura. 

Correspondance . 

M.  le  Secrétaire  Général  annonce  à  la  Société  que  M.  de  Kleijn 
(d’Utrecht),  comme  suite  aux  propositions  de  la  Réunion  neurologique 
de  192(5,  a  accepté  de  faire  l’un  des  deux  rapports  sur  les  moyens  d’explo¬ 
ration  clinique  de  l’appareil  vestibulaire  à  la  Réunion  neurologique  de  mai- 
juin  1927. 

M.  le  Secrétaire  (iénéral  annonce  que  la  Société  d’Ophtalmologie  de 
Paris  tiendra  le  2Î  novembre  192b  à  15  heures,  rue  de  Seine,  12,  une 
séance  où  sera  exposé  et  discuté  un  rapport  de  MM.  Magitot  et  Hart¬ 
mann  sur  la  cécité  corticale.  Les  membres  de  la  société  de  Neurologie 
sont  invités  à  cette  séance. 


COMMUNICATIONS  ET  PRÉSENTATIONS 


1.  —  Un  cas  d’aréflexie  généralisée,  par  M.  Maurice  Ducosté. 

Les  cas  d’aréflexie  tendineuse  généralisée  sont  très  rares  ;  peut-être 
n’a-t-on  pas  publié  d’exemple  (semblable  à  celui  que  je  présente)  où  cette 
aréflexie  se  montre  à  l’état  isolé,  sans  adjonction  d’autre  symptôme. 

Observation.  —  Homme  de  36  ans,  mère  anglaise  vivante,  bien  portante;  père 
français,  mort  accidentellement.  Une  sœur  et  quatre  frères,  sans  histoire  patholo¬ 
gique  ;  le  malade  est  jumeau  avec  l’avant-dernier. 

Brûlé  par  ypérite,  en  1918.  sur  une. grande  étendue  de  la  peau.  Guérison  sans  com¬ 
plications. 

En  1920,  premier  accès  de  mélancolie  qui  dure  6  mois  ;  accès  de  manie  un  an  plus 
tard,  second  accès  en  1921  ;  troisième  en  192.5  oi'i  il  entre  dans  mon  service  à  l’Asile 
de  Villejuif.  Guérison  au  bout  de  10  mois. 

L’-état  mental  était,  depuis  plusieurs  semaines,  très  satisfaisant,  lorsqu’un  examen 
pratiqué  au  moment  où  le  malade  allait  être  mis  on  liberté  révèle  :  1»  une  aréflexie 
tendineuse  et  périostée  totale  ; 

2°  Une  hyperexcitabilité  idio-musculaire  également  généralisée  ; 

3®  Un  réflexe  oculo-cardiaque  très  exagéré  (92-48). 

-Aucun  autre  symptôme  subjectif  ou  objectif. 

Le  malade  reçoit,  pendant  quelques  jours,  une  assez  forte  dose  d’atropine. 

Actuellement,  trois  semaines  après  ce  premier  examen,  le  R.  O.  G.,  quoiqu’encore 
un  peu  instable,  tend  à  devenir  normal  ;  l’hypcrexcitabilité  idio-musculaire,  bien  que 
toujours  nette,  diminue  chaque  jour  ;  l’aréflexie  demeure  totale. 

Elle  porte  sur  tous  les  réflexes  tendineux  et  périostés.  Peut-être  a-t-on  pu  obtenir, 
•à  deux' reprises,  à  la  suite  d’examens  répétés  par  plusieurs  observateurs,  une  ébauche 


404 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


du  réflexe  Iricipital  ù  droite,  et  une  ébauche  du  réflexe  libio-fémoral  postérieur,  égale¬ 
ment  à  droite.  La  sommation  des  excitations  tendineuses,  le  réchauffement  des  mem¬ 
bres,  le  pétrissage  des  muscles,  leur  électrisation,  no  font  pas  renaître  les  réflexes. 

La  réponse  en  bloc  du  muscle  à  l’excitation  traumatique  est  à  peine  plus  vive  qu'à 
l’état  normal  ;  par  contre,  la  contraction  localisée,  la  contraction  idio-musculaire,  est 
très  exagérée  :  on  obtient  facili'ment  des  boules  ou  des  bracelets  de  myoredème,  durs  et 
persistants.  Ce  phénomène,  s’atténue  progressivement  et  paraît  (bavoir  disparaître 
prochainement,  (hi  sorte  (]uc  ce  sujet  ne  sera  bientôt  anormal  que  par  la  seule  absence 
des  réflexcis  tendineux. 

L’exploration  du  système  nerveux  et  des  divers  appareils  reste  on  elîet  muette. 
Aucun  signe  d(ï  la  série  tabéti(|ue  ou  cérébelleuse  :  pas  de  Hornberg,  pas  d’Argyll,  pas 
do  troubles  do  la  sensibilité  subjective  ou  objective,  etc.  ;  pas  de  titubation,  de  dysmé- 
trie,  d’adiadücocinésie,  etc.  Aucun  sigm;  pyramidal  :  le  Babinski  notamment  est  nor¬ 
mal  des  deux  côtés.  Pas  de  tremblement,  de  troubles  dns  mouvements,  môme  des  plus 
précis  ;  écriture  régulière.  Pas  d’atrophie  musculaire  ;  force  intacte. 

Réflexes  cutanés  tous  normaux  ;  réflexe  pilo-moteur  très  net.  Réfhixes  de  posture 
et  do  défense  sans  modification  pathologique. 

Pupilles  régulières,  ù  réactions  parfaites. 

JJquide  céphalo-rachidien  sans  altération  :  18  au  Claude  ;  albumine  ;  0,25  ;  lympho¬ 
cytes  :  0,8  ;  Pandy,  Guillain,  Wassermann  normaux. 

Tension  artérielle  :  14-11.  Santé  générale,  excellente.  Wassermann  dans  le  sang,  pra¬ 
tiqué  à  plusieurs  reprises,  négatif.  Aucun  stigmate  d’hérédo-syphilis,  dont  les  frères  et 
la  sœur  paraiss(mt  également  indemnes. 

Pas  de  sucre  dans  les  urines. 

A  l’examen  électrique,  pas  de  I).  R.,  môme  dans  ses  formes  les  plus  légères.  Cepen¬ 
dant  M.  Bourguignon,  qui  a  bien  voulu  rechercher  les  chronaxies  de  ce  malade,  a  trouvé 
des  modifications  qui  rendent  compte  de  la  perte  des  réflexes  et  .sur  lesquelles  je  serais 
très  heureux  qu’il  voulût  bicm  nous  donner,  avec  sa  compétence  spéciahi,  quelques 
précisions  complémentaires. 


Kn  résumé,  aréflexie  généralisée,  et  si  l’on  fait  abstraction  de  l’hyper- 
excitabilité  musculaire,  qui  est  en  voie  de  disparition,  aréllexie  pure. 

Il  ne  saurait  être  question  ici  de  polynévrite,  de  tabes,  de  myopathie  ou 
de  poliomyélite. 

On  pourrait  penser  à  une  absence  congénitale  des  réflexes,  encore  que 
sa  possibilité  semble,  a  prio/i,  fort  douteuse.  On  n’en  a  d’ailleurs  jamais 
parlé  :  on  a  cependant  relevé  quelques  cas  d’absence  congénitale,  semble- 
t-il,  du  réflexe  patellaire  chez  des  hérédo-syphilitiques.  (Je  n’ai  pas  pu  exa¬ 
miner  les  réflexes  du  frère  jumeau  de  mon  malade.) 

Les  tumeurs  cérébrales  sont  parmi  les  causes  reconnues  des  aréflexies 
totales  ;  elles  agissent  sans  doute  par  l’hypertension  céphalo-rachidienne; 
les  tumeurs  cérébelleuses  par  un  mécanisme  semblable,  ou  beaucoup  plus 
complexe,  aboutissent  parfois  au  même  résultat  :  mon  sujet  n’entre  cer¬ 
tainement  pas  dans  ces  catégories  :  d’ailleurs  la  tension  de  son  liquide 
céphalo-rachidien  est  normale. 

Les  autres  faits  publiés  de  perte  de  tous  les  réflexes  tendineux,  ou  de  la 
plupart  de  ces  réflexes,  concernent  des  états  complexes  où  l’aréflexie  s’ad¬ 
joint  un  grand  nombre  de  symptômes,  absents  ici. 

Cependant,  M.  Souques  a  réuni  plusieurs  cas  d’ «  aréflexie  généralisée 
et  latente  »  ([ui,  à  première  vue,  pourraient  s’apparenter  au  fait  actuel  :  ils 
concernent  des  blessés  du  crâne,  ayant  soufl’ert,  consécutivement  à  leurs 


SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  1926 


405 


blessures,  de  méningites  plus  ou  moins  graves.  M.  Souques  a  montré  que 
la  disparition  des  réflexes  s’expliquait  par  l’extension  de  l’infection  aux 
méninges  rachidiennes  et  au  nerf  radiculaire  ;  si  cette  infection  manque, 
l’hypertension  du  liquide  c.-r.  donne  la  clef  du  prohlème.  En  outre,  fait 
capital,  ce  ne  sont  pas  seulement  les  méningites  graves,  mais  encore  les 
méningites  «  séreuses  »,  porfois  si  légères  qu’elles  passent  inaperçues, qui 
comptent  parmi  leurs  séquelles  la  perte  des  réflexes.  Mais,  dans  tous  les 
cas  de  M.  Souques,  même  dans  ceux  où  la  latence  est  le  mieux  marquée, 
on  trouve  par  la  ponction  lombaire  des  modifications  (hyperalbuminose, 
hypertension,  etc.)  qui  permettent  de  remonter  du  symptôme  à  sa  cause. 
Ces  cas  sont  donc  différents  du  mien  :  mon  malade  n’a  pas  subi  detrauma- 
cranien,  ni  de  commotion  ;  toute  méningite  paraît  absente  de  ses  antécé¬ 
dents,  le  liquide  c.-r.  est  normal. 

Peut-être  faut-il  rechercher  la  cause  de  cette  disparition  des  réflexes 
dans  la  psychose  même  dont  notre  sujet  a  subi  plusieurs  accès  depuis 
quelques  années  :  comme  le  R.  O.  C.,  les  réflexes  tendineux  sont  très  va¬ 
riables  chez  les  intermittents,  et  notamment  chez  les  maniaques  où  je  les 
ai  particulièrementrecherchés.  Il  semble,  sans  que  je  puisse  être  absolu¬ 
ment  affirmatif,  qu’au  moment  où  l’accès  guérit,  les  réflexes  s’affaiblissent 
et  parfois  disparaissent.  Le  fait  était  noté  dans  plusieurs  de  mes  observa¬ 
tions,  bien  que  la  recherche  systématique  des  réflexes,  répétée  à  inter¬ 
valles  rapprochés,  comme  il  le  faudrait  ici,  ne  soit  (on  le  comprend)  que 
rarement  effectuée  chez  ces  malades.  Le  dernier  maniaque,  entré  dans 
mon  service  et  suivi  quotidiennement  à  ce  point  de  vue,  est  resté,  au 
moment  de  sa  guérison,  24  heures  environ,  sans  réflexes  tendineux  (à  peine 
pouvait-on  obtenir  une  ébauche  du  rotulien  droit),  alors  que  les  jours  pré¬ 
cédents,  la  réflectivité  était  normale  ou  exagérée,  comme  elle  l’est  rede¬ 
venue  rapidement. 

Cependant,  si  mon  impression  première  est  confirmée,  si,  à  certains 
moments,  les  intermittents  perdent  leurs  réflexes,  l’aréflexie  particulière¬ 
ment  marquée  et  tenace  du  malade  présent  restera,  sans  doute,  un  fait 
exceptionnel. 


MM.  Dumolard,  Rebierre  et  Quellien  ont,  à  plusieurs  reprises  pen¬ 
dant  la  guerre  (voir  Reoue  neiirol .  1916-1917).  observé  chez  des  «  asthé¬ 
niques  »,  «  l’inhibition,  la  variabilité,  l'instabilité  des  réflexes  tendineux  » . 
Outre  que,  selon  la  remarque  de  M.  Souques,  il  n’apparaît  pas  que  dans 
les  états  les  plus  profonds  d’asthénie  la  réflectivité  tendineuse  soit  sensi¬ 
blement  troublée,  quelques-uns  tout  au  moins  des  malades  dont  parlent  ces 
observateurs  étaient  certainement  des  intermittents.  Je  suis  assez  porté  à 
croire  que  les  aréflexies  qu’ils  ont  signalées  sont  du  même  ordre  que  celle 
de  mon  malade  et  de  quelques  autres  intermittents  où  je  les  ai  notées. 

En  rapprochant  ces  faits,  il  n’est  peut-être  pas  illégitime  de  rattacher  à 
l’évolution  même  de  la  psychose  intermittente  des  aréflex,ies  ou  des  hypo- 
réflexies  que  rien,  par  ailleurs,  ne  saurait  expliquer. 


406 


SOCIÉTÉ  DE  NEUnOLOGIE 


II.  —  Interprétation  d’un  cas  d’aréflexie  par  l’étude  de  la 

Chronaxie  (malade  présenlc  par  M.  Ducosté),  par  M.  Georges  Bouh- 

GUJGNON. 

L’examen  électrique,  C[ue  M.  Ducosté  m’a  demandé  de  faire  de  son 
malade,  a  donné  d'intéressants  résultats,  sur  lesquels  il  me  paraît 
utile  d’insister.  Ils  permettent,  en  effet,  d’interpréter  l'aréllexie  de  ce 
malade. 

Avant  d'entrer  dans  cet  exposé,  il  est  nécessaire  que  je  rappelle  les 
notions  générales  tpii  découlent  de  mes  recherches  antérieures  sur  la 
chi'onaxie  des  systèmes  neuro-musculaires  et  sensitifs. 

J’ai  montré,  en  elfet,  ([ue,  dans  une  même  région,  les  nerfs  sensitiJ's  ont 
la  même  chronaxie  que  les  nerfs  moteurs  et  les  muscles. 

La  peau  d’une  région  est  donc  innervée  par  des  nerfs  sensitifs  de  meme 
chronaxie  que  les  muscles  ([u'elle  recouvre  ;  il  y  a  isochronisme  sensitivo- 
moteiir,  par  répion  (1). 

J’exprime  aussi  celte  lui  sous  la  forme  suivante:  tous  les  tissus  qui  com¬ 
posent  une  région  (région  antérieure  du  hras,  postérieure  du  bras, 
antérieure  de  l’avant-hras,  postérieure  de  l’avant-hras,  par  exemple  , 
depuis  l’os  jusqu’à  la  peau,  forment  un  tout  physiologique  caractérisé  par 
le  même  «temps  physiologi([ue  ». 

Je  rappelle  que  le  corjjs  est  divisé  en  moitié  antérieure  et  moitié  posté¬ 
rieure  par  un  plan  frontal.  Tout  ce  qui  est  dans  la  moitié  antérieure  a  une 
chronaxie  [)lus  petite  que  ce  cpii  est  dans  la  moitié  postérieure.  Le  rapport 
est  1/21  Dans  chaque  moitié,  tout  ce  ([ui  est  distal  a  une  chronaxie  à  peu 
près  double  de  ce  ([ui  est  proximal.  Le  front,  le  cou,  les  hras  et  les  cuisses 
sont  proximains  et  ont  la  meme  chronaxie,  de  0  a  1  pour  la  moitié  antérieure 
et  0  -7  2  pour  la  moitié  postérieure.  La  tète,  les  avant-bras  et  mains  et  les 
jambes  et  pieds  sont  distaux  et  ont  la  même  chronaxie,  de  0  '72  à  0  3  pour 
la  moitié  antérieure  et  de  0  7  .h  à  0  7  6  pour  la  moitié  postérieure.  A  la  face, 
les  releveurs  des  traits  correspondent  aux  muscles  postérieurs  de  l’avant- 
hras  et  des  mains  (0  7  5  à  0  7  (5)  et  les  ahaisseurs  des  traits  (facial  inférieur 
-|  sourcilier)  correspondent  aux  muscles  antérieurs  de  l’avant-bras  et  la 
main  et  ont  la  même  chronaxie  qu’eux  (ü  7  2  à  0  7  3.) 

Je  fais  remarquer,  une  fois  de  plus,  que  la  distribution  de  la  chronaxie 
n’est  ni  radiculaire,  ni  périphérique,  mais  régionale  et  fonctionnelle. 

Cet  isochronisme  sensitivo-moteur  permet  de  comprendre  la  localisation 
des  réflexes. 

Un  réflexe  met  loiijoiirs  en  jeu  un  nerf  sensitif  et  un  système  neuro-muscu¬ 
laire  de  même  chronaxie. 

Cela  ne  veut  pas  dire  qu’il  y  a  réflexe  partout  où  existe  cet  isochronisme, 
mais  cela  veut  dire  (|u’il  n'y  a  pas  de  réflexe  sans  cet  isochronisme. 

L’isochronisme  sensitivo-moteur  est  une  condition  indispensable  de 

(1)  UiiOROUH  BoiiiiiajiiiNON.  1,11  fhnjnnxie.  chez  l'homme,  p.  202.  —  G.  Dourouig.non 
et  .\.  liAuovua.  Acad,  des  Sciences,  19  (iéccinbrc  1921. 


SÉANCE  DU  i  NOVEMBRE  192G 


407 


l’exislence  d’un  réflexe  ;  il  ne  constitue  pas  tout  le  déterminisme  du  réflexe 
puisqu’il  peut  exister  sans  qu’il  y  ait  un  réflexe  correspondant. 

J’ai  étudié  spécialement  à  ce  point  de  vue,  dans  les  travaux  que  j’ai  cités 
plus  haut,  deux  réflexes,  le  réflexe  radio-périosté  et  le  réflexe  palmo- 
mentonnierde  Marinesco  et  Radovici.  J’ai  vu,  depuis,  que  la  loi  est  géné¬ 
rale  et  se  retrouve  pour  les  réflexes  rotulien  et  achilléen  en  particu¬ 
lier. 

Pour  le  réflexe  radio-périosté,  la  chronaxie  de  biceps  et  du  long  supi¬ 
nateur  est  de  0(j  1.  Or,  à  l’union  du  long  supinateur  et  de  son  tendon, 
on  trouve  un  point  où  l’excitation  électrique  détermine  une  sensation  de 
fourmillement  profond,  qui  descend  tout  le  long  du  tendon  du  long  supi¬ 
nateur  et  s’arrête  net  à  la  région  de  la  styloide  radiale,  au  niveau  des 
insertions  du  long  supinateur:  c’est  évidemment  le  filet  sensitif  qui  innerve 
le  périoste  et  le  tendon  au  niveau  de  la  styloide  radiale,  c'est-à-dire  la 
région  qu’on  percute  pour  provoquer  le  réflexe  radio-périosté,  qui  met  en 
jeu  le  biceps  et  le  long  supinateur.  Ce  filet  sensitif  a  une  chronaxie  égale 
à  celle  de  ces  deux  muscles,  soit  Osl. 

Ce  réflexe  palmo  mentonnier  qui  consiste  en  une  contraction  des  muscles 
du  menton  par  excitation  de  la  peau  de  l'éminence  tbénar,  met  encore 
en  jeu  des  neurones  de  même  chronaxie  ;  mais  cette  fois  avec  une  série 
de  neurones  interposés  entre  le  neurone  sensitif  excité  et  le  neurone 
moteur  qui  répond.  Les  filets  sensitifs  du  médian  ont  une  chronaxie  de 
0''^  3,  Égale  à  celle  des  filets  moteurs  du  même  nerf  ainsi  qu’à  ceux  du 
cubital. 

I-es  chronaxies  sont  les  mêmes,  pour  tous  les  segments  distaux.  Or, 
d’après  ce  que  j’ai  dit  plus  haut,  la  face  est  un  segment  distal  et,  à  la  face, 
le  facial  inférieur,  qui  innerve  les  abaisseurs  des  traits,  est  l’homologue 
du  médian  et  du  cubital,  alors  que  les  nerfs  des  releveurs  des  traits  sont 
l’homologue  du  radial.  Le  facial  inférieur  a  donc  la  môme  chronaxie,  de 
0  5  3,  que  le  médian  et  le  cubital,  dont  les  filets  moteurs  et  sensitifs  sont 
isochrones. 

Défait,  dans  le  réflexe  palmo-mentonnier,  on  observe  le  plus  souvent, 
en  même  temps  que  la  contraction  des  muscles  du  menton,  une  contrac¬ 
tion  de  l’éminence  hypoténar. 

Voilà  donc  encore  l'excitation  de  filets  sensitifs  de  0  o  3  de  chronaxie 
qui  provoque  une  réponse  réflexe  dans  des  muscles  de  même  chronaxie, 
les  uns  (domaine  du  cuMtal)  en  rapport  direct  avec  les  nerfs  sensitifs, 
excités  les  autres  (domaines  du  facial)  en  rapport  avec  ces  mêmes  nerfs 
par  une  série  de  neurones  interposés. 

En  pathologie,  lorsqu’un  réflexe  normal  est  supprimé,  j’ai  toujours 
trouvé  des  variations  de  chronaxie  telles  que  l’isochronisme  sensitivo- 
inoteur  est  détruit,  que  la  variation  porte  seulement  sur  le  système  moteur 
<5u  seulement  sur  le  système  sensitif  ou  sur  les  deux  à  la  fois. 

Ces  faits,  qu’il  était  nécessaire  de  rappeler,  étant  acquis,  voyons  com¬ 
blent  se  comportent  les  réactions  électriques  de  notre  malade. 

D’abord,  dans  aucun  muscle,  ni  aux  membres  supérieurs,  ni  aux 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


4(H 

membres  inférieurs,  on  ne  trouve  de  modifications  importantes  des  réac¬ 
tions  électriques,  c’est-à-dire  qu’on  ne  trouve  aucune  modification  de  la 
contraction  qui  est  partout  normalement  vive  ni  aucune  très  grande  chro- 
naxie  ;  il  n’y  a  donc  pas  de  réaction  de  dégénérescence  au  sens  classi¬ 
que  du  mot,  c'est-à-dire  qu’il  n’y  a  aucune  lésion  importante  des  neu¬ 
rones  moteurs  périphériques. 

Ce  qu’on  trouve  chez  notre  malade,  c’est,  à  tous  les  segments  que  j’ai 
examinés,  de  petites  modifications  de  la  chronaxie  de  distribution  irré¬ 
gulière.  Je  n’ai  pas  eu  le  malade  à  ma  disposition  un  temps  suffisant 
pour  passer  en  revue  tous  les  segments  de  ses  membres,  mais  j'ai  pu  étu¬ 
dier  le  réflexe  olécranien,  au  point  de  vue  de  la  chronaxie  motrice,  et  les 
réflexes  rotuliens  etachilléens  au  point  de  vue  moteur  et  au  point  de  vue 
sensitif.  Voici  les  résultats  de  cet  examen  (les  chronaxies  anormales  sont 
soulignées)  : 


Réflexe 

Muscle 

Chronaxie 

Nerf  sensitif 

Chronaxie 

Chronaxies 

normales 

Olécranien 

Vaste  externe 

gauche. 

du  lricep.s 

l_r 

0  20  à 

Rotulien 

Vaste  interne 

0  36 

des  quadriceps 

0  ■>  3G 

Nerf  crural 

0  T  v> 

0  »  10  à 

(Fourmillements 

0  16 

jusqu’au  ge¬ 

Achilléen 

.Jumeau 

nou). 

interne 

0  04. 

N  -rf  sciatique 

poplité  interne 

0  T  28 

(fourmillements 

1 

1  0  T  44  à 

tion  du  tendon 

Achillécn 

Jumeau 

d’Achille). 

1 

0  »  72 

gauche. 

0  T  5G 

i(i. 

0  T  32 

i 

1 

En  dehors  des  muscles  en  jeu  dans  ces  réflexes,  j’ai  encore  examiné  le 
couturier  droit  et  je  lui  ai  trouvé  aussi  une  chronaxie  un  peu  augmentée 
(0  1  .‘Ifi),  de  même  valeur  que  celle  des  quadriceps. 

Ainsi,  chez  ce  malade,  nous  trouvons  tantôt  la  chronaxie  du  muscle 
normale,  mais  la  chronaxie  sensitive  correspondante  diminuée  (1/2  de  la 
normale,  cas  du  réflexe  achilléen  des  2  côtés),  tantôt  la  chronaxie  sensitive 
normale,  mais  la  chronaxie  motrice  augmentée  (cas  du  réflexe  rotulien  et 
du  réflexe  olécranien). 

Partout  nous  trouvons  donc  la  rupture  de  l’isochronisme  sensitivo-moteur 
normal.  Cette  rupture  de  l’isochronisme  suffit  à  expliquer  l’aréflexie. 

Comment  alors  interpréter  ces  variatipns  de  chronaxie,  dont  l’existence 
nous  rend  compte  de  l’absence  des  réflexes  ? 

Remar(|Uons  tout  d’abord  que  ce  sont  des  variations  légères  de  l’ordre 
de  grandeur  de  celles  qu’on  trouve  dans  les  répercussions,  et  dans  les 
variations  expérimentales  telles  qu’en  peuvent  provoquer  le  refroidisse- 


SÉANCE  DU  1  NOVEMBRE 


409 


ment,  l’hyperpnée,  la  suspension  de  la  circulation,  etc.,  et  que  j’ai  étudiées 
xlans  mon  livre  et  ailleurs. 

En  second  lieu,  la  distribution  de  ces  variations  est  essentiellement 
irrégulière  On  trouve  en  effet,  à  côté  de  muscles  normaux,  des  muscles  à 
chronaxie  augmentée,  sans  aucune  distribution  systématique  radiculaire 
ou  périphérique  ;  au  contraire,  on  en  trouve  d’altérés  un  peu  à  tous  les  seg- 
nients  des  membres  ;  il  en  est  de  même  pour  les  modifications  de  la  chro¬ 
naxie  sensitive. 

Ces  considérations  nous  permettent  de  proposer  une  interprétation  de 
ces  troubles. 

Il  est  difficile  d’admettre,  avec  une  diffusion  et  une  irrégularité  aussi 
grande,  une  lésion  quelconque  du  système  nerveux. 

Par  contre,  si  nous  rapprochons  ces  faits  de  ceux  que  j’ai  observés  dans 
l'es  expériences  que  je  rappelle  plus  haut,  une  hypothèse  plausible  s’offre  à 
l’esprit. 

Mes  expériences  sur  la  tétanie  expérimentale  par  hyperpnée  avec  J.  B. 
S.  Haldane  (1)  d’une  part,  avec  Turpin  et  Guillaumin  (2)  d’autre  part, 
établissent  que  des  modifications  humorales  (modifications  du  Ph.  et 
de  l'équilibre  acides-bases  du  plasma  sanguin)  sont  à  elles  seules  capables 
de  provoquer  des  variations  de  la  chronaxie  (jui  accompagnent  d’im¬ 
portants  troubles  de  la  motilité  et  des  réflexes  ;  Je  me  borne  à  rappe¬ 
ler  les  contractures  tétani([ues  typiques  que  provoque  rhy])erpnée  chez 
un  sujet  sain. 

Il  me  paraît  donc  logique  de  penser  que,  chez  certains  malades  atteints 
de  maladies  mentales,  comme  le  nôtre,  il  peut,  dans  des  conditions  à 
rechercher,  se  produire  des  modifications  humorales.  Ces  modifications 
Humorales  suffisent  à  modifier  les  chronaxies,  et  les  variations  de  la  chro¬ 
naxie  rendent  compte  de  l’aréffexie. 

Nous  ne  pouvons,  actuellement,  donner  cette  interprétatoin  (|ue  comme 
Une  hypothèse  ;  cette  hypothèse  a  le  double  avantage  de  nous  donner,  au 
moins  provisoirement,  l’explication  d’aréflexies  que  rien  ne  peut  expli¬ 
quer  par  ailleurs,  et  d’être  expérimentalement  vérifiable  :  il  faudrait  étu- 
<lier  maintenant  .systématicpiement  des  malades  semblables  à  celui  ([ue 
présente  M.  Ducosté  au  double  point  de  vue  électro-physiologique  et 
chimique  :  c’est  un  travail  (|ue  j’espère  pouvoir  faire. 

Je  remercie  M.  Ducosté  de  m’avoir  donné  l’occasion  de  vérifier  chez 
son  malade  les  lois  des  réflexes  que  j’ai  données,  et  de  poser  un  problème 
intéressant  à  la  fois  au  point  de  vue  de  la  physiologie  générale,  de  la  neu¬ 
rologie  et  de  la  médecine  mentale. 


(1)  G.  Bourguignon  ot  J.  B.  S.  IIaldank.  Evolution  do  lu  chronaxie  au  cours 
.  <le  la  crise  do  tétanie  expérimontalo  par  hyperpnée  volontaire  chez  l’homme. 

Acad.  de.s  sciences,  t.  CLXXX,  p.  321,  29  janvier  1925. 

(2)  G.  Bourguignon,  H.  Turpin  et  Th.  O.  Guillaumin.  Variations  parallèle.s 
'le  la  chronaxie  et  des  caractères  physico-chimiques  du  plasma  sanguin  au  cours 
'Je  la  crise  par  hypi^pnée  volontaire  chez  l’homme.  Sac.  ci  Biologie,  t.  XCII, 
P.  701,  14  mars  1925. 


BEVDE  NEUROLOGIQDE.  —  T 


rî  1920. 


27 


fiOCIÊTf:  DE  yEVnOLOGIIi 


III.  —  Fixité  du  regard  par  hypertonie,  prédominant  dans  le  sens 
vertical,  avec  conservation  des  mouvements  automatico- réflexes, 
aspect  spécial  de  syndrome  de  Parinaud  par  hypertonie  asso¬ 
ciée  à  un  syndrome  extrapyramidal  avec  troubles  pseudo¬ 
bulbaires,  par  Th.  Ai.a.ioi  anink,  P.  Delaiontaine  et  J.  Lacan. 

Les  troubles  des  mouvements  oculaires  d’ordre  hypertonique  ne  sont 
pas  moins  importants  que  les  troubles  paralytiques.  Leur  sémiologie  et 
surtout  leur  physiologie  pathologique  comportent  cependant  bien  des 
obscurités.  Aussi  nous  a-t-il  paru  digne  d’intérêt  de  présenter  à  la  société 
un  malade  dont  la  lixité  du  regard  est  absolue  pour  les  mouvements 
volontaires  de  verticalité  et  de  convergence,  donnant  dès  l’abord  l’aspect 
d’un  syndrome  de  Parinaud  ;  des  troubles  plus  légers  des  mouvements  de 
latéralité  coexistent,  chez  lui,  avec  l’impossibilité  des  mouvements  verti¬ 
caux.  L’étude  des  synergies  entre  les  mouvements  de  la  tète  et  des  yeux 
permet  de  se  rendre  compte  que  les  mouvements  aulnmatico-réflexes  sont 
restés  normaux,  c[ue  dans  certaines  conditions  ainsi  créées  par  le  jeu  de 
ces  synergies,  des  mouvements  volontaires,  impossibles  autrement, 
peuvent  être  mis  en  évidence  ;  l’ensemble  de  cette  étude  suggère  l’idée 
d’un  trouble  tonique  simple  en  l’absence  de  tout  phénomène  paralytique 
et  permet  ainsi  de  distinguer  ces  laits  des  paralysies  de  fonction  cla.s- 
sique. 

D’ailleurs  le  trouble  des  mouvements  oculaires  coexiste  chez  notre 
malade  avec  des  troubles  importants  de  la  motilité  générale  réali.sant  un 
syndrome  extra-pyramidal  très  spécial  avec  troubles  pseudo-bulbaires. 
Leur  étude  est  également  très  suggestive,  tant  en  elle-même  que  par  leur 
association  et  leur  parallélisme  avec  le  trouble  des  mouvements  ocu¬ 
laires. 

M.  V...,  (j5  ans,  est  entré  la  27  aoOt  1!)2()  à  la  .SalpCtriéra,  dans  la  sarvice  da  M.  la 
D'  Grouzon,  qna  l’an  da  nous  avait  l’honneur  da  ramplacar  pendant  las  vucancas  at 
que  nous  rcniarcions  da  nous  avoir  permis  d’étudiar  ce  cas. 

Au  premier  aspecl,  l’attention  est  attirée  pur  le  faciès  ligé  du  maiada-,  la  lixité  de 
son  regard,  la  déviation  da  la  tête  à  droite,  et  un  troubla  respiratoire  assez  particidier 
qui  consiste,  en  un  gonfli-ment  des  jones  à  chaque  expiration.  L(‘  malade  est  dans  une 
attitude  sondée  et  l’exploration  des  avant-bras  qu’il  tient  fléchis  sur  les  bras,  midaussi- 
1 1  en  évidonc(;  une  hypertonie  musculaire  considérable  beaucoup  plus  marquée  ù 
gaucho. 

Le  dc/jut  des  trouilles  est  dilllcilo  à  préciser  iJ’aprés  le  malade,  ils  seraient  apparus 
brusquement,  au  retour  d’une  promenade  à  bicyclette  (20  é  25  kilomètres  à  l’aller) 
qui  se  passe  d’abord  sans  incidents  et  au  cours  de  laquelle  il  fait  do  nombreuses 
ebutes  au  retour.  En  réalité,  des  trmdjles  légers  de  la  marche  semblent  avoir  précédé  cet 
incident,  troubles  de  même  caractère  que  ceux  (jui  se  sont  installés  ensuite  sur  un  mode 
pi  ogressif  qu’on  a  pu  apprécier  d’un  e.xamen  à  i’autre,  durant  son  sé.iour  à.  l’hôpital. 
Ces  symptômes  consistent  : 

En  troubles  de  l’éipiilibre  avec  chutes,  plus  fréquentes  vers  la  droite,  durant  la 
marche  ;  . 

En  raideurs  musculaires,  particulièrement  dans  les  deux  membres  du  côté  gauche, 
s’exagérant  durant  la  marche  ; 

En  gêne  île  la  vue,  du  la  parole,  de  la  déglutition. 


SÉANCE  ne  i  NOVEMBRE  1920 


Cl)  Un  syndrome  d'Iiyperlonie  à  type  e.vlra-pyramidal  prédominant  du 
côté  gauche  du  corps  est  décelé  par  l’examen  des  membres  supérieurs  et 
inférieurs. 

Membres  supérieurs.  —  Lu  malaiJc  étant  assis  sur  son  lit,  les  mouvements  passifs 
imprimés  à  son  avant-liras,  situé  en  position  intermédiaire  entre  !a  pronntion  et  la 
supination,  sembOmt  ne  montrer  d’hypertonie  qu’à  gauche.  Cette  hypertonie  do  carac¬ 
tère  cireux  prédomine  sur  les  muscles  fléchisseurs  et  extenseurs  de  l’avant-bras  sur 
te  bras,  alors  que  les  groupes  moteurs  du  poignet  et  aussi  ceux  de  la  racine  du  membre 
sont  peu  touchés. 

Une  épreuve  permet  de  l’exagérer  du  côté  gauche,  de  la  mettre  en  é\  idence  du 
côté  droil.  C’est  le  mouvement  passif  de  supination  forcée  imprimé  à  l’avant-liras  du 
malade.  Ce  mouvement  déclenche  en  effet  à  gauche  une  contraction  persistante  du 
long  supinateur.  Un  état  d’hypertonie,  paroxystique  s’oppose  alors  aux  mouvements  do 
flexion  et  d’extension  qu’on  tente  d’imprimer  à  l’avant-bras  du  malade.  Enfin  à  cha¬ 
que  variation  obtenue  dans  la  flexion  de,  l’avant-bras,  répond  un  réflexe  postural  du 
biceps'  trçs  exagéré  en  intensité  et  en  durée.  Change-t-on  au  contraire  la  position  de 
l’avant-bras  en  pronation  forcée,  qu’aussitôt  l’hypertonie  disparaît  et  que  les  mouve¬ 
ments  alternatifs  d’extension  et  de  flexion  de,  l’avant-hras  sur  le  bras  sont  imprimés 
sans  résistance  au  moins  sur  une  course  moyenne,  l’excursion  complète  du  mouvement 
d’extension  remettant  en  contraction  persistante  le  long  supinateur.  Les  réflexes  toniques 
correspondant  aux  diverses  postures  du  biceps  sont  moins  intenses  dans  cette  position. 
Ces  modifications  du  tonus  musculaire  et  des  réflexes  de  po.sture,  se  retrouvent  au  niveau 
du  membre  supérieur  droit,  mais  à  un  degré  moindre.  Dans  les  deux  cas  elles  repré¬ 
sentent  l’exfigéralion  pathologique  d’un  phénomène  normal. 

L’hypertonie  du  membre  supérieur  gauche  est  accrue  dans  la  station  debout.  Le 
bras  est  alors  légèrement  porté  im  arrière,  l’avant-bras  fléehi  à  angle  droil.  les  muscles 
de  l’avant-bras  en  état  de  contracture  crampoi'de.  Cotte  station  debout  ainsi  que  cer¬ 
tains  mouvements  volontaires  provoquent  une  attitude  catatonique  curieuse  du  petit 
doigt  qui  reste  fixé  en  extimsion  et alaiuction,  tandis  que  les  autres  doigts  demi-fléchis 
sur  la  paume  s’opposent  au  pouce.  De  même  dans  la  station  debout,  on  peut  mettre 
en  évidence  un  certain  degré  il’hypertonie  au  niveau  du  membre  supérieur  droit. 

fous  his  mouvements  actifs  au  niveau  des  membres  supérieurs  sont  possibles,  mais  ils 
sont  très  lents. 

On  pedt  remarquer  un  très  petit  tremblement  au  niveau  des  membres  supérieurs. 

Membres  inférieurs.  —  Le  malade,  étant  couché,  les  mouvements  passifs  imprimés 
hux  membres  inférieurs  permettent  de  déceler  une  hypi'rtonie  du  membre  inférieur 
Sauehe,  localisée  comme  au  membre  supérieur  sur  certains  groupes  musculaires;  ici, 
ceux  de  l’extension  et  de  la  flexion  tant  de  la  cuisse  et  de  la  jambe  que  du  pied,  à 
l’exclusion  des  muscles,  de  l’abduction  et  de  l’adduction. 

De  façon  analogue  aux  mouvements  de  prosupination  aux  membres  supérieurs,  le 
■  niouvement  d’extension  de  la  Jambe  provoque  ici  un  paroxysme  d’hypertonie  tandis 
que  la  flexion  la  fait  presque  disparaître.  Le  réflexe  de  postur-e  du  jnmbier  antérieur 
normal  à  droite  est  très  exagéré  en  intensité  et  en  durée  à  gauche.  Il  en  est  de  même 
pour  le  réflexe  postural  des  muscles  fléchissrmrs  de  la  Jambe  sur  la  cuisse. 

Le  malade  étant  assis,  on  obtient  à  gauche  par  la  percussion  du  tendon  rotulien  une 
véritable  persévération  du  mouvement  d’rrxtension  provoqué  par  le  r-éflexc,  la 
jambe  reste  suspendue  au-dessus  du  sol.  Jusqu’à  ce  que  la  remarque  en  étant  faite  au 
nialade,  il  l’y  ramène  volontairement. 

C’est  dans  la  marche  et  la  station  debout  que  l’hypertonie  du  membre  inférieur  gauche 

manifeste  le  plus  intensément. 

Ces  conlractures  à  type  crampoïde  surviennent  en  effet  principalement  au  niveau 
ôes  muscles  de  la  Jambe.  Elles  se  traduisent  à  l’inspection  du  pied  gaucho  par  une 
griffe,  dos  orteils,  et  un  léger  degré  de  varus  du  pied,  à  lu  palpation,  par  une  dureté 
«strômo  des  muscles  postérieurs  do  la  Jambe,  subjectivement  pur  de  la  douleur,  fonc¬ 
tionnellement  par  leur  persévération  souvent  prolongée  qui  suspend  la  marche  en  fixant 


412 


SOCIÉTÉ  DU  MCCItOl.OCIÉ 


le  iiiiiludi^  liiuis  iiiirsliilidri  |i;ii'l,i(:iili('i'(‘ que  nous  ülldiis  |ir’dcis('r.  Lcpii'il  ffuijclic, l'n  c.lïol; 
dCCM|)d  alors  imr  posil.lon  l.onjonrs  posLoririirr  à  ci’llr.  iln  pied  droil,.  Il  ri‘pos(^  sur  lu  sol 
|iar  Ir  lalon  unlrrirnr  ri  1rs  orlidls  oonlraclrs  (Ui  ifrilîr,  l(^  l.alon  |)dslrrirnr  rsL  Irijèrc- 
nirnl.  soul(^\-r. (IrUc  ]idsil,idii  posi.rririirr  du  pird  jraiiclir  priil  provoqurr  à  rllo  srnlr  la 
cdidraclion  orainpoïdr.  C.’r.sl,  ainsi  qnr  la  cranqir  pruL  survenir  sponlan(!m(ml  [umdaiit 
la  niarrlir,  la  raidrni' dn  inrinhrr  inférlrur  fianohr  l.rndanl  à  lui  l'airr  occuper  collo 
posiijon  duraiU  les  nioiivi'inenls.  La  crampe  snrvicnL  ainsi  iid'aillilileinent  par  ce 
inér.anisine  si  l’on  coinmaniu'  au  niaiaue.  ne  virer  vers  la  droilo.  Il  rcsli^  alors  fixé  à 
demi  viré,  dans  le.  smis  indicpié  ;  son  memlire  infcritair  fiauclie  porl,é  en  arrière  de 
l’anlre  semlile  1(^  lixcr  au  sol  eL  il  peut  persister  fort  lonqtiuups  dans  celle.  ])osilion. 
De  mènu?  on  ])eul  ])rovo(]ner  la  crampe,  sur  le  malade  inimoliil(!  en  slalion  detiout 
rien  qu’en  jiorlanl  son  ]iied  francium  sur  un  invean  poslérieur  à  son  pied  droil.  On  pe.ut 
la  faire  cesser  en  oldenanl  du  malade  le  niouvemeid,  de  reporler  son  pied  en  avanl.  Si 
on  le  lui  avance  passivemenl,  la  cramp(‘  persisle  en  général  el  le  malad(^  r(q)rend  sa 
posilion  par  un  pelil  pas  en  avanl  du  pied  droil. 

Duranl  la  craitqup  l’éiireuve  di;  la  poussée  donne  uru^  conlraclion  du  jamhier  anlé- 
ri(uir  à  droile,  el  aucune  à  fîauche.  ynan<l  la  craitqu^  a  c(rssé,  la  même  é|)reuv(!  donne 
une  conlraclion  du  jamhier  anlérieiir  à  qauelie.  mais  de  caraclère  moins  franchement 
anlomalifpie  (pi’à  droile,  avec  un  leitq)s  perdu  plus  lonpq  plus  lenl  el  comme  englué. 

Inve.rse.meid,  on  peut  ohUmir  la  disparition  conqdèU^  de  l'hyperlonie  des  muscles  do  la 
Jamlie  fjauclie,  sur  le,  malade  dehoiil  rejuisanl  sur  h^  sol  jiar  le  pied  droil  et  soutenu  par 
les  bras,  en  fléchissant  celle-ci  sur  la  cuisse.  ..Vprès  (pielqnes  mnnvemenls  d(!  flexion  cl 
d’e.xlension  du  |iied  sur  la  jambe  oii  se  marque  encore  de  la  raideur,  on  obliimt  la  réso¬ 
lution  de  Ionie  résistance  dans  les  pronpes  musculaires  de  la  liliio-tarsienne. 

ÉquiUhn;  cl  sialique.  —  Les  troubles  de,  l’équilibre  sont  marqués.  Dans  la  slalion 
ilebüul,  la  tendance,  est  nette  à  la  chuL^  en  arrière.  Elh\  s’accentue  pendant  la  marche. 
Celle-ci  se  fait  à  pelils  pas,  dans  une  allilnde  soudée  du  tronc,  sans  balancement  des 
m(unbres  supérieurs,  et  l’accenlnation  île  la  contracture  an  rnvean  de  ceux-ci  met  l’a¬ 
vant-bras  en  flexion  en  même  tenqis  qu’apjiarait  la  contracture  si  particulière  au 
invean  du  pidit  doiqt  en  extension  abduction. 

La  marche  se  produit  avec  un  caractère  aulomalique  très  maripié.  La  raideur  ou 
un  état  de  crampe  la  rendant  dillicile  ou  impossible  d’abord,  l’hyperlonie  semble  sou- 
ilain  cesser,  el  alors,  dit  le  malade,  «  une  lois  parti,  ce, la  va  tout  seul  ». 

Le  mouvement  de  s’asseoir  montre  an  plus  haut  |ioint  les  contractures  ipie  peuvent 
provoquer  certains  mouvements  vidontaires  sialiques,  la  lenteur  extrême  des  mouve¬ 
ments,  les  tendances  catatoniipies  secondaires  aux  raideurs  et  leur  relation  avec  les 
troubles  de  l’équilibre.  Le,  malade  llechissant  les  jambes  reste  presque  indélini- 
ment  suspendu  au-dessus  de,  son  sièee,  puis  d  s  v  Tinsse  tomber,  soudé  en  un  seul  bloc. 

Les  ré/lexes  tendineux  des  membres  supérieurs  :  réflexes  do  l’omoplule,  oléocranien, 
cubital,  stylo-radial,  radio-pronateiir,  sont  normaux,  peut-être  un  peu  plus  vifs  à 
gauche.  Aux  membres  inférieurs;  les  réflexes  rotiilien,  achilléen,  médio-plantaire,  sont 
plus  vifs  à  gauche.  Nous  avons  signalé  le  phénomène,  de  persévération  de  l'extension  do' 
la  jambe  obtenu  juir  iierciission  du  tendon  rotulien.  Le  réflexe  cutané  plantaire  est  en 
flexion  des  deux  côtés.  .Sa  recherche  donne  lieu  à  la  contraction  du  jarnbier  antérieur. 
Les  réflexes  cutanés  abdominaux  supérieur  et  inférieur  sont  normaux.  Le  ^■éflcxo 
crémastérien  est  normal. 

La  sciisibililc  à  la  piqûre,  au  tact,  au  pincement,  à  la  douleur,  au  chaud  el  au  froid 
est  normale.  Aucun  trouble  de  la  stôrôognosie. 

Il  n’y  a  pas  de  dysmélrie,  mais  de  la  lenteur  des  mouvemenls  alternatifs,  par  suite 
de  la  contracture,  . 

Examen  de  la  face.  —  L’inspection  de  la  face,  montre  le  tic  respiratoire  que  nous  avons 
déjà  indiqué,  et,  qui  gonfle  et  déprime  alternativement  les  joues  fi.ve.c  l’expiration  et 
l’inspiration.  La  fixité  des  traits  à  expression  indilTérente  est  rernarqiiablo  ;  la  fixité 
(lu  regard  en  accentue  encore  le  caractère.  Le  sillon  naso-génien  est  plus  marqué  à 
gaucho,  les  rides  frontales  bien  marquées  à  droite  où  elles  se  recourbent  en  suivant  la 
convexité  du  contour  du  sourcil,  sont  moins  profondes  el  sont  horizontales  à  gaucho. 


f^ÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  1026 


113 


Lfts  mouvomf>nl.s  (1(>  la  fiica  tradiiiscnl  un  élat  hypcrtoniqup  (In  tous  los  musclas, 
mêle  à  qmdqucs  plu'momùnps  |)anHiqucs  du  cùt6  fïauche.  Les  contractions  du  frontal  ne 
font  (pi’accenluerla  différence  d’aspect  quenous  avons  signalée  dans  les  rides  à  droite  et 
O  gauche.  Los  inouvenuuits  il’ouverture  et  d’occlusion  des  paupières  paraissent  nor¬ 
maux  et  se  font  sans  pcu'sévération.  Pourtant  le  sourcil  ga\iclie  reste  immobile  et  n’y 
participe  pas.  T.’occlusion  piud.  se  faire  des  deux  côtés  avec  force.  Pourtant  le  simple 
abaissement  d(!  la  paupière  tend  à  laisser  à  découvert  à  gauche  une  partie  du  globe 
oculaire,  (d  la  résistance  di>  cette  paupière  semble  moindre  que  du  côté  opposé  aux 
lentatives  de  relèvement  (h;  la  paupière  close  avec  force.  Le  facial  supérieur  du  côté 
Sauclle  ne  serait  <lonc  pas  indemne. 

Le  sourire  du  malade  marque  hî  mieux  l’hypertonie  de  tous  les  muscles  île  la  face. 
Tous  les  traits  s’accentuent  forternenl.  la  palpation  fait  percevoir  la  dureté  des 
muscles  contractés,  dette  attitud.e  mimique  enfin  tend  à  persévérer  ;  .jusqu’à  une 
demi-minute  après  qu’on  ait  prié  le  malade  de  revenir  à  une  expression  plus  grave. 
Les  épreuves  du  silller,  du  souiller  qui  sont  peu  démonstratives  au  point  de  vue  de 
l’état  dns  muscles,  ont  semblé  montrer  quelquefois  un  véritable  phénomène  de  pali- 
Praxie  (?)  :  le  malade  répétant  plusieurs  fois  le  même  acte  alors  qu’on  lui  a  déjà  ordonné 
de  faire  un  autreexersice.  Entin  les  contracl ionsdu  peaucier  du  cou,  normales  à  droite, 
ne  sont  pas  vues  à  gauche.  Les  réflexes  mentonnieret  massétérin  donnent  une  réponse 
vive  non  polycinétique.  Le  réflexe  naso-palpébral  se  diffuse  en  outre  aux  muscles  de 
Inface,  surtout  an  zygomatique  et  aux  muscles  masticateurs. 

Posilion  de  la  lèle  el  niiisclen  du  cuu.  —  Le  malade  garde  habituellement  la  tète  tour¬ 
née  légèrement  vers  la  droite,  dette  |)osition  maripiée  dans  la  sl^ation  deboul,  semble 
s’accentuer  quand  le  malade  est  assis,  l.e  cou  du  malade  est  porté  en  avant,  le  dos 
vofité  ;  un  certain  degré  d’atrophie  des  trapèzes  se  marque  à  simple.  ins]iectio'n.  La 
Pnipation  y  décèle  un  certain  degré  de  raideur.  De  même  on  ])eut  sentir  le  sternocléido- 
niastoïdien  droit  contracturé.  La  force  musculaii’e  est  diminuée  dans  les  deux  trapèzes 
ot  les  deux  sterno.  Le  malade  ne  peut  hausser  l’épaule  gaucho.  La  recherche,  du  réflexe 
postural  du  muscle  trapèze  ])ar  écartement  du  bras  par  rapport  au  tronc,  fait  entrer 
l’un  comme  l’autre  muscle  en  état  de  contraction  à  type  myotonique  persistant  extrê- 
fnoment  longtemps.  Si  l’on  tourne  la  tète  du  malade  vers  la  gauche,  on  obtient  égale- 
uient  une  contraction  prolongée  dn  chef  claviculaire  du  sterno-cléido-mastoïdien. 

Bhine.i  pneudo-hulhaires.  —  Nous  avons  signalé  le  tic  respiratoire  de  ce  malade,  la 
lenteur  extrême  de  sa  parole  ;  il  ne  présente  pas  do  rire  ni  de,  pleurer  spasmodique.  Mais 
lu  moindre  déglutition  de  liquide  entraîne  chez  lui  une  toux  prolongée,  comme  chez  un 
pseudo-bulbaire.  Pourtant  le  réflexe  du  voile  est  conservé  ;  il  en  est  do  même  pour  le 
réflexe  pharyngé. 

Bfiiiehisme.  -A  part  la  lenteur  de  l’idéation,  le  psychisme  du  malade  semble  assez 
bormal.  Son  jugement  est  juste.  Il  est  orienté.  II  montre  un  bon  sens  qui  n’est  pas 
^àns  faveur,  manifeste  un  caractère  bienveillant,  une  affectivité  normale,  une  juste 
luquiétude  des  inlérêl.s  des  siens. 

b)  Des  Inmhles  de  la  molililé  oculaire.  —  Nous  en  arrivons  enfin  aux 
troubles  de  la  motilité  oculaire  sur  lesquels  nous  attirons  l’attention. 

Liés  le  premier  aspect,  nous  avons  été  fra|)pés  par  la  fixité  du  regard  du  malade,  dirigé 
presque  constammetd,  au  repos  eu  faee  de  lui,  c’est-à-dire  légèrement  à  droite,  [misque 
là  tête  est  constamment  tournée  à  quelques  degrés  de  ce  côté. 

Sans  modifier  la  position  de  la  tête,  on  recherche  l’existence  des  mouvements  volon¬ 
taires  associés  des  deux  yeux  et  pour  chaque  leil  isolémeni,  dansie  sens  vertical  et  dans 
là  latéralité.  On  constate.  : 

I)  L’impossibilité  absolue,  des  mouvements  volontaires  dans  le  sens  vertical.  —  c’est- 
à-dire  des  mouvemerd.s  d’élé\  ation  et  d’abaissement  de  l’axe  du  globe  ircTdaire  —  tant 
pour  les  deux  yeux  ipie.  pour  chaque  mil  séiiarément. 

‘2)  La  presipie  inqmssibilité  de  moiivemenls  di-  convergence  des  deux  yeux. 

3)  La  ridative.  conservation  des  mouvemeids  de  latéralilé. 


414 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


Pourüint  cos  Uorniors  mouvements  sont  lents,  se  font  par  saccades  à  caractère  par¬ 
kinsonien  ;  quant  à  leur  excursion,  bonne  vers  la  droite,  elle  est  assez  limitée  vers  la 

Il  résulte  de  ces  faits  qiu^  le  refîard  du  malade'  dans  le  s:'ns  Vl^rtical  est  toujours  bra¬ 
qué  en  face  de  lui,  ce  qui  se  confond,  étant  donné  la  position  normale  de  la  tôte,  avec  la 
direction  (ws  i’/iori "on  (lig.  1). 

On  a  donc  un  aspect  de  syndrome  de  Parinaud  avec  disparition  des  mouvements  de 
verticalité.  P’hypertonie  ([ui  se  manifeste  dans  les  mouvements  de  latéralité  donne 
déjà  au  syndrome  un  aspect  un  peu  spécial.  Les  épreuves  de  position  do  la  tôte  vont 
permettre  d’obtenir  dus  mouvements  volontaires  dans  le  sens  vertical  — et  de  montrer 
ainsi  que  li'ur  absence  dans  la  position  normale  do  la  tôte  est  ici,  non  pas  d’ordre 


paralytique,  mais  causée  par  l’hypertonic  que  nous  ont  déjà  montrée  les  mouvements 
de  latéralité. 

Si  l’on  fléchit  la  tôte  en  avant,  on  constate  un  premier  phénomène.  Au  cours  du  mou- 
viwent  et  dans  la  position  terminale,  l’axe  du  reqard  n’a  pas  cessé  de  so  déplacer  par 
rapport  aux  orbites  pour  rester  à  chaque  instant  braqué  vers  l'horizon.  C’est  là  un  pre¬ 
mier  lemps  (pii  montre  une  élévation  do  l’axe  des  globes  oculaires,  mais  cotte  élévation 
s’accomplit  par  un  mouvement  automatico-réfloxe  que  cette  épreuve  montre  ainsi 
conservé.  Il  traduit  l’une  des  doux  synergies  normales  de  la  tôte  et  des  yeux,  celle  ((u 
cons(!rve  dans  une  direction  constante  l’axe  du  riigard  pendant  les  mouvements  de  la 
tôte  et  qui  compense  donc  ceux-ci. 

C’est  dans  un  deuxième  lemps- qu’on  va  obtenir  un  mouvement  volontaire.  Dans  la 
position  fhicliie  de  la  tôte,  le  regard  limd  à  persévérer  quelques  instants  dans  sa  direc¬ 
tion  vers  l’horizon  (flèche  1  de  la  ligure  II)  qui  s’est  élevée  par  rapport  à  l’orbite.  Puis 
si  l’on  demande  au  malade  do  regarder  en  bas,  il  dirige  l’axe  de  ses  yeux  en  fae,e  do  la 


SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  19‘2fi 


nouvelle  position  de  sa  tôto  (flèche  2  de  la  fig.  Il),  ayant  ainsi  réalisé  un  mouvement 
volontaire  d’abaissement  (arc.  3,  fig.  II). 

Si  l’on  étend  la  tête  en  arrière  on  obtient  les  mêmes  phénomènes  mais  de  sons  inverse, 
c’(!st-à-dire  :  dans  un  premier  temps  un  mouvement  automatico-réflexe  parfaitement 
qui  maintient  l’axe  du  regard  vers  l’horizon  et  réalise  un  abaissement  par  rapport  à 
l’orbite  (flèche  1  de  la  fig.  I II)- ;  dans  un  deuxième  temps,  un  mouvement  volontaire 
d'élévation  (arc  3  de  llg.  III)  qui  ramène  l’arc  <lu  regard  dans  l'équateur  de  l’orbite, 
c'est-à-dire  en  face  de  la  tête  du  malade  dans  sa  nouvelle  position  (flèchr.  2  de  la 
fig-  III). 

Notons  d’ailleurs  que  pour  les  déplacements  de  latéralité  des  yeux  qui  sont  possibles 
par  mouvements  volontaires  dans  la  position  habituelle  de  la  tête  (que  nous  avons  signa¬ 
lée  être  déviée  vers  la  droite),  on  peut  les  obtenir  aussi  par  mouvement  automatico- 
réflexe  en  modifiant  la  position  de  la  tête  dans  le  sons  latéral.  La  synergie  de  compen¬ 
sation  dos  mouvements  oculaires  maintient  alors  l’axe  au  regard  dans  sa  position  pri¬ 
mitive  correspondant  à  la  direction  constante  do  la  face,  c’est-à-dire  légèrement  orien¬ 
tée  vers  la  droite  du  corps. 

Par  ailleurs,  pas  de  nystagmus  provoqué  par  les  positions  de  l’cjeil.  Los  pupilles  qui 
présentent  une  inégalité  très  discrète,  ne  réagissent  que  paresseusement  à  la  lumière. 
L’accommodation  à  la  distance  est  presque  impossible  à  étudier.  Un  examen 
ophtalmologique  le  3  septembre  a  montré  : 

Un  léger  trouble  du  vitré  ?  Pupille  apparaissant  légèrement  floue,  un  champ  visuel 

normal. 

Une  acuité  visuelle  OD  8  /lO-OG  6/10. 

Un  second  examen  le  16  octobre  montre  que  : 

L’acuité  visuelle  des  deux  yeux  a  baissé  depuis  le  dernier  examen  ; 

A  l’examen  du  fond  d’œil,  trouble  du  vitré. 

Examen  olologique.  —  Examen  à  l’eau  froide  :  réaction  labyrinthique  «le  tous  les 
canaux  sensiblement  normale  :  nystagmus  après  45". 

Audition  affaiblie  à  droite  et  à  gauche. 

Eu  pnnclion  lombaire  {30  août  1926)  donne  :  aspect  du  liquide  clair  ;  albumine  : 
0  gr.  40;  réaction  do  Pandy  (négative)  ;  réaction  île  'Woichbrodt  (négative)  ;  lymphocytes, 
I  à  2  par  mm*'  (Nngeotte)  ;  Bordet-'Wassermann  :  PIS  ;  benjoin  ;  00000  02220.  00000 

Sanfi.  —  Bordet-Wassermann  :  négatif  ;  urée  sanguine  :  0,36. 


Cette  observation  un  peu  complexe  comprend  un  certain  nombre  de 
faits  dignes  de  retenir  l’attention  : 

C’est  d’abord  les  caractères  du  syndrome  extra-pyramidal  que  présente 
ce  malade  et  où  il  faut  souligner  des  phénomènes  très  spéciaux,  un  état 
crampo'ide,  un  état  catatonique,  un  état  de  déséquilibre  considérable. 

C’est  ensuite  et  surtout  les  caractères  des  troubles  oculaires. 

C’est  enfin  les  considérations  anatomo-physiologiques  que  suggèrent 
cet  ensemble  de  faits.' 

a)  Le  syndrome  cxlrapyramidal  présenté  par  ce  malade  est  caractérisé 
par  de  l’bypertonie  diffuse,  prédominant  du  côté  gauche,  qui  s’accompa¬ 
gne  de  troubles  de  l’équilibre,  de  pbénomènesanalogues  à  des  crampes,  de 
persévération  catatonique  des  attitudes  et  de  troubles  pseudo-bulbaires. 
Les  réffexes  tendineux  sont  un  peu  vifs,  mais  il  n’e,xiste  ni  clonus,  ni 
extensioin  de  l’orteil,  ni  perturbation  des  réflexes  cutanés  ;  il  s’agit  donc 
d’un  syndrome  rigide  pur,  d’un  syndrome  extrapyramidal. 

Nous  n’insisterons  pas  sur  les  caractères  qualitatifs  de  Yhypertonie  et 
sa  répartition  topographique,  longuement  détaillés  plus  haut  ;,il  estcurieux. 


-110 


socn'iTf:  DE  MEurtoLoaiE 


de  noter  au  membre  supérieur  la  prédominance  de  la  raideur  au  niveau 
du  segment  du  coude  par  prépondérance  delà  rigidité  au  niveaudu  groupe 
des  lléchisseurs  de  l’avant-bras,  rigidité  ([ui  disparaît  en  partie  dans  la 
mise  en  jeu  de  certaines  synergies  normales  (décontraction  des  fléchis¬ 
seurs  en  pronation)  ;  cette  prédominance  est  excepitionnelle  dans  les 
hypertonies  extrapyramidales,  plus  difl'uses  et  surtout  plus  marquées  à  la 
racine... 

Les  faits  spéciaux  qui  se  greffent  sur  l’état  hypertonique  méritent  encore 
plus  d’être  soulignés  :  l’hypertonie  s’exagère  dans  certaines  conditions, 
effort,  station  debout  et  marche,  et  revêt  alors  fréquemment,  surtout  au 
memhre  inférieur  gauche,  un  aspect  cranipoïde,  ayec  contraction  muscu¬ 
laire  extrêmement  énergic|ue,  attitude  forcée  de  flexion  du  pied,  léger  varus, 
attitude  impossible  à  vaincre,  persistant  plusieurs  minutes,  et  qui  se  pré" 
sente  comme  une  réaction  posturale  intense  et  fixée  pendant  un  temps 
assez  fong  ;  c’est,  autrement  dit,  un  phénomène  du  jambier  antérieur 
déclanché  brusquement  dans  certaines  conditions  et  qüi  reste  fixé  par  une 
persévération  toni((uc  fort  longue  ;  à  la  contraction  du  jambier,  s’associe 
d’ailleurs  parfois  la  contraction  des  autres  muscles  de  la  loge  an téro- externe. 
Ces  aspects  crampoïdes  de  l’hypertonie,  que  nous  avons  observés  égale¬ 
ment  dans  d’autres  syndromes  extrapyramidaux,  et  en  particulier  chez 
des  parkinsoniens  post-eneéphalitiques,  méritent  d’être  considérés  comme 
un  des  caractères  particuliers  du  syndrome  hypertonique  ((ue  nous 
étudions. 

C’est,  sans  doute,  à  un  mécanisme  analogue  que  doit  être  rapporté 
r altitude  catalonique  que  l’on  observe  fréquemment  chez  ce  malade  et  qui 
existe  pour  les  quatre  membres,  surtout  à  gauche.  Là  encore,  on  a  un 
phénomène  traduisant  l’importance  de  la  persévération  tonique,  véritable 
état  myotonicpie  (|ui  n’est  pas  sans  analogie,  moins  sa  répartition  topo¬ 
graphique,  avec  celui  de  la  maladie  de  Thomsen.  Un  moyen  facile  de  le 
mettre  en  évidence  est  la  j)ercussion  rotulienne  répétée  à  2  ou  15  reprises 
chez  le  malade  assis  ;  la  jambe  se  met  de  plus  en  plus  en  extension  et  va 
rester  ainsi  pendant  un  temps  fort  long,  1/4  d’heure  même,  élevée  au- 
dessus  du  sol. 

Crampes  hypertoniques  et  persévération  catatonique  constituent 
deux  caractères  très  spéciaux  de  l’hypertonie  de  ce  malade.  Nous 
n’insisterons  pas  sur  les  troubles  de  l'équilibre  qui  sont  à  rapprocher 
de  ceux  que  l’on  note  dans  certains  syndromes  pallidaux,  en  parti¬ 
culier  chez  certains  lacunaires  ;  ils  semblent  dus,  pour  une  grande 
part,  à  la  dysharmonie  tonique  et  aux  conditions  vicieuses  de  stati(|ue 
ainsi  créées.  Nous  ajouterons  que  l’examen  labyrinthique,  chez  notre 
malade,  ne  révélait  aucun  trouble. 

Enfin,  au  syndrome  hypertonicpie  des  membres  s’associe,  dans  notre 
cas,  en  plus  de  l’hypertonie  de  la  face  et  du  cou,  avec  tête  tournée  à 
droite,  des  signes  d’ordre  pseudo-bulbaire  :  parole  lente,  sourrle,  troubles 
importants  de  la  déglutition,  salivation,  sur  lesquels  il  est  inutile  d’insis¬ 
ter.  Deux  points  sont  cej)endant  très  particuliers  ;  d’une  part  un  soulè- 


SÉANCn  DU  4  N OV EMBUE 


vement  rythnique  expiratoire  des  joues,  très  spécial  ;  d’autre  part,  l’inté¬ 
grité  du  réflexe  du  voile  du  palais  ;  il  est  à  se  demander  si,  avec  l’inté¬ 
grité  des  réflexes  cutanés,  la  conservation  de  ce  réflexe,  précocement 
aboli  chez  les  pseudo-bulbaires,  n’est  pas  un  caractère  particulier  aux 
syndromes  pseudo-bulbaires  par  hypertonie  extrapyramidale,  comme  c’est 
le  cas  ici,  vraisemblablement. 

En  somme,  l’ensemble  des  caractères  précédents  révèle  des  troubles 
moteurs  se  rapprochant  du  syndrome  dit  pallidal,  avec  des  caractères 
topographiques  particuliers  de  l’hypertonie,  des  phénomènes  crampoïdes 
très  spéciaux,  de  la  catatonie,  des  troubles  de  l’équilibre  et  des  troubles 
pseudo-bulbaires  avec  conservation  du  réflexe  du  voile  du  palais.  Cet  en¬ 
semble  paraît  d’évolution  progressive  et  semble  due  à  une  désintégration 
progressive  des  corps  striés. 

h)  Les  troubles  oculaires  constituent  un  des  faits  les  plus  importants  de 
cette  observation.  Nous  les  avons  décrits  assez  minutieusement  pour  ne 
pas  revenir  sur  la  façon  dont  ils  se  présentent  et  qui  peut  .se  résumer 
ainsi  :  l’exploration  des  mouvements  conjugués  dénote  chez  notre  malade 
l'impossibilité  de  l’élévation  et  de  l’abaissement  du  regard,  la  difficulté 
extrême  de  la  convergence  qui  est  presque  nulle,  bref  un  syndrome  de 
Parinaud  ;  en  ajoutant  que  les  mouvements  de  latéralité  possibles  à  droite, 
très  difficiles  à  gauche,  se  font  lentement,  par  saccades,  avec  les  caractères 
analogues  à  ceux  des  mouvements  de  l’avant-bras  du  parkinsonien  que  l’on 
tente  de  défléchir. 

Ces  caractères  des  mouvements  de  latéralité  semblent  liés  à  un  état 
d’hypertonie,  comme  on  en  rencontre  fréquemment  dans  les  états  rigides 
postencéphalitiques.  Ils  suggèrent  l’bypotbèse  que  les  troubles  de  la 
verticalité  sont  peut-être  de  même  ordre.  La  mise  enjeu  des  synergies  de 
la  tête  et  du  cou  d’une  part  et  des  mouvements  oculaires,  que  nous  avons 
décrits  plus  haut,  permet  de  le  supposer  encore  avec  plus  de  vraisem¬ 
blance 

Les  épreuves  que  nous  avons  rapportées  dans  l’observation  détaillée 
se  résument  à  ceci  ;  la  tête  en  rectitude,  regard  de  face,  impossibilitê  des 
mouvements  verticaux  ;  la  tête  penchée  en  avant,  regard  en  haut  par  rap¬ 
port  au  plan  de  la  tête,  puis  possibilité  de  mouvements  volontaires  d’abais¬ 
sement  qui  ramènent  le  globe  au  regard  correspondant  au  plan  horizontal 
des  orbites  ;  la  tête  peiyhée  en  arrière,  phénomène  inverse  du  regard 
de  face,  on  passe' au  regard  en  bas  par  rapport  au  plan  de  la  tête,  puis 
possibilité  de  mouvements  volontaires  d’élévation  ramenant  ce  globe  au 
regard  correspondant  au  plan  horizontal  des  orbites  (v.  fig.  1,  II,  III)  Il  y  a 
là  deux  ordres  de  faits  ;  l’un  c’est  que  la  position  d'inclinaison  de  la  tête  dans 
le  sens  vertical  modifie  l'orientation  du  regard  dans  le  sens  inverse  à  celui 
où  elle  est  portée,  fait  analogue  à  ce  qui  se  passe  dans  la  rotation  de  la  tête  où  le 
globe  se  dévie  d’abord  en  sens  opposé  de  la  rotation.  Il  y  a  un  mouvement 
synergique  oculaire  automatico-réflexe  ;  ce  mouvement,  classique  pour 
la  rotation,  nous  le  recherchons  dans  l’inflexion  et  l’extension  de  la  tête 
et  il  se  montre  ici  avec  les  mêmes  caractères  d’automatisme  et  de  rapidité 


SOCIÉTÉ  DE  NEVnOl.OGDi 


que  chez  un  sujet  normal.  L’autre  l'ait,  c’est  <![ue  de  la  position  ainsi 
prise  par  suite  du  réllexe  syncinétique,  le  sujet  peut  mouvoir  son  globe 
oculaire  jusqu’à  l’horizontale  passant  parles  orbites,  jus<(u’au  plan  hori¬ 
zontal  du  regard. 

Nous  devons  donc  noter  :  d’abord  la  conservation,  chez  ce  sujet  à 
motilité  volontaire  nulle  pour  les  mouvements  verticaux  des  globes  ocu¬ 
laires,  des  mouvements  automatico-réllexes  de  meme  sens  déclanchés  par 
les  positions  de  la  tête  ;  ensuite  la  possibilité  des  mouvements  volontaires 
dans  les  positions  ainsi  créées,  mouvements  restreints  puisqu’ils  ne 
dépassent  jamais  l’horizontale  du  regard,  ne  faisant  donc  qu’une 
demi-excursion  dans  le  sens  vertical,  et  mouvements  se  faisant  comme 
les  mouvements  latéraux,  lentement,  par  saccades.  Le  fait  de  la  persis¬ 
tance  de  la  motilité  automatico-réllexe  alors  que  la  motilité  volontaire 
est  nulle,  le  fait  de  la  possibilité  à  partir  du  déplacement  réllexe, 
d’un  retour  volontaire  duglobe  à  la  position  fixe  du  regard,  laissent  supposer 
qu’il  y  a  à  la  base  du  syndrome  d’immobilité  verticaltdu  regard  un  trouble 
tonique  et  non  un  trouble  paralytique.  Les  synergies  réllexes  normales 
ont  permis  le  déplacement  du  globe  dans  le  sens  vertical  où  volontaire¬ 
ment  il  estlnul  ;  puis  le  réllexe  ayant  joué,  l’équilibre  toni([ue  se  charge  à 
nouveau  de  permettre  le  retour  du  globe  à  la  position  d'horizon  qu’il  ne 
permet  pas,  par  contre,  de  dépasser. 

c)  Ces  faits  nous  permettent,  croyons-nous,  d’envisagerla  Gxité  horizon¬ 
tale  du  regard  dans  notre  cas,  comme  un  trouble  d'ordre  tonique,  qu’il  est 
intéressant  de  comparer  aux  troubles  hypertoni(|ues  des  membres  auxquels 
il  est  associé  ;  on  se  trouve  ainsi  devant  un  aspect  spécial  de  syndrome  de 
Parinaudpar  hypertonie  ;  ou  mieux  devanlun  syndrome  de  fixité  horizon¬ 
tale  du  regard  par  hypertonie.  ' 

Les  observations  anatomo-cliniques  (|ui  peu  à  peu  se  groupent,  concer¬ 
nant  les  lésions  observées  dans  le  syndrome  de  Parinaud,  en  particulier 
les  observations  de  M.  Lhermitte,  de  M  Cl.  Vincent,  permettent  de  situer 
dans  la  calotte  pédonculaire  le  siège  des  lésions  conditionnant  le  syndrome 
de  Parinaud,  Ici,  nous  croyons  qu’il  s’agit  d  une  lésion  plus  haut  située 
(la  conservation  de  l’intégrité  labyrinthique  etdes  mouvements autoiinatico- 
réflexes  oculaires  qui  suppo.sent  son  intégrité  plaide  en  ce  sens,  et  bien 
entendu,  également,  l’association  du  syndrome  pallidal)  ;  il  nous  paraît, 
en  somme,  vraisemblable  que  l'hypertonie  oculaire  réalisant  ce  syn¬ 
drome  de  Parinaud  spécial  est  due  à  une  lésion  de' la  région  des  noyaux 
gris  et  de  leurs  voies. 

IV  — Un  cas  d’aphasie  motrice,  i)ar  M.  Jaukowski. 

(Paraîtra  dans  un  prochain  nuinééo). 

V.  —  Lipiodol  intra-épendy maire  chez  un  syringomyélique  opéré. 

Suites  opératoires,  par  MM.  Sicaku,  .1.  IlA(iUKNAU  et  Ch.  Mayuu. 

Nous  désirons  présenterà  la  Sociéléun  malade  atteint  desyringomyélie, 
opéré  par  M.  Robineau.  , 


SÉANCE  DU.  4  NOVEMBRE  1926 


419 


Son  observation  présente  un  douille  intérêt  :  tout  d’abord  du  point  de 
vue  thérapeutique,  il  permet  de  poser  la  question  de  l’elïicacité  de  l’inter¬ 
vention  chirurgicale  dans  cette  maladie  ;  du  point  de  vue  du  diagnostic  ana¬ 
tomique,  il  constitue  un  cas  princeps  d’exploration  par  le  lipiodol  de  la 
cavité  épendj'maire  chez  un  syringom3’éliqiie. 

OnsenvATioN  (rùsiim  !).  —  Gi'n...  Ro,ï.;r,  22  an^. 

Le  malaile  entre  pour  faiblesse  des  membres  supérieurs  et  troubles  trophi(iues  dos 
mains.  Le  début  de  la  maladie  remonte  à  l’àgo  de  15  ans,  où  le  malade  a  vu  apparaître 
progressivement  et  sans  douleurs  une  scoliose  dorsale  haute.  A  20  ans,  faiblesse  mus¬ 
culaire  de  la  main  gaucho  avec  maladresse  qui  augmente  peu  à  pou,  s’étend  à  la  main 
droite  et  s’accompagne  d’atrophie  musculaire.  Kn  mémo  temps  apparaissent  do  petites 
lésions  superlicielles  que  le  malade  qualifie  do  panaris,  siégeant  aux  extrémités  des 
doigts,  d’évolution  lento  et  ne  guérissant  pas  complètement. 

Examen  à  Ventrée  :  Main  de  singe  bilatérale,  panaris  analgésique  du  médian  droit, 
cicatrices  do  panaris  incompl6tem(?nt  guéries.  Atrophie  des  avant-bras.  Scoliose  dorsale 
supérieure  très  marquée. 

Diminution  do  la  force  musculaire  et  maladresse  aux  membres  supérieurs.  Le  malade, 
depuis  plusieurs  mois,  est  incapable  d’exercer  son  métier. 

Réflexes  :  aux  membres  supérieurs,  radiaux,  absents,  tricipital  très  faible,  peut-être 
inversé  à  droite  ;  aux  membres  intérieurs,  réflexes  vifs,  rotuliens  et  aohiiléens,  clbnus 
du  pied,  Babinski  en  extension  à  gauche. 

Troubles  sensitifs  :  Troubles  considérables  de  la  sensibilité  thermique  aux  deux  mem¬ 
bres  supérieurs  remontant  en  arrière  jusqu’à  G  2  et  en  avant  jusqu’à  G  4. 

Pas  de  troubles  de  la  sensibilié  tactile  ou  douloureuse, 

/  Examen  oculaire  :  réflexes  normaux,  nystagmus.  Pas  de  troubles  sphinctériens. 
Lipiodiagnostic  positif  de  la  région  cervicale  sous-arachnoïdienne. 

Devant  l’aggravation  rapide  des  symptômes  depuis  les  mois  derniers,  et  l’échec  dos 
tentatives  radiothérapiques,  nous  avons  demandé  à  M.  Robineau  d'intervenir.  Opé¬ 
ration,  le ‘27  juillet  1920. 

Section  des  apophyses  épineuses.  Le  fourreau  dure-mérien  est  tendu  par  du  liquide 
qui  s’écoule  en  jet  et  à  flot  au  moment  de  l’incision.  La  moelle  est  gonflée  et  molle. 
Ponction  :  il  no  sort  pas  de  liquide  ;  par  aspiration  on  retire  dix  cm.  et  l’on  injecte 
quelques  gouttes  de  lipiodol.  Minime  incision  inter-cordonale  postérieure.  Suites 
opératoires  simples.  Plaie  réunie  par  première  intention.  Aucune  réaction  douloureuse. 
L’état  s’améliore  progressivement.  En  octobre,  il  a  augmenté  de.  8  kgr.500,  les  pana¬ 
ris  des  doigts  sont  imtièrement  guéris.  La  force  musculaire  a  augmenté  aux  mem¬ 
bres  supérieurs  à  tel  point  que  hî  malade  a  pu  re|)rendre  son  métier. 

En  résumé,  il  s’agit  d’un  cas  de  syringomyélie  très  banal,  d’évolution 
déjà  prolongée.  Le  diagnostic,  évident  du  point  de  vue  clinique,  était  con¬ 
firmé  par  l’exploration  de  la  cavité  sous-arachnoïdienne  au  moyen  du 
lipiodol  (1).  Sur  tablé  radiologique  basculante,  le  lipiodol  introduit  par 
la  rachicentèse  lombaire  montrait  un  arrêt  au  niveau  de  G  7,  arrêt  en  ligne 
festonnée  caractéristique  des  productions  intramédullaires  (2). 

La  radiothérapie,  efficace  tout  d’abord,  était  devenue  incapable  d’arrêter 
l’évolution  de  la  maladie  qui  s’aggravait  rapidement  ;  nous  avons  confié  ce 
malade  à  M.  Robineau  pour  intervention.  Après  laminectomie,  il  fit  une 
ponction  intercordonale  postérieure,  et  par  aspiration  retira  du  liquide, 


(1)  StCARD,  lUoiifiNAU  et  Gii.  Mavkh.  Rci).  Neur..  1926,  I,  1168. 

(2)  SiCAno  et  Haouknau.  Reu.  Neur.,  19-25,  1,  p.  676. 


420 


fiociËTf:  Dr:  Afiynof.oGir: 


puis  il  injecta  quelques  gouttesde  lipiodol  dans  la  poche  syringoniyélique. 
Enfin  il  établit  par  uneminime  incision  une  coninuinication  entre  l'a  poche 
et  l’espace  sous-arachnoïdieii. 

Les  suites  opératoires  furent  tout  à  fait  simples.  Réunion  par  première 
intention.  Aucune  évolution  thermique.  Aucun  trouble  vésical.  Aujour¬ 
d’hui,  nous  vous  présentons  ce  malade  très  amélioré.  Encore  ([ue  nous 
n’ayons  constaté  aucune  modification  des  troubles  trophiques,  des  réactions 
électriques,  des  troubles  sensitifs  ;  il  existe  une  évolution  favorable  très 
nette  du  point  de  vue  de  motricité,  à  tel  point  (jue  le  malade  a  pu  repren¬ 
dre  son  métier. 

L’amélioration  n’est  donc  pas  douteuse,  encore  qu’il  faille  faire  toute 
réserve  sur  sa  durée  ;  mais  elle  n’est  pas  moins  remar((uable,  étant  donnée 
l’évolution  rapidement  péjorative  de  la  maladie  dans  les  derniers  mois. 

Faut-il  l’attribuer  à  la  simple  laminectomie  et  à  la  décompression  consé¬ 
cutive  ? 

Faut-il  l’attribuer  audrainagedu  liquide  épendymaire  parla  cavité  sous- 
arachnoïdienne  ? 

Faut-il  l’attribuer  à  la  présence  du  lipiodol  et  à  la  lente  résorption 
iodée  ? 

Ce  ne  sont  qu’hypothéses  que  nous  ne  pouvons  que  soulever.  Nous 
ignorons  d’ailleurs  si  le  pertuis  de  communication  persistera  longtemps  entre 
le  kyste  gliomateux  et  l’espace  sous-arachnoïden.  En  tout  cas,  le  lipiodol 
est  parfaitement  toléré,  et  si  son  action  thérapeutique  n’est  pas  prouvée, 
sa  présence  du  moins  n’est  nullement  nocive. 

Une  seule  observation  ne  sullit  évidemment  pas  à  prouver  l'action  favo¬ 
rable  des  procédés  chirurgicaux  au  cours  de  la  syringomyélie  ;  et  nous 
croyons  que  dans  la  littérature  française  on  n’a  pas  publié  encore  de  cas 
semblables  (l)où  l’acte  opératoire  avait  pour  but  l'établissement  d’une 
fistule  épendymo-sous-arachnoïdienne. 


Le  deuxième  point  sur  lequel  nous  insistons,  c’e.st  la  possibilité  d’explo¬ 
rer  par  le  lipiodol  les  dimensions  d’une  cavité  syringomyélique.  Cette  in¬ 
jection  ne  s’est  accompagnée  ni  précocement  ni  tardivement  d’aucune 
réaction  clini([ue.  L’image  lipiodolée  ([ue  l’on  peut  voir  sur  nos  radiogra¬ 
phies  permet  de  constater  :  1°  Au  niveau  de  la  région  cervicale,  près  du 
point  de  ponction,  quelques  grains  de  lipiodol  qui  sont  restés  accrochés 
sans  signification.  2°  Au  niveau  de  la  région  dorsale  inférieure,  on  re¬ 
trouve  les  deux  à  trois  gouttes  du  lipiodol  bloqué,  donnant  une  image 
cflilée,  en  «  flammèche  ». 

C’est  au  niveau  de  la  11®  vertèbre  dorsale  que  se  trouve  la  limite 

(1)  Alors  (|Ui‘  li^  luiiliolc  (Hait  (l(‘jà  iinipari;  en  vue  de  c.Htc  iiitcrvcnl  ion  c.hinirfçicalo, 
l’onss('|i  (de  N'arsovic)  a  sif^naU!  dan.x  cas  de  syritit,o)niiCdi((  opcia'ss  (oi  l’oloonoavccriisul- 
lats  ravonddes. 


.SÉANCIi  DU  4  NOVEMBRE  1920 


421 


inférieure  delà  cavité  gliomateuse.  Celle-ci  est  donc  considérable,  puisque 
sur  l’image  radiographique  le  point  de  chute  du  lipiodol  est  séparé  du 
point  d'introduction  par  une  distance  de  trente-cinq  centimètres.  11  serait 
facile  de  calculer  la  dimension  exacte  de  la  cavité. 

Voilà  donc  vérifiée  in  vivo,  et  sans  aucun  incident,  une  constatation 
anatomique  intéressante.  C’est  la  première  fois  que  l’on  a  pu  faire 
apparaître  ainsi  la  cavité  épendymaire.  L’arrêt  au  niveau  de  D.  XI  prouve, 
d’autre  part,  qu’un  canal  épendymo-médullaire  normal  ne  se  laisse  pas 
pénétrer  par  le  fluide  lipiodolé. 

Ces  deux  points  ;  possibilité,  si  l’on  procède  avec  prudence,  de  l’explo¬ 
ration  lipiodolée  des  cavi tés sy ri ngomyéliques.  amélioration  post-opératoire 
après  fistulisation  de  la  cavité  kystique,  méritaient,  croyons-nous,  d’être 
relatés. 


VI.  —  Lipiodiol  descendant  et  ascendant  dans  un  cas  de  kyste 

gliomateux  profond  du  cerveau,  par  MM.  Sicard,  Robineau  et  Ha- 

GUENAU. 

Les  radiographies  que  nous  vous  présentons  montrent  la  possibilité 
d’étudier  par  le  lipiodol  le  siège  exact,  la  forme,  les  dimensions  d’une 
cavité  kystique  cérébrale. 

Elles  ont  été  faites  sur  une  jeune  femme  qui  présentait  typiquement  un 
syndrome  d’hypertension  crânienne  qui  était  apparu  très  rapidement. 
L’existence  de  phénomènes  moteurs  localisés  (monoplégie  brachiale) 
avait  permis  de  pratiquer  une  craniectomie  au  niveau  de  la  région  rolan- 
dique. 

La  tumeur  n’apparaissant  pas  après  ouverture  de  la  dure-mère,  une 
ponction  fut  faite  dans  la  profondeur.  Elle  donna  issue  à  une  notable 
quantité  de  liquide  jaunâtre,  une  injection  de  lipiodol  fut  poussée  par 
l’aiguille  :  d’abord  1  cm^  de  lipiodol  lourd  (à  0  gr.  .b4cgr.  d’iode  par  cm^), 
puis  1  cm  de  lipiodol  ascendant  (àO  gr.  11  cgr.  d’iode). 

La  radiographie  fut  faite  quelques  jours  plus  tard.  On  peut  voir  sur  les 
épreuves  avec  quelle  netteté  le  kyste  est  dessiné.  Sur  radiographie 
steroscopiqiie,  il  apparaît  avec  plus  de  précision  encore,  de  la  grosseur 
d’une  orange,  et  dans  ses  rapports  avec  les  parois  osseuses  du  crâne. 

Mais  sur  les  simples  clichés  que  nous  vous  faisions  passer,  ses  carac¬ 
tères  anatomiques  sont  suffisamment  précis. 

Le  lipiodol  lourd  est  tombé  au  point  déclive,  marquant  le  bord  infé¬ 
rieur. 

Le  lipiodol  léger,  au  contraire,  en  marque  la  limitesupérieure.  Ce  qui  est 
remarquable,  c’est  qu’entre  ces  2  points,  une  mince  pellicule  d’huile  io¬ 
dée  a  adhéré  aux  parois  du  kyste,  dessinant  ainsi  la  limite  avec  une 
netteté  parfaite. 

Après  une  amélioration  de  courte  durée,  les  phénomènes  d’hyperten¬ 
sion  réapparurent,  s’agravèrent,  et  au  moment  où  la  malade  allait  être  réo- 


SOCIÉTÉ  DE  yEUliOLOGlE 


pérée  dans  les  conditions  de  diagnostic  topographique  d’une  absolue  pré¬ 
cision,  la  malade succonil)a  à  une  afl’ection  intercurrente. 

L’autopsie  confirma  les  données  radiologiques. 

11  s’agissait  bien  d’une  cavité  kysli((ue,  identique  à  celle  qui  est  dessinée 
sur  l’épreuve  radiographitjue.  L'examen  bistologi(|iie  confirma  aussi  la 
nature  gliomaleusc  du  kj  ste. 

VIL  —  Le  profil  radiographique  vertébral  droit  et  gauche, 
par  MM.  J.  A.  Sicauu,  H.\gui;nau  et  Cii.  Mayi:u. 

Lorsqu  il  est  nécessaire  d’étudier  radiograpbiquement  une  colonne  ver¬ 
tébrale,  on  recourt  classi(|ucment  à  l’cxamcn  de  deux  épreuves,  l’une  en 
incidence  antéro-postérieure,  l’autre  en  incidence  latérale,  prise  indilJé- 
remmenl  du  côté  ilroit  ou  du  côté  gauche. 

Or  nous  venons  de  constater,  —  et  ee  sont  ces  épreuves  que  nous  vous 
présentons  —  que  certaines  lésions  vertébrales  visibles  sur  l’im  des  pro¬ 
fils  ne  sont  pas  appréciables  sur  l’autre.  (]es  clichés  ont  trait  à  un  cas 
inalbcureusement  banal  de  cancer  métastatique  vertébral  consécutif  à  un 
cancer  du  sein  opéré. 

La  lésion  est  ici  au  niveau  de  la  2''  vertèbre  lombaire.  Elle  est  très  ac¬ 
centuée.  Visible  même  sur  le  cliché  antéro-postérieur,  elle  apparaît,  sur¬ 
tout  sur  le  profil  gauche. 

On  constate  l’existence  d’une  lésion  de  la  vertèbre  dont  le  bord  sui)é- 
rieur,  amenuisé,  échancré,  est  détruit  sur  une  surface  notable. 

C’est  l’ébauche,  déjà  accentuée,  de  la  vertèbre  en  coin,  de  la  vertèbre  en 
galette  que  nous  avons  décrite  avec  Forestier,  Laplam;  et  Coste.  On 
constate  l’intégrité  complète  des  disques  intervertébraux. 

Or,  aur  la  profil  droit,  la  lésion  esta  peine  visible.  Pour  qui  connaît  par 
avance  son  existence,  elle  peut  être  devinée.  Mais  certainement  elle  passe¬ 
rait  inaperçue  à  un  observateur  non  prévenu. 

Naturellement  les  2  profils  ([uenous  vous  présentons  ont  été  pris  dans 
la  même  séance,  avec  une  incidence  rigoureusement  identiepe.  M.  Con- 
tremonlins,dont  on  connaît  la  compétence,  y  a  apporté  tous  ses  soins. 

Nousconcluons  donc  très  brièvement  que  dans  les  cas  de  lésion  verté¬ 
brale  suspecte,  il  ne  faut  pas  se  contenter  des  deux  épreuves  radiogra¬ 
phiques  classicpes,  mais  avoir  recours  à  une  troisième  épreuve  ;  les 
deux  profils,  droit  et  gauche,  doivent  être  étudiés  successivement. 

M.  André  Léiu.  —  J’ai  constaté  aussi  que,  dans  eertains  cas  soit  de 
néoplasie  vertébrale,  soit  de  lésions  très  diverses,  la  radiographie  de 
profil  du  rachis  était  essentiellement  différente  suivant  qu’elle  était  faite 
sur  le  côté  droit  ou  sur  le  côté  gauche  ;  le  diagnostic  ne  pouvait  parfois 
être  fait  ([ue  dans  une  seule  de  ces  positions.  11  en  était  ainsi  quand  une 
vertèbre  était  atteinte  dans  une  de  ses  moitiés  latérales  seulement,  ce 
qui  n’est  pas  très  rJre. 


SËAXCI-:  DU  i  yOVEMHrtR 


4->3 

VIII,  —  La  forme  céphalalgique  de  la  sclérose  en  plaques,  par 

MM.  Cn,  Füix,  MAURiCTi-Lih-Y  et  M'"®  Sr.iiiKi.-WKRTHEiMER. 

On  connaît  le  polymorphisme  des  symptômes  de  début  de  la  sclérose 
en  plaques.  Il  en  est  un,  cependant,  dont  ni  les  traités  classiques  ni  les 
travaux  récents  ne  font  mention.  Il  s’agit  de.  la  céphalalgie  qui  par  son 
intensité  peut  dominer  le  tableau  clinique  au  point  de  faire  penser  plutôt 
à  une  céphalée  d’origine  syphilitique  ou  meme  de  tumeur  cérébrale. 

L’observation  que  nous  avons  l’honneur  de  rapporter  en  est  un  exemple. 
Elle  nous  a  paru  intéressante  à  ce  titre  ;  en  outre,  l’intensité  des  troubles 
delà  vision  présentés  par  notre  malade,  l'éVolution  de  son  alVection  méri¬ 
tent  aussi  de  retenir  l’attention. 

M"!”  N...,  iJo  ÜC)  ans,  mariéo  s.ins  enfant  et  dont  les  antécédents  ne  compor¬ 
tent  aucun  fait  saillant,  vient  consulter  a>i  mois  de  mars  Itr^ll  pour  une  céphalée  extrô- 
raement  violente  (|ui  acconipasne  une  perte  complète  de  la  vision. 

Le  début  apparent  de  ces  troubles  remonte  à  7  ou  S  .semaines  environ.  Cependant  par 
un  interrogatoire  serré  on  apprend  que  depuis  un  an  environ  la  malade,  avait  de  fré¬ 
quents  maux  do  tète.  Au  début  du  mois  do  janvier,  la  côiihahu!  s’est  exagérée  au  point 
de  devenir,  par  instants,  intolérable,  on  môme  temps  la  vue  a  commencé  à  baisser. 

Peu  après, l’examen  d’un  oculiste  de  Melun  a  conclu  à  la  cécité  absolue  do  l’œil  gau¬ 
che,  avec  diminution  do  l’acuité  visuelle  de  l’o'il  droit.  Une  réaction  de  B.-W.  dans  le 
sang  se  serait  montrée  positive, aussi  un  traitement  spécifique  fut-il  conseillé.  En  15 
jours,  la  malade  reçoit  quinze  injections  intraveineuses  de  cyanure  do  mercure  et 
quelques  injections  intramusculaires  de  sulfarsénol.  Malgré  ce  traitement  intensif,  la 
céphalée,  loin  de  regre,ss(!r,  devient  de  plus  en  plus  violente,  les  troubles  visuels  s’aggra. 
Vent  et  aboutissent  à  la  cécité  complète.  Seule  une  ])onction  lombaire  pratiquée  entre 
temps,  pour  examiner  le  liquide  céphalo-rachidien  (qui  se  montre  chimiquement  et 
cytologiqiieme.nt  normal),  amène  un  soulagement,  d’ailleurs  momentané  de  la  cépha¬ 
lée,  qui  reprend  ensuite  de  plus  belle.  Elle  éclate  alors  souvent  la  nuit  sous  forme  de 
crises  de  souffranco  atroce,  accompagnées  de  vomissements  qui  ne  présentent 
pas  les  caractères  nets  des  vomissements  d’origine  cérébrale.  A  aucun  moment  il  n’y 
a  eu  de  crises  convulsives.  En  présence  d’une  telle  céphalée  accompagnée  d’une 
cécité  complète,  l’examen  des  yeux  s’imposait.  Celui-ci  fut  pratiqué  au  début  du  mois 
tic  mars  par  M">»  le  D' Schift-’Wertheimêr  et  donna  les  renseignements  suivants  : 

Cécité  absolue  ;  pas  de  perception  lumineuse,  légère  exophtalmie  avec  rétraction  do 
la  paupière  supérieure  surtout  à  gauche  (due  ]ieut-être  simplement  à  la  cécité),  légère 
insuITlsanco  des  droits  externes  des  deux  yeux. 

Convergence  normale. 

l’upilles  en  mydriase  ;  réflexe  photomoteur  nul,  la  réaction  pupillaire  à  la  conver¬ 
gence  existe. 

Rond  d'onl  :  Papille  légèrement  floue  dans  son  ensemble,  non  saillante,  sans  dilata¬ 
tion  des  veines. 

Pâleur  papillaire  surtout  dans  le  segment  temporal. 

Par  conséquent  pas  de  stase  vraie  mais  aspect  de  névrite  optique  descendante. 

A  ce  moment  l’examen  neurologique  ne  montrait  aucune  diminution  de  la  force 
musculaire  segmentaire  ;  les  réflexes  tendineux  étaient  un  peu  vifs  aux  quatre 
membres,  mais  surtout  au  membre  inférieur  droit  avec,  de  ce  côté,  tendance  à  la  trépi- 
ilation  épileptoïde  du  pied  et  ébauche  de  Babinski. 

La  marche  était  hésitante  avec  tendance  à  la  chute  cn  arrière.  Pas  de  signe  de 
Homberg. 

Entrée  aux  Quinze-Vingt.s,  le  5  mars.  La  malade  commence  à  se  plaindre  ce  jour- 
là  d’une  diminution  de.  la  force  musculaire  surtout  à  droite,  et  principalement  au  ni¬ 
veau  du  membre  inférieur.  Doux  jours  après,  elle  éprouve  une  certaine  dilîiculté  à 


SOCIÉTÉ  DH  NHUROÉOGIÉ 


iniu’olior,  clic  a  l’impression  que  la  jambes  droite  fléchit  sous  elle.  Ue  même  elle  se  plaint 
d’une  taible.sse  maiapiée  de  la  main  droite  (pji  la  sGni^  mèinc^  pour  manp;er. 

Cotte  diminution  do  la  force  musculaire  est  constatée  à  l’examen.  On  no  note  pas 
de  troubles  lie  la  sensibilité.  Le  clonus  du  pied  et  le  llabinski  sont  nets  à  droite. 

Une  ponction  lombaire,  qui  fait  cesser  la  céphalée  particulièrement  violente  ce 
jour-là,  est  |)ratiquéo  le  5  mars  : 

Tension  du  liquide  (malade  couchée)  :  32  ;  lymphocyte  ;  I  ;  albumine  :  U  or.  40  ; 
Héaction  de  13. -W.  :  né{,mtivc. 

lléaction  du  benjoin  colloïdal  :  négative. 

Enfin  une  radiographie  du  crâne  faite  de  profil  ne  montre  rien  d’anormal,  sauf  peut- 
Cdre  une  table  interne  peu  nette  dans  la  région  fronlo-pariétale. 

Tels  sont  les  phénomènes  i)résentés  successivement  par  la  malade  avant  notre  exa¬ 
men  du  11  mars  1020. 

On  se  trouvait  alors  lUi  présence  d’une  malade  att(dnte  : 

De  cécité  conq)lète  [lar  lésions  de  névrite  (q)tique  ; 

1)(^  c6phalé(î  violent(^  continue  et  paroxystiqui’  ; 

De  phénomènes  héinipatériques  droits. 

On  pensa  à  une  sclérose,  en  plaques,  diagnostic  que  confirma  l’évolution. 

A  l’icxamen,  on  est  frapjjé  par  l’aspect  de  la  malaile  aux  yeux  largement  ouverts,  au 
ringard  ligé,  aux  [)upilles  démesurément  dilatées.  ‘  • 

L’hémiparésie  droite  appiiraît  très  nette. 

La  farce  musculaire  est  notid)lement  diminuée  à  droite,  mais  nettement  moins  dimi¬ 
nuée  au  membre  supérieur  qu'au  membre  inférieur  ;  à  gauche  elle  est  sensiblement 
normale,  bi(m  qu’il  ait  fallu  un  certain  temps  à  la  malade  pour  fléchir  la  jandjc  sur  la 
cuisse. 

Les  réflexes  tendineux  sont  un  peu  plus  vifs  au  membre  supérietir  droit  qu’au  gauche, 
ils  sont  forts  aux  memtires  inférieurs,  des  deux  côtés  mais  un  peu  plus  à  droite. 

Clonus  à  droite,  surtout  net  quand  on  le  recherche,  la  malade  étant  couchée  ;  pas  de 
clonus  à  gauche. 

Le  signe  de  Babinski  est  positif  à  droite,  mais  dilücilc  à  obtenir  ;  il  ne  semble  pas 
exister  à  gauche. 

Le  phénjunène  des  raccourcisseurs  est  net  à  droite,  seuhuncmt  ébauché  à  gauche. 

11  n’y  a  pas  de  contracture  marquée. 

Les  réflexes  cutanés  abdominaux  sont  abolis.  Traubles  de  la  sensihiUlé.  Pas  de 
troubl(!S  de  la  sensibilité  tactihu  Se^d^diUî^t^errniçyu?  :  ü  existe  quel(|ues  erreurs 
d’interprétation  du  chau<l  et  du  froid  au  niveau  du  membre  inférieur  droit,  plus 
marquées  à  la  région  antéro-externe  qu’à  la  partie  interne.  11  est  à  not(^r  (pie  le  con¬ 
tact  du  froid  détermine  des  phénomènes  très  nets  d’autoniatism(^  médullaire. 

A  l’abdomen,  ces  troubles  ne  dépassent  pas  la  ligne  ombilicale. 

Troubles  de  la  notion  de  position  au  niveau  des  gros  orteils  des  deux  côtés. 

Les  phénomènes  cérélxdh'ux  .sont  inexistants  ;  la  malade  exécute  correctement  le 
mouvement  du  doigt  sur  le  nez  des  deux  côtés,  de  môme  que  les  marlonn(dtes. 

Ell(!  met  correctement  le  talon  gauche  sur  le  genou,  mais  la  parésie  gCne  l’exécution 
d(^  ce  mouvement  jiour  le  talon  droit. 

Il  n’y  a  pas  de  nystagmus,  pas  de  troubles  de  la  parole. 

L’examen  oculaire  confirme  les  renseignements  donnés  précédemment  : 

Il  existe  une  parésie  des  droits  externes,  la  cécité  est  complète  sans  perception  de 
la  lumière  ;  la  malade  accuse  des  Images  hallucinatoires  :  bouts  de  rubans,  clef  brillante 
tournant  sur  son  axe,  chiens,  chats,  images  ireii  nettes  qui  dénient  de  temps  en  temps 
devant  l’ieil  droit,  auxquelles  elle  n’accorde  aucune  réalité. 

Examen  vestibulaire  pratiqué  par  le  D''  I.anos:  la  réaction  nystagmiqm^  est  exagérée, 
mais  la  malade,  étant  complètement  aveugle,  ne  gène  [>as  la  réaction  par  une  fixation 
môme  faible. 

Les  réa(d  ioiis  des  membres,  de  déviation,  sont  normales,  mais  le  bras  tendu,  la  dévia¬ 
tion  est  luaiucoup  jdiis  marquée  pour  le  bras  droit  qui  dévie  latéralement  et  en  bas,  en 
raison  sans  doute  do  l’hémi|)urésio  droite. 


SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  192C 


I.ViLal  do  la  malade  rcsln  sUtiontiairo  qiudqiios  jours  tant  nu  point  de  vue  de  la 
parésio  que  <los  trouLdes  oculaires  et  de  la  c6plial6e  qui  garde  toujours  lo  même  caraclère 
violent,  paroxystique,  av(!e,  parfois,  vomissements  répétés. 

Cependant,  dès  le  lü  mars,  on  constate  une  régression  sensible  de  la  parésie,  en  par¬ 
ticulier  au  niveau  de  la  main  droite  dont  la  [malade  arrive  à  se  servir  sans  dilliculté 
pour  les  menus  actes  de  la  vie  courante. 

A  l’examen  :  la  force  musculaire  paraît  égale  à  gauche  et  fi  droite  pour  la  main, 
ell(!  n^ste  diminuée  à  droite  dans  la  flexion  d(^  l’avant-bras  et  surtout  au  niveau  du 
membre  inférieur  droit. 

On  ne  retrouve  pas  les  troubles  -sensitifs,  mais  la  malade  dit  qu’elle  sent  mieux 
gauche  qu’à  droite.  Les  phénumènes  d’automatisme  dus  à  l’excitation  jiar  lo  tube 
froid  ont  également  disparu. 

Les  phénomènes  cérébelleux  sonl.  toujours  absents  ;  la  démarche  n’a  rien  de  caracté¬ 
ristique.  La  cécité  persiste,  complète,  avec  abolition  de  la  percciition  lumineuse. 

Le  27  mars,  l’amélioration  îles  troubles  moteurs  i‘st  manifeste. 

Le,  membre  inférieur  paraît  beaucoup  moins  touché  ;  on  ne  retrouve  plus  qu’une 
ébauche  de  Babinski  à  droite,  il  n’y  a  pas  de  clonus. 

Les  réflexes  cutanés  abdominaux  sont  abolis  des  deux  côtés. 

Le  29  mars,  la  malade  signale  que  la  veille  au  soir,  elle  aurait  en  la  notion  de  lumière 
au  moment  où  l’électricité  a  été  donnée  dans  la  salle.  Dans  les  jours  suivants,  non  seule- 
nient  la  perception  lumineuse  persiste,  mais  encore  la  malade  distinguo  des  ombres.  Elle 
peut  se  rendre  compte  du  sens  dans  lequel  on  agite  un  journal  devant  scs  yeux.  Les  lits 
de  la  salle  lui  apparaissent  comme  des  taches  blanches  sur  fond  sombre,  elle  distingue¬ 
rait  do  même  les  blouses  blanches  des  inlirmières. 

Pendant  le  mois  d’avril,  on  assiste  à  la  régre.ssion  complète  de  l’hémiparésio.  La 
céphalée  s’est  atténuée  progressivement  et  la  malade  ne  s’en  plaint  plus.  Quant  aux 
progrès  de  la  vision,  ils  sont  restés  stationnaires. 

L’examen  dos  yeux  le  8  mai  192G  montre  :  perception  lununeuse  au  niveau  des  2  yeux, 
fond  d’œil  inchangé. 

L’examen  complet  montre  ù  cette  date  :  la  force  musculaire  sensiblement  normale  ; 

Les  réflexes  tendineux  existent  égaux  des  deux  côtés  ; 

Pas  de  signe  do  Babinski,  mais  flexion  des  orteils  moins  franche  à  droite  qu’à  gauche; 

.Les  réflexes  abdominaux  existent,  mais  faibles  des  deux  côtés  ; 

Pas  de  troubles  sensitifs  ; 

Pas  de  troubles  de  la  coordinallon. 

Depuis  cette  époque  la  malade  a  été  revue  de  mois  en  mois. 

Actuellement  l’amélioration  persiste,  évidente, sans  qu’aucun  nouveau  phénomène 
n’ait  apparu. 

Il  ne  resi  e  aucune  trace  de  l’hémiparésii',  la  force  musculaire,  les  réflexes  sont  abso- 
Limcnt  normaux. 

La  céphalée  a  comiilèlement  disparu. 

Quant  à  la  vui',  idle  paraît  môme  s’être  légèrement  améliorée  :  la  malade  distingue 
les  doigts,  l’attitude  qu’on  leur  donne,  arrive  à  les  compter  avec  parfois  cependant 
quelques  erreurs  ;  elle  rec'onnaît  un  porte-pulme,  une  boîte  d’allumettes.  Elle  se  con¬ 
duit  à  travers  la  salle  sans  butter  contre  les  meubles.  Cependant  les  troubles  de  la  vi¬ 
sion  restent  manpiés. 

Pour  compléter  l’observation  de  celte  malade,  nous  devons  ajouter  que  l’évolution 
relativement  favorable  de  son  affection  semble  avoir  coïncidé  avec  le  traitement  ins¬ 
titué.  C’est  un  fait  que  nous  nous  contentons  de  signaler  avec  les  réserves  qu’il  comporte. 

Depuis  le  mois  de  mars  la  malade  a  été  soumise  ù  un  traitement  par  le  salicylate  de 
soude.  Celui-ci  a  d’abord  été  administré  par  voie  buccale  ou  rectale  à  la  dose  de  4  gram. 
mes  par  jour,  puis  par  voie  intraveineuse  à  la  dose  d’une  injection  quotidienne  pendant 
20  jours,  d’une  ampoule  de  0  gr.  90  de  salicylate  do  soude  dans  9  cm“  do  sérum  glucosé 
fî  10  %.  Deux  séries  idiuitiques  d’injections  séparées  par  des  intervalles  do  repos  de 
vingt  jours  ont  été  faites  depuis. 


■MBUF.  1920. 


28 


SOCIÉTÉ  DH  NEVHOLOGIE 


On  voit  que  dans  cette  observation, la  céphalée  a  été  le  symptôme  domi¬ 
nant  au  début.  Bien  dilTérente  des  névralgies  du  trijumeau  que  l’on  observe 
dans  certains  cas  de  sclérose  en  plaijues,  elle  fut  d’abord  attribuée  à  la 
syphilis.  L’absence  de  tout  signe  de  spécificité,  l’échec  du  traitement 
devaient  infirmer  un  tel  diagnostic.  La  possibilité  d’une  tumeur  cérébrale  à 
la(|uclle  la  céphalée,  les  vomissements,  la  cécité  complète  pouvaient  faire 
penser,  était  à  son  tour  éliminée  par  l’examen  oculaire  qui  ne  montrait 
pas  de  stase  pupillaire  mais  une  névrite  optique  et  C|ui  donna  aussi  la 
clef  du  diagnostic.  ' 

De  cette  observation  on  peut,  croyons-nous,  rapprocher  les  deux  sui¬ 
vantes. 

La  première  concerne  un  ctis  où  la  céphalée  pouvait  également  faire 
songer  à  une  tumeur  cérébrale,  la  deuxième  une  malade  chez  qui  la 
céphalée  a  été  le  seul  symptôme  jusqu’au  moment  où,  six  mois  plus  tard, 
la  véritable  nature  de  l’affection  s’est  affirmée. 

_\[mo  iv,..,  40  ans,  fonctionnaire,  so  plaint  depuis  plusieurs  mois  d'une  céplialéc 
intense  avec  un  certain  taux  de  dilliculté  de  lu  marcho  et  sensation  do  faiblesse  dans  les 
Jambes.  La  céphalée  est  le  symptéme  diminuant,  elle  est  pn-sque  continue,  avec  exa¬ 
cerbation  par  crises..  C’est  une  céphalée  fronto-occipitale  bilatérale  qui  ne  revôt  nulle¬ 
ment  lu  caractère  d’une  névralqie  du  trijumeau.  Elle  cède  dans  une  certaine  mesure  à 

A  l’examen,  on  constate  d’abord  une  démarche  un  peu  irrégulière,  vaquemontébrieuse, 
avec  légère  tendance  à  la  chute  en  arrière,  troubles  qui  ne  sont  pas  tels  cependant  que 
la  malade  no  puisse  vaquer  à  ses  occupations,  prendre  l'autobus, alhtr  à  son  bureau. 
Ces  troubles  de  la  marche  semblent  un  peu  augmenter  dans  bïs  périodes  do  grande  cé¬ 
phalée  qui  s’accomiiagne  alors  de  quelques  nausées. 

La  force  musculaire  est  sensiblement  conservée  tant  aux  membres  supérieurs  qu’aux 
membres  inférieurs. 

Les  réflexes  tendineux  sont  forts  surtout  aux  membres  inférieurs. 

11  n’y  a  pas  do  clonus,  |)as  de  phénomènes  d’automatisme. 

I  )n  note  une  certaine  tendance  au  signe  de  Babinski,  des  deux  ciHés. 

La  malade  n’accuse  pas  de  fourmillements  dans  les  membres.  La  sensibilité  est  con¬ 
servée  à  tous  les  muscles,  peut-être  existe-t-il  de  temps  on  temps  quelques  erreurs 
au  point  de  vue  de  la  sensibilité  thermiipie  des  membres  intérieurs. 

On  ne  trouve  pas  de  troubles  de,  la  coordination,  au  niveau  des  membres  supérieurs  ; 
pas  de  troubles  nets  non  plus  aux  membres  intérieurs,  cependant  l’épreuve  du  talon 
sur  le  genou  est  peut-être  exécutée  avec  un  peu  de  lenteur. 

l’as  do  nystagmus. 

Pas  de  troubles  de  la  parole. 

Pas  d’histoire  de  troubles  visuels  antérieurs. 

La  malade  accuse  de  temps  on  temps  quelque  tendance  au  vertige. 

On  ne  constate,  pas  de  paralysie  des  nerfs^sraniens,  il  n’y  a  pas  de  diplopie,  pas  d’hé¬ 
mianopsie. 

L’état  psychi(jue  est  parfaitement  normal.  Il  n’y  a  pas  de  phénomènes  pseudo-bul¬ 
baires,  pas  do  troubles  sphinctériens. 

L’évolution  a  été  progressive,  elle  no  semble  avoir  à  aucun  moment  comporté  de 
phase  évolutive  quelconque. 

Somme  toute  les  grands  symptômes  sont,  ici,  d’abord  la  céphalée,  l’irrégularité  modé¬ 
rée  de  la  démarche,  enfin  le  signe  de  Babinski  bilatéral. 

Devant  ce  tableau  clinique  une  ponction  lombaire  est  pratiquée  ainsi  qu’un  examen 
du  fond  d’(t!il,  le  diagnostic  de  tumeur  cérébrale  paraissant  dos  plus  vraisemblables. 

L’examen  du  fond  d’œil  ne  révèle  pas  de  stase  papillaire, ni.du  reste  de  modillcation 


SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  192G 


427 


d’aucune  surto.  Pas  davantage  on  ne  trouve  de  paralysies  oculaires  ni  (ie  troubles  du 
champ  visuel, 

La  ponction  lombaire  montre  un  liquide  sensiblenienl  normal  tant  au  point  de  vue 
quantité  d’albumine  et  lymphocytose,  que  de  la  réaction  de  B.-W.  qui  se.  montre  néga¬ 
tive  comme  elle  l’est  d’ailleurs  dans  le  sang.  Bans  cette  observation  déjà  ancienne,  la 
réaction  du  benjoin  colloïdal  n'a  pas  été  pratiquée. 

A  la  suite  de  la  ponction  lombairi'.  on  constate  une  augmentation  de  la  céphalée 
pendant  une  dizaine  de  jours,  puis  retour  à  l’état  antérieur. 

Malgré  les  résultats  négatifs  des  épreuves  biologiques,  le  traitement  antisypliilitique 
e«t  institué  à  doses  modérées  par  le  cyanure  de  mercure  et  le  bismuth.  L’état  demeure 
stationnaire  pendant  un  an  et  demi,  la  céphalée  restant  toujours  le  grand  symptôme 
avec  di.'s  crises  d’aggravation  et  des  rémissions  sans  rapport  avec  le  traitement. 

Au  bout  de  ce  temps,  la  véritable  nature  de  la  maladie  s’est  affirmée  par  une  poussée 
évolutive  do  paraplégie,  survenue  au  cours  d’une  période  de  traitement  par  le  bi.smuth. 

Au  cours  de  celte  poussée  évolutive,  assez  rapidement  sont  apparus  de  nouveaux 
symptômes  dont  le  principal  était  une  faiblesse  très  marquée  des  membres  inférieurs 
avec  mictions  impérieuses  par  parésie  du  sphincter  vésical. 

La  malade  examinée  a  ce  moment  se  présente  comme  une  paraplégique  avec  ilimi- 
■nution  marquée  de  la  force  segmentaire,  principalement  de  la  flexion  dorsale  du  pied  et 
ffe  la  flexion  de  la  jambe  sur  la  cuisse. 

Les  réflexes  rotuliens  et  achilléens  sont  forts  ;  il  existe  un  clonus  modéré  bilatéral 
fit  un  signe  de  Babinski  extrêmement  marqué. 

Les  réflexes  abdominaux  sont  abolis. 

On  note,  en  même  temps,  de  petits  troubles  sensitifs  portant  sur  la  sensibilité  ther¬ 
mique  à  la  partie  distale  des  membres  intérieurs.  La  malade  accuse  quelques  fourmille¬ 
ments  dans  la  main  gauche. 

Il  existe  enfin  un  peu  d’irrégularité  dans  les  mouvements  commandés  de  la  main 
gauche. 

Le  traitement  par  le  bismuth  fut  interrompu  e,t  l’état  de  la  malade  resta  stationnaire 
trois  à  quatre  semaines  au  bout  desquelles  les  nouveaux  phénomènes  entrèrent  en 
régression  :  la  force  segmentaire  redevint  presque  normale,  le  clonus  des  pieds  disparut^ 
•es  mictions  impérieuses  disparurent.  Bref  l’état  de  la  malade  redevint  à  peu  près  ce 
ffu’il  était  auparavant  avec  un  peu  d’exagération  de  la  démarche  ébricuso  et  un  certain 
taux  d’asynergie  dans  les  diverses  épreuves  au  niveau  des  membres  inférieurs. 

Depuis,  l’état  est  stationnaire.  La  malade  peut,  il  est  vrai  avec  peine,  vaquer  encore 
a  ses  occupations.  Si  les  troubles  somatiques  au  point  de  vue  des  membres  inférieurs 
Sont  manifestement  plus  marqué.s,  la  céphalée  par  contre  a  diminué,  bien  que  la  malade 
s’on  plaigne  encore.  Notamment  on  ne  constate  aucune  trace  de  stase  papillaire,  malgré 
an  temps  écoulé  de  plus  de  3  ans  depuis  le  premier  examen.  Il  existe  une  légère  pâleur 
•tans  le  segment  temporal  de  la  papille. 

Somme  toute,  le  diagnostic  de  sclérose  en  plaques  paraît  s’imposer  ici, 
de  par  les  caractères  des  troubles  de  la  démarche,  l’existence  de  signes  de 
paraplégie  et  de  légers  froubles  asynergiques  constatés  aux  derniers  exa- 
tttens,  enfin  la  poussée  évolutive  très  manifeste  que  la  malade  a  présentée. 
L’examen  du  liquide  céphalo-rachidien  plaide  en  faveur  d’un  tel  dia¬ 
gnostic. 

Dans  cette  observation  également,  la  céphalée  a  été  le  symptôme  prin¬ 
cipal  au  début.  Elle  faisait  penser  à  une  tumeur  cérébrale  qu’un  examen 
de  fond  de  l’œil  et  celui  du  liquide  G. -R.  ne  confirmaient  pas.  Ce  n’est  que 
notablement  plus  tard  qu’une  poussée  évolutive  a  permis  de  préciser  le 
diagnostic  de  sclérose  en  plaques. 

La  (Icpnière  obiservation  concerne  une  Jeune  femme  de  30  ans,  M™'  N...,  qui  se 
plaint  depuis  3  mois  de  céphalées  extrêmement  marquées,  auxquelles  les  anal- 


SOCIËTK  Üli  NI'UROLOGIP: 


£'('!Sicnios  n’iippoi'l.cnt  qu’un  souliigciucnl  insullisant,  dn  mônu;  (|uc  les  traitements 
lu'ornurés  et  unLis|iasinoili(iues  divers. 

Cidte  cépludée  est  à  peu  près  l’unique  symptùine,  cépludée  surtout  frotd,id((,  bila- 
téralo  avec  irradiations  vers  le  sonunid.  de  la  lèle  et  la  niuiue,  ne  présentant  en  rien  li^s 

Au  dir;  île  la  malade,  elle  est  extrêiiiemeut  iid.ense  et  empèclie  souvent  le,  .sommeil 
la  nuit,  bien  ipi'il  n’y  ait  pas  à  proprement  parler  d’exacerbation  nocturne. 

Elle  procède  par  poussées  parux ystiipies  de  plusieurs  jours  de  durée,  mais  dans  l’in¬ 
tervalle,  la  malade  ne  se  sent  pas  complètement  libérée.  , 

L’examen  neurolomque  pi-aliipié  alors  demeure  absolument  négatif.  En  effet,  la 
démarche  est  normale,  il  n’existe  aucun  trouble  de  l’équilibre  ni  dans  la  station,  ni  dans 

La  force  musculaire  est  complèteinent  conservée  à  tous  les  sofiinenls  des  membres 

Les  réflexes  tendineux,  siiuplement  vifs  aux  membres  supérieurs,  sont  forts  aux  inem. 
bres  inferieurs,  mais  il  n  v  a  pas  de  signe  de  Babinski. 

(In  ne  note  ni  troubles  de,  la  sensibilité,  ni  troubles  de  la  coordination.  Enfin,  il  n’y 
a  pas  de  troubles  oculaires,  pas  de  nystugmiis,  pas  de  troubles  de  la  parole,  pas  de  para¬ 
lysies  des  nerfs  crâniens.  I.a  malade  n’accuse  pas  de  vertiges,  ni  de  tendance  l’t  la  marche 
ébrieuse.  Il  n’y  a  pas  de  troubles  sphinctériens,  pas  de  phénomènes  pseudo-bulbaires  > 
l’état  psychiiiiie  parait  satisfaisant.  Enfin  on  ne  constate  pas  chez  elle  les  symp¬ 
tômes  habituels  ipii  accompagnent  les  céphalées  névropathiques. 

Devant  ce  tableau  symptomatique,  l’examen  du  fond  d’œil  est  pratiqué,  il  ne  mon¬ 
tre  ni  stase  papillaire,  ni  d’ailleurs  aucune  autre  modification.  Le  B.-W.  est  négatif. 

La  ponction  lombaire  pratiquée  seulement  après  réactivation  montre  un  liquide 
sensiblement, normal  au  point  de  vue  cytologique  (1  à  2  éléments)  et  chimique  (0  gr.  30 
d’albumine).  Le  l’..-W.  y  est  négatif,  mais  l’épreuve  du  benjoin  colloïdal  est  fortement 
positive. 

Un  traitement  par  le  bismuth  est  encore  ici  institué,  il  n’agit  nullement  sur  la  cépha¬ 
lée  qui  doineiire  intense. 

Progressivement  d’ailleurs  d’autres  symptômes  apparaissent  légers  d’ailleurs,  bien 
que  très  nets.  Six  mois  ajirès,  ipiand  on  revoit  la  malade  on  constate,  en  effet  une  très 
notable  difficulté  de  la  dém.arche.  Celle-ci  est  irrégulière,  de  type  ébrieux  avec  élargis¬ 
sement  de  la  base  de  sustentation  ;  la  station  debout  elie-mCme  est  un  peu  troublée,  la 
malade  restant  instable.  Cette  instabilité  n’est  pas  notablement  accrue  [lar  l’occlusion 
des  yeux.  .Même  à  ce  moment,  l’examen  somatique  demeure,  à  peu  près  négatif. 

La  force  musculaire  segmentaire  est  conservée  aux  membres  siiiiérieiirs  et  intérieurs. 

Les  réflexes  des  membres  inférieurs  sont  très  vifs  avec  une  petite  tendance  au  clonus 
d’un  côté,  mais  il  n’existe  pas  de  signe  de  Babinski,  bien  qu’ii  n’y  ait  pas  do  flexion 
franche  des  orteils. 

Dans  les  diverses  épreuves,  la  coordination  parait  sensiblement  normale  au  niveau 
des  membres  supérieurs  et  des  membres  inférieurs  oïi  l’on  note  cependant  quelques  hési¬ 
tations.  Les  autres  signes  de  la  série  cérébelleuse  di"  la  sclérose  en  plaques  n’ont  tou¬ 
jours  pas  fait  leur  ajiparition.  Nous  pensons  cependant  que  ce  diagnostic  s’impose  ici 
en  raison  du  caractère  spéciai  des  troubles  de  la  démarche,  de  la  nature  nettement  évo¬ 
lutive  de  l’affection  et  surtout  de  l’étiit  du  liquide  céphalo-rachidien  montrant  la  dis¬ 
sociation  caractéristique  entre  un  benjoin  colloïdal  fortement  positif  et  le  caractère 
négatif  de  la  réaction  de  Wassermann. 

Nous  avons  tenu  à  rapporter  ces  observations  parce  que  surtout  clans 
la  dernière  le  véritable  diagnostic  était  extrêmement  délicat.  Somme  toute, 
pendant  une  assez  longue  période,  la  symptomatologie  s’y  est  trouvée 
réduite  à  la  céphalée  et  au  caractère  de  la  réaction  du  benjoin  colloïdal. 
Ce  n’est  (|ue  plus  tard  que  les  troubles  de  la  démarche  ont  permis  l’allir- 


SËANCli  DU  4  NOVEMlUiK  10-2(5 


ràation  du  diagnostic.  Les  deux  autres  cas  ne  nous  paraissent  pas  moins 
intéressants  à  cause  de  l’analogie  {[ue  la  maladie  y  a  présentée'  avec  une 
tumeur  cérébrale.  Notons  cependant  (jne  dans  les  deux  cas,  l’état  du 
lond  d’œil  ne  confirmait  pas  cette  hypothèse.  Dans  le  1"',  malgré  la 
cécité,  on  ne  constatait  que  de  la  névrite,  mais  pas  de  stase  pupillaire  ; 
dans  le  2-  il  n’existait  d'abord  aucune  modification  du  fond  de  l’œil,  ce 
n’est  que  jilns  lard  (|u'il  est  a|)parn  un  peu  de  décoloration  de  la  partie 
temporale  delà  pupille. 

Ces  observations  mettent  en  évidence  l’imiiortance  et  la  fréquence  rela¬ 
tive  de  la  céphalée  comme  signe  de  début  de  certaines  formes  de  sclérose 
en  plaques,  véritables  formes  céphalalgiques.  Elles  peuvent  même  dans 
certains  cas  réaliser  de  véritables  pseudo-tumeurs  cérébrales. 

iX.  —  Les  injections  intraveineuses  de  salicylate  de  soude  dans 

le  traitement  de  la  sclérose  en  plaques,  par  MM.  Cii.  Foix,  J.  A. 

CuAVANY  et  Maukice  Li';vv'. 

Depuis  environ-  près  d’un  an,  nous  avons  appliqué  au  traitement  de  la 
sclérose  en  plaques,  la  méthode  des  injections  intraveineuses  de  salicylate 
de  soude,  dérivée  du  procédé  du  professeur  Carnot  dans  le  traitement  de 
l’encéphalite  épidémique.  Les  résultats,  semble-t-il,  favorables  d'une  telle 
thérapeutique,  nous  ont  paru  devoir  être  communiqués  à  la  Société  de 
Neurologie,  avec  toutes  les  léserves,  cependant,  qu’imposent  et 
temps  relativement  court  de  notre  observation  et  la  fréquence  des  rémis¬ 
sions  au  cours  de  la  maladie . 

t.a  malade  que.  nous  avons  l’iionneur  de  présenter  a  fait,  il  y  a  8  mois,  brusquement, 
Une  pousséi!  parapléfçique,  il  est  vrai  la  premièn',  dont  elle  est  à  l’heure  actuelle,  en 
niqiarenci',  guérie  depuis  six  mois. 

M'"»  1)...,  :!1  ans,  marié inM-e  de.  deux  entants  bien  portants,  infirmière  à  l’IIos- 
Pico  d’Ivry,  est  allcinte  d’um^  sclérose  en  plaques  dont  le  début  a  été  très  brusque. 

I-e  4  mars  192(1,  après  une  journée  atisolument  normale,  (die  est  prise  soudainement 
<l’un  malaise  intense  qui  aurait  entraîné  la  chute,  si  elle  n’avait  pris  la  précaution  de 
s’aUonfter  immédiatement.  Dans  les  instants  qui  suivent,  elle  est  incaiiable  de  se  r(de- 
'ver,  bien  qu((  cependant  elle  n’ait  pas  éprouvé  de  sensation  de  dérobement  des  jambes. 
Elle  n’a  pas  présenté  de  mouvements  convulsifs,  il  ne  semble  pas  ipi’idle  ait  perdu 
connaissance,  mais  elle  était  dans  un  état  d’obnubilation  assez  marqué.  Transportée 
'•ussltiH  à  rinfirmerie  de  l'hospice,  elle  y  passe  une  très  mauvaise  nuit,  -n  proie  à  une 
céphalée  tr('‘s  violente  ac.-.ompatrnée  de  vomissements  répétés. 

Le  début  de  ces  troubles  frappe  donc  par  leur  soudaineté  d’apparition,  c.-p'-ndant 
l’intorrofjatoire  ju-écise  qui?  depuis  quidques  mois  la  malade  souffrait  ]iarLiculièrement 
'le  la  tôte. 

Le  lend(!main  elle  accuse  en  outre  sa  céphale  persistante,  de  la  diplopie  et  des  four- 
niillements  dans  la  main.  Klle  éprouve  de  |)lus  une  certaine  pêne  à  parler. 

A  l’examen  on  constate  (pie  :  la  motilité  volontaire  des  membres  supériehrs  et  infé¬ 
rieurs  est  conservée,  tous  les  mouvements  spontanés  sont  possibles.  C((pen(lant  la 
marche  est  diincilc,  avec  tendance  à  la  chute  en  arrière  ; 

La  force  musculaire  segmentaire  est  également  conservée  au  niveau  des  membres 
supérieurs  et  inférieurs  ; 

Los  réflexes  tendineux  des  membres  suiiérieurs  existent  l'i  peu  jirès  normaux  ; 

Les  réflexes  rotuliens  et  achilléens  sont  un  peu  vifs  des  deux  cétés  ; 

La  trépidation  épilepto'ide  du  pied  est  nette  à  gauche  ; 


430 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


On  trouve  rnlin  un  signe  de  Babinski  bilatéral.  Le  phénomène  des  racconrcisscurs 
est  net  surtout  à  gauche. 

La  ■sensibilitii  est  normale  à  tous  les  modes,  aussi  bien  la  sensibilité  superllcielle  (tact, 
piqûre,  chaleur)  que  la  sensibilité  profonde. 

La  recherche  clen  iruiihles  de  la  coordinaliun  montre  que  les  mouvements  des  membres 
supérieurs  sont  corrects,  sauf  peut-être  une  très  légère  hésitation  du  côté  droit. 

Par  contre',  au  niveau  des  membres  inférieurs,  il  existe  un  certain  degré  d’incoordi¬ 
nation,  surtout  à  ilroite. 

L'examen  oculaire  décèle  de  petites  secousses  des  globes  dans  la  direction  verticale. 
Il  semble  exister  un  syndromi'  de  Parinaud  :  la  maladi'  qui  accuse  de  la  di^dopie  terme 
constamment  un  udl. 

Les  pupilles  réagissent  bien. 

Tl  n’y  a  pas  d(^  lésion  du  fond  d’a'il.  la  paride  est  un  peu  gênée,  sans  (irésimter  de 
troubles  nettement  caractérisés  :  la  nialadi;  parle  lentement,  mais  corrcctimient,  comme 
si  sa  langue  était  empûtée.  Elh^  est  encore  un  peu  obnubilée,  mais  no  présente  pas  de 
troubles  intellectuels. 

La  ponction  lombaire  donne  un  liquide  clair,  contenant  8  éléments  et  0  gr.  40  d’al¬ 
bumine,  le  B.-W.  est  négatif. 

Enfin  l’examen  du  nez,  du  larynx  et  des  oreilles  ])ratiqué  par  le  L)''  Lanos  donne  les 
renseignements  suivants  : 

Nez,  larynx  :  rien  à  signaler  ;  pas  de  troubles  paralytiques  ni  sensitifs  ; 

ü.  I).  O.  :  otoscopie  normale  ; 

O.  D.  40  cc.,  26“  ;  réaction  nystagmique  violente,  inclinaison  du  buste  vers  la  droite; 

Déviation  des  deux  bras  vers  la  droite  (en  faisant  les  cornes)  plus  marquée  pour  le 
bras  gauche  ; 

O.  G.  40  cc.,  26».  Réaction  nystagmique  violente,  inclinaison  à  gauche  avec  dévia¬ 
tion  à  gauche  du  bras  tendu. 

La  réaction  vestibulaire  est  normale  et  môme  un  peu  forte.  Les  labyrinthes  parais- 
simt  un  peu  hyperexcitables. 

Dès  le  diagnostic  de  sclérose  en  plaques  posé,  la  malade  a  été  traitée  par  une  série 
d’injections  intraveineuses  quotidiennes  de  0  gr.  .00  de  salicylate  de  soude. 

Très  rapidement  son  état  s’améliore,  les  troubles  visuels  s’atténuent,  au  bout  d’une 
quinzaine  de  jours,  l’examen  des  yeux  ne  montre  plus  h;  Parinaud,  la  diplopie  est  moins 
marquée. 

La  céphalée  devient  de  moins  en  moins  violente,  les  fourmillements  de  la  main  dis¬ 
paraissent  au  bout  de  3  semaines. 

La  parole  enfin  devient  plus  aisée. 

La  malade  reçoit  après  quelques  jours  de  repos  une  deuxième  série  d’injections  intra¬ 
veineuses  de  salicylate  de  soude. 

Un  nouvel  examen,  pratiqué  le  4  juin  1920,’  permi't  d('  constater  une  amélioration 
extrèimunent  importante  do  l’état  de  la  malade. 

Elle  n’accuse  ni  diplopie,  ni  aucun  trouble  d’aucune  ordre.  La  parole  est  correcte. 

La  démarche  est  d’apparence  correcte,  la  malade  dit  simplement  qu’elh^  ne  peut  pas 

Les  réflexes  tendineux  sont  d’intensité  sensiblement  normale  aux  membres  supé¬ 
rieurs,  un  peu  plus  forts  aux  membres  inférieurs. 

Le  signe  de  Babinski  n’est  pas  net,  cependant  la  flexion  des  orteils  n’est  pas  non  plus 
très  nett(u 

Il  n’y  a  pas  de  clonus  du  pied. 

Il  n’y  a  pas  do  troubles  sensitifs. 

Les  mouvements  du  doigt  sur  le  nez,  du  talon  sur  le  genou  sont  à  peu  près  correcte¬ 
ment  exécutés. 

■  L’excursion  lies  yeux  est  normale. 

Depuis  cette  époque,  on  a  pratiqué  une  nouvelle  série  de  20  injections  intraveineuses 
quotidiennes  de  0  gr.  50  de  salicylate  de  soude. 

.\ctuellemenl  l’état  de  la  malade  parait  absolument  normal.  L’examen  neurologique 


SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  1926 


431 

complet  ne  révèle  en  effet  absolument  aucun  trouble  ni  de  la  réflectivité,  ni  de  la  coor¬ 
dination,  ni  des  yeux.  La  malade  assure  normalement  comme  par  le  passé  son  service 
d’infirmière  à  l’hospice  d’Ivry. 

Cinq  autres  de  nos  malades,  à  des  phases  plus  accentuées  de  l’affection, 
ont  tous  présenté  un  tout  plus  ou  moins  marqué  d’amélioration,  en  co'in- 
cidence  avec  le  traitèment.  Nous  résumons  ici  leurs  observations. 

La  première  concerne  une  jeune  femme  de  26  ans  dont  l’affection  a  débuté,  par  une 
céphalée  intense,  avec  cécité  complète  par  névrite  optique  et  chez  laquelle  est  survenue 
peu  après  une  hémiparésie  droite  très  nette.  Cette  hémiparésie  a  rapidement  régressé, 
il  n’en  reste  plus  aucune  trace  actuellement;  seuls  persistent  les  troubles  visuels  qui  se 
sont  cependant  légèrement  améliorés,  la  malade  a  recouvré  en  effet  la  perception  lumi¬ 
neuse,  elle  distingue  même  les  doigts  au  point  d’arriver  à  les  compter  exactement. 

I,a  deuxième  observation  est  celle  d’une  femme  de  38  ans  dont  la  maladie  semble 
avoir  ilébuté  il  y  a  4  ans  par  dos  troubles  do  la  marche.  Elle  s’est  présentée  à  nous  avec 
des  signes  de  paralysie  spasmodique,  sans  signes  cérébelleux  accusés,  sauf  peut- 
être  les  sensations  vertigineuses  dont  elle  se  plaint.  L’examen  oculaire  a  montré  une 
décoloration  du  segment  temporal  de  la  papille.  Elle  a  reçu  trois  séries  d’injections 
intraveineuses,  la  troisième  étant  encore  en  cours,  qui  semblent  avoir  amené  une  amé¬ 
lioration  :  bien  qu’elle  accuse  encore  quelques  troubles  de  l’équilibre,  la  malade  dit 
qu’elle  se  sent  plus  forte  sur  ses  jambes. 

Notre  troisième  malade  est  un  homme  de  35  ans  qui  a  été  atteint  en  1917  de  névrite 
rétrobulbairc  aiguë  avec  cécité  transitoire.  Bien  portant  jusqu’en  1926,  il  a  présenté 
au  mois  do  mai  dernier  des  troubles  visuels,  de  la  diplopie,  un  peu  de  faiblesse  du 
côté  gauche  et  du  rire  spasmodique  dont  l’intensité  frappe  au  premier  examen.  Celui- 
ci  montre  une  exagération  des  réflexes  tendineux  dos  membres  inférieurs  surtout  à 
gauche  avec  ten<lance  aü  clonus  do  ce  côté,  mais  pas  de  signe  de  Babinski.  Les 
réflexes  cutanés  abdominaux  sont  abolis.  Il  existe  do  très  légers  troubles  de  la  coor¬ 
dination,  enfin  l’cxàmen  oculaire  montre  une  parésie  du  droit  externe  gauche,  du 
nystagmus  et  la  décoloration  du  segment  temporal  de  la  papille.  Le  malade  a  déjà 
reçu  trois  séries  d’injections  intraveineuses,  qui  semblent  l’avoir  amélioré;  les 
phénomènes  du  rire  spasmodique  en  particulier  ont  à  pou  près  com|)lètement  disparu, 
les  troubles  île  l’équilibre  ont  diminué. 

La  quatrième  observation  concerne  une  malade  (|ui  présentait  un  tremblement  des 
membres  supérieurs  dont  le  début  no  peut  être  précisé,  mais  surtout  accentué  depuis 
deux  ans.  Elle  se  plaint  en  outre  de  sensation  de  dérobement  des  jambes.  A  l’examen,  le 
tremblement  est  le  symptôme  dominant,  les  réflexes  tendineux  sont  exagérés  aux  mem¬ 
bres  inférieurs  avec  tendance  do  clonus  surtout  à  gauche,  il  n’y  a  pas  de  signe  de  Babinski, 
les  troubles  do  la  coordination  sont  nets  aux  membres  supérieurs  et  inférieurs.  La 
parole  est  un  peu  gênée  et  l'écriture  à  peu  près  impossible  du  fait  du  tremblement.  Après 
trois  séries  d’injections,  l’amélioration  est  accusée  par  la  malade  elle-même  :  elle  dit  que 
sa  marche  est  devenue  plus  sûre,  que  son  tremblement  a  diminué  au  point  qu’elle  peut 
do  nouveau  coudre  et  écrire,  ce  qui  lui  aurait  ôté  longtemps  impossible.  A  l’examen 
cependant  on  note  encore  un  peu  d’incoordination  aux  membres  supérieurs  et  inférieurs, 
la  réflectivité  tendineuse  reste  exagérée. 

Enfin,  notre  dernière  malade  ôtait  atteinte  d’une  forme  paraplégique,  de  sclérose  en 
plaques  datant  de  18  mois  avec  démarche  ébrieuse,  exagération  des  réflexes  tendineux 
et  signe  do  Babinski.  Elle  se  déclare  nettement  améliorée,  lu  marche  est  plus  sû;e» 
■  la  force  musculaire,  moins  diminuée. 

Ainsi  par  la  lecture  de  ces  six  observations,  on  peut  se  rendre  compte 
que  non  seulement  nos  malades  n’ont  présenté  à  aucun  moment  d’aggra¬ 
vation,  mais  au  contraire  qu’ils  ont  tous  accusé  une  amélioration  très  nette. 
En  revenant  encore  une  fois  sur  les  réserves  que  nous  faisions  plus  haut, 


SUClIiTJi  DE  .NEUROLOGIE 


nous  avons  clé  IVappcs  par  la  coïncidence  de  celle  évolulion  l'avorable 
avec  le  Irailemenl.  C’esl  pourcpioi  nous  croyons  ulilc  de  l’appli([uer  à  lous 
les  cas  de  sclérose  en  i)la(|ucs  suivanl  le  procédé  (|ue  nous  avons  employé  : 
iiijeclions  inlraveincuses  ([uolidicnnes  pendanl  20  jours  d’une  ampoule 
conlenanl  0,1'r.  ôO  de  salicylale  de  soude  dans  5  cm'*  de  sérum  glueosé  à 
10  %  (solulion  préconisée  par  René  Hénard  el  Mai  elial)  Après  une  i)ériodc 
de  repos  de  10  jours,  reprise  d’une  nouvelle  série  de  20  injeclions  idcnli- 
([ues  journalières.  Par  un  lel  procédé,  nous  n’avons  jamais  observé  d’acci- 
dcnls. 

M.  Su. AUI).  —  Je  m’associe  aux  réserves  ihérapeulicpics  de  M.  l'’oix.  J’ai 
l’impression  cpie  dans  les  Irois  ou  cjualre  premières  années,  loul  pcul 
réussir  dans  la  sclérose  en  plaques.  J’ai  observé  des  malades  guéris 
ronelionncllement  après  avoir  présenlé  soil  des  monoplégies,  soil  de  la 
lilubalion,  soil  même  delà  névrile  oplicpie,  el  cela  avec  les  médications  les 
plus  variées  ;  injections  intraveineuses  d’urotropine,  d’iodaseptine,  de 
novarsenicaux,  de  préparations  bismulhées  ;  inoculation  de  malaria, 
rayons  ultra-violets,  etc.  Puis,  après  un  certain  lcmi)s,  la  maladie  se  fixe 
et  toute  thérapeutique  reste  alors  inelTicace. 

Je  crois,  comme  M.  (luillain,  cpie  révolution  de  la  sclérose  en  plaques 
n’est  pas  fatalement  progressive,  mais  je  pense  cpie  dans  les  cas  heureux, 
l’évolution  favorable  est  spontanée  cl  non  sous  la  dépendance  des  traite¬ 
ments  utilisés  juscpi’ici .  Suivanl  les  suggestions  de  M.  b’oix,  j’utiliserai 
le  salicylale  de  soude. 

M.  André  Léki. —  J’ai  eu  l’occasion,  avec  mon  interne  M.  Layani,  de 
soigner  par  les  rayons  ultra-violets  un  certain  nombre  de  sujets  atteints 
de  sclérose  en  plaques.  Chez  j)lusicurs,  nous  avons  constaté  une  légère 
amélioration  ;  mais  chez  l’un  d’eux,  (|ui  présentait  des  sym|)tômes  mor¬ 
bides  depuis  plus  de  15  ans  et  dont  les  troubles  s’aecentuaient  considéra¬ 
blement  et  progressivement  depuis  au  moins  5  ans,  l’amélioration  a  été 
telle  ([u’on  doit  vraiment  se  demander  s’il  avait  pu  ne  s’agir  (|uc  d'une 
simple  coïncidence. 

X.  —  Phénomènes  de  décérébration,  de  torsion  spasmodique  et 
d’athétose,  leurs  relations  cliniques  et  pathogéniques  (A  propos 
d'im  cas  de  torsion  spasmodique  hgperpronaloire  du  bras  droit,  avec  con¬ 
tracture  athetoïde  intentionnelle,  par  lésion  vasculaire)  (1),  par  Gustave 
Roussy  el  Gaduiulle  Li':vy. 

Les  auteurs  ont  pu  observer  chez  une  une  femme  de  (54  ans,  à  la  suite 
d’un  léger  ictus,  une  torsion,  spasmodique  du  bras  droit,  en  hyperprona-. 
lion,  coïncidant  avec  des  manifestations  athélosicpies  à  l’occasion  des 
mouvements  volontaires. 

(I)  Uette  (aiimauriicnl ion  ici  sci’u  pnblio)^  in  ixlciisn  coitiirio  Mémoire  ori¬ 

ginal  dans  les  Annales  de  Médecine,  numéro  de  novembre  l'J’ib. 


SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  19'2f) 


433 


Ce  spasme  tonique,  (|ui  réalise  une  altitude  de  décérébration  typique, 
sans  hypertonie  au  repos,  et  s’accompagne  de  contracture  intentionnelle 
athétoïde,  leur  paraît  particulièrement  intéressant  du  fait  qu’il  matérialise 
les  relations  existant  entre  certains  phénomènes  de  spasme,  de  décérébra¬ 
tion  et  d'athélose. 

Il  leur  semble  justifié,  pour  des  raisons  exposées  longuement,  d’attri¬ 
buer  à  une  lésion  vasculaire  ayant  atteint  le  noyau  rouge  et  scs  connexions, 
la  symptomatologie  observée. 

La  rareté  de  ce  fait  clinique,  et  les  problèmes  anatomo-physiologiques 
qu’il  pose,  leur  a  paru  mériter  une  longue  analyse,  qui  les  a  amenés  aux 
conclusions  suivantes  : 

!■>  Un  spasme  tonique  bypcrpronatoire  et  des  phénomènes  de  contrac¬ 
ture  intentionnelle  athétoïde  peuvent  Survenir  simultanément  au  niveau 
d’un  bras,  sans  hypertonie  appréciable,  à  la  suite  d’un  ictus. 

2"  L’identité  de  nature  entre  ce  spasme  et  les  phénomènes  de  contrac¬ 
ture  inteiitionnellcct  d’alhétose  paraît  vraisemblable,  d’uncpart,àcause  de 
leur  apparition  simultanée  à  la  suite  d’une  seule  lésion,  et  d'autre  part,  à 
cause  des  transformations  cliniquement  appréciables —  de  ce  spasme  to¬ 
nique  en  spasmes  cloniques  et  en  contracture  intentionnelle  athétoïde. 

Ces  deux  ordres  de  symptômes  paraissent  être  des  modalités  différentes, 
mais  voisines,  d’une  rupture  de  l'équilibre  normal  entre  la  contraction 
musculaire  volontaire  et  la  contraction  musculaire  involontaire  ou  pos¬ 
turale. 

3°  La  confrontation  deces  faits  cliniques  avec  les  faits  anatomo-cliniques 
ou  expérimentaux  analogues  antérieurement  connus  permettent  de  consi¬ 
dérer  ce  spasme  hyperpronatoire  comme  un  spasme  tonique  de  décérébra¬ 
tion. 

4°  Ce  spasme  tonique  de  décérébration  est  à  distinguer  :  d’une  part,  des 
phénomènes  de  rigidité  décérébrée,  d’autre  part,  des  attitudes  de  décérébra¬ 
tion  transitoires  delà  choréo-athétose. 

5°  Les  relations  de  certains  spasmes  de  décérébration  et  des  phéno¬ 
mènes  de  contracture  intentionnelle  et  d’athétose  paraissent  néanmoins 
démontrés  par  le  cas  que  nous  venons  de  décrire. 

6"  Il  paraît  justifié  d’attribuer  à  une  lésion  du  no3mu  rouge  et  de  ses  eon- 
nexions  la  symptomatologie  en  question,  mais  il  est  impossible,  dans  l’état 
actuel  de  nos  connaissances,  de  faire  la  part  de  ce  qui  revient,  dans  la 
production  de  ces  diverties  manifestations,  à  l’interruption  des  connexions 
thalamo-cérébelleuses  seules,  —  ou  à  la  décérébration  proprement  dite. 

7°  Cette  observation  met  en  évidence  l’origine  complexe  des  phénomènes 
(le  la  motricité  involontaire,  qui  semblent  manifester  l’antagonisme  créé 
par  certaines  lésions  entre  divers  systèmes  moteurs  tiui,  chez  l’individu 
sain,  concourent  synergiquement  à  la  motricité  et  à  la  posture  nor¬ 
males. 

Elle  montre  par  là  même  la  vanité  qu’il  peut  y  avoir  à  chercher  l’explica¬ 
tion  de  ces  phénomènes  dans  une  lésion  précise,  univoque  et  exclusive,  en 
un  point  déterminé  du  cerveau,  et  en  un  seul. 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


43't 

M.  Hhnry  Meige.  —  Ce  ffui  frappe  vraiment,  chez  celte  malade,  ce 
sont  les  analogies,  pour  ne  pas  dire  les  similitudes,  entre  les  caractères 
des  troubles  moteurs  localisés  à  son  bras  droit  et  ceux  c[ue  l’on  observe 
dans  les  torticolis  convulsifs.  Mêmes  contractions  toniques  d’intensité 
croissante  aboutissant  à  une  attitude  forcée,  mêmes  alternances  de 
contractions  cloniques  à  l’occasion  d’un  mouvement  et  d’un  effort,  même 
recherche  d’une  attitude  de  défense  pour  corriger  les  déplacements.  A  la 
localisation  près  des  groupes  musculaires  intéressés,  les  phénomènes 
moteurs  sont  bien  de  la  même  famille  clinique. 

Ce  n'est  pourtant  pas  une  surprise  pour  moi,  car  j’ai  observé  et  publié 
des  cas  de  torticolis  convulsif  avec  accompagnement  de  mouvements  de 
l'épaüle  et  du  bras  présentant  les  mêmes  caractères  que  ceux  du  cou.  Le 
membre  inférieur  lui-même  peut  en  être  atteint.  Et  de  même  que,  suivant 
les  cas,  le  trouble  moteur  peut  être  localisé  à  un  seul  muscle  du  cou,  le 
sterno-mastoïdien  de  préférence,  ou  à  plusieurs,  sterno-mastoïdien  et  tra¬ 
pèze,  très  souvent  aussi  les  petits  muscles  de  la  nuque,  de  même  on  peut 
y  voir  s’adjoindre  des  contractions  des  muscles  de  l’épaule,  du  dos,  du 
bras,  de  l’avant-bras,  de  la  main,  et  aussi  de  la  face. 

La  localisation  au  membre  supérieur  seul  est  plus  rare,  et  c’est  ce  qui 
fait  l’intérêt  du  cas  présenté  aujourd’hui.  Il  faut  le  rapprocher  de  certaines 
formes  de  crampe  des  écrivains,  isolées  ou  associées,  comme  il  est  assez 
fréquent,  à  un  torticolis  convulsif. 

Clini([uement  donc,  il  s’agit  de  troubles  intimement  apparentés.  Et 
vraisemblablement  la  cause  doit  être  recherchée  dans  les  mêmes  désor¬ 
dres  nucléaires.  Dans  le  cas  actuel,  la  vérification  anatomique  pourra 
apporter  d’utiles  indications  sur  la  pathogénie  des  torticolis  convulsifs  et 
des  crampes  dites  fonctionnelles. 

XL  —  L’état  parkinsonien  ne  serait-il  pas  générateur  d’acidose  ? 
par  MM.  J.  Froment  et  L.  'Velluz  (de  Lyon). 

Les  processus  chimiques  inhérents  au  fonctionnement  du  muscle  répon¬ 
draient,  du  point  de  vue  classique,  d’ailleurs  quelque  peu  schémati(|ue,  à 
deux  modalités. 

La  fonction  dite  tonique  serait  liée  à  un  métabolisme  albuminoïde  qui 
aboutirait,  en  partant  des  protides  constitutifs  du  muscle,  à  la  formation 
de  composés  azotés  spéciaux,  la  créatine  etla  créatinine(l).  Normalement, 
seule  la  créatinine  apparaît  dans  les  urines  ;  excrétée  par  le  rein  elle  eSt 
vraisemblablement  sécrétée  par  le  foie. aux  dépens  de  la  créatine. 

La  fonction  dite  c/o/zique  serait  liée  à  un  métabolisme  hydro  carboné  qui 
aboutirait,  en  partant  des  glucides  musculaires  (glycogène,  glycose  et 

(I)  \'ax  1  looiiii.xiicY/.n  (R  Vmipi.oixiii.  Iii’(jl>!iclilunff(‘n  uber  ilic  Urcatiriausclieinung 
bcim  Mcnschrn. /cibsc/ir.  /.  phi/x.  Chimie,  lOO.'),  XEVI,  p.  41.'j-47l ,  ot.  1908,  J. VII,. p.  161- 
286.  —  A.  n.  Pekhlhaiung  et  J.  IIaiikitso.  TIii>  pxcrction  of  cratinin  in  mnn.  ProceeU. 
of  lhe  Koninid.  .Mi.  van  wtR  la  AmBlanlam.  1911.  -  -  PKK,\,LitAniNO  at  Von  IIoogf.n 
ilUYZi;.  Dia  Hildiinsf  des  Kraalins  im  musUid  boiin.  Tonus  iind  bai  dcr  Starrc.  Zeilsciir. 
/.  pli’jx.  Ch.,  1910,  1..\1V,  p.  262.293. 


SÉANCE  DU  \  NOVEMBItE  I02G 


435 


autres  sucres)  à  la  formation  de  composés  acides  dont  le  plus  connu  est 
l’acide  sarcolactique.  Ces  acides,  engendrés  parla  contraction  musculaire, 
sont  normalement  transformés  dans  l’organisme  et  n’apparaissent  pas 
dans  les  urines . 

Ces  notions  ont  été  rappelées  dans  le  mémoire  de  Henri  Piéron  (1) 
publié  en  1920  par  la  Revue  neurologique.  Depuis,  le  traité  d’Achard  (2) 
condensant,  entre  autres,  une  série  de  recherches  sur  l’élimination  créati- 
ni(|ue  et  les  coefficients  urinaires,  est  venu  apporter  un  complément  utile 
aux  données  sus-mentionnées. 

Etant  donné,  d’une  part,  les  notions  précédentes,  etd’autre  part  la  con¬ 
ception  qu’on  se  faisait  de  la  rigidité  parkinsonienne  considérée  comme 
une  hypertonie,  les  recherches  chimiques  concernant  l’état  parkinsonien 
devaient  nécessairement  prendre  pour  objet  l’étude  de  l’élimination  créati- 
nique.  Cette  étude,  faite  par  Koch  (0),  conclut  à  l’élimination  exagérée  des 
corps  créa  ti  niques  dans  les  états  parkinsoniens.Toulefois,dansun  travail  ré¬ 
cent,  J.  Turriès  (4)  a  été  frappé  de  l’absence  d’hypercréatininémie  chez  le 
paYkinsonien.  Le  dosage  exécuté  dans  six  cas  a  donné  :  0  gr.  015,  0  gr,  018, 
Ogr.  025,  0  gr.  019,  Ogr.  021,  Ogr.  017  et  Ogr.025 

Nous  avons  à  notre  tour  recherché  c[uelles  étaient  l’élimination  créati- 
nicjue  et  la  créatininémie  du  parkinsonien.  De  l’étude  de  sept  cas  (110  do¬ 
sages),  aucune  conclusion  nette  ne  se  dégage  jus([u’ici. 


La  nécessité  dès  lors  s’imposait  à  nous  de  porter  nos  recherches  sur  l’au¬ 
tre  métabolisme  de  consommation  musculaire,  le  métabolisme  hydrocar- 
honé.  Nous  y  étions  d’autant  plus  incités  (|ue  l’un  de  nous  avait  été  con¬ 
duit,  par  des  recherches  déjà  exposées  ici  meme,  à  douter  du  caractère 
hypertonique  de  la  rigidité  parkinsonienne.  Avant  d’exposer  nos  résultats, 
il  nous  paraît  nécessaire  de  résumer  succinctement  la  conception  ([ue  l’on 
peut  se  faire  actuellement  de  l’intoxication  acide  et  des  moyens  de  défense 
dont  dispose  l’organisme  pour  lutter  contre  ladite  intoxication  (5).  C’est 
qu’en  effet  il  est  permis  de  supposer  que  la  suractivité  de  la  fonc¬ 
tion  dite  c/omg/ie  du  muscle  aboutit  à  une  surproduction  de  composés 
acides  et  à  la  viciation  des  processus  auxquels  leur  transformation  est  nor¬ 
malement  soumise. 

Dès  leur  arrivée  daifs  le  milieu  sanguin,  les  acides  sont  neutralisés 
par  le  jeu  des  substances  dites  «  tampons  »  (globulines,  phosphates,, 
bicarbonates).  L’épithélium  rénal  substitue  à  ce  mécanisme  de  protec- 

(1)  Henri  Piéron.  Les  formes  et  le  mécanisme  nerveux  du  tonus.  Tonus  de  repos. 
Tonus  d’attitude.  Tonus  de  soutien,  liaiiie  NeiiniUiiii'lue,  iuao.  page  986. 

(2)  Ch.  Achard.  TroiibU'n  des  ee/mui/e.s  nulrdijs...  Masson,  édit.,  t.  II,  I92t)'. 

(3)  Kocii,  cité  par  Aeliard,  loco  ciiahi. 

(4)  J.  Turries.  Créatinémie  et  métaliolisme  oréatinique.  T/iè.sr,  Montpellier.  1926. 

-Montané,  édit. 

(.^)  Nous  ne  considérons  pas  ici  l’acidose  «  gazeuse  »  où  l’acide  carbonique  seul  entre 
en  jeu. 


SOCIÉTÉ  DE  NEUnOLOOIE 


43(j 

lion  où  la  ventilation  pulmonaire  intervient  au  premier  plan,  un  méca¬ 
nisme  de  neiilralisation  vraie,  à  l’aide  d’une  secrétion  qui  lui  est 
propre,  la  sécrétion  ammoniacale.  Jointe  à  l’excrétion  des  phosphates 
acides,  la  sécrétion  ammoniacale  permet  donc  à  la  «  réserve  alcaline  »  et 
a  fortiori  au  PH  sanguin  de  ne  présenter  normalement  cpie  des  oscillations 
de  i'aihle  amplitude.  Les  substances  tampons  jouent  seulement  le  rôle  de 
«  convoj'eurs  »,  selon  rex|)ression  de  M.  Ghambon  (1). 

L’épithélium  rénal  est-il  déficient,  le  PH  est  sauvegardé  par  la  mobili¬ 
sation  de  la  réserve  alcaline,  véritable  masse  de  maïucuvre  Les  acides 
en  excès  libèrent  imrtiellemcnt  l’acide  carboni([ue  dans  ses  combinaisons 
sanguines  labiles  et  le  dosage  du  gaz  carbonicpie  t[ue  le  sang  est  suscep¬ 
tible  délibérer  décèle  l’intervention  de  ce  deuxième  mécanisme  régula¬ 
teur  de  la  concentration  ionicpie  du  milieu  intérieur.  L'analyse  montre 
dès  lors  une  diminution  de  la  réserve  alcaline. 

Les  diO'érents  stades  de  l’intoxication  acide  sont  donc  successivement 
niar([ués  : 

1°  l^ar  l’auginentalion  du  taux  de  l’ammoniaque  urinaire,  comparée"  à 
l’élimination  d’éléments  azotés  déterminés  ;  c’est  cette  comparaison  (|ue 
ligure  le  coellicient  de  Maillard-Lanzenberg  sous  la  forme  du  rapport, 

Azote  ammoniacal  -+-  Azote  aminé 
Azote  uréi(|ue  -|-  Azote  ammoniacal  -t-  Azote  aminé. 

2"  Par  la  diminution  de  la  réserve  alcaline  ; 

3°  Par  l’abaissement  du  PH  sanguin,  prémonitoire  d’accidents  généraux 
d’une  extrême  gravité.  Le  PH  oscille  normalement  entre  7,30  et  7,50.  Scs 
valeurs  extrêmes  à  l’état  pathologi(|uc  ne  dilTèrent  guère  de  plus  de  deux 
unités  à  la  première  décimale  en  deçà  de  7,30  ou  au  delà  de  7,50. 

Dans  l’acidose  fruste,  il  nefautguère  s’attendre,  semble-t-il,  à  constater 
de  variations  du  PH  sanguin.  C’est  donc  à  l’élude  des  modifications  de  la 
réserve  alcaline,  et,  au  premier  chef,  du  coellicient  de  Maillard-Lanzen¬ 
berg  qu’il  faut  s'attacber. 

Nous  n’ignorons  pas  que  la  valeur  de  ce  coelficicnt  a  été  parfois  mise  en 
doute  et  (|ue  l’on  préfère  actuellement  l’étude  de  l’élimination  urinaire 
des  acides  organiques.  Il  y  aurait  beaucoup  à  dire,  du  point  de  vue  chi¬ 
mique,  sur  les  techni(|iies  auxcpielles  on  a  recours  pour  cette  dernière 
étude  et  ce  seul  point  de  vue  suffit,  nous  semble-t-il,  à  mettre  en  doute 
les  résultats  ainsi  obtenus.  Par  contre,  le  coefficient  de  Maillard  Lanzen- 
b(M'g  répond  à  une  tecbnique  très  satisfaisante.  Reposant  déplus  sur  une 
base  physiologique  difficilement  critiquable,  il  nous  paraît  un  test  très 
fidèle  d'acidose  ou  d’alcalose.  L’un  de  nous,  en  collaboration  avec 
P.  Savy  (2),  s’est  attaché  à  sori  étude  à  l’état  normal  et  dans  les  états 

(I)  .M.  Cii.cMnoN.  Déli'i'iiiiiiiitiiin  simple  liazoïiKHriipie  des  imis  CO''  et  CO'  II.  Hiille- 
liii  (les  Srieiiee.s  l'Iiaimaml..  n"  r>,  mai  lUéti. 

(é)  l>.  Savy  et  !..  Vm.i.i-/..  Valeur  du  coellicient  de  Maillard-l.an/.enùert' dans  le 
diaiçnuslic  des  alïeclious  liépati(pi(js.  ,J(jiirn(il  de.  médecine,  de  I.i/un,  ‘.iO  juillet  I!J2I>. 


SÉANCE  DU  i  NOVEMBRE  192G 


/IS? 


438 


SOCIÉTii  lÆ  NIÎUItULOGlIi 


hépati([ues.  Il  a  fait  sur  lui-niùme  la  recherche  du  rapport  de  Maillard- 
Lanzenberg  pendant  trente  jours  consécutifs,  à  trois  heures  différentes 
de  la  journée  (10  heures,  10  heures,  21  heures).  Dans  les  90  résultats 
obtenus,  les  extrêmes  sont  5,  4  et  7,2  ;  72  résultats  se  maintiennent  entre 
0,0  et  0.  Par  opposition,  dans  les  cas  de  cirrhoses  ascitiques  ou  anasci- 
tiques,  le  rapport  est  généralement  supérieur  à  10  et  oscille  le  plus  souvent 
entre  15  et  30. 


Nos  analyses  concernant  l’étude  du  rapport  de  Maillard-Lanzenbcrg 
dans  les  états  parkinsoniens  sont  au  nombre  de  350.  Elles  concernent  11 
malades.  Nous  nous  sommes  attachés  à  les  multiplier  le  plus  possible 
pour  un  malade  donné.  Bien  nous  en  a  pris.  Ici,  contrairement  fi  ce  qui  . 
se  passe  chez  le  normal  ou  l’hépatique,  les  variations  horaires  sont  consi¬ 
dérables  et  les  chiff  res  varient  encore  beaucoup  suivant  le  degré  de  fatigue 
du  malade.  Voici,  en  effet,  les  particularités  que  nous  avons  relevées.  Alors 
qu’à  l’état  normal  le  coefficient  reste  inférieur  à  8  et  oscille  le  plus  souvent 
entre  3  et  7,  nous  l’avons  vu  ici  atteindre  15  (trois  cas),  18  (quatre  cas)  et 
même  25(deux  cas).  Mais  chez  ces  mêmes  malades,  le  coefficient  descendait 
à  d’autres  moments  à  3  ou  4.  Dans  la  même  journée,  nous  avons  consigné 
des  variations  de  11  à  25,  soit  une  différence  de  14  environ.  C’est  générale¬ 
ment  à  midi  que  le  coefficient  est  le  plus  bas  et  le  .soir  le  plus  élevé.  Le 
matin,  au  réveil,  le  eoellieient  se  rapproche  de  celui  du  soir,  parfois 
même  il  le  dépasse  (courbe  II).  Ajoutons  encore  que  le  jour  d'entrée 
à  l’hôpital,  jour  de  fatigue,  de  surmenage  relatif,  le  coefficient  est  plus  bas 
que  les  jours  suivants  (courbes  III,  IV  et  VI),  ce  (jui  semble  impliquer 
la  nécessité  d’un  certain  repos  pour  (|ue  le  parkinsonien  puisse  élimi¬ 
ner  les  dérivés  acides  produits  selon  toute  vraisemblance  par  un 
fonctionnement  anormal  de  son  appareil  neuro-musculaire.  Les  5  courbes 
que  nous  reproduisons,  ayant  trait  à  l’étude  prolongée  de  5  états  par¬ 
kinsoniens,  permettront  de  se  faire  une  idée  de  nos  résultats.  Elles 
acquièrent  toute  leur  valeur  lors([u’on  les  met  en  regard  de  celle  qui  con¬ 
cerne  l’un  de  nous  (courbe  I).  Dans  ce  cas,  les  variations  horaires  sont  à 
peine  appréciables,  et  si  le  niveau  subit  (|uel(|ues  modifications  d’un  jour 
à  l’autre,”  c’est  en  raison  des  perturbations  provoejuées  expérimentalement 
par  l’inge.stion  d’acide  |)hosi)horiquc  ou  de  bicarbonate  de  soude.  Chez 
deux  de  nos  malades  (courbes  II  et  V>,  nous  avons  de  méhie  fait  tomber 
le  coefficient  de  12  et  18,  à  (|uel([ues  dixièmes  par  la  simple  ingestion  de 
bicarbonate  de  soude  (15  gr.),  montrant  du  même  coup  qu’il  était  bien  un 
témoin  d’acidose  ou  d’alcalose. 

Nous  nous  sommes  demandé  si  l’élévation  du  rapport  de  Maillard- 
Lanzenberg  dans  les  états  parkinsoniens  ne  pouvait  pas  dépendre  d’un 
trouble  du  fonctionnement  hépatique.  Mais  les  variations  considérables 
au  cours  d’une  même  journée  ne  sont  guère  en  faveur  de  cette  hypothèse. 
D’autre  part,  l’absence  permanente  d’urobiline  et  de  corps  cétoniques, 


SÉANCE  DU  ‘i  NOVEMBRE  1926 


439 


l’absence  de  symptômes  cliniques  d’insufiisance  hépatique,  la  similitude 
des  résultats  obtenus  chez  des  parkinsoniens  de  date  et  d’àge  différents 
nous  obligent  à  incriminer  une  cause  «  extra  hépatique  ». 

Pourrait-on  songer  à  la  déficience  d’un  t'oie  dont  les  réserves  en  glyco¬ 
gène  auraient  été  appauvries  —  par  suite  d’une  consommation  musculaire 
excessive  —  et  qui,  comparable  à  un  foie  diabétique,  déterminerait  dès 
lors  une  intoxication  acide  Nous  ne  le  croyons  pas.  Le  coefficient  ne 
devrait  pas  être  aussi  bas  le  jour  de  l’entrée  à  khôpital,  c’est-à-dire  le 
jour  où  le  malade  arrivant  le  plus  souvent  de  loin  est  le  plus  surmené. 
Nous  avons  d’ailleurs  tenté,  en  combinant  l’ingestion  massive  de  sucre  et 
le  traitement  insulinien,  à  pourvoir  chez  une  malade  observée  (courbe  III) 
au  déficit  en  glycogène  que  nous  venons  de  supposer.  Le  coefficient  des 
Maillard-Lanzenberg  n’a  présenté  aucune  modification  les  deux  premiers 
jours.  Il  a  baissé  sensiblement,  il  est  vrai,  le  troisième  et  le  quatrième  jour. 
Biais  cette  baisse  tardive  ne  permet  guère  de  s’arrêter  à  l'idée  d’une  aci¬ 
dose  par  insuffisance  fonctionnelle  du  foie  due  à  l’appauvrissement  de 
ses  réserves  en  glucides.  Comment  donc  interpréter  les  résultats  obtenus. 


Les  constatations  chimiques  sur  lesquelles  nous  venons  d’attirer  l’atten- 
ffon,  que  pourront  trouver  paradoxales  tous  ceux  qui  sont  convaincus 
que  la  rigidité  parkinsonienne  est  une  hypertonie,  ne  nous  ont  pas  sur¬ 
pris,  car  les  recherches  systématiques  poursuivies  par  l’un  de  nous  et 
exposées,  ici  même  dans  plusieurs  notes  nous  avaient  convaincus  du  con¬ 
traire. 

Après  avoir  mis  en  évidence  les  variations  considérables  que  présente 
cette  rigidité  suivant  l’attitude  générale  du  corps,  après  avoir  constaté 
ff.Be  les  attitudes  difficiles  à  tenir  la  renforcent,  que  le  repos  com¬ 
plet  la  fait  disparaître,  tout  au  moins  chez  le  parkinsonien  léger  et  moyen, 
Bprès  avoir  retrouvé  dans  tous  les  états  de  déséquilibre,  au  moyen  du  test 
du  poignet,  une  rigidité  temporaire  quel([ue  peu  comparable,  nous  avons 
cté  conduits  à  admettre  que  le  mécanisme  de  stabilisation  a  minima  du 
parkinsonien  étant  en  défaut,  intervient  un  mécanisme  de  stabilisation  de 
renfort  qui  met  le  malade  en  état  de  contraction  semi  permanente.  Cette 
contraction,  qui  se  règle  pivant  que  l’attitude  du  malade  rend  sa  stabili- 
satiou  plus  ou  moins  litigieuse,  s’apparente  aux  contractions  cloniques 
quoiqu’il  en  semble.  Elle  est  d'ailleurs  très  rapidement  génératrice  de 
fatigue,  fatigue  que  n’entraîne  pas  le  tonus  statique  assuré  dans  les 
conditions  normales.  L’une  de  nos  malades,  dont  nous  reproduisons  la 
Courbe  de  variations  du  rapport  de  Maillard  Lanzenberg  (courbe  V), 
présentait  de  toute  évidence  un  tonus  statique  déficient.  Lorsqu’on 
1  asseyait,  sa  tète  et  son  tronc  s’effondraient,  selon  la  position  dans  la 
quelle  on  l’avait  placée,  et,  semble-t-il,  par  simple*  inertie,  en  avant, 
en  arrière  ou  de  côté.  On  ne  pouvait  pas  ne  pas  incriminer,  dans  ce  syn- 
tlrome  strié  post-encéphalitique,  une  déficience  du  tonus  statique  s’asso- 


440 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


ciant  à  un  état  de  contraction  —  du  type  parkinsonien  —  des  nuiscles  des 
menil)res,  qui  paraissait  en  quelque  sorte  tenter  mais  en  vain  d’y  remé¬ 
dier. 

Ainsi  donc,  il  est  à  se  demander  si  la  rigidité  parkinsonienne,  si  para¬ 
doxal  ([ue  cela  puisse  paraître,  ne  s’apparente  pas  jjlus  à  la  contraction 
dynamique  qu’à  un  véritable  trouble  du  tonus,  et  cette  hypothèse, 
qu’avait  suggérée  à  l'un  de  nous  l’étude  attentive  des  caractères  de  la 
rigidité  parkinsonienne,  est  bien  loin  d’étre  contredite  par  les  recherches 
chimi(|ues  que  nous  venons  d'entreprendre. 

Toutefois,  nous  ne  voulons  pas  tirer  de  ces  recherches  des  conclusions 
prématurées.  Nous  avons  voulu  seulement  montrer  qu’il  serait  imprudent 
de  trop  borner  son  horizon,  de  trop  spécialiser  ses  recherches,  si  l’on  veut 
résoudre  en  toute  indépendance,  en  s’aidant  de  constatations  chimiqnes, 
l’x  (|u’est  la  rigidité  parkinsonienne.  Les  premiers  résultats  obtenus  et 
succinctement  exposés  dans  ce  premier  mémoire  incitent  à  étudier,  dans 
les  états  parkinsoniens,  avec  l'élimination  créatinique,  le  coefficient  de 
Maillard-Lanzenberg,  la  réserve  alcaline  (1)  et  peut-être  même  le  PH 
sanguin.  11  faudrait  encore  préciser  la  nature  de  l’élément  acide  et  en 
particulier  s’orienter  vers  la  recherche  et  le  dosage  de  l’acide  lactique 
urinaire  et  sanguin.  Il  serait  souverainement  imprudent  de  préjuger  des 
résultats  que  l’on  obtiendra  à  ces  difl’érents  points  de  vue.  Cette  étude 
attentive  n’aura  t  elle  pas  un  jour  une  sanction  thérapeutique?  On  peut 
se  demander  par  exemple  si  l'état  parkinsonien  ne  commande  pas  un 
régime  alimentaire  déterminé,  et  encore,  si  l’efficacité  du  traifement  par 
l’hyoscine  ne  serait  pas  ([uelque  peu  modifié  par  l'adjonction  d’un  traite, 
ment  insulinien,  modificateur  du  métabolisme  des  glucides  au  niveau  du 
muscle. 

XII.  —  La  roue  dentée  appartient- elle  en  propre  à  la  rigidité  par¬ 
kinsonienne,  ou  est-elle  le  fait  de  toute  rigidité  de  déséquili¬ 
bre  ?  par  MM.  J.  Froment  et  A.  Ciiaix  (de  Lyon). 

Lorsque  examinant  un  ataxique  et  le  soumettant  à  l’épreuve  de  Rom- 
herg,  on  cherche  au  cours  de  celle-ci  le  test  du  poignet  figé,  au  moment  où 
le  malade,  les  yeux  fermés,  titube,  on  perçoit  souvent  un  enraidissement 
transitoire  du  poignet  qui  soudain  semble  se  gripper. 

Que  si  le  malade  gardant  toujours  les  yeux  fermés,  on  lui  donne  l’ordre 
de  déplacer  brusquement  la  tête  en  haut,  adroite,  à  gauche,  en  haut,  en 
bas,  etc...,  puis  de  l’arrêter,  non  seulement  on  exagère  les  oscillations  du 
tronc  dans  une  très  notable  proportion,  mais  encore  l'on  accroît  et  l’on 


(1)  Vuici  les  premiers  résultats  obtenus  en 


1!.  courbe  II 
L.  courbe  V 
J.  L. courbe  IV 


midi  (10-57 
sok  50-50 
muli  52-50 
soir  4(1-48 
midi  56-54 
soir  48,3-48,3 


ce  qui  concerne  la 


réserve  alcaline  : 


SÉA,NCE  DU  4  NOVEMBRE  1926 


441 


prolonge  la  rigidité  du  poignet.  L’observateur  qui  le  mobilise  éprouve 
par  instants  une  résistance  très  forte,  tandis  qu’à  d’autres,  la  [résistance 
étant  un  peu  moindre,  il  éprouve  très  nettement  la  sensation  de  crans 
d'arrêt,  scandant  en  quelque  sorte  le  mouvement  qu’il  imprime.  Que  s’est- 
il  passé  ?  L’épreuve  de  Romberg  aggravée  à  laquelle  on  a  soumis  le  malade 
a  mis  sa  statique  en  péril,  entraînant  la  mobilisation  du  mécanisme 
Stabilisateur  de  renfort.  Or  ce  dernier  fige  plus  ou  moins  le  bras  'pour  'lui 
assurer  sans  doute  une  relative  fixité  et  lui  permettre  de  jouer  s’il  y  a^lieu 
le  rôle  du  balancier. 

»  Le  test  du  poignet  figé,  ainsi  que  l’un  de  nous  l’a  montré  avec  H. 
Gardère  (1),  apparente  en  quelque  manière  les  troubles  de  l’étiuilibre  et 
l’état  parkinsonien.  Il  peut  être  considéré  comme  le  signal  symptôme, 
le  détecteur  des  perturbations  du  mécanisme  de  stabilisation  a  minima, 
le  témoin  de  l’intervention  du  mécanisme  de  stabilisation  de  renfort  ou 
d’alerte.  »  La  rigidité  parkinsonienne,  variable  suivant  l’attitude  générale 
du  coi’ps,  et  pourrait-on  dire  conditionnelle,  ne  serait  selon  nous  que 
l’expression  d’un  état  dystasique  compensé,  tant  bien  que  mal,  par  un 
effort  de  suppléance. 

Il  n’est  pas  ([uestion  bien  entendu  d’assimiler  cet  état  dystasique  aux 
troubles  de  l’équilibre  de  l'ataxique.  Chez  le  tabétique  ce  n’est  que  dans 
certaines  circonstances  bien  déterminées  que  le  mécanisme  de  stabilisa¬ 
tion  a  minima  risque  de  se  montrer  insuffisant,  tandis  que  plus  ou  moins 
faussé  chez  le  parkinsonien  il  paraît  être  devenu  incapable  à  lui  seul  d’as¬ 
surer  la  station  debout. 

La  rigidité  parkinsonienne,  s’il  en  était  ainsi,  aurait  pour  équivalent 
physiologique  la  rigidité  de  déséquilibre  que  provoque  incidemment 
chez  le  normal  et  le  non-parkinsonien,  toute  statique  litigieuse. 

C’est  qu’en^effet  rien  n’est  plus  facile  que  de  provoquer  incidemment 
chez  le  normal  expérimentalement  la  rigidité  du  poignet.  Il  suffit  de  le 
prier,  les  pieds  joints,  de  se  jucher  sur  les  talons,  en  levant  la  pointe  des 
pieds.  La  rigidité  du  poignet  apparaît  au  moment  même  où  il  se  met  à 
■vaciller.  Il  y  a  mieux.  Le  sujet  normal  ferme-t-il  les  yeux  et,  gardant 
toujours  les  pieds  joints,  passe-t-il  successivement  et  lentement  de  la 
station  sur  les  talons  à  la  station  sur  la  pointe  des  pieds  et  vice  versa,  on 
voit  tout  comme  chez  le  tabétique  dans  l’épreuve  de  Romberg  aggravée, 
apparaître  une  rigidité  du  poignet  avec  crans  d’arrêt  scandant  les  mouve¬ 
ments  provoqués.  Moins  le  sujet  observé  sera  un  virtuose  de  l’équilibre, 
plus  l’épreuve  sera  concluante. 


Nous  sommes  ainsi  conduits  à  remettre  en  question  l’opinion  classique 
fiui  considère  la  roue  dentée  comme  étant  pathognomoni{[ue  de  l’état  par¬ 
kinsonien.  Si  l’on  n’envisage  que  le  phénomène  en  lui-même  sans  tenir 

(1)  Froment  et  Gardùre.  Test  du  poignet  figé  et  troubles  de  l’équilibre.  Stabili¬ 
sation  a  minima  et  stabilisation  renfermée.  Soc.  de  Neurologie,  4  mars  1926. 

—  T.  rl,  N»  b,  NOVEMBRE  1926. 


I.OOIQUB. 


29 


SOCIÉTÉ  DE  NEVnOLOGJE 


U-l 

compte  des  attitudes  qui  le  font  apparaître  ici  ou  là,  nous  ne  voyons  pas 
(|uelle  dill'érence  fondamentale  sépare  la  roue  dentée  parkinsonienne  de 
celle  (|ue  l’on  peut  provo(|uer  chez  le  normal  et  le  non  parkinsonien, 
expérimentalement. 

Certes,  la  crémaillère  que  l’on  a  fait  ici  apparaître  arlificiellement  a 
généralement  des  crans  d’arrêt  un  peu  plus  espacés  que  celle  mise  en  évi¬ 
dence  chez  le  parkinsonien.  Elle  est  aussi  beaucoup  plus  fugace.  Mais  ce 
ne  sont  là  que  nuances  sur  lesquelles  on  ne  saurait  s’appuyer  pour  nier  la 
parenté  des  deux  phénomènes.  Car  la  roue  dentée  du  parkinsonien  varie 
elle-même  beaucoup  suivant  l’attitude  considérée. 

Il  n’est  pas  jusqu’aux  traits  de  ressemblance  suivants  (|ue  l’on  ne  puisse 
retenir  :  les  crans  d’arrêt  disparaissent  dans  un  cas  comme  dans  l'autre 
lors(|u‘il  n’y  a  plus  de  problème  statique  ou  encore  lorsque  le  péril  statique 
atteignant  sa  phase  la  plus  criticpie  la  rigidité  est  à  son  maximum. 

La  méthode  graphique  objectivant  ce  que  consigne  la  simple  observa¬ 
tion  montre  dans  les  deux  cas  une  ligne  ondulante  à  festons  plus  ou  moins 
grands  et  plus  ou  moins  nombreux.  Lors(|ue  le  tambour  récepteur  a  été 
placé  au  niveau  du  corps  des  extenseurs  du  poignet,  c’est  au  moment  de 
la  flexion  passive  de  celui-ci  ((u’on  les  voit  apparaître.  Comment  pour- 
rait-on  s’appuyer  sur  de  tels  tracés  pour  opposer  la  roue  dentée  parkinso¬ 
nienne  à  la  roue  dentée  de  déséquilibre,  pour  leur  dénier  toute  parenté, 
nous  ne  le  voyons  pas.  Si  bien  qu’endernière  analyse,  ayantréussià  provo¬ 
quer  expérimentalement  chez  le  normal  et  le  non«parkinsonien  une  rigi¬ 
dité  de  désé([uilibre  avec  roue  dentée,  nous  en  arrivons  à  penser  que  la 
rigidité  parkinsonienne  s’accompagne  de  roue  dentée,  tout  simplement 
sans  doute  parce  (|u’elle  aussi  à  sa  manière  est  une  rigidité  de  déséciuili- 
bre  ou  plus  exactement  une  rigidité  dystasiepie. 

XII.  —  Roue  dentée  et  rigidité,  suivant  l’attitude  du  parkinso¬ 
nien,  varient  dans  le  même  sens  ou  en  sens  contraire,  par 

MM,  J.  Froment  et  A.  Ciiai.x  (de  Lyon). 

Le  phénomène  décrit  par  Negro  (1)  et  par  Harold  Mayer  (2)  a  pu  être 
considéré  comme  un  des  traits  qui  contribuent  le  plus  à  donner  à  la  rigi¬ 
dité  parkinsonienne  sa  physionomie  propre.  Aussi  convient-il  de  s’atta¬ 
cher  à  en  bien  fixer  les  caractères. 

Rigidité  et  roue  dentée,  nous  l’avons  déjà  montré,  varient  en  fonction 
de  l’attitude  statique  générale  du  corps.  «  Dans  le  repos  statique  vrai 
(fauteuil  colonial),  écrivait  l'un  de  nous,  on  voit  disparaître  Ja  réaction 
aux  mouvements  passifs  des  muscles  op])osanls  et  l’on  obtient  l’état  de 

(1)  Dans  Osservazioni  sulla  simiromc.  parkin.soniana  (loU’encefalilc  letarRica  (Mi 
nnvd  Mnlira,  anno  1,  ri»2,  1”  déc.cmbro  1!I21  ),  le  Prof.  G.  Neprro  parlant  (l(^  la  roue  den¬ 
tée  dit  que  c’est  un  pliénomèn(!  «  che  io  ho  coinmunicato  venti  onni  fa  al  congresso  di 
fisiologia  di  Torino  »  (Vegyasi  Archwex  italiennes  de  Ifio/on/e,  puhiicati  da.  A.  Mosso, 
1901). 

(2)  MAVun  ItAiioi.D.  N.  Journal  of  lhe  American  Med.  Ass.,  vol.  LVII,  n"  27,  30  dé¬ 
cembre  1911,  p,  2125. 


SÉANCE  nu  4  NOVEMBRE  H)2(i  443 

souplesse.  La  rigidité  et  la  roue  dentée  reparaissent  dés  (|ue  la  staticpie  de 
passive  (|u'elle  était  redevient  active.  Tout  se  passe  en  somme  comme  si 
la  rigidité  et  la  roue  dentée  (pareilles  en  ceci  au  tremblement)  étaient  fonc¬ 
tion  chez  les  parUinsoniens  d’un  véritable  élal  Jystasiqiie  ».  Il  ne  s’agis¬ 
sait  pas  là  d'une  simple  impression  subjective  susceptible  de  varier  avec 
le  coelïicient  i)ersonnel.  La  méthode  graphique  nous  a  permis avec’H.  (lar- 
dère  et  M"’*-’  Vincent-Loison  (1)  d’objectiver  par  des  tracés,  ces  variations 
([lie  leur  ordre  de  grandeur  mettent,  nous  semble-t-il,  au-dessus  de  toute 
contestation. 

Mais  une  question  restait  à  élucider  : 

Les  variations  selon  l’attitude,  de  la  rigidité  et  de  la  roue  dentée  sont- 
elles  de  même  sens  pour  toutes  les  attitudes  considérées  ? 


Voici  une  jeune  lille  de  20  ans,  qui  consécutivement  à  une  encéphalite 
épidémique  présente  un  état  figé  peu  accentué,  sauf  au  niveau  du  bras 
gauche  qui  est  atteint,  par  ailleurs,  de  tremhlement  intermittent. 

L’examine-t-on  debout  ?  On  constate  une  rigidité  nette  avec  roue  dentée 
flue  l’on  peut  mettre  en  évidence  par  les  mouvements  passifs  alternatifs 
de  flexion  et  d’extension  de  l’avant-bras  ou  du  poignet  gauche.  Lorsque 
les  pieds  sont  joints  et  accolés  par  leur  bord  interne,  la  roue  dentée  est 
plus  accusée  (|uelors(|ue  le  polygone  de  sustentation  est  nettement  élargi. 
Elle  paraît  encore  s’accuser  lorsejue  les  yeux  sont  fermés. 

Demande-t-on  à  la  malade  de  se  jucher  sur  les  talons  en  détachant 
du  sol  la  pointe  des  pieds,  la  rigidité  s’accentue  très  notablement 
tandis  que  toute  roue  dentée  disparaît  ;  tout  au  moins  lorsque  la  malade, 
perdant  un  peu  son  écpiilibre,  se  met  à  osciller,  ou  encore  lorsque  l'on  a 
provoqué  artificiellement  pareil  désé([uilibre. 

Soumettons  cette  même  malade  au  test  du  comptoir  (que  nous  avons 
décrit  dans  une  communication  faite  à  la  Société  de  Neurologie  le  ()  mai  1926). 
Lorsqu’elle  s’incline  en  avant  pour  prendre  lentement  un  verre  sur  une 
table  avec  la  main  droite,  tandis  que  l’on  explore  la  souplesse  du  poignet 
gauche,  on  consigne,  selon  la  distance  qui  sépare  le  sujet  de  l’objet,  les 
Variations  suivantes  : 

La  distance  est-elle  minime  ?  Il  n’y  a  ni  rigidité,  ni  roue  dentée.  Est¬ 
elle  par  contre  portée  à  «es  limites  extrêmes,  limites  fixées  par  la  possibi¬ 
lité  de  préhension  ?  La  rigidité  est  à  peu  près  pure  de  toute  roue  dentée. 
C’est  entre  ces  deux  extrêmes  que  la  roue  dentée  atteint  son  maximum. 

Il  ne  s’agit  jfas  là  d’un  fait  particulier.  Les  occasions  de  le  vérifier  ne 
manquent  pas,  au  neurologiste,  depuis  l’épidémie  d’encéphalite  de  1920.  Il 
est  littéralement  submergé  par  des  parkinsoniens  de  tous  degrés,  de  tous 
âges,  de  toute  ancienneté.  Tous  ceux  que  nous  avons  examinés  systémati¬ 
quement  à  cet  égard  nous  ont  présenté  des  variations  de  même  ordre. 

(1)  J.  LnoMENT,  II.  (lAnoÈtui  (!t  M ViNCUNT-I.oisoN.  Sociillé  de  Biologie  (réunion 
'k'  Lyon),  22  décombro  l'j25,  t.  XCIV,  p.  52. 


444 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


C’est  toujours  lorsque  le  sujet  a  été  placé  dans  des  attitudes  difficiles  à 
tenir  que  l’on  assiste  à  cette  curieuse  dissociation  de  la  rigidité  et  de  la 
roue  dentée.  Il  va  sans  dire  que  ces  attitudes  ne  sont  pas  les  mêmes  d’un 
sujet  à  l’autre  et  quelles  sont  plus  nombreuses  chez  le  grand  parkinso¬ 
nien  dystasique  au  suprême  degré  que  chez  le  petit  parkinsonien  qui  l’est 
à  peine. 

Voilà  précisément  une  parkinsonienne  toute  ligée,  même  au  lit,  bras  et 
j'amhes  raides  et  demi-lléchis.  Lors([u’on  recherche  la  roue  dentée  sans 
la  changer  d’attitude,  on  la  met  aisément  en  évidence.  On  la  retrouve 
encore  quand  la  malade  est  assise  au  bord  du  lit,  le  dos  étayé  par  un  aide. 
Mais  dès  cjue  celui-ci  délaisse  son  poste  et  que  la  malade  cherche  à  éviter 
la  chute  en  arrière  dès  lors  inévitable,  la  rigidité  du  poignet  s’amplifie 
notablement,  tandis  que  s’efface  complètement  la  roue  dentée. 

Met  on  la  même  malade,  autant  c|ue  faire  se  peut,  debout,  équilibre  fort 
instable.  Quand  bien  même  elle  s’accote  au  lit,  poignet  et  avant-bras  sont, 
pourrait-on  dire,  grippés.  Ils  résistent  très  fortement  aux  mouvements 
provoqués.  Mais  la  roue  dentée,  là  encore,  est  absente  ;  l’amplitude  des 
mouvements  demeurant  égale  à  celle  précédemment  obtenue. 


Le  phénomène  de  la  roue  dentée  ne  serait-il  pas  en  quelque  sorte  com¬ 
parable  au  suivant.  Voici  un  homme  ([ui  cherchant  à  entrer  par  effraction 
pousse  vigoureusement  une  porte.  La  serrure  a  cédé,  mais  la  porte  résiste 
encore.  Contre  elle  s’accote  vigoureusement  de  l’autre  côté  le  défenseur 
du  lieu. 

L’agresseur  qui  déployant  toutes  ses  forces  refoule  de  son  mieux  la 
porte,  sent  une  résistance  variable  devant  lui.  Tantôt  les  mouvements 
sont  lents,  comme  si  les  gongs  résistaient,  tantôt  la  porte  se  déplace 
avec  des  saccades  analogues  à  celles  que  provoquerait  une  crémaillère. 
Celles-ci  correspondent  au  moment  où  la  vigilance  de  l’antagoniste,  lassé 
ou  surpris,  est  plus  ou  moins  en  défaut.  Dans  un  sursaut  d’énergie 
redouble-t-il  ses  efforts,  les  à-coups  disparaissent  ou  se  raréfient. 

Ce  n’est  là  qu’une  image.  Et  pourtant  l’observateur  en  déplaçant  la  main 
ou  l’avant-bras  du  parkinsonien,  au  moment  où  ils  sont  en  quelque  sorte 
réquisitionnés  pour  la  statiipie,  ne  fait-il  pas  figure  de  perturbateur  ou 
d’agresseur  ? 

Tout  comme  dans  le  cas  précédent,  quoi  qu'il  en  soit,  les  crans  d’arrêt 
disparaissent  toutes  les  fois  que  la  résistance  se  renforce.  Nous  ne  préten¬ 
dons  pas  que  telle  est  bien  la  raison  d’être  delà  roue  dentée,  nous  pensons 
simplement  que  dans  l’ignorance  où  nous  sommes  de  son  mécanisme 
exact,  cette  explication,  en  vaut  bien  une  autre.  Du  moins  s’efforce-t-elle 
de  rendre  compte  des  variations  de  même  sens  ou  de  sens  opposé  de  la 
roue  dentée  et  de  la  rigidité  selon  l'attitude  générale  du  corps,  variations 
dont  ne  tenaient  pas  compte  les  explications  précédemment  données  (rigi¬ 
dité  sarcoplasmatique  ou  trouble  du  tonus  de  posture  local.) 


SÉANCE  DU  4  NOVEMBRE  1926 


4-45 


Mais  avant  de  s'engager  plus  avant,  ne  faut-il  pas,  étant  donnés  les 
liens  de  parenté  c[ui  semblent  unir  la  rigidité  parkinsonienne  et  la  rigidité 
de  dését(uilibre,  vérifier  si  dans  ces  dernières  on  n’observe  rien  de  com¬ 
parable  à  ladite  roue  dentée. 

XIV.  —  Sur  un  cas  de  polynévrite  datant  de  l’enîance,  par  MM. 

Noica  et  D.  Bagdasar  (de  Bucarest). 

Nous  donnons  ci-dessous  l’observation  clinique  d’un  malade  atteint  de 
polynévrite  datant  de  l’enfance,  et  nous  y  ajouterons  ([uelques  réflexions 
concernant  l'éliologie  de  la  maladie. 

Le  soldat  M.  A...,  âgé  de  22  ans,  fds  do  paysans,  entre  dans  notre  service  de  l’Hôpital 
roilitairc  de  Bucarest,  le  15  mars  1926,  avec  le  diagnostic  de  myélite  chronique  (?). 

Le  malade  accuse  une  gêne  accentuée  dans  les  membres  inférieurs  pendant  la  marche. 

Il  tient  do  sa  mère  que  ces  troubles  datent  de  sa  naissance  et  qu’ils  se  sont  tou¬ 
jours  maintenus  dans  le  même  état  ;  il  ne  peut  pas  donner  d’autres  renseignements 
snr  sa  mahidie  ;  il  nie  les  autres  maladies  infe.cto-contagieuses  et  vénériennes  ;  il  ne  fait 
pas  usage  de  boissons  alcooliques  et  de  tabbe. 

Anléaédenls  hérédo-collaléraiix  :  ses  parents  sont  en  bonne  santé.  Sa  mère  n’a  pas  eu 
de  fausses  couches  :  elle  a  accouché  de  huit  enfants  dont  six  sont  morts  (deux  pendant 
la  guerre  et  les  autres  de  maladies,  qu’il  ne  peut  préciser). 

L’autre  frère  âgé  de  30  ans  est  bien  portant.  Son  père  use  de  boissons  alcooliques  et 
de  tabac. 

Eial  actuel  :  11  n’accuse  rien  au  point  de  vue  subjectif,  sauf  la  gêne  fonctionnelle  pen¬ 
dant  la  marche. 

A  l’inspection,  on  observe  l’atrophie  des  membres  inférieurs,  qui  est  plus  accentuée 
Vers  les  extrémités,  c’est-à-dire  au  niveau  des  jambes  et  des  pieds  ;  au  point  que  les 
'*'oIlets  manquent  de  relief,  et  les  jambes  ont  l’air  ainsi  de  pains  de  sucre,  qui  s’amin¬ 
cissent  régulièrement  des  genoux  jusqu’aux  pieds,  ceux-ci  i)résentant  un  volume  normal  ; 
lf>  peau  des  pieds  et  des  jambes  esl  légèrement  cyanotique,  amincie  et  luisante,  et  cou¬ 
verte  seulement  d’un  On  d\ivot. 

11  n’y  a  pas  de  différence  entre  les  segments  symétriques  des  deux  membres.  L’atro- 
Phie  intéressant  les  jambes  et  les  pieds  est  égale  des  deux  côtés  et  trappe,  dès  le  premier 
abord. 

Les  mouvements  actifs  des  articulations  coxo-fémoralcs  et  des  genoux  sont  bons 
des  deux  côtés,  tandis  que  les  mouvements  des  pieds  sont  très  réduits  :  le  malade  peut 
à  peine  esquisser  les  mouvements  de  flexion  et  d’extension  des  pieds  sur  les  jambes. 

Lorsque  le  malade  est  couché,  les  pieds  restent  toujours  en  équin. 

La  force  mu, scolaire  avec  laquelle  le  malade  exécute  des  mouvements  avec  ses  pieds 
est  très  minime.  Il  n’est  pas  capable  de  se  maintenir  debout  sur  un  seul  pied,  car  il 
pseille  et  tombe.  De  même,  ibn’est'pas  en  état  de  se  maintenir  debout  sur  les  talons  et 
peut  à  peine  rester  un  instant  sur  la  pointe  des  pieds.  , 

Quand  il  est  debout  ou  quand  il  marche,  il  tient  toujours  son  tronc  légèrement  incline 
en  avant,  il  tient  aussi  la  tête  inclinée  en  avant  et  un  peu  vers  l’épaule  droite.  La  marche 
est  difficile,  et  le  malade  stoppe  en  marchant. 

Les  réflexes  rotuliens  sont  normaux  dos  doux  côtés,  tandis  que  les  achilléens  sont 
Ubolis.  Les  réflexes  cutanés  —  crémastériens  et  abdominaux  —  sont  normaux. 

Les  membres  supérieurs  sont  réduits  de  volume  en  totalité.  On  ne  trouve  pus  de 
düTérence  appréciable  entre  eux  ;  il  semble  toutefois  que  les  doux  éminences  de  la  main 
gauche  sont  plus  réduites  que  celles  de  la  main  droite.  A  l’état  de  repos  les  quatre  der¬ 
niers  doigts  sont  légèrement  fléchis  dans  leurs  articulations  phalangienncs,  le  coude  est 
Un  peu  fléchi,  et  l’avant-bras  en  légère  pronation.  Le  malade,  à  notre  demande,  ne  peut 
corriger  qu’en  partie  cette  position  et,  quand  il  cherche  à  étendre  les  doigts,  on  observe 


410 


SOCnlTÊ  DE  NEUROLOGIE 


qiio  los  doi!,4s  so  iniiLtüiil,  à  Ircniljlcr  lùffliri'mcnl,.  [.es  pouces  sont  collés  le  long  (l(ts 
doigts  voisins,  et  si  le  muludi;  \'iud,  les  iindnt('nii-  éloignés,  ii  n’y  i-éussit  ipie  pour  un  ins¬ 
tant,  car  ils  reviennent  il’eux-tnènies  à  liuir  |)osition  de.  repos.  Mn  général,  tous  les  mou¬ 
vements  actifs  des  mernhres  siipérienr.s  sont  conservés,  et  d’amplitude,  normale,  mais 
ils  sont  exécutés  lent(mient. 

Les  sensiliilités  sont  atteintes  aux  mains  et  aux  |)ii'ds,  où  on  constate  de  l’anestliésic 
tactile,  thermique  et  ilouloure.usiu  Le  malaile  ne  sait  pas  nous  dire  la  direction  des  mou¬ 
vements  (pie  nous  inqirirnons  à  ses  doigts  et  à  ses  orteils;  il  ne  [lerçoit  pas  les  vibra¬ 
tions  du  diapason  dans  les  os  dus  [lieds  et  d"S  mains. 

Le  sens  stéréognostique  est  aussi  ahoii,  il  no  reconnaît  aucun  objet  que  nous  lui  met¬ 
tons  dans  les  mains. 

Il  n’a  pas  de  troubles  sphinctériens. 

Hien  du  côté  de  la  face. 

Les  pupilles  sont  égales  et  réagissent  bien  à  la  lumière  et  à  l’accommodation. 

Ilicn  dans  les  organes  internes. 

L’examen  du  liipiide  céphalo-rachidien  n’a  rien  montré  d’anormal. 

lixamen  électrique  :  légère  hypo-excitabilité  galvanii|uo  et  faradique  dans  les 
nerfs  et  les  muscles  (bis  membres  supérieurs, plus  accentuée  du  côté  gauche;  hypo-exci' 
tabilité  légère  galvanique  ut  faradicpie  dans  les  deux  troncs  sciati({ues  ut  leurs  rainifi- 
cations  ;  l’bypo-excitahilité  est  un  peu  plus  maiapiée  dans  lu  sciatiipio  poplité  externe 
et  l’excitabilité  est  presque  abolie  au  niveau*du  tibial  postérieur  des  doux  côtés;  grande 
liypo-oxcitabilité,  galvani((ue  et  faradique  dans  los  deux  Jumeaux,  les  soléaires,  les 
extenseurs  des  orteils,  le  court  péronier  latéral,  le  jambier  antérieur  le  [lédieux. 

Réactions  lentes  et  égalité  formulaire. 

Il  existe  donc  une  R.  IJ.  partielle  aux  deux*  membres  inférieurs. 

Si  nous  considérons  à  |)i’cscnt  l’ensemble  clinique  i)i’ésenlé  [lar  le  malade 
cl  les  circonstances  au  milieu  des(|uelles  les  troubles  sont  survenus,  deux 
laits  doivent  être  spécialement  rcmanjués  :  nous  notons  d’une  jiart  une 
sé(|uellc  de  polynévrite  où  l’on  trouve  encore  tous  les  éléments  nécessaires 
pour  porter  le  diagnostic,  et  d’autre  part,  l’ajiparition  précoce  de  ces 
troubles  qui  remontent  peut-être  aux  premiers  mois  de  la  vie  du  malade. 

Nous  ne  sommes  pas  habitués  de  voir  des  cas  semblables  et  les  auteurs 
(|uc  nous  avons  consultés  n’en  l'ont  ])as  mention. 

Quelle  a  été  la  cause  de  cette  polynévrite  ? 

S’est-il  agi  d’un  [irocessus  infectieux  ou  bien  d’une  cause  toxi(|ue  se  por¬ 
tant  sur  le  système  nerveux  du  nouveau-né’?  Il  est  vrai  ([ue  les  fièvres 
éruptives ([ui  sont  l'apanage  de  l’enfance  se  com|)li([ucnt  (|uel([uefois  de 
])olynévritc,  mais  les  auteurs  aux(|uels  nous  nous  sommes  adressés  (Pitres 
et  Vaillard)  ne  jiarlent  pas  d’une  telle  précocité,  car  les  sujets  dont  ils 
décrivent  les  observations  succinctes  sont  âgés  de  jilusieiirs  années  et 
ensuite  tous  leurs  malades,  ont  complètement  guéri.  Par  cansé(|uent,  ni 
grande  précocité,  ni  consécpicnces  tardives  définitives. 

Notre  malade  lui-méme  nous  dit  (|uc  sa  mère  ne  lui  a  jamais  parlé  d’une 
maladieinfectieuse  avecéruption  cutanée  et  fièvre  ;  donc  l’bypothèse  d’une 
polynévrite  après  une  fièvre  éruptive  est  inadmissible  jusqu’à  un  certain 
point.  Tout  en  considérant  les  données  des  auteurs  précédemment  cités  et 
les  renseignements  du  malade,  force  est-il  de  recourir  à  une  deuxième 
hypothèse  (|ui  comprend  l’ensemble  de  toutes  les  sortes  d’intoxications. 

Parmi  nos  jiaysans,  l'intoxicatitin  alcooli(|ue  est  la  plus  répandue  de 


SÉANCE  DU  4:  NOVEMBRE  19^6 


447 


toutes  et  son  affinité  pour  le  système  nerveux  nous  est  très  bien  connue. 
Comment  l’alcool  a-t-il  pu  déterminer  une  polynévrite  chez  un  nouveau- 
né?  Faut-il  admettre  ([uc  le  toxitpie  dont  a  usé  la  mère  ait  retenti  sur 
l’organisme  du  fœtus  en  produisant  une  atteinte  du  système  immédiatement 
nprès  raccoHchement  ?  Ou  bien  l'enfant  s’cst-il  intoxiqué  par  le  lait  de  sa 
mère  pendant  l’allaitement  ;  ou  a-t-il  subi  l’influence  de  l'alcool  par  une 
Habitude  assezrépandue  parmi  nos  paysans  qui  empoisonnent  leurs  enfants 
avec  cette  boisson  dès  les  premiers  jours.de  leur  vie  ? 

Pour  les  raisons  cpie  nous  avons  exposées,  il  faut  admettre  plutôt  l'hy¬ 
pothèse  d’une  intoxication  que  celle  d’une  infection  quelconque  agissant 
sur  le  système  nerveux  ;  ([liant  à  la  nature  du  toxi(jue,  nous  avons  discuté 
une  opinion  sans  lui  accorder  trop  de  valeur. 

Nous  nous  contentons  de  signaler  le  fait  à  titre  de  document  sans  faire  des 
commentaires  trop  étendus.  Peut-être  des  publications  ultérieures  contri- 
Hueront-elles  à  éclairer  l’étiologie  et  la  palhogénie  obscures  de  pareils  cas. 

XIV.  —  Paralysies  transitoires  sous  l’influence  du  froid  dans 

l’Amyotrophie  Charcot-Marie,  par  M.  Davidenkoff  (de  Moscou). 

Chez  4  malades,  atteints  d'atrophie  musculaire  progressive  type  Char¬ 
cot-Marie,  dont  trois  proviennent  d’une  même  famille,  j’ai  récemment 
observé  un  symptôme  assez  rare,  ([ui  attira  mon  attention  par  le  haut 
degré  de  son  développement.  11  s'agit  d'une  paralysie  paroxystiipie,  ou 
plutôt  d’une  exagération  paroxysti(|ue  de  la  parésie  permanente  qu’on 
observe  dans  les  mains  et  surtout  dans  les  doigts  de  nos  malades,  surve¬ 
nant  au  cours  d'un  refroidissement  passager. 

Les  4  malades  sont  de  jeunes  sujets,  porteurs  d’amyotrophie  type 
Ciharcot-Marie.  Les  membres  inférieurs  sont  atteints  beaucoup  plus 
profondément  que  les  membres  supérieurs,  avec  diminution  delà  sensibi¬ 
lité  superficielle  (surtout  au  courant  faradique,  avecune  diminution  de  l’ex¬ 
citabilité  électri(|ueet  réaction  de  dégénérescence  plus  ou  moins  prononcée, 
quelquefois  avec  des  douleurs  fulgurantes,  mais  toujours  sans  troubles 
oculaires,  sans  troubles  de  la  coordination,  sans  cyphoscoliose  et  sans 
Hypertrophie  nette  des  troncs  nerveux  périphériques.  Aucun  de  nos 
quatre  malades  ne  présente  detroubles  vasomoteurs  permanents  au  niveau 
des  membres  supérieurs. 

Le  symptôme  en  question  se  manifesta  d’une  manière  prononcée  dans 
la  période  où  l’atrophie  des  petite  muscles  de  la  main  était  à  peine 
■visible.  C'est  ainsi  ([u’une  de  nos  malades,  âgée  de  23  ans,  ne  se  plai¬ 
gnait  guère  que  de  l’impossibilité  do  travailler  (juand  elle  avait  froid,  et 
seul  l’examen  médical  révéla  chez  elle  l'existence  du  pied  creux  bilatéral, 
la  parésie  des  extenseurs  des  pieds,  une  aréflexie  achilléenne  et  une  atro¬ 
phie  légère  de  l’éminence  thénar  de  deux  côtés. 

Pour  que  les  mains  et  les  doigts  soient  paralysés  de  cette  manière,  il 
suffit  dans  nos  cas  d’un  refroidissement  léger  de  quelques  minutes,  p.  ex. 
pendant  le  lavage  des  mains  dans  l’eau  froide,  ou  pendant  une  course 


448 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


dans  la  rue  en  hiver  sans  f^ants,  ou  même  pendant  un  simple  séjour  dans 
la  chambre,  si  la  température  ne  dépasse  pas  10",  ll“el  même  12°  R.  Les 
malades  affirment  ([u’ils  perdent  alors  la  mobilité  de  leurs  doigts,  les 
objets  qu’ils  tiennent  tombent,  le  travail  manuel  devient  impossible,  les 
mouvementsdes  doigts  sont  faibles  et  lents.  Un  de  nos  malades,  un  employé 
de  l’Etat,  peut  encore  écrire,  en  tenant  la  plume  entre  le  médius , etl’annu- 
laire.  Chez  quelques  malades  cette  paralysie  s’accompagne  d’une  sensation 
pénible  de  froid  ou  de  douleur,  chez  d’autres  c’est  la  faiblesse  des  doigts 
([ui  seule,  sans  phénomènes  d’ordre  sensitif,  attire  leur  attention.  De 
même  chez  les  uns  la  peau  des  mains  pendant  celte  incapacité  motrice 
devient  rouge  ou  violâtre,  chez  d’autres  elle  garde  sa  couleur  ordinaire. 
Toujours  il  sulïit  d’un  court  réchauffage  pour  ([ue  l’accès  paralytique 
passeet  que  les  malades  puissent  de  nouveauaccomplir  tous  les  mouvements 
qui  d’ailleurs  chez  eux,  comme  dans  la  majorité  des  cas  d’amyotrophie 
Charcot-Marie,  restent  assez  conservés  malgré  l’atrophie  nette  des  petits 
muscles  de  la  main.  Pour  se  préserver  de  ces  accidents  fâcheux,  nos 
malades  sont  obligés  de  prendre  ([uelques  précautions.  L’un  garde  ses 
mains  toujours  dans  les  poches  pendant  les  courses  dans  la  ville,  et  arrivé 
dans  son  bureau  réclame  des  verres  de  thé  pour  réchauffer  ses  paumes. 
Une  autre  a  changé  sa  profession  :  autrefois  employée  dans  une  boutique, 
elle  travaille  maintenant  comme  laveuse  de  vaisselle,  dans  l’eau  chaude 
elle  peut  exactement  manier  les  objets.  Si  néanmoins  elle  perçoit  un  accès 
de  paralysie  par  le  froid  elle  réchauffe  ses  mains  sous  ses  aisselles,  ce  ([ui 
les  rend  aussitôt  de  nouveau  fortes  etadroites. 

En  examinant  chez  deux  de  nos  malades  le  phénomène  en  question  de 
plus  près,  nous  avons  pu  constater  dans  ces  conditions  l’apparition  d’une 
paralysie  des  muscles  de  la  main  des  phalangines  elles  phalangettes  pren¬ 
nent  alors  une  position  à  demi  fléchie,  les  phalanges  restent  étendues,  les 
mouvements  de  latéralité  des  doigts  deviennent  lents  et  très  faibles.  La 
force  des  autres  groupes  musculaires  de  l’avant-bras  et  de  la  main  dimi¬ 
nue  de  même,  mais  d’une  façon  moins  marquée.  En  quelques  minutes  la 
paralysie  disparaît  et  l’extension  complète  des  doigts  devient  de  nouveau 
.possible.  Ainsi  ce  sont  les  muscles  interosseux  qui  sont  surtout  intéressés 
dans  cette  paralysie  paroxystique.  Le  refroidissement  d’une  seule  main 
provoque  un  phénomène  unilatéral.  Les  secousses  galvaniques  deviennent- 
plus  lentes.  L’examen  capillaroscopique  montre  une  accélération  du  cou¬ 
rant  sanguin. 

Le  phénomène  en  question  était  toujours  développé  dans  les  membres 
supérieurs,  quoique  l’atrophie  et  les  parésies  fussent  prédominantes  aux 
jambes.  Une  de  nos  malades  affirmait  éprouver,  quand  elle  a  froid,  une 
difficulté  de  mouvoir  les  lèvres. 

Le  symptôme  est  très  saillant  et  les  malades  attirent  eux-mêmes  l’atten¬ 
tion  du  médecin  sur  ce  fait  remarquable. 

Il  est  impossible  de  supposer  que  ce  phénomène,  tellement  net  dans  nos 
observations,  resta  simplement  inaperçu  dans  les  descriptions  classiques 
de  l’amyotrophie  Charcot-Marie.  Evidemment,  il  ne  s’y  observe  pas  sou- 


SÉANCE  DU  4  NOVEMTinE  1020 


440 


vent.  A  ce  point  de  vue,  il  est  intéressant  de  noter  que  nous  l’avons  trouvé 
chez  3  malades  provenant  d’une  même  famille,  dont  8  membres  (en  3 
générations)  étaient  atteints.  Une  de  nos  malades  raconte  que  sa  tatite, 
qui  n’habite  pas  Moscou,  est  incapable  aussi  d’accomplir  un  travail  ma¬ 
nuel  (juand  elle  a  froid.  C’est  ainsi  que  le  phénomène  en  question  prend 
les  traits  d’un  symptôme  caractérisant  non  seulement  des  cas  isolés,  mais 
une  famille  entière. 

Dans  la  littérature  concernant  l’atrophie  Charcot-Marie,  nous  ne  trou¬ 
vons  que  peu  de  notes  à  propos  de  cette  paralysie  a  friçjore.  La  première 
mention  de  ce  phénomène  se  trouve  dans  le  travail  capital  de  1886  : 
Charcot  et  Marie,  dans  l’histoire  clinique  de  leur  observation  n°  4,  remar¬ 
quent  que  «  ces  différents  mouvements  deviennent  d’ailleurs  beaucoup 
plus  difficiles  lorsque  la  malade  a  froid  ».  Chez  cette  malade,  les  orteils 
étaient  entièrementimmobiles,  mais  «  quelquefois,  lorsqu’ellea  bien  cbaud, 
elle  peut  remuer  un  peu  le  gros  orteil  droit  ».  Nous  avons  trouvé  quelques 
remarques  analogues  chez  W.  Roth  (1895),  Egger  (1886)  et  Raymond 
(1903).  Il  est  possible  que  ce  même  phénomène  ait  été  observé  plusieurs 
fois  par  Hànel  (1890)  dans  son  observation  familiale.  Enfin,  une  fois  nous 
avons  trouvé  probablement  le  même  fait  clinique,  comme  un  trait  de 
famille,  chez  deux  malades  observées  par  Reinhardt  (1897).  Les  deux 
frères  de  cette  observation  étaient  incapables  d’accomplir  aucun  mouve¬ 
ment  des  mains  pendant  le  froid,  les  mains  devenant  «  comme  rigides 
et  dépourvues  de  force  » .  Le  même  phénomène  existait  du  côté  des 
membres  inférieurs. 

Telles  sont  les  rares  remarques  que  nous  avons  pu  trouver  dans  la 
^casuistique,  d'ailleurs  assez  riebe,  de  l’amyotrophie  Charcot-Marie.  Evi¬ 
demment,  le  symptôme  y  est  loin  d’être  commun.  D’ailleurs  il  devient 
quelquefois  très  prononcé  et  présente  même  une  distribution  familiale. 

Dans  la  symptomatologie  neurologique,  nous  connaissons  encore  un 
symptôme  ayant  la  même  étiologie  :  ce  sont  les  accès  myotoniques  se 
produi.sant  sous  l’influence  du  froid  dans  la  paramyotonie  d’Eulenburg. 
La  pathogénie  intime  de  ces  phénomènes  afrigore  reste  encore  obscure. 


RÉUNION  NEUROLOGIQUE 
DE  STRASBOURG 

(Filiale  de  la  Société  de  Neurologie  de  Paris) 

Séance  du  17  janvier  1926  * 


Présidence  de  M.  le  BARRÉ 


sommairp: 


Folly.  Troublos  rétloxos  cl  tro¬ 
phiques  intenses  de  la  main  après 
blessure  légère  du  médian  au 

poignet  . 

Folly  et  Linou,  litude  d(!  la  pres¬ 
sion  du  liquide  cèplialo-raclii- 
dion  avant,  pendant  et  après 
une  trépanation  décompressive. 
Bauhù  et  UuAGANiîscü.  Myo[)athie 

et  Myotonie . 

Barré,  Morin  et  Stahl.  Heureux 
effets  dus  injections  intraveineu¬ 
ses  froides,  liyper  ou  liypotoni- 
([ues,  sur  certaines  douleurs.  .  .  . 
CounnoN  (do  .Stephansfeld).  Syn¬ 
drome  du  trou  déciiiré  posté¬ 
rieur,  ligature  de  la  carotide  gau¬ 
che,  troubles  mentaux . 

Barré  et  Brusum.  Heureux  effets 


t.oO 


457' 


ilii  traite.ment  par  le  phlogétan 

à  la  période  ataxique . 

cas  de  moignon  douloureux  d(^ 

tion  des  rameaux  communicants 
de  la  chaîne  sym|)athi(pie  cer- 

Draoanksgo.  Hémisyndrome  vos- 
tibulaire  transitoire,  provoqué 
par  une  injection  de  novocaïne 
dans  la  région  latérale  du  cou... 

Barré.  Le  recouvrement  de  la  pau¬ 
pière  supérieure  dans  les  iiara- 
lysies  faciales  môme  légères... 

Barré  et  Hhaganesco.  Inversion 
des  deux  réflexes  tricipitaux  ; 
fracture  du  radius  unilatérale.. 


4(i.j 


4tiG 


4(17 


COMMUNICATIONS  ET  PRÉSENTATIONS 


I.  —  Troubles  réflexes  et  trophiques  intenses  de  la  main  après 
une  blessure  légère  du  médian  au  poignet,  par  le  Folly, 
médecin-major. 

Un  jeune  soldat  se  fait  avec  une  bouteille  brisée  une  blessure  oblique  de 
d  centimètres,  siégeant  à  la  partie  moyenne  du  pli  supérieur  du  poignet 
droit.  Sur  le  moment,  il  se  produit  une  hémorragie  assez  considérable; 


SÉANCE  DU  17  JANVIER  1926 


451 


mais  aucun  gonllement,  aucune  infection  par  la  suite.  La  plaie,  suturée 
au  crin  de  Florence,  se  réunit  per  primiim. 

Huit  jours  après  l’accident,  le  malade  remarqua  qu’il  n’avait  aucune 
sensibilité  au  niveau  de  la  face  palmaire  des  trois  premiers  doigts.  Puis 
vingt  jours  après,  apparurent  sur  cette  même  face  palmaire,  au  niveau  de 
la  2'^  et  de  la  3®  phalange  de  l’index  et  du  médius,  ainsi  que  sur  la  2“  pha¬ 
lange  du  pouce,  des  phlj'clènes  sous-épidermiques  du  volume  d’une  len¬ 
tille,  remplies  d’un  liquide  citrin.  Au  bout  de  quelques  jours,  l’épiderme 
s’exfoliait  et  laissait  échapper  le  liquide  ;  puis  la  cicatrisation  survenait 
très  lentement,  sans  suppuration. 

Il  s'est  produit  aussi  des  phlyctènes  périunguéales  au  niveau  de  l’index 
et  du  médius,  avec  mortification  de  l’angle  de  l’index,  donnant  l’apparence 
d’une  tourniole  en  voie  de  cicatrisation. 

Actuellement,  trois  mois  après  l’accident,  le  malade  présente  à  la  face 
palmaire  du  poignet  droit,  et  en  son  milieu,  une  cicatrice  oblique  non 
adhérente,  mais  dont  la  palpation  révèle  à  l’angle  interne,  un  petit  nodule 
cicatriciel  assez  douloureux. 

Il  n'y  a  pas  d’attitude  spéciale  de  la  main,  pas  de  grifl’e  des  trois  premiers 
doigts.  Le  pouce  est  opposable auxautres  doigts  :  il  se  llécbitsur  la  paume, 
mais  incomplètement  ;  son  abduction  est  également  limitée.  Le  signe  du 
poing  est  positif.  L'index  se  fléchit  également  d'une  façon  incomplète  ;  sa 
3®  phalange  n’arrive  pas  au  contact  de  la  paume  ;  le  médius  se  fléchit  à 
peu  près  complètement. 

Les  mouvements  délicats,  comme  celui  de  compter  la  monnaie,  ne  peu¬ 
vent  s’exécuter. 

Les  troubles  de  sensibilité  intéressent  à  peu  près  toute  la  face  pal¬ 
maire  des  trois  premiers  doigts,  sauf  la  F®  phalange  du  pouce,  qui  est 
respectée.  La  sensibilité  est  abolie  sous  tous  les  modes  :  tact,  piqûre, 
chaud  et  froid,  il  y  a,  en  outre,  astéréognosie  complète. 

Pas  de  troubles  nerveux  au-dessus  du  jioignet.  Pas  de  signes  de  névrite 
irradiante  Les  réflexes  du  poignet,  le  réflexe  des  fléchisseurs  ne  sont  pas 
modifiés. 

On  observe  une  cyanose  et  une  hypothermie  de  toute  la  main  droite, 
plus  marquées  aux  trois  premiers  doigts.  11  se  fait  une  tache' blanche  per¬ 
sistante,  à  la  jiression. 

La  capillaroscopie  des  phalanges  unguéales  est  peu  démonstrative  et  ne 
fournit  aucun  résultat  appréciable. 

Les  phlyctènes  du  pouce,  de  l’index  et  du  médius  sont  actuellement 
en  voie  de  cicatrisation  ;  l’angle  de  l’index  se  modifie  et  tombera  dans 
quelques  jours. 

Enfin  l’examen  électrique  a  démontré  l'inexcitabilité  au  galvanique  et 
au  faradique  du  court  fléchisseur  et  du  court  abducteur  du  pouce  par  le 
nerf  médian  au  poignet.  A  l’examen  direct  des  muscles,  il  a  fourni  un 
résultat  intéressant,  consistant  en  l’hyperexcitabilité  galvanique  de  ces 
mêmes  muscles,  avec  galvanotoniis,  tandis  qu’ils  sont  inexcitablcs  au 
faradi(|ue. 


452  RÉUNION  NEUROLOGIQUE  DE  STRASBOURG 

II  est  évident,  d’après  cette  observation,  qu’il  y  a  eu  une  lésion  du  nerf 
médian  au  i)pignet  —  mais  lésion  incomplète,  puisqu'il  n’y  a  pas  eu  de 
paralysie,  et  que  les  mouvements  principaux  des  doigts  :  opposition  du 
pouce  —  llexion  des  doigts,  sont  à  peu  près  conservés 

Le  point  intéressant  est  la  constatation  des  troubles  trophiques  de  la 
main.  Troubles  assez  importants,  puisqu’ils  se  sont  accompagnés  de  mor¬ 
tification  des  tissus.  Ils  ne  sauraient  être  attribués,  comme  on  l’a  cru 
longtemps,  à  une  action  directe  des  filets  nerveux  du  nerf  atteint  sur  la 
trophicité.  Ils  ressortissent  à  la  pathogénie  du  sympathique  et  résultent 
d’un  spasme  ])ermanent  des  capillaires  des  doigts,  d'origine  réflexe,  pro¬ 
venant  d’une  irritation  des  filets  sympathiques  au  niveau  de  la  cicatrice  du 
nerf  lésé,  et  entraînant  dans  le  territoire  de  ce  nerf  une  vaso-constriction 
j)crmancnte  avec  cyanose  et  mortifications  disséminées. 

Une  intervention  libératrice  pourra  sans  doute  faire  cesser  cette  irrita¬ 
tion. 

M.  Lkrichi:.  —  Ce  cas  montre  admirablement  le  rôle  du  névrome  dans 
la  production  des  troubles  trophiques.  Il  est  certain  que  si  on  supprimait 
celui  que  l’on  sent  sur  le  médian,  les  troubles  disparaîtraient  rapidement, 
mais  pratiquement  ce  ne  serait  pas  très  simple.  Il  s’agit  d’un  névrome  laté¬ 
ral  plus  ou  moins  enchâssé  dans  le  nerf.  En  le  dégageant,  on  léserait  fata¬ 
lement  les  fibres  voisines,  d’où  probablement  dommage  moteur.  De  plus, 
après  l’ablation,  il  resterait  dans  le  nerf  une  cavité  qu’on  ne  saurait  com¬ 
ment  combler  et  qu’on  ne  pourrait  suturer.  Une  résection  circulaire  serait 
plus  facile  mais  peut-être  excessive.  C’est  cependant  une  intervention  sur 
le  nerf  qu’il  faut  essayer,  car  une  .sympathectomie  ne  donnerait  vraisem¬ 
blablement  qu’un  résultat  temporaire  puisque  le  névrome  resterait  en  aval 
et  continuerait  de  jouer  son  rôle  ])erturbateur  de  la  vasomotricité. 


IL  — Étude  de  la  pression  du  liquide  céphalo-rachidien  avant, 
pendant  et  après  une  trépanation  décompressive,  par  MM.  Folly 
et  Liiiou. 

11  nous  a  été  donné  d’éludier  la  pression  du  liquide  céphalo-rachidien 
au  cours  d’un  syndrome  d'hypertension  crânienne,  et  nous  venons  vous 
apporter  les  résultats  de  nos  constatations.  , 

11  s’agissait  d’un  jeune  brigadier  qui,  un  mois  après  une  chute  de  cheval, 
présenta  tous  les  signes  d’une  hypertension  crânienne,  avec  stase  papil¬ 
laire  considérable.  Or  l’étude  attentive  de  cette  stase  fit  reconnaître  qu’elle 
remontait  à  une  date  antérieure  à  l’accident,  et  qu’il  s’agissait  vraisembla¬ 
blement  d’une  tumeur  intracrânienne,  latente  jusqu’ici,  et  activée  par  du 
traumatisme. 

Nous  fîmes  opérercemalade,  et  l’on  pratiqua  tout  d’abord  une  trépano- 
ponction  dans  la  corne  temporale  gauche,  correspondant  au  côté  du  trau¬ 
matisme.  Plusieurs  ponctions  ayant  été  négatives,  on  fit  une  trépanation 


SÉANCE  DU  n  JANVIER  1926 


453 


décompressive  par  l’adjonction  de  deux  couronnés  de  trépan,  entre  les¬ 
quelles  ont  fit  sauter  les  ponts  osseux. 

Au  début  de  l’intervention,  on  pratiqua  la  ponction  lombaire,  et 
M.  Liéou  constata,  au  manomètre  de  Claude,  une  pression  initiale  de 
45  cm.  Au  moment  de  la  trépanation,  elle  était  à  50.  En  l’absence  de  bat¬ 
tements  du  cerveau,  le  chirurgien  incise  la  dure-mère.  Malgré  cette  inci¬ 
sion  et  l’écoulement  de  quelques  gouttes  de  L.  C.-R.,  la  pression  continue 
à  s’élever  à  55,  puis  60,  chiffre  auquel  elle  se  maintient  jusqu’à  la  fin. 

Les  suites  opératoires  furent  favorables.  Le  malade  présenta  deux 
écoulements  abondants  de  liquide  céphalo-rachidien  par  la  plaie  opéra¬ 
toire,  et  une  épistaxis  importante  par  la  narine  gauche,  correspondant  au 
côté  du  traumatisme. 

Une  nouvelle  ponction  lombaire  fut  faite  quinze  jours  après  la  trépa¬ 
nation,  et  cette  fois,  la  pression  de  20  cm.  au  début,  s’éleva  jusqu’à  25 
seulement. 

C’est  une  nouvelle  observation  à  inscrire  à  l’appui  de  la  thèse  soutenue 
par  M.  le  professeur  Barré  et  M.  Morin,  dans  leur  article  paru  le  6  novem¬ 
bre  1923,  dans  le  Paris  médical.  La  trépanation  décompressive  à  elle 
seule  ne  décomprime  pas  le  cerveau.  Pendant  toute  la  durée  de  l’inter¬ 
vention  chez  notre  malade,  la  pression  du  L.  C.-R.,  au  lieu  de  s’abaisser, 
s’est  constamment  élevée.  Au  contraire,  après  deux  écoulements  notables 
de  L;  C.-R.  par  la  plaie  opératoire,  la  pression  a  été  modifiée,  et  par  la 
suite  s’est  montrée  très  abaissée  et  ramenée  à  la  normale. 


M.  LERicriE.  —  Tous  les  chirurgiens  ayant  quelque  expérience  de  la 
chirurgie  des  tumeurs  cérébrales  savent  bien  que  quand,  au  cours  d’une 
trépanation,  on  voit  après  l’incision  des  espaces  sous-arachnoïdiens,  le 
cerveau  se  plaquer  contre  la  dure-mère,  il  faut,  si  l'on  veut  décomprimer, 
faire  une  ponction  ventriculaire.  Généralement  alors,  je  fais  une  ponction 
du  corps  calleux.  Sans  cela,  le  cerveau  s’œdématie,  augmente  de  volume 
et  la  pression,  loin  de  diminuer,  augmente.  Mais  il  n’en  est  pas  toujours 
ainsi.  Il  y  a  des  hypertensions  presque  exclusivement  corticales,  si  l’on 
peut  ainsi  parler.  Les  espaces  sont  pleins  de  liquide  ;  celui-ci  s’écoule 
en  abondance,  le  cerveau  ne  tombe  pas  et  sans  autre  manœuvre  on  obtient 
une  décompression  réeUe  et  efficace.  J’ai  autrefois  publié  des  chiffres  de 
pression  mesurée  dans  ces  conditions  au  cours  de  trépanations. 

Quand  il  s’agit  de  gliome,  je  crois  que  la  trépanation  décompressive 
doit  presque  systématiquement  comporter  une  ponction  ventriculaire  si 
l’on  veut  que  l'opération  soit  bénigne.  Sans  cela  le  brusque  coup  d’hyper¬ 
tension  qui  suit  la  poussée  du  cerveau  vers  la  perte  de  substance  risque 
de  plonger  le  malade  dans  le  coma  et  d’amener  la  mort.  Mais  en  outre  il 
faut  faire  une  trépanation  très  large,  de  façon  que  la  tumeur  puisse 
prendre  du  champ,  s’étaler  au  dehors.  Ceci  fait  le  gliome  ne  tue  plus  par 
intensité  des  troubles  fonctionnels  et  la  survie  peut  être  longue  (des 
années). 


)Û4 


JiÉUNlON  NEUBOLOGIOVE  DE  ETBASliOURG 


III.  —  Myopathie  et  myotonie,  par  MM.  Bahhiî  et  Duaganesco. 

Dans  rétiule  des  myopathies,  il  semble  bien  ([u’on  n’ait  pas  siillisamment 
insisté  sur  l’état  du  tonus.  (>elui-c'i  cependant  paraît  très  modifié  chez 
l’enfant  myophatique,  tandis  que  chez  l’adulte  les  changements  nous 
semblent  peu  marqués,  (liiez  le  premier  meme,  on  trouve  des  formes  de 
myopathies  où  l’élément  myotoni([ue  est  associé  à  un  tel  degré  ([u’il  est 
parfois  dillicile  de  se  rattacher  plutôt  au  diagnostic  de  myopathie  qu’à 
celui  de  myotonie.  Cassirer,  (llaude,  ont  publié  des  faits  très  caractéris¬ 
tiques  dans  ce  sens. 

Nous  avons  cru  intéressant  d’étudier  l’état  du  tonus  dans  plusieurs  cas 
de  myopathie,  dont  les  observations  suivent  : 

(JiiSKuvATioN  I.  —  Il  s’agit  d’un  enfant  âgé  de  11  ans,  qui  fut  amené  à  la  clinique 
neui’oli)gi(|ue  pour  une  grande  impotence  des  quatre  membres.  A  l’âge  (le  (piatre  ans, 
il  est  pris  assez  suliitemenl  de  troubles  de  la  marche,  (|ui  guérissent  après  un  mois.  Il 
est  ensuit(!  assez  bien  jusqu((  vers  l’âge  de  huit  ans  ;  alors  apparaît  de.  nouveau  uno 
faiblesse  dans  les  membres  inférieurs,  puis  supérieurs,  qui  se  développe  progressive¬ 
ment.  Depuis  (piehpies  mois  il  est  immobilisé  au  lit. 

\  l’examen  clinitpie,  nous  constatons  une  myopathie  avec  grande  atrophie  mus¬ 
culaire  et  absence  à  pou  près  complète  de  contractilité  volontaire  pour  les  muscles  des 
grandes  lyliculations  de  la  racine  des  membres  et  conservation  presque  intégrale  des 
petits  muscles  des  régions  distales.  Les  muscles  des  mollets  ont  un  certain  degré  do 
pseudo-hypertrophie.  11  existe  une  rétraction,  d’ailleurs  modérée,  du  triceps  sural. 
Les  réflexes  tendiinuix  et  ostéo-périostaux  sont  absents  à  l’exception  do  l’achilléon  des 

I.es  muscles  les  plus  atteints  présentent  une  hypo-excitabilité  électrique  pour  les 
<b  iix  SOI  lis  di  (OUI  int^ 

A  la  palpation  des  masses  musculaires  de  la  cuisse  et  des  bras,  on  constate  uno  flacci¬ 
dité  manil’esle.  L’excursion  des  mouvements  passifs  dépasse  la  limite  habituelle.  Aux 
membres  supérieurs  on  peut  fléchir  le  coude  jusqu’à  ce  que  le  poignet  touche  l’épaule 
sans  (pie  le  malade  en  souffre.  D’autre  part  on  peut  sans  dilTiculté  fléchir  la  cuisse  sur 
l'abiiomen,  ei,  la  jamne  sur  la  cuisse,  de  telle  manière  que  le  genou  touche  le  thorax, 
et  le  talon  la  fesse.  Aux  segments  distaux  des  membres,  l’excursion  des  mouvements 
n’est  pas  o.xagérée.  Egalement,  nous  n’avons  pas  observé  d’exagération  du  mouvement 
d’extension  du  coude,  du  genou,  etc...  : 

Il  s’agit  donc  dans  ce  cas  d’iine  myopathie  infantile  typique,  avec  hypotonie  marquée, 
plus  particulièrement dans  les  segments  où  se  trouve  l’atrophie  musculaire. 

tleaucoup  plus  important  est  le  cas  suivant,  où  l’atrophie  est  loin  d’ûtre  aussi  mar  • 
qiiée,  et  OÙ  l’hypotonie  est  pourtant  considérable. 

DnsniivATioN  1 1.  -  -  (L.  V...,  âgé  de  9  ans,  est  amené  à  la  clinique  pour  des  troubles 
de  la  marclii'.  A  3  ans,  on  a  constaté  des  manifestations  rachitiques.  Presque  à  la  môme 
époque,  reid'ant  a  eu  une  gripfie.  et  une  pneumonie.  Souvent  depuis  son  jeune  âge,  il  a 
souffert  d’amygdalite.  Vers  4  ou  5  ans,  il  a  commencé  d’avoir  do  la  faiblesse  dans 
les  membres  inférieurs  et  peu  après  dans  les  membres  supérieurs, 
l'école,  l’enfant  apprend  dilTlcilement. 

.V  l’examen  général  nous  ne  constatons  pasd’atrophies musculaires  manifestes,  ni  de 
pseudo-hypertrophie,  ni  de  rétraction  musculo-lendineuse.  Les  omoplates  sont  écar¬ 
tées  du  thorax  et  tombantes. 

Le  malade,  se  dandine  en  marchant  ;  assis,  il  ne  peut  se  lever  sans  s’aider  do  scs  bras. 

La  force  du  jisoas,  du  groupe  antéro-interne  de  la  cuisse  et  du  groupe,  antôro-oxlerne. 
de  la  jambe  est  assez  bonne  ;  celle  des  fléchisseurs  du  genou,  des  abducteurs  et  dos  rota¬ 
teurs  de  la  cuisse  est  diminuée.  Au  bras,  la  force  du  triceps  est  presque  normale,  celle 


SÉANCE  DU  17  JANVIER  192G 


des  muscles  du  groupe  fléchisseur  et  abducteur  diminuée.  Los  segments  distaux  ont 
leur  motilité  tout  à  fait  normale. 

La  palpation  des  muscles  montre  un(i  flaccidité  particulière..  D’autre  part,  on  cons¬ 
tate  une  hypotonie  marquée,  non  seulement  dans  les  mouvements  passifs,  mais  même, 
dans  les  mouvements  actifs.  Les  grandes  articulations  ont  une  laxité  anormale  mais 
seulement  dans  le  sens  de.  la  flexion.  Ainsi  quand  le  malade  reste  couché  sur  le  ventre  on 
peut  fléchir  les  genoux  et  renverser  les  jambes  en  dehors,  jusqu’à  ce  qu’elh  s  arrivent 
sur  le  môme  plan  que  les  cuisses  (fig.  1).  La  même  hyper-flexibilité  s’observe  aux  mem 
bres  supérieurs  (fig.  2). 

A  l’examen  électrique,  M.  Roys  trouve  une  forte  hypo-excitabilité  au  courant  gal¬ 
vanique  et  au  faradique,  des  muscles  de  la  cuisse  et  de  la  racine  des  membres  supérieurs. 

Les  réflexes  tendineux  sont  tous  abolis  à  r(^xceptiün  du  réflexe  achilléen. 

Ce  deuxième  cas  d’association  de  myotonie  et  de  myopathie  est  digne 
d’un  intérêt  spécial  parce  cju’ici  il  s’agit  de  muscles  qui  ont  leur  volume  et 
leur  force  assez  bien  conservés. 

La  démarche  dandinante,  l’atteinte  des  muscles  des  racines,  la  manière 
de  SC  lever,  l’évolution  progressive  sont  les  éléments  qui  caractérisent 
la  myopathie.  L’atrophie  peu  marquée,  le  faciès  hypotonique  et  surtout 
l'hyperflexibilité  articulaire  sont  les  signes  qui  traduisent  la  myotonie. 

Nous  n’insistons  pas  ici  sur  le  facteur  étiologique  ;  nous  notons  seu¬ 
lement  qu’il  est  probable  qu’il  s’agit  dans  ce  cas  de  ce  qu’on  a  nommé  la 
myopathie  rachitique. 

Le  fait  que  nous  voulons  souligner  est  ((ue  l’enfant  dont  nous  avons 
donné  l’observation  plus  haut  présente  une  myopathie  typique  associée 
à  une  myotonie.  Que  ]e  facteur  étiologique  rachitisme  intervienne  pour  une 
certaine  mesure,  la  chose  est  possible,  mais  néanmoins  nous  avons  vu  de 
l’hypotonie,  même  dans  notre  premier  cas,  où  le  rachitisme  n’a  pas  été 
retrouvé . 

Peut-être  le /ac/eiir  â^e  joue-t-il  un  rôle  plus  effectif  dans  l’état  du  to¬ 
nus  chez  les  myopathiques.  En  effet,  nous  avons  examiné  deux  malades  de 
ce  genre,  dont  l’un  âgé  de  27  ans,  l’autre  de  59  ans,  et  nous  n’avons 
trouvé  ni  hypotonie  particulière,  ni  hyper-llexibilité  anormale. 

Voici  une  do  ces  observations  : 

T.  N...  :  coiffeur,  27  ans,  vient  consulter  pour  des  troubles  do  la  marche  et  faiblesse 
dans  les  membres  supérieurs.  Son  affection  s’est  manifestée  à  l’âge  do  15  uns. 

Actuellement  il  présente  des  signes  d’une  myopathie  pseudo-hypertrophique,  avec 
atteinte  importante  des  muscles  des  ceintures  pelvienne  et  brachiale,  et  du  quadriceps 
de  la  cuisse  surtout.  L’examen  électrique  montre  une  forte  hypo-excitabilité  des 
muscles  intéressés.  Les  réflexes  rotuliens  et  péronéo-fémoraux  sont  abolis. 

A  la  palpation  des  masses  musculaires  ont  trouve  une  consistance  presque  normale 
Il  n’existe  aucune  hypotonie  marquée  :  l’hyper-flexibilité  articulaire  manque. 

Cette  même  absence  d’hypotonie  exagérée,  nous  l’avons  observée  chez  un  myopa- 
thique  âgé,  dont  les  troubles  musculaires  étaient  localisés  presque  exclusivement  à  la 
racine  des  cuisses. 

• 

M.  WoRiNGER  se  demande  si  dans  le  deuxième  cas  rapporté  par  MM.  Barré 
et  Draganesco,  il  ne  s’agissait  pas  d’une  myopathie  rachitique.  On  rencon¬ 
tre  chez  les  sujets  rachitiques  assez  régulièrement  cette  hypotonicité  mus¬ 
culaire  sans  atrophie  ni  trouble  de  la  motilité.  Il  est  probable  qu’elle  est  en 


uiUjiXioy  yi'Vnoi.oGiQUE  m:  Strasbourg 


dépendance  des  modifications  de  la  composition  minérale  du  plasma  san¬ 
guin.  Sous  l’inllucnce  du  traitement  aux  rayons  ultraviolets  l’hypotonie 
musculaire  disparaît  en  générai,  en  même  temps  ([ue  se  rétablit  l’équi¬ 
libre  normal  des  substances  minérales  du  sang.  Dans  le  cas  de  MM.Ilarré 
et  Draganesco,  il  serait  intéressant  de  rechercher  les  stigmates  du  rachi¬ 
tisme  tardif  et  d’essayer  le  traitement  arctino-thérapique. 

IV.  —  Herireux  effets  des  injections  intraveineuses  froides,  hypo 

ou  hypertoniques,  et  sur  certaines  douleurs,  par  MM.  Barré, 

Morin  et  Staiii,. 

A  la  suite  d’un  premier  résultat,  véritablement  frappant,  obtenu  en 
1922  après  une  injection  d’eau  distillée  par  voie  endoveineuse  :  arrêt  de 
douleurs  atroces  chez  un  sujet  atteint  d’hémorragie  méningée,  nous  nous 
étions  demandé  si  les  idées  récentes  et  généralement  acceptées  sur  l’action 
des  solutions  hypertoniifues  sur  la  céphalée  des  hypertendus  crâniens 
étaient  solidement  basées. 

Nous  commençâmes  par  injecter  tour  à  tour  à  des  sujets  en  état  d’hy¬ 
pertension  crânienne  avec  crises  paroxystiques  de  céphalée,  des  solutions 
hypertoniipies  et  de  l’eau  distillée.  Nous  constatâmes  que  ces  deux  sortes 
d’injections  qui  auraient  dû  agir  inversement  avaient  sensiblement  la 
même  influence  et  calmaient  régulièrement  la  céphalée  des  sujets,  en  agis¬ 
sant  à  peine  sur  la  pression  du  liquide  céphalo-rachidien. 

L’action  heureuse  ayant  été  maintes  fois  constatée,  nous  pensâmes  que 
la  théorie  alléguée  était  peut-être  erronée  ;  et  nous  nous  demandâmes  si  la 
sédation  de  la  douleur  ne  tenait  pas  à  un  facteur  commun  aux'  deux  solu¬ 
tions  différentes  (hyper  ou  hypotoniques)  injectées  :  le  facteur  température. 

Nous  avons  pratiqué  alors  des  injections  froides  ou  chaudes  à  des  su¬ 
jets  qui  souffraient  violemment  pour  des  causes  très  diverses  et  chez  les¬ 
quels  les  douleurs  étaient  ou  constantes  ou  assez  prolongées  ou  assez 
régulières  dans  leurs  paroxysmes  pour  qu’il  fût  permis  d’établir  le  rôle  des 
injections  ;  c’est  ainsi  que  nous  avons  traité  des  malades  atteints  d’hé¬ 
morragie  méningée,  do  syndromes  pOst-commotionel  dans  lesquels  la  dou¬ 
leur  tenait  une  place  importante,  de  névralgie  du  trijumeau,  de  tumeur 
cérébrale,  de  méningite,  des  migraines,  etc.,  etc. 

Nous  avons  employé  des  solutions  fortement  hypertoniques  (à  38  %  de 
Na  Cl,  moyennement  hypertoniques  à  10  %  de  NaCl  et  20  de  glucose,  et 
des  injections  d’eau  distillée.  Au  début  les  injections  étaient  à  une  tem¬ 
pérature  d’environ  15  à  20°  ;  dans  la  suite  nous  en  fîmes  à  10“  puis  à  4“ 
seulement. 

La  quantité  injectée  variait  de  5  à  10  et  même20cc. 

AprèsavoirohlenudcTions  résultats  avec  ces  diverses  solutions  refroidies 
nousemployâmes,sans  en  jirévenir  lemaladefce  qui  enlève  à  la  suggestion 
le  rôle  qu’on  pourrait  lui  faire  jouer),  des  solutions  non  .spécialement  re¬ 
froidies,  c’est-â-dire  à  une  température  de  17  à  25“  :  il  nous  a  semblé  que 
les  effets  étaient  notablement  moins  heureux. 


SÉANCE  DU  17  JANVIER  1926 


457 


Avec  les  injections  refroidies,  les  malades  se  sentaient  au  début  soulagés 
après  20  minutes  en  général  ;  quand  on  continuait  ces  injections  leur  effet 
semblait  augmenter,  et  après  5  ou  6  injections  l’amélioration  persistait 
plusieurs  jours. 

Le  malade  se  comporte  assez  différemment  vis-à-vis  des  injections  non 
refroidies  ou  refroidies.  Les  premières  ne  provoquent  ordinairement  au¬ 
cune  réaction  générale,  tandis  que  les  secondes  produisirent,  dans  plu¬ 
sieurs  cas  au  moins,  des  réactions  violentes  ;  ces  réactions  consistaient  en 
sensations  de  constriction  dans  les  poignets,  en  douleurs  dans  les  jam¬ 
bes,  en  crampes  dans  les  mollets,  en  douleurs  occipito-cervicales  oubreg- 
matiques  et  môme  en  bypertbermie.  Elles  étaient  très  passagères,  et 
l’amélioration  de  l'état  antérieur  suivait  de  peu. 

Nous  sommes  donc  portés  à  croire  d’après  ces  premiers  essais  que  si 
les  injections  hypertoniques  ont  souvent  sur  la  douleur  des  sujets  atteints 
d’hypertension  crânienne  une  heureuse  influence,  les  solutions  hypoto¬ 
niques  peuvent  la  produire  également,  et  que  la  température  de  la  solution 
injectée  doit  jouer  un  rôle  très  important  auprès  ou  au-dessus  du  facteur 
tonicité. 

Nous  pensons  que  les  phénomènes  observés  à  la  suite  des  injections 
refroidies  sont  dus  à  un  réflexe  sympathique  à  point  de  départ  endovas¬ 
culaire  et  dû  à  l’action  du  froid  ou,  mieux,  de  la  variation  thermique  pro¬ 
voquée. 

V.  —  Syndrome  du  trou  déchiré  postérieur,  ligature  de  la  carotide 
gauche  et  troubles  mentaux,  par  Paul  Courbon. 

Les  accidents  cérébraux  consécutifs  à  la  ligature  d’une  carotide  sont 
rares,  et  ceux  qu’on  a  signalés  sont  exclusivement  d’ordre  neurologique, 
consistant  surtout  en  paralysie  de  tout  ou  partie  de  la  moitié  opposée  du 
corps,  ou,  lorsqu’il  s’agit  d’une  ligature  de  la  carotide  gauche,  en  apha¬ 
sie,  Lefort  ne  les  a  rencontrés  que  75  fois  sur  241  cas.  Cette  rareté  n’est  pas 
étonnante,  étant  donné  les  vastes  anastomoses  constituées  à  la  base 
du  cerveau  par  l’hexagone  de  Willis,  qui  réunit  non  seulement  le  système 
carotidien  au  système  vertébral  homolatéral,  mais  encore  la  circulation 
artérielle  d’un  hémisphère  à  celle  de  l’autre. 

Jamais  à  ma  connaissance  n’ont  été  signalés  de  troubles  mentaux  comme 
conséquence  de  la  ligature  d’une  carotide.  Le  fait  ici  consigné  n’en  a  donc 
que  plus  d’intérêt  ;  car  il  s’agit  de  l’apparition  soudaine,  après  ligature 
de  la  carotide  primitive  gauche,  d’un  syndrome  mental,  qui  n’apparaît 
jamais  que  très  lentement  chez  certains  vieillards.  C’est  là  un  apport  delà 
chirurgie  à  la  psychiatrie  (l)qui  mérite,  soit  dit  en  passant,  d’être  souligné. 

Le  cas  est  celui  d’une  femme  dont  le  passé  physiologique  ne  pré¬ 
sente  aucune  anomalie  autre  que  l’existence  de  deux  fausses  couches.  A 
55  ans  se  développent  insidieusement  et  progressivement  des  troubles  de 

^oyaaoN.  Chirurgie  et  psychiatrie.  Annales  méd.-psychol.,  1926,  et  Strasbourg 


REVUE  NEUROLOGIQUE, 


'5,  NovEMime  1926. 


458 


RÉUNION  NEUROLOGIQUE  DE  STRASBOURG 


la  voix  et  de  la  déglutition,  pour  lesquels  elle  va  consulter  à  l’âge  de  58 
ans.  Le  professeur  Cannyt  trouve  alors  un  syndrome  du  trou  déchiré 
postérieur  gauche  (1)  par  anévrysme  de  la  portion  extracranienne  de  la 
carotide  interne:  paralysie  du  IX®  (mouvement  du  rideau  de  constricteur 
du  pharynx  et  altération  du  goût)  ;  du  X®  (éréthisme  cardiaque,  toux  spas¬ 
modique,  troubles  de  la  sensibilité  vélopalatine)  ;  X®  interne  (position 
cadavérique  de  la  corde  vocale)  et  externe  (atrophie  du  stôrno-cléido- 
mastoïdien  et  du  trapèze)  ;  du  XII®  (hémi-atrophie  et  hémiplégie  linguale) 
tumeur  expansible  et  pulsatile  de  la.  paroi  latérale  gauche  du  pharynx, 
repoussant  le  pilier  postérieur.  Par  ailleurs,  le  professeur  Bard  releva  un 
élargissement  de  l’aorte  avec  rigidité  athéromateuse,  et  le  professeur  Barré 
ne  trouva  aucun  autre  trouble  neurologique  que  ceux  signalés  plus  haut. 

La  ligature  de  la  carotide  primitive  ne  fut  pratiquée  qu’un  an  et  demi 
plus  tard  par  le  professeur  Sencert.  Et  quelques  mois  après,  à  l’âge  de  60 
ans,  en  septembre  1923,  la  malade  était  internée  pour  un  délire  de  per¬ 
sécution,  sans  systématisation,  avec  hallucinations  auditives,  affaiblisse¬ 
ment  delà  mémoire  et  irritabilité  d’humeur.  Elle  quitta  mon  service  dans 
le  même  état  en  janvier  1924,  transférée  dans  son  département  d’origine. 
Elle  présentait,  outre  le  syndrome  psychopathi([ue,  le  même  syndrome 
du  trou  déchiré  postérieur  qu’avant  la  ligature,  sé([uelle  de  la  compression 
exercée  par  la  tumeur  sur  les  troncs  nerveux,  mais  compliqué  d’une 
obtusion  de  l’ouïe  gauche  et  d’un  syndrome  cérébelleux  :  trouble  de  l’équi¬ 
libre,  élargissement  énorme  du  polygone  de  sustentation,  démarche  titu¬ 
bante,  ébrieuse  sans  Romberg  ni  nystagmus,  résultant  de  l’anémie  céré¬ 
belleuse,  produite  par  la  ligature  carotidienne. 

Un  tel  syndrome  psychopathique  de  délire  et  de  prédémence  est  certai¬ 
nement  acquis.  Il  n’a  pas  eu  la  lente  incubation  du  délire  chronique, 
qui  éclot  d’ailleurs  beaucoup  plus  tôt,  vers  la  trentaine,  et  de  plus,  fait  qui 
plaide  encore  contre  l’existence  d’une  prédisposition  paranoïaque  constitu¬ 
tionnelle,  les  divers  troubles  neurologiques  :  dysphonie,  dysphagie,  tituba¬ 
tions,  chutes,  etc.,  ne  sont  pas  utilisés  par  le  délire,  c’est-à-dire  que  le  sujet 
ne  les  interprète  pas  comme  l’effet  de  la  malveillance  de  ses  persécuteurs. 

Fin  somme,  nous  avons  à  faire  à  une  psychose  de  la  vieillesse.  Mais  la 
vieillesse  physiologique  (2)  ne  donne  qu’une  involution  mentale  psycho¬ 
logique  en  rapport  avec  l’usure  normale  du  cerveau.  Seule  la  vieillesse 
pathologique,  c’est-à-dire  la  vieillesse  pendant  laquelle  des  perturbations 
anormales  ont  attaqué  le  cerveau,  peut  donner  naissance  à  une  psychose.  Or 
dans  le  cas  particulier,  la  circulation  encéphalique  a  été  considérablement 
perturbée,  puisqu’elle  fut  suivie  de  l’apparition  d’un  syndrome  cérébelleux. 

Il  semble  donc  que  nous  ayons  à  faire  ici  à  un  accident  encéphalique 
mixte  :  neurologique  (syndrome  cérébelleux)  et  psychiatrique  (délire  de 


(1)  Canuyt  :  Anévrysme  de  la  carotide  interne  gaucho  et  syndrome  du  trou  déchiré 
postérieur.  Soc.  méd.  du  Bas-Rhin,  novembre  1921,  et  Archive  franco-belge  de  chirur¬ 
gie,  février  1922. 

(2)  CouRUON.  Psychologie  normale  et  pathologique  de  la  vieillesse.  Journal  de  psy¬ 
chologie,  1926. 


SÉANCE  DU  17  JANVIER  19l?6 


459 


persécution  avec  hallucination  et  perte  de  la  mémoire),  consécutif  à  l’in¬ 
suffisance  d’irrigation  encéphalique  que  détermina  la  ligature  de  la  caro¬ 
tide  gauche.  Il  n’y  a  pas  lieu  de  s’étonner  qu’il  en  soit  ainsi,  car  la  facilité 
des  dérivations  sanguines  à  travers  les  anastomoses  est  fonction  de  la  vali¬ 
dité  des  artères.  Or  le  système  artériel  de  cette  femme  était  mauvais, 
parce  qu’elle  avait  eu  un  anévrysme,  et  qu’on  avait  constaté  sur  elle  dès 
1921  des  signes  d’athérome.  Son  cas  rentre  donc  dans  la  règle  qui  est  que 
les  complications  cérébrales  des  ligatures  de  la  carotide  ne  surviennent 
que  chez  les  sujets  dont  le  système  cardiovasculaire  est  déjà  malade. 

VI.  —  Heureux  effets  du  traitement  par  le  phlogétan  dans  deux 

nouveaux  cas  de  tabes  à  la  période  ataxique,  par  MM.  Barré  et 

Crusem. 

Le  phlogétan  dont  le  prof.  Fischer  (de  Prague)  a  montré  les  heureux  effets 
dans  certains  cas  de  tahes  et  même  dans  la  paralysie  générale,  quand  on 
l’associe  à  la  médication  antisyphilitique  ordinaire,  n’a  pas  été  employé 
•en  France,  à  notre  notre  connaissance  au  moins,  avant  les  premiers  essais 
que  fit  un  de  nous  avec  Reys  (1),  et  qui  furent  exposés  à  la  société  médi¬ 
cale  du  Bas-Rhin  en  1924. 

Depuis  cette  époque,  nous  avons  eu  l’occasion  de  traiter  de  la  même 
manière  d’assez  nombreux  tabétiques  et  quelques  paralytiques  généraux. 

Nous  n’avons  pas  obtenu  de  résultats  nets  ou  durables  dans  les  cas  de 
paralysie  générale,  mais  nous  sommes  déplus  en  plus  convaincus  que  le 
phlogétan  est  supérieur  aux  médications  ordinaires  que  nous  avons  em¬ 
ployées  jusqu’à  maintenant  contre  le  tabes. 

Les  deux  observations  que  nous  rapportons  aujourd'hui  tirent  une 
grande  partie  de  l’intérêt  de  la  gravité  même  de  signes  du  tabes,  de  l’ataxie 
prononcée  dont  les  variations  ont  pu  être  facilement  appréciées,  et  de 
l’évolution  assez  rapide  de  cette  ataxie  qui  a  pu  être  arrêtée  en  quelques 
semaines  et  a  régressé  d’une  manière  indubitable. 

OnsenvATioN  I.  —  M.  W...  entre  à  la  clinique  le  23  octobre  1925,  parce  qu’il  marche 
éilTlcilcmcnt  et  qu’il  perd  l’équilibre  dès  qu’il  cesse  de  surveiller  ses  jambes  ;  dans  l’obs¬ 
curité,  il  ne  peut  ni  marcher  ni  môme  se  tenir  debout  sans  appui. 

Il  existe  des  troubles  de  la  sensibilité  subjective  et  objective  aux  membres  inférieurs, 
aux  doigts  (les  pouces  exceptés),  aux  parties  génitales  et  au  bas-ventre  ;  il  y  ressent 
un  serrement  qui,  aux  membres  inférieurs,  est  comparable  à  celui  qui  serait  provoqué 
par  le  port  do  bas  de  caoutéhouc  ;  aux  mêmes  régions  on  constate  une  hypo-esthésie 
qui  va  jusqu’à  l’anesthésie  aux  pieds  et  aux  organes  génitaux. 

Le  malade  n’a  plus 'de  désir,  sexuel,  ni  d’érection  ;  il  doit  parfois  «  pousser  »  un  peu 
pour  évacuer  sa  vessie. 

L’histoire  de  la  maladie  est  la  suivante  : 

La  syphilis  a  été  contractée  en  1914  ;  tout. le  traitement  a  consisté  à  ce  moment  en 
une  douzaine  d’injections.  La  santé  est  restée  apparemment  bonne  jusqu’à  il  y  a  un  an. 

A  cette  époque  il  est  pris  brusquement  de  douleurs  violentes  dans  tous  les  membres  ; 
ne  présentant  pas  le  type  fulgurant,  elles  sont  attribuées  à  un  rhumatisme  et  traitées 

(1)  Barré  et  Rkys.  Traitement  du  tabes  par  le  phlogétan.  Heureux  effets.  Société 
Je  médecine  du  Ras-Rhin,  murs  1924. 


400 


rtÉVNWN  NEUROLOGIQUE  DE  STRASBOURG 


oommi!  telles  ;  elles  (Jisparaissent  au  buut  de  trois  mois,  mais  pour  rOapparaltro  trois 

C’est  alors  qu’on  pense  à  l’ancienne  infection  spécifique  ;  la  réaction  de  Bordot-Was- 
sermanndans  le  sang  est  positive  ;  on  entreprend  alors  une  nouvelle  cure  antisyphi- 
litiquo  ;  dans  les  six  mois  qui  s’écoulent  avant  son  entrée  à  la  clinique,  le  sujet  a  ainsi 
reçu  une  trentaine  d’injections  arsenicales  et  bismuthiques  ;  ce  traitement  a  été  parti- 
ciiliéremenl  intense  pcmiiant  les  (iernières  semaines,  mais  il  n’a  pu  empêcher  l’aggrava¬ 
tion  des  phénomènes  en  voie  de  développement. 

Depuis  0  mois,  W...  se  sentait  un  peu,  très  peu,  incertain  sur  ses  jambes.  Quinze  jours 
avant  l’entrée  à  la  clinique  les  troubles  de  la  sensibilité  ont  commencé  à  s’installer, 
d’abord  au  mendjre  inférieur  gauche,  puis  au  droit,  puis  aux  autres  régions;  ils  ont 
augmenté  rapidement  ;  les  troubles  de  l’équilibre  se  sont  accentués  de  leur  côté,  et  en 
peu  de  jours  W...  est  devenu  le  grand  ataxique  que  nous  voyons  à  l’admission. 

L’examen  nous  perimd  de  constater  les  faits  suivants  : 

Abolition  des  réfh^xes  tendineux  aux  membres  inférieurs,  et  des  deux  réflexes  les 
plus  bas  du  membre  supérieur  droit  (C’  C»), 

Les  [)U|)illes,  légèrement  irrégulières,  réagissent  un  peu  paresseusement  à  la  lumière. 

Dans  la  station  (hdiout,  les  yeux  fermés,  le  sujet  tombe  en  avant,  môme  s’il  tient  les 
'pi(Mls  écartés. 

Les  yeux  ouverts,  les  pieds  joints,  il  se  tient  ileboiit.  mais  il  oscille  fortement  dans 

La  marche  n’est  possible  qu’à  l’aide  d’une  canne  et  sous  le  contrôle  incessant  des’ 
yeux,  mais  dans  ces  conditions  mémo  elle  est  très  ataxique  ; 

La  ponction  lombaire  donne  issue  à  un  liquide  normal  au  point  de  vue  pression,  colo¬ 
ration,  cellules  (I)  et  albumine  (1);  les  réactions  de  Bordet-Wassermann  et  du  benjoin 
colloïdal  y  sont  nettement  positives  ; 

Dans  le  sang,  la  réaction  de  Bordet-Wassermann  est  négative. 

On  institue  un  traitement  par  le  phlogétan. 

On  injecte,  le  20  octobre,  une  dose  de  1  cmc.  ;  à  chaque  injection  qui  suit  la  ilosc  est 
augmentée  de  1  cmc.,  jusqu’à  la  dernière  qui.i'st  de  14  cmc.  Lns  injections  sont  faites 
tous  les  deux  jours  et  alternent  avec  des  injections  de  cyanure  do  mercure  do  0,01  cgr. 

La  première  injection  de,  phlogétan  n’a  été  suivie  d’aucun  elTet  apparent. 

A  partir  do  la  deuxième  et  à  chacune  des  injections  suivantes  on  a  constaté  les  laits 
que  voici  ;  pe.u  après  l’injection  tout  le  coiqis  est  envahi  par  une  chaleur  intense  ;  les 
parties  découvertes  sont  le  siège  d’une  vaso-dilatation  énorme  ;  la  face,  en  particulier, 
est  toute  rouge  ;  les  conjonctives  sont  fortement  injectées  ;  il  existe  une  sensation  de 
brfdur:'  aux  mains  et  aux  pieds  ;  il  n’y  a  pas  de  céphalée  proprement  dite  ;  mais  des 
battements  dans  la  tôle  ;  il  so  plaint  en  outre  lie  quelque  dilTiculté  do  l'inspiration. 

Les  phénomènes  apparaissent  régulièrement  pou  après  chaque  injection  ;  ils  durent 
une  heure,  saut  la  gône  respiratoire  qui  disparaît  plus  rapidement  ;  à  plusieurs  reprises, 
mais  (i’une  façon  inconstante,  le  sujet  a  senti  un  goût  do  gaz  dans  la  bouche,  durant 
(pielques  instants,  ou  des  sensations  vertigineuses  quand  il  se  redressait. 

Après  cette  première  série,  apparaissent  des  phénomènes  plus  tardifs  :  élévalion  Hier- 
mique  peu  importante,  non  proportionnelle  àla  dose  injectée  (elle  a  atteint  un  maximum 
do  38°  après  l’injection  do  10  cmc.),  survenant  à  peu  près  5  heures  après  toute  injection 
supérieure  à  5  cmc.,  durant  une  heure  environ,  et  s’accompagnant  d’une  accélération 
cardiaque  nette. 

Douleurs  trLi  violentes  dans  les  membres  inférieurs,  apparaissant  également  5  heures 
après  dos  injections  de  dose  moyenne  ou  forte,  mais  d’une  façon  plus  irrégulière,  durant 
4  à  5  heures  et  parfois  jusqu’au  lendemain  de  l’injection. 

Ef/el  du  Irailemenl  :  Les  doses  faibles  do  phlogétan  ne  sont  suivies  d’aucune  amélio¬ 
ration;  au  contraire,  l’incertitude  d(^  la  marche  s’accentue,  les  troubles  sensitifs  aug¬ 
mentent  au  membre  inférieur  droit.  I.es  troubles  sensitifs  cessent  les  premiers  do  pro¬ 
gresser,  ce  qui  est  noté  à  la  date  du  1°'  novembre.  Le  5  enfin,  lendemain  de  l’injection 
do  6  cmc.,  la  première  qui  ait  été  suivie  d’une  réaction  thermique  (37°9),  le  sujet  a  l’im¬ 
pression  de  marcher  un  pou  mieux. 


SÉANCE  DU  17  JANVIER  1920 


401 

L’amélioration  s’accentue  réguiièrcment  et  rapidement  dans  ta  suite,  tant  au  point 
fie  vue  moteur  que  sensitif,  et  à  ia  sortie  de.  ta  ciinique,  ie  24  novembre, tes  troubies  qui 
s’étaient  déveioppés  d’une  façon  si  brutate  et  si  menaçante  étaient  non  seuiement  arrê¬ 
tés,  mais  en  bonne  voie  do  régression. 

Nous  avons  revu  noire  malade  le  1 1  janvier  1920. 

11  n’avait  suivi  aucun  traitement  depuis  son  départ. 

11  nous  arrive,  marchant  gaillardement,  sans  canne  sur  un  terrain  à  peu  près  régulier; 
surveillant  à  peine  scs  pieds,  restant  debout  sans  oscillations  appréciables,  de  façon 
que  seul  un  œil  exercé  peut  constater  les  restes  d’une  ataxie.  Lui-même  se  rend  compte 
dos  progrès  énormes  qu’il  a  réalisés,  surtout  dans  les  15  derniers  jours  ;  il  est  vrai  qu’il 
ne  peut  pas  encore  marcher  dans  l’obscurité,  et  qu’il  doit  taire  attention  s’il  veut  tour¬ 
ner  la  tête  en  marchant. 

Au  point  de  vue  sensitif,  il  accuse  également  de  gros  progrès  :  les  parties  génitales, 
nnosthésiques  auparavant,  ont  retrouvé  leur  sensibilité  normale  ;  au  bas-ventre  il  ne 
reste  presque  rien  de  la  sensation  de  serrement  et  de  rhypo-csthésic  ;aux  membres  inté¬ 
rieurs,  il  n’y  a  plus  d’anesthésie,  juste  une  hypo-osthésie  douteuse  aux  pieds,  la  dyses¬ 
thésie  dépasse  à  peine  les  genoux  :  il  est  vrai  que  l’anesthésie  profonde  pour  les  mou¬ 
vements  passifs  imprimés  aux  orteils,  persiste,  inchangée. 

Observation  IL  —  M.  D...  se  plainl  de  ;  dilTlculté  de  la  marche  et  de  la  station  de¬ 
bout  (il  garde  dilTlcilemont  l’équilibre,  même  s’il  s’appuie  sur  une  canne);  dans  l’obs¬ 
curité,  il  no  le  peut  pas  du  tout.  Sespieds  et  ses  genoux  sont  lourds  comme  du  plomb  ; 
il  a  toujours  la  sensation  d’une  forte  raideur  autour  de  la  bouche,  qui  l’empêche;  par 
exemple,  de  siffler.  Il  a  de'la  diplopie  et  enfin  des  troubles  vésicaux  et  génésiques. 

Le  malade  donne  les  détails  suivants  sur  le  développement  de  son  état  actuel  :  âgé 
actuellement  de  43  ans,  il  a  eu  la  syphilis  en  1907  ;  il  fait  tout  de  suite  deux  séries  de 
frictions  mercurielles,  puis  rien  d’autre  dans  les  années  qui  suivent  ;  il  se  porte  tout  à 
fait  bien  jusqu’à  il  y  a  5  ans. 

Rn  1920,  il  commence  à  voir  double  ;  le  médecin  constate  une  paralysie  extrinsèque 
de  l’œil  gauche  et  prescrit  un  verre  dépoli  il  institue  également  un  traitement  jantisy- 
PhilitiquB  ;  mais  le  trouble  oculaire  no  change  en  aucune  façon. 

11  y  a  trois  ans,  début  des  troubles  do  l’équilibre  ;  ils  progressent  lentement  et  de¬ 
viennent  de  plus  en  plus  gênants,  depuis  un  an  surtout.  Les  séries  d’injections  d’arsenic 
et  de  bismuth  que  l’on  continue  à  lui  donner,  n’arrivent  pas  à  enrayer  les  progrès  du 
mal. 

C’est  pourquoi  D...  se  présente  à  la  clinique  le  9  novembre  1925. 

L’examen  ne  laisse  aucun  doute  sur  le  diagnostic  :  il  s’agit  d’un  tabes  avec  grande 
àtaxie  ;  signe  de  Romberg  très  net  ;  abolition  de  tous  les  réflexes  tendineux  jusqu’à 
C8  à  droite  (réflexes  des  fléchisseurs  dos  doigts),  C6  à  gauche  (cubito-pronateur),  abo¬ 
lition  de  la  réaction  pupillaire  à  la  lumière,  pupilles  en  mydriaso,  inégales  et  irrégulières  ; 
■■éaction  de  Bordet-Wassermann  positive  dans  un  liquide  céphalo-rachidien,  qui  pour 
lo  reste  est  normal  quant  à  la  pression,  à  la  coloration,  et  au  taux  d’albumine,  mais  qui 
contient  des  lymphocytes  au  nombre  de  90  par  mmc.  ;dans  le  sang,  la  réaction  de  Bor¬ 
det-Wassermann  est  négative. 

Le  Iraitemenl  par  le  phlogétan  est  institué  le  11  novembre  1925  ; 

Jusqu’au  4  décembre,  le  sujet  reçoit  lÔ5cmc.  du  médicament  ;  nousnotons  ci-dessous 
chaque  dose  en  ajoutant  la  température  qu’elle  a  provoquée  : 

Le  11  novembre  ;  1  cmc.  ;  la  température  n’a  pas  été  prise. 

Le  14  novembre  :  2  cmc.,  température  :  36,5  ;  le  16  novembre  :  4  cmc.,  tempéèature 
36,4  ;  le  18  novembre  :  6  cmc.,  température  :  37,6  ;  le  20  novembre  :  7  cmc.,  tempéra¬ 
ture  :  37,4  ;  le  22  novembre  ;  8  cmc.,  température  :  37,7  ;  le  24  novembre,  :  10  cmc.,  tem¬ 
pérature  :  38,0  ;  le  26  novembre,  1 1  cmc.,  température  pas  prise  ;  le  28  novembre  :  12  cmc. 
température  :  38,3  ;  le  30  novembre  :  14  cmc.,  température  :  37,6  ;  le  2  décembre  : 
15  cmc.,  température  :  37,3  ;  le  4  décembre  :  15  cmc.,  température  37,3. 

Entre  deux  injections  de  phlogétan  on  donne  par  voie  intraveineuse  du  cyanure  de 


462 


RliUNlON  NEVROLOGIQUE  DE  STRASROURG 


Comme  effets  immédiats,  nous  notons  ici,  comme  dans  le  premier  cas.  une  chaleur 
et  une  vaso-dilatation  intenses,  régulières;  moins  régulièrement,  il  apparaît  au  bout  de 
(pielquos  heures  des  douleurs  violentes  dans  les  membres. 

L'amcliuraiiun  n’a  commencé  à  se  déclarer  qu’à  partir  des  doses  moyennes  ;  elle  a 
progressé  lentement.  Le  sujet  quitte  la  clinique  le  9  décembre  ;  la  veille  de  son  départ, 
l’équilibre  s’est  amélioré,  au  point  que  D...  fait  aisémentsans  canne  et  20  fois  de  suite 
le  tour  d’une  colonne  ;  la  raideur  péri-buccalo  a  disparu  :  le  malade  peut  de  nouveau 
sifller  ;  la  sensation  do  lourdeur  éprouvée  aux  genoux  n’existe  plus,  aux  chevilles,  elle 
a  beaucoup  diminué. 

M.  Draganesco. —  M.  Marinesco  et  moi,  nousavons  employé  la  thérapie, 
par  la  malaria  dans  le  tabes.  Les  résultats  n’ontpasété  trop  encourageants, 
tandis  que  dans  la  paralysie  générale  nous  avons  eu  des  succès.  D’autre 
part,  les  réactions  qui  se  produisent,  surtout  la  douleur,  sont  tellement 
intenses  que  nous  avons  dû  renoncer  à  ce  traitement  dans  le  tabes. 
La  malaria  employée  en  but  thérapeutique  ne  peut  pas  être  dosée,  les 
accès  sont  parfois  trop  intenses.  A  cause  de  cela,  nous  croyons  que  l’em¬ 
ploi  du  phlogétan  est  supérieur  à  l’emploi  de  la  malaria  dans  le  traite¬ 
ment  du  tabes. 

VIL  —  Un  nouveau  cas  de  moignon  douloureux  de  l’avant-bras 
guéri  par  la  section  des  rameaux  communicants  de  la  chaîne 
sympathique  cervicale, par  MM.  R.  Leriche  et  R.  Fontaine. 

Au  mois  de  février  1920,  nous  avons  présenté  à  la  Société  de  Médecine 
du  Bas-Rhin  (Ij  l’observation  d'un  jeune  homme  de  27  ans,  amputéd’avant- 
bras  à  la  suite  d’une  blessure  de  guerre,  qui  avait  vu  rapidement  cesser  les 
douleurs  intenses  et  les  crises  vaso-motrices  dont  son  moignon  était  le 
siège,  par  la  section  des  rameaux  communicants  cervicaux  inférieurs  et 
premier  dorsal. 

Ce  beau  résultat,  vraiment  surprenant,  qui  un  an  après  l’intervention, 
se  maintient  intégralement,  nous  a  incité  à  tenter  une  intervention  sem¬ 
blable  sur  un  autre  malade,  qui,  lui  aussi,  souffrait  d’un  moignon  doulou¬ 
reux,  et  la  guérison  fut  dans  ce  nouveau  cas  si  instantanée,  que  nous  avons 
jugé  intéressant  de  vous  le  rapporter,  bien  que  l’intervention  ne  remonte 
qu’à  8  jours. 

Il  s’agit  (l’un  J((un(;  hoirijno  do  34  ans,  sans  passé  pathfjlogiquc  important. 

Ce  malado  a  été  blessé  on  1910  par  plusieurs  éclats  d’obus  qui  lui  firent  à  la  fois 
une  fracture  ouverte  communicative  dos  deux  os  de  l’avant-bras  droit  et  une  fracture 
double  du  maxillaire  inf6ri(!ur. 

La  fracture  de  l’avant-bras  nécessita  de  nombreuses  incisions  et  de  multiples  cure¬ 
tages,  et  en  1918  s(uilemcnt  la  cicatrisation  complète  était  obt(!nue  ;  mais  les  doigts 
étiuent  alors  recroquevillés  en  griffe  et  avaient  complètement  perdu  leur  mobilité. 

Presque  aussitôt  des  troubles  vasomoteurs  s’installènmt  et  le  plus  souvent  le  membre 
était  bleu  et  froid.  D’autres- fois, il  y  ressentait  des  douleurs  très  intenses,  surtout  au 
niveau  do  la  main  et  do  l’avant-bras,  et  peu  à  peu  les  douleurs  dominèrent  nettement 
le  tableau  clinique.  En  1924,  elles  devinrent  tell  ment  intenses  que  le  malade  se  fit  hos- 

(1)  Voir  H.  Leiuciie  et  R.  Fontaine.  Section  dos  rameaux  communicants  cervicaux 
inférieurs  et  premier  dorsal  dans  un  cas  de  moignon  douloureux  d’avant-bras.  Stras¬ 
bourg  médical,  n“  6,  20  murs  1925. 


SÉANCE  DU  n  JANVIER  1926 


463 


pitaliser  il  noire  clinique,  où  l’on  procéda  finalement  après  l’échec  dos  traitements  médi¬ 
caux  les  plus  variés  à  l’amputation  de  l’avant-bras  au  tiers  inférieur. 

Cette  nouvelle  intervention  se  passa  sans  incident  et  la  guérison  opératoire  fut  obte¬ 
nue  dans  les  délais  habituels.  Mais  les  douleurs  ne  turent  que  passagèrement  enrayées, 
et  six  mois  environ  après  l’amputation  elles  reprirent,  d’abord  faibles,  puis  plus  fortes, 
enfin  presque  intolérables;  depuis  le  mois  de  septembre  1925, elles  sont  presque  conti¬ 
nues  :  localisées  au  niveau  des  têtes  des  métacarpiens  absents,  elles  remontent  le  long 
(le  l’avant-bras,  gagnent  le  bras  et  très  souvent  s’élancent  vers  la  tête  et  la  nuque,  et 
parfois  môme  jusqu’à  la  face. 

En  octobre  1925,  une  nouvelle  aggravation  des  douleurs  décida  le  malade  à  se  taire 
admettre  à  la  clinique  des  Assurances  sociales,  où  le  Docteur  Bauer  essaya  plusieurs 
interventions.  En  effet,  l’ablation  d’un  névromc  du  nerf  médian  étant  restée  sans  effet, 
notre  confrère  tenta  successivement,  sans  plus  do  résultat,  une  section  des  nerfs  médian  et 
cubital  et  enfin  celle  du  radial. 

Au  cours  de  ces  interventions,  le  D'  Bauer  fut  frappé  par  le  petit  volume  de  l’artère 
humérale. 

Le  10  janvier  1926,  le  D'  Bauer  voulut  bien  nous  adresser  le  malade  : 

11  s’agissait  d’un  jeune  homme  do  34  ans,  en  excellent  état  général,  qui  n’avait  d’au¬ 
tres  troubles  que  les  douleurs  presque  intolérables  do  son  moignon,  qui  étaient  devenues 
tellement  intenses  que  le  malade  était  décidé  à  tout  pour  s’on  débarrasser,  et  qu’il  mena¬ 
çait  d’en  finir  avec  la  vie  si  on  n’arrivait  pas  à  le  soulager. 

Son  moignon  était  bien  matelassé,  avec  une  cicatrisation  dorsale  souple  et  non  adhé¬ 
rente,  mais  le  moindre  cfilourement  lui  arrachait  des  cris. 

L’atrophie  musculaire  était  particulièrement  prononcée  et  intéressait  non  seulement 
les  muscles  du  bras,  mais  aussi  ceux  de  la  ceinture  scapulo-humérale  et  les  muscles  pec¬ 
toraux  et  dorsaux.  > 

A  quinze  centimètres  au-dessus  de  l’olécrâne,  nous  trouvions  à  droite  26 1  /2  centi¬ 
mètres  contre  29  à  gauche.  Tous  les  muscles  étaient  on  outre  flasques  et  hypotoniques. 

L’hyperesthésie  était  très  prononcée,  de  sorte  que  déjà  le  seul  contaet  des  vêtements 
était  très  pénible  au  malade.  Dépassant  largement  la  région  du  moignon,  elle  occupait 
Un  vaste  champ  continu,  qui  s’étendait  depuis  le  maxillaire  inférieur,  en  englobant 
toute  la  région  cervicale  inférieure,  en  avant  jusqu’au-dessous  du  mamelon  et  en  arrière 
jusqu’au  niveau  de  l’angle  inférieur  de  l’omoplate.  Le  pavillon  de  l’oreille  était  parti¬ 
culièrement  sensible  ? 

A  la  palpation,  on  eonslatait  facilement  l’hyperthermie  de  tout  le  membre  supérieur 
droit  ;  l’oreille  droite,  au  eontrairo,  était  bien  plus  chaude  que  la  gauche.  La  mensuration 
de  la  pression  artérielle  n’était  possible  qu’à  gauche,  où  nous  trouvions  Mx  11  1/2, 
Mn  6  1/2,  tandis  qu’à  droite,  le  contact  du  brassard  ne  put  être  toléré,  à  cause  des  vives 
douleurs  qu’il  déterminait. 

Nous  nous  trouvions  donc  en  présence  d’un  moignon  douloureux,  mais  ehez  notre 
malade,  les  douleurs  dépassaient  l’étendue  du  membre  blessé  pour  s’irradier  dans  les 
parties  avoisinantes  ;  d’autre  part,  les  douleurs  s’accompagnaient  de  troubles  vaso¬ 
moteurs,  qui  nous  firent  supposer  que  le  système  sympathique  devait  jouer  un  rôle 
très  important  dans  la  production  deces  phénomènes  douloureux.  Aussi  nous  décidàmes- 
hous  à  essayer  dans  ce  nouveau  cas,  la  même  intervention  que  celle  qui  avait  si  pleine¬ 
ment  réussi  pour  notre  premier  malade. 

Mais  la  propagation  des  douleurs  vers  la  face  et  le  cou  d’une  part,  vers  le  thorax  d’au¬ 
tre  part,  nous  fit  penser  que  pour  ce  malade  la  seule  section  des  rameaux  communicants 
du  ganglion  étoilé,  telle  que  nous  l’avions  faite  la  première  fois,  no  devait  pas  sulfirei 
et  d’emblée  nous  envisagions  donc  la  nécessité  d’interrompre  chez  lui  toutes  lés  branches 
qui,  tout  le  long  de  la  chaîne  sympathique  cervicale,  relient  ce  système  à  la  moelle- 

Cette  intervention  tut  réalisée  le  9  janvier  1926. 

■Sous  anesthésie  locale,  complétée  tout  à  la  fin  par  quelques  gouttes  d’éther,  une  inci¬ 
sion  fut  faite  entre  les  deux  chefs  du  muscle  sterno-cléido-mastoïdien  ;  la  chaîne  put 
facilement  être  identifiée  ;  par  contre,  la  découverte  du  ganglion  étoilé  fut  difficile  ; 
l’artère  thyroïdienne  inférieure  et  la  vertébrale  se  superposaient  dans  le  même  plan 


4G4 


RÉUNION  NEUROLOGIQUE  DE  STRASBOURG 


sagittal  et  il  fallut  faire  la  ligature  de  la  thyroïdienne,  pour  découvrir  le  ganglion. 
On  arriva  néanmoins  à  isoler  très  nettement  les  différents  rameaux  communicants  qui 
tous  furent  sectionnés  do  Cj  à  Dj.  L’intervention  avait  eu  lieu  à  midi. 

Quelques  heures  après  cette  intervention,  les  douleurs  avaient  complètement  dis¬ 
paru  ;  alors  que  le  matin  encore  cet  homme  était  en  proie  aux  douleurs  les  plus  vives, 
alors  que  ([uolques  heures  auparavant  on  ne  pouvait  toucher  son  moignon  sans  lui  arra¬ 
cher  des  cris,  il  ne  souffrait  plus.  On  pouvait  toucher  et  presser  son  moignon  sans  lui 
faire  mal  :  «  Je  suis  transformé  »,  nous  dit-il  le  soir  de  l’opération,  et  dans  les  huit  jours 
qui  sc  sont  écoulés  depuis  l’intervention,  le  malade  n’a  plus  ou  la  moindre  douleur  et 
jamais  plus  nous  n’avons  pu  constater  la  moindre  hyper(!sth6sie. 

En  môme  temps  son  moignon,  qui  avait  toujours  été  froid  avant  l’opération,  est 
redevenu  très  chautl. 

Le  lendemain  de  l’opération  nous  trouvions  à  l’appareil  do  l’achon  : 


Mx  14 
Mn  7 


à  gaucho 
Mx  13 
Mn  3 


I.  U.  3  1  l’Z 


I.  O.  7  1  « 


Avec  la  méthode  de  Riva  Rocci,  la  tension  était  pareille  des  deux  côtés  :  Mx  11, 
Mn  7,  cm  Hg.  Faisons  remarquer  encore  que  la  mensuration  de  la  tension  artérielle  était 
maintenant  aussi  indolore  à  droite  qu’à  gauche. 

Jusqu’ici  le  résultat  obtenu  peut  donc  ôtre  considéré  comme  excellent;  il  lui  reste  t 
subir  l’épreuve  du  temps  ;  mais  s’il  est  permis  de  conclure  d’après  ce  que  nous  avons 
vu  chez  notre  premier  malade,  nous  pouvons  espérer  qu’il  sera  définitif. 

M.  CouABON.  —  La  remarque  de  M.  Leriche  sur  le  fait  que  la  main 
fantôme  des  amputés  a  pour  caractère  de  reproduire  l’attitude  qu’avait 
la  main  vivante  au  moment  de  l’accident  qui  nécessita  l’amputation,  peut 
s’expliquer  par  le  phénomène  de  la  reviviscence  de  l’état  organique  au 
moment  de  l’émotion.  Avec  M.  Laignel-Lavastine,  j’ai  observé  deux  soldats 
([ui  guéris  de  leur  co’nmotion  revivaient  en  les  mimant  inconsciemment 
par  accès  de  quelques  minutes,  les  scènes  de  combat  pendant  lesquelles 
ils  avaient  été  commotionnés  (Stercotypies  consécutives  aux  émotions  du 
champ  dehalaiWe,  Annales  médico-psychologiques,  ]uinl91G,  et  Etats  seconds 
cataleptifornes  par  émotion  ou  choc,  Annales  médico-psychologiques, 
mai  1917).  L’irritation  du  moignon  qui  détermine  l'illusion  du  membre 
fantôme  évoque  aussi  la  reviviscence  de  l’état  organique  du  membre 
vivant,  c’est-à-dire  la  reviviscence  de  son  attitude  lors  de  la  scène  émou¬ 
vante. 

M.  Leriche.  —  Quoiqu’il  faille  en  matière  de  thérapeutique,  surtout 
dans  la  chirurgie  de  la  douleur,  toujours  attendre  l’épreuve  du  temps, 
j’ai  pensé  qu’il  y  avait  intérêt  à  vous  présenter  ce  malade  avant  même 
que  ses  fils  ne  soient  enlevés,  et  cela  pour  deux  motifs.’  Tout  d’abord  à 
cause  de  l’instantanéité  de  sa  guérison.  Alors  que  le  matin,  pendant  l’opé¬ 
ration  même,  il  souffrait  atrocement,  le  soir,  nous  l’avons  trouvé  trans¬ 
formé,  n’ayant  plus  aucune  douleur.  On  dit  généralement  qu’après  les 
opérations  sympathiques,  les  douleurs  ne  cèdent  que  peu  à  peu,  comme  à 
regret  ;  ici  la  sédation  a  été  instantanée,  comme  il  en  est  dans  les  névralgies 
du  trijumeau  après  la  section  de  la  racine  sensitive.  Je  pense  que  cela 


SÉANCE  DU  17  JANVIER  1926 


465 


est  dû  à  ce  que  chez  ce  malade,  à  cause  d’irradiations  dans  la  nuque, 
j’ai  faitune  ramisection  très  étendue,  de  C  ^  à  D’,  alors  que  d’habitude 
jusqu’ici  je  me  bornais  à  couper  les  rameaux  qui  s’échappent  au  niveau 
du  ganglion  étoilé  et  de  l’intermédiaire,  soit  de  C”  à  D‘.  En  faisant  cela, 
je  pensais  que  je  coupais  à  peu  près  tous  les  rameaux  qui  vont  au  plexus 
brachial.  Mais  je  me  demande  aujourd'hui,  en  me  basant  sur  certains  faits 
récemment  observés,  si  tous  les  rameaux  à  partir  de  C'^  ne  donnent  pas  ■ 
des  branches  plus  ou  moins  indirectement  au  plexus,  et  je  me  propose 
désormais  dans  les  syndromes  douloureux  de  faire  des  ramisections  éten¬ 
dues,  comme  celle  qui  a. été  réalisée  chez  cet  amputé.  Je  viens  de  parler 
des  rameaux  cpii  vont  au  plexus  :  il  va  de  soi  qu’il  faut  prendre  les  choses 
en  sens  inverse,  les  rami  ne  renfermant,  pour  autant  que  je  puisse  dire, 
que  des  fibres  centripètes. 

Et  ceci  m’amène  au  second  point  dont  je  voulais  vous  entretenir.  Les 
moignons  douloureux,  les  syndromes  douloureux  diffus  étendus  à  tout 
un  membre  (ce  que  l’on  appelait  autrefois  si  inexactement  la  névrite 
ascendante)  sont  guéris  par  la  ramisection.  C’est  un  fait.  Après  cette  opé¬ 
ration,  les  brûlures,  les  picotements,  les  crampes  douloureuses  que  les 
malades  ressentent  dans  tous  les  segments  du  membre  frappé,  superfi¬ 
ciellement  et  profondément,  disparaissent,  et  cependant  il  n’y  a  nulle  part 
la  moindre  anesthésie.  On  ne  trouve  aucune  diminution  de  lasensibilitéau 
contact,  à  la  chaleur,  à  la  douleur.  Les  conducteurs  centripètes  que  l’on  a  cou¬ 
pés  semblent  n’avoir  rien  à  faire  avec  la  sensibilité  ordinaire.  Rapprochant 
cela  de  ce  fait  que  chez  le  malade  que  vous  venez  de  voir,  l’hallucination 
du  moignon  a  presque  totalement  disparu,  je  me  demande  si  les  rameaux 
communicants  ne  sont  pas  formés  surtout  des  fibres  qui  véhiculent  les 
cénesthésies.  S'il  en  était  ainsi,  et  j’ai  l’intention  d’étudier  ce  pointprécis, 
nous  aurions  dans  la  ramicotomie  le  moyen  de  faire  une  sorte  de 
chirurgie  des  cénestopathies.  La  question  me  paraît  très  intéressante  et 
j’ai  cru  bon  de  vous  signaler  cette  nouvelle  orientation  possible  de  la 
chirurgie  du  sympathique. 

VlII.  — Hémi -syndrome  vestibulaire  transitoire  provoqué  par  une 

injection  de  novocaïne  dans  la  région  latérale  du  cou,  par  le  D'' 

Draganesco. 

Nous  avons  eu  l’occasjon  récemment  d’observer  une  série  de  phéno¬ 
mènes  qui  constituent  en  quelque  sorte  une  preuve  expérimentale  du  syn¬ 
drome  sympathique  cervical  postérieur  décrit  dans  l’arthrite  cervicale  par 
Barré.  Voici  les  faits. 

Chez  un  malade  de  la  clinique,  qui  souffrait  d’une  névralgie  faciale  gauche  du  type 
sympathalgique,  et  chez  lequel  la  pression  dans  la  région  du  ganglion  cervical  supérieur 
gauche  provoquait  une  douleur  vive  dans  l’œil  et  la  région  sous-orbitaire  du  même  côté, 
nous  avons  pratiqué  avec  M.  Fontaine  une  injection  de  15  cc.  do  novocaïne  (1  %)  au 
niveau  de  la  région  cervico-latérale  supérieure. 

Presque  immédiatement,  le  malade  présentait  une  pâleur  intense  de  la  face,  une 
mydriase  bilatérale,  du  bourdonnement  et  du  sifflement  dans  les  doux  oreilles,  de  l’in- 


RÉUNION  NEUROLOGIQUE  DE  STRASBOURG 


iW, 

(]iiiélude,  de  la  tachycardie  et  un  état  nauséeux.  Quidques  minutes  après,  la  sensation 
de  vertige  était  très  intense,  avec  impression  de  déplacement  des  objets  vers  la  droite. 
On  notait,  en  môme  temps,  un  nystagmus  violent,  à  caractère  légèrement  rotatoire, 
vers  la  droite.  Ce  nystagmus  était  très  fort,  meme  dans  le  regard  de  face  et  dans  la 
convergence.  Dans  la  position  debout,  le  malade  déviait  nettement  vers  la  gauche, 
et  lorsqu’on  lui  faisait  fermer  les  yeux,  il  tombait  dans  la  mémo  direction.  En  même 
temps  on  constatait  une  déviation  marquée  des  deux  bras  vers  le  côté  gauche. 

Le  nystagmus  a  persisté  pendant  55  minutes,  en  diminuant  progressivement.  Parallè¬ 
lement  les  troubles  auditifs  subjectifs  ont  diminué.* 

En  dehors  des  phénomènes  décrits,  nous  avons  remarqué  chez  notre  malade  après 
l’injection,  une  légère  parésie  de  la  VI«  paire  gaucho,  une  disparition  passagère  du  spasme 
facial  gauche,  qui  existait  avant,  enfin  une  cessation  des  douleurs  qui  a  duré  une  heure 
et  demie. 

Pendant  tout  cet  intervalle,  il  a  persisté  une  pôleur  de  la  face,  avec  hypothermie 
légère  du  côté  gaucho.  Nous  n’avons  pas  observé  de  syndrome  Claude-Bernard  llorner 
manifeste. 

Comment  interpréter  ces  phénomènes  et  surtout  l’apparition  d’un  hémi¬ 
syndrome  vestibulaire? 

Il  nous  est  difficile  d’admettre  que  la  fixation  du  toxique  sur  le  bulbe,  où  il 
serait  arrivé  par  voie  générale,  a  pu  produire  ces  phénomènes.  Leur  appa¬ 
rition  presque  immédiatement  après  l’injection  doit  avoir  une  autre  expli¬ 
cation.  Il  est  possible  que  la  solution  de  novocaïne  introduite  à  la  partie 
latérale  et  supérieure  du  cou  a  pénétrédans  les  espaces  intertransversaires 
gauches  et  a  infiltré  le  nerf  vertébral  et  les  parois  de  l’artère  vertébrale. 
L’effet  a  été  une  vaso-constriction  intense  dans  le  territoire  vasculaire 
correspondant  et  surtout  dans  l’hémi  bulbe  gauche.  Comme  conséquence 
nous  avons  observé  les  troubles  dans  le  domaine  des  nerfs  qui  y  ont  leur 
origine  et  surtout  la  VIII“  paire. 

Le  ganglion  cervical  supérieur  a  été  moins  atteint  par  la  solution  in¬ 
jectée.  En  elfet,  le  syndrome  de  Claude-Bernard  Horner  était  peu  net, 
mais  il  existait  cependant  une  forte  vaso-constriction,  à  la  face,  c’est-à-dire 
dans  le  territoire  du  sympathique  antérieur.  Les  troubles  que  nous  avons 
observés  plus  haut  doivent  donc  tenir  à  la  vaso-constriction  produite 
dans  le  territoire  du  sympathique  cervical  postérieur.  Il  est  probable 
cependant  que,  si  nous  avons  provoqué  un  tel  syndrome  par  l’injection 
de  novocaïne,  syndrome  que  nous  n’avons  pu  reproduire  chez  d’autres 
malades,  le  fait  est  dû  à  l’état  particulier  d’irritabilité  sympathique  dans 
ce  cas. 

IX.  —  Le  recouvrement  de  la  paupière  supérieure  dans  les  pa¬ 
ralysies  faciales,  même  légères.  Sa  valeur  diagnostique,  par 

M.  Barré. 

Résumé.  —  L’auteur  décrit  sous  le  titre  de  signe  du  recouvrement  de  la 
paupière  supérieure  une  disposition  particulière  des  tissus  mous  qui  sont 
situés  au-dessous  de  la  région  sourcilière  et  au-dessous  de  la  paupière  su¬ 
périeure.  Ils  forment  suivant  la  position  de  cette  paupière  un  pli  plus  ou 
moins  accentué  qui  recouvre  chaque  paupière  chez  l'individu  normal. 


SÉANCE  DU  17  JANVIER  1926 


467 


Dans  le  cas  de  paralysie  faciale,  ce  pli  descend  plus  bas,  recouvre  davan¬ 
tage  la  paupière  du  côté  paralysé. 

L’auteur  fait  passer  une  série  de  photographies  qui  établissent  l’exis¬ 
tence  du  signe.  Il  accompagne  la  plupart  des  paralysies  accentuées  et 
des  paralysies  légères,  et  acquiert  de  ce  fait  une  réelle  valeur. 

Il  est  commun  aux  paralysie  flasques  et  aux  paralysies  avecconctracture, 
ce  qui  lui  confère  également  une  valeur  pratique  spéciale,  puisqu’il  peut 
J)ermettre  de  spécifier  le  côté  atteint  quand  on  se  trouve  en  présence  d'une 
parésie  légère  et  qu’on  se  demande  s’il  y  a  légère  parésie  avec  contracture 
d’un  côté  ou  légère  parésie  flas(|ue  du  côté  opposé. 

Dans  les  paralysies  avec  contracture,  le  recouvrement  de  la  paupière 
semble  dû  à  l’abaissement  actif  du  sourcil  (par  contracture  del'orbiculaire) 
qui  entraîne  la  descente  du  voile  sous-sourcilier,  sus-palpébral  ;  dans  les 
paralysies  flasques,  la  fente  oculaire  étant  agrandie  et  le  frontal  détendu, 
il  y  a  une  double  raison  pour  que  le  phénomène  du  recouvrement  se 
produise. 

Ce  signe  sembje  très  fréquent  et  très  sensible  ;  il  est  très  facile  à  cons¬ 
tater  ;  il  peut  renseigner  sur  le  côté  atteint  de  paralysie.  Il  mérite  de 
prendre  place  parmi  ceux  aux([uels  on  aura  utilement  recours  dans  les 
cas  de  paralysie  faciale  légère  assez  fréquents  en  pratique  et  d’un  diag¬ 
nostic  parfois  difficile. 


X.  —  Inversion  des  deux  réflexes  tricipitaux,  fracture  du  radius 
d’un  côté,  par  MM.  Barré  et  Draganesco. 

Il  semble  bien  que  l’existence  d’une  inversion  bilatérale  du  réflexe  tri- 
cipital  doive  être  extrêmement  rare.  Nous  avons  eu  l’occasion  de  l’observer 
chez  un  jeune  sujet,  qui  a  subi  deux  ans  auparavant  une  fracture  de  l’avant- 
bras. 

Voici  notre  observation. 

K.  E...,  ûgè  de  17  ans,  menuisier  de  profession,  vient  consulter  pour  une  fai¬ 
blesse  de  la  force  au  niveau  <le  la  main  gauche,  qui  l’empèchc  de  travailler.  C’est  de 
CO  côté  que  deux  ans  auparavant  il  eut  une  fracture  fermée  do  l’avant-bras,  qui  se 
consolida  en  laissant  une  incurvation  antérieure  des  doux  os,  surtout  du  radius.  Le 
malade  alïlrmo  que  les  troubles  moteurs  ne  datent  que  depuis  2  mois  à  lu  suite  d’une 
émotion.  ' 

A  l’examen  du  malade,  on  no  constate  aucune  douleur  à  la  pression  au  niveau  de 
l’ancienne  fracture.  Les  doigts  et  la  main  gaucho  sont  en  légère  flexion.  L’éminence 
thénar  de  ce  côté  est  à  peine  réduite  de  volume.  La  force  dynamométrique  à  droite  est 
16.  ù  gauche  9  et  parfois  moins.  Les  mouvements  d’opposition,  d’écartement  et  de 
rapprochement  des  doigts  sont  faibles  à  gauche. 

La  motilité  dans  les  autres  segments  des  membres  supérieurs  est  conservée. 

Les  réflexes  C,  G®  sont  vifs  et  diffusibles  sur  G*,  qui  est  normal.  Le  réflexe  Iricipiial 
est  inversé  des  deux  cûlés.  La  réponse  est  toujours  une  flexion  du  coude.  Le  réflexe  est 
égal  des  doux  côtés. 

L’examen  neurologique,  par  ailleurs,  no  montre  rien  do  particulier.  La  radiographie 
de  la  colonne  cervicale  donne  une  image  normale. 


408 


RÉUNION  NEUROLOGIQUE  DE  STRASBOURG 


A  l’oxamcn  l'ilectriquo,  on  trouve  une  contraction  plus  lente  de  IViminonoe  tliénar 
pauclic. 

lia  main  çaiiclie  est  \in  peu  plus  froide  que  celle  du  côtfi  droit.  I.a  tension  artérielle 
est  ia  même  des  deux  cêtés. 

Quelle  explication  peut-on  donner  de  cette  double  inversion  du  C7  ? 

Nous  avons  pensé  tout  d’abord  qu’il  s’agissait  d’une  lésion  de  la  co¬ 
lonne  cervicale.  L’absence  de  modifications  radiographiques  et  d’autres 
phénomènes  cliniques  ne  nous  permettent  pas  d’admettre  cette  hypo¬ 
thèse. 

Nous  nous  demandons,  d’autre  part,  s’il  ne  s’agit  pas  d’une  anomalie 
curieuse,  datant  depuis  l’âge  la  plus  précoce.  Le  fait  que  les  réflexes  sont 
égaux  des  deux  côtés  seraient  en  faveur  de  cette  hypothèse. 

Il  y  reste  une  troisième  explication  à  envisager.  N’y  a-t-il  pas  une  re¬ 
lation  avec  la  fracture  de  l’avant-bras  ?  Il  est  possible  que  cette  lésion  ait 
provoqué  des  modifications  vaso-motrices  réflexes  au  niveau  de  la  moelle, 
qui  ont  abouti  à  créer  un  dérangement  permanent  au  niveau  des  cellules 
réceptrices  du  7®  segment  cervical  et  une  anomalie  dans  la  réponse  des 
neurones  voisins. 

Cette  inversion  de  réflexe  n’est  peut-être  qu’une  inversion  chronaxique, 
dont  M.  Bourguignon  a  démontré  l'importance,  dans  le  phénomène  de 
Babinski.  Sa  bilatéralité  ne  serait  alors  que  l’expression  d’un  phéno¬ 
mène  de  répercussivité. 


TROISIÈME  CONGRÈS  NEUROLOGIQUE 
DES  PAYS  DU  NORD 


Le  troisième  Congrès  neurologique  des  pays  du  Nord  s’est  tenu  à 
Oslo  le  17  et  le  18  septembre  1926.  Après  l’élection  du  Président  (M.  le 
Professeur  Monrad-Krohn)  et  des  'Vice-Présidents  (MM.  les  Professeurs. 
H.  Marcus,  Jarl  Hagelstam  et  Viggo  Christiansen),  le  sujet  principal  de 
ce  congrès,  la  neuro-syphilis,  a  été  exposé  par  les  deux  rapporteurs 
MM.  Borberg  et  Saethre.  Dans  la  discussion  qui  a  suivi,  des  communica¬ 
tions  très  intéressantes  ont  été  faites,  par  MM.  Hagelstam,  "Woblfalirt, 
Hôglund,  Thjôtta,  Bruusgaard  et  Dahlstrom.  Ce  dernier  a  constaté  que 
parmi  les  syphilitiques  traités  par  feu  M.  le  Professeur  Boeck  (le  syphi- 
lilologue  antimercurialiste  norvégien  bien  connu)  metalues  est  extrême¬ 
ment  rare.  Le  premier  jour  fut  entièrement  consacré  à  la  question  de 
la  neuro-syphilis. 

Le  deuxième  jour,  on  discuta  d’autres  choses  d’importance  neuro¬ 
logique.  M.  Gundersen  (Oslo)  exposa  la  relation  entre  l’encéphalite  épidé¬ 
mique  et  la  parotidite  épidémique.  D’après  lui  la  relation  entre  les  deux 
maladies  serait  très  étroite;  peut-être  le  virus  serait- il  le  même.  La 
Ventriculographie  fut  traitée  par  MM.  Antoni,  Olivecrona,  Magnus  et 
Monrad-Krohn,  et  des  résultats  très  favorables  de  traitement  par  les 
rayons  X  de  tumeurs  cérébrales  ont  été  rapportés  par  M.  Jorgensen 
(Oslo).  Sahlgren  et  Nylén  (Stockholm)  décriront  un  nouveeu  procédé 
d’examen  du  liquide  céphalo-rachidien  quant  à  son  contenu  en  pro¬ 
téines.  Des  études  sur  la  psychose  de  Korsakow  due  d’après  Marcus  à  des 
lésions  frontales)  furent  rapportées  par  M.  le  Professeur  Marcus  (Stoc¬ 
kholm.) 

M.  le  Professeur  Henschen  traita  de  l’existence  d’un  centre  «  agra- 
phique  »  et  de  la  physiologie  de  la  vision  binoculaire. 

Enfin,  il  fut  décidé  que  le  prochain  congrès  aurait  lieu  à  Helsingfors 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES 
ET  NEUROLOGISTES 

de  France  et  des  pays  de  langue  française 


XA’-X*  session.  —  GENÈVE-LAUSANNE.  2  -  7  août  1926. 


Le  A’A’A'®  Congrès  des  Aliénisles  el  Neurologistes,  qui  comptera  parmi 
les  plus  brillants,  s’est  ouvert  à  Genève,  le  2  août  au  matin,  par  une 
grandiose  cérémonie,  à  l’Aula  de  l’Université,  sous  la  présidence  d’honneur 
de  M.  le  président  du  Conseil  d’État  du  canton  de  Genève  Moriaud, 
assisté  de  [ilusieurs  c.onseillers  d’Etat,  du  Recteur  de  l’Académie  de  Ge¬ 
nève,  des  Doyens  des  Facultés  et  do  la  plupart  des  notabilités  universi¬ 
taires  et  medicales  de  Genève,  et  sous  la  présidence  effective  de  MM.  Se- 
MKLAUiNE  (de  Paris)  pour  la  France  et  Long  (de  Genève)  pour  la  Suisse. 
Plus  de  quarante  délégués  des  ministères  français,  des  sociétés  savantes 
et  gouvernements  étrangers,  plus  de  cinq  cents  membres  adhérents  et 
associés  y  assistèrent  au  centenaire  de  Pinel,  matérialisé  par  un  discours 
du  président  français,  chef-d’œuvre  d’érudition  attrayante,  d’élégance 
verbale  et  de  diction  émouvante.  . 

Au  point  de  vue  scientifique,  le  Congrès  réalisait  l’événement  sensa¬ 
tionnel  d’une  rciKîontre  amicale  entre  jisychiatres  de  langue  française  et 
psychiatres  sgiisses  de  langue  allemande  sur  le  sujet  d’actualité  de  la 
Schizophrénie,  sur  lequel  M.  le  professeur  H.  Claude  (de  Paris)  et  M.  le 
professeur  Bleuler  (de  Zurich),  auteur  du  terme  et  de  la  conception, 
avaient  accepté  le  rapport  psychiatrique,  le  rapport  de  Neurologie  confié 
à  M.  'l'ouRNAY  (de  Paris)  ayant,  de  son  côté,  le  grand  attrait  d’une  étudi; 
spéciale  du  signe  de  Babinski. 

Au  point  de  vue  touristique,  il  se  déroula  à  travers  les  prestigieux  décors 
d’une  contrée  aussi  grandiose  dans  ses  sites  et  horizons  célèbres  qu’ac¬ 
cueillante  aux  médecins  par  ses  établissements  thermaux,  ses  maisons 
de  santé  et  de  repos,  ses  sanatoria  et  tous  ses  établissements  d’assistance 
aux  malades  nerveux  et  mentaux.  De  brillantes  réceptions  avec  orchestres, 
menus  délicats,  allocutions  chaleureuses,  promenades  reposantes,  trajets 


CONGIiÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES  471 

distrayants  en  de  conïortables  automobiles,  accordèrent  la  note  des  mon¬ 
danités  avec  l’harmonie  des  impressions  jaillies  naturellement  d’une  hos¬ 
pitalité  largement  cordiale.  Après  des  excursions  sur  le  lac  et  aux  stations 
franco-suisses  des  alentours,  le  Congrès  termina  ses  travaux  à  Lausanne 
le  7  août. 

La  première  réunion  publique  des  psychanalystes  français  et  des  pays 
de  langue  française  a  eu  lieu  à  l’occasion  du  Congrès  des  aliénistes  le  le 
3oût,  à  l’Institut  J.-J.  Rousseau,  à  Genève.  La  première  séance,  présidée 
par  M.  R.  DE  Saussure  (de  Genève),  fut  consacrée  à  l’e.xposé  et  à  la  dis¬ 
cussion  d’un  rapport  de  M.  Laforgue  (de  Paris)  sur  la  Schizonoia  ou 
constitution  mentale  (commune  à  la  schizophrénie  et  aux  névroses) 
caractérisée  par  la  dissociation  entre  le  comportement  conscient  de  l’in¬ 
dividu  et  ses  aspirations  instinctives  inconscientes  telles  que  les  révèle 
la  psychanalyse  (constellation  parentale  et,  en  particulier,  attraction 
maternelle  possessive  restée  empreinte,  par  suite  d’une  arriération  affec¬ 
tive,  d’un  caractère  digestif).  La  deuxième  séance,  présidée  par  M.  Hes- 
Nard  (de  Toulon),  fut  consacrée  à  un  rapport  de  M.  Odier  (de  Genève) 
sur  la  Théorie  du  Sur  Moi.  du  Moi  et  du  Soi  de  Freud  el  à  sa  critique.  Des 
nombreuses  et  intéressantes  discussions  se  dégagea  l’évidence  d’une  impul¬ 
sion  vigoureuse  du  mouvement  psychanalytique  français,  caractérisé 
par  une  tendance  à  se  libérer  des  conceptions  schématiques  et  dogmatiques 
allemandes  et  à  se  rapprocher  de  la  clinique  neuropsychique  tradition¬ 
nelle. 


RAPPORTS 


1.  —  NEUROLOGIE 

Le  signe  de  Babinski  (caractéristiques,  mécanisme 
et  signification),  par  M.  A.  Tournay  (de  Paris). 

Le  signe  de  Babinski,  décrit  par  cet  auteur  le  22  février  1896  à  la  So¬ 
ciété  de  Neurologie,  consiste  dans  ce  que  l’excitation  adéquate  de  la  plante 
du  pied  a  pour  résultat  que  les  orteils,  au  lieu  de  se  fléchir,  exécutent  un 
mouvement  d’extension  sur  le  métatarse  (phénomène  des  orteils).  Cette 
extension  peut  être  limitée  au  gros  orteil  ou  aux  deux  premiers  ou  ne 
se  produire  que  par  l’excitation  de  la  partie  externe  de  la  plante  ;  le  phé¬ 
nomène  peut  n’apparaître  qu’après  plusieurs  excitations.  Il  s’observe 
dans  une  série  d’affections  organiques  (hémiplégie,  paraplégie),  tempo¬ 
rairement  dans  l’épilepsie,  jamais  dans  l’hystérie,  le  tabes  et  les  névrites 
pures  (sauf  exception).  Toutes  les.  affections  qui  le  présentent  ont  ceci 


t72 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


(le  commun  qu’elles  comportent  une  perturbation  dans  le  fonctionnement 
du  systcune  pyramidal. 

Il  n’e:it  pas  un  indice  de  gravité  de  la  paralysie.  11  peut  faire  défaut  alors 
qu’une  lésion  pyramidale  existe.  Il  peut  être  simulé  dans  la  paralysie 
infantile  et  la  névrite  quand  la  flexion  est  entravée  ;  inversement  il  peut 
être  empêché  ou  supprimé  par  l’impossibilité  de  l’extension,  pour  des 
raisons  soit  centrales,  soit  ])éripbéri((ues. 

Il  est  physiologique  durant  les  premiers  mois  qui  suivent  la  naissance- 
Il  peut  être  constaté  dans  le  sommeil  naturel  ou  anesthésique,  dans  l’in¬ 
toxication  (strychnine,  etc.),  disparaître  durant  la  narcose,  disparaître 
aussi  parfois  dans  la  position  ventrale,  durant  la  crise  comitiale,  ou,  dans 
l’hémiplégie,  par  la  rotation  de  la  tête  du  cc'jté  paralysé. 

Son  mécanisme  est  central.  Il  résulte  des  expériences  de  Minkowski 
(de  Zurich)  sur  le  fœtus,  des  observations  de  l’enfant,  des  documents  cli- 
ni(iues  de  P.  Marie,  Vincent,  Froin,  Crouzon,  etc.,  qu’il  est  une  réaction 
s’elïectuant  par  les  voies  d’un  système  non  pyramidal  libéré  —  par¬ 
tiellement  ou  totalement,  transitoirement  ou  durablement  —  à  la  faveur 
d’une  perturbation  du  système  pyramidal  dans  le  sens  du  déficit  (mais 
qu’il  peut  aussi  être  empêché,  malgré  le  déficit  pyramidal,  par  un  regain 
temporaire  de  transmission  de  l’excitation  suivant  la  voie  pyramidale 
déficitaire).  Il  pourrait  être  périphérique  par  suite  de  mécanismes  encore 
hypothétiques  (augmentation  de  tonus  de  l’extenseur  ou  de  l’elficacité 
de  sa  contraction  réflexe  ?)  mais  dans  lesquels  la  perturbation  centrale 
existe  toujours  à  l’origine. 

Sa  signification  théorique  est-elle  celle  d’un  réflexe  d’excitation  mini¬ 
male  substituée  à  un  réflexe  normal  inverse  ,(P.  Marie).  Il  n’est  pas  né- 
(■essairement  lié  aux  réflexes  de  défense  ou  d’automatisme  médullaire 
(Babinski).  Il  est  peut-être  lié  à  une  régression  de  la  fonction  motrice  do 
la  marche,  d’ordre  néencéphalique  cortical  vers  l’état  antérieur  (caracté¬ 
risé  par  la  préhension  des  orteils)  d’ordre  paléencéplialique  médullaire. 

Sa  signification  pratique  est  considérable.  Précautions  prises  pour  le 
caractériser,  il  est  le  signe  indicateur  le  plus  sensible  d’une  perturbation 
pyramidale.  De  plus,  il  doit  inciter  à  une  exploration  plus  précise  des  sys- 
.  tèmes  non  pyramidaux. 


Discussion. 

M.  Laionel-Lavastine  (de  Paris),  qui  appartient  à  l’iicolo  do  Babinski,  a  assisté 
au  succès  grandissant  de  ce  symptéme  dont  la  valeur  n’est  plus  discutée  et  dont  lu 
description  par  l’auteur  fut  parfaite  d’emblée,  llrésume  les  précautions  à  réaliser  ma¬ 
tériellement  pour  sa  recherche  parfois  diilicile  :  position  delà  jambe  relâchée  en  demi- 
flexion,  température  sullisamment  élevée  pour  ne  pas  refroidir  le  membre  et  provo¬ 
quer  le  réflexe  vaso-constricteur,  excitation  franche  sans  brutalité,  confiance  et  non- 
émotivité  du  patient. 

Ce  signe  manque  dans  l’hémorragie  de  la  couche  optique,  dans  la  paraplégie  flasque 
par  section  complète  do  la  moelle  (2  cas  personnels)  ;  il  peut  faire  défaut  lors  d'une  vaso¬ 
constriction  d’oiigine  sympathique,  qui  disparaît  après  bain  chaud.  On  peut  obser¬ 
ver  la  réponse  en  flexion  par  prédominance  de  la  fonction  flexion  dans  la  polyomyélite. 


CONGIiÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


473 


dans  laquelle  d’ailleurs  lo  système  pyramidal  peut  être  atteint,  comme  dans  le  mal  de 
Pott,  l’épilepsie,  les  séquelles  môningomyélitiques.  Il  ajoute  qu’on  trouve  la  réalisation 
du  Babinski  dans  un  certain  nombre  de  tableaux  célèbres. 

M.  Bersot  (de  Neufchàtel)  insiste  sur  l’évolution  onto-phylogénétique.du  phéno¬ 
mène  comparé  à  ia  réaction  des  interosseux  ;  la  réponse  des  orteils  est  l’élément  le  plus 
fixe  du  réflexe  plantaire.  Il  esquisse  son  rôle  dans  l’organisme  et  sa  place  en  réflexologie. 
Un  tel  phénomène,  d’une  importance  biologique  et  séméiologique  primordiale,  est  à 
étudier  dans  ses  relations  avec  les  phénomènes  voisins  et  à  la  lumière  du  principe  de 
l’interdépendance  des  réactions. 

M.  Roger  (de  Marseille)  reprend  la  description  des  précautions  indispensables 
pour  la  recherche  du  Babinski  ;  il  fait  marcher  le  malade  au  préalable,  sèche  la  sueur, 
s’efforce  d’éliminer  certains  mouvements  automatiques  supérieurs  ou  volontaires  ;  il 
signale  son  absence  chez  les  campagnards  et  indigènes  coloniaux  à  la  semelle  cornée. 
La  plupart  des  cas  «  douteux  »  évoluent  ultérieurement  comme  des  lésions  pyramidales. 
L’extension  de  la  zone  réflexogène  (parfois  à  toute  la  surface  du  corps)  est  à  étudier 
dans  son  mécanisme.  Lo  Babinski  périphérique  est  rare,  à  côté  de  la  fréquence  de  l’ex¬ 
tension  du  processus  lésionnel  aux  pyramides.  Il  signale  son  existence  dans  l’arté- 
rite,  réalisant  une  claudication  intermittente  (périphérique  ou  centrale). 

M.  CouRBON  (de  Paris)  souligne  l’intérêt  du  Babinski  en  psychiatrie,  où  il  peut  faci¬ 
liter  le  diagnostic  d’épilepsie,  de  contusion  mentale  d’origine  toxique,  do  syndrome  de 
débilité  motrice  (Dupré),  de  démence  précoce  avec  symptômes  organiques.  Comme  beau¬ 
coup  do  symptômes  neurologiques  il  s’impose  à  l’expérience  des  psychiatres. 

M.  Minkowski  Cde  Zurich)  félicite  le  rapporteur  de  la  vaste  synthèse  bio-clinique 
qu’il  a  su  réaliser.  Il  y  a  certainement  dos  facteurs  supraspinaux  non  pyramidaux  qui 
participent  au  phénomène,  mais  il  faut  préciser  en  parlant  de  facteurs  sous-corticaux 
d’origine  tégumontale,  mésocéphalitiquo,  striée,  etc.  Sa  valeur  doit  d’ailleurs  être  consi¬ 
dérée  et  évaluée  on  connexion  avec  l’ensemble  des  phénomènes  de  tout  l’organisme. 
C’est  seulement  parfois  son  évolution  (au  cours  d’une  lésion  médullaire  traumatique 
par  exemple)  qui  fixe  sur  la  gravité  et  l’étendue  de  la  lésion  et  son  pronostic. 

M.  B.\RnÉ  (de  Strasbourg)  ajoute  aux  formes  connues  du  signe  le  type  clonique,  de  la 
série  spastiquci,  étudie  scs  variations  dans  la  position  ventrale,  défavorable  à  l’état 
morbide,  mais  qui,  ù  l’état  normal,  peut  faire  réapparaître  la  réponse  habituelle  quand 
elle  est  masquée  par  lo  phénomène  des  orteils  (variations  de  tonicité  par  les  réflexes 
d’attitude)  ? 

II  signale  un  cas  de  disparition  à  la  suite  de  médication  par  le  phlogétan.  Le  Babinski 
traduit  l’irritation  et  non  l’inhibition  de  la  fonction  ;  certaines  lésions  pyramidales 
réelles  mais  non  irritatives  peuvent  ne  pas  le  provoquer.  Dans  le.  Babinski  périphé¬ 
rique,  la  force  d’extension  volontaire  du  gros  orteil  est  plus  grande  que  la  force  de  flexion 
dans  la  majorité  des  cas  où  existe  lo  signe  do  Babinski  (c’est  le  contraire  à  l’état  nor¬ 
mal). 

Il  no  vaut  pas  seulement  — ■  ce  que  l’on  croyait  Jusqu’à  ces  derniers  temps  • —  que  par 
sa  positivité  ;  la  signification  de  son  absence,  précisée  dans  l’avenir,  enrichira  la  séméio¬ 
logie. 

M.  Van  der  Scheer  (de'Stanpoort)  signale  l’absence  du  Babinski  dans  un  certain 
nombre  de  lésions  à  retentissement  pyramidal  :  hématome  duro-méral,  apoplexie  céré- 
firalo...  Il  s’agit  généralement  de  lésions  superficielles  de  l’écorce. 

M.  Brunschweiler  (de  Lausanne)  insiste  sur  la  notion  de  régression  infantile  de  la 
réaction  plantaire  vers  un  stade  inlocalisé  et  indifférencié,  dans  l’explication  du  Babinski. 
Il  note  que  le  phénomène  se  manifeste  dans  les  deux  états  contraires  d’hyper  et  d’hypo- 
réfloctivité.  Il  y  aurait  intérêt  à  rechercher  les  causes  des  variations  du  réflexe  plan¬ 
taire  non  exclusivement  dans  les  voies  efférentes,  mais  afférentes. 

M.  Tournay,  résumant  la  discussion  et  répondant  aux  orateurs,  se  félicite  de  leur 
accord  concernant  la  valeur  indiscutée  du  Babinski  ;  aucune  divergence  d’opinions  ne 
s’est  non  plus  manifestée  sur  l’orientation  à  donner  aux  recherches  nouvelles  sur  ce 
point  capital  de  la  séméiologie  nerveuse. 

RRVUE  MEUROLOQIQUE.  —  T.  Il,  N»  5,  NOVEMBRE  1926. 


31 


174 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


II.  —  PSYCHIATRIE 

1°  La  schizophrénie, 

par  M.  le  professeur  Bleuler  (de  Zurich). 

Le  Lerme  schizophrénie  (dissociation  psychique)  a  été  substitué  en  1911 
à  celui  de  démence  précoce  (Kraepelin)  pour  la  raison  qu’un  assez  grand 
nombre  des  malades  auxquels  il  s’applique  n’aboutissent  qu’à  des  états 
spéciaux  (pii  ne  sont  ni  précoces,  ni  démentiels,  au  sens  classique  du  mot 
démence. 

Analoiniquernenl  il  s’agit,  dans  les  cas  prononcés,  de  modifications 
cérébrales  vraisemblablement  spécifiques. 

Cliniquenienl  il  n’y  a  ni  trouble  primaire  de  la  perception,  de  l’orienta¬ 
tion,  de  la  mémoire,  de  la  coordination  motrice,  ni  perturbation  du  rythme 
proprement  intellectuel  de  la  pensée  (comme  dans  les  psychoses  orga¬ 
niques  vulgaires).  Seule  la  psychose  maniaque  dépressive  et  le  groupe  des 
névroses  présentent  un  élément  symptomatologique  commun  avec  la 
schizojdirénie,  mais  il  y  a  dans  cette  dernière  affection  un  autre  élément 
clinique  qui  lui  est  propre  :  le  trouble  spécifique  des  associations  d’idées, 
sorte  de  relâchement  des  associations,  lesquelles  s’effectuent  suivant 
d’autres  lois  que  celles  de  la  pensée  logique  (le  sujet  ne  s’intéressant  plus 
aux  rapports  objectifs  naturels  des  faits). 

D’où  les  symptfunes  cardinaux  ;  Ininlérêl  du  malade  à  ce  qui  l’entoure 
et  même  aux  objets  de  ses  propres  instincts  naturels  ;  variabilité  para¬ 
doxale  des  réactions  aljeclives  (tantôt  parfaitement  normales  et  tantôt 
absurdement  désadaptées),  avec  ou  sans  production  de  réactions  inso¬ 
lites  et  contradictoires  (parathymie  et  paramimie)  ;  ambivalence  ou  appa¬ 
rition  sirnultapée  de  deux  sentiments  opposés  à  propos  de  la  même  repré¬ 
sentation  mentale  ;  autisme  ou  développement  d’une  vie  intérieure  très 
riche,  entièrement  repliée  sur  elle-même. 

Les  symptômes  accessoires  sont  ;  les  hallucinations,  les  impulsions, 
les  intervalles  de  confusion  et  surtout  les  symptômes  catatoniques  (cata¬ 
lepsie,  hypercinésie,  stéréotypie,  négativisme,  échopraxie,  maniérisme) 
sur  lesquels  étaient  basées  principalement  les  descriptions  kraepeli 
niennes. 

Les  formes  cliniques  en  sont  extrêmement  nombreuses  et  variables, 
d’un  pronostic  délicat,  parfois  impossible.  La  schiztjphrénie  simple  peut 
SC  transformer  en  n’importe  quelle  autre  forme  ;  les  formes  catatoniques, 
à  début  insidieux,  aboutissent  toujours  à  des  états  de  déchéance  accusée 
et  durable  ;  les  formes  paranoïdes,  à  évolution  souvent  très  lente  et 
qu’on  a  cherché  sans  succès  à  séparer  des  autres,  gardent  habituellement 
jusqu’au  bout  leur  caractère  paranoïde. 

Une  cause  d’erreur  dans  l’appréciation  de  l’évolution  consiste  dans 
l’insidiosité  de  l’état  chronique,  lequel  passe  alors  souvent  inaperçu. 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


475 


La  démence  (spécifiquement  schizophrénique)  varie  de  l’affaiblissement 
intellectuel  à  peine  perceptible  à  la  stupidité  complète.  La  distinction 
entre  formes  «  démentielles  »  et  «  non  démentielles  »  repose  uniquement 
sur  une  différenciation  de  degré  et  non  de  nature,  les  matériaux  de  la 
pensée  eux-mêmes  restant  entièrement  intacts  dans  tous  les  cas. 

Le  diagnostic  est  surtout  délicat  lorsqu’il  s’agit  de  schizophrénie  la¬ 
tente,  l’observation  mettant  incidemment  à  jour  la  présence  d’une  idée 
délirante  ou  d’une  hallucination  chez  un  sujet  apparemment  normal. 
Certains  sujets  deviennent  des  schizophrènes  manifestes  par  suite  d’une 
simple  exacerbation  d’un  état  antérieur  passé  inaperçu  ;  mais  chez  eux 
l’anamnèse  rétrospective  reconstitue  l’existence  de  singularités  de  carac¬ 
tère  (anciens  «  dégénérés  »).  Il  en  est  de  même  pour  le  diagnostic  avec  les 
névroses  (hystérie,  obsession)  dont  la  schizophrénie  emprunte  parfois 
durant  longtemps  le  masque  symptomatologique.  La  schizophrénie 
s'associe  fréquemment  avec  des  psychoses  organiques  (sénilité,  intoxi¬ 
cations,  etc.),  quand  celles-ci  surviennent  chez  un  sujet  «  schizoïde  », 
c’est-à-dire  d’une  schizophrénie  latente,  et  surtout  avec  la  psychose  ma¬ 
niaque  dépressive,  soit  que  l’une  des  deux  psychoses  colore  simplement 
le  tableau  clinique  complet  de  l’autre,  soit  qu’il  y  ait  coexistence  des  deux 
affections  bien  caractérisées. 

Palhologiquemenl,  la  schizophrénie  est  une  affection  physiogène,  c’est-à- 
dire  à  base  organique,  mais  à  superstructure  psychogène  considérable. 
La  nature  intime  du  processus  basal  consiste-t-elle  dans  un  trouble  chi¬ 
mique,  plus  intense  qu’une  vulgaire  intoxication?  Il  s’agit  probablement 
d’un  trouble  général  de  la  vie  psychique  qui  s’étend  surtout  à  la  vie  des 
instincts.  Une  infirmité  constitutionnelle  paraît  prédisposer  l’individu. 

La  thérapeutique  psychique  peut  agir,  non  sur  le  fond  de  la  maladie, 
mais  au  moins  sur  les  séquelles  psychogènes  des  accès  graves,  en  aidant 
le  malade  à  sortir  de  son  monde  irréel.  Elle  donne  d’excellents  résultats 
en  modifiant  heureusement  le  «  conf.enu  »  des  hallucinations  et  des  délires, 
le  plus  souvent  déterminés  par  des  craintes  et  des  désirs  refoulés  (princi¬ 
palement  d’origine  sexuelle).  Le  rapporteur  admet  l’action  des  méca¬ 
nismes  freudiens,  et,  malgré  qu’il  se  refuse  à  considérer  l’origine  première 
de  cette  affection  comme  psychogène,  dit  avoir  obtenu  d’excellents  résul¬ 
tats  par  la  psychanalyse. 


2»  Démence  précoce  et  schizophrénie, 
par  M.  le  professeur  Henri  Claude  (de  Paris). 

L’histoire  de  la  démence  précoce  est  dominéeparles  noms  de  Kraepelin 
et  de  Bleuler,  mais  l’évolution  des  idées  avait  été  déjà  marquée  par  les 
œuvres  françaises  d’Esquirol,  Morel,  Régis,  Chaslin.  Dans  l’état  actuel 
de  nos  connaissances,  il  y  a  avantage,  au  lieu  de  confondre  la  démence 
précoce  de  Kraepelin  et  la  schizophrénie  de  Bleuler,  à  préciser  la  dilfé- 


476 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


renciation  de  ces  deux  états  morbides,  certains  malades  étiquetables 
«  déments  précoces  »  ne  paraissant  pas  présenter  le  trouble  spécifique  de 
dissociation  psychique,  qui,  pour  Bleuler,  caractérise  les  malades  qu’il 
en  a  vue. 

I.  La  démence  précoce  correspond  au  syndrome  décrit  surtout  par  Morel, 
puis  Kahlbaum  (hébéphrénie)  et  par  Christian  sous  le  nom  de  «  démence 
des  jeunes  gens  »,  laquelle,  d’un  aspect  clinique  assez  variable  au  début 
(neurasthénie,  délire,  etc.),  se  termine  plus  ou  moins  rapidement  par  la 
déchéance  intellectuelle  vraie,  d’origine  indiscutablement  lésionnelle  et 
jusqu’à  un  certain  point  comparable  à  celle  des  démences  organiques  ou 
des  idioties  acquises.  Elle  ne  paraît  pas  d’ailleurs  plus  directement  liée  à 
l’évolution  pubérale  que  la  plupart  des  maladies  des  individus  jeunes.  Elle 
paraît  liée  à  une  fragilité  cérébrale  constitutionnelle  et  peut  être  déclanchée 
par  un  processus  toxi-infectieux  (Régis)  :  tuberculose,  syphilis  héréditaire, 
encéphalite  épidémique.  Elle  s’accompagne  souvent  de  symptômes  ner¬ 
veux  organiques  (pupillaires,  convulsifs)...  C’est  surtout  dans  ces  cas  qu’on 
rencontre  les  lésions  histopathologiques  (neuro-épithéliales)  des  couches 
profondes  de  l’écorce,  décrites  par  Alsheimer,  Cramer,  Klippel  et  Lher- 
mitte,  Anglade  et  Jacquin,  Dunlop,  etc.,  et  des  noyaux  gris  centraux 
(Dide  et  Guiraud,  d’Hollander,  Frankel,  etc...). 

C’est  dans  une  autre  voie  qu’il  faut  au  contraire  rechercher  l’expli¬ 
cation  de  tous  les  états  cliniques,  foncièrement  différents  sans  doute,  où 
les  auteurs  s’accordent  à  voir  une  simple  apparence  d’affaiblissement 
intellectuel  avec  intégrité  des  matériaux  de  la  pensée  (paradémence  de 
Séglas,  folie  discordante  de  Chaslin,  dissociation  psychique  d’Anglade) 
liée  à  des  perturbations  de  la  vie  affective,  à  l’existence  de  complexes 
affectifs  et  d’automatismes  mentaux.  Etats  auxquels  s’applique  oette  fois 
parfaitement  (si  l’on  consent  à  la  préciser  et  à  la  restreindre)  la  con¬ 
ception  bleulérienne. 

II.  Les  schizoses  comprennent  précisément  tous  ces  états  morbides. 
C’est,  si  l’on  veut  les  différencier  des  états  démentiels  précédents,  l’a¬ 
berration  mentale  en  rapport  avec  l’accaparement  par  la  vie  affective 
des  éléments  intellectuels  et  volontaires  de  la  personnalité,  la  dissocialion 
de  l’esprit  par  des  parasites  psychiques  en  activité  intellectuelle  et  activit  é 
pragmatique,  la  substitution  de  la  vie  intérieure,  de  l’autisme,  à  l’acti- 
'vité  psychique  en  rapport  normal  avec  le  réel,  qui  les  caractérise  le  mieux. 
Mais  la  théorie  de  Bleuler  s’applique  à  tous,  depuis  les  plus  voisins  de  la 
normale,  jusqu’aux  cas  les  plus  graves  d’aliénation  mentale.  Aussi  est-il 
utile  pratiquement  d’opérer  quelques  distinctions  dans  ces  «syndromes  d’in¬ 
tériorisation  »  ou  schizoses  : 

a)  Certains  malades  se  présentent,  au  moins  dans  les  premières  pé¬ 
riodes,  comme  des  névropathes,  mais  le  névropathe  simple  s’intéresse, 
(quoique  péniblement  et  comme  malgré  lui)  à  la  réalité,  alors  que  le  pré- 
schizophrène,  préférant  son  monde  imaginaire,  accuse  ses  symptômes  sans 
sincérité  affective  (Hesnard). 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NE'UROLOGISTES  477 

b)  Les  schizoïdes  de  Kretsehmer  (1921)  sont  des  sujets  caractérisés  par 
une  mentalité  encore  mal  déterminée  cliniquement,  mais  où  paraît  do. 
miner  une  insensibilité  plus  ou  moins  dissimulée  derrière' un  caractère 
insociable  quoique  docile  parfois.  Leur  tendance  à  ignorer  le  monde 
extérieur  en  fait  des  prédisposés  a  la  schizophrénie  (qu’ils  ne  réalisent 
parfois  jamais  sous  sa  forme  évolutive). 

c)  Les  schizomanes  décrits, par  H.  Claude  et  ses  élèves  offrent  un  degré 
de  plus  de  parenté  avec  les  schizophrènes  proprement  dits.  Ils  appa¬ 
raissent,  de  façon  continue  ou  par  périodes,  complètement  désadaptés  à 
l’ambiance,  sous  l’influence  de  déceptions,  haines  familiales,  conflits 
sexuels,  dont  la  consolation  imaginaire  actionne  leurs  symptômes.  Ils 
peuvent  n’atteindre  la  psychose  confirmée  qu’après  20  ou  30  ans  d’état 
morbide. 

d)  Les  schizophrènes  confirmés  sont  ceux  auxquels  s’applique  vraisem¬ 
blablement  la  belle  description  de  Bleuler.  Il  faut  signaler  comme  sujets 
de  discussion  :  l’hébéphrénie  délirante  de  nature  schizophrénique,  les 
psychoses  paranoïdes,  dont  la  symptomatologie  est  d’apparence  inco¬ 
hérente  d’emblée,  mais  le  plus  souvent  symboliquement  compréhensible 
à  la  lumière  des  traumas  de  la  vie  afi'ective.  Les  démences  paranoïdes 
sont  probablement  à  rattacher  aussi  à  la  schizophrénie. 

Le  rapporteur  pense  que  la  schizophrénie  est  une  aberration  mentale 
fonctionnelle  malgré  ses  sources  héréditaires  lointaines  très  obscures. 
Ses  manifestations  sont  surtout  provoquées  par  des  causes  morales.  Elle 
détermine  des  conditions  psychiques  et  secondairement  matérielles  (mau¬ 
vaise  hygiène,  perturbations  endocriniennes,  etc.)  telles  qu’elles  peuvent 
amener  à  la  longue  une  démence  tardive  vraie,  à  lésions  complexes  et 
l>anales. 

C’est  une  conception  biopsychologique  et  dynamique  (Ad.  Meyer) 
qui  semble  compléter  le  plus  heureusement  la  conception  franchement 
organiciste  de  Bleuler.  Son  traitement  doit  être  en  même  temps  physique 
(antitoxi-infectieux)  et  moral  (psychanalyse  de  Freud). 


Discussion. 

M.  Minkowski  (do  Paris),  qui  a  fait,  depuis  1919,  connaître  en  France  et  dans  les 
pays  de  langue  française  la  doctrine  de  son  maître  Bleuler,  résume  ses  remarquables 
travaux  sur  les  complexes  ot  leur  rôle  dans  le  processus  schizophrénique,  le  concept 
do  démence  et  la  différenciation  psychologique  de  la  déficience  du  paralytique  général 
(pris  comme  type  du  dément  organique)  avec  la  dissociation  du  schizophrène,  la  place 
des  symptômes  cardinaux  dans  la  nosologie  bleulérienne,  etc.  La  distinction  franche 
entre  démence  précoce  et  schizophrénie,  pratiquement  possible,  ne  lui  apparaît  pas  néces¬ 
saire,  car  elle  est  contenue  plus  ou  moins  implicitement  dans  l’œuvre  do  Bleuler.  Il 
insiste  sur  ce  qui  lui  paraît  l’élément  clinique  basal  de  la  schizophrénie  et  commun  à 
tous  ces  états  :  la  porte  du  contact  vital  avec  la  réalité,  qui  rend  compte  des  symptômes 
los  plus  discutés  et  les  plus  déconcertants  comme  des  plus  classiques. 

M.  Laignel-Lavastine  (de  Paris)  résume  une  critique  élogieuse  de  l’œuvre  do  Bleu- 
lcr.  Cliniquement  elle  présente  un  très  grand  intérêt  séméiologique  et  descriptif,  quoi¬ 
que  ces  descriptions  demandent  à  être  appliquées  aux  cas  précis  que  vise  le  professeur 


478 


CONCnËS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUPOLOGISTES 


de  Zurich.  Psychologiquement  elle  ressortit  dans  quelques-uns  de  ses  principes  essen¬ 
tiels  à  Bergson  et  à  Freud.  Etiologiquement  elle  conduit  à  rechercher  dans  le  caractère 
normal  les  racines  d’une  constitution  spéciale  ;  la  conception  du  caractère  schizoïde 
do  Krestchmor  est  utile,  mais  demande  à  être  précisée. 

Il  rappelle  et  souligne  les  rapports  de  la  shizophrénie  avec  les  infections,  notamment 
l’encéphalite  épidémique  et  surtout  la  tuberculose,  qui  paraît  jouer  parfois  un  rôle 
étiologique  nécessaire  et  suflisant  ;  il  insiste  sur  les  lésions  décrites  dans  les  noyaux  gris 
centraux  à  la  suite  des  travaux  do  Trétiakoff,  Rose,  etc.,  et  sur  celles  qu’il  a  personnel¬ 
lement  mises  en  évMence  (plaques  graisseuses).  Quant  aux  éléments  étiologiques  respec¬ 
tifs  du  terrain  constitutionnel  et  do  l’agent  organique  acquis,  ils  lui  paraissent,  comme 
dans  la  plupart  des  psychoses  chroniques,  en  rapport  inversement  proportionnel. 

M.  Hesnabd  (de  Toulon)  se  félicite  de  voir  réalisée  aujourd’hui  cette  union  de  la 
psychiatrie  française  et  do  la  psychiatrie  do  langue  allemande  qu’il  avait,  au  Congrès 
du  Puy  (1913),  réclamée  en  exposant  pour  la  première  fois  à  ce  Congrès  des  aliénistes 
la  doctrine  do  Blouler.  Un  point  lui  semble  faible  dans  ce  magnitiquo  édifice  clinique  : 
le  primat  du  «  trouble  associatif  »,  qui  tend  à  faire  de  la  schizophrénie  une  maladie  céré¬ 
brale  organiqu(t  vulgaire  —  ce  qu’elle  n’est  certainement  pas  ;  c’est  ainsi  qu’il  est  impos¬ 
sible  d’expliquer  par  un  «  relâchement  des  associations  d’idées  »  le  symptôme  discordant 
essentiel  do  la  coexistence,  dans  le  même  moment  chez  le  malade  d’uneréaction  normale, 
finement  intelligente  parfois,  et  d’une  réaction  morbide,  absurde  ou  désadaptée,  — 
symptôme  que  seule  explique  l’hypothèse  d’un  trouble  affectif  primitif  du  jeu  de  la 
pensée,  en  rapport  au  contraire  avec  un  trop-plein  d’énergie  inutilisée.  Pour  lui  la  «  pen¬ 
sée  autistique  »,  fait  primrire  et  essentiel,  est  une  pensée  de  néo/ormaiion,  surajoutée 
à  la  pensée  normale,  et  qui  émane  de  la  vie  instinctive,  perturbée  chez  le  schizophrène 
par  l’impossibilité  d’extériorisation  de  l’instinct.  Il  rejette  la  distinction  inutile  du  psy- 
chigène  et  de  l’organique,  tout  processus  instinctif  étant  à  la  fois  matériel  et  moral, 
fonctionnel  et  organique,  et  ne  s’inscrivant  que  secondairement  dans  la  structure  histo¬ 
logique. 

Admettant  sans  restriction  la  distinction  clinique  faire  par  II.  Claude  sur  le  terrain 
clinique  entre  la  démence  rapide  ut  globale  des  jeunes  gens  et  les  états  de  schizose,  il 
rappelle  la  conception  de  son  maître  Régis  do  la  démence  précoce,  confusion  mentale 
cliironiquo  (syndrome  de  Régis),  et  précise  la  diagnose  différentielle,  pratiquement  in¬ 
dispensable,  entre  lus  névrosés  simples  et  la  psychasténie  ou  l’hystérie  pré-sehizophré- 
niquos. 

M.  Anglade  (do  Bordeaux)  rappelle  que  si  Ilesnard  a  exposé  au  Congrès  en  1913 
la  doctrine  do  Bleulcr,  Tréncl  l’a  analysée  dans  la  Ilevue  neuroloijique  en  1911.  Il  re¬ 
trace  l’iiislorique  de  la  question  en  partant  de  la  psychiatrie  franciiise  classique,  dont 
la  doctrine,  modifiée  d’abord  par  Kraepelin,  a  abouti  à  cette  puissante  synthèse  noso- 
logi(iue  do  la  schizophrénie.  Pour  lui  il  a  depuis  longtemps  isolé  dans  les  états  psycho- 
pathi(iues  chroniques  un  certain  syndrortiu  do  «  dissociation  psychiciue  »  qui  n’est  autre 
que  le  symjjtômo  capital  de  cotte  affection  et  qui  paraît  correspondre  à  une  sorte  d’é¬ 
mancipation  des  diverses  fonctions  neuroiisychiques  sui)érieur(!s  par  rapport  au  con¬ 
trôle  unitaire  et  directeur  qui  réalise  l’équilibre  mental  normal.  L’affectivité  joue  cer¬ 
tainement  un  grand  rôle  dans  cet  état  dissociatif,  mais  elle  y  est  plus  pervertie  que  dé¬ 
truite.  Quant  à  l’autisme,  existe-t-il  dans  les  cas  de  dissociation  simple  chez  les  sujets 
non  intelhaîtuüllement  cultivés  V 

La  base  anatomique  on  est  encore  très  certaine  et  l’autopsie  des  schizophrènes  sou¬ 
vent  négative  entièrememt.  La  démence  peut  exister  chez  eux,  mais  elio  n’osl  qu’une 
complication.  L’avenir  soulignera  les  différences  qui  séparent,  séméiologiquement,  les 
schizophrènes  des  simples  paranoïaques  dont  l’évolution  est  tout  autre,  et  donner  la 
clef  du  diagnostic  différentiel-capital  entre  la  schizophrénie  et  la  folio  maniaque  dépres¬ 
sive. 

M.  CouiinoN  (do  Paris)  dénonce  l’imprécision  du  symptôme  du  «  relâchement  dos 
associations  »,  (|ui  peut  être  dû  à  l’ignorance  du  sujet,  à  son  humeur  facétieuse,  et  de 
«  l’irrégularité  des  réactions  affectives  »,  l’humeur  du  sujet  pouvant  varier  pour  une 
cause  endogène  (cylothymique)  ou  extérieure  (émotivité  dos  déséquilibrés),  mais  sou- 


(Ch.  Foix  et  Th.  Ala.touanine.) 


(Ch.'Foix  et  Th.  Kla 


■) 


(Ch.  Foix  et  Th.  Alajouanine.) 


(Ch.  Foix  et  Th.  Alajouanine.) 


Masson  et  C''',  Editeurs. 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


479 


ligne  l’importance  séméiologique  du  symptôme  autisme.  Il  esquisse  le  diagnostic  diffé¬ 
rentiel  avec  la  démence  précoce  acquise,  l’hystérie,  la  psychiasUiénie,  le  désé¬ 
quilibre  mental,  et  surtout  la  psychose  maniaque  dépressive,  qui  donne  lieu  à  des 
formes  apparemment  analogues,  mais  essentielles  à  distinguer  (cas  des  désabusés  tem¬ 
poraires  se  replongeant  ensuite  dans  la  vie  sociale,  états  mixtes  à  fausse  apparence  de 
discordance  par  trouble  quantitatif  do  l’activité  motrice,  intellectuelle,  affective). 

M.  Sor.LiEn  (de  Paris)  présente  une  critique  sévère  de  la  doctrine  de  Bleulor,  qui  lui 
semble  aller  à  l’encontre  dos  progrès  de  la  science  psychiatrique.  Il  no  voit  pas  plus 
d’avantage  à  édifier  cotte  conception  compréhensive  à  l’infini  en  clinique  mentale  qu’à 
conserver  en  clinique  générale  la  notion  démodée  et  inutile  d’arthritisme  pour  expliquer 
l’eczéma,  le  rhumatisme,  l’urticairo,  etc. 

Gomment  définir  cette  schizophrénie  ?  En  quoi  se  différencio-t-ollo  de  l’aliénation 
mentale  ?  Est-elle  organique  ou  fonctionnelle  ?  L’application  des  concepts  freudiens 
en  pareille  matière  est-elle  utile  ?  En  tout  cas,  elle  lui  semble  obscure...  Ayant  ainsi 
réduit  à  néant  l’œuvre  do  l’Ecole  de  Zurich,  il  montre,  par  l’exemple  du  symptôme  de 
la  rêverie  morbide,  que  les  éléments  de  la  schizophrénie  sont  des  processus  respective¬ 
ment  communs  à  dns  quantités  d’affections  mentales  différentes. 

M.  DE  Montet  (do  Vevey)  insiste  sur  le  diagnostic  différentiel  avec  la  névrose,  qu’il 
définit  psychologiquement,  et  dont  la  dissociation  n’est  qu’une  manifestation  tempo, 
rairo  et  non,  comme  chez  le  schizophrène,  une  manière  d’être.  Il  voudrait  éviter  qu’on 
crée  on  pathologie  mentale  des  entités  et  conseille  d’apprécier  les  états  mentaux  mor¬ 
bides  à  l’échelle  du  comportement  total  ;  derrière  les  incertitudes  terminologiques 
il  faut  s’attacher  à  noter  les  corrélations  des  phénomènes. 

M.  Steck  (do  Géry)  précise  la  fréquence  et  l’importance  dos  symptômes  neurolo¬ 
giques,  catatoniques  notamment,  qu’il  rapporte  des  symptômes  étudiés  dans  l’encé¬ 
phalite,  et  des  troubles  do  la  mimique,  fonction  mentale  ortologiquement  récente  qui 
est,  chez  ces  malades,  une  dos  premières  touchées.  Psychologiquement,  le  problème  de 
la  schizophrénie  utilise  les  notions  de  la  régression  mentale  de  Freud  et  de  fonction  du 
réel  de  P.  Janet  ;  il  y  aurait  intérêt  à  faire  de  mémo  pour  les  enseignements  de  la  menta¬ 
lité  primitive  do  Lévy-Bruhl. 

La  schizophrénie  compte  des  lésions  cérébrales  mais  très  discrètes  et  des  altérations 
organiques  telles  que  l’imperméabilité  méningée  ;  l’élément  étiologique  d’ordre  endocri- 
nologiquo  est  probable,  quoique  la  greffe  do  Voronoff  chezleschizophrène  no  modifie 
en  rien  l’état  mental. 

M™|>  Minkowska  (do  Paris),  montre  l’intérêt  du  concept  clinique  des  psychoses 
I  associées  »,  qui  rend  compte  de  bien  dos  obscurités  on  matière  do  diagnostic  do  schi¬ 
zophrénie  ;  elle  rappelle  ses  belles  recherches  sur  l’hérédité,  lesquelles  aboutissent  à 
préciser  le  diagnostic  différentiel  avec  la  cyclothymie  —  dont  l’adjonction  à  la  schizo¬ 
phrénie  tempère  l’aplitudo  autistiijuc  —  et  l’épilepsie,  dont  l’affectivité  spéciale,  vis- 
Juouse,  modifie  le  comportement  schizophrénique  et  dont  l’onirisme  communique  à 
l’autisme  schizophrénique  une  physionomie  spéciale  le  rapprochant  du  rêve  toxi-infoc- 
tieux.  La  plupart  des  psychoses  dites  atypiques  sont  des  psychoses  associées. 

M.  Obrégia  (de  Bucarest)  constate  avec  satisfaction  au  cours  de  ce  Congrès  l’échange 
des  méthodes  nationales  Uaditionnelles,  le  rapporteur  de  langue  allemande  visant  cette 
fois  à  la. synthèse  et  celui  do  langue  française  à  l’analyse  ;  il  défend  Blculer  du  reproche 
d’avoir  démesurément  élargi  la  notion  de  dissociation  psychique,  cette  tendance  n’enle¬ 
vant  rien  au  mérite  do  sa  découverte  clinique.  La  psychologie  affective  do  Ribot  pour¬ 
rait  être  appliquée  à  la  «  parathymie  »  si  curieuse  des  schizophrènes. 

H.  Claude  a  eu  raison  de  distinguer  pratiquement  les  dissociés  devenus  psychopathes 
par  la  voie  de  la  toxi-infection,  chez  lesquels  Régis  avait  décrit  sa  démence  précoce  acci¬ 
dentelle  et  postconfusionnollo,  qui  est  une  réalité  clinique. 

M.  Lévy-Valensi  (de  Paris)  ne  voit  aucune  contradiction  entre  les  doux  rapporteurs, 
dont  l’un  a  décrit  une  affection  dont  les  éléments  cliniques  correspondent  à  la  réalité 
des  faits  et  dont  l’autre  s’ost  efforcé  do  faire  la  différenciation  pratique  nécessaire  entre 
des  états  morbides,  d’allure  et  do  pronostic  profondément  dissemblables.  Il  rappelle  en 
particulier  les  états  do  démence  post-toxi-infectieux  à  symptômes  catatoniques  bien 


4S0 


CONGBÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


vus  jadis  par  Régis,  chez  les  puerpérales  notamment,  en  tous  points  semblables  au  début 
aux  cas  de  psychose  toxi-intectieuse  curables  sans  aucune  trace.  Mais  il  faut  avouer  que 
ces  deux  séries  d’états  différents  peuvent  survenir  dans  les  mêmes  conditions  d’hérédité 
(chez  le  frère  et  la  sœur,  par  expmple).  II  annonce  l’étude  d’un  cas  de  schizophrénie 
liistorique  :  celui  du  duc  de  Longueville,  prince  de  Neuchâtel. 

M.  Boven  (de  Lausanne)  ne  voit  pas  pourquoi  l’on  séparerait  radicalement  deux 
séries  d’états  cliniques,  démentiels  précoces  et  schizophréniques  :  l’hérédité,  jusqu’à 
preuve  du  contraire,  ne  paraît  pas'dissemblable  dans  ces  doux  états.  L’encéphalite  est 
possible  chez  les  déments  précoces,  mais  le  tableau  clinique  n’est  pas  entièrement  com" 
parablo  à  celui  des  idiots,  c’est-à-dire  des  êtres  dont  toute  vie  psychique  est  une  table 
rase.  Oi’i  s’arrête  le  trouble  de  la  vie  des  instincts  7  Une  chose  est  certaine  d’ailleurs  :  le 
processus  schizophrénique  peut  être  décelé,  par  une  exploration  attentive,  jusque  chez 
les  individus  les  plus  déments  parmi  ceux  qu’on  voudrait  enlever  au  cadre  nosologique 
de  la  schizophrénie  pour  les  étiqueter  déments  précoces. 

M.  Vermeylen  (de  Bruxelles)  demande  si  la  psychose  ballucinatoire  chronique  doit 
être  ou  non  comprise  dans  la  schizophrénie  ?  Non,  sans  doute,  car  il  n’y  retrouve  aucun 
des  symptômes  dits  cardinaux  de  cette  affection.  Il  serait  essentiel  de  savoir  do  façon 
précise  ce  que  la  conception  de  la  schizophrénie  englobe  des  diagnostics  psychiatriques 
'  traditionnels,  et  de  s’entendre  une  fois  pour  toutes  sur  la  définition  du  mot  démence, 
qui  paraît  réellement  exister  dans  quelques  cas  do  schizophrénie,  au  moins  en  tant  que 
complication.  La  distinction  établie  par  Claude  lui  paraît  correspondre  à  deux  formes 
d’une  même  maladie  évolutive. 

M.  Pierre  Kahn  (de  Paris)  voudrait  synthétiser  les  opinions  émises  en  considérant 
la  schizophrénie  comme  un  syndrome,  dont  il  existe  trois  types  :  1“  une  constitution 
mentale  (schizoïde)  ;  2»  une  psychose  congénitale,  simple  fêlure  devenant  brisure  à  la 
suite  d’un  choc  moral  ou  physique  ;  3»  une  psychose  accidentelle,  toxi-infectieuse  (con¬ 
fusion  mentale  chronique  de  Régis)  d’origine  étiologique  définie  (typhoïde,  grippale...) 
ou  inconnue  —  qui  se  développe  le  plus  souvent  sur  un  terrain  tuberculeux.  Ce  dernier 
type  clinique  se  développe  à  la  puberté  après  un  surmenage  ;  cette  vraie  démence  pré¬ 
coce,  correspondant  à  l’ancienne  hébéphrénie,  est  une  encéphalite  infectieuse  évolutive 
<iont  le  polymorphisme,  dû  surtout  aux  variations  évolutives,  est  comparable  à  celui 
de  l’encéphalite  épidémique. 


III.  —  ASSISTANCE 

La  thérapeutique  mentale  des  maladies  mentales  par  le  travail, 

par  M.  le  prof.  Ch.  Lauame  (de  Genève),  et  M.  Demay  (de  Clermont). 

Les  principes  généraux  de  l’organisation  du  travail  dans  les  asiles  sont 
lixés  par  les  règlements  déjà  anciens  de  1857  et  1882  ;  travaux  intérieurs 
(comme  la  culture,  le  blanchissage,  etc.)  ou  extérieurs  (travaux  agri¬ 
coles  et  industriels).  Les  textes  prévoient  :  la  séparation  des  sexes,  les 
aptitudes  et  orientations  professionnelles,  l’hygiène  des  ateliers  ét  des 
accidents  du  travail,  la  rémunération  des  travailleurs. 

Le  travail  est  un  des  éléments  essentiels  de  la  thérapeutique  des  aliénés. 
Il  est  indiqué  dans  la  convalescence  des  psychoses  aiguës  ou  des  accès 
et  dans  l’immense  majorité  des  cas  chroniques  sans  affaiblissement  phy¬ 
sique  ni  déchéance  mentale  grossière,  et  môme,  avec  certaines  précautions! 
dans  les  états  de  perversions  instinctives  (asiles  de  sûreté). 

En  dehors  des  règlements,  trop  rigides  et  uniformes,  l’initiative  indi¬ 
viduelle,  l’ingéniosité  personnelle,  l’autonomie  la  plus  large  doivent  y 
présider. 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES  481 

Il  est  essentiel  de  souligner  que  cette  organisation  doit  être  d’ordre  stric¬ 
tement  médical  ainsi  que  le  contrôle  de  tout  ce  qui  concerne  les  occupa¬ 
tions  des  malades.  Il  est  nécessaire  que  les  malades  confiés  à  ce  point  de 
vue  à  un  seul  médecin  ne  soient  pas  trop  nombreux  ;  que  le  lieu  où  ils 
travaillent  ne  soit  pas  trop  éloigné  pour  permettre  leur  visite  médicale 
régulière. 

L’organisation  d’ateliers  à  l’extérieur  même  des  quartiers  de  traitement 
permettrait  d’occuper  un  bien  plus  grand  nombre  de  malades. 

La  question  pécule  (pécules  quotidiens,  à  la  sortie  de  l’asile,  remise  et 
utiUsation  de  ce  pécule)  demande  à  être  l’objet  d’une  étude  attentive  de 
la  part  de  l’Administration,  de  même. que  l’assurance-accidents  pour 
les  travailleurs.  C’pst  le  travail-traitement  et  non  le  travail-rendement 
qui  doit  rester  la  préoccupation  essentielle. 

Cette  thérapeutique  par  le  travail  est  la  pierre  d’angle  de  l’assistance 
des  aliénés  et  de  l’hygiène  menta.le. 

M.  CouHBON  {de  Paris),  approuvant  hautement  les  conclusions  des  rapporteurs, 
insiste  sur  certains  points  intéressants  de  l’application  de  cette  thérapeutique  et  présente 
une  série  de  communications  sur  le  traitement  par  le  travail  dans  divers  services  des 
asiles  d’aliénés  français,  particulièrement  en  Alsace-Lorraine.  Il  rappelle  les  innovations 
du  Genevois  David  Richard,  initiateur  du  traitement  des  aliénés  par  le  travail  intellec¬ 
tuel. 

M,  Schiller  (de  Wil)  présente  les  détails  et  les  résultats  favorables  de  la  thérapeutique 
par  le  travail  dans  l’asile  cantonal  de  Wil  (Saint-Gall). 

M.  Calmels  (de  Paris)  présente  les  résultats  du  travail  dans  le  service  des  aliénés 
diflieiles  de  l’asile  de  Villejuif  (Seine),  qu’on  occupe  aux  travaux  intérieurs  (fabrication 
de  semelles,  chaussons,  reliures,  rempaillages  de  chaises,  buanderie,  etc.),  sous  la  direc¬ 
tion  de  quelques  techniciens  normaux,  en  utilisant  à  l’extrême  la  division  du  travail  ; 
cette  utilisation  d’aliénés  antisociaux,  qui  en  liberté  sont  une  plaie  pour  la  société,  est 
d’un  rendement  tel  qu’elle  économise  7.000  francs  sur  le  budget  de  l’établissement. 

M.  Stuurman  (de  Stantpoort)  communique  un  travail  sur  la  thérapeutique  par  le 
travail  suivant  les  directions'  utilisées  à  Stantpoort. 

M.  Steck  (de  Céry).  Le  travail  fait  partie  de  tout  un  système  médico-pédagogique. 
Bien  amalgamé  avec  une  discipline  douce,  mais  effective,  et  des  distractions  adéquates, 
le  travail  devient  dans  la  main  d’un  médecin  qui  vit  avec  ses  malades  le  plus  puissant 
levier  pour  arracher  les  schizophrènes  à  leur  autisme  et  leur  faire  reprendre  le  contact 
avec  la  réalité  Le  travail  peut  être  fait  au  lit  et  par  des  malades  confus  délirants  et 
agités. 

M.  A.  Donagoio  (dé  Modène).  MM.  Ladame  et  Demay  ont  attiré  l’attention  sur  le 
fait  que  dans  les  asiles  actuels  les  ateliers  sont  relativement  trop  exigus.  Voilà  un  point 
très  important  du  problème  de  la  thérapeutique  par' le  travail.  L’atelier  dans  lequel 
l’aliéné  peut  développer  un  travail  à  type  artisanal,  c’est-à-dire  complet,  est  certainement 
d’une  importance  capitale  dans  la  thérapeutique.  Si  cos  ateliers  sont  exigus,  c’est  aussi 
à  cause  de  la  répercussion  de  l’organisation  moderne  du  travail  qui  est  d’une  façon 
prévalente  mécanique.  Le  travail  Industriel  moderne  est  dissocié  ;  l’ouvrier  n’est  qu’un 
automate  qui  répète  le  même  geste  pour  un  temps  indéfini,  même  pour  des  années  ;  il 
fait  un  vrai  exercice  de  dissociation.  Au  contraire,  le  vrai  travail  est  le  travail  à  type 
artisanal,  le  travail  intégral,  qui  établit  un  rapport  étroit  entre  l’ouvrier  et  l’objet  qu’il 
va  créer.  Non  séulement  pour  les  aliénés,  mais  aussi  pour  les  normaux,  le  travail  inté¬ 
gral  a  une  énorme  valeur  pour  la  formation  et  l’hygiène  do  l’esprit.  Etant  donné  le 
rapport  entre  les  conditions  générales  du  travail  et  l’application  du  travail  dans  les 
asiles,  il  est  très  intéressant  même  pour  le  traitement  dans  les  asiles  d’observer  le  mou- 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


vement  actuel  qui  cherche  à  favoriser  la  renaissance  de  l’artisanat.  Cette  renaissance, 
qui  contient  des  avantages  à  lu  fois  spirituels  et  économiques,  qui  no  signifie  nullement 
une  diminution  de  l’activité  do  la  grande  industrie  parce  qu’il  s’agit  de  doux  routes  tout 
à  fait  diverses  qui  no  sont  pas  on  contraste,  est  actuellement  en  marche  en  France  ; 
plus  d’un  siècle  après  l’abolition  des  corporations  artisanales,  la  France  a 
récemment  reconnu  l’importance  de  l’artisanat,  avec  la  loi  du  27  décembre  1923  pour 
l’institution  du  Crédit  artisanal.  L’Italie  possède  des  institutions  olliciellcs  très  déve¬ 
loppées  pour  la  renaissance  de  l’artisanat.  M.  Brunati  a  provoqué  un  mouvement  impor¬ 
tant  pour  la  renaissance  de  l’artisanat  on  Italie.  Au  point  do  vue  scientifique,  M.  Donaggio 
s’est  occupé  de  la  renaissance  de  l’artisanat  en  Italie,  depuis  1922  (Congrès  do  médecine 
du  travail,  à  Florence),  et  en  1924  il  a  fait  un  rapport  sur  ce  problème  (Congrès  de  méde¬ 
cine  du  travail,  à  Venise).  Il  est  convaincu  que  cette  renaissance  ne  pourra  pas  man¬ 
quer  de  répandre  son  influence  d’une  façon  étendue,  et  d’augmenter  aussi  le  travail  arti¬ 
sanal  dans  les  asiles,  selon  les  exigences  de  la  thérapeutique,  parce  que  le  travail  à  type 
artisanal  est  vraiment  capable  d’améliorer  les  éléments  essentiels  de  l’âme  humaine. 


COMMUNICATIONS  DIVERSES 


I.  —  NEUROLOGIE 

A.  —  Communications  sur  le  signe  de  Babinski. 

Le  dualisme  du  signe  de  Babinski,  par  MM.  Sebeck  et  Wiener  (de  Prague). 

Observation  de  doux  cas  de  poliomyélite,  dont  l’un  avec  pseudo-Babinski,  par  atro¬ 
phie  dissociée  dos  fléchisseurs  et  des  extenseurs  (réflexe  périphérique).  Dans  le  premier 
cas,  le  signe  disparut  par  une  injection  de  physiostigminc,  puis  reparut  très  net  après 
une  injection  de  scopolamino  ;  dans  le  second,  aucune  modification  ;  ce  qui  permet  de 
conclure  à  la  valeur  de  la  physiostigmino-scopolamine  comme  réactif  de  l’origine  cen¬ 
trale  du  Babinski. 

Quelques  considérations  psychologiques  sur  la  valeur  clinique  des  réflexes, 

par  M.  Mendelssohn  (de  Paris). 

Phénomène  de  Babinski  provoqué  par  le  frottement  du  pied  pendant  la  mar  - 
che.  Présentation  do  photographies,  par  M.  F.  Adam  (de  Rouffach). 

Sur  les  modalités  et  la  localisation  du  réflexe  plantaire  au  cours  do  son  évo¬ 
lution  du  fœtus  à  l’adulte,  par  M.  Minkowski  (de  Zurich). 

II  faut  distinguer  les  phases  suivantes  :  1®  embryonnaire  ou  do  transition  neuromus¬ 
culaire  (réflexe  indifférent  ou  mixte)  ;  2®  fœtale  précoce  ou  spinale  (prédominance  de 
l’extension)  ;  3®  hutale  moyenne  ou  tégumento-spinale  (accentuation  de  l’extension)  ; 
4®  hetalo  tardive,  probablômqnt  pallido-rubro-cérébello-tégumento-spinale  (derniers 
mois  de  la  vio  fœtale)  ;  5®  néonatale  ou  cortico-subcortico-pallido-rubro-cérébello-tégu- 
mento-spinale  initiale  (flexion  aussi  fréquente  qu’extension)  ;  6®  infantile  ou  cortico- 
subcortico-spinale  â  prédominance  subcorticale  (do  quelques  semaines  ù  2  ans  :  exten¬ 
sion  physiologique  )  ;  7®  infantile  de  transition  (au  cours  de  la  2®  année,  la  flexion  de¬ 
vient  plus  fréquente)  ;  8®  infantile  et  adulteoucortico-subcortico-spinaloàprédominance 
corticale,  où  la  flexion  est  constituée. 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


48  3 


B.  —  Communications  diverses. 

A  propos  d’un  cas  de  «  microcephalia  vera»,  par  M.  Brunschweiller  (de  Lausanne). 

^démonstration  de  microphotog^raphies  sur  la  pathologie  de  la  névroglie,  par 

M.  Steck  (de  Céry). 

Réceptivité  et  projection  des  images.  La  notion  de  contrôle  et  son  application, 

par  M.  H.  Artiius  (do  Lausanne). 

Sclérose  en  plaques  et  traumatisme,  par  O.  Grouzon  (de  Paris). 

Les  signes  étaient,  dans  ce  cas,  évidents  après  le  traumatisme  mais  on  retrouvait 
des  signes  prémonitoires  six  mois  auparavant.  De  l’examen  des  cas  publiés  et  de  son 
expérience,  l’auteur  conclut  que  l’accident  ne  fait  que  révéler  la  maladie,  sauf  dans 
quelques  cas  rares  où  il  l’aggrave,  quand  :  1“  celui-ci  a  été  suffisamment  intense  et  loca¬ 
lisé  au  crâne  ou  au  rachis  ;  2“  quand  la  période  intercalaire  n’a  été  ni  trop  courte,  ni 
trop  longue,  jalonnée  aussi  d’une  chaîne  symptomatologique  ininterrompue  témoi¬ 
gnant  d’une  atteinte  traumatique  dos  contres,  laquelle  donne  alors  un  coup  de  fouet  à 
Une  maladie  restée  jusque-là  latente. 

traitement  intrarachidien  des  affections  parasyphilitiques  du  système  nerveux , 

parM.BRUNNER  (de  Kussnacht). 

Rrésentation  d’un  cas  de  paraplégie  grave  par  fracture  du  rachis  guéri  par  la 
laminectomie  immédiate,  par  Ch.  Perret  (de  Montreux). 

Essai  de  classification  des  spasmes  oculaires  au  cours  de  l’encéphalite  épi¬ 
démique,  à  l’occasion  de  cinq  cas  nouveaux,  par  MM.  Roger  et  Reboul-Lachaux. 

Los  autours  rapportent  cinq  nouveaux  cas  de  spasmes  toniques  des  oculogyres  chez 
*les  encéphalitiques.  Ils  proposent  do  distinguer  les  spasmes  oculaires  cloniques,  «  crises, 
oculaires  »  de  M"®  G.  Lévy,  des  spasmes  oculaires  ioniques,  qui  paraissent  affecter  uni¬ 
quement  les  mouvements  «  do  fonction  »  des  yeux.  Les  spasmes  ioniques  des  oculo¬ 
gyres  peuvent  être  : 

1“  Simples,  intéressant  une  seule  direction  verticale  supérieure  ou  inférieure,  latérale 
droite  ou  gaucho,  et  toujours  la  même  ;  «  le  regard  au  plafond  »  est  la  variété  la  plus 
commune  ; 

2“  Variables,  intéressant  tantôt  une  direction,  tantôt  une  autre  ; 

3“  A  bascule,  intéressant  successivement  deux  directions  au  cours  de  la  même  crise. 
Dans  le  groupe  des  spasmes  oculogyres,  il  convient  de  faire  une  place  à  part  aux  hyper¬ 
tonies  oculaires  avec  dévialion  conjuguée  de  la  lêle. 

Quant  aux  spasmes  ioniques  de  la  convergence,  ils  existent  mais’ sont  beaucoup  plus 
rares.  ' 

On  no  connaît,  scmble-t-il,  aucun  cas  de  spasme  tonique  d’un  ou  de  plusieurs  mus¬ 
cles  d’un  ou  des  deux  yeux  en  dehors  des  spasmes  intéressant  les  fonctions  oculogyres 
et  de  convergence.  Los  spasmes  toniques  oculaires  do  l’encéphalite  épidémique  seraient 
tous  des  «  spasmes  de  fonclion  ». 

Sur  la  manifestation  très  tardive  du  parkinsonisme  postencéphalitique,  par 

M.  Donaggio  (de  Modène). 

Après  avoir  rappelé  que  le  parkinsonisme  postencéphalitique  se  manifeste  avec  une 
grande  fréquence  (selon  Netter  dans  50  %  des  cas  d’encéphalite  épidémique,  selon 
Bing  et  Stahelin  dans  75  %  des  cas),  l’auteur  donne  relation  des  cas  qu’il  a  pu  observer 


■184 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


dans  lesquels  la  distance  entre  la  manifestation  aigue  de  l’encéphalite  et  l’éclosion  du 
parkinsonisme  a  été  tellement  grande,  qu’il  est  nécessaire  de  formuler  un  pronostic 
plus  réservé  qu’auparavant  sur  les  conséquences  de  l’cncéphalitc  épidémique.  Aux  cas 
<lont  il  a  déjà  parlé  à  l’Académie  des  Sciences  do  Modène  (février  1926),  qui  ont  trait 
à  des  malades  qui  ont  présenté  l’encéphalite  épidémique  dans  l’hiver  1919-1920,  et 
après  une  période  do  4  à  5  ans  de  guérison  apparente  ont  présenté  le  parkinsonisme,  il 
ajoute  2  cas  récemment  observés  :  dans  un  de  ces  cas  l’éclosion  du  parkinsonisme  a  eu 
lieu  plus  de  5  ans,  dans  l’autre  6  ans  après  l’encéphalite.  Dans  tous  ces  cas,  la  sialorrhée 
et  la  lacrymation  sont  très  limitées  ;  l’encéphalite  avait  ôté  d’une  forme  fruste.  La  possi¬ 
bilité,  constatée  par  l’auteur,  d’une  manifestation  extrêmement  tardive,  conduit  à 
considérer  le  pourcentage  déjà  giavc  de  l'éclosion  du  parkinsonisme  comme  inférieur 
à  la  réalité. 

La  proportion  si  grande  des  cas  de  parkinsonisme  provoqués  par  l’encéphalite, 
proportion  qui  est  augmentée  par  l'éclosion  très  tardive  observée  par  l’auteur,  et  la 
possibilité  que  l’encéphalite  épidémiqiio  détermine  tout  de  suite  dans  la  phase  aiguë  les 
phénomènes  du  parkinsonisme,  peuvent  appuyer  l’opinion  que  le  parkinsonisme  est  en 
rapport  avec  une  condition  spécifique,  môme  dans  les  formes  très  tardives,  et  que  les 
intoxications  d’origine  variée  qu’on  a  invoquées  comme  causes  importantes  n’ont 
qu’un  rôle  tout  à  fait  nécessaire. 

Il  s’agit  d’une  pathoclyse  .spécifique  ;  et  pour  ce  qui  a  trait  au  neurosystème  dans 
lequel  se  manifeste  cette  pathoclyse  spécifique,  l’auteur  rappelle  scs  recherches  ana¬ 
tomo-pathologiques  (1923)  d’après  lesquelles  il  doit  considérer  comme  inexacte  la 
doctrine  de  la  lésion  lenticulaire,  ou  lenticulo-nigrique,  ou  simplement  nigrique,  qui  a 
été  invoquée  pour  l’explication  des  phénomènes  du  parkinsonisme.  Dans  lo  parkin¬ 
sonisme  postencéphalitique,  l’auteur,  surtout  avec  ses  méthodes  pour  l’étude  du  réseau 
neurofibrillaire  décrit  par  lui  et  avec  ses  méthodes  pour  l’étude  des  fibres  nerveuses 
ainsi  qu’avec  une  méthode  qu’il  appelle  globale,  a  pu  démontrer  Vexislence  de  lésions 
dans  Vécorce  cérébrale  —  région  préfrontale  et  motrice  —  associées  à  une  lésion  du  «  locus 
niger  »,  rabscnce  do  lésions  dans  les  ganglions  de  la  base.  Ainsi  il  a  formulé  («  Actes  du 
Congrès  de  Neurologie  »,  Nantes,  1923,  «  Actes  du  Congrès  des  aliénistes  et  neurolo¬ 
gistes  »,  Bruxelles,  1924),  une  doctrine  cortico-nigrigue,  qui  s’oppose  à  la  doctrine  lenti¬ 
culaire,  lenticulo-nigrique,  ou  simplement  nigrique. 

D’après  les  recherches  de  M.  Testa,  il  résulte  que  tandis  que  le  signe  de  Babinski  est 
peu  fréquent  dans  le  parkinsonisme,  môme  si  l’on  cherche  à  le  révéler  par  la  scopola- 
inine,  on  peut,  au  contraire,  surtout  par  l’action  delà  scopolamine,  démontrer  l’exis¬ 
tence  très  fréquente  de  ce  phénomène  de  flexion  dorsale  du  pied  avec  adduction  et  rota¬ 
tion  interne,  qui  a  été  décrit  par  Boveri,  surtout  dans  les  cas  de  lésions  superficielles  de 
l’écorce  cérébrale  motrice,  et  qu’on  obtient  en  plaçant  le  malade  à  plat  ventre,  la 
jambe  à  angle  droit  sur  la  cuisse,  le  pied  à  angle  droit  sur  la  jambe,  et  en  stimulant  la 
plante  du  pied.  M.  Testa  a  trouvé  ce  phénomène  (renforcé  ou  révélé  par  la  scopolamine) 
dans  tous  les  8  cas  do  parkinsonisme  étudiés  jusqu’à  présent. 

1. 'auteur,  en  se  basant  surtout  sur  les  recherches  anatomo-pathologiques  cful  lui 
ont  démontré  l’existence  de  lésions  corticales  dans  le  parkinsonisme  postencéphalitique, 
attire  l’attention  sub  la  nécessité  d’approfondir  les  recherches  plus  que  jusqu’à  présent 
ou  no  l’a  fait,  et  avec  des  méthodes  appropriées,  sur  l’écorce  cérébrale  dans  les  cas  de 
syndrome  qu’on  appelle  strio-pallidal. 

M.  Minkovvski  (de  Zurich)  estime  aussi  qu’on  a  récemment  exagéré  le  rôle  des  gan¬ 
glions  de  la  base  ;  il  a  provoqué  chez  le  chat  des  réactions  athétoïdes  pardes  lésions  limi¬ 
tées  à  l’écorce  motrice  ;  il  a  observé  fréquemment  un  «  étal  criblé  »  de  l’écorce  dans  l’en¬ 
céphalite. 

Des  variations  d'intensité  de  môme  sens,  ou  de  sens  inverse,  de  la  roue  dentée 

et  de  la  rigidité  parkinsonienne  en  fonction  du  mode  des  stabilisations,  par 

M.  Fuoment  (de  Lyon). 

A  propos  do  l’étiologie  et  du  traitement  de  la  maladie  de  Basedow  et  du  Base¬ 
dowisme,  par  M.  Vieux  (do  Divonnc-lcs-Buins). 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


Sur  la  question  de  la  pathologie  du  système  nerveux  central  dans  la  scléro¬ 
dermie  et  dans  la  maladie  de  Raynaud,  par  M.  WLADVczKO^de  Wilna)^ 

L’épilepsie  myoclonique  familiale  avec  choréo-athéthose,  par  M.  L.  Van  Bo- 

GAERT  (d’Anvers). 

Syphilis  et  épilepsie,  par  MM.  Marchand  et  Bauer  (de  Paris). 

La  sympathectomie  péricarotidienne  dans  l’épilepsie,  par  MM.  Laignel-Lavas^ 
TiNE  et  R.  Largeau  (de  Paris). 


IL  —  PSYCHIATRIE 

A.  —  Communications  sur  la  Schizophrénie. 

La  complexion  des  schizophrènes.  Faits  et  hypothèses  touchant  les  rapports 
du  physique  et  du  moral  dans  la  schizophrénie,  par  M.  BovEn. 

De  l’examen  do  52  malades  l’autour  déduit  que  la  schizophrénie  a  bien,  comme  le 
dit  Krestchmer,  des  corrélations  physiques,  mais  que  les  3  types,  asthénique,  athlétique, 
dysplastique,  se  résument  dans  le  seul  .dysplastique  ;  le  fait  essentiel  réside  dans  un 
trouble  du  mode  ou  du  plan  de  la  croissance,  qui  pêche  par  hypoplasie  (asthénique), 
hyperplasie  (athlétique)  ou  dysplasie  (dyscrase  endocrine).  La  schizophrénie  ne  serait- 
elle  pas,  sur  le  plan  spirituel,  la  manifestation  d’une  dyssynthèse,  d’une  fusion  manquée 
des  complexions  maternelle  et  paternelle,  biologiquement  incompatibles,  chimiqué- 
nient  répulsives,  moralement  inconciliables  ? 

M.  Minkowski  (de  Zurich)  rappelle  à  ce  sujet  les  altérations  médullaires  décrites  par 
V.  Monakow,  témoins  d’un  fléchissement  de  la  barrière  méso-ectodermique  protectrice 
du  parenchyme  nerveux  contre  les  substances  nourotoxiques. 

L’auto-oonduction  et  la  schizophrénie,  par  MM.  Toulouse,  Mignard  et  Min¬ 
kowski  (de  Paris). 

Deux  courants  d’idées  se  manifestent  en  psychiatrie  à  l’encontre  de  la  notion  de 
démence  chez  les  aliénés  ;  l’un,  nosographique,  qui  lui  substitue  des  entités  nouvelles  ; 
l’autre,  syndromique,  qui  isole  séméiologiquement  dans  chaque  entité  les  troubles  réver¬ 
sibles.  C’est  ce  dernier  qui  a  abouti  à  la  notion  ü'auloconduciion,  plus  vaste  que  celles 
de  schizophrénie  et  applicable  ;'i  diverses  affections.  Comme  cette  dernière,  elle  met  au 
premier  plan  la  réversibilité  des  troubles  mentaux,  but  commun  des  efforts  thérapeu¬ 
tiques  convergents  de  l’Ecole  de  Zurich  et  du  service  do  Prophylaxie  mentale  de  Paris. 

M.  HESNARDfait  remarquer  qu’un  autre  concept  psychiatrique  est  utile  en  matière 
de  schizophrénie,  celui  do  «  confusion  chronique  »,  curable,  de  Régis.  Il  rappelle  égale¬ 
ment  que  beaucoup  de  cliniciens  français  utilisent  le  mot  de  »  démence  affective  »  pour 
dénommer  ces  états  discordants  avec  intégrité  des  éléments  intellectuels. 

M.  Vermeylen.  La  distinction  entre  démences  vésanique  et  organique  ne  répond  plus 
aux  faits  cliniques.  Dans  la  paralysie  générale,  il  n’y  a  démence  vraie  qu’à  la  période 
terminale. 


L’autisme,  par  M.  E.  Minkowski  (de  Paris). 

Les  notions  d’autisme  et  de  complexe  formulées  en  môme  temps  restèrent  longtemps 
intimement  liées  l’une  à  l’autre  :  l’autisme  étant  interprété  comme  un  repliement  sur 
soi-même  ou  plutôt  sur  les  complexes  constituant  le  fond  do  la  vie  intime  du  sujet.  Il 


486 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


est  cependant  possible  et  utile  de  séparer  ces  doux  notions  :  en  dehors  de  l’affectivité 
et  de  la  pensée  autistes,  il  existe  une  activité  primitivemeni  autiste  qui  no  repose  pas 
sur  des  complexes  et  traduit  à  l'état  pur  le  trouble  du  contact  vital  avec  la  réalité.  11 
faut  ainsi  distinguer  l’autisme  pauvre  et  l’autisme  riche,  ce  dernier  étant  caractérisé 
par  la  présence  de  mécanismes  de  compensation,  comme  la  rêverie,  ([ui  mettent  en 
jeu  les  facteurs  imaginaires. 

La  théorie  psycheinalytique  ou  instinctiviste  de  la  schizophrénie,  par  MM.  Mes- 
NAiiD  (de  Toulon)  et  LAi-FoncuE  (de  Paris). 

L’analyse  do  la  biographie  affective  des  schizophrènes,  utilisant  le  concept  psycha¬ 
nalytique  d’<c  évolution  instinctive  ».  permet  de  reconstituer  le  schéma  éDolulif  aHeclif 
de  la  schizophrénie  en  3  stades  : 

1“  Arriéralion  aflèclivc,  par  fixation  radicale  de  l’élan  instinctif  à  l’àge  de  l’élection 
affective  concernant  la  mère  ;  tendance  purement  possessive  (centrée  autour  de  la 
fonction  digestive,  réalisant  un  instinct  prégénital,  primitif  et  unique,  d’amativité  et 
d’alimentivité  è  la  fois.  Refusant  le  sevrage  psychique  et,  ultérieurement,  toutes  les 
privations  affectives  extérieures  qui  le  rappellent,  l’individu  ne  renonce  à  la  mère-ali¬ 
ment  qu’à  la  condition  de  trouver  une  compensation  dans  la  jouissance  imaginative 
intérieure  ; 

2“  Inlériorisalion  aflechve,  se  déclanchant  lors  de  l’inassouvissemcnt  des  besoins 
instinctifs  impérieux  do  l’âge  adulte  :  ne  pouvant  assimiler  possessivement  l’objet 
extérieur  de  son  désir,  l’individu  renonce  à  la  passion  sadique  destructive  dans  la  mesure 
où  il  peut  réaliser  un  report  narcissique  de  scs  appétences  affectives  sur  lui-même.  D’où 
désintérêt  progressif  à  la  réalité  et  élaboration  d’un  rêve  absurdement  mégalomaniaque. 
D’où  aussi  inversion  des  polarités  affectives,  la  réalité  extérieure  devenant  pour  le 
sujet  ce  qu’est  pour  l’homme  normal  une  matière  morte  et  répulsive,  alors  que  le  mode 
intérieur,  substitut  d’une  matière  assimilée,  occupe  le  centre  do  ses  intérêts  ;  - - " 

3“  Démence  affective,  atteinte  par  quelques  sujets  seulement  et  caractérisée  par  l’effri¬ 
tement  des  mécanismes  affectifs  extériorisables,  consécutif  à  la  défectueuse  utilisation 
de  l’instinct.  D’où  indifférence  définitive  à  la  vie,  abolition  des  sentiments  sociaux  et 
simultanément  satisfaction  intégrale  do  l’instinct  en  soi-même  (masturbation  incon¬ 
sciente  en  public,  intérêt  régressif  aux  excréments,  etc.) 

Cette  théorie,  fondée  sur  l’expérience,  n’est  nullement  exclusive  des  conceptions  orga¬ 
nicistes. 


La  localisation  cérébrale  du  syndrome  catatonlque,  par  M.  H.  Steck  (de  Céry). 

Nous  trouvons  dans  la  catatonie  une  atteinte  do  tout  le  système  fronto-ponto-strio» 
cérébellou.x  avec  prédominance  des  lésions  corticales.  La  lésion  striée  dans  la  catatonie 
porte  de  préférence  sur  les  grandes  cellules  à  longs  cylindraxes  ;  un  commencement  d’é¬ 
tat  lacunaire  périvasculaire  nous  montre  le  substratum  anatomique  de  la  faiblesse  cons¬ 
titutionnelle  des  ganglions  do  la  base  du  cerveau. 

Los  symptômes  végétatifs  sont  aussi  importants  dans  la  catatonie  que  les  symptômes 
moteurs  ;  ils  [)euvent  être  mortels.  Les  troubles  psychiques  de  la  catatonie  ont  une  ge¬ 
nèse  très  complexe  ;  ils  sont  psychogèneset  physiogènes,  les  lésions  basales  seules  no 
peuvent  pas  les  provoquer  (catalepsie)  ;  nous  devons  faire  intervenir  une  participation 
do  divers  étages  du  névraxe.  Les  troubles  de  l’affectivité  se  soustraient  ù  une  localisa¬ 
tion  précise,  mais  il  est  probable  que  les  centres  végétatifs  de  la  base,  les  centres  des 
automatismes  striés  fournissent  une  base  organique  à  la  mise  en  train.  Des  troubles  de 
ces  organes  fournissent  une  dos  conditions  pour  l’indifférence  affective,  le  manque  d’ini¬ 
tiative,  rabaissement  de  la  tension  associative  des  déments  précoces. 

M.  le  professeur  Donaggio  (de  Modène).  La  tendance,  qu’on  retrouve  aussi  dans  l’im- 
|)urtant  rapport  de  M.  le  professeur  Bleuler,  à  considérer  les  phénomènes  catatoniques 
de  la  schizophrénie  comme  dépendant  des  lésions  des  ganglions  de  la  base,  est  une  déri¬ 
vation  et  une  application  de  la  doctrine  qui  attribue  aux  lésions  des  ganglions  de  la  base 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


487 


•'origine  du  syndrome  qu’on  appelle  précisément  strio-pallidal.  Mais  il  s’agit  d’analogies, 
il  ne  s’agit  pas  de  faits  exactement  démontrés.  Pour  ce  qui  a  trait  à  la  catatonie,  je  n’ai 
pas  trouvé  de  lésions  remarquables  dans  les  ganglions  de  la  base.  Mais  nous  ne  pouvons 
même  dire  si,  réellement,  selon  les  exigences  de  la  doctrine  qui  a  envahi  le  territoire  do  la  ■ 
neuropathologie  et  aussi  de  la  psychiatrie,  les  lésions  des  ganglions  de  la  base  donnent 
••eu  à  la  phénoménologie  qu’on  appelle  strio-pallidale.  En  1923,  j’ai  démontré  surtout, 
avec  mes  méthodes,  que  la  doctrine  lenticulaire,  ou  lenticulo-nigrique,  ou  simplement 
nigrique,  proposée  pour  l’explication  d’une  forme  très  fréquente  de  rigidité,  telle  que  le 
parkinsonisme  postencéphalitique,  ne  correspond  pas  aux  faits  d’observation  ;  j’ai 
trouvé  que  cette  maladie  est  en  rapport  avec  une  lésion  étendue  de  l’écorce  cérébrale 
(région  préfrontale,  région  motrice)  associée  à  des  lésions  du  «  locus  niger  »  ;  en  rapport 
aux  faits  d’observation  j’ai  formulé  une  doctrine  corlico-nigrique  du  parkinsonisme.  11 
faut  rappeler  que  des  lésions  légères  ou  graves  des  ganglions  de  la  base  peuvent  s’éta- 
t>lir  sans  donner  lieu  à  aucun  des  phénomènes  du  syndrome  qu’on  appelle  strio-pallidal 
et  aussi  que  ce  syndrome  peut  se  présenter  sans  aucune  lésion  des  ganglions  de  la  base. 
On  a  même  établi  que  les  ganglions  de  la  base  sont  extrêmement  prêts  à  s’altérer,  et 
qu’ils  peuvent  donner  lieu,  surtout  par  la  fixation  avec  le  formol,  à  des  produits  arti¬ 
ficiels  qui  ont  l’apparence  des  lésions  (Bielschowsky,  Perusini,  Blondi,  etc.).  Dans 
plusieurs  cas,  on  n’a  pas  pris  en  considération  suffisante  l’existence  évidente  de  lésions 
fie  l’écorce  cérébrale  (par  exemple,  dans  la  maladie  de  Wilson).  L’écorcecérébrale  a  ôté 
presque  oubliée,  ou  incomplètement  étudiée  avec  des  méthodes  insuffisantes.  Une  révi¬ 
sion  complète  de  la  question  s’impose.  Les  recherches  de  M.  Stock,  qui  conclut  par  une 
prééminence  des  lésions  de  l’écorce  cérébrale  dans  le  syndrome  catatonique,  présentent 
Un  intérêt  évident,  quoique  M.  Steck  se  rattache  à  la  doctrine  strio-pallidale. 

Les  haines  familiales  morbides,  par  Robin  (de  Paris). 

Etudiant  les  haines  familiales  d’une  manière  très  générale,  l’auteur  comprend  : 
1“  celles  qui  sont  symptomatiques  de  psychoses  ou  psychonévrosos  (dont  certaines 
Apparentées  à  la  schizophrénie,  démence,  délires,  etc.  ;  2“  les  psychoses  et  psycho¬ 
névrosos  ayant  vraiment  leur  base  dans  une  haine  morbide,  véritablement  psychogène, 
souvent  masquée  sous  une  forme  symbolique.  Il  montre  l’importance  thérapeutique 
fie  cette  discrimination.  Il  reprend  la  magistrale  étude  do  Sérieux  et  Capgras  sur  les 
interpréta  leurs  filiaux,  et  propose  le  terme  de  «  métamorphoses  familiales  »  pour  les 
cas  où  l’interprétation  ne  paraît  qu’un  essai  secondaire  de  justification. 

Contribution  à  l’étude  des  relations  existant  entre  la  tuberculose  et  la  schizo¬ 
phrénie,  par  MM.  Mira,  Rodriguez  Arias  et  Seix  (de  Barcelone). 

Investigation  systématique  des  signes  de  la  toxi-infcction  tuberculeuse  chez  600  ma¬ 
lades  moniaux  de  différents  établissements  psychiatriques  de  Catalogne,  à  l’aide  de  la 
réaction  à  la  tuberculine  (intradermique  et  hypodermique),  l’exploration  clinique  et 
radiologique  de  ces  malades.  Dose  maxima  do  T.  A.  injectée  =  0,5  milligr.  par  sujet. 

Résultats  obtenus  :  !«  pas  de  corrélation  jiositive  entre  la  sensibilité  à  la  tuberculine 
et  le  temps  de  permanence  dans  l’asile  ;  2"  les  malades,  en  général,  présentent  une  sensi¬ 
bilité  bien  plus  grande  à  l’injection  intradermique  de  tuberculine  (Mantoux)  que  les 
sujets  normaux  ;  3»  entre  les  différents  groupes  des  malades  mentaux,  les  oligophréniques 
les  schizophréniques  et  les  é])ileptiqucs  essentiels  sont  ceux  qui  donnent  les  plus  hauts 
pourcentages  de  réactions  positives  à  la  tuberculine. 

Le  concept  de  la  schizophrénie  et  ses  conséquences  thérapeutiques, 

par  M.  II.  W.  Meier  (de  Zurich). 

B.  —  Communications  diverses. 

La  statistique  dans  la  recherche  psychologique,  par  M.  Bersot  (de  Neuchâtel). 
'Quelques  thèses  sur  une  nouvelle  théorie  psychologique,  par  MM.  V.  et  Ch.  Stras- 
SER  (de  Zurich). 


488  CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 

L’anxiété  et  les  émotions,  par  MM.  Robin  et  Sénac  (de  Paris). 
L’angoisse,  névrose  alcaline,  par  M.  Laignel-Lavastine  (de  Paris). 


L’évolution  psychiatrique  dans  la  province  de  Québec,  par  M.  Miller  (de  Québec). 

Sur  une  population  de  2.500.000  habitants  (dont  4/5  Canadiens  français),  6.755  alié¬ 
nés  internés  dans  5  établissements,  dont  les  principaux  sont  Saint-.Jean-de-Dieu  à 
Montréal  et  Saint-Michel-Archange  à  Québec,  sans  compter  plusieurs  services  neuro- 
psychiatriques  d’hôpitaux  et  sanatoria.  Un  hôpital-école  perfectionné  est  en  construc¬ 
tion  à  Québec  pour  300  arriérés,  et  Montréal  vient  de  réaliser  un  superbe  asile-prison. 

Un  épisode  de  la  vie  des  aliénés  à  Anvers,  par  -M.  Tricot-Royer  (d’Anvers). 


Deux  malades  de  Pinel  ;  MM.  Berbiguier  et  Martin  de  Gall^u'don,  par  MM.  Lai- 
gnel-Lavastine  et  Vinchon  (de  Paris). 

L’étiologie  du  mongolisme,  par  M.  Van  den  Sciieer  (de  .Santpoort). 

La  mythomanie  de  jeu,  par  M.  Vzrmeylen  (de  Bruxelles). 

Il  existe  Chez  les  adolescents  et  les  adultes  une  activité  mythique  morbide  qui  ne 
s’oppose  pas,  comme  l’enseignait  Dupré,  à  l’activité  mythique  désintéressée  do  l’enfant 
et  qui  implique,:  une  compensation  imaginative  du  réel  ;  un  be.50in  do  projeter  pensées 
et  désirs  dans  l’action  ;  un  état  spécial  do  conviction  permettant  de  croire  à  deux  idées 
contradictoires. 

Un  ménage  de  faux  sadiques,  par  M.  Molin  deTeyssieu  (do  Bordeaux). 

Curieuse  affaire  de  mu'urs  soulignant  l’interpsychologie  d’un  couple  de  châtelains 
ruraux  dans  lequel  les  apparences  faisaient  do  la  femme  la  responsable.  En  réalité,  les 
scénarios  lubriques,  d’aspect  faussement  sadique,  n’étaient  qué  la  réalisation,  par  la 
femme  débile,  d’un  féticliisme  du  mari,  polarisé  depuis  l’enfance  sur  la  fesse  féminine. 

Les  modifications  psychiques  des  paralytiques  généraux  mal^lrisés,  par  M.  Ver* 

MEYLEN  (de  Bruxelles). 

Los  sujets  passent  do  l’état  dit  démentiel  à  des  états  variés  :  délire  hallucinatoire 
relativement  lucide  (durant  la  fièvre),  psychose  hallucinatoire  chronique  ou  état  normal 
(après  la  fièvre).  11  y  a  moins  do  «  démence  »  vraie  qu’on  ne  le  croit  dans  la  paralysie 
générale,  mais  une  sorte  do  «  déficit  fonctionnel  »,  non  définitif,  précédant  la  destruction 
des  fonctions  mentales. 

Le  traitement  par  le  paludisme  des  psychoses  autres  que  la  paralysie  générale, 

parM.  Fribourg-Blanc  (du  Val-de-Grâce). 

Stimulation  transitoire  chez  les  mélancoliques,  mais  résultats  brillants  dans  la  manie 
(2  cas)  et  la  schizophrénie  (1  cas),  la  guérison  se  maintenant,  dans  ce  dernier  cas,  depuis 
3  mois,  ce  qui  fait  considérer  cotte  thérapeutique  comme  intéressante  dans  l’avenir. 

Sur  la  valeur  curative  de  la  sortie  prématurée  dans  certains  cas  de  confusion 
mentale  en  traitement  dans  les  asiles,  par  M.  Gilles  (de  Pau). 

Cotte  sortie  prématurée  amène  la  guérison  dans  un  délai  de  3  è  6  semaines,  avant  la 
sédation  complète  des  symptômes  et  même  do  l’excitation  ;  elle  agit  psychothérapique- 
ment  par  la  reprise  de  contact  effectif  avec  la  famille  et  évite  le  danger  d’une  persévé¬ 
ration  indéfinie  dans  le  milieu  neutre  de  l’asile. 


CONGRÈS  DES  ALIÉNISTES  ET  NEUROLOGISTES 


48& 


Le  Congrès  des  Aliénistes  el  Neiirologisles  tiendra  en  1927  ses  assises  à 
Blois,  sous  la  présidence  de  M.  le  professeur  Raviard  (de  Lille).  Les  sujets 
des  rapports  seront  : 

Psychiatrie  :  L’automatisme  psychologique.  M:  Lévy-Yalensi  (de 
Paris)  ; 

Neurologie  :  Les  tumeurs  de  la  région  optostriée.  M.  Jumentié 
(de  Paris). 

Médecine  légale  :  La  pratique  du  divorce  des  aliénés  en  Suisse 
et  à  l’étranger.  M.  Boven  (de  Lausanne). 

Le  Congrès  de  1928  sera  présidé  par  M.  le  professeur  Claude  (dé  Paris). 


BEVUE  NEUROLOGIQUE.  —  T. 


K»  5,  NOVEMBRE  1926. 


SOCIÉTÉS 


Société  de  Psychiatrie 


Séance  du  jeudi  21  oclobre  1020. 


Syndrome  schizophrénique  conscient  avec  apragmatisme  sexuel. 

lil.M.  UuPOUY,  Hauer  et  Male  moiilrpiil  uii  malade  (iiii,  après  une  enfance  liiniile 
eL  soliLaire  présenla  plusieurs  accès  de  dépression  el  un  éUI  caraclèrisèparderaboulie, 
des  (djscssions,  des  donl.es,  des  scrupules,  des  tics  el  dus  idées  de  suicide.  Il  a  de  plus 
présenté  la  «  perte  de  l’initiative  des  actes  sexuels  ». 

M.  Arnaud  discute  le  iliagnostic  de  schizophrénie  eonscieid e  et  s’élève  contre  le 
terme  d’oijeagmal  isme  sexuel  pour  désigner  un  simple  état  de  frigidité  ilépourvii  de 
Ions  symptômes  apraxi(pies. 

iM.  NATTAN-hAiiniER  rappelle  que  la  scliizoïdie  peut  être  acquise  et  résulter  d’halu- 
tudes  li’isoleiiieid  jirises  au  cours  d’une  enfance  difticile. 


Encéphalite  épidémique  et  suicide. 

MiM.  Dupouy,  Uauer.  CilATAiGNON  prés(eitetd.  deux  malades  ayant  tenté  de  se 
suicitter  au  cours  il’iine  eiicéphaliti’  épidémicpie. 

Encéphalite  épidémique  fruste. 

M.M.  l'ETlT,  ItAUER  et  .M'""  Hequin  montiuuitunemaladedout  l’iMcéphalitéa iléhuté 
par  dc^s  spasmes  îles  inuseles  externes  de  l’cnil  (déviation  des  globes  en  haut)  el  balle- 
menls  des  paupières.  Celle  malade  a  dû  éire  inleriiée  pour  des  tentatives  de  suicide 
répétées  et  de  nature  inquilsive. 

M.  Tinel,  après  avoir  interrogé  la  malade,  insiste  sur  cette partieularitéque  lesiinpul- 
sions  au  suicide  ne  se  produisent  qu’au  moment  des  crises  de  spasmes  oculaires. 

Délire  imaginatif  de  grandeur.  Conséquences  médico-légales. 

M.M.  CÉNAC  et  Haruk  présentent  un  liomme  déclaré  irresponsalde  et  interné  à  la 
suite  d’actes  absurdes  (escroqueries,  lilouterie  de  taxi).  Il  a  un  délire  imaginatif  de 
grandeur  tellement  colossal  el  absurde  qu’il  ressembfe  à  celui  de  la  1’.  G.,  bien  ipi’il 
ne  s’agisse  aucunement  de  celle  maladie. 

M.  Ceillier  rappelle  ipi’il  a  fait  l’expertise  médico-légale  de  ce  sujet,  (pi’il  a  égale- 


SOCIÉTÉS  491 

meut  éliminé  le  diagnostic  de.  P.  G.  pour  retenir  ceiui  d’excitation  maniaque,  qu’il 
maintient  encore,  en  faisant  remarquer  que  l’activité  intellcctuclie  contraste  avec 
l’activité  motrice,  beaucoujJ  plus  modérée. 

M.  Delmas  fait  également  le  diagnostic  d’hypomanie  délirante,  rattache  l’acte  actuel 
à  la  psychose  maniaque  dépressive  et  émet  un  pronostic  favorable. 

M.  Lévy-Valensi  a  vu  récemment  un  maniaque  intelligcntctcultivédontlesidéesde 
grandeur  ne  le  cédaient  en  rien  en  absurdité  à  la  P.  G.  Ce  malade  gagnait  un  milliard 
par  minut(!. 

L’insuline  dans  les  états  d’anorexie,  de  sitiophobie  et  de  dénutrition  chez 
les  psychopathes. 

MM.  Targowla  et  LAMAncuEontétudiél’actiondcl’iasuliiiesuri’amaigrissementdes 
aliénés  et  des  névropathes  causé  soit  par  un  trouble  indéterminé  des  échanges,  soit  par 
l’anorexie,  soit  par  le  refus  d’aliments  (en  particulier  dans  les  syndromes  mélancoliques). 
Ils  ont  noté  le  retour  do  l’appétit  et  une  augmentation  de  poids  et  ils  signalent  l’intérêt 
d’une  telle  constatation  au  point  de  vue  (ie  ses  applicationsau  traitement  des  affections 
neuro-psychi(pies. 

Hdllucinose  (syndrome  d’automatisme  ment#l],  syphilis  héréditaire  et  alcoo- 

MM.  Targowla  et  Lamarche  présentent  une  malade  do  4.3  ans,  atteinte  d’un  syn¬ 
drome  hallucinatoire  exclusivement  auditif,  sans  délire  associé,  réalisant  le  noyau  basal 
du  syndrome  d’automatisme  mental  décritpar  M.  de  Clérambault.  Cotte  malade  a  pré¬ 
senté  dans  son  jeune  Age,  outre  des  troubles  de  croissance,  de  l’énurésie  nocturne  ;  elle 
ados  lésions  de  kératite,  intcrstitiellediffusc,  de  chorio-rétinite  périphérique  et  unsigne 
d’Argyll-Robertson  ;  le  liquide  C.R.  est  normal,  le  B.  W.  du  sang  positif.  D’autre  part, 
on  trouve  des  signes  d’alcoolisme  et  de  polynévrile.  L’intérêt  de  ce  cas  serait  dans  le 
rapport  étiologique  possible  entre  le  syndrome  d’automatisme  et  l’hérédo-syphilis. 

M.  Delmas  attribue  un  rôle  plus  important  à  l’alcoolisme  et  ilrappcllelescasqu’il  a 
publiés  de  psychose  hallucinatoire  chronique  d’origine  alcoolique  et  succédant  A  un 
Ou  plusieurs  accès  subaigus.  André  Ceillier 


Société  d’oto-neuro-oculistique  de  Strasbourg. 


l^éance  du  26  octobre  1926. 


Signe  d’Argyll-Bobertson  chez  un  tabétique  évoluant  vers  l'immobilité  pupil¬ 
laire  complète,  par  M.  Weill  et  P. -A.  Dreyfus. 

-MM.  G.  WEiLLetP.-A.DREYFusprésententunmalade  attcintde  tabes  depuislDOS; 
à  ce  moment  il  présentait  au  point  de  vue  ophtalmologique  un  Argijll-Roberlson 
typique  bilatéral  avec  myosis.  Ce  malade  fut  traité  à  plusieurs  reprises. 

Depuis  1920,  ies  troubles  pupillaires  ont  évolué  vers  l’immobilité  complète  de  la  pu¬ 
pille  à  la  lumière  et  à  la  vision  de  près  :  les  iris  sont  atrophiques. 


492 


SOCIÉTÉS 


Ce  cas  cunrirmc  les  llK^orics  modernes  surtout  <';miscs  en  France,  d'après  lesquelles 
l’ArgyU-Robertson  et  l’immobilité  ])upillaire  complète  sont  deux  stades  successifs 
d’une  même  évolution  non  pas  deux  choses  cssentielleme'nt  différentes,  comme  l’ad¬ 
mettent  encore  bon  nombre  il’auteurs  surtout  en  Alleinaj'ne. 

Nystagmus  giratoire  spontané  constant  bilatéral,  myoclonies  rythmiques, 
vélo-pharyngo-laryngées,  sus-hyoïdiennes  et  diaphragmatiques.  Hémipa¬ 
résie  et  tremblement  gauches.  Parésie  faciale  double,  par  MM.  BAnnÉ,  Dua- 
GANESCO  et  Lieou. 

Ces  troubles  .sont  apparus  chez  un  sujet  d’àf'e  moyen,  à  la  suite  d’une  maladie  infec¬ 
tieuse  (encéphalite  léthargique)  datant  du  printemps  1918.  Ces  cas  se  rapprochent  de 
ceux  publiés  en  France  par  MM.  Foix,  Tinel,  llihemand  et  M>>“  Lévy.  Les  auteurs  insis- 
I  eut  surtout  sur  l’étal  de  l’aiipareil  veslibulaire  :  à  la  suite  des  épreuves  instrumentales, 
le  nystagmus  giratoire  ne  devenait  i)as  horizontal  par  l’excitation  labyrinthique  droilc 
(côté  hypo-excitable).  Ouant  à  la  localisation  de  la  lésion,  il  s’agit  sans  doute  de  foyers 
diîséminés  au  niveau  de  la  calotte  bulbo-protiibérantielle,  ctspécialement  de  la  bande- 
b’tte  longitudinale  postérieure. 


Kyste  du  cervelet,  diagnostiqué  et  ponctionné.  Etat  des  réactions  vestibulaires 

11  s’agit  d’un  cas  de  tumeur  liquide  du  cervelet  ponctionnée  avec  succès  il  y  a  deu\ 
ans.  Le  malade,  guéri  depuis  lors,  eut  de  nouveau,  en  ces  derniers  temps,  des  phénomènes 
il’hyperlension  intracrânienne.  Une  nouvelle  ])onclion  du  kyste  resta  inefficace,  et  le 
malade  succomba  >in  mois  après  l’opération.  On  trouva  un  kyste  multiloculaire  délrui- 
siiiiL  le  lobule  (piadrilatére  droit,  le  verrnis  supérieur  et  postériimr  et  une  partie  du  v(!r- 
mis  inférieur.  I’lusi(mrs  des  signes  cérélndleii.x  île  la  série  Babinski  et  de  h)  série  Thomas 
existaient  ;  l’épreuve  de  l’index  ne  donna  pas  de  renseignements  utiles.  Ce  cas  s’ins¬ 
crit  dans  la  série,  de  ceux  qui  font  douter  des  localisations  cérébelleuses  proposées  jus¬ 
qu’ici. 


Spasme  brusque  d'accommodation,  par  M.  K.  Bedsloh. 

Il  s’agit  d’un  spasme  brusque  d’accommodation  chez  un  homme  parfaitement  sain, 
ne  présentant  aucun  signe  de  névropathie.  Ce  spasme  a  persisté  pendant  5  jours.  Il  est 
apparu  pendant  que  le  malade  était  accroupi  depuis  une  heure,  la  tête  baissée  contre 
terre.  Il  était  à  la  recherche  d’insectes.  L’apparition  du  spasme  a  été  précédée  par  une 
attaque  de  scotomc  scintillant.  Il  est  probable  que  le  spasme  avait  la  môme  origine 
que  le  scotomo  scintillant,  c’est-à-dire  des  troubles  circulatoires,  une  vaso-constric- 
lion  par  exemple.  L’examen  neurologique  démontra  du  reste  l’existence  de  signes  do 
vaso-constriction  profonde. 

Sur  le  procédé  d'exploration  vestibulaire  do  Kobrak,  [lar  MM. BAnnÉ,  Dradanesco. 

Les  auteurs  ont  pratiqué  la  réaction  de  Kobrak  en  môme  temps  que  les  autres  éprou¬ 
ves  instrumentales,  chez  des  sujets  atteints  de  troubles  vestibulaires.  Chez  les  malades  à 
hypo-excitabilité  labyrinthique,  ils  ont  observé  contrairement  aux  autres  auteurs,  que 
les  réactions  de  déviation  des  bras  ou  du  corps  pouvaient  apparaître  en  l’absence  du 
nystagmus.  Chez  les  vestibulaires  à  sensibilité  exagérée  (commotion  crânienne,  sclé¬ 
rose  en  plaques,  etc...),  la  méthode  de  Kobrak  s’est  toujours  montrée  efficace,  pouvant 


SOCIÉTÉS 


493 


comme  les  autres  provoquer  toutes  les  manifestations  labyrinthiques.  En  raison  de 
la  simplicité  de  la  technique  et  l'absence  de  tout  malaise  consécutif,  ils  conseillent 
ce  procédé  dans  l’examen  dos  sujets  hypo-excitables  ou  supposés  tels. 


A  propos  du  pronostic  delà  mydriase  paralytique,  par  MM.  G.  Weill  et  P.  .A. 

Dreyfus. 

MM.  G.  Weill  et  P.-.\.  Dreyfus  communiquent  quatre  observations  récentes  de 
mydriasft  paralytique  unilatérale  chez  des  syphilitiques.  Ce  syndrome  ne  s’accompagne 
d’aucun  autre  signe  d’infection  spécifique,  en  dehors  des  réactions  sérologiques.  La 
ponction  lombaire  n’a  pu  être  faite.  Les  autours  insistent  sur  la  gravité  du  pronostic 
de  ce  syndrome  qui  serait  presque  toujours  suivi  à  plus  ou  moins  longue  échéance  — 
quelques  mois  à  douze  ans  et  plus  —  de  paralysie  générale  progressive. 

Les  auteurs  se  proposent  de  revenir  plus  longuement  sur  la  question  en  s’appuyant 
sur  un  certain  nombre  d’observations  de  malades  que  M.  Weill  a  pu  suivre  pendant 
15-20  ans  et  qui  ont  tous  évolué  vers  la  paralysie  générale. 


Réactions  vestibulaires  du  type  cérébelleux  chez  un  labyrinthique  pur, 

par  MM.  Barré  et  Draganesco. 

Dans  un  cas  de  surdité  labyrinthique  gauche  d’origine  traumatique,  où  il  existait 
Une  déviation  tonique  spontanée  vers  la  droite  du  seul  bras  droit,  les  divers  phéno- 
hiènos  de  la  réaction  de  l’index  de  Barûny  étaient  observés  après  toutes  les  excita¬ 
tions  (calorique,  rotatoire,  électrique)  bien  que  rien  d’autre  ne  s’inscrivît  pour  l’exis¬ 
tence  d’une  lésion  quelconque  du  cervelet.  L’examen  neurologique  à  ce  point  est 
absolument  négatif  ;  le  malade  se  comporte  cliniquement  comme  un  vestibulaire  pur. 


Amaurose  fonctionnelle,  par  MM.  Weill  et  Jost. 

MM.  Weill  et  Jost  rapportentdeuxobscrvationsd’amaurose qu’ils  croientde  nature 
hystérique.  La  première  concerne  une  fillette  de  9  ans,  où  la  baisse  de  la  vue  surviid 
brusquement  à  la  suite  de  remontrances.  L’examen  oculaire  ne  révéla  qu’une  réduction 
he  la  vision  à  1/25.  Après  huit  jours,  le  tout  redevint  normal.  Dans  le  deuxième  cas,  il 
®  ugit  d’une  femme  de  26  ans,  qui  disait  également  ne  plus  rien  voir.  A  l’examen  ophlal- 
ihologique,  on  no  trouva  rien  en  dehors  d’une  diminution  de  la  vision  à  2/50 pour  cha¬ 
que  œil.  La  vue  réapparaît  brusquement  le  soir  mêrne  de  son  admission.  Cette  malade 
®  eu  depuis  cette  date  encore  quelques  accès  analogues.  Chez  celle-ci,  les  troubles  vi¬ 
suels  apparaissaient  après  dos  émotions  violentes  et  s’accompagnaient  quelquefois  de 
bouffées  de  chaleur  à  la  tête,  mal  de  tête  frontal,  transpiration,  vaso-dilatation  de  la 
face. 


Critique  de  l’opinion  classique  sur  l’épreuve  rotatoire,  par  M.  Barré. 

Contrairement  à  ce  que  pensent  les  classiques  qui  considèrent  qu’à  l’arrêt  après  rota¬ 
tion  d’un  côté,  c’est  le  labyrinthe  du  côté  opposé,  qui  réagit,  l’auteur  pense  qu’à  l’arrêt 
après  rotation,  vers  la  droite,  par  exemple,  c’est  le  labyrinthe  droit  qui  est  excité  ;  à 
i’appui  de  cette  opinion  basée  sur  un  certain  nombre  de  faits  antérieurs,  M.  Barré  relate 
en  détail  un  nouveau  tait  de  lésion  unilatérale,  soumis  aux  différentes  épreuves  instru¬ 
mentales,  et  confirmatif  de  son  opinion. 


494 


SOCIÉTÉS 


Société  belge  de  médecine  mentale. 


Séance  du  25  septembre  1926, 

tenue  à  la  Ferme-Ecole  pour  enfants  anormaux  de  Waterloo. 


Sous  LA  Présidence  du  D’’  Houlenger. 


I.e  iir('‘si(lc'ut.,  (|ui  est.  médücin-Uircclciir  d(!  la  Fornio-Ecido  iiour^nfanls  anormaux, 
rcmrrcie  la  SocicLù  (|ui  a  choisi  c(dl(!  fois  réLablisscmcnt  pour  y  l.cnir  sa  rôunion.  Il 
iiisislc  sur  l’importance  (|ue  présente  le  milieu  pour  l’éducation  des  enfants,  et  cela 
d’autant  plus  qu’ils  sont  j)lus  déshérités  par  la  nature.  C’est  pourquoi  la  province  de 
lîrabant  et  les  orifanisateurs  de.  l’œuvre  se  sont  efforcés  do  rendre  la  Ferme-Ecole  aussi 
agréable  d’aspect  que  possible,  malgré  la  simplicité  des  moyens.  En  terminant,  il  in¬ 
siste  sur  l’intérét  que  présepte  le  dépistage  précoce  des  enfants  anormaux. 

Les  troubles  humoraux  et  la  psychose  maniaco-dépressive  par  le  Prof.  A.  Ley 
(de  Uruxelles). 

f.os  troubles  qui  accompagnent  les  psychoses,  notamment  les  crises  anxieuses  et  les 
crises  maniaques,  sont  de  |dus  en  plus  décrits  comme  des  phénomènes  de  choc  que  pré¬ 
céderait  une  crise  hémoclasique.  On  pourrait  croire  que  des  phénomènes  humoraux 
retentissent  toujours  fortement  sur  l’évolution  et  la  nature  de  ces  crises. Or,  Fauteur 
rapporte  le  cas  d’un  malade  qui  fit  en  1914  une  crise  d’anxiété  et  de  mélancolie  avec 
petites  auto-accusations  puériles  qui  guérit  après  quelques  mois.  Aucun  phénomènee 
humoral  spécial  n’avait  été  constaté  ni  du  côté  de  l’urine,  ni  ducôté  dusang.  Il  n’exis¬ 
tait  ni  artériosclérose,  ni  alcoolisme,  son  hérédité  était  indemne.  ‘ 

Or,  en  192G,  douze  ans  après  la  première  crise,  une  nouvelle  période  anxieuse  survint, 
déclanchée  apparemment  par  la  perte  de  sa  situation.  Les  symptômes  étaient  identiques 
à  ceux  du  premier  accès.  Mais  cette  fois  des  troubles  humoraux  très  graves  existent. 
On  constate  de  l’artériosclérose,  «ne  (piantité  exagérée  d’urée  dans  le  sang,  ic  l’hy¬ 
pertension,  de  la  glycosurie.  L’observation  comparée  des  deux  crises  montre  pourtant 
ipie  cet  état  humoral  n’a  en  réalité  aucune  influence  sur  les  symptômes  psychiques, 
comme  on  serait  tenté  à  première  vue  de  l’admettre  si  on  n’avait  sous  les  yeux  que  la 
symptomatologie  du  deuxième  accès.  U  semble  donc  bien  que  tous  les  états  maniaco- 
dépressifs  no  soient  pas  dus  à  \in  choc  humoral  et  que  certains  sont  conditionnés  par 
l’activité  du  neurone  lui-même.  Mais  la  nature  et  môme  l’existence  do  cotte  hormone 
cérébrale  sont  encore  purement  hypothétiques. 

Causes  d’exemption  du  service  militure  pour  maladies  mentales  et  nerveuses, 
par  M.  Vervaeck  {de  Bruxelles). 

L’autour  rend  compte  des  travaux  do  la  commission  qui  s’est  réunie  précédemment 
afin  d’élaborer  les  divers  tableaux  contenant  les  causes  d’exemption  pour  maladies 
mentales  et  nerveuses  qui  devront  figurer  dans  le  prochain  projet  do  loi.  La  société 


SOCIÉTÉS 


495 


aclopln  un  vœu  prÉscnlé  par  le  D''  do  Craene  au  nom  du  bureau  de  la  Ligue  nationale 
belge  il’llygiène  mentale  et  tendant  à  l’institution  de  centres  de  triages  et  d’observa¬ 
tion  biiui  organisés,  placés  sous  la  direction  de  médecins  s])écia!isés  en  psychiatrie. 

Sur  l’organisation  des  cours  d’infirmières  pour  maladies  mentales 
et  nerveuses,  par  M.  le  l’rof.  A.  Ley  (de  Bruxelles). 

D’après  l’auteur,  il  faudrait  rétablir  l’examen  s|jécial  et  le  diplôme  d’infirmière  pour 
maladies  nerveuses  et  mentales.  Il  est  inutile  d’attendre  plus  longtemps  que  les  mi-, 
lieux  officiels  aient  |)ris  une  décision  à  cet  égard,  un  diplùmi;  délivré  par  des  médecins 
spécialistes  aura  en  lui-même  une  vahoir  suffisante. 

•M.  R.  Ley  jiroposc  à  la  Société  d’organiser  un  service  de  renseignements  concernant 
les  malades  inoculés  île  malaria.  De  cel  te  faeeu,  on  sera  tou  jours  au  courant  derendroit 
où  se  trouvent  dos  malariques  en  évolution  et  la  source,  ne  risquera  pas  d’etre  tarie. 

E.  Vbrmeylen. 


ANALYSES 


BIBLIOGRAPHIE 


Les  maladies  nerveuses,  par  A.  Van  Gbhuchten  (Cours  professé  à  l’Université  de 
Louvain).  Nouvelle  édition  revue  et  mise  à  jour  par  P.  Van  Gehuciiten.  Librairie 
Universitaire.  Louvain,  1926. 

C’est  la  deuxième  réédition  de  l’ouvrage  do  1914  anéanti  dans  les  flammes  de  l’in¬ 
cendie  de  Louvain. 

Le  succès  de  ce  traité  a  été  dû  à  sa  clarté  et  à  sa  précision  qui  résultaient  de  l’étude 
de  la  pathologie  nerveuse  en  fonction  de  l’anatomie  et  de  la  physiologie.  Paul  Van 
Gehuchten,  dans  un  sentiment  de  lilial  devoir,  a  mis  au  point,  dans  l’édition  parue 
après  la  guerre  et  dans  l’édition  de  1926,  les  questions  qui  ont  été  l’objet  d’acquisitions 
récentes  :  un  chapitre  nouveau  a  été  consacré  à  l’encéphalite  épidémique,  inconnue 
avant  la  guerre.  Le  chapitre  des  lésions  du  corps  strié  et  du'système  oxtrapyramidal 
s’est  enrichi  du  fait  de  l’étude  de  cette  môme  affection  et  a  englobé  l’étude  de  la  mala¬ 
die  de  Parkinson  et  de  la  chorée  de  Sydenham. 

Citons  encore  parmi  les  études  nouvelles,  celles  relatives  aux  voies  de  conduction 
de  la  sensibilité,  au  mécanisme  des  réflexes  tendineux  et  cutanés,  du  tonus  musculaire, 
de  l’hypertonie  pyramidale  et  do  l’hypertonie  striée,  celles  relatives  aux  procédés 
nouveaux  d’exploration  (fonctions  vestibulaires,  lipiodol  de  Sicard,  etc.). 

Cette  publication,  tout  en  conservant  les  qualités  essentielles  de  l’œuvre  originale, 
tire  une  très  grande  valeur  de  l’adaptation  judicieuse  aux  progrès  récents  de  la  science 
qui  a  été  faite  par  Paul  Van  Gehuchten.  R. 

Btude  thérapeutique  des  tumeurs  de  l'hypophyse.  Résultats  comparés  des  di¬ 
vers  traitements,  par  Paul  Mériel,  un  volume  ln-12  de  110  pages,  avec  une  biblio¬ 
graphie  et  9  figures  hors  texte,  Masson,  édit.,  Paris,  1926. 

Le  traitement  des  tumeurs  de  l’hypophyse,  de  date  relativement  récente,  n’est  pas 
encore  établi  d’une  façon  définitive  ;  toutefois  les  mesures  thérapeutiques  applicables 
à  ces  productions  morbides  peuvent  être  considérées  dans  leur  ensemble,  et  l’étude  de 
P.  Mériel  aura  le  mérite  de  contribuer  à  fixer  les  idées  sur  ce  que  l’expérience  a  appris 
de  chacune  des  méthodes  mises  en  œuvre. 

L»  traitement  est  passé  par  des  étapes  successives  correspondant  à  l’évolution  des 
idées  concernant  la  physiopathologie  de  la  glande  pituitaire. 

L’organothérapie  a  été  la  première  en  date,  mais  ses  insuccès  ont  amené  à  demander 
aux  techniques  délicates  de  la  chirurgie  cranio-cérébrale  l’ablation  des  néoplasies 


ANALYSES 


497 


hypophysaires.  Cependant  la  difficulté  et  les  dangers  que  présentent  ces  opérations  si 
spéciales  ont  à  leur  tour  orienté  vers  la  radiothérapie  etla  curiethérapie  les  essais  thé¬ 
rapeutiques. 

La  curiethérapie  n’ayant  pas  plus  que  l’organothérapie  prouvé  son  eflicacité,  la 
chirurgie  et  la  radiothérapie  restent  seules  en  présence,  et  c’est  la  comparaison  de  leur 
valeur  respective  qui  fournit  l’aliment  de  l’intéressant  exposé  et  des  discussions  de 
P-  Mériel. 

L’auteur  fait  la  description  détaillée  des  procédés  opératoires  de  M.  Cushing,  Schloffer, 
Hirsch  ;  il  note  les  résultats  qu’ils  ont  donnés,  les  risques  qu’ils  comportent.  Le  danger 
immédiat,  les  accidents  infectieux  consécutifs,  l’impossibilité  fréquente  d’enlever  la 
tumeur  dans  sa  totalité  sont  autant  de  raisons  qui  empêchent  la  chirurgie  d’affirmer 
sa  supériorité.  En  dehors  de  quelques  cas  de  tumeurs  kystiques  que  la  trépano-ponc- 
tion  sphénoïdale  évacue  facilement  en  dehors  aussi  des  tumeurs  hypertensives  qui  se 
trouvent  bien  d’une  décompression,  la  chirurgie  semble  devoir  céder  le  pas  à  la  radio¬ 
thérapie. 

La  différence  dans  ce  que  peuvent  les  deux  méthodes  s’accentue  si  l’on  considère 
l’effet  obtenu  sur  les  syndromes  glandulaires,  les  troubles  intellectuels,  les  échanges 
Nutritifs,  la  polyurie  et  la  glycosurie,  les  fonctions  génitales  ;  l’avantage  reste  à  la 
radiothérapie.  Ici  la  chirurgie  n’a  pas  l’action  profonde  sur  les  changements  humoraux 
que  possèdent  les  rayons  X;ellc  ne  vise  qu'à  l’ablation  d’une  néoformation  nocive  et 
comprimante  ;  toutefois  le  rétablissement  de  l’équilibre  humoral  n’a  jamais  fait  régres¬ 
ser  les  lésions  squelettiques  établies. 

Mais  qu’il  s’agisse  de  traiteinent  chirurgical  ou  de  radiothérapie,  les  résultats  dans 
les  formes  ri  levant  de  la  compression  pure,  telle  la  forme  ophtalmique,  ont  été  d’autant 
meilleurs  qu’on  est  intervenu  plus  tét.  Il  ne  faut  pas  laisser  vieillir  ces  lésions  qui  seront 
plus  rebelles  aux  modifications  par  les  rayons  ou  qui  auront  poussé  dos  prolongements 
chirurgicalement  inaccessibles  ;  Béclère  pose  en  règle  formelle  que,  dès  le  diagnostic 
Poïé,  le  plus  souvent  par  l’ophtalmologiste,  et  avant  que  la  tumeur  ait  pris  un  trop 
grand  développement  et  même  ait  malignisé  sa  nature,  primitive,  il  faut  commencer  le 
Haitement  radiothérapique. 

L’effet  négatif  servira  de  pierre  de  touche  entre  les  tumeurs  radio-sensibles  et  radio¬ 
résistantes  ;  dans  ce  dernier  cas  on  s’adressera  à  la  chirurgie.  Celle- J  doit  donc  hériter 
•lea  cas  défavorables  ou  du  moins  douteux  de  la  radiothérapie,  qui  manifeste  toute 
son  efficacité  dans  les  tumeurs  jeunes  qui  lui  .sont  précocement  soumises.  I.a  chirurgie 
hypophysaire  ne  doit  vivre  que  des  contre-indications  de  la  thérapeiitique  bénigne  et 
sûre  dont  Béclère  a  obtenu  de  merveilleux  résultats.  E.  F. 

Contribution  à  l’étude  de  l’anatomie  pathologique  des  myélites  syphilitiques 

on  général  et  de  leur  forme  progressive  en  particulier,  par  Sacha  Naoht,  Thfse 

de  Paris,  1926,  Legrand,  édit.  (79  pages,  13  planches). 

Toutes  les  formes  do  syphilis  médullaire  n’ont  pas  jusqu’ici  bénéficié  d’études  ana 
tomiques  complètes  ;  alors  que  les  travaux  de  Gilbert  et  Lion,  I-amy,  Sottas  ont  bien 
précisé  l’allure  anatomique  des  méningo-myélites  aiguës  et  subaiguës,  les  notions  res- 
tent  encore  vagues  en  ce  qui  concerne  les  formes  chroniques  progressives  ;  Nonne  se 
rallie  aux  théories  courantes  de  la  méningo-vascularite,  et  la  tendance  des  auteurs  fran¬ 
çais  Sottas,  Déjerine,  André-Thomas,  est  de  considérer  tout  l’ensemble  des  syphilis 
médullaires  comme  une  myélite  transverse,  généralement  par  vascularite  avec  dégéné¬ 
rescences  ascendantes  et  descendantes  secondaires. 

C’est  à  l’étude  des  formes  chroniques  progressives  que  S.  Nacht  s'est  plus  particu¬ 
lièrement  attaché.  Il  s’est  efforcé  de  donner  de  la  myélite  chronique  progressive  (para- 


408 


ANALYSES 


plégie  <l’Erb)  unc  description  anatomo-pathologique  répondant  davantage  à  la  réalité 
que  les  tableaux  tracés  par  les  auteurs  classiques.  D’après  lui,  il  ne  s’agit  ni  d'une  sclé¬ 
rose  systématique,  ni  d’un  foyer  transverse  entraînant,  par  la  suite,  des  dégénéres¬ 
cences  ascendantes  et  descendantes,  mais  bien  d’une  myélite  diffuse  de  pathogénie 
complexe,  médullaire  et  vasculo-méningée,  étendue  à  une  grande  partie  de  la  moelle, 
en  général  depuis  la  région  cervicale  supérieure  jusqu’à  la  région  lombaire,  et  qui  trouve 
son  maximum  au  niveau  de  la  région  dorsale.  Cette  altération  entraîne,  bien  entendu, 
la  dégénération  des  fibres  longues  correspondantes,  d’où  les  aspects  pseudo-systéma¬ 
tiques  que  l’on  peut  observer  au  niveau  des  segments  premiers  cervicaux  et  sacrés. 

Quant  aux  autres  formes  de  syphilis  médullaire  (myélite  transver.se  à  la  phase  cica¬ 
tricielle,  myélite  associée  au  tabes  et  à  la  pachyraéningite  cervicale,  forme  amyotro¬ 
phique  de  la  myélite  syphilitique),  S.  Nacht  se  borne  à  signaler  les  points  intéressants 
de.s  cas  étudiés  par  lui  dans  le  laboratoire  du  Prof.  Poix.  E.  F. 

Hygiène  mentale.  Historique  et  organisation  actuelle.  Méthode.  Principes  fon- 
deunentaux.  Applications  diverses,  par  le  Docteur  M.  Potf.t,  Préface  du  Doc¬ 
teur  Toulouse.  In-S»,  xin-GOO  p.,  édit.  Le  François,  Paris,  1920. 

Cet  ouvrage  est  l’exposé  clair  et  aussi  complet  que  possible  des  principes  de  l’Hy¬ 
giène  Mentale  et  de  leurs  applications  chez  les  individus  normaux,  dans  les  collectivités, 
chez  les  individus  anormaux.  11  contient  aussi  le  résumé  de  l’organisation  actuelle  de 
l’hygiène  mentale  en  France  et  dans  les  divers  pays  étrangers,  Etats-Unis,  Belgique, 
Suisse,  Allemagne,  Italie,  Grande-Bretagne,  Espagne,  Roumanie,  Pays-Bas,  Russie, 
Brésil,  Pérou,  etc. 

Le  livre  du  Docteur  Potet  constitue  une  mise  au  point,  attendue  et  nécessaire,  de 
l’état  actuel  de  ces  questions  de  toute  première  importance  sociale. 

De  nos  jours,  chacun  de  ceux  qui  réfléchissent  à  la  condition  et  au  comportement 
humains  éprouve  le  besoin  de  trouver,  condensées  et  réunies,  les  idées  dont  l’appli¬ 
cation  permet  d’améliorer  le  p.sychisme  et  de  prévenir  les  psychopathies.  Aussi,  non 
seulement  ce  livre  sera  très  utile  aux  aliénistes,  psychologues,  psychotcchniciens,  dont 
il  facilitera  les  recherches  et  les  travaux  personnels,  mais  il  s’adresse  encore  aux  niédp- 
cins  praticiens,  étudiants,  pédagogues,  juristes,  sociologues,  etc.  R. 


NEUROLOGIE 


ÉTUDES  GÉNÉIiALES 


ANATOMtE  PATHOLOGIQUE 

Contribution  anatomique  à  l’étude  de  l’atrophie  du  cortex  cérébral  (la  maladie 

de  Pick),  par  K.  Onari  et  H.  Spatz.  Zeüschrifl  fürdie  gcsamle  Neurologie  und  Psy- 
chiâlrie,  Bd.  101,  février  1926,  p.  470-511. 

La  maladie  do  Pick  est  plus  fréquente  qu’on  ne  le  pense  d’habitude.  L’atrophie  du 
cortex  frontal  ot  temporal  constitue  le  substratum  anatomique  de  cette  maladie. 


ANAL  Y SES 


499 


L’atrophie  du  cortex  fronto-tcmporal  touche  un  système  anatomique  précis  et  le 
processus  histopa  Lhologique  est  conçu  comme  une  atrophie  lentement  progressive  ;  Onari 
et  Spatz  rappellent  que  la  maladie  de  Pick  a  été  considérée  comme  une  affection  héré- 
do-dégénérative. 

Dans  l’atrophie  de  Pick,  on  constate  anatomiquement  : 

1“  Une  diminution  de  volume  du  cerveau,  notamment  du  lobe  frontal  et  temporal. 
Cette  atrophie  peut  être  symétrique  ou  asymétrique.  L’atrophie  touche  des  régions 
corticales  de  cytarchitectonie  spéciale.  Les  processus  lésionnels  intéressent  principale¬ 
ment  le  cortex  cérébral  et  secondairement  la  substance  blanche.  Les  contingents  myéli- 
hiques  qui  constituent  les  voies  temporo  et  fronto-pontincs  peuvent  être  aussi  atteints. 

2“  L’atrophie  est  l’expression  d’une  désintégration  en  surface  des  régions  corticales 
touchées.  Les  altérations  intéressent  d’une  manière  prépondérante  les  couches  super¬ 
ficielles  du  cortex  cérébral  (l-lll  a).  La  participation  du  tissu  conjonctivo-névrogliipie 
aux  processus  lésionnels  se  traduit  par  l’augmentation  des  éléments  libreux.  On  ren¬ 
contre  parfois  un  état  spongieux.  Les  neurones  qui  restent  sont  ratatinés  et  surchargés 
de  pigment.  Par  endroits,  on  rencontre  certains  types  lésionnels  connus  en  Allemagne 
sous  le  nom  de  <■  primâren  Reizung  ». 

3»  Les  altérations  des  vaisseaux  no  sont  pas  obligatoires.  Elles  manquent  ou  présen¬ 
tent  un  caractère  de  second  ordre.  En  tout  cas,  les  auteurs  ne  considèrent  pas  que  ces 
modifications  vasculaires  constituent  le  substratum  des  lésions  cérébrales  précitées. 

4“  Dans  l’atrophie  de  Pick, on  ne  rencontre  pas  des  foyers  inflammatoires  ;  les  pla¬ 
ques  séniles  et  les  altérations  neuroribrillaires  d’Alzheimer  manquent.  1.  Nicolescü. 

A  propos  des  données  histopathologiques  récentes  concernant  la  maladie  de 

Parkinson,  la  maladie  de  Thomsen,  les  myopathies  et  la  démence  précoce, 

par  1.  Nicolesco  et  M.  Nicolesco  (de  Bucarest).  Eevisla  Sllinlelor  medicale,  n”  5, 

mai  1926,  p.  353-3^. 

Une  vue  synthétisante  sur  l’histopathologie  du  système  nerveux  dans  la  maladie 
de  Parkinson,  dans  la  maladie  de  Thomsen,  dans  les  myopathies  et  la  démence  précoce, 
è  la  lumière  des  acquisitions  histologiques  des  derniers  temps  (Lewy,  Ramsay  Huht, 
Jelgersma,  G.  et  O.  Vogt,  Trétiakoff,  Lhermitte  et  Cornil,  Anglade,  Donnagio,  Foix  et 
Nicolesco,  Mott,  Buscaino,  Nagasaka),  permet  les  considérations  suivantes  ; 

1“  Dans  cos  quatre  groupes  anatomo-cliniques,  on  trouve  des  altérations  qui  intéres¬ 
sent  constamment  le  .système  nerveux  extrapyramidal  et  végétatif  central  ; 

2»  Les  altérations  principales  intéressent  la  cellule  nerveuse  par  un  processus  dégé¬ 
nératif,  atrophiant,  lentement  et  fatalement  progressif  ; 

3»  Les  lésions  dos  neurones  appartiennent  aux  types  abiotrophiques  ; 

4»  Les  modifications  des  fibres  nerveuses  et  de  la  névroglie  sont  plus  discrètes  ; 

5®  L’appareil  vasculo-mésadcrmique  est  altéré  par  des  processus  d’ordre  sénile  dans 
la  maladie  de  Parkinson  et  dans  certains  cas  de  démence  précoce.  Les  altérations  dos 
vaisseaux  conditionnent  dans  cos  cas  les  modifications  des  fibres  nerveuses  voisines  ; 

6“  Les  produits  do  désintégration  (décelables  par  les  méthodes  histochimiques)  appa¬ 
raissent  au  cours  de  l’évolution  des  lésions  neuronales  des  formations  touchées. 

En  somme,  la  maladie  do  Parkinson,  la  maladie  de  Thomsen,  les  myopathies  et  la 
démence  précoce  constituent  des  comploxus  anatomo-cliniques  qui  sont  en  rapport 
avec  des  altérations  neuronales  analogues  aux  modifications  de  la  sénilité  cérébrale. 

Ces  processus  lésionnels  expriment  une  sénescence  névraxiale  atypique,  plus  ou 
moins  précoce  ;  ils  conditionnent  des  phénomènes  dégénératifs,  qui  intéressent  le 
système  extrapyramidal  et  végétatif  central.  Il  est  frappant  qu’un  certain  nombre  des 
formations  atteintes  sont  phylogénétiquement  plus  ancestrales.  1.  Nicolesco. 


500 


ANAL  Y  SES 


PHYSIOLOGIE 

Propositions  fondamentales  sur  l'activité  du  cortex  cérébral,  parW.  BËciiTEnEW. 
Pflüger's  Archiv  für  die  gesamie  Physiologie  des  Menschen  und  der  Tiere,  vol.  212, 
fasc.  5-0,  14  juin  192G,  p.  676-089. 

M.  Bcchlorew  apporte  dans  ce  travail  une  étude  d’une  haute  portée  analomo  et 
neuro-physiologique.  On  y  trouve  des  vues  synthétisantes  qui  réfléchissent  les  conclu¬ 
sions  de  ses  importantes  et  laborieuses  recherches.  Il  est  impossible  d’analyser  rapide¬ 
ment  les  riches  données  qu’il  apporte,  donc  il  est  indispensable  de  consulter  son  travail. 

Phylogénétiquement,  le  développement  du  système  nerveux  passe  par  trois  étapes  ; 
1“  l’étape  végétative  ;  2»  l’étape  du  développement  de  l’axe  médullo-bulbo-ponto- 
mésencéphalo-diencéphaliquo  et  du  système  parasympathique  ;  enfin,  3“  l’étape  do 
l’organisation  du  cortex  cérébral  et  du  système  néostrié. 

L’activité  du  cortex  cérébral  est  conçue  à  la  lumière  dos  recherches  personnelles  et 
classiques  comme  une  activité  réflexe  supériorisée. 

Le  cortex  cérébral  est  une  surface  réceptrice  organisée  à  la  suite  des  excitations 
ordonnées  dans  le  temps  et  dans  l’espace.  Au  fur  et  à  mesure  de  l’organisation  des  sys¬ 
tèmes  récepteurs  se  développent  les  appareils  d’association  et  les  systèmes  efférents 
pour  la  musculature  striée,  lisse  et  pour  les  glandes. 

Une  dos  principales  fonctions  réflexes  corticales  est  la  réfleclivilé  d’orienlalion  et  on 
sait  la  part  importante  du  cortex  prétrontal  et  pariétal  dans  la  réalisation  de  cette  acti¬ 
vité  d’orientation. 

Les  réflexes  associatifs  représentent  une  complication  des  réactions  corticales. 

Dans  leurs  manifestations  des  réflo-xes  associatifs,  les  processus  inhibiteurs  et  exci- 
to-moteurs  occupent  une  place  importante. 

L’auteur  étudie  les  proce-ssiis  de  concentration,  d’excitation,  les  principes  de  relali- 
vité  et  de  différenciation  de  l’activité  cérébrale. 

Les  principes  de  la  généralisation  élective,  de  la  corrélation,  de  l’inertie  et  de  substi¬ 
tution  sont  l’objet  de  vues  profondes. 

Les  différentes  régions  corticales  se  comportent  au  point  do  vue  physiologique  non 
seulement  comme  des  analysateurs,  mais  aussi  comme  des  combinateurs  et  dans  ces 
processus,  les  régions  associatives  jouent  un  rôle  important.  I.  Nicolesco. 

Etudes  expérimentales  sur  le  système  nerveux.  A  propos  de  la  physiologie 
des  lobes  frontal  et  temporal,  par  Spiegel  et  Kyazd  Hotta.  P/Wger'sArchiu  für 
die  gesamie  Physiologie  des  Menschen  und  der  Tiere,  vol.  212,  fasc.  5-6,  14  juin  1920 
p.  759-768. 

Le  cortex  frontal  et  temporal  exerce  par  l’intermédiaire  dos  contingents  cortico- 
pontins  une  influence  sur  l’activité  tonigène  sous-corticale  et  notamment  mésencé- 
phalo-cérébelleuse. 

Chez  les  carnivores,  la  destruction  du  pôle  frontal  du  cerveau,  des  régions  de  la  3®, 
de  la  4»  circonvolution  arquée  ou  l’interception  des  voies  temporo-pontines  entraîne 
des  troubles  de  l’innervation  statique.  Cette  influence  sur  l’activité  tonigène  concerne 
notamment  le  tonus  des  extenseurs. 

Les  différences  toniques  produites  par  l’expérimentation  peuvent  durer  quelque 
temps  après  le  traumatisme. 

En  général,  le  tonus  dos  extenseurs  du  côté  opposé  à  l’hémisphère  lésé  est  plus  aug¬ 
menté  que  du  côté  homolatéral.  I.  Nicolesco. 


Wli,  YSES 


501 


Etudes  expérimentales  sur  le  système  nerveux.  Sur  la  localisation  centrale  des 
réflexes  cochléaires,  par  Spiegel  et  Tamao  Kakeshita.  Plâger's  Archiv  für  die 
gesamle  Physiologie  des  Menschen  une  derTiere,  vol.  212,  fasc.  5-0,  14  juin  1920, 
p.  769-780. 


Les  auteurs  ont  expérimenté  sur  les  cobayes  et  les  chats  dans  le  but  d’établir  quelles 
sont  les  régions  du  névraxe  auxquelles  sont  rattachables  les  réflexes  cochléaires. 

Ils  ont  pu  démontrer  chez  ces  animaux  que  ces  réflexes  se  produisent  non  seulement 
après  l’isolement  du  télencéphale  et  du  diencéphale,  mais  qu’ils  persistent  même  après 
la  suppression  du  mésencéphale. 

La  mydriase  produite  par  l’excitation  acoustique  est  réalisable  après  la  destruction 
la  région  corticale  dont  l'excitation  électrique  produit  la  dilatation  pupillaire,  mais 
elle  ne  s’observe  plus  chez  les  animaux  dont  le  thalamus  est  lésé. 

Les  réflexes  auditifs  cochléaires  sont  conservés  après  la  section  bilatérale  des  stries 
acoustiques;  de  même,  la  lésion  dos  deux  corps  trapézoïde.s  ne  les  abolit  pas,  de  sorte 
qu’il  est  logique  de  supposer  que  les  voies  nécessaires  à  la  production  de  ces  réflexes 
doivent  passer  par  la  voie  auditive  réflexe  dorsale  et  ventrale. 

Le  rhombencéphale  est  nécessaire  è  ^organisation  de  la  réflectivité  cochléaire,  mais 
les  centres  nerveux  sus-rhombcncéphaliques  doivent  aussi  jouer  un  rôle  important. 

Quoique  les  centres  et  les  voies  auditives  réflexes  appartiennent  au  rhombencéphale, 
ja  narcose  même  superficielle  peut  diminuer  et  abolir  cette  activité  cochléaire  réflexe  ; 
on  présume  donc  que  la  narcose  superficielle  touche  la  partie  caudale  de  l’axe  bulbo- 
ponto-pédonculaire.  I.  Nicolesco. 

Etude  sur  l’anatomie  et  la  physiologie  du  labyrinthe  de  l’oreille  et  du  huitième 
nerf.  Première  partie.  Les  réflexes  toniques  de  l’œil  :  Quelques  données  sur 
le  mécanisme  des  mouvements  oculaires  (avec  57  figures),  par  R.  Lorente 
de  No  (de  l’Institut  Cajal  de  Madrid).  Travaux  du  Laboraioire  de  recherches  biolo¬ 
giques  de  l'üniyersiU  de  Madrid,  t.  XXIII,  fascicule  4,  mai  1920,  p.  255-292. 

L’auteur  aborde  ce  difficile  problème  dans  un  premier  mémoire,  dont  il  annonce  la 
^uite.  Le  travail  est  fait  dans  le  laboratoire  de  Cajal  et  dans  celui  de  Barany.  Le  pre¬ 
mier  mémoire  est  très  développé,  riche  en  faits  et  laborieux  à  lire,  quoique  l’auteur  ait 
fait  le  très  méritoire  effort  d’envisager  ces  questions  d’une  manière  claire. 

Nous  allons  présenter  quelques-unes  des  idées  essentielles  de  ce  travail  : 

Les  excitations  des  conduits  semi-circulaires  et  des  macules  des  deux  labyrinthes 
féunies  dans  les  centres  bulbaires  conditionnent  des  réflexes  toniques  des  muscics 
oculaires. 

Ces  excitations  toniques  d’origine  labyrinthique  sont  modifiées  dans  les  centre.?  ner¬ 
veux. 

Les  réflexes  toniques  ne  sont  normaux  que  lorsque  l’image  visuelle  reste  immobile 
sur  la  rétine  pendant  les  mouvements  de  la  tête. 

A  l’époque  de  la  naissance,  les  connexions  ne  sont  pas  encore  établies  dans  les  centres 
nerveu^f  entre  le  labyrinthe  et  les  muscles  oculaires  ;  l’adaptation  fonctionnelle  entre 
le  labyrinthe  et  l’appareil  moteur  de  l’œil  s’effectue  ultérieurement. 

L’auteur,  qui  a  expérimenté  surtout  sur  le  lapin,  pense  queles  éléments  qui  doivent 
htervenir  dans  les  modifications  et  les  perfectionnements  des  réflexes  toniques  sont 
les  réflexes  proprioceptifs  des  muscics  oculaires  ;  il  y  a  )une  adaptation  de  l’influence 
tonique  labyrinthique  sur  un  muscle  déterminé  à  l’état  tonique  des  restants. 

Chez  l’animal  adulte,  les  réflexes  proprioceptifs  règlent  les  excitations  labyrinthiques 
de  telle  sorte  que,  dans  les  limites  des  conditions  physiologiques,  les  diverses  positions 


50-2 


ANALYSES 


de  l’ii'il  qui  correspondent  à  une  meme  position  de  la  tête  puissent  dépendre  le  moins 
possible  du  chemin  parcouru  par  celle-ci.  Grâce  à  ces  réflexes,  la  résultante  du  système 
des  forces  développées  par  l’ensemble  des  six  muscles  oculaires  est  à  peu  près  la  même. 

M.  Lorente  de  No,  dans  sa  brillante  étude,  en  utilisant  les  données  acquisesde  ses 
expériences  sur  les  lois  fondamentales  de  la  mécanique  oculaire,  pense  que  les  théories 
actuelles  ne  coïncident  pas  avec  la  réalité.  Il  soutient  que  les  six  muscles  oculaires  n’o¬ 
béissent  pas  à  la  loi  de  l’innervation  réciproque  et  que  par  conséquent  la  division  de 
l’appareil  moteur  de  l’ioil  en  trois  paires  d’antagonistes  est  injustifiée. 

L’œil  possède  un  centre  de  position  fixe  dans  l’orbite  grâce  aux  muscles  eux-mêmes  ; 
les  tissus  qui  entourent  le  globe  et  les  muscles  no  jouent  qu’un  rôle  peu  important  dans 
ce  mécanisme. 

D’ajjrès  l’auteur,  la  musculature  oculaire  présente  une  double  fonction,  car  elle  fi.xe 
le  centre  de  l’ieil  et  le  meut  ;  les  combinaisons  des  muscles  oculaires  qui  travaillent  tou¬ 
jours  â  la  fois  ne  s’assujettissent  point  à  la  loi  do  l’innervation  réciproque  d’agonistes 
et  d’antagonistes. 

I.  Nicolesco. 


Etudes  expérimentales  sur  le  système  nerveux.  La  généralisation  de  l’excita¬ 
tion  dans  l’accès  d’épilepsie,  par  Spiegel  et  Falkiewicz.  Arheiien  aus  dem  neti- 

ruloijischen  Inslilulc  an  der  Wiener  Universitüt,  vol.  XXVIII,  mai  1920. 

Le  problème  de  la  généralisation  d’un  accès  d’épilepsie  est  des  plus  importants  et 
les  auteurs  se  proposent  d’étudier  par  voies  expérimentales  les  systèmes  qui  constituent 
le  substratum  anatomique  de  cotte  généralisation.  IJans  ce  but,  ils  ont  expérimenté 
sur  les  chiens. 

La  pléthysmographio  d’un  hémisphère  cérébral  pendant  l’e.xcitation  électrique  do 
la  région  motrice  de  l’autre  hémisphère  a  démontré  qu’on  peut  obtenir  une  générali¬ 
sation  do  l’accès  sans  modification  importante  du  volume  cérébral. 

Los  auteurs  ont  pensé  que  le  corps  calleux,  les  commissures  inlerhémisphenques  de 
la  base  du  cerveau  et  certaines  fibres  commissurales  du  mésencéphale  pourraient  jouer 
un  certain  rôle  dans  la  généralisation  d’un  accès  d’épilepsie.  Mais  les  recherches  de 
Unverricht  et  de  Karplus  ont  montré  que  la  section  du  corps  calleux  n’empêche  pas 
celte  généralisation. 

Spiegel  et  Falkiewicz,  en  faisant  des  sections  de  manière  à  léser  profondément  les 
divers  systèmes  cornmissuraux  précités  jusqu’au  niveau  du  pèle  frontal  du  rhomben- 
céphale,  ont  pu  se  convaincre  que  ces  lésions  n’ont  pas  empêché  la  généralisation  de 
l’accès. 

L’excitation  du  cortex  moteur  entraînait  des  clonismes  seulement  du  côté  opposé, 
après  les  sections  médianes  et  paramédiancs  de  la  protubérance. 

Los  auteurs  pensent  que  les  connexions  des  deux  moitiés  du  névraxe  situées  avant 
le  rhornbencéphalc  ne  sont  pas  nécessaires  pour  la  généralisation  d’un  accès  d’épilepsie. 
Au  contraire,  le  rhornbcncéphale  semble  être  la  région  par  où  l’excitation  envahit  l’au¬ 
tre  moitié  névraxialc.  Les  auteurs  croient  que  l’excitation  dépasse  la  ligne  médiane  sur¬ 
tout  au  niveau  du  rhornbcncéphale,  sans  qu’ils  considèrent  définitive  cette  solution. 
L’excitation  se  propage  primitivement  du  cortex  cérébral  vers  les  formations  sous-corti¬ 
cales  ;  si  la  diffusion  do  l’excitation  se  fait  avant  tout  au  niveau  du  rhombencéphale, 
il  est  vraisi^mblablc  de  supposer  que  l’excitation  envahit  les  formations  sous-corticales 
étagées  successivement  jusqu’au  niveau  du  cortex  cérébral  de  l’autre  hémisphère. 


I.  Nicolesco. 


ANAL  Y SES 


503 


Recherches  expérimentales  sur  les  fonctions  organo-végétatives  du  cervelet, 
par  Victor  Papilian  et  Haralambc  Gruceanu.  J.  de  Physiologie  el  de  Palhol.  gén., 
t.  24,  n»  I,  p.  47,  avril  1920. 

Expériences  sur  des  chiens.  Les  lésions  du  cervelet,  et  surtout  les  lésions  profondes 
qui  détruisent  les  noyaux  centraux  donnent,  en  dehors  des  troubles  connus  de  la  vie  de 
relation,  des  troubles  de  la  vie  organo-végétative  qui  peuvent  être  ainsi  systématisés  : 
1°  Une  modification  du  rythme  cardiaque  ;  non  seulement  le  nombre  des  battements 
cardiaques  est  accru,  mais  leur  accélération,  en  rapport  avec  les  mouvements  respira¬ 
toires,  atteint  une  intensité  très  augmentée.  2»  Une  modification  dans  le  nombre  et  la 
forme  do  la  respiration  ;  le  nombre  des  mouvements  respiratoires  est  accru,  et  les  mou¬ 
vements  inspiratoires  sont  saccadés,  comme  décomposés  ;  l’inscription  graphique  do 
l'inspiration  est  une  ligne  brisée.  3“  Une  modification  du  réflexe  oculo-cardiaquc  et  du 
réflexe  oculo-respiratoirc  ;  la  compression  des  yeux  amène  une  diminution  dos  batte- 
aients  cardiaques  et  des  mouvements  respiratoires,  beaucoup  plus  marquée  que  chez 
les  animaux  sains.  4"  Une  modification  des  rythmes  cardiaques  et  respiratoire  en  raji- 
Port  avec  la  position  de  l’animal.  5»  Une  glycémie  marquée  qui  persiste  15  ou  18  jours 
après  l’opération.  6»  Une  azotémie  qui  persiste  15  à  18  jours  et  diminue  parallèlement 
au  sucre.  7“  Des  troubles  trophiques  escarrotiques  et  musculaires.  8“  Une  amaigrisse¬ 
ment  de  l’animal,  avec  diarrhée,  inappétence,  cachexie  et  mort.  E.  F. 

Pour  une  meilleure  connaisseince  de  la  terminaison  nerveuse  des  muscles  soma- 
•  tiques  des  crustacés  décapodes,  par  Umberto  d’ÂNCONA  (de  Rome).  Travaux  du 
Laboratoire  de  recherches  biologiques  de  l'Universilé  de  Madrid,  t.  XXIII,  fasc.  4,  mai 
1920,  p.  39.3-423. 

Très  remarquable  étude  histologique  dont  nous  retenons  pour  le  neurologiste  le  tait 
que  ces  crustacés  présentent  des  terminaisons  nerveuses  musculaires  formées  par  deux 
fibres  nerveuses  d’origino  différente.  I.  Nicolesco. 


SÉMIOLOGIE 


Le  dynamisme  électromagnétique  des  actions  nerveuses,  par  R.  Biiügia.  Ltivisla 
di  Psichologia,  an  21,  n»  3,  avril-septembre  1925. 

L’auteur  s’attaque,  dans  cet  intéressant  travail,  de  la  transformation,  par  les  élé¬ 
ments  nerveux,  de  l’énergie  reçue  en  énergie  d'autre  forme,  et  de  l’émission  d’énergies 
emmagasinées  ou  construites  dans  la  profondeur  du  moi.  Sa  théorie  du  dynamisme 
électro-magnétique  des  actions-  nerveuses  satisfait  l’esprit.  Ce  dynamisme  est  uni¬ 
voque.  La  pensée  et  la  volonté  ont  un  dynamisme  électromagnétique. 

F.  Deleni. 

Le  réflexe  oculo-cardiaque,  par  Fr.  Van  Dooren  (de  Gruxelles).  Bruxelles  médical, 
t.  ü,  n»  46,  p.  1366,  12  septembre  1926. 

La  recherche  du  réflexe  oculo-cardiaque  fournit  des  données  de  la  plus  haute  valeur 
diagnostique  et  thérapeutique  ;  cette  recherche  doit  être  effectuée  selon  une  technique 
rigoureuse;  les  résultats  obtenus,  d’ordre  pratique,  sont  complètement  indépendants 
de  l’exactitude  des  interprétations  physiologiques  concernant  le  réflexe  et  les  fonctions 
du  système  nerveux  végétatif.  E.  F. 


ANAL  Y  SES 


noi 

Réflexe  orbito-cardiaque  et  réflexe  oculo-cardiaque.  Recherches  comparatives 
dans  les  maladies  nerveuses  et  mentales,  par  Salvatorc  de  Léo.  Ncuroloijica, 
(.  3,  no  2,  p.  112-127,  mars-avril  1926. 

lleL-liorches  comparées  sur  les  effets  de  la  compression  des  branches  terminales  du 
Irijiiineau  sensitif  en  leurs  points  d’émergence  et  sur  les  effets  de  la  compression  ocu¬ 
laire. 

Le  réflexe  orbito-cardiaque  (Petzetaki.s)  est  le  plus  aisément  obtenu  ;  il  se  manifeste 
par  les  mêmes  réactions  que  le  réflexe  oculo-cardiaque  et  iieut,  dans  l’cxamcn  clinique, 
remijlacor  celui-ci. 

K.  Deleni. 


Le  signe  d’Argyll-Robertson,  pathogénie  et  séméiologie,  par  P.  NAVRAcet  A.  Bre- 
Tü.x  (de  Lilb').  Caze.lte.  des  llôpitaiir,  an  99,  n»  59,  p.  919,  24  juillet  1926. 

Revue  générale.  L’étude  du  réflexe  lumineu.x  conduit  les  auteurs  à  la  discussion  des 
Uiéories  du  signe  d’Argyll. 

Kn  ce  (pii  concerne  sa  séméiologie  le  signe  d’Argyll-Robertson  est,  dans  la  très  grande 
majorité  des  cas,  symptomatique  de  syphilis  ;  il  l’est  quelquefois  <l’encéphalitc  léthar¬ 
gique,  jamais  d’autre  chose.  11  est  peu  de  signes  pathognomoniques  dont  la  valeur  dia- 
giiosticpie  soit  aussi  capitale  que  colle  de  r.\rgyll-Robortson. 

E.  F. 

Signe  d’Argyll-Robertson  et  névraxite  épidémique  chronique,  par  Paul  Mériel 
(de  Toulouse).  Gazelle  des  Ilôpilaux,  an  99,  n“  54,  p.  870,  7  juillet  1926. 

La  constatation  <lc  l’Argyll-Robertson  dans  l’encéphalite  épidémique  est  rare  ;  Tau- 
leur  en  donne  un  exemple nouveau  ;  de  tels  cas  offrent  Tinlérôt  d’appeler  la  discussion 
sur  la  pathogénie  du  signe. 

Pour  certains  auteurs,  comme  Déjerino,  Lévy  Valensi,  la  lésion  se  trouverait  au  ni- 
A  eau  du  pédoncule  cérébral  au  voisinage  des  noyaux  de  la  III»  paire.  Pour  Marina,  Du- 
piiy-Dutemus,  la  lésion  .serait  périphérique  et  siégerait  au  niveau  du  ganglion  ophtal¬ 
mique.  Certes,  l’existence  du  signe  d’Argyll  dans  l’encéphalite  serait  plutôt  en  faveur 
d’une  lésion  pédonculaire,  puisque  c’est  dans  cette  zone  que  les  lésions  ont  leur  lieu  d’é¬ 
lection.  Cependant  les  travaux  de  Bériel  ont  montré  que  le  virus  de  l’encéphalite  pou¬ 
vait  atteindre  les  nerfs  périphériques,  et  Guido  Sala  a  trouvé  des  lésions  du  ganglion 
ciliaire.  Mais  une  hypothèse  semble  concilier  tous  les  auteurs,  c’est  celle  do  Duverger  et 
Redslob.  D’après  ceux-ci  le  signe  d’Argyll  semble  n’ôl.re  qu’une  paralysie  incomplète 
de  Tiris  au  cours  de  laquelle  le  réflexe  photomoteur,  le  plus  fragile,  disparaît  le  premier, 
tandis  que  persiste  le  réflexe  d’accommodation.  Ce  n’est  que  pou  à  peu  que  ce  dernier 
disparaît.  Le  signe  d’Argyll  est  donc  le  premier  degré  de  paralysie  de  Tiris.  Cette 
théorie  permet  d’expliquer  la  constatation  de  ce  signe  dans  les  iritis,  les  glaucomes,  dans 
les  lésions  traumatiques  ayant  intéressé  le  ganglion  ophtalmique,  dans  les  lésions  de  ce 
ganglion  au  cours  do  la  syphilis,  dans  les  lésions  centrales  des  pédoncules  cérébraux, 
tubercules  quadrijumeaux,  tumeurs  cérébrales. 

En  résumé,  on  peut  dire  que  le  signe  d’Argyll-Robcrtson  conserve  toute  sa  valeur,  et 
sa  constatation  doit,  dans  la  majorité  des  cas,  faire  soupçonner  l’atteinte  Syphilitique 
du  névraxo.  Cependant,  en  présence  d’une  spécificité  qui  no  fait  pas  sa  preuve,  il  faut 
penser  qu’il  est  d’autres  affections,  traumatismes  ou  névraxite  épidémique,  qui 
peuvent  donner  un  signe  d’Argyll  qu’il  serait  erroné  de  considérer  comme  un  stigmate 
infaillible  de  neurosyphilis.  E.  F. 


ANALYSES 


TECHNIQUE 

Technique  povir  la  coloration  du  système  nerveux  quand  il  est  pourvu  de  ses 
étuis  osseux.  Quelques  formules  do  fixation  pour  la  méthode  à  l’argent  ré¬ 
duit  de  Cajal,  et  leurs  résultats  dans  les  centres  nerveux  et  les  terminaisons 
nerveuses  périphériques, par  Fernando  de  Castro  (de  l’InsLitul  Cajal  de  Madrid). 
Travaux  du  Laboratoire  de  Recherches  biologiques  de  l’Universiié  deMadrid,  t.  XXIII, 
fascicule  4,  mai  1926,  p.  427-440. 

L’auteur  a  employé  les  hypnotiques  (hydrate  de  chloral,  véronal,  lumiiial,  urétane 
éthylique,  .somnifène),  comme  fixateurs  et  accélérateurs  de  la  fixation  du  système  ner¬ 
veux. 

Il  paraît  que  l’action  fixatrice  et  mordante  d’un  hypnoUque  est  d’autant  plus 
Bfflcace  que  l’activité  neurotropc  est  plus  grande.  Les  substances  s’emploient  dis.soutes 
dans  l’alcool  dilué. 

Les  hypnotiques  les  plus  neurotropes  sont  les  plus  appropriés  pour  la  coloration  des 
terminaisons  autonomes. 

Pour  réaliser  dos  préparations  du  .système  nerveux  pourvu  de  ses  étuis  osseux,  il  faut 
avoir  du  matériel  qui  provient  de  petits  mammifères. 

La  technique  est  la  suivante  :  I.  Immersion  des  morceaux  (1-3  jours)  dans  un  des 
réactifs  suivants  :  1“  Hydrate  de  chloral  2-5  gr.,  eau  distillée  50  cc.,  alcool  pur  60  cc.' 
acide  azotique  3-4  cc.)  ;  2“  (Urétane  éthylique  1-2  gr.,  eau  distillée  40  cc.,  alcool  pur 
t>0  ce.,  acide  azotique  3-4  cc.  )  ;  3“  (Somnifène  2-4  cc.,  alcool  pur  60  cc.,  eau  distillée 
40  cc.,  acide  azotique  3-4  gr.). 

II.  Lavage  dans  l’eau  distillée,  24-36  heures. 

III.  Bain  de  24  heures  dans  le  mélange  suivant:  .410001  à  96“,  50  cc.  et  ammoniaque, 
IV-’VI  gouttes. 

IV.  Lavage  à  l’eau  jusqu’à  30  minutes. 

V.  Bain  de  nitrate  d’argent  2  %,  dans  l’étuve  à  37“,  5-7  jours. 

VI.  Lavage  rapide  dans  l’eau  et  immersion  dans  le  bain  réducteur  (acide  pyrogallique 
pur  1  gr.,  formol  10  cc.,  eau  distillée  90  cc.),  durée,  24  heures. 

Vit.  Lavage  à  l’eau  distillée  ;  inclusion  dans  la  celloïdino  ou  la  paraffine.  Début  des 
Coupes  et  montage.  On  peut  faire  aussi  un  virage  des  coupes  à  l’or  comme  dans  le  pro¬ 
cédé  do  Biclchowsky.  I.  Nicolesco. 


ÉTUDES  SPÉCIALES 


CERVEAU 

Etnpyéme,  Abcès  du  poumon  et  abcès  secondaires  du  cerveau,  par  MM,  Boinet, 
J.  PiEni  et  ISMENEiN.  Com.  méd.  des  Bouches-du-Rhône,  mars  1925. 

Les  auteurs  rapportent  l’histoire  d’un  syndrome  d’hypertension  intracrânienne  consé¬ 
cutif  à  une  pleurésie  purulente.  A  l’autopsie  :  deux  abcès  du  cerveau,  le  premier  au 
Voisinage  des  cornes  occipitale  et  sphéno'idale  du  ventricule  latéral,  le  deuxième  à  la 
partie  antérieure  de  la  circonvolution  du  corps  calleux  et  de  la  frontale  interne. 

Le  foie  est  parsemé  do  dégénérescence  graisseuse.  Au  poumon,  symphyse  pleuro-dia,- 
Phragmatique,  abcès  du  lobe  supérieur  du  poumon  droit.  II.  R. 

ai  VUE  NEUROLOGIQUE.  —  T.  Il,  N“  5,  NOVEMBRE  1926. 


33 


500 


A.XAIA'SES 


Gliome  pariéto-pontin  de  l’hémisphère  cérébral  droit,  par  F.Giannuli  (de  Rome). 

Polirliniw,  sczionc  nmlica,  an  33,  n»  G,  p.  281-297,  juin  1920. 

(las  intéressant  de  gliome  à  pariétal  droit  ayant  évolué  depuis  de  longues  années 
sans  donner  lieu  à  une  symptomatologie  caractéristique  ;  on  n’observa  d’abord  que  de 
l’épilepsie  soit  jacksonienno  soit  généralisée,  et  les  phénomènes  apoplectiques  des  der¬ 
niers  mois  n’éclairércnt  pas  te  diagnostic.  Le  syndrome  pariétal  résultant  de  l’augmen¬ 
tation  de  volume  de  la  tumeur  du  fait  des  hémorragies  enda-néoplasiquos  répétées  fut 
en  effet  dissimulé  par  un  syndrome  pontin  résultant  d’une  licmorragie  dans  un  foyer 
gliomateux  jus(iu’alors  silencieux.  Syndrome  pariétal  et  syndrome  pontin  se  trouvaient 
siqjerposés.  üu  premier  dépendait  une  monoparésie  brachiale  droite  sensitivo-motrice, 
du  second  un  syiulrornc  pseudo-bulbaire  atypique.  F,  Deleni. 

Métastases  cérébrales  et  cardiaq;ues  d’un  cancer  du  rein,  par  P,  llAnviER  et 
A.  IniMAiniî.  Bull,  cl  Mcrn.  de  la  Soc.  méd.  des  llôpilaux  de  Paris,  an  42,  n“24,  p.  1 169, 
2  juillet  1926. 

La  latence  du  erneor  du  rein,  la  fréquence  des  métastases  qui  constituent  parfois  les 
premières  manifestations  clinitpics  du  néoplasme  sont  des  faits  bien  connus.  Dans  le  cas 
actuel,  ipii  concerne  un  homme  do  70  ans,  cancer  du  rein  et  métastases  pulmonaires 
n’ont  été  reconnus  que  dans  le  dernier  mois  de  la  vie,  et  les  métastases  cérébrales  n’ont 
provoqué  une  hémiplégie  gauche  que  (luelques  jours  avant  la  mort.  E.  F. 

Des  modifications  dans  les  racines  de  la  moelle  épinière  au  cours  d’une  tumeur 
du  cerveau,  par  1.  TciiouriAEW.  .Journal  néuropalologhü  ij  psijchialrü  imeni  S.  S. 
]<oisaUova,  t.  XIX,  n->  I,  p.  17-.53.  1926. 

L’examen  histologique  de  la  moelle  dans  11  cas  de  tumeur  cérébrale  montra  la  pré¬ 
sence  des  lésions  radiculaires  très  nettes.  Les  modincations,  décelées  d’après  la  tech¬ 
nique  Mallory-Alzheimer  e,t  Biclschowsky-Nissl,  étaient  surtout  prononcées  entre  la 
zone  Ibullich-Obersleim  et  les  ganglions  intervertébraux.  Elles  consistaient  dans  une 
transformation  des  cylindres-axes,  qui  étaient  délacérés  ou  présentaient  une  masse 

‘Tumeur  cérébrale  à  la  localisation  gassérienne  traitée  avec  succès  pter  la 
radiothérapie  profonde,  pari).  Paui-ian  (de  Bucarest).  Bull.  elMém.dc  la  Soc.  méd. 
dcji  Hôpitaux  de  I-'aris,  an  42,  n°  28,  p.  1428,  30  juillet  1926. 

Cas  remarcpiable  par  l’amélioration  progressive  obtenue  après  six  séances  de  radio¬ 
thérapie  profonde.  E.  F. 

Balle  intracrânienne  méconnue.  Epilepsie  tardive,  par  L.  Badonneix  et  J.  Mon- 
NET,  Bull,  cl  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n»  26,  p.  1282,  16  juil¬ 
let  1926. 

Epilepsie  chez  un  blessé  de  guerre,  liée  très  vraisemblablement  à  la  présence  d’une 
balle  intracrânienne. 

L’existence  de  cette  balle  était  ignorée  du  malade  ;  elle  l’a  aussi  été  des  médecins 
qui  l'ont  traité,  car  il  n’en  est  (ait  mention  sur  aucun  des  bulletins  d’hôpital  dont  certains 
portent  «  [ilaie  en  séton  de  la  région  tomporo-iiariétalc  droite  ».  La  balle  a  été  révélée 
par  la  radiographie.  Fendant  dix  ans  elle  n'avait  donné  lieu  ù  aucun  phénomène  patho¬ 
logique,  sauf  quclcpies  céphalées  ;  cette  période  de  latence  est  à  noter,  car  il  est  cxccp- 


ANAL  YSES 


507 


tionnel  que  des  projectiles  intracrâniens  de  pareil  volume  ne  déterminent  aucun 
trouble.  En  dehors  de  crises  comitiales  espacées,  le  patient  ne  présente,  à  l’heure  ac¬ 
tuelle,  aucun  symptôme  d’ordre  neurologique  ou  psychiatrique.  La  radiologie  décèle 
l’existence,  au  voisinage  de  la  balle,  d’un  volumineux  hématome  calcifié,  dont  l’abla¬ 
tion  présenterait  sans  doute  de  grosses  difficultés  ;  l’intervention  chirurgicale  a  été 
déconseillée.  E.  F. 

Hématome  enkysté  de  la  convexité  du  cerveau  strictement  intradiural,  par 

P.  Harvier,  J.  Rache  et  J.  Blum.  Bull,  et  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de 

Paris,  an  42,  n»  24,  p.  1172,  2  juillet  1926. 

Présentation  d’une  pièce  anatomique  réalisant  une  variété  d’hémorragie  méningée 
tout  à  lait  exceptionnelle.  Cette  pièce  fut  une  découverte  d’autopsie  chez  un  homme  de 
70  ans,  mort  de  pneumonie  ;  le  malade  avait  des  crises  d’épilepsie  remontant  à  un 
violent  traumatisme  crânien  subi  vingt  ans  auparavant.  Aucun  signe  do  fracture  du 
crâne. 

L’hématome  était  enkysté  dans  l’épaisseur  de  la  dure-mère  ;  de  la  forme  et  des  dimen¬ 
sions  d’un  os  de  seiche  il  comprimait  la  région  Ironto-pariétale  de  l’hémisphère  gauche  ; 
âu-dessous,  le  volume  de  l’hémisphère  se  trouve  réduit  de  moitié. 

La  variété  d’hémorragie  méningée  qui  donna  naissance  à  cet  hématome  ne  rentre 
dans  aucune  des  formes  chirurgicales  classiques  ;  celles  qui  sont  dites  intradure-mé- 
riennes  sont  en  réalité  sous-durales.  E.  F. 

Epilepsie  traumatique,  par  G.  Vogt.  Gazelle  des  Hôpitaux,  an  99,  n"  43,  p.  G93, 
29  mai  1926. 

Excellente  revue.  L’auteur  examine  les  conditions  nouvelles  créées  dans  le  cerveau 
par  le  traumatisme,  les  formes  do  l’épilepsie  et  de  ses  équivalents,  l’anatomie  patho¬ 
logique  des  lésions  constituées,  expose  et  discute  les  traitements  chirurgicaux  et  médi¬ 
caux  opposables  à  l’épilepsie  traumatique.  E.  F. 

Traumatisme  fermé  du  crâne,  mort  11  jours  après,  par  M.  Bonnat,  Comité  méd. 
des  Bouches-du-Bhône,  20  mars  1925,  et  Marseille  médical,  p.  261-264. 

Observation  d’un  liomme  qui  tombe  dans  le  coma  11  jours  après  une  chute  sans  gra¬ 
vité.  La  ponction  lombaire  ramène  du  sang.  A  la  trépanation,  on  trouve  une  dure-mère, 
qui  bombe  sans  battement.  Hématome  et  substance  cérébrale  déchiquetée.  L’auteur 
insiste  sur  la  difficulté  que  présente  le  diagnostic  des  hémorragies  intracrâniennes.  Il 
rapproche  cette  observation  d’une  observation  de  Rouvillois  datant  de  1921.  Il  con¬ 
seille  la  ponction  lombaire  systématique  après  une  chute  de  quelque  hauteur. 

'  H.  R. 

Traitement  des  traumatismes  crâniens  fermés,  par  M.Y.  Bourde.  Comiié  méd, 

des  Bouches-du-Bhône,  30  octobre  1925,  in  Marseille  médical,  p.  1705-1725. 

Après  avoir  indiqué  les  dangers  dont  on  a  accusé  la  ponction  lombaire.  Bourde  est 
plutôt  partisan  de  la  trépanation  qui  peut  être  exploratrice,  évacuatrice  ou  décompres¬ 
sive  et  qui  n’aggrave  en  rien  le  pronostic.  L’opération  est  particulièrement  recomman¬ 
dée  en  cas  de  coma  progressif,  en  cas  de  coma  d’emblée  avec  signes  délocalisation  (para¬ 
lysie  centrale,  raideur  unilatérale,  épilepsie  jacksonienne,  dilatation  pupillaire  unila¬ 
térale),  en  présence  d’un  liquide  céphalo-rachidien  franchement  sanglant,  d’une  brady¬ 
cardie  progressive.  En  cas  de  discordance  entre  les  signes  de  contusion  locale  et  les 


508 


\.NAL  YSES 


signes  neurologiques  ù  (Jistance,  l’auteur  trépane  Uu  côté  contus.  La  ponction  lombaire 
reste  indiquée  dans  le  coma  sans  localisation  ou  avec  phénomènes  moteurs  clairsemés 
(du  moins  comme  thérapeutique  d’attente),  en  cas  de  liquide  céphalo-rachidien  sim¬ 
plement  teinté  de  sang.  Ij.  Rogeh. 

Deux  cas  do  contusion  cérébrale,  par  .\IM.  BounnEetToiNON.  Soc.  de  dur.  de  Mar¬ 
seille,  15  mai  1924. 

Cas  démontrant  la  fréquence  des  lésions  par  contre-coup  (contusion  des  circonvolu¬ 
tions  frontales  dans  un  cas,  hématome  sous-dural  dans  l’autre),  la  valeur  localisatricc 
pupillaire  du  coté  comprimé  et  la  nécessité  de  l’acte  opératoire  dans  les  traumatismes 
crâniens  fermés. 

11.  IL 


MOELLE 

Sur  la  nécrose  spinale  aiguë  au  cours  des  tumeurs  malignes,  avec  une  contri¬ 
bution  à  la  connaissance  des  «hernies  spinales  malaciquess  par  S.  D’Antojja. 

Neiirologica,  an  3,  fasc.  2,  p.  05-90,  mars-avril  1920  (3  (ilanchcs). 

On  sait  que  dans  des  cas  de  tumeurs  malignes  n’ayant  aucun  rapport  direct  ni  indi¬ 
rect  avec  la  moelle  peuvent  se  produire  des  altérations  médullaires  ;  ce  sont  des  lésions 
dégénératives  dont  le  degré  d’intensité  est  extrêmement  variable  ;  il  en  est  de  presque 
inappréciables,  il  en  est  de  discrètes  et  disséminées,  il  en  est  de  graves  et  massives  com¬ 
parables  à  celles  des  processus  traumatiques  ou  ischémiques  les  plus  destructifs. 
C’est  d’un  cas  de  cette  dernière  sorte  qu’il  va  être  question. 

Il  concerne  un  homme  do  41  ans,  frappé  de  paraplégie  subite,  et  chez  qui  le  diagnos¬ 
tic  de  méningo-myélite  dorso-lombaire,  compliquée  de  ramollissements,  d’origine  syphi¬ 
litique,  avait  été  porté. 

L’autopsie  parut  confirmer  la  méningo-myélite  avec  ramollissements,  mais  les  vis¬ 
cères  ni  les  vaisseaux  ne  présentaient  rien  qui  rappelât  la  syphilis.  D’autre  part,  on 
voyait  à  la  surface  de  la  moelle  de  petits  nodules  jaunes  épars  qu’on  ne  put  rapporter 
à  une  affection  définie  ;  ils  avaient  une  apparence  d’abcès  miliaires. 

Cependant  les  coupes  des  côtes,  des  poumons,  du  foie,  montraient  quantité  de  nodules 
cancéreux  ;  c’étaient  des  métastases,  mais  il  ne  fut  pas  possible  de  découvrir  la  tumeur 
primilive,  ce  qui  est  d’ailleurs  ici  d'intérêt  secondaire. 

L’examen  histologique  de  la  méningé  spinale  donna  des  résultats  assez  inattendus. 
Les  nodules  observés  sur  la  face  interne  de  l’arachnoïde,  les  bourgeons  et  les  plaques 
disséminés  sur  la  surface  |)iale  de  la  moelle  et  qui  avaient  semblé  à  l’uul  nu  de  petits 
abcès  n’étaient  constitués  que  de  substance  nerveuse  altérée  de  la  même  façon  que  la 
moelle  elle-même.  Il  s’agissait  d’un  détritus  nécrotique,  tantôt  rassemblé  dans  des  po¬ 
ches  de  pie-mère  extrafléchie,  tantôt  faisant  issue  à  travers  les  mailles  dissociées  de  la 
membrane  méningée  modifiée  dans  sa  structure.  En  somme,  particules  de  substance 
spinale  ramollie  saillies  hors  do  la  moelle.  L’état  pathologique  des  méninges  a  joué  ce 
principal  rôle  dans  la  formation  do  ces  hernies.  Ceci  est  prouvé,  en  dehors  de  l’iiislo- 
logie  de  la  pie-mère,  par  l’examen  qui  fut  fait  du  liquide  céphalo-rachidien  à  la  lin  de  la 
vio  du  malade  (xanthochromie,  hyperalbuminose  élevée,  pléiocytose  polymorphique 
avec  sang  abondant,  cellule.s  granuleuses  avec  lipoïdes  biréfringents). 

Les  altérations  de  la  méninge  (cellules  granuleuses,  faits  réactionnels  assez  discrets 
sous  la  forme  de  prolifération  des  éléments  fixes  et  de  nodules  lymphocytoïdes),  prédo¬ 
minant  aux  niveaux'  des  plus  fortes  altérations  médullaires,  doivent  être  consi¬ 
dérées  comme  secondaires  à  celles-ci. 


ANALYSES 


509 


Quant  au  processus  spinal,  il  s’agit  d’une  lésion  de  type  nécrotisant,  qui  frappe  d’une 
façon  diffuse  la  moelle,  depuis  les  premiers  segments  dorsaux  jusqu’à  la  partie  inférieure 
du  renflement  lombo-sacré.  C’est  une  nécrose  massive,  aboutissant  à  la  liquéfaction. 
Le  plus  souvent  les  tissus  nobles  sont  les  seuls  frappés,  névroglie  et  vaisseaux  réagissant. 
Aux  extrémités  supérieure  et  inférieure  de  la  lésion  médullaire  (4®  dorsale,  1™  sacrée), 
l’altération  est  moins  grave  ;  dans  de  pétits  foyers  disséminés,  on  voit  la  gaine  de  myé¬ 
line  se  dilater  et  disparaître  et  des  cylindraxes  gonflés. 

En  certains  points  le  processus  attaque  la  substance  grise,  notamment  celle  des  cor¬ 
nes  postérieures,  mais  il  n’y  a  pas  parallélisme  dans  l’intensité  de  l’altération  de  la  subs¬ 
tance  blanche. 

Dans  tout  ceci  il  n’y  a  rien  qui  rappelle  la  myélite  aiguë  et  l’on  ne  peut  qu’admettre 
l’action  destructive  exercée  sur  la  moelle  par  les  produits  cancéreux  qui  imprégnaient 
le  sujet.  L’auteur  pense  que  les  lésions  dégénératives  spinales  sont  d’ordre  toxique  ; 
l’intoxication  intéressa  précocement  l’appareil  vasculaire,  d’où  la  paraplégie  subite  ; 
ensuite  les  lésions  vasculaires,  bien  que  relativement  légères,  favorisèrent  singulière¬ 
ment  l’action  propre  exercée  par  les  toxines  cancéreuses  sur  la  substance  nerveuse 
médullaire.  -  F-  Deleni. 

L’emploi  du  lipiodol  pour  la  localisation  des  lésions  de  la  moelle.  II.  Les  effets 

locaux  et  systématiques  de  l’injection  du  lipiodol  dans  l’espace  sous-arach¬ 
noïdien,  par  Franklin  G.  Ebaugh  et  Hugo  Mella  (de  Denver,  Colorado).  Ameri¬ 
can  J.  oithemed.  Sc.,  t.  17-2,  n”  1,  p.  117-123,  juillet  1926. 

D’après  les  13  cas  étudiés  ici,  il  ne  paraît  pas  douteux  que  l’injection  de  lipiodol  déter¬ 
mine  une  méningite  aseptique  assez  sévère  ;  il  y  a  augmentation  du  nombre  des  cellules 
dans  le  liquide  céphalo-rachidien,  et  augmentation  des  protéines,  fréquemment  un  peu 
de  sang.  Ces  modifications  ont  été  étudiées  dans  le  travail  expérimental  de  Ayer.  Bien 
que  l’irritation  de  l’espace  sous-arachnoïdien  soit  évidente,  les  altérations  qui  en  résul¬ 
tent  sont  de  durée  transitoire  et  elles  ne  sauraient  contre-indiquer  l’emploi  du  lipiodol 
comme  aide  aux  examens  neurologiques. 

.Maclaire  a  rapporté  un  cas  opéré  dans  lequel  le  lipiodol  causa  une  irritation  extrême 
tendant  à  l’enkystement  de  l’espace  sous-arachnoïdien.  Dans  ce  cas  une  erreur  dans  le 
diagnostic  de  la  compression  spinale  avait  été  faite  en  raison  de  la  cyphose  de  la  4«  ver¬ 
tèbre  dorsale  et  de  la  fusion  des  5»  et  6®  vertèbres  dorsales  d’où  s’ensuivit  l’arrêt  du 
lipiodol. 

La  tendance  de  l’augmentation  des  protéines  à  se  poursuivre  jusqu’à  dix  jours 
demande  à  être  vérifiée.  Semblablement  une  étude  du  contenu  en  chlorure  du  liquide 
céphalo-rachidien  serait  profitable. 

Les  effets  systématiques  notés  dans  différents  cas  sont  également  transitoires,  et 
ils  n’apparaissent  pas  d’une  importance  telle  que  l’emploi  du  lipiodol  s’en  trouve  contre- 
'indiqué.  Jamais  des  phénonfènes  subjectifs  prolongés  ni  des  séquelles  permanentes 
n’ont  été  les  conséquences  de  l’épreuve.  Deux  cas  de  l’auteur  ont  prouvé  la  grande  va¬ 
leur  du  lipiodol  on  démontrant  l’existence  de  vieilles  lésions  médullaires,  à  l’existence 
desquelles  on  put  immédiatement  rapporter  d’obscures  constatations  neurologiques. 

Thoma. 

Tumeur  de  la  moelle,  par  Etienne  Sorhel.  Bu»,  el  Mém.  de  la  Soc.nal.de  Chirurgie, 
t.  52,  n»  25,  p.  850,  7  juillet  1926. 

Présentation  d’une  tumeur  paramédullaire  qui  siégeait  entre  la  dure-mère  et  la 
moelle,  paraissant  s’être  développée  aux  dépens  de  l’arachnoïde  ou  de  la  pie-mère. 


510 


ANALYSES . 


Elle  comprimait  fortement  la  face  antérieure  de  la  moelle  et  avait  déterminé  une  para¬ 
plégie  complète  chez  une  fille  de  15  ans  arrivée  avec  un  diagnostic  de  mal  de  Pott. 
L’ancienneté  de  la  paraplégie  (1  an)rcnd  le  pronostic  peu  favorable.  E.  F. 

Anévrisme  syphilitique  de  l’aorte  à  double  poche,  l’une  antérieure,  l’autre  pos¬ 
térieure.  Usure  vertébrale  et  compression  médullaire.  Peiraplégie  totale 
brusque  et  paralysie  faciale  à  la  suite  d’une  injection  do  0,15  de  novarséno- 
benzol,  par  IIudelo,  Caillau  et  Kaplan.  Bull,  el  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Ilôpi- 
laux  de  Paris,  an  42,  n»  2G,  p.  1285,  10  juillet  1920. 

Présentation  de  pièces  se  rapportant  à  un  homme  de  59  ans  entré  dans  le  service 
pour  de  la  difficulté  de  la  marche  datant  de  trois  semaines  et  ne  se  plaignant  d’aucun 
autre  symptôme. 

L’observation  présente  plusieurs  points  intéressants:!»  La  longue  tolérance  de  la 
tumeur  anévrisniale,  qui  pendant  près  de  vingt  ans  n’a  pour  ainsi  dire  pas  produit  de 
trouble  fonctionnel  et  a  pu  évoluer  sans  se  rompre,  ce  qu’explique  l’organisation 
des  caillots  ;  2»  les  phénomènes  récents  d’irritation  méningo-médullairc  pour  lesquels 
le  malade  était  entré  à  l’hôpital  taisaient  davantage  pensera  une  myélite  syphilitique 
qu’à  une  compression  médullaire  par  une  poche  anévrismale  postérieure  ayant  usé 
et  troué  le  rachis  ;  3»  les  phénomènes  brusques  qui  ont  succédé  à  l’injection  de  0,15  de 
novarsénobenzol  semblent  s’expliquer  par  la  réaction  d’Hcrxheimer  ;  du  côté  médul¬ 
laire  la  paraplégie  spasmodique  incomplète  s’est  transformée  en  paraplégie  totale 
complète  motrice  et  sensitive  ;  du  côté  cérébral  est  apparue  une  véritable  neuro-réci¬ 
dive  dans  la  sphère  du  noyau  facial  gaucho  et  probablement  du  moteur  oculaire  com¬ 
mun  du  môme  côté.  E.  F. 

INFECTIONS  ET  INTOXICATIONS 

Etiologie  de  l’encéphalite  postvaccinale,  par  l.nvADixt  et  Nicolau.  Snciélédn  Bio- 
loi/ic,  10  janvier  1920. 

Le  virus  vaccinal,  devenu  neuro-vaccin  par  culture  en  cerveau  de  lupin,  ne  confère 
l’encéphalite  que  s’il  est  directement  inoculé  dans  l’encéphale.  Comme  d’autre  part 
l’infection  vaccinale  favorise  la  localisation  névraxilique  du  virus  de  l’encéphalite,  ilya 
tout  lieu  d’admettre  que  les  encéphalites  |)Ost  vaccinales  observées  en  Hollande  n’étaient 
pas  de  nature  vaccinale.  Il  s’agissait  de  la  maladie  d’Economo  apparaissant  à  l’occasion 
de  la  vaccination  jennérienne  chez  de  jeunes  sujets  porteurs  de  germes  ou  atteints  d’une 
forme  latente  do  l’encé[)halitc  léthargique  épidémique.  E.  F. 

Sur  les  formes  actuelles  de  l’encéphalite  épidémique,  par  L.  Bériel  (de  Lyon). 
Bull,  cl  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Ilôpilaiixde  Paris,  an  42,  n»  9,  p.  305,  5  mars  1920. 

L’auteur  considère  trois  séries  de  faits  se  rattachant  à  l’encéphalite  épidémique,  à 
savoir  :  une  sorte  à  forme  de  polynévrite  très  fréquente  dans  le  Sud-Est,  des  para¬ 
lysies  flasques  frappant  le  tronc  et  la  racine  des  membres  qu’on  pourrait  prendre  pour 
des  myopathies,  des  cas  évoluant  d’abord  comme  des  polynévrites,  puis  à  la  suite  de 
plusieurs  rechutes  prenant  une  symptomatologie  médullaire. 

Vu  le  polymorphisme  du  l’encéphalite,  il  serait  peut-Otre  bon  d’en  classer  les  formes 
d’après  la  ]irédominanco  de  l’atteinte  :  formes  centrales,  rnésocéphaliquos  ou  bulbo- 
médullaires,  formes  méningées,  formes  périphériques  auxquelles  se  joindraient  les 
aspects  myopatliiques,  formes  commandant  des  scléroses  médullaires. 


ANALYSES 


Ces  groupements  ont  un  intérôt  pratique  au  point  de  vue  du  pronostic.  Les  formes 
polynévritiquo  et  myopathique  ont  do  règle  une  évolution  favorable,  même  si  le  ma» 
lade  a  été  frappé  sévèrement  dans  sa  capacité  motrice.  E.  F. 

Encéphalite  léthargique,  par  Gr.  Nubert.  Bull,  de  la  Soc.  roumaine  de.  Neurol. 

Psijchialr.,  P.'iijchol.  el  Endocrinologie,  n°2,  décembre  1924. 

Observation  clinique  d’un  cas  aigu  chez  une  femme  de  55  ans.  C’est  le  onzième  cas 
observé  dans  la  Clinique  thérapeutique  de  Jassy  entre  1920-1923.  L’auteur  donne  le 
lieu  d’origine  de  ces  11  cas.  C.-l.  PAnnoN. 

Sur  un  cas  d’encéphalite  épidémique  à  forme  akinétique,  par  Jean  Minet  et 
Tramblin.  itcunion  méd.-chir.  des  nûpilauxdeLille,22  février  1920. 

Il  s’agit  d’une  deuxième  atteinte,  doux  ans  après  une  encéphalite  aiguë  typique  ; 
Cette  encéphalite  akinétique  guérit  rapidement  à  la  suite  d’injections  intraveineuses 
d’urotropine.  E.  F. 

Manifestations  forcées  de  la  motilité  oculaire  survenant  par  accès  et  associées 
à  des  troubles  psychiques  deins  l’encéphalite  épidémique  chronique,  par  Aldo 
’Bv.moi.Kïii.  Bivisla  sperimenlaledi  Frenialria,  t.  49,  u“  2-3,  p.  333-370,  décembre 
1925. 

On  peut  observer,  clnvz  les  oncéphalitiques  chroniques,  des  accès  do  déviation  conju¬ 
guée  des  yeux  et  de  la  tète  par  spasme  musculaire  (regard  forcé)  ;  la  déviation  peut  se 
produire  dans  des  directions  diverses,  de  côté,  en  haut,  en  bas  ;  la  déviation  en  haut, 
avec  hyperextension  do  la  tète,  est  le  type  le  plus  caractéristique  de  ces  accès.  11  faut 
rapprocher  des  déviations  des  yeux  la  fixation  du  regard  en  avant  par  contraction 
spasmodique  simultanée  de  toute  la  musculature  extrinsèque  de  l’œil.  Le  lieu  d’ori¬ 
gine  des  crises  oculogyros  est  probablement  le,  mésencéphale  :  par  propagation  du  sti¬ 
mulus  aux  centres  voisins  divers  mouvements  spasmodiques  s’ajoutent  et  se  com¬ 
binent  à  ceux  des  yeux,  mais  aucune  vérification  n’en  a  jusqu’ici  donné  la  preuve 
anatomique.  La  cause  des  crises  oculogyros  peut  être  la  fatigue,  l’émotion,  le  pas¬ 
sage  du  sommeil  à  l’éveil  ;  le  plus  souvent  elle  échappe.  La  scopolamine  exerce  sur 
les  crises  son  action  bienfaisante;  elle  les  raccourcit  et  les  espace.  Quelquefois  aux  crises 
oculogycs  s’associent  des  idées  fixes,  incoercibles,  la  dé|)ression  de  l’Iiumeur  et  un 
état  d’angoisse  pouvant  provoquer  des  tentatives  de  suicide.  La  palilalic  peut  aussi 
se  constater  au  cours  du  syndrome  oculogyre.  11  est  justifie  de  penser  que  l’apparition 
simultanée  do  cos  divers  symptômes  est  conditionnée  par  des  lésions  organiques  et 
des  perturbations  fonctionnelles  en  différentes  régions  do  l’encéphale.  11  y  a  une  cor¬ 
rélation  évidente  entre  les  rfliénomènes  moteurs  spasmodiques  et  récidivants  et  les 
manifoslations  psychiques  forcées.  F-  LIeleni 

Mouvements  de  manège  dans  l’encéphalite  léthargique,  par  G.  ,J.  Parhon  et 
M.  Dévévici.  Bull,  de  la  Soc.  roumaine  de  Neurol.,  Psgchialr.,  Psychol.  el  Endocri¬ 
nologie,  II®  année,  n»  2,  août  1925. 

Observation  clinique  d’un  jeune  homme  présentant  le  syndrome  hypertonique  carac¬ 
téristique  ainsi  que  dos  mouvements  de  manège  très  prononcés  que  les  auteurs  mettent 
sur  le  compte  d’une  inégale  innervation  des  deux  moitiés  du  corps  sans  pouvoir  préciser 
davantage.  A. 


512 


yliVyl/.yS£S 


Sur  un  cas  de  grosse  ulcération  trophique  à  la  suite  de  l’encéphalite  léthargique, 

par  P.  Lammersmann.  Dermalologische  Zeitschrift ,  t.  47,  n»  1-2,  p.  58,  avril  1926. 

Grosse  ulcération  trophique  du  nez  chez  une  jeune  femme  à  la  suite  de  l’encéphalite 
létliargiquc  ;  l’aile  gauche  du  nez  et  les  parties  avoisinantes  sont  complètement  détruites. 

Thoma. 

Les  troubles  de  la  respiration  au  cours  de  l’encéphalite  épidémique  (en  russe), 
|iar  N.  A.  Popov  et  .M.  M.  Ammosov.  Journal  névropatologhii  g  psgchialri  imeni  S.  S. 
Korsa/coon,  t.  XVI II,  n». 3-7,  p.  13-10,  1925. 

P.  et.  A.  donnent  la  description  des  deux  cas  où  les  troubles  do  respiration  ont  été 
observés  au  cours  de  l’encéphalite  épidémique.  Chez  le  premier  malade,  les  phénomènes 
pathologiques  du  côté  de  l’appareil  respiratoire  précédèrent  les  troubles  moteurs.  Dans 
le  deuxième  cas,  les  signes  morbides  respiratoires  ont  fait  leur  apparition  lorsque  l’encé¬ 
phalite  épidémique  se  trouvait  déjà  à  l’état  chronique. 

Par  analogie  avec  les  résultats  acquis  à  la  suite  des  recherches  expérimentales,  les 
auteurs  attribuent  les  troubles  du  rythme  respiratoire  à  la  diminution  fonctionnelle 
des  centres  bulbaires.  Ce  fait  serait  en  relation  avec  l’action  modératrice  exercée  par  le 
cerveau  intermédiaire  ou  le  corps  strié.  G.  Iciiok. 

Encéphalite  épidémique  à  forme  respiratoire  et  insomnique  d’aspect  hébéphré- 
nique,  par  Laignel-Lavastine  et  Robert  Valence.  Bull,  el  Mém.  de  la  Soc.  méd. 
des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n“  14,  p.  623,  23  avril  1926. 

Présentation  d’un  malade  âgé  de  21  ans;  la  prépondérance  de  troubles  respiratoires 
comme  séquelle  d’une  encéphalite  passée  inaperçue,  avec  association  d’un  léger  syn¬ 
drome  bradycinétique,  lui  donnent  un  aspect  de  dément  précoce  ;  lé  sujet  est  en 
outre  un  grand  insomnique.  L’activité  de  la  ventilation  iiaraît  accélérer  l’évolution 
(l’une  tuberculose  jusqu’ici  discrète  et  provoquer  la  déchéance  de  l’état  général  (com¬ 
bustion  exagérée  des  graisses).  E.  F. 

Xauthochromie  dans  l’encéphalite  épidémique  (Xanlhochromia  in  epidemie 
oncephalitis  ),  par  David  Rotsciiild.  Arch.  of  Neurol,  and  Psgeh.,  mars  1926,  n”  3, 
vol.  15. 

En  taisant  un  examen  systématique,  du  liquide  céphalo-rachidien  chez  les  sujets 
atteints  d’encéphalite  épidémique,  R...  a  constaté  dans  10  %  des  eas  la  présence  de 
xanthochromie.  La  xanthochromie  ne  paraît  pas  dépendre  directement  de  l’importance 
du  processus  méningé  ;  par  contre, il  semble  qu’elle  soit  conditionnée  par  l’existence  de 
petites  hémorragies  microscopiques.  D’autre  part,  cotte  xanthochromie  s’observe  sur¬ 
tout  chez  les  encéphalitiques  atteints  (le  troubles  mentaux,  .lusqu’à  preuve  du  con¬ 
traire,  cette  xanthochromie  ne  parait  avoir  aucune  importance  du  point  do  vue  pro¬ 
nostique.  •  Tehbis. 

Les  ligues  hyperesthésiques  du  corps  sensibilisées  par  l’encéphalite  épidé¬ 
mique,  par  Giuseppe  CALLiGARis(de  Rome).  Rivisla  di  Palologia  nervosa  e  mentale, 
vol.  31,  n»  3,  p.  2.33,  mai-juin  1926. 

On  connaît  le  système  des  lignes  méridiennes  et  transversales  de  sensibilité  décou¬ 
vertes  par  l’auteur  sur  le  corps  humain,  et  les  correspondances  sensitives  que  leur 
entrecroisement  établit.  Il  s'agit  du  phénomène  oculaire  qui  sc  produit  lorsqu’on  excite 


ANALYSES 


513 


une  ligne  latérale  du  phénomène  dentaire  résultant  de  l'excitation  d’une  ligne  inter- 
métatarsienne,  du  phénomène  du  méat.  Ces  correspondances,  qu’on  peut  rendre  plus 
apparentes  par  des  moyens  artificiels  (collyre,  épreuve  do  l’acide),  se  trouvent  sponta¬ 
nément  sensibilisées  chez  certains  post  encéphalitiqucs.  F.  Deleni. 

La  narcolepsie,  syndrome  éventuellement  post  encéphalitique,  par  William  G. 
Spilleh.  J.  of  lhe  American  med.  Association,  t.  80,  n»  10,  p.  673,  6  mars  1926. 

La  narcolepsie  peut  être  d’origine  encéphalitique  ;  dans  les  trois  cas  de  narcolepsie 
observés  par  l’auteur  au  cours  dcl’an  dornier,il  semble  bien  qu’il  en  fut  ainsi  d’autant 
plus  que  dans  deux  cas  sur  les  trois  le  sommeil  delà  nuitest  interrompu  |(inversion  du 
rythme  du  sommeil).  Thoma. 

Un  cas  d’accès  de  cris  et  troubles  de  la  volonté  au  cours  de  l’encéphalite 
épidémique  (en  polonais),  par  K.  Mikulski.  Rocznik  Psijchjatryczmj,  t.  lit, 
p.  11-18,  1926. 

Les  accès  se  sont  déclarés  dans  la  troisième  année  après  le  début  de  la  maladie.  Ils 
survenaient  alors  tous  les  7-8  jours.  La  quatrième  année,  on  les  constatait  toutes  les 
4  nuits.  Ils  avaient  une  d\irée  allant  jusqu’à  20  heures  et  occasionnant  une  luxation  de 
la  mâchoire.  Sans  aucun  accent  émotif,  les  accès  portaient  le  caractère  d’une  contrainte 
de  même  que  les  hallucinations  auditives  et  visuelles  du  malade. 

G.  ICHOK. 

La  neurasthénie  post  encéphalitique,  par  Giuse])pe  Calugaris  (de  Rome). 

Brochure  111-8»,  do  76  pages.  Ist.  édit,  sc..  Milan,  1926. 

Il  y  a  quelques  années  déjà,  l’auteur  avait  vu  des  post  encéphalitiqucs  souffrir  d’un 
syndrome  neurasthénique  fort  pénible,  et  il  avait  été  vivement  frappé  de  ce  tableau  de 
névrose  sous  lequel  une  maladie  organique  se  présentait.  Depuis  que  son  attention  a  été 
attirée  sur  ce  point,  ses  observations  se  sont  multipliées  ;  c’est  par  centaines  que  se 
comptent  les  neurasthéniques  post  encéphalitiquos  ;  de  toile  sorte  qu’il  devenait  né¬ 
cessaire  de  décrire  en  une  monographie  de  tels  malades  avec  les  particularités  qui  leur 
sont  propres.  La  neurasthénie  post  encéphalitique  constitue  une  forme  morbide  bien  - 
distincte  à  symptomatologie  extrêmement  touffue  ;  rautour  fait  l’analyse  de  cette  sym¬ 
ptomatologie,  physique  et  mentale,  avec  une  rare  pénétration.  La  connaissance  de 
cette  forme  aboutit  à  une  thérapeutique  utile,  moins  en  ce  (pi’ello  indique  de  faire 
<^)u’on  CO  qu’elle  conseille  de  ne  pas  faire.  !<’.  Deleni. 

Contribution  à  l’étude  des  séquelles  psychiques  de  l'encéphalite  léthargique, 
les  associations  expérimentales,  les  formes  épileptoïdes^  par  H.  Steck.  Arch. 
suisses  de  Neurologie  et  de  Psychiatrie,  vol.  XIV,  fasc.  2,  ]).  163,  1924  ;  vol.  XV,  fasc.  11, 
p.  37. 

Les  séquelles  do  l’encéphalite  léthargique  se  présentent  sous  des  aspeets  multiples’ 
Le  plus  fréquent  est  représenté  par  la  bradyphrénie  (Naville),  dont  le  tableau  clinique 
est  désormais  classique.  Ce  syndrome  de  ralentissement  psycho-moteur  est  spécifique 
et  n’avait  pas  encore  été  observé  dans  d’autres  affections.  L’auteur  le  caractérise  comme 
■un  ralentissement  de  la  relativité  générale  spontanée.  En  appliquant  à  un  grand  nombre 
de  cas  la  méthode  des  associations  expérimentales  de  Yung,  il  arrive  à  grouper  sous 
trois  chefs  les  types  de  réactions  obtenus. 


514 


A!\-AL  YSES 


1®  Proclominancc  des  rôactions  externes  comme  colles  provenant  d’un  défaut  d’atten- 

2»  Prédominance  des  autres  types  de  réactions,  réactions  absurdes  provoquant  des 
réponses  baroques  comme  chez  les  déments  précoces  ; 

3®  Esoccuitrisme  marqué  se  rïipprocliant  des  réactions  des  épileptiques. 

l’ar  contre,  d’autres  cas  présentent  un  syndrome  qui  se  rapproche  plus  franchement 
des  états  morbides  déjà  connus  entériourement.  Ce  sont  : 

n)  L(i  syndro7ne  moteur  do  la  catatonie  accompuffiié  d’une  é,l)auclie  de  syndrome  men¬ 
tal  de  ia  même  infection; 

h)  Des  troubles  caractériologiqucs  de  l’épilepsii^  ; 

c)  L’instabilité  et  la  turbulence  des  maniaques. 

Paul  de  Morsier. 

Troublés  psychiques  dans  l’encéphalite  épidémique  chez  les  enfants, 
par  Armand  Lebar.  Thèse  d'Alger,  1923. 

’l  i'avail  inspiré  j)ar  le  Prof.  Giilot  et  basé  sur  7  observations  inédites  do  son  service. 

.\  la  pliase  aiguë,  initiale,  fré([uencc  du  délire  orinique. 

Lomme  sé(pjcllcs  : 

a)  Troubles  inlellecluels,  parfois  bénins,  mais  susceptibles  d’aboutir  à  l’arriération 
id.  à  l’idiotii',  d’autant  plus  facilement  que  l’enfant  aura  élé  frappé  plus  jeune  ; 

b)  Troubles  du  caraclcre  :  instabilité  nerveuse,  agitation,  violence,  perversions,  irnpnl- 
sions  aboutissant  à  l’invalidité  morale  avec  ses  conséquences  médico-légales  ; 

c)  Enfin,  parfois,  évolution  franche  vers  la  démence  précoce. 

Pronostic  toujours  très  sombre  au  point  de  vue  psychique.  Avenir  intellectuel  iiTé- 
niédiabloment  compromise.  A.  P. 


Amnésie  consécutive  à  l’encéphalite  léthargique,  par  Alexandre  Sterling 
(do  Philadelphie).  Med.  J.  a.  liecord,  p.  GÜ5,  5  mai  192G. 

Amnésie  et  puérilisme  apparus  à  la  sixième  semaine  après  le  début  d’une  encéplialite 
très  grave  cliez  un  homme  vigoureux  de  42  ans.  Tiioma. 

Considérations  sur  quatorze  cas  de  perversions  post-encéphalitiques, 

par  G.  llEUYER.  Arch.  de  Méd.  des  linlanls,  t.  29,  n»  5,  p.  249-254,  mai  i92G. 

L(7  nombre  do  cas  de  troubles  du  caractère  et  de  perversions  qu’on  observe  chez  les 
enfants  à  la  suite  de  l’encéphalite  épidémique  va  en  augmentant.  Ges  perversions  sont 
de  deux  types.  Le  plus  souvent  elles  se  distinguent  par  leur  inîpulvisité ,  leur  brus¬ 
querie,  leur  incocrcibilité,  leur  inutilité,  avec  turbulence,  indiscipline,  fugues,  vols, 
violences  ;  ces  réactions  ressemblent  à  celles  des  épileptiques,  mais  elles  sont  con.scicntes 
et  morésiqiies.  Quelquefois,  au  contraire,  les  iicrvcrsions  ont  un  caractère  de  réflexion, 
de  préméditation,  d’intérêt  utilitaire,  de  tendance  maligne,  intelligente  et  tiuiacc,  qui 
les  apparente  tout  à  fait  aux  perversions  instinctives  constitutionnelles.  11  ne  s’agirait 
|)as  d’une  séquelle  de  la  maladie,- mais  d’une  forme  particulière  de  la  maladie;  il  faut 
considérer  les  pervers  encéphalitiques  comme  des  malades  chroniques. 

En  l’état  actuel,  ils  peuvent  recevoir  à  l’asile  les  soins  qui  leur  conviennent  ;  mais  il 
serait  désiralde  que  l(7s  enfants att(dnts  de  perversions  d’origine  encéplialitique  fussent 
réunis  dans  des  services  spéciaux,  de  (iréférence  hors  des  services  d’aliénés. 


ANALYSES 


51& 


Altération  du  caractère  et  de  la  conduite  comme  séquelle  d’encéphalite  léthar¬ 
gique,  par  Alfred  Gordon.  Mccf.  J.  a.  71«cord,  p.  591,  5  mai  192G. 

Série  d’observations  montrant  des  jeunes  garQons  et  des  jeunes  fdlos  complètement 
transformés  par  l’encéphalite  ;  sans  rien  perdre  de  leur  intelligence,  les  sujets  devien¬ 
nent  indifférents,  paresseux  irritables  et  méchants  ;  il  semble  que  quelque  irrégularité 
mentale,  personnelle  ou  familiale,  prédispose  à  la  dégradation  morale  q\i’opèrc  l’cncé- 
Phalite;  c’est  par  une  altération  organique  que  l’encéphalite  détermine  ces  troubles. 

Thoma. 

Introduction  psychanalytique  à  l’étude  des  troubles  de  la  conduite  à  la  suiet 
de  l’encéphalite  léthargique,  par  L.  Pierre  Clark.  Med.  J.  a.  Record,  p.  595, 
5  mai  1926. 

^Principales  méthodes  de  traitement  de  l’encéphalite  épidémique,  par  Rodolphe- 
Albert  Ley.  Bruxelles  médical,  t.  G,  n“28,  p.  833,  9  mai  1926. 

Trois  médicaments  semblent  jusqu’ici  avoir  prouvé  leur  efficacité  dans  le  traitement 
de  l’encéphalite  épidémique  :  l’urénile,  le  salicylale  de  soude,  l’iode.  Le  remède  spéci¬ 
fique  est  encore  à  découvrir.  E.  F. 

Traitement  de  l’encéphalite  épidémique,  parlliLLiGHEiMEH.  Thérapie  der  Geijcnwarl, 
t.  GG,  n»  10,  octobre  1925. 

II...  a  traité  des  cas  d’encéphalite  aiguë  par  les  frictions  mercurielles  suivant  la  tech- 
niipie  du  traitement  antisyphilitique.  Il  ajoute  à  l’absorption  cutanée  l’inhalation 
des  vapeurs  de  mercure,  en  laissant  dans  la  chambre  des  malades,  fenêtres  formées, 
les  linges  qui  ont  entouré  les  parties  frictionnées.  Cotte  méthode  lui  .aurait  donné 
des  succès  impressionnants.  E.  F. 

Traitement  de  l’encéphalite  épidémique  et  de  ses  manifestations  tardives,  par 
Eujolras  "Vampré  et  F.  Cintra  do  Prado.  Drazil-Medico,  an  40,  t.  1,  n»  11, 
p.  18,3  avril  192G. 

Revue  thérapeutique  bien  conçue  et  présentant  un  réel  intérêt  pratique.  Los  autours 
envisagent  le  traitement  général  et  infectieux  qui  convient  à  la  première  jihase  de  la 
nialadio,  le  traitement  de  la  période  chronique  et  dos  séquelles,  le  traitement  spéci- 
lique  (vaccination,  sérothérai)ic)  et  la  prophylaxie.  Ils  terminent  par  l’exposé  de  la 
conduite  à  suivre  |)ar  le  praticien  traitant  au  cours  de  l’encéphalite  épidémique. 

Sur  les  constatations  anatomo-pathologiques  dans  le  parkinsonisme  par  encé¬ 
phalite  épidémique,  par  Gino  Francioni.  Ccrvello,  an  5,  n”  2,  p.  G5-10G,  février 
1926. 

L’anatomié  pathologique  d(!  l’encéphalite  épidémique  clironique  a  jusqu’ici  fourni 
des  données  trop  discordantes  pour  qu’on  puisse  préciser  la  gravité  et  l’extension  des 
lésions  nerveuses  qui  constituent  le  substratum  des  manifestations  parkinsoniennes. 

Même  l’altération  ilu  locus-  niger,  la  seule  di^  toutes  les  localisations  signalées  qui  ait 
été  constamment  rencontrée,  ne  peut  permettre  qu’il  soit  formulé  une  doctrine  nigrique 
•lu  parkinsonisme  encéphalitique  ;  c’est  ipi’en  (dfet  les  recherches  n’ont  pas  toujours 
été  étendues  à  tout  le  névraxe  et  qu’alors  la  lésion  concomitante  d’autres  centres  n’est 


ANALYSES 


516  • 

pas  exclue  ;  c’est  que  dans  la  majorité  des  cas  la  lésion  nigrique  n’existait  pas  seule,  et 
ipie  les  autres  contres  atteints  formaient  des  groupements  variables. 

la^s  deux  cas  dont  Francioni  a  fait  l’étude  complète  étaient  cliniquement  caractérisés 
pa  r  un  syndrome  parkinsonien  typique  auquel  s’associaient  des  symptômes  de  déchéance 
mentale  progressive  ;  la  mort  est  survenue  52  et  03  mois  après  les  phénomènes  initiaux 
sans  qu’un  processus  morbide  d’une  autre  nature  soit  intervenu  pour  modifier  le  cours 
de  la  maladie  ni  pour  rendre  douteuse  la  signification  des  constatations  anatomo-patho¬ 
logiques.  L’un  des  deux  cas  représente  la  plus  longue  durée  d’évolution  des  faits  ayant 
élé  l’objet  d’une  étude  anatomique.  Dans  les  doux  cas,  l’auteur  a  trouvé  des  lésions 
graves  et  étendues  frappant  simultanément  la  voie  pyramidale  des  classiques  et  le 
système  associatif  extrapyramidal.  Il  demeure  donc  incertain  que  le  déterminisme  du 
syndrome  neurologique  soit  à  rapporter  è  un  seul  système  à  l’exclusion  do  l’autre,  et 
plus  incertain  encore  que  soient  impliquées  seulement  telles  ou  telles  formations  fai¬ 
sant  partie  du  système  extrapyramidal.  Les  manifestations  psychopathiques,  démence  ^ 
simple  dans  un  cas,  démence  paranoïde  dans  l’autre,  trouvent  leur  justification  dans  la 
grande  étendue  des  lésions  corticales. 

La  coexistence  aussi,  dans  ces  cas  de  longue  évolution  do  lésions  très  récentes  de  carac¬ 
tère  infiltratif  et  inflammatoire  auprès  de  lésions  anciennes  de  caractère  dégénératif, 
confirme  la  nature  infectieuse  de  l’encéphalique  épidémique,  malgré  que  son  germe 
demeure  inconnu  ;  toutes  les  recherches  bactériologiques  de  l’auteur  ont  été  vaines. 

L’altération  du  foie,  constatée  avec  fréquence  dans  le  parkinsonisme  cncéphalitique, 
ne  saurait  être  tenue  pour  primitive  et  pour  la  cause  dos  lésions  nerveuses  ;  c’est  plutôt 
une  conséquence  de  celles-ci,  et  en  particulier  des  lésions  nerveuses  intéressant  les  cen¬ 
tres  qui  président  au  Irophisme  et  au  fonctionnement  du  foie. 

F.  Deleni. 

Lésions  de  la  région  lenticulaire  et  du  locus  niger  dans  le  parkinson  postencé- 
phalitique  (Neuron  destruction  in  postencephalitic  paralysis  agitons.  A  microme- 
Iric  study  of  the  lonticular  région  and  substantia  nigra),  par  .J.  Chamley  M.  Kinley 
et  Lawrence  It.  Gowan. /Irc/i.  o/  Neurohgy  and  Psychialry,  janvier  1926,  n®  1, 
vol.  15. 

Les  auteurs  se  proposent  d’indiipie.r  les  diverses  altérations  cellulaires  de  la  région 
des  noyaux  gris  et  de  comparer  le.  résultat  de  leurs  recherches  avec  les  travaux  publiés 
antérieurement.  A  cette  occasion,  ils  fontunapi^rçu  historique  complet  de  cotte  ques¬ 
tion  et  des  différentes  recherches  pratiquées  jusqu’à  ce  jour.  Les  uns  situent  les  lésions 
de  la  iiaralysie.  agitante  dans  l’ensemble  dos  ganglions  de  la  base  et  en  particulier 
dans  le  noyau  lenticulaire  (.Manschot,  .lelgersua,  Levy,  Auer  et  Mc  Gough).  D’autres 
concluent  à  l’altération  élective  descellules  motrices  du  système  pallidal  (Wilson,  Hunt). 
Plus  récemment,  d’autres  auteurs  ont  raiiporté  des  altérations  du  globus  pallldus  pro- 
Iireinent  dit  (KOnig,  Vogt,  Lhermitte  (d  Coriiil,  François  et  Lhermitte,  Kraus  et  Mc  Al¬ 
pine). 

Une  autre  opinion  est  que  la  lésion  <le  la  paralysie  agitante  est  située  dans  la  substance 
grise  (locus  niger)  et  que  les  altérations  du  système  pallidal  seraient  secondaires  : 
lésions  dégénératives  secondaires  (Beschet,  Mendel,  .Marinesco  et  Blocq,  Trétiakoff 
Foix,  Straus  et  Globus,  etc.  etc.). 

Enfin  quelques  auteurs  indiquent  une  extension  plus  grande  des  lésions  qui  peuvent 
intéresser  d’autres  régions  :  putamen,  capsule  interne,  etc... 

Or  un  nombre  considérable  d’auteurs  ont  fait  une  étude  quantitative  du  nombre  des 
cellules  et  des  libres  nerveux  dans  les  diverses  régions  du  névraxe  et  c’est  en  suivant 
«itte  méthode  do  numérutiou  que  Gh.  Mc  k  et  Gowu  n,  après  avoir  présenté  six  obser- 


ANALYSES 


517 


valions  démontrent  qu’il  n’existe  par  cette  neuromélliodo  d’examen  aucune  dimi¬ 
nution  du  nombre  des  cellules  nerveuses  dans  le  putamen  et  le  globus  pallidus.  Par 
contre,  ils  trouvent  une  diminution  de  58  %  à  87  %  du  nombre  des  cellules  dans  le  locus 
niger,  et  ils  concluent  en  se  basant  sur  ce  moyen  d’investigation  que  si  le  locus  niger 
joue  un  rôle  principal  dans  le  syndrome  parkinsonien  postoncéphalitique,  les  lésions 
de  voisinage  sont  beaucoup  plus  rares  et  doivent  être  considérés  comme  des  lésions  ^ 
secondaires.  (N.  d.  T.)  Ges  auteurs  donnent  une  série  de  formules  mathématiques 
permettanfd’oblenir  le  calcul  «  exact  »  du  nombre  des  cellules  et  des  fibres  nerveuses  ; 
cette  exactitude  paraît  être  en  réalité  très  exagérée).  E.  Terris. 

Parkinsonisme  postoncéphalitique  avec  palilalie  et  syndrome  adiposo-génital. 

par  G.  Giraud  et  Guihal.  Soc.  des  Sc.  biol.  ei  méd.  de  Montpellier  cl  du  Languedoc. 

11)  février  192fi. 

Le  syndrome  parkinsonien,  trois  ans  après  l’épisode  aigu,  est  caractérisé  par  ;  le 
faciès  et  l’attitude  typiques,  la  catatonie  généralisée,  le  tremblement  intermittent  dos 
doigts  et  del’hémiface  droite,  la  diplopie  intermittente,  des  troubles  delà  parole  (spasme 
temporaire,  palilalie  accusée,  voix  monotone),  l’obésité  et  l’impuissance  génitale,  selle 
lurcique  radiologiquement  normale.  E.  F. 

Siu-  le  spasme  de  torsion  et  les  syndromes  analogues  siurvenus  à  la  suite  de 
l’encéphalite  épidémique  (Ueber  Torsiondystonien  und  verwandte  Symptomen- 
komplexe  im  Gefolge  von  Encephalitis  epidemica),  par  R.  Bing  et  L.  Schwartz 
(de  Bâle).  Archives  suisses  de  Neurol,  et  Psych.,  t.  XIV,  f.  1,  p.  80-93  (4  fig.,  Bibl.). 

Après  un  exposé  sommaire,  des  cas  classiques  de  dystonie,  les  auteurs  rapportent 
3  cas  d’encéphalite  léthargique  à  la  suite  desquels  ont  apparu  des  ébauches  de  spasmes 
de  torsion  avec  cypho-scoliose  accompagnés  de  phénomènes  parkinsoniens  d’inten¬ 
sité  diverse.  Aucune  autopsie  n’a  pu  être  pratiquée. 

Les  auteurs  rappellent  que  les  syndromes  extrapyramidaux  peuvent  se  diviser  en 
deux  grands  groupes  :  1“  la  rigidité  généralisée  à  type  parkinsonien  (pseudo-sclérose, 
état  marbré  des  corps  striés,  paralysie  agitante)  qui  relèvent  de  lésions.des  formations 
striées,  les  plus  anciennes  au  point  de  vue  phylogénétique  (globus  pallidus,  régions  sous- 
thalarniques,  locus  niger)  ;  Soles  spasmes  do  torsion  ctles  états  dystoniques  analogues, 
caractérisés  par  dos  déformations  frappant  électivement  un  grouiie  mu.sculaire  et  rele¬ 
vant  vraisemblablement  de  lésions  putaminales.  Le  mécanisme  pliysio-pathologiqiie 
decesdeux  syndromes  est  encore  hypothétique.  Les  autours  admettent  que  le  puta¬ 
men  joue  un  rôle  de  régulation  dans  les  voies  réflexes  spino-cérébello-rubro-spinales 
qui  commandent  l’état  du  tonus  musculaire  et  qu’on  pourrait  mettre  en  évidence 
«ne  différenciation  topograpjiique  dans  le  putamen  de  môme  qu’on  l’a  fait  pour  le 
cervelet  G-  de  Moissier. 

Sur  les  désordres  de  la  motilité  et  du  tonus  musculaire  dans  les  états  parkin¬ 
soniens,  par  R.  Cruchet  (de  Bordeaux).  Presse  médicale,  21,  p.  321,  13  mars 
1926. 

M.  Cruchet  et  S.  A.  K.  Wilson  ont  fait  à  Londres,  parallèlement,  des  conférences  sur 
le  syndrome  parkinsonien  postoncéphalitique.  Les  auteurs  semblent  en  désaccord  sur 
deux  points  essentiels.  M.  Cruchet  sépare  les  syndromes  parkinsoniens  de  la  maladie 
do  Parkinson;  S.  A.  K.  Wilson  rapproche  étroitement  ces  deux  états  morbides;  M.  Cru¬ 
chet  nie  l’existence  de  l’hypertonie  musculaire  vraie  dans  les  syndromes  parkinsoniens 


518 


ANAL  YSES 


postcncéphaliliqucs  alors  que  S.  A.  K.  Wilson,  avec  la  plupart  des  neurologistes,  la 
tient  pour  manifeste.  ' 

Le  présent  article  tend  à  montrer  que  ces  divergences  de  vues  sont  plus  apparentes 
que  réelles.  L’expression  verbale  est  différente,  la  constatation  des  faits  est  identique. 

.S.  A.  K.  Wilson  estime  que  le  syndrome  parkinsonien  est  commun  ù  la  paralysie 
agitante  et  au  parkinsonisme  postcncéphalitique  ;  M.  Gruchet  a  pensé  qu’il  valait 
mie\ix  isoler  d’abord  les  signes  communs  aux  deux  états  (syndrome  bradykinétique) 
et  ensuite  reconnaître  les  caractères  surajoutés, les  distinguer  do  l’un  et  do  l’autre.  Il 
n’y  a  jjas  là  antagonisme  ;  c’est  simplement  une  autre  façon  de  présenter  le  problème. 

l'aildesse  du  mouvement,  lentiuir  du  mouvement,  rareté  du  mouvement  sont  les 
signes  derakinésie  de  S.  A.  K.  Wilson  comme  du  syndrome  bradykinétique  de  M.  Cru- 
cliet.  Dans  son  étude  du  tremblement  S.  A.  K.  Wilson  a  démontré  que  le  type  parkin¬ 
sonien  vrai,  marqué  au  repos,  nul  dans  le  mouvement  volontaire,  était  propre  à  la 
liaralysic  agitante,  le  type  d’action  appartenant  plutôt  au  parkinsonisme  postcncé- 
plialilique.  Los  postures  curieuses  et  bien  définies  des  postcncéphalitiqucs,  certaines 
en  relation  avec  les  spasmes  de  torsion  et  les  torticolis  spasmodiques,  conduisent  à 
envisager  le  problème  de  la  rigidité  et  de  l’hyportonus. 

Pour  S.  A.  K.  Wilson,  il  y  a  hypertonie  dans  le  syndrome  parkinsonien,  alors  que 
pour  M.  Crucliet  e.lle  n’y  existe  pas.  C’est  encore  question  de  mots,  la  tonie  innerva¬ 
tion  de  S.  A.  K.  Wilson  n’étant  pas  l’Iiypertonie  vraie  de  M.  Gruchet. 

Pour  qu’il  y  ait  réellement  hypertonie,  il  faut  qu’on  constate  la  maintien  dos  atti¬ 
tudes  et  la  résistance  aux  mouvements  passifs.  Or,  chez  la  plupart  des  parkinsoniens 
surtout  postoncéplialitiques, le  maintien  dos  attitudes  n’a  rien  de  permanent  ;  il  peut 
cesser  instantanémont,soit  spontanément,  soit  au  commandement;  les  nombreux 
cx(miples  dekinésio  paradoxale,  et  mémo  certaines  disparitions  instantanées  de  spasme 
do  toi'sion,  sont  typi([ue.s  à  ce  [loint  de  vue.  Quant  à  la  résistance  aux  mouvements  pas¬ 
sifs,  elle  est  nulle.  La  résistance  n’est  pas  dans  le  muscle,  mais  bien  plus  haut.  Toute 
cliose  peut  être  faite,  mais  elle  ne  peut  l’étre  qu’avec  effort.  Les  malades  ne  désirent  pas 
faire  l’effort  nécessaire  ;  ils  se  résignent  à  la  déficience  de  leur  fonction  motrice,  rebutés 
par  l’effort  psycliiquc  toujours  à  renouveler  ;  ils  sont  des  condamnés  au  mouvement 
volontaire  à  j)erpétuité. 

La  fatigue  ou  la  résistance  est  mentale,  non  périphérique  et  musculaire  ;  l’hyper- 
toiiie  n’a  rien  à  voir  à  ceci.  Il  no  s’agit  pas  de  rigidité  vraie,  mais  d’un  trouble  fonction¬ 
nel  dans  l’équilibre  normal  des  masses  musculaires  qui  concourent  à  l’existence  du 

ICn  ce  qui  concerne  les  rap|)orts  existant  entre  lu  syndrome  parkinsonien  et  le  corps 
strié,  M.  Gruchet  estime  avec  S.  A.  K.  Wilson  que  la  lésion  striée  no  peut  être  seule  on 
cause.  Le  syndrome  bradykinéti(pie  résulte  du  déficit  d’uno  fonction  très  générale  du 
cerveau,  qui  est  la  fonction  automatique  d’habitude  ;  cutte  fonction  n’est  pas  la  mani¬ 
festation  de  l’activité  d’un  centre,  mais  celle  de  beaucoup  décentres  distinct.s,  mais  entre 
eux  reliés  pour  l’exercice  de  cette  fonction. 

Il  n’y  a  pas  plus  de  centru  de  localisation  de3i)hénomùncs  bradykinétiquos  ou  parkin¬ 
soniens  qu’il  n’existe  de  centre  de  localisation  sur  la  voie  pyramidale  au  cas  d’hémi¬ 
plégie.  On  peut  comparer  les  idfets  d’une  lésion  pyramidale,  quelle  qu’elle  soit,  à  ceux 
d’une  lésion  cxtrapyramidalc,  quelle  qu’elle  soit.  Dans  les  deux  cas  la  volonté  continue 
à  exister,  mais  elle  no  peut  pas  se  transmettre  aux  muscles  comme  à  l’état  normal.  Une 
barrière  s’est  désormais  interposée  entre  l’écorce  psycho-motrice  et  les  muscles  ;  le 
stimulus  volontaire  s’exurco  toujours,  mais  suivant  qu’il  trouve  interrompue  la  voie 
pyramidale  ou  la  voie  striée  on  a,  dans  le  premier  cas,  toutes  les  variétés  de  la  paralysie 
dite  pyramidale  avec  liypertonie  et  contracture,  et  dans  le  second  cas  les  diverses  varié- 


ANALYSES 


519 


tés  de  la  bradykinésie  parkinsonienne  ou  postencéphalitiqiie  avec  les  caractères  qui 
lui  sont  si  particuliers.  E.  F. 

Sur  une  forme  rare  de  contracture  des  membres  observée  chez  un  malade 
affecté  de  parkinsonisme  postencéphalitique,  par  Luciano  Magni.  Rivisla  di 
Palolngica  nervosa  e  mentale,  t.  31,  n“  1,  janvier-février  1926. 

11  s’agit  d’un  garçon  de  11  ans,  atteint  do  parkinsonisme  posteneéphalitique,  dont 
les  mouvements  déjà  difiiciles  furent  rendus  impossibles  par  un  état  de  contracture 
rapidement  établi  ;  la  contracture  était  telle  que  l’extension  do  la  jambe  gauche,  la 
flexion  dorsale  du  pied  gauche,  l’extension  du  bras  droit  no  pouvaient  plus  se  produire. 
Le  malade  est  couché  les  jambes  en  semi-flexion  permanente  (contracture  en  flexion), 
plus  marquée  à  gauche,  le  |)icd  gauche  en  varus  équin  irréductible,  le  pied  droit  ten¬ 
dant  ù  ])rendro  la  même  position,  les  deux  membres  supérieurs  demi-flôchis,  surtout  à 
droite,  et  collés  au  corps. 

Aux  membres  supérieurs  les  réflexes  sont  vifs.  Aux  membres  inférieurs  le  rotulien 
<lroit  prédomine  sur  celui  du  côté  gauche,  côté  où  l’achilléen  est  aboli.  A  droite  le  clonus 
du  pied  et  le  Babinski  sont  inconstants,  celui-ci  étant  constant  à  gauche.  Les  réflexes 
d’automatisme  médullaire  sont  bien  évidents. 

L’intérêt  de  l’observation  tient  à  l’existence  de  ce  type  particulier  de  contracture 
devenue  on  trois  mois  irréductible  chez  un  parkinsonien  postencéphalitique,  état  de 
contracture  bien  différent  de  la  rigidité  hypertonique  habituelle.  L’auteur  cherche  à 
en  préciser  la  nature  on  tirant  argument  des  travaux  et  observations  de  Lhermitto, 
Guillain,  Souques,  Alajouaninc,  etc. 

Son  avis  est  que  cotte  contracture  pourrait  reconnaître  une  double  origine,  pyrami¬ 
dale  et  extrapyramidalo  on  même  temps.  La  lésion  mésoncéphalique  siégerait  dans  le 
tractus  allant  du  corps  strié  au  locus  niger  et  au  pédoncule  cérébral  et  il  y  aurait  dégô- 
ration  concomitante  des  voies  motrices  médullaires.  Cotte  hypothèse  rendrait  compte 
des  pliénomèncs  observés.  Si  elle  est  exacte  la  pathogénie  de  la  contracture  en  flexion 
des  membres  inférieurs  s’élargit  et  il  faut  lui  reconnaître,  en  plus  d’une  origine  corti¬ 
cale  et  d’une  médullaire,  la  possibilité  d’une  troisième  origine,  intermédiaire,  sous-cor- 
lieale  ou  rnésocéphaliquo.  F.  Deleni. 

Contribution  à  l’étude  de  l’altération  fonctionnelle  des  mouvements  conjugués 
des  yeux  au  cours  des  états  de  parkinsonisme  postencéphalitique,  par 

M.  Spmnglova  (do  Prague).  Casupis  télcarii  ceskijch,  n”  24,  1925. 

Description  clinique  d'un  phénomène  assez  répandu  dans  les  périodes  plus  avancées 
du  syndrome  de  Parkinson  à  la  suite  d’une  encéphalite  léthargique.  Il  s’agit  de  spasmes 
oculogyrcs  verticaux  très  do^iloureux  d’une  durée  assez  variable  (de  quelques  minutes 
à  quelques  heures).  L’examen  vestibulaire  a  conduit  l’auteur  à  la  conclusion  qu’il 
s’agit  d’un  état  d’irritation  dans  les  voies  centrales  communiquant  avec  le  noyau  de 
Deiters  et  les  noyaux  gris  centraux  ou  dans  ceux-ci  même  (Muskens).  Los  symptômes 
concomitants,  parfois  bizarres,  sont  aussi  mentionnés. 

Le  N-oxyde  de  scopolamine  dans  le  traitement  des  états  parkinsoniens,  par 

-M.  PoLONOVSKi,  P.  CoMBEMALE  ct  P.  Nayrac.  BuU.  de  V Académie  de  Médecine, 
l.  95,  no  16,  p.  387,  20  avril  1926. 

De  tou  tes  les  médications  préconisées  dans  les  états  parkinsoniens  la  scopolamine  seule 
a  donné  d’heureux  résultats.  Mais  sa  haute  toxicité  ne  permet  de  l’employer  qu’à  dose 


520 


ANALYSES 


1 


minime  et  d'autre  part  avec  certains  sujets  l’accoutumance  se  produit. Aussi  les  auteurs 
ont-ils  été  amenés  à  substituer  à  cet  alcaloïde  son  aminoxyde,  le  N-oxyde  de  scopola- 
min^  ou  génoscopolamine,  de  toxicité  infiniment  moindre. 

Il  ressort  de  leurs  observations  que  le  N-oxyde  de  .scopolamine  agit  eflicacement  sur 
l'état  pénible  de  raideur  dont  se  plaignent  avant  tout  les  parkinsoniens  ;  l’hypertonie 
musculaire  est  si  bien  diminuée  parle  médicament  que  le  malade  reprend  l’agilité  de  ses 
mouvements  ;  la  sialorrhée  est  supprimée  ;  l’automatisme  est  souvent  très  amélioré. 

Avec  ce  génalcaloïde  les  craintes  d’accoutumance  n’existent  pas  ;  il  n’est  pas  besoin 
d’augmenter  au  cours  du  traitement  la  dose  optima  de.s  premiers  jours  ;  on  pourra 
plutôt  la  réduire  jusqu’au  minimum  ;  il  ne  se  produit  jamais  de  phénomène  analogue  à 
la  scopolaminomanie. 

Le  nouvel  alcaloïde  peut  être  cause  de  troubles  divers,  mais  aucun  n’est  assez  impor¬ 
tant  pour  contre-indiquer  son  emploi  ;  le  trouble  le  plus  impressionnant  est  l’excitation 
hypomaniaquo,  d’ailleurs  sans  caractère  pénible,  qui  peut  suivre  la  première  adminis¬ 
tration  d’une  do.se  as.sez  élevée. 

Dans  la  pratique  le  N-oxyde  de  scopolamine  sera  prescrit  par  doses  fractionnées  de 

1  1/2  a  2  mgr.  deux  fois  par  jour,  la  plus  forte  dose  étant  donnée  le  soir.  Le  maximum 
demgr. prodïepourraitètrefacilemcnt  dépassé  au  besoin.  La  sensibilité  des  malades 
au  médicament  ôtant  très  variable,  il  y  aura  toujours  lieu  de  rechercher  par  tâtonne¬ 
ment  la  dose  oplima. 

Dans  plusieurs  observations  des  auteurs,  la  génalcaloïde  a  conduit  à  une  améliora¬ 
tion  alors  que  le  traitement  scopolaminique  avait  échoué  ;  ceci  tient  à  la  dose  beaucoup 
plus  considérable  de  médicament  actif  dont  on  peut  disposer,  l’aminoxyde  étant  très 
maniable  du  fait  de  sa  faible  toxicité.  E.  F. 

Essais  thérapeutiques  dems  quelques  formes  morbides  extrapyramidales  par 
le  traitement  combiné  de  l’arsenic  et  de  l’iode  (en  polonais),  par  F.  Beue- 
zowsKi.  Nuwiny  Psychialryczne,  l.  1 1  ,,11"  4,  300-305,  1925. 

Les  injections  intraveineuses  (!(■  néosalvarsan,  alternant  avec  l’administration  in¬ 
tramusculaire  de  mercure  et  suivies,  à  la  fin  de  la  cure,  jiar  un  traitement  iodé  pendant 

2  mois  ont  donné  quelques  résultats  thérapeutiques  encourageants  surtout  dans  le 
parkinsonisme  postencéphalitique.  A  côté  d’une  guérison  (l'un  cas  do  catatonie,  ou 
enregistre  une;  forte  amélioration  chez  trois  malades  atteints  de  parkinsonisme.  Dans 
trois  autres  cas,  l’état  est  toutefois  resté  sans  changement.  G.  Ichok. 

Résultats  d’un  an  de  traitement  des  syndromes  parkinsoniens  par  le  datura 
stramonium,  par  Laionel-Lavastine  et  Vaeence,  Bull,  el  Mém.  de  la  Soq.  méd. 
des  Hiipilawcdc  Paris,  an  42,  n»  20,  p.  921, 4  juin  1920. 

Los  auteurs  ont  obtenu  de  l’administration  du  datura  stramonium  des  résultats  très 
appréciables  dans  les  états  parkinsoniens,  notamment  dans  les  cas  où  le  tremblement 
est  intense  ;  ce  traitement  par  le  datura  est  un  palliatif  utile  à  adjoindre  à  l’hyoscine 
et  ses  dérivés,  tenus  jusqu’ici  pour  seuls  efficaces  contre  le  parkinsonisme. 

E.  F. 


Le  Gérapi  :  J.  CAHOUJAT. 


Poitiers.  —  Société  Française  d'imprimerie.  —  1926. 


Tome  11.  N“  6 


Décembre  1926 


REVUE  NEUROLOGIQUE 

MÉMOI  GI N  AUX 


I 

RECHERCHES  EXPÉRIMENTALES 
SUR  LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  BARRIÈRE 
NERVEUSE  CENTRALE 


Edward  FLATAU  (Varsovie) 

La  question  d’une  plus  ou  moins  grande  perméabilité  des  organes  pro¬ 
tecteurs  apposés  entre  le  sang  et  le  liquide  céphalo-rachidien  est  aujour¬ 
d’hui  une  question  des  plus  actuelles.  Stern  et  Gautier  ont  donné  à  cette 
barrière  protectrice  le  nom  de  barrière  hémato-encéphalique.  Sans  vou¬ 
loir  déterminer  actuellement  la  nature  de  ces  organes  protecteurs  (plexus 
choroïdien,  les  méninges  molles,  pie-mère,  les  vaisseaux,  la  neuroglie, 
l’épendyme  ventriculaire,  etc.),  il  serait  le  plus  simpje  de  les  désigner  sous 
le  nom  général  de  barrière  nerveuse  centrale. 

Depuis  longtemps  déjà  il  était  connu  que  cette  barrière  à  l'étal  normal 
s’oppose  au  passage  de  certaines  substances  du  sang  dans  le  liquide  céphalo¬ 
rachidien,  tandis  qu’elle  en  laisse  passer  d’autres.  Toute  une  pléiade  d’au¬ 
teurs,  commençant  par  les  frères  Cavazzani  en  1892,  jusqu’à  Stern 
et  Gautier  (1921-1923),  se  sont' occupés  à  élucider  cette  question.  A.  et  E. 
Cavazzani  injectaient  à /les  chiens  et  des  lapins  de  l’iodure  de  potassium 
et  du  ferrocyanure  de  potassium  dans  le  péritoine  et  dans  la  veine  auri¬ 
culaire.  On  n’a  pas  décelé  ces  substances  dans  le  liquide  céphalo-rachidien 
(sauf  dans  un  cas  Kl  -)-).  Sicard,  en  1901,  faisait  ingérer  aux  hommes 
de  l’iodure  de  potassium  et  du  bleu  de  méthylène,  ou  bien  introduisait 
ces  substances  par  voie  intracutanée  ;  le  liquide  céphalo-rachidien  res¬ 
tait  réfractaire.  En  collaboration  avec  Widal,  il  injectait  par  voie  intra¬ 
cutanée  des  cultures  typhiques,,  mais  n’a  pas  constaté  d’agglutinines  dans 
le  liquide.  Les  recherches  de  Zaloziecki,  Weil  et  Gaertner  ont  démontré 
qu’en  effet  chez  des  typhiques,  chez  lesquels  l’agglutination  s’observe 

BEVDC  EEUnOLOGIQUB.  #■  T.  II,  N"  6,  IIÉCEMIIIIK  1920. 


34 


/•;.  FLATAU 


dans  une  diluiion  à  1/1000,  ou  ii’arrivc  pas  à  déceler  d’agglutinines  dans 
le  liipiidc  eéphalo-raehidien.  Par  contre,  dans  les  cas  où  l’agglutination 
s’ol)S(!rve  à  1  /6.000  et  à  1  / 10.000,  on  constate  la  présence  de  ces  corps  dans 
le  litpiide.  Starkenstein  et  Zitterbart  ohj,  constaté  chez  des  lapins  inunu- 
nisés  par  du  sérum  à  1  /lO.OOO'la  présence  d’agglutinines  dans  le  liquide 
cé[)lialo-rachidien.  Les  recherches  de  Bieling  et  Weichbrodt  sur  le  j)as- 
sage  des  agglutinines  dans  le  liquide  au  cours  de  la  paralysie  générale, 
ont  dénoté  (juc  lors({u’on  introduit  dans  l’organisme  des  vibrions  du 
protéus  x-19,  afin  de  produire  des  agglutinines  et  en  même  temps  le  virus 
du  tyj)hus  réicurre.nl,,  dans  les  rai':  slironiqiie.s  les  agqlulinines  ne  passent 
pas  dans  le  liquide.  Si,  [)ar  contrcî,  chez  ces  malades,  sous  rinfluence  du  virus 
typhique,  surviennent  des  lésions  aiguës  dans  les  vaisseaux  et  les  mé¬ 
ninges,  les  agglutinines  apparaissent  dans  le  liquide.  Pour  établir  la 
perméabilité  de  la  barrière  entre  le  sang  et  le  liquide  céphalo-rachidien 
une  lésion  aiguë  des  vaisseaux  et  méninges  et  donc  indispensable.  I^a  [)ré- 
sence  seule  d’albumine  et  des  globulines  (dans  la  paralysie  générale  chro¬ 
nique)  n’est  pas  suffisante. 

Sicard  et  Raymond  ont  étudié  le  passage  du  mercure  dans  le  liquide 
céphalo-rachidien,  et  en  effet  ils  l’ont  constaté  dans  un  cas  chez  un  ou¬ 
vrier  occupé  dans  des  mines  de  menmre.  Livon  et  Bernard  en  1908  injec¬ 
taient  du  salicylate  de  soude  aux  chiens  et  constataient  sa  présence  dans 
le  liquide  céphalo-rachidien.  Millian  (1904)  cite  les  travaux  de  Niclaux 
(1900)  sur  la  perméabilité  de  l’alcool  et  d’Achard-Loeper  sur  le  passage 
du  chlorure  de  sodium  dans  le  li(juide.  Schottmueller  et  Schuram  s’occu¬ 
pent  aussi  de  la  i)erméabilité  de  l’ahîool  chez  les  mammifères,  quoique  Vor- 
kaestner  et  Neuc  nient  la  valeur  de  cet  ouvrage.  Souques  et  Aynaud  en 
1907  ont  constaté  de  la  perméabilité  pour  l’acéton.  Casting  et  C.rown 
(1908),  ainsi  que  Hald  (1911),  ont  prouvé  que  l’urotropine  passe  dans  le 
li(|uide  céphalo-rachidien  sous  forme  d’aldéhyde  de  l’acide  formique.  En 
1912  Rotky  a  étudié  le  passage  de  l’iode  et  de  l’uranine  et  est  arrivé  à  la 
conclusion,  que  l’iode  ne  passe  pas  dans  le  liquide  céphalo-rachidien,  tandis 
que  l’uranine  traverse  la  barrière.  Rotky  cite  les  travaux  de  Jaksek,  qui 
a  constaté  le  caractère  réfractaire  du  liquide  céphalo-rachidien  par  rap- 
I)ort  aux  sels  mercuriels,  indiques  et  salicylés.  Kafka  en  1913  faisait  ingé¬ 
rer  de  l’uranine  et  constatait  que  son  passage  dans  le  liquide  est  très  tardif 
et  très  insignifiant,  chez  des  sujets  normaux.  La  policarpine  ne  contri¬ 
buait  pas  à  augmenter  la  perméabilité.  Lenz  en  1921  injectait  dans  la  veine 
de  la  trypaflavine  et  constatait  sa  présence  dans  le  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  dans  une  grande  dilution.  Bieling  et  Weichbrodt  (1921)  ont  constaté 
la  même  chose  par  rapport  au  bromure  d’eucupine  (l’eucupine  passe 
même  dans  des  quantités  petites).  Rieger  et  Salomon  (1923)  ont  constaté 
le  passage  dans  le  liquide  d’arsénamine  (injecté  dans  la  veine)  au  cours  de 
1-2  heures.  Les  recherches  de  Cestan,  Riser  et  Laborde  (1923)  ont  été 
négatives  i)ar  rapport  à  l’iodure  de  potassium,  l’azotate  de  soude  et  le 
bleu  de  méthylène.  Selon  Holî  (1923)  le  salvarsan  ne  passe  pas  dans  le 
liquide  céphalo-rachidien,  même  après  injection  directe  dans  le  système 


surt  LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  BARRIÈRE  NERVEUSE  CENTRALE  523 


Vasculaire  (artère  ou  veine).  Schoenfeld  (1924)  a  constaté  le  passage  rapide 
dans  le  liquide  de  l’uranine  et  d’esculine.  Ni  Sézary-Barbet-Pomaret,  ni 
Jeanselme-Delalande-TerrL;  (1924)  n’ont  réussi  à  déceler  le  bismuth  dans 
le  liquide  céphalo-rachidien. 

Stern  et  Gautier  (1921-1923)  ont  publié  dés  travaux  les  plus  docu¬ 
mentés.  Ils  ont  introduit  toute  une  série  de  substances,  soit  par  voie 
intracutanée,  soit  intraveineuse,  soit  intrapéritonéale.  Ils  ont  constaté 
que  le  bromure  de  sodium  passe  dans  le  liquide  céphalo-rachidien,  l’iodure 
de  sodium  ne  passe  pas,  le  ferrocyanure  de  sodium  ne  passe  pas,  le  sulfo- 
cyanure  de  sodium  passe  (on  le  décèle  moyennant  le  chlorure  de  fer), 
l’acide  picrique  passe,  le  picrate  de  soude  passe  ou  ne  passe  pas,  le  curare 
et  l’adrénaline  ne  passent  pas,  tandis  que  la  morphine,  la  santonine 
et  l’atropine  passent.  Des  colorants,  l’éosine,  la  fluorescéine  et  l’uranine 
ne  passent  pas,  le  violet  de  méthyle  donne  des  résultats  contradictoires. 

Mes  expériences  personnelles  ont  décelé  que  le  rhodanate  d’ammonium 
traverse  la  barrière,  tandis  que  le  rhodonate  de  potassium,  non.  De  toute 
une  série  de  colorants,  j’ai  pu  constater  la  perméabilité  insignifiante 
pour  le  rouge  neutre,  le  rouge  Kongo  (?),la  chrisoïodine  et  l’uranine  (?). 
J’ai  pu  constater  en  outre  la  perméabilité  du  chromogène  de  la  fuchsine 
acide  chez  le  lapin  et  l’absence  de  perméabilité  de  ce  colorant  chez  l’homme 
normal. 

Le  tableau  suivant  rend  compte  de  la  perméabilité  de  la  barrière  ner¬ 
veuse  centrale  à  l’état  normal,  par  rapport  aux  diverses  substances. 

La  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse  centrale  a  l’état  normal 
Le  passage  des  substances  de  la  circulation  sanguine  dans  le  liquide  céphalo-rachidien 
chez  l’homme  et  l'animal. 


lodure  de  potassium  —  (Ci 


lodure  de  sodium. — 
(Na  Jodatum) 

Ilydrobromate  d’eu-  -1- 
cupine  (Eucupinum 
hydrobromicum) 

Bromure  de  sodium  -|- 
(Na  bromatum) 

Ferro-cyanure  de  Na  — 
(Natr.  ferrocyana- 
tum) 

Sulfo-cyanure  de  Na  — 
(Natr.  sulfocyana- 

Sulto-cyanure  d’Am.  -t- 
Ammon.  sulfocya- 
natum) 

Sulfocyanure  de  K.  — 
(Kal.  sulfocyana- 
tum) 

Picrate  de  Na  (Natr.  — 
pricricum) 

Nitrate  de  Na  (Natr.  — 
nitricum) 

Chlorure  do  Na  (Natr.  + 
chlorat.) 


Li,  Si- 
card,  Rotky, 
Cestan-Riser- 
Laborde). 
(Stern- Gautier), 


(Stern  -  Gautier, 
Walter). 

(Stern  -  Gautier). 


(Flatau). 

(Flatau). 

(Stern  -  Gautier). 
(Stern  -  Gautier). 
(Achard  -  Loeper. 


Salicylate  de  Na  -1-  (Livon-Bernard). 


Acide  picrique 

Mercure 

Bismuth 


Salvarsan 

Alcool 

Urotropine 

Morphine 

Atropine 

Santonine 

Curare 

Adrénaline 

Urée 

Acide  urique 
Agglutinines  (typhi¬ 
ques). 


-  (Rotky). 

+  (Stern  -  Gautier) 
+  (Raymond). 

—  (Sezary  -  B; 

Pomaret,  Jean 
selme  -  Delà 
lande  -  Terris) 
+  (Rieger-Salo 

—  (Hotf).  ■ 

+  (Nicloux). 

+  (Crowe,  Raid, 
Rotky). 

+  (Stern  -  Gautier). 
+  (Stern  -  Gautier), 
-f  (stern  -  Gautier). 

—  (stern  -  Gautier). 

—  (stern  -  Gautier). 
(P.  Monakow). 

— •  (P.  Monakow). 

■  —  (Widal-Sicard). 

+  (Zaloziecki,  Weil, 
Giirtner,  Star- 
kenstein  -  Zit- 
terbart). 

—  (Flatau). 


524 


E.  FLATAU 


Bleu  de  méthylène  —  (Sicard,  Cestan- 
Riser-Laborde, 
Flatau). 

Violet  de  méthylène  ±  (Stern  -  Gautier). 

—  (Flatau). 

Aesculinum  +  (Schônfeld). 

Rouge  neutre  (Neu-  +  (Flatau), 
tralrot). 

Ponceau  —  (Flatau). 

Brun  de  Bismarck  —  (Flatau). 
(Bismarckbraun) 

Bleu  d’éthylène  —  (Flatau). 

Vert  de  méthylène  • —  (Flatau). 
(Lichtgrün). 

Indigo-carmin  — ■  (Flatau). 


Rouge  de  Congo  (Con- ±  (Flatau), 
gorot). 

Bleu  de  Nile  (Nil-  —  (Flatau"), 
blau) 

Fuchsine  acide  -|-  (Flatau). 

Tionine  —  (Flatau). 

Chrysoïdine  -F  (Flatau). 

Auramine  —  (Flatau). 

Phénolphtaleine  • —  (Flatau). 

Trypaflavine  -t-  (Lenz). 

—  (Flatau). 

Bleu  de  Prusse  col - (Flatau). 

loïdal 

Uranine  -f-  (Rotky,  Kafka, 

Schoenfeld). 

±  (Flatau). 


Dans  le  schéma  précédent  nous  avons  cité  des  faits,  qui  établissent  la 
perméabilité  de  la  barrière  dans  un  organisme  normal. 

Une  autre  question  se  pose  :  qu’est-ce  qui  influe  sur  une  perméabilité 
plus  ou  moins  grande  des  substances  de  la  circulation  sanguine  dans  le 
liquide  céphalo-rachidien  ? 

Il  faut  se  remémorer  avant  tout  le  f^it,  que  le  rapport  entre  la  perméa¬ 
bilité  de  la  membrane  cellulaire  et  l’irritation  est  une  loi  biologique  géné¬ 
rale.  (Hoeber.)  Dans  le  monde  végétal,  comme  animal,  on  constate  à 
l’état  normal  l’absence  de  perméabilité  de  cette  membrane.  Par  contre, 
la  membrane  devient  perméable  sous  l’influence  de  l’irritation.  Hoeber 
cite  des  expériences  de  Tschaotin  sur  les  œufs.  L’auteur  immergeait 
ces  œufs  dans  un  liquide  faiblement  alcalin,  coloré  par  le  rouge  neutre 
qui,  sous  l’influence  des  bases,  tourne  au  jaune.  Les  œufs  restent  rouges. 
Mais  si  on  soumet  un  point  de  l’œuf  à  l’action  des  rayons  ultra-violets, 
ce  point  devient  jaune.  Donc,  sous  l’influence  de  l’irritation  lumineuse, 
le  point  donné  a  laissé  passer  à  travers  la  membrane  des  alcalis.  En  quoi 
consiste  la  transformation  de  la  membrane  ?  Hoeber  suppose  que  la 
cause  consiste  en  ceci,  que  les  collo'ides  membraneux,  de  parleur  nature 
sensibles  aux  ions,  constituent  le  point  d’attache,  auquel  visent  les  pro¬ 
cessus  ci-dessus  indiqués.  Les  collo'ides  subissent  certaines  transformations 
sous  l’influence  des  ions,  qui  agissent  du  milieu  extérieur. 

A  part  cette  loi  générale,  il  faut  penser  aussi  h  la  loi  spéciale,  concernant 
la  perméabilité  de  la  membrane  par  rapport  aux  différentes  substances 
chimiques.  En  vertu  d’une  loi  biologique,  de  toutes  les  substances  dia- 
lysantes  traversant  la  membrane  le  plus  facilement,  sont  les  substances  vola¬ 
tiles,  comme  le  chloroforme,  l’acétone,  l’alcool.  En  ce  qui  concerne  les 
sels,  la  loi  de  dialyse  est  conforme  aux  rangs  lyotropes  :  le  plus  facilement 
passent  les  sels  de  rhodium,  ensuite  les  sels  d’iode,  ensuite  les  azotates, 
les  chlorures  et  les  sulfates  (Lange).  L’acétone  et  l’urée  sont  les  combinai¬ 
sons  pathologiques  qui  passent  le  plus  facilement  dans  le  liquide  céphalo¬ 
rachidien,  tandis  que  les  composés  colloïdaux  ne  sont  pas  perméables. 
Seulement  lorsqu’une  lésion  frappe  la  membrane,  elle  devient  perméable 
non  seulement  aux  colloïdes,  mais  même  aux  éléments  corpusculaires, 
quoique  ici  aussi  se  maintiendra  en  rigueur  la  loi  des  rangs  lyotropes 


SUR  LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  BARRIÈRE  NERVEUSE  CENTRALE  525 

(hémoglobine,  <  globuline  >  fibrinogène,  <  cellules  >  (Lange).  On  a  essayé 
d’influer  de  diverses  façons  sur  la  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse  cen¬ 
trale.  On  a  eu  recours  d’abord  à  la  méthode  mécanique,  c’est-à-dire  le  drai¬ 
nage.  Dercum  soutirait  par  ponction  lombaire  24-40  cc.  de  liquide  céphalo¬ 
rachidien  et  injectait  ensuite  dans  la  veine  du  salvarsan  qui  dans  ces 
conditions  passait  dans  le  liquidel  Hoff  (1923)  supposait  même  que  grâce 
à  cette  méthode  on  pouvait  faire  arriver  l’arsenic  jusqu’au  nerf  optique. 
Stern  et  Gautier  cependant  n’ont  pas  pu  se  convaincre  si  cette  méthode 
influe  sur  la  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse.  La  néphrectomie  est 
également  une  des  méthodes  mécaniques  (Stern-Gautier).  Castaigne 
suppose  qu’on  peut  s’expliquer  de  cette  façon  le  passage  du  bleu  de  méthy¬ 
lène  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  au  cours  de  l’urémie. 

D’autres  savants  ont  choisi  une  autre  voie  d’action  sur  la  perméabilité 
des  membranes,  c’est-à-dire  l’appareil  sympathique  et  parasympatlûque. 
Dans  ce  domaine  on  peut  désigner  quelques  travaux,  qui  traitent  en  géné¬ 
ral  de  la  perméabilité  des  membranes.  Par  contre,  on  manque  d’expé¬ 
riences,  qui,  d’une  façon  systématique,  observeraient  l’influence  des 
moyens  sympathiques  et  parasympathiques  sur  la  perméabilité  de  la 
barrière  nerveuse  centrale. 

Ascher,  Abelin  et  Scheinfinkel  (1924)  sectionnaient  chez  le  chat  d’un 
côté  du  cou  le  nerf  sympathique  et  examinaient  la  salive,  qui  s’écoulait  par 
les  deux  canaux  excréteurs.  On  a  constaté  que  la  quantité  de  salive  était 
la  même  des  deux  côtés,  mais  la  quantité  de  chlorures  à  baissé  de  moitié 
du  côté  opéré.  Le  nerf  sympathique  a  donc  une  influence  considérable 
sur  la  perméabilité  des  cellules  spécifiques  et  des  vaisseaux  par  rapport 
aux  chlorures.  Jamamoto  (1925)  sectionnait  le  nerf  sympathique  cervical 
d’un  côté  et  injectait  ensuite  de  l’indigo-carmin  dans  les  muscles  cer¬ 
vicaux  soit  d’un  côté,  soit  de  l’autre.  On  a  constaté  que  l’indigo  carmin, 
injecté  dans  les  muscles  du  côté  du  nerf  sectionné,  passe  plus  rapidement 
dans  l’urine.  D’autres  expériences  cependant  prouveraient,  au  contraire, 
que  la  perméabilité  est  abaissée.  Haliburton  et  Dixon  provoquaient 
soi-disant  l’hypersécrétion  des  plexus  par  la  pilocarpine.  François, 
Kafka  et  Schlaepfer  ont  constaté  le  même  fait,  par  contre  Sicard  nie 
l’influence  de  la  pilocarpine.  Jacobi  et  Magnus  n’ont  pas  constaté  l’action 
inhibitrice  de  l’atropine  sur  la  sécrétion  du  liquide  céphalo-rachidien, 
ainsi  que  l’ont  alTirme  d’autres  savants.  Il  faut  attirer  l’attention  sur  le 
fait  que  cette  incertitude,  qui  caractérise  l’influence  des  substances  sym¬ 
pathiques  ét  autonomiques,  peut  être  due  à  la  dualité  de  leur  noble  mode 
d’action,  ce  que  souligne  spécialement  Daniélopolu  (1925).  Ce  savant  dit  : 
«  Les  substances  végétatives  sont  amphotropes  ».  Spécialement,  quant  à 
l’atropine,  Daniélopolu  soutient  que  les  doses  petites  excitent  le  système 
sympathique  et  parasympathique  (surtout  cependant  le  parasympa¬ 
thique),  tandis  que  les  doses  grandes  paralysent  ces  deux  groupes  (de 
même  surtout  le  système  parasympathique). 

S’il  s’agit  de  travaux  sur  l’influence  des  substances  végétatives  sur  ta 
perméabilité  de  la  barrière  nerveuse,  on  connaît  le  travail  de  Kafka  de 


LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  BARRIÈB® 


Iode 

Br. 

Nitrates 

Salicylate 
de  Na 

Mercure 

Salvarsan 

Uranine 

Méningite  tu¬ 
berculeuse..  . 

Méningite  cé¬ 
rébro-spinale 
épicléiniquc . 

Méningite  sy¬ 
philitique.  . . 

Méningite. . . . 

-h  (Sicard  ,  Wi- 
dal  -  Monod, 
Griffon,  JervellJ 

—  (Hotky) 

—  (Cruchet,  Si¬ 
card  -  Brecy, 
Weichselbaum) 
-h  (Griffon) 

-1  (Sicard,  Wi- 
dal  -  Monod . 
Brissaud  -  Bré- 
cy,  Gestan  -  Ri- 
ser-Laborde) 

—  (Oreflei) 

-f  (Mes- 

Bickel)’ 

-1-  (Mes- 
trezat) 

-h  (Mes- 
trezat) 

-k  (Bie- 
ling-Wei) 
chbrodt) 

-h  (Hüfï) 

-1-  (Jervell) 

-1-  (Jervell) 

Abcès  cèré- 

+  (Hoff). 

Tumeur  cérô- 

—  (Rotky) 

-h  (Walter, 
Hauptmann) 

Paralysie  gé¬ 
nérale  . 

+  (Ilaupt- 
mann) 

-k  (Kafka) 

Encéphalite 

léthargique.. 

Délire  tre- 

-1  (llaupt- 
mann) 

Epilepsia  .... 

Tétanus . 

Tahfts . 

—  (Rotky) 

t  ^''^t)"'" 

—  (Red- 
lich-Pützl- 
Hess) 

I-  (Walter, 
llauptmann) 

Ro^L^ky)’ 

Myélite . 

Sclérose  en 
plaques . 

-I-  (Walter) 

—  (Rotky) 

--  (Mes- 
trezat) 

Tumeur  de  la 
moelle . 

Affections  mé¬ 
dullaires  sys¬ 
tématisées..  . 
Psychoses  sé¬ 
niles  et  arté- 
rioscléreuses. 
Psychoses 
symptomati- 

-1-  (Walter, 
llauptmann) 

-1-  (Walter) 

1-  Haupt- 

“^RVEUSE  centrale 


3S  ÉTATS  PATHOLOGIQUES. 


Bleu  de 
“éthylène 

Fuchsine 

S 

Sucre 

Acéton 

Agglutinines 

Isoag- 

glutini- 

llémoly- 

Alexine 

(complé- 

ccpteurs 

+  (Flatau 
sous  forme 
de  chro¬ 
mogène) 

-1-  (Flatau- 
sous  forme 

mogène) 

(  (Wiech- 

<  (Wicch- 

<  (Wiech- 

—  (Her- 

Halber) 

-t-  (Her- 

Halbcr) 

-h  (Boas- 
Neve) 

-I-  (Boas- 
Neve) 

-i-  (Boas, 
\V  i  0  c  - 
kowski, 
Félix, 
Kafka) 

(t(Wiech- 

>  (Mestre- 
zat-Angla- 
de) 

(ProteusX-19 
(Bieling-Wei- 
chbrodt),  ac- 
compagné 
d  une  irnta- 
tionaiguëdes 
méninges  et 
vaisseaux 

-1-  (Weil, 
Kafka- 

Novc) 

—  (Kafka) 

-t-  (Boas, 
\V  i  e  c  - 
kowski. 
Félix). 

(Mcstrezat, 

Netter, 

\  Foerster, 
^  Barré 
Wiechmap) 

-l-  (Red- 
lich-Pôtzl- 

>  (Mestrb- 
zat- An- 
glade) 

-1-  (Sabrezes- 
Rivière) 

XM^estre- 

-h  (Iler- 

llalber) 
-1-  (Her- 

Halber) 

IC.  FLATAU 


1913,  qui  prétend  que  la  pilocarpine  n’augmente  pas  la  perméabilité  de 
l’uranine  par  rapport  au  liquide  céphalo-rachidien.  Certains  auteurs, 
comme  Barbet,  recouraient  à  des  substances  vaso-dilatatrices  (nitrate 
d’amyle),  afin  d’augmenter  la  perméabilité  nerveuse.  Stern  et  Gautier 
nient  l’elîet  de  ces  substances  sur  la  barrière  nerveuse  centrale. 

D’autres  savants  ont  essayé  d’agir  sur  la  perméabilité  nerveuse  par 
des  solutions  hypertoniques.  Bruhno  et  Dietrich  (1923)  injectaient  aux 
malades  dans  les  veines  une  solution  hypertonique  (10  %  de  sel  physio¬ 
logique)  et  ensuite  du  salvarsan.  Le  résultat  était  négatif.  De  même  ont  été 
négatifs  les  essais  entrepris  par  Jeanselme-Delalande  et  Terris,  qui  injec¬ 
taient  une  solution  de  glucose  à  10  %  et  ensuite  des  composés  de  bismuth- 
On  n’a  pas  décélé  de  bismuth  dans  le  liquide  céphalo-rachidien. 

Dans  le  domaine  de  l’endocrinologie,  Frazier  (1914)  a  essayé  de  démon¬ 
trer  l’action  inhibitrice  de  l’extrait  de  la  thyroïde  sur  le  plexus  choroïdien 
au  point  de  vue  de  sécrétion  du  liquidée  éphalo-rachidien.  Heilig  et  Holï, 
en  1924,  attirent  l’attention  sur  l’augmentation  de  la  perméabilité  ner¬ 
veuse  par  rapport  à  l’uranine  au  cours  des  3  premiers  jours  de  la  mens¬ 
truation. 

On  a  enfin  essayé  d’influer  sur  la  perméabilité  nerveuse  à  l’aide  des 
bactéries  et  des  toxines.  Salin  et  Reilly  (1913)  provoquaient  chez  des 
chiens  immunisés  par  le  bacille  d’Eberth,  une  méningite  aseptique 
(moyennant  le  cyanure  de  mercure),  et  constataient  le  passage  des  agglu¬ 
tinines  typhiques  dans  le  liquide  céphalo-rachidien.  Bieling  et  Weich- 
brodt  ont  constaté  le  passage  des  agglutinines  du  proteus  X-19  dans  le 
liejuide  céphalo-rachidien  chez  des  malades,  atteints  de  paralysie  géné¬ 
rale,  mais  seulement  dans  ce  cas,  lorsqu’on  a  réussi  de  provoquer  par 
les  bactéries  (le  la  fièvre  récurrente  un  état  inïlammatoire  aigu  des 
méninges  et  des  vaisseaux.  Les  mêmes  auteurs  provoquaient  en  1925 
exiiérimentalement  une  méningite  à  méningocoques  et  constataient  une 
perméabilité  accrue  par  rapport  aux  anticorps  et  arsénobenzol.  Quant 
aux  toxines,  Stern  et  Gautier,  en  1923,  ont  étudié  l’influence  de  certaines 
toxines,  comme  celle  de  la  dyphtérie,  du  tétanos  et  de  la  tuberculose,  sur 
la  perméabilité.  Comme  test,  on  s’est  servi  du  ferrocyanure  de  sodium  et 
des  jûcrates.  On  a  constaté  que  la  perméabilité  nerveuse  baisse  sous 
l’influence  de'"  ces  toxines.  L’influence  de  la  toxine  bacillaire  est  pas¬ 
sagère.  Elle  se  révèle  non  immédiatement  après  l’injection,  mais  au  bout 
de  quelques  heures,  lorsque  la  température  s’élève  notablement  (à39°5). 
Dans  les  24  heures,  la  barrière  revient  à  la  norme.  A.  Marie  et  Kohen 
(1923)  ont  injecté  aux  malades  de  la  tuberculine,  afin  d’activer  le  pas¬ 
sage  du  bismuth  du  sang  dans  le  liquide  céphalo-rachidien.  On  a  eu  recours 
aussi  aux  colorants  toxiques  (vi(jlet  de  méthyle,  —  Vénéziani),  aux  gaz, 
(CO^  Sliilling-Siengalewicz)  (d  au  néosalvarsan  (Shilling-Siengalewicz) 
pour  détériorer  temporairement  les  cellules  des  plexus  vasculaires  et 
jirovoquer  un  accroissement  de  la  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse, 
ne  serait-ce  que  passagère.  Le  résultat  de  ces  expériences  n’est  pas  encore 


SUR  LA  PERMÉABILITÉ  DÉ  LA  BARRIÈRE  NERVEUSE  CENTRALE  529 

certain.  Ainsi,  par  exemple,  dernièrement  Smith-Duddiey  et  Waddell 
(1924)  n’ont  pas  constaté  que  le  violet  de  méthyle  accroisse  la  perméabilité 
par  rapport  à  l’arsphénamine. 

En  nous  basant  sur  le  matériel  actuel,  nous  ne  pouvons  douter  de  l’exis¬ 
tence  d’une  barrière  solide,  dont  le  but  est  deprotégerle  système  nerveux 
des  influences  extérieures  et  de  barrer  le  passage  aux  substances  circulant 
dans  le  sang  dans  le  liquide  céphalo-rachidien. 

Comme  antithèse  à  ce  fait,  peut  servir  la  constatation  que  les  substances 
introduites  dans  le  liquide  passent  facilement  dans  le  sang  et  l’urine- 
Cela  a  été  constaté  par  Lewandowsky  (1900),  qui  introduisait  du  ferro- 
cyanure  de  sodium  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  et  le  décelait  dans 
l’urine  au  bout  de  15-35  minutes,  ensuite  par  Dandy  et  Blackfan  (1913), 
qui  injectaient  de  la  phénol-sulphénol-phtaléine  dans  les  ventricules  et 
constataient  sa  présence  dans  l’urine  déjà  au  bout  de  10-12  minutes. 
Dernièrement  Stern  et  Gautier  ont  prouvé  pour  toute  une  série  de  subs¬ 
tances  (ferrocyanure,  salicylate  de  soude,  adrénaline,  et  d’autres),  que 
la  circulation  sanguine  n’oppose  pas  de  barrière  aux  corps  circulant 
dans  le  liquide  céphalo-rachidien. 

Ün  problème  dont  on  s’est  beaucoup  occupé  était  la  perméabililé  de 
la  barrière  nerveuse  cenlrale  au  cours  des  étals  pathologiques. 

Du  tableau,  que  nous  joignons,  on  verra  qu’il  est  dilïicile,  dans  l’état 
actuel  de  la  science,  d’établir  des  normes  fixes  pour  la  perméabilité,  qui 
correspondraient  à  certaines  entités  morbides.  Les  expériences  ne  sont 
pas  encore  suflisamment  nombreuses.  Mais,  en  principe,  il  faut  considérer 
comme  possible  qu’on  pourra  établir  des  normes  fixes.  Déjà,  aujourd’hui» 
on  est  frappé  dans  ce  tableau  de  certains  faits.  Ainsi,  par  exemple,  les 
expériences  sur  les  azotates  (Mestrezat)  ont  révélé  que  ceux-ci  passent 
dans-une  quantité  très  notablement  accrue  par  la  barrière  nerveuse  au 
cours  des  états  inflammatoires  des  méninges  ;  par  contre,  leur  quantité 
n’augmente  pas  dans  beaucoup  d’autres  maladies  nerveuses  citées  par  les 
auteurs.  De  même,  on  a  constaté  que  la  fuchsine  acide  passe  à  l’état  de 
chromogène  presque  exclusivement  au  cours  des  méningites  cérébro- 
spinale  ou  tuberculeuse  (Flatau).  Les  recherches  exécutées  moyennant  la 
méthode  de  Walter  (par  le  bromure)  ont  prouvé  l’accroissenient  de  la 
perméabilité  au  cours  ^de  certaines  maladies  de  la  moelle  et  du  cerveau. 
La  quantité  de  sucre  est  abais.  ée  au  cours  des  méningites,  au  contraire 
accrue  au  cours  des  maladies  du  cerveau  (encéphalite  léthargique).  On  a 
constaté  une  perméabilité  accrue  pour  l’iode,  uniquem  nt  dans  les  états 
inflammatoires  des  méninges  (mais  ce  résultat  n’est  pas  tout  à  fait  cer¬ 
tain).  Par  contre,  jusqu’à  l’heure  actuelle  on  n’a  jamais  réussi  à  constater 
le  passage  de  l’iodure  de  potassium  au  cours  des  maladies  de  la  substance 
nerveuse.  Le  salvarsan  ne  passe  pas  en  général  dans  le  liquide  céphalo¬ 
rachidien  (seulement  Hoff  a  constaté  le  passage  de  cette  substance  au 
cours  des  abcès  du  cerveau  et  des  méningites).  Le  salvarsan  partage,  à 
ce  point  de  vue,  le  sort  du  mercure  et  du  bismuth.  Les  expériences  sur  la 
perméabilité  des  agglutinines,  isoagglutinines,  hémolysines,  anticorps,  etc.» 


1 


530  E.  El.  AT  AV 

sont,  à  rJicure  a(^LuelI<',  trop  (lisporsé<!s,  afin  qu’on  puisse  faire  des  con¬ 
clusions  nettes  ctétablir  des  tests  basés  sur  les  modifications  du  passage 
de  substanc(îs  dans  le  liejuido  céphalo-rachidien  au  cours  des  entités  mor¬ 
bides  déterminées. 


Recherches  personnelles . 

Dans  mon  travail  sur  la  «  Chromoncuroscopie  »  j’ai  attiré  l’attention 
sur  deux  méthodes  d’investigation,  qui  peuvent  être  utilisées  dans  les 
recherches  sur  la  i)erméabilité  de  la  barrière  nerveuse  centrale.  La  première 
de  ces  méthodes,  comparable  à  celle  de  Stern-Gauticr  et  Baatard,  consiste 
en  une  injection  dans  la  veine  d’une  solution  de  rhodonate  de  soude  ; 
ati  bout  d’un  certain  temps  (chez  le  lapin  de  préférence  au  bout  de  30- 
35’),  on  pratique  une  j)onction  sous-occipitale  et  on  recueille  le  liquide 
céphalo-rachidien  dans  un  récipient  en  porcelaine,  contenant  une  solu¬ 
tion  à  10  %  de  ferroeddorure.  Sous  l’influence  du  rhodium  il  se  forme  dans 
le  récipient  un  précipité  brun.  .Je  me  suis  servi  de  cette  méthode  exclu¬ 
sivement  chez  les  lapins.  L’injection  intraveineuse  d’une  certaine  quantité 
de  rhodanate  il’ammonium  (au-desus  de  20  ce.)  provoque  des  crises  ana¬ 
logues  à  celles  de  l’épilepsie  (convulsions  toniques,  cloniques,  tétanos  et 
dilatation  pupillaire  ad  inaxima).  Cette  méthode  pourrait  être  utilisée 
dans  les  investigations  sur  le  problème  de  l’épilepsie.  Je  l’ai  nommée 
l’épreuve  chromoneuroscopique  au  rhodanale  d’ammonium. 

L’autre  méthf)de  est  purement  colorante  et  consiste  en  l’introduction 
dans  l’organisme  d’une  solution  de  fuchsine  acide  (Fuchsine  S).  En  me 
basant  sur  mes  expériences  sur  les  lapins  et  sur  le  matériel  humain,  je  suis 
arrivé  à  la  conclusion  qu’il  est  le  plus  indiqué  de  se  servir  d’une  solution 
à  5  %  de  fuchsine  acide  ;  chez  le  lapin  les  plus  appropriées  sont  les  injec¬ 
tions  intraveineuses  (5  cc.),chez  l’homme,  les  injections  intramusculaires 
(2,0-3,0  chez  les  enfants,  5  ce.  chez  les  adultes).  Si  l’on  pratique  chez  le 
lapin  normal  une  ponction  sous-occipitale  au  bout  de  30’  et  si  l’on  re- 
cu(!ill(!  le  liquide  dans  un  récipient  en  porcelaine,  le  liquide  sera  tout  à  fait 
incolore.  Mais  si  on  fait  s’écouler  des  gouttes  de  liquide  dans  un  récipienti 
contenant  une  solution  d’qcide  chlorhydrique  dans  l’alcool  à  95  %  (dans 
une  proportion  de  1  :9),on  obtiendra  une  coloration  faiblement  violette. 
A  l’opposé  de  cela,  le  liquide  céphalo-rachidien  de  l’homme  normal  ne 
donne  pas  cette  réaction  colorée  avec  le  réactif.  Par  contre,  on  obtient 
une  réa(;tion  violette  plus  ou  moins  intense  dans  quelques  maladies  ner¬ 
veuses,  au  cours  desquelles  la  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse  cen¬ 
trée  s’accroît.  J’ai  pu  constater  que  cette  méthode,  que  j’ai  désignée  sous 
le  nom  d’épreuve  chromoneuroscopique  à  la  fuchsine,  donne  des  résultats 
positifs  chez  l’homme  presque  exclusivement  au  cours  des  états  inflam. 
matoircs  des  méninges.  Elle  peut  donc  rendre  de  réels  services  au  point  de 
vue  diagnostique.  Quant  au  temps  qui  doit  s’écouler  chez  l’homme  entre 
l’injection  intramusculaire  de  fuchsine  et  la  ponction  lombaire,  il  est 
préférable  de  pratiquer  la  ponction  deux  heures  après  l’injec.tion  de  fuchsine. 
Dette  méthode,  ajipliquée  jusipi’ici  à  200  malades,  n’a  jamais  donné  chez 


Sun  LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  BARRIÈRE  NERVEUSE  CENTRALE  531 

aucun  d’eux  lieu  à.  un  trodble  somatique.  On  peut  définir  l’intensité  de 
ce  test  soit  par  l’échelle  colorimétriqne  (1 /rjO.OOO,  100.000,  300.000, 
500.000),  soit  comme  très  faible,  faible,  forte  et  très  forte. 

Dans  ce  travail  je  voudrais  faire  part  de  mes  recherches  personnelles 
pratiquées  à  ce  point  de  vue  sur  les  lapins. 

Ces  expériences  se  divisent  en  8  groupes,  dans  lesquels  j’ai  essayé  de 
déterminer  l’influence  sur  la  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse  centrale 
de  :  lo  substances  narcotiques,  2®  substances  sympatico-vagotoniques, 
3“  hypertoniques,  4°  substances  provenant  de  glandes  à  sécrétion  interne, 
5°  ions,  6“  hyperthermie,  7°  gaz.  Enfin  dans  le  huitième  groupe  des 
expériences  j’introduisais  différentes  substances  non  dans  le  sang,  mais 
directement  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  et  j’essayais  de  déterminer 
leur  influence  sur  la  perméabilité  de  la  barrière.  Comme  indice  de  cette 
perméabilité  je  me  servais  de  mon  épreuve  à  la  fuchsine,  ensuite  de  l’é¬ 
preuve  au  rhodanate  d’ammonium,  et  seulement  dans  un  nombre  res¬ 
treint  d’expériences  j’ai  eu  recours  à  l’épreuve  au  bromure  de  Walter. 

Il  faut  de  prime  abord  souligner  les  oscillations  individuelles  de  lapins 
par  rapport  aux  épreuves  mentionnées  plus  haut  (à  la  fuchsine  et  au 
rhodanate  d’ammonium).  C’est  pourquoi  le  résultat  des  expériences  a  été 
souvent  contrôlé  et  vérifié.  J’ai  voulu  délimiter  certains  faits  même  ap¬ 
proximativement.  Dans  mes  expériences  j’envisageais  :  1°  l’influence  de 
certains  facteurs  sur  la  perméabilité  du  chromogène  dans  l’épreuve  à  la 
fuchsine,  ainsi  que  du  rhodium  dans  l’épreuve  au  rhodanate  d’ammo- 
uium,  2°  l’influence  de  ces  facteurs  sur  l’irritabilité  cérébrale  s’exprimant 
uu  cours  de  l’épreuve  de  rhodanate  d’ammonium  par  l’éclosion  d’une  crise 
de  convulsions. 

Quant  à  la  technique  de  ces  expériences,  elle  consistait  en  ceci  :  qu’on 
injectait  à  tous  les  lapins,  une  heure  avant  l’expérience,  de  la  morphine. 
Ensuite,  on  introduisait  (en  général  dans  la  veine  auriculaire)  la  substance 
donnée  (soit  lo  narcotique,  soit  une  substance  sympathico  ou  vago- 
tonique,  etc.).  Aubout  d’un  certain  temps  on  injectait  dans  la  veine,  soit 
de  la  fuchsine  acide  (5  cc.  d’une  solution  à  5  %),  soit  une  solution  de 
rhodanate  d’ammonium  à  1  %(de  20  cc.  plus  haut),  soit  du  bromure  de 
sodium  (dans  une  proportion  de  0,05  à  1  kg.  de  poids).  En  général  on  pra¬ 
tiquait  au  bout  de  30’  une  ponction  sous-occipitale  et  on  recueillait 
le  liquide  par  gouttes,  soit  dans  une  solution  d’acide  chlorhydrique  dans 
l’alcool,  soit  dans  une  solution  de  ferrochlorure  à  10  %  et  on  déterminait 
l’intensité  de  l’épreuve  à  la  fuchsine  et  au  rhodium.  Après  l’application 
de  l’épreuve  au  bromure  de  Walter,  on  recueillait  le  sérum  sanguin  et  le 
liquide  céphalo-rachidien,  soit  au  bout  d’une  ou  au  bout  de  trois  journées, 
pendant  lesquelles  on  faisait  ingérer  du  bromure.  Dans  toutes  les  expé¬ 
riences  on  recherchait  dans  le  liquidé  céphalo-rachidien  de  la  pléocytose 
et  du  fibrinogène.  Dans  des  expériences  appropriées,  on  notait  le  genre 
de  convulsions  et  le  temps  au  cours  duquel  elles  apparaissaient. 

Nous  donnons  le  résultat  de  nos  expériences  sommairement,  sans  énu¬ 
mérer  les  comptes  rendus  de  chaque  expérience  à  part. 


■'  532 


y?.  FLATAU 


I.  —  Effet  des  substances  narcotiques. 

Nous  nous  sommes  servis  du  luminal,  du  bromure  de  sodium  et  du 
chloralhydrate.  On  administrait  du  luminal  (0,2-0, 3  pendant  1-2  jours). 
Ce  médicament  n’avait  aucun  effet  sur  la  perméabilité,  ni  du  chromogène 
de  la  fuchsine  ni  du  rhodanate.  Les  deux  réactions  pratiquées  en  30,  60  et 
90’  après  injection  sous-cutanée  de  luminal,  ne  différaient  pas  distincte¬ 
ment  de  la  norme.  On  a  constaté  le  même  résultat  négatif  après  injection 
de  grandes  doses  de  bromure  (3,0  de  bromure  de  sodium)  et  de  chloralhy¬ 
drate  (1  gr.).  L’encéphale  du  lapin,  décédé  au  bout  de  5  heures  après 
injection  de  chloral,  ne  décelait  aucune  trace  de  coloration,  ni  de  la  subs¬ 
tance  nerveuse,  ni  des  plexus  vasculaires.  Quant  à  l’influence  de  ces  subs¬ 
tances  sur  l’apparition  des  convulsions  (au  cours  de  l’épreuve  avec 
le  rhodanate  d’ammonium),  il  est  non  douteux  que  le  luminal  de  0,2 
enrayait  la  crise  qui,  soit  ne  se  produisait  pas  du  tout,  soit  affectait  un 
aspect  rudimentaire,  même  après  injection  d’une  grande  dose,  comme 
70  cc.  de  rhodanate  d’ammonium.  On  percevait  à  pein^  quelques  faibles 
mouvements  du  museau,  parfois  quelques  secousses  courtes  et  brusques 
générales  ou  localisées,  mais  jamais  il  n’y  a  eu  de  grandes  crises  épilep¬ 
tiques,  si  caractéristiques  pour  les  composés  d’ammonium  (Oppler, 
Petrof,  Hahn-Massen-Nencki-Pawlow,  Carlson-Jacobson,  Jelenkiewicz  et 
d’autres).  Il  faut  souligner  encore  une  fois  que,  malgré  l’inhibition 
marquée  de  toute  crise  épileptique,  la  réaction  au  rhodium  dans  ces 
cas  ne  dilTérait  pas  de  la  normale. 

Le  bromure  et  le  chloral-hydrate  avaient  aussi  un  effet  inhibiteur  sur 
l’éclosion  des  crises  convulsives,  consécutives  à  l’épreuve  au  rhodanate 
d’ammonium. 

Afin  de  vérifier  si  d’autres  substances  n’appartenant  pas  au  groupe 
des  narcotiques  ont  une  influence  analogue  sur  l’inhibition  des  crises,  j’ai 
eu  recours  dans  mes  expériences  au  sulfate  de  magnésium  à  5  %. 

Après  injection  intraveineuse  de  5  cc.  de  ce  composé  et  application  du 
test  au  rhodanate  d’ammonium (60-70  cc.),  il  y  a  eu  une  crise  épileptique 
violente. 


IL  —  Inftuence  des  substances  sympathico-vagotoniques. 

Dans  de  multiples  expériences,  j’ai  essayé  surtout  d’étudier  le  mode 
d’action  de  l’atropine  et  je  n’ai  employé  que  chez  un  nombre  restreint 
d’animaux  de  l’adrénaline,  de  la  pilocarpine  et  de  l’ésérine.  Je  n’ai  pas 
étudié  l’action  de  l’ergotamine  et  de  l’histamine.  Dans  mes  recherches 
sur  l’atropine,  je  faisais  surtout  attention  sur  la  perméabilité  plus  ou 
moins  grande  de  la  barrière  nerveuse  par  rapport  à  la  fuchsine  et  au  rhoda¬ 
nate  d’ammonium.  Je  notais  en  outre  l’influence  de  cette  substance  sur 
l’éclosion  d’une  crise  convulsive  chez  des  animaux,  qui  avaient  reçu  préala¬ 
blement  du  rhodanate  d’ammonium. 

Les  expériences  avec  l’épreuve  à  la  fuchsine  consistaient  en  ceci,  qu’on 


SÜR  LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  BARRIÈRE  NERVEUSE  CENTRALE  533 


administrait  au  lapin,  une  heure  après  la  morphine,  de  l’atropine  (en  géné¬ 
ral  dans  la  veine,  en  outre  par  voie  sour-cutanée  et  par  ingestion).  On 
injectait  en  général  1  ce.  d’une  solution  à  4  %  d’atropine.  En  1/2  h.- 
1  h',  après  l’atropine,  on  injectait  dans  la  veine  5  cc.  d’une  solution  à  5  % 
de  fuchsine  acide  ;  généralement  au  bout  de  35’  on  pratiquait  une  ponc¬ 
tion  sous-occipitale  et  on  examinait  le  liquide  céphalo-rachidien  par  le 
réactif  déjà  mentionné  :  une  solution  d’acide  chlorhydrique  dans  de  l’alcool- 
Dans  certaines  expériences,  on  administrait  les  injections  d’atropine 
presque  quotidiennement  au  cours  d’une  à  trois  semaines.  Dans  d’autres, 
en  augmentait  la  dose  d’atropine  à  4  cc.  jusqu’à  10  cc.  d’une  solution  à 
4  %.  Nous  nous  sommes  convaincus  que  le  lapin  (de  2-3  kg.)  supporte  ces 
immenses  doses  d’atropine  (jusqu’à  0,4),  à  condition  de  faire  entre  les 
doses  à  1,0  des  intervalles  de  2-6  minutes.  Nous  avons  constaté  qu’au 
cours  de  l’administration  de  doses,  d’atropine  relativement  moindres 
(1,0),  l’épreuve  à  la  fuchsine  était  faiblement  positive,  mais  assez  dis¬ 
tincte.  De  même,  au  cours  de  l’administration  de  doses  immenses  (4-10  gr.), 
le  résultat  était.toujours positif,  quoique  très  faible.  Parfois,  au  cours  des 
premières  4-5  gouttes,  il  était  négatif  et  la  légère  coloration  violette 
n’apparaissait  que  vers  14-18  gouttes.  On  n’a  jamais  constaté  de  l’ab¬ 
sence  de  coloration.  Même  après  une  longue  période  d’administration  de 
l’atropine  (3  semaines),  le  test  à  la  fuchsine  donnait  toujours  un  résultat 
positif.  Dans  une  expérience,  on  a  injecté  d’abord  de  la  fuchsine  et  ensuite 
seulement  de  l’atropine.  Le  résultat  a  été  de  même  positif. 

Nous  avons  appliqué  aussi  dans  nos  expériences  l’épreuve  au  bromure 
4e  Walter,  déterminant  le  rapport  du  bromure  du  sang  à  celui-ci  dans  le 
liquide  céphalo-rachidien.  Walter  a  déterminé  ce  rapport  pour  l’homme, 
l’appelant  Permeabilitâtsquotient  ou  PQ,  comme  égalant  2,9  à  3,3. 
Chez  le  lapin  normal  ce  chiffre  est  soumis  à  des  oscillations  encore  plus 
grandes  que  chez  l’homme.  On  a  con.  taté  que  lorsqu’on  injecte  au  lapin 
4ans  la  veine  du  bromure  de  sodium  (0,5  par  kg.  de  poids)  et  qu’on  recueille 
1®  sérum  et  le  liquide  céphalo-rachidien  dans  l’espàce  de  24  h.,  le  PQ 
oscille  entre  1,83  et  2,9.  De  même,  après  administration 'de  bromure  pen¬ 
dant  3  jours  de  suite,  le  PQ  atteignait  chez  un  lapin  1,84,  chez  un  autre 
2,28.  Ces  grandes  oscillations  ne  permettent  pas  de  tirer  des  conclusions 
précises  de  cette  méthode  dans  des  conditions  pathologiques.  Néanmoins 
irons  l’avons  appliquée  au  cours  de  nos  expériences  avec  l’atropine.  Les 
chiffres  étaient  en  général  assez  élevés.  Chez  trois  lapins,  auxquels  on  a 
injecté  à  une  reprise  dans  la  veine  de  grandes  doses  d’atropine  (6  gr.  d’une 
solution  à  4  %,  avec  des  intervalles  de  1-2  minutes)  et  auxquels  on  a  admi¬ 
nistré  2  heures  après  du  bromure  de  sodium  et  24  h.  après  on  a  recueilli 
du  sérum  et  du  liquide  céphalo-rachidien,  le  PQ  correspondait  à  2,2-2,6- 
2,65.  Chez  le  quatrième  lapin,  auquel  on  a  injecté  2  gr.  d’une  solution 
n  4  %  d’atropine  pendant  4  jours  consécutifs,  fait  prendre  du  bromure 
seulement  le  4®  jour  et  recueilli  le  sang  et  le  liquide  24  h.  après,  le  PQ 
répondait  à  3,0. 

En  nous  basant  sur  ces  expériences,  nous  sommes  arrivés  à  la  conclusion 


534 


E.  EL  AT  AU 


quo  Valropinc,  même  lorsqu'elle  est  adrninislrée  à  doses  immenses,  n’esl 
pas  en  élal  d'enrayer  complèlemcnl  le  passage  du  cliromogène  fuchsique  à 
travers  la  barrière  nerveuse  dans  le  liquide  céphalo-rachidien.  Il  n'est  pas 
impossible,  ioidefois,  qu'il  n'y  ail  une  cerlaine  inhibition  de  la  réaction. 
Ce  fait  doit  avoir  une  cerlaine  importance  sur  l’évaluation  de  l’influence 
d(i  l’atropine  sur  his  crises  épileptiques. 

Dans  les  expériences  analogues  de  l’atropine  et  du  rhodanate  d’ammo¬ 
nium,  on  a  constaté  de  même,  qu’après  l’injection  d’atropine,  soit  sous  la 
peau,  soit  dans  la  veine  1  /2-1  1/2.  h.  avant  l’injection  intraveineuse  du 
rhodanate  d’ammonium,  on  n’obtient  jamais  une  réaction  totalement 
négative.  Le  liquide  céphalo-rachidien,  recueilli  dans  un  récipient  avec 
du  ferrochlorure,  donne  toujours  un  précipité  brun.  Cette  réaction  est  en 
général  très  faible,  il  est  donc  probable,  que  l’atropine  produit  son  effet 
inhibiteur.  Le  même  résultat  s’obtient  au  cours  des  injections  presque  quo¬ 
tidiennes  de  l’atropine  au  cours  d’une  à  trois  semaines,  avec  injection 
intraveineuse  consécutive  du  rhodanate  d’ammonium.  L’introduction 
d’une  dose  immense  d’atropine  (1-6  gr.  d’une  solution  Üe  4  %  en  une  fois) 
n’annule  pas  la  réaction.  Dans  une  expérience,  on  a  pratiqué  des  injec¬ 
tions  par  ordre  inverse,  c’est-à-dire  on  a  introduit  d’abord  du  rhodanate 
d’ammonium  et  ensuite  dans  la  même  veine  de  l’atropine.  Même  dans 
cet  ordre  inverse  la  réaction  au  rhodanate  était  nette  et  même  accentuée. 
Entre  parenthèses,  la  réaction  au  rhodanate  du  liquide  céphalo-rachidien 
(avec  du  ferrochlorure)  est  très  stable,  indépendamment  du  fait,  si  on  a 
injecté  aux  animaux  de  l’atropine,  ou  si  on  ne  l’a  pas  fait.  On  peut  cons¬ 
tater  la  réaction  positive  même  trois  ou  quatre  jours  après  l’injection  du 
rhodanate.  Lors  de  l’application  de  cette  épreuve  au  rhodanate  d’ammo¬ 
nium,  qui  nous  permet  normalement  d’étudier  la  perrnéablité  de  la  bar¬ 
rière  (rhodium)  et  l’éclosion  de  crises  convulsives  (ammonium),  nous  nous 
sommes  intéressés  au  problème,  si  l’action  de  l’atropine  sera  suffisante 
])our  inhiber  ou  même  enrayer  les  convulsions.  Il  faut  avant  tout  souligner 
([ue,  quoi([ue  les  doses  d’une  solution  de  rhodanate  d’ammonium  à  1  %, 
administrées  par  voie  intraveineuse,  provoquent  chez  le  lapin  des  crises 
convulsives,  on  arrive  à  constater  de  grandes  oscillations  individuelles. 
Ainsi,  par  exemple,  chez  le  lapin  de  contrôle  (n®  116)  après  injection  intra¬ 
veineuse  (le  35  ce.  d’une  solution  à  1  %  de  rhodanate  d’ammonium,  on 
n’a  observé  que  de  l’agitation.  Cinq  minutes  plus  tard,  on  introdusait 
encore  10  cc.  de  rhodanate  d’ammonium  et  on  observa  de  courts  mouve¬ 
ments  toni<[ues  d’extension. On  ajouta  encorcS  cc.de  rhodanate  d’ammo¬ 
nium,  et  alors  apparurent  des  secousses  toniques  et  cloniques  intenses  et 
de  l’opistotonus.  Chez  d’autres  lapins  les  convulsions  surviennent  à  des 
doses  moindres. 

Dans  les  expériences  au  cours  desquelles  on  administrait  préalablement 
de  l’atropine  et  ensuite  du  rhodanate  d’ammonium,  le  résultat  était  diver¬ 
geant.  Dans  ces  expériences,  j’avais  recours  à  des  doses  d’atropine  très 
élevées  (de  4  à  10  gr.  d’une  solution  à  4  %),  en  général  administrées  par 
voie  intraveineuse,  avec  des  intervalles  de  2-6  minutes  après  chaque 


Sun  LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  D ARRIÈRE  NERVEUSE  CENTRALE  535 


gramme.  Chez  certains  animaux  on  n’observait  pas  du  tout  de  convul¬ 
sions,  quoique  l’animal  succombât  en  1 12-4  journées  après  l’injection, 
victime  d’une  dose  trop  grande  d’atropine  et  du  rhodanate  d’ammonium. 
Je  citerai  comme  exemple  le  lapin  n^  118.  On  lui  a  injecté  dans  la  veine 
4  gr.  d’une  solution  à  4  %  d’atropine,  45  minutes  après,  une  injection  de 
35  gr.  de  rhodanate  d’ammonium  à  1  %  :  absence  de  tous  signes.  Au  bout 
de  7’,  injection  de  35  gr.  de  rhodanate  d’ammonium,  pas  de  signes.  13 
minutes  après,  nouvelle  injection  de  35  gr.  de  rhodanate  d’ammonium  : 
pas  de  symptômes.  Malgré  l’immense  dose  de  rhodanate  d’ammonium 
(105  gr.)  injectée,  il  n’y  a  pas  eu  de  convulsions.  Ce  résultat,  qui  décèle 
d’une  façon  si  plastique  dans  ce  cas  l’influence  de  l’atropine  sur  l’inhibi¬ 
tion  des  convulsions,  n’était  cependant  pas  identique  dans  d’autres  expé¬ 
riences.  Ainsi  par  exemple,  chez  le  lapin  n^  91,  on  a  injecté,  avec  des  inter¬ 
valles,  10  gr.  d’une  solution  d’atropine  à  4  %  ;  30  minutes  après,  injection 
intraveineuse  de  35  gr.  de  rhodanate  d’ammonium:  pas  de  signes.  Au  bout 
de  5’,  injection  réitérée  de  35  gr.  de  rhodanate  d’ammonium  :  pas  de 
signes  ;  15’ après,  injection  intraveineuse  de  25  gr.  de  rhodanate  d’ammo¬ 
nium  :  agitation  marquée  chez  l’animal,  qui  aboutit  après  nouvelle 
injection  de  5  gr.  en  une  crise  de  convulsions  violentes  et  répétées  (l’ani¬ 
mal  a  succombé  au  bout  de  5  h.).  Dans  ce  cas,  l’atropine  a  inhibé  l’appari¬ 
tion  de  la  crise,  mais  n’a  pas  pu  l’enrayer.  Les  convulsions  ont  apparu 
seulement  après  une  injection  de  100  gr.  de  rhodanate  d’ammonium, 
mais  le  résultat  n’était  pas  dans  ce  cas  aussi  éclatant  que  chez  le  lapin 
no  118,  auquel  on  a  injecté  une  dose  moindre  d’atropine  (4  gr.)et  qui  n’a 
pas  eu  du  tout  de  convulsions.  Dans  d’autres  expériences,  l’effet  de 
l’atropine  était  encore  plus  faible  :  malgré  une  dose  immense  (10  gr. 
d’üne  solution  à  4  %),  des  convulsions  toniques,  cloniques  avec  opisto- 
thonus  et  dilatation  pupillaire  maximale,  apparaissaient  déjà  lors  d’une 
injection  de  35  à  .55  cc.  de  rhodanate  d’ammonium. 

Malgré  ces  reslriciions  el  malgré  les  oscillalions  individuelles,  il  esl 
impossible  de  se  défendre  conlre  l’impression  que  V atropine  inhibe  el  même 
enraye  chez  certains  lapins  des  crises  coijviilsives,  qui  apparaîiraienl  d 
eoup  sûr  chez  ioui  animal  normal  après  injeclion  d’une  quanlilé  si  consi¬ 
dérable  de  rhodanate  d’ammonium.  Les  expériences  dans  lesquelles  on 
injectait  dans  la  veine  du  rhodanate  d’ammonium  seulement 24  ou  48  h. 
après  l’injection  d’atropine,  plaidaient  pour  cette  assertion.  Chez  ces  ani¬ 
maux  l’effet  de  l’atropine  n’était  plus  suffisamment  net  et  des  crises  con¬ 
vulsives  aiguës  succédaient  aux  injections  de  40-45  gr.  de  rhodanate 
d’ammonium. 

La  plupart  des  expériences  de  ce  groupe  concernait  l’action  de  l’a- 
l-ropine.  J’ai  étudié  l’action  de  substances  sympathico-vagotoniques 
comme  l’adrénaline,  la  pilocarpine  et  l’ésérine  chez  un  nombre  très  res¬ 
treint  d’animaux,  fin  général,  je  n’ai  pas  constaté  d’effet  net  de  ces 
substances  sur  la  modification  de  l’épreuve  à  la  fuchsine  ou  au  rho¬ 
danate. 


536 


E.  FL  AT  AV 


III.  —  Effel  de  substances  hypertoniques. 

_  J’ai  eu  recours  dans  ce  groupe  à  une  substance  généralement  employée, 
c’est-à-dire  une  solution  de  glucose  à  10  %.  On  faisait  ingérer  cette 
substance  pendant  quelques  jours  de  suite  et  on  donnait  ensuite  soit  de 
la  fuchsine,  soit  du  rhodanate  d’ammonium.  Le  résultat  de  la  réaction 
ne  déviait  pas  de  la  norme. 

IV.  —  Effet  des  glandes  à  sécrétion  interne. 

^  Nous  nous  sommes  servis  d’extrait  de  thyroïde,  d’hypophyse  et  d’épi¬ 
physe.  Ces  substances  ont  été  introduites  dans  l’estomac  moyennant  une 
sonde,  ou  injectées  sous  la  pe,au  (épiglandol).  La  thyroïdine  a  été  adminis¬ 
trée  selon  la  méthode  de  Simchowicz,  jusqu’à  la  chute  de  cheveux.  Dans 
ce  groupe  également,  il  m’a  été  impossible  de  déceler  une  influence  nette 
sur  le  résultat  de  l’épreuve  à  la  fuchsine  et  au  rhodanate. 

V.  —  Effet  des  ions. 

On  introduisait  soit  sous  la  peau,  soit  dans  la  veine,  des  sels  de  potas¬ 
sium,  iode,  calcium  et  magnésium.  Il  n’y  a  eu  aucun  effet  sur  la  réaction 
au  rhodanate. 


VL  —  Effet  de  l’ hyperthermie. 

Dans  ces  expériences  on  a  eu  recours  aux  méthodes  suivantes  : 

1°  On  introduisait  les  lapins,  auxquels  on  a  injecté  préalablement  de  la 
fuchsine  dans  la  veine,  dans  un  thermostat,  qu’on  chauffait  jusqu’à 
■50-65-99°  C.  Lorsque  la  température  de  l’animal  atteignait  42-43  C., 
on  pratiquait  une  ponction  sous-occipitale  et  on  recherchait  dans  le 
liquide  la  réaction  à  la  fuchsine. 

2°  On  injectait  aux  animaux  sous  la  peau  du  nucléinate  de  soude  (0,5- 
1,5  d’une  solution  à  10  %),  au  cours  de  deux  semaines.  La  température 
de  l’animal  montait  à  40°  41°,6. 

3°  On  injectait  aux  lapins  sous  la  peau  de  la  tuberculine  (1  /lOO.OOO- 
1  /lOOO,  à  une  dose  de  0,5-l,0)au  cours  de  deux  semaines.  La  température 
de  l’animal  oscillait  entre  38-40°  C. 

Dans  toutes  ces  expériences  la  réaction  à  la  fuchsine  et  au  rhodanate 
était  positive.  Il  faut  ajouter  que  la  ponction  lombaire  pratiquée  chez  les 
animaux,  dont  la  température  atteignait  42-43°  C.  sous  l’influence  de  la 
chaleur  du  thermostate,  donnait  issue  à  un  liquide  qui  s’écoulait  très 
lentement  et  en  petite  quantité. 

NU.  — Effet  des  gaz. 

Ou  procédait  à  des  expériences  uniquement  avec  de  l’oxyde  de  C. 
Le  lapin,  après  une  injection  préalable  de  la  fuchsine  ou  du  rhodanate 


Sun  LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  BARRIÈnE  NERVEUSE  CENTRALE  537 


d’anunonium,  était  introduit  dans  uno  caisse  remplie  de  Co.  Chaque  1-2 
minute  on  sortait  l’animal,  on  lui  laissait  aspirer  de  l’air  pendant  2-20-60 
secondes  et  on  le  reposait  do  nouveau  dans  la  caisse.  Au  bout  de  10-20 
minutes  on  notait  une  prostration  générale  et  on  pratiquait  alors  la 
ponction  sous-occipitale.  La  réaction  du  li(juidc  était  faible,  mais  ne  dif¬ 
férait  pas  sensiblement  de  la  normtn 


VIII.  —  Elfel  (ïe  différenles  siibslances  iniroduiles  dans  l'espace 
sous-arachnoïdien. 

Dans  les  premiers  7^groupes.  d’expériences  je  me  suis  proposé  de  déter¬ 
miner  l’effet  de  différentes  substanc.es  introduites  dans  le  sang  sur  la 
perméabilité  de  la  barrière  nerveuse  centrale.  La  question  se  posait  ce¬ 
pendant  si  dans  ce  problème,  dont  l’importance  en  pathologie  est  si 
grande,  il  n’y  aurait  pas  moyen  d’agir  sur  la  barrière  de  façon  inverse, 
c’est-à-dire  de  la  part  du  liquide  céphalo-arachidien.  Dans  ces  expériences, 
on  introduisait  aux  lapins  dans  l’espace  sous-arachnoïdien  de  l’eau  dis¬ 
tillée,  du  sel  physiologique,  de  l’air,  du  chlore,  de  l’hydrogène  arsénieux, 
de  la  solution  de  suc.re,  du  sérum  de  cheval, du  bouillon  de  j)neumocoque 
et  des  solutions  de  nitrate  d’argent. 

On  introduisait  l’eau  distillée  (0,5),  le  sel  physiologique  (0,5),  de  l’air 
(1  gr.)  moyennant  la  ponction  sous-occipitale  dans  le  liquide  céphalo¬ 
rachidien,  ensuite  on  injectait  dans  la  veine  soit  immédiatement,  soit  au 
bout  d’une  1  /2  h.,  de  la  fuchsine  et  on  observait  la  réaction.  Elle  était  en 
général  faible,  comme  chez  des  animaux  normaux. 

La  réaction  du  chlore  était  différente.  J’obtenais  ce  gaz  ad  hoc,  en  faisant 
3gir  de  l’acide  chlorhydrique  sur  le  permanganate  de  potasse.  Le  chlore, 
administré  en  une  quantité  de  0, 5-1,0,  ne  donnait  lieu  chez  le  lapin  à  aucun 
symptôme.  Au  bout  de  35’  on  injectait  dans  la  veine  de  la  fuchsine,  on 
laissait  s’écouler  encore  30  minutes  et  on  examinait  la  réaction  chromoneu- 
roscopique  du  liquide  céphalo-rachidien.  Elle  élail  sensiblemeiü  e.mgérée; 
3  jours  après,  cette  réaction  était  beaucoup  plus  faible. 

De  même  après  introduction  par  voie  sous-occipitale  d’hydrogène  arsé- 
meux  obtenu  ex  lempore  (zirn^,  ac.  sulfurique,  sel  d’arsenic),  la  réaction 
à  la  fuchsine  était  au  bout  de  35’  intense.  Le  jour  suivant,  la  réaction 
était  encore  nettement  exagérée,  après  injeidion  répétée  de  fuchsine  dans 
la  veine  auriculaire  (la  pléocytose  était  insignifiante).  Au  bout  dc*3  jours, 
la  réaction  était  beaucoup  jilus  faible,  dans  le  liquide  on  ne  déc/dait  pas 
du  tout  de  pléocytose. 

Nous  avons  procédé  à  toute  une  série  d’expériences  avec  les  solutions 
de  sucre,  en  employant  des  saccharoses  ou  des  glucoses.  On  se  servait  des 
solutions  faibles  (5  %)  ou  de  très  fortes  (100  %  et  1.50  %).  On  intro¬ 
duisait  par  ponction  sous-occipitalc  0,2  de  ces  solutions,  on  injectait 
ensuite  de  la  fuchsine  dans  la  veine  auriculaire,  et  on  examinait  le  liipiide 
céphalo-rachidien  1  à  .50  jours  ajirès,  en  réjiétant  chaque  fois  l’injection 
intraveineuse  de  la  fuchsine.  Il  a  jiaru  que  l’introdindJon  sous-occipitale- 

—  T.  Il,  N®  (i.  DÉEIÎMHRE  192G.  ;Î5 


NEUROLOGIQUE. 


538 


E.  FLATAU 


d’une  solution  sucrée  l'uihle  (5  %)  exerce  une  influence  faible  et  pour  un 
temps  court  sur  le  licpiifle  céphalo-rachidien.  24  heures  après  l’injection 
d’une  solution  sucrée  à  .h  %,  la  pléocytose  s’élevait  à  275-520  globules 
blancs  dans  un  mm*  et  la  réaction  à  la  fuchsine  était  un  peu  plus  accentuée 
que  d’habitude.  Déjà  trois  jours  après  l’injection,  la  réaction  à  la  fuchsine 
se  montrait  normale  et  restait  ainsi  (défaut  de  pléocytose)  pendant 
50  jours.  Dans  un  cas  seulement,  nous  avons  constaté  15  jours  après  l’in¬ 
jection,  la  réaction  à  la  fuchsine  fortement  accentuée,  à  côté  d’un  défaut 
complet  de  i)Iéocytose. 

Après  l’injection  sous-occipitale  des  solutions  sucrées  fortes  (100  %, 
150  %),  la  pléocytose  apparaissait  le  lendemain  très  forte  (jusqu’à  3.000, 
et  dans  un  cas  même  jusqu’à  25.600  neutrophiles  dans  1  mm*,)  et  la  réac¬ 
tion  à  la  fuchsine  était  de  même  très  positive  (-h-h-f-l-)-  La  réaction  à 
la  fuchsine  était  parfois  très  forte  7  jours  après,  et  dans  deux  cas  même 
37  et  42  jours  après.  La  pléocytose  diminuait  rapidement.  Chez  le  lapin 
n°  143,  elle  montait  deux  heures  après  l’injection  sous-occipitale  de  0,2 
d’une  solution  de  saccharose  à  150  %  à  3.000  neutrophiles,  et  48  h.  après, 
cette  pléocytose  baissa  à  160,  à  côté  d’une  réaction  à  la  fuchsine  très  ac¬ 
centuée.  En  général,  dans  ces  expériences  aussi,  le  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  revenait  rapidement  à  l’état  normal. 

L’introduction  du  nitrate  d’argent  (0,5  d’une  solution  à  1/3.000)  dans 
l’espace  sous-arachnoïdien  a  donné  lieu  à  une  réaction  très  intense  à  la 
fuchsine. 

Le  sérum  de  cheval  n’influait  pas  immédiatement  sur  l’intensité  de 
la  réaction  ;  par  contre,  le  jour  suivant  les  réactions  à  la  fuchsine  comme 
au  rhodanate  étaient  intenses. 

Le  bouillon  à  pneumocoques  exagère  nettement  la  réaction  à  la  fuch¬ 
sine.  Injecté  dans  l’espace  sous-arachnoïdien  chez  le  lapin  (0,2  d’une 
solution  à  1  /lOO.OOO)  il  a  donné  lieu,  le  jour  suivant,  à  un  opisthotonus 
intense,  avec  parésie  des  extrémités  inférieures.  Le  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  était  purulent,  la  réaction  à  la  fuchsine  (une  heure  après  injection 
sous-cutanée)  était  très  intense; 

Dans  ce  groupe  d’expériences  j’ai  eu  recours  également  chez  trois  lapins 
à  la  méthode  bromée  de  Walter.  J’ai  injecté  à  un  lapin  0,5  de  chlore  par 
voie  sous-occipitale  ;  au  bout  de  24  heures,  j’ai  fait  une  injection  intra¬ 
veineuse  de  bromure  de  sodium.  Dans  les  24  h.  suivantes  j’ai  prélevé  du 
sang  et  du  liquide  céphalo-rachidien  afin  de  les  examiner.  Le  PQ  compor¬ 
tait  1,5.  Dans  une  autre  expérience  on  a  introduit0,5  d’hydrogène  arsé¬ 
nieux  par  voie  sous-occipitale,  on  a  injecté  du  bromure  dans  la  veine  et 
on  détermine  le  PQ  au  bout  de  24  h.  (PQ  =  2,76  :  la  pléocytose  était  nette 
700  éléments  dans  1  mm  *).  Au  troisième  lapin  enfin,  on  a  injecté  par 
voie  sous-ocipitale  0,2  de  bouillon  à  pneumocoques  (1/100.000).  Le  PQ 
chez  ce  lapin  comportait  19  jours  avant  l’injection  du  bouillon  2,24.  Après 
injection  de  bouillon,  de  bromure  et  ponction  lombaire  (au  bout  de  24  h.) 
le  PQ  =  1,77.  Dans  ces  expériences,  la  perméabilité  après  injection  sous- 
occipitale  de  chlore  et  du  bouillon  à  pneumocoques,  était  nettement  exa- 


SüH  LA  PERMÉABILITÉ  DE  LA  BARRIÈRE  NERVEUSE  CENTRALE  539 

gérée.  A  ce  point  de  vue  la  dernière  expérience  est  le  plus  convainquante  : 
à  l’état  normal  le  PO  =  2,24,  après  injection  du  bouillon  à  pneumocoques 

=  1.77. 

Dans  mon  travail  antérieur  sur  la  chromoneuroscopie,  ainsi  que  dans 
Je  travail  actuel,  j’ai  essayé  de  déterminer  par  voie  expérimentale  l’in¬ 
fluence  exercée  sur  la  perméabilité  de  la  barrière  nerveuse  centrale.  J’ai 
essayé  de  délimiter  cette  influence,  en  introduisant  de  différentes 
substances  soit  dans  le  sang,  c’est-à-dire  à  l’extérieur  de  la  barrière,  soit 
•  directement  dans  le  liquide  céphalo-rachidien,  c’est-à-dire  à  l’intérieur  de 
la  barrière.  Les  expériences  citées  plus  haut  démontrent  qu’il  est  possible 
de  déterminer  grâce  à  cette  méthode  le  passage  plus  ou  moins  facile  de 
substances  à  travers  la  bârrière  nerveuse  dans  le  liquide  céphalo-rachidien. 
Cette  voie  expérimentale  peut  rendre  quelques  services  dans  la  pathologie 
de  l’épilepsie  et  d’autres  maladies  nerveuses  et  mentales. 


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II 


ENCÉPHALITE  PÉRIAXIALE  DIFFUSE 

(Type  Schilder) 

Syndrome  tétraplégique  avec  stase  papillaire, 


MM.  BARRÉ  et  MORIN  (Elude  clinique) 


MM.  DRAGANESCO  et  L.  REYS  (Elude  analomopalhologique) . 
(Travail  de  la  clinique  neurologique  de  Slrasboury). 


L’encéphalite  périaxiale  est  une  affection  assez  rare.  D’après  un  tra¬ 
vail  récent  dû  à  S.  Brock,  P.  Carroll  et  Stevenson  (1),  le  nombre  des 
cas  ne  dépasse  pas  33.  Celui  que  nous  relatons  plus  bas  serait  donc  le 
34e  cas  connu.  C’est  Schilder  (2)  qui  décrivit  le  premier  et  isola  ainsi  ce 
genre  de  sclérose  cérébrale,  dès  1912.  Peu  de  temps  après  cependant, 
et  sans  avoir  pris  connaissance  du  travail  de  Schilder,  MM.  Pierre  Marie 
et  Poix  (3)  publiaient  l’étude  anatomo-clinique  d’un  cas  de  même  genre, 
qu’ils  dénommèrent  très  justement  «  sclérose  intracérébrale  centro- 
lobaire  et  symétrique  ». 

Nous  n’insistons  pas  sur  la  partie  bibliographique  de  la  question.  On 
la  trouve  dans  les  publications  sus-indiquées  et  dans  un  travail  récent 
de  MM.  Urechia,  Elekes  et  Mibalesco  (4). 

En  ce  qui  concerne  cette  maladie,  disons  seulement  que  du  point  de 
Vue  clinique,  il  s’agit  d’une  affection  qui  atteint  tous  les  âges,  depuis 
la  première  année  jusqu’à  50  ans,  mais  que  c’est  surtout  autour  de 
20  ans  qu’elle  a  la  plus 'grande  fréquence. 

Le  tableau  clinique  est  très  riche  en  symptômes,  mais  en  général  ce 
sont  les  troubles  psychiques  et  les  phénomènes  de  tétra  ou  paraplégie 
qui  dominent.  Il  est  important  de  relever  également  la  fréquence  d(^s 
troubles  oculaires,  et  surtout  la  stase  papillaire  qui  expliquent  la  confu¬ 
sion  avec  les  tumeurs  cérébrales. 

(1)  s.  linocK,  P.  Carrol  and  Stevenson.  Arcft.  of  ncurol.  and  Psgeh.  . 

(2)  Schilder.  ZUchr.  f.  d.  gc.s.  ncurol.  u.  Psych.,  1912. 

(3)  P.  Marie  et  Poix.  Revue  ncurol.  1914.  ir  1.  (Communication  faite  en 
février  1913). 

(4)  Urechia,  Elekes  et  Miiialesco.  I.' Encéphale,  n"  10,  1924. 

revue  NEUROLOGIQUE.  —  T.  H,  N®  0,  DECLMHUE  192G. 


542 


BARRÉ  ET  MORIN,  ÜRAGANESCO  ET  REYS 


C’(;st.  d'ailleurs  à  ce  diagnostic  que  nous  nous  sommes  attachés  d’abord 
pour  notre  malade. 

Voici  notre  observation  ; 

M''«  Rosa  S.,  âgée  do  19  ans,  entre  à  la  Clinique  le  5  mai  1925.  Voici  son  histoire  : 

Le  début  des  troubles  remonte  à  l’année  1923.  A  cette  époque  M"»  S.  a  de  la  diplopie, 
de  courte  durée,  pendant  la  lecture.  En  même  temps  la  main  et  le  membre  inférieur 
droit  deviennent  faibles.  Eréquemment  elle  a  une  sensation  de  fourmillement  dans 
les  extrémités  droites.  Petit  à  petit  une  lourdeur  s’y  installe.  Les  travaux  manuels, 
en  particulier  la  broderie,  d(^viennent  difficiles  et  impossibles.  Elle  souffrait  de  cépha¬ 
lées  fronto-temporales  avec  irradiation  vers  le  sommet  de  l’occi|)ut  depuis  son  enfance, 
mais  maintenant  celles-ci  sont  accompagnées  de  vomissements.  Vomissements  faciles, 
abondants,  se  produisant  aussi  en  dehors  des  repas.  Des  vertiges  sc  sont  ajoutés  :  les 
objets  tournent  devant  ses  yeux,  de  gauche  à  droite.  Les  sphincters  fonctionnent 
normalement.  Depuis  quelque  temps  seulement  les  nuits  sont  agitées. 

Il  y  a  6  jours,  Rosa  S.  se  sentait  encore  relativement  bien.  Elle  avait  travaillé 
à  la  maison  tout  le  jour  sans  rien  ressentir  de  spécial.  Alors  qu’elle  dormait  très  tran- 
qiiillomcnt  elle  est  brusquement  réveillée  vers  3  heures  du  matin.  Elle  a  l’impression 
<iue  quelque  chose  «  n’est  pas  en  ordre  »,  mais  elle  ne  s’aperçoit  de  rien  et  elle 
s’endort  de  nouveau.  Vers  7  heures  du  matin,  elle  veut  se  lever  mais  les  membres 
inférieurs  et  supérieurs  droits  sont  paralysés.  Aucune  douleur,  mais  sensation  qu’un 
poids  très  lourd  pèse  sur  le  bras  et  la  jambe,  la  parole  est  intacte. 

Le  même  jour  le  médecin  l’adresse  à  l’hôpital. 

Dans  les  antécédents  on  relève  une  rougeole,  plusieurs  angines,  une  affection  pulmo¬ 
naire  (■?),  et  à  l’âge  de  17  ans  une  opération  gynécologique  à  la  suite  de  laquelle  les 
I  roubles  précités  auraient  fait  leur  apparition. 

En  1918  elle  a  présenté  une  affection  qualifiée  de  grippe  avec  angine,  39”.  Somnô- 
hvice  diurne,  pas  de  diplopie.  Durée  6  semaines.JElle  a  toussé  beaucoup  ;  pas  d’expec¬ 
toration.  En  1920,  seconde  atteinte  de  grippe  pendant  8  jours  avec  douleurs  articu¬ 
laires,  rhumatisme  et  douleurs  dans  les  flancs.  Fièvre  élevée. 

A  l’examen  somatique  on  constate  une  hémiplégie  droite.  Le  crâne  est  sensible  à 
la  percussion  dans  la  région  frontale  gauche.  On  ne  constate  rien  do  particulier  dans 
le  domaine  des  nerfs  crâniens  à  un  premier  examen.  Lès  mouvements  de  rotation  de 
la  tète  sont  normaux.  L’inclinaison  do  la  tète  vers  la  gaucho  est  normale,  clic  est  impos¬ 
sible  vers  la  droite.  Du  môme  côté  le  haussement  d’épaule  est  impossible.  La  malade 
peut  lever  le  bras  droit  jusqu’à  l’horizontale,  pas  davantage.  Le  reste  de  lu  mobilité 
dans  les  membres  supérieur  et  inférieur  est  presque  nulle  à  droite. 

Les  réflexes  antibrachiaux  et  pronateurs  sont  moins  vifs  à  gauche,  qu’à  droite.  Tous 
les  autres  réflexes  tendineux  et  périostés  existent,  vifs,  égaux  des  deux  côtés.  Le  réflexe 
cutané  plantaire  se  fait  en  extension  franche  à  droite  par  excitation  des  bords  internes 
de  la  plante  ;  à  gauche,  on  obtient  la  flexion  par  excitation  du  bord  interne,  et  des 
réponses  variables  par  excitation  du  bord  externe. 

La  manœuvre  d’Oppenhein  et  le  pincement  du  dos  du  pied  provoquent  à  droite 
l’extension.  Les  réflexes  abdominaux  sont  vifs  à  gauche  ;  à  droite  ils  sont  abolis  ou 
très  diminués.  La  manœuvre  de  la  jambe  est  positive  à  droite  dans  les  trois  temps; 
négative  à  gauche. 

La  sensibilité  superficielle  sousdes  trois  modes  est  conservée.  La  notion  de  position 
présente  des  troubles  aux  membres  supérieurs.  La  malade  ne  reconnaît  pas,  en  parti¬ 
culier,  la  position  des  pouces.  Troubles  légers  pour  la  position  des  orteils  à  gauche.  Au 
membre  supérieur  droit,  troubles  importants. 

Les  éjireuves  cérébelleuses  sont  correctement  exécutées  à  gauche.  A  droite,  exécu¬ 
tion  impossible  des  différentes  manœuvres  du  fait  de  la  paralysie. 

.\pparoil  vcstibulaire  :  il  n’existe  pas  do  nygstagmus  spontané.  A  l’épreuve  calo¬ 
rique  de  Baramy  Jean  à  27°)  on  obtient  des  réactions  normale?  après  écoulement  de 
25  à  30  centimètres  ewljes  il’cau.  Au  courant  galvanique  on  observe  avec  4,  5 
milliampères  des  deux  côtés,  un  nystagmus  net. 


ENCÉPHALITE  PÉRIAXIALE  DIFFUSE 


r>43 

EuoluUon  :  dans  la  nuit  du  7  au  8  mai,  la  malade  ne  cesse  de  vomir.  Los  vomisse¬ 
ments,  continuent  toute  la  journée  du  8.  Elle  est  abattue.  Bâillements  fréquents.  Elle 
n’est  pas  capable  de  fixer  son  attention  et  paraît  troublée. 

Le  lendemain  9  mai,  elle  est  à  même  de  connaître  un  morceau  de  savon  et  d’en  indi¬ 
quer  l’usage.  Avec  sa  serviette  elle  esquisse  le  geste  de  se  laver.  Mais  fatigabilité  rapide. 
Automatiquement  elle  répète  les  questions  qu’on  lui  pose  sans  y  répondre. 

Le  10  mai,  la  malade  présente  une  crampe  douloureuse  dans  la  main  etlle  bras  droits. 

A  l’examen  de  la  sensibilité  que  l’on  fait,  le  11  mai,  du  côté  gauche  comme  du  côté 
droit,  la  malade  donne  des  réponses  fausses  pour  la  notion  de  position  ;  à  remarquer 
que  son  état  psychique  est  nettement  troublé.  A  l’examen  de  la  stéréognosie,  les  yeux 
fermés,  elle  n’identifie  pas,  alors  qu’elle  reconnaît  les  objets  lorsqu’elle  a  les  yeux 
Ouverts.  On  ne  constate  pas  de  symptôme  d’apraxie. 

L’orientation  dans  le  temps  et  dans  l’espace  est  conservée.  Elle  indique  exactement 
son  âge.  Elle  dit  qu’elle  est  à  l’hôpital  pour  des  douleurs  dans  le  bras,  mais  elle  croit 
que  sa  motricité  est  normale.  Elle  dit  qu’elle  peut  marcher  très  bien. 

Le  Notre  Père  est  récité  jusqu’à  :  «  qui  nous  ont  offensés  ».  Elle  ne  sait  pas  combien 
de  mois  composent  l’année.  Quelques  minutes  plus  tard  elle  nomme  sur  demande 
Convenablement  les  mois  sans  en  omettre  aucun.  Elle  sait  que  la  semaine  a  7  jours. 
Elle  commence  par  samedi,  dimanche,  lundi,  mardi,  puis  elle  s’arrête  toute  distraite 
et  s’intéresse  à  autre  chose,  s’occupe  de  son  bras,  etc...  Elle  parle  avec  grande  lenteur, 
sans  trouble  de  la  parole.  Bâillements  fréquents. 

Brusquement  pendant  l’examen  elle  présente  une  crampe  douloureuse  à  droite' 
L’avant-bras  est  élevé,  se  fléchit  lentement,  et  se  porte  en  adduction.  La  main  se 
fléchit,  les  doigts  se  ferment.  La  jambe  et  la  cuisse  sont  portées  en  flexion  très  forte 
et  là  crise  dure  quelques  secondes.  Puis  elle  continue  sans  y  avoir  été  aidée  à  énumérer 
les  jours  de  la  semaine  sans  avoir  perdu  la  filiation. 

Elle  reconnaît  différents  objets  d’usage  courant.  Correctement  elle  donne  la  main 
gauche. 

L’affectivité  est  nulle. 

Une  deuxième  crampe  douloureuse  se  produit  du  côté  droit  :  Contracture  de  la  jambe 
s  ir  la  cuisse,  la  main  se  ferme,  la  bouche  est  déviée  vers  la  droite. 

L’examende  la  sensibilité  montre  que  la  douleur  (par  piqûre  et  pincement)  est 
localisée  ;  mais  lorsqu’on  pince  du  côté  gauche  elle  reporte  la  douleur  sur  le  côté 
droit  en  indiquant  à  peu  près  la  région  excitée.  Persévération  marquée. 

Elle  reconnaît  une  clef,  en  indique  l’usage,  mais  ne  reproduit  pas  le  geste  de  s’en 
servir.  Sait  qu’un  kilog  a  deux  livres,  calcule  correctement  ;  fatigabilité  marquée  : 
au  bout  d’un  certain  temps,  elle  no  répond  plus. 

Lecture  impossible.  Répète  les  trois  premiers  mots  qu’on  lui  a  dits  à  plusieurs  ro- 

Après  quelques  minutes  on  lui  montre  une  statiie  religieuse  :  elle  prononce  et 
répète  le  nom  d’une  plante. 

Dans  la  journée  elle  vomit.  Elle  exprime  des  idées  singulières  et  accomplit  des  actes 
déraisonnables.  / 

Liquide  céphalo-rachidien.  —  Une  ponction  atlo-occipitale  faite  deux  jours  plus 
tard  ramène  un  liquide  troublé  par  du  sang.  Albumini^  0,25  0/0,  lymphocytes  4,(1 
par  mm.  Nombreux  globules  rouges. 

Quelques  jours  plus  tard  on  note  un  retard  de  la  perception  douloureiise.  La  loca¬ 
lisation  à  gauche  est  à  peu  près  exacte,  à  droite  par  contre  elle  est  très  troublée  : 
lorsqu’on  pince  la  cuisse  par  exemple,  la  malade  montre  la  joue  ou  la  main.  La  manœu¬ 
vre  de  P.  Marie-Foix  reste  sans  réponse  des  deux  côtés  ;  à  droite  on  note,  quelques 
secousses  cloniques  du  pied  et  de  la  rotule  ;  le  réflexe  cutané  plantaire  est  en  exten¬ 
sion  de  ce  côté. 

On  constate  une  forte  raideur  de  la  nuque.  La  tête  est  tournée  face  à  droite.  La 
malade  est  incapable  de  porter  la  tâte  elle-même  on  position  normale.  Pas  de  signe  d(; 
Kernig.'  Pas  de  déviation  conjuguée  des  yeux. 


544 


BAHHIi  ET  MORIN,  OIÎAGANESCO  ET  HEYS 


Lorsc[u’()n  lourno  lu  tête  passivement,  H.  S.  pousse  des  cris  do  douleur;  la  tête  reste 
dans  la  [losition  face  à  droite.  , 

Par  ponction  lombaire  faite  le  20  mai  1025  on  prélève  encore  un  liquide  santîui- 
nolent  cont(înant  2,4  lym|)liocyt(w  par  mm.  et  une  légère  hyper-albuminose  ;  réaction 
de  Bordet-Wassermann  ;  négative.  Réaction  du  benjoin  colloïdal  :  00002220000. 

Les  vomissements  se  rè|)èt(!nt  fréquemment.  La  malade  souffre  de  céphalées  loca¬ 
lisées  surtout  dan.»  la  région  fronto-temporah'  gauche. 

A  l’examen  du  29  mai,  les  réflexes  sont  plus  vifs  à  gaucho,  on  obtient  quelques 
secousses  cloni(pies  du  pied  gauche.  Le  réfhixe  cutanè-plantairo  de  ce  côté  se  fait  tou¬ 
jours  en  flexion  franche. 

Examen  du  fond  d’œil  :  stase  papillaire  des  deux  cotés.  On  [>oso  le  diagnostic 
d’une  hypertension  intra-cranlenne  par  tumeur  frontale  profonde  du  côté  gauche. 

Le  30  mai,  la  malade  est  trépanée  par  le  professeur  Leriche  dans  la  région  pariéto- 
frontale  gauche. 

■Dans  la  suite,  les  crises  de  contracture  douloureuse  dirnimumt  du  côté  droit.  R. 
commence  à  exécuter  quelques  mouvements  de  faible  anqditude  avec  son  membre 
supérieur  droit.  La  tôte  reste  toujours  en  rotation  face  à  droite. 

A  maintes  reprises  la  malade  lève  son  membre  supéri(!ur  gauclu!  et  lu  tient  ainsi  en 
l’air  pendant  dos  minutes  (uitières.  Les  crises  de  contracture  douloureuse  réap- 
paraiss(!nt  du  côté  droit. 

Le  14  juin,  quin'/cc  jours  après  la  trépanation,  le  membre  supérieur  gauche  est  en 
flexion  forcée,  attitude  que  l’on  no  réussit  pas  à  vaincre  sans  causer  ,à  la  malade  de 
vives  douleurs.  Los  réflexes  des  membres  inférieurs  sont  nettement  augmentés.  L’exci¬ 
tation  jjlantaire  provoque  une  exlen.iion  à  gauche. 

Les  jours  suivants  les  contractures  douloureuses  se  répètent.  Elles  se  répètent  sur¬ 
tout  lorsqu’on  lui  parle.  C’est  au  moment  où  clic  essaye  do  répondre  que  les  crises 
se  déclanchent. 

Le  2  juillet,  l’état  reste  stationnaire.  La  tôte  est  toujoïirs  tournée  face  à  droite.  Le 
membre  supérieur  gauche  reste,  fléchi.  Toutefois  la  malade  semble  pouvoir  s’en  servir 
pour  se  couvrir  le  visage  avec  le  drap  de  lit  par  exemple.  Le  membre  supérieur 
droit  est  raidi  en  adduction,  Tavant-bras  fortement  fléchi  sur  le  bras.  Tout  essai 
d’extension  ])rovoquo  une  douleur  violente.  Le  pouce  est  en  flexion  dans  la  main, 
recouvert  par  les  autres  doigts  fléchis.  ' 

Les  mend)res  inférieurs  conservent  la  position  allongée. 

Dans  la  région  mentonnière  et  le  long  de  la  colonne  vertébrale  des  vésicules  appa¬ 
raissent. 

Bar  moments,  la  malade  pousse  des  gémissements  plaintifs. 

Une  nouvelle  ponction  lombaire  faite  en  juillet  montre  un  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien  normal. 

L’état  reste  à  peu  près  stationnaire  jusqu’en  décembre  1925.  Le  8  décembre  on  note; 
la  malade  repose  toujours  en  décubitus  dorso-liori/.ontal.  Le  membre  supérieur  droit 
est  en  extension  le  long  du  tronc  avec  légère  flexioti  dans  le  coude.  L’avant-braS  est 
tantôt  en  supination  tantôt  en  [ironation.  L(!  pouce  est  en  adduction.  L’avant-bras 
gaucho  est  en  flexion  moyenne  sur  le  bras.  Adduction  très  forte  mais  facilement  réduc¬ 
tible.  Le  pouce  est  en  adduction-flexion,  recouvert  par  les  doigts  qui  sont  contrac¬ 
turés  on  flexion.  L’épaule  gauche  (;st  légèn^mcnt  surélevée.  Le  membre  supérieur 
gauche  présente  une  atrophie  globale.  Etat  do  contracture  du  biceps  et  du  long 
sapinatonr  ô  gauche  ;  il  est  impossible  de  taire  l’extension  passive  du  coude. 

Los  genoux  sont  légèrement  fléchis.  Le  pied  droit  est  en  léger  équinisme,  le  pied 
gaucho  est  en  équiiusme  extrême  et  rotation  interne,  le  dos  du  pied  semble  prolonger 
tout  simplement  l’ax(i  du  tibia.  Le  tendon  du  jambior  antérieur  est  saillant.  Légère 
infiltration  œdémateuse-  du  pied.  Les  mouvememts  passifs  rencontrent  une  légère  résis¬ 
tance  à  droite.  Mésistancee  marquée  à  gauche. 

Les  mouvements  actifs  sur  comrnaniie  soûl  nuis.  Cependant  il  subsiste  un  certain 
degré  de  motilité  volontaire  à  droite  [misque  H.  porte  la  main  à  la  tête  du  lit  et  saisit 
les  objets  epi’on  lui  place  dans  cette  main.  Bar  momeid.s  elle  [lalpe  la  main  gauche. 


ENCÉPHALITE  PÉRIAXIALE  DIFFUSE 


A  l’exception  du  réflexe  Iricipital  qu’il  est  impossible  de  rechercher,  les  réflexes  du 
membre  supérieur  droit  sont  très  vifs  et  diffus.  A  gauche,  examen  impossible. 

Le  réflexe  rotulien  (ou  mieux  sous-rotulien)  est  très  vif  et  monocinétique  des  deux 
côtés  ;  les  réflexes  sus-rotuliens  (souvent  plus  propres  que  les  sous-rotullens  à  déceler 
ôe  minimes  anomalies)  sont  polycinétiques  et  accompagnés  d’un  réflexe  d’adduction 
controlatérale,  parfois  avec  ébauche  de  rotation  interne.  Les  réflexes  achilléen  et  médio- 
Plantaire  sont  polycinétiques  à  droite  ;  ils  semblent  exister  à  gauche. 

Le  réflexe  cutané  plantaire  se  fait  en  flexion  légère  des  deux  côtés.  Rossolimo  ; 
flexion  à  droite,  plus  vive  à  gauche.  Pincement  du  dos  du  pied  :  sans  réponse  des  deux 
côtés.  Oppenheim  :  flexion  à  droite  et  à  gauche.  Pierre  Marie-Foix  :  à  droite,  flexion 
de  la  cuisse  sur  le  bassin,  légère  flexion  de  la  jambe  sur  la  cuisse  avec  flexion  plantaire 
des  orteils  ;  à  gauche,  recherche  impossible. 

Des  réactions  posturales  paraissent  exister.  Lorsqu’on  soulève  passivement  la 
jambe  et  qu’on  lui  imprime  plusieurs  mouvements  passifs  rapides  de  flexion  et  d’ex¬ 
tension,  et  qu’on  lâche  brusquement,  la  jambe  droite  reste  en  l’air.  Parfois  elle  tombe 
brusquement,  après  un  certain  temps  d’arrêt.  Au  membre  supérieur  la  recherche  des 
réflexes  de  posture  est  impossible. 

A  remarquer  que  lorsque  la  malaiie  pleure,  elle  tourne  la  tête  face  â  gauche.  Grin¬ 
cements  de  dents  fréquents.  Tremblements,  secousses  cloniques  de  la  mâchoire.  Par 
hloments  tremblements  vifs  des  membres  supérieurs. 

Raideur  de  nuque  marquée.  Flexion  et  déflexion  de  la  tête  très  difficile. 

Lorsqu’on  recherche  les  réflexes  de  Magnus  et  de  Kleyn,  la  malade  lève,  pendant 
fa  rotation  du  cou,  les  bras  tendus  au-dessus  de  la  tête.  Le  même  phénomène  se 
produit  à  droite  lorsqu’on  essaie  de  faire  l’extension  du  bras. 

Le  pincement  des  membres  supérieurs,  du  cou,  de  la  lace  n’est  pas  accompagné  de 
réaction  de  défense.  La  malade  crie. 

L’état  ne  change  pas  jusqu’en  mars  1926. 

Les  troubles  intellectuels  augmentent  ;  la  malade  est  désorientée. 

L’attitude  est  invariablement  la  même  :  bras  gauche  en  adduction,  avant-bras 
en  flexion  maxima,  poignet  à  angle  droit.  Les  doigts  très  lléchjs  sont  fermés  dans  la 
main  où  les  ongles  provoquent  des  ulcérations.  Le  membre  droit  est  en  adduction,  l'avant- 
bras  en  semi-flexion.  Le  membre  inférieur  droit  est  en  position  normale  ;  le  gauche 
est  en  adduction-extension  avec  hyperflexion  plantaire  et  légère  rotation  interne 
du  pied. 

’  Cette  attitude  est  fixe.  Seule,  la  tête  est  continuellement  tournée  de  droite  à  gauche. 
Souvent  grincements  de  dents.  R.  pleure  par  moments,  mais  sans  que  cet  acte  cor¬ 
responde  à  une  raison  extérieure  ou  apparente  quelconque.  Quand  elle  parle  elle  ride 
le  front  et  parle  plus  avec  l’hémi-face  gauche.  La  déchéance  physique  et  psychique 
progressent  lentement. 

La  malade  s’éteint  le  17  mars  1926  après  une  série  de  crises  de  raideur,  accompa¬ 
gnées’  parfois  de  cris  singuliers. 

II.  —  Etude  anatomo-pathologique. 

A  l’cxamcn  macroscopique  du  cerveau,  même  sur  la  pièce  non  for¬ 
mulée,  on  peut  distinguer  au  niveau  de  la  région  orbitaire  un  aspect 
qui  rappelle  celui  des  ramollissements  au  début. 

I^’autre  part  on  voit  une  diminution  globale  du  cerveau.  Les  circonvo¬ 
lutions  sont  presque  partout  plus  petites  que  normalement.  C’est  sur¬ 
tout  leur  largeur  qui  est  diminuée,  car  la  profondeur  des  sillons  est 
un  général  normale.  Cet  aspect  est  la  conséquence  de  l’atrophie  impor¬ 
tante  de  la  substance  blanche.  On  trouve  une  réduction  du  centre  ovale 
et  de  l’axe  de  substance  blanche  des  circonvolutions.  Cette  substance 
dans  certaines  régions  atteint  à  peine  l’épaisseur  d’un  millimètre.  Le 


1)40 


BABRÉ  HT  MORIN,  DRAGANESCO  ET  REYS 


Fig.  2.  —  Démyclinisntlon  sous-corlieale  typique,  probablement  récente,  car  il  n’y  q  pas  d’atrophie 
même  temps;  (^oupe  au  niveau  de  F.  Â.  gauche  (Weigert). 


lidus  est  cependant  d’une  coloration  plus  rougeâtre  que  d’habitude.  Les 
capsules  externe  et  extrême  et  le  faisceau  de  Türck  sont  réduits. 

L’examen  des  coupes  colorées  au  Weigert  nous  permet  de  préciser 
mieux  la  topographie  en  même  temps  que  le  caractère  général  des  lésions. 
Malheureusement  nous  n’avons  pas  eu  la  possibilité  de  faire  des  coiupes 
du  cerveau  entier.  Cependant  des  coupes  de  fragments  de  diverses  régions 
nous  montrent  suffisamment  la  localisation  des  lésions,  comme  on  peut 
s’en  rendre  compte  d’après  les  photographies  que  nous  reproduisons 
ici.  La  région  calcarine  est  assez  bien  conservée.  L’atrophie  la  plus  intense 
avec  démyélinisation  presque  complète  se  trouve  au  niveau  du  pôle  tem¬ 
poral.  Dans  le  tiers  inférieur  de  la  frontale  ascendante  le  processus  de 
démyélinisation  est  au  début,  car  la  substance  blanche  n’est  paa  réduite 


ENCÉPHALITE  PÉRIAXIALE  DIFFUSE  .  547 

corps  calleux  est  également  réduit,  surtout  au  niveau  du  splénius.  Les 
Ventricules  latéraux  sont  dilatés  (fig.  1). 

Le  maximum  des  lésions  atrophiques  se  trouve  dans  les  deux  lobes 
frontaux  et  dans  les  lobes  temporaux.  Sur  le  cerveau  formulé,  la  substance 
blanche  à  ce  niveau  a  un  aspect  plutôt  jaunâtre.  Elle  est  beaucoup 
plus  consistante  qu’à  l’ordinaire.  Par  endroits  elle  est  percée  de  petits 
trous  qu’on  voit  à  l’œil  nu. 

Les  noyaux  centraux  sont  un  peu  diminués  de  volume.  Le  globus  pal- 


548. 


BARRÉ  HT  MORIN,  DRAGANIiSCO  ET  RE  Y  S 


do  volume  (tig.  2).  Au  niveau  de  la  circonvolution  de  Broca  les  altérations 
sont  plus  intenses.  Au  niveau  du  segment  postérieur  de  la  capsule  interne* 
(fig.  3),  des  deux  côtés,  on  trouve  quelques  plaques  presque  conflnentesi 
Il  no  s’agit  pas  do  dégénéresconco  secondaire,  mais  de  foyers  primitifs, 
car  au-dessous  et  au-dessus  l’aspect  est  presque  normal.  On  trouve  éga- 
l(!ment  des  petites  plaques  dans  la  région  occipitale,  les  piliers  du  tri- 
gone  et  même  dans  la  substance  noire.  Mais,  en  général,  les  lésions  sont 
diffuses  ;  elles  constituent  des  vastes  placards,  qui  intéressent  presque 
toute  la  substance  blanche  depuis  le  cortex  jusqu’aux  ventricules, (fig.  4). 
Les  lésions  sont  presque  uniquement  localisées  dans  la  substance 
blanche.  En  règle  générale,  comme  d’ailleurs  MM.  P.  Marie  et  Foix  (1) 
l’ont  signalé,  la  lésion  «  respecte  le  cortex  et  au-dessous  de  lui  une  bor¬ 
dure  de  fibres  myéliniques  ».  Mais,  on  voit  cependant  parfois  des  plages 
de  démyélinisation  qui  s’étendent  même  sur  la  zone  d’irradiation  des 
fibres  blanches  dans  hjs  couches  grises,  jusqu’au  niveau  de  la  .3®  ou  de  la 
2®  couche.  Il  est  vrai  que  ces  lésions  dans  la  couche  grise  sont  très  légères 
et  le  processus  de  démyélinisation  dans  les  placards  scléreux  variable. 
On  trouve  des  zones  de  désintégration  myélinique  absolue,  mais  elles 
sont  presque  toujours  sillonnées  de  raies  à  myéline  conservée  qui  repro¬ 
duisent  de  jolis  dessins  et  parfois  ont  un  aspect  concentrique,  moiré 
(fig.  5).  Souvent  le  processus  de  démyélinisation  touche  un  groupe  de 
fibres  en  plusieurs  points  de  leur  trajet.  Nous  avons  suivi  des  faisceaux 
de  fibres  sur  une  assez  grande  longueur  et  nous  nous  sommes  rendu  compte 
du  caractère  parcellaire  ou  segmentaire  de  cette  dégénérescence.  C’est 
une  image  comme  on  en  voit  dans  fa  moelle  de  l’anémie  pernicieuse,  et 
ce  fait  nous  suggère  l’hypothèse  qu’une  cause  toxique  est  à  la  base  de 
ces  lésions.  L’examen  microscopique  nous  montre  dans  les  placards  les 
aspects  classiques  et  les  plus  variés  de  la  destruction  myélinique  (pâleur 
et  réduction  des  gaines,  tuméfaction,  fragmentation,  etc.)  Dans  la  couche 
grise,  his  fibres  tangentielles  comme  les  fibres  irradiantes  sont  bien 
conservées.  Correspondant  à  la  forte  désintégration  myélinique,  nous 
trouvons  une  grande  abondance  de  corps  granuleu.x  (fig.  6)  surtout  péri- 
vasculair(;s.  Les  premiers  se  disposent  presque  en  séries  parallèles 
orienté(;s  dans  le  sens  des  fibres  nerveuses. 

Dans  certaines  aires  les  corps  granuleu.x  sont  plus  rares  et  l’aspect  du 
placard  est  plus  clair.  Lâ  on  rencontre  un  type  spécial  de  celluhis  volu¬ 
mineuses,  claires,  contenant  parfois  4  à  5  noyaux,  formant  donc  un 
véritable  symplasma.  Ces  cellules,  qui  sont  de  nature  névroglique, 
ressemblent  aux  cellules  d’Alzheimer  de  (a  pseudo-sclérose  de  Westphall- 
ritrümpell  et  aux  cellules  qu’on  a  décrites  dans  la  sclérose  tubéreuse  de 
Bournevilh;.  Leur  corps  nt;  contient  qu’exceptionnellcment  une  line 
poudre  soudanophile,  montrant  par  cela  une  légère  dégénérescence. 

L’orientation  et  la  disposition  de  ces  cellules  est  toujours  en  séri(is 


(1)  Loc.  cil. 


ENCÉPHALITE  PÈRIAXÏALE  DIFFUSE 


549 


550 


BARBÉ  ET  MORIN,  DRAGANESCO  ET  REYS 


parallèles  aux  fibres  nerveuses.  Mais  l’aspect  de  ces  éléments  et  en  géné¬ 
ral  la  réaction  névroglique  au  niveau  des  plages  démyélinisées  apparaît 
mieux  avec  les  méthodes  de  Nissl  et  surtout  de  Mallory. 

Il  est  intéressant  de  signaler  que  par  le  Nissl  ou  le  Giemsa,  dans  les 
régions  lésées,  la  substance  blanche  apparaît  beaucoup  plus  intensé¬ 
ment  colorée  que  la  couche  grise.  Le  fait  s’explique  par  l’abondance 
cellulaire  (noyaux  des  corps  granuleux,  noyaux  névrogliques,  etc.)  des 
zones  altérées  et  d’autre  part  la  condensation  de  l’axe  blanc  des  cir¬ 
convolutions  qui  est  réduit  parfois  à  une  simple  ligne. 

A  l’aide  de  ces  2  colorations  on  distingue  (fig.  7),  en  dehors  des  nombreux 
noyaux  de  corps  granuleux  et  de  cellules  névrogliques  de  petites  dimen¬ 
sions,  les  grands  éléments  que  nous  avons  signalés  plus  haut.  Ils  prennent 
une  coloration  légèrement  métachromatique,  c’est-à-dire  une  nuance 
rosâtre  ou  plutôt  lilas  qui  tranche  sur  les  autres  éléments.  Le  corps  des 
cellules  est  sans  structure,  homogène,  le  protoplasma  a  des  prolongements 
assez  épais  ou  fins,  filiformes.  Souvent  les  cellules  sont  allongées,  ayant 
aux  deux  pôles  un  noyau.  Celui-ci  est  en  général  très  clair,  avec  deux 
points  nucléolaires  et  un  faible  réseau  de  chromatine.  La  dimension  de 
ces  cellules  dépasse  parfois  celle  des  grandes  cellules  pyramidales.  Dans 
un  placard  de  sclérose,  ces  cellules  sont  plus  nombreuses  dans  les 
zones  les  plus  démyélinisées  ;  à  mesure  qu’on  se  rapproche  du  cortex 
(dles  deviennent  plus  rares,  diminuent  de  volume  et  paraissent  se  con¬ 
fondre  avec  les  cellules  névrogliques  normales,  tout  en  changeant  leur 
réaction.  Elles  se  retrouvent  jusque  dans  les  couches  profondes  du  cortex, 
au  voisinage  des  plaques,  où  elles  ont  l’aspect  des  cellules  amœboïdes 
habituelles  (fig.  8). 

La  coloration  au  Mallory  nous  montre  que  ces  cellules  envoient  des 
prolongements  assez  épais,  et  de  même  teinte  rougeâtre  qu’elles.  Ces  pro¬ 
longements  se  fusionnent  avec  ceux  du  voisinage,  constituant  ainsi  une 
trame  cicatricielle  dont  les  mailles  sont  remplies  par  des  corps  granu¬ 
leux.  Des  épaisses  travées  névrogliques  se  détachent  de  nombreux 
prolongeimmts  très  fins,  (pii  délimitent  ces  mailhis.  Le  rôle  de  ces  cel- 
luhis  est  donc  réparateur,  fibrillo-formateur,  mais  il  est  intéressant  de 
noter  le  caractère  monstrueux,  géant  de  ces  éléments,  qui  paraît  ne  pas 
se  retrouver  dans  les  autres  processus  ordinaires  de  désintégration.  Il  est 
problable,  comme  l’admet  Schilder,  que  le  toxique  spécial  qui  conditionne 
les  altcirations  rnyéliniques,  produit  également  des  réactions  spéciales 
névrogliques. 

Les  vaisseaux.  —  Dans  le  placard  scléreux,  il  n’existe  pas  une  mul- 
tijilication  des  vaisseaux.  La  paroi  vasculaire  est  assez  bien  conservée  : 
On  trouve  cependant  parfois  des  glomérules  ou  des  pelotons  vasculaires, 
fait  dû  ‘  à  l’atrophie  du  tissu.  Les  réactions  périvasculaires  sont  cepen¬ 
dant  très  intenses.  Par  la  coloration  au  Soudan  on  voit  de  véritables 
manchons  de  corps  granuleux  chargés  de  produits  liiioïdaux.  En  outre 
il  existe  une  grande  infiltration  de  cellules  rondes  (fig.  6).  Nous  avons 


ENCÉPHALITE  PÉRIAXIALE  DIFFUSE 


551 


i 


BAnuf:  ET  Moniy,  draganesco  et  bevs 


ENCÉPHALITE  PÊRIAXIALE  DIEFURE 


553 


même  trouvé  des  plasmocytes  et  des  polyblastes,  mais  beaucoup  plus 
rarement.  On  voit  en(’.or(i  de  gros  phagocytes  contenant  des  amas  de 
pigment  verdâtre  :  um;  partie  probablement  est  de  nature  ferrique.  En 
effet,  les  phénomènes  de  désintégration  ferrique  observés  au  niveau  des 
placards  sont  très  intenses  et  offrent  un  intérêt  particulier.  Nous  avons 
employé  la  méthode  de  Turnbull.  On  sait  qu’avec  cette  méthode  le  fer 
est  mis  en  évidence  par  une  coloration  bleue  très  intense  dans  les  centres 
extra  pyramidaux,  —  comme  l’ont  montré  Guizetti,  Spatz,  l’un  de  nous 
en  collaboration  avec  .Marinesco  (1),  etc.  —  ;  dans  le  cortex  la  réaction 
est  très  faible  et  dans  la  substance  blanche  elle  est  absente.  C’est  seu- 


corlcx  (le  Kl  g. 


lement  dans  la  paralysie  générale,  d’après  Spatz,  que  cette  réaction  est 
mtense  même  dans  Je  cortex.  Dans  le  cas  actuel,  nous  trouvons  une 
réaction  très  intense  au  niveau  des  plaques  de  sclérose,  ce  qui  nous  paraît 
avoir  un  certain  intérêt, 

La  coloration  se  constate  le  mieux  à  l’œil  nu  sur  des  fragments  ou  des 
coupes  épaisses  ;  elle  délimite  très  nettement  les  lésions.  Elle  est  plus  mar¬ 
quée  dans  les  lésions  plus  anciennes.  L’examen  à  la  loupe  nous  permet  de 
Voir  dans  ces  foyers  des  stries  verdâtres,  très  fortement  colorées,  ^^icros- 
copiquement  on  voit  autour  des  vaisseaux  de  nombreuses  cellules  sidé- 
rophiles,  contenant  de  gros  amas  de  pigment.  Cette  disposition  périvas¬ 
culaire  permet  de  suivre  facilement  le  trajet  des  vaisseaux.  Elle  est  plus 
(évidente  sur  les  coupes  non  colorées  par  le  carmin.  On  I  rouve  cependant 

{•)  Marinesco  et  Dracanesco.  Itrvue  ncur.,  1923,  novcmbic. 

BEVÜE  NEUROI.OOIQUE.  -  T.  II,  n”  6,  DKUEMIIKR  192(1. 


-  30 


BAKlif:  BT  MOIILW  DHAOA.MISCO  ET  IIEVS 


l(i  fer  aussi  dans  dns  (•(diulcs  iinvrogliquos  à  distan(ai  dos  vaiss(iaux,  à 
l’olal  f^rannloux,  mais  (ui  fj;ônoral  la  rôaoLion  osL  difriis(‘.  Los  grandos 
(■-«dliilos  névrogliqiKis,  dôoril(!S  (ilus  liaiiL,  n’(m  oouLnmiionl,  pas. 

J'Il  anL  donné  l’abscnco  d’honiorragios,  nous  sonimos  enclins  à  adimiUro 
(pi’il  s’agit  plutôt  ,  dans  nos  placards,  d’nn(ï  désintéÿ'ration  {(îrriquo  spé- 
(•ial(!  lioo  à  la  désintégration  d(!S  gairuis  niyoliniijuos,  qui  conti(!nnerit 
tlu  l'or  coninuï  l’a  montré  Marinosco, 

Ij’.s  cijlindrnxcH.  —  Lonirne  l’ont  remarqué  les  divers  auLsurs,  les  axones 
sont  en  grandes  j)artio  conservés  au  niveau  d('s  plac.ards  scléreux.  En  tout 
cas  il  y  a  un  grand  (a)ntrast(î  av(;c  la  disparition  myéliniqu(;.  C<!  fait  rap- 
jirocluî  un  jaui  les  lésions  do  l’oncéplialiU;  périaxiale  d(!  C(dl(^s  do  la  sclé- 
ros(!  (!n  j)laqu(;,  dans  losi{uolles  Tliomas,  Bi(;ls(diowsky,  (ïtr'.,  ont  noté  une  ’ 
conservation  plus  ou  moins  im[)ürtantc  dos  a.xones.  Mais  ils  sont  tout 
d(;  mênu!  i)lus  rarcis  (pio  dans  un  champ  normal  et  uno  j)arti(î  d(!  cciux 
qui  oxi.st(mt  (fig.  9)  ont  des  lésions  variées  :  tuméfaction  fusiformes  sur 
leur  trajet  avec  dissociation  noiirofibrillairo,  épaississonumts  rubanés, 
voire  mêmr;  boules  terminahis. 

Il  n’y  a  donc  aucun  doute  (jins  la  désintégration  axonalc  suit,  peut- 
être  d’ass(!7.  loin,  cidle  dos  gaines  myéliniques. 

Comparées  aux  lésions  parfois  considérables  (b;  la  substance  blanche  ^ 
intra-cérébrale,  les  altérations  sont  on  général  insignifiant(^s,  au  niv(!au 
d(!  l’écorce  du  cerveau.  Nous  allons  les  décrire  rapideimsnt.  • 

Méninjies.  —  En  général  asynud.  jnormal,  à  part  la  région  temporo-  ’ 
pariétale  gauc.luq  —  li(!U  (h;  la  trépanation,  —  où  on  note  un  épaissis- 
.s<  nient  fibro-conjonctif  manifeste. 

(Jorlex.  —  L’éyiaisseur  est  normale.  On  ne  trouve  pas  de  modifications  | 
cyto-architectoniques.  Dans  la  première  couche,  nous  avons  vu  de  rares  j 
c(dlulcs  de  Cajal.  Les  cellules  nerveuses  dans  toutes  les  couches  sont  ij 

assez  bien  conservées.  Cependant  nous  avons  trouvé,  surtout  dans  les  i 

cellules  de  Betz,  des  altérations  manifestes  du  tyiie  «  réaction  à  distance  «  '  : 

habituidle  (tuméfaction  et  chrornolys'e)  iit  du  .type  (dironiiyue  (atrophie  : 
du  corps,  fusion  des  corpusc.ules  de  Nissl,  réseau  fibrillaire  condensé 
jiar  le  Bielschowski,  etc,)  11  est  probable  que  ceslésions  ne  sontijue l’effet 
de  la  destruction  de  certains  axones. 

Nous  n’avous  pas  trouvé  une  [irolifération  névroglique  au  niveau  du 
c.ortex,  excepté  dans  la  derrtiére  couche. 

Les  fibres  tangentielles  sont  intactes.  En  ce  qui  concerne  les  autres 
fibres,  elles  paraissent  bien  conservées,  mais  en  les  comparant  avec  celles 
d’une  coupe  normale  de  la  mêtne  é[)aiss(!ur  et  d(!  la  même  région,  on  cons- 
l.ate  ilniï  pâhnir  md.te  sur  nos  coupes.  Une  S(!uh!  fois  nous  avons  trouvé 
un(!  plaque  myéliniqu(!  sous-(;orticale  envahissant  la  substance  grise.  En 
général  les  vaisseaux  sont  normaux.  L’infiltration  i)ardes  c(\llul(!S  rondciS 
e.st  (!Xce])liotm(dl(!  ;  une  fois  cependant  nous  avons  trouvé  dans  la  pre¬ 
mière  frontale  gauche  un  petit  vaisseau  avec  iun  manchon  lymi)hocy- 
taire  abondard,  (fig.  10).  U  exist<!  um;  infiltration  lipo'idahi  discrète  des 
(•(dliiles  ailveiititielles. 


ENCÉPHALITE  PÊRIAXIALE  DIFFUSE 


l''ig.  11.  —  On  y  voit  quelques  petits  kystes  ù  parois  pluricellulaires,  fîntre  eux  et  baignant  tlans  un  tissu 
bbiill.ure  nesroglique,  on  trouve  des  petites  Ibrmations  gliomatcuses  constituées  toujours  |)ar  des  cellules 
cylindriques. 


12.  —  liulbe  au  niveau  du  tiers  moyen.  Pâleur  des  deux  pyramides,  j)lus  d’un  côté  ;  figure  inversés. 


BAHHË  HT  MOBIN,  DRAGANESCO  ET  RE  Y  S 


Ependyme.  —  Léger  épaississement  du  réseau  névrogliquc  sous-épen- 
(lymaire.  Il  est  important  de  signahir  qu’au  niveau  de  la  région  calcarine 
nous  avons  rencontré  assez  loin  de  l’épendyme,  dans  la  substance  blan- 
«•he,  une  série  de  cavités  kystiques  (fig.  11)  de  dimensions  variables,  res¬ 
tant  toujours  visibles  à  l’œil  nu  ;  elles  ont  parfois  un(;  multiplication  de 
leurs  parois  à  cellules  cylindriques,  ce  qui  donne  l’impression  de  petits 
gliomes.  Ces  kystes  sont  probablement  d’origine  éperidymaire. 

Les  altérations  primitives  dans  le  reste  du  système  nerveux  sont  pres- 
(pie  inexistantes.  Nous  avons  signalé  plus  haut  l’apparition  d’un(!  petite 
jilaque  dans  la  substance  noire.  La  plaque  est  toute  récente.  On  ne  trouve 
((u’une  perte  myéliniquc,  sans  phénomènes  de  désintégration  lipoïdique 
(it  sans  réaction  gliale. 

L(!  cervelet,  tant  le  cortex  que  les  noyaux  et  la  substance  blanche,  est 
normal. 

'  Dans  la  protubérance,  le  bulbe  (fig.  12)  et  la  moelle,  on  poursuit  la 
dégénérescence  descendante  du  faisceau  pyramidal  qui,  au-dessus  du 
croisement  moteur,  est  plus  marquée  du  côté  gauche. 

En  général,  cependant,  elle  reste  assez  faible  :  les  coupes  montrent 
seulement  une  légère;  pâleur. 

Dans  les  pédoncules  rasp(;ct  du  faisceau  pyramidal  est  normal  au 
\V(;igert. 

L’(;xamen  anatomo-])athologiqu(;  que  nous  avons  (;xposé  plus  haut 
ne  laisse  aucun  doute  qu'il  s’agit  d’une  encéphalite  périaxiale  diffuse. 
En  ce  qui  conc(;rm;  c.e.tte  épithète,  par  laquelle  on  a  voulu  caractériser 
la  localisation  autour  des  vcntric.ules-axes  du  cerveau,  nous  croyons 
([u’cdle  prête  à  confusion  et  qu’il  serait  préférable  de  se  rattacher  à  celle 
(h;  jMM.  P.  Marie  et  Foix. 

Pour  ce  qui  est  de  la  nature  des  lésions,  nous  sommes  enclins  à  admettre 
avec  Schilder  qu’il  s’agit  probablement  dt;  l’influence  d’un  toxique. 

En  effet  le  caractère  segmentaire  ou  intercalaire  de  la  dégénérescence 
myélinicjue,  rapproche  un  peu'  ces  lésions  des  lésions  neuro-anémiques. 
■Mais  tandis  que  dans  C(;s  dernières  il  s’agit  probablement  de  neuro- 
loxines  qui  ont  une  certaine  électivité  pour  la  moelle  et  en  général  pour 
l(;s  fibr(;s  longues,  il  s’agit  ici  d'un  f)oison  à  action  surtout  cérébrale.  Il 
(;st  possibh;  (pu;  cet  agent  to,xi(jue  agisse  par  rint(;rmédiaire  du  liquide 
ventriculaire.  On  sait,  en  effet,  que  pour  Monakow(l)  le  liquide  ventri¬ 
culaire  a  une  véritabh;  circulation:'»  travers  le  tissu  nerveux  jusque  dans 
les  (;spaces  sous-corticaux  encéphaliques.  Le  liquide  ventriculaire  ser¬ 
virait  donc  dans  les  cas  pathologiques  du  type  do  cette  sclérose 
jK'u'iaxiale  de  vecteur-  pour  le  toxique. 

La  possibilité  d’une  cause  inflammatoire  n’est  cependant  pas  exclue.  • 

L’infiltration  lymphocytaire  considérable  que  nous  avons  signalée 
da'ns  notre  cas,  en  serait  un  témoin.  Il  est  vrai  qu’on  a  noté  des  infiltra¬ 
tions  à  cellules  rondes  dans  toute  désintégration.  Et  le  fait  que  chez  nous 


(1)  iMo.NAKOw,.  Schw.  Arch.  /.  iVeur.  u.  Psijcii.,  19'Z3. 


ENCÉPHALITE  PÉRIAXIALE  DIFFUSE 


557 


Cette  infiltration  n’existait  qu’au  niveau  des  régions  démyélinisées,  parts 
en  faveur  de  cette  hypothèse.  Cependant,  comme  on  voit  sur  une  de  nos 
coupes,  il  peut  exister  une  infiltration  lymphocytaire  même  dans  le  cortex. 

On  ne  peut  donc  pas  s’appuyer  sur  ce  seul  fait  pour  conclure  à  une 
origine  inflammatoire. 

En  ce  qui  concerne  le  diagnostique  différentiel  du  point  de  vue  anato¬ 
mique,  c’est  surtout  avec  la  sclérose  tubéreuse  et  la  sclérose  en  plaques 
qu’on  doit  le  faire.  La  présence  de  gliocytes  géantes  est  commune  av(  c 
la  première,  mais  c’est  là  le  seul  point  commun.  Quant  à  la  sclérose,  en 
plaques  elle  se  distingue  de  notre  maladie  surtout  par  la  dissémina¬ 
tion  des  lésions  dans  tout  le  névraxe,  et  par  le  caractère  circonscrit  des 
plaques. 

Le  cas  étudié  plus  haut,  tant  du  point  de  vue  clinique  qu’anatomique, 
représente  une  forme  sub-aiguë  de  la  maladie.  M.  Foix  a  communiqué 
récemment  (1)  l’examen  anatomo-clinique  d’un  nouveeu  cas  d’encépha¬ 
lite  périaxiale  ;  ici  l’évolution  a  été  tout  à. fait  chronique,  avec  lésions 
limitées  et  anciennes.  A  cette  occasion,  M.  Foix  a  insisté  sur  l’existence 
de  deux  formes  pathologiques  ;  l’une  subaiguë  rapidement  mortelle, 
l’autre  chronique.  Nous  sommes  du  même  avis,  et  croyons  qu’on  doit 
dorénavant  dans  la  description  de  cette  maladie  admettre  deux  types  : 
le  type  Schilder  et  le  type  P.  Marie-Foix.  Notre  cas  subaigu  correspond 
plutôt  au  premier  type  par  son  évolution  clinique  et  par  les  caractères 
de  ses  lésions  histhologiques. 


(!)  Ch.  Foix,  Bariéty,  Barucu  et  J.  Marie.  Comm.  à  la  Soc.  de  Neurol.  Séanc 
du  27  mai  192ü. 


III 


LOCALISATION  DU  TRÉPONÈMA  PALLIDUM 
DANS  LE  CERVEAU  DES  PARALYTIQUES  GÉNÉRAUX. 
CONSIDÉRATIONS  THÉRAPEUTIQUES 


A.-C.  PACHECO  E  SILVA, 

Directeur-médecin  del’Hôpilalde  Juquery  (S.  Paulo,  Brésil). 


Dans  le  premier  numéro  des  «  Mémoires  de  l’hôitilal  de  Juquery  » 
nous  avons  publié  les  résultats  de  nos  investigations  sur  le  Spirocheta 
pallidum  dans  le  cerveau  des  paralytiques  généraux  et  nous  avons  insité 
sur  l’importance,  du  point  de  vue  thérapeutique,  des  relations  du  virus 
syphiliti([ue  avec  les  différents  éléments  du  système  nerveux. 

Malheureusement  nous  n’avons  pas  réussi  dans  notre  premier  travail,  à 
démontrer  d’une  façon  nette  ([u’elles  étaient  ces  relations.- 

En  poursuivant  nos  recherches  (portant  jusqu’à  présent  sur  56  cas  de 
paralysie  générale,  dont  la  plupart  ont  été  soumis  au  traitement  anti 
syphilitique  (novarsénobenzol,  mercure  et  bismuth)  et  dont  trois  ont 
été  inoculés  avec  la  malaria,  nous  avons  constaté  quelques  faits  qui  nous 
semblent  éclairer  certains  points  encore  obscurs  de  la  syphilis  nerveuse 
et  qui  ouvrent  de  nouveaux  horizons  à  la  thérapeutique  de  cotte  maladie, 
en  particulier  en  ce  qui  concerne  l’invulnérabilité  des  spirochètes  aux 
agents  médicamenteux. 

La  technicjue  employée  dans  nos  recherches  fut  celle  d?  Jalinel,  avec 
un  perfectionnement  imprévu  que  le  hasard  nous  a  apporté. 

Nous  nous  permettons  de  reproduire  ici,  encore  une  fois,  cette  technique 
qui  est  incontestablement  excellente  et  qui  ne  semble  pas  être  bien  con¬ 
nue  en  Fiance. 

Technique  de  Jahnel  (de  Munich).  —  Jahnel,  de  1917  à  1920,  a  étudié 
soigneusement  les  techniques  employées  pour  la  recherche  du  tréponème 
et,  par  une  heureuse  combinaison  de  la  technique  de  Levaditi  avec  la 
méthode  de  Cajal,  a  réussi  à  obtenir  des  résultats  surprenants,  non  seule¬ 
ment  par  le  grand  pourcentage  des  cas  positifs,  mais  aussi  par  la 
netteté  avec  laquelle  le  tréponème  apparaît,  coloré  en  noir  sur  un  fond 
jaune  clair. 

Les  éléments  normaux  des  tissus  nerveux  ne  s’imprègnent  pas  grâce 

IlEVUE  NEUIlOI.OOIQllB.  — T.  Il,  N»  fi,  DÉCEMBIIE  1926. 


LOCALISATION  DU  TRÉPONEMA  PALLIDUM  559 

à  l’action  inhibitrice  du  nitrate  d’urane,  combiné  à  la  pyridinc  ({ui  par 
contre  n’empêche  pas  l’imprégnation  des  spirochètes.  Ce  fait,  à  notre 
avis,  ne  présente  qu’un  seul  inconvénient,  celui  de  ne  pas  permettre,  quel¬ 
quefois,  l’identification  des  éléments  histologiques. 

La  seconde  modalité  de  la  technique  de  .Jahnel,  qui  présente  de  grands 
avantages  sur  la  première,  est  la  suivante  :  Les  petits  fragments  (de  2  à 
4  mm.  d’épaisseur)  de  substance  nerveuse  bien  fixée  dans  le  formol  à 
10  %  sont  lavés  dans  l’eau  courante  pendant  2-3  jours.  Passage  pendant 
24-48  heures  dans  la  pyridine  pure.  Lavage  soigneux  dans  l’eau,  fré¬ 
quemment  renouvelée  jusqu’à  ce  qu’on  ne  sente  plus  la  moindre  odeur 
de  pyridine  (2  à  3  jours  en  moyenne).  On  laisse  les  fragments  pendant 
30  à  60  minutes  dans  l’étuve  à  34°,  dans  une  solution  d",  nitrate  d’urane 
à  1  %,  fraîchement  préparée.  Lavage  dans  l’eau  distillée  pendant 
24  heures.  On  laisse  les  pièces  dans  l’alcool  à  90“  pendant  3  à  8  jours. 
Nouveau  lavage  rapide  dans  l’eau  distillée  et  réduction  pendant 
24  heures,  à  l’obscurité,  dans  la  solution  suivante  :  acide  pyrogallique 
4  grammes,  formol  5  grammes,  eau  100  cc..  Nouveau  lavage  dans  l’eau 
distillée.  Déshydratatoin.  Inclusion  dans  la  paraffine. 

Les  insuccès  sont  fréquents  avec  cette  technique,  surtout  lorsqu’on 
n’en  a  pas  une  grande  habitude.  Il  y  a  de  grands  avantages  à  suivre  les 
conseils  (je  Ilezza,  c’est-à-dire  à  supprimer  la  fixation  première  des  pièces 
dans  le  formol  et  à  les  mettre  djireqtement  dans  la  pyridine.  On  a  d’excel¬ 
lents  résultats  en  supprimant  la  fixation  dans  le  formol,  surtout  si  l’au¬ 
topsie  a  été  faite  moins  de  12  heures  après  la  mort  du  malade. 

.\vec  le  matériel  fixe  dans  le  formol,  il  est  indispensable  de  procéder  à 
Un  lavage  soigneux  (4-5  jours)  dans  l’eau  courante,  avant  le  bain  de  pyri¬ 
dine,  qui  doit  être  lui-même  prolongé  pendant  cinq  jours  ou  davantage. 

Le  hasard  nous  a  permis  d’obtenir  un  perfectionnement  de  cette  tech 
uique.  La  pyridine  dont  nous  disposions  était  épuisée,  circonstance  qui 
uous  avait  obligé  à  nous  servir  de  pyridine  déjà  utilisée.  Et  grande  fut 
uotre  surprise  de  constater  que  les  meilleures  préparations  étaient  juste¬ 
ment  celles  que  nous  avions  traitées  par  cette  pyridine  ayant  déjà  servi. 

Dès  lors  nous  nous  sommes  servis  de  cette  substance  préalablement 
exposée  à  l’action  de  l’air,  que  nous  laissons  dans  les  flacons  ouverts 
pendant  plusieurs  jours,  ce  qui  la  rend  beaucoup  plus  concentrée  et  active, 
donnant  toujours  d’excfillents  rcîsultats. 

Voici  les  faits  qui  nous  semblent  les  plus  inteiressants. 

.llapporls  entre  les  tréponèmes  et  les  cellules  nerveuses.  —  Les  lésions  d(s 
cellules  nerveuses  des  paralytiques  généraux  sont  diversement  inter¬ 
prétées  par  les  auteurs  qui  se  sont  adonnés  à  ces  études.  Raecke  croit  dans 
l’action  directe,  mécanique  du  tréponème.  Gappola  pense  plutôt  à  l’action 
des  toxines  microbiennes  et  à  l’inanition  des  cellules  nerveuses,  résultant 
de  l’absorption  des  liquides  nutritifs  des  ti.ssus  par  le  virus  syphilitique. 

Manuelian,  Bertolluci  pensent  (pie  la  f  irme  cndo-cellulaire  du  spiro¬ 
chète  est  très  fréquente. 


A.-C.  PACIIECO  E  SII.VA 


OGO 


sur  cette  figure)  vers  une  cellule  nerveuse, 
sa  périphérie,  sans  la  pénétrer. 


h'ig.!2.  —  Cellules  nerveuses  attaquées  à  leur  |)éripliéric  par  les  tré|>onèmeK,  les  tréponèmes  ne  péné¬ 
trant  pus  les  cellules.  Apparence  de  fausse  pénétration.  Superposition. 


LOCAÏASATION  DV  TRÉPONEMA  PALLIDUM  5G1 


Fig.  4.  *—  Kxode  des  spirochètes  en  dehors  du  vaisseau.  Ils  se  rassemblent  dans  la  gaine  périvasculaire  pour 
émigrer  dans  le  parenchyme  nerveux  des  voisinages.  On  surprend  un  spirochète  qui  se  dirige  de  Tinté'- 


A.-C.  1>ACUEC0  E  HILVA 


IIai]])l,nmarui,  Jahiicl,  Cappola  sont  de  l’avis  contraire,  la  croyant 
très  rare,  et  ils  supposent  cju’il  s’agit  d’une  simple  illusion  optique,  due 
à  la  superposition  accidentelle  d’un  tréponème  et  d’une  cellule  ner¬ 
veuse. 

Pour  notre  part,  nous  sommes  absolument  sûrs,  étant  données  les  nom¬ 
breuses  préparations  que  nous  avons  examinées,  que  le  tréponème  ne 
pénètre  pas  à  l’intérieur  de  la  cellule  nerveuse  qui,  au  lieu  de  lui  servir 
d’abri,  est  au  contraire  une  barrière  à  l’invasion  tréponémique. 

Mn  effet,  nous  voyons  dans  la  fig.  1  une  cellule  de  Betz  (pii  présente  de 
nombreux  spirochètes  à  sa  périphérie,  mais,  fait  curieux,  ils  sont  tous  du 
c.ôté  de  la  cellule  qui  est  en  rapport  avec  un  petit  vaisseau.  Nous  avons 
vu  plusieurs  images  identiques,  ce  qui  nous  fait  penser  que  les  cellules 
nerveuses  servent  d’obstacle  aux  spirochètes  qui,  provenant  du  sang, 
émigrent  dans  les  tissus  nerveux.  Dans  la  fig.  , 1  on  voit  que  les  spirochètes 
n’ont  pas  réussi  à  i)énétrer  à  l’intérieur  de  la  cellule,  qui  est  encore  à  peu 
près  intacte. 

Dans  les  fig.  2  et  3  on  voit  de  nombreuses  cellules  nerveuses  de  la 
même  couche,  mais  déjà  complètement  entourées  par  les  spirochètes, 
qui  semblent  avoir  un  tropisme  accentué  pour  elles. 

Malgré  le  grand  nombre  de  spirochètes  qui  existent  à  cet  endroit, 
le  degré  doijà  avancé  des  altérations  descellules,  qui  sont  atrophiées  et  qui 
sont  entourées  par  de  nombreu.x  éléments  de  la  microglie,  on  ne  voit  pas 
de  spirochètes  réfugiés  à  l’intérieur  du  protoplasme  des  cellules. 

La  figure  4  nous  montre  que,  après  la  destruction  complète  des  cellules 
nerveuses,  destruction  qui  peut  donner  lieu  à  l’apparition  de  vacuoles, 
et  quand  il  e.xiste  un  degré  de  sclérose  notable  des  tissus,  les  spirochètes 
migrent  vers  une  autre  région  où  les  cellules  sont  encore  bien  conservées. 

Rapports  des  spirochètes  avec  tes  vaisseaux  du  cortex.  —  L’affinité  des 
spirochètes  pour  les  vaisseaux  du  cortex  ne  peut  être  contestée.  L’es  inter¬ 
prétations  les  plus  diverses  ont  été  proposées  pour  expliquer  i’ac, cumu¬ 
lation  des  spirochètes  autour  des  capillaires  et  des  petits  vaisseaux. 

Ilauptmann  suppose  que  les  vaisseaux  constituent  un  obstacle  méca¬ 
nique  opposé  aux  tréponèmes  qui  circulent  dans  la  substance  grise  du  cor¬ 
tex.  .Jahnel,  ayant  remarqué  fréquemment  la  disposition  péri-vasc.ulaire 
et  constaté  quehpiej  sj)iro(;hètes  libres  dans  la  cavité  vasculaire 
et  leur  présence  à  l’intérieur  des  gaines  de  Virchow,  admet  la  possibi¬ 
lité  de  leur  «  réimmigration  dans  le  courant  sanguin»  ;  toutefois,  il 
n’exclut  point  l’hypothèse  inverse,  celle  du  passage  des  spirochètes  cir¬ 
culants  du  sang  dans  les  tissus  nerveu.x. 

Les  faits  que  nous  avons  observés  dernièrement  nous  permettent  d’envi¬ 
sager  ces  hypothèses  de  l’immigration  ou  de  l’émigration  des  spirochètes 
dans  les  tissus  nerveux  d’une  façon  à  peu  près  certaine. 

En  effet,  nous  avons  vu  un  grand  nombre  de  micro-organismes  dans 
les  gaines  péri-vasculaires  et  nous  avons  surpris  dos  spirochètes  passant 
des  cavités  vasculaires  dans  les  tissus  nerveux  (fig.  5). 

La  dire(4ion  du  courant  tréponémi(jue  se  fera  des  vais.seaux  vers  les 


LOCALISATION  DU  TRÊPONEMA  PALLIDIJM 


r)()3 


*g.  5.  —  Hilui-calion  <lc  vaisseau.  Au  niveau  de  l'éperon  de  bifurcation,  issue  des  spirochètes  et  agglo- 
localises  des  pa^sites  par  suite  <lu  choc  du  courant  sanguin,  qui  favorise  en  cet  endroit  leur 
pénétration  à  travers  la  gaine. 


Kig,  G  -  Les  spirocliètes, 


îiveau  des  méninges, 


504 


A.-C.  P  AC  n  ECO  E  SILVA 


tissus  ;  on  ne  pourrait  aütrement  expliquer  ce  fait  que  nous  avons  déjà  1 
signalé  :  au  niveau  de  toute  cellule  attaquée  par  les  spirochètes  au  voi¬ 
sinage  des  vaisseaux  (comme  dans  la  fig.  1),  ceux-ci  se  disposent  seulement  ( 
du  côté  de  la  cellule  qui  regarde  le  vaisseau,  tandis  qu’on  voit  les  autres 
spirochètes  n’ayant  pas  rencontré  de  cellules  nerveuses  continuer  leur 
trajet.  11  s’agit  donc  d’upe  migration  des  spirochètes  du  sang  dans  les 
tissus  nerveux. 

Un  autre  fait  que  nous  avons  observé  et  qui  nous  semble  intéressant  est 
le  grand  nombre  des  micro-crganismes  qui  traversent  les  vaisseaux  au  , 
niveau  des  points  de  bifurcation  (fig.  6). 

Nous  supposons  que  les  spirochètes  circulent  à  grande  vitesse  dans  la  j 
sens  du  courant  sanguin  ;  pour  l’obstacle  formé  par  l’angle  de  bifurcation, 
ils  réussissent  à  traverser  la  paroi  vasculaire  à  cet  endroit  avec  la  pluà  ' 
grande  facilité. 

Nous  devons  souligner  encore  un  fait  qui,  dès  nos  premières  recherches,  , 
nous  a  frappé:  c’est  le  contraste  entre  l’abondance  de  spirochètes  autour 
des  capillaires  et  leur  relative  rareté  au  voisinage  des  vaisseaux  d’un  plus 
gros  calibre.  * 

Topographie  des  spirochètes.  —  En  ce  qui  concerne  la  topographie  des 
spirochètes  nous  avons  pu  confirmer  les  recherches  antérieures. 

Les  micro-organismes  sont  particulièrement  abondants  dans  les 
deuxième  et  troisième  couches  de  cellules  pyramidales  au  niveau  du 
lobe  frontal.  ,  I 

Dans  le  centre  ovale,  on  peut  rencontrer  des  spirochètes,  mais  ils  y  sont  .! 
rares,  et  sont  visibles  seulement  au  voisinage  de  la  substance  grise. 

Au  niveau  des  méninges  nous  avons  réussi  à  trouver,  dans  un  seul  cas, 
de  rares  spirochètes  (fig.  6).  Autour  des  vaisseaux  méningés  nous  n’avons.  : 
jamais  vu  de  ces  micro-organismes. 

Nos  recherches  se  sont  portées  dans  la  plupart  des  cas  sur  le  lobe  fron¬ 
tal,  mais  nous  avons  pu  trouver  des  spirochètes  dans  le  noyau  lenticulaire 
et  dans  toutes  les  régions  de  l’écorce  cérébrale,  mais  toujours  moins  -i 
nombreux  que  dans  la  région  frontale.  Dans  le  cervelet,  il  est  très  diffi¬ 
cile  de  trouver  des  spirochètes,  même  dans  les  cas  où  existent  des  lésions  | 
histologiques  très  marquées  de  cet  organe.  Dans  la  protubérance  et  dans  ^ 
le  bulbe  nous  avons  trouvé  des  spirochètes  dans  un  cas  de  tabo-paralysie.  s 
Dans  la  moelle  nous  en  avons  constaté  dans  un  assez  grand  nombre  de  | 
cas  de  tabo-paralysie  et  de  tabes.  ,1 

,  L’intérêt  pratique  de  l’étude  topographique  des  spirochètes  réside  dans  ,  i 
la  possibilité  d’élucider  de  cette  manière  le  mode  d’action  des  agents  tré-  ^ 
ponémicides,  qu’ils  soient  introduits  par  voie  vasculaire  ou  voie  sous-  ^ 
arachnoïdienne.  ,  '  '! 

Ainsi  on  ne  comprend  pas  pourquoi  les  agents  médicamenteux,  intro¬ 
duits  par  la  vole  vasculaire,  n’agissent  point  sur  les  spirochètes  qui  sont 
si  abondants  tout  autour  des  vaisseau.x  et  dans  leur  voisinage.  Il  faudrait 
persister  dans  l’usage  de  cette  voie  d’introduction,  et  trouver  le  moyen  de 


LOCALISAT IOi\  DU  THÉPONDMA  PALLIDUM  5ÜÔ 

faire  arriver  les  substances  tréponémicides  jusqu’aux  petits  vaisseaux  de 
l’écorce  cérébrale  et  si  possible  de  leur  faire  traverser  leurs  parois. 

L’hypothèse  suivant  laquelle  les  spirochètes  se  réfugiant  dans  le  proto¬ 
plasme  des  cellules  nerveuses,  le  traitement  spécifique  ne  peut  être 
qu’inefficace  dans  la  paralysie  générale,  ne  répond  pas  aux  faits  observés. 
Il  est  évident  que  les  spirochètes  se  trouvent  en  dehors  des  cellules  ner¬ 
veuses  mais  dans  leur  voisinage,  autour  des  vaisseaux,  circulant  libre¬ 
ment  entre  les  éléments  du  cortex  cérébral. 

D’autre  part,  la  rareté  des  spirochètes  dans  les  méninges  démontrent 
que  la  réaction  méningée  est  une  réaction  secondaire  à  l’atteinte  des 
centres  nerveux,  et  que  la  thérapeutique  par  la  voie  intra-arachnoïdienne 
n’est  pas  très  logique. 


1 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 
DE  PARIS 

Séiince  du  2  décembre  W26. 

Présidence  de  M.  André  LÉRI 


SOMMAIRE 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  1926 


Adresse  de  sympathie  à  M.  Froment, 

M.  Li;  Président  : 

Messieurs, 

C’est  avec  une  profonde  émotion  que  nous  avons  tous  appris  hier  le 
grave  attentat  dont  vient  d'être  victime  notre  collègue  et  ami  Fromi;nt. 
Plus  que  toute  autre  société,  la  Société  de  Neurologie  connaît  l’activité 
scientifique  de  Froment  et  apprécie  la  valeur  et  l’originalité  de  ses  travaux. 
J’ai  adressé  à  M"’“  Froment  et  à  ses  enfants  l’assurance  de  notre  profonde 
sympathie  et  je  leur  ai  exprimé  les  vœux  ardents  que  nous  formons  pour  le 
prompt  rétahlissement  de  notre  collègue.  Je  suis  sûr  d’avoir  été  ainsi 
l’interprète  de  tous  les  membres  de  notre  Société. 

Centenaire  de  Laennec. 

La  société  délègue  son  Président  M.  André  Léri  pour  la  représenter 
aux  fêtes  du  centenaire  de  Laennec. 

Erratum  au  sujet  du  congrès  des  aliénistes  et  neurologistes  de 
langue  française  de  1927. 

L’annonce  des  rapports  pour  1927  doit  être  modifiée  ainsi  qu’il  suit  : 
JuMENTiÉ  :  Tumeurs  des  ventricules  latéraux. 
Li':vy-Valensi  et  Nayrac  ;  L’automatisme  psychologique. 


COMMUNICATIONS  ET  PRÉSENTATIONS 


1.  —  Sur  un  cas  d’hémiplégie  infantile,  par  MM.  L.  Babonneix  et 
A.  Duhuy. 

Nous  avons  eu  l’occasion  d’observer' ces  temps-ci  un  cas  curieux  d’hé¬ 
miplégie  infantile.' 

Obsiîkvation.  -  S;..  Liiurcnt,  17  ans,  vu  le  10  oclabiT  192(1. 

A.  Il,  et  A.  P.  — ■  Son  père  est  mort,  vers  la  cinipumtaine,  d’une  embolie  pulmo¬ 
naire  consécutive  à  une  phlébite  variqueuse.  Sa  mère  est  en  bonne  santé,  les  réac¬ 
tions  sanguines  sont  normales  cbe./.  elli%  mais  idle  n’a  pas  de  réflexe  achilléen  gauche. 
Elle  a  eu  deux  enfants  :  le  mahule,  et  une  lille  bien  portante.  Mlhï  n'a  .jamais  fait  de 
tausse-couche. 

Le  je.une  S...  est  né  à  terme,  mais  raccoucheirnmt,  pri>liin;)é,  s’était  terminé  [lar  une 
^Pplicalion  du  jorceps  ;  on  a  constaté,  à  la  naissance^  un  certain  degré  d’as])hyxie, 


SOCIÉTÉ  DU  NEVROLOOIE 


r.ü8 

los  jours  suivants,  la  production  d’un  volumineux  céphalématomc.  Peut-ôtre  môme 
l’apidication  de  forceps  aurait-elle  produit,  dans  la  région  de  la  nuque,  une  perte  de 
siihstance  (?)  dont  il  n(!  reste  plus  trace. 

L’enfant,  qui  était  «  très  gros  »,  mais  qui  n’a  pas  été  pesé,  a  été  élevé  au  sein  Jus- 
fpj’à  8  mois,  a  eu  ses  premières  dents  à  l’époque  habituelle,  a  tait  ses  premiers  pas 
à  17  mois,  a  i)arlé  de  très  bonne  heure.  11  est  allé  à  l’école  primaire,  mais  n’a  pas  son. 
certi  lient. 

//.  (k  la  M.  —  11  est  amené  pour  des  commisions  de  li/pe  comilial.  La  premièri^  est 
survenue  à  Sans.  Depuis, elles  se  répètentenviron  touslesrnois.  Elles  débutent  par  un  cri, 
puis  le  malade  perd  connaissance,  se  débat,  écume,  et  tombe  ;  on  n’aurait  constaté 
ni  urination  involontaire,  ni  morsure  de  la  langue.  La  crise  finie,  sommeil  lourd  avec 
stertor  ;  au  réveil,  obnubilation  intellectuelle,  céphalée  gravativo.  Depuis  quelques 
mois,  il  est  tout  le  temps  comme  «  abasourdi  ». 

A.  —  Les  iirincipaux  symptüm(^s  constatés  sont  r 

1»  Une  liémipléjiie  inlanlilc  localisée  à  droile.  —  De  ce  côté,  le  membre  supérieur  est 
plus  court,  plus  grèhs  moins  étoffé  ;  le  membre  inférieur  est  également  moins  développé 
que  son  homologue,  surtout  en  largeur. 

.Mensurations  : 

.M.  s.  —  Longueur  (Acromion-styloïde  radiale).  A  droite  :  .^5  ;  à  gauche  :  57  1  l‘i. 

Circonférence  bras  :  droit  ;  ‘i'Z  1  l‘Z,  gauche  ;  24  ;  avant-bras  droit:  24,  gauche:  26. 

.M.  I.*  —  Longueur  (Trochantéro-malléolaire)  à  droite  :  84,  à  gauche  :  85.1  /2. 

Cihonférence  :  Cuisse  (Kl  cm.  au-dessus  de  la  rotule)  droite  :  37  ;  gauche:  40. 

.Ïambe  droite  :  28  1  /2,  gauche  :  31. 

Les  troubles  moteurs  sont  nombreux  : 

1“  Gêne  pour  effectuer  certains  mouvements,  comme,  par  exemple,  celui  de  porter 

2“  Diminution  globale  de  la  force  motrice  :  au  dynamomètre  on  trouve  30  à  droite, 
40  à  gauche  ; 

3"  Pendant  la  marche,  boiterie  peu  marquée.  A  chaque  pas,  le  membre  paralysé  est 
lancé  en  dehors  ;  il  se  meut  tout  d’uneypièce,  sans  se  fléchir  au  genou,  l.e  demi-tour 
est  correctement  effectué.  Le  signe  de  Homberg  tait  défaut  ; 

4“  Grosse  dilllculté  pour  accom[)lir  les  mouvements  délicats  :  coudre,  boutonner, 
écrire.  Il  écrit  de  la  main  gaucho,  sans  écrire  en  miroir.  Veut-il  employer  la  droite, 
il  n’aboutit  qu'à  un  informe  griljouillis  ;  pas  do  phénomènes  cérébelleux  (1),  comme 
dans  le  cas  de  MM.  Noïca  et  Hagdasar  ; 

5“  Oscillations  transversales  de  la  tête,  sur  lesquelles  nous  reviendrons  ; 

O”  Au  membre  supérieur,  spasmes  intentionnels,  gônant  les  mouvements  involon- 

II  n’y  a  pas  <le  paralysie  faciale,  pas  de  mouvement  athétoso-choréique. 

Quant  aux  troubles  réflexes,  ils  consistent  en  une  augmentation  générale,  à  droite, 
des  réflexes  tendineux,  avec  des  variantes  :  le  rotulien  est  polycinélique,  l’achilléen 
et  le  radial,  nettement  augmentés,  le  cubito-pronateur  et  le  trlcipital,  à  peine  accrus. 
Il  existe  également,  de  ce  côté  : 

1”  Do  la  tréjiidation  .spinale  ; 

2“  Un  signe  de  liabinski  ;  * 

3“  Un  tdiénomène  des  raccourcisseurs. 

Les  réflexes  cutanés  sont  tous  diminués,  surtout  le  crémastérlen. 

Le  tonus  est  légèrement  modifié  :  hypertonie  discrète  du  membre  inférieur  ;  au 
membre  supérieur,  hypotonie  alTectant  principalement  les  doigts. 

Aux  troubles  trophiques  déjà  signalés,  ajoutons  des  troubles  vaso-moteurs  accusés  ; 
livedo  annularis  bilatérale,  mais  prédominant  à  droite,  refroidissement  des  extré- 


(1)  NoiCAet  Hagdasar  :  Phénomènes  cérébelleux  dans  un  cas  d'hémiplégie  infan¬ 
tile.  Bull.  Soc.  Méd.  des  Ilôp.de  liucarcsl.  Séance  du  20  février  1920,  p.  21-20. 


SÉANCE  DE  -Z  DÉCEMUHE  lit2C,  569 

La  sensibilité,  objective,  tant  supci'liciellc  (pie  profonde,  semble  partout  normale, 
aux  divers  modes  ;  mais  il  existe  une  asléréoynDsii'  mnipliie,  à  droite.  On  ne  cons¬ 
tate  pas  de  gros  troubles  de  la  sensibilité  subjective. 

II.  —  Des  phénomènes  oculaires,  examinés  chez  M.  le  P'  Terrien,  et  au  sujet  duquel 
on  nous  a  remis  la  note  sidvante  ;  iiié/jalité  pupillaire  :  réflexes  pupillaires  normaux  ; 
nystagmus  V  ô  /lO  OD.  et  OG.,  donc  astigmatisme  myopique  ;  fond  d’œil  ;  papilles 
décolorées, 

G’est  peut-être  à  ce  nystagmus  que  sont  liées  les  oscillations  transversales  de  la  tète. 

III.  —  Les  Ironbles  inlelleciucls  ordinaires.  Le  jeune  S...  a  une  instruction  très 
moyenne,  il  sait  lire,  écrire  (d,  compter  ;  il  aiderait  même  sa  mère  à  tenir  un  petit  eom- 
inerce,  sa  mémoii-e  est  assi'z  développée,  mais  scs  facultés  critique^s  :  jugement  et  rai¬ 
sonnement  sont  médiocres  ;  il  ne  lient  résoudre  aucune  des  questions  relatives  aux 
phrases  absurdes,  proposées  par  lîinet  et  Simon  ;  il  ne  peut  expliquer  la  différence  entre 
<m  roi  et  un  président,  etc... 

IV.  — ■  Une  réaction  de  liauer  forlcmcnl  posilivc  pour  le  sang, hi  réaction  de  Wasser¬ 
mann  étant  négative. 

V.  — •  Un  peu  iriu/pcrlroptiic  mammaire  à  droile. 

Autres  constatations  moins  importantes  : 

1“  Intégrité  apparente  de  l’appareil  auditif,  que  nous  n’avons  pu,  étant  donné  les 
circonstances,  qu'examimu-  un  peu  grossièrement  ;  pour  la  même  raison,  la  ponction 
lombaire  n’a  pu  être  praliipiée  ; 

2»  Existence  d'une  scoliose  à  convi'xité  dorsale  droite,  avec  courbure  de  compen¬ 
sation  lombaire  gauche  ;  attitude  hanchée  ; 

3“  Il  n’y  a  ni  altérations  de  langage,  ni  troubles  sphinctériens  ; 

4“  Bon  élal  général  :  les  principales  fonctions  s’effectuent  bien  ;  les  urines  ne  contien¬ 
nent  ni  sucre  ni  albumine  :  il  n’y  a  pas  de  polyurie  ;  aucun  stigmate  net  d’hérédo- 
Syphilis  ;  à  peine  ipielques  stigmates  de  dégénérescence  dont,  surtout,  la  voûte  ogivale  ; 
présence,  en  divers  points  du  corps,  dans  la  région  frontale  droite,  de.  cicatrices  qui, 
d’après  la  famille,  ne  seraient  pas  attribuables  à  une  chute.  L’incisive  médiane  supé- 
Heurc  droite  a  été  cassée- accideiitelleimmt. 

En  somme,  hémijilégie  infantile  droite  avec  épilepsie,  arrêt  de  dévelop¬ 
pement  intellectuel,  etc...,  et  qui  semblerait  banale,  n’étaient  les  particu¬ 
larités  suivantes  ; 

1°  Il  i]  a  de  fortes  raisons  de  rallachcr  celle  affeclion  à  l  hércdo-sypliilis, 
comme  dans  les  nombreux  cas  rassemblés  (1)  ou  publiés  (2)  par  l’un  de 
nous.  En  effet,  lanière  semble  atteinte  de  tabes  fruste  ;  quant  au  malade 
lui-même,  il  présente  une  inégalité  pupillaire  nette,  constatée  dans  le  ser¬ 
vice  du  professeur  Terrien,  et  la  réaction  de  Bauer  est,  pour  son  sang, 
liés,  fortement  positive. 

Sans  doute,  les  difficultés  obstétricales  .sont-elles  intervenues,  elles 
aussi,  dans  la  produef^ion  des  accidents.  Mais  n’est-il  pas  possible 
d’admettre  qu’  «  à  eux  seuls,  les  traumatismes  locaux  ne  sufliraient  pas  à 
créer  des  lésions  irréparables  (Tissier),  si  leur  action  n’était  favorisée  par 
Une  cause  d’ordre  général  »,  qui,  en  pratique,  est  toujours  l’hérédo-sypbi- 
lis,  déjà  incriminée  par  M.  Couvelaire  dès  1008  (3) .  Celle-ci  agit  en  fra- 

(1)  L.  Bahonnhix.  Hémiplégies  d(^  l'cnfuiicc  cl  syphilis  liérédiliui'c.  Revue  Neuro¬ 
logique,  11“  7,  juillet  1916. 

(2)  L.  Baiionnkix.  L’hémiplégie  infiinlile  liée  à  l’héi'édo-sypbilis.  Archives  de  Méde¬ 
cine  des  Enfanls.  tome  XXIX.  ii"  10.  octobre  19-26.  p.  561-571. 

(3)  L.  Bahonmiux  et  H.  Voisin.  KiicéphiUopalhies  infantiles,  in  Traité  de  Pathologie 
^lédicale  el  de  Thcrapeuliquc  uiiptiquéc,  tome  XXV.  Maloine,  Paris,  1922,  p.  491). 

T.  n,N"  6,  0LciiMBmil92G.  '  37 


BEVUE 


lOI-OQIQUE.  — 


.‘^OCIETË  DK  .\i:i  HOKOGJK 


ifilisaiit  la  substance  cérébrale,  ceux-là  en  provoquant  la  rupture  de 
vaisseaux  antérieurement  lésés  A  la  première,  le  rôle  favorisant,  aux  se 
couds,  le  rôle  déterminant. 

2"  Ij' hémiplégie  appartient  au  tgpe  B  de  M.  P.  Marie, .Ne  constatons-nous 
])as.  en  elïet,  dans  notre  cas,  des  contractures, surtout  marquées  au  mem¬ 
bre  inférieur,  des  atrophies,  une  exagération  nette  des  réllexcs  '?  L'atbé- 
tose  ne  fait-elle  pas  défaut  ?  Une  seule  réserve  :  aux  doigts,  il  existe  de 
l’hypotonie  nette,  phénomène  fréquent  dans  rhcmiplégie  infantile  1 1), 
mais  sur  lequel  insistent  assez  peu  les  classiques. 

Le  malade  écrivant  de  la  main  gauche,  on  s’attendrait  à  une  écriture 
enmiroir.  Il  n’en  est  rien.  Anomalie  digne  de  mention,  s’il  eitt  vrai  ([ue 
l’adulte  atteint  d’hémiplégie  droite  c  est  obligé  d’écrire  de  la  main 
gauche.  Avec  un  gros  crayon,  il  s’en  tire  et  ce  mode  d'écriture  révèle 
parfois  un  phénomène  curieux,  l’écriture  en  miroir,  c’est-à-dire  l’écriture 
à  l’envers,  telle  qu’elle  se  lit  aisément  en  la  regardant  dans  un  miroir  o 
(Ch.  Foix)(2). 

4‘’Le  phénomène  des  raccourci.'i.seurs  est  nel.  Il  n’a  guère  été  observé, 
jusqu’à  présent,  ((uechez  l’adulte  (3). 

5“  S’il  existe  vraiment  de  l’hypertrophie  mammaire,  à  droite,  le  cas  est 
doublement  curieux  ;  les  cas  d’hypertrophie  viscérale  homolatérale  sont 
tout  à  fait  rares  (Bahonneix,  Blum  et  Brisard,  Bourneville,  Clarke,  Cannois 
et  Fayolle),  et  ne  se  voient  d’habitude  (ju’associés  à  l’hémiathétose  (An¬ 
dré  Thomas).  Or  celle-ci  fait  complètement  défaut. 

()“  Il  existe  une  asléréognosie  manifeste  de  la  main  droite,  bien  que 
l'examen  de  la  sensibilité  objective  ne  révèle,  en"  cette  région,  aucune 
altération.  Ce  fait  tend  à  confirmer  l’hypothèse  de  ceux  qui  font  du  sens 
stéréognostique  quelque  chose  de  spécial.  Il  n’en  reste  pas  moins  que 
c’est  parce  que  la  main  droite  n’a  pas  été  exercée  (|ue  l’astéréognosie  a 
pu  se  développer,  selon  la  conception  de  Dejerine. 

7°  Les  phénomènes  oculaires  ne  sont  pas  frécpients.  11  y  a  longtemps  cpie 
Freud,  dans  l’hémiplégie  cérébrale  infantile,  a  mentionné  l’hémianopsie 
que  nous  avons  retrouvée  avec  M.  Hallez  (4),  Dans  un  de  nos  cas,  étudié 
avec  M.  R.  Voisin,  M.  Dupuy-Dutemps  a  constaté  un  signe  d’Argyll-Ro- 
bertson  typique  (5).  Nous  avons,  uneautre  fois,  signalé  la  cataracte  con¬ 
génitale  (6).  M.  (>haillous  fait  remarquer  que,  lorsque  l’hémiplégie  dure 
déjà  depuis  un  certain  temps,  on  ne  constate  plus,  entre  les  oculo- mo¬ 
teurs  homologues,  celte  différence  de  puissance  ([ue  l’on  voit  chez  l  adulte. 

(1)  !..  Bahonnki.x,  IJli'.m  cl,  Uiusaiid.  .Sur  un  cas  (l’héiniplccic  infaiililc.  Suc.  de 
Neurologie,  juilli't  l‘.)M. 

(2)  Cu.  Foix.  Neurologie,  art.  Hémiplégie,  t.  V,  2»  (klil.,  p.  (10,  in  Traité  de  Patho¬ 
logie  Médicale  cl  de  l'hérapeuliguc  appliquées,  l’aris,  .Maluinc,  1925. 

(3)  P.  MAUiii  cl  Cil.  Foix.  I.cs  réflexes  (t'uuloniaUsnie  dits  île  ilèfense.  tteuuc  Neu¬ 
rologique,  avril  191.5.  n»  Ifi,  |).  225-23(1. 

Il)  !..  Hahoxnkix  et  (l.-l..  IIai.i.h/..  Itéiniplé/ie  cérébrale  infantile  et  héniiaiuipsie. 
Gaz.  des  lléip.,  n"  (12,  H  et  Kl  a  ifit  1922,  p.  997-999. 

(5)  I„  Karonnkix  et  K.  Voisin.  IIéréilo-sy|)hilis  cérébrale  tardive  clie/  ileiix  sieurs. 
Gaz.  des  llôp.,  13  juillet  1922,  n“  79. 

fil)  !..  Haiionnuix.  lléinipléi;ie  infantile  tiinjçénilnle  droite  ave^:  ralaraete  congé¬ 
nitale.  .Soc.  de  Neur.,  3  mars  1921. 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  1926 


Quant  au  nystagmus  et  à  l’atrophie  optique,  nous  ne  connaissons  que 
Hoflia,  Siemerling,  d’une  part,  Noica  et  Dimelescu  {Revue  neurologique, 
1922,  t.  II,  p.  365-868),  pour  les  avoir  observés  avant  que  nous  en  ayons, 
nous-inême,  rapporté  ([iielques  cas  (1). 

8"  Les  mouvements  délicats  de  la  main  sont  beaucoup  plus  troubles  que  les 
mouvements  de  l’avant-bras,  du  bras,  de  la  cuisse  ou  de  la  jambe. 
M.  Noica,  qui,  le  premier,  a  insisté  sur  ces  laits,  rattache  ce  trouble  à  une 
lésion  localisée  aux  couches  superficielles  de  l’écorce  rolandi(|ue. 

II.  —  Paralysie  générale  avec  neurosyphilis  conjugale  purement 

humorale  (présentation  des  malades),  par  MM.  Laignel-Lav.vstine 

et  Bourgeois. 

.M'"»  G...  Miirg-urritc,  àgùr  de  3.9  ans, est  mariée  à  un  paralytique  général  traité  dans 
le  service  depuis  quelques  nnns  : 

[Les  circunstances  de  .son  entrée  dans  le  ser\'ice,  à  la  fin  d’avri!  1926  valimt  d'être 
rappelées.  Employé  de  chemin  de  fer,  chargé  dans  une  gare  importante  du  fonction¬ 
nement  des  signaux,  G...  a  débloqué  un  signal,  qu’il  était  chargé  de  sur\-eiller.  Pour 
Cette  faute  grave  intéressant  au  premier  chef  la  sécurité  publique  il  est  jiassé  devant 
une  èommission  disciplinaire,  qui  l’a  rétrogradé  d’un  échelon  et  placé  dans  un  bureau, 
où  naturellement  il  n’a  pas  été  capable  do  faire  le  service  demandé  et  il  a  été  réformé. 
<Jn  voit  le  danger  social  d'une  pareille  paralysie  générale  évoluant  à  bas  bruit  sans 
réactions  violentes  ni  délirantes.  L’examen  de  G.  montra,  en  effet,  une  paralysie  séné- 
raie  :  évidente  dyarthrie,  tremblement,  troubles  de  la  mémoire,  iliminution  sl(jiiale 
et  progressive  des  facultés  intellectuelles. 

On  constata,  d’autre  part,  chez  ce  malade,  un  signe  d’Argyll-Robertson  bilatéral 
une  exagération  des  réflexes  tendineux.  Enfin  venant  confirmer  le  diagnostic,  les  exa¬ 
mens  sérologiques  montrent  la  réaction  B.-W.  positive  dans  le  sang  et  dans  le  liquide 
i'éphalo-rachidien  et  de  plus  dans  ce  dernier  une  lymphocytose  (16),  de  l’albuminose 
(9,50)  et  une  précipitation  totale  du  benjoin  colloïdal  122222222221. 

Le  mariage  des  doux  conjoints  remonte  à|1911.  Le  mari  a  contracté  la  syphilis  en 
1913.  En  1914  G...  a-fait  un  accouchement  prématuré  de  6  mois  1  /2.  Elle  a  pré¬ 

senté  à  CO -moment  une  éruption  papulo-squameuse  accompagnée  de  lésions  érosives 
des  muqueuses  labiales  et  génitales.  Elle  est  traitée  à  ce  moment  et  reçoit  (ui  six  mois 
40  injections  d’un  sel  soluble  de  mercure.  De  nouveau  enceinte  pendant  celle  péiiode, 
Celte  deuxième  grossesse  est  menée  à  terme  et  ilonne  naissance  à  un  gaiyon,  qui  est 
«ctuellement  en  bonne  santé,  sans  dystrophie,  d’intelligenc('  normale,  sans  aucun 
stigmate  nerveux  ou  humoral  do  syphilis. 

Nous  examinons  M™”  G.  le.  1'”'  mai  1926. 

Elle  ne  présente  ft  ce  moment  aucun  signe  clini((ue  de  sypldlis. 

—  Pas  de  lésions  cutanécS. 

— •  Les  réflexes  tendineux  sont  normaux  et  égaux  à  droite  et  à  gauclie. 

Les  réflexes  pupillaires  existent  avec  un  hippus  léger. 

La  T.  A.  est  de  9-14  au  Pachon. 

11  n’existe  ni  céphalée^  ni  fatigue. 

Enfin  aucun  signe  d’affaiblissement  intellectuel  :  pas  d’amnésie,  pas  de  lrmd.des  du 
.iugement.  Elle  conserve  toute  son  activité  pratique. 

Or  l’examen  des  réactions  humorales  montre,  au  contraire,  do  grosses  modifications. 

Le  B.-’VV,  et  le  llecht  sont  positifs  dans  le  sang. 


(1)  L.  Hauonneix.  Atroidde  optique  hérédo-syphilitique.  Soc.  d'Ophlal.  il,:  I‘iiris, 
3U  mai  1925. 


sncu'yrf:  i>h:  NiJunoLoait: 


âl-i 

Dans  If  liquide  cépliidu-riicliidien  : 

H. -W.  -  néfjulif. 

(iiiliiicLlc  l'iiildemcnl,  posilif. 

lî((nj(iiii  :  pi'écipiLiitiun  I, ulule  :  1 1 1 . 

Alluiiiiine  0,50. 

I. ,yitipliu  :  H  pur  iiiin.  ■’ 

I.a  malade  pr^senle  dune  un  syndrome  Immoral  cuniplel  sans  sifjnes  eliin(pies  cor¬ 
respondants. 

Depuis  cetli'.  période  (mai  I0"i()),  la  malade  a  suld  un  Irailemenl  intensif  : 

-  -  l'.i  injections  de  ben/.oate  i|e. 

-  10  injections  d(î  novar. 

•  -  10  inj(‘cliuns  de  (pdnby. 

Actuellement,  C...  est  en  parfidti^  .santé  appareid,e.  .Aucun  si^ne  clinique  de 

syphilis  n'est  apparu. 

•Ses  réactions  Ininiorales  se  sont  nettement  améliorées.  Uni'  ponction  loitdjaire,  pra- 
liquée  il  y  a  8  jours,  a  donné  les  résultats  suivants  : 

Lynqdio  ;  3. 

.Albumim^  0,30. 

li.-W.  et  (Admette  nénalifs. 

Mucine  0. 

Henjoin  =  précipitation  partiidle  (  1 1 1  1 1 1  Dil  ). 

Il  p(!r.sisle,  en  (dïet,  nn(!  opah-scence  dans  tous  les  tubes,  sauf  l’avant-dm'nier,  où  la 
précipitation  est  totale.  Nous  rappelons  qu’au  moment  de  la  première  ponction  lom¬ 
baire  nous  avons  obtenu  une  |)récipitalion  totale  dans  tous  les  tubes.  Le  traitement 
a  donc  modifié  nettement  le  syndrome  humoral  céphalo-rachidiim. 

C’est  là  une  constatation  heurmise  et  relativement  rare. 

Celte  observation  oiïrc  un  triple  intérêt.  Elle  montre  le  danger  social 
dans  les  compagnies  de  chemins  de  fer  et  de  transport  en  commun  de 
paralysies  générales  évoluant  à  bas  bruit  sans  réactions  violentes  ni  déli¬ 
rantes,  comme  M.  Pactet  l’a  indiqué  depuis  bien  longtemps. 

Elle  confirme  l’intérêt  signalé  par  M.  liabinski  (1)  et  par  Ceslan  de  la 
neuro-syphilis  latente  conjugale  (2),  dont  la  fréquenceapparaîtra  quand  on 
fera  systématiciuemenl  les  ponctions  lombaires  des  neuro-syphilitiques. 

D’autre  part,  elle  montre  l’utilité  à  ce  stade  humoral  céphalo-rachidien 
du  traitement  antisyphilitique  intensif  capable  d’agir  sur  tous  les  élé¬ 
ments  du  syndrome  :  lymphocytose,  alhuminose,  réaction  du  henjoin  col¬ 
loïdal  et  de  fixation  du  complément. 

111.  — Syndrome  excito-moteur  cervico-facial  avec  crises  toniques 
d’élévation  des  yeux  d’origine  encéphalitique  (présentation  de  la 
malade),  par  MM.  Lakinkl-Lavastink  et  Boufuicois. 

.1.  Louise,  ilomesthpie,  rijjét^  ilc  23  uns,  entre  à  l'hùpitui  le  5  septimibre  lOM  pour  une 
impotenci^  fonctionnelle  du  membre  supérieur  ilroit  et  des  troubles  oculaires. 

Bien  portante  jusqu’en  l'J’iâ,  Louise  a  été  atteinte  il  y  a  un  an  d’un  syndrome  infcîc- 
tii'ux  accompaj'né  d’une  somnolence  continue  pendant  (haix  mois. 

Il  n’y  a  pas  eu  de  diploïde,  —  pas  de  myoclonies. 

Oualre  nuds  après  cet  épisode  initial,  la  malade  constali'  l'apparition  d’urne  frêne 

1.  Baiiinski  et  Baiimi';,  Soc.  nit'd.  des  hôp.  et  ri  Initie  mi'd.,  1910. 

2.  CusTAN.  Hisua  id,  .Sui.i.munkks.  Syiddlis  lalenti^  conjiifrale  ilu  névraxi^  et 
ré  iclion  du  benjoin  colloïdal.  Académie  de  méd.,  20  juillet  1910. 


SÉANCE  DU  2  DECEMBRE  1926 


573 


progressivo,  dus  mouvcmunls  du  bras  droit.  C'ViSl  d’abord  de  l'engourdissument,  puis 
une  raideur  de  plus  en  plus  marquée  avec  une  diminution  légère  de  la  force  muscu¬ 
laire.  Deux  mois  plus  tard,  apparaissent  des  accidents  oculaires  très  particuliers  et  qui 
font  l’intérêt  de  cette  observation. 

Il  s’agit  de  crises  de  contracture  tonique  des  élévateurs  des  globes  oculaires.  Pendant 
ces  crises,  qui  se  prolongent  8  à  10  minutes,  tout  mouvement  de  latéralité  ou  d’abaisse¬ 
ment  des  yeux  devient  impossible  et  le  regard  demeure  fixe  en  révulsion  verticale. 
Surprise  dans  la  rue,  la  malade  est  gênée  pour  se  diriger.  Elle  ne  voit  plus  que  les  che¬ 
minées  et  le  haut  des  maisons.  Ces  crises  surviennent  irrégulièrement  deux  ou  trois  fois 
par  24  heures  et  s’accompagnent  d’anxiété. 

'  En  même  temps  que  ces  troubles  oculaires  sont  apparus  des  phénomènes  spasmo¬ 
diques  à  type  myoclonique  des  abaisseurs  de  la  mâchoire,  entraînant  des  mouvements 
involontaires  d’ouverture  de  la  bouche. 

L’examen  do  la  malade,  à  son  entrée  dans  le  service,  permet  de  constater  l’exis¬ 
tence  d’un  si/mlrome  hémiparkinnonim  droit  marqué  par  : 

De  la  raidcuir  avec  perte  des  mouvements  automatiques  du  membre  supérieur  droit. 

Le  [ihénomène  de  la  roue  dentée  existe. 

Il  y  a  une  hypertonie  nette  des  muscles  du  côté  droit  avec  exagération  des  ré¬ 
flexes  de  posture  et  contraction  persistante  du  jambier  antérieur. 

Les  réflexes  tendineux  sont  normaux,  égaux  des  deux  côtés. 

Les  réflexes  cutanés  sont  normaux  également.  Le  réflexe  cutané  plantaire  se  lait  en 
flexion. 

Il  n’y  a  pas  de  troubles  de  la  sensibilité. 

Pas  de  troubles  cérébelleux. 

L’examen  des  différents  appareils  ne  décèle  rien  de  particulier. 

L’examen  des  globes  oculaires  dans  l’intervalle  des  crises  ne  montre  rien  d’anormal. 
Les  mouvements  des  globes  se  font  normalement.  Il  n’y  a  pas  de  troubles  de  la  coor¬ 
dination,  pas  de  troubles  pupillaires. 

On  note  seulement  un  tremblement  spasihodique  très  marqué  des  paupières  dans 
les  mouvements  d’occlusion. 

Les  crises  toniques  d’élévation  avec  fixité  du  regard,  constatées  dans  le  service,  se 
produisent  deux  ou  trois  fois  par  jour.  Elles  sont  plus  fréquentes  dans  les  quelques 
jours  qui  précèdent  les  règles.  Fait  important,  elles  ne  sont  pas  influencées  par  la  vo¬ 
lonté.  Au  moment  dos  crises,  Louise  ne  peut  absolument  pas  baisser  les  yeux. 

11  n’im  est  pas  do mêmodes mouvements spasmodiquesd’ouverture delà  bouche.  Ces 
hiouvements  sc  produisent  par  crises,  durant  une  heure  ou  deux,  séparées  par  des  inter¬ 
valles  do  repos.  Leur  rythme  est  assez  lent  ;  10-15  spasmes  par  minute.  Ces  spasmes 
intéressent  les  abaisseurs  de  la  mâchoire  et  les  muscles  de  la  langue,  Ijui  est  animée 
de  mouvements  involontaires  incessants  pendant  les  crises.  Mais  ici  la  volonté  peut 
momentanément  faire  cesser  ces  spasmes,  qui  disparaissent,  d’autre  part,  quand  la 
malade,  parle,  pendant  la  mastication,  ou  par  une  simple  distraction. 

Signalons  do  plus  un  trouble  marqué  de  la  parole,  qui  est  traînante  e,t  monotone. 

Enfin  l’examen  du  vago-<ympathiquc  chez  cette  malade  est  très  intéressant.  Il 
montre  une  hyperexcitabilité  vagale  très  marquée.  Le  R.  O.  C.  est  très  exagéré  : 
idO/36.  Le  réflexe  solaire  est  nul. 

En  fait,  un  traitement  par  les  sédatifs  du  vague  (belladone-atropin(')  a  amené  une 
Çfosse  amélioration.  Pendant  toute  la  durée  du  traitement  les  crises  oculaires  et  les 
*^Pasmes  des  abaisseurs  de  la  mâchoire  ont  complètement  disparu. 

La  cessation  du  traitement  a  déterminé  au  bout  de  quelques  jours  une  reprise  des 
accidents. 

Ce  cas  est  dans  son  ensemble  superposable  à  de  nombreuses  observa¬ 
tions  publiées  depuis  quelque  temps,  entre  autres  par  (1)H.  Roger  et 

(I)  Sainton,  WniL  et  Casteoan.  Soc.  d'nlo-nruro-uciilisliiiiic,  juill.  et  oct.  1926. 


374 


SOCIÊTË  DE  NE  il  HOLO  OIE 


P.  Ueboul-Lacliaux  (1  )  et  Tinel  (2),  etc.  Mais  antérieurement  ces  trou¬ 
bles  avaient  déjà  frappé  les  ol)servateiirs  et  Gilliert  Hallet  (3)  en  avait  mon¬ 
tré  ici  même,  en  1907,  un  exemple,  qu’il  paraît  aujourd’hui  légitime  de 
rapprocher  des  perturbations  du  tonus  musculaire  liées  à  l’encéphalite 
épidémicpie. 

D’autre  j)art.  en  raison  de  rhj'perexcitabilité  vagale  caractérisée  par 
l’intensité  du  U.  O.  G.,  nous  avons  mis  le  malade  à  l’atropine.  Sous  l’in- 
lluenee  de  ce  traitement,  les  crises  toniques  d’élévation  du  regard  ont  cessé 
jus(]u’à  l’arrêt  du  traitement. 

IV.  —  Spasmes  toniques  intermittents  d’élévation  du  regard 
avec  myoclonies  de  la  houppe  du  menton  chez  une  mélanoder- 
mique  (présentation  de  la  malade),  par  MM.  L.\ignel-La.vastine 
et  Hoi  hceois. 

De  l’observation  précédente,  nous  pouvons  rapprocher  un  nouveau  cas, 
tout  à  l'ait  analogue,  que  nous  venons  d’examiner. 

M'a-  Li.fèvro  Renée,  égéo  do  19  ans,  vi(mt  consulter  parce  qu’à  certains  moments 
«  il  iiii  est  impossible  de  baisser  les  yeux  », 

|Gette  anomalie  est  apparue  on  février  d(!rnior.  Il  s’agit  ici  encore  d’un  spasme  des 
6i6val<‘urs.dos  globes  oculaires  avec  fixité  du  regard  vers  le  haut.  Ges  crises  toniques 
durent  1  /2  heure  parfois,  et  surviennent  plusieurs  fois  par  jour.  De  telle  sorte,  que  ia 
malade  a  été  obligée  de  cesser  tout  travail. 

Or  '.\[ni' I...,  a  été  atteinte  en  1930  d’un  épisode  infectieux  avec  somnolence  con¬ 
nue  pendant  (1  semaines  et  au  sujet  duquel  le  diagnostic  cVencêphalile  épidémiqiii' 
a  été  porté.  z 

A  oes  crises  toniques  oculaires  viennent  s’ajouter  des  contractions  à  type  myoclo- 
nique  portant  sur  les  muscles  de  la  houppe  du  menton.  Ges  contractions  sont  inces¬ 
santes.  mais  soumises  dans  une  certaine  mesure  à  l’action  do  la  volonté. 

Nous  n’avons  pas  trouvé  chez  cette  malade  do  signes  de  la  série  parkinsonienne. 

-  ■  i’as  de  diminution  des  mouvements  automatiques. 

-  Pas  de  phénomène  de  la  roue  dentée. 

-  Pas  li'hypertonie  musculaire. 

Pas  iPexagération  des  réflexes  de.  posture. 

p, 'étude  dc>s  réflexes  du  vago-sympathique  montre,  d’autre  part,  une  grosse  exa- 
^alioM  du  H.  ü.  G.  (88-33)  et  permet  de  déceler  une  excitabilité  vagale  très  mar- 
IpTée. 

l.'eNamen  complet  de  cette  malaili'  décèle,  en  ou're,  dés  troubles  marqués  du  déve- 
loppenieril.  ainsi  qu’une  mUannrh’rmic.  à  dispasilinn  relalivemenl  'miilamériqiir  on  cor¬ 
set  et  sans  rapport  avec  son  affection  actuelle.  Il  s’agit  d’une,  mélanodermie  datant 
(ie  l'enfance,  siégeant  sur  la  partie  inférieure  du  tronc,  à  la  racine  des  membres,  res- 
pecL'inl  le^  organes  génitaux,  et  dont  la  disposition  est  nettement  réticulée,  en  rap- 
|iort  avec  la  disposition  de  la  vascularisation  cutanée. 

(I)  11.  Hogk'h  et  .1.  HKuaui.-I.ACii.w.x.  S[)ii,smes  toniques  des  droits  sup.ct  aphonie 
inti'rmittente.  chez  un  parkinsonien  post-encéplial.  .Sor.  nlo-neurn-ocul.  du  S.  E.,  33 

A  propos  lies  spasmes  oculogyres.  Conqr.  des  Neurol.,  Genève,  août  193(1. 

(3)  Tini:i..  Spasmes  toniq.  d’éclat  des  yeux. .Soc. de  }‘stjchialrk,  nov.  I93G.  ICruéplial., 

(3)  GiLHiarr  Hai.i.ut.  Sur  un  syndrome  caractérisé  par  des  troubles  myotoniques  de 
la  miisenlatnre  des  yeux,  de  la  langue  et  des  membres  siqiérieurs  survenus  acciden¬ 
tellement  eliez  deux  malades  Agés  de  .à'I  ans,  l’antre  de  40  ans.  .Sor,.  de.  Ncurolnr/ie, 


SÊAi\Cli  DU  -Z  DliCliMIiHE  1920 


Il  ii’oxist(î  ni  noui'o-fibromes  ni  in  jlljscums  pcfini'U '.nl  ilc  r;iU  iclii!r  ctUr  inola- 
noilennin  il  la  nmirolibromatosi'.  • 

■  JLa  pi'Litesse  do  la  Lailla  et  uni',  ùbauclic  do  Inbooeule  do  Cai'aljolli  ol,  des  sol6rnli(pios 
un  pou  bloucs  sont  insulTisanlos  pour  incriiuinor  l’tiér^do-syphilis,  mais  pormolloiil 
d’y  penser.  Un  examen  du  sang  et  du  li(pudi^  céphalo-rachidien  sera  fait  après  réac- 
tivalinn  pir  un  traitement  arsenical. 

Sans  insister  sur  cette  coïncidence  d  une  anomalie  cutanée  pigmentaire 
et  d’un  spasme  tonique  d’élévation  du  regard,  nous  avons  simplement 
tenu  à  signaler  ce  cas  très  analogue  à  notre  première  observation.  Il  en 
diffère  par  l’absence  de  tout  signe  parkinsonien.  L’élément  myoclonique 
est  li-mité  à  la  houppe  du  menton.  Mais  il  s’agit,  comme  chez  notre  autre 
malade,  d’un  spasme  tonique  et  intermittent  d’élévation  du  regard  d’ori¬ 
gine  encéphalitique. 

V.  —  Séquelles  éloignées  d’encéphalite  épidémique, 
par  MM.  H.  Français  et  J.  Lançon. 

Le  malade  que  nous  présentons  est  un  exemple  intéressant  des  variétés 
cliniques  que  peuvent  revêtir  les  séquelles  éloignées  de  l’encéphalite 
épidémique. 

Le  nommé  Mardi.  ...,  âgé  de  57  ans,  exerçant  jadis  la  profession  d’im¬ 
primeur,  est  entré  dans  notre  service  le  20  octobre  1920. 

Aucune  particularité  intéressante  n’est  à  signaler  parmi  ses  antécédents 
héréditaires  ou  familiaux.  Signalons  seulement  qu’il  est  le  seul  survivant 
d’une  famille  de  treize  enfants.  Neuf  de  ses  frères  ou  sœurs  sont  morts  en 
bas  âge.  Trois  ont  succombé  à  la  tuberculose  pulmonaire.  Son  enfance 
n’a  été  marquée  par  aucun  incident  pathologique.  Vers  l’âge  de  24  ans, 
il  aurait  eu  une  poussée  de  rhumatisme  articulaire  qui  aboutit  à  une 
déformation  des  genoux  encore  apparente. 

Le  début  de  l’affection  actuelle  paraît  remonter  à  l’année  1908.  Il  était 
alors  âgé  de  40  ans  environ.  Le  début  fut  marqué  par  l’apparition  brusque 
des  secousses  myocloniques  dans  les  muscles  du  cou  et  des  membres 
supérieurs.  Ces  secousses  débutèrent  la  nuit  par  une  crise  qui  dura 
quatre  heures.  Elles  continuèrent  dans  la  suite  à  se  montrer  par  accès 
d’une  durée  équivalente,  intéressant  d’abord  les  membres  supérieurs, 
s’étendant  plus  tard  aux  quatre  membres,  et  pei’sistèrent  environ  six  mois. 
Il  est  à  noter  que  ces  secousses  myocloniques  étaient  plus  accusées  à 
droite  qu'à  gauche.  L’année  suivante,  se  montra  delà  dj-sarthrie.,  puis  le 
débit  de  la  parole  se  précipita.  Dès  cette  époque,  la  tachyphémie  s’établit 
avec  les  caractères  qu’elle  présente  aujourd’hui. 

Vers  l’année  1912,  un  nyslagmus  spontané  aurait  été  constaté.  Il 
apparaissait  par  accès,  et  dans  l’intervalle  des  accès  on  pouvait  le  cons¬ 
tater  à  l’occasion  des  mouvements  des  globes  oculaires. 

Etat  actuel .  —  Le  malade  se  présente  à  nous  avec  les  apparences  exté¬ 
rieures  d'une  bonne  santé  générale  que  confirme  l’examen  médical. 
Lors((u'on  l'interroge,  on  est  frappé  par  la  rapidité  de  sa  parole.  Si  on 


57G 


sncii'rn-:  du  XDurtoLOGiE 


le  prie  de  parler  ou  de  eoinpler  à  haute  voix,  et  en  scandant  bien  ses 
mots,  on  remarque  que  les  premiers  mots  sont  émis  d’une  manière  assez 
distincte,  mais  que  bientôt  la  parole  se  précipite  au  point  de  devenir 
peu  compréhensible. 

Les  mouvements  respiratoires  sont  égaux  et  d’amplitude  à  peu  près 
normale.  Mais  leur  fréquence  paraît  augmentée.  On  en  compte  environ 
vingt-deux  par  minute. 

L’écriture  ne  présente  aucun  caractère  anormal. 

A  l’examen  de  la  face,  on  ne  constate  aucune  asymétrie,  aucune  anoma¬ 
lie  de  la  mimi([ue.  On  ne  note  ni  paralysie  ni  atrophie  linguale.  Les 
pupilles  '  sont  égales  et  réagissent  bien  à  la  lumière  et  à  l’accommoda¬ 
tion.  Il  n’y  a  pas  de  trouble  de  la  motilité  oculaire,  pas  de  nystagmus. 

La  motilité  des  membres  est  conservée,  et  les  saillies  musculaires 
sont  normalement  développées. 

L’étude  des  réflexes  tendineux  permet  de  faire  les  constatations  sui¬ 
vantes  :  par  la  percussion  du  tendon  rotulien,  on  constate  (|ue  le  réflexe 
rotulien  droit  est  exagéré  en  amplitude  et  eu  brusquerie,  et  que  la  jambe 
mise  en  extension  prescpie  complète  sur  la  cuisse,  au  lieu  de  retomber 
presque  aussitôt  sur  le  plan  du  lit,  conserve  cette  position  d’extension, 
et  décrit  une  série  d'oscillations  d’intensité  décroissante  se  prolongeant 
pendant  quinze  à  vingt  secondes.  Ce  phénomène  ne  se  produit  pas  seu¬ 
lement  lorsqu’on  percute  le  tendon  rotulien.  Il  suiïit  d’exercer  une  simple 
poussée  sur  la  jambe,  ou  de  provoquer  un  brusque  mouvement  d’exten¬ 
sion  de  la  jambe,  pour  le  voir  ajiparaître.  Il  est  à  noter  que  ce  réflexe 
pendulaire  s’épuise  assez  vite,  et  que  des  excitations  plusieurs  fois 
répétées  aboutissent  à  des  réactions  de  moins  en  moins  intenses.  Il  y 
a  aussi  du'clonus  de  la  rotule  à  droite,  et  un  brusque  mouvement  d’exten¬ 
sion  de  la  jambe  sur  la  cuisse  siillit  à  le  provoquer.  Le  réllexe  achilléen 
droit  est  exagéré.  Il  y  a  de  la  trépidation  épileptoïde  du  pied,  que  la  per¬ 
cussion  du  tendon  achilléen  droit  sulUt  parfois  à  provo([uer.  Au  membre 
inférieur  gauche,  les  réflexes  tendineux  sont  simplement  un  peu  vifs, 
mais  il  n’y  a  pas  de  clonus  de  ce  côté. 

Le  réflexe  plantaire  est  en  extension  à  droite,  et  il  y  a  de  ce  côté  de 
l’exagération  de  tous  les  réflexes  cutanés  de  défense. 

Il  n’y  a  pas  de  troubles  de  la  sensibilité  objective.  Il  n’existe  pas  de 
rigidité  musculaire.  Mais  cet  homme  paraît  un  peu  lent  pour  s’habiller 
et  boutonner  scs  vêtements. 

Il  n’existe  pas  de  troubles  intellectuels.  L’examen  du  larynx  pratiqué 
par  le  D'^  Munch  n’a  relevé  aucune  lésion  objective.  Le  liquide  céphalo¬ 
rachidien  est  normal.  Les  réactions  de  Wassermann  et  du  benjoin  col¬ 
loïdal  sont  négatives. 


Nous  sommes  donc  en  présence  d’un  malade  chez  lequel  sont  groupés 
des  symptômes  paraissant  appartenir  au  tableau  clinique  des  syndromes 


SÉANCE  DU  2  DECEMBRE  1920 


Striés.  On  remarque,  en  effet,  chez  lui,  l’existence  de  tics  intermittents 
de  la  région  de  l’épaule  gauche,  apparaissant  par  accès  de  courte  durée, 
et  très  espacés.  A  ces  tics  s’ajoutent  de  la  polypnée  et  de  la  tachyphémie. 
La  tachyphémie  obéit  à  l’influence  de  la  volonté.  Si  on  prie  le  malade  de 
parler  lentement,  son  débit  se  ralentit,  mais  dès  qu’on  l'abandonne  à  lui- 
même,  l’automatisme  reparaît,  et  la  parole  s’accélère.  Cette  observation 
est  à  rapprocher  de  celle  de  MM.  Souques  et  Blamoutier  (1)  qui  ont  noté, 
chez  leur  malade,  la  présence  de  symptômes  analogues  auxquels  s’ajou¬ 
tait  une  tachymicrographie  qui  n’existe  pas  dans  le  cas  actuel. 

A  ces  phénomènes  s’ajoutent  des  troubles  de  la  réflectivité  tendineuse 
sur  lesquels  nous  croyons  devoir  insister.  Tandis  qu’à  gauche,  le  réflexe 
rotulien  est  simplement  exagéré,  on  observe  à  droite  un  phénomène  ana¬ 
logue  à  celui  que  MM.  Foix  et  Julien  Marie  (2)  ont  décrit  sous  le  nom  de 
réflexe  pendulaire  hypertonique  Bien  que  l'enregistrement  graphique  de 
ce  réflexe  n’ait  pas  été  fait,  il  se  différencie  aisément  ici  du  réflexe  polyci- 
nétique.  Une  simple  poussée  ou  un  mouvement  d’extension  brusque  de 
la  jambe  suffit,  en  effet,  à  le  produire  d’une  manière  aussi  nette  que  lors¬ 
qu’il  a  eu  la  percussion  du  tendon  rotulien  pour  point  de  départ. 

Dans  ([uel  cadre  nosologique  doit-on  placer  ce  complexus  morbide? 
Nous  n’avons  relevé,  chez  notre  malade,  aucune  manifestation  cérébel¬ 
leuse,  mais  seulement  des  troubles  paraissant  appartenir  à  un  syndrome 
strié  qui  serait  ici  superposé  à  un  syndrome  pyramidal. 

L’origine  de  ces  troubles  nous  semble  devoir  se  rattacher  à  une  encé¬ 
phalite  épidémique  dont  le  début,  très  ancien,  remonterait  à  l’année  1908, 
et  qui  se'  serait  manifesté  par  des  crises  intenses  de  secousses  myoclo- 
niques,  intéressant  les  quatre  membres,  qui  persistèrent  six  mois. 

Il  est  à  remarquer  ([ue  notre  malade,  en  dehors  des  symptômes  que 
nous  avons  énumérés,  ne  présente  ni  rigidité,  ni  attitude  soudée,  ni  mas¬ 
que  parkinsonien.  Nous  croyons  cependant  être  en  présence  de  séquelles 
tl  une  encéphalite  épidémique  très  ancienne,  séquelles  se  manifestant  par 
Un  syndrome  pyramido  strié,  mais  avec  atteinte  prépondérante  du  sys¬ 
tème  pyramidal. 

Vf — Compression  médullaire  de  la  région  dorsale  moyenne  chez 
une  malade  syphilitique,  avec  syndrome  de  Proin  et  réaction 
de  ’fVassermann  positive  dans  le  sang  et  le  liquide  céphalo-rachi¬ 
dien.  —  Considérations  sur  la  symptomatologie,  la  nature  et  le 
traitement  de  cette  compression,  par  MM.  O.  Croiizon,  l'h.  Ala- 
JouAnine  et  P.  Delafontaine. 

Lorsqu’un  syndrome  paraplégique  s’installe  progressivement  chez  une 
uialade  syphilitique  et  que  les  réactions  humorales  de  la  syphilis  sont  posi- 

(t)  Souguns  et  Blamoutier.  Syndrome  strié  probable.  Spasmes  de  la  face  avec 
lachyphémi(!,  tachymicrograpldc  et  tachypnée.  Revue  neurologique,  1923,  tome  II, 
Page  43. 

Gn.  b’oix  et  Julien  Marie.  Héflexe  pendulaire  hypertonique.  Revue  neurologique, 
1920,  page  58. 


SVCIÉTf:  DE  XEi  nOl.DGlE 


tives  clans  le  sang  et  clans  le  lic[iiicle  céphalo-rachidien,  on  est  amené 
aussitôt  à  soupçonner  une  nn  élite  syphiliticpie.  —  La  coexistence  de  xan¬ 
thochromie,  de  coagulation  massive  du  licjuicle  céj)halo-rachidien  réali¬ 
sant  un  syndrome  de  Froin  cpii  n’est  pas  exceptionnel  dans  les  myélites 
bas  situées  (moelle  lomho-sacrée)  devient  par  centre  un  fait  anormal  au 
cours  d'un  syndrome  myéliticpie  de  la  région  dorsale  moyenne.  L’idée 
de  compression  médullaire  se  présente  alors  et  est  aisément  confirmée 
pai' les  ])onctions  étagées  d’une  part  démontrant  le  cloisonnement  du 
licpiide,  par  l’épreuve  du  lipiodol  d’autre  part  mettant  en  évidence  un  arrêt 
total  du  transit  sous-arachnoïdien  de  l’huile  iodée. —  Si  la  réalité  d’une 
com])ression  médullaire  ne  paraît  plus  dès  lors  discutable,  le  problème, 
de  sa  nature  reste  fort  clilficile  :  Est-ce  une  compression  médullaire  chez 
une  syphilitique  ?  Est-ce  au  contraire  une  néo-formation  syphilitique  qui 
a  réalisé  la  compression  ?  L’influence  du  traitement  qui  pourrait  être 
péremptoire  n’apporte  pas  d’argument  décisif  lorsc|u’elle  est  négative  et 
n’a  pas  modifié,  après  un  essai  prolongé,  symptômes  de  compression 'ni 
réactions  humorales.  Ace  moment,  on  arrive  à  se  demander  si  la  syphilis 
ne  joue  c|u’un  rôle  accessoire  par  sa  concomitance  avec  une  tumeur  médul¬ 
laire  ou  si  elle  n’est  pas  la  cause  d'une  compression  dont  la  nature  n’est 
pas  influençable  par  le  traitement  :  une  sclérose  méningée  localisée  par 
exemple. 

L’observation  ((ue  nous  rapportons  illustre  de  façon  saisissante  la  façon 
dont  ces  différents  problèmes  diagnostiques  peuvent  se  poser,  et  en  pai- 
ticulicr  les  dillicultés  à  envisager  des  conclusions  thérapeutiques  satisfai¬ 
santes  :  le  problème  de  l’intervention  n’est  pas  en  effet  résolu  de  façon  cer¬ 
taine  tant  que  persite  une  hésitation  diagnostique.  Aussi  serons-nous  heu¬ 
reux  de  soumettre  à  la  Société  l’étude  que  nous  avons  faite  de  ce  cas  qui 
soulève  d'ailleurs  plus  d’un  problème  intéressant  par  sa  symptomatologie, 
l’étude  comparée  du  liquide  céphalo-rachidien  à  différents  étages,  et 
enfin  la  discordance  entre  la  topographie  lipiodolée  et  la  topographie 
clinique. 

M"‘'  B...,  24  ans,  ilécollclcusf,  est  entrée  à  la  Salpétrière  le  27  juillet  102(1  pour 
jiaralysio  des  membres  inrérieiirs. 

Dan.s  les  anUeédenls  on  note,  il  y  a  4  ans,  une  fausse  couche  de  4  mois  1  /2  au  cours 
d'une  i^rossessiv  gémellaire  :  il  est  impossible  de  savoir  s’il  s’agissait  il’unc  grossesse, 
uni  ou  bivitelline.  On  ne  retrouve  pas  d’accidents  syphilitiques  cutanéo-muqueux. 

Le  débul  de  la  paraplégie,  aux  dires  de  la  malade,  a  été  assez  brus()ue,  remontant  aux 
premiers  jours  d’avril  1926.  En  réalité,  un  interrogatoire  minutieux  montre  que  ce 
début  rapide  a  été  précédé  d’une  longue  phase  prodromique  caractérisée  par  les  troubles 
siuvants  : 

En  1922,  la  malade  constate  quelques  troubles  vaso-moteursau  niveau  du  pied  gauche; 
rougeur,  refroidissement  très  net  par  rapport  au  côté  droit.  A  l.a  môme  époque,  des 
camarades  d’atelier  lui  font  remarquer  qu’elle  donne  l’impression  de,  «  traîner  un  peu 
la  jambe  ga\iehe  »:  en  effet,  il  lui  arrive  souvent  de  se  tordre  le  pied  gauche,  d((  buter 
contre  le  sol. 

En  1923,  apparaissent  des  troubles  génitaux  ;  la  malade  accuse  une,  certaine  frigi¬ 
dité  el  surtout  une.  insensibilité  au  moment  des  rapports  sexuels,  alors  (pi’eih!  accusait 
liabiliudlemi'id  des  sensations  volupi lieuses  normales.  Les  troubles  génitaux , d’n- 


nv  DiiciiMHUF.  57'i 

hord  inloi'niiUpnLs  (l(',vi('nn('nl  |ll‘l■InllH('Il^s  mm  IiomI.  de ‘(|M(‘I(|Mi'S  iMdis,  Ils  ne  s’acconi- 
PafÇnonl  d  ccttc  époque  d’uue.iin  IroiildM  iiviiiuire. 

|La  mêiiii!  année,  la  nialado  se  )daird,  de  verU”'('s  survenanl  siiidoul,  loi’sqii’elle  se 
haïsse  ou  se  ]j(!nedM(  en  avani .  Fdle  ne  l'eiiiaiapie  aueun  l.roullle  de  la  vue. 

Enfin  dans  la  d(Mixièine  pai-ti<^  île  l’année  I‘.t23  apparaissenl.  des  douleurs  :  douleurs 
Uiuraciqiies  anlérieures  à  la  luise  de  rappeiidie.e  xyplmïde.  douleurs  sponlanées,  inler- 
WiUontes,  survenant  par  paro.vysuies  très  intenses,  sans  irradiations  latérales,  sans 
aucun  (trouble  f^astrique. 

En  1924,  aux  troubles  jiréeédents  s’ajoute  une  eéplialéede  sièee  variable,  d’intensité 
ti'ès  pénible,  de  fréquence  assez  grande  (quotidienne  pendant  quelipies  semaines'; 
céphalée  uni(;uement  diurne  eédant  bien  à  l’aspirine. 

En  1920,  a|)iiaraissent  des  douleurs  au  niveau  du  pied  gauebe,  plus  exactement  au 
Uh’eau  du  gros  orteil  :  douleurs  survenant  brusquement,  sen.sation  d’élancement,  de 
'•écliircment.  se  répétant  pendant  quidipies  minutes, ('.es  douleurs  se  produisent  parfois 
•‘'imntanément  la  nuit,  plus  souverd.  le  jour  après  une  fatigue,  un  choc. 

|Au  débid  de  192(i,  alors  que  la  eéplialée  s’aee.entue,  que  les  douleurs  thoraciques  et 
he  l’orteil  persistent,  de  nouveaux  troubles  apiuiraissent  :  troubles  moteurs  à  type  de 
claudication  intermittente  de  la  moelle.  La  malade  accuse,  de  la  lourdeur  dans  le 
membre  inférieur  gauche  après  une.  marche  un  peu  longue  ;  à  plusieurs  reprises  elle 
(‘St  même  obligée  de  s’arrêter  puis  repart  au  bout  de  quelques  minutes.  Ce  phéno¬ 
mène  se  reproduit  très  souvent  et  ajirès  une  maridie  de  plus  en  ]dus  courte.  A  ce  mo¬ 
ment  elle  accuse  aussi  des'troubles  de  l’équilibre  :  «  idle  ne.  sentait  pas  ses  pieds  sur 

sol  »,  dit-elle,  «  elle  avait  l’impression  de  pei-dre  l’équilibre  »  ;  idle  est  même 
tombée  à  plusieurs  reprises.  Des  pliénomènes  douloureux  |iartic.ulièrement  intenses 
(airviennont  au  niveau  du  cou-de-pied  gauche,  à  l’occasion  d’un  traumatisme  (choc 
((ar  une  marche  d’escalier).  Ces  douleurs  provoquées  par  le  traumatisme  présentent 

môme  caractèri'  fulgurant  que  les  douleurs  de  l’orteil.  La  malade  accuse  de  plus 
'(  Cette  époque  des  sensations  de  hrfilure  au  niveau  de  la  partie  antérieure  de  la 
■jambe  gauche. 

Tous  ces  Iroubles  augmenti  nt  considérabli  mi  ni  d’intensité  à  la  lin  de  mars  19‘26. 

Le  6  avril,  le  soir  en  rentrant  de  son  travail,  la  malade  tombe  à  plusieurs  reprises 
''iir  la  route  et  finalement  ne  peut  se  ridever  seule. C'est  à  grand’ peine  qu’elle  arrive 
a  rentrer  chez  elle  soutenue  de  chaque  côté.  Elle  garde  le  lit  pendant  24  heures  puis 
Parvient  à  marcher  en  s’aidant  d’une  canne,  sort  même  pour  aller  faire  les  achats  de 
son  ménage,  mais  se  plaint  de  frôipients  troubles  de  l’éipiilibre. 

Au  début  de  mai,  elle  va  considtiu-  à  l’ilêpilal  de  Villenein  e-Saint-Gcorges  où  on 
Ladmet.  On  lui  fait  une  ponction  lombaire  qui  ramène  un  liquide  xanlhoehromique, 
(coagulant  en  masse  ;  un  examen  de  sang  qui  donne  une  réaction  de  Wassermann  for- 
*''unent  positive.  Un  traitement  est  aussitôt  eommi  ncé  :  la  malade  reipjit  0  injections 
'le  quinio-bismuth  et  (1  injections  d'acétylarsan  iidramusculaire.  Non  seulement  il 
•le  Se  produit  aucune  amélioration,  mais  les  troubles  moteurs  s'accentuent  progressi- 
'■ement  et  rajiidement  ;  ils  gagnent  le  nu  inbre  inferieur  droit  (|ui  jusipie-là  était  rela¬ 
tivement  respecté. 

La  malade  entre  à  la  Salpêtrière  le  27  juillet. 

L’examen  montre  immédiatement  l’existence  li’une  paraplégie  siiasmodique  com¬ 
plète  en  extension. 

La  marche  est  à  peu  près  impossible  :  lorsque  la  malade,  est  soulenuepar  deux  aides, 
('Ile  parvient  à  marcher  très  lentement  en  avançant  suceessivemeid  idiacun  îles  deux 
pieds  qui  traînent  sans  que  la  pointe  ipiitle  le  sid. 

L’exploration  de  la  motilité  et  de  la  sensibilité  montre  que  les  troubles  moteurs  pré- 
’lomincnt  à  gauche  alors  que  les  troubh  s  de  la  si  nsibililé  sont  nelti  ment  plus  marqués 
a  droite  ;  il  existe  donc  une  ébam  he  de  .vf/m/nmc  ilr  IJn.ti  n-Si'iii.anl. 

Les  mouvemeiils  aclifs  du  membrednférii  ur  gauche  sont  à  peine  ébauchés  :1a  malade 
iParrive  qu’ù  détacher  péniblement  le  talon  du  plan  du  lil  ;  la  flexion  de  la  jambe  sur 
la  cuisse  est  impossible.  .\  droite  ces  mouvements  sont  possibles. 


sociiirii  UE  yEvuohoc.iE 


La  l'oi'co  S(^i;m(!nUiinMwl,  à  peu  pràs  milh^  à  traiiclK^  aUii-s  qu’à  droitn  allo  n’csl  que 
iliiniiiuoo  :  les  raccoiircisseurs  sunt  plus  luuchés  que  les  allonf'ours. 

Les  ‘I  membres  inférieurs  sont  cuiilraclurén  en  oxlensiort:  à  fîauohe  cette  contrac¬ 
ture  est  telle,  qu’il  est  «iillicile  d’obtenir  la  flexion  passive  du  fçenou. 

Les  rêHexe.s  rotuliims  et  acbilléens  sont  très  nettement  exagérés  ;  le  cutané  plan¬ 
taire  se  tait  en  extension  des  2  côtés.  La  trépidation  épilcptoïibi  du  pied  et  1(î  cloniis  de 
la  rotubî  sont  très  aisément  obtenus  tant  à  droit(^  qu’à  gauche. 

Les  réfl(\xes  d’automatisme  médullaire  sont  très  exagérés,  surtout  à  gauche.  Cidte 
exagération  est  plus  marquée  par  la  flexion  forcée  des  orteils  que  jiar  le  pincement. 
Ce|)endant  on  les  (d)tient  des  2  côtés  par  le  pincement  de  la  peau  jusqu’au  pli  inguinal. 
Le  phénomène  d(?  l’allongement  croisé  est  des  plus  nets.  I.e  pincement  de  la  peau 
jusqti’au  pli  inguinal  détermine  l’inhibition  du  clonus. 

Les  réflexes  cutanés  abdominaux  sont  abolis.  I.a  force  des  muscles  ih^  la  paroi  abdo¬ 
minale  antérieure  est  diminuée  à  gauche. 

l.e.s  Irnubles  sentilifs  subje^ctifs  sont  pou  mar(iués:  la  malade  accuse  des  sensations  de 
brûlure  dans  les  jambes  surtout  à  droite,  et  des  douleurs  d’ailhuirs  [)eii  intensesdans  la 
région  dorsale  moyimne,  irradiant  en  <lemi-ceinture  du  côté  droit. 

L’exploration  de  la  sensihililé  objective  montre  des  troubles  inqrortants  schéma¬ 
tisés  par  la  ligure  1  :  anesthésie,  complète  au  niveau  des  pieds  et  des  jamb(‘s  Jusrpi’a 
l’union  du  I  /3  inférieur  et  du  1  /3  moyen  ;  hypoesthésie  très  nette  au.  niveau  <lu 
reste  du  membre  inférieur  droit,  remontant  Jusqu’à  une  ligne  horizontale  passant  par 
l’ombilic  avec  bande  horizontale  d’anesthésie  à  ce  niveau  —  quelques  erreurs  au 
niveau  des  2  /3  supérieurs  de  la  jambe  et  de  la  ctiisso  gauches.  En  somme,  il  existe,  deux 
e.haussettes  d’anesthésie  symétriques,  et,  au-dessus,  des  troubles  très  discrets  à  gauche 
très  nets  à  droite  avec  limite  corr(!s~pondant  à  peu  [)rès  à  DIO.  La  topographie  de  ces 
troubles  est  sensiblement  la  même  pour  la  s(!nsibilité  au  tact,  à  la  piqûre,  au  fiadri  et 
au  chaud. 

Il  existe  égahunent  des  troubles  de  la  sensibilité  profonde  :  on  constate  des  erreurs 
dans  la  notion  de  position  des  orteils  des  2  côtés.  Mais  surtout  l’étude  de  la  sensibilité 
osseuse  apporte  des  renseign(!m(mts  très  importants:  la  sensibilité  osseuse  est  troublée^ 
à  gauche  alors  ([u’elle  est  normale  à  droite,  côté  où  dominent  les  troubles  de  la  sensi¬ 
bilité  superrici(dle.  En  effet,  à  droite,  le  diapason  est  bien  perçu  au  niveau  de  l’épine 
iliaque  antéro-supérieure,  au  niveau  de.  la  rotule,  au  niveau  des  malléoles.  Les  vibra¬ 
tions  ne  sont  pas  perçues  en  des  points  correspondants  du  côté  gauche.  Au  niveau  îles 
ilernières  côtes,  la  perception  est  bonne  des  2  côtés.  Cette  topographie  des  troubles  de 
*a  sensibilité  osseuse  vient  conlirmer  l’existence  du  syndrome  de  Brown-Séquard. 

Enlin  on  note  ipielques  troubles  sphinctériens  ;  les  mictions  sont  parfois  impérieuses 
mais  il  n’y  a  jamais  eu  émission  involontaire  d’urine. 

l’ar  ailleurs  l’examen  est  négatif  :  bn  ne  trouve  rien  à  l’examen  de  la  colonne  verté¬ 
brale  :  pas  de  douleurs  à  la  pression  ni  à  la  percussion  dos  apophyses  épineuses. 

Au  niveau^des  membres  supérieurs,  il  n’existe  aucun  trouble;  la  force  musculaire  est 
bonne,  les  réflexes  sont  normaux. 

Mien  à  la  lace.  Les  mouvements  oculaires  s’exécutent  correctement,  les  piqdlles 
sont  égah's  et  réagissent  normalement  à  la  lumière  et  à  l’accommodation. 

L’examen  radiographique  de  la  colonne  vertébrale  ne  montre,  rien  d’anormal. 

La  ponction 'lombaire  pratiquée  le  31  juillet  11)2H  ramène  un  liquide  xanthochro- 
miqtl  ',  coagulant  en  masse  : 

.Mbumine  :  (i  gr. 

Cidlules  ;  3  par  mmL 

Béaction  de,  Bordet- Wassermann  11». 

Calmetto  .Massol  II". 

Béaction  du  benjoin  colloïdal  i  222222I)(M)0(H)I)I2220. 

Béaction  de  l'argowla  :  ]tositive. 

.\  la  suite,  de  cette  ponction,  la  malade  accuse  des  douleurs  en  ceinture  assez  intenses 
Ml  niveau  de  l’appendice  xyphoïde. 


socilirii  nie  Mniiitoi.oaiii 


A  la  mriiie' diil.i',  la  iruclinn  île  Wiixsi'niianii  iliinx  le  suni/  asL  forlcincnL  posilivc: 
l!u:'ilet-\Vassi‘.rmaiiii  ;  11".  ( laliia’lU'-Massiil  ;  II".  I.(a ailiU-l.alapu  :  11». 

Uno,  autre  ponctian  lumli  lire  pr.al  ii|uée  le  2',)  septeiiilire  ilo'nnedcs  résiiltal  s  analnsrues 
a  ceux  (Je  la  preiiiièrc  : 

Une  petite  (piantiti'!  do  linui  le  ei'iplialo-raijhidie.ii  est  re.oucillio  pure  ;  le  litpiide.  est 
xanthoe.hromupie  iM,  oiiaeule  eu  masse  au  liuut  de  'i  lioures  envir(jn. 

Q'ieUpjes  centie.iihes  de  li  pdde  saut  roeucillis  d’autre  part  dans  nue  salntiaii  de 
eilrate  de  sniide.  Ou  y  IrauN’e  : 

Albumine  :  Il  pr.  '.iu,  e.'llules  :  I  I  .S  par  mm’,  assez  nombreux  {'lobules  i'ou<res, 

(à'ttu  ponction  ne  détermine  ipie  ipiebpies  douleurs  thoraciques. 
l'ne  pori'.'linn  enire  1)7  el  /IS  est  praliquée  le  1  aetobre.- ( )n  ne  retire  qu’une  pelite 
ipiantité  de  lupdde  qui  est  NanI  boidiromiipie  id,  eoaj'uleen  masse  apriis  2  heures  eiivi- 

Une  poneliun  eiilre  f.'li  el  (17  est  piad  upiée  le  211  novembre  : 
l.e  li(piidc  retiré  est  clair,  iueolare.  On  y  trouv  i'  : 

.Mbnmine  ;  0  er.  22. 

c.ellules  ;  1,5  par  nimh 

liéaction  de  lîardel-Wassermann  :  II". 

.V  la  même,  date  lu  réwliun  île  Wiiixeriiiiinn  ilunx  le  suni/  est  devenue  néjjative  :  Uor- 
ilet-Wasse.rmanu  :  IIS.  Ilecld,  :  IIS. 

Ut  une  pouclian  lumliuire  entre  )  el  l„5  montre  un  liipiide  présentant  les  mêmes  carac¬ 
tères  qu’aux  ponctions  antérieures^  xanthochromie  et  eoaijnlation  massive  —  i 
.Albumine  :  7  ar.  7.5. 

Cellules  :  3,5. 

r,a  réaction  de  Uordet-W'assermann  est  niuinlenunl  néiialiix  :  IIS. 

UnIin  t'éprcLiiie  ilu  lipiodiil  donne  les  résultats  suivants  : 

Une  première  injeclian  de  I  ce.  d’huile  iodée  est  faite  le  4  oet(d)re  entre  07  et  US. 
Cette  injection  est  très  bien  supportée,  elle  ne  détermine  aucune  réaction  douloureuse. 

Une  radiographie  pratiquée  3  heures  après  l’injection  montre  une,  bille  de  lipiodol 
au  niveau  du  sacrum  ;  quel<[ues  gouttes  restent  accrochées  au  niveau  des  dernières 
vertèbres  dorsales;  notamment  une  goutte  du  diamètre  d’un  gro.s  [lois  nu  niveau  do 
OU.  Une  radiographie,  pratiquée  4  jours  plus  tard  donne,  des  images  identiques. 

Une  deuxième  injection  de  I  ec.  d’huile  iodée  est  faite  le  23  novembre  entre  Cd  et 
C7.  Cette  injection  détermine  de  la  lièvre  (38»-39»),  do  la  céphalée,  des  douleurs  dans 
h“  dos  entre  les  deux  omoplates,  l.a  radiographie  pratiquée  4  heures  après  montre  un 
arrêt  très  net,  en  masse,  au  niveau  de  05  avec  limite  inférieure  concave  en  bas  :  De 
nouvelles  radiographies  praliipiées  le  2H  (d,  le  211  novaunbre  montremt  que  l’arrêt  inu'- 
siste  (llg.  2). 

Dès  son  entrée  à  la  .Sîdpètrière,  cette  malade  a  été  mise  au  Irnileme.nl  xpéci flipie. 
Du  l«r  aoOt  jusipi’à  ee  jour,  elle  a  reen  : 

G  gr.  45  de  novarsénolum/.ol  intraveineux  ; 

10  inj(>ctions  de  biiodnre  de  mercure  ; 

10  injections  de  cyanure  de  mereure  ; 

G  injections  de  ipdniobismulh. 

Malgré  ce  traitement  intensif,  l’état  est  à  pcui  près  stationnaire  :  J^es  troubh^s  sphinc¬ 
tériens  discrets  notés  à  l’entrée  oïd,  disparu  complètement.  A  la  fin  du  mois  de  sep¬ 
tembre,  on  avait  constaté  une  légère  amélioration  fonctionnelle  au  point  de  vue  des 
I roubles  moteurs  ;  la  inahide  pouvait  faire  le  tour  d((  la  salle  avec  une  canne.  Cette 
amélioration  ne  s’est  iias.conllrmée.  .Actuellement,  la  malade  est  confinée  au  lit.  Ues 
li  oubles  sensitifs  gardent  la  môme  topographie.  Un  examen  minutieux  pratiqué  le  27 
novembre  a  donné  les  résultats  suivants  au  jioint  de  vue  dus  troubles  sensitifs  (llg.  3). 
.A  droite  :  anesthésie!  complète  au  nivuiau  du  pied  id,  du  I  /3  inférieur  do  la  jambe  ; 
hypoesthésie  an  niveau  des  2/3  supérieurs  de  la  jambe,  de  la  cuisse,  et  de  la  [laroi 
abdinninale  juscpL’à  un  niveau  correspondant  à  D8-D'.l  avec  bande  transveu'sale  de 
troubles  plus  intenses  au  niveau  de  1)10. 


SÉANCE  nu  2  DÉCEMBRE  1926, 


5S3 


A  gauclic  :  ani'sLlH'isÙ!  ooinplèlc  au  nivoau  du  pied  ;  liypoeslhésie  nu  niveau  de  la 
moitié  intérieure  de,  la  jambe  ;  ([uelquos  très  raves  erre\irs  au  niveau  do  la  cuisse  et  do 
la  partie  supérieure  do  la  jambe.  Par  ailleurs,  li's  troubles  mntcuirs,  l’état  îles  réflexes 
ne  sont  pas  modinés. 

L’observation  que  nous  venons  de  rapporter  a  donc  trait  à  un  syndrome 
de  Brown -Sequard,  ou  tout  au  moins  à  une  paraplégie  à  tendance  browii- 
séquardienne  qui  s’est  installée  rapidement  après  une  phase  prodromique 
de  symptomatologie  fort  discrète  ayant  duré  4  ans.  L’importance  de  la 
contracture,  l’exagération  de  l'automatisme  médullaire,  les  troubles  sen- 


sitifs  à  limite  supérieure  fixe,  malgré  des  douleurs  d’intensité  modérée, 
coalisent  un  tableau  de  compression  médullaire.  Les  caractères  du  liquide 
céphalo-rachidien  sont  ceux  du  syndrome  de  Froin;  des  ponctions  étagées 
•Montrent  qu'il  disparaît  àja  région  cervicale  où  le  liquide  redevient  nor- 
'Mal.  Enfin  l'épreuve  du  lipiodol  révèle  un  arrêt  total  de  l’huile  iodée 
MU  niveau  de  la  5“  vertèbre  dorsale.  Mais  à  ce  tableau  de  compression 
'Médullaire  s’ajoute  un  fait  capTlal  :  c’est  qu’il  s’agit  d’une  femme  syphili- 
^'que  ayant  eu  une  fausse  couche  au  cours  d’une  grossesse  gémellaire  de 
4niois  et  demi,  c'est  que  le  Wassermann  est  positif  dans  le  sang  et  dans  le 
l'quide  céphalo-rachidien  ;  enfin  un  dernier  ordre  de  faits  vient  encore 
compliquer  le  tableau  clinique  :  un  traitement  spécifique  conduit  d’une 
^MÇon  intensive  n’a  pas  modifié  la  symptomatologie. 

On  voit  les  problèmes  que  soulève  l’étude  de  cette  malade.  La  pre- 
•Mière  question  qui  pourrait  se  poser  est  celle  de  savoir  s’il  ne  s’agit  pas 


sociÉTi':  DE  NEnnor.oaiE 


d’une  myélite  syplHliti(|ue.  La  période  ])rodromi([ue  avec  ses  manifesta-  ’ 
tiens  douloureuses  au  niveau  du  territoire  sacré  revètantpres([ue  le  carac¬ 
tère  de  douleurs  fulgurantes,  puis  sa  phase  de  claudication  intermittente, 
ses  troubles  génitaux  précoces,  ses  troubles  de  l’équilibre,  enfin  la  brusque  - 
aggravation  des  troubles  moteurs  réalisée  en  l'espace  d’un  mois,  sont  des 
faits  très  analogues  à  ce  que  l’on  note  dans  l'histoire  des  myélites.  H 
n’est  pas  jusqu  au  tableau  clinique  qui  ne  puisse  s’accorder  avec  cette 
hypothèse  ;  le  syndrome  de  Brown-Séquard  n’est  pas  exceptionnel  dans 
ces  cas  et  même  les  réflexes  d'automatisine  médullaire  peuvent  s’obser¬ 
ver  au  cours  des  aggravations  subaiguës  des  myélites.  Les  notions  étio¬ 
logiques  et  les  constatations  humorales  enfin  pourraient  évidemment 
plaider  dans  ce  sens. 

Il  n’en  reste  pas  moins  cependant  qu’on  ne  peut  guère  s’arrêter  à  ce  j 
diagnostic.  D’une  part,  les  troubles  moteurs  et  sensitifs  initiaux  d’une 
compression  sont  souvent  fort  analogues  à  ceux  des  myélites,  d’autre  part 
le  tableau  clinique  est  ici  manifestement  plus  proche  de  celui  des  com-  j 
pressions  médullaires  avec  ses  réflexes  d'automatisme  intenses,  son  ânes- 
thésie  à  limite  supérieure  linéaire,  mais  surtout  le  liquide  céphalo-rachi-  î 
dien  est  bien  celui  (jue  l’on  observe  dans  de  tels  cas.  Si  le  syndrome  de 
Froin  est  assez  fré(|uent  dans  la  syphilis  inférieure  de  la  moelle  et  les  = 
méningites  gommeuses  du  cul-de-sac,  il  n’existe  pratiquement  jamais 
dans  les  myélites  plus  haut  situées  ;  sans  compter  qu’il  y  a  dans  notre  \ 

cas  peu  ou  pas  de  réaction  lymphocytaire,  qu’on  est  bien  devant  une 
dissociation  albumino-cytologique  considérable.  Le  reste  de  l’étude  du 
liquide  affirme  d’ailleurs  de  façon  péremptoire  le  blocage  du  liquide  cé¬ 
phalo-rachidien  au  niveau  de  la  région  dorsale  moyenne.  Fn  effet,  le 
liquide  est  xanthochromique  et  coagule  spontanément  quand  on  le  retire 
à  la  hauteur  de  la  7®  vertèbre  dorsale,  il  est  de  constitution  normale  à  la  -5 

région  cervicale.  Enfin  surtout  lelipiodol  injecté  en  D7  tombe  dans  le  cul-  J 

de-sac  après  un  léger  accrochage  et  ne  provoque  -aucune  réaction  alors  ^ 

(|u’introduit  au  niveau  de  C5  il  donne  l’arrêt  en  masse  correspondant  à  D5  . 

et  détermine  d’ailleurs  des  douleurs  radiculaires  et  des  phénomènes  d'in-  ^ 

tolérance  objectivant  ainsi  de  façon  indubitable  le  cloisonnement  déjà 
démontré  par  l’étude  du  liquide. 

11  s’agit  donc  certainement  d’une  compression  ou  tout  au  moins  d’un 
syndrome  où  les  phénomènes  myélitiques  s’ils  existent  s’accompagnent  j 

d  un  blocage  du  liquide  céphalo-rachidien  dû  à  une  formation  patholo-  | 

gi(|ue  localisée  à  Dn,  autrement  dit  d’une  compression  dans  le  sens  le  ■' 

plus  large  du  mot,  pure  ou  associée  à  des  phénomènes  de  myélite.  Le  pro¬ 
blème  d’interprétation  délicate  est  maintenant  celui  de  la  nature  de  cette 
compression.  11  est  deux  façons  de  l’envisager  grossièrement. 

Les  notions  étiologiques,  les  réactions  humorales  de  la  syphilis  posi¬ 
tives  dans  le  sang  et  le  liquide  céphalo-rachidien  n’incitent-elles  pas 
à  considérer  celte  compression  comme  de  nature  syphilitique?  ou  bien 
ne  faut-il  voir  là  que  la  concomitance  d’une  compression  médullaire  et 
d’un  terrain  syphiliti(|uc  ? 


SliANCI-:  DU  2  DÉCEMBIUi  HI2G 


n' 


r)85 


Parmi  les  néo-formations  de  nature  syphilitique,  une  nous  paraît  devoir 
être  éliminée  immédiatement  :  c’est  celle  d’une  gomme  de  la  moelle  ou 
des  méninges  dont  d’ailleurs  le  volume  serait  tout  à  fait  anormal  j)our 
produire  un  tel  tableau  clinique  et  sur  laquelle  surtout  4  mois  de  traite¬ 
ment  intense  auraient  eu  une  action  certaine. 

Par  contre,  on  ne  saurait  en  dire  autant  d’une  altération  scléreuse  ou 
même  scléro-gommeuse  de  nature  syphilitique.  Il  existe  un  certain  nom¬ 
bre  d’observations  de  pachyméningite  scléreuse  ou  mieux  de  sclérose 
triméningée  localisée  de  nature  syphilitique  et  qui  arrivent  par  une  sorte 
de  rétrécissement  en  virole  à  créer  de  véritables  compressions  par  étran¬ 
glement.  On  comprend  que  dans  de  tels  cas  le  blocage  du  liquide  céphalo¬ 
rachidien  soit  parfait  et  que  l’arrêt  du  lipiodol  donne  une  image  caractéris 
tique.  MM.  Souques,  Blamoutier  et  de  Massary(l)  ont  rapportéil  y  a  Sans 
à  la  Société  de  Neurologie  un  fait  clinique  extrêmement  intéressant  qui 
relevait  vraisemblablement  de  cette  étiologie.  La  lecture  de  leur  obser¬ 
vation  permet  de  noter  toute  une  série  d’analogies  avec  celle  de  notre 
malade  :  Si  les  prodromes  furent  moins  longs,  c’est  également  de  façon 
assez  rapide  que  s’aggravèrent  les  symptômes  ;  il  s’agissait  également 
d’un  syndrome  de  Brovs'n-Séquard  ;  les  troubles  sensitifs  étaient  incom¬ 
plets  ;  les  douleurs  peu  marquées  ;  le  liquide  céphalo-rachidien  était  tout 
à  fait  comparable  à  celui  de  notre  cas  :  syndrome  de  Froin  avec  quantité 
considérable  d’albumine  et  lymphocytose  discrète  (5  lymphocytes),  les 
réactions  humorales  y  étalent  positives  ainsi  que  dans  le  sang.  L’épreuve 
du  lipiodol  montrait  un  arrêt  total  le  premier  jour,  incomplet  ensuite, 
avec  légères  fusées  vers  le  côté  opposé  au  syndrome  moteur  à  prédomi¬ 
nance  dimidiée.  Enfin,  ces  auteurs  soulignent  la  discordance  entre  le 
niveau  de  l’arrêt  du  lipiodol  et  celui  de  la  limite  supérieure  des  troubles 
sensitifs  plus  basse  de  3  segments.  Tous  ces  caraetères  se  retrouvent 
dans  notre  observation  :  aggravation  rapide  des  troubles  moteurs,  aspect 
de  Brown-Séquard,  troubles  sensitifs  incomplets  avec  peu  de  douleurs, 
syndrome  de  Froin  avec  lymphocytose  presque  nulle,  avec  réactions 
humorales  de  la  syphilis  positives  ainsi  que  dans  le  sang,  arrêt  massif 
du  lipiodol  à  un  niveau  dépassant  de  plusieurs  segments  le  niveau  delà 
limite  supérieure  des  troubles  sensitifs. 

Mais  un  fait  capital  différencie  notre  cas  de  celui  de  MM.  Souques, 
Illamoutier  et  de  Massary  ;  après  2  mois  de  traitement  antisyphilitique, 
leur  malade  était  considérablement  amélioré  et  la  perméabilité  sous- 
arachnoïdienne  démontrée  parla  chute  du  lipiodol  avec  seulement  un 
■  léger  accrochage  au  môme  niveau  qu’avant  le  traitement.  Notre  cas,  au 
contraire,  soulève  une  difficulté  d’interprétation  considérable  du  fait  de 
l’action  à  peu  près  nulle  d’un  traitement  très  énergique  poursuivi  pendant 
4  mois.  Pans  le  cas  de  M.  Souques  et  de  ses  collaborateurs,  la  sensibilité 
des  lésions  au  traitement  laisse  supposer  qu’elles  étaient  de  nature  inflam- 

(1)  Soiiyuics,  Hi.AMOunnu  cl,  un  Mass.\hv.  Injrc.Liiin  li|)i()(liilô('  soiis-iii'nctitioï- 
'nc.iiiio,  dans  an  c.ns  ilc  pia-.liymiaiinnilc  ('.('in  ic’o-doi'Siilc.  .Xvim'I.  I.ot.id  du  lipiodol  dons 
oi  l'éfîion  corviciilo  infériiairo  (Hevin'.  Nciirolnijhiiii'.  junvior  1021,  pii{i(v  (i). 

IIKVUI!  NRUHOI.OGIQIIE.  T.  U,  N"  Cl,  U l’x ai JMOi II  li)2.i.  .'i8 


SOCIÉTÉ  DÉ  NEUHOLOGIÉ 


5Sti 

matoire  [)robabIement  gommeuse  alors  qu'il  est  logique  de  supposer  dans 
le  nôtre  qu’elles  sont  vraisemblablement  surtout  scléreuses.  La  très  légère 
amélioration  notée  2  mois  après  le  début  du  traitement  ne  s’est  pas  main¬ 
tenue,  elle  cori’espondait  vraisemblablement  à  la  sédation  par  le  traite¬ 
ment  du  minime  élément  inilammatoire  associé  à  la  sclérose  prédomi¬ 
nante. 

Il  nous  reste  à  envisager  la  deuxième  hypothèse  que  nous  émettions 
plus  haut  :  n’y  a-t-il  chez  notre  malade  que  la  concomitance  d’une  com¬ 
pression  médullaire  et  d’un  terrain  syphilitique  ?  C'est  un  point  extrême¬ 
ment  délicat.  Bien  que  l’image  en  cupule  donnée  par  l’arrêt  du  lipiodol 
soit  celle  fréquemment  notée  en  cas  de  tumeur,  il  est  dilïicile  de  faire 
abstention  des  réactions  humorales  positives  que  nous  avons  notées. 
Bien  plus,  l’inlluence  du  traitement  sur  la  réaction  de  Wassermann  du 
sérum  sanguin  qui  fut  négativée  au  bout  de  3  mois  et  au  contraire  la  per¬ 
sistance  de  la  réaction  positive  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  au-dessus 
de  la  compression  tendent  à  laisser  supposer  qu’il  y  a  une  relation  entre 
le  syndrome  médullaire  et  la  réaction  de  Wassermann  liquidienne.  Il  est 
d’ailleurs  curieux  de  noter  que  la  réaction  de  Wassermann  est  positive 
dans  le  liquide  recueilli  à  la  région  cervicale  qui  par  ailleurs  (taux  d’al¬ 
bumine,  lymphocytes)  est  normal.  Ce  fait  semble  éliminer  entre  autres 
la  possibilité  d’une  réaction  de  Wassermann  en  rapport  avec  la  xantho.- 
chromie  et  l’hyper-albuminose.  De  même  la  réaction  devenue  négative 
dans  le  licpiide  xanthochromique  retiré  par  ponction  basse  alors  que  la 
réaction  du  sérum  sanguin  fut  négativée,  permet  de  supposer  que  cette 
réaction  était  due  surtout  à  la  transsudation  sérique  au  niveau  de  la 
méninge  cloisonnée. 

En  somme,  il  nous  paraît  impossible  d’allirmer  qu’il  s’agit  d’une  com¬ 
pression  médullaire  sans  rapports  avec  la  syphilis.  Tous  les  arguments 
{[ue  nous  avons  exposés  plaident  plutôt  en  sens  inverse,  en  faisant  sup¬ 
poser  une  compression  de  nature  syphilitique  très, spéciale,  vraisembla¬ 
blement  une  virole  scléreuse  méningée.  Il  nous  reste  à  envisager  la  con¬ 
duite  à  tenir  dans  un  tel  cas  qui  n’a  pas  eu  l’heureuse  solution  de  celui 
rapporté  par  M.  Souques  et  ses  collaborateurs.  Faut-il  continuer  le  trai¬ 
tement  antisyphilitique  poursuivi  déjà  depuis  4  mois  ?  Ce  traitement  a 
été  mixte,  à  base  de  novarsénobenzol  de  sels  solubles  de  mercure  et  de 
([uinio-bismuth.  M.  Soucjues  insiste  sur  l’action  particulièrement  favo¬ 
rable  des  sels  de  bismuth  dans  son  observation  :  nous  avons  l’intention 
de  poursuivre  encore  pendant  un  mois  la  thérapeuti(|ue  bismuthique  qui 
a  été  reprise  et  est  actuellement  en  cours  chez  notre  malade.  Alors  se 
posera  une  autre  question  :  n’y  a-t-il  pas  lieu  d’intervenir  chirurgicale- 
mentsur  cette  compression  ?L’invariabiIité  des  troubles,  leur  intensitéqui 
font  de  cette  jeune  malade  une  infirme,  de  même  quela  probabilité  de  lever 
un  obstacle  nous  semblejit  légitimer  ici  cette  intervention  tout  au  moins 
dans  un  but  explorateur.  S’il  existe  une  tumeur,  la  laminectomie  explora¬ 
trice  se  transformera  en  intervention  curatrice;  si,  au  contraire,  comme 
nous  le  croyons  très  vraisemblable,  il  s'agit  d'une  virole  méningée,  il  ne 


SÊANCli  DU  2  DÉCEMhHE  192fi 


paraît  pas  impossible  de  tenter  une  libération  de  l’étranglement  médul¬ 
laire  en  procédant  à  un  débridenient  prudent.  L’impossibilité  d’ailleurs 
de  réunir  la  méninge  excisée  imposera  peut-être  une  technique  particu¬ 
lière,  la  grcB’e  à  ce  niveau  d’un  tissu  de  remplacement  rétablissant  les 
dimensions  normales  du  contour  méningé. 

Telles  sont  les  considérations  d’ordre  . théorique  et  surtout  d’ordre 
pratique  ([UC  nous  paraît  devoir  soulever  l’observation  cpie  nous  venons 
de  rapporter,  Elle  montre  la  difficulté,  devant  un  terrain  syphilitique  cer¬ 
tain,  d’interpréter  un  syndrome  médullaire  ([ui  par  ailleurs  est  lesyndrome 
classicpie  des  compressions  de  la  moelle  avec  certaines  particularités 
dans  le  mode  de  début,  dans  les  signes  cliniques,  dans  les  caractères  du 
li<]uide  céphalo-rachidien  sur  lesquels  nous  ne  reviendrons  pas.  Elle 
montre  aussi  ((ue  si  l’épreuve  du  lipiodol  peut  rendre  de  très  grands  ser¬ 
vices  en. précisant  le  siège  d'une  modification  de  la  voie  sous-arachnoï¬ 
dienne.  son  image  ne  permet  pas  plus  que  les  arguments  cliniques  d’en 
l)réciser  la  nature. 


M.  Sri  .\HD.  --  Il  me  semble,  d'après  l’aspect  radiographique  du  lipiodol, 
(pi’il  s’agit  d’une  néoformation  tumorale,  et  ([ue  la  syphilis  n’est  pas  ici 
cm  jeu  directement.  Nous  avons  décrit  (Société  médicale,  janvier  1926)  les 
formes  pseudo-tumorales  rachidiennes  de  la  syphilis  avec  Haguenau  et 
Lichtwit/,  mais  l’évolution  de  telles  modalités  n’est  pas  semblable  à 
celle  observée  par  MM.  Crouzon,  Alajouanine  et  Delafontaine. 

En  tout  cas,  puisque  les  traitements  médicaux  ont  échoué,  le  chirurgien 
fera  œuvre  utile.  Il  sera  assuré  de  trouver  au  siège  topographique  précisé 
par  le  lipiodol  un  obstacle  qu’il  pourra  peut-être  lever. 


VII.  —  Paraplégie  crurale  par  tumeur  extra-dure -mérienne  à 

la  région  dorsale.  Opération.  Guérison.  (Sur  l’épreuve  du 

lipiodol),  i)ar  MM.  J.  Babinski,  Ai.b.  CHAni>i:N'ni:R  el,  J.  Jar- 

KOWSKI. 

L'observation  ([ue  nous  allons  relater  est  banale  à  certains  égards  ;  elle 
se  rapporte  à  une  tumeur  extra-dure-mérienne  comjirimant  la  moelle  dor¬ 
sale,  opérée  avec  succès.  Mais  ce  cas  mérite,  croyons-nous,  d’attirer  l’at-. 
tention  et  d’être  soumis  à  la  discussion  à  raison  des  constatations  fournies 
par  l’épreuve  du  lipiodol.  Voici  d’abord  l'exposé  des  faits. 

M"'«  U...,  ànùi!  Ue  "lij  ans,  aurait  joui  d’uiuî  santé  partaitii  jusqu’au  lU'inlcmiiB  do 
l-es  pmiiii'i's  sviiqitoines  inorbidas  qui  apparaissent  alors  sont  des  l.roubles  do  la  sen¬ 
sibilité  oonsisiant  e.n  bypoesthésio  de  la  face  antérieure  des  euisses.  La  malaiie, 
d'ailleurs,  n'iui  est  pas  ineomniodée,  el  ne  s'en  inquiète  (Ui  aucuni^  fai.on.  l’eu  de  temps 
après,  son  attention  est  attirée  par  une  certaine  l'aildesse  ries  membres  intérieurs,  et 
'•n  juin  11,120  elle  se  rend  conqite  nettement  de  la  dillie.ulté  do  sa  marche.  «  Je  ne  pou¬ 
vais  pas  m'élancer  n,  dit-eile. 

'Kilo  n'éprouva  jamais  île  douleurs  radiculaires,  et  les  spiiincters  foncLionnèrent  tou¬ 
jours  normalemeuL. 

L’ari'ection  évolue  lentement,  progressix  emenl. 


ciÉTÉ  />/•;  .\i:rn()i.(jr,ii-: 


SÊAiSCE  DU  2  nnCEMIiltl-:  1926 


r.s!) 

nfiuni,  (liuis  les  mninbros  inforiciirs.  On  ini‘1  faeilcmcnl  en  oviilcneo  dos  doux  côlosl’oxa- 
IToriiLinn  dos  rofloxos  Londinonx  uvoc  lropidiit,iüno|)ilopL(ridodn  piod.  losipmo  dosiirloils 
(d,  dos  l'orioxos  do  dofonsü  l,ros  l'orls  (sifrno  do  li>  floxion  rofloxo  du  piod).  I.os  vofloxos 
oui, linos  iibdoininnux  sunl-  iiliolis.  Hion  ù  signuloo  du  ool('‘  ili'  lu  li'lo  ol  dos  youx,  pus 
d’Arffyll-Huborlson  ;  rion  non  plus  aux  luornbros  supoi-iours  si  oo  n'osi  dos  rol'loxos  ossu- 
l.ondinoux  égaux  ol,  vifs  à  driiilo  ol  à  gaucho. 

Il  o.xislo  dos  Lroublosjdo  la sonsibililo  mais,  tandis  ipio  la  sonsibililo  au  laol  osl  pou 
amoindrie,  colloà  lu  lomiiéraluro  cl  à  ladoulour  osl.au  conlrairo.  forlomont  alloinlo.  I.a 
limilo  suporiouro  do  l’anoslbésio  «  inslablo  »  passe  à  3  cont.  I  ji  au-dossus  do  la  ligne 
niamolonnaii'o.  Au-dossus  do  co  vaste  lorritoiro  presque  anostliosii|uo  s’étend,  sur  une 
liuutourdo.2conlimotrosonviron,  une  zone  d’bypooslhésio  légère  (N’,  sobéma).  I.a  sonsibi- 


b'ig.  2.  —  M"'"  Cl...  I{adi<igni|>liic  l'nite  la  .31  murs  1921),  3  liciircs  njiiès  l’injueUon  du  lipiodol. 

(Cliché  de  M.  l'oix.)' 

lité  est  un  pou  moins  diminuée  dans  le  territoire  dos  racines  sacrées  que  dans  celui  dos 
racines  lombaires.  Los  réHexos  de  défense,  très  nets  lorsqu'on  excite  les  téguments 
des  membres  inférieurs,  sont’  plus  dilliciles  à  jirovoquer  par  l’excitation  do  la  peau 
hii-dessus  du  pli  de  l’aine.  Toutefois,  nous  avons  pu  li's  faire  apparaître  dans  une  zone 
'lont  la  limite  su|iérieuro  dépassait  légèrement  la  ligne  mamelonnaire  et  se  trouvait 
'listante  de  1  1  /2  à  2  centimètres  de  la  limite  supérieure  de  l’anoslliésie,  (I). 

Kprouve  du  lipiodid,  pratiquée  on  utilisant  l’huile  iodée  qui  se  trouvait  déjà. dans  le 
cul-ile-sao,  sacré  :  La  mahule  est  placée  en  position  jiresquo  verlicale,  lèto  on  bas. 


(1)  l’our  la  rcchorcbo  des  rofloxos  do  défense  nous  avons  employé  la  toebnique  sui- 
'ante  :  un  membre  inférieur  était  soutenu  à  demi  fléchi  au-dessus  du  |daii  du  lit  ; 
"n  tampon  de  l’appareil  faradique  était  fixé  (Ui  un  point  du  thorax,  le  bout  métallique 
'le  l’autre  fil,  servant  d’excitant,  était  proimmé  sur  les  différentes  parties  du  tronc 
préalablement  mouillées.  On  pouvailobtonir  ainsi  une  réaction  très  nette  consistant  en 
"ne  extension  de  la  jaiidjo  ol  de  la  cuisse  ol  provn(pié(‘  |iar  l’excitation  du  tronc  Jusqu’à 
n  limite  indiipiéo  dans  le  toxti'. 


SO  JÊTf:  DE  yEUROl.OGIE 


I/iiiii’  (les  iIhiix  billes,  rinforii'iire,  pcsi.e  nillii'jrcnte  üii  ctil-(l('-snc.  siicré  ;  rniili'i',  lii 
MiporiiMiiT,  s(^  mobilise  cl,  se  divise  en  plusieurs  purlies  d’inéfîiil  volume.  Lu  plus 
f;i'osse  vicnl,  s’arrêter  au  niveau  du  dis(pie  ipd  sépare' la  d"  de  la  4“  vertèbre,  dorsale. 
Une  autre;  en  l'orme  de  fuseau  viu'tieal,  s’arrête  à  la  hauteur  dits  et  b®  vertèbres 
ilorsales  (voir  Uadio),  enlin  plusieurs  billes,  moins  imporlantiw,  s’éfdielonnent  sur  le 
bas  de  la  ('.(donne  dorsale  et  sur  la  (adonne  lombaire. 


!■'(((  11.  -  .M""'  (l...  I<(((i(og('((i>liie  luite  le  lil  aairs  d  heures  ((près  l'Iujcclion  (lu  liphidnl. 

^Llivhé  (le  M.  làiix.) 


Ajoidons  (|ue  la  masse  lipiodoh'ic,  arrêl('!e  :i  la  3"  verlfdrre  dorsale,  prêsenl((  une  forme 
d'ovoide  allorifré  dont  re,\tr(’mulé  inffirieure  (c()l(!  C(ipliali(pm)  ((sl  e.onvexe. 

Tels  sont  les  r()sultats  (b;  la  nouv(dl(;  èpreuv((  du  lipiodol. 

l’our  les  raisons  (pie  nous  exposerons  plus  loin,  h;  diaKnostio  iirobablo  de  tumeur 
exlra-dure-mêrienne  (.'.ompriinant  la  imudle  au  niveau  des  fl"  ((t  lll"  spüments  dorsaux 
fut  porL('!  et  une  lamineclomi(!  (handèie. 


SÉANCE  DU  2  DECEMBRE  1926 


Viiici,  iM'idigé  par  M.  de  Martel,  le  compte  rendu  de  l’opération  ; 

«  22  juillet  1926.  Laminectomie,  sous  anesthésie  locale  entre  7'  cervicale  et  dor¬ 
sale.  Tumeur  oxtra-dure-mérienne  adhérente  à  la  dure-mère,  à  gauche  et  en  avant  et 
formant  à  l'étui  dure-mérien  un  1  /2  manchon  de  trois  centimètres  environ. 

«  Section  d’une  racine  à  gauche. 

«  Libération  de  la  tumeur.  Ablation  à  la  curette  en  3  morceaux. 

«  Très  peu  do  la  tumeur  reste  adhérent  au  surtout  vertébral  et  à  la  durc-mèr  u 

«  Fermeture  par  quatre  fds  de  bronze  perdus,  recouverts  par  l’aponévrose  super¬ 
ficielle  fermée  par  des  points  séparés  au  catgut. 

"  Crins  sur  la  peau.  Cicatrisation  de  la  plaie  sans  incidents.  » 

Déjà  quelques  heures  après  l’opération,  la  malade  éprouve  un  soulagement  :  les 
membres  inférieurs  deviennent  moins  raides  ;  la  jambe  droite  peut  exécuter  de  petits 


Ki«.  1.  -  M”«  (J...  Schénin  des  Iroiihlcs  de  lu  sensibilité  en  juin  1926. 

mouvements  de  flexion  et  d’extension  ;  la  sensibilité  se  réveille  dans  le  territoire  aupa¬ 
ravant  anesthésique. 

Sauf  une  rétention  des  usines  qui  a  duré  plusieurs  jours  et  quelques  troubles  passa¬ 
gers  du  côté  du  membre  supérieur  droit,  la  itériode  postopératoire  s’est  déroulée  sans 
incidents  sérieux. 

Les  troubles  moteurs  et  sensitifs  s’atténuent  de  jour  on  jour.  Vers  la  fin  du  mois 
'l’août,  la  malade  est  capable  de  faire  quelques  pas  avec  le  soutien  d’une  autre  personne. 
Le  28  octobre,  nous  l’jxaminons  à  nouveau  :  elle  marche  lentement  mais  correcte¬ 
ment,  appuyée  sur  le  bras  d’un  aide  ;  elle  est  même  en  mesure  de  taire,  seule, 
'liielques  pas;  sa  démarche  n’a  plus  le  caractère  spasmodique,  elle  est  très  légère¬ 
ment  incoordonnée  à  droite.  La  force  musculaire  des  membres  inférieurs  se  montre 
presque  normale,  sauf  dans  les  abducteurs  des  pieds,  légèrement  parésiés.  On  constate 
•'hcore  l’existence  de  tous  les  signes  d’une  perturbation  de  la  voie  [lyramidale  à  droite 

à  gauche  :  exagération  des  réflexes  tendineux  avec  clonus,  signe  des  orteils,  réflexes 
'fl'  défense. 

I.es  troubles  de  la  sensibilité  ont  i)resque  entièrement  disparu.  Il  existe  Imilidois  ; 


socii'rrÉ  VH  xiaitowoii; 


59-^ 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBBE  1920 


593 

une  |ilnqii(‘  d’hypocsthésio  tactile  sous  le  sein  droit  ;  2“  une  hyperalgésie  du  mem¬ 
bre  inférieur  droit  et  d’une  grande  partie  de  riiémi-lhorax;  du  même  côté;  3"  enlin, 
'les  troubles  de  la  sensibilité  iirofonde  à  droite  qui  sont  probablement  la  cause  de  la 
''■gère  incoordination  que  nous  signalons  plus  haut. 

Uepuis  la  fin  d’octobre,  l’état  de  la  malades’est  encore,  notablement  amélioré.  Nous 
l’avons  revue  le  30  novembre  ;  l’incoordination  de  la  jambe  droite  a  totalement  dis¬ 
paru.  La  malade  marche  presque  normalement. 

(Voici  la  note  concernant  l’examen  histologique  dt^  la  tumeur  ;  Après  fixation  au 
liquide  de  Bouin,  inclusion  à  la  paralline.  et  coloration  des  coupes  à  l'iiématéine-éosine, 
l’oxamen  a  montré  un  méninnoblaslome  à  forme  épilliéliale  avec  nonüireux  corpus¬ 
cules  calcaires  (psammome).  Aucun  caractère  de  malignité.  Une  partie  de  la  tumeur 
a  subi  une  importante,  dégénérescence  fibreuse. 

Dès  notre  premier  examen,  l’hypothèse  d’une  compression  de  la  moelle 
par  tumeur  devait  inévitablement  se  présenter  à  l’esprit.  Les  douleurs 
fadiculaires  qui  constituent  généralement  un  symptôme  initial  faisaient 
tléfaut,  il  est  vrai,  mais  l'absence  de  douleurs  de  ce  genre  ne  permettait 
pas  d’exclure  ce  diagnostic,  puisque  des  faits  analogues  ont  été  assez  sou¬ 
vent  signalés, 

Cette  hypothèse  s’appuyait  sur  les  caractères  de  la  paraplégie  joints  aux 
h’oubles  de  la  sensibilité  objective,  à  l’état  des  réllexes  de  défense  et  à  l’é¬ 
volution  de  l'affection. 

A  l’époque  où  la  malade  avait  été  vue  par  M  Foix,  c’est-à-dire  3  moi.s 
auparavant,  les  troubles  étaient,  sans  doute,  moins  prononcés  ;  toutefois,  . 
la  marche  était  déjà  très  difficile,  et  les  troubles  de  la  sensibilité  présen¬ 
taient  à  peu  près  les  mêmes  caractères  et  atteignaient  approximativement 
le  même  niveau  qu'à  l’époque  de  notre  premier  examen.  C’est,  du  moins, 
ee  que  nous  avait  dit  la  malade  et  ce  que  M.  Foix  a  confirmé  dans  une 
communication  orale.  Du  reste,  c’est  pour  ce  motif  cjue  notre  collègue 
avait  cru  bon  d’avoir  recours  à  l’épreuve  du  lipiodol  ;  mais  l’image  qui 
avait  été  obtenue  dans  cette  première  radiographie  n’avait  rien  de  carac¬ 
téristique.  Dans  la  thèse  de  M.  Laplane  où  sont  exposées  les  idées  de 
Sicard,  on  trouve,  en  effet,  à  la  page  113,  le  passage  suivant  :  «  Un 
arrêt  momentané  du  lipiodol  (celui-ci  ayant  repris  .sa  course  et  opéré 
sa  descente  lors  des  radiographies  ultérieures)  n’a  pas  de  valeur  loca- 
lisatrice.  »  Comme  nous  l’avons  dit  dans  la  relation  de  l’Observation 
blême,  du  point  de  vue  de  l’épreuve  de  l’huile  iodée,  le  diagnostic  devait 
<lonc  rester  en  suspens.  Nous  rappellerons  à  ce  sujet  que  l’un  de  nous,  à 
ta  séance  de  la  Société  db  Neurologie  du  7  février  1924  (1),  avait  posé  la 
<|Uestion  de  savoir  si  l’épreuve  du  lipiodol  donnant  un  résultat  négatif 
permettait,  oui  ou  non,  d’exclure  le  diagnostic  de  compression.  Depuis, 
Guillain  (2)  avait  rapporté  un  fait  établissant  que  l’arrêt  pouvait  faire 
iléfaut  en  cas  de  néoplasie  ;  mais,  dans  son  Observation,  les  signes  de 
compression  étaient  encore  très  peu  marqués.  Or,  chez  notre  malade,  les 
fi'oubles  étaient  déjà  très  accentués.  Nofre  cas  montre  donc  —  et  c’est  là 
line  donnée  pratique  à  retenir  —  qu’un  résultat  négatif  de  l’épreuve  en 

(1)  Hernie  Newoloiiique,  vol.  fèM’icr  192-1,  |i.  229. 

(2)  ht.,  janvier  1925,  p.  11. 


594 


/■;  Mit!  KO  LUC. m 


socn'yrÉ  ni 

(jiiestion  n’est  pas  en  opposition  avec  le  diagnostic  de  compression,  même 
lorsque  les  troubles  moteurs  et  sensitifs,  par  lesquels  se  traduit  cette  ; 
aiïection,  sont  déjà  très  caractérisés.  Si  l’on  ne  tenait  pas  compte  de  cette  .  ' 
notion,  la  très  intéressante  épreuve  de  Sicard-Forestier  qui  donne  parfois 
le  moyen  de  faire  un  diagnostic  précoce  de  compression  médullaire,  ferait 
par  contre  courir  le  risque  de  méconnaître  l’existence  d’une  pareille  lésion 
et.  pour  le  moins,  de  retarder  une  intervention  nécessaire. 

I^’expérience  que  nous  avions  acquise  sur  les  tumeurs  de  la  moelle,  .f. 
notamment  sur  celles  de  la  région  dorsale,  avant  que  l’épreuve  du  lipiodol  î 
fût  introduite  en  neurologie,  nous  avait  tout  naturellement  conduits  à  pro-  .j 
poser  une  laminectomie  à  notre  malade.  Toutefois,  il  nous  avait  paru 
rationnel  d’avoir  encore  recours  à  l’épreuve  de  l’huile  iodée,  parce 
que,  à  trois  mois  d'intervalle,  elle  était  susceptible  de  donner  des  j 
renseignements  qu’elle  n’avait  pas  fournis  précédemment  et  que,  du  reste,  .  ; 
nous  étions  à  même  d’utiliser  pour  cette  exploration  le  lipiodol  déjà  ' 
injecté.  Nous  avons  indiqué  plus  haut  les  résultats  de  cette  nouvelle 
épreuve.  Voici  quels  sont  les  points  sur  lesquels  nous  croyons  devoir 
insister  :  .'i 

Et  d’abord  la  bille  de  lipiodol  mobilisable  vint  s’arrêter  à  la  hauteur  du 
disque  qui  sépare  la  .'F  de  la  4®  vertèbre  dorsale.  La  malade  n'ayant  été 
laissée,  bien  entendu,  qu’un  temps  très  court  dans  la  position  verticale, 
tête  en  bas,  nous  ne  savons  pas  si  l’obstacle  était  infranchissable  ;  il  n’en  J 

est  pas  moins  vrai  (|ue  notre  diagnostic  de  compression  s’est  trouvé  | 

encore  fortifié  par  ce  fait  que  le  niveau  de  l’arrêt  du  lipiodol  cadrait  avec 
celui  de  l’anesthésie  et  des  réflexes  de  défense.  .■ 

Un  autre  point  digne  d’être  souligné  est  le  suivant  :  l’image  de  la  bille 
arrêtée  à  la  3'  vertèbre  dorsale  i)résentait  une  forme  (jui,  à  première  vue,  $ 
pouvait  surprendre.  En  effet,  dans  des  Observations  antérieurement 
publiées,  il  avait  été  noté  (jue  dans  les  tumeurs  comprimant  la  moelle,  la  jï 
bille  de  lipiodol  injectée  dans  l’espace  sous-occipital  formait,  au  point 
d’arrêt,  une  voûte  à  concavité  inférieure.  Nous-mêmes  avions  rapporté  .tj 
Un  fait  de  cet  ordre  ;  mais,  de  plus,  dans  ce  cas,  un  exam*en  radiogra-  | 

phi([ue  prati(|ué  à  la  suite  d’une  injection  de  lipiodol  par  la  voie  lombaire,  ^ 

nous  avait  montré  que  la  bille  inférieure  dessinait  une  légère  courbe  à  con- 
cavité  tournée  vers  l’extrémité  eéphali(|ue.  Or,  dans  le  cas  qui  fait  l’objet 
de  notre  communication  actuelle,  la  masse  lipiodolée,  arrêtée  à  la  3®  ver¬ 
tèbre  dorsale,  présente,  comme  on  l’a  vu,  une  forme  d’ovoïde  allongé  dont 
l’extrémité  inférieure  (côté  céphalique)  est  convexe.  j 

Comment  exi)li(|uer  cette  différence  Nous  avions  pensé,  et  cela  avant  i 
l’opération,  qu’elle  était  due  peut-être  à  une  différence  de  siège.  La  pre¬ 
mière  figure,  celle  du  cas  antérieur,  se  rapportait,  en  effet,  à  une  tuincur  '■ 
intradure-mérienne,  l’autre,  celle  qui  nous  occupe  aujourd'hui,  à  une  . 
tumeur extra-dure-mérienne.  On  conçoit  fort  bien  (jue  l’huile  iodéç  in¬ 
troduite  dans  l’espace  sous-arachnoïdien  se  moule  sur  une  tumeur 
intra-dure-méricnne  et  que  la  radiographie  donne  l’image  de  la  tumeur, 
ayantdans  l’espèce  une  forme  ovoïde,  tandis  ((ue  l’huile  iodée  n’ayant  pas  de 


SËANCli:  DU  Z  DÉCEMBUE  IMG 


<!oiitact  avec  une  tumeur  dont  elle  est  séparée  par  la  dure-mère,  ne  peut 

dessiner  pareillement  la  forme.  Notre  diagnostic  a  été  confirmé  à  l’o- 
pération.  Possédons-nous  là  un  caractère  permettant  de  diagnostiquer  des 
fumeurs  intra  dure-mérieunes  d’avec  celles  qui  siègent  en  dehors  des 
Uiéninges  ?  C’est  là  une  question  que  de  nouvelles  observations  pourront 
seules  résoudre. 

M.  SiCARD.  —  Nous  n'avons  pas  observé  de  telles  éventualités  et  l’é- 
Preuve  de  lipiodol  nous  a  toujours  renseigné  exactement.  Mais  depuis  près 
^’un  an  déjà,  dans  les  cas  litigieux,  et  même  systématiquement,  nous  sou- 
Uiettons  toujours  nos  malades  suspects  de  conipression  rachidienne,  à 
l’examen  lipiodolé /•adioscopique.  On  voit  nettement  la  bile  lipiodolée  (le 
Uialade  étant  mis  en  position  déclive  e,t  l’injection  du  lipiodol  faite  par 
■voie  lombaire)  cheminer  dans  le  sac  sous-arachnoïdien.  De  même  que  poul¬ 
ie  contrôle  bismuthé  œsophagien  ou  gastrique,  les  renseignements  four- 
•’is  par  la  radioscopie  rachidienne  se  montrent  supérieurs  à  ceux  donnés 
Par  la  radiographie. 

VlII.  —  Étude  des  troubles  sensitifs  après  radicotomie  postérieure. 

Remarques  sur  la  loi  de  Sherrington,  iiar  MM.  .1.  .V.  Sic.xhd, 

•I.  Haguenau  et  (’.H.  Mayeh. 

Nous  avons  à  diverses  reprises  attiré  l’attention  de  la  Société  sur  les 
froubles  de  la  sensibilité  objective  que  l’on  observe  après  les  opérations 
*lc  radicotomie  postérieure.  Nous  avons  présente  cpielques  faits  para- 
<Ioxaux,  si  l’on  tient  pour  exacte  la  loi  de  Sberriiigton. 

Dans  nos  premières  observations  (1),  il  s’agissait  de  causal çiiques  qui 
^Continuaient  à  souffrir  et  ne  présentaient  (pie  des  zones  d’anesthésie  très 
•Miroites  après  des  radicotomies  assez  étendues.  Nous  avions  supposé 
^in’il  existait  une  réaction  du  sympathique  hyperesthésié  sur  les  nerfs 
spinaux,  et  nous  avions  conclu  à  la  nécessité,  chez  ces  malades,  de  prati¬ 
quer  une  radicotomie  élargie. 

C’est  une  telle  opération  que  M.  Robineau  praticpia  chez  un  autre  ma¬ 
lade  (2),  avec  un  parfait  succès  ;  la  guérison  fut  immédiate  ;  mais  là  encore 
uous  avons  constaté  la  défaillance  de  la  loi  de  Sherrington. 

Il  nous  a  paru,  dans  ces  conditions,  intéressant  d’étudier  les  troubles 

la  sensibilité  après  radrcotoinie  chez  une  malade  non  cmisa/i/iqne. 

M">oj  P  03  ans,  so  présonUi  à  nous  à  l'iKÏpiUl  Nocker  pour  une.  névnilfrie  inter¬ 
costale  exlr6moni(ml  intense.  Elle  en  souffre  depuis  7  ans.  Depuis  4  ans  la  douleur 
est  insupportable  et  elle  redouble  depuis  quelques  mois,  atroce,  empêchant  le  sommeil, 
empêchant  toute  activité  physiqmi,  retentissant  sur  le  psychisme  de  la  malade  et 
faisant  germer  des  idées  d’autodestruction. 

(1)  SicAnn,  llAiiuKNAU  et  Liciitwitz.  Etude  des  sensibiliUis  après  radie.id.omie 
postérieure  pour  causalgie.  Bev.  ne.nr.,  1920,  I,  242. 

(2)  SiCAUD,  irAuursNAU  et  Ch.  Maykh.  Hadicotomie  postérieure  élargie  pour  eau- 
^olgie  du  membre  supérieur,  guérison,  étude  des  troubles'  sensitivo-moteurs  post¬ 
opératoires.  Bel),  «ene.,  1920,  I,  1224. 


590 


socii'Ti':  nrc  Nniinor.oari': 


(l’üsl.  lino  doiiliMii’  slriolcriKml,  uiiiliilrralr  fruiiclM'.  I^ll(^  est  d’iinc  pui'l'iüU!  rixit6. 
G’osl  l.oiijours  II!  inàtiic  «  point  »  doiiloui'oiix,  ou  mieux  lu  même  zon(!  :  zone,  inter- 
CüsLo-sous-mummuiiu^  eoreespondunt  un  territoire  des  racines  1)7  (d,  DH.  Cette  douleur 
survi(mt  par  e.ris(!s,  crises  il’ahoni  espacées,  puis  d(^  plus  en  plus  rapprochées  et  (le 
plus  (m  plus  violent('s. 

Mlle  n’(^st  plus  calmée  par  aucun  analfjésique.  Les  nis.sources  chimiothérapiques  et 
physioLhérapi(pies  ont  été  tour  à  tour  essayées. 

L’examen  de  cidte  inalaile  est  complètement  néf^atif.  Aucun  synq)tôme  objectif 
n’aiiparaît  du  côté  du  systènn?  nerveu.\.  Aucun  troubh^  mot(ujr  sensitif  ou  réflexe 
n’est  relevé.  Le  li()uide  céphalo-rachidien  est  normal.  Le  transit  lipiodolé  se  fait  parfai' 
temenl.  Aucun  facteur  étioloffirpie  local,  médiastinal  ou  viutébral  n’est  relevé,  même 
après  radio^rajdue.  11  n’existe  ni  suen^  ni  albumines  dans  les  urines.  Aucune  anamnèse 
aucun  sifîtie  humoral  de  syphilis. 

ffans  ces  conditions  et  devant  l’échec  des  antres  modes  thérapeutiques,  nous  avons 


■'ÎK-  L  —  Attcsthêsip  ^luiche  îi  Ions  leu  niudes, 
IwrsistiiiU  encore  lolnle  un  moi»  iiprès  l'opé- 
l'iition.  Sensibilité  mn-nuile  n  droite. 


'’it{.  2  —  Ifegion  piu'ii-vertébride.  IIy|M)es- 


tliésic  ((anelie  un  mois  iiprès  l’operntion.  Sensi¬ 
bilité  normnie  ù  droite,  fui  région  llypocs- 
tbésiée  gauebe  tend  n  reeuperer  pi'ogressive- 


proposé  à  cette  malade,  r|ue.  nous  considérons  comme  iitteintt'  île  funiculite  «essentielle  », 
une  intervention  qui  est  acciqilée  et  pratiqtiée  le.  2(1  octobre  l!l‘2()  par  Holuneau.  Après 
laminectomie  et  ouverture  de  la  dure-mère,  il  isole  et  sectionne  après  les  avoir  chargées 
sur  tin  stylet  b  racines  postérieures  D.ü,  (1,  7,  8,  !),  10.  Dès  son  réveil,  la  malade  ne 
soulTre  plus.  Les  suiti's  opératoires  sont  [larfaites.  .Malgré  l'âge  de  la  malade  aucun  inci¬ 
dent,  aucun  shoclc  et  la  malade  va  regagner  son  village  complètement  guérie. 

Les  troubles  de  la  sensibilité  objective  méritent  d’être  précisés.  Le  scliéma  ci-joint 
les  précise.  Ils  sont  absidument  ideidiipies,  ipi’il  s’agisse  du  tact,  de  la  sensibilité  ther- 
miipie  ou  douloureuse. 

Ln  avant  ;  anesthésie  totale  limitée  en  haut  jiar  une  ligne  nid, te  correspondant  au 
territoire  de  D5,  en  bas  par  une  ligne  correspondant  à  DO,  DIO,  en  dedans  par  la  ligne 
médiane. 

Latéralement  l’anesthésie  diminue  vers  la  région  axillaire  ;  et  en  arrière  du  .thorax, 
il  ne  persiste  qu'une  légère  hypoesthésie. 

De  celle  observalioii  nou.s  relieiulroiis  loul  d'abord  le  succè.s  complet 
de  l’opération.  La  guérison  a  été  immédiate,  alors  que  tous  les  autres 
modes  tliérapeuti(|ues  avaient  échoué. 


SANCI':  IXJ  2  DÉCEMBRE  192(1 


w- 


Nous  savons  fort  bien  (jii’un  temps  évolutif  plus  prolongé  est  néces¬ 
saire  avant  de  conclure  à  une  guérison  définitive,  mais  ce([ue  nous  savons 
d  observations  antérieures  nous  laisse  bon  espoir  en  ce  (|ui  concerne  de 
felles  névralgies  dites  essentielles,  sans  participation  sympathique 

Remar(]uons  aussi  la  façon  remarquable  dont  celte  malade  déjà  âgée  a 
supporté  la  radicotomie.  D’ailleurs  cette  intervention  telle  ([ue  la  pratique 
Robineau  est  toujoursd'uneparfaite  innocuité.  C’est  une  opération  bénigne, 
dans  la([uelle on  évite  toute  manipulation  de  la  moelle. 

Ce  sont  surtout  les  troubles  de  la  sensibilité  objective  que  nous  retien¬ 
drons. 

I.  —  La  zone  d’anesthésie,  au  niveau  de  la  région  thoraci(|ue  antérieure. 
®st  plus  large  que  nous  ne  pouvions  le  supposer. 

La  limite  supérieure  très  précise  correspond  exactement  à  Dû,  c’esl- 
ù-dire  à  la  plus  haute  racine  sectionnée.  La  limite  inférieure,  linéaire  elle 
uussi,  à  DIO,  c’est-à-dire  à  la  plus  basse  des  racines  sectionnées. 

Or,  de  par  la  loi  de  Sherrington,  nous  n’aurions  pas  dû  avoir  d’anes¬ 
thésie  remontant  plus  haut  que  D6  et  descendant  plus  bas  quç  1)9.'  Les 
segments  correspondants  à  D5  et  1)10  ne  devraient  pas  être  anesthésiés 
puisque  Sherrington  admet  qu’ils  reçoivent  les  fibres  de  D4  et  DU  qui 
ont  été  respectées. 

Si  bien  ([ue  les  limites  de  l’anesthésie  sont  telles  que,  dans  notre  cas,  on 
peut  considérer  chaque  segment  cutané  comme  ne  recevant  des  fibres  sensitives 
9ue  d’une  seule  racine  rachidienne. 

II.  —  Une  deuxième  anomalie  est  à  signaler  :  c’est  l'absence  d’anesthé- 
S'e  à  la  région  thoraci(|ue  dorsale  paravertébrale.  Là  on  ne  constate  qu’une 
'simple  hypoesthésie  comme  on  peut  le  voir  sur  notre  schéma. 

C’est  un  fait  paradoxal  ([ue  nous  ne  faisons  (|ue  signaler,  mais  qui, 
s’il  se  retrouve  chez  d’autres  opérés,  est  de  nature  à  modifier  complètement 
uos  schémas  classi([ues  d’innervation,  car  la  section  a  été  faite  en  avant  de 
l’éniergence  du  filet  sensitif  paravertébral  postérieur. 

L’explication  de  ces  faits  ne  peut  être  qu’hypothéli([ue  ;  anomalie 
de  distribution,  anastomoses  radiculaires,  différence  de  distribution 
sensitive  à  la  région  dorsale,  c’est-à-dire  en  dehors  de  la  formation  de 
plexus,  etc.,  etc.  ' 

Quoi(|u’il  en  soit,  si  chez  nos  malades  causalgiques  nous  avions  trouvé 
des  anesthésies  trop  étroites,  chez  celte  malade  non  causalgique  nous  avons 
constaté  des  bandes  d’anesthésie  trop  larges  (1)  et  nous  concluons  comme 
précédemmentà  la  nécessité  de  reviser  la  loi  de  Sherringtonétabliede  façon 
expérimentale  et  qui  ne  semble  pas  s’appliquer  à  rhonime. 

(I)  Clira  l(>  iniiliulc  lie  iioLi'e  2»  commiiniralion,  aUcinl  dr  causal^dc,  l’iuicsLIicsic  ob- 
ff-nui!  après  la  2»  opèratiim  était  aussi  très  larfîi',,  mais  la  section  des  racines  avait  dépassé 
'«riteine.nt  la  splière,  de,  la  causalsîie,  et  dans  ces  conditions  on  lient  considérer  la  radi- 
eotoiriio  comme  faite  elle/,  un  sujet  «  normal  ». 


SOCIÉTÉ  DI-:  M:1  nOLOGIE 


riüs 

IX.  -  Tumeur  cérébrale  traitée  par  la  radiothérapie, 

par  MM.  Alajoi  anink  et  (jihkht.  '' 

X.  —  Quelques  considérations  sur  la  lèpre,  par  M.  P^sposel  > 
(correspondant  étranger) .  ' 

XI.  —  Hémichorée  d’origine  thalamique,  par  MM.  Forx  et  BakietY-  ■ 

Les  auteurs  rapportent  l'observation  anatomo-clinif|ue  d’un  malade 
ayant  présenté  une  pleurésie  purulente  tuberculeuse  et  un  syndrome  neu-  ! 
rologique  à  évolution  lentement  progressive.  ‘  ; 

Ce  syndrome  était  caractérisé  par  une  hémiparésie  gauche  avec  du  mêrne 
côté  mouvements  involontaires  du  type  surtout  athétosicjue  avec  altitudes  ; 
reptantes  des  doigts.  Dans  les  mouvements  commandés  du  membre  supé-  .  ; 
rieur,  attitudes  athéto'ides,  contracture  intentionnelle,  aspect  asyner- 
gi([ue.  Au  membre  inférieur,  mêmes  symptômes  atténués.  Réflexes  forts»  v 
pas  de  signe  de  Babinski.  ; 

Le  malade  mourut  des  suites  de  sa  lésion  pulmonaire.  A  l’autopsie,  tu-  ;• 
hercule  volumineux  du  thalamus,  touchant  la  capsule  interne  postérieure» 
et  prédoif  inant  à  la  région  thalamique  moyenne.  Intégrité  du  corps  strié' 

Etat  de  la  région  sous-optique  dilhcile  à  préciser  de  façon  absolue  avant  » 
examen  histologique. 

Ce  cas  s’ajoute  aux  observations  précédentes  relatives  à  l’hémichoréO'  -i-S 
athétose  d'origine  thalamique.  ’  J 

L'ohservation  complète  et  les  résultats  anatomiques  complets  seront  v 
publiés  après  l’examen  histologi(|uc  sérié. 

XII.  —  Syndrome  cérébello -thalamique  supérieur,  par  (>h.  FotX» 

J. -A.  Chavany  et  P.  Hillemand.  j 

La  nature  cérébelleuse  des  troubles  de  la  coordination  au  cours  de  cer- 
tains  cas  de  syndrome  thalami(|ue  a  été  invoquée  pour  la  première  fois  paf 
(Clovis  Vincent.  L’un  de  nous,  en  collaboration  avec  M.  Pierre  Marie,  .a  j 
rapporté  des  cas  du  même  ordre  dans  un  travail  sur  riiéiniplègic  cérébel'  ,  | 

leuse,  et  cette  forme  constitue  la  variétésupérieure  desmodalités  clinique» 

de  l’hémiplégiecérébelleuse  décrites  dons  la  thèse  deM.  Thiers.  En  réalité  , 
nous,  pensons,  cpiant  à  nous,  ainsi  que  nous  avons  eu  déjà  l’occasion  de  le 
dire,  ([lie  1  incoordination  thalamicjue  banale  est  un  phénomène  complexe»  i 
dans  lequel  jouent  un  rôle, à  côté  de  l’asynergie,  l’ataxie  dans  une  faible 
mesure,  et,  pour  une  part  plus  importante,  la  contracture  intentionnelle-  ; 
Mais  la  part  de  l’asynergie  est  la  plus  grande,  si  bien  qu’on  pourrait  ; 
dire  cpie  l’incoordination  thalami([uc  est  avant  tout  une  variété  d’asj" 
nergie  cérébelleuse. 

Quelle  est  la  lésion  cpii  la  détermine  ?  On  [lourrail  être  tenté  de  penser  , 
([u’il  s’agit  d  une  lésion  associée  de  la  région  sous-o[)ti(|ue.  Mais  en  réalité,  .J 
sauf  dans  (|uel(|ueseas  exceptionnnels  rentrant  dans  le  casdu  syndrome  su-  | 
péricur  du  noyau  rouge  isolé  par  (^hiray,  Nicoleseocl  l’iin  de  nous,  il  s’a-' 


SÉANCE  nu  y  DÉCEMBEtE  192G 


599 


gît,  coinine  nous  en  avons  acquis  la  preuve  avec  Hillemand,  d'une  lésion 
du  thalamus  lui-même  laissant  complètement  indemne  la  région  sous-op- 
dque.  Cette  lésion,  qui  rentre  dans  le  cadre  du  syndrome  de  la  cérébrale 
postérieure,  occupe  un  siège  toujours  le  même  à  la  partie  postéro-inféro- 
cxterne  du  thalamus,  et  détermine  un  ensemble  symptomatique  qui  par 
l’association  de  troubles  sensitifs  superficiels  et  surtout  profonds  à  l’in¬ 
coordination  ci-dessus  mentionnée  est  à  peu  près  caractéristique.  L’at¬ 
teinte  de  fibres  cérébelleuses  intrathalamiques  et  du  relai  tbalamique 
du  pédoncule  cérébelleux  supérieur  en  est  vraisemblablement  la  cause. 

La  variété  dont  nous  apportons  aujourd’hui  un  exemple  anatomo-clini- 
<îue  est  d’un  diagnostic  beaucoup  plus  délicat,  car:  l“les  troubles  sensitifs 
peuvent  s’y  montrer  fort  peu  marqués  Cibles  troubles  cérébelleux  s’y  pré¬ 
sentent  jiresque  à  l’état  pur,  ne  s’accompagnant  que  d’un  très  léger  degré 
de  contracture  intentionnelle,  et  pouvant  donner  lieu  à  du  tremblement.  Le 
thalamus  externe  y  est  touché  dans  sa  partie  haute.  La  région  sous-op- 
tique,  le  noyau  rouge  sont  indemnes.  11  s’agit  par  conséquent  d’une 
variété  supérieure  du  syndrome  cérébello-thalamique,  et  ce  fait  établit 
qu’une  lésion  meme  portant  sur  la  moitié  supérieure  du  thalamus 
externe  est  susceptible  de  s’accompagner  de  phénomènes  cérébel¬ 
leux.  La  lésion,  il  est  vrai  ici,  n’est  pas  limitée  au  thalamus  ;  elle  déborde 
en  dehors  sur  la  partie  haute  du  segment  rétro-lenticulaire  de  la  capstile 
interne,  interrompant  à  ce  niveau  la  communication  entre  le  thalamus 
externe  et  lecortex  ;  il  n’est  pas  impossible  que  cette  partie  de  la  lésion 
jpue  un  rôle  dans  la  pathogénie  des  phénomènes  cérébelleux.  L'un  de 
nous  a  en  elfet  eu  l’occasion  avec  Thévenard  de  rapporter  un  cas  de  phéno¬ 
mènes  pseudo-cérébelleux  d’originine  cérébrale.  Quoiqu’il  en  soit,  ici, 
l’attente  de  la  partie  haute  du  thalaimis  paraît  devoir  avant  tout  être  prise 
an  considération  ;  dans  tous  les  cas,  elle  ne  peut  pas  être  exclue,  d’où  le  titre 
donné  à  notre  communication. 

OljsiM'viilion  anatorno-cliniiiiii'.  —  t'artie  clinique  (1).  M.  S...,  âgé  ilc  74  ans,  ailmi- 
nislré  ili'  rilüs|)ic((  d’ivry,  présente  le  tableau  clinique  suivant  ; 

Lni^  liéinipat'ésie  droite  avec  contracture  de  type  spécial. 

Un  syiulroine  cérébelleux  droit. 

Ues  pliénoniénes  clioréiforines  et  un  tremblement  droit,  dos  syncinésies. 

Ilinluin;  de  la  maladie.  —  Le  début  de.  ces  accidents  remonte  à  1921.  Le  malade  a 
présenté  à  cett(^  époque  un  ictus  sans  perte  de  connaissance.  Cet  ictus  a  été  suivi  d’um 
hémiplégie  ilroite  avec  troubles  légers  de  la  parole  qui  ont  duré  quelques  jours.  11  pou-i 
^ait  néanmoins  remuer  son  bras  et  sa  jambe,  mais  il  avait  constaté  une  perte  totak 
ùe  la  force  musculaire  au  niveau  du  côté  malade. 

Absenc(^  de  douleurs. 

Examen  du  malade  en  oclubre  1924. 

1“  llémiparésie  droite. 

Alemhre  inférieur  :  en  extension.  Le  pied  est  en  talus.  Tous  les  mouv(  nu  rds  sont 
Pussibles,  la  force  segmentaire  est  relativement  conservée. 


U)  La  partie  cliniriuc  de  cette  observation  est  [irdjliée  dans  la  tliése  d'Uillimand 
<Jbs.  xill,  p.  tül. 


SOCIÉTÉ  DE  MD  HO  U)  (UE 


l.cs  réflexes  lendineux  seul  vifs  ;  le  rétiexe  rolulien  présente  le  caractère  pendu¬ 
laire.  Il  est  tmitefiiis  dillioile.  d'apprécier  les  caractères  exacts  de  ce  réflexe,  étant 
donné  ipie  sa  vitesse  l'st  la  nièine  rpie^' celle  dn  tremblement  (pie  nous  allons  analyser 
plus  lidn. 

Le  réflexe  plantaire  se  fait  en  extension  av(‘c  lendance  an  retrait.  Li's  réflexes  cré- 
mastérien  et  cutané  abdominal  sont  abolis. 

Il  n’y  a  pas  de  cloniis  du  pied,  jias  d’automatisme  médullaire.  Lit  réflexe  de  posture 
locale  du  cou-de-pied  est  impossible  à  mettre  en  évidimco  à  cause  de  l’état  byperto- 
iiique  marrpié  du  muscle  jambier  antérieur. 

Membre  supérieur.  -  .\u  niveau  du  membre  supérieur,  la  contracture  est  incons¬ 

tante,  elle  apparaît  spontanément  par  moments,  ou  au  cours  do  la  marche.  Elle  n’est 
ïamais  intense  et  se  laisse,  vaincre  aisément.  Quand  elle  apparaît  d’une  faijon  nette, 
idle  se  présente  avia;  les  caractères  suivants  :  le  bras  est  en  adduction,  l’avant-bras 
en  llexion,  la  main  relevee  est  en  supination,  les  doipts  sont  alternativement  étendus 
et  légèrement  fléchis  sur  la  main. 

La  force  musculaire  est  nettement  diminuée,  ipioicpie assez  bonne. 

Les  réflexes  tendineux  sont  vifs. 

Les  réflexes  de  posture  existent  au  membre  supérieur. 

Eae.e.  ■  l'eu  touchée,  le  pcaucier  se  contracte  bien,  la  bouche  s’ouvre  mieux  à 
droite  ipi'à  fîauche. 

Marche.  La  marche  n'est  possible  fpi’avec  une  canne.  Le  malade  traîne  son  pied 
droit  de  façon  manifeste,  et  le  pas  traîné  est  épal  au  pas  non  traîné.  Pondant  la  marche 
la  contracture  s’exafrère  au  niveau  du  membre  supérieur  ;  de  temps  en  temps  la  main 
tombe  dans  le  ranp. 

Sans  canne  la  marche  s'accompagne  d’un  trouble  manifeste  de  l’équilibre  ;  il  y  a 
alors  tendance  nette  à  la  rétropulsion. 

Pariile.  —  Il  n’exisie  jias  de  troubles  de  la  parole,  il  n’y  a  pas  d’alexie. 

Sphinclers.  —  .\bsence  de  troubles  des  réservoirs. 

•J"  Sipulmme,  cérébelleux  droit. 

.\u  membre  inférieur,  les  mameuvres  classiques  talon  sur  le  fienoii,  talon  à  la  fesse, 
sont  très  mal  exécutées.  Il  y  a  une  jrrosse  prédominance  de,  la  dysmétrie  avec  tremble¬ 
ment  en  arrivant  au  but.  De  plus  le  malade  décompose  chaque  mouvement  et  présente 
une  asynerfjie  des  plus  nettes. 

.\u  membre  supérieur,  la  dysmétrie  est  moins  marquée.  II  existe  de  l’asynerfrie  et 
un  tremblement  modéré.  L'adiadococinésie  l'st  considérable.  L’épreuve  d(!  la  jiréhcn- 
sion  est  assez  correctement  exficiitée  qiioicpie  avec  une  certaine  irréKularité. 

Le  malade  p(uit  boire  S(iul  malfrro  le  tremblement. 

L’écriture  irrépulière  revêt  les  caractères  typirpies  d((  l'écriture^  de  la  sclérose  en 

Il  n’y  a  pas  de  nystaffinus. 

Il  existe  une  flexion  combinée  de  la  cniss((  et  du  tronc  quand  le  malade  s’assieal. 

3“  Tremidenient  el  phénomènes  choréilormes. 

On  obseu've  au  niveau  du  membne  inférieur  qiudques  petits  mouveunents  involon- 
I aires  très  léfrers,  véritables  mouvements  choréiformees,  au  rythirae  de  170  environ  à 
la  nunute. 

.\u  niveau  du  membre  siq)érienr  existent  (piebpies  mouvements  de  incline  lype,  mais 
uudns  maripiés. 

Quand  le  malade  est  deboul,  apparaît  au  niveau  du  membnc  supérieur  un  phéno¬ 
mène  qui  port((  sur  tout  le  membre  et  (pii  est  intermédiaire  aux  tremblements  et  aux 
phénomènes  choréiforuies. 

I”  Sijncinésies. 

Il  existe  une  ébauche  de  syncinésie  d’imitation  du  membre  supérieur  droit  au  membre 
supérieur  p'auche. 

Les  syncinésies  d’effort  sont  très  nettes. 


SÉANCE  DU  2  DÊCEMIiHE  192G  GOl 

Reste  de  l’examen. 

Sensibilité.  —  Aucun  trouble  do  lii  sensibilité  tactile  et  thermique.  Troubles  légers 
de  la  notion  de  position. 

Qui.  — •  Pas  d’hémianopsie.  Acuité  visuelle  =  3/10. 

iPond  d’œil  normal.  Réflexe  photo-moteur  conservé.  Gêne  du  regard  vers  la  gauche 
et  en  bas. 

[Ouïe  bonne. 

Voile  du  palais.  Plus  bas  à  droite  qu’à  gaucho. 

Psychisme.  Etat  indifférent  du  malade. 

Troubles  vaso-moteurs.  La  main  droite  est  rouge  et  froide.  A  Toscillomètre  de  Pa- 
chon  pour  une  pression  de  15  égale  dos  2  côtés,  l’indice  oscillométriqne  est  de  3,5  à 
droite,  de  4,5  à  gauche. 

Tension  artérielle  21,13. 

Partie  anatomique. 

Anatomie  macroscopique.  —Les  artères  da  la  base  sont  très  malades,  surtout  la  céré¬ 
brale  postérieure  des  2  côtés,  mais  on  ne  constate  d’oblitération  complète  en  aucun 
point  de  son  trajet.  Le  tronc  basilaire  est  très  athéromateux.  L’irrigation  de  la  région 
rubro-thalamique  provient  des  vaisseaux  qui  naissent  de  la  partie  visiblement  malade 
fie  Tartère  vers  son  confluent  avec  une  artère  communicante  postérieure  assez  volu¬ 
mineuse.  Aucune  lésion  apparente  sur  la  face  extérieure  du  cerveau. 

Cerveau  qauche.  — ■  Débité  en  coupes  vertico-frontales,  grosse  "dilatation  ventricu¬ 
laire  avec  altération  de  la  paroi  ventriculaire  plissée  comme  dans  la  nécrose  sous- 
épendymaire. 

Au  niveau  do  la  région  thalamiqne  sur  une  coupe  passant  par  le  corps  gcnouillé 
externe,  on  voit  une  lésion  importante  presque  linéaire  changeant  presque  complète¬ 
ment  l’aspect  habituel  de  cette  région.  11  semble  s’agir  d’un  foyer  hémorragique  ancien 
particulièrement  riche  en  pigment  ocre.  Cette  lésion  est  située  dans  la  partie  supérieure 
du  noyau  externe  du  thalamus,  déborde  légèrement  en  dedans  sur  le  noyau  interne, 
davantage  on  dehors  sur  la  capsule  interne  postérieure.  En  haut,  elle  déborde  assez 
profondément  dans  le  segment  rétro-lenticulaire  de  la  capsule  interne  postérieure. 

La  région  sous-thalamiquc  apparaît  complètement  indemne. 

La  lésion  du  thalamus  est  unique  ;  il  n'existe  pas  au  niveau  du  cerveau  gauche  h-s 
autres  altérations  typiques  du  syndrome  de  la  cérébrale  postérieure  (cunéus,  face  infé¬ 
rieure  du  cerveau). 

Cerveau  droit.  —  Rien  d’apparent,  sauf  une  distension  ventriculaire  considérable. 

Axe  encéphalique.  —  Aucune  lésion  apparente  macroscopiquement.  Rien  dans  la 
région  pédonculaire  en  particulier. 

Cervelet.  —  Intact  saut  une  minuscule  lacune  quadrilatère  de  3  mm.  de  diamètre 
"au  niveau  du  cortex  cérébelleux  (lobe  droit,  face  intérieure).  Cette  lésion  minuscule  n’a 
évidemment  joué  aucun  rôle  dans  la  symptomatologie.  Rien  d’apparent  au  niveau  du 
hoyau  dentelé. 

\Examcn  microscopique.  —  On  prélève  au  niveau  du  cerveau  gauche  pour  couper 
en  série  la  région  des  noyaux  gris  centraux  du  tuber  jusqu’au  pulvinar  et  plus  on 
arrière  un  fragment  do  la  partie  postérieure  du  cerveau  le  long  de  la  paroi  ventricu¬ 
laire.  Le  noyau  rouge  et  le  pédoncule  cérébelleux  ont  été  coupés  en  série  avec  le  bloc 
des  noyaux  gris  :  on  a  également  coupé  le  pédoncule,  la  iirotùbérance,  le  bulbe  supé¬ 
rieur  et  le  cervelet. 

La  seule  lésion  importante  est  celle  aperçue  macroscopiquement  dans  la  partie 
haute  du  noyau  externe  du  thalamus.  Sur  les  coupes  au  Weigert,  elle  trouve  son  plein 
développement  sur  une  coupe  vertico-frontalo  corrosponïlant  à  la  moitié  antérieure 
du  noyau  rouge,  lorsque  le  corps  de  Luys  disparaît  et  que  le  locus  niger  prend  son 
plein  développement  (voir  photo  n”  1).  Elle  se  présente  avec  un  aspect  irrégulier  com¬ 
portant  deux  quadrilatères  juxtaposés  dont  l’interne  est  intrathalamiquc  et  l’externe 
^^c  trouve  dans  la  portion  rétro-lenticulaire  de  la  capsule  interne.  L’effondrcirient  à 
BEVUE  NEUROLOGIQUE.  —  T.  Il,  N“  G,  DÉCEMBRE  1926.  39 


SOCIliTf:  DK  MWROLOGIE 


602 

CO  niveau  est  considérable,  si  bien  que  le  lhalamns  est  aplati  dans  sa  partie  externe  et 
quo  le  corps  du  noyau  caudé  d’horizontal  devient  vertical.  La  lésion  intratlialamiquc 
détruit  à  ce  niveau  la  moitié  supérieure  du  noyau  externe,  respectant  sa  moitié  infé¬ 
rieure.  Elle  détruit  aussi  la  moitié  supérieure  do  la  lame  médullaire  externe  et  do  la 
lame  grillagée  ;  elle  n’empiète  guère  sur  le  noyau  interne  du  thalamus.  La  lésion  qua¬ 
drilatère  située  en  dehors  frappe  simplement  le  segment  rétro-lenticulaire  do  la  capsule 
interne,  ofll(!urant  à  ce  niveau  les  derniers  fragments  gris  do  la  partie  postérieure  frag¬ 
mentée  du  noyau  lenticulaire.  A  ce  niveau,  la  région  pédonculaire  située  au-dessous  du 
thalamus  est  complètement  indemne,  notamment  le  bras  antérieur  du  noyau  rouge 
et  le  locus  niger.  Sur  la  même  coupe  le  faisceau  do  Turck,  la  partie  antérieure  du 
champ  do  Wcrnickc  sont  eflleurés  mais  non  détruits  par  la  lésion. 

Cette  lésion  se  prolonge  en  avant  et  en  arrière  de  ce  foyer  principal. 

Kn  avant,  elle  se  rétrécit  de  façon  progressive  présentant  toujours  scs  2  quadrilatères 
qui  finissent  par  se  séparer.  C’est  ainsi  qu’au  niveau  de  la  coupe  passant  par  le  jilein 
développement  de  la  région  sous-optique  et  du  bras  postérieur  do  la  capsule  interne,  le 
foyer  thalamique  constitue  une  mince  bande  dans  le  noyau  externe  du  thalamus,  et 
qui  empiète  quelque  peu  sur  le  noyau  caudé  et  la  capsule  interne  voisine.  Plus  en 
avant,  il  ne  reste  plus  que  quelques  petits  foyers  scléreux  dans  la  partie  tout  antérieure 
ilu  thalamus  externe.  La  région  sous-optique  est  complètement  indemne  ;  le  noyau 
rouge  en  particulier  est  indemne  dans  sa  totalité. 

Kn  arriére,  la  lésion  se  divise  également.  La  partie  intrathalamique  la  plus  impor¬ 
tante  se  trouve  située  au-dessus  du  corps  genouillé  interne  ;  elle  touche  à  ce  niveau 
très  certainement  la  voie  sensitive.  La  faible  importance  des  troubles  sensitifs  démontre 
une  fois  de  plus  le  rôle  primordial  do  l’atteinte  du  relai  cellulaire  du  thalamus  lui- 
même  dans  la  pathogénie  des  troubles  sensitifs,  ce  relai  cellulaire  étant  ici  relative- 
n\ent  indemne.  Quant  au  foyer  externe  il  constitue  une  mince  bande  ouverte  à  l’inté¬ 
rieur  sur  la  paroi  du  ventricule  latéral.  Plus  en  arrière  encore,  au  niveau  du  pul- 
vinar,  la  lésion  thalamique  a  disparu  mais  la  lésion  externe  do  la  paroi  du  ventricule 
reste  importante  ;  elle  ne  disparaîtra  que  plus  loin  encore  au  niveau  de  la  partie  pos¬ 
térieure  du  ventricule  latéral. 

Les  préparations  coloriées  par  la  méthode  do  Nissl  confirment  cette  disposition  spé¬ 
ciale  do  la  lésion  et  notamment  l’intégrité  xle  la  région  sous-optique  et  do  la  voie  céré¬ 
belleuse  sous-thalamiquc. 

Il  n’existe  pas  d’autres  lésions  sur  les  fragments  prélevés  au  niveau  des  pédoncules 
de  la  protubérance  du  bulbe.  Le  fragment  cérébelleux  montre  quo  la  petite  lésion 
dont  nous  avons  parlé  à  l’étude  macroscopique  est  limitée  à  une  seule  folliole  du  cer¬ 
velet  ;  elle  n’a  donc  pu  jouer,  comme  nous  l’avons  dit,  aucun  rôle  dans  la  sympto¬ 
matologie. 

Mentionnons  enfin  qu’au  niveau  de  la  protubérance,  le  pédoncule  cérébelleux  supé¬ 
rieur  du  côté  opposé  à  la  lésion  thalamique  parait  un  peu  plus  petit. 

Le  fait  que  nous  venons  de  signaler  nous  paraît  intéressant  pour  le 
diagnostic  de  l’hémiplégie  cérébelleuse.  On  a,  en  effet,  tendance  à  considé¬ 
rer  que  lorsque  la  lésion  siège  au-dessus  de  la  commissure  de  Vernekink, 
elle  frappe  forcément  le  pédoncule  cérébelleux  supérieur  et  le  noyau 
rouge.  Nous  avons  été  des  premiers  à  rattacher  à  la  lésion  du  relai  céré¬ 
belleux  du  thalamus  et  à  l’atteinte  des  radiations  thalamiques  les  troubles 
de  la  coordination  que  l’on  observe  dans  le  syndrome  thalamique  classi¬ 
que.  Des  faits  de  l’ordre  de  celui  que  nous  rapportons  aujourd’hui  démon¬ 
trent  que  non  seulement  les  phénomènes  cérébelleux  peuvent  être  produits 
parla  lésiondes  radiationsdans  le  segment  inférieur  du  thalamus,  mais  par 
la  lésion  de  la  partie  supérieure  de  la  couche  optique.  Or  si  les  troubles 
sensitifs  sont  de  règle  dans  le  premier  cas,  ils  peuvent  être  à  peu  près  ah- 


SliASCh:  DU  i  DËCDMriHH  l'rid 


2.  —  Schéma  de  l'aMpcct  normal  <lu  la  région  au  niveau  de  la  léKÎon,  permettant  île  se  rendre  compte 
de  rimportance  des  destructions  et  de  leur  siège. 


SOCIÉTÉ  DE  NEVROLOG'IE 


GUI 

scnts  clans  le  second  et  rendre  de  la  sorte  le  diagnostic  particulièrement 
difficile.  La  difficulté  est  grande  notamment  avec  les  cas  de  syndromes 
supérieurs  du  noyau  rouge  dans  lesquels  les  phénomènes  oculo-moteurs 
sontabsentségalement.  D’autre  part,  ces  faits  sont  à  rapprocher  des  cas  de 
syndromes  pseudo-cérébelleux  d’origine  cérébrale  dont  plusieurs  auteurs, 
en  dehors  du  cas  observé  par  l'un  de  nous  avec  Thévenard,  ont  récemment 
rapporté  des  observations  (entre  autres  M.  Roussy  et  M**®  G.  Lévy.Ala- 
jouanine  et  Lemaire,  Van  Bogaert,  etc.).  Il  devient  ainsi  de  plus  en  plus 
évident  que  toute  la  série  des  troubles  dits  cérébelleux  de  la  coordination 
peut  se  rencontrer  dans  les  points  assez  haut  placés  du  cerveau,  bien  au- 
dessus  du  relai  rubrique  du  pédoncule  cérébelleux  supérieur,  dans  la 
partie  haute  de  son  relai  thalamique,  ou  même,  peut-être,  au-dessus  de  ce 
dernier. 

XIII.  —  Lésions  osseuses  et  articulaires  avec  gros  troubles  des 
réactions  électriques  unilatérales  chez  une  hémiplégique  avec 
syndrome  thalamique,  par  M.  G.  Bourguignon.  {Paraîtra  dans  un 
prochain  numéro.) 

XIV.  -  Syndrome  des  fibres  radiculaires  longues  des  cordons 
postérieurs  au  cours  d’une  syphilis  spinale,  par  MM.  A.  Porot  et 
Benichou  (d’Alger). 

Reprenant,  dans  un  travail  d'ensemble  (1).  l'étude  du  syndrome  sensitif 
médullaire  spécial  décrit  par  Dcjerine  en  1913,  sous  le  nom  de  syndrome 
des  fibres  radieiilaires  longues  des  cordons  postérieurs,  M.  Jumentié  en  rap¬ 
pelait  la  caractéristique  clinique  essentielle:  altération  considérable  des 
sensibilités  profondes  pouvant  aller  jusqu’à  l’abolition,  avec  intégrité  de 
tous  les  modes  de  la  sensibilité  tactile,  douloureuse  et  thermique. 

Son  travail  soulignait  deux  points  particuliers  : 

1°  Le  fait  qu’il  s’agit  avant  tout  d’un  syndrome  de  localisation,  répondant 
à  une  topographie  lésionnelle  spéciale,  la  destruction  des  fibres  radicu¬ 
laires  longues  des  cordons  postérieurs.  L’examen  anatomique  rend  compte 
de  cette  dissociation  si  particulière  des  sensibilités  ;  les  lésions  portent, 
en  effet,  sur  une  jiortion  seulement  des  cordons  postérieurs,  sur  le  fais¬ 
ceau  de  Goll  et  la  partie  interne  du  faisceau  de  Burdach  et  respectent  les 
racines  postérieures,  la  zone  de  Lissauer,  la  partie  externe  du  faisceau 
de  Burdach  et  la  substance  grise  postérieure  ; 

2“  La  nécessité  d’élargir  la  séméiologie  de  ce  syndrome,  rencontré  jus¬ 
qu’à  présent  surtout  dans  le  cas  classique  des  scléroses  combinées  subaiguës 
de  la  moelle  de  certaines  anémies  pernicieuses.  M.  Jumentié  pense  qu’é¬ 
tant  donné  le  régime  circulatoire  delà  moelle,  l'indépendance  relative  des 
systèmes  artériels  antérieur  et  postérieur,  ce  syndrome  peut  être  réalisé 


)  JuMF.NTiK.  Exposé  (los  Irav.'uix  du  fonds  Dojorino.  Soc.  de  Neur.  Séance  spé- 
du  30  mars  102Ü.  (In  Revue  Neurologique,  1022,  p.  432.) 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  192G 


GOf) 

par  des  lésions  d’origine  vasculaire  (hémorragies,  ischémie,  accidents  de 
décompression)  ou  par  des  germes  infectieux  ou  des  toxines  empruntant 
cette  voie  vasculaire. 

Il  rappelle  à  ce  propos  une  observation  rapportée  par  M™®  Dejerine  et 
par  lui  de  myélite  postérieure  et  un  cas  d’Alquier  (1)  qui  a  trait  à  une 
syphilis  spinale. 

M.  André  Thomas  pense,  lui  aussi,  que  certains  cas  de  scléroses  combi¬ 
nées  sont  commandés  par  des  lésions  vasculaires  (2). 

Nous  venons  d’observer  un  cas  clinique  de  syphilis  spinale  en  voie  de 
régression,  dans  lequel  ce  syndrome  existait  très  net  et  très  pur  et  repré¬ 
sentait  un  moment,  une  étape  dans  l’évolution  des  lésions  spécifiques  de 
la  moelle. 

Le  nommé  P . Josepli,  mécanicien,  âgé  de  35  ans,  so  présente  le  25  janvier  1920 

à  la  Clinique  ophtalmologique  du  P''  Gange,  pour  des  troubles  visuels  remontant  à 
plus  d’un  an.  Ces  troubles  ont  évolué  en  même  temps,  dit-il,  que  des  troubles  de  la 
'  marche  qui,  eux,  se  sont  améliorés  sous  rintluenco  d’un  traitement,  alors  que  les  troubles 
oculaires  ne  régressaient  pas. 

Disons  tout  do  suite,  pour  n’y  plus  revenir,  que  l’examen  oculaire  révèle  à  droite 
Une  atrophie  papillaire  nette  avec  V  =  1  /lOO,  à  gauche  une  légère  congestion  oedéma¬ 
teuse  neuro-rétinienne  (flou  péripapillaire  surtout  du  côté  nasal  avec  scotome  hémia- 
bopsique  signalé  pas  le  malade). 

(L’histoire  des  troubles  médullaires  est  plus  intéressante.  En  octobre  1924,  le  malade 
éprouva  des  symptômes  de  fatigue  anormale  après  la  marche  :  il  se,  sentait  las,  ressen¬ 
tait  dos  crampes  aux  mollets,  était  obligé  do  s’asseoir  ;  après  quelques  instants  de  repos 
la  marche  pouvait  être  reprise  sur  un  nouveau  parcours  restreint  (claudication  inter¬ 
mittente  de  la  moelle). 

Un  médecin  consulté  à  cette  époque,  apprenant  que  le  malade  avait  eu  un  chancre 
14  ans  auparavant,  à  Calcutta,  fait  une  série  d’injections  intraveineuses  do  cyanure 
de  mercure.  Mais  le  sujet  cesse  de  se  faire  soigner  pondant  8  mois.  Les  symptômes  mé¬ 
dullaires,  à  peine  atténués,  vont  s’accentuant  ;  la  marche  devient  do  plus  en  plus 
pénible.  En  septembre  1925,  la  station  debout  elle-même  est  malaisée.  Quand  il  veut 
marcher,  le  malade  titul)c  ;  il  se  compare  lui-même  à  un  homme  ivre.  11  dit  que  la 
Sensibilité  de  toute  la  partie  inférieure  du  corps  jusqu’au  ventre  est  très  diminuée.  Des 
•.roubles  sphinctériens  apparaissent. 

Une  ponction  lombaire  faite  à  cette  éi)oque  décèle,  d’après  les  résultats  qu’il  nous 
communique  : 

Lymphocytes  :  7  éléments. 

Albumine  ;  0,21  pour  1.000. 

Réaction  de  Wassermann  ;  très  fortement  positive. 

Les  réactions  do  Hecht  et  de  Wassermann  dans  le  sang  sont  par  contre,  négatives. 

Un  traitement  spécifiquo'par  le  sulfarsénol  améliore  grandement  la  situation,  si 
bien  que  lorsque  le  malade  se  présente  à  nous,  il  se  plaint  à  peine  de  ses  jambes.  Mais 
•’examen  systématique  révèle  encore  quelques  stigmates. 

Démarche  normale  sans  spasticité.  Pas  d’incoordination  motrice. 

Pas  d’atrophie.  Pas  d’hypotonie.  La  force  musculaire  n’est  pas  diminuée. 

Le  réflexe  rotulion  est  exagéré  à  droite,  normal  à  gauche.  Pas  de  clonus. 

Les  réflexes  achilléons  sont  exagérés  des  deux  côtés,  mais  plus  ù  droite  où  il  y  a  de 
•a  trépidation  épileptoïde  plantaire. 

Le  réflexe  plantaire  est  en  flexion  dos  deux  côtés. 

(!)  Nom.  Icon.  de  la  Salpêtrière,  1909. 

(2)  L’Encéphale,  septembre-octobre  1921. 


SOCIliTÉ  DK  NKUnOhOGlK 


l,n  rélh-XK  rirmash-rii’n  (it  tous  les  réflexes  abdominaux  sont  abolis  des  deux  côtés. 

Sensibililé  :  Püs  de  <lrjuliîurs,  pus  d(!  parcalhésies. 

Sensibilité  laclile  :  iiomialo  parlout,  sauf  peut-ôtre  une  légère  liypoesLliésà’  à  la  face 
planlairo  droite. 

Pas  de  modification  dans  les  cercles  de  Weber. 

Sensibililé  à  la  douleur  :  pas  de  troubles. 

Sensibililé  thermique.  :  pas  de,  modifications. 

Sensibililés  profondes  :  à  la  pression,  il  ne,  semble  pas  y  avoir  d’erreurs  d’appréciation. 

La  nolion  des  moiwcrncnls  pas.sifs  el  des  alliiudes  segmentaires  ne  révèle  pas  d’alté¬ 
ration  notable,  pour  la  cuisse  et  la  jambe  ;  mais  au  niveau  des  pieds,  il  y  a  manifes¬ 
tement  ignorance  d('  la  position  des  orteils  quand  on  les  déplace  ou  les  clu^'auclie. 


Li^  sens  sléréugnoslique  paraît  émoussé  au  niveau  do  la  face  plantaire,  mais  est  nor¬ 
mal  sur  les  gros  segments  (jambe  et  cuisse). 

.Sensibililé  o.sscii.se  :  La  sensibilité  osseuse  au  iliapason  est  par  contre  complélemenl 
abolie  pour  les  pieds,  les  jambes,  les  cuisses,  le  bassin,  le  sacrum,  et  la  sensiblité  ne 
rei)araît  qu’au  niveau  de,  l’apophyse  épineuse  de  la  IV”  lombaire.  C’est  le  désordre  le 
plus  frappant  et  le  plus  étendu.  (V.  Schéma.) 

Le  reste,  de  l’examen  neurologique  est  négatif.  Il  n’y  a  plus  de  troubles  sphinctériens. 
Les  membres  supérieurs  ne  présentent  aucun  symptôme  morbide. 

Cette  histoire  clinique  est  bien  celle  d’une  syphilis  spinale  dorsale,  sur¬ 
tout  postérieure  débutant  par  un  syndrome  de  claudication  intermittente 
de  la  moelle,  évoluant  vers  un  stade  de  dilîusion  avec  état  ataxo-spasmo- 


(1)  Nuiis  n’avon.s'  rien  trouvé  dans  le  livre  de  Nonne  {Syphilis  and  Nervensys- 
iem,  1915),  pas  plus  (|ue  dans  celui  de  Leredde  {Traitement  du  tubes,  1918).  Voir 
à  ce  sujet  le  travail  de  Thibierge  :  L’ostéite  déformante  e.st-elle  d’origine  syphi- 
litiipie  V  {Paris  Médical,  20  décembre  1924.) 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  192G 


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p- 


dique  et  troubles  sphinctériens.  La  régression  se  fait  sous  l’inlluence  du 
traitement  spécifique  au  point  que  le  malade  se  croit  guéri  ;  il  lui  reste  ce¬ 
pendant  un  gros  stigmate  ignoré  de  lui  :  l’anesthésie  osseuse  jusqu’à  la 
IV'  lombaire,  ([ue  seul  permet  de  déceler  un  examen  neurologique  systé-' 
matique.  Les  fibres  radiculaires  longues  postérieures  restent  donc 
atteintes  isolément. 

XV.  —  Les  arthropathies  tabétiques  et  la  thérapeutique  intra-ra- 

chidienne  avec  le  bismuth,  par  le  D'  Gonzalo  R.  Lafora  (de 

Madrid), 

Quand  on  jette  un  coup  d’œil  général  sur  la  littérature  médicale,  on  est 
frappé  par  ce  fait  que  le  traitement  médical  des  arthropathies  tabétiques 
s’y  trouve  à  peine  mentionné  (1),  tout  ce  que  nous  avons  trouvé  ayant 
rapport  uniquement  au  traitement  général  du  tabes.  Dans  certains  livres, 
on  mentionne  cependant  ce  qui  a  rapport  au  traitement  chirurgical  seule¬ 
ment,  comme  cela  arrive  dans  le  traité  de  White  et  Jelliffe  ;  The  mo¬ 
dem  trealmenl  of  neruous  and  mental  diseases.  (London,  1913,  t.  II, 
page  406.) 

Pour  ces  raisons,  nous  croyons  intéressant  de  publier  ce  cas  personnel 
d’une  énorme  arthropathie  tabétique  du  genou  gauche  dont  l’évolution 
durait  depuis  dix-huit  mois  et  qui  fut  réduite  rapidement  parle  traite¬ 
ment  intra-rachidien  avec  des  sels  solubles  de  bismuth.  L’amélioration  se 
produisit  au  bout  de  deux  mois  de  traitement  (seulement  deux  injections 
intra  rachidiennes),  le  gonflement  articulaire  étant  disparu  au  bout  de 
cinq  mois.  La  déformation  de  la  jambe  disparut  presque  complètement 
quand  ce  temps  fut  écoulé  et  le  malade  recommença  à  marcher.  Cette 
amélioration  se  maintient  encore  aujourd’hui  après  deux  ans,  ce  pourquoi 
nous  nous  décidons  maintenant  à  publier  ce  cas  dont  l’observation  a  pu 
être  continuée  pendant  un  si  grand  laps  de  temps. 

L’histoire  du  malade  est  la  suivante  : 

I.  L.,  54  ans  (n»  2.380).  C’est  un  militaire  dont  la  femme  a  eu  trois  enfants  et  aucune 
fausse  couche.  Syphilis  ignorée,  il  se  rappelle  uniquement  que  vers  l’âge  de  19  ans  il 
eut  un  ictère,  et  une  chute  abondante  de  cheveux  ;  cependant  il  no  s’est  jamais  fait 
traiter  comme  syphilitique.  11  nous  visita  en  mai  1924  sur  la  recommandation  du 
D'  Giron  (de  Xérès)  auquel  il  s’était  présenté  pour  être  opéré  de  l’énorme  inflam¬ 
mation  articulaire  dont  il  'souffrait.  Le  malade  fut  ponctionné  plusieurs  lois  par 
d’autres  chirurgiens  qui  crurent  se  trouver  en  présence  d’une  tumeur.  Il  souffrait 
ain.si  depuis  dix-huit  mois  quand  il  fut  vu  par  le  D'  Giron,  qui  après  une  exploration 
minutieuse  pensa  au  tabes  et  nous  envoya  le  malade  pour  ordonner  son  traitement. 

Les  premiers  symptômes  tabétiques  se  présentèrent  sous  la  forme  de  douleurs  lan¬ 
cinantes  aux  jambes,  seize  ans  avant  la  manifestation  arthropathique  dont  nous  nous 
occupons.  Pou  d’années  après  les  douleurs  furent  suivies  de  paresthésies  (fourmille¬ 
ments)  et  de  troubles  sphinctériens,  ainsi  que  de  perte  progressive  de  la  virilité.  Depuis 
cinq  ans,  il  présente  une  légère  ataxie  et  le  signe  de  Romberg  de  plus  en  plus  marqué. 
Les  deux  dernières  années,  le  malade  présenta  des  phénomènes  d’invasion  cérébrale. 


(I)  G. -R.  Lafora.  Sobre  la  Tabes  {Archives  de  Nearobiologia,  1924). 


SOCIliTf:  DE  NÊUnOLOGIE 


tels  que,  atLiiqiies  épilopliformas,  diminulion  do,  lu  vision  à  CiUisc  d’uno  n6vrito  optique 
bilatérale  (D''  Minkowslei  de  Sevillo),  et  c6plialalf<ies  à  la  base  du  cerveau  et  à  la  nuque. 

Enfin  depuis  deux  ans  éf^abiment,  il  a  une  artliropatlde  tabétique  au  genou  gaucho. 
Pendant  cet  espace  de  temps  il  a  (m  également  (hiiix  fractures  de  cotte  même  jambe. 
Depuis  lors  les  douleurs  lancinantes  sont  moins  intenses. 

|A  Vexatnm  nmrologiqun,  on  remarque  l’absence  des  réflexes  rotulie.ns  et  achilléens 
et  la  présence  du  symptôme  de  Romberg  positif.  On  voit  en  rnêrni^  temps  la  rigidité 
pupillaini  av(!c  myosis,  une  légère  ataxie  des  mains,  avec  réflexes  tendineux  débiles 
aux  doux  bras.  La  sensibilité  articulaire  et  périostéo  laisse  beaucoup  à  désirer  aux  deux 
jamb(!S.  Le  malade  peut  écrire  mais  avec  quelque  dilliculté  h  catisc  do  sa  névrite  op¬ 
tique.  L’arthropathie  du  genou  gauebe  a  pour  dimensions  à  peu  près  celles  d’une  tète 
di^  f(i;tus. 

L’analyse  du  li()uide  céphalo-rachidien  donne  poiir  résultats  ;  (1  cellules  par  mm. 
cub.  ;  réactions  lies  globulines  légèronumt  positives  (Nonne-Apelt,  Noguchi,  Pandy)  ; 
albumine  (),‘Zn  “/oo  ;  Wassermann  et  Sachs-Georgi,  négatifs  (1,0)  ;  Lange,  221110000. 
(Mouri/.,  mai  1924). 

[En  résumé  donc,  nous  nous  trouvons  en  présence  il’un  cas  de  tabes  de  lento  évo¬ 
lution  (IG  ans),  duc  à  une  syphilis  ignorée  et  qui  corresponil  au  type  de  tabes  rudimen¬ 
taire  décrit  par  E.  R.  B.  Actuellement  et  après  son  évolution,  l’essentiel  dans  ce  éas 
senties  symptômiîs  radiculaires  (douleurs  lancinantes,  symptômes si)hinctériens,  etc...). 
On  ne  remarque  pas  de  symptômes  méningitiques  (liquide  céphalo-rachidien  presque 
normal).  On  peut  donc  rapprocher  cette  observation  des  cas  de  tabes  sans  ménin¬ 
gite  que  nous  avons  décrits  à  différentes  reprises. 

Le  malade  fut  soumis  à  un  traitement  combiné  de  bismuth  intramusculaire  (Neo- 
trepol)  et  de  bismuth  soluble  (Tartrc-Bi  de  Roche)  intrarachidien  ;  et  plus  tard  de 
néo-salvarsan  alternant  toujours  avec  le  bismuth  intrarachidien.  Peu  de  temps  après 
le  début  de  ce  traitement  une  grande  amélioration  se  produisit  dans  l’ataxie  et  surtout 
au  niveau  de  l’arthropathie.  Nous  tenons  à  faire  remarquer  qu’avec  la  deuxième  injec¬ 
tion  intrarachidienne  le  malade  eut  une  légère  crise  gastrique  avec  douleurs  et  eaux  de 
bouche  (le  vomissement  ne  se  produisit  pas)  qui  nous  révélèrent  l’existence  de  nouvelles 
lésions  radiculaires  au  niveau  de  la  moelle  dorsale  (lésion  latente).  En  décembre  1924, 
nous  voyons  do  nouveau  le  malade  à  Séville  et  constatons  que  l’énorme  artliropatlde 
a  presque  disparu,  la  jambe  présentant  seulement  une  légère  déformation.  Il  n’avait 
rei;.u  encore  à  cette  époque  que  4  injections  intrarachidiennes.  Le  malade  nous  dit 
aussi  que  sa  vision  s’est  beaucoup  améliorée,  fait  qui  nous  est  confirmé  par  le  Dr  Giron 
par  lettre  en  date  do  janvier  1925.  Nous  ne  pouvons  malheureusement  spécilior  en 
chilîres  cette  amélioration  car  nous  ne  possédons  pas  les  données  do  l’oculiste.  En  no¬ 
vembre  1925,  le  malade  nous  écrit  :  «...  Je  me  sens  fort  et  vigoureux  et  j’ai  bonne  mine. 
Le  genou  est  plus  aminci  et  la  jambe  se  courbe  beaucoup  moins...  »  Le  nombre  d’in¬ 
jections  était  alors  d’onze.  Il  se  plaignait  d’être  encore  un  peu  maigre  et  de  quelques 
éblouissements  qui  ne  sont  on  somme  (jue  des  éipdvalents  épileptiformes  dos  attaques 
qu’il  avait  avant  de  commencer  le  traitement,  et  qui  s’améliorent  avec  le  luminal. 

La  dernière  fois  que  nous  avons  vu  le  malade,  ce  fut  à  Xérez  en  janvier  1926  ;  il 
n’a  que  des  restes  do  son  ataxie  primitive  quand  il  marche,  le  signe  do  Romberg  est 
incomplet  et  on  ne  perçoit  presque  pas  de  diffformité  au  genou  malade  (il  porte  un 
appareil  orthopédique  à  ce  genou).  Les  réflexes  n’ont  pas  varié.  Le  malade  a  maigri 
mais  il  se  sent  plus  fort  et  a  bonne  couleur.  Il  lit  assez  bien,  et  il  semble  que  la  dimi¬ 
nution  de  sa  vision  soit  demeurée  stationnaire.  En  novembre  1920,  nous  avons  de  nou¬ 
veau  dos  nouvelles  de  notre  malade  qui  conlirment  ce  qui  a  été  dit  antérieurement.  Le 
malade  a  visité  alors  son  oculiste  pour  étudier  son  acuité  visuelle. 

Nous  déduisons  de  cette  observation  clinique  la  valeur  indubitable  delà 
thérapcuti((ue  intraraebidienne  combinée  avec  un  traitement  général, 
même  dans  les  cas  de  tabes  sans  méningite  (radiculaire  pure),  et  son  ac- 


SÉANCE  DU  ‘i  DÉCEMBRE  192G 


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tion  heureuse  sur  les  centres  trophiques.  Nous  croyons  également  que  c’est 
le  premier  cas  (|ui  se  soit  publié  sur  la  modification  d’une  arthropathie 
tabétique  par  un  traitement  purement  médical.  Enfin  il  convient  de  faire 
remarquer  que  la  névrite  optique  a  subi  un  arrêt  dans  son  évolution 
grâce  au  traitement  et  que  le  malade  peut  continuer  parfaitement  à  lire  et 
à  écrire. 

XVI.  —  Démence  artérioscléreuse  avec  gynécomastie.  Ramollisse¬ 
ment  du  strié  sans  aucun  symptôme  choréo-athétosique,  par 
C.  I.  Urechia  et  S.  Mihâlescu. 

Tony  Cr.,  âgé  do  GO  ans,  a  été  trouvé  vagabondant  dans  les  rues,  et  interné  dans  notre 
clinique  le  21  avril  1024.  A  cause  do  la  démence  on  ne  peut  établir  scs  antécédents. 

A  Texamen  psychique  on  constate  une  légère  achondroplasie,  aortite  avec  légère 
hypertrophie  du  cœur  et  signes  d’artériosclérose.  Pouls  56,  les  pupilles  ne  présentent 
rien  d’anormal.  La  ponction  lombaire  est  négative.  Le  B.-W.  du  sang  est  négatif. 

Au  point  de  vue  psychique,  mémoire  lacunaire,  indifférence,  apathie,  manque  d’at¬ 
tention,  confabulation. 

4  juillet  1924,  ictus  léger  et  do  courte  durée,  suivi  do  la  paralysie  flasque  du  membre 
supérieur  droit  avec  perte  des  réflexes  tendineux  ;  l’impotence  est  absolue.  Après  six 
jours,  les  réflexes  reviennent  et  sont  même  plus  exagérés  que  du  côté  sain  ;  le  malade 
peut  exécuter  des  mouvements  limités  avec  son  membre  paralysé. 

l®'  août.  Depuis  quelques  jours,  on  remarque  une  hypertrophie  manifeste  et  symé¬ 
trique  dos  glandes  mammaires.  A  la  palpation  on  a  l’impression  que  les  mamelles 
contiennent  aussi  du  tissu  glandulaire.  Les  testicules  sont  tout  à  fait  mous  et  atro¬ 
phiés.  La  démence  a  beaucoup  progressé  ;  le  malade  est  tout  à  fait  apathique  et  indif¬ 
férent.  Confabulation  prononcée. 

18  août.  Erysipèle  de  la  face  avec  40“  ;  guérison  après  des  injections  de  sérum  anli- 
streptoco  ;ciquo  et  compresses  locales  â  l’hypermanganate  de  potasse. 

30  août.  Démence  globale  très  prononcée.  Incontinence  urinaire.  L’urine  a  la  den- 
**ilé  do  lOIG,  et  no  contient  ni  albumine  ni  sucre.  Le  malade  a  beaucoup  maigri,  se  tient 
â  peine  sur  scs  pieds,  présente  do  l’anarthric  et  une  parésie  du  voile  du  palais. 

15  septembre.  Le  malade  est  trouvé  dans  la  matinée  dans  un  état  comateux,  avec 
hiydriase  et  rigidité  papillaire,  bradycardie  (52).  Succombe  jiar  myocardite  le  19 
Septembre  1925. 

A  l’autopsie,  la  calotte  crânienne  est  très  épaissie,  atteignant  par  place  1  cm.  1  /2 
Les  méninges  sont  légèrement  épaissies.  Le  cerveau  est  atrophique.  Dans  la  portion 
antérieure  surtout  l’atrophie  des  lobes  frontaux  est  frappante.  L’atrophie  du  lobe 
frontal  droit  est  plus  prononcée  que  celle  du  lobe  gauche.  Atrophie  évidente  de  la  fron¬ 
tale  ascendante  gauche  avec  un  petit  ramoflisscmcnt  sous-cortical  dans  son  tiers 
inférieur,  au  niveau  do  la  localisation  du  membre  supérieur. Les  artères  do  la  base  nous 
présentent  des  plaques  d’athérome  qui  intéressent  surtout  la  cérébelleuse  inférieure 
les  sylviennos.  Sur  les  coupes  frontales,  légère  dilatation  des  ventricules  latéraux. 
Dans  le  putamen  gauche  un  ramollissement  qui  atteint  aussi  la  capsule  externe  et  le 
claustrum  de  môme  qu’on  partie  la  coyau  caudé.  La  capsule  interne  et  le  globe  pâle 
ne  sont  pas  du  tout  intéressés.  Vers  la  base  du  cerveau  le  foyer  descend  tout  près  de  la 
substance  de  Rcichert  et  do  la  région  infundibulairc. 

L’hypophyse  de  dimensions  et  d’aspect  normal.  Dans  les  poumons,  tuberculose 
fibreuse.  Au  cœur,  myocardite  scléreuse  et  aortite.  Dans  les  reins,  sclérose  et  atrophie. 
Le  foie  présente  des  traces  jaunes.  Rien  à  la  rate. 

|La  thyroïde  est  scléreuse.  Los  testicules  sont  petits  et  durs.  Les  mamelles  présentent 
lo  volume  d’une  mandarine  et  contiennent  du  tissu  conjonctif  et  un  peu  de  substance 
glandulaire.  Examen  microscopique.  Testicule.  Dégénérescence  grasse  très  prononcée. 


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SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


surtout  clans  la  partie  apicale  dos  tubes.  Les  spermatozoïdes  sont  très  rares.  La  glande 
interstitielle  est  pauvre  en  lypoclin  me  c  t  beaucoup  de  cellules  en  sont  à  peu  jirès  vides. 
Le  tissu  conjonctif  est  très  abondant.  La  thyroïde  présente' une  sclérose  prononcée  ; 
beaucoup  de  cellules  sont  desquamccs  et  tombent  dans  la  substance  colloïde  à  laquelle 
elles  impriment  une  teinte  violette  (colloïde  hématoxylinophile).  La  dégénérescence 
grasse  est  énorme.  Dans  la  surrénale  la  médulaire  se  présente  bien  développée,  la  sub" 
stance  corticale  nous  présente  une  légère  prolifération  du  tissu  conjonctif  et  quelques 
îlots  où  le  lypochrome  est  en  partie;  diminué.  Dans  l’hypophyse, l'aspect  est  normal’ 
nombreuses  granulations  graisseuses  dans  les  cellules.  Dans  la  glande  mammaire  on 
constate  plusieurs  acini  avec  plusieurs  rangées  do  cellules. 

Cerveau  ;  par  la  coloration  au  Scharlach,  on  constate  immédiatement  sous  les  méninges 
une  couche  de  granulations  colorées  en  rose  et  qui  traduit  une  infiltration  intense  de  la 
couche  de  névroglic  sous-piale.  Dans  toutes  les  cellules  nerveuses  et  névrogliques,  de 
même  que  dans  l’adventice  des  vaisseaux,  on  trouve  une  très  grande  quantité  de  gra¬ 
nulations  de  graisse.  On  ne  rencontre  cependant  pas  la  dégénérescence  à  gros  granules 
La  dégénérescence  grasse  varie  comme  intensité  d’une  région  à  l’autre  de  l’écorce.  Elle 
est  plus  intense  dans  les  lobes  frontaux  que  dans  les  occipitaux.  Dans  le  strié  et  dans  le 
globe  pùle  la  dégénérescence  est  assez  prononcée, sans  égalerccpendantcellcde  l’écorce* 

Avec  la  méthode  de  Nissl,  nous  trouvons  des  lésions  chroniques  et  très  intenses  dans 
les  différentes  régions  examinées.  Dans  les  noyaux  de  la  base  (caudé,  putamen,  globe 
pâle,  thalamus),  altérations  moins  prononcées.  Dans  la  substance  inominée,  altérations 
intenses.  Dans  la  substance  de  Soemmering,  altérations  modérées.  Danslo  noyau  supra- 
optique  du  tuber  do  même  que  dans  le  noyau  périvcntriculairo,  lésions  intenses  avec  la 
disparition  de  quelques  cellules.  Dans  le  noyau  dentelé  et  dans  l’écorce  du  cervelet, 
altérations  prononcées.  La  neuioglio  de  même  que  la  microglie  nous  montrent  de  la 
prolifération  avec  hypertrophie,  de  meme  que  des  altérations  régressives.  La  myéline 
est  un  peu  diminuée  dans  les  couches  superficielles  de  l’écorce.  Dans  Icsvaisseaux,  sclé- 
ro.se  conjonctive  très  prononcée  et  quelquefois  de  la  dégénérescence  hyaline.  Cotte 
artériosclérose  conjonctive  intéresse  surtout  les  petits  vaisseaux  de  l’écorce,  tandis  que 
les  vaisseaux  de  la  substance  blanche  ne  sont  que  rarement  intéressés.  Dans  le  ramol¬ 
lissement,  les  caractères  histologiques  habituels.  Mais  à  part  le  ramollissement  déjà 
décrit  rencontré  dans  la  partie  postérieure  du  putamen  gauche,  un  autre  ramollisse¬ 
ment  plus  petit,  de  même  qu’une  hémorragie  péricapillairo. 

En  analysant  maintenant  notre  cas,  nous  constatons  (lu’il  s’agit  d’une 
artériosclérose  précoce,  qui  intéressait  surtout  les  petits  vaisseaux  de 
l’écorce,  type  très  bien  décrit  par  Alzheimer.  Le  malade  qui  s’est  démen- 
cié  progressivement  pour  aboutir  à  une  démence  apathique  et  globale, 
fait  à  un  moment  donné  un  ramollissement  très  limité  dans  le  tiers  moyen 
de  la  frontale  ascendante  gauche  suivi  d'une  parésie  du  bras  droit.  —  H 
fait  en  même  temps  un  autre  ramollissement  plus  étendu  dans  la  région 
insulaire  gauche  qui  intéresse  la  partie  externe  du  putamen  gauche,  la 
capsule  externe  et  claustrum.  La  démence  du  malade  nous  a  empêché 
cl  établir  la  présence  de  l’aphasie.  Le  malade  ne  répondait  que  rarement 
aux  questions  posées  et  faisait  l’impression  de  ne  pas  comprendre  tou¬ 
jours  les  questions  posées. 

Quoique  le  ramollissement  ait  intéressé  le  putamen  et  une  petite  partie 
du  noyau  caudé  (le  strié),  nous  n’avons  constaté  aucun  symptôme  choréi¬ 
que  ou  athétosicfue.  Faut-il  admettre  que  les  altérations  n’étaient  pas  assez 
intenses  '!  Le  ramollissement  intéressait  en  effet  la  partie  externe  du  pu¬ 
tamen  (le  tiers  tout  au  plus)  et  une  partie  très  réduite  du  caudé.  Dans  ces 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  1926 


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noyaux  cependant,  il  existe  des  localisations  pour  les  différentes  réf;ions 
du  corps  (les  différentes  localisations  ne  sont  pas  encore  précisées),  et  dans 
notre  cas  aucun  segment  du  corps  ne  présentait  des  symptômes  striés.  Dans 
les  derniers  temps  du  reste,  on  a  signalé  encore  des  cas  identiques.  Cl.  Vin¬ 
cent  communique  à  la  Société  de  Neurologie,  5  novembre  1925,  un  cas  qui 
présentait  des  lésions  bilatérales  dans  le  putamen  et  le  caudé  et  sans 
aucun  symptôme  strié  (chorée,  athétose,  myoclonies).  A  cette  occasion, 
Roussy,  de  même  que  Foix,  citent  des  faits  identiques.  Cardallo  publie 
tout  récemment  un  cas  de  lésion  des  stries  sans  autre  symptôme.  S’il  est 
donc  établi  que  la  chorée  est  produite  par  une  altération  du  strié,  il 
existe  pourtant  des  exceptions  dont  l’explication  reste  en  défaut.  Dans 
ces  cas  exceptionnels,  nous  devons  le  remarquer,  il  s’est  agi  de  ramollisse¬ 
ments  plus  ou  moins  étendus  et  jamais  de  processus  diffus,  inflammatoires 
ou  dégénératifs. 

La  partie  la  plus  intéressante  de  notre  cas  était  cependant  la  gynéco¬ 
mastie.  Cette  dystrophie  était  en  rapport  avec  une  atrophie  évidente  des 
testicules.  La  gynécomastie  qui  peut  être  retrouvée  aussi  chez  les  hasedo- 
■wiens,  les  acromégales,  chez  les  'hypopituitariens,  ou  dans  les  états  thy¬ 
miques,  était  cependant  dans  notre  cas  secondaire  à  l’atrophie  testicu¬ 
laire.  Et  même  chez  les  basedowiens,  ou  dans  l'infantilisme  hypophysaire 
ou  thymique,  le  mécanisme  est  le  même,  c’est-à-dire  atrophie  testiculaire, 
gynécomastie. 

L’atrophie  testiculaire  dans  notre  cas,  et  la  gynécomastie  secondaire, 
ont  suivi  de  très  peu,  à  quelques  jours  d’intervalle,  l’ictus  du  malade.  Le 
ramollissement  n’intéressait  cependant  les  noyaux  de  la  région  infundihu- 
laire,  ouïes  noyaux  de  Reichert,  et  n’intéressait  du  reste  qu’un  côté  du 
cerveau  tandis  que  l’atrophie  des  testicules  et  la  gynécomastie  étaient 
bilatérales.  Un  rapport  indirect  cependant  entre  le  tuber  et  la  gynéco¬ 
mastie  est  très  probable.  Il  est  démontré  qu’une  altération  de  cette  région 
est  capable  de  produire  une  atrophie  testiculaire  et  le  syndrome  adiposo- 
génital,  l’atrophie  testiculaire  àson  tour  peut  s’accompagner  degynécomas- 
tie.  Mais  quand  il  s’agit  de  préciser  le  noyau  qui  préside  au  développe¬ 
ment  de  la  glande  génitale,  nous  ne  savons  rien  de  précis.  Dans  notre 
cas,  le  maximum  de  lésions  se  trouvait  dans  les  noyaux  supra-opti¬ 
ques.  Dans  un  autre  cas  que  nous  avons  publié  avec  Elekes,  et  qui 
présentait  en  outre  du  diabète  insipide,  ces  mêmes  noyaux  présentaient 
aussi  de  très  grandes  altérations.  Nous  nepourrions  pourtant  affirmer  que 
1  altération  de  ces  noyaux  conduit  à  l’atrophie  de  la  glande  interstitielle, 
ces  quelques  faits  n’étant  pas  suffisants.  Pour  le  moment,  nous  ne  faisons 
qu’attirerl’attention  sur  les  relations  qui  doivent  exister  entre  la  gynéco¬ 
mastie  et  le  système  végétatif  de  la  région  infundibulaire.  Nous  remarque¬ 
rons  enfin  l’intense  dégénérescence  grasse  de  la  thyro'ide.  Cette  insuffi¬ 
sance  thyroïdienne  pourrait  être  mise  en  rapport  avec  la  gynécomastie. 
Car  on  a  plusieurs  fois  constaté  l’hypertrophie  des  glandes  mam¬ 
maires  dans  le  myxœdème(Apert,  Léopold-Lewy,  Parhon,  Urechia.Djemil 
Racha,  etc.)  ou  dans  l’hypothyro'idie.  Cette  macromastie  peut  être  consi- 


G12 


SOCIÉTI':  DE  NEUROLOGIE 


clérée  comme  une  hypertrophie  compensatrice  de  l’hypothyroïde.  Notre 
malade  a  présenté  du  reste  dans  les  derniers  temps  de  la  vie  un  aspect 
myxœdémateux. 


Addendum  à  la  séance  précédente. 

Un  cas  d’aphasie  motrice,  par  J.  Jaiikowski. 

Le  malade  que  nous  présentons  à  la  Société  est  atteint  d’un  syndrome 
qui,  sans  être  exceptionnel,  se  rencontre  assez  rarement  pour  mériter 
notre  attention.  Il  s’agit  d’un  cas  d’aphasie  motrice  vraie,  qui  semble 
libre  de  toute  participation  d’aphasie  sensorielle. 

M.  L.,  âgé  de  32  ans,  ouvrier  polonais,  nous  a  été  conduit  par  un  de 
ses  camarades,  qui  n’a  pu  donner  aucun  renseignement  utile  à  son  sujet  ; 
la  famille  du  malade  est  restée  en  Pologne  ;  le  malade  lui-même  nous  a 
fourni  les  quelques  renseignements  que  nous  possédons  sur  l’histoire  de 
sa  maladie. 

Il  est  arrivé  en  France  en  1922  ;  spécifique  depuis  6  ans,  il  fut  atteint, 
il  y  a  un  an  environ,  en  pleine  santé,  d’une  hémiplégie  droite  avec 
aphasie.  Les  troubles  moteurs  se  sont  amendés,  rapidement,  mais  l’apha¬ 
sie  persiste  à  peu  près  telle  qu’elle  était  au  début. 

Voici  ce  (|ue  nous  constatons  à  notre  premier  examen.  Les  troubles 
parétiques  sont  très  réduits  ;  on  trouve  une  parésie  faciale  du  type  cen¬ 
tral  ;  au  repos  on  voit  une  asymétrie  de  la  face  avec  effacement  du  pli  na¬ 
so-labial  à  droite  ;  l’asymétrie  devient  plus  manifeste  lorsque  le  malade 
exécute  des  grimaces  ;  à  l’ouverture,  la  bouche  est  nettement  tirée  à  gau¬ 
che  :  les  musclesdu  nez  ne  se  contractent  pasà  droite,  l’œil, droit  ne  peut  être 
fermé  isolément  ;  par  contre  le  facial  supérieur  paraît  indemne.  Au  mem¬ 
bre  supérieur,  les  troubles  sont  très  effacés,  la  force  musculaire  est  sen¬ 
siblement  égale  des  deux  côtés,  tous  les  mouvements  élémentaires  sont 
parfaitement  exécutés,  mais  il  y  a  une  légère  maladresse  des  doigts,  et 
le  malade  se  sert  de  préférence  de  sa  main  gauche.  Les  réflexes  tendineux 
sont  un  peu  plus  vifs  à  droite. 

Quant  au  membre  inférieur  il  paraît,  pour  ainsi  dire,  intact;  il  n’y  a  ni 
exagération  des  réllexes  tendineux,  ni  signe  des  orteils,  ni  flexion  com¬ 
binée,  ni  signe  de  Barré,  ni  réllexes  de  défense.  D’ailleurs,  à  le  voir 
marcher,  on  ne  se  douterait  guère  qu’il  s’agit  d’un  ancien  hémiplégique. 
Ajoutons  ([ue  les  réflexes  abdominaux  sont  conservés  des  deux  côtés, 

11  ne  semble  y  avoir  aucun  trouble  de  la  sensibilité  ni  à  la  face,  ni 
aux  membres  ;  le  sens  stéréognosti([ue  ne  paraît  nullement  touché. 

Les  phénomènes  hémiplégiques  sont  donc  très  réduits  ;  plus  prononcés 
à  la  face,  ils  s’atténuent  vers  le  bas  pour  disparaître  entièrement  au  mem¬ 
bre  inférieur. 

Par  contre,  les  troubles  de  la  parole  sont  très  accusés. 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  1926 


613 


La  parole  spontanée  est  nulle  ;  le  malade  n’arrive  à  articuler  aucune 
phrase,  ne  peut  dire  ni  son  nom,  ni  en  général  aucun  mol.  A  aucun  moment 
nous  n’avons  pu  constater  chez  lui  de  parole  automatique.  Il  ne  peut 
non  plus  répéter  quoique  ce  soit;  à  la  place  de«  nos»,  il  profère  une 
sorte  de  grognement,  quelque  chose  comme  «  tchy  »,  à  la  place  de  «  ma  » 
il  prononce»  trou  »,  etc. 

Par  contre  la  compréhension  de  la  parole  semble  parfaitement  bien 
conservée.  Il  exécute  les  ordres  les  plus  compliqués,  sans  parler  des 
épreuves  classiques.  Il  est  à  remarquer  qu’il  manifeste  à  cette  occasion 
une  vivacité  qu’on  voit  rarement  chez  les  aphasiques  présentant  d’aussi 
gros  troubles  :  à  l’interrogatoire,  il  fait  même  preuve  d’une  certaine  initia¬ 
tive  ;  ainsi,  pour  nous  donner  les  renseignements  nécessaires,  il  va  cher¬ 
cher  dans  sa  salle  ses  papiers  d’identité.  D’ailleurs,  comme  nous  l’avions 
signalé  plus  haut,  tous  les  renseignements  que  nous  possédons  sur  le 
malade  nous  furent  donnés  par  lui-même,  et  ceci  sans  qu’il  ait  prononcé 
une  seule  parole  compréhensible.  Chose  curieuse,  que  nous  noterons  en 
passant,  il  lui  est  arrivé  à  plusieurs  reprises  de  se  tromper  de  côté  et  de 
prendre,  en  exécutant  les  ordres,  le  côté  gauche  pour  le  côté  droit, 
y  aurait-il  là  un  reste  d’anosognosie  ?  Nous  n’osons  pas  nous  prononcer. 

Ajoutons  enfin  qu’il  paraît  avoir  conservé  les  notions  de  français  qu’il 
a  pu  avoir  ;  il  semble  même  qu’il  en  a  acquis  de  nouvelles  pendant  son 
séjour  dans  les  hôpitaux. 

En  somme,  nous  nous  trouvons  en  face  d’une  aphasie  motrice,  et  il  y 
a  lieu  de  recourir  aux  épreuves  qui,  d’après  les  classiques,  doivent  nous 
renseigner  sur  la  modalité  de  cette  forme. 

L’épreuve  de  Proust  Lichtheim-Dejerine  est  restée  négative  :  le  malade 
est  incapable  d’indiquer  le  nombre  de  syllabes  d’un  mot  qu’il  comprend 
parfaitement. 

La  lecture  est  entièrement  impossible  ;  non  seulement  il  ne  peut  pas 
lire  à  haute  voix,  mais  il  ne  comprend  rien  de  ce  qui  est  écrit  ;  les  seuls 
mots  écrits  dont  il  reconnaisse  la  signification,  c’est  son  nom  à  lui,  et  le 
«  nez  »  ;  et  ceci  encore  à  la  suite  de  plusieurs  examens. 

Quant  à  l’écriture,  il  copie  parfaitement  bien  et  sans  hésitation  ;  spon¬ 
tanément,  il  arrive  à  écrire  son  nom.  mais  avec  des  erreurs,  à  la  dictée  il 
n’écrit  pas  un  mot,  pas  une  lettre,  sauf  le  0. 

En  présence  de  cette  'agraphie  aussi  prononcée,  on  est  surpris  de  l’ai- 
.sance  avec  laquelle  il  opère  avec  les  chiffres  :  il  écrit  facilement  les  nom¬ 
bres  de  deux  et  même  de  trois  chiffres,  fait  correctement  des  petites  addi¬ 
tions,  par  exemple  :  22  34  =  56  ;  mais  quant  à  la  multiplication  —  et 

c’est  là  un  fait  sur  lequel  nous  insistons  —  il  est  incapable  d’en  faire  la 
plus  simple  :  8  X  5  =  ? 

Notons,  enfin,  entre  autres,  qu’invité  à  dessiner  un  carré,  il  prend  une 
règle  qu’il  trouve  sur  la  table  et  fait  une  figure  digne  d’un  géomètre  ; 
il  dessine,  tant  bien  que  mal,  une  table  et  même  un  poisson  schématique 
après  en  avoir  vu  un  modèle. 

En  étudiant  ce  malade,  nous  fûmes  d’abord  frappé  parla  disproportion 


SOCIÉTÉ  DE  NEUnOLOCAE 


fil  4 

entre  l’état  presque  parfait  de  son  intelligence  et  de  la  compréhension  de  la 
parole  d’une  part,  et  des  troubles  aphasiques,  ou,  si  on  préfère,  anarthri- 
ques,  extrêmement  prononcés,  de  l’autre.  En  voyant  le  malade  exécuter 
aussi  correctement  et  avec  une  telle  aisance  les  ordres  les  plus  compli- 
([liés,  on  ne  s’attendrait  pas  à  constater  une  aphasie  motrice  aussi  com¬ 
plète.  D’après  les  théories,  cette  discordance  n’aurait  rien  de  surprenant  : 
l’aphasie  motrice  n’atteint  pas  la  compréhension  de  la  parole  ;  mais  en 
pratique,  dans  de  tels  cas,  on  voit  d’habitude,  après  une  période  do  début 
caractérisée  par  des  symptômes  plus  ou  moins  difl'us,  un  amendement 
progressif  et  assez  rapide  des  troubles  de  la  parole.  Or,  ici,  l’aphasie  paraît 
être  restée  intacte  plusd'un  an  aprèsle  débutdel'alfection.  Nous  ne  croyons 
pas  devoir  invocpier,  pour  expliquer  ce  fait,  des  causes  pathologiques  par¬ 
ticulières  ;  il  s’explique,  il  nous  semble,  aisément  par  les  conditions  dans 
lesquelles  le  malade  se  trouve  depuis  le  début  de  son  affection.  Ouvrier 
polonais,  arrivé  enFrance  il  y  a  à  peine  quekfues  années,  n’ayant  pu  en¬ 
core  apprendre  le  français,  il  reste  depuis  son  ictus  dans  les  hôpitaux  où 
il  n’a  guère  pu  subir  d’influence  rééducatrice  du  milieu.  C’est  ce  con¬ 
cours  rare  de  circonstances  qui  explique  les  traits  saillants  de  ce  tableau 
clinique  et  qui  rend  son  étude  particulièrement  instructive.  Nous  nous 
permettrons  donc,  faisant  abstraction  de  toute  tendance  de  doctrine, 
de  soumettre  à  la  Société  les  quelques  réflexions  que  ce  cas  nous 
suggère. 

Tout  d’abord,  dans  ([uel  territoire  pouvon,s-nous  localiser  la  lésion  dont 
notre  malade  est  atteint?  Cette  question  paraît  facile  à  résoudre  ;  le  peu 
d  étendue  des  troubles  moteurs  prédominant  à  la  face  et  épargnant  pres¬ 
que  entièrement  le  membre  inférieur,  plaide  en  faveur  d’une  lésion  cor¬ 
ticale  dans  les  parages  de  la  partie  inférieure  de  la  frontale  ascendante  ; 
l’absence  de  troubles  sensitifs  permet  d'écarter  l’extension  de  la  lésion  en 
arrière  ;  les  troubles  de  la  parole  doivent  être  attribués  à  l’atteinte  de  la 
zone  du  langage  appartenant  au  lobe  frontal,  que  ce  soit  le  centre  de  Bro- 
ca  (ce  qui  dans  notre  cas  paraît  assez  plausible),  ou  la  zone  dite  d’anar- 
thrie,  telle  que  MM.  Pierre  Marie  et  Foix  l’ont  établie  à  la  suite  de  leurs 
recherches  sur  les  aphasies  de  guerre. 

Dans  quel  cadre  physiopathologique  allons-nous  classer  notre  malade  ? 
En  se  plaçant  au  point  de  vue  défendu  par  M.  Pierre  Marie  et  son 
école,  il  est  difficile  de  ne  pas  reconnaître  en  lui  un  anarthrique  ;  le  seul 
fait  qui  ne  s’accorde  guère  avec  cette  étiquette,  c’est  la  présence  de  trou¬ 
bles  de  la  lecture  et  de  l’écriture.  MM.  Pierre  Marie  et  Foix,  dans  leur 
important  travail  sur  les  aphasies  de  guerre,  notent,  il  est  vrai,  des  trou¬ 
bles  de  ce  genre  chez  les  anarthriques  ;  mais  il  est  certain  que  ces  faits  se 
laissent  difficilement  concilier  avec  cette  doctrine.  Faut-il  alors  invoquer 
une  participation  de  la  zone  de  l’aphasie  sensorielle,  de  1’  <(  aphasie  vraie  »  ? 
Jusqu’à  preuve  du  contraire,  nous  n’y  voyons  pas  de  raison  suffisante, 
d’autant  plus  que,  .si  on  analyse  notre  cas  sans  idée  préconçue,  l'impossi¬ 
bilité  de  parler  semble  suffire  à  elle  seule  pour  expliquer  chez  notre 
malade  les  troubles  de  la  lecture  et  de  l’écriture . 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  1926 


615 


En  effet,  quels  sont  les  rapports  entre  ces  diverses  manifestations  du 
langage  ?  On  peut  dire  que,  moins  l’individu  est  cultivé,  plus  ces  rapports 
sont  intimes.  Un  sujet  qui  apprend  à  lire  ne  peut  le  faire  qu’en  épelant, 
d’abord  à  haute  voix,  ensuite  à  voix  basse  ;  ce  n’est  que  peu  à  peu  qu’il 
arrive  à  se  contenter  de  prononcer  les  mots  mentalement  ;  enfin,  il  semble 
qu’il  faille  une  grande  habitude  et  des  dispositions  individuelles  particu¬ 
lières  pour  pouvoir  comprendre  la  lecture  sans  prononcer,  au  moins  men¬ 
talement,  le  texte  ;  sur  quatre  collègues  que  nous  avons  interrogés  à  ce 
sujet,  un  seul  s’est  déclaré  capable  de  le  faire.  En  ce  qui  concerne  notre 
malade,  étant  donné  son  niveau  d’instruction,  il  y  a  tout  lieu  de  croire 
que  le  livre  n’était  pas  son  compagnon  de  tous  les  jours,  et  qu’il  ne  s’est 
pas  beaucoup  libéré  du  procédé  primitif  de  la  lecture.  Nous  croyons  donc 
que  s’il  est  incapable  de  comprendre  les  paroles  écrites,  c’est  qu’il  ne  peut 
pas  les  prononcer.  Ce  raisonnement  s’applique  aussi,  et  à  plus  forte  raison, 
à  l'écriture. 

Mais  supposons  un  individu  appartenant  à  une  race  se  servant  d’hiéro¬ 
glyphes  ;  il  est  probable  que,  toutes  choses  égales,  l’impossibilité  de  par¬ 
ler  ne  l’empêcherâ  pas  de  comprendre  l’écriture  qui  représente  des  idées 
et  non  pas  des  mots.  D'ailleurs,  nous  pouvons  le  constater,  dans  une  cer¬ 
taine  mesure,  chez  notre  malade  ;  incapable  d’écrire  sous  la  dictée  ni  une 
syllabe,  ni  même  une  lettre,  il  trace  très  bien  les  chiffres  et  fait  correcte¬ 
ment  les  additions  ;  par  contre  la  multiplication,  qui  est  basée  sur  la  table 
de  Pythagore,  apprise  par  cœur,  lui  est  totalement  impossible. 

Le  perfectionnement  de  la  lecture  et  de  l’écriture  consistant  dans  une 
élimination  progressive  des  étapes  intermédiaires  entre  l’idée  et  son 
expression,  il  paraît  évident  qu’à  un  certain  niveau,  comme  par  exemple 
chez  notre  collègue  que  nous  avons  mentionné  plus  haut,  l’impossibilité  de 
prononcer  les  paroles  n’entravera  pas  la  compréhension  de  l’écrit  ;  à 
mesure  que  la  parole  écrite  acquiert  pour  l’individu  la  valeur  d’un  sym¬ 
bole,  d’un  hiéroglyphe,  l’intervention  du  parler  mental  devient  de  moins 
en  moins  indispensable.  On  conçoit  qu’il  peut  y  avoir  toute  une  gamme 
de  cas  intermédiaires  ;  un  nombre  plus  ou  moins  grand  de  mots  écrits 
peut,  dans  chacun  des  cas,  évoquer  l’idée  correspondante. 

Nous  ne  croyons  donc  pas  qu’il  soit  légitime  de  baser  sur  l’absence  ou 
# la  présence  des  troubles  de  la  lecture  et  de  l’écriture  la  distinction  entre 
l’aphasie  motrice  vraie  ((fe  Çroca)  et  l’aphasie  motrice  dite  pure,  ni  entre 
1’ «  anarthrie  pure  »  etl’  «  anarthrie  avec  aphasie  ».  Entre  ces  formes,  il 
n’y  a  pas  de  différence  de  fond  ;  en  dehors  de  toute  question  de  lésion,  les 
Variations  de  ce  genre  d’un  cas  à  l’autre  paraissent  dépendre  et  des  dispo¬ 
sitions  individuelles,  sur  lesquelles  Charcot  avait  déjà  insisté,  et  du  niveau 
de  culture  du  malade,  et  enfin  de  l’infiuence  de  la  rééducation  qu’il  a 
subie.  Un  cas  particulièrement  probant  en  faveur  de  cette  manière  de  voir 
est  celui  publié  par  MM.  Dejerine  et  Pélissier  (Revue  neurologique,  1912, 
15-11,  p.  217,),  se  rapportant  à  un  malade  qui  en  treize  années  s'était  trans¬ 
formé  progressivement  d’aphasique  total  en  aphasique  moteur  pur,  en 
passant  par  l’aphasie  de  Broca. 


616 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


Pour  bien  préciser  notre  point  de  vue,  qu'il  nous  soit  permis  d’entrer 
dans  quelques  considérations  d'ordre  psychologique. 

Nous  croyons  que  les  controverses  passionnées  (jui  se  déroulaient 
autour  de  la  question  de  l’aphasie  avaient,  peut-être,  pour  cause  principale 
a  trop  grande  schématisation  que  les  auteurs  apportaient  dans  ces  études, 
de  sorte  que  la  discussion  s’était  finalement  transportée  presque  dans  le 
domaine  des  abstractions.  Le  point  central  du  problème  est  certainement 
la  question  du  «  langage  intérieur  »,  et  c’est  à  cette  notion  qu’on  a  donné 
un  sens  trop  abstrait.  Pourtant,  il  nous  semble  que  le  «  langage  inté¬ 
rieur  »  est  un  fait  psychologique  fort  banal  et  parfaitement  accessible  à 
l’introspection  de  tous. 

Que  nous  apprend-elle  ? 

Si  nous  analysons  sur  nous-mêmes  le  langage  intérieur,  qui  consiste 
dans  ce  fait  que  nous  pouvons  prononcer  des  paroles  mentalement,  sans 
aucun  acte  d’articulation,  et  si  nous  comparons  ce  phénomène  avec  ce 
que  nous  ressentons  en  parlant  à  haute  voix,  nous  constatons  qu’il  n'y  a 
là  qu’une  différence  de  degré  et  non  de  qualité  ;  le  langage  intérieur,  en 
s’intensifiant,  s’accompagne  même  d’ébauche  d’articulation.  Par  contre,  il 
y  a  une  différence  qualitative  entre  notre  parole  mentale  et  la  même 
parole  que  nous  entendons  prononcée  par  une  tierce  personne. 

Le  langage  intérieur  nous  apparaît  toujours  comme  prononcé  par  nous- 
mêmes  ;  tandis  cpie  l’évocation  de  la  parole  entendue,  d’habitude  très 
difficile,  nous  semble  étrange,’  insolite,  et  lorsqu’elle  se  manifeste  avec 
netteté  nous  la  rangeons  dans  le  domaine  des  hallucinations. 

Enfin,  une  expérience  facile  à  réaliser  nous  renseigne  fort  bien  sur  la 
nature  du  langage  intérieur  :  faisons-nous  répéter  un  mot  d’une  langue 
étrangère,  dont  la  prononciation  nous  est  impossible  :  il  restera  étranger 
à  notre  langage  intérieur  jusqu’au  moment  où  nous  apprendrons  à  le  pro¬ 
noncer,  et  nous  l’y  retrouverons  alors  tel  que  nous  le  prononçons,  et  non 
sous  la  forme  correcte  qui  nous  a  servi  de  modèle. 

Nous  croyons  donc  que  ce  que  nous  appelons  langage  intérieur,  malgré 
la  teinte  sensorielle  qu’il  possède,  est  intimement  et  en  grande  partie  lié 
à  l’acte  moteur  de  la  parole.  Il  nous  semble  que  le  langage  intérieur  n’est 
pas  une  faculté  d’origine  sensorielle,  précédant  la  parole  articulée  :  bien 
au  contraire,  il  en  est  un  dérivé  :  ce  n’est  pas  en  entendant  les  mots,  mais , 
en  les  répélaiil  et  en  éliminant  progressivement  les  manifestations  exté¬ 
rieures  de  la  parole,  que  nous  arriverons  à  créer  notre  «  langage  inté¬ 
rieur  ». 

Si  on  tenait  compte  de  cette  notion,  beaucoup  de  ^controverses  pour¬ 
raient  être  évitées. 

M.  Souques.  —  Le  malade  de  M.  Jarkowskiest  très  intéressant.  .le  me 
demande  si  on  peut  le  faire  entrer  dans  le  cadre  de  l’aphasie  motrice  pure 
de  Dejerine,  de  l’anarthrie  de  Pierre  Marie,  de  l’aphémie  pure  et  simple. 
Il  présente,  en  effet,  des  troubles  de  la  lecture  mentale  et  de  l’écriture.  Je 
crois  qu’il  s’agit  plutôt  d’un  reliquat  d’aphasie  de  Hroca. 


SÉANCE  DU  2  DÉCEMBRE  1926 


617 


L’anarthrie  de  Pierre  Marie  ne  comporte,  par  définition,  que  des  trou¬ 
bles  de  l’articulation  des  mots.  J’en  ai  observé  un  bel  exemple,  qui  a  été 
suivi  d’autopsie.  Le  malade  avait  eu  un  ictus  accompagné  d’hémiplégie 
droite.  Au  sortir  de  l’ictus,  il  était  incapable  de  prononcer  un  seul  mot, 
mais  il  comprenait  tout  ce  qu’on  disait,  il  écrivait  et  il  lisait  comme  aupa¬ 
ravant.  J’ai  observé  cet  homme  pendant  cinq  à  six  ans  ;  pendant  les  trois 
premières  années,  il  n’eut  à  sa  disposition  que  le  monosyllabe  :  que... 
que  ..  queque  ;  le  reste  du  langage  était  absolument  intact.  Je  le  fis  alors 
rééduquer  :  au  bout  de  six  mois  de  rééducation,  il  fut  capable  de  pronon¬ 
cer —  lentement  et  en  scandant  les  mots  — tout  ce  qu’il  voulait  dire.  A 
l’autopsie,  il  existait  un  énorme  foyer  de  ramollissement  qui  détruisait 
complètement  le  lobe  frontal  gauche,  en  particulier  les  deuxième  et  troi¬ 
sième  circonvolutions.  La  pièce  a  été  coupée  en  série  et  je  me  propose  de 
publier  prochainement  cette  observation. 

Il  n  y  avait,  je  le  répète,  chez  cet  homme  —  et  il  n’3'  avait  jamais  eu  — 
ni  trouble  de  la  compréhension  des  mots,  ni  trouble  de  la  lecture  mentale 
ou  de  l’écriture.  Il  s’agissait  d’aphémie  pure,  d’ânarthrie  au  sens  de  Pierre 
Marie. 

M.  J.  Froment.  —  J’ai  fait  observer  à  diverses  reprises  qu'il  faudrait 
étudier  phonétiquement  les  aphasiques  dits  moteurs  et  les  sujets  dits  anar- 
thri([ues.  Tout  au  moins  faire  le  décompte  des  phonèmes  correctement 
articulés  dans  le  langage  automatic[ue  c[ui  est  toujours  le  plus  riche 
(chant,  jurons,  séries  de  mots,  prières).  Car  on  n'a  jamais  fait  la  preuve 
du  trouble  de  la  coordination  articulaire  que  suppose  le  terme  d’anarthrie, 
non  plus  que' de  la  perte  du  souvenir  des  procédés  articulaires  précédem¬ 
ment  invoqués  pour  expliquer  l’aphasie  dite  motrice.  Les  recherches  ana¬ 
tomo-pathologiques  les  plus  minutieuses  ne  sauraient  en  dispenser  ni  en 
tenir  lieu. 

Je  ne  m’étonne  pas  que  des  sujets  dénommés  anarthriques  puissent, 
ainsi  que  l’a  montré  Jarkowski  etainsique  l’affirmeCh.  Foix,  présenter  des 
troubles  de  la  lecture  et  de  l’écriture  ;  car  il  n’y  a  qu’une  différence  de 
degré  entre  la  prétendue  anarthrie  et  l'aphasie  dite  motrice.  Dans  un  cas 
comme  dans  l’autre,  ainsi  que  l’admet  Jarkowski  et  ainsi  que  je  l’ai  expli¬ 
citement  indiqué  dans  un  récent  rapport  exposé  au  congrès  de  Bruxelles 
de  1924,  il  paraît  ert  effet  s’agir  d’ouhli  du  mot  (amnésie  plus  complète 
dans  l’aphasie  type  Broca  ;  partielle  et  dissociée  dans  l’aphasie  motrice 
pure  dite  anarthrie).  ' 

Mais  si  l’on  veut  éviter  des  confusions  que  les  discussions  récentes  ont 
rendues  de  plus  en  plus  fréquentes,  il  faudrait  dénommer  aphasique 
moteur  type  Broca  le  malade  de  Jarkowski  qui  écrit  aussi  mal  qu’il  parle. 
L’expression  d’aphasie  motrice  pure  (anarthrie  de  Pierre  Marie)  ne  doit  être 
appliquée  —  toute  réserve  faite  sur  son  mécanisme  —  qu’à  l’aphasique 
moteur  indemne  de  troubles  de  la  compréhension  du  langage  écrit  et  in¬ 
demne  de  toute  agraphie  notable.  Si  non,  on  est  assuré  que  l’on  se  com¬ 
prendra  de  moins  en  moins  dans  les  discussions  nouvelles  qui  ne  man¬ 
queront  pas  de  naître  ;  car  le  problème  de  l’aphasie  n’est  pas  résolu. 

Il,  N°  6,  DKCEMBRB  1926. 


REVUE  NEUROLOQIQUE.  —  T. 


40 


ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE 

du  3  décembre  1926 


La  séance  est  ouverte  à  11  h.  30. 

Présents  : 

MM.  Ala.ioiianink,  Ar.tjuiKK,  Bahinski,  Bauonneix,  Bakbé,  Bahré,  Bauer, 
BÉCLèRE,  Béhaoub,  Bertrand,  Bollaok,  Bourguignon,  Claude,  Chiray,  Croû¬ 
ton,  M”®  Dejerinb,  Dbscomps,  Faure-Beaulieu,  Poix,  Guillain,  Haguenau, 
Hautant,  Jumentié,  Krebs,  Laroche,  Le.ionne,  Lbreboullet,  André  Léri, 
Gabriblle  Lévy,  Lévy-Valensi,  M™®  Long-Landry,  Lortat-Jacob,  de  Martel, 
DE  Massary,  Meige,  Mestrezat,  Monier-Vinard,  Eegnard,  Roussy,  Sainton, 
Schaeffer,  Sézary,  Sicard,  Sorrbl,  Souques,  ïinel,  Tournay,  Vallery-Radot, 
Villarbt,  Vincent,  Vurpas,  Mathieu  Pierre  Weill. 

Rapport  de  M.  Grouzon,  secrétaire  général. 

Messieurs, 

L’activité  scientifique  de  notre  Société  s’est  affirmée  encore  cette  année 
tant  par  la  richesse  des  publications  dans  les  séances  normales  que  par 
l’éclat  des  rapports  et  desdiscussions  de  la  Réunion  Neurologique  Interna¬ 
tionale. 

Les  communications  A  la  Société  de  Neurologie^  sont  de  plus  en 
plus  nombreuses  et  peut-être  même  un  peu  trop  copieuses.  C’est  ainsi 
que  notre  contrat  avec  l’éditeur  prévoit  22  feuilles  par  an,  soit  352  pages, 
et  que  nous  avons  cette  année,  sans  compter  les  10  feuilles  (100  pages)  de 
la  Réunion  Neurologique,  publié  24  feuilles  supplémentaires  (384  pages). 
Notre  bulletin  comprendra  donc  un  total  de  896  pages  et  nous  n’avons  pas 
encore  envisagé  la  publication  des  travaux  du  Fonds  Dejerine  qui  seront 
exposés  dans  la  séance  du  23  décembre  1926.  A  nos  publications  s’ajoutent 
encore  les  intéressants  comptes  rendus  de  notre  Filiale  de  Strasbourg. 
L’empressement  des  membres  de  la  Société  (titulaires  et  correspondants), 
et  des  travailleurs  étrangers  à  la  Société  à  nous  confier  la  publication  de 
leurs  travaux  ne  peut  être  que  très  llatteur  pour  nous  et,  en  tant  que  Secré¬ 
taire  Général,  je  m’en  réjouirais,  si  notre  Trésorier  ne  m’avait  pas  fait  quel¬ 
ques  observations  qui  vous  apparaîtront  dans  la  lecture  de  son  compte  rendu 
financier.  Sans  vous  demander  de  vous  restreindre  dans  vos  travaux,  je 


SÉANCE  DU  3  DÉCEMBRE  1926 


619 

vous  prierai  donc,  pour  nepasgrever  notre  budget,  de  réduire  le  texte  de  vos 
communications  pour  diminuer  les  frais  d’impression. 

Vous  avez  encore  le  souvenir  de  notre  Réunion  Neurologique  Interna¬ 
tionale  de  juin  1926  :  elle  fut  remarquable  par  l’affluence  des  adhérents  : 
80  dont  57  étrangers  et  23  Français,  en  dehors  des  membres  de  la  société. 
Ces  chiffres  sont  supérieurs  à  ceux  des  Réunions  neurologiques  précé¬ 
dentes,  abstraction  faite  de  celle  de  1925  pour  laquelle  la  célébration  du 
centenaire  de  Charcotavait  amené  un  nombre  imposant  de  visiteurs.  Les 
rapports  remarquables  de  MM.  Soderbergh  et  André  Thomas  ont  contri¬ 
bué  puissamment  au  succès  de  cette  Réunion,  et  le  numérode  la  Revue  Neu¬ 
rologique  qui  en  contient  le  compte  rendu  restera  un  document  important 
pour  l’étude  des  fonctions  du  système  sympathique. 

Nous  espérons  également  un  grand  succès  pour  la  Réunion  neurolo¬ 
gique  de  1927.  Les  rapports  annoncés  ne  manqueront  pas  d’intéresser  les 
neurologistes  : 

L’exposé  sur  les  moyens  d'exploration  clinique  de  système  veslibulaire 
sera  confié  à  MM.  deKleinje  (d’Utrecht)  et  M.  Hautant(de  Paris). 

L’exposé  sur  le  sommeil  normal  et  pathologique  sera  confié  à  MM.  Lher- 
mitte  et  Tournay  (de  Paris).  Cette  Réunion Neurologiquede  1927  coïncidera 
avec  la  célébration  du  Centenaire  de  Vulpian  et  du  Centenaire  de  Pinel. 

Pour  permettre  aux  rapporteurs  de  poursuivre  des  recherches  plus  lon¬ 
gues,  nous  avons  déjà,  pour  1928,  choisi  lesujet  delà  Réunion  et  désignéles 
rapporteurs.  La  question  à  l’ordre  du  jourest  : 

Diagnostic  et  traitements  de  tumeurs  cérébrales.  Les  rapporteurs  sont 
MM.  Clovis  Vincent  (Clinique  neurologique),  de  Martel  (Chirurgie), 
Riclère  (Radiologie),  Bollack  (Ophtalmologie). 

Nous  aurons  égaleipent,  en  1928,  l’exposé  de  travaux  très  intéressants  : 
Ceux  du  fonds  Dejerine  : 

M.  Clovis  Vincent.  Fonctions  du  corps  strié.  Recherches  anatomiques  et 
physiologiques. 

M.Jumentié.  Malformations  congénitales  tératologiques  et  patholo'giqiies 
du  névraxe. 

Ceux  du  prix  Charcot  : 

MM.  P.  Mathieu  et  Ivan  Bertrand.  Recherches  sur  les  voies  de  con¬ 
ductions  de  la  sensibilité  dans  la  moelle. 

Vous  voyez.  Messieurs,  quelle  série  de  belles  discussions  nous  pouvons 
entrevoir  dans  les  années  qui  vont  venir. 

Je  vous  rappelle.  Messieurs,  que  nous  avons  eu  à  déplorer  cette  année 
le  décès  de  notre  correspondant  national,  M.  Oddo  (de  Marseille)  et  de 


Ü20 


SOCIÉTÉ  DE  NEUROLOGIE 


nos  correspondants  étrangers,  MM.  Ormerod  (de  Londres),  Tooïh  (de 
Londre.s),  Golgi  (dePavie).  Ce  sont  là  des  pertes  cruelles  pour  lesquelles 
notre  Président  a  déjà  exprimé  les  condoléances  de  la  Société. 

Messieurs,  à  côté  de  cet  exposé  du  bilan  scientifique  de  la  Société  de 
Neurologie  de  Paris,  vous  allez  entendre  tout  à  l’heure  un  compte  rendu 
financier  :  c’est  l’œuvre  de  votre  Trésorier.  Néanmoins,  il  est,  je  erois,  du 
devoir  du  Secrétaire  Général  d’attirer  votre  attention  sur  deux  questions 
d’ordre  financier. 

Je  veux  parler  tout  d’abord  du  Souvenir  à  Henry  Meige  ;  je  vous  rap¬ 
pelle  qu’une  souscription  avait  été  ouverte  officieusement  pour  offrir  à 
Henry  Meige  un  souvenir  de  ses  25  années  de  dévouement  à  la  Société. 
Henry  Meige  a  demandé  que  les  sommes  recueillies  fussent  consacrées  à 
seeourir  les  travailleurs  de  la  neurologie  dont  la  situation  paraîtrait  digne 
d’intérêt.  Vous  avez  déféré  à  ce  désir  ;  2.000  fr.  ont  été  déjà  distribués  et 
il  reste  encore  en  caisse  6.780  francs. 

L’autre  point  sur  lequel  je  veux  attirer  votre  attention  est  l’importance 
des  donations  et  subventions  recueillies  cette  année  par  la  Société. 

M.  le  Ministre  des  Affaires  Etrangères  nous  a  continué  sa  subvention 
de  2.0(X)  francs. 

Le  Conseil  Municipal  de  Paris,  pour  la  première  fois,  nous  a  alloué 
6.000  francs. 

Nous  espérons  une  subvention  du  Ministre  de  l’Instruction  publique 
prise  sur  la  Caisse  des  Recherches  scientifiques. 

M.  Soderbergh  nous  a  fait  un  don  deô.OuO  francs. 

M.  Albert  Charpentier  nous  a  fait  un  don  de  5.000  francs. 

M.  Néri  a  envoyé  1.000  francs  pour  faciliter  les  publications  de  la 
Revue  neurologique. 

M.  Miura  nous  a  envoyé  500  francs. 

M.  Lauwers  nous  a  remis  100  francs. 

Un  anonyme  a  remis  500  francs,  un  autre  anonyme  200  francs. 

Nous  avons  donc  reçu  déjà  cette  année  un  total  de  20.300  francs. 

Ce  sont  ces  donations  et  subventions  extraordinaires  qui  ont  permis 
l’importance  de  nos  publications  que  je  vous  exposais  plus  haut.  C’est 
grâce  à  ces  générosités  que  nous  avons  pu  assurer  l’impression  des  comptes 
rendus  de  nos  séances  et  de  notre  Réunion  neurologique. 

Les  difficultés  économiques  de  l’heure  présente,  l’augmentation  des 
prix  de  fabrication  nous  laissent  encore  bien  des  inquiétudes  pour  l’ave¬ 
nir,  mais  nous  espérons  qù’avec  les  sacrifices  personnels  que  les  membres 
de  la  Société  ont  bien  voulu  consentir  et  avec  les  subventions  que  nous 
avons  encore  sollicitées  pour  1927,  nous  pourrons  publier  encore  l’an  pro¬ 
chain  un  bulletin  de  la  Société  qui  fera  honneur  à  la  Science  française  et 
fera  progresser  la  Neurologie. 


SÉANCE  DU  3  DÉCEMBRE  1020 


Conditions  nouvelles  de  publication  et  cotisations. 

Le  contrat  avec  la  librairie  Masson  est  modifié  ainsi  qu'il  suit  : 

La  subvention  fixe  de  la  Société  est  portée  de  6.000  à  8.000  francs. 

Le  prix  de  la  page  supplémentaire  est  porté  de  20  à  30  francs  pour  la 
Société  de  Neurologie. 

Les  cotisations  des  membres  de  la  société  sont  modifiées  ainsi  qu’il 
suit  : 

150  francs  pour  les  titulaires  de  moins  de  10  ans. 

200  francs  pour  les  anciens  titulaires  et  titulaires  de  plus  de  10  ans. 

100  francs  pour  les  correspondants  nationaux  (recevant  la  Revue  Neu- 
^'ologique). 

100  francs  pour  les  honoraires  recevant  la  Revue  Neurologique. 

50  francs  pour  les  honoraires  ne  recevant  pas  la  Revue. 

(Pour  ces  deux  dernières  catégories,  la  société  paiera  50  francs  l’abon¬ 
nement  (à  la  Revue,  c’est-à-dire  un  prix  réduit.) 

Pour  la  Filiale  de  Strasbourg,  le  forfait  avec  la  librairie  Masson  (100 
pages  pour  3.000  francs)  est  maintenu,  sans  conditions  spéciales  pour  les 
pages  supplémentaires  qui  seront  tarifées  au  prix  de  revient  (60  francs  la 
page). 

Les  correspondants  nationaux  auront  droit  à  publier  trois  pages  par 
an  au  maximum  dans  le  Bulletin  de  la  société. 

Les  correspondants  étrangers  auront  droit,  au  maximum,  à  deux  pages 
par  an. 

Les  pages  supplémentaires  seront  tarifées  au  prix  de  revient  :  60 
francs  la  page. , 


Rapport  financier  de  l’année  1926. 

Fréscnlc  par  le  Trésorier  :  M.  Albert  Charpentier. 


ItECUTTIiS. 

Dépenses. 

Solde  au  Crédit  Lyonnais. 

Note  Masson  1925 . 

16.283  60 

Afîcncn  (AG)  au  1  jan- 

Etrennes  appariteur . 

100  » 

;.i 

Etablissements  Gaumont. 

452  50 

C.aisse  transmise  par  le  D' 

Note  Massiot . 

30  » 

Barbé  (ancien  tréso- 

70  » 

Note  imprimerie  Mély.  .  . 

55  » 

(i  Rachats  do  cotisations. 

9 . 000  » 

Loyer,  chauffage,  impôts 
divers . 

Achat  rente  3  %  avec  le. 
capital.  Rachats  do  Co¬ 
tisations  . 

Cotisations  des  Membres 
honoraires,  titulaires  et 
correspondants  natio- 

9.000  » 

Intérêts  delà  Rente  Fran¬ 

Achat  rente  4  %  1925  par 

çaise  appartenant  il  la 

le  Fonds  Charcot . 

4.325  » 

société . 

2.025  » 

Note  Salpêtrière  (Juin).. 

101  25 

Intérêts  delà  Rente  Fran- 

1 50  » 

Banquet  annuel  (Palais 
tl’Opsny) . 

6 . 308  » 

Rente  annuelle  du  Fonds 

3 . 000  » 

Collation  Salpêtrière 
(juin) . 

519  » 

Rente  du  F’onds  Charcot. 

1.363  » 

Frais  do  garde,  chéquier. 

Subvention  du  Conseil 

etc...,  au  Crédit  Lyon- 

106  25 

Subvention  du  Ministère, 
dos  Affaires  étrangères. 

2.000  » 

Note  Masson  1926  (Im¬ 
pression  et  tirage  des 

Donation  du  D'  Siider- 
bergh . 

5 . 000'  » 

Rapports  de  MM.  Sô- 
derbergh  et  A.  Tho- 

9.797  15 

Donation  anonyme . 

Donation  du  D''  Miura.. 

500  » 

500  » 

Total . 

48.277  75 

Donation  du  1)''  Lauwers. 

Donation  du  D''  Albert 

Charpentier . 

Reliquat  du  Centenaire. 
Charcot . . . 

En  caisse . 

100  » 

5.000  » 

4.325  » 

2.054  » 

Solde  Créditeur . 

9.552  04 

Total . 

57.829  79 

Balance . 

57.829  79 

De  ce  solde  créditeur  global,  9.552  fr.  04,  il  faut  mettre  à  part  la  Rente 
du  Fonds  Dcjerine  et  celle  du  Fonds  Charcot,  ensemble  4  363  francs  qui 
seront  distribués  plus  tard  aux  bénéficiaires  désignés.  En  réalité,  le  solde 
créditeur  disponible  de  la  Société  de  Neurologie  s’élève  à  5.189  fr.  04. 

Nous  rappelons  :  1"  que  le  Fonds  Dejerine  se  compose  de  3.000  francs 


SÉANCE  DU  P  IDÉC EMBUE  1926  G23 

renie  française  ;  2°  que  le  Fonds  Charcot  possédera,  en  1927, 1.479  francs 
rente  française. 

Le  Fonds  de  Secours  de  la  Société  de  Neurologie,  créé  sur  la  propo¬ 
sition  de  M.  Henry  Meige,  possède  au  31  décembre  une  somme  de 
6.780  francs  dans  laquelle  entrent  une  donation  belge  anonyme  de  200francs 
et  une  donation  de  2.000  francs  de  M.  Magalhaes  Lemos. 

En  examinant  le  budget  1926,  on  voit  que  six  membres  titulaires  ont, 
par  le  rachat  de  leurs  cotisations,  augmenté  le  capital  de  la  Société  d’une 
somme  de  9.000  francs  avec  laquelle  nous  avons  acheté  600  francs  de 
rente  3  % . 

Dans  la  colonne  Dépenses,  on  lit  :  Note  Mfisson  1926  (Rapports  de 
Mm.  Sôderbergh  et  A.  Thomas)...  9.797  fr.  15.  Ainsi,  le  solde  créditeur 
de  la  Société  de  Neurologie  (déduction  faite  des  Renies  Dejerine  et 
Charcot)  aurait  pu  s’élever  à  la  somme  de  14.986  fr.  19,  si  nous  n’avions 
pas  réglé  à  la  Librairie  Masson  ce  compte  d'imprimerie  Se  rapportant  à 
un  tirage  de  l’année  en  cours.  Les  raisons  qui  nous  ont  fait  payer  cette 
année,  par  anticipation,  une  partie  de  la  note  Masson  devant  normale¬ 
ment  échoir  en  1927,  sont  les  suivantes  :  1“  certaines  donations  faites  à 
la  Société  de  Neurologie  l’avaient  été  dans  le  but  de  donner  un  éclat 
particulier  à  la  Réunion  annuelle  de  juin  et,  par  conséquent,  ces  dons  ne 
pouvaient  être  mieux  employés  que  dans  le  règlement  des  frais  d’impres¬ 
sion  des  deux  remarquables  Rapports  de  MM.  Sôderbergh  et  A.  Thomas  ; 
2“  nous  savions  que  la  note  •  d’imprimerie  à  payer  en  1927  serait  très 
lourde  et  nous  ignorions  si  des  donations  viendraient  en  aide,  l’an  pro¬ 
chain,  à  des  recettes  insuffisantes  par  ces  temps  difficiles. 


ÉLECTIONS 

Présents  :  55  votants. 

Élection  du  bureau  pour  1927. 

Le  bureau  de  la  Société  pour  1927  est,  à  l’unanimité  des  suffrages,  ainsi 
constitué  : 

Président  :  M.  G.  Roussy. 

Vice-Président  :  M.  Laignel-Lavastine. 

Secrétaire  général  :  M.  Crouzon. 

Secrétaire  des  séances  :  M.  Béhague. 

Trésorier  :  M.  Albert  Charpentier. 

Élection  des  membres  honoraires  et  anciens  titulaires. 

M.  Enriquez  est  nommé  membre  honoraire. 

MM.  Barré,  Tinel  et  Vurpas  deviennent  anciens  titulaires. 


G24 


SOCIÉTÉ  DE  NEUnOLOGIE 


Élections  de  membres  titulaires. 


Catégorie  A . 

M.  Santknoise  retire  sa  candidature  pour  cette  année. 

M.  le  Secrétaire  général  fait  connaître  que  M.  Pierre  Mathieu  retire 
également  sa  candidature  pour  cette  année. 

M.  Guillain  déclare  que  MM.  Girot  et  Périsson  retirent  leur  can¬ 
didature  pour  cette  année. 

L’Assemblée,  consultée  par  le  Président,  décide,  à  l’unanimité,  de  pro¬ 
céder  au  scrutin  à  main  levée. 

A  l’unanimité  des  sufl’rages,  MM,  Jacques  de  Massary  et  Chavany 
sont  élus  membres  titulaires. 

Catégorie  B.  (Chefs  de  service.) 

M.  le  Président  déclare  que  M.  Monbrun  retire  sa  candidature  pour 
cette  année. 

MM.  Strohl,  professeur  à  la  Faculté,  et  Moreau,  médecin  des  hôpi¬ 
taux,  sont  nommés  à  l’unanimité. 

Élection  d’un  membre  correspondant  national. 

M.  Vincent  retire,  pour  cette  année,  la  candidature  de  M.  .Denéchau. 

M.  Babinski  retire,  pour  cette  année,  la  candidature  de  M.  Bourdillon. 

M.  Reboul-Lachaux  (de  Marseille)  est  nommé,  à  l’unanimité,  membre 
correspondant  national. 

Élection  de  cinq  membres  correspondants  étrangers. 

La  Société  procède,  par  scrutin  secret,  à  l’élection  de  cinq  membres 
correspondants  étrangers.  Le  dépouillement  des  bulletins  donne  le  résul¬ 
tat  suivant  : 

M.  CoNOS  (Constantinople),  49  voix. 

M.  Mussio  Fournier  (Montevideo),  41  voix. 

M.  Agostini  (Pérouse),  46  voix. 

M.  de  SouzA  (Rio  de  Janeiro),  37  voix. 

M.  Rodolphe  Ley  (Bruxelles),  31  voix. 

M.  Lugaro  (Turin),  20  voix. 

M.  Ayala  (Rome),  17  voix. 

M.  Giacinto  Viola  (Bologne),  2  voix. 

M.  Goritti  (Buenos-Aires),  2  voix. 

En  conséquence,  MM.  Conos,  Mussio  Fournier,  Agostini,  de  Souza, 
Rodolphe  Ley  sont  élus  membres  correspondants  étrangers  de  la  So¬ 
ciété  de  Neurologie  de  Paris. 


La  séance  est  levée  à  midi  30. 


SOCIÉTÉS 


Société  médico-psychologique 


Séance  du  25  octobre  1926 


Nouveau  cas  d'état  de  mal  épileptique  mortel  au  cours  du  traitement  par  le 
gardénal,  par  MM.  L.  Marchand  et  J.  Picard. 

Ce  cas,  qui  vient  s’ajouter  à  ceux  déjà  rapportés,  prouve  que  le  gardénal,  en  dépit 
(le  son  remarquable  pouvoir  anticonvulsivant,  ne  saurait  empêcher  parfois  l’apparition 
d’un  état  de  mal.  Le  pronostic  de  celui-ci  est  plus  sombre  qu’au  cours  du  traitement 
bpomuré,  puisque  sur  10  cas  les  auteurs  nécomptentque  quatre  guérisons.  La  difficulté 
d’ingestion  de  gardénal  par  suite  do  l’état  comateux  et  l’intolérance  gastrique 
aggravent  la  situation  on  provoquant  pour  ainsi  dire  une  suspension  brusque  du 
traitement,  et  l’on  sait  combien  celle-ci  est  dangereuse  chez  tout  épileptique.  Les  in¬ 
jections  do  gardénal  sodique  se  montrent  inopérantes.  Enfin  l’administration  de  la¬ 
vements  bromurés  quoique.pratiquée  dès  le  début  de  l’état  de  mal  n’agit  que  lente¬ 
ment  et  il  est  alors  trop  tard  pour  sauver  le  malade. 


Une  enquête  médico-sociale  sur  le  suicide  à  Paris,  par  Mi'o  s.  Serin. 

Le  service  social  do  prophylaxie  mentale  a  organisé  une  série  d’enquêtes  portant  sur 
tous  les  suicides  signalés  par  les  journaux  dans  la  ville  de  Paris.  Cette  enquête  a  été 
ainsi  conçue  :  Pour  les  suicides  suivis  de  mort,  une  assistante  est  allée  au  domicile  du 
suicidé  recueillir  tous  les  renseignements  nécessaires.  Pour  les  autres,  chaque  fois  que 
cela  a  été  possible,  un  examen  mental  a  été  pratiqué.  Cette  enquête  a  porté  de  janvier 
1925  à  octobre  1926  sur  420  cas,  et  a  permis  d’établir  les  résultats  suivants  :  166  sui¬ 
cides  paraissent  dus  à  des  causes  indépendantes  delà  psychopathie,  soit,  dans  72  cas  r 
des  çhagrins  intimes  ;  dans  50  cas,  la  misère  ;  dans  44  cas,  des  maladies  incurables.  Les 
suicides  psychopathiques  se  départagent  ainsi  :  78  aliénés,  72  déséquilibrés,  130  suicides 
•  de  l’ivresse  ».  Nous  relevons  17  suicides  d’enfants. 

Un  grand  nombre  de  ses  suicides  paraissent  évitables  et  il  semble  possible  d’organiser 
une  assistance  méthodique  contre  la  tendance  au  suicide. 


H.  Colin. 


G2G 


socii'rnls 


Société  clinique  de  médecine  mentale 


Séance  du  15  novembre  1926. 


Syndrome  parkinsonien,  épilepsie,  affEiiblissement  intellectuel  chez  deu* 
jeunes  sujets  ayant  présenté  des  convulsions  infantiles,  par  MM.  Toulouse, 
Marchand,  Bauer  et  Male. 

Les  auteurs  présentent  deux  malades  att.;ints  de  syndromes  neurologiques  é  allure 
parkinsonienne  :  attitude  soudée,  faciès  figé,  tremblement  ou  hémitremblement,  pas 
d’altéialion  des  réflexes.  Ces  malades  ont  été  atteints  do  convulsions  infantiles,  plus 
tard  de.  crises  comitiales  plus  ou  moins  typiques,  et  d'affaiblissement  intellectuel.' 
Le  syndrome  parkinsonien  est  rattaché  dans  ces  cas  aux  lôsionsd’encéphalite  infantile 
qui  ne  .se  sont  jamais  éteintes  complètement,  et  qui  se  sont  propagées  aux  noyaux 
striés.  11  reste  à  préciser  la  nature  de  ces  encéphalites  du  jeune  ûgc. 


Paralysie  générale  et  maladie  de  Recklinghausen,  par  MM.  R.  Dupuy  et  P.  Male. 

Les  auteurs  présentent  un  sujet  atteint  de  paralysie  générale  et  de  maladie  de 
Recklinghausen  ayant  débuté  à  l’âge  de  IR  ans.  Cette  dernière  a  existé  également  chez 
la  grand’mère  du  malade.  Il  peut  s’agir  d’une  simple  coïncidence,  mais  il  fa  ut  noter  qu’il 
n’y  a  point  d’antécédents  apparents  desyphilis  acquise  chez  ce  malade.  Peut-on  penser 
à  deux  accidents  séparés  d’origine  hérédo-spécifique  ?  Le  malade  est  un  chauffeur 
de  taxi,  et  de  nombreux  accidents  d’autos  ont  marqué  le  début  de  la  paralysie  gé¬ 
nérale. 

Toxicomanie  complexe.  Héroïno-cocalnomanie,  par  M.  Trénel. 

Le  malade  prétend  employer  l’héroïne  comme  antidote  de  la  cocaïne,  qu’il  utilise 
pour  obtenir  un  état  d’exaltation  cérébrale  dans  lequel  il  entre  en  relations  par  com¬ 
munion  de  pensée  avec  des  interlocuteurs  lointains.  La  cocaïne  développe  en  lui  un 
pouvoir  magnétique  attractif.  Une  faible  dose  do  cocaïne  donne  lieu  à  l’intervention 
d’un  médium,  intervention  que  supprime  une  dose  élevée  qui  irait,  au  dire  du  malade, 
jusqu’à  15  grammes  (?). 


Présence  d’un  diplocoque  encapsulé  dans  le  liquide  céphalo-rachidien  d’un 

mulâtre  atteint  de  paralysie  générale  à  début  foudroyant,  par  M.  Trénel. 

.Mulâtre,  fils  d’un  nègre  sénégalais  et  d’une  blanche.  Les  caractères  physiques  do  la 
race  blanche  prédominent.  Délire  confus  avec  idées  mégalomaniaques  absolunlent 
subit.  Six  jours  après  le  début,  ponction  lombaireMo  liquide  céphalo-rachidien  contient 
du  sang.  Dans  le  culot  de  centrifugation,  présence  d’un  diplocoque  encapsulé  ixtra- 
cellulaire,  prenant  le  Gramm.  Nouvelle  ponction  le  surlendemain  et  Injection  immédiate 
à  la  souris  qui  meurt  en  moins  de  24  heures  et  présente  le  microbe  dans  le  sang.  Ce 
diplocoque  ne  pousse  que  sur  le  milieu  de  Trucho.  Trois  passages  positifs  sur  la  souris. 


SOCIÉTÉS 


G27 


Disparition  du  microbe  dans  une  deuxième  ponction.  Persistance  du  délire.  Bordet-Was- 
sermann  positif.  Ce  cas  est  tout  à  fait  exceptionnel.  Doit-on  invoquer  pour  l’expliquer 
la  grande  réceptivité  de  la  race  nègre  pour  le  pneumoeoque. 


Hémorrhagie  intra-arachnoïdienne  enkystée  chez  un  paralytique  général 
sénile,  par  M.  L,  Marchand. 

Trouvaille  d’autopsie.  Le  sujet,  ûgé  de  68  ans,  avait  été  considéré  comme  atteint  de 
démence  sénile.  La  compression  énorme  de  l’hémisphère  gauche  parl’hématone  s’était 
traduit  cliniquement  par  un  état  démentiel  profond  d’emblée  et  par  des  troubles 
dysarthriques  et  paraphasiques  qui  marquaient  le  syndrome  paralytique.  L’auteur 
attribue  l’hémorrhagie  méningée  è  la  rupture  d’une  artère  pie-mérienne atteinte  d’ar- 
térite  spécifique.  Il  montre  que  la  coque  fibreuse  qui  entoure  le  caillot  a  son  siège  dans 
le  caillot  lui-même  et  n’emprunte  aucun  élément  cellulaire  aux  méninges  entre  les¬ 
quelles  il  s’est  enkysté  ;  il  compare  le  processus  de  cicatrisation  à  celui  des  foyers 
dans  l’hémorrhagie  cérébrale.  A  la  périphérie  du  caillot,  les  lymphocytes  se  trans¬ 
forment  en  cellules  conjonctives  qui  arrivent  è  former  une  membrane  semblable  à  la 
dure-mère,  renfermant  de  nombreux  capillaires  fi  parois  énormes  composées  de  couches 
concentriques  de- collagène  avec  formation  de  calcosphérites. 

Logorrhée  jargonaphasique  dans  l’aphasie  de  Wernicke,  par  M.  Trénbi.. 

Présentation  des  pièces  du  malade  montré  dans  une  précédente  séance.  Tout  le 
lobe  temporal  gauche  est  transformé  en  un  kyste  ne  respectant  que  la  temporale  infé¬ 
rieure.  Atrophie  du  pli  courbe  et  du  lobule  du  pli  courbe.  Intégrité  apparente  de  la 
3«  frontale.  La  surdité  était  profonde  mais  non  absolue.  Doit-on,  dans  ce  cas,  ad¬ 
mettre  avec  Henschen  une  suppléance  relative  par  le  lobe  temporal  droit  ?. 

L.  Marchand. 


Société  de  Psychiatrie 


Séance  du  18  novembre  1926. 


Crises  toniques  oculogyres  d’origine  encéphalitique. 

MM.  Tinel  et  Baruk  présentent  une  maladedontla  seule  manifestation encépha- 
lîtiquc  consiste  en  crises  de  fixité  de  regard,  en  position  moyenne  ou  en  révulsion 
verticale,  avec  occlusion  spasmodique  et  battements  des  paupières,  accompagnées 
de  céphalée  et  de  somnolence.  Ces  crises  ne  sont  pas  sans  analogie  avec  d’autres  ma¬ 
nifestations  paroxystiques,  considérées  habituellement  comme  des  névroses.  I.eur  début 
brusque  au  milieu  du  travail,  ou  après  les  repas,  leur  recrudescence  au  moment  des 
règles,  leur  atténuation  par  l’émotion  ou  la  distraction  rappellent  certaines  crises 
migraineuses  ou  des  convulsions  névropathiques.  L’aspirine  et  l’adrénaline  sont  sans 
effet,  alors  que  l’inhalation  de  nitrite  d’amyle  est  efficace.  On  peut  donc  supposer  l’in- 


G28 


SOCIÉTÉS 


tervention  d’un  angiospasme  localisé  au  territoire  mésocéphalique  infecté.  Ces  crises 
s’accompagnent  de  tristesse,  de  désespoir  et  d’anxiété. 

■M.  Caignel-Lavastine  insiste  surl’état  d’hypervagotonie  habituel  dans  les  mani¬ 
festations  encéphalitiques  et  sur  l’action  favorable  des  agents  fré^ateurs  du  vague. 


Perversions  instinctives  chez  un  Parkinsonien  post  encéphalitique. 

MM.  Laignel-I.avastinb  et  Morlaas  montrent  un  malade  ayant  eu  une  encéphalite 
en  1920,  suivie  en  1923  d’un  syndn  rhe  parkinsonien.  Deux  ans  plus  tard  il  présente  des 
|)hénom6nes  nouveaux  consistant  essentiellement  en  perversions  instinctives  ,  étranges. 
D’une  part  il  martyrise  les  chats,  les  étrangle  et  les  étouffe  jusqu’à  ce  qu’ils  perdent 
connaissance  et  il  parait  ensuite  éprouver  une  volupté  particulière  en  les  voyant 
renaître  à  la  vio  ;  d’autre  part,  il  se  plaît  à  masturber  les  chiens.  Ce  sujet  est  un  vago- 
tonique.  Pour  M.  Ceillier  l’intérêt  de  cette  observation  réside  surtout  dans  les  deux 
particularités  suivantes  :  existence  de  ces  perversions  chez  un  adulte  et  leur  apparition 
cinq  années  après  la  période  aiguë  de  l’encéphalite. 


Haine  familiale,  paranoia,  passion,  troubles  du  caractère. 

MM.  Robin  et  Cén  ac  présentent  un  sujet  qui  a  été  interné  à  la  suite  do  menaces  de 
mort  contre  son  beau-père.  Cette  haine  parait  surtout  morbide  au  cours  de  paroxysmes 
pendant  lesquels  le  sujet  abandonné  à  de  vives  colères  se  livre  à  des  impulsions  vio¬ 
lentes.  Il  faut  aussi  chercher  le  caractère  pathologique  de  cette  haine  dans  les  troubles 
de  l’humeur  qui  paraissent  devoir  être  rattachés  à  de  très  nets  éléments  paranoïaques. 
Le  cas  de  ce  sujet  montre  les  difficultés  d’appréciation  scientifique  au  point  de  vue  do 
l’internement.  M.  Hbliybr  rappelle  que  c’est  lui  qui  a  fait  interner  ce  sujet,  mesure 
que  justifiaient  le  caractère  paranoïaque  du  malade  et  surtout  le  danger  qu’il  faisait 
courir  à  la  société.  Môme  sans  être  définitif  l’internement  peut  être  efficace,  car  il  cons¬ 
titue  un  avertissement  et  une  sanction. 

M.  Delmas  conclut  également  à  la  nécessité  de  l’internement  et  insiste  sur  l’associa¬ 
tion  fréquente  de  la  paranoïa  et  de  l’hyperémotivité.  De  plus  les  petites  tendances 
hypomaniaques  mettent  en  branle  les  réactions  paranoïaques  et  émotives. 

M.  CouRBON  insiste  sur  l’importance  de  l’élément  maniaque,  conduisant  à  des  accès 
do  colère  pathologique. 

Syndrome  d’automatisme  mental  et  organicité. 

M.  Heuybr  montre  un  malade  chez  lequel  1q  sÿndromo  d’automatisme  mental  est 
pour  ainsi  dire  au  complet.  Il  n’y  a  pas  de  délire  mais  un  simple  sentiment  de  protection. 
On  a  observé  la  transformation  d’obsessions  en  hallucinations.  Il  est  vraisemblable  que 
les  troubles  signalés  sont  sous  la  dépendance  d’une  démence  précoce  on  évolution  et 
l’auteur  y  voit  une  nouvelle  preuve  de  l’organicité  de  l’automatisme  montai. 

De  l’incapacité  professionnelle  et  de  l’inadaptabilité  sociale  de  certains  épi¬ 
leptiques.  De  la  nécessité  de  leur  venir  en  aide  professionnellement  et  so¬ 
cialement. 

M,  Cbillier,  ayant  fait  l’expertise  de  nombreux  inculpés  épileptiques,  a  constaté 
qu’une  dos  causes  importantes  de  la  délinquance  était  l’incapacité  do  cos  sujets  à 
exercer  régulièrement  un  métier  et  à  s’adapter  6  la  vie  en  société.  Renvoyés,  à  cause 
de  leurs  crises  et  de  la  loi, sur  les  accidents  du  travail,  de  tous  les  ateliers  et  chantiefs, 


SOCIÉTÉS 


G29 


ils  sont  exposés  —  à  moins  de  circonstances  sociales  ou  psychologiques  favorables —à 
Verser  dans  le  vagabondage.  Celui-ci  se  complique  souvent  de  mendicité  ou  de  rébel¬ 
lion,  outrages  aux  agents,  coups  et  blessures  (du  fait  de  leur  impulsivité).  Ces  délits 
sont  souvent  associés  et  aboutissent  à  de  nombreuses  récidives  (48  condamnations 
dans  un  cas).  Trop  souvent  ces  épileptiques  commettent  des  vols,  dont  la  principale 
cause  est  la  misère.  Beaucoup  d’épileptiques  délinquants  ne  sont  ni  des  malfaiteurs 
professionnels,  ni  des  pervers,  mais  seulement  des  délinquants  occasionnels.  M.  Ccillicr 
demande  à  la  Société  de  P.sychiatrie  de  s’intéresser  à  leur  sort  et  d’étudier  les  con¬ 
ditions  leur  permettant  de  gagner  leur  vie  largement  et  sans  être  internés.  On  devrait 
proposer  à  ces  épileptiques  le  dilemme  suivant  :  ou  accepter  la  situation  qu’on  leur 
offre,  ou,  s’ils  s’y  refusent,  supporter  la  responsabilité,  entière  de  leurs  actes. 

La  Société  de  PtcuiATRiE,  reconnaissant  la  nécessité  d’une  réforme,  l’importance, 
et  en  même  temps  la  complexité  du  problème,  décide  d’en  remettre  l’étude  à  la  séance 
de  janvier. 


Recherches  sur  les  groupas  sanguins  dans  les  maladies  mentales  et  nerveuses 

MM.  Toulouse,  Schiff,  Weismann  ctNETTER  ayantfait  cesrecherches  selon  la  mé¬ 
thode  Beth-Vincent,  les  résultats  ont  été  négatifs.  La  répartition  par  groupes  sanguins 
est  la  môme  chez  les' sujets  normaux  que  chez  les  psychopathes.  On  retrouve  chez  ces 
derniers  la  môme  prédominance  des  groupes  II  et  TV.  L’étude  des  groupes  sanguins, 
poursuivie  dans  des  familles  de  malades  atteints  d’une  psychose  supposée  héréditaire, 
comme  le  D.  P.  et  dans  les  maladies  nerveuses  à  caractère  héréditaire  et  familial  cer¬ 
tain,  n’a  pas  Etpporté  non  plus  d’éclaircissement  siir  Pétiologie  de  ces  affections. 

André  Ceillier. 


Société  belge  de  Neurologie 


Séance  du  27  novembre  1926. 


Présidence  M.-P.  Van-Gehuchten. 


Encéphalite épidémiqua  ;  forma  respiratoire.  (Présentation  de  malade), 
par  le  D' H .  Callewaert. 

L’auteur  rapporte  trois  cas  de  dyspnée  paroxystique  se  manifestant  par  des  périodes 
de  polypnée,  pouvant  aller  jusqu’à  une  véritable  crise  tétanique  avec  cyanose  et  accélé¬ 
ration  importante  du  pouls.  Dans  deux  cas  il  s’agit  do  séquelles  encéphalitiques  cer¬ 
taines  ;  dans  l’autre,  en  raison  do  la  constitution  mentale  anxieuse  et  autiste  du  sujet, 
le  diagnostic  d’une  polypnée  névropathique  peut  se  poser.  '  ,  , 

Fait  remarquable,  dans  l’un  dos  deux  cas  postcncéphalitiqucs,  on  observe  des 


C30 


SOCIÉTÉS 


troubles  mentaux  caractérisés  surtout  par  un  état  érotomaniaque  avec  préoccupations 
monosexuelles. 

L’auteur  discute  le  mécanisme  do  la  crise  respiratoire  et  aussi  la  part  des  facteurs 
psychiques  dans  leur  déclanchement. 


Rigidité  congénitale  régressive  (syndrome  M”>e  Cécile  Vogt).  Présentation  de  la 
malade,  par  les  D”  Philips,  L.  Van  Bogaert  et  J.  Swebrts. 

Présentation  et  démonstration  d’un  syndrome  de  rigidité  régressive  typique  dans  le 
cadre  duquel  les  auteurs  discutent  deux  points  en  particulier  :  ils  ont  été  frappés  de 
l’absence  absolue  detoute  initiative  motrice  des  actes  les  plus  élémentaires  chez  cet 
enfant  alors  hypotonique  ;  retard  dans  le  développement  d’instincts  praxiques  fonda¬ 
mentaux,  au  cours  d’une  affection  essentiellement  striée,  plaide  en  faveur  d’une  hypo- 
thénic  antérieurement  émise  par  G.  et  O.  Vogt  sur  la  part  du  système  extra-pyramidal 
dans  l’élaboration  du  mouvement  volontaire. 

Le  second  point  concerne  l’étiologie  :  l’absence  de  toute  infection  dans  les  premiers 
jours  de  la  vie,  l’absence  de  toutes  perturbations  pendant  la  grossesse  de  la  mère,  de 
tout  incident;  obstétrical  confirme. l’hypothèse  de  M”»®  G.  Vogt  qui  considèrele syndrome 
décrit  par  elle  comme  étant  essentiellement  dysgénétique,  et  non  pas  comme  le  voudrait 
Scholz  d’origine  cicatricielle,  suite  d’infection.  Ils  esquissent  enfin  la  place  du  syndrome 
d’état  marbré  dans  le  cadre  de  la  maladie'de  Little. 


Un  cas  d’hémichoréo-athétose,  par  le  D'  L.  Laruelle. 

Présentation  d’une  malade  atteinte  à  l’âge  de  10  ans  d’un  syndrome  d’hémichoréo- 
athétose  avec  troubles  sensitifs  homolatéraux.  Geux-ci  ont  régressé.  On  observe  actuel¬ 
lement  une  hémiatrophie  faciale,  une  contracture  intentionnelle  intense  du  type  extra¬ 
pyramidal  et  à  prédilection  proximale,  de  petits  mouvemnts  athétosiques.  Pas  de  trou¬ 
bles  cérébelleux  ni  pyramidaux. 

(M.  L.  situe  la  lésion  au  niveau  de  l’artériole  supérieure  du  noyau  rouge,  à  la  lésion 
duquel  il  rapporte  l’hypertonie  extrapyramidale,  renforcement  intentionnel  si  parti¬ 
culier.  Il  insiste  sur  le  caractère  extrêmement  parcellaire  du  syndrome  et  sur  le  méca¬ 
nisme  rubral  de  sa  production. 

Syndrome  myasthénique  et  basedowien  associés,  par  M.  L.  Laruelle. 

Il  s’agit  ici  d’une  malade  extrêmement  complexe. 

Amyotrophie  progressive  et  symétrique  des  membres  supérieurs  débutant  par  'e 
petit  doigt  des  deux  côtés  et  se  limitant  avant  tout  à  l’extrémité  des  membres  ;la  face 
est  atteinte  à  son  tour.  A  ce  niveau,  les  muscles  de  la  mastication,  do  la  déglutition,  de  la 
phonation  sont  très  entrepris,  mais  les  muscles  oculaires  ne  sont  pas  épargnés';  il  y  a 
ptosis  double  exophtalmie  et  paralysie  percellaire  des  muscles  extrinsèques  des  yeux. 

L.  insiste  ensuite  sur  l’asthénie  et  la  fatigabilité  extrême  du  malade  qui  le  soir  est 
incapable  de  tout  mouvement,  l’hypoexcitabilité  galvanique  des  muscles  amyotro- 
phiés,  le  bon  résultat  du  traitement  hypophyso-surrénal  sur  l’état  de  la  fonction  mus¬ 
culaire  et  la  fatigue. 

La  réaction  électrique  de  la  myasthénie  fait  défaut.  Quelques  petits  signes  de  base¬ 
dowisme  (tachycardie,  regard  brillant,  etc.),  mais  un  métabolisme  basal  abaissé  ( — 17  %) 
et  des  éprouves  végétatives  normales  complètent  la  sémiologie. 

Il  ne  s’agit  pas  ici  d’une  myopathie,  ni  d’une  amyotrophie  spinale  vraie.  L’auteur 


SOCIÉTÉS 


631 


présente  ce  cas  à  l’analyse  do  la  société  parce  qu’il  rappelle  très  étroitement  celui  pré¬ 
senté  il  y  a  eu  un  an  par  MM.  Delbeke  et  "Van  Bogaert  et  qu’il  ne  répond  à  aucun  cadre 
clinique  actuel. 


Aperception  sensorielle  et  aperception  interne,  par  le  Prof.  Aug.  Ley. 

Dans  une  série  de  recherches  de  psychologie  expérimentale,  actuellement  en  cours, 
l’auteur  a  été  frappé  de  la  dissociation  particulière  entre  l’aperception  sensorielle  et 
l’aperception  interne  dans  le  plan  des  valeurs  intellectuelles. 

Des  sujets  d’un  niveau  mental  nettement  abaissé  aux  épreuves  d’aperception  senso¬ 
rielle  réagissent  d’une  manière  remarquable  dans  l’ordre  de  l’aperception  interne. 
Défait  paradoxal  contredit  évidemment  toutes  les  conceptions  philosophiques  faisant 
■  de  la  faculté  aperceptrice  l’opération  la  plus  complexe,  au  point  de  vue  intellectuel 
et  l’auteur  se  propose  de  montrer  ultérieurement  que  ces  faits  strictement  expéri¬ 
mentaux  s’harmonisent  beaucoup  mieux  avec  les  conceptions  de  la  psychologie  mo¬ 
derne  non  associacioniste.  L.  V.  B. 


Société  belge  de  médecine  mentale. 


Séance  du  21  novembre  1926. 


Présidence  du  Dr  Boulenger  (de  Waterloo). 


Un  cas  de  psychose  passionnelle,  par  G.  Vermeylen  (de  Bruxelles).  > 

Il  s’agit  d’un  cas  de  délire  de  revendication  à  forme  de  jalousie. 

L’auteur  fait  une  description  détaillée  des  cas.  Or  à  la  base  de  la  psychose  se  trouve 
un  état  passionnel  qui  en  commande  toutes  les  modalités  rhorbides.  Comme  dans  les 
passions  normales  on  retrouve  ici  :  l’exaltation  d’un  instinct  profond  s’extériorisant 
sous  une  forme  dérivée  ;  2“  le  caractère  unilatéral  et  exclusif  de  la  tendance  prévalente'; 
3“  son  parasitisme  sous  forme  de  complexe  envahissant  tout  le  psychisme. 

La  psychose  passionnelle  de  distinguer  nettement  le  délire  d’interprétation  ne  relève 
pas  de  la  constitution  paranoïaque.  Elle  prend  plutôt  ses  origines  dans  la  constitution 
émotive,  à  la  fois  par  son  caractère  obsessif  et  les  manifestations  hypomaniaques  qu’elle 
comporte. 

M.  "Vervaeck  (de  Bruxelles).  Pour  lui  le  cas  présenté  relève  nettement  de  la  consti¬ 
tution  paranoïaque  et  peut  se  classer  parmi  les  délires  interprétatifs.  Il  fait  toutes  ses 
réserves  au  sujet  de  l’avenir  du  malade  et  trouve  qu’on  devrait  protéger  plus  efficace¬ 
ment  la  société  contre  de  tels  malades. 

Prof.  Ley  (de  Bruxelles)  attire  l’attention  sur  les  alternatives  d’excitation  et  de  dé¬ 
pression  qu’on  constate  souvent  chez  ces  sujets.  La  psychose  passionnelle  lui  semble 
basée  surtout  sur  la  constitution  cyclothymiqué. 


€32 


SOCIÉTÉS 


Prof.  U’Hollander  (de  Louvain)  tait  également  scs  réserves  quant  à  la  guérison  effec-  .1 
tivc  d’un  pareil  sujet.  Il  croit  avec  l’auteur  qu’il  faut  tenir  grand  compte  de  la  constitu- 
tien  et  du  caractère  antérieur  du  sujet  dans  l’estimation  du  danger  que  peut  présenter 
le  maladç.  - 

M.  Maon  (de  Gand),  trouve  le  terme  «passionnel»  trop  générique.  En  tout  cas,  il  est 
certain  qu’à  l’origine  de  bien  des  états  de  ce  genre  se  trouve  un  sentiment  froissé  ou  un  v 
insctinct  profond  qui  a  été  détourné  de  son  véritable  but. 

[M.  VniiMEYLEN  (de  Bruxelles)  répond  aux  différents  orateurs.  Il  fait  également  ses  ^ 
réserves  au  sujet  de  l’avenir  du  malade.  Le  sujet  ne  présente  aucun  des  symptômes  cli-  S 
niques  de  l’interprétation.  Sa  constitution  antérieure  n’est  nullement  celle  d’un  para- 
noïaque.  On  a  du  reste  trop  schématisé  la  question  si  complexe  des  constitutions  mentales  .  • , 
et  il  n’y  a  pas  de  rapport  fatal  entre  telle  constitution  et  telle  psychose. 

L’absorption  d’objets  de  (piété  au  cours  de  l’état  crépusculaire  postépileptique,  4 
pir  M.  Vermeylen  (de  Bruxelles).  J 

L’auteur  cite  3  cas  de  ce  genre.  Dans  le  dernier  et  le  plus  curieux  des  trois  le  sujets. 
présenté  plusieurs  fois  un  délire  mystique  assez  incohérent  immédiatement  après  la 
crise  d’épilepsie.  Une  première  fois  il  a  cassé  un  cadre  de  piété  sur  sa  tête  pour  prouver  .'J 
qu’il  ne  pouvait  être  blessé.  La  fois  suivante  il  a  avalé  un  chapelet  pour  se  sanctifier-  'J 
Enfin  cette  fois  il  a  absorbé  un  médaillon  en  cuivre,  avec  pied  métallique,  de  4  cênti' 
mètres  de  diamètre.  Il  est  parvenu  à  enfoncer  dans  l’œsophagc  cetto  pièce  volumineuse,  ’ 
représentant  la  Vierge  de  Lourdes,  jusqu’au  niveau  de  la  .3®  vertèbre  cervicale  (Présen-  'J 
tation  de  la  pièce  et  de  la  radio).  .-t 

(Son  but  était,  comme  chez  les  deux  sujets  précédents,  de  se  guérir  par  ce  moyen  de  .  * 
ses  crises.  >  i 

En  dehors  de  la  similitude  de  réaction,  celte  communication  a  pour  but  de  montrer  .*■- 
que  beaucoup  d’épileptiques  s’inquiètent  plus  qu’on  ne  pense  de  leur  état  pathologique  f] 
et  essayent  d’y  remédier  par  des  moyens  parfois  très  bizarres. 

Sur  l’organisation  des  cours  d’infirmières  pour  maladies  mentales  et  nerveuses. 

Rapport  de  la  Commission. 

^  L’étude  et  la  discussion  du  rapport  seront  entrepris  après  sa  ptiblication. 

G.  Vermeylen. 


Réunion  annuelle  du  groupement  d’études 
oto-neuro-oculistIques  et  neuro  chirurgicales 


Séance  du  l^t-  novembre  1926. 


Présidence  de  M.  J.  Verhoogen. 


La  section  des  rameaux  commimicants  cervicaux  dans  la  chirurgie  de  1* 
douleur,  par  le  Prof.  Lericiie. 

L’auteur  insiste  brièvement  sur  l’absence  do  données  certaines  anatomiques,  physiO' 
logiques  ou  chirurgicales  concernant  les  affections  douloureuses  dépendant  de  la  co¬ 
lonne  sympathique  cervicale. 


SOCIÉTÉS 


633 


Il  montre  rincerlitudc  dos  données  physiologiques  actuelles  concernant  l’innerva¬ 
tion  sympathique  des  membres  supérieurs;  ;  Quelques  renseignements  sont  connus 
concernant  les  rameaux  thoraciques  et  cervicaux  superficiels.  Les  éléments  sympa¬ 
thiques  profonds  dépendant  du  nerf  vertébral  sont  d’ailleurs  d’un  accès  chirurgical 
très  difficile. 

Il  montre  que  les  4  derniers  rameaux  communicants  des  racines  cervicales  [et  la 
première  dorsale  sont  plus  aceessibles. 

La  conductibilité  se  fait  en  général  vers  les  centres  et  il  y  a  des  raisons  sérieuses 
pour  admettre  que  la  conductibilité  peut  se  faire  dans  ces  voies  en  deux  sens  différents, 
la  plupart  des  rameaux  comprenant  des  fibres  centripètes  et  centrifuges.  L’excitation 
électrique  de  G-  et  G’  déclanche  des  douleurs  derrière  l’oreille,  dans  les  dents  et  dans 
la  nuque. 

Gelle  de  G®-G’  déclanche  des  douleurs  |  dans  les  bras  et  dans  les  mains  sans  topo¬ 
graphie  radiculaire  ni  Ironculairo. 

Gelle  de  G*  déclanche,  des  douleurs  dans  la  région  de  l’omoplate. 

Tous  ces  phénomènes  s’accompagnent  en  outre  de  phénomènes  toniques  et  vaso¬ 
moteurs.  L^  pression  est  modifiée  dans  le  sens  d’un  abaissement  de  la  maxima,  la 
Valeur  globulaire  est  changée. 

L’auteur  insiste  sur  les  détails  de  la  technique  opératoire  dont  il  montre  de  très 
beaux  clichés,  insiste  sur  la  fréquence  des  'névromes,  sur  le  moyen  de  les  éviter  et 
montre  que  leur  présence  explique  une  partie  des  récidives  et  des  échecs.  Il  passe 
ensuite  à  l’étude  de  l’angine  de  poitrine,  affection  jqui,  pour  lui,  deviendra  certainement 
chirurgicale,  car  la  neurotomie  empêchera  le  déclanchement  du  réflexe.  Il  insiste  sur 
l’inutilité  et  le  danger  des  ablations  ganglionnaires  complètes  et  des  résections  étendues, 
oonscille  des  interventions  limitées,  et  tout  en  indiquant  qu’on  ignore  encore  actuelle, 
ment  quels  sont  le  ou  les  rameaux  qui  devraient  être  coupés  électivement,  il  estime 
que  les  interventions  limitées  indiquent  mieux  le  problème. 

■  Pour  la  maladie  de  Raynaud,  l’intervention  échoue  dans  les  syndromes  atypiques 
avec  vasodilatation  permanente. 

ÎDans  les  syndromes  caujalgiques  il  conseille  d’essayer  la  ramiscction  à  condition 
d’opérer  précocement,  et  signale  qu’une  partie  des  échecs  'est  due  è  ce  que  [ces  ma¬ 
lades  devenus  morphinomanes  ou  revendicateurs  se  trouvent  dans  un  état  psychique 
qui  rend  impossible  uno  guérison  totale. 

|I1  a  opéré  un  [cas  de  syringomyélic  pour  douleurs  très  pénibles  avec  grand  succès. 

Discussion  ; 

M.  De  Beule  apporte  deux  observations  d’angine  de  poitrine  opérée.  Une  ablation 
du  ganglion  cervical  inférieur  avec  mort  immédiate  sur  la  table  d’opération,  uno  ra- 
misection  supérieure  dans  un  mauvais  cas  où  les  crises  furent  supprimées  d’une  manière 
radicale,  < 


De  l’action  de  quelques  anesthésiques  sur  les  réflexes  d’axones,  ’parF.  ALnum  . 

L’auteur  rappelle  brièvement  qu’un  grand  nombre  de  perturbations  vaso-motrices 
traumatiques;  est  l’expression  [d’un  réflexe  axoniquo  ;  qu’il  [persiste  [après  destruc¬ 
tion  complète  do  la  moelle.  L’auteur  se  demande  s’il  y  a  quelque  espoir  de  limiter  cette 
activité  axoniquo  par  dos  interventions  non  mutilantes;  et  montre  que  s’il  en  était  ainsi 
nous  serions  en  présence  d’une  action  [modératrice  dont  l’intérêt  thérapeutique  ne 
peut  échapper. 

Il  montre  qu’aucun  anesthéi-iquc  général  ne  modifie  ou  ne  supprime  le  réflexe  axo- 
niqiie  do  la  douleur.  Dans  un  exposé  très  complot  il  note  l’action  des  différents  aneslhé- 

REVUE  NEUnOI.OOIQUR.  —  T.  11,  N"  0,  NOVEMIIIU!  192C.  41 


034 


SOCIÉTÉS 


>i(iui!s  locaux,  nolanimout  celle  de  la  scurocaïne  cl  l'action  des  thérapeutiques  rubé¬ 
fiantes,  partic\ilièrcinent  celles  des  substances  chimiques  du  groupe  de  l’essence  de 
moutarde. 

Cette  introduction  physiologique  permet  d’entrevoir  un  champ  pharmacodyna¬ 
mique  nouveau. 


Ramisectomie  cervicale  et  lombaire  deins  un  cas  de  syndrome  parkinsonien 
post-encéphalitique,  par  Lemoine. 

L'auteur  présente  une  malade,  grande  parkinsonienne  postencéphalitiquo  avec 
syncinésio  du  pied  et  mouvement  do  salutation  chez  laquelle  il  a  pratiqué  du  côté  droit 
une  double  ramisectomie. 

Il  rappelle  les  différentes  théories  émises  au  sujet  de  celte  intervention  depuis  les 
travaux  de  Royl'o  et  Iluntor. 

L’examen  clinique  de  cetto  malade,  qui  a  été  vue  antérieurement  par  plusieurs 
neurologistes,  permet  de  constater  une  diminution  très  nette  de  l’hypertonie  pour  les 
membres  inférieurs  et  supérieurs  opérés. 

M.  Clovis  Vincent  rappelle  qu’il  a  fait  opérer  par  M.  de  Martel  plusieurs  cas  sans 
aucun  résultat. 

M.  Lerichb  répond  qu’il  a  pratiqué  celte  intervention  une  seule  fois  chez  un  grand 
parkinsonien,  et  que  si  cotte  intervention  n’a  aucune  valeur  thérapeutique  on  ne  peut 
lui  dénier  une  grande  valeur  d’exploration  physioiogique. 

M.  Brembr  fait  des  réserves  expresses  sur  la  valeur  expérimentale  des  recherches 
de  Hunter  et  montre  que  le  tonus  exagéré  des  parkinsoniens  n’est  comparable  on  rien 
aux  hypertensions  d’expérimentation  et  que  par  conséquent  l’assimilation  des  ré¬ 
sultats  de  l’une  à  l’autre  est  injustifiée.  * 

La  neuro-ramisectomie  dorsale  dans  le  traitement  de  la  crise  gastrique, 
tabétique.  Deux  cas,  par  Ludo  Van  Bogaert  et  .J.  Vertrugge. 

Après  avoir  exposé  la  classification  clinique  qu’iis  adoptent  pour  los  douleurs  tho¬ 
raco-abdominales  et  tabétiques  :  douleurs  de  type  radiculaire,  douleur  de  type  sympa- 
thalgiquc  périphérique,  douleur  do  type  sympathalgique  viscéral  (la  crise  gastrique 
ollo-môme,  les  autours  discutent  des  lésions  anatomiques  responsables  dos  crises  gas¬ 
triques  tabétiques. 

Ils  considèrent  que  les  fibres  sensitives  de  la  racine  postérieure,  les  fibres  afférentes 
do  la  racine  antérieure,  les  fibres  du  rameau  communicant  sont  intéressées  dans  la  pro¬ 
duction  de  la  crise  et  ils  insistent  pârticulièrement  sur  la  présence  d’éléments  sensitifs 
dans  la  racine  antérieure,  ainsi  que  cela  ressort  d’observations  cliniques  et  opératoires 
de  Shaw,  Ilead  et  Tliornburn.  Cette  particularité  explique  déjà  on  partie  l’échec  des 
radicotomies  postérieures. 

Ces  divers  éléments  se  trouvent  évidemment  groupés  au  niveau  du  segment  de  Na- 
geotte.  Malheureusement  la  majorité  de  ce  segment  est  intra-arachnoïdienne  et  ce 
fait  aggrave  l’intervention. 

Une  intervention  physiologique  sur  la  crise  gastrique  doit  donc  comporter  la  sec- 
ion  des  deux  racines  et  du  rameau  communicant. 

Cotte  intervention  a  été  réalisée  par  les  auteurs  par  voie  extra-rachidienne  et  ils 
en  précisent  la  technique  . 

Dans  los  deux  cas  où  ils  ont  réalisé  cette  intervention,  la  cessation  des  douleurs 
a  été  immédiate,  elle  s’est  maintenue  pendant  plusieurs  mois. 


SOCIÉTÉS 


Les  auteurs  se,  proposent,  dans  des  recherches  ultérieures,  de  préciser  le  niveau 
optimal  des  résections  et  le  caractère  unilatéral  ou  bilatéral  de  l’exérèse.  Ils  insistent, 
sur  l’intérêt  pratique  et  thérapeutique  de  ces  interventions  qui,  pour  n’être  pas  faciles, 
sont  néanmoins  peu  traumatisantes  et  réalisent,  en  dehors  de  toute  doctrine,  une  opé¬ 
ration  physiologique. 

M.  Leriche  félicite  M.  Verbruoge  de  cette  intervention  qu’il  considère  comme 
difficile  et  du  plus  haut  intérêt,  il  indique  l’échec  presque  classique  de  la  radicotomie 
postérieure  quel  que  soit  le  nombre  de  racines  coupées. 

Clovis  Vincent  insiste  sur  ce  fait  que  la  radicotomie  postérieure  est  loin  d’avoir 
la  même  valeur  que  l’intervention  préconisée  par  M.  Van  Bogaert  et  Verbrugge  et 
que  son  expérience  personnelle  avec  M.  de  Martel  lui  a  montré  en  plusieurs  cas 
que  des  radicotomies  de  D3  à  DU  n’avaient  amené  aucune  sédation.  La  cordotomie 
a  une  valeur  bien  plus  grande. 

f  A  propos  des  troubles  sensitifs  observés  et  que  les  auteurs  attribuent  en  partie  à  une 
atteinte  de  la  racine  antérieure,  C.  V.  rappelle  qu’il  a  observé  dans  des  cordotomies 
pratiquées  pour  d’autres  affections  que  la  crise  gastrique  du  tabes,  des  douleurs  sym- 
pathalgiques  et  viscérales  analogues  à  la  crise  gastrique  et  qu’il  attribue  à  une  irri¬ 
tation  cicatricielle  intramédullaire  des  racines  aux  limites  de  la  zone  de  cordotomie. 

Laruellb  rappelle  que  certains  tabétiques  voient  des  crises  de  type  viscéral  succé¬ 
der  à  des  crises  de  type  radiculaire. 

Leriche  rappelle  qu’il  faut  limiter  à  son  .avis  la  cordotomie  au  cancer  inopérable 
et  qu’il  faut  chercher  pour  le  tabes  upe  autre  intervention. 

|M.  Van  Bogaert  rappelle  que  précisément  un  des  cas  de  Shaw  où  les  deux  ra¬ 
cines  antérieure  et  postérieure  ont  été  sectionnées  n’a  plus  eu  do  crises,  tandis  que  les 
radicotomies  postérieures  simples  n’ont  pas  donné  de  résultats.  Il  insiste  sur  le  fait  que 
dans  l’opération  réalisée  avec  M.  Verbrugge  la  racine  antérieure  et  le  rameau  com¬ 
municant  ont  été  sectionnés. 

M.  Bremer  demande  aux  auteurs  si  les  fibres  sensitives  qui  passent  au  |niveau  de 
la  racine  antérieure  sont  des  fibres  afférentes  ou  efférentes. 

'M.  Van  Bogaert  répond  que  l’interprétation  physiologique  du  rôle  de  la  racine  an¬ 
térieure  est  encore  incertaine,  que  d’après  les  recherches  de  Ranson  il  s’agirait  de  fibres 
afférentes. 

Enfin  M.  Barré  insiste  sur  le  fait  que  dans  les  interventions  pour  crises  gastriques 
on  méconnaît  trop  souvent  le  rôle  des  lésions  tabétiques  diffuses. 

L’intervention  physiologique  sur  le  ganglion  de  Gasser,  par  M.  Muskens. 

Rappelant  des  expériences  anciennes  de  Van  Gehuchten  montrant  que  la  dégéné¬ 
rescence  des  cellules  gangliopnaires  est  d’autant  plus  marquée  que  la  section  du  neurone 
est  réalisée  plus  près  de  la  cellule,  et  que  par  ailleurs  c’est  l’écrasement  du  ganglion 
qui  réalise  la  destruction  la  plus  complète,  l’auteur  a  utilisé  avec  le  plus  grand  succès 
dans  plusieurs  cas  de  névralgie  du  trijumeau  l’écrasement  de  la  racine  sensitive.  Inter¬ 
vention  faciale  et  peu  traumatisante. 

Helation  entre  les  mouvements  conjugués  des  yeux,  les  mouvements  forcés 

chez  l’homme  et  chez  les  animaux.  Interprétation  anatomo-physiologique 

de  ces  phénomènes,  par  M.  Muskens. 

Dans  celte  importante  communication  l’auteur  rappelle  une  série  de  recherches» 
poursuivies  depuis  20  années  tant  chez  l'homme  que  chez  l’animal.  Cet  important  mé 
moire  sera  publié  in  extenso  dans  le  Journal  de  Neurologie, 


636 


SOCIÉTÉS 


M.  Barbé  remercie  M.Muskens  de  sa  très  belle  communication  etso  réjouit  de  voir 
confirmer  dans  le  plan  do  l’anatomie  comparée,  des  inductions  cliniques  qui  l'avaient 
amené  à  considérer  que  le  voisinage  de  la  commissure  postérieure  ôtait  le  point  d'élec-i 
tion  des  lésions  responsables  des  syndromes  conjugués.  Il  rappelle  à  ce  sujet  un  cas 
clinique  personnel,  où  à  unepimitation  de  l’excursion  du  regard  dans  l’axe  vertical  et 
borizontal  |se  trouvèrent  combinés  des  phénomènes  cérébelleux,  ^des  phénomènes 
psoudo-myocloniques  appelant  l’attention  vers  la  région  dorsale  [de  la  calotte. 

Dans  un  cadre  pathologique  voisin  il  rappelle  les  troubles  des  mouvements  conjugués 
des  yeux  qu’il  a  |antéricurement  étudiés  avec  M.  Duvorger  [^dans  la  sclérose  en 
plaques,  le  tabes,  la  maladie  de  Parkinson,  etc. 

M.  De  Beule  revenant  sur  la  communication  première  de  [Muskens,  montre  [que 
la  méthode  rétro-gasséricnne  qu’il  [a  préconisée  est  de  toute  sécurité  puisque  sur 
117  cas'il  n’a  que  2  morts.  Il  demande  aux  neurologistes  présents  quelle  est  la  raison 
de  la  paralysie  faciale  si  fréquemment  observée  après  la  cure  rétro-gassérienne. 

M.  Barré  croit  y  voir  une  paralysie  réflexe. 

(M.  Vincent  répond  qu’elle  sovoit  surtout  après  arrachement,  moins  après  la  section 
de  la  racine  postérieure,  et  qu’au  fur  et  à  mesure  que  le  chirurgien;deviont  plus  maître 
de  sa  technique  elle  devient  plus  exceptionnelle.  Il  a  [observé  |  également  des 
troubles  labyrinthiques  post-opératoires  qu’explique  très  facilement  la  proximité 
anatomique  de  la  racine  descendante  des  trijumeaux  et  des  noyaux  vestibulaires. 

M.  Leriche  considère  lui  aussi  que  ces  paralysies  faciales  sont  des  traumatismes 
opératoires  |et  remarque  qu’avec  l’actuelle  technique  d’Adson  elles  deviennent  rares- 

M.  Muskens  signale  le  caractère  parcellaire  d’un  certain  [nombre  do  cos  paralysies 
faciales. 


Paralysie  dos  mouvements  verticaux  des  (yeux  (Syndrome  do  Parinaud). 

Etude  '  anatomique,  par  |M.  Ci.ovis  Vincent. 

Cliniquement  la  malade  présentait  une  hémiplégie  gauche,  une  paralysie  des  mou¬ 
vements  du  regard  vers  le  (haut  avec  conservation  de  la  [convergence.  Ce  malade  est 
mort  d’un  érôsipcl  de  la  face. 

Toute  la  région  hypothalamique  a  été  coupée  en  série  et  montre  qu’il  existe  au  voi¬ 
sinage  du  III»  ventricule  un  long  foyer  hémorragique  médian. 

Lesjnoyaiix  do  la  III»  paire  sont  intacts, les  voies  pyramidales  sont  intactes,  cotte 
intégrité  permet  d’éliminer  deux  des  hypothèses  proposées  dans  l’interprétation  du 
syndrome  de  Parinaud. 

Le  faisceau  rétro-réflexe  de  Mcynert  peut  être  mis  hors  do  cause. 

En  présence  de  la  bilatéralité  du  phénomène  pathologique  oculaire  et  [du  caractère 
unilatéral  des  lésions  descendantes,  force  est  d’admettre  le  rôle  des  fibres  commissu- 
rales  de  la  commissure  postérieure. 

IL'étude  de  ce  cas  se  rapproche  ainsidii  travail  anatomo-oxpérimentaldeM.  Muskens. 

Etude  neuro-chirurgicale  d’une  (tumeur  de  la  moelle,  par  M.  Barré  et  Leriche. 

Le  syndrome  clinique  du  malade  se  limitait  à  un  état  de  para-parésie  avec  douleur 
en  ceinture.  Le  réflexe  rotuliiui  ôtait  polycinétique,  les  achilléens  absents.  Il  n’y  avait 
pas  de  troubles  sensitifs. 

Le  praticien  traitant  avait  songé  à  une  paraplégie  syphilitique. 

'  La  ponction  lombaire  montre  un  liquide  xanthochromique  à  une  pression  de  SD 
fortement  albiiminéi^  contenant  3  cellules  dont  le  Wassermann  et  le  Benjoin  colloïdal 
sont  négatifs. 


F 


SOCIÉTÉS  637 

L.’éprcuvc  lipiodolée  montre  un  arrêt  net  en  D  II.  L’aspect  de  l’image  est  celle  des 
tumeurs  intradure  méricnnes. 

|A  l’intervention  on  trouve  la  dure-mère  appuyée  à  même  l’os,  la  moelle  juxtaposée 
à  la  dure-mère  élargie,  étalée  et  sans  liquide.  Ponctionnée  à  3  endroits  différent?  on 
en  retire  chaque  fois  du  liquide  xanthochromique,  la  quantité  ’de  liquide  retiré  ne  s’élève 
pas  à  moins  do  40  cmc. 

L’évolution  opératoire  a  été  très  favorable. 

L’abolition  paradoxale  dos  réflexes  achilléens  doit  être  attribuée  à  [une  dégénéres¬ 
cence  des  racines  postérieures  par  hypertension  analogue  à  celle  qu'on  observe  dans  les 
tumeurs  cérébrales. 

Un  cas  de  névralgie  sinusale,  par  JL  IIicgvet. 

Rappelant  les  cas  qu’il  a  présentés  antérieurement,  l’auteur  produit  de  très  belles 
radiographies  concernant  un  nouveau  cas  de  névralgie  sinusale  où  seule  l’exploration 
radiologique  permit  de  mettre  en  évidence  une  obscurité  avec  endopériostito  |Végé- 
tantc. 

Des  radiographies  analogues  ne  peuvent  plus  passer  inaperçues,  elles  ont  une  valeur 
diagnostique  très  grande  et  comportent  une  thérapeutique  déterminée. 

Type  sacré  pur  du  syndrome  de  la  queue  de  cheval  par  fibro-chondro-cliordome 
intra-rachidien,  par  Moons,  L.  Van  Bogaert  et  Nyssen, 

Les  tumeurs  primitives  du  sacrum  ayant  donné  lieu  à  ces  compressions  do  la  queue 
de  cheval  sont  exceptionnellement  rares.  Les  auteurs  en  ont  relevé  sept  'cas  dans  la 
littérature. 

[Le  tableau  clinique  est  celui  d’un  syndrome  sacré  pur  S  3,  S  4,  S  5  :  troubles  génitaux 
urinaires  du  transit  fécal,  anesthésie  en  selle,  anesthésie  ano-périnéo-scrotale.  Evolu¬ 
tion  assez  rapide. 

Dissociation  albuminocytologiquc  du  liquide.'  L’épreuve  lipiodolée  montre  un  arrêt 
franc  en  S.l. 

L’intervention  confirme  l’existence  d’une  tumeur  au  niveau  précisé  cliniquement  et 
radiologiquement.  La  tumeur  est  vidée.  'Des  fragments  sont  prélevés.  Evolution 
liost-opératoire  normale.  Disparition  de  tous  les  troubles  sauf  incontinence  par  re¬ 
gorgement. 

lllistopathologiquement  :  fibro-ehondro-chordomc  intra-rachidien. 

Deux  cas  de  neuro-myélite  optique,  par  ,1'.  (J  an  Geih  guten. 

L’auteur  cxiiose  l’histpire  clinique  et  détaillée  do  deux  cas  graves  de  cette  affec¬ 
tion  encore  imparfaitement  connue.  Dans  le  premier  cas  il  s’agit  d’une  forme  très 
amyotrophique,  ascendante,  lentement  progressive  malgré  toutes  les  thérapeutiques. 

L’œdème  papillaire  qui  a  existé  au  début  a  assez  rapidement  disparu. 

L’évolution  du  premier  cas  a  été  fatale. 

Le  second  cas  est  moins  grave,  son  étiologie  est  moins  incertaine,  toule  infee- 
lion  syphilitique  ne  pouvant  pas  être  exclue.  L’évolution  est  peu  progressive.  Au 
début  la  paraplégie  est  flasque,  elle  est  devenue  ultérieurement  spasmodique.  Seule 
un  abcès  de  fixation  apparut  influencer  favorablement  l’affection.  L’auteur  rappelle 
notre  incertitude  sur  l’étiologie  qui  pour  lui  est  voisine  de.  celle  |do  la  poliomyélite. 
D’ailleurs  peut-être  s’agit-il  ici  plutôt  de  syndromes  .infectieux  dus  à  des  agents 
divers  mais  ayant  en  commun  cette  particularité  d’atteindre  à  la  |fois  le  nerf  optique 


638 


SOCIÉTÉS 


et  les  cordons  médullaires.  La  grande  variété  des  images  cliniques  de  la  neuromyé- 
lito  optique  doit  être  interprétée  peut-être  dans  le  même  espi'it. 

M.  Van  BoG.\EnT  rapporte  un  cas  semblable  mais  à  début  infectieux,  à  évolution 
moins  rapide  et  moin  grave,  tendant  vers  la  guérison  spontanée,  où  la  phase  spasmo¬ 
dique  a  succédé  également  à  une  phase  flasque.  Les  amyotrophies  sont  discrètes  et 
limitées.  Au  point  de  vue  ophtalmologique  il  s’agissait  d’une  névrite  rétrobulbaire 
bilatérale  d’ailleurs  passagère,  la  ponction  lombaire  montre  une  hypertension  très 
marquée  avec  dissociatioti  albuminocytologiquc. 

M.  CoppEZ  insiste  sur  l’imprécision  du  terme  de  neuromyélite  optique,  et  indique 
que  la  paralysie  droite  externe  n’a  aucune  valeur  en  cas  d’œdème  pa|)illaire. 

M.  Muskens  a  eu  l’occasion  d’observer  un  cas  de  cette  catégorie. 


La  signification  de  la  réaction  de  Wassermann  dans  le  liquide  céphalo¬ 
rachidien,  par  M.  Desneux. 

Question  doctrinale,  technique  d’autre  part,  mais  dont  l’importance  pratique  est 
grande  et  qui  mérite  d’être  résolue.  L’auteur  montre  que  les  antigènes  alcooliques 
et  éthérés  peuvent  en  présence  d’un  sérum  non  spécifique  donner  une  réaction  de 
Wassermann  positive. 

L’hémolyse  disparaît  dès  qu’on  pratique  cette  épreuve  avec  du  sérum  chauffé  à 
56  degrés.  Il  convient  donc  en  pratique  d’opérer  toujours  avec  un  sérum  chauffé. 

L’auteur,  en  utilisant  cette  technique,  a  pu  vérifier  dans  un  grand  nombre  de  cas 
que  le  Wassermann  est  toujours  négatif.  Dans  un  cas  douteux  où  un  laboratoire  pro¬ 
vincial  avait  donné  une  réponse  positive,  la  réaction  de  Wassermann  pratiquée  sur 
du  sérum  chauffé  a  été  négative. 

M.  Clovis  Vincent  fait  remarquer  que  ces  questions  intéressent  moins  les  Neu¬ 
rologistes  que  les  üactériologistcs  et  que  l’examen  clinique  domine  tout  dès  qu’il 
s’agit  de  tumeur  cérébrale. 

M.  Van  Bogaekt  répond  qu’il  en  est  bien  ainsi  mais  qu’en  jiralique  générale  il 
est  très  difficile  do  convaincre  les  médecins  de  faire  opérer  un  malade  atteint  do  tu» 
meur  cérébrale  et  présentant  un  Wassermann  positif.  F.n  général,  le  traitement  anti- 
syphilitique  est  continué  Jusqu’au  moment  où  les  yeux  sont  définitivement  com¬ 
promis.  1,.  v.  B. 


ANALYSES 


NEUROLOGIE 


ÉTUDES  SPÉCIALES 


NÉVROSES 


Les  névroses.  Evolution  de  la  pathogénie  et  de  la  thérapeuticpie  des  maladies 
du  système  nerveux  depuis  Charcot,  par  Maurice  Faure  (de  La  Malou),  Ar.s 
medica,  Barcelone,  t.  2,  n»  8,  p.  36,  février  1926. 

Conférence  à  l’Académie  des  Sciences  médicales  de  Catalogne.  JI.  Faure  montre 
combien  ont  changé  nos  conceptions  des  névroses  depuis  trente  ans,  en  prenant  pour 
exemples  l’hystérie,  l’épilepsie,  la  maladie  de  Parkinson.  Il  estime  que  la  cause  ordi¬ 
naire  des  grands  accidents  nerveux  est  la  toxi-infection,  manifeste  ou  cachée. 

F.  Deleni. 

Les  anorexies  n  mentales  »  de  l’adolescence  et  de  l’âge  adulte,  par  M.  Nathan^ 
Presse  médicale,  n»  25,  p.  390,  27  mars  1926. 

Revue.  L’auteur  envisage  les  origines  diverses  de  l’anorexie  mentale  et  les  formes 
multiples  de  l’anorexie  mentale  simple.  E.  F. 

La  valeur  des  études  de  Charcot  sur  les  troubles  moteurs  de  l’hystérie  au 
point  d  vue  de  la  pathophysiologie  de  la  motilité,  par  Stefan  K.  PiENKOWSKii 
Neurologie  Polonaise,  t.^8,  n»  3-4,  p.  217  1926. 

L’admirable  méthode  d’observation  et  d’ex  érimentation  clinique  employée  par 
Charcot  en  matière  d’hystérie  n’a  pas  cessé  d’être  exploitable.  L’auteur'  a  soumis  à 
l’analyse'  comparative  certains  troubles  moteurs  de  l’hystérie  en  vue  de  définir  leur 
place  par  le  rapprochement  avec  les  nouvelles  conquêtes  cliniques  effectuées  dans 
le  domaine  de  la  motricité,  Il  constate  que  les  troubles  moteurs  hystériques  offrent  des 
similitudes  avec  les  troubles  extra-pyramidaux.  Il  est  dès  lors  permis  de  supposer  dos 
conditions  physio-pathologiques  analogues  à  l’origine  des  troubles  moteurs  de  l’une  et 
de  l’autre  sorte.  U  s’agirait  d’un  processus  de  relâchement  de  dissociation  ou  de  désin¬ 
tégration  entre  les  systèmes  ordonnateurs  des  deux  grands  domaines  de  la  motri¬ 
cité,  celui  des  mouvements  automatiques  et  celui  des  mouvements  intentionnels. 

E.  F. 


L'hystérie  au  point  de  vue  du  penser  magique,  par  Stefan  Boronwibcki.  Neuro¬ 
logie  Polonaise,  t.  8,  n»*  3-4,  p.  256,  1925. 

Les  recherches  qu’on  effectue  dans  les  couches  profondes  échappant  à  la  conscience 
individuelle  donnent  de  curieuses  révélations  sur  les  mécanismes  psychiques  inférieurs. 
C’est  ainsi  que  l’assimilation  peut  être  faite  entre  les  symptômes  hystériques  et  les 
rfives  de  la  veille  comme  ceux  du  sommeil.  Le  penser  magique  des  rêves  appartient 
aussi  à  l’hystérie.  Ce  penser  magique  explique  ce  qu’il  y  a  de  plus  difficile  à  com¬ 
prendre  dans  le  tableau  clinique  de  l’hystérie,  la  substitution  do  symptômes  somatiques 
à  un  état  psychique,  la  satisfaction  et  le  refuge  dans  la  maladie  que  l’hystérique  sait 
créer  par  identification  magique.  E.  F. 

Le  rôle  de  Charcot  dans  l’histoire  de  l’hystérie,  par  J.  Jarkowski.  Neurologie 
Polonaise,  t.  8,  n««  3-4,  p.  272,  1925. 

L’auteur  expose  la  conception  de  l’hystérie  formulée  par  Charcot  en  soulignant 
les  grands  mérites  du  Maître  dans  le  domaine  de  l’analyse  des  troubles  hystériques  et 
de  l’hypnotisme.  Les  travaux  des  disciples  de  Charcot,  et  au  premier  rang  ceux  de 
Babinski,  ont  modifié  en  certains  points  la  conception  du  Maître.  C’est  néanmoins 
il  Charot  qu’appartient  le  grand  mérite  d’avoir  introduit  l’hystérie  et  l’hypnotisme 
dans  la  science  médicale  ;  ses  études  ont  préparé  l’évolution  qui  s’est  faite  dans  ce  do¬ 
maine  ;  l’œuvre  de  Charcot  a  été  une  étape  nécessaire  dans  l’évolution  de  nos  con¬ 
naissances  sur  l’hystérie  et  les  états  voisins.  E.  F. 

Les  idées  actuelles  sur  l'hystérie,  par  M.  Nathan,  Presse  médicale,  n»  5,  p.  69, 
16  janvier  1926. 

Intéressant  exposé  des  conceptions  qui  tendent  à  unir  l’hystérie  à  la  diathèse  émo¬ 
tive.  E.  F. 

Analyse  d’un  cas  d’hallucinations  hystériques,  par  "V.  S.  Deriabine,  Journal 

néuropalologhii  y  psychialrii  imeni  S.  S.  Korsakova,  t.  XIX,  n»  1,  p.  31-38,  1926. 

Une  jeune  fille  âgée  de  18  ans  avait,  pendant  ses  crises  hystériques,  des  hallucina¬ 
tions  accompagnées  d’un  sentiment  d’euphorie  très  prononcée.  L’analyse  montra 
que  les  sensations  éprouvées  avaient,  pour  base  réelle,  les  désirs  et  des  émotions.  Le 
tout  serait  à  mettre  en  rapport  avqc  un  sentiment  d’infériorité  dont  l’origine  remontait 
a  l’ûgo  de  l’cnfancc,  et  qui,  jilus  tard,  déterminait  les  réactions  psychiques  anor¬ 
males,  G.  ICHOK. 

Sur  un  cas  intéressant  d'aphonie  hystérique,  par  Théo  philo  Falcâo,  lirazil- 
Medico,  an  40,  vol,  1,  n»  16,  p.  219,  17  avril  1926. 

Il  s’agit  d’une  jeune  fille  malencontreusement  soignée  par  des  inhalations  répétées 
pour  une  laryngite  inexistante  ;  résultat,  aphonie  complète.  Cette  aphonie  fut  ins¬ 
tantanément  guérie  par  la  suggestion  ;  une  pince  introduite  dans  la  gorge  enleva  pré- 
tendûment  une  végétation,  qui  empêchait  les  cordes  vocales  de  se  joindre. 

F.  Oeleni. 

Des  contractures  hystériques  des  muscles  extrinsèques  de  l’oeil, 
par  O.  Balduzzi  (do  Rome),  Encéphale,  an  21,  n»  3,  p.  195-205,  mars  1926. 

Observation  d’un  cas  d’hystérie  avec  strabisme  interne  permanent  par  contracture 
hystérique  des  droits  internes.  La  contracture  hystérique  dos  muscles  extrinsèques 


ANALYSES 


G41 

de  l’œil  est  très  rare  ;  dans  le  cas  particulier  elle  s’accompagnait  de  pseudo-paralysie 
des  muscles  élévateurs,  et  ceci  eût  pu  facilement  être  la  cause  d’une  erreur  de  dia¬ 
gnostic  si  l’on  n’avait  pas  eu  connaissance  des  grands  accidents  hystériques  présentés 
par  la  malade  au  début  de  son  affection. 

La  discussion  du  cas  est  accompagnée  de  la  relation  de  deux  faits  rares  et  curieux  : 
•1  s’agit  de  sujets  sachant  à  volonté  contracter  isolément  un  muscle  oculaire  (droit  ex¬ 
externe  de  l’œil  droit  ou  de  l’œil  gauche,  droit  interne  de  l’ii'il  droit  ou  de  l’œil  gauche). 

E.  F. 

Un  cas  de  paraplégie  pithiatique  à  forme  pseudo-pottique.  Les  difficultés  du 
diagnostic  et  l’utilité  d’un  examen  complet  du  liquide  céphalo-rachidien, 
par  Léon  Tixieh  et  P. -R.  Bize.  Bull,  el  Mém.  de  la  Soc.  méd,  des  Hôpitaux  de 
Paris, \an  42,  n»  28,  p.  1392.  30  juillet  1926. 

Certaines  paraplégies  hystériques  sont  d’un  diagnostic  particulièrement  difficile. 
La  malade  présentée  en  est  un  exemple.  Depuis  trois  ans  elle  traînait  les  hôpitaux 
avec  le  diagnostic  de  mal  de  Pott,  et  c’est  comme  incurable  qu’elle  est  arrivée  dans 
•e  service. 

La  paraplégie  était  spasmodique  et  complète  avec  une  bande  d’anesthésie  répondant 
à  L3  et  vives  douleurs  du  rachis.  L’évolution  de  la  paralysie,  sa  progressivité  et  ses  ré¬ 
missions,  les  antécédents  de  la  malade  avec  cinq  entants  morts  de  méningite,  orien¬ 
taient  vers  le  diagnostic  de  mal  de  Pott.  Cependant  l’absence  de  contracture  et  declonus, 
l’absence  de  signe  de  Babinski,  la  variabilité  de  la  zone  d’anesthésie  firent  décider  la 
radiographie,  la  ponction  lombaire,  le  Wassermann.  Le  résultat  de  ces  différentes 
épreuves  ayant  été  négatives  on  rechercha  les  petits  signes  de  l’hystérie  et  on  finit 
par  poser  le  diagnostic  exact,  bientôt  confirmé  par  l’efficacité  curative'de  quelques 
séances  de  psycho-électrothérapie  telle  que  la  pratique  Babinski.  E.  F. 

Un  cas  curieux  de  l’état  nerveux  après  un  trauma,  par  Vlad.VoNDRACEK, 
(Prague).  Prakticky  lekar,  n°  3,  1926. 

Une  femme  à  la  suite  d’une  tentative  de  suicide  a  eu  les  deux  jambes  broyées  et 
a  dû  en  subir  l’amputation.  Elle  a  supporté  très  bien  l’opération  et,  par  la  suite,  s’est 
montrée  très  tranquille.  Plus  tard  un  déraillement  du  train  au  cours  duquel  elle 
û’a  eu  qu’à  subir  quelques  légères  contusions  causées  par  la  chute  d’un  coffret  l’a 
laissée  dans  un  état  de  grande  excitation  permanente  en  lui  causant  une  névrose  trau¬ 
matique. 

Traitement  radical  du  nervosisme  chez  les  enfants,  i)ar  Tom.  A.  Williams, 
(de  Washington),  Archives  of  Pedialrics,  octobre  1925. 

Il  faut  avant  tout  bien  examiner  l’état  physique  de  l’enfant  arriéré  ou  nerveux  et 
laire  tous  les  redressements  nécessaires,  en  particulier  supprimer  éventuellement 
l’alcool  et  le  café,  ou  prescrire  les  vermifuges.  Parfois  l’opothérapie  thyroïdienne,  pitui¬ 
taire,  surrénale  el  surtout  gonadienne  est  indiquée. 

Mais  il  ne  faut  pas  se  dissimuler  que  les  facteurs  physiques  n’ont  qu’une  part  res¬ 
treinte  dans  le  déterminisme  du  nervosisme  infgntile  ;  il  est  essentiellement  psychogène 
at  l’on  ne  saurait  en  venir  à  bout  que  par  l’emploi  judicieux  des  moyens  psycholo- 
Slques.  Thoma. 

■^alyse  de  la  constitution  et  du  système  endocrino-sympathique  dans  un  cas 
«  maladie  des  tics  »,  par  Giovanni  De  Nigris,  Bivisla  sperimenlale  de 
Prenialrilai  49,  n“»  2-3^  p.  309-332,  décembre  1925. 

■  Maladie  de  Gilles  do  la  Tourelle  chez  une  jeune  fille  de  18  ans  ;  instabilité  vaso-ino- 


G42 


ANALYSES 


triée,  vagotonie.  L'infantilisme  et  la  débilité  intellectuelle  du  sujet  témoignent  d’u®* 
sous'évolution  à  rapporter  à  des  facteurs  constitutionnels  et  héréditaires,  et  'qui  se 
traduit  par  l’impuissance  ou  le  défaut  des  inhibitions.  F.  Deleni. 

Mob  expériences  de  la  provocation  des  accès  épileptiqpies  et  hystériques  par 
l’hyperpnée,  par  le  D'  O.  Janota,  Cas  lek.  ceskych,  1925,  n«  48. 

L’auteur  donne  des  nouvelles  des  expériences  par  l’hyperpnée  sur  62  malades  et 
cela  sur  51  épileptiques,  5  hystériques,  4  schizophréniques,  1  alcoolique,  1  paralysie 
périodique  familiale.  De  plus  i!  faut  ajouter  5  cas  normaux  de  contrfile.  Des  51  cas 
d’épilepsie  qui  ont  été  l’objet  des  expériences,  45  épileptiques  souffraient  d’épilepsie 
essentielle,  combinée  dans  certains  cas  d’une  hémipiégie,  tirant  son  origine  d'une 
hémorragie  produite  pendant  un  accès  épileptique.  De  plus  un  malade  est  atteint 
d’épilepsie  jacksonienne,  un  d’une  myoclonie  épileptique  d’ünverricht,  et  dans  deux  cas 
l’épilepsie  s’est  montrée  sur  la  base  de  la  maladie  de  LitUe. 

Dans  10  cas  d’épilepsie  l’expérience  lut  empêchée  parce  que  les  malades  ne  savaient 
pas  du  tout  respirer  profondément.  11  autres  ne  respiraient  que  superficiellement. 
Chez  les  30  comitiaux  qui  respiraient  bien  profondément,  l’auteur  n’a  pas  vu  une  seule 
fois  un  accès  épileptique.  Il  n’a  observé  pendant  l’hyperpnée  que  deux  accès  éoilep' 
tiques  typiques,  et  cela  chez  2  malades  qui  ne  respiraient  pas  assez  profondément  nt 
dont  l’un  avait  des  accès  quotidiens.  L’autre  des  accès  aussi  fréquents.  Quand  on  » 
répété  l’hyperpnée  chez  eux,  les  accès  ne  se  sont  plus  manifestés.  L’auteur  conclut  alors 
que  les  premiers  accès  sont  apparus  seulement  par  hasard  par  l’hyperpnée. 

Dans  l’épilepsie  d’Unverricht,  l’épilepsie  psychique  et  l’épilepsie  jacksoniennOi 
l’hyperpnée  n’a  provoqué  aucune  réaction  pathologique.  Les  crises  hystériques  sont 
apparues  chaque  fois  au  bout  de  quelques  minutes  d’hyperpnée  dans  un  cas  d’hystérie» 
mais  dans  4  autres  cas  pas  du  tout.  Dans  un  cas  d’alcoolisme,  dans  la  schizophrénie 
et  dans  un  cas  de  paralysie  périodique  familale  on  a  vu  après  l’hyperpnée  que  des  réac¬ 
tions  normales. 

En  résumant,  l’auteur  a  eu  une  déception.  Tandis  que  Foerster  a  eu  de  bons  résultats 
avec  l’hyperpnée  dans  55,5%  des  cas  d’épilepsie,  l’auteur  n’en  a  point  eu.  D’après  ses 
expériences  l’hyporpnéo  n’est  pas  une  méthode  sûre  pour  la  provocation  des  accès 
épileptiques  dans  l’épilepsie  essentielle.  Dans  l’épilepsie  jacksonienne  l’auteur  « 
peu  d’expériences.  On  peut  provoquer  quelquefois  des  manifestations  hystériques 
par  l’hyperpnéc,  mais  pas  régulièrement. 

L’auteur  a  mesuré  aussi  l’excitabilité  électrique  dans  le  but  de  contrôler  les  expé¬ 
riences  de  M.  Foerster.  A  cause  du  petit  nombre  des  cas  examinés  l’auteur  ne  peut 
pas  parler  strictement  de  la  valeur  diagnostique  des  changements  d’excitabilité  élec¬ 
trique,  dans  l’épilepsie,  mais  il  lui  semble  qu’elle  ne  peut  pas  être  très  grande. 

Le  liquide  céphalo-rachidien  dans  l’épilepsie  (Spinal  fliiid  in  epllepsy),  par 

H.-A.  Paterson  et  P.  Levi,  Arch.  of  neurol  and  psych.,  mars  1926, n^S,  vol.  15. 

L’étude  du  liquide  céphalo-rachidien  dans  l’épilepsie  est  de  date  ancienne.  Les 
auteurs  entreprennent  à' nouveau  sur  cinquante  cas  choisis  parmi  sdze  cents  épUep' 
tiques  des  recherches  sur  le  liquide  céphalo-rachidien.  Les  résultats  obtenus  se  résument 
do  la  manière  suivante  :  la  pression  intraspinalo  s’échelonne  entre  36  et  38  mm.  de 
mercure  et  dans  l’ensemble  des  cas  'e  rapproche  beaucoup  do  la  pression  normale. 
La  plupart  des  écarts  de  pression  constatés  autrefois  tiennent  à  dos  incidents  au 
cours  de  la  ponction  (position,  toux,  etc.).  En  réalité,  dans  les  grandes  crises  d’épi¬ 
lepsie,  la  pression  monte  très  haut,  alors  que  dans  les  petites  attaques  ou  les  équlva- 


ANALYSES 


l*nces,  la  pression  est  normale.  Le  pH  varie  peu  et  parait  identique  au  pH  rencontré 
tens  le  liquide  céphalo-rachidien  de  sujets  normaux  ;  peu  ou  pas  de  réactions  leucocy¬ 
taires  ;  les  cellules  trouvées  sont  du  type  des  lymphocytes  ;  le  taux  de  l'albumine  est 
normal  ;  la  globuline  manque  ou  existe  à  l’état  de  traces,  le  taux  des  chlorures  ne  varie 
pas,  la  quantité  d’urée  est  variable  et  oscille  parallèlement  à  l’urée  du  sang.  Le  taux  du 
sucre  est  abaissé  comme  celui  du  sérum  et  dans  une  proportion  plus  considérable.  Il 
«'existe  aucun  parallélisme  entre  le  sucre  du  liquide  céphalo-rachidien  et  celui  du  sérum. 
Par  contre,  il  a  été  constaté  des  corps  aminés  dans  le  liquide  ;  dans  quelques  cas,  pré¬ 
sence  de  choiine  due  au  processus  de  destruction  cellulaire.  La  perméabilité  méningée 
èl’iodurede  potassium  et  au  nitrate  de  soude  a  été  constamment  n^ative.  Les  auteurs 
ont  trouvé  un  pourcentage  très  élevé  de  réactions  colloïdales  positives  ;  en  particulier 
'a  rédaction  à  l’or  colloïdal.  Ils  ont  trouvé  des  résultats  variables  avec  la  réaction  au 
’*«ûjoin  colloïdal.  En  résumé,  des  auteurs  ont  fait  un  travail  considérable  et  un  nombre 
••«portant  de  recherches  pour  aboutir  somme  toute  à  la  confirmation  des  résultats 
obtenus  depuis  longtemps  en  France.  Terris. 


Etudes  sur  la  pression  du  liquide  céphalo-rachidien  chez  les  épileptiques , 

parGiovannni  Dalma,  Riuisla  sperimentale  di  Freniatria,t.4:9,  n^s  2-3,  p.  371-399, 

décembre  1925. 

Sur  15  épileptiques  ponctionnés  chez  qui  venait  d’être  appliqué  le  manomètre  de 
Claude,  l’auteur  a  pu  3  fois  provoquer  l’accès  au  moyen  de  l'hyperpnée expérimentale  ; 
Ovant  l’accès  la  pression  intra -rachidienne  était  normale  ;  la  pression  s’éleva  rapidement 
(42  à  50  cm.  d’eau)  quand  survinrent  les  convulsions  et  elle  se  maintint  élevée  pendant 
toute  la  phase  tonique,  pour  faire  une  descente  à  grandes  oscillations  pendant  la  phase 
oloniquo,  et  se  présenter  normale  l’accès  terminé.  La  compression  des  jugulaires  selon 
Bier  et  l’épreuve  de  Valsalva,  qui  augmentent  dans  de  grandes  proportions  la  pression 
Intrarachidienne,  ne  peuvent  arriver  à  déterminer  les  convulsions.  Il  est  à  déduire  de 
ootte  observation  que  l’hyperpression  rachidienne  constatée  au  cours  de  l’accès  d’épi- 
^opsie  n’a  aucune  signification  pathogène  et  est  un  simple  phénomène  concomitant  qui 
Résulte  de  la  congestion  veineuse  par  apnée  et  spasme  de  la  musculature  thoracique. 

F.  Deleni 

*4ech8rchos  encéphalographiques  dans  l’épilepsie  dite  essentielle,  par 
Tyczka,  Neurologie  Polonaise,  t.  8,  n»»  3-4,  p.  278,  1925. 

Oans  presque  tous  les  cas  examinés  (42  sur  44)  d’épilepsie  essentielle  sans  aucun  trait 
Wckaonien,  l’encéphalographie  décela  une  asymétrie  ventriculaire,  l’un  des  deux  ventri- 
®«les  étant  distendu  et  montrant  ses  cornes  arrondies  ;  du  môme  côté  les  espaces  sous- 
«racbnoïdiens  étaient  remplis'd’unc  plus  grande  quantité  d’air.  Ainsi  l’eneéphalo- 
Sraphio  démontrait  l’atrophie  légère  d’un  hémisphère  et  l’hydrocéphalie  unilatérale, 
résidus  d’un  processus  organique  ancien.  L’encéphalographie  constitue  ainsi  une 
•••éthodo  qui  réduit  singulièrement  le  groupe  morbide  auquel  peut  être  attribuée  la 
■dénomination  d’épilepsie  essentielle.  E.  F. 


Bhr  le  rôle  de  l’alcalose  dans  l’épilepsie  convulsive,  par  II.  Claude,  R.  Raffin 
et  M.  Montassut,  Soc.  de  Biologie,  29  mars  1926. 

L’alcalose  ne  suffit  pas  à  elle  seule  pour  déterminer  des  convulsions  chez  les  chiens 
Porteurs  do  lésions  épileptogènes  de  la  zone  rolandiquo  ;  l’adjonction  d’un  toxique  est 
lécessaire  pour  déclencher  les  crises.  E.  F. 


ANALYSES 


1 


644 

Sur  la  teneur  en  soude  et  en  potasse  du  sang  total  Irais  chez  les  èpileP' 
tiques,  par  Marie  Parhon,  Bullelinde  la  SocUlérournainede Neurologie,  PsyehillrU, 
Psgehologie  cl  Endoerinologie,  II»  année,  n®  2,  août  1925.  ] 

Recherches  portant  sur  huit  cas  d’épilepsie.  Ces  recherclies  conduisent  ù  la  con¬ 
clusion  que  le  sodium  se  trouve  généralement  augmenté  dans  le  sang  des  épileptiques  ■ 
tandis  que  le  potassium  no  subit  que  des  variations  peu  importantes. 

Cette  augmentation  du  sodium  parallèle  à  la  diminution  du  calcium  dans  le  sang  «les 
épileptiques  (sur  laquelle  Marie  Parhon  a  attiré  l’attention  dans  un  travail  antérieur) 
semble  pouvoir  contribuer  à  expliquer  l’hypercxcitabilité  de  ces  malades.  Ces  cons¬ 
tatations  justifient  également  l’opinion  do  Netter  concernant  le  mécanisme  d’action 
de  la  diète  dite  «  hypochloruréo  ». 

Quant  au  mécanisme  de  l’augmentation  du  sodium  hémaliipicchoz  les  épileptiquesi 
on  doit  penser  à  des  troubles  des  échanges  nutritifs  dont  la  raison  pourrait  se  trouver) 
en  partie  au  moins,  dans  les  perturbations  endocrines,  fréquentes,  sinon  constantes  chez  ' 
les  épileptiques.  Il  en  est  de  même  pour  l’hypocalcémie. 

C.-.I.  Parhon. 

Epilepsie  et  sécrétion  interne,  jiar  Antonietta  Capelli,  lUvisla  spcrimenlale  ài 
iTreniafria,  t.  49,  n“«  2-3,  p.  193-22G,  décembre  1925. 

Les  glandes  à  sécrétion  interne  sont  fréquemment  altérées  chez  les  épileptiques! 
ceci  est  surtout  vrai  pour  la  thyroïde,  les  surrénales,  les  glandes  sexuelles  ;dansaucuO  i 
cas  d’épilepsie  l’auteur  n’a  trouvé  ces  dernières  normales.  L’auteur  discute  longuement 
les  interprétations  qu’on  peut  donner  de  ces  faits  en  rajjport  avec  la  jiathogénèsc  d* 
l’épilepsie.  F.  Deleni. 

Arthritisme  et  épilepsie,  par  Pasturel,  Annales  niédico-psgchologiqiies,  an  84(  I 
t.  I,  II®  3,  p.  200-213,  mars  1926.  '  i 

.\ppclé  depuis  7  ans  à  diriger  un  asile  comptant  une  moyenne  de  60  épileptiqueS)  i 
l’auteur  a  eu  constamment  sous  les  yeux  les  formes  les  plus  diverses  de  cotte  malad*®-  j 
Cette  observation  de  longue  haleine  l’a  amené  è  regarder  l’épilepsie  essentielle,  idi®'  ! 

pathique,  non  comme  une  maladie  générale  en  connexion  étroite  avec  quantité  de  j 

vices  constitutionnels,  avec  les  diathèses  et  en  particulier  avec  la  diathèse  arthritique" 

Par  ses  réactions,  elle  doit  être  toujours  considérée  comme  une  affection  du  syS' 
terne  nerveux,  mais  elle  se  raiiproche  aussi  dos  maladies  humorales  comme  la  goutte  et  1* 
migraine  par  scs  susceptibilités  thérapeutiques  ;  elle  serait  sœur  de  ces  deux  affe®*  j 
lions,  senur  différenciée,  bien  entendu  ;  son  domaine  patliologique  est  l’axe  nerveuJ^ 
central  que  le  trouble  morbide  influence  d’une  façon  intermittente,  commcla  goutt® 
fait  de  l’articulation. 

Ce  qui  se  passe  autour  do  l’artieulalion  d’un  goutteux,  ou  bien  dans  l’arbre  trachéo» 
bronchique  d’un  asthmatique,  peut  se  passer  dans  le  cerveau  de  l’épileptique.  L®* 
produits  toxiques  irritant  telle  partie  du  corps  du  goutteux  [leuvent  irriter  aussi  le* 
zones  épileptogôncs. 

L’épileptique  sc  comporte  dans  scs  réactions  comme  un[artbritique[et  il  jiourrai^ 
être  qualifié  d’arthritique  cérébral.  K.  IC 

Hérédo-syphilis  et  épilepsie,  par  L.  Uaiionneix,  Monde  médical,  n"  689,  p. 

I*'  juillet  1926. 

.Série  de  17  observations  concourant  à  démontrer  h;  rôle  capital  joué  par  l’iiéré- 
dosyphilis  dans  le  développement  de  certaines  épilepsies  dites  essentielles. 


ANALYSES 


G4ri 

Un  nouveau  cas  d’épilepsie  i  essentielle  »  liée  à  l'hérédo-syphilis,  par  E.  Terrien 

et  L.  Babonneix,  Gazelle  des  Hôpilaux,  an  99,  n»  40,  p.  645,  19  mai  1926. 

En  présence  d’une  épilepsie  essentielle  on  ne  se  contente  plus  d’administrer  le 
bromure.  On  recherche  systématiquement  la  syphilis  et  souvent  on  la  trouve  ;  il  est 
alors  possible  d’opposer  un  traitement  efficace  à  une  maladie  longemps  réputée  incu¬ 
rable.  Dans  le  cas  des  autours  il  s’agit  d’un  petit  garçon  qui  depuis  un  mois  présente  de 
hombreuses  crises,  les  unes  de  convulsions  généralisées,  les  autres  plus  ou  moins  avor¬ 
tées.  On  note  un  certain  retard  intellectuel,  de  la  nervosité  et  quelques  stigmates  de 
‘tégénéroscence,  mais  le  Wassermann  est  négatif  chez  la  mère  et  chez  l’enfant.  Cer¬ 
tains  symptômes  d’ailleurs  peu  nets,  irrégularité  des  crêtes  tibiales,  dureté  des  testi¬ 
cules,  font  qu’on  insiste  néanmoins  sur  la  recherche  de  la  syphilis  ;  on  en  porte  le  dia- 
Suostic  sur  la  constatation  de  l’immobilité  pupillaire  à  la  lumière.  Les  auteurs  énumè- 
font  toute  une  série  do  cas  d’épilepsie  essentielle  où  l’hérédo-syphilis  fut  découverte. 
tl  faut  y  penser  toujours  afin  d’instituer  tout  de  suite,  si  elle  est  certaine  ou  seulement 
probable,  un  traitement  spécifique  énergique.  E.  F. 

d’habitude  épileptique,  par  P. Hartenberg,  Presse  médicale,  n“  40,  p.  627, 19  mai  1926. 

L’habitude  épileptique,  c’est-à-dire  la  «tendance  à  la  reproduction  des  paroxysmes», 
acquise  par  la  répétition  antérieure,  est  connue  depuis  longtemps  ;  «  la  crise  appelle  la 
crise  >,  disaient  les  anciens  auteurs.  On  n’a  guère  tenu  compte  jusqu’ici  de  cette  notion 
^ans  les  interprétations  pathogéniques  du  mal  sacré.  L’auteur  est  d’avis  que  le  facteur 
habitude  mérite  d’occuper  une  phase  importante  dans  toute  théorie  causale  de  l’épi- 
'cpsie  et  qu’il  joue  un  rôle  considérable  dans  le  retour  périodique  des  accidents  ;  il  en 
fait  la  démonstration  on  analysant  le  mécanisme,  tel  qu’il  le  conçoit,  de  l’affection. 

L’habitude  épileptique  est  la  grande  cause  de  l’incurabilité  des  malades  ;  ce  n’est 
ai  do  l’ancienneté  de  la  maladie  ni  de  la  violence  des  accès  que  dépend  la  résistance  aux 
traitements  mais  du  nombre  des  paroxysmes  subis.  L’habitude  est  aussi  la  grande  cause 
^ea  rechutes.  D’où  la  nécessité  du  traitement  précoee  et  de  la  prolongation  du  tvai- 
toniont  bien  au  delà  de  la  guérison  apparente.  E.  F. 

L’action  de  l’adrénaline  chez  les  épileptiques,  par  Aldo  Bertoi.ani,  Rivisla 
sperimenlale  di  Frcnialria,  vol.  49,  fasc.  4,  1925. 

Bcnedelc  a  vu  9  épileptiques  sur  19  réagir  à  l’épreuve  de  l’adrénaline  par  des  convul¬ 
sions  ou  leurs  équivalents.  Bertolani,  dans  trois  séries  d’expériences,  n’a  rien  obtenu  de 
pareil  ;  sa  conclusion  est  qu’on  no  saurait  attribuer  aux  injections  d’adrénaline  aucune 
valeur  pratique  ni  théorique /in  tant  que  procédé  de  révélation  do  l’épilepsie. 

F.  Deleni. 

Epilepsie  et  éclampsie  pleurale,  par  Léon  Bernard,  F.  Coste  et  .T.Vai.tis,  Bull. 

Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpilaux  de  Paris,  an  42,  n»  27,  p.  1363,  23  juillet  1926. 

Les  accidents  graves  de  la  ponction  pleurale  se  ramènent  à  l’un  des  trois  types  clas¬ 
siques,  le  type  épileptique,  le  type  hémiplégique,  la  type  syncopal.  A  la  suite  d’une  ten¬ 
tative  de  pneumothorax  artificiel  chez  un  jeune  homme  do  16  ans,  les  auteurs  ont 
observé  des  accidents  nerveux  d’une  variété  différente,  et  méritant  d’être  mentionnés. 

Lors  des  insufflations  le  malade  a  présenté  trois  fois  un  vertige  ou  une  absence  épi- 
ioptique,  et  la  quatrième  fois  une  perte  de  connaissance  plus  sérieuse  ;  la  crainte  des 
Scandes  manifestations  de  l’éclampsie,  pleurale  a  fait  interrompre  la  cure. 


646 


AS AL  Y  SES 


Ov  le  sujet  était  un  comitial  truste,  et  depuis  sa  sortie  de  l'hôpital  plusieurs  absences 
se  cont  chez  lui  spontanément  produites. 

On  admet  généralement  qu’on  peut  se  permettre  chez  les  comitiaux  toutes  sortes 
d’interventions,  à  commencer  par  les  ponctions  ou  ies  lavages  de  la  plèvre,  sans  danger 
aucun  do  provoquer  une  crise  ;  en  d’autres  termes  les  épileptiques  essentiels  ne  seraient 
nullement  prédisposés  à  l’épilepsie  réflexe  d’origine  sensitive. 

L’observation  actuelle  doit  être  jointe  aux  trois  cas  colligés  par  Cordier  comme 
Tormant  exception  à  la  règle. 

Cette  histoire  de  crises  nerveuses  successives  produites  par  la  même  irritation  sen- 
si  tivo  plaide  pour  la  théorie  du  réflexe  pleurogène  à  l’encontre  de  la  théorie  del’embO' 
lie  gazeuse,  d'ailleurs  de  moins  en  moins  admise.  E.  F. 


Le  traitement  de  l’épilepsie  par  le  vaccin  de  Pasteur  et  les  injections  paren¬ 
térales  de  lait  stérilisé  (Zur  Behandlung  der  Epilepsie  mit  dem  Pasteur  Vakzine 
und  parenterale  Injectionen  von  Sterilisierten  Milch),  par  Ossokin  et  OchsenhaN* 
DLiiR  (de  Saratow),  Archives  suisses  de  neurol.  el  psijch.,  vol.  XV,  t.  1,  p.  60,  1924. 
Essai  do  traitement  de  l’épilepsie  par  les  chocs  protéiniques.  Le  nombre  des  caB 
nettement  améliorés  serait  de  25  %  par  le  vaccin,  et  de  17,4  %  par  les  injections  de 
lait.  11  n’y  a  pas  d’action  dans  les  cas  d’épilepsie  de  l’enfance,  ni  sur  les  équivalents 
psychiques.  G.  dk  Morsibr. 

Sur  le  traitement  de  l’épilepsie  par  les  sels  de  calcium,  par  M  C.  Parhon  et  M. 
Kahane  (de  Jassy),  Bullelin  de  la  Sociéli  roumaine  de  Neurologie,  Psgchialrie,  Psgeho* 
logie  et  Endocrinologie,  n®  2,  août  1925,  pages  90-91. 

Les  auteurs  signalent  les  bons  résultats  qu’ils  ont  obtenus  dans  l’épilepsie  à  la  suite 
des  injections  intraveineuses  d’une  solution  do  chlorure  do  calcium  10  %  (approxima» 
tivoment  10  eme  dans  l’intervalle  de  24  heures).  P.  Nicolesco. 

Le  somnifène  dans  le  traitement  de  l’état  de  mal  épileptique,  par  Rimbaud} 

Boulet  et  Chardonneau  (do  .Montpellier),  Bull,  el  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des  Hôpi* 
taux  de  Paris,  an  42,  n»  2,  p.  39,  15  janvier  1920. 

Relation  de  deux  cas  de  manifestations  épileptiques  graves,  do  véritables  états  de 
mal,  survenus  l’un  chez  un  épileptique  essentiel,  l’autre  chez  un  épileptique  alcoolique; 
Dans  le  premier  cas,  insuccès  complet  du  gardénal,  du  bromure,  du  chloral  ;  dans  . 
les  deux  cas,  insuccès  de  la  rachicentèse. 

L’emploi  du  somnifène  en  injections  sous-cutanées,  à  la  dose  de  2  et  4  cc.  en  24  h.,  * 
amené  chez  ces  deux  malades  une  disparition  à  peu  près  immédiate  des  phénomènes 
convulsifs  graves. 

Les  observations  sont  assez  démonstratives-  pour  que  les  auteurs  n’hésitent  pas  à 
conseiller  l’emploi  du  somnifène  en  injections  sous-cutanéee  dans  l’état  de  mat  épilep' 
tique.  E.  F. 

Action  du  somnifène  dans  l’état  de  mal  épileptique,  par  R.  Sore  et  Vien,  Soc. 
de  Méd.,  de  Chir.  el  de  Pharmacie  de  Toulouse,  20  avril  1926. 

Etat  do  mal  épileptique  d’origine  alcoolique.  Le  malade  présentait  toutes  les  dix 
minutes  une  crise  d'aspect  jacksonien.  Le  somnifène  intraveineux  détermina  la  ces¬ 
sation  immédiate  des  crises  et  le  lendemain  le  malade  reprenait  connaissance. 

E.  F. 


ANAL  YSES 


G47 


Le  somnifène  dans  l'état  de  mal  épileptique,  par  Aston  et  Pérès,  Soc.  de 
Méd.,  de  Chir.  ei  de  Pharmacie  de  Toulouse,  20  avril  1926. 

Observation  d’un  homme  amené  à  la  clinique  neuro-psychiatrique  pour  troubles 
Wentaux  graves  et  qui  présenta  un  véritable  état  de  mal  :  crises  convulsives  suivies  de 
stupeur  confusionnello,  état  général  précaire. 

Oéux  injections  intraveineuses  de  somnifène  à  48  h.  d’intervalle  ;  après  la  seconde, 
ertses  et  état  confusionnel  disparurent  et  on  put  commencer  le  traitement  par  le  gar- 
âénal.  E.  F. 

égraine  avec  équivalent  abdominal, par  M.  LionelBuTZSTENetWilliamA.BRAMS 
(de  Chicago),  J.  of  lhe  American  med. .Association,  t.  86,  n»  10,  p.  675,  6  mars  1926. 

Dans  la  série  de  migraineux  dont  les  auteurs  donnent  les  observations,  on  voit  la 
crise  abdominale  soit  survenir  au  lieu  de  l’accès  d’hémicranie,  soit  effacer  par  son  inten¬ 
sité  l’accès  d’hémicranie  qu’elle  remplace  et  continue;  par  son  allure  et  son  cortège 
symptomatique  la  crise  abdominale  se  présente  comme  l’équivalent  de  l’accès  d’hémi¬ 
cranie.  J-  Thoma. 

ï'é  diarrhée  équivalent  clinique  du  vomissement  chez  les  migraineux,  par 
J.-j.  Matignon,  Paris  méd.,  an  16,  n»  14,  p.  337,  3  avril  1926. 

Le  vomissement  est  un  accident  quasi  normàl  du  syndrome  migraineux  ;  la  diarrhée 
cours  de  la  migraine,  ou  mieux  la  diarrhée  «  jugeant  »  la  crise  de  migraine  n’a  pas 
encore  été  signalée.  Les  trois  observations  de  l’auteur  attirent  l’attention  sur  cette 

Possibilité.  E.  F. 

î*athogônio  et  traitement  de  la  migraine,  par  Angelo  Gapparoni  (de  Rome), 
Policlinico  set.  prat,  t.  33,  n<>20,  p.  685,  17  mai  1926. 

L’auteur  dégage  les  caractères  essentiels  de  la  migraine  et,  se  plaçant  au  point  de 
Vue  pratique,  donne  l'indication  dos  médicaments  les  plus  efficaces  (aconit,  colhique) 
‘lans  cette  affection.  G.  Deleni. 


PSYCHIATRIE 


É'IUDES  GÉNÉRALES 


SÉMIOLOGIE 

^«ut-on,  dans  la  psychiatrie  ,  renoncer  aux  méthodes  subjectives  ?  par  le  Prof. 
J.V.Portouoatov.  Journal  névropalologhii  y  psychialrii  imeni  S.  S.  Korsakova, 
t.  XIX,  no  1-12,  1926. 

La  réponse  à  la  question  posée  est  négative.  G.  Ichok. 


648 


ANALYSES 


Les  tares  héréditaires  de  3  familles,  par  M.  Mieczyslava|  Brunova;  Rocznyk 
psyhcia  Iriczny,  n»  3,  p.  65-76,  1926. 

Los  commentaires  apportés  à  l’examen  des  tableaux  généalogiques  de  3  familles 
montrent  l’hérédité  des  affections  psychiques  en  général,  l’hérédité  directe  de  la  syn¬ 
tonie  et  de  la  schizophrénie,  l’influence  indiscutable  de  l’hérédité  double,  dans  la  plu¬ 
part  dos  cas  do  schizophrénie,  et  l’apparition  dos  tableaux  caractérisés  par  la  double 
constitution  psychique  et  des  tableaux  mixtes  dans  lesquels  la  psychose  maniaque 
dépressive  se  combine  avec  la  schizophrénie.  G.  IcnoK. 

Le  problème  à  l’ordre  du  jour  dans  le  domaine  des  affections  nerveuses  et 
mentales,  par  L.  Uroussilovski,  Journal  névropalologhii  y  psychialrii  imeni  S.  S- 
Korsakova,  t.  XIX,  u»  I,  p.  85-97,  1926. 

La  prophylaxie  doit  occuper  une  place  très  importante  dans  le  domaine  des  affec¬ 
tions  mentales  et  nerveuses.  Elle  peut  se  réaliser,  dans  la  grande  majorité  des  cas,  par 
les  dispensaires,  dont  le  fonctionnement  est  décrit,  par  l’auteur,  avec  beaucoup  de  dé¬ 
tails  instructifs,  G.  Iciiok. 

Aliéné  accusé  et  instruction  criminelle  en  Pologne,  par  L  Budnarz,  Pocznyk 
psychiatriczny,  n”  3,  p.  55-63,  1926. 

L’uutour  indique  une  grave  lacune  dans  l’instruction  criminelle  encore  en  vigueur 
sur  le  territoire  de  l’ancienne  Pologne  russe.  Il  s’agit  du  fait  qu’un  individu,  suspect 
de  crime  et  reconnu  comme  aliéné  au  cours  de  l’instruction,  n’est  pas  en  mesure  d’éta* 
blir  son  innocence,  car  son  affaire  n’arrive  plus  devant  le  tribunal. 

G.  ICHOK. 

Sur  la  nécessité  de  réorganiser  les  hôpitaux  de  psychiatrie  en  Pologne,  par 

H.  /.AOonSKi,  Kncznik  psychiatriczny,  n»  3,  p.  33-40,  926. 

Les  statistiques  prouvent  l’insuffisance  du  nombre  des  établissements  consacrés  auX 
affections  psyciiiqucs  en  Pologne.  Pour  remédier  à  cette  situation  déplorable  l’auteur 
propose  :  1"  do  convoquer  une  commission  psychiatrique,  qui  envisagerait  la  question 
de  l’assistance  de  l’Etat  aux  aliénés,  et  se  prononcerait  sur  le  mode  de  la  réorganisation 
nécessaire  ;  1“  do  créer  un  Office  central  psychiatrique  auprès  do  la  Direction  générale 
du  service  de  santé.  G.  Iciiok. 

L’étiologie  et  la  pathogénèse  des  psychoses  cryptogénétiques  dans  leurs  rap¬ 
ports  avec  la  tuberculose,  par  Oresto  délia  Rovurf,  Annali  Manicomin  InlerproVi 
«  L.  Mandalari  »  d.  Mossina,  février  1926. 

L’autour  démontre  par  des  preuves  nombreuses  que  l’infection  tuberculeuse,  et  en 
particulier  la  tuberculose  latente,  se  trouve  ù  l’origine  do  nombreuses  psychopathies , 
qu’on  dit  cryptogénétiques.  C’est  le  cas  pour  maints  faits  de  démence  précoce,  de  psy 
clioso  hystérique  ou  épileptique,  de  psychose  hallucinatoire,  de  manie,  de  mélancoliCi 
d’affaibl  ssoment  mental,  d’immoralité  constitutionnelle,  etc.  Cette  notion  impliqu® 
le  dépistage  de  la  tuberculose  latente  à  l’entrée  des  malades  à  l’asile  et  le  traitement 
systématique,  de  la  tuberculose  des  aliénés.  F.  Deleni. 

Les  haines  familiales  en  pathologie  mentale,  par  Gilbert  Bodin. /Innalfis  médico- 
psychologiques,  an  84,  t.  I,  n"  4,  p.  309-329,  avril  1926. 

Excellente  étude  de  ce  sentiment  extrême,  la  haine,  développée  dans  le  cadre  étroit 


ANALYSES 


649 


tic  la  famille.  L’aufcur  considère  scs  possibilités,  scs  formes,  les  maladies  mentales  qui 
se  prêtent  à  son  éclosion. 

L’importance  du  sujet  n’échappera  pas  à  ceux  qui,  loin  de  se  contenter  de  reconnaître 
la  haine  familiale  au  cours  d’une  psychose,  se  demanderont  pourquoi  elle  s’y  trouve  et 
à  ceux  qui  rechercheront  si,  dans  certains  cas,  ce  n’est  pas  la  haine  familiale  qui  est 
cause  de  la  psychose  et  dans  quelles  limites  elle  l’est.  On  saisit  l’intérêt  qui  s’attache  à 
de  telles  questions,  tant  au  point  de  vue  clinique  qu’aux  points  de  vue  psychologique, 
prophylactiqiio,  thérapeutique  et  social.  E.  F. 

Etats  passagers  de  paranoïa  chez  un  dégénéré,  par  le  Prof.  N.  I.  Skliar,  Journal 
nêvropalologhii  y  psychialrii  irneni  SS.  Korsahova,  t.  XIX,  n“  I,  p.  .39-40,  et  n^S, 
p.  79-85,  1920. 

Un  cas  observé  permet  d’affirmer  que  la  paranoïa  peut  se  présenter  sous  forme  d’une 
affection  aiguë  et  passagère.  Le  malade  en  question  offre  l’exemple  d’un  dégénéré  qui 
trahissait,  de  temps  à  autre,  des  états  de  vraie  paranoïa.  Les  signes  morbides,  qui 
changeaient  avec  une  rapidité  kaléidoscopique,  ont  duré  pendant  un  mois  pour  se  ter- 
hiiner  par  une  guérison.  G.  Ichok. 

Délire  épisodique  dés  dégénérés,  par  Henrique  de  Brito  Bedford  Roxo,  Brazil- 
Medico,  an  40,  vol.  1,  n»  19,  p.  251,  8  mai  1926. 

Etude  et  mise  au  point  de  la  question  avec  une  série  d’observations  à  l’appui  ;  l’au¬ 
teur  insiste  sur  la  nécessité  d’un  diagnostic  exact  de  cette  forme  mentale  curable  et 
d'évolution  rapide,  D.  Deleni. 

L’interdiction  et  la  protection  des  personnes,  par  Julien  Raynier  et  Xavier 
Abély,  Annales  médico-psychologiques,  an  84,  t.  1,  n»  5,  p.  402-416,  mai  1926. 
L’interdiction  est  envisagée  dans  cet  article  dans  ses  rapports  avec  la  personne  de 
l'aliéné.  Laissant  de  côté  la  question  de  la  gestion  du  patrimoine,  les  auteurs  ne  s’oc¬ 
cupent  que  de  la  sauvegarde  de  la  liberté  individuelle  et  de  la  sollicitude  matérielle 
et  morale  duo  aux  malades  internés.  Ils  montrent  qu’au  moment  où  il  s’agira  de  reviser 
le  régime  des  aliénés,  une  refonte  de  l’interdiction  sera  également  nécessairoipour  que 
cette  institution  réponde,  en  matière  do  protection  de  la  personne,  aux  coneeptions 
hiodernes.  E.  F. 

L’aphrodéimie  (La  peur  du  iou),par  Luigi  Romolo  Sanguineti.  Sludi  Neurologici 
dedicali  a  E.  Tanzi,  p.  209-218,  Tip.  Soc.  Torinese,  1926. 

L’aphrodéimie  est  la  peur^Ju  fou.  Ce  sentiment  peut  être  ressenti  par  des  gens  com¬ 
plètement  ou  partiellement  sains  d’esprit.  Il  s’observe  surtout  chez  dés  psychopathes 
iholns  atteints  ou  en  voie  de  guérison.  Cette  peur  de  leurs  compagnons  d’hôpital,  plus 
fous,  n’est  pas  un  simple  désagrément  ;  elle  peut  avoir  des  conséquences  désastreuses 
et  être  l’origine  d’une  véritable  psychose,  la  psychose  aphrodéimique. 

L’autour  montre  que  l’aphrodéimie,  fréquente  dans  les  asiles,  mérite  d’être  bien 
connue,  et  doit  être  combattue  ou  évitée  par  des  mesures  appropriées  de  technique  ma- 
hicomiale.  F.  Deleni. 


REVUE  NEUROLOGIQUE.  —  T.  II,  N»  6,  DÉCEMBRE  1926. 


42 


ÉTUDES  SPÉCIALES 


PSYCHOSES  ORGANIQUES 

Sur  la  pathologie  et  la  pathogénèse  de  la  syphilis  nerveuse  et  de  la  paralysie 

^  générale,  par  H.  Spatz.  Zeitschrift  far  die  gesamte  Neurologie  und  Psychiatrie, 

Bd.  101,  14  février  1926,  pages  644-670. 

Théoriquement,  les  gaines  adventitielles  des  vaisseaux  des  centres  nerveux  peu¬ 
vent  être  considérées  comme  les  prolongements  des  espaces  sous-arachnotdiens. 

Les  procès  inflammatoires  de  la  syphilis  nerveuse  intéressent  surtout  la  surface  du 
névraxe,  tandis  que  les  procès  anatomiques  de  la  paralysie  générale  sont  plus  diffus  et 
touchent  des  formations  diverses  de  la  profondeur  du  névraxe. 

L’encéphalite  de  la  paralysie  générale  est  indépendante  des  modifications  histopa¬ 
thologiques  des  méninges. 

Le  siège  des  altérations  de  la  paralysie  générale  est  à  rechercher  dans  l’intérieur  des 
centres  nerveux  et  notamment  dans  la  substance  grise.  L’encéphalite  est  primitive  et 
la  niéningite  est  secondaire. 

En  résumé,  le  siège  principal  des  procès  inflammatoires  de  la  syphilis  nerveuse  est  à 
la  surface  du  névraxe  et  surtout  des  méninges,  tandis  que  les  Usions  de  la  paralysie  générale 
siègent  dans  la  profondeur  du  système  nerveux. 

L’auteur  apporte  dans  cette  étude  les  résultats  d’une  série  de  belles  recherches  qu’il 
poursuit  depuis  longtemps  sur  le  rôle  du  liquide  céphalo-rachidien  et  du  torrent  circu¬ 
latoire  sanguin,  dans  la  véhiculation  des  spirochètes  vers  les  centres  nerveux  et  leurs 
formations  annexes. 

Il  est  important  de  rappeler  que  lesrecherches  des  derniers  temps  précisent  les  modi¬ 
fications  subies  par  les  parois  vasculaires  des  centres  nerveux  en  présence  du  spiro¬ 
chète.  De  ces  recherches  se  dégage  la  notion  que  la  barrière  méso-ectodermique  semble 
avoir  un  fôle  extrêmement  important  dans  les  procès  de  défense  dos  centres  envers  le  s 
parasites  et  leurs  produits  qui  tendent  à  envahir  le  tissu  nerveux  proprement  dit . 

1.  Nicolesco. 

Le  syndrome  de  Parkinson  dans  la  paralysie  générale,  par  F.  Wichert, 
Rocznik  psychiatriczny,  n»  3,  p.  41-54,  1926. 

Description  de  3  cas.  G.  f. 

Paralyeie  générale  juvénile.  Hérédité  similaire,  par  Paul  Schiff,  Annales 
médico-psychologiques,  an  84, 1. 1,  n“  5,  p.  417-424,  mai  1926. 

Cas  concernant  une  jeune  fllle  de  21  ans,  fille  de  paralytique  générale.  Il  est  intéres¬ 
sant  par  la  précision  des  données  anamnestiques  recueillies.  L’infection  syphilitique 
maternelle  est  antérieure  de  15  ans  au  moins  à  la  naissance  de  la  malade. 

La  démence  a  débuté,  il  y  a  quelques  années,  sur  un  fond  d’arriération  mentale.  On  a 
la  preuve  de  la  destruction  psychique  relativement  récente  dans  un  stock  de  lettres 
conservées.  La  malade  écrivait  bien  à  10  ans  ;  ù  14  ans, l’écriture  est  stationnaire  ou 
môme  moins  bonne  ;  à  20  ans,  l’écriture  spontanée  est  impossible  et  la  signature  dictée 
illisible. 


A.\.\r.YS-ES 


G5I 

Ce  ca<,  comme  d’autres  publiés,  montre  que  dans  la  paralysie  générale  juvénile  l’évo¬ 
lution  se  fait  en  deux  temps,  qui  correspondent  sans  doute  à  des  processus  physio¬ 
pathologiques  différents.  Le  sujet  a  d’abord  eu,  à  l’âge  de  3  ans,  une  méningite  très  vrai¬ 
semblablement  syphilitique  (ses  deux  frères  aînés  curent  également  une  méningite 
de  la  première  enfance)  et  la  syphilis  congénitale  s’est  traduite,  en  outre,  à  ce  premier 
stade,  par  une  dystrophie  endocrinienne,  un  retard  du  développement  corporel  et  intel¬ 
lectuel.  Le  sujet  reste  longtemps  un  arriéré  du  type  courant.  Puis,  peu  après  la  puberté| 
le  processus  syphilitique  demeuré  torpide  se  développe  brusquement  en  une  méningo- 
encéphalite  active.  Donc,  en  premier  lieu,  développement  mental  difficile,  progressif 
cependant,  et  secondairement  régression  pathologique  des  facultés  intellectuelles. 

Ces  deux  phases  ne  sont  pas  toujours  faciles  à  distinguer.  Il  est  compréhensible  que 
lorsque  le  contraste  entre  l’état  primitif  d’arriération  et  l’état  secondaire  de  démences 
est  moins  net,  lorsque  des  anamnestiques  imprécis,  l’absence  de  documents  objectifs 
ne  permettent  pas  de  connaître  l’état  antérieur,  lorsque  lu  méningo-encéphalite  se 
développe  insidieusement,  les  malades  sont  pris,  comme  il  arrive  souvent,  pour  des 
Idiots  ou  dos  imbéciles  banaux.  E.  F. 

Sur  les  manifestations  précoces  et  le  traitement  de  la  paralysie  générale, 
par  Orede  délia  Rovere,  Annali  Manicomio  Inlerprov.  «  L.  Mandaldri  »  di  Messi- 
na,  février  1926. 

|La  syphilis  est  la  seule  et  vraie  cause  de  la  paralysie  générale  ;  n’empêche  que  des 
facteurs  multiples  sont  susceptibles  de  hâter  ou  de  provoquer  l’éclosion  du  mal.  Ils 
sont  en  nombre  immense  les  syphilitiques  échappant  à  la  paralysie  générale  et  qui  vivent 
vieux.  Il  est  à  noter  que  les  sujets  ou  très  jeunes  ou  très  âgés  ont  le  système  nerveux 
moins  résistant  à  la  syphilis  que  les  gens  d’âge  moyen  ;  ce  sont  eux  qu’ont  vo  it  devenir 
paralytiques  trois  ou  cinq  ans  après  avoir  contracté  la  syphilis . 

jL’autcur  a  obtenu  de  bons  résultats  de  la  malarisation  ;  l’emploi  précoce  de  cette 
méthode  thérapeutique  peut  donner  des  succès  inespérés.  F.  Deleni. 

Paralysie  générale,  constatations  anatomiques,  cure  malarique, 
par  Gino  Fhancioni,  Noie  e  Biviste  di  Psichialria,  Pesaro,  1926,  n»  6. 

'  IL’auteur  décrit  les  altérations  anatomo-pathologiques  constatées  dans  un  cas  pèr- 
'Sonnel  pour  montrer  l’irréversibilité  des  lésions  lorsque  la  maladie  est  arrivée  à  sa  pé¬ 
riode  d’état. 

Pour  ce  qui  concerne  le  pouvoir  prophylactique  de  la  cure  malarique,  il  est  considé¬ 
rable  et  le  traitement  des  phases  précoces  de  la  maladie  donne  des  résultats  très 
encourageants.  A  ce  propos,  êl  est  intéressant  d’opposer  la  rareté  delà  paralysie  géné¬ 
rale  dans  les  régions  à  fièvre  où  la  vie  est  restée  fruste,  à  la  fréquence  de  la  maladie  dans 
les  régions  industrielles,  où  la  vie  est  intense  et  la  fatigue  cérébrale  habituelle. 

F.  Deleni. 

S\ir  la  thérapeutique  pyrétogène  et  surtout  par  l’infection  malarique  dans  la 
paralysie  générale,  par  C.  I.  Parhon  et  M.  Derevici  (de  Jassy).  Bullelin  de  la 
Société  roumaine  de  Neurologie,  Psgchialrie,  Psychologie  el  Endocrinologie,  n®  2,. 
août  1925,  pages  91-95. 

Mm.  Parhon  et  Dérévici  pensent  à  la  suite  de  l’étude  d’un  certain  nombre  de  cas,  que' 
la  malariathérapie  s’ajoutant  aux  injections  de  néosalvarsan  et  d’iodobismuthate  de 
kinine,  petit  constituer  une  médication  très  utile  dans  la  plupart  des  cas  de  para¬ 
lysie  générale  incipiente.  I.  colesco. 


ANAL  YSE.‘=; 


PSYCHOSES  INFECTIEUSFS 

Traitement  du  délirium  tremens  par  les  injections  intraveineuses  de  somni- 
fène,  par  Louis  Ramond,  A.  Lapoute  et  N.  Quénée,  Bull,  el  Mém.  de  la  Soc.  méd.  des 
Ilôpilaux  de  Paris,  an  42,  n»  17,  p.  768,  14  mai  1926. 

Huit  cas  consécutifs  de  delirium  tremens  traités  par  le  somniféne,  huit  guérisons. 
I.es  injections  intraveineuses  de  somniféne  pratiquées  dans  le  di  lirium  tremens  à  la 
dose  de  5  à  6  cc.  pour  un  adulte  de  poids  moyen  calment  instantanément  l’agitation 
motrice  extrême  des  malades,  les  endorment  profondément  pour  quelques  heures,  après 
lesquelles  ils  se  réveillent  complètement  et  définitivement  guéris  de  leur  délire.  Ces 
injections, dépourvues  de  toute  toxicité, constituent  ù  l’heure  actuelle  le  traitement  d’ur¬ 
gence  du  delirium  tremens  le  plus  efficace  et  le  plus  facile  à  appliquer. 

E.  E. 

Le  délire  aigu  infectieux  et  son  traitement  par  le  choc  colloïdal,  D'  .Vdrienne 
Giüiigi-Euagne.  Thèse  d'Alger,  1925. 

Thèse  inspirée  par  le  D'  Porot. 

Le  délire  aigu  est  un  syndrome  correspondant  à  un  état  infectieux  grave,  comme  le 
montre  la  clinique. 

Sa  nature  infectieuse  est  encore  justifiée  par  la  thérapeutique  anti-infectieuse  qui 
permet  quelques  guérisons,  spécialement  par  le  choc  colloïdal  (injcctionsintraveineuscs 
d’électrargol  aux  doses  de  40  à  50  cc.). 

Cinq  observations  inédites  avec  graphiques,  trois  guérisons  sur  quatre  cas  traités. 

A.  P. 


Hyperthymie  sans  délire.  Stupeur.  Guérison,  par  R.  Benon  (de  Nantes).  Arch. 
.suisses  de  Neurol,  el  Psych.,\o\.XW,  fasc.  1,  p.  77,  1924. 

Relation  d’un  cas  de  stupeur  installé  progressivement  pendant  la  guerre  chez  un 
soldat,  à  la  suite  d’émotions  de  guerre  (1915).  T.a  guérison  survint  en  1917  et  elle  était 
maintenue  en  1921 . 

L’auteur  pense  qu’il  s’agit  ici  d’un  cas  de  stupeur  curable  post-commotionnellc  et  qui 
no  récidivera  pas.  G.  de  Morsieh. 

Sur  un  cas  de  psychose  puerpérale  périodique,  par  C.  Popa  Radu  (do  Jassy)- 
Bullclin  de  la  Sociélé  roumaine  de  Neurologie,  Psychialrie,  Psychologie  el  Endo¬ 
crinologie,  n<>2,  août  1925,  pages  67-69. 

Observation  d’un  cas  do  psychose  puerpérale  survenue  périodiquement  après 
chaque  accouchement.  L’autour  est  disposé  à  admettre  un  rapport  entre  ces  troubles 
])sychiques  et  une  ilysfonclion  thyro-ovarienne.  1.  Nicolesco. 

Contribution  à  la  qifestion  des  psychoses  post-éclamptiques  (en  russe),  par 
R.  M.  /iMAN,  .tournai  névropalologhii  y  psychialrii  imeni  S.  S.  Korsakova,  t.  XVlHi 
no"2-4.  II.  123-125,  1925. 

Sur  vingt  et  un  cas  de  psychose  puerpérale,  l’éclampsie  a  joué  son  rôle  néfaste  neuf 
fois.  Chaque  fois,  la  guérison  a  été  complète,  sans  laisser  trace,  après  une  courte  durée, 
de  l’affection.  On  avait  l’impression  que  l’hérédité  psychopathique  et  une  constitution 
névropathique  devaient  prédisposer  ù  l’éclosion  do  la  psychose.  Celle-ci  était  carac- 


ANALYSES 


653 


lérisée  par  un  état  délirant  aigu,  qui  se  distinguait  de  ceux  que  l’on  observe  au  cours 
(les  psychoses  infectieuses.  Les  troubles  psychiques  étaient  dominées  par  des  halluci» 
nations  kaléidoscopiques  et  par  une  torpeur  marquée.  G.  Ichok. 

Syndrome  de  psychopolynévrite  chez  un  lépreux,  par  E.  L.  Peyre,  Annales  médicu- 
psycliologiques,  an  84,  t.  1,  n»  2,  p.  146-150,  février  1926. 

Il  s’agit  d’un  annamite  meurtrier  do  sa  femme  au  cours  de  phénomènes  délirants. 
I-a  psychose  de  Korsakoff  ne  semble  pas  encore  avoir  été  signalée  dans  la  lèpre. 

Ici  la  polynévrite  lépreuse  en  évolution  s’est  compliquée  d’un  état  confusionnel  avec 
délire  onirique  complexe,  comportant  un  tonds  de  jalousie  conjugale  et  de  persécution 
avec  réaction  de  défense  aboutissant  à  un  crime  sauvage  ;  le  tout  a  été  suivi  d’amnésie 

E.  F, 

Contribution  à  l’étude  des  troubles  psychiques  dans  la  spirochétose ictérigène 

par  A.  IIesnard,  Encéphale,  an  21,  n”  4,  p.  250-259,  avril  1924. 

Un  délire  onirique,  fort  analogue  à  celui  de  l’alcoolisme  aigu,  s’est  peu  à  peu  déve¬ 
loppé  chez  le  malade  en  l’absence  de  tout  symptôme  méningé,  à  mesure  que  s’établi- 
sait  une  grave  et  progressive  insuffisance  rénale.  Les  troubles  psychiques  étaient  liés 
à  l’urémie  éclose  à  la  faveur  de  l’atteint^intectieuse  de  la  glande  hépatique,  dont  Klip- 
Pel  a  tait  connaître  l’importance  en  matière  de  délire.  E.  F. 

PSVCHOSES  CONSTITUTIONNELLES 

délimitation  de  la  paranoia  légitime,  par  Henri  Claude  et  Marcel  Montassut, 
Eneéphale,  an21,n<>  1,  p.  57,  janvier  1926. 

Synonyme  do  folio,  puis  de  délire  systématisé,  le  terme  de  paranoia  a  été  ramené  à 
On  sens  plus  précis  au  cours  do  réductions  successives.  La  paranoia  est  un  délire  primitif 
systématisé  chronique,  sans  affaiblissement  psychique  terminal  de  nature  endogène, 
(î’est  une  onti.é  clinique. 

Los  travaux  poursuivis  on  Allemagno,  en  Italie  et  on  France  à  l’aide  de  méthodes 
sensiblement  différentes,  ont  abouti  à  la  même  conception  clinique.  On  ne  saurait  re¬ 
tourner  aux  errements  et  aux  obscurités  primitives  ;  il  faut  rejeter  dans  un  groupe 
(l'attente  les  formes  atypiques  et  transitives  afin  de  laisser  à  la  paranoia  un  cadre  inox* 
tensif,  mais  bien  précis  ;  les  conceptions  surannées  de  formes  aiguësjou  secondaires  ont 
dté  judicieusement  abandonnées.  La  paranoiajvraie  est  la  paranoia  de  Kraepelin,  et 
*!o  terme  convient  très  bien  pour  caractériser  le  trouble  essentiel  des  folios  raison - 
hantes.  U.  F. 

Suppuration  du  rein  en  association  avec  la  folio  maniaque-dépressive,  par 

Edward  F.  Kilbane  (do  New-York),  American  J.  o/  lhe  med.  Sciences,  t.  171,  n”  3, 
p.  433-438,  mars  1926. 

La  maladie  psychique  apparut  à  la  suite  do  la  maladie  rénale  et  fut  guérie  par  l’opé- 
cation  sur  le  rein.  On  peut  toujours  parler  de  co'inoidcnce,  mais  de  tels  cas  ne  laissent 
Pas  d’être  impressionnants.  Thoma. 

Lin  cas  do  psychose  maniaque-dépressive  avec  symptômes  paranoides,  par 

Berthe  Neumann  (on  roumain),  Bulîelin  de  la  Société  roumaine  de  Neurologie,  Psy- 
ohialrie.  Psychologie  el  Endocrinologie,  U»  année,  n»  2,  décembre  1924. 
Observation  clinique.  Les  symptômes  délirants  n’étaient  pas  systématisés. 

C.-.I.  Pahhon. 


654 


ANALYSES 


Formes  atypiques  de  psychose  périodique,  par  A.  Obregia,  BuUelin  de  la  Société 
-  roumaine  de  Neurologie,  Pschyialrie,  Psijchol.  et  Endocrinologie,  décembre  1924. 

L’auteur  a  observé  cinq  cas  de  psychose  périodique  à  forme  de  confusion  mentale 
dépressive  et  neuf  autres  ayant  l’allure  expansive,  agitée,  avec  d’assez  fréquentes 
manifestations  d’oninisme.  Los  intervalles  des  accès  ont  été  lucides  mais  il  y  a  eu  aussi 
des  exceptions  à  ce  dernier  point  de  vue.  L’alcoolisme  est  intervenu  dans  quatre  des 
observations  de  l’auteur  mais  plutôt  comme  effet  de  la  psychose  périodique.  Enfin 
dans  cinq  autres  cas  l’auteur  observa  des  formes  paranoïdes  et  dans  seize  cas  des 
formes  schizophréniques  de  la  psychose  périodique.  C.-l.  Pabhon. 


La  dissociation  mentale  dans  la  démence  précoce,  par  Xavier  Abély,  E/jcép/iai«, 
an  21,  n«  4,  p.  260-271,  avril  1926. 

La  démence  précoce  dissociante,dont  le  mécanisme  pathologique  se  réduit  à  un  pro¬ 
cessus  général  de  désagrégation,  présente,  à  côté  de  dissociations  banales,  des  disso¬ 
ciations  pathognomoniques  caractérisées  par  leur  intensité,  leur  finesse  et  leur  insta¬ 
bilité.  La  constatation  d’un  seul  de  ces  caractères  est  déjà  significative  ;  mais  leur 
réunion  doit  entraîner  le  diagnostic  de  démence  précoce.  Dans  aucune  psychose  on  ne 
trouve  de  telles  dissociations.  La  désagrégation  delà  démence  commune  est  très  dissem¬ 
blable  ;  les  Incohérences  du  délirant  chronique,  du  maniaque,  du  confus  ont  des  traits 
spéciaux  qui  les  différencient  nettement. 

11  n’est  pas  nécessaire  que  la  dissociation  typique  soit  généralisée.  Il  suffit  de  la  ■ 
rencontrer  en  un  point  très  localisé  pour  qu’elle  ait  toute  sa  valeur  spécifique.'  Au[début 
de  la  démence  précoce,  alors  que  le  diagnostic  est  aussi  important  que  difficile  à  préciser, 
on  devra  tenir  grand  comp  te  d’un  faux  pas,  même  très  limité,  dos  associations  mentales. 
Au  milieu  d’un  écrit,  par  ailleurs  correct,  l’existence  d’une  incohérence  vraie,  abso¬ 
lument  inexplicable,  doit  faire  soupçonner  l’hébéphréno-catatonie  prochaine.  Récipro» 
quement,  sans  cette  dissociation  typique,  il  n’est  pas  possible  d’affirmer  l’évolution 
d’une  démence  précoce  disjonctive. 

Si  cette  désagrégation  est  parfois  très  restreinte,  on  peut  par  contre  l’observer  dans 
tous  les  domaines  du  psychisme.  Depuis  la  perturbation  du  jugement  et  de  l’attention 
jusqu’à  la  dissociation  représentative  on  rotouve  ses  effets.  L’affectivité  est  altérée 
selon  des  formules  multiples  et  paradoxales.  Dans  le  domaine  do  la  volonté  et  de  la 
psychomotrioité,los  conséquences  do  la  dissociation  sont  évidentes.  Elle  se  prolonge 
au-dessous  du  psychisme,  dans  les  centres  moteurs  inférieurs  réalisant  les  symptômes 
catatoniquos. 

C’est  une  trame  aux  mailles  dissociantes  qui  fait  le  fond  de  la  démence  précoce 
disjonctive.  Pour  faire  le  diagnostic  de  démence  précoce,  en  présence  d’un  état  psy¬ 
chopathique  atypique,  il  faut  appliquer  cette  grille  sur  le  tableau  morbide  pour  en  dé¬ 
chiffrer  io  sens. 

Ce  qui  en  somme  est  spécifique  de  la  démence  précoce  est  une  forme  de  dissocia¬ 
tion  profonde,  extrêmement  parcellaire,  mais  mobile  et  transitoire,  de  sorte  que  toutes 
les  réactions  intellectuelles,  affectives  ou  motrices  sont  imprévisibles.  Ce  trouble  se 
joue  des  lois  psychologiques  habituelles.  Il  ne  révèle  que  bizarrerie,  caprice  et  para¬ 
doxe.  Il  réalise  jusqu’à  l’extrême  isolement  des  éléments  psychiques.  Il  supprime  toute 
règle.  C’est  l’individualisme  et  l’indépendance,  dans  le  domaine  mental,  poussé  jus¬ 
qu’à  ses  dernières  limites,  de  sorte  que  cette  psychose  dissociante  pourrait  être 
justement  appelée  la  psychose  anarchique.  E.  F. 


Le  point  de  vue  d’Adolf  Meyer  sur  la  démence  précoce,  par  Henri  Flouhnoy 
(de  Genève),  Encéphale,  an  21,  n»  3,  p.  180-194,  mars  1926. 

Excellent  exposé  d’une  doctrine  qui  s’appuyant  sur  des  faits  biologiques,  donne  de 
la  démence  précoce  une  idée  satisfaisante,  alors  que  toutes  les  données  concernant  l’his¬ 
tologie,  le  métabolisme,  l’auto-intoxication,  les  insuffisances  endocriniennes  dans  cette 
maladie  n’ont  rien  fourni  qui  soit  cohérent.  La  théorie  d’Adolf  Meyer  estcelle  du  dyna¬ 
misme.  D’après  cette  conception  la  psychose  est  l’aboutissant  d’une  longue  période 
d’ajustements  vicieux  chez  des  individus  inaptes  à  réagir  aux  difficultés  qu’fis  rencon¬ 
trent  d’une  façon  adéquate,  inaptes  également  à  rectifier  leur  manière  de  réagir  à  • 
mesure  que  le  motif  des  réactions  se  reproduit.  Les  symptômes  de  la  démence  précoce 
ne  peuvent  être  compris  que  si  l’on  procède  à  une  analyse  minutieuse  des  traits  consti¬ 
tutionnels  de  l’individu,  de  ses  habitudes  dans  le  sens  le  plus  large  du  terme,  et  des 
difficultés  réelles  qui  ont  (précipité  Je  début  de  la  psychose.  1E.1F. 

La  cyanose  de  la  démence  précoce.  Etude  des  relations  des  gaz  du  sang,  par 

Lillian  Segal  et  Leland  E.  Hinsie,  American  J.  of  the  med.  Sciences,  vol.  171, 
n»  5,  p.  727-740,  mai  1926. 

Le  sang  des  déments  précoces  ne  contient  pas  autant  d’oxygène  qu’il  faudrait,  et 
chez  ces  malades  la  consommation  d’oxygène  est  trop  élevée.  La  cyanose  qu’ils  pré- 
sentenrtrésulted’une  oxygénation  incomplète  du  sang  dans  les  poumons,  et  d’une 
réduction  exagérée  de  l’oxyhémoglobine  en  hémoglobine  réduite  dans  les  capillaires 
périphériques.  Thomà. 

Nouvelles  données  concernant  l’histologie  pathologique  et  la  pathogénèse 
de  la  démence  précoce,  del'amentia  et  des  troubles  moteurs  extrapyrami- 
daux  (Neuo  Tatsacheno  Oder  le  pathologische  Histologie  und  die  Pathogènes 
der  Dementia  praecox,  der  Amentia  und  der  extrapyramidale  Bewegungsstorungen), 
par  V.-M.  Buscaino  (Florence),  Archives  Suisses  de  Neurol,  et  Psijch.,  t.  XIV,  f.  2* 
p.  210-215  (Bibl.;.  ■ 

Ite  feeuveaux  de  déments  précoces  examinés  histologiquement  emt  révélé  des 
lésions  caractérisées  par  l’augmentation  des  moyaux  névrogliques,  les  déformations  de 
ila  snlhouotte  des  noyaux  et  la  présence  de  noyaux  névrogliques  en  amas.  Dams  les 
noyaux  centraux  on  «bserwe  de  petits  amas  en  forme  de  grappe  de  raisin.  Ces  lé¬ 
sions  semt  à  la  vérité  très  disorétes  'et  d’interprététion  fort,  dâlficâle.  Néaiwmoins,  Fau¬ 
teur  n’hésite  pas  ù  les  'considérer  comme  conditionnant  le  s'yndirome  mental  'delà 
déntonce  précoce  et  ilpolémise  contipe  les  histologistes  qui  ont  prétendu  qu’il  nes’agls- 
soit  là  que  d'artéfacts.  D’après  les  recherches  urologiques  rapportées  «îlleurs  41  pense 
que  loes  corps  'cn  forme  de  grappe  sont  dus  à  la  présence  d'amines  anormales  passant 
'dan®  les  centres  nerveux.  G.  deMorsier. 

Necherebes  expérîmenttailes  sur  le  sang  des  déments  précoces,  1"  note,  par 
Felice  Barri,  Neuraflogica,  an  3,  n«'2,  p.  91-111,  mars-avril  1926.  *** 

Le  sang  des  déments  précoces  est  toxique  pour  les  lapins;  cette  toxicité  est  la  plus 
grande  dans  les  états  catatoniques  ;  le  sang  des  hébépbréniques  est  moins  texlque  que 
celui  des  catatoniques  ;  celui  des  déments  paranoïdes  est  moins  toxique  encore  et  sa 
fdxioité  se  rapproche  de  celle  du  sang  normal.  La  toxicité  du  sang  catatenique  este» 
rapport  avec  la  gravité  de  la  maladie  ;  maxima  au  début  elle  s’atténue  avec  le  temps. 


650  ANALYSES 

La  toxicité  du  sang  des  déments  précoces  est  duc  à  une  modification  de  la  stabilité 
colloïdale  ;  la  mort  de  l'animal  injecté  semble  la  conséquence  d’un  choc  tliroinbo- 
plastique.  La  toxicité  du  sang  des  déments  précoces  est  tlicrmolabilc. 

F.  Deleni. 

La  Démence  précoce  {Hypothymie  chronique.),  par  H.  Benon  (de  Nantes).  Arch. 
suisses  de  Neurologie  cl  de  Psijchialrie,  t.  XV,  f.  1,  ji.  140,  1924. 

Schizoïdie,  imagination  et  mythomanie,  par  Nathan.  Annales  inédivo-psijcholo- 
giques,  an  84,  t.  1,  n“2,  p.  140-145,  février  1926. 

S’appuyant  sur  deux  observations,  l’auteur  montre  que  le  schizoïde,  comme  lo  my¬ 
thomane,  est  bien  souvent  un  grand  imaginatif.  Ces  deux  types  sont  susceptibles 
de  coexister  chez  un  même  sujet.  Dans  ces  cas,  la  mythomanie  n’est  [plus  à  base  de 
vanité,  de  cupidité  ou  de  malignité,  comme  dans  les  syndromes  de  Dupré  ;  elle  ne  s’ex¬ 
prime  plus  que  par  des  fantasmagories,  des  superlatifs  ;  elle  traduit  dans  une  langue 
harmonieuse  et  sincère  le  débordement  de  la  vie  intérieure,  qui  est  loin  d’être  toujours  à 
base  de  libido.  E.  F. 

Les  formes  frustes  de  la  schizophrénie,  par  A.Wizel  (de  Varsovie),  Annales  médico- 
psychologiques,  m  84,  t.  1,  n»5,  p.  424-451,  mai  1926. 

S’ily  a  des  cas  où  l’on  peut  hésiter  entre  les  deux  diagnostics,  constitution  shizoïde 
ou  schizophrénie,  il  y  en  a  d’autres  où  l’existence  d’une  véritable  maladie  mentale  ne 
saurait  être  mise  en  doute  ;  cependant  les  symptômes  en  sont  suffisamment  atténués 
pour  qu’on  soit  en  droit  do  parler  de  schizophrénie  fruste.  L’autour  rapporte  quelques 
exemples  do  tels  laits  avant  de  tracer  un  tableau  d’ensemble  de  cet  état. 

La  schizophrénie  manifeste  comporte  des  symptômes  cardinaux  et  des  symptômes 
secondaires  ou  accidentels.  Los  plus  essentiels  sont  la  perte  de  contact  avec  la  réalité 
et  la  pensée  atistiquo  intimement  liée  à  cette  perte  do  contact  ;  viennent  ensuite  la 
dissociation  do  la  pensée,  les  troubles  affectifs  et  l’ambivalence.  Quantité  do  symptôme  ^ 
secondaires  peuvent  se  joindre  à  ces  symptômes  principaux  :  hallucinations,  idées  déli¬ 
rantes,  catatonie,  syndromes  aigus  divers,  etc. 

Or  dans  la  schizophrénie  fruste,  les  symptômes  secondaires  font  presque  entièrement 
défaut.  Los  malades  n’ont  pas  d’hallucinations,  no  manifestent  pas  d’idées  délirantes^ 
ne  présentent  pas  de  symptômes  catatoniques  ni  do  syndrome  aigu  maniaque  ou 
confusionnol  ;  on  trouve  seulement  parfois  chez  eux  lo  syndrome  dépressif. 

Quant  aux  caractères  positifs  de  la  schizophrénie  fruste,  on  constate  avant  tout  chez 
les  malades  un  contact  très  émoussé  avec  l’ambiance  ainsi  qu’un  mutisme  très  pro¬ 
noncé.  Repliés  sur  eux-mêmes,  ils  sont  entièrement  absorbés  par  leur  monde  intérieur. 
Lo  monde  extérieur  no  sombie  pas  exister  pour  eux  ;  iis  n’en  tiennent  aucun  compte. 
Do  ià  cotte  tendance  démesurée  à  la  rêverie  qui  ignore  entièrement  les  possibilités 
réelles.  Cos  malades  rêvent  pour  rêver  et  ils  no  peuvent  pas  no  pas  rêver.  L’absence  de 
sens  critique  va  si  loin  qu’ils  sont  tout  étonnés  do  no  pas  voir  leurs  désirs  fantastiques 
se  transformer  en  réalités  ;  ils  en  rendent  responsable  lo  monde  ambiant.  S’ils  sont 
obsédés  les  phénomènes  obsédants  traduisent  également  une  perte  de  contact  avec 
la  réalité.  Los  malades  no  poursuivent  aucun  but  réel  et  leuractivité  n’a  plus  aucune 
valeur  pragmatique. 

En  CO  qui  concerne  les  autres  symptômes  cardinaux,  les  troubles  do  l’idéation  et 
de  la  sphère  affective  et  l’ambivalence,  ils  existent  souvent,  mais  jamais  ils  n’attei¬ 
gnent  un  développement  complet  ;  ils  conservent  pour  ainsi  dire  lo  caractère  embryon¬ 
naire. 


ANALYSES 


G57 


Les  malades  ont  une  parfaite  conscience  de  leur  état,  ce  qui  est  en  rapport  avec  le 
développement  incomplet  des  symptômes  ;  ils  parlent  d’eux-mêmes  de  leur  disso¬ 
ciation  idéative,  décrivent  leur  ambivalence  et  les  troubles  de  l’affectivité  ;  ils  ont 
une  conscience  nette  de  la  désagrégation  et  de  la  dysharmonie  de  leur  état  psychique. 

Les  sujets  réagissent  différemment  en  présence  de  cette  dysharmonie  intrapsychique. 
Les  uns  l’acceptent  sans  lutte,  comme  des  fakirs  qui  s’exposent  aux  tortures  morales, 
mais  n’en  souffrent  point.  D’autres,  au  contraire,  ressentent  douloureusement  cette 
désagrégation  intérieure,  se  plaignent  de  cette  lutte  permanente  de  pensées,  de  désir, 
de  tendances  ambivalentes  et  sont,  pour  cotte  raison,  tristes  et  déprimés. 

Si  l’on  ne  trouve  pas  chez  les  malades  d’idées  délirantes  nettes,  par  cory^re  leur  ten¬ 
dance  à  la  rêverie  est  d’une  exagération  morbide.  La  rêverie  dos  schizophrènes  frustes , 
et  cela  est  à  retenir,  réalise  souvent  les  désirs  des  malades  non  pas  d’une  façon  manifeste, 
mais  d’une  façon  symbolique.  Ces  rêveurs  morbides  dissimulent  parfois  entièrement  leu  r 
vio  imaginaire  ;  d’autres  malades  parlent  par  contre  sans  résistance  de  leurs  rêves  e  t 
cherchent  do  toutes  leurs  forces  à  les  réaliser,  sans  tenir  compte  de  la  réalité,  s’exposan  t 
ainsi  à  une  série  interminable  de  déceptions. 

Ce  qui  se  produit  pour  les  rêves  do  grandeur  arrive  do  même  pour  les  produits  de 
l'imagination  à  teinte  de  persécution;  ici  également  la  transformation  dos  complexes 
de  forte  charge  affective  en  idées  délirantes  s’arrête  à  mi-chemin  ;  idées  do  grandeur 
et  manie  de  la  persécution  s’ébauchent  sans  construire  le  délire.  Et  toujours  les  malades 
gardent  leur  entière  lucidité  ;  ils  sont  bien  orientés  et  ont  d’habitude  conscience  de  leur 
état  maladif.  E.  F. 


Les  maux  de  tête  au  cours  de  la  schizophrénie,  par  R. -S.  Povvitzkaia  et  S. -A. 
Semenowa,  Journal  névropalologhii  y  psychialrü  iineni  S.  S.  Korsakovva,  t.  XIX, 


Do  l’avis  des  deux  auteurs,  les  maux  do  tête  sont  à  considérer  comme  un  signe 
précoce  et  tenace  au  cours  de  la  schizophrénie.  Il  ne  s’agit  pas  d’une  douleur  propre¬ 
ment  dite,  mais  plutôt  d’une  sensation  de  pression,  expliquée,  par  le  malade,  comme 
étant  le  résultat  d’une  fatigue  cérébrale,  d’un  gonflement  du  cerveau,  etc. 

H^Dans  les  formes  de  début,  lorsque  l’état  psychique  n’est  pas  encore  modifié,  les 
malades  peuvent,  grâce  à  la  description  do  signes  caractéristiques,  mettre  le  méde¬ 
cin  sur  la  voie  du  diagnostic  précis. 

G.  ICHOK. 

Les  syndromes  schizophréniques  et  paraphréniques  et  leurs  relations  avec 
certaines  entités  cliniques,  par  G.  Uuchowski,  Rocznik  psychialriczny ,  n»  3, 
p.  77-110,  1926. 

Les  syndromes  on  question  ont  été  observés  au  cours  d’une  tumeur  de  l’hypophyse, 
d’un  cas  d’eunuchoïdisme,  do  l’épilepsie,  de  la  syphilis  do  l’encéphale,  après  une 
typhoïde,  à  la  suite  d’une  pleurésie  purulente,  et,  enfin,  au  cours  du  [paludisme. 

G.  IcnoK. 

La  syntonie  et  la  schizoïdie,  par  .1.  Mazurkiewicz,  Rocznik  psychialriczny,  n“  3, 
p.  111-136,  1926. 

La  syntonie  physiologique,  sous  sa  forme  pure,  ne  se  rencontre  que  chez  dos  enfants  ; 
quant  à  la  schizoïdio  physiologique,  elle  peut  être  provoquée  par  différents  facteurs, 
normaux  et  pathologiques,  chez  les  prédisposés.  G.  Ichok. 


ANAL  Y SES 


La  conception  psychoanalytiquo  de  la  Schizophrénie  (Die  psychoanalitlsche 
Auffassung  der  Schizophrénie),  par  A.  V.  Muhalt  (  de  Zurich),  Archives  Suisses  de 
Neurol,  et  de  Psych.,  t.  XIV,  f.  2,  p.  216-237. 

Pour  Freud,  la  schizophrénie  rentre  dans  le  cadre  des  névroses  narcistiques.  Le  nar- 
cissime,  c’est  l’attachement  de  la  libido  de  l’enfant  à  son  propre  corps,  et,  d’une  manière 
plus  générale,  à  sa  propre  personnalité  psychique.  Le  narcissisme  constitua  un  stade' 
normal  dans  le  développement  mental  de  l’enfant,  mais  chez  l’être  sainement  constitué 
ce  stade  n’est  que  transitoire  et  il  se  produit  très  tôt  un  transfert  do  l’affectivité  sur 
d’autres  individus  de  son  entourage  (mère,  père,  etc.).  A  la  puberté  les  instinct*  sexueD  ' 
se  localisent  à  la  zone  génitale  qui  devient  alors  prépondérante  et  laisse  loin  derrière 
elle  les  autres  composants  érotiques  qui  existaient  chez  le  petit  enfant  (érotisme  buc¬ 
cal,  anal,  tendances  sadiques,  etc.).  Chez  le  jeune  homme  normal,  il  se  produit  une  asso¬ 
ciation  entre  le  besoin  sexuel  élémentaire  et  sa  sublimation  en  désirs  de  «  tendresse  » 
qui  se  manifestait  déjà  depuis  l’âge  le  plus  tendre  vis-à-vis  de  l’autre  sexe.  Quant  aux 
tendances  homo-sexuelles,  elles  sont  sublimées  en  amitiés,  sentiments  sociaux,  etc.  Le 
schizophrène,  lui,  en  est  resté  au  stade  narcislique,  il  n’a  jamais  transféré  sa  libido  sur 
d’autres  personnes.  Les  pédagogues  connaissent  bien  ces  enfants  narcistes  dont  l’affec» 
tivité  se  manifeste  seulement  en  ce  qu’ils  réclament  des  services,  de  l’admiration  de 
tous  leurs  camarades,  c’est-à-dire  tout  ce  qui  peut  augmenter  leur  sentiment  du  moit 
D’autres  au  contraire  restent  à  l’écart,  absorbés  dans  d’interminables  rêveries. 

L’adaptation  à  la  vie  d’adulte  est  difficile  et  remplie  d’écueils  pour  les  constitutions 
schizophréniques.  Un  grand  nombre  de  conditions  sont  nécessaires  pour  faire  éclorela 
psychose.  On  ne  peut  pas  parler  d’une  cause  unique  ;  cela  peut  être  suivant  les  cas  ou 
bien  dos  déboires  professionnels  répétés  ou  bien  des  deuils  cruels,  ou  bien'un  mariage 
malheureux,  bref  l’un  quelconque  des  traumatismes  psychiques  auxquels  tout  le  monde 
est  exposé  et  qui  sont  surmontés  par  les  constitutions  normales.  C’est  jusqu’à  présent 
la  psychoanalyse  qui  a  pénétré  le  plus  profondément  dans  le  mécanisme  de  la  démence 
précoce. 

G.  Diî  Morbier. 


La  schizophrénie  (en  'polonais),  par  O.  Bielawski,  Noiriny  Psychialrijczne,  t.  II, 
n*  4  ,  p.  267-294,  1925. 

De  l’avis  do  l’auteur,  si  l’on  détache  de  la  schizophrénie  les  cas  lattachés  à  tort,  sa 
notion  en  tant  qu’entité  nosographique  se  réduirait  au  néant.  La  folio  maniaque  dé¬ 
pressive,  l’épilepsie,  les  psychoses  réactionnelles,  les  bouffées  délirantes  chez  les  dégé¬ 
nérés,  les  paraphrénies,  la  catatonie,  l’hébéphrénie,  et  tant  d’autres  psychoses  sont  enre» 
gistrées  sous  le  nom  de  schizophrénie  sans  aucune  justification.  Le  terme  de  Bleuler 
serait  tout  au  plus  à  réserver  à  une  constitution  psychopathique  partieulière. 

,G.  ICHOK. 

Sur  un  cas  de  schizophrénie,  par  Gunhard.  Bull.  Soc.  roumaine  de  Neurol.  Psy- 
chialr.,  Psychol.  el  iïndocrino/.,  décembre  1924. 

Observation  d’un  cas  avec  discussion  du  diagnostic  avec  les  psychoses  affoctiNCS. 
C’est  l’ataxie  intrapsychique  et  les  altérations  de  la  personnalité  qui  font  admettre 
le  diagnostic  do  shizopbrénie,  les  psychoses  maniaques  et  mélancoliques  marchant 
de  pair  avec  une  personnalité  intacte  mais  étant  caractérisées  par  des  troubles  dans  la 
vitesse  et  le  rythme  des  phénomènes  associatifs.  C.  J.  Parhon. 


ANAL  YSES 


G59 


lie  transitivîBme,  la  perte  de  limite  de  la  personnalité  et  l'attitude  mentale 
primitive  dans  la  schizophrénie,  par  A.  Gruszecke  (do  Poznan).  Acr/i.  suisses 
de  Neurol,  et  psych.,  t.  XV,  1. 1,  p.  64,  1924. 

Le  transitivisme,  d’après  Bleuler,  c’est  la  projection  dans  le  monde  extérieur  de  tout 
■ou  partie  de  la  personnalité  du  malade.  L’auteur  tend  à  montrer  que  cette  perte  de 
limite  de  la  personnalité  qu’on  observe  chez  certains  schizophrènes  se  rapproche  du 
mécanisme  de  la  pensée  magique  tel  qu’on  l’observe  chez  certains  peuples  primitifs. 

G.  DE  Morsier. 

Sur  la  question  de  la  parenté  entre  l’hystérie  et  la  schizophrénie  (en  russe),  par 
A.  Perelman,  Journal  névropaiologhii  y  psychialrii  imeni  S.  S.  Korsakova, 
t.  XVllI,  n»  3-4,  p.  109-122,  1925. 

La  description  d’un  cas  offre,  à  l’auteur,  l’occasion  de  se  prononcer  pour  la  parenté 
étroits  entre  l’hystérie  et  la  schizophrénie,  basées  sur  le  même  mécanisme  psychique, 
«  de  la  fuite  dans  la  maladie  ».  L’hystérie  se  distinguerait  essentieliement  de  la  schi¬ 
zophrénie  par  le  degré  de  dissociation  de  la  personnalité  du  malade.  G.  Icbok. 

PSYCHOSES  CONGÉNITALES 

Sur  le  concept  d’hérédodégénération  de  Jendrassik  (Uber  aue  Begriff  der  Heredo 
degeneration  Jendrassiks),  par  J.  Kollaritz.  Arch.  suisses  di  Neurol,  et  de  Psych., 
t.  XV,  f.  1,  p.  133,  1924.  Bibliogr. 

Cas  de  mongolisme  chez  des  jumeaux,  par  P.  Gautier  et  P.  Corytaux,  Ar¬ 
chives  de  Méd.  des  Entants,  t.  29,  n»  8,  p.  459,  août  1926. 

A  propos  d’un  cas  de  mongolisme  chez  une  jumelle  (sœur  saine),  ies  auteurs  rassem¬ 
blent  la  bibliographie  des  mongols  jumeaux  et  des  mongols  familiaux.  Leur  travail 
tend  à  dégager  quelques  données  utiles  pour  l’étiologie  de  l’affection.  E.  F. 

Mongolisme  et  hérédo-syphilis,  par  L.  Babonneix,  Gazette  des  Hôpitaux,  an  99, 
n»  74,  p.  1189,  15  septembre  1926. 

Au  nombre  déjà  important  de  cas  publiés  de  mongolisme  chez  des  hérédo-syphili¬ 
tiques,  l’auteur  ajoute  quatre  observations  nouvelles.  Trois  sont  cliniques  et  la  décou¬ 
verte  de  la  syphilis  paternelle  y  fut  assez  inattendue  ;  dans  la  dernière,  au  lieu  de  la 
microcéphalie  «  essentielle  »  qu’on  s’apprêtait  à  vérifier,  on  eut  la  surprise  de  trouver 
des  lésions  de  méningite  subaigue  et,  dans  un  repli  méningé,  une  gomme  minuscule. 

Dans  le  déterminisme  de  l’idiotie  mongolienne,  la  notion  de  l’hérédo-syphilis  ne 
saurait  tout  expliquer  ;  beaucoup  de  mongoliens  ne  sont  nullement  entachés  de  spéci¬ 
ficité  et  il  n’y  a  souvent  qu’un  mongolien  sur  deux  ou  trois  jumeaux. 

Sans  prétendre  que  tout  mongolisme  relève  de  la  syphilis,  ii  y  a  cependant  lieu  d’ad¬ 
mettre  que,  dans  l’étiologie  de  l’affection,  l’hérédo-syphilis  tient  sa  place  plus  fréquem¬ 
ment  qu’on  ne  le  croyait  jadis.  E.  F. 

tJa  cas  d’idiotie  mongolienne  avec  nanisme  et  infantilisme,  par  Juan  Carlos 
VivALDoet  AristidesBARRANCos,  Bevista  de  Criminologia,  Psiquiatria  y  Medicina 
legal,  an  12,  n»  72,  novembre-décembre  1925. 

Observation  détaillée  d’une  malade  de  19  ans  présentant  le  syndrome  de  l’idiotie 
mongolienne  associé  au  syndrome  endocrinien  de  l’infantilisme  ;  étiologie  alcoolique 
et  syphilitique  possible.  F.  Deleni. 


ANAL YSES 


GGÜ 

L’idiotie  familiale  microcéphalique  de  Giaoomini,  observation  concernant 
cinq  enfants  d’une  même  famille,  par  Juan  Carlos  Vivaldo,  Revisia  de  Crimi¬ 
nologie  Rsiquialria  y  Medicina  legal,  an  12,  n»  71,  soptembro-octobro  1925. 

L’observation  concerne  cinq  entants,  trois  sœurs  et  deux  frères,  idiots  microcé¬ 
phales,  dont  rùgc  varie  de  20  ans  à  8  ans  ;  cinq  autres  enfants  seraient  normaux  et 
auraient  le  crâne  de  dimension  normale  ;  doux  des  sœurs  microcéphales  ont  des  atta¬ 
ques  d’épilepsie. 

Dans  l’étiologie  aucune  donnée  précise  en  deliors  de  l’alcoolisme  paternel. 

F.  Deluni. 

Signification  générale  de  la  maladie  de  Tay-Sachs  (General  signiticanco  of  Tay- 
Sachs  disoase),  par  Ch.  Sciiaffer  (de  Budapest),  Areli.  of  Neurol,  and  Psych., 
décembre  1925,  vol.  M,  nf  ü  (12  fig.). 

Schafter  reprend  l’étude  de  cette  maladie  a  un  double  point  do  vue  :  histopathologie 
et  hérédité. 

L’histopathologie  de  cette  affection  est  caractérisée  par  un  gonflement  de  l’ensemble 
des  neurones  soit  en  totalité  soit  particlioment  avec  atteinte  non  seulement  des  cellules 
mais  encore  des  dendritos  et  des  cylindres-axes  ;  seuls  les  éléments  dérivés  de  l’ecto¬ 
derme  sont  altérés  (méninges  et  système  vasculaire  sont  indemnes).  Par  des  coupes 
fines  et  des  examens  en  série  on  constate  que  le  hyaloplasmo  est  surtout  atteint,  la 
cellule  est  vide,  ballonnée,  avec  un  pourtour  épaissi  prenant  très  fortement  les  colo¬ 
rants.  A  cette  première  phase  de  gonflement  tait  suite  une  phase  de  précipitation  ;  on 
voit  apparaître  dans  les  cellules  des  corps  d'aspect  arrondi  ou  polygonal  qui  se  co¬ 
lorent  fortement  par  l’hématoxyline  et  qui  correspondent  sans  doute  à  des  produits 
de  dégénérescence  (lipoïdes)  comparables  à  des  lôcithines.  Tardivement  ces  lipoïdes  se 
transforment  et  l’on  voit  ap|)araître  des  cellules  graisseuses.  Ces  transformations  sont 
duos  à  l’action  ncuronophagiquo  de  la  névroglio.  Ces  éléments  adhèrent  aux  cellules  en 
voie  de  dégénérescence  et  par  une  action  osmotique  modifieraient  le  cytoplasme, 
puis  gagneraient  les  espaces  lymphatiques  périvasculaires  par  dos  mouvements 
amiboïdes  et  détermineraient  ainsi  une  infiltrationgliomatouso,  puis  l’atteinte  des  gan¬ 
glions  spinaux.  Il  semble  que  les  altérations  soient  plus  imortantes  au  niveau  des 
cellules  de  la  moelle.  Schaffer  reprenant  l’étude  histopathologique  dos  diverses  affec¬ 
tions  héréditaires  du  système  nerveux  indique  que  les  lésions  constatées  dans  la 
maladie  de  Tay-Shacs  sont  identiques  dans  tous  les  cas  (atteinte  dos  éléments  ’ 
dérivés  do  l’ectoderme,  aucune  lésion  dos  éléments  mésodormiquos).  Seuls  scs  dif¬ 
férents  le  siège  des  lésions  ;  ces  diverses  lésions  no  sont  constatées  que  dans  les 
maladies  présentant  les  caratères  généraux  d’affections  héréditaires,  familiales, 
consanguines  et  de  races.  E.  Terris. 

Un  cas  de  maladie  de  Tay-Sachs,  forme  paralytique  à  prédominance  hémiplé¬ 
gique  gauche,  par  C.  Tretiakoff  et  Alfredo  Pujol,  Arch.  de  méd.  des  Enfants, 
t.  29,  n»  5,  p.  267-278,  mars  1926. 

Los  autour.s  rapportent  l’observation  d’un  enfant  de  27  mois  qui  présente  on  même 
temps  dos  troubles  intellectuels,  dos  lésions  rétiniennes,  et  d’une  façon  prépondérante 
dos  phénomènes  paralytiques  avec  flaccidité  musculaire  et  hypertonie  pyramidale  asso¬ 
ciées.  Cet  çnsomblo  symptomatique  très  particulier  est  è  rapporter  ù  la  maladie  de 
Tay-Sachs  malgré  l’absence  dos  lésions  habituelles  de  la  macula.  Mais  c’est  une  forme 


ANALYSES 


G61 


à  part,  la  forme  paralytique  de  la  maladie  de  Tay-Sachs.  Il  y  a  en  même  temps  ici 
une  curieuse  prédominance  hémiplégique  gauche  des  troubles  moteurs  et  trophiques. 
L’évolution  a  été  jusqu’à  ce  jour  relativement  bénigne.  E.  F. 


THÉRAPEUTIQUE 


La  récupération  fonctionnelle  des  grandes  paralysies,  par  Georges Guillain  et 

G.  Bidou.  Bull,  de  l'Académie  de  Médecine,  t.  95,  n»  21,.  p.  52G,  25  mai  192G. 

.Si  la  neurologie  est  une  science  d’observation,  elle  est  aussi  une  science  de  réalisation, 
et  la  thérapeutique  neurologique  marche  au  progrès  dans  toutes  les  voies.  Certaines 
lésions  du  système  nerveux  provoquent  des  troubles  fonctionnels  permanents  et  gra¬ 
ves  ;  dans  ces  cas  de  paralysie  totale,  la  méthode  de  récupération  fonctionnelle  est  suscep¬ 
tible  de  montrer  toute  .sa  valeur,  car  il  lui  est  possible  de  faire  marcher  des  paraplé¬ 
giques,  de  rendre  un  usage  aux  bras  paralysés,  de  donner  à  un  monoplégique  crural  un 
équilibre  pour  la  locomotion.  De  tels  résultats  ont  été  obtenus  depuis  deux  ans  dans  le 
»  Service  de  Récupération  fonctionnelle  »  organisé  à  la  Clinique  de  la  Salpêtrière. 

La  méthode  de  récupération  fonctionneltc  n’a  rien  de  commun  avec  la  prothèse  ortho¬ 
pédique.  Chaque  cas  d’impotence  motrice  nécessite,  outre  un  examen  clinique  minutieux, 
une  observation  physiologique  précise  permettant  l’établissement  d’un  bilan  exact  de  la 
valeur  fonctionnelle  du  malade. 

Le  rôle  du  neurologiste  pur  serait  insuffisant  s’il  n’avait  la  collaboration  d’un  physio¬ 
logiste  en  même  temps  ingénieur  et  même  mécanicien.  En  effet,  l’appareillage  de  récu¬ 
pération  ne  peut  être  que  le  résultat  d’une  coneeption  mécanique  spéciale  adaptée  aux 
exigences  physio’ogiques  et  soumises  aux  lois  de  la  mécanique  générale  auxquelles  le 
eorps  humain  obéit.  La  recherche  des  aplombs,  des  leviers,  des  points  de  rupture,  des 
angles  de  flexion  qu’il  faudra  concevoir  pour  remettre  par  exemple  un  paralytique 
debout,  lui  donner  un  mouvement  artificiel  de  propulsion,  est  œuvre  d’ingénieur. 

Ainsi  conçu  et  réalisé,  cet  ensemble  de  dispositifs  mécaniques  destinés  à  la  récupé¬ 
ration  de  la  fonction  humaine  constitue  un  véritable  traitement  et,  à  ce  titre,  vient 
augmenter  les  ressources  de  la  thérapeutique  neurologique.  Non  seulement  le  paraly¬ 
tique  peut  recouvrer  l’usage  artificiel  du  ou  des  membres  devenus  inutilisables,  mais  il 
modifie  rapidement,  par  le  simple  emploi  des  appareils,  les  déformations,  les  attitudes 
vicieuses,  les  rétractions  tenflincuses.  Il  faut  avoir  soin,  en  prenant  les  moulages  desti¬ 
nés  à  l’établissement  des  appareils,  de  le  faire  en  vue  et  avec  l’idée  réalisatrice  de  correc¬ 
tions,  de  modification  des  déformations,  de  transformation  d’attitudes. 

11  s’ensuit  que  le  malade,  soumis  dans  son  appareillage  aux  actions  correctrices  prévues 
ou  moment  du  moulage,  finit  par  vaincre  telle  ou  telle  attitude  vicieuse,  à  réparer 
telle  décompensation  d’équilibre,  telle  contraction  de  défense. 

Les  auteurs  citent  à  l’appui  de  leur  thèse  quelques  observations  choisies  parmi  le 
cas  de  la  Clinique  des  Maladies  nerveuses.  Depuis  deux  ans,  une  cinquantaine  de  mala¬ 
des  ont  pu  être  récupérés  fonctionnellement.  Telle  malade,  hospitalisée  pour  paraplé¬ 
gie  par  poliomyélite  depuis  vingt-huit  années,  et  confinée  au  lit,  a  pu  quitter  l’hôpital 
et  rentrer  dans  la  vie  ;  telle  autre  a  pu  sortir  de  la  Salpêtrière  après  quinze  années  de 
séjour,  une  autre  après  dix  années.  Si  l’on  considère  qu’il  s’agit  de  malades  jeunes  qui 


662 


A^^AL  y  SES 


auraient  pu  demeurer  à  l’Assistance  publique  vingt,  trente  ou  quarante  ans  encore,  on 
se  rend  compte  de  l’économie  budgétaire  importante  pouvant  se  chiffrer  par  centaines 
de  mille  francs,  que  le  Service  a  déjà  permis  à  l'Administration  de  l’Assistance  publique. 

D’ailleurs,  au  point  de  vue  humanitaire  et  social,  c’est  un  devoir  impératif  de  rendre 
à  la  société  des  êtres  inutiles  à  leurs  semblables  et  à  eux-mêmes  et  qui,  ayant  récupéré 
leur  indépendance  motrice,  peuvent  reprendre  leur  dignité  en  apportant  à  la  collecti¬ 
vité  l’appui  de  leur  travail. 

Déjà  l’initiative  privée,  mais  encore  isolée,  a  compris  tous  les  services  que  peut  rendre 
la  méthode  de  la  récupération  fonctionnelle.  Un  hôpital  vient  d’être  créé  à  Paris  par 
M.  Martinez  de  Hoz,  un  Argentin  ami  de  la  France,  pour  la  récupération  des  impotents. 
Il  appartient  aux  Pouvoirs  publics  do  créer  dans  nôs  hôpitaux  des  organisations  simi¬ 
laires.  On  ne  doit  plus  concevoir  une  clinique  neurologique  sans  un  service  et  un  labo¬ 
ratoire  de  récupération  fonctionnelle.  E.  F. 

Traitement  de  l’angine  de  poitrine  par  le  gardénal,  par  A.  Sézary,  Bull,  el  Mém- 
de  la  Soc.  méd.  des  Hôpitaux  de  Paris,  an  42,  n»  23,  p.  1101,  25  juin  1926. 

Le  gardénal,  à  la  dose  de  10  à  30  centigrammes  par  jour,  peut  atténuer  et  faire  dis¬ 
paraître  les  crises  intenses  et  répétées  d’angine  de  poitrine.  Aux  quatre  observations 
qu’il  a  déjà  publiées,  Faute  ir  ajoute  un  nouveau  cas  des  plus  démonstratifs  où  les  accès 
qui  se  répétaient  plusieurs  fois  par  jour  et  devenaient  subintrants,  ont  disparu  sous- 
l’action  du  gardénal. 

Il  no  s’agit  évidemment  pas  de  guérison  définitive  ;  le  gardénal  ne  saurait  enrayer 
l’évolution  de  l’affection  qui  cause  les  crises  d’angor.  Mais  le  médicament  supprime 
momentanément  un  symptôme  pénible,  en  agissant  vraisemblablement  sur  le  sympa¬ 
thique.  E.  F. 

Céphalée  rebelle  après  rachianesthésie,  par  M.  Arnaud,  Soc.  de  Chirurgie  de 
Marseille,  6  avril  1925. 

Echec  de  l’injection  dosérum  artificiel  et  d’eau  distillée  ;  guérison  après  ingestion- 
d’I  gr.  50  do  théobromine.  H.  R- 

Technique  de  la  rachianesthésie  généralisée,  par  Thomas  Jonnesco  (de  Bucarest)» 
Presse  médicale,  n»  10,  p.  145, 3  .février  1926 . 

Accidents  et  indications  de  la  rachianesthésie,  par  Yoncken  (de  Liège).  Arch. 
méd.-belges,  an  79,  n"  2,  p.  51,  février  1926. 

De  la  rachianesthésie  dans  l’opération  césarienne,  par  A.  Brindeau,  Bull,  de 
l'Académie  de  Médecine,  t.  95,  n»  9,  p.  194,  2  mars  1926. 

Action  des  extraits  post-hyx>ophysaires  sur  le  péristaltisme  intestinal  et  sur 
la  constipation,  par  P.  Carnot  et  E.  Tb,rms,  Paris  médical,  an  16,  n»  14,  p.  333, 
3  avril  1926. 

L’action  péristaltique  de  l’extrait  post-hypophysaire  sur  l’intestin  se  démontre- 
avec  une  grande  netteté  à  l’examen  radioscopique;  elie  se  traduit  par  des  coliques  et 
des  évacuations  copieuses  ;  cette  action  peut  être  graduée  d’après  les  voles  d’injoctiom 
et  d’après  les  doses.  E.  F. 


ANAL  y  SES 


663 


Cancer  de  la  vessie  et  roantgenthérapie  profonde,  par  A.  GuNSETT(de  Strasbourg), 
Journal  de  jFtadiologieeld'Elecirologie,  t.  X,  n»  1,  janvier  1926,  p.  14-20. 

L’auteur  rapporte  onzecas  do  cancers  de  la  vessie  traités,  depuis  1921,  par  la  rœnt- 
gcnthérapie profonde  seule.  Do  ces  onze  cas  cinq  sont  encore  en  vie,  six  sont  morts  dont 
quatre  dans  l’année  qui  a  suivi  le  traitement. 

Si  l’on  ticnt'compte  de  la  malignité  bien  connue  de  ces  néoplasmes,  les  résultats  de 
la  radiothérapie  profonde  sont  loin  d’être  négligeables  et  le  traitement  par  les  rayons 
est  à  entreprendre  dans  chaque  cas  qui  a  dépassé  les  limites  de  l’opérabilité. 

A.  S. 


Des  causes  de  la  chronicité  dans  les  ulcères  de  jambe  et  sur  une  méthode 
générale  de  traitement,  par  R.  LBRiCHEot  R.  Fontaine,  Réunion dermafo/o^igue 
de  Strasbourg,  p.  278-292,  17  janvier  1926,  in  Bulletin  de  la  Soe.^fr.  de  Dermato¬ 
logie,  n®  4,  1926. 

L’association  do  la  sympathectomie  péri-fémorale  aux  transplantations  de  la  peau 
a  donné  aux  auteurs  des  résultats  remarquables  dans  quatre  cas.  E.  F. 

Le  diéthyl-isopropyl-allyl-baxbiturate  de  diéthylamine  dans  les  états  psycho¬ 
pathiques  et  névropathiques,  par  Dodard  des  Loges,  Thèse  de  Toulouse,  Impr. 
parisienne,  1925. 

L’auteur  établit  une  distinction  formelle  entre  le  somnifène  hypnotique,  médicament 
do  choix,  et  le  somnifène  anesthésique  chirurgical,  dont  l’étude  n’est  pas  achevée  ; 
les  doses  employées  et  les  sujets  chez  qui  l’application  du  somnifène  est  faite  échappent 
à  toute  comparaison. 

L’expérimentation  clinique,  déjà  fort  étendue,  a  montré  que  le  somnifène  est  un  séda  - 
tif  hypnotique  puissant  et  bien  toléré,  utile  pour  combattre  l’agitation  sous  toutes 
ses  formes,  l’insomnie  et  l’anxiété. 

Par  voie  buccale  il  est  employé  avee  succès  dans  toutes  les  formes  d’insomnie  et  comm  e 
adjuvant  dans  les  cures  de  psychothérapie. 

Par  voie  intramusculaire,  il  donne  en  médecine  mentale  des  résultats  suffisants 
pour  qu’on  puisse  le  recommander  même  comme  thérapeutique  systématique  des 
accès  d’agitation  prolongée. 

Par  voie  intraveineuse,  il  est  par  excellence  le  sédatif  héroïque  de  l’agitation.  Il  est 
supérieur  dans  les  agitations  primitives  à  la  balnéation  prolongée  et  aux  calmants  ha¬ 
bituels  et  constitue  une  médication  de  choix  dans  le  traitement  d’urgence  des  grands 
agités  maniaques. 

11  a  sa  part  dans  l’arsenal  thérapeutique,  car  Récurant  une  sédation  favorable 
à  la  réparation  dos  forces  dufealade,  il  le  met  dans  ùne^ondition  physique  meilleure  . 

L’agitation  épisodique  (paralysie  générale,  .^onfusiiïfi  méntale,  alcoolisme...)  peu! 
être  ainsi  définitivement  jugulée,  et  le  procéfdé,  pjiui^ntltre  appliqué  à  l’hôpital  ou  à 
domicile,  permettra  parfois  d’éviter  au  malahè  l’internement,  ce  qui  constitue  un 
gros  intérêt  social.  ■  • 

En  dehors  dos  services  très  importants  qu’il  rcncl^cdmme  hypnotique  et  sédatif,  il 
est  un  adjuvant  précieux  dans  les  transport^d’aKénés  et  dans  la  vie  journalière  des 
asiles. 

On  peut  le  considérer  comme  dépourvu  de  toxicité  et  l’employer  dans  la  majorité 
dos  cas  d’agitation  motrice  tout  en  surveillant  soigneusement  le  bon  fonctionnement 
des  principaux  appareils  de  l’organisme  et  en  s’abstenant  de  cette  médication  chez  les 
sujets  séniles  ou  scléreux.  E.  F. 


ANALYSES 


(;g4 

Traitement  de  l'agitation  dans  les  maladies  mentales.  Le  Somniiène  intra¬ 
veineux  chez  les  grands  agités,  par  Henri  Rone,  Thèse  de  Lyon,  1925,  Impr. 
Bosc  et  Riou. 

Les  résultats  obtenus  par  Rone  confirment  les  conclusions  des  nombreuses  expé¬ 
rimentations  publiées  sur  le  somnitène  en  thérapeutique  neuro-psychiatrique. 

Le  somnifène  est  un  médicament  parfaitement  maniable  ;  c’est  le  plus  maniable 
Ifcs  hypnotiques  ;  il  peut  être  administré  par  voie  buccale,  sous  forme  do  gouttes, 
par  voie  intramusculaire  et  par  voie  endovcincusc.  Dans  les  cas  d’insomnie  ou  d’oxci- 
I  ation  nerveuse  légère,  la  voie  buccale  est  la  voie  de  choix  ;  mais  dans  les  milieux  spécia- 
lisés  (maisons  do  santé,  asiles  publics  et  privés)  les  voies  intramusculaire  et  endo- 
vcincuse  se  trouvent  fréquemment  indiquées,  soit  pour  combattre  des  accès  d’excita- 
lion  épisodique  chez  des  dégénérés,  des  alcooliques,  des  confus,  soit  pour  prévenir  le 
développement  d’un  délire  aigu  chez  des  maniaques  très  agités  ;  soit  pour  permettre 
un  gavage  par  la  sonde  nasale,  une  ponction  lombaire,  une  opération  de  petite  chi¬ 
rurgie,  etc.  11  semble  préférable,  dans  ces  cas,  d’utiliser  la  voie  endoveineusc  fi  la  dose 
de  2  à  5  cc.  Rone  a  toujours  ainsi  obtenu  des  résultats  très  satisfaisants  ;  le  somni¬ 
tène  présente  un  effet  régulier  et  rapide  et  un  minimum  de  toxicité.  Ce  sédatif  hypno¬ 
tique  puissant  est  bien  toléré  et  peut  rendre  service  même  dans  le  delirium  tremens 
et  dans  l’état  de  mal  épileptique.  E.  F. 

L’isopropylpropénylbarbiturato  d’amidopyrine  (Allonal)  en  neuro-psychiatrie, 


par  Henri  Mounot,  Thèse  de  Bordeaux,  1925. 


En  pratique  psychiatrique,  l’allonal  n’a  pas  les  indications  précises  du  somnifène  ; 
il  peut  néanmoins  rendre  do  grands  services  dans  la  mélancolie  et  l’excitation  anor¬ 
male.  En  neurologie,  en  revanche,  ses  indications  sont  très  nettes  ;  ce  médicament 
semble  être  vraiment  «  le  spécifique  des  insomnies  douloureuses  »  :  l’allonal  est  bien  ac- 
eepté,  parfaitemet  toléré  et  il  agit  dans  do  bonnes  conditions,  aussi  bien  d’ailleurs  dans 
les  algies  symptomatiques  de  lésions  graves,  que  dans  les  névralgies  de  toute  origine 
qui  se  rencontrent  tous  les  jours  dans  la  pratique  médicale.  E.  F. 


Le  Géranl  :  J.  CAUOUJAT 


Poitiers.  —  Société  Française  d’imprimerie.  —  1926.